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Capitalism : a love story de Michael Moore

Avec des traders fous, des agents immobiliers sans scrupules, des familles ruinées, des sénateurs corrompus...

mercredi 18 novembre 2009
Posté par David Naulin

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De l’Amérique moyenne aux coulisses du pouvoir à Washington, jusqu’à l’épicentre de la finance mondiale à Manhattan, Michael Moore propose au spectateur, avec son nouveau film, de s’aventurer sur un terrain rarement arpenté. Avec humour et insolence, Capitalism : a love story explore une question taboue : l’Amérique paie-t-elle aujourd’hui son amour du capitalisme ? Quelques années plus tôt, cette love story paraissait bien innocente. Aujourd’hui, pourtant, le rêve américain s’est bien mué en cauchemar, et ce sont les familles qui en paient le prix avec leurs emplois, leurs foyers et leurs économies. Michael Moore nous entraîne à la rencontre de ces gens ordinaires dont les vies ont été mises sans dessus-dessous, et part en quête d’explications à Washington et ailleurs. Et ce qu’il découvre, ce sont les symptômes bien connus d’une histoire d’amour qui a dégénérée : mensonges, maltraitance, trahison.. et 14000 emplois perdus chaque jour. Capitalism : a love story est à la fois l’apogée des précédénts travaux de Michael Moore, et un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler un futur porteur d’espoir. C’est aussi et surtout la quête ultime du réalisateur pour répondre à la question qu’il s’est posé tout au long de sa carrière : qui sommes-nous et pourquoi diable nous comportons-nous ainsi ? Découvrez la bande-annonce et trois extraits de Capitalism : a love story.



L’équipe d’Utopia a apprécié ce film et notamment son introduction : " Pour introduire le film, Michael Moore utilise comme parabole une comparaison éclairante avec l’Empire romain, à travers des extraits d’un vieux documentaire historique de la BBC. Le paradoxe de l’Empire romain est que, quelques temps avant sa chute au ve siècle sous le coup d’une invasion barbare qui plongea le monde dans le Moyen Age, il était au faîte de sa puissance économique, militaire, géopolitique. Il semblait contrôler le monde connu, et son équilibre social profondément inégalitaire reposait entre autres sur la consolation des plus démunis dans le divertissement (« du pain et des jeux »). Et finalement ce colosse aux pieds d’argile s’effondra d’un coup, sous les assauts des marges extérieures qui voulaient leur part d’opulence, et par la déliquescence d’une société qui avait oublié toutes les valeurs d’honneur et d’égalité, fondatrices de la République romaine. Alors, si vous vous téléportez 1500 ans plus tard, ça ne vous évoque rien, et peut-être en filigrane un petit avant goût de notre futur ?"

Au-delà de cette petite leçon d’histoire comparée très éclairante, Michael Moore brille dans ce qu’il fait le mieux : mettre en évidence des comportements et des dérives qui font bondir. Entre autres, saviez-vous que certaines grandes entreprises américaines misent sur la mauvaise santé de leurs employés pour souscrire dans leur dos des assurances-vie ? On découvre cette magouille sordide dans une séquence bouleversante, en rendant visite à des familles endeuillées, partagées entre peine et colère.

Moore nous fait rencontrer aussi le responsable de « Vautour Immobilier », agence spécialisée dans la spéculation sur les maisons saisies aux classes moyennes.

Il montre des hommes politiques désabusés qui reconnaissent ne rien savoir de l’utilisation des millions de dollars versés par l’État fédéral aux banques coupables de la crise. Il nous dresse le portrait d’un pays en plein chaos, en plein désarroi existentiel. Homme de bon sens, il s’interroge sur des évidences : comment 1% de la population la plus favorisée parvient à imposer son modèle aux 99% à son service ? Alors que nous sommes attachés au principe d’une démocratie électorale, comment acceptons nous 8h par jour, à travers le fonctionnement de l’entreprise, une totale tyrannie oligarchique ?

Mais surtout, cette fois ci, Michael Moore ouvre une porte de sortie de l’enfer libéral, avec une solution jamais évoquée aux Etats-Unis : l’autogestion des entreprises, à travers l’exemple d’une boîte de robotique qui pratique l’égalité des salaires (et ils sont largement au dessus du SMIC !). Alors l’espoir renaît et on sort de la salle avec une pêche d’enfer et de furieuses envies coopératives.

Documentaire américain de Michael MOORE - 2009 - 2h06mn

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