La technologie face aux défis environnementaux de l’aérien

Le secteur aérien veut réduire son empreinte environnementale. Pour ce faire, la technologie numérique est une solution d’avenir à exploiter. Cependant la question se pose de la balance entre les bénéfices obtenus par le digital, et le poids des émissions lié à son usage. Un équilibre que cherche à trouver les aéroports, comme le Groupe ADP, leader mondial de la gestion aéroportuaire. Yannael Billard, Responsable du Département Environnement Énergie du groupe a évoqué le sujet auprès de Hub One, l’opérateur expert en technologie digitale pour les entreprises.

La défense de l’environnement est l’urgence du XXIème siècle. Face à cet enjeu, les acteurs de l’aérien s’adaptent et se tournent vers l’usage des technologies digitales pour assurer la transition écologique des aéroports. Une solution numérique qui doit cependant être analysée de façon objective dans la mesure où elle peut également être polluante. Il convient donc de trouver un usage adéquat du digital pour, in fine, réduire l’impact des activités aéroportuaires sur l’environnement.

User de la technologie pour réduire l’empreinte environnementale des aéroports

La technologie peut servir la cause climatique de façon pertinente. Prenons l’exemple du digital, il permet de mettre en place des dispositifs qui améliorent le parcours des avions, réduisant de fait leur consommation de carburant sur les aires de manœuvre. Les data peuvent aussi simplifier l’ensemble des opérations au sol. Ajouté à cela, l’exploitation d’algorithmes permet d’identifier les sources d’émissions polluantes et propose des modèles visant à les réduire. Enfin, la technologie est une grande source d’innovations de rupture, comme celle de l’avion hydrogène.

Il est cependant nécessaire de prendre de la hauteur sur le digital et se demander si son usage protège réellement l’environnement. En effet, la technologie peut paradoxalement prendre un problème écologique pour le déplacer ailleurs. Le cas des biocarburants à base d’huile de palme est symptomatique. D’un point de vue économique ou technologique, le projet semble pertinent. « En revanche, si on fait le bilan carbone global, et qu’on intègre toutes les externalités positives et négatives sur l’ensemble du cycle de vie, le bilan n’est pas forcément aussi reluisant », souligne Yannael Billard.  

La collaboration au service de l’urgence climatique : philosophie du Green Airport

L’innovation digitale est une solution pour faire face à l’urgence climatique. Cependant ces technologies de rupture étant récentes, les utilisateurs n’ont pas de véritable recul sur leur impact environnemental. Le travail collaboratif permet de maintenir un esprit critique vis-à-vis de ces dernières. Un principe défendu par le groupe aérien. « Nous avons besoin de nous appuyer sur des partenaires experts, comme nous avons aussi besoin de nous appuyer sur des associations et sur la société civile qui vont nous challenger », estime l’interrogé.

Il est donc pertinent de mutualiser les idées digitales afin d’offrir une mobilité durable et intelligente aux activités aéroportuaires et ainsi assurer la transition écologique. C’est toute la philosophie du Green Airport : travailler collectivement afin de progresser plus vite sur l’appréciation de la qualité des technologies, de leur intérêt, de ce qui pourrait fonctionner ou pas. « Pour Le Groupe ADP il y a une vraie valeur dans le simple fait de partager et de travailler en groupement sur l’avenir de l’aérien dans le respect de toutes les composantes environnementales », conclut Yannael Billard.

 

L’aérien est en pleine mutation. Porté par le Smart Airport, les acteurs du secteur misent sur le développement de solutions digitales intelligentes afin d’optimiser leurs performances opérationnelles. Mais derrière cette terminologie Smart Airport, on assiste aussi à l’émergence d’initiatives et innovations technologiques numériques tendant à réduire l’empreinte environnementale des activités aéroportuaires. Il convient donc de collaborer afin d’user de manière pertinente et équilibrée du digital, qui reste une source de consommation énergétique et polluante.  

 

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