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Cinéma : les révolutions arabes sur grand écran

mardi 2 août 2011
Posté par David Naulin

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Moins suivies par les médias pour cause de crise financière, les contestations continuent dans les pays arabes à l’image du bourbier syrien. Elles témoignent de l’ampleur de la révolte, mais aussi de l’ampleur des problèmes à résoudre. Non seulement la région sort d’une glaciation politique de plus de quarante ans, mais elle est confrontée à une accumulation de défis, notamment économiques et sociaux, qui ne seront pas résolus en quelques semaines.



Dans l’éditorial du numéro de Manière de voir consacré aux révolutions arbaes Alain Gresh écrivait : "Les chemins de la liberté et de la dignité qu’a ouverts le peuple tunisien, et dans lesquels se sont engouffrés après lui les autres peuples arabes, restent incertains, escarpés, périlleux. Mais, déjà, le retour en arrière n’est plus possible". Et l’éditorialiste de citer, en guise de conclusion provisoire, Jean-Paul Sartre : "Quand une fois la liberté a explosé dans une âme d’homme, les dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là".

Depuis la rentrée 2011, les réalisateurs sont dans leur grande majorité en prise avec les aspirations des peuples qui se soulèvent avec une profusion de sorties sur nos écrans de films en provenance des pays arabes ou suivant ces révoltes. Voici les films sortis depuis septembre 2011 et à venir en 2012 :

 18 janvier : Le Printemps de Téhéran

LE PRINTEMPS DE TEHERAN date de sortie : le 18 janvier 2012

Juin 2009, Azedeh et Keveh sont étudiants à Téhéran. Comme d’autres générations avant eux, à l’approche des élections présidentielles, ils commencent à rêver d’une transition démocratique possible en Iran. Ils vont être emportés par cette "vague verte" qui embrase le pays. Des premières révoltes à la répression sanglante, ils nous racontent leur combat, leur espoir, leur peur et leur souffrance. LE PRINTEMPS DE TÉHÉRAN conjugue des images filmées sur le vif et relayées partout dans le monde sur les réseaux sociaux avec des témoignages et des séquences animées qui nous font pénétrer au coeur de cette révolution populaire, au plus proche de ses acteurs.

Le Printemps de Téhéran : l'histoire d'une révolution 2.0

Le Printemps de Téhéran Ali Samadi Ahadi au cinéma le 18 janvier 2012 - Durée : 1h20 - Nationalité : Iran, Allemagne - Genre : Animation, documentaire - Distributeur : DistriB Films.

 18 jours

18 jours le 7 septembre Le Caire, du 25 Janvier au 11 février 2011. Des citoyens ordinaires pris dans des événements extraordinaires : les patients d’un asile, une jeune vendeuse à la sauvette, un leader de la révolution, un grand-père et son petit fils curieux, un internaute amoureux , un couturier craintif, un couple déchiré, de sympathiques combinards, des chameaux, des hommes de main violents, des jeunes idéalistes, un coiffeur héros malgré lui... Tous ces personnages, plus vrais que nature, ni bons ni méchants, vivent dans l’instant des événements qui paraissaient inimaginables et changeront leurs vies pour toujours. Ce long-métrage de fiction présente en 10 chapitres, réalisés dans l’’urgence et l’’enthousiasme, sans budget et de manière bénévole, dix histoires entre détresse et allégresse, vécues, entendues ou imaginées autour de la révolution en Egypte. Bande-annonce :

Au cinéma le 7 Septembre 2011 - Film égyptien réalisé par Sherif Arafa, Kamla Abou Zikri,Marwan Hamed, Mohamed Aly, Sherif El Bendari, Khaled Marei, Mariam Abou Ouf, Ahmad Abdallah, Yousry Nasrallah, Ahmad Alaa - Durée : 2h05 - Distributeur : Eurozoom

 Laïcité Inch’Allah

Laïcité Inch'Allah Août 2010, en plein Ramadan sous Ben Ali et malgré la chape de plomb de la censure, Nadia El Fani filme une Tunisie qui semble ouverte au principe de liberté de conscience et à son rapport à l’Islam… Trois mois plus tard, la Révolution Tunisienne éclate, Nadia est sur le terrain. Tandis que le Monde Arabe aborde une phase de changement radical, la Tunisie, ayant insufflé le vent de révolte, est à nouveau le pays laboratoire quant à sa vision de la religion. Et si pour une fois, par la volonté du peuple, un pays musulman optait pour une constitution laïque ? Alors, les Tunisiens auraient vraiment fait "La Révolution".

Nadia El Fani est une courageuse défenseuse de la laïcité

Nadia El Fani, fille d’un des fondateurs du Parti communiste tunisien, débute le tournage de ce documentaire en 2010, avant la révolution de jasmin. Au départ intitulé "Ni Allah ni maître", ce film dénonce "l’hypocrisie sociale" qui règne en Tunisie. Elle souligne que "Dans un Etat où il est décrété que tout le monde appartient à la même religion, il est d’autant plus compliqué de se réclamer d’une idée et d’une pensée au mieux ignorée, au pire dénigrée et combattue". Son film se veut clairement laïque et non antireligieux. Pour mieux l’affirmer, elle change son titre pour adopter "Laïcité Inch’allah". Mais depuis les premières projections en Tunisie, la situation s’est détériorée. Les insultes se multiplient sur internet. Les réseaux sociaux véhiculent aussi bien les menaces que les manifestations de soutien. Le 26 juin dernier, une centaine de manifestants violents ont investi le cinéma Africart à Tunis où le film était projeté. Nadia El Fani maintient son engagement pour une société laïque, une société de liberté pour tous. Elle souligne que son film "est un film qui appelle à la tolérance contrairement à tout ce qu’on dit", en ajoutant que "peut être que dans le secret des urnes, les Tunisiens voteront pour la laïcité".

Depuis, la réalisatrice du film continue de recevoir régulièrement des menaces de mort et une campagne de diffamation a été orchestrée à la suite d’une interview donnée à la chaîne Hannibal TV dans laquelle, se prévalant de la liberté de croyance, elle affirmait son athéisme. Son avocate, Bochra Bel Hadj Hamida déclarait récemment à Rue89 : "On manque d’un courant fort pour défendre la liberté des artistes. Vu ce qui s’est passé pour Nadia, et l’absence de réaction des intellectuels je me demande si la liberté d’expression et la liberté de croyance ne sont pas menacées, alors qu’on vient de gagner les libertés publiques." La FIDH (fédération Internationale des Droits de l’Homme) mettait récemment en garde, dans un communiqué, "contre de telles dérives mettant en danger les libertés fondamentales. Elle appelle les autorités tunisiennes à prendre toutes les mesures pour protéger et garantir les libertés d’expression et de croyance et à poursuivre tout auteur d’actes criminels menaçant ces libertés, conformément au droit international."

Sortie au cinéma en Septembre 2011 - Film Franco-Tunisien réalisé par Nadia El Fani - Distributeur : Jour2fête

 Plus jamais peur

Plus jamais peur

Malade de sa Tunisie, un personnage lance la réplique du film : "Cette révolution tunisienne n’est pas le fruit de la misère, mais plutôt le cri de désespoir d’une génération de diplômés. Ce n’est, ni la révolution du pain, ni celle du jasmin... Le jasmin ne sied pas aux morts, il ne sied pas aux martyrs. Cette révolution est celle du dévouement d’un peuple... Plus jamais on n’aura peur pour cette nouvelle Tunisie !" Cette réflexion résume parfaitement l’état d’esprit des Tunisiens. Aussi bien celui des jeunes qui ont fait la première révolution de l’ère virtuelle ; que celui des plus âgés qui n’ont jamais cessé de braver la peur pour résister au joug de la dictature.

Sortie au cinéma en octobre 2011 - Film Tunisien réalisé par Ben Cheikh - Distributeur : KMBO

 Au revoir

Au revoir Avec Au revoir, Mohammad Rasoulof n’oublie pas que la jeunesse iranienne a été la première à se mobiliser contre son régime et continue toujours son combat malgré les répressions et les années qui passent. Dans la situation désespérée de l’Iran d’aujourd’hui, une jeune femme avocate à qui on a retiré sa licence d’exercer, est enceinte de quelques mois. Elle vit seule car son mari journaliste vit dans la clandestinité. Traquée par les autorités, et se sentant étrangère dans son propre pays, elle décide de fuir... Prix de la Mise en Scène, Un Certain Regard - Festival de Cannes (2011)

Sortie au cinéma en septembre 2011 - Film iranien réalisé par Mohammad Rasoulof avec Leyla Zareh et Fershteh Saderorafai - Distributeur : Pretty Pictures

 Artocratie en Tunisie de J.R.

Artocratie en Tunisie de J.R. En mars 2011, JR prend l’engagement de rendre possible, en les accompagnant, l’éclosion de multiples projets artistiques portant le label Inside Out en fournissant techniques et matériaux nécessaires pour réaliser des projets "à la JR". Artocratie en Tunisie est le premier projet de cette série. À l’initiative de Slim Zeghal et Marco Berrebi, six photographes tunisiens – Sophia Baraket, Rania Dourai, Wissal Dargueche, Aziz Tnani, Hichem Driss et Hela Ammar – ont donc parcouru le pays pour photographier 100 personnes représentant la diversité de la population avant d’afficher ces portraits dans les rues tunisiennes : hommes ou femmes, jeunes ou vieux, pauvres ou riches, grands ou petits, fonctionnaires, chômeurs, chefs d’entreprises, ouvriers, paysans... Pour un pays qui depuis plus de 50 ans, n’avait exposé publiquement que l’image présidentielle, ça fait une différence ! Pour la première grande exposition publique dans une démocratie arabe naissante, le collage devait réserver des surprises et l’exercice n’a pas toujours été simple. Mails il est porteur de l’espoir que la Tunisie devienne un pays qui bouge artistiquement comme l’Espagne après Franco, ou Berlin après le chute du mur.

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