Alors que l’éco-organisme ecosystem vient de sortir de nouveaux chiffres concernant l’utilisation du bonus réparation, l’association HOP – Halte à l’obsolescence programmée fait le point. Le déploiement du bonus est-il satisfaisant ? HOP formule une série de propositions pour redynamiser un dispositif qui souffre de beaucoup de préjugés.

Le bonus réparation a été lancé à l’hiver 2022 pour être déployé progressivement à plusieurs catégories de produits : bricolage, multimédia, textile, sport, meubles.
Ce dispositif a été proposé par l’association HOP dans la loi AGEC puis poussé pour faciliter le passage à la réparation plutôt qu’au rachat d’un produit neuf.
Les chiffres sont implacables : pour 80 % des Français·es, le coût de la réparation est le critère le plus important pour faire réparer, selon l’Ademe.
Où trouver un réparateur agréé Bonus Réparation ?
Pour bénéficier du Bonus Réparation, il est indispensable de se rendre chez un réparateur labellisé. Pour faciliter cette recherche, découvrez la Carte du Bonus Réparation qui met à disposition la liste des magasins et réparateurs agréés partout en France (cordonniers, couturiers, magasins, ateliers, techniciens réparateurs…)
En quelques clics, la carte permet de :
- Identifier les réparateurs proches de chez soi.
- Filtrer selon le type d’objet à réparer (électroménager, téléphone, textile, chaussures, vélo…).
- Consulter les coordonnées et les services proposés par chaque réparateur.
Avec plus de 6 500 réparateurs labellisés en 2025, cette carte est le moyen le plus simple et le plus fiable pour trouver un professionnel labellisé à proximité.
Alors même que 91 % des Français·es ont une bonne image de la réparation, seulement 27 % y recourent spontanément, selon le dernier sondage d’Ecosystem.
Si on en croit les chiffres de l’éco-organisme, plus de la moitié (52 %) des consommateurs et des consommatrices ayant profité du bonus QualiRépar ont estimé que le bonus avait eu un impact positif sur leur choix de réparer.

HOP a un a priori positif sur le soutien via le fonds réparation de tous les dispositifs qui favorisent effectivement le développement de plus de réparation auprès des citoyen·nes (en visio, par abonnement…).
L’association avait par exemple obtenu le doublement des montants des bonus sur les téléviseurs et les gros électroménagers, l’ouverture du bonus aux casses d’écran, mais aussi la tenue régulière d’un Conseil national de la réparation multi-parties prenantes, et des efforts de communication avec l’appel à des campagnes d’ampleurs par les éco-organismes ou l’État. HOP participe chaque année à faire connaître l'aubaine du bonus réparation auprès des citoyens, à l’occasion des Journées nationales de la réparation qu’elle co-organise.
Mais voilà, le bonus réparation est mal connu (identifié par moins de la moitié des Français·es selon l’Ademe) et souffre encore de préjugés et de freins qui compliquent son développement.
En plus du manque d’information, le manque d’harmonisation, la gestion du bonus partagée entre de nombreux éco-organismes ainsi que la gestion différenciée de la communication en fonction des catégories de produits entretiennent la confusion chez les consommateurs et les consommatrices.

HOP demande plus d’harmonisation depuis les débuts du dispositif.
Pour pallier ce manque, l’association assure depuis 2024 la mise à jour du site d’information bonusreparation.org, offrant la centralisation des montants de tous les produits, intégrant l’annuaire inter-filière tenu par l’Ademe pour plus de clarté.

HOP salue la première initiative conjointe de quatre éco-organismes pour lancer le site d’information grand public jerepare.fr, trois ans après le lancement des premiers bonus. Bien qu’elles soient positives, l’association regrette toutefois le manque de synergies entre les initiatives, dans une logique d’efficience.

HOP alerte sur les budgets prévus par l’État pour les fonds réparation, qui ne sont pas entièrement dépensés.
Les dépenses représentent moins de 30 % du budget cumulé jusqu’à maintenant, ce qui peut refléter le manque d’ambition donné au déploiement du dispositif, pourtant nécessaire pour le rendre réellement efficace.
Parmi les freins à l’utilisation du bonus réparation, HOP déplore le manque de labellisation de réparateur·ices. Le rapport de HOP intitulé Bonus réparation, Retour d’expérience de consommateurs et réparateurs sur le fonds réparation des équipements électriques et électroniques (EEE) montrait déjà, début 2024, que 80 % des réparateur·ices EEE interrogé·es n’envisageaient pas de se labelliser.
L’association plaide en parallèle pour structurer la filière, avec une valorisation de la formation et une réduction de la TVA à 5,5% dans le secteur de la réparation.
Le résultat de tous ces freins doit nous alerter : selon l’Ademe, le bonus n’a été utilisé que par 5 % des Français·es.
Rapport d’enquête sur le Bonus réparation : retour d’expérience de consommateurs et réparateurs
Un an après l’entrée en vigueur du bonus réparation, HOP et une équipe de chercheur·euses font le bilan du dispositif.
Le bonus réparation est une initiative remarquable et pionnière de la France, un effort colossal pour soutenir financièrement tous les ménages à réparer leurs objets, voulu par les parlementaires et le Gouvernement afin de favoriser une économie circulaire et réduire le gaspillage.
L’association HOP – Halte à l’obsolescence programmée, qui a milité en faveur de ce dispositif innovant, salue les efforts des éco-organismes, ainsi que ceux des parties prenantes, pour penser et travailler à sa mise en œuvre.
Malgré de grands progrès, l’association s’interroge sur les résultats obtenus, en faveur des citoyens et des réparateurs, en particulier pour les artisans.
Les propositions de HOP
- Confier à l’ADEME la mise en œuvre des fonds de réemploi/réutilisation et de réparation,
- Mettre en place une communication nationale harmonisée et interfilière, avec un nom unique pour le bonus,
- Imposer aux marques labellisées de réparer toutes marques confondues,
- Restreindre les conditions de proximité à 100 km entre le lieu de dépôt des produits à réparer et les lieux de réparation,
- Garantir des conditions d’accès adéquates au bonus (augmenter certains montants, supprimer les seuls minimaux de déclenchement, garantir l’accès illimité au bonus, etc),
- Faire appliquer le fléchage de 5 millions d’euros du fonds vers la formation, pendant 3 ans comme prévu dans l’arrêté du 10 novembre 2023
Inscrit dans la loi anti-gaspillage et économie circulaire (AGEC) en 2020, en vigueur depuis 2022, le financement et le fonctionnement du bonus réparation sont assurés par les éco-organismes sous l'égide de l'État. L’argent des fonds réparation provient des contributions versées par les fabricants aux éco-organismes (QualiRepar, Ecomaison, Refashion, BonusRépar ...) agréés par l'État.
HOP est une association qui lutte pour des produits durables et réparables
HOP – Halte à l’obsolescence programmée est une association loi 1901 qui lutte pour la durabilité des produits et contre l’obsolescence programmée. Créée en 2015, elle est une association nationale agréée protection de l’environnement. Elle vise à fédérer et défendre les citoyen·nes, engager les décideur·euses public·ques et privé·es pour aller vers des produits durables et réparables. HOP souhaite contribuer à la poursuite des 17 objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 de l’ONU. Notamment le 12 qui est “un appel pour les producteurs, les consommateurs, les communautés et les gouvernements à réfléchir sur leurs habitudes et usages en termes de consommation, de production de déchets, à l’impact environnemental et social de l’ensemble de la chaîne de valeur de nos produits”.
Les actions de HOP consistent principalement à sensibiliser le grand public et mobiliser les parties prenantes, mais aussi mener des actions juridiques et de plaidoyer en France et en Europe.

Elle a créé les sites produitsdurables.fr et bonusreparation.org. L’association a initié un réseau d’entreprises volontaires en 2018, le Club de la durabilité.

Plus d’informations sur https://www.halteobsolescence.org





