CDURABLE.info sélectionne, depuis 10 ans, l'essentiel à savoir de l'actualité du Développement Durable pour comprendre et agir en acteur du changement.
 
 
Planète - Contribution Ecologique
Campagne WWF Kill the trade that kills

Stop au commerce illégal d’espèces sauvages

Lutter contre le trafic de l’ivoire des Éléphants

mardi 16 octobre 2012
Posté par Cyrille

Imprimer Enregistrer au format PDF envoyer l'article par mail

Les éléphants, les rhinocéros et les tigres sont menacés par le braconnage. On estime à environ 339 le nombre de rhinocéros morts en Afrique du Sud en 2012. Il ne reste que 3200 tigres à l’état sauvage. Chaque année, 12 000 éléphants sont tués afin de satisfaire le marché illégal en Asie. Ce braconnage alimente le commerce international illégal.

Pour faire face à cette menace, le WWF et TRAFFIC ont lancé lors de la rentrée 2012 la Campagne « Kill the trade that kills… » afin d’alerter et de lutter contre le commerce illégal affectant ces espèces emblématiques mais aussi protéger les rangers et les communautés vivant à proximité des zones protégées.



Pour stopper le trafic illégal, cette campagne agit pour :

- renforcer les contrôles et l’application des lois ;
- mettre en place des mesures dissuasives ;
- réduire la demande de produits issus de ces espèces menacées.

© Martin Harvey / WWF-Canon - Lutter contre le trafic de l'ivoire des Éléphants

 Eléphants : Commerce illégal de l’ivoire

Stop au commerce illégal d'espèces sauvages © WWF-Canon / James Morgan

Quelle est l’ampleur du braconnage d’éléphants aujourd’hui ? A quelles fins sont destinées les tonnes d’ivoire braconnées chaque année ? Pourquoi les gouvernements doivent-ils s’en préoccuper ? etc.

 Sortir de la tour d’ivoire

JPEG - 1.4 Mo

Depuis plusieurs années,
les populations d’éléphants
diminuent considérablement
du fait du braconnage, sans
que personne ne s’en émeuve.

Chaque année 12 000 de
ces animaux sont tués afin
de fournir les 120 tonnes [1]
d’ivoire destinées à satisfaire
l’insatiable appétit de l’Asie
pour les défenses sculptées.

Face à cette saignée, plusieurs
pays se sont résolus à agir,
à l’image du Gabon qui a
récemment détruit un stock
d’ivoire illégal.

© WWF-Canon / James Morgan - Stop au commerce illégal de l'ivoire

Ces opérations très
médiatiques ne doivent
cependant pas faire oublier
la faiblesse coupable de
nombreux gouvernements.

En dépit des profits non
négligeables engendrés par le
commerce illicite des produits
issus d’espèces menacées,
l’application des lois laisse
encore à désirer.

© WWF-Canon / James Morgan - Saisie du commerce illégal de l'ivoire

L’insuffisance des moyens
humains et matériels facilite
aussi ce commerce, faisant
des crimes contre la nature
une activité extrêmement
rentable, si l’on compare les
gains réalisés à la faiblesse des
peines encourues.

Aujourd’hui, la grande
majorité des saisies d’ivoire
sur les cargaisons en
provenance d’Afrique sont
réalisées en Asie.

© WWF-Canon / James Morgan - Destruction des saisies du commerce illégal de l'ivoire

Ainsi, entre 1989 et 2009, la
République démocratique du
Congo a recensé seulement six
saisies d’ivoire, tout en étant
impliquée dans 396 saisies
effectuées en dehors du pays [2].

Si nous ne voulons pas
perdre les populations
restantes de plusieurs espèces
emblématiques, comme
l’éléphant, il est essentiel de
reconnaître les atteintes à
l’environnement comme un
crime sérieux.

L’application des textes en
vigueur doit aussi être faite
sans laxisme et l’arsenal
juridique nécessite d’être
renforcé, pour être enfin
dissuasif.

© WWF-Canon / James Morgan - Stop au commerce illégal d'espèces sauvages

 Interview

Stéphane Ringuet
Stéphane Ringuet

Chargé du programme Traffic au WWF France

Quelle est l’ampleur du
braconnage d’éléphants
aujourd’hui ?

Il est considérable et frappe principalement
l’’Afrique centrale.
Aujourd’hui, 90% des carcasses
retrouvées sur place sont la résultante
du braconnage. Des estimations
de TRAFFIC indiquent que
le nombre d’éléphants a chuté de
50% entre 1995 et 2007, menaçant
la survie de l’espèce dans
cette zone de savanes et de forêts.
Bien entendu, le premier moteur,
c’est l’argent. Le commerce illégal
d’espèces sauvages est le cinquième
trafic dans le monde en
termes de valeur (entre 7,8 et 10
milliards de dollars par an), après
la contrefaçon, la drogue, le trafic
d’êtres humains et les matières
premières comme le pétrole. Un
triste record.

Pourquoi les
gouvernements doivent-ils
s’en préoccuper ?

Parce que le braconnage
est en train de devenir une
menace pour les Etats eux-

mêmes.
Début 2012, des
braconniers lourdement armés,
probablement en provenance du
Soudan, ont éliminé 80% des
éléphants du Parc national de
Bouba N’Djida, violant en toute
impunité l’intégrité territoriale
du Cameroun.
Par ailleurs, l’augmentation
des saisies à grande échelle
(plus de 800kg) est la preuve
d’une implication croissante
du crime organisé. Restés sans
suite, ces crimes contre la faune
sauvage sapent les efforts des
gouvernements dans leur lutte
contre le commerce illégal, y
compris celui des armes, souvent
associé à cette contrebande qui
finance alors, indirectement, des
conflits régionaux.
En 2003, lors de la guerre en République
Démocratique du Congo
(RDC), 17 000 kg d’ivoire en provenance
d’Ituri s’étaient retrouvés
sur le marché. Si l’on considère
qu’une défense pèse 6,8kg, cela
représente plus d’une centaine de
millions de dollars, au bas mot.

La Thaïlande et la Chine font
figure de mauvais élèves.
Pourquoi ?

L’Asie est un gros consommateur
d’ivoire et la Thaïlande, le
plus grand marché dérégulé pour
ce type de produit. Dans ce pays,
il est en effet légal de vendre de
l’ivoire d’éléphants domestiqués
sur place, sans qu’aucun papier ou
autre preuve ne soit demandée.
Dès lors, de grandes quantités
d’ivoire illégal, en provenance
d’Afrique, peuvent être “blanchies”
et vendues dans les boutiques
et les hôtels. La majeure
partie de l’ivoire est achetée par
des touristes sous la forme de statuettes
qu’ils importent chez eux,
en contradiction avec les normes
internationales.
Quant au gouvernement chinois,
s’il a mis en place un système
de contrôle du commerce de
l’ivoire, il peine à l’appliquer. Du
coup, l’ivoire reste ouvertement
en vente dans les lieux touristiques,
sans les permis requis.
La Chine est toujours le principal
marché de l’ivoire boosté par la
croissance économique qui favorise
l’achat de sculptures synonymes
de prestige et d’ascension
sociale.

[1- UNODC, 2010.

[2- CITES CoP15 Doc. 44.1 - e Elephant Trade Information System and the Illicit Trade in Ivory

Article lu 952 fois

lire aussi :
  • A l’ONU, les états se prononcent contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages
  • Mettre fin au commerce illégal d’ivoire
  • La France suspend l’exportation d’ivoire brut : la mobilisation des ONG porte ses fruits


  • forum

    • Le commerce d’ivoire en Thaïlande alimenté par le massacre des éléphants d’Afrique
      15 janvier 2013, par Cyrille

      D’énormes quantités d’ivoire sont blanchies sur les marchés thaïlandais, ce qui entretien le massacre des éléphants en Afrique, d’après le WWF. C’est pourquoi, le WWF lance aujourd’hui une pétition internationale pour demander à la Première Ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra d’interdire tout commerce d’ivoire dans son pays.

      - Un vide juridique qui fait le bonheur des braconniers

      La Thaïlande est le plus grand marché non réglementé dans le monde, et un des plus grands pays alimentant le braconnage et le commerce illégal. La loi thaïlandaise interdit en effet la vente d’ivoire d’éléphants africains sur son sol mais autorise l’ivoire d’éléphants domestiques thaïlandais. Cette faiblesse juridique permet aux réseaux criminels de commercialiser de l’ivoire africain sous forme de produits travaillés à travers des centaines de vendeurs aux détails.[1]

      « De nombreux touristes étrangers devraient être horrifiés d’apprendre que des bibelots en ivoire en vente dans des magasins thaïlandais puissent provenir d’éléphants massacrés en Afrique. Cet ivoire ne devrait plus être permis à la vente en Thaïlande  », a précisé Elisabeth McLellan, du programme Global Espèces du WWF.

      « On le voit, la réglementation thaïlandaise actuelle ne suffit pas à empêcher l’ivoire d’éléphants d’Afrique d’entrer sur le marché thaïlandais. La seule façon d’empêcher la Thaïlande de contribuer au braconnage d’éléphants est d’interdire tout commerce d’ivoire sur son territoire. Le WWF demande donc l’interdiction de tout commerce d’ivoire dans le pays. Madame Yingluck Shinawatra a le pouvoir de changer la loi et de sauver les éléphants, et nous espérons, via notre pétition, récolter au total un million de signatures pour l’y encourager  » dit Janpai Ongsiriwittaya, Responsable de la campagne au WWF Thaïlande.

      - Le massacre des éléphants en pleine expansion

      Le braconnage a atteint des niveaux record en Afrique avec des dizaines de milliers d’éléphants massacrés chaque année pour leurs défenses en ivoire. Selon un récent rapport du réseau TRAFFIC qui s’intitule "Elephant Trade Information System", le trafic international d’ivoire a atteint un niveau record en 2011, avec environ 27 tonnes d’ivoire saisies dans le monde.

      - La Première Ministre thaïlandaise a le pouvoir de changer la loi et de sauver les éléphants

      Début mars, 176 gouvernements se réuniront à Bangkok à la Conférence des Parties de la CITES pour discuter du commerce des espèces sauvages, y compris du braconnage galopant d’éléphants en Afrique. Le WWF encourage Madame Yingluck Shinawatra à profiter de cette opportunité pour annoncer publiquement l’engagement de son pays à interdire tout commerce d’ivoire sur son territoire. Les signatures de la pétition lui seront remises lors de la Conférence des Partie de la CITES.

      Conférence CITES : Du 3 au 14 mars 2013 se tiendra à Bangkok (Thaïlande) la 16ème Conférence des Parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Cette Conférence sera un moment important pour le WWF, qui espère récolter, à Bangkok, les fruits de la campagne « Kill the trade that kills… », de lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages, et en particulier des éléphants, des rhinocéros et des tigres. Le WWF demande aux Parties de la CITES d’agir contre les pays qui ne respectent pas leurs engagements par rapport au commerce de ces espèces.

      [1] Rapport TRAFFIC 2012 sur « le système d’information sur le commerce d’éléphants » http://www.cites.org/eng/cop/16/doc/E-CoP16-53-02-02.pdf.

     

    Accueil | Contact | Mentions légales | Espace privé | Statistiques du site
    Nombre de visiteurs 9837492

    30 visiteurs en ce moment

    | Site réalisé avec SPIP |un site CDURABLE online

    Agence MC Cdurable CDURABLE.com

    RSSfr

    Creative Commons License : Firefox


    __________________________________________
    Google
    Loading
      Maison
    La maison durable
      Cdurable.com
    Agir pour un monde durable