La saison 2026 du Podcast « Carnets d’alerte » de Juliette Duquesne, produite par wave.audio, s’intitule comme son livre d’enquête « Autonomes et solidaires pour le vivant. S’organiser sans l’autorité de l’État ». Parmi ceux qui souhaitent préserver le vivant, un sujet divise : leur rapport à l’État. Certains prônent la planification, alors que pour d’autres, l’État fait structurellement partie du problème et va même de pair avec le capitalisme. L’enjeu : construire un quotidien autour des gestes essentiels tels que se nourrir ou se loger. La journaliste indépendante Juliette Duquesne a accepté de répondre aux 9 questions essentielles pour Cdurable.

« Carnets d’alerte » le podcast de Juliette Duquesne
Toutes les enquêtes Carnets d’alerte le confirment : l’agriculture et l’alimentation sont des sujets cruciaux, de la hausse du nombre d’épidémies à la transition écologique ! Ces secteurs structurent profondément nos sociétés.
Dans une société mal et surinformée,
les informations cruciales
se retrouvent noyées et banalisées : difficile de faire le tri.
Les modèles de l’économie sociale et solidaire (écarts de salaires encadrés, gouvernance partagée, poids des actionnaires limité…) réussissent souvent à prendre soin de la terre et de l’humain. Les structures qui perdurent sont rentables mais le profit n’est pas leur premier objectif. Elles sont toujours très éloignées des marchés financiers mais, par contre, elles tissent de nombreux liens avec les PME d’un territoire. Quels sont ces modèles ?
Que ce soit pour le mix énergétique, la consommation de biens ou la mobilité, nous avons tendance à nous perdre dans de multiples détails alors qu’à chaque fois, le plus fondamental et le plus essentiel est la solution de moins consommer, de moins se déplacer…
Juliette Duquesne souhaite donner à ses auditeurs des clés de compréhension grâce aux résultats des enquêtes qu’elle mène depuis plusieurs années. Engagés, tous ses travaux sont issus, à chaque fois, de la consultation de centaines d’études et de l’interview d’une centaine d’acteurs-clés.
« Carnets d’alerte passe un cap cette saison.
Thomas Baumgartner, expert de la création radiophonique et fondateur de wave.audio
Juliette Duquesne transforme son rendez-vous en une série documentaire audio,
en faisant entendre et se croiser les paroles
des acteurs et actrices du terrain »
Les saisons 1 et 2 du podcast, diffusées en 2021 et 2022, synthétisent et approfondissent les
enquêtes qu’elle a réalisées pour les livres « Carnets d’alerte » (semences, agriculture, eau, croissance, finance et IA), co signés avec Pierre Rabhi. Écouter la Saison 1, la Saison 2.
Dans la continuité de son livre enquête …
Dans la continuité de son livre d’enquête « Autonomes et solidaires pour le vivant. S’organiser sans l’autorité de l’État »1, la journaliste indépendante Juliette Duquesne partage dans la saison 2026 du podcast « Carnets d’alerte » ses analyses et reportages réalisés pendant trois ans dans de nombreux collectifs en France, et au Chiapas au Mexique auprès des zapatistes.
Dans ces temps incertains, Juliette Duquesne répond dans ce récit documentaire, avec son pas de côté habituel, à de nombreuses questions politiques d’aujourd’hui.
Questions qui seront sans nul doute secouées dans les deux années électorales à hauts risques qui s’annoncent.
À quelques semaines des élections municipales, il est intéressant de rappeler que la commune est un échelon intéressant pour soutenir les luttes locales et même déclencher une bifurcation écologique.
… sur les initiatives d’autonomie et de solidarité avec le vivant

Accéder à la terre, à l’autonomie alimentaire ou agricole, construire des communs, être solidaire.
La saison 2026 du podcast de Juliette Duquesne, produite par Thomas Baumgartner de wave.audio et réalisée par François-Charles Domergue, apporte de nouveaux éclairages – illustrés par de nombreuses initiatives sur le défi de construire une vie autonome et solidaire pour le vivant, sans l’autorité de l’État.
En France, les initiatives ne manquent pas : habitats partagés, coopératives, ZAD, associations,
communes … Elles expérimentent d’autres manières de faire vivre la démocratie. Dans le monde, dans des régions comme au Chiapas au Mexique, les zapatistes bâtissent leur autonomie depuis plus de 20 ans. Sans les idéaliser, ces collectifs montrent qu’il est possible d’habiter un lieu et d’en prendre soin avec davantage de solidarité, de façon plus autonome et non autarcique. Juliette Duquesne a interrogé plus une centaine de personnes.
« Dans cette 3ème saison, je mets en avant ceux qui, face à l’inaction de l’État, agissent concrètement au quotidien. Loin des idées reçues, des collectifs créent du commun sans passer par l’État.
Juliette Duquesne, autrice, conférencière, journaliste indépendante spécialisée Écologie et Économie.
Cette enquête donne de l’espoir pour protéger le vivant face à la montée de l’autoritarisme et aux nombreux blocages démocratiques. »
Les 10 épisodes de la saison Carnets d’Alerte 2026
Autonomes et solidaires pour le vivant. S’organiser sans l’autorité de l’État
Dans cette saison 2026 du podcast Carnets d’alerte2, Juliette Duquesne part à la rencontre de celles et ceux qui, face à l’inaction ou à l’inertie de l’État, agissent concrètement au quotidien, celles et ceux qui construisent de l’autonomie, des espaces de vie, de convivialité et de lutte, sans l’autorité de l’État, ou même parfois, en opposition à ce dernier.

Les 10 épisodes de la saison 2026 à partir du 16 janvier 2026,
- Sur https://carnetsdalerte.fr/podcast
- Toutes les plateformes de diffusion : Deezer, Apple, PodcastAddict, Spotify, CastBox, PocketCasts
> Smartlink vers toutes les applications
Ils prennent soin du vivant. Ensemble. Ils inventent des modes vie en s’éloignant du capitalisme et d’un État centralisé où la façon de prendre des décisions est aussi importante que la finalité.
- La Bigotière, un havre de biodiversité : Vivre ensemble pour gagner en autonomie autour des gestes de subsistance et prendre soin du vivant, c’est le pari des habitants de la Bigotière. Ils ont créé une oasis, un écolieu, un habitat partagé où chacun a son chez soi mais où l’on partage beaucoup.
Interview : Isabelle Hétier, habitante de La Bigotière
Lieu : Épiniac (Ille-et-Vilaine) - Longo Maï, une utopie concrète à l’épreuve du temps : Lorsque ces façons collectives de vivre ensemble, en harmonie avec le vivant, sont mises en avant, parmi ceux qui ne franchissent pas le cap, un argument ne cesse d’être répété : ces collectifs finissent toujours par disparaître… Longo Maï, « que ça dure longtemps » en Provençal, prouve le contraire. Depuis plus de 50 ans.
Interview : Alex Robin, habitant de Longo Maï
Lieu : Limans près de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) - L’ex-ZAD de Notre-Dame-des-Landes, de la lutte à la création de communs : Loin des idées reçues, les habitants de l’ex-Zad prennent soin, ensemble, de 1650 hectares : des terres vivrières à la forêt. Grâce à leur lutte, les habitants ont préservé un lieu de vie et ils expérimentent d’autres façons de vivre ensemble, à l’encontre du modèle dominant. Ils marchandisent moins leurs gestes du quotidien et créent du commun sans passer par l’État.
Interview : Grégoire Minday, habitant de l’ex-Zad de NDDL (Loire-Atlantique) - Le zapatisme, une construction de l’autonomie réussie : En 1994, les zapatistes ont récupéré des terres au Chiapas et ils en prennent soin. Depuis, ils construisent leur autonomie en matière d’alimentation, de justice, de santé, d’éducation… Actuellement, c’est l’un des mouvements qui va le plus loin dans la construction de l’autonomie, en respectant le vivant et en s’éloignant le plus possible de l’État et du capitalisme.
Interview : Julia Arnaud, fixeuse lors de mon enquête auprès des zapatistes
Lieu : Chiapas, Mexique - Le zapatisme, un mouvement vivant malgré de multiples obstacles : Le gouvernement mexicain multiplie les différentes stratégies pour déstabiliser le Chiapas, avec une « guerre intégrale d’acharnement, d’usure ». Cela passe par les systèmes d’aide pour diviser, mais aussi par la présence des militaires, des paramilitaires et des cartels. Quelles sont les recettes du zapatisme pour perdurer ?
Interview : Julia Arnaud
Lieu : Chiapas, Mexique - Accéder à la terre et la cultiver autrement, un enjeu essentiel de l’autonomie : Accéder à la terre et la cultiver autrement sont deux aspects essentiels afin de gagner en autonomie. Ils ont été centraux tout au long de mes trois années d’enquête. Dans cet épisode, je vais vous décrire deux réussites afin d’aider les agriculteurs à prendre soin de la terre : Terre de liens et la Chambre d’agriculture alternative du Pays basque, ou plutôt en basque Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG).
Interview de Francis Poineau d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara
Lieu : Ainiza Monjolose (Pyrénées-Atlantiques) - Gagner en autonomie alimentaire, tout en étant solidaire : Je continue d’explorer les enjeux de l’autonomie alimentaire à travers deux structures : l’Atelier paysan, une société coopérative d’intérêt collectif d’autoconstruction, qui soutient les agriculteurs dans la conception des outils et la sécurité sociale de l’alimentation à Dieulefit. Œuvrer à davantage d’autonomie est un projet politique qui permet de créer des mécanismes de solidarité sans forcément passer par l’État.
Interview : Hugo Persillet de l’Atelier paysan
Lieux : Atelier paysan à Renage (Isère) et sécurité sociale de l’alimentation à Dieulefit (Drôme) - La Carline, au cœur de la chaîne alimentaire dioise : Vendre des produits bios et locaux – qui permettent aux paysans de vivre et à des prix accessibles à un grand public – est un défi que tente de relever chaque jour la Carline, située dans la ville de Die depuis plus de trente ans. Cette coopérative ne cesse de créer des innovations sociales. La dernière en date : racheter des terres agricoles afin d’installer des maraîchers qui vendent leurs fruits et légumes à la Carline.
Interview : Florent Dunoyer, directeur coopératif de la Carline, à Die (Drôme) - Loos-en-Gohelle, un îlot vert dans un raz de marée d’extrême-droite : Cette ville de 6900 habitants a commencé il y a près de vingt-cinq ans sa transition écologique. Dans cette commune, les citoyens votent en majorité extrême-droite aux élections nationales. Mais aux élections locales, on vote massivement écolo. Comment ce paradoxe est-il possible ? Plusieurs ingrédients expliquent cette réussite : des décisions prises en concertation avec les citoyens et, surtout, la reconnaissance du passé minier de la ville.
Interview : Jean-François Caron, ancien maire de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) - L’anarchisme : des pistes éclairantes pour l’avenir : Grand perdant du capitalisme et du communisme, l’anarchisme dans le débat public est victime de nombreuses idées reçues. Comment l’anarchisme pourrait-il nous permettre de nous ancrer dans une continuité, d’explorer d’autres voies face à l’impasse et à l’urgence écologique, humaine et politique à laquelle nous sommes confrontés ?
Interview : Jean-Christophe Angaut, chercheur spécialiste de l’anarchisme
Cette troisième saison de Carnets d’alerte est diffusée en partenariat avec le site Reporterre, média indépendant dédié à l’écologie sous toutes ses formes. Il est animé par une équipe de journalistes professionnels et dirigé par une association d’intérêt général à but non lucratif, la Pile (association pour une Presse indépendante, libre et écologique). Le média est en accès libre, et financé à 98 % par les dons de ses lecteurs. Les 2 % restants sont issus de droits de reproduction de ses contenus.
Questions Cdurable à Julie Duquesne
Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Autrice, conférencière, journaliste indépendante spécialisée dans les thématiques écologiques et économiques, Juliette Duquesne est coautrice de six livres (avec Pierre Rabhi, aux Presses du Châtelet) : Pour en finir avec la faim dans le monde ; Les semences, un patrimoine vital en voie de disparition ; Les excès de la finance ou l’art de la prédation légalisée ; L’eau que nous sommes ; Vivre mieux sans croissance ; L’humain au risque de l’intelligence artificielle. Auparavant, elle a travaillé pendant dix ans pour le journal de TF1.
En avril 2025, Juliette Duquesne a publié Autonomes et solidaires pour le vivant – S’organiser sans
l’autorité de l’État (Ed. Le Bord de l’Eau), qui a reçu le Prix du livre engagé pour la planète du Festival du
livre de Mouans-Sartoux.
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Je vis encore en ville, en région parisienne. J’aspire à changer pour m’installer à la campagne. Mais aujourd’hui mes contraintes professionnelles avec de nombreux déplacements m’obligent à privilégier ce lieu central. Même à Paris, j’essaie de trouver du temps pour aller marcher en forêt. Pendant mes repos, j’apprécie particulièrement randonner et admirer l’horizon.
Pendant les périodes où j’enquête, j’ai la chance de pouvoir me rendre dans des lieux magnifiques où l’on prend soin du vivant.
C’est incroyable de constater que ce dernier reprend vite ses droits lorsqu’on en prend soin. Admirer l’intelligence et la beauté du vivant me ressource. J’ai récemment réactualisé mes différentes enquêtes sur les semences, l’agroécologie, la faim dans le monde, la pollution du numérique… Constater à quelle vitesse on continue à abîmer le vivant est toujours très difficile à accepter.

Photo gauche : agriculture industrielle – Photo droite : Ferme de Chantemerle d’Eric Gobard. Agriculture biologique en Brie
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
A l’âge de 15 ans, je suis devenue végétarienne. Depuis quelques années, je remange un peu de viande issue de l’agroécologie paysanne.
A 15 ans, ce choix était davantage lié à des raisons de santé mais il a rejoint mes engagements. On pourrait tout à fait nourrir l’Europe en changeant de modèle agricole mais pour y arriver, il faudrait manger 50 % de viande en moins et manger des animaux qui mangent de l’herbe et non des céréales.
Je suis journaliste depuis plus de 20 ans. C’est grâce à mes investigations que je me suis rendu compte du rôle central de l’agriculture et de l’alimentation. J’ai réalisé de nombreux reportages au sein de l’agriculture industrielle et notamment des élevages.
Aujourd’hui, je mange essentiellement de la nourriture bio achetée dans des coopératives, je choisis avec soin le lieu d’achat de ma nourriture. J’ai réalisé de nombreux reportages sur les méfaits de la grande distribution, notamment concernant la pression qu’elle exerce sur les revenus des paysans.
Si l’on changeait de modèle agricole en France pour passer à l’agroécologie paysanne, il faudrait au moins deux fois plus de paysans.
On ne va pas forcer les personnes à devenir paysans. Il est nécessaire que les agriculteurs puissent vivre de leur production. Le lieu d’achat de la nourriture est primordial. Certaines coopératives proposent des prix qui ne sont pas plus chers que les prix pratiqués par la grande distribution car ils ont moins d’intermédiaires et de marges. Il existe également des initiatives comme la sécurité sociale de l’alimentation qui permettent d’acheter de la nourriture de qualité à des prix variables selon nos revenus.
Changer de modèle agricole mais aussi alimentaire est essentiel si l’on veut préserver le vivant : la biodiversité, les sols, l’eau… Ce secteur est structurant pour l’ensemble de la société.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis actuellement en appartement. Mon habitat idéal serait une petite maison intégrée dans la nature avec un horizon dégagé et un peu de terre pour faire un potager et pourquoi pas dans un écolieu ou un habitat partagé.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Je fais de la danse guinéenne, avec des percussionnistes en live. C’est mon activité principale afin de me ressourcer et de retrouver la joie. J’essaie d’y aller plusieurs fois par semaine. Je trouve même des cours lors de mes nombreux déplacements pour des conférences et pour mes enquêtes.
5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?
L’intérêt du métier de journaliste est de pouvoir réaliser des investigations sur le terrain, de rencontrer de multiples personnes et de pouvoir construire mes analyses après avoir longuement enquêté. Il est difficile de vous dire quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir. Toutes mes enquêtes, en particulier mes sept ouvrages (dont six coécrits avec Pierre Rabhi) Autonomes et solidaires pour le vivant – S’organiser sans l’autorité de l’État ;Pour en finir avec la faim dans le monde ;Les semences, un patrimoine vital en voie de disparition ; Les excès de la finance ou l’art de la prédation légalisée ; L’eau que nous sommes, un élément vital en péril ; Vivre mieux sans croissance ; L’humain au risque de l’intelligence artificielle, m’ont permis de comprendre comment agir.
Ma dernière enquête sur l’État m’a permis de retrouver de l’espoir face aux dénis démocratiques.
Parmi ceux qui souhaitent préserver le vivant, un sujet peut diviser : leur rapport à l’État. Certains prônent la planification alors que, pour d’autres, l’État fait structurellement partie du problème et va même de pair avec le capitalisme. L’enjeu serait de construire un quotidien autour des gestes essentiels tels que se nourrir ou se loger. Dans mon ouvrage et dans la troisième saison de mon podcast, je mets en avant celles et ceux qui, face à l’inaction de l’État, agissent concrètement au quotidien. Loin des idées reçues, des collectifs créent du commun sans passer par l’État. Ces investigations m’ont permis d’ouvrir mon imaginaire à différentes échelles et de relier les expériences actuelles à des courants historiques tels que l’anarchisme.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Mon travail occupe une place importante dans ma vie.
J’ai la chance d’exercer un métier qui me plaît. Enquêter me permet de comprendre le monde lucidement et de pouvoir agir en conséquence.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
J’ai un appartement chauffé au gaz. Je me déplace essentiellement en métro et en train mais aussi en voiture notamment pour me rendre à certaines conférences et pour enquêter.
Les territoires ruraux -essentiels pour prendre soin du vivant– ne sont pas toujours bien desservis en transports en commun.
J’essaie d’adopter des comportements sobres autant que possible. Mais pour certaines enquêtes, cela peut m’arriver de prendre l’avion. Par exemple, j’ai pris l’avion pour aller à la rencontre des zapatistes au Mexique qui s’organisent de façon autonome pour prendre soin du vivant.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon métier consiste à réaliser des enquêtes. Il m’arrive, bien sûr, de me demander quel intérêt il y a à continuer à informer alors que les multiples formes de pollution s’aggravent, et ce malgré les innombrables données sur ces sujets.
A chacune de mes enquêtes, j’essaie de mieux comprendre les blocages qui ne nous permettent pas de prendre soin du vivant.
Je rencontre de nombreuses personnes qui luttent au quotidien pour créer des modes de vie respectueux du vivant en se recentrant autour des gestes de subsistance pour gagner en autonomie. Mais bien sûr, ces alternatives ne suffisent pas. Il est également nécessaire de s’organiser pour établir un rapport de force avec le modèle dominant. Informer lucidement sur le monde qui nous entoure est mon implication pour l’intérêt général.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
J’enquête principalement sur des thématiques liées aux communs, notamment l’eau. L’eau est un élément qui peut autant nous diviser que nous unir. Si nous continuons à augmenter notre consommation d’eau, l’eau continuera à être source de divisions et de conflits. Si nous décidons ensemble de limiter notre consommation à nos besoins vitaux, et non aux besoins économiques, l’eau peut être un formidable moyen pour nous unir. Elle peut même nous permettre de créer une réelle démocratie en impliquant les citoyens au niveau local.
Je suis journaliste depuis 20 ans. J’ai travaillé pendant 10 ans pour le journal de TF1. Je réalisais déjà des reportages sur des thématiques liées à l’écologie et aux méfaits du capitalisme. J’ai donc eu régulièrement des problèmes avec les annonceurs de la chaîne. Je suis partie de cette rédaction car j’avais réalisé des reportages sur des problématiques sensibles qui n’ont pas été diffusés. Depuis 10 ans, je suis journaliste et autrice indépendante.
J’ai cofondé l’association Carnets d’alerte.
J’interroge plus de 100 personnes par thématique et je passe plusieurs années sur le même sujet. Enquêter de cette façon participe à créer une information de qualité et indépendante, à réaliser un commun. A travers l’association Carnets d’alerte, nous diffusons des informations sous différentes formes : livres, podcasts, articles, conférences, ateliers dans les lycées…






10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Il est essentiel que les idées infusent les esprits pendant des dizaines d’années, que les actions se multiplient dans la société civile afin de parvenir à une plus large adhésion. L’histoire l’a toujours montré. Par conséquent, même s’il est actuellement difficile d’être optimiste face à l’état des lieux de la planète, et à la montée des extrêmes-droites, ces liens qui se tissent en marge du capitalisme, qui nous permettent d’être davantage autonomes et solidaires en respectant le vivant, sont précieux pour préparer l’avenir.



