Nanotechnologies : leurs vrais coûts pour le climat et l’énergie

Les Amis de la Terre Etats-Unis, Australie et Europe publient aujourd’hui un rapport qui révèle que les nanotechnologies, sous leur forme actuelle, n’augmenteront pas significativement l’efficacité énergétique et n’aideront pas à combattre les changements climatiques. Nanotechnology, climate and energy: over-heated promises and hot air montre le véritable coût environnemental et énergétique des nanotechnologies, que l’industrie des nanotechs essaie de faire passer pour une technologie « verte ».

Le rapport revient sur la complexité des nanotechnologies et démontre que leurs usages actuels ne produisent aucun bénéfice contre les changements climatiques, l’épuisement des ressources et les pollutions. Au contraire, les nanotechnologies augmentent la consommation énergétique et créent de nouveaux risques environnementaux.

Selon Magda Stoczkiewicz, directrice des Amis de la Terre Europe : « Les nanotechnologies peuvent en théorie modifier la façon dont nous exploitons, utilisons et stockons l’énergie. Mais en réalité, les produits recourant aux nanotechnologies requièrent une quantité importante d’énergie aux dépens de l’environnement, sans fournir les économies attendues. »

Les nanotechnologies ont fait l’objet d’un greenwashing considérable : les industriels les présentent comme une solution aux problèmes environnementaux. Or malheureusement, investir dans leur développement détourne des solutions écologiques vraiment efficaces. Leurs usages actuels, tels que chaussettes, équipements de sport ou cosmétiques enrichis en nanoparticules, n’apportent ni économies d’énergie ni bénéfice environnemental, mais exigent beaucoup de matières premières, de ressources et d’énergie.

Ian Illuminato des Amis de la Terre Etats-Unis, co-auteur du rapport, analyse : « Malgré les allégations des industriels, les nanotechnologies ne peuvent contribuer à réduire nos consommations d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre. Dans la pratique, c’est l’inverse qui se dessine : les nanotechnologies donneront aux décideurs politiques une excuse pour poursuivre comme avant, reléguant au second plan des choix technologiques plus intelligents et les nécessaires changements radicaux de nos modes de consommation et de production. Les nanotechnologies n’ont rien d’une solution clé-en-main pour la crise environnementale. Au mieux, elles pourraient avoir un léger impact positif sur quelques problèmes énergétiques et climatiques, mais elles risquent surtout de beaucoup aggraver la situation globale ».

Pour Georgia Miller, des Amis de la Terre Australie, co-auteur du rapport : « Il importe que les citoyens comprennent que nombre d’applications des nanotechnologies ont un très fort coût environnemental. Par exemple, alors que nous devons réduire notre dépendance aux énergies fossiles, on assiste à des investissements croissants dans les nanotechnologies pour trouver davantage de pétrole et de gaz, au lieu d’investir dans les formes d’utilisation des énergies renouvelables les plus respectueuses de l’environnement. »

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