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Les leaders scientifiques du monde entier annoncent une nouvelle ère pour la science du climat et de la durabilité

capture_d_e_cran_2023-07-05_a_16.15_20.png La science et la politique en matière de climat et de durabilité sont entrées dans une nouvelle ère, à l’occasion d’un sommet et d’un symposium scientifiques de haut niveau qui ont attiré à Paris des ministres internationaux et les plus grands scientifiques du monde et qui ont permis de créer de nouveaux partenariats, de faire connaître les besoins de la société, de proposer de nouvelles découvertes et de jeter des ponts entre des expertises disparates. « Fundamental Life Science Meets Climate, Environment, and Sustainability » a été organisé par l’International Human Frontier Science Program Organization (HFSPO) et ses partenaires et a attiré plus 2 000 participants venus de plus de 40 pays pour assister aux événements qui se tenaient à l’Académie des Sciences de Paris du 27 au 29 juin 2023. Ces derniers ont fait naître une approche radicalement novatrice qui réunit des experts mondiaux en sciences fondamentales dans les domaines de la biologie, du changement climatique, des sciences marines, de l’écologie, de l’agriculture, de la psychologie et des sciences sociales, et des représentants des gouvernements. À travers le Sommet et le Symposium, les participants ont entériné des priorités majeures qui apporteront une aide précieuse aux gouvernements, aux collectivités et aux agences scientifiques déterminés à accélérer la transition vers un développement durable :
  1. La collaboration internationale n’est plus un luxe, mais une nécessité. Ministres et scientifiques doivent pouvoir échanger plus régulièrement comme ils l’ont fait lors de ce Sommet et de ce Symposium grâce auxquels décideurs politiques, agences de financement et scientifiques ont pu aborder en toute transparence les besoins de nos sociétés et les enseignements que la recherche fondamentale peut apporter à notre monde. De même, il est indispensable d’inclure et d’accueillir des professionnels représentant une grande variété de pays, de points de vue et d’origines afin de s’appuyer sur l’ensemble de l’expertise existante. Enfin, les prochaines étapes doivent être basées sur une large inclusion avec des professionnels représentant un grand nombre de pays, de perspectives et d’antécédents afin de disposer de l’ensemble de l’expertise disponible.
  2. La recherche fondamentale en sciences de la vie d’avant-garde doit être pleinement associée à cette démarche. Pour comprendre parfaitement les grands défis auxquels notre monde est confronté, il convient d’adopter l’approche axée sur le « cycle de vie » que les sciences biologiques peuvent apporter aux partenariats avec d’autres disciplines comme la climatologie, la recherche environnementale, la physique ou encore la science des données. Les grands défis auxquels nous devons faire face représentent, à terme, une menace pour la vie sur Terre, et les sciences de la vie doivent être associées à ces recherches, mais aussi à l’élaboration des politiques publiques.
  3. La science des systèmes est l’avenir de la science. D’importantes politiques et garanties sociales peuvent bénéficier de la compréhension du comportement des systèmes, qu’il s’agisse des systèmes biologiques, des systèmes terrestres ou des vérités universelles sur lesquelles reposent tous ces systèmes clés. En outre, les sciences de la vie et les sciences physiques doivent s’associer aux sciences sociales et comportementales pour refléter plus précisément la manière dont les organismes vivants jouent un rôle clé dans l’impact de nos systèmes terrestres.
  4. L’étude des frontières des sciences de la vie, pour peu qu’elle soit placée sous le signe de la transdisciplinarité, peut apporter à l’humanité les solutions aux grands défis de notre temps. Associée à la climatologie, à l’étude de la vie marine, à la science des données et à d’autres approches transdisciplinaires, la recherche fondamentale en sciences de la vie peut contribuer à faire naître des solutions au service de la sécurité alimentaire, des énergies renouvelables et de la résilience de l’humanité. Si la recherche fondamentale est tout à fait fondée à se cantonner à une discipline en certaines circonstances, il est des cas où il faut, a contrario, s’en remettre à la science d’avant-garde pour résoudre les défis mondiaux en pleine expansion. Dans ce contexte, transformer les résultats des recherches en innovations utiles pour l’humanité et toutes les formes de vie sur Terre prend beaucoup moins de temps. Le 21è siècle sera véritablement connu comme « l’âge de la biologie ».
  5. Répondre à la demande des dirigeants du monde en promouvant les sciences d’avant-garde. Pour reprendre ce qui s’est dit en mai 2023 lors du sommet du G7 à Hiroshima et à la réunion des ministres de la science et de la technologie du G7 à Sendai, la science est appelée à jouer un rôle décisif dans la sécurité et le futur de l’humanité et du vivant sur la Terre. Les gouvernements doivent impérativement soutenir la recherche fondamentale transdisciplinaire et s’appuyer sur ses enseignements pour élaborer les solutions aux défis de notre temps.

Prochaines étapes – Ateliers frontaliers dans trois domaines critiques

  1. À partir de 2024, le HFSPO et ses partenaires mondiaux organiseront des Ateliers sur les frontières afin d’approfondir les discussions et de faciliter de nouvelles possibilités de financement pour la recherche fondamentale exploratoire qui fera progresser la transition vers la durabilité. Chaque discussion se concentrera sur l’un des quatre domaines thématiques discutés à Paris :
    • Le changement climatique et la santé ;
    • Biodiversité des océans et ressources en danger ;
    • La sécurité alimentaire dans un monde en mutation ;
    • Les individus, les institutions et les transformations sociétales. Ces discussions se tiendront dans des lieux géographiquement diversifiés à travers le monde afin de formuler une approche réfléchie et rigoureuse visant à intégrer les sciences fondamentales de la vie dans la transition vers le développement durable à l’échelle mondiale. Les ateliers réuniront des ministres des sciences, des responsables gouvernementaux et des scientifiques de premier plan représentant des domaines d’expertise transdisciplinaires.
  2. Afin d’accélérer l’impact que la recherche fondamentale en sciences de la vie peut avoir au profit de l’humanité, le HFSPO et ses partenaires mondiaux organiseront également une série d’Ateliers sur les frontières mettant en évidence le potentiel de la recherche fondamentale en sciences de la vie à produire des innovations qui peuvent être rapidement traduites en applications pour le bien public. Ces ateliers réuniront divers scientifiques dans des points névralgiques régionaux où il existe de nombreuses possibilités d’établir ces connexions et d’agir en conséquence.
  3. Le HFSPO organisera des Ateliers sur les frontières afin d’identifier et de recommander des approches visant à renforcer l’intégration dans les organismes de recherche fondamentale en sciences de la vie et dans l’entreprise des sciences de la vie à l’échelle mondiale. Les ateliers commenceront par un événement organisé par les acteurs canadiens des sciences de la vie et seront ouverts à tous les participants intéressés par la création d’un environnement accueillant pour des perspectives et des approches diverses, et par l’autonomisation des personnes et des pays qui n’ont pas été en mesure de jouer un rôle actif dans le passé.

Quelques articles scientifiques interdisciplinaires présentés
  • Carbon storage in the oceans as a function of microscale mechanisms driving particle degradation, Uria Alcolombri, département Génie Civil, environnement et Géomatique, ETH Zurich (Suisse) et département des Sciences botaniques et environnementales, Université hébraïque de Jérusalem (Israël).
  • A systems perspective: human behavior, the environment, and biological feedback loops that create unintended consequences, Ulf Dieckmann, Institut des sciences et des technologies d’Okinawa (Japon) et Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués de Laxenbourg (Autriche).
  • Plant heat stress, heatwaves, and food security: prediction and mitigation, from molecular genetics to Earth system modeling, Peter Franks, Université de Sydney (Australie).
  • Understanding how certain flowers attract pollinators as a predictor for food security, Beverly Glover, Université de Cambridge (Royaume-Uni).
  • Heat acclimation and neuronal pacemaker mechanisms that drive heat tolerance and resilience to hot environments, Jan Siemens, Université de Heidelberg, Institut de pharmacologie (Allemagne).
  • Why don’t plants get sunburned? How can this help promote food security? Gabriela Schau-Cohen, Massachusetts Institute of Technology (États-Unis).

Partenaires

capture_d_e_cran_2023-07-05_a_16.17_16.png Le Sommet & Symposium ont été co-présentés par Mme Sylvie Retailleau, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de France, et par l’International Human Frontier Science Program Organization (HFSPO). Les événements ont été organisés par le HFSPO et ses partenaires : l’Agence nationale de la recherche (ANR), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Académie des Sciences, l’Institut Pasteur, l’International Science Council (IRS), le Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), l’UNESCO, le Conseil européen de la recherche (ERC). Ces événements s’inscrivent dans le cadre de l’Année internationale des sciences fondamentales pour le développement durable des Nations Unies (IYBSSD).

A propos

HFSP_horizontal_blue.jpg Le Human Frontier Science Program a été créé par les pays du G7 à l’initiative de l’ancien Premier ministre japonais Yasuhiro Nakasone lors du sommet de Venise en 1987. Ouvert aux scientifiques de toutes les nations, le HFSPO est soutenu par 17 membres : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, France, Inde, Israël, Italie, Japon, République de Corée, Norvège, Nouvelle-Zélande, Singapour, Royaume-Uni, Suisse et Commission européenne. La mission du HFSPO est d’encourager la recherche fondamentale audacieuse dans le domaine des sciences de la vie et les collaborations interdisciplinaires dans le monde entier. Depuis 1990, près de 8 000 chercheurs de plus de 70 pays ont été soutenus. Parmi eux, 28 lauréats du HFSPO ont reçu le prix Nobel. International Human Frontier Science Program 12 Quai Saint-Jean, 67000, Strasbourg, France. www.hfsp.org | Téléphone : 03 88 21 51 23 | @HFSP Twitter | Page Facebook

 

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