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Développement Durable en action
11e édition des Public Eye Awards

Public Eye Award 2010 : quelle est l’entreprise la plus irresponsable de l’année ?

C’est à vous de voter !

mercredi 20 janvier 2010
Posté par David Naulin

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Le 27 janvier, lors de l’ouverture du Forum économique mondial (WEF), la Déclaration de Berne et Greenpeace remettront à Davos les Public Eye Awards 2010. La cérémonie sera animée par l’actrice berlinoise Julia Jentsch. Les principaux orateurs seront Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, et Jürgen Trittin, ancien ministre de l’environnement allemand et président du groupe parlementaire de l’Alliance 90/Les Verts. Parmi les six entreprises nominées pour les prix de la honte figurent Arcelor Mittal, Roche et la Royal Bank of Canada. Dès à présent, les internautes sont invités à désigner celle qui recevra le prix du public sur www.publiceye.ch. Pour la première fois, un « Greenwash Award » dénoncera une institution publique ou privée qui récompense des entreprises pourtant connues pour leurs agissements néfastes.



Lors de cette manifestation critique en marge du WEF, les entreprises les plus irresponsables au niveau écologique et social se verront remettre un prix de la honte. L’actrice allemande Julia Jentsch, connue pour son rôle dans Die fetten Jahre sind vorbei, Sophie Scholl et Tannöd, animera la cérémonie de remise des prix. Alors que la crise économique ébranle le monde depuis trois ans, les organisateurs exigent des réglementations juridiquement contraignantes pour les entreprises multinationales. Cette revendication est soutenue par des invités de qualité. Le célèbre économiste et conseiller auprès des Nations-Unis Joseph Stiglitz, dont le nouveau bestseller Freefall vient de sortir en librairie, parlera du rôle de l’industrie financière globalisée. L’ancien ministre de l’environnement allemand Jürgen Trittin proposera une analyse des raisons qui ont conduit à l’échec du sommet de Copenhague. Carlos Leal, Greis et Patrick Frey apporteront une touche plus musicale et satirique à l’événement.

Votez dès à présent ! Sur les quelque 40 propositions de nomination pour les « Public Eye Awards », le jury a retenu neuf cas, trois par catégorie. Les nominés pour le « Global Award » sont des multinationales dont les agissements nuisent gravement aux êtres humains et à l’environnement. Le géant indien de la sidérurgie Arcelor Mittal exploite l’aciérie la plus polluante d’Afrique du Sud. La Royal Bank of Canada finance l’exploitation du pétrole des sables bitumeux dans la province canadienne d’Alberta, dont les conséquences écologiques et sociales sont dramatiques. GDF Suez joue un rôle déterminant dans la construction du barrage Jirau, sur le fleuve brésilien Rio Madeira, un projet qui entraîne notamment le déplacement forcé de milliers de personnes.

Les nominés pour le « Swiss Award » sont Farner PR (pour son infiltration du GSsA), Roche (pour ses essais cliniques sur des organes transplantés en Chine, où 90% des organes proviennent de prisonniers) et le Comité International Olympique, qui doit répondre des conséquences délétères des prochains jeux d’hiver pour les populations des « Premières Nations ». Jusqu’au 26 janvier, les internautes sont invités à désigner, parmi les entreprises nominées dans ces deux catégories, celle qui se verra remettre le prix du public.

Pour la première fois, un « Greenwash Award » sera décerné à une institution publique ou privée qui récompense des entreprises pourtant connues pour leurs agissements néfastes. Les nominés sont Round Table on Responsible Soy, initiée conjointement par le WWF et Coop, la fondation semi-étatique Promotion santé suisse et CEO Water Mandate, un projet des Nations-Unies dont Peter Brabeck, le dirigeant de Nestlé, est à l’origine.

C’est à vous de désigner l’entreprise la plus irresponsable de l’année :

 Arcelor Mittal

Nominé par Groundwork USA

Arcelor Mittal est de loin le plus important producteur d’acier au monde et son principal actionnaire, Lakshmi Mittal, se situe au huitième rang des plus grandes fortunes du monde. Le géant de la sidérurgie, qui a racheté il y a quelques années le producteur d’acier Iscor en Afrique du Sud, n’assume pas les responsabilités sociales et environnementales qui sont les siennes. La multinationale fait même du lobby contre une réglementation restrictive des émissions polluantes et refuse d’assainir les environs gravement contaminés de son principal site de production. Or, c’est justement la raison qui avait permis à Arcelor Mittal d’acquérir l’entreprise sud-africaine à un prix dérisoire. Les témoignages des personnes vivant à proximité du site de production font état de naissances d’animaux malformés ainsi que de boîtes de conserve et de cadres de fenêtre métalliques qui rouillent de manière prématurée. D’autre part, le taux de cancer de la population vivant aux environs de l’usine est nettement supérieur à la moyenne. Arcelor Mittal a également licencié une grande partie des employés de l’usine et vendu leurs logements à une entreprise privée. Sans emploi, ils ne sont alors plus en mesure de payer leur loyer. Arcelor Mittal utilise également des décharges illégales. Elle pratique une politique de prix cartellaire et abuse de sa position dominante sur le marché. Plus d’informations en cliquant ici.

- Pour voter pour Arcelor Mittal, cliquez ici.

 GDF Suez

Nominé par les Amis de la Terre

Malgré l’opposition de la population locale et les critiques virulentes de la société civile brésilienne, péruvienne et bolivienne ainsi que celles de l’office pour la protection de l’environnement compétent, le groupe énergétique français GDF Suez, qui appartient en partie à l’Etat français, participe de manière déterminante à la construction du barrage Jirau sur le Rio Madeira. Ce projet gigantesque cause de nombreux problèmes. Plusieurs milliers d’indigènes seront déplacés de force et des surfaces forestières importantes seront défrichées. De plus, le fleuve et les régions qu’il traverse seront empoisonnés au mercure. La disparition de différentes espèces de poissons et une recrudescence de la malaria seront inévitables. GDF Suez viole non seulement le droit du travail brésilien, mais également les standards internationaux. Par une politique de lobbying sans scrupule, le géant de l’énergie peut enfreindre les lois en vigueur en toute impunité et n’accorder que des garanties sociales et environnementales minimales. Dans ce contexte, les tensions politiques entre la population locale, d’un côté, et le gouvernement central brésilien et les différents pays impliqués dans la construction du barrage, de l’autre, se sont accentuées dans la plus grande indifférence de GDF Suez. Plus d’informations en cliquant ici.

- Pour voter pour GDF Suez, cliquez ici.

 Le Comité International Olympique (CIO)

Nominé par le réseau Olympic Resistance

Le Comité International Olympique (CIO), dont le siège est à Lausanne, est une association de grande envergure. Organisé en holding, comme les grandes entreprises, il dispose de moyens et d’une influence considérables. Pour 2010, le CIO a attribué les jeux olympiques d’hiver au Canada et n’hésite pas à déplacer une partie importante de la population indigène de Vancouver, où aura lieu la compétition. Les jeux se dérouleront en effet sur des terres indiennes jusqu’ici préservées, ce qui a des conséquences dramatiques pour les êtres humains et l’environnement. L’extension et la construction d’autoroutes, de complexes sportifs et d’autres infrastructures détruisent le paysage naturel et mettent en danger les animaux sauvages qui vivent dans la région. Depuis l’attribution des jeux, la pénurie de logements dans la région de Vancouver a triplé et les « Premières Nations » sont principalement touchées. Il est inacceptable que les jeux permettent à des entreprises multinationales de gagner des millions alors que les promesses sociales faites à la population locale ne sont pas tenues, laissant de nombreuses communautés livrées à elles-mêmes dans les ghettos et les réserves. Plus d’informations en cliquant ici.

- Pour voter pour le Comité International Olympique, cliquez ici.

 Roche

Nominé par Déclaration de Berne

La Chine annonce avec fierté que quelque 10 000 opérations de transplantation d’organes ont lieu chaque année dans ses cliniques. Néanmoins, pour des raisons culturelles, ce pays ne compte quasiment pas de donneurs volontaires parmi la population. Dans ce cas, d’où proviennent les organes ? A la fin de 2008, le vice-ministre de la Santé chinois a admis, dans une revue médicale, que plus de 90% des organes transplantés proviennent de prisonniers condamnés à mort. La World Medical Association et d’autres organisations internationales ont pris position, qualifiant unanimement les transplantations d’organes provenant de prisonniers comme une pratique violant l’éthique médicale. Même si les condamnés donnaient véritablement leur consentement, celui-ci ne pourrait être considéré comme libre et volontaire compte tenu de leurs conditions de détention. Malgré ces pratiques de transplantation éthiquement condamnables, l’entreprise pharmaceutique Roche commercialise en Chine son médicament Cellcept, qui agit contre le rejet d’organes transplantés. Depuis plusieurs années, elle le produit également dans ce pays. L’entreprise bâloise teste actuellement l’efficacité de son médicament sur quelque 300 organes transplantés, dans de nombreuses cliniques chinoises. Selon ses propres déclarations, Roche ne possède aucune information sur la provenance de ces organes. Comme il n’est pas possible de savoir s’ils proviennent de prisonniers, Roche doit cesser immédiatement ces essais cliniques. Plus d’informations en cliquant ici.

- Pour voter pour Roche, cliquez ici.

 Royal Bank of Canada (RBC)

Nominé par Rainforest Action Network (USA)

Royal Bank of Canada (RBC) finance l’exploitation du pétrole des sables bitumeux dans l’état d’Alberta. Le pétrole le plus sale de la planète est extrait sur une zone aussi grande que la Suisse et l’Autriche réunies. La production d’un baril de pétrole issu des sables bitumineux émet trois fois plus de gaz à effet de serre qu’un baril de pétrole conventionnel. La quantité d’eau nécessaire à l’extraction et l’exploitation des sables bitumeux, pompée dans le fleuve Athabasca, équivaut à la consommation en eau d’une ville d’un million d’habitants. En raison de sa toxicité, l’eau doit être conservée dans les plus grands barrages du monde. Toutefois, les substances toxiques se répandent dans l’environnement et la faune locale est directement affectée. On dénombre par ailleurs une augmentation de formes de cancer encore peu connues au sein de la population indigène. Les compagnies pétrolières importent de la main d’œuvre bon marché en provenance des pays en développement. Elles exploitent les ouvriers, qui sont ensuite renvoyés chez eux. RBC finance ces crimes contre l’humanité et l’environnement. Au cours des deux dernières années, 20 milliards de dollars ont été investis dans l’exploitation minière de la région d’Alberta, et cela ne semble être qu’un début. Plus d’informations en cliquant ici.

- Pour voter pour Royal Bank of Canada, cliquez ici.

 Farner PR

Nominé par le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA)

Lors de la campagne autour de l’initiative suisse « Pour une interdiction de l’exportation de matériel de guerre », l’agence de relations publiques zurichoise Farner a employé des méthodes dignes de la Guerre froide. En juin 2009, elle a chargé une politologue de participer sous un faux prétexte à un week-end stratégique organisé par le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA). Alors que l’employée de Farner prétendait vouloir écrire un travail de séminaire, elle posait des questions tellement pointues que cela a éveillé les soupçons. En août, son compagnon plaidait sa cause devant la presse, affirmant qu’elle avait reçu de « mauvaises instructions » de la part de Farner. L’employée n’aurait accepté cette mission que parce que les postes de politologue sont plutôt rares. Dans un premier temps, Farner a rejeté en bloc le soupçon d’infiltration. Peu après, un document interne de l’agence datant de 2005 parvenait aux médias. Il faisait mention de « l’observation de groupes de militants » et de « désaveu publique des opposants » parvenait aux médias. En octobre 2009, le Blick publiait le rapport de la politologue – rédigé sur du papier officiel de Farner. L’espionnage des opposants politiques ne va pas seulement à l’encontre des principes éthiques et des règles de respect mutuel les plus élémentaires, mais ces pratiques sont contraires à la liberté de rassemblement et d’opinion. Plus d’informations en cliquant ici.

- Pour voter pour Farner PR, cliquez ici.

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