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Retour sur le Grenelle de l’environnement

La revue de presse du développement durable n°11

mercredi 31 octobre 2007
Posté par David Naulin

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Après le Grenelle de l’environnement, la revue de presse revient, cette semaine, sur les nombreuses réactions des associations, des formations politiques, du patronat et des syndicats. Quant à Jean-Pierre Raffarin, il veut lancer "une génération Grenelle" à l’occasion des municipales de 2008. Alors ce Grenelle révolution verte ou simple effet d’annonce ?



 Grenelle de l’environnement : les réactions

Sources : Le Point - Journal du Dimanche - La Tribune - AFP

Al Gore, ancien vice-président démocrate américain, prix Nobel de la Paix 2007 : "Les grands leaders sont ceux qui peuvent faire dire aux gens : « Nous l’avons fait nous-mêmes. » Je veux présenter mes félicitations au peuple français. C’est le début d’un processus historique. En réunissant tout le monde à la recherche de consensus, vous montrez la voie. Car pour aller loin, il faut aller ensemble. Il faut désormais un Grenelle mondial. Il y a trente-cinq jours, j’ai assisté à une réunion des plus grands glaciologues. Ils étaient en état de choc, et chacun sait que les scientifiques sont rarement dans un tel état. Après avoir mesuré la fonte de la calotte glaciaire cet été, ils en ont déduit que toute la banquise au Pôle Nord pourrait disparaître d’ici à vingt-deux ans. Il y a une urgence planétaire. (...) D’ici à une génération, nos enfants regarderont l’an 2007 et ils verront ce que nous avons fait et ce que nous n’avons pas fait. Je voudrais qu’ils se demandent : comment ont-il eu le courage moral de s’attaquer à un problème dont beaucoup disaient qu’il était impossible à résoudre, plutôt que : pourquoi n’ont-ils rien fait alors qu’ils savaient ."

Nicolas Hulot donne 18/20 au président : "A ce stade-là, pour gagner une petite marge de manoeuvre, on va mettre 18 sur 20", a déclaré Nicolas Hulot, avant d’ajouter : "C’est plus qu’un lancement d’idées, c’est même assorti d’une réforme profonde de la fiscalité comme je le souhaitais - sans d’ailleurs penser qu’on en arriverait là -, d’un transfert de la fiscalité du travail sur la fiscalité écologique."

Dans un communiqué, l’UMP a estimé que la France avait entamé "sa grande révolution écologique". "Et c’est à Nicolas Sarkozy qu’elle le doit", estime le parti majoritaire. L’UMP salue par ailleurs "les décisions fortes prises par le Chef de l’Etat à l’issue du Grenelle, notamment la poursuite de la recherche sur les OGM parallèlement à une suspension de la culture commerciale des OGM pesticides ou le développement des énergies renouvelables sans renoncer à l’énergie nucléaire".

Le Parti socialiste fait part de sa crainte d’un décalage entre les paroles et les actes. Reconnaissant que "les objectifs affichés, les principes énoncés et son catalogue de mesures annoncées se veulent exhaustifs", le PS estime que le chef de l’Etat "a commencé à reculer devant les lobbies" et reste "dubitatif" sur la mise en oeuvre de certaines mesures. "Il convient d’ajouter à cela les contraintes budgétaires crées par le paquet fiscal de juillet dernier, privant le Grenelle de moyens financiers conséquents pour conduire ces politiques, avec le risque de voir une fois de plus le gouvernement transférer la charge financière sur les collectivités locales", a précisé le parti de François Hollande.

"Le problème c’est que c’est des annonces, beaucoup d’annonces, très bien mises en scène", a réagi sur i>Télé Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts. "On essaye de satisfaire un peu tout le monde, de rester sur un espèce de consensus ou de compromis sans les actes concrets immédiats et avec des vraies craintes", a-t-elle encore déclaré, reconnaissant toutefois qu’il y avait dans ces annonces, "un certain nombre de choses positives". Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, quant a lui, a estimé samedi dernier sur Europe 1 que le Grenelle de l’environnement représente "une avancée politique" mais aussi "un hors d’oeuvre" nécessitant "un suivi". Le leader écologiste a jugé que cet ensemble de consultations, tables-rondes et arbitrages était "une avancée politique, une bonne idée. Dommage que la gauche au pouvoir ne l’ait pas fait, on a perdu beaucoup d’années".

Le réseau Sortir du nucléaire dénonce un "Grenelle radioactif" et appelle à manifester contre la "politique pro-nucléaire de Nicolas Sarkozy" samedi prochain à Paris. Selon Yannick Jadot, le directeur des programmes de Greenpeace, il y a "incontestablement une ambition, un changement de culture au niveau de l’Etat". Mais l’organisation écologiste regrette le fait qu’il y ait "trop d’ambiguïté pour qu’on ne soit pas extrêmement vigilant sur la suite".

Dans un communiqué, l’ONG Les Amis de la Terre dénonce certains points du discours de clôture du Grenelle de l’Environnement prononcé ce jeudi par Nicolas Sarkozy. Elle fustige, entre autres, "l’immobilisme sur la question du nucléaire qui confirme que l’Etat refuse toujours de reconnaître les risques inhérents à cette technologie dont le poids économique continuera d’empêcher de réels choix de rupture en matière énergétique". Le président de l’ONG, Claude Bascompte, s’en prend lui à la méthode présidentielle : "En voulant ménager la chèvre et le chou, le nucléaire et les renouvelables, l’agriculture biologique, les OGM et les agrocarburants, les incinérateurs et la réduction à la source des déchets, Nicolas Sarkozy s’efforce de paraître courageux, mais refuse de prendre des engagements clairs et remet à plus tard la question des choix réels, dont celle, cruciale, des financements".

Vous pouvez également lire la réaction de Paul Ariès, représentant du mouvement la décroissance.

Le patronat s’est montré, lui, satisfait. "C’est plutôt une bonne impression", a déclaré Laurence Parisot, présidente du Medef, saluant les "bons équilibres" des annonces. Même son de cloche de la CGPME, son président Jean-François Roubaud, s’estimant "globalement satisfait". Les leaders patronaux restent certes prudents, attendant de "voir dans les détails", mais ils se félicitent avant tout qu’il n’y ait pas d’augmentation de la fiscalité, se réjouissant aussi que la question de la taxe carbone soit abordée dans un cadre européen.

Côté syndicats, la CGT et la CFDT affichent une prudence plus grande sur les résultats. Certes, les deux confédérations saluent "les ambitions" du Grenelle, mais elles restent circonspectes sur les résultats. "Il faut maintenant trouver les financements pour toutes ces opérations", a déclaré Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT chargé de l’environnement.

 Grenelle de l’environnement : les débats se poursuivent

Le choc du Grenelle est à venir
Point de vue de Rémy Prud’homme, professeur émérite à l’université Paris-XII, publié dans Le Monde (édition du 30 octobre 2007)

Le Grenelle de l’environnement pourrait bien être l’équivalent des 35 heures, avec Jean-Louis Borloo dans le rôle de Martine Aubry. La loi sur les 35 heures a été un choc économique dommageable pour la croissance, le commerce extérieur, les finances publiques. Il faut se demander si les mesures en préparation dans le cadre du Grenelle de l’environnement ne vont pas avoir des conséquences comparables ou pires. On se limitera ici au réchauffement climatique.

Les deux trains de mesures partent de bons sentiments : lutter contre ces maux que sont le travail et le réchauffement climatique. Et adoptent à cet effet la même démarche "gosplaniste", qui repose sur deux piliers : augmenter les subventions publiques et surtout réglementer, interdire, empêcher, brimer. Défense de travailler. Défense de rouler à 125 km/h sur les autoroutes. Au fond : réduire la production, cause de tous les maux.

Ces deux trains de mesures ont été ou sont bien accueillis. Travailler moins à salaire égal - la définition des 35 heures - était une mesure très populaire. Il n’y avait guère que des patrons méchants et des économistes grincheux pour crier gare. Sauver la planète - le but du Grenelle de l’environnement - est, s’il se peut, encore plus populaire. Même les méchants patrons n’osent pas se plaindre.

Mais ces deux trains de mesures ont un autre point commun : le choc économique qu’ils causent est du même ordre de grandeur, qui se trouve être aussi celui du premier choc pétrolier. (...)

- Lire la suite de l’article sur le site du journal Le Monde

Le rêve illusoire d’un monde sans camion
Point de vue de STEFANO CHMIELEWSKI, président de Renault Trucks, publié dans Les Echos du 29 octobre 2007

Faisons un rêve... Supprimons le camion, source de tous nos maux, et réglons avec des trains et des péniches, d’un coup de baguette magique, les questions de climat et de sécurité routière. Des routes sans camions, des villes sans livreurs... Un paradis pour citoyens soucieux de la planète. Comment ? Surtaxons les camions pour les empêcher de rouler. Soyons même plus ambitieux ! Construisons des canaux et chemins de fer devant nos domiciles, au bout de notre jardin. En rêve, rien d’impossible. Les solutions sont évidentes, les moyens à portée. Mais ce décor paradisiaque a son envers. A quel prix arriveront nos produits devant nos portes ? Attendrons-nous nos commandes Internet des semaines ? Renoncerons-nous aux huîtres à Noël ? Et si le rêve du citoyen était le cauchemar du consommateur... qui, au final, ne font qu’un ? STEFANO CHMIELEWSKI continue son argumentation : "Resituons le contexte. 80 % des marchandises en France sont acheminées via le transport routier. Ce n’est pas le fruit du hasard. Grâce au camion, notre économie de stocks s’est mue en une économie de flux, réduisant l’immobilisation des marchandises et donc la valeur immobilisée. Les produits circulent en plus petites quantités, plus vite, l’étalement urbain génère davantage de trafic sur courtes distances... Les trois quarts du transport routier de marchandises s’effectuent aujourd’hui sur des distances inférieures à 150 kilomètres" (...).

- Lire la suite de l’article sur le site du journal Les Echos

 L’actualité politique

Sources : Le Point - Le Nouvel Observateur

Eric Diard nommé secrétaire national de l’UMP en charge de l’Écologie et du Développement durable

Eric Diard, député des Bouches-du-Rhône depuis 2002, vient d’être nommé secrétaire national de l’UMP en charge de l’Écologie et du Développement durable. Eric Diard est également maire de Sausset-les-Pins (Bouches-du-Rhône) et vice-président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole. Dans un entretien publié par Le Point, Eric Diard revient sur sa nomination survenue après le Grenelle de l’environnement : "En réalité, sous la précédente législature, c’était Nathalie Kosciusko-Morizet qui occupait cette fonction à l’UMP. Depuis sa nomination au ministère de l’Écologie, de l’Aménagement et du Développement durables, elle n’avait pas été remplacée. J’ai demandé à Jean-Claude Gaudin (vice-président du Conseil national, sénateur-maire de Marseille) de pouvoir travailler sur ces questions".

Raffarin veut lancer "la génération Grenelle"

Le vice-président du Conseil national de l’UMP, Jean-Pierre Raffarin, a souhaité que l’UMP lance "la génération Grenelle", à l’occasion des municipales de 2008, dimanche 28 octobre sur Canal +. Pour les élections municipales, "je souhaite que l’UMP lance la génération Grenelle, c’est-à-dire des jeunes de moins de 40 ans qui font du développement durable la première des priorités dans leur ville, sur le terrain", a-t-il affirmé. Selon lui, "cette génération Grenelle sera majoritaire dans l’ensemble des candidats" aux élections de mars.
"Avec le Grenelle de l’Environnement, Nicolas Sarkozy a fait en six mois ce que (les Verts) n’avaient pas su faire en vingt ans (...) On a fait en six mois des bonds considérables pour le développement durable", a affirmé l’ancien Premier ministre.

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