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Les 10 défis du développement durable des grandes entreprises pour 2013

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Les 10 défis du développement durable des grandes entreprises pour 2013

Nouveau rapport du Réseau Entreprises et Développement Durable

jeudi 7 février 2013
Posté par Cyrille

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Les chefs d’entreprise canadiens ont atteint un tournant dans leurs efforts liés au développement durable. La période où les solutions en matière de développement durable se trouvaient à portée de main est révolue. Les chefs d’entreprise sur le marché canadien doivent à présent rehausser la barre, fixer des objectifs ambitieux et créer des occasions de développement durable novatrices.

Le Conseil des Leaders du REDD s’est rencontré en septembre 2012 afin de cerner les enjeux qui limitent le développement durable au sein de leurs entreprises, des chaînes de valeur, du marché, du gouvernement et de la société. Dans le cadre d’une table ronde d’une journée animée par Tima Bansal, ces dirigeants ont défini dix enjeux auxquels sont confrontées les entreprises canadiennes qu’ils ont formulés sous forme de questions afin que les chercheurs et le monde des affaires puissent commencer à y répondre.



 Lettre de tima bansal, REDD

Nous avons initialement mis sur pied notre Conseil des Leaders afin de définir les défis du développement durable en 2007. À cette époque, les chefs d’entreprise abordaient avec optimisme les occasions qui s’offraient à eux : les arguments en faveur de la responsabilité sociale commençaient à prendre forme. Au cours des six années suivantes, la plupart des entreprises ont bénéficié de la proverbiale situation « gagnant-gagnant » : elles ont dégagé une importante valeur économique en intégrant les pratiques de développement durable dans leurs produits et services ainsi que dans l’ensemble de leurs activités. Et elles ont pu vendre le développement durable à l’interne parce que les coûts à court terme étaient récompensés par des gains à long terme. Cependant, pour continuer de progresser, il faudra dorénavant effectuer d’importants investissements assortis de plus longs délais de récupération des coûts. Pour continuer dans la voie du développement durable, ces dirigeants ont reconnu la nécessité de s’atteler à des défis systémiques au-delà des frontières de leur entreprise. Par exemple, ils constatent la nécessité d’éduquer les consommateurs et de les convaincre de consommer de manière responsable. Ils doivent également collaborer avec les organismes gouvernementaux de réglementation pour élaborer des politiques publiques intégrées sur les enjeux environnementaux et sociaux. Et ils doivent collaborer avec des partenaires inattendus, même avec leurs concurrents, pour réécrire les règles en matière de gestion de la chaîne 2 Les défis du développement durable des grandes entreprises pour 2013 d’approvisionnement. Toutes ces tâches sont loin d’être faciles. Dans son rôle d’agent de liaison et d’élément catalyseur, le Réseau entreprise et développement durable se réjouit d’aider ces dirigeants ainsi que leurs entreprises à relever les défis qui les attendent. En rassemblant des spécialistes issus du milieu universitaire et de l’industrie qui partagent des visions similaires mais qui possèdent des connaissances et des expériences différentes, nous produirons de nouvelles perspectives révolutionnaires. Nous mettrons également à jour de nouveaux modèles d’affaires qui bénéficient autant aux entreprises qu’à la société. Ces défis sont peut-être considérables, mais cela signifie qu’ils comportent aussi un énorme potentiel de croissance. J’espère que les gestionnaires seront inspirés à s’associer avec des chercheurs et à relever ces défis. Et j’espère que vous apprécierez la lecture de ce rapport. Sincères salutations,

Tima Bansal, PhD Directrice exécutive, Réseau entreprise et développement durable Professeure, Richard Ivey School of Business

 Sommaire

Un groupe de chefs d’entreprise canadiens s’est rencontré en septembre 2012 afin de cerner les enjeux qui limitent le développement durable au sein de leurs entreprises, des chaînes de valeur, du marché, du gouvernement et de la société. Dans le cadre d’une table ronde d’une journée animée par la chercheure en gestion Tima Bansal, ces dirigeants ont défini dix enjeux auxquels sont confrontées les entreprises canadiennes qu’ils ont formulés sous forme de questions afin que les chercheurs et le monde des affaires puissent commencer à y répondre :

Les 10 défis du développement durable des grandes entreprises pour 2013

- 1. Comment les entreprises peuvent-elles contribuer à élaborer des politiques publiques efficaces et intégrées portant sur des enjeux pertinents ?

- 2. Quelle est la meilleure façon pour les entreprises de mobiliser les partenaires au sein de la chaîne de valeur, de l’industrie et des ONG afin d’atteindre les objectifs du développement durable ?

- 3. Comment les entreprises peuvent-elles aider les Canadiens à s’informer, à se sentir inspirés et à s’engager dans un dialogue national sur la consommation responsable ?

- 4. Quelles structures permettent aux entreprises d’atteindre leurs objectifs en développement durable ?

- 5. Comment les entreprises peuvent-elles maintenir le cap de leur programme de développement durable à long terme malgré les changements de direction ?

- 6. Comment les entreprises peuvent-elles concilier les enjeux concernant les droits et privilèges des Autochtones ?

- 7. Comment aider les entreprises canadiennes à innover davantage ?

- 8. Comment les entreprises peuvent-elles intégrer l’approbation sociale dans leur stratégie ?

- 9. Comment les entreprises et la société peuvent-elles se préparer efficacement aux répercussions des changements climatiques ?

- 10. Comment les entreprises peuvent-elles répondre à la prolifération des exigences en matière de préparation de rapports volontaires et obligatoires ?

Au cours de la prochaine année, le REDD entreprendra une revue systématique (soit une étude détaillée de la recherche) du défi 2 : la collaboration au sein de la chaîne de valeur. Nous mettrons sur pied la meilleure équipe d’universitaires au monde pour étudier l’ensemble des connaissances actuelles et nous produirons, à partir de cette revue, un guide pratique à l’intention des chefs d’entreprise pour mobiliser les membres de la chaîne de valeur en faveur du développement durable. Nous mettrons également sur pied un forum public pour répondre au défi 3 : l’engagement civique. Le forum, qui rassemblera des chercheurs, des chefs d’entreprise, des responsables des politiques et des consommateurs, amorcera un dialogue national sur la consommation responsable.

 introduction

Qui a produit ce rapport ?

Le présent rapport est publié par le Réseau entreprise et développement durable (REDD). Le REDD est un organisme sans but lucratif canadien qui produit des ressources faisant autorité sur d’importants enjeux en matière de développement durable dans le but d’influencer les pratiques de gestion. Le REDD est essentiellement financé par des subventions publiques du gouvernement canadien et ses bureaux sont situés à l’École des Sciences de la Gestion (Université du Québec à Montréal) à Montréal, au Québec et à la Richard Ivey School of Business (Western University) à London, en Ontario.

Pourquoi avons-nous rédigé ce rapport ?

Le REDD a pour objectif de faire progresser le développement durable au Canada. Les chefs d’entreprise ont énoncé leur volonté d’adopter de nouveaux modèles d’affaires et de s’éloigner du paradigme économique postindustriel fondé sur le principe de la « croissance à tout prix ». Ils reconnaissent la nécessité de mettre en place un nouveau modèle qui « dissocie » la croissance économique des impacts environnementaux ou sociaux. Le Canada témoigne déjà de cette «  dissociation ». En 2010, soit la dernière année pour laquelle des données sont disponibles, les émissions par habitant du Canada ont atteint leur plus bas niveau jamais enregistré de 20,3 tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par personne [1]. Au cours de cette même année, le produit intérieur brut (PIB) du Canada a augmenté de 3,4 pour cent – soit une croissance annuelle supérieure par rapport à toutes les années confondue de la décennie précédente [2]. Bien que la plupart des entreprises canadiennes doivent encore réaliser de nombreux progrès à l’égard des pratiques environnementales et sociales, les chefs d’entreprise qui ont contribué à produire ce rapport se penchent depuis longtemps sur la question. Et les chefs d’entreprise canadiens se tournent de plus en plus au-delà de leur entreprise vers des enjeux de société plus vastes. Un grand nombre d’entre eux affirment qu’ils ont déjà mis en œuvre les principales mesures à leur portée pour atténuer les impacts environnementaux et sociaux de leur entreprise. Leurs entreprises ont réduit leurs émissions et n’utilisent plus de papier. Elles ont réduit les emballages et les matières dangereuses associés à leurs produits. Elles ont considérablement réduit leur consommation d’eau et d’énergie ainsi que leur production de déchets. Elles ont attiré des employés très engagés qui ont considérablement investi dans le développement durable. Elles ont rédigé des codes de conduite des fournisseurs et trouvé des façons de surveiller la performance de ces derniers.

 Qu’est-ce que le “développement durable” ?

Le développement durable en entreprise fait référence aux modèles d’affaires et aux décisions de gestion fondés sur des préoccupations d’ordre financier, environnemental et social.

Les entreprises durables :

- créent une valeur financière ;
- sont conscientes de l’impact de leurs actions sur l’environnement et y remédient activement ;
- se soucient de leurs employés, de leurs clients et de leurs communautés et s’efforcent de mettre en oeuvre un changement social positif ;
- comprennent que ces trois éléments sont intimement liés entre eux.

Comparativement aux entreprises axées sur les profits à court terme et dont les décisions sont uniquement fondées sur les bénéfices, les entreprises durables pensent à long terme. Elles établissent des liens solides avec leurs employés et les membres de la communauté. Elles trouvent des façons de réduire la quantité de ressources naturelles qu’elles consomment ainsi que la quantité de déchets et de pollution qu’elles produisent. Par conséquent, les entreprises durables survivent aux chocs tels que les récessions mondiales, les grèves ouvrières, les scandales au niveau de la haute direction ainsi que les boycotts lancés par les environnementalistes.

 le moment est venu de changer le système

Compte tenu des nombreuses améliorations opérationnelles et techniques déjà réalisées, les entreprises affrontent à présent des défis bien plus importants. « Notre entreprise a déjà une faible empreinte environnementale, par conséquent il est de plus en plus difficile de trouver de nouvelles façons de réduire notre impact », déclare Debbie Baxter, directrice du développement durable à LoyaltyOne. Ces entreprises regardent au-delà de leurs propres frontières pour faire progresser les pratiques de développement durable, ce qui représente une tâche considérable. Les chefs d’entreprise sont confrontés au défi d’éduquer les gens en matière de consommation responsable – à une époque où l’appétit des consommateurs semble insatiable. Ils souhaitent travailler plus efficacement avec les organismes gouvernementaux pour élaborer de nouvelles lois qui soient cohérentes à l’échelle des nombreux paliers de gouvernement – mais ils ignorent quelle approche permettra d’assurer le succès de leurs initiatives. Ils éprouvent la nécessité de mettre à l’essai de nouveaux modèles d’affaires mais luttent pour concilier les innovations risquées avec les exigences de rendement trimestriel des investisseurs. Ils s’efforcent de « dissocier » la croissance de leur entreprise des impacts environnementaux et sociaux. Ils souhaitent vivement établir des relations de collaboration – plutôt que conflictuelles – avec les organisations environnementales et non-gouvernementales mais ne disposent pas de modèles clairs pour engager des relations mutuellement bénéfiques. Ils voient des occasions de mettre en œuvre des changements à l’échelle de l’industrie mais ne parviennent pas à convaincre les concurrents au sein d’un même secteur à travailler ensemble. Ces entreprises canadiennes souhaitent lancer des projets de grande envergure ou des investissements d’actifs associés à des périodes de récupération des coûts de plusieurs années, voire de plusieurs décennies. Il est non seulement difficile d’obtenir du soutien pour les projets à long terme, mais les services de développement durable et de responsabilité sociale (RSE) au sein de nombreuses entreprises ont subi des réductions drastiques en raison de la crise économique mondiale. Ces compressions ont changé la façon dont les entreprises conçoivent leurs initiatives environnementales et sociales : « Depuis la crise économique, tout le monde doit composer avec des réductions des dépenses », explique Karen Clarke-Whistler, chef de l’environnement du Groupe Banque TD. « Dans un climat de restrictions budgétaires, le développement durable ne peut demeurer du ressort d’un service de RSE cloisonné. Les arguments en faveur du développement durable doivent se répandre dans l’ensemble de l’entreprise et être intégrés dans la stratégie organisationnelle  ». La voie à suivre n’est pas claire. Les principes qui ont stimulé la croissance économique au cours des soixante dernières années ne suffisent plus. Les chefs d’entreprise canadiens sont à la recherche de nouveaux modèles d’affaires, de nouveaux partenariats et de nouvelles façons d’éclairer la voie à suivre.

Le REDD s’engage à favoriser ces partenariats et à aider à tracer ce chemin en mettant en lien des chefs d’entreprise visionnaires avec des chercheurs en gestion du monde entier. Chaque année, le REDD rassemble un groupe de chefs d’entreprise canadiens – notre Conseil des Leaders – dont les entreprises encouragent activement le développement durable. Ces chefs d’entreprise définissent les enjeux qu’ils rencontrent au sein de leurs propres entreprises, de la chaîne de valeur, du marché, du gouvernement et de la société qui entravent le développement durable. Ces enjeux définissent les « défis annuels du développement durable des entreprises canadiennes ». Le REDD effectue ensuite des recherches universitaires rigoureuses sur les principaux défis et produit des ressources pratiques et objectives pour aider les chefs d’entreprise à prendre des décisions. Les ressources ainsi produites sont mises gratuitement à la disposition des chefs d’entreprise du monde entier sur le site Web du REDD : nbs.net/fr.

 À qui s’adresse ce rapport ?

Ce rapport est destiné aux chefs d’entreprise, aux chercheurs universitaires, aux représentants du gouvernement et autre agents de changement au sein de la société qui possèdent la capacité et qui ont la volonté de changer la façon dont les entreprises font affaire au Canada.

 Chefs d’entreprise

Amorcez la discussion sur le développement durable. Que vous soyez président-directeur général d’une entreprise cotée à la Bourse de Toronto ou fondateur d’une petite entreprise familiale, chaque chef d’entreprise possède la capacité de diriger le changement. Pensez à la façon dont les défis évoqués dans ce rapport se rapportent à votre propre entreprise. Intégrez certains de ces enjeux dans votre planification à long terme. Proposez ces défis à votre chambre de commerce ou association industrielle locale comme sujets d’ateliers éducatifs et de séminaires pour la prochaine année. Trouvez des organismes sans but lucratif, des universités et des collèges avec lesquels vous pourriez vous associer pour commencer à relever ces défis.

 Chercheurs universitaires

Étudiez les enjeux qui présentent un intérêt aux yeux des gestionnaires. Les chefs d’entreprise s’appuient sur des perspectives solides pour éclairer leurs décisions. Ces défis procurent une carte des sujets qui intéressent le plus les praticiens. Le REDD recueille et résume les éléments probants les plus concluants des publications universitaires qui ont déjà traité des enjeux auxquels sont confrontées les entreprises. Néanmoins, la plupart de ces enjeux n’ont pas encore été explorés à fond par les universitaires. Nous encourageons les chercheurs du monde entier à étudier ces importantes questions de gestion et à partager leurs résultats avec des collègues dans d’autres disciplines.

 Télécharger le Rapport

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Les 10 défis du développement durable des grandes entreprises pour 2013

[1] Environnement Canada. “Émissions canadiennes de gaz à effet de serre : Surveillance, déclaration et vérification des sources et des puits de gaz à effet de serre.” Extrait de http://www.ec.gc.ca/ges-ghg/ 17 oct. 2012.

[2] Industrie Canada. “Le PIB et la croissance de l’économie canadienne.” Extrait de http://www.ic.gc.ca/eic/site/cis-si... 17 oct. 2012.

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