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Développement Durable en action
Une note de La Fabrique Ecologique

La roue de l’adaptation au changement climatique

Les outils d’une politique économique de l’adaptation en France

mercredi 9 décembre 2015
Posté par Cyrille

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La Fabrique Ecologique rend publique sa nouvelle note issue des travaux d’un groupe présidé par Maximilien Rouer, fondateur de la société BeCitizen : " La roue de l’adaptation au changement climatique - Les outils d’une politique économique de l’adaptation en France "

A l’heure de la COP21, la lutte contre le changement climatique défraye la chronique au plan international. Mais, paradoxalement, le sujet de l’adaptation de nos pays aux conséquences du changement climatique fait figure de grand oublié, en particulier dans notre pays. Ce déni pourrait avoir de lourdes conséquences. C’est pourquoi, à partir d’un diagnostic lucide, cette note lance un signal d’alarme et propose des outils nouveaux pour que les différents acteurs agissent à la hauteur des enjeux.



 Synthèse

Le thème de l’adaptation au changement climatique souffre de longue date d’une mise à l’écart de la part des décideurs du fait de l’image défaitiste supposément renvoyée à l’opinion publique. Il signifierait une forme de résignation en matière d’atténuation. C’est pourtant tout le contraire : l’action sur l’adaptation accélère la prise de conscience et contribue aussi à mobiliser pour l’atténuation. Au surplus, nous n’avons pas le choix : des changements climatiques interviennent et interviendront dans notre pays, il faut l’anticiper. Il est plus que temps de sortir du déni et rattraper notre grave retard accumulé dans ce domaine.

Pour y parvenir, cette note, qui fait le choix de se concentrer sur les aspects économiques, propose une méthode originale : une roue de l’adaptation au changement climatique sur le modèle de la roue de Deming utilisée par les entreprises pour favoriser un processus d’amélioration continue. Cet outil présente l’avantage de pouvoir être mis en mouvement quelle que soit l’étape d’introduction : prise de conscience, évaluation et connaissance, action ou décision. Le détail des trois tours de roue met en évidence plusieurs obstacles d’ordres administratif et économique, mais aussi de nombreuses « fenêtres d’opportunités », notamment en matière économique et d’organisation des filières. Cette roue permet aussi de souligner l’importance de débattre ensemble sur nos capacités de résilience et d’engager un dialogue citoyen autour de choix qui seront inéluctables.

De cette roue émergent trois orientations structurantes :

- Faire un grand saut qualitatif sur les données et les outils de prise de décision pour mettre les décideurs en situation d’agir, notamment à l’aide d’une refonte de l’ONERC pour faire de cet observatoire le moteur du mainstreaming de l’adaptation.

- Organiser le secteur financier et les filières économiques pour répartir et absorber les risques. Chaque filière possédant ses particularités, reproduire et adapter des modèles préexistants de structuration de filières sera clé.

- Disposer de lieux de mobilisation collective, en produisant un effort de pédagogie et d’éducation pour convertir les structures existantes à l’adaptation. Autour de la thématique de l’eau, cette évolution pourrait être portée par les comités de bassin.

 Signataires

- Maximilien Rouer, Président du groupe de travail, fondateur de la société BeCitizen
- Martin Guespereau, Chargé de mission auprès du Secrétaire général, Ministère de
l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie

Cette note est issue des travaux d’un groupe de réflexion réuni dans le cadre de La Fabrique Ecologique entre février et novembre 2015.

Conformément aux règles de La Fabrique Ecologique, seuls les signataires de la note sont engagés par son contenu. Leurs déclarations d’intérêts sont disponibles sur demande écrite adressée à l’association.

Autres membres du groupe de travail

- Christian Caye, Délégué au Développement Durable, Vinci
- Walter Delage, Responsable Développement durable & Communication corporate,
Primagaz
- Vincent Lidsky, Haut fonctionnaire
- Eric Maucort, Député vice-président développement durable, EDF
- Jean-Louis Merveille, Directeur du développement durable, Vallourec
- Clément Métivier, Rapporteur, étudiant
- Clémence Morel, Rapporteure, étudiante
- Roland Nussbaum, Mission des risques naturels, Association français pour la protection contre les risques naturels (AFPCN)
- Aliette Quint, Directrice de la stratégie, Air Liquide
- Thomas Sanchez, Directeur de projet développement durable, Caisse des Dépôts et
Consignations
- Nicolas Vuillier, Directeur Développement Durable France Belgique, ItalCementi Group

Personnes rencontrées dans le cadre de ces travaux

- Daniel Baumgarten, Séché
- Laure Bédier, Assistance Publique Hôpitaux de Paris
- Guillaume Benoit, Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux
- Jean-Bernard Bonduelle, Bonduelle
- Vincent Champain, General Electric, Observatoire du Long Terme
- Vincent Crasnier, Danone
- Nathalie Devulder, RTE
- Pierre Forestier, AFD
- Alexandre Magnan, IDDRI
- Sylvain Mondon, ONERC
- Stanislas Pottier, Crédit Agricole

Relecture

Cette note a été discutée par le comité de lecture de La Fabrique Ecologique, composé de Guillaume Duval, Marianne Greenwood, Géraud Guibert, Marc-Olivier Padis, Guillaume Sainteny et Lucile Schmid.

Elle a enfin été validée par le Conseil d’administration de La Fabrique Ecologique du 24 novembre 2015. Cette note sera relue par plusieurs personnalités avant sa publication définitive.

Conformément aux règles de La Fabrique Ecologique, cette publication sera mise en ligne jusqu’à la fin du mois de Février 2016 sur le site de l’association (www.lafabriqueecologique.fr) afin de recueillir l’avis et les propositions des internautes. Sa version définitive sera publiée en avril 2016.

 Le mot du président du groupe de travail

C’est pendant la canicule de 2003 qu’est née l’idée de l’économie positive, une économie qui restaure le climat et le capital naturel. « Carbon killer » en est né, présenté dans l’ouvrage Réparer la planète, la révolution de l’économie positive, publié en 2007 : il s’agit d’une modélisation de la capacité que nous aurions si nous travaillions avec la nature, de la voir restocker naturellement du carbone, via la photosynthèse. Cela permettrait de revenir à 280 ppm, une prouesse. Bien entendu cela n’a de sens qu’en complément des efforts à faire pour maîtriser les émissions de gaz à effet de serre.
En 2003, nous étions à 394 ppm de CO2 dans l’atmosphère. Aujourd’hui, 12 ans après, nous sommes à 400 ppm. Loin d’être sur la bonne pente, la tendance s’aggrave donc. Pourtant le changement climatique est maintenant une réalité acceptée par tous – ou presque. Et pourtant, rien ne se passe. Cette note avec La Fabrique Ecologique est née de la volonté de matérialiser le fait que l’adaptation au changement climatique est nécessaire et urgente.

Je vous en souhaite une bonne lecture.

Maximilien Rouer, fondateur de la société BeCitizen.

 Sommaire

- I. Etat des lieux

- II. La roue de l’adaptation

- III. L’appel aux décideurs

  • A. Faire un grand saut qualitatif sur les data et les outils de prise de décision pour mettre les décideurs en situation d’agir (Savoir/Evaluer)
  • B. Reprendre le cadre juridique et l’adapter à l’ordre nouveau des choses (Décider)
  • C. Organiser le secteur financier et les filières économiques (Agir)
    • 1. Secteur financier
    • 2. Organiser les filières économiques pour absorber le risque et répartir la vulnérabilité entre les acteurs
  • D. Disposer de lieux de mobilisation collective (Décider)

Conclusion

 Introduction

Rarement nous avons autant su et si peu entrepris. Sur ce sujet de l’adaptation, Le GIEC [1] faisant ce constat, a commencé en mars 2014 à publier des rapports autonomes. On le sait, plus rien ne nous protège contre d’éventuelles sécheresses dures comme la Californie l’expérimente en ce moment, les assauts de la mer dévoreront bien encore quelques lambeaux de côte avec leurs habitations, les canicules marchent sur nos villes et nous détournons le regard. Pourtant nous savons.

196 pays se sont donnés rendez-vous à Paris en décembre pour une 21ème fois et se sont promis de faire un pas significatif pour le climat. Le sujet de l’adaptation est un test : comment un pays pourrait-il s’engager sincèrement dans une politique d’atténuation [2] pour le bien commun de la planète s’il ne s’occupe pas déjà, à domicile, pour lui-même et pour sa propre population, des défis d’adaptation que lui pose le changement climatique ? Paris pourrait marquer un tournant sur le sujet de l’adaptation. Le fonds vert lancé à Copenhague a ouvert une voie.

Le tabou est maintenant brisé : l’adaptation a été un temps le gros mot du changement climatique. Le prononcer revenait à douter, à être défaitiste. De même que la barre de moins de +2°C est un objectif fédérateur sur l’atténuation, un objectif aussi simple à partager devrait être défini sur l’adaptation. Mais le cadre international pour évaluer les efforts des Etats dans ce domaine n’existe pas encore.

Quoi qu’il sorte des négociations à Paris, il faut agir, et agir vite. Or l’adaptation n’a pas encore vraiment démarré en France, du moins pas à la hauteur souhaitable. Le gouvernement s’honorerait de voir là un sujet fédérateur et de s’y atteler beaucoup plus hardiment : pourquoi l’adaptation ne serait- elle pas grande cause nationale en 2017 ?

Cette note se concentre sur une approche économique, et donc ne résume pas tout ce qu’il faudrait entreprendre. Elle propose une vision originale et des outils nouveaux pour engager l’action. Par exemple elle propose une roue de l’adaptation qui puisse créer un effet d’intensification dans la durée des dispositions à prendre. Elle met en avant le rôle capital des filières économiques pour que l’adaptation devienne une réalité de terrain.

Cette note se concentre sur le cas français. Le reste du monde mériterait bien sûr des développements plus importants encore, tant les choix de mal-adaptation se multiplient actuellement et que certains pays seront plus durement affectés que notre pays. Si rien ne se passe, la vie même de nombreux habitants sur terre viendrait à être mise en péril, à moins qu’ils ne choisissent de prendre les routes incertaines des migrations.

 Note intégrale

- Télécharger la Note " La roue de l’adaptation au changement climatique - Les outils d’une politique économique de l’adaptation en France "


A PROPOS DE LA FABRIQUE ÉCOLOGIQUE

La Fabrique Écologique, fondation pluraliste et transpartisane de l’écologie, réfléchit, propose et lance des débats sur les politiques publiques et des propositions concrètes en matière d’écologie et de développement durable. Son exigence de très grande rigueur, la précision de sa méthodologie et la qualité et la diversité de son réseau d’expertise lui permettent de publier des notes considérées comme des références sur les sujets traités.


[15ème rapport d’évaluation du GIEC « CHANGEMENTS CLIMATIQUES 2014 : Incidences, adaptation, et vulnérabilité », 2014. Le GIEC est le groupement d’experts mondiaux de référence, mis en place par les gouvernements sous le chapeau des Nations unies.

[2Comprendre la réduction des émissions de gaz à effets de serre.

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La roue de l’adaptation au changement climatique - Les outils d’une politique économique de l’adaptation en France

 

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