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Une information du Réseau Action Climat-France et du Climate Action Network Europe

En coulisse, des industriels français manœuvrent aux Etats-Unis contre le climat

Le Climate Action Network Europe (CAN-Europe) publie aujourd’hui un rapport choc qui pointe du doigt les entreprises européennes qui financent les membres du Sénat américain climato-sceptiques et/ou opposés à toute législation climatique aux Etats-Unis. Ce document, basé sur les informations du site internet opensecrets.org montre que les plus gros pollueurs européens financent les opposants aux politiques de lutte contre les changements climatiques aux Etats-Unis. Parmi eux, les firmes françaises GDF-Suez et Lafarge mais aussi le luxembourgeois Arcelor-Mittal…

Selon ce rapport, ce sont plus de 306 000 euros qui ont été distribués en 2010 par les principaux pollueurs européens aux climato-sceptiques et autres opposants à la loi de lutte contre les changements climatiques, élus au Sénat américain. Ce montant représente près de 80% du total des financements engagés par ces entreprises pour subventionner des candidats durant leur campagne pour les élections de mi-mandat 2010. Selon Climate Action Network Europe, près de 35 000 euros de Lafarge, et plus de 20 000 euros de GDF-Suez ont ainsi rempli les poches de sénateurs climato-sceptiques ou opposés à toute loi sur le climat aux Etats-Unis. Alors que de plus en plus de voix s’élèvent à Bruxelles et dans toute l’Europe en faveur d’un passage inconditionné à un objectif de -30% de réduction des émissions d’ici à 2020, les Ministres européens de l’Environnement se sont montrés une nouvelle fois incapables de faire progresser les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre lors du Conseil européen du 14 octobre. Le Conseil s’est contenté de réitérer la nécessité d’engagements préalables comparables des autres pays industrialisés. Or, selon le Réseau Action Climat-France, c’est précisément la position défendue par les industries intensives en carbone ou productrices d’énergies carbonées, telles que Lafarge ou GDF-Suez. Ce rapport révèle que ces entreprises ne se contentent pas de manœuvrer pour bloquer les tentatives d’engagement plus ambitieux de l’Europe vers la sobriété carbone. Elles bloquent aussi les ambitions des Etats-Unis. Pour le Réseau Action Climat-France, « il est choquant de voir que les même entreprises appelant l’Union Européenne au gel des objectifs de réduction, soit disant pour des raisons de concurrence, notamment vis-à-vis des Etats-Unis, financent les votes contre la législation sur le climat au Sénat américain ! Cela montre clairement l’hypocrisie de ces industriels opposés à tout virage progressiste en Europe sur le climat« . Ce double jeu des industriels s’explique en partie par les profits extraordinaires que ces derniers réalisent, profitant du laxisme du marché européen de quotas d’émissions. L’ONG Sandbag a ainsi évalué que, grâce au surplus de quotas qui leur ont été distribués de manière gratuite, les industriels européens vont réaliser des gains de l’ordre de 18 milliards d’euros entre 2008 et 2012, dont 330 millions d’euros pour le cimentier Lafarge. Le CAN Europe et son relais français (RAC-France) appellent donc GDF-Suez et Lafarge à s’engager publiquement à ne plus financer des opposants aux politiques climatiques, en Europe comme aux Etats-Unis. Il appelle aussi les représentants de l’Etat français à demander des comptes sur ces pratiques inacceptables des groupes, aux Etats-Unis comme en Europe.

 

David Naulin
David Naulinhttp://cdurable.info
Journaliste de solutions écologiques et sociales en Occitanie.

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