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Du sauveur à l’éboueur : comment les lycéens perçoivent leurs éco-délégués

Voilà cinq ans que les élèves du secondaire ont l’obligation d’élire des éco-délégués dans chaque classe. Dans les faits cependant, cette intention n’est pas toujours respectée, et les perceptions quant à leur rôle varient fortement d’un établissement à l’autre. À quoi servent les éco-délégués ? La réponse de Lise Trégloze de l’Université Rennes 2 pour The Conversation France

Tantôt colibris, tantôt ambassadeurs, tantôt sauveurs, tantôt éboueurs… les éco-délégués cumulent ainsi les casquettes sans véritables moyens pour agir, alors même que les défis auxquels ils sont censés répondre ne cessent de croître dramatiquement. Miljan Zivkovic/Shutterstock

Par Lise Trégloze de l’Université Rennes 2

À quoi servent les éco-délégués ? « Je ne sais pas », « aucune idée », « on n’a pas d’infos », ont répondu la moitié des 380 lycéens interrogés au sujet de leur expérience de l’éducation au développement durable dans leur lycée. Pourtant, chaque établissement scolaire a l’obligation d’organiser l’élection d’au moins un éco-délégué par classe, et ce depuis 2020.

Considérés comme les « pivots du développement durable dans les établissements », l’État les exhorte à devenir les « acteurs du changement » au sein d’un « peuple de colibris », à travers la voix de Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’éducation nationale.

Cinq ans après cette mise en place obligatoire des éco-délégués, « la tension entre ces injonctions et les réalités du terrain » déjà évoquée en 2023 par les chercheuses Évelyne Bois, Aurélie Zwang et Mandarine Hugon, est toujours palpable.

Un bilan difficile à dresser en l’absence de données officielles

Le ministère de l’éducation nationale affiche certes l’ambition de 250 000 éco-délégués et promeut des ressources et dispositifs d’appui (guides pratiques, prix de l’action de l’éco-délégué, etc.). Cependant, aucun recensement officiel n’est disponible, ni à l’échelle de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), ni à celle des académies, ni même parfois à celle des établissements. Il est donc compliqué de savoir si chaque classe compte actuellement une ou un éco-délégué. Le travail de terrain nous permet toutefois de déceler que cette obligation n’est pas toujours suivie dans les faits.

Pour tenter de comprendre malgré tout le rôle effectif des éco-délégués, plusieurs ressources sont néanmoins disponibles :

  • une enquête menée en 2023-2024 en région Bretagne auprès d’établissements engagés dans des projets d’éducation au développement durable (EDD), relevant de l’éducation nationale ou de l’enseignement agricole, du secteur public ou privé, de la voie générale ou professionnelle.
  • les quelques travaux existants en science de l’éducation sur l’engagement des éco-délégués.
  • un discret et polémique rapport parlementaire portant sur l’animation des éco-délégués.

À la rencontre des éco-délégués

Des 380 répondants au questionnaire administré auprès de lycéens de Bretagne, 85 % indiquent la présence d’éco-délégués dans leur établissement, même au sein d’un lycée n’ayant pas encore mis en place le dispositif. Moins de 5 % déclarent être eux-mêmes éco-délégué au moment de l’enquête.

À la question « Quelles sont les activités menées par les éco-délégué·es ? », la réponse la plus fréquente (52 %) est donc « Je ne sais pas » ou sans réponse. La question étant ouverte, nous avons pu classer les réponses détaillées des 173 élèves ayant une idée des activités menées. Trois catégories d’acteurs peuvent alors se distinguer dans leurs perceptions du rôle des éco-délégués.

  • Les « agents du changement » (30 %) : les éco-délégués sont avant tout perçus comme les prescripteurs des éco-gestes : ils « trouvent des activités sympas pour insister à ne pas polluer », note une lycéenne. Ils développent, souvent à l’aide de prestataires extérieurs, des nudges inspirés des théories du comportement, pour inciter à la préservation des ressources : une « affiche pour éteindre la lumière », un « autocollant qui se complète que lorsque l’on ferme la fenêtre », un « totem pour recycler le papier »… avec plus ou moins d’efficacité.

Ils peuvent aussi investir des espaces spécifiques, comme un potager, un jardin, un « club nature », ou contribuer à végétaliser la cour. Ils se réunissent souvent le midi, seul temps disponible pour les enseignants comme pour les élèves.

L’éco-délégué est parfois identifié comme l’ambassadeur dont on attend qu’il soit : celui qui « explique les actions et réfléchit à de nouvelles stratégies », qui « présente et propose les projets et motive les élèves », résument des enquêtés. Sa mission de sensibilisation peut progressivement consister à « s’interroger », « trouver des idées pour améliorer le monde pour plus tard », voire à « donner des cours aux camarades », énumèrent d’autres lycéens. Leurs actions « parfois petites mais qui font grandir le lycée » sont vues avec bienveillance. Ils contribuent à « améliorer la vie en communauté pour ne pas avoir à souffrir plus tard », assure une élève. Ils peuvent être perçus comme des innovateurs et apporter des solutions pour « sauver notre terre et l’améliorer », comme l’indique une éco-déléguée.

De façon très marginale, des actions en dehors de la sphère environnementale qui domine les discours sont parfois citées : comme de la sensibilisation sur le handicap, la mise en place de produits d’hygiène féminine ou des « boîtes à livres ».

  • « Les importuns inutiles » (5 %) : Pour certains, les éco-délégués ne font « rien », ou « pas grand-chose ». Leurs rencontres sont identifiées comme l’occasion de « rater les cours pour faire des réunions souvent inutiles » ou pour lesquelles « nous n’avons aucun retour », déplore un élève. Les élèves d’un lycée agricole public en zone rurale sont parmi ceux qui ont les mots les plus durs : les éco-délégués « nous cassent les oreilles » ou sont là « pour faire joli et apporter des idées qui n’aboutissent jamais ».
  • « Les opérateurs de tri » (13 %) : Les éco-délégués ramassent, trient, nettoient, compostent, luttent contre le gaspillage, construisent des poubelles, font des « clean walk » dans leurs lycées, dans leurs villes, sur les plages… Les déchets identifiés sont ceux qui sont visibles, comme le papier ou les mégots, alors que les déchets numériques qui ne cessent de croître ne sont pas mentionnés.

Agir sur les déchets demeure l’activité concrète la plus citée dans l’enquête : qu’elle soit l’unique action ou bien associée à d’autres, perçue de façon conforme aux attendus d’un éco-délégué « acteur du changement » ou de manière plus critique, comme chez ce lycéen qui ironise. « Ils ramassent les poubelles, on ne sait pas s’ils sont délégués ou éboueurs. »

Rappelons que la gestion des déchets dans un établissement scolaire public est une attribution des collectivités qui gèrent les bâtiments. Les projets des éco-délégués peuvent donc impliquer la collaboration d’agents de la collectivité qui sont rarement consultés et, au final, souvent dans l’incapacité de donner suite aux projets commencés, comme la création de composts abandonnés l’année suivante faute de personnel identifié pour les gérer. Il en est de même avec les actions des élèves autour des économies d’énergie dont la portée reste limitée face au défi que représente la rénovation énergétique des bâtiments scolaires, décidée à un tout autre niveau.

Sans remettre en cause l’importance de la gestion des déchets pour la cause écologique et sociale, nous pouvons cependant nous questionner sur l’intérêt d’en faire la mission principale des éco-délégués. Peu de réflexions sur l’origine de ces déchets (surconsommation, obsolescence programmée, mauvaise qualité, réglementation non respectée) ont été observées. Or, sans remise en cause du système à l’origine de la production de ces déchets, les éco-délégués risquent bien de n’occuper qu’une « fonction utilitariste au service des politiques libérales de croissance », pour reprendre les termes des chercheurs Jean-Marc Lange et Angela Barthes.

Être éco-délégués au collège ou au lycée : quels moyens d’action ?

Un fort effet établissement

Le dispositif des éco-délégués peut également être perçu de manière très différente selon les contextes d’établissements. Dans l’enquête de terrain, les élèves de l’enseignement agricole considèrent les éco-délégués comme des « agents du changement » ou des « opérateurs du tri » dans une proportion supérieure aux attentes. Les élèves de l’éducation nationale suivant une voie de formation générale sont eux beaucoup plus que prévu à répondre ne pas savoir quelles sont les missions des éco-délégués.

Plus surprenant, les élèves d’un lycée pourtant labellisé « établissement en démarche de développement durable (E3D) » et ceux ayant participé à un projet régional sur les ODD (Objectifs de développement durable définis par les Nations unies) sont ceux qui affichent le plus haut pourcentage des « Je ne sais pas » (79 % et 70 %). À l’inverse, les élèves d’un lycée n’ayant pourtant pas encore organisé d’élections d’éco-délégués sont ceux qui les considèrent le plus comme « agents du changement » (49 %).

Perception du rôle des éco-délégués par type d’établissement. Fourni par l’autrice Lise Trégloze

L’analyse du questionnaire indique par ailleurs que les perceptions des activités des éco-délégués ne varient pas significativement selon le genre, le niveau scolaire ni même selon le vécu scolaire : les élèves se déclarant en réussite ou en échec scolaire et les élèves déclarant avoir une expérience positive ou négative de leur scolarité ont des taux de réponse équivalents. Ainsi, l’effet établissement semble agir plus que le profil socio-scolaire des élèves sur leur perception du rôle de l’éco-délégué. Ces premiers résultats mériteraient cependant d’être consolidés à une échelle plus importante.

Enfin, qu’elle soit conforme aux prescriptions du ministère, restreinte aux déchets ou plus critique, la perception du rôle des éco-délégués se cantonne à la sphère écologique. Les systèmes politiques et économiques à l’origine de l’épuisement des ressources et de la surproduction de déchets ne sont quasiment jamais mentionnés. Cette dépolitisation de la question écologique, notamment dans un contexte scolaire, et « l’invisibilisation des enjeux sociaux » qui l’accompagne sont une tendance déjà bien repérée par les recherches en éducation, comme en témoigne le récent ouvrage d’Irène Pereira sur l’éco-pédagogie (2024).

Les classes de collège et de lycée élisent des éco-délégués pour participer activement à la mise en œuvre du développement durable dans leurs établissements. Les élèves deviennent acteurs à part entière pour contribuer à faire des collèges et lycées des espaces plus favorables à la biodiversité et davantage engagés dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Quant au profil socio-scolaire des éco-délégués, sans étude statistique nationale, difficile de dresser le portrait type. Le rapport parlementaire réalisé sur ce sujet par une députée de la majorité, dresse un panorama assez mitigé. Le dispositif des éco-délégué est accusé de renforcer les stéréotypes de genre en confiant les tâches du « care », et notamment du maintien de la propreté des lieux, aux filles plus qu’aux garçons. Constat déjà largement documenté en sociologie.

Si les éco-délégués perçoivent bien que l’on attend d’eux qu’ils soient force de propositions, ils sont pourtant dirigés, de manière explicite ou plus implicite, vers les actions déjà en cours ou impulsées par leurs encadrants, considérées comme réalisables et « allant dans le bon sens ». Un acteur du changement donc, mais dans les limites de l’acceptable.

Parmi les éco-délégués interrogés pendant l’enquête, certains s’épanouissent clairement dans leur mission, regrettent parfois qu’elle ne puisse pas s’étendre davantage ou se pérenniser d’une année sur l’autre ou d’un établissement à l’autre. Pour d’autres, elle est synonyme d’usure ou de déception, comme en témoigne cet éco-délégué élève de seconde (lycée privé, zone rurale) :

« C’est bien gentil de faire les petits gestes, mais un moment il va falloir faire les grands, et c’est pas le gouvernement qui s’en occupe. »

Tantôt colibris, tantôt ambassadeurs, tantôt sauveurs, tantôt éboueurs… les éco-délégués cumulent ainsi les casquettes sans véritables moyens pour agir, alors même que les défis auxquels ils sont censés répondre ne cessent de croître dramatiquement.

Certes, nous pouvons convenir que les cinq dernières années n’ont pas été de tout repos pour le milieu scolaire : crise sanitaire de la Covid et huit ministres de l’éducation nationale qui se sont succédé. Cependant, nous pouvons constater qu’après un engouement pour les enjeux de développement durable post-COP21, les moyens attribués au déploiement de l’éducation au développement durable peinent encore à être rassemblés à la hauteur des objectifs auxquels la France continue de s’engager, COP après COP.

Lise Trégloze, Doctorante au Centre de Recherche sur l’Éducation, les Apprentissages et la Didactique, Université Rennes 2

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


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Ce livret de 4 pages présente les idées clés pour sensibiliser tous les élèves de l’école et progresser vers la labellisation E3D (école en démarche de développement durable).

Agir pour la transition écologique et solidaire au lycée

Le guide éco-délégués
« Agir pour la transition écologique et solidaire au lycée »
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  • Être éco-délégué, c’est…
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  • Des idées d’actions à mettre en place

Agir pour la transition écologique et solidaire au collège

Le guide éco-délégués
« Agir pour la transition écologique et solidaire au collège »
contient :

  • Quelques questions à se poser avant de démarrer
  • Être éco-délégué, c’est…
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Qu’est-ce qui compte vraiment ? Réponse au Sommet de la Mesure d’Impact 2026

En ce début d’année 2026, une question s’impose plus que jamais : que faut-il vraiment mesurer pour mieux décider et agir ? Nos institutions sont percutées par toutes les grandes transitions, écologique et démographique, la révolution de l’intelligence artificielle ou encore la fin de l’hégémonie occidentale. Revenir à l’essentiel, redonner du sens à l’action collective, fonder les décisions sur des faits partagés : c’est tout l’enjeu du Sommet de la Mesure d’Impact 2026, le 13 avril 2026, au Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour sa 4ᵉ édition, autour du thème : Ce qui compte vraiment.

L’accès au Sommet est gratuit, mais certains ateliers, groupes de travail et formats participatifs auront des places très limitéesS’inscrire dès maintenant permet de recevoir en priorité les informations et les liens de réservation dès l’ouverture du programme.

Ce qui compte vraiment.

Ce qui compte vraiment, c’est :

  • une mesure d’impact qui guide l’action, sans enfermer les acteurs de l’ESS dans des logiques purement gestionnaires
  • des faits, preuves et données partagées pour éclairer les décisions publiques et privées
  • la voix des citoyen·nes, leurs priorités et leur vécu, intégrés au cœur du débat
  • la reconnaissance des impacts intangibles : bien-être, confiance, autonomie, lien social

👉 Mesurer ce qui transforme.
Écouter celles et ceux
qui vivent les impacts.
Décider autrement.

Parce que la mesure d’impact ne peut plus être un simple outil de reporting.
Elle doit devenir une boussole.

A l’heure des reculs écologiques mondiaux, des tensions sociales, des budgets contraints, il est essentiel de revenir à l’essentiel : ce qui compte vraiment

  • Ce qui compte vraiment dans un monde de plus en plus polarisé, c’est de fonder nos débats sur un socle commun : celui des faits, de la preuve et de l’impact mesuré. Lutte contre la précarité, insertion économique, égalité des chances, transition écologique, santé, logement… Si nous ne partageons pas les mêmes opinions, nous devons au moins pouvoir regarder les mêmes données. Évaluer rigoureusement les effets des politiques publiques, des décisions économiques ou des projets sociaux permet de créer un langage commun entre citoyens, chercheurs, élus et entreprises.
  • Ce qui compte vraiment dans l’action publique, l’action des entreprises, les projets des acteurs de l’investissement ou encore du monde associatif, c’est ce qu’on change dans la vie des gens : des éléments difficiles à mesurer, mais fondamentaux pour la cohésion sociale (le bien-être, la confiance, l’autonomie, la fierté…).
  • Ce qui compte vraiment, c’est enfin la voix des citoyen.ne.s : leurs priorités, leurs aspirations. L’impact n’est pas une affaire d’experts — c’est une réalité vécue, au quotidien, par celles et ceux que les politiques publiques et les projets économiques concernent directement.

Un autre modèle social est possible


Faire dialoguer des mondes qui ne se parlent pas

Citoyens, intellectuels,
grandes entreprises, TPE et PME,
acteurs publics et privés,
chercheurs et spécialistes,
associations, artistes, financeurs, évaluateurs, opérateurs sociaux, accompagnateurs du changement social
et têtes de réseau
de l’Économie Sociale et Solidaire.

Programme 2026

Un événement organisé par l’IMPACT TANK et le CESE

Lancé en octobre 2020 à l’initiative du GROUPE SOS, d’autres acteurs de l’ESS et de quatre universités (Sciences-Po, Sorbonne Université, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris Dauphine), l’IMPACT TANK est le premier think and do tank européen dédié aux initiatives et à l’économie à impact positif. Il croise expertise académique et expérience de terrain pour favoriser la mise à l’échelle des innovations sociales les plus prometteuses et rassembler l’ensemble des acteurs et actrices engagés au service d’une économie plus inclusive et plus durable.

Troisième assemblée constitutionnelle de la République, le CESE conseille le Gouvernement et le Parlement et participe à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques dans ses champs de compétences. Il regroupe 175 membres, femmes et hommes de terrain, désignés par les corps intermédiaires : associations, syndicats de salariées et salariés, organisations patronales… Le CESE est le lieu privilégié d’expression de la participation citoyenne. Thierry Beaudet en est le Président depuis mai 2021.

Éditions précédentes du Sommet de la Mesure d’Impact

Le Sommet de la Mesure d’Impact a vu le jour en 2023 à l’initiative de l’Impact Tank, pour faire de la mesure d’impact un sujet de débat public.

Son rôle est de faire dialoguer des mondes qui ne se parlent pas : l’expertise des chercheurs, l’expérience des acteurs de terrain et les besoins des décideurs pour ajuster l’action publique.

Sommet 2025 en images. Plus de 6 000 visiteurs au CESE, 300 intervenant.e.s de haut niveau, plus d’une centaine de chercheurs et 50 000 personnes connectées pour changer le système !

Le Sommet de la mesure d’impact
vise à éclairer le débat public en s’appuyant sur la recherche académique comme socle commun.

Sommet 2024 en images. Plus de 4 000 visiteurs au CESE, 300 intervenant.e.s de haut niveau, plus d’une centaine de chercheurs et 50 000 personnes connectées pour changer le système !

Donner des preuves et des cadres d’analyse et d’évaluation communs permet de maintenir un espace de discussion,
au-delà des positions idéologiques.

Sommet 2025 : Re-faire Société

Sommet 2024 : Une journée pour Changer le système !


Le Clip Green-Got des pires phrases entendues sur le réchauffement climatique avec Mona Guba

Green-Got, une fintech engagée et créée pour mettre la finance au service de la transition écologique, a réalisé un clip vidéo diffusé sur les réseaux sociaux, réalisé en interne et porté par l’artiste Mona Guba. Pensé comme une prise de parole créative et engagée, ce clip détourne avec humour et autodérision des commentaires de haters laissés sur l’environnement et le réchauffement climatique, transformant des discours hostiles ou climatosceptiques en matière artistique.

Quand les commentaires de haters deviennent des paroles de chanson

Au cœur du clip, Mona Guba livre une performance musicale frontale et incarnée. Les paroles qu’elle chante sont directement inspirées de commentaires laissés en ligne : critiques, moqueurs ou climatosceptiques, à propos de l’écologie et de l’urgence climatique. En les mettant en musique, le
projet choisit la dérision plutôt que la confrontation, révélant l’absurdité de certains discours tout en ouvrant un espace de réflexion sensible et accessible.

Le clip a été tourné au théâtre Le Solo, lieu parisien emblématique fondé par Kader Aoun, reconnu pour sa programmation audacieuse et son ancrage dans la création contemporaine. Ce décor épuré et chargé de sens renforce la portée artistique du projet et son positionnement à la croisée de la culture, de l’engagement et de la prise de parole publique.

Une production majoritairement internalisée

La conception éditoriale, la direction artistique et la coordination du projet ont été menées par les équipes internes de Green-Got. Des freelances n’ont été sollicités que pour le tournage et le montage.

Green-Got est certifiée B Corp.

  • Respect des normes en matière de performance environnementale, sociale, de responsabilité et de transparence.
  • Une raison d’être, inscrite dans les statuts, affirme la volonté de Green-Got de mettre le secteur financier au service du bien commun, de la protection de la planète et de ses habitants.
  • Membre d’une communauté mondiale d’entreprises qui œuvrent ensemble pour une économie plus inclusive, équitable et régénératrice.

Nous ne cherchons pas à être
les meilleurs du monde,
mais les meilleurs pour le monde.

Un projet qui disrupte les codes traditionnels de la communication financière

Avec ce clip, Green-Got affirme une stratégie qui dépasse les codes traditionnels de la communication financière :

  • une prise de parole culturelle assumée, là où on attend peu une fintech,
  • un contenu qui privilégie l’émotion, l’ironie et la narration plutôt que le message promotionnel,
  • une collaboration artistique cohérente avec les valeurs de la marque, incarnée par une artiste émergente à la voix singulière.

Les pires phrases entendues sur le réchauffement climatique

Reprendre le pouvoir sur votre argent avec Green-Got

Green-Got existe, car le vrai pouvoir, c’est votre argent. Mais aujourd’hui, ce pouvoir finance le problème plutôt que la solution.

Depuis l’Accord de Paris sur le Climat, les 60 plus grandes banques mondiales ont investi plus de 6 900 milliards de $ dans les énergies fossiles. Un chiffre vertigineux qui montre à quel point notre système financier alimente la crise climatique.

Pour y arriver, changeons les règles du système. En reprenant le pouvoir sur notre argent d’abord, en faisant évoluer les politiques qui définissent les règles du jeu ensuite, et demain avec l’actionnariat militant pour influer directement sur la stratégie des industries polluantes.

Green-Got est une institution financière qui existe pour tout ceux et celles qui veulent faire mieux avec leur argent.

  • Mieux pour leurs valeurs. 
  • Mieux pour eux. 
  • Mieux pour leur avenir.
  • Mieux pour ce qu’ils veulent construire.

Un Champagne Biologique & Régénératif issu de vignobles certifiés ROC™ – Regenerative Organic Certified®

Après plusieurs mois d’audit rigoureux et une phase d’observation sur le terrain menés par Ecocert Environnement, la Maison Telmont devient la première maison de Champagne certifiée Regenerative Organic Certified® (ROC™), catégorie « Bronze », pour ses vignobles certifiés biologiques. Une étape importante pour Telmont, engagée depuis 2021, avec son projet « Au Nom de la Terre », à produire des vins d’exception dans le plus grand respect possible pour l’environnement.

ROC : Régénératif Certifié Biologique

Lancé aux États-Unis, en 2017, par la Regenerative Organic Alliance (ROA), qui a pour membres fondateurs le Rodale Institute, Dr. Bronner’s et Patagonia, le label Regenerative Organic Certified® (ROC™) pose comme principe de base la certification agriculture biologique – arrêt total des herbicides, pesticides de synthèse, fongicides de synthèse et engrais de synthèse – à laquelle viennent s’ajouter des pratiques exigeantes en faveur de la biodiversité, de la régénération des sols, et de conditions équitables pour les personnels agricoles.


Une viticulture biologique et régénérative, respectueuse des sols,
de la biodiversité et des femmes et des hommes qui œuvrent à la production des champagnes.

Champagne Telmont

Pour atteindre le niveau « Bronze », la Maison a démontré la mise en œuvre de pratiques exemplaires sur son domaine certifié, sur les volets environnemental et social : plantation d’arbres, collecte de l’eau de pluie, utilisation de couverts végétaux, intégration de la biodiversité au cœur du vignoble, mesure scientifique de la santé des sols, ou encore conditions de travail respectueuses et inclusives. 

« Devenir la première maison de Champagne à obtenir la certification Regenerative Organic Certified® (ROC™) est une réalisation majeure pour Telmont et pour la Champagne dans son ensemble »

« En étant pionnière en matière de pratiques viticoles durables, Telmont façonne l’avenir de la filière. »

Leonardo DiCaprio, investisseur de la Maison Telmont
Leonardo DiCaprio, Investisseur de la Maison Telmont et Ludovic du Plessis, Président de la Maison Telmont

« Cette certification est la consécration de plusieurs années d’efforts. En obtenant la certification ROC™, nous affirmons notre conviction : l’agriculture ne peut être que biologique ET régénérative.
L’un ne peut pas aller sans l’autre ! Let’sROC™ ! »

Ludovic du Plessis, Président de la Maison Telmont

Au nom de la Terre

Cette certification s’inscrit dans la continuité du projet « Au Nom de la Terre », initié par Telmont en 2021, qui vise la conversion de 100% de son domaine et des vignes de ses partenaires à l’agriculture biologique et régénérative d’ici 2031, et le Net Zero d’ici 2050. Pour la Maison, ce choix de la viticulture biologique et régénérative est la garantie de vins de grande qualité, qui se distinguent par leur caractère vibrant et plein de vie.

Sa cuvée-manifeste, Réserve de la Terre, en est la démonstration la plus aboutie : élaborée exclusivement à partir de raisins biologiques, elle est l’expression d’un terroir respecté car travaillé sans aucun artifice.

5 engagements de Telmont Au Nom de la Terre

1 – La préservation du terroir et de la biodiversité

Plantation de 2500 charmes dans les vignes pour préserver la diversité faunistique et contribuer à la fixation durable de carbone.

Déjà 81% des vignes du domaine Telmont sont cultivées en Agriculture Biologique.

2. La généralisation de l’éco-conception

Création de la bouteille de champagne la plus légère. Arrêt de toute production et utilisation de coffrets.

Utilisation de bouteilles vertes 100% recyclables et issues à 85% de verre recyclé

3. Privilégier les sources d’énergie verte

Utilisation de biocarburants pour les engins agricoles et de véhicules électriques

Approvisionnement à 100% en électricité d’origine renouvelable.

4. Évolution profonde de la chaine logistique amont et aval

Transporteurs performants RSE

Arrêt des expéditions via transport aérien et avec Neoline en 2025, première traversée à la voile vers les États-Unis

5. La transparence

Traçabilité grâce à une étiquette révolutionnaire : l’information sur la composition et l’élaboration des vins est sur l’étiquette frontale

Chaque bouteille est numérotée, permettent de suivre l’itinéraire de production

Guide de la Durabilité en Champagne

A propos de la Maison Telmont

Fondée en 1912 à Damery, près d’Épernay, dans le sillage des révoltes champenoises, par Henri Lhôpital, la Maison Telmont incarne depuis plus d’un siècle un esprit pionnier au cœur de la Champagne. Aussi attachée à l’innovation qu’au maintien des traditions champenoises d’excellence, elle est aujourd’hui à l’avant-garde d’une nouvelle révolution dans notre rapport à la Terre et met en œuvre une vision
inédite : produire un champagne d’exception sans aucun compromis en matière de durabilité. Cette vision, déployée depuis 2021 avec le projet « Au Nom de la Terre », inclut la conversion de 100% des vignes du domaine et de ses partenaires vignerons à l’agriculture biologique et régénérative d’ici 2031 (aujourd’hui 70% de l’ensemble est déjà en agriculture biologique), la préservation de la biodiversité et la réduction radicale de l’empreinte carbone pour devenir Net Zéro d’ici 2050.

Parmi les initiatives prises, la suppression des coffrets cadeaux et de tout emballage superflu, le co-développement avec son partenaire verrier historique de la bouteille de champagne la plus légère (800g), l’abandon des bouteilles transparentes (0% de verre recyclé) et des bouteilles au format spécial (900g +), l’utilisation du verre de transition produit entre deux teintes, l’arrêt du fret aérien, et l’utilisation d’énergies renouvelables.

Telmont est soutenue par des investisseurs partageant la même vision et les mêmes convictions environnementales, dont Rémy Cointreau, actionnaire majoritaire de Telmont, qui soutient pleinement l’engagement de la Maison pour l’innovation et la durabilité ; Leonardo DiCaprio, investisseur et écologiste engagé ; et Ludovic du Plessis, Président de la Maison.

La Maison Telmont a dévoilé en 2024 sa cuvée-manifeste : « Réserve de la Terre », produite avec 100% de raisins biologiques, sans herbicides, pesticides, fongicides ni engrais de synthèse.

Radieuse, lumineuse et pleine de vie,
cette cuvée est le futur de la Maison Telmont.

L’engagement de Francis Hallé à défendre la beauté du vivant et des forêts primaires

Suite au décès le 31 décembre 2025 de Francis Hallé, à l’âge de 87 ans, les Éditions Actes Sud rendent un hommage au botaniste de renom, spécialiste des arbres et plus particulièrement des forêts tropicales, qui avait suivi des études de biologie et de botanique à la Sorbonne. L’occasion de découvrir toute son œuvre chez Actes Sud.

 © Tristan Jeanne-Valès

Il était une forêt, plaidoyer pour l’arbre

“La modestie devant les arbres s’impose dans tous les domaines. Ne nous y trompons pas : à notre époque où triomphent les technosciences, nous sommes tout à fait incapables de construire un édifice qui aurait les mêmes propriétés technologiques qu’un arbre.

C’est peut-être un peu humiliant,
mais c’est ainsi.”

Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre, Actes Sud, 2005 et nouvelle édition en 2024

Sur la fenêtre de mon balcon, il y avait des pots de terre. Ce n’était pas moi qui les avais mis là.

Et jour après jour, j’ai vu pousser une plante, je l’ai vue fleurir, je l’ai vue donner des graines, et l’année d’après il y avait des plantes dans tous les pots. Je ne m’en étais pas occupé, je ne l’avais même pas arrosée. La pluie parisienne lui suffisait.

Aucun animal n’est capable de faire ça ! (…) Tandis qu’une plante, c’est absolument magique ! Elle est d’une autonomie absolue. Pas besoin de s’en occuper. Elle fait tout ce qu’elle a à faire indépendamment de moi.

C’est ce qui m’a émerveillé et séduit.”

Laure-Dominique Agniel, Francis Hallé
Les vies heureuses du botaniste

Actes Sud, 2023

Dans les années 60, Francis Hallé enseigne à l’université de Brazzaville au Congo, puis à l’université Lovanium de Kinshasa. Il s’installe à Montpellier en 1971, où il enseigne l’écologie tropicale et l’agroforesterie à l’université. Cette ville lui servira également de base arrière pour ses nombreuses expéditions scientifiques à travers le monde.

Le Radeau des Cimes : 30 années d’exploration des canopées forestières équatoriales

Le Radeau des Cimes

Francis Hallé était également connu du grand public comme co-initiateur de l’aventure du radeau des cimes, expérience scientifique incomparable qui a donné lieu à un film réalisé par Luc Jacquet, Il était une forêt (2013) et à un livre, Le Radeau des cimes (Actes Sud, 2021). L’engin volant conçu par Gilles Ebersolt et piloté par Dany Cleyet-Marrel a permis à Francis Hallé et son équipe de mener entre la fin des années 1980 et les années 2010, une dizaine d’expéditions scientifiques sur les canopées des forêts tropicales primaires, là où se trouve la plus forte biodiversité de la planète.

© JM Pechard

La condition tropicale

“La canopée de la forêt tropicale présente la caractéristique étonnante d’être le milieu où vivent le plus grand nombre d’espèces animales et végétales, le milieu le plus vivant du monde.”

Francis Hallé, La Condition tropicale, Actes Sud, 2010

Une histoire naturelle, économique et sociale
des basses latitudes

Notre avenir : la forêt et les arbres

Conférence de Francis Hallé
au 10ème Festival Terre & Lettres 2019

Un projet : recréer une forêt primaire en Europe de l’Ouest

Défenseur infatigable des forêts primaires, il avait lancé en 2018 avec quelques amis et l’appui de son association, le projet de recréer une forêt primaire transfrontalière en Europe de l’Ouest, un projet dans lequel une forêt évoluerait de façon autonome, renouvelant et développant sa faune et sa flore sans aucune intervention humaine, et cela sur une période de plusieurs siècles.

Faire renaître une forêt primaire en Europe de l’Ouest

Il avait exposé les détails du projet dans un petit manifeste, Pour une forêt primaire en Europe de l’ouest (Actes Sud, 2021) et parcourait le territoire pour en expliquer la nécessité.

Les forêts primaires, qui n’ont jamais été modifiées ni exploitées par l’homme, sont des joyaux de la nature, des sommets de biodiversité. Leurs bénéfices sont inestimables. Sous les tropiques, elles subissent un déclin alarmant. En Europe, elles ont quasiment disparu depuis 1850. Pourquoi devrions-nous nous satisfaire de cette situation ? Ce n’est cohérent ni avec notre tradition culturelle, ni avec notre exigence de beauté des paysages.

C’est pourquoi, à l’initiative du botaniste, l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire agit pour la création d’un vaste espace (environ 70 000 hectares) dans lequel une forêt, placée en “libre évolution”, renouvellera et développera sa faune et sa flore sans aucune intervention humaine, et cela sur une période de plusieurs siècles. Cette zone, qui reste à localiser, sera transfrontalière, avec une base française.

Ce projet suscite un très vif intérêt du public, pour des raisons à la fois écologiques et philosophiques. Comme l’expose ce manifeste, l’Association souhaite susciter un large mouvement d’opinion pour faciliter l’obtention des accords politiques et administratifs nécessaires. Il est urgent d’agir !

Dessiner les plantes pour mieux les comprendre

Pédagogue subtil, il adorait aller à la rencontre des plus jeunes pour leur transmettre son savoir et sa passion et leur conseillait fréquemment d’apprendre à dessiner les plantes :

“On me demande parfois pourquoi je passe tant de temps à dessiner les plantes, alors qu’il y a aujourd’hui de petits appareils photo très maniables et légers. Mais si vous photographiez une plante qui vous intéresse, vous verrez également sur la photo toutes les plantes qui poussent autour d’elle et la vôtre disparaîtra au milieu des autres. Je ne vois pas d’autre solution que le dessin pour décrire cette plante et elle seule. Avec le dessin, je peux tourner autour de mon sujet et l’observer dans ses moindres détails. Quand j’esquisse une plante, je la comprends mieux. Une sorte de dialogue s’instaure. Il me vient des questions en dessinant. Je peux essayer d’y répondre puisque l’objet vivant est là.

Bien sûr, il faut prendre son temps !” 

Laure-Dominique Agniel, Francis Hallé, Les vies heureuses du botanisteActes Sud, 2023

L’étonnante vie des plantes

Francis Hallé était en effet doué pour le dessin et les siens ont fait l’objet de plusieurs expositions et publications, y compris pour le jeune public, avec notamment L’Étonnante vie des plantes (Actes Sud Jeunesse, 2021).

La Beauté du vivant, son dernier livre

Son dernier livre, La Beauté du vivant, (Actes Sud), publié à l’automne 2024, sonne comme une dernière injonction à s’ouvrir à la beauté de la nature, lui qui déplorait souvent que les scientifiques n’aient pas le droit de s’exprimer sur ce sujet :

“Nous sommes priés de ne jamais faire état de nos sentiments personnels.

La beauté, nous n’avons pas le droit d’en parler, parce que c’est subjectif et non mesurable.

Pourtant, la beauté de la nature est bien réelle.

De quel droit un scientifique dit-il : “J’étudie ce qui est mesurable et objectif mais je ne veux pas me lancer dans ce qui est subjectif et non mesurable” ?

Pendant nos études, on nous a répété que s’intéresser à la beauté c’était bon pour les enfants, les débutants, ou les artistes, mais pas pour les scientifiques.”

Laure-Dominique Agniel, Francis Hallé, Les vies heureuses du botanisteActes Sud, 2023

La beauté du vivant, nous l’avons sous les yeux chaque jour.

Portrait © Bruno Nuttens
Actes Sud

Pourtant, rares sont les naturalistes qui osent en parler. Soupçons de subjectivité, accusations de sentimentalisme : les questions d’esthétique ont longtemps été considérées comme des obstacles au raisonnement scientifique. Francis Hallé nous prouve le contraire avec grâce, dans une enquête sous forme de déambulation entre les lignées de l’évolution, délicatement dessinées de sa main.

  • Peut-on trouver des critères objectifs de beauté ou de laideur d’une espèce ?
  • Quelle utilité la beauté peut-elle avoir pour un organisme vivant ?
  • La notion de beauté a-t-elle un sens chez les végétaux ?
  • L’évolution mène-t-elle à davantage de beauté ?

Au fil des planches, on découvre avec bonheur que la fonction de la beauté pourrait être bien plus large que le maigre rôle de séduction qu’on lui avait octroyé dans la théorie de l’évolution.

Pour nos yeux trop habitués à ce qu’ils voient, lassés du spectacle des brutalités quotidiennes, ce livre est une sorte d’antidote.

On y renoue avec un émerveillement simple, là où nous n’aurions jamais espéré le trouver : au fin fond des mers, dans les ingénieux replis d’une graine, les correspondances géométriques d’un pelage…
Livre aventureux et buissonnier, La Beauté du vivant démontre que toute compréhension du monde commence par l’amour et l’observation attentive de ses formes, même les plus simples.

L’engagement de Francis Hallé à défendre cette beauté du vivant et, singulièrement, celle des forêts primaires était absolu.

Découvrir l’œuvre de Francis Hallé

« France, il était une fois demain » : un conte documentaire pour un voyage inédit dans la France de nos petits-enfants

France Télévisions propose, dès le 23 janvier sur france.tv et mardi 27 janvier à 21.10 sur France 2, un voyage inédit à la découverte de la France de 2100, avec le documentaire France, il était une fois demain de Michael Pitiot, raconté par Stéphane Varupenne, de la Comédie-Française, suivi du science of France 2100, le pourquoi du comment d’Eden Shavit.

Grâce à la magie des effets spéciaux,
nous parcourons en images réelles un pays qui s’est adapté au changement climatique. Un monde très différent mais, pour la 1ère fois, un monde qui ne fait pas peur. Qui donne envie même. 



La France comme le reste du monde connaît le réchauffement climatique, la montée des eaux et bientôt un épuisement des ressources naturelles … Un constat qui alimente la peur de demain pour toutes les générations. Et plus encore, elle profite d’une culture collective puissante : la science-fiction, où le monde de demain se conçoit post-apocalyptique.

Et si on se trompait ?  Et si penser la France de demain ne nous menait pas à la fin de notre histoire mais au contraire au début d’une nouvelle histoire ? 

Pour le savoir … il faut faire un voyage à travers la France de 2100 à la recherche de ce qui pourrait changer en Normandie et dans le Pas-de-Calais avec la montée des eaux. Comment pourrions-nous réinventer notre agriculture dans la Beauce, nous adapter à la fonte des glaciers alpins et vivre avec l’aridification en Occitanie. Ou encore comment pourrions-nous repenser nos villes, de Paris à Chartres ou encore Marseille. Et découvrir ce que sera notre mobilité demain pour imaginer ce que deviendront nos si chères voitures et nos avions… La France de nos enfants et de nos petits-enfants.

« France, il était une fois demain » :
un voyage imaginaire mais documenté, basé sur les travaux d’un corpus d’experts pour se redonner envie de demain.

Carcassonne demain
© Les bons clients

C’est l’histoire d’un voyage en France en 2100 qui commencerait sur les côtes de la Normandie. Cette région, exposée à la montée des eaux, nous mènera à choisir entre élever des digues toujours plus hautes ou au contraire nous adapter à un nouveau tracé côtier. Plus au nord, dans le marais Audomarois, entre Saint-Omer et Dunkerque, la montée des eaux pourrait même redessiner un tout autre Pas-de-Calais et l’on y vivrait une expérience différente mais plaisante entre terre et mer.

Vivre plus proche des éléments naturels pour demain est un défi.

Notre société actuelle est au contraire tournée vers la technologie, au point que même notre agriculture est industrielle !

Or, on sait désormais que ce modèle ne résistera pas à un changement climatique et l’on cherche dans la science et la technologie des solutions pour demain. Et si la solution n’était pas tout simplement de redonner des arbres à nos paysages et une place à nos paysans en revenant à l’agroforesterie ? Cette méthode ancestrale associe les arbres et les champs, elle préserve la ressource en eau, un enjeu d’autant plus pressant que le réchauffement climatique annonce la fin des glaciers permanents dans les Alpes notamment. 

Avec la fin des neiges éternelles, le Rhône mais surtout l’Occitanie pourrait devenir en été une zone semi-aride. Serons-nous condamnés à vivre dans des biosphères climatisées, coupées du monde ? Peut-être pas. Il existe de nombreuses réponses pour adapter à la chaleur notre agriculture et nos villes comme par exemple Carcassonne. 

Et du fait de l’action combinée du climat et de la montée des eaux, la Camargue pourrait devenir une mangrove. On appelle ce phénomène la tropicalisation de la France. En 2100, les orangers pousseraient en pleine terre au château de Chambord ! Ces changements n’ont rien d’exceptionnel dans la nature qui est en perpétuelle évolution. Au fond, c’est plutôt nous qui avons de la peine à accepter que notre monde change. 

Notre monde est complexe et fragile à la fois, car dépendant du pétrole. C’est dans nos grandes villes comme Paris qu’on le perçoit le mieux. Vivre ici nécessite toujours plus de ressources pour construire et se déplacer sans cesse. L’étalement urbain montre déjà ses limites.

Alors à quoi ressemblera l’Île-de-France demain quand on sait que la voiture est au cœur de nos vies, que même l’Arc de triomphe est devenu un rond-point routier ?

Tout d’abord, la fin du pétrole signifiera moins de voitures et la conversion de nombreuses routes en zones vertes. Des milliers d’hectares pourraient même devenir des parcelles agricoles comme les Champs-Élysées et le Champ-de-Mars à Paris.

Végétaliser permettrait de protéger la ville du changement climatique.

On s’y déplacerait différemment, sans pétrole, et l’immense agglomération d’Île-de-France pourrait voir sa taille se réduire et ses habitants choisir de vivre à nouveau dans les villes moyennes de France. 

La fin du pétrole pourrait en réalité donner à la France un autre visage favorisant la proximité et la qualité de vie. De même en 2100, la production et la circulation des biens à travers le monde ne sera plus la même, en particulier pour le textile qui en France pourrait voir un retour à des fibres naturelles locales comme le lin. On resterait mobile grâce à un réseau ferroviaire redéployé dans le pays. Avec moins de route, on pourrait préserver des espaces sauvages pour favoriser la biodiversité française. Le parc automobile serait à recycler en de plus petits véhicules sans doute ultralégers pour être économes car l’énergie de demain se fera nucléaire, solaire, à hydrogène ou électrique mais surtout elle appellera à la sobriété. De fait nos avions voleront moins nombreux dans notre ciel et pour les longues distances, en 2100, on leur préférera peut-être le voyage en mer.

Difficile de prédire à quoi ressemblera la France demain sans être prophétique mais ne pas chercher à l’imaginer est pire encore. 

Car il est temps de faire des choix. 
Un autre monde est possible. 
Il a peut-être même déjà commencé.
La suite dépend de nous …


Il était une fois demain par Chris Morin-Eitner

Paris # Make Our Planet Great Again 2017 @ Chris Morin-Eitne

Teaser

Les grands paysages de France aujourd’hui vs 2100

Balayer avec la souris
pour voir avant / après

« Nature dans la ville », un prix au bénéfice de la Nature de proximité pour préserver et développer les espaces naturels en milieu urbain

La Fondation Etrillard a fait de la préservation du patrimoine naturel l’une de ses priorités. Depuis 6 ans, elle soutient des initiatives qui préservent, restaurent et transmettent des espaces naturels. En janvier 2026, la Fondation crée le Prix « Nature dans la ville », au bénéfice de la Nature de proximité en milieu urbain. Un prix pour préserver et développer des espaces naturels existants.

Un Prix pour remettre la Nature au cœur des villes

Depuis 2020, la Fondation Etrillard soutient, à travers son Prix du Patrimoine Naturel, la préservation d’espaces naturels en Suisse et en France. Cette distinction a permis aux lauréats de concrétiser des aménagements exemplaires au bénéfice de la protection de la Nature et de sa transmission aux générations futures.

Prix du Patrimoine Naturel

Après quatre éditions, la Fondation a souhaité faire évoluer ce Prix pour affirmer davantage son engagement en faveur de l’accès à une nature de proximité, afin de répondre aux enjeux croissants de la densification urbaine.

C’est ainsi qu’est né le nouveau Prix « Nature dans la ville ». Il a vocation à soutenir la création
d’aménagements paysagers participant à enrichir la Nature en milieu urbain dense
, en Suisse ou en France. Les projets pourront être portés par des acteurs publics (collectivité territoriale, établissement public) ou privés (entreprise, association…), à condition que les sites soient accessibles au plus grand nombre et gérés dans une démarche désintéressée.

Les projets devront s’inscrire autour de trois piliers fondamentaux :

  • Contribuer à l’amélioration de la qualité du cadre de vie des habitants,
  • Transformer de manière significative le lieu d’implantation,
  • Favoriser et préserver la biodiversité, dans une démarche écologique et pédagogique.

Le Prix s’adresse à l’ensemble des espaces verts urbains ouverts au public : parcs et jardins, potagers ou vergers urbains, promenades, berges aménagées, et plus largement à tout aménagement contribuant à redonner une place au vivant en ville.

Prix Nature dans la Ville

La Nature en ville : un enjeu de société et de santé publique

La Suisse et la France sont fortement touchées par l’urbanisation et la densification des villes : plus de 25 millions de Français vivent dans des communes densément peuplées, tandis que 74 % de la population suisse réside en agglomération1. Pour ces habitants, la Nature est souvent peu visible et difficilement accessible, alors même qu’il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique. L’OMS l’a formalisé à travers la règle des 3-30-300 : voir 3 arbres depuis son domicile, bénéficier d’au moins 30 %
de couverture arborée dans son quartier et se trouver à moins de 300 mètres d’un parc
.


Impact du végétal en ville


Face au réchauffement climatique, les arbres jouent un rôle essentiel avec une baisse de la température ressentie pouvant atteindre 10°C2.

Avec ce nouveau prix, la Fondation Etrillard souhaite favoriser des projets à impact concret sur la végétalisation des villes et la reconnexion des habitants avec la Nature.

Églantine Petit, en charge du pôle environnemental à la Fondation Etrillard

« Le Prix du Patrimoine Naturel et le mécénat environnemental de la Fondation continueront de soutenir des projets de réhabilitation. Face au manque de dispositifs et prix dédiés au développement d’espaces verts dans les milieux fortement urbanisés, à l’échelle nationale et transnationale, une évolution du prix s’est imposée naturellement : de la restauration de l’existant, on passe à la transformation et la création de nouveaux espaces paysagers, en plaçant l’écologie et le bien-être des habitants au cœur de notre engagement. »

Églantine Petit, en charge du pôle environnemental à la Fondation Etrillard
Restauration de la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine avec le Fonds NAture 2025 – 2027

Un accompagnement par des experts de la Nature en ville

Afin de concevoir un Prix en phase avec les enjeux de la Nature en milieu urbain, la Fondation Etrillard s’est entourée de spécialistes du sujet. Elle a développé le Prix Nature dans la ville en partenariat avec Plante & Cité France et Suisse, chargé d’évaluer, aux côtés de la Fondation, la faisabilité technique et financière des projets, ainsi que leur pérennité.

Les projets finalistes seront soumis au vote d’un jury franco-suisse composé de personnalités des domaines de l’environnement, de l’écologie urbaine et de l’aménagement du territoire :

  • Gaëlle Aggeri, ingénieure-paysagiste et chercheur associée au Laboratoire de Recherche en Paysage de l’ENSP Versailles (France)
  • Laurence Baudelet, ethnologue urbaine et urbaniste (France)
  • Sylvain Greutert, ingénieur en gestion de la nature et géomaticien au Service des espaces verts de la Ville de Genève (Suisse)
  • Nathalie Machon, professeure d’écologie urbaine du Muséum national d’Histoire naturelle (France)

Candidater

L’appel à candidatures est ouvert
du 6 janvier au 10 avril 2026.

À l’issue de cette période, un lauréat sera désigné et bénéficiera d’une dotation de 30 000 CHF, destinée à soutenir des travaux déjà engagés ou à lancer dans les deux années suivant l’obtention du prix.

Place du Pré-l’Evêque © Ville de Genève / Lionel Devaux

Règlement

Prix du Patrimoine Naturel – 3ème édition
  1. Donnée OFS 2021 ↩︎
  2. Plante & Cité, Programme VegDUD, 2014 ↩︎

Dossier 2026-2027 « Nature dans la ville »

SOUTENIR DES PROJETS D’AMÉNAGEMENTS PAYSAGERS EN VILLE

Comment réduire l’impact environnemental et l’empreinte carbone de nos chats ?

Alimentation, jouets, litière … Derrière ces gestes du quotidien liés à nos animaux domestiques se cache une empreinte environnementale largement sous-estimée. En France, où l’on compte près de 15 millions de chats, chaque choix répété jour après jour pèse sur le climat, les ressources et la production de déchets. Dans un contexte de hausse continue du nombre d’animaux de compagnie et d’attention croissante portée à leur bien-être, Cats For Future, une initiative européenne de la Plant Litter Association (PLA), propose des leviers concrets pour réduire l’impact environnemental et l’empreinte carbone de nos chats, sans compromis sur leur confort.

Alimentation : un impact climatique largement invisible

L’alimentation des chats constitue l’un des postes les plus lourds en empreinte carbone.

Selon une étude publiée dans la revue Global Environmental Change, la production d’aliments secs pour animaux (chats et chiens) génère entre 56 et 151 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, soit 1,1 % à 2,9 % des émissions agricoles mondiales.

À ce chiffre déjà conséquent s’ajoute un facteur aggravant : les régimes humides « pâtées » présentent un impact climatique environ sept fois plus élevé que les croquettes, notamment en raison de leur teneur en protéines animales, de leur transformation et de leur logistique.

Leviers de réduction

Privilégier les croquettes lorsque c’est possible, choisir des formulations intégrant des sous-produits animaux inévitables plutôt que de la viande « noble », ajuster les quantités pour limiter le gaspillage et s’orienter vers des gammes à empreinte carbone réduite.

Jouets : des objets ludiques au cycle de vie très court

Le marché des produits pour animaux, dont les jouets pour chats, est en forte croissance, mais leur impact environnemental reste invisible. Majoritairement fabriqués à partir de plastiques issus de la pétrochimie, souvent combinés à d’autres matériaux, ils sont difficiles à recycler et conçus pour être mâchés, griffés ou rapidement usés. Cette durée de vie très courte entraîne un renouvellement fréquent et un flux constant de déchets, parfois associés à la libération de microplastiques ou à la présence de composants problématiques comme des batteries ou des métaux.

Leviers de réduction

Privilégier des jouets durables, résistants et réparables, conçus à partir de matières naturelles ou recyclées, ou recourir à des solutions simples et « fait maison », permet de réduire significativement leur impact global.

Litière : un déchet massif du quotidien

La litière pour chat constitue un enjeu majeur pour l’environnement.

Aujourd’hui en France, 9 chats sur 10 utilisent encore une litière minérale. Lourde, poussiéreuse et peu respectueuse de l’environnement, elle est issue de mines souvent situées au Canada, en Chine, en Afrique ou en Turquie, impliquant extraction intensive et transport à fort impact carbone.

Cela représente chaque année plus de 600 000 tonnes de déchets non valorisables et près de 500 000 tonnes de CO₂ émises, principalement liées à une production énergivore (notamment le séchage au gaz naturel) et à la logistique internationale.

Leviers de réduction

Des alternatives plus durables existent, notamment les litières végétales, fabriquées à partir de matières premières biodégradables telles que la sciure de bois, la paille, le chanvre, le son de blé, le miscanthus ou la rafle de maïs. Elles valorisent des résidus agricoles ou des cultures à faible impact tout en offrant de bonnes performances d’absorption.

Où trouver la litière végétale ?

Partout en France, on peut trouver en magasins un large choix de litières pour chats à base de fibres végétales

BD « La Catastrophe du bac à litière »

À propos de Plant Litter Association

La PLA est une association européenne ayant des représentants en France, en Allemagne, en Suisse et en Espagne, et dont le siège est à Milan, en Italie. L’association est à but non lucratif et doit poursuivre plusieurs objectifs :

  • Promouvoir et diffuser l’utilisation des litières végétales pour chats dérivées de matières premières renouvelables.
  • Informer le consommateur des avantages de l’utilisation des litières végétales sur la santé (humaine et animale) et promouvoir la prise de conscience que cette utilisation contribue à réduire les déchets urbains, les coûts d’élimination et les dommages environnementaux.
  • Diffuser, à travers des communiqués de presse, des études, des recherches et les meilleures pratiques, les technologies et les perspectives relatives au secteur.
  • Soutenir et promouvoir des systèmes de certification permettant de qualifier le secteur des produits.
  • Participer, indépendamment ou en partenariat avec des organismes, des associations ou des tiers, à la demande de financement et/ou d’avis de concours nationaux et internationaux concernant la formation, l’information et la recherche.
  • Agir auprès des autorités compétentes pour faire reconnaître la nécessité d’interdire l’utilisation des litières minérales sous quelque forme que ce soit, car elles sont nocives pour les animaux et l’environnement.
  • Demander un allégement de la TVA pour permettre au consommateur de bénéficier d’un prix d’achat plus avantageux et plus juste.

www.plaeurope.it/fr/

À propos de l’initiative Cats For Future

Cats For Future est une initiative européenne de la Plant Litter Association, fondée en 2012 à Milan en tant qu’association à but non lucratif. Elle œuvre à sensibiliser les citoyens, décideurs publics et entreprises à l’impact environnemental des litières minérales pour chats – une source encore largement ignorée d’émissions de CO₂ et de déchets non valorisables.

Fondée sur une expertise scientifique régulièrement mise à jour, l’association promeut une alternative concrète : les litières végétales, issues de sous-produits renouvelables de l’industrie du bois (sciure) ou de l’agriculture (rafles de maïs, son de blé), disponibles dans le commerce et les réseaux de grande distribution.

La nature interprète « Le Cri des quatre saisons », une carte de vœux utile composée par Frédéric Schumann

Glory Paris signe « Le Cri des quatre saisons », un projet musical qui transforme la carte de vœux en expérience sensible et geste concret. Avec une conviction simple et radicale : à l’heure où les images de la crise environnementale saturent l’attention sans plus provoquer d’émotion durable, il est temps de changer de langage. Ne plus seulement montrer, mais faire ressentir. Ne plus regarder la planète souffrir, mais l’écouter.

Le Cri des 4 saisons

Ce projet musical prend pour point de départ les saisons, ce rythme ancestral et organique qui structure depuis toujours la vie sur Terre. Un cycle presque musical, fait de tensions et d’accalmies, d’élans et de silences. Le printemps qui s’éveille, l’été qui déborde, l’automne qui ralentit, l’hiver qui retient son souffle.

Aujourd’hui, ce tempo se dérègle. Les saisons se brouillent, les équilibres se rompent, quelque chose sonne faux.

La planète n’est pas silencieuse. Nous avons simplement cessé de l’écouter.

Avec cette œuvre sonore inspirée des Quatre Saisons de Vivaldi, Glory Paris et le compositeur Frédéric Schumann font de la musique un capteur émotionnel, un organe sensoriel capable de traduire ce que la planète ressent. Là où les images n’émeuvent plus, le son traverse encore.

Écouter ces saisons, c’est tendre l’oreille vers un monde qui cherche encore son équilibre.

Le Printemps

L’été

L’Automne

L’hiver

Chaque écoute soutient la protection du vivant

Chaque écoute soutient directement quatre associations engagées pour la protection du vivant et de la planète : la Fondation GoodPlanet, Notre Affaire à Tous, la Fondation Tara Océan et Planète Urgence. Chacune agit à son échelle pour défendre les écosystèmes, le climat, les océans, les forêts et le droit de l’environnement. En associant la création musicale à ces acteurs de terrain, l’écoute devient un acte utile et transforme un moment symbolique en levier d’impact réel.

Le Regenerative Capacity Score : un diagnostic pour évaluer votre capacité de résilience et de régénération

Pour accompagner le passage de la prédation à la régénération, le Collectif de la Transition écologique, Nous sommes Vivants, lance la version Beta du Regenerative Capacity Score pour évaluer la capacité de résilience et de régénération des entreprises et leurs conseils. En 4 étapes, un Score de Maturité Global et une analyse détaillée sur 5 catégories stratégiques propose des actions à mettre en place.

Évaluer le niveau de maturité : de la RSE à la Régénération

Le Regenerative Capacity Score propose une approche différente selon que vous êtes une entreprise ou un coach / consultant qui accompagne les décideurs.

Pour les Entreprises

Ce diagnostic s’adresse en priorité aux équipes déjà engagées — RSE, Innovation, Produit, Achats, Marketing — qui cherchent à mieux orienter leurs décisions stratégiques dans un contexte de tensions économiques, sociales et environnementales accrues.

L’objectif est de vous aider à vous situer, sans hiérarchie ni modèle imposé avec un score de maturité :
Le Regenerative Capacity Score

Les 4 étapes, limiter, réduire, restaurer et régénérer, correspondent à la trajectoire d’une organisation responsable et ouvrent des options différentes, selon le contexte et les priorités fixées, et peuvent avoir lieu en synergies.

L’objectif n’est pas de réaliser un classement, mais de rendre visibles les mécanismes à l’œuvre afin de vous aider à identifier les leviers mobilisables en 2026.

Pour les consultants

Vous accompagnez des organisations engagées, confrontées à des arbitrages de plus en plus complexes entre conformité, performance économique et transformation des modèles.

Le Regenerative Capacity Score propose une lecture miroir de votre posture d’accompagnement, à partir de la réalité des décisions vécues par vos clients. Le diagnostic est identique à celui proposé aux entreprises. Seule la lecture des résultats change.

Il vous aide à identifier pour 2026 :

  • les arbitrages que vous êtes aujourd’hui en capacité d’éclairer,
  • les actions où votre expertise peut gagner en déploiement d’accompagnements,
  • les montées en compétence possibles pour accompagner des décideurs

Un Score de Maturité

Le score global obtenu, le Regenerative Capacity Score, vous positionne sur une trajectoire évolutive, essentielle pour assurer la continuité des actions RSE / innovation / Marketing / achats en 2026 :

  • Niveau 1 — LIMITER (La Conformité) : Vous répondez aux obligations légales (CSRD) et cherchez avant tout à automatiser le reporting pour libérer du temps.
  • Niveau 2 — RÉDUIRE (Gestion des Risques) : Vous optimisez l’existant pour limiter vos impacts négatifs et sécuriser vos marges face aux instabilités économiques.
  • Niveau 3 — RESTAURER (La Robustesse) : Vous agissez concrètement pour réparer les milieux et les relations humaines (filières, partenaires) dont votre production dépend directement.
  • Niveau 4 — RÉGÉNÉRER (La Régénération) : Votre activité génére de la valeur en renforçant activement les capacités du vivant et du lien social, garantissant une profitabilité à triple impact sur vos territoires.

5 Catégories de passage à l’action

Pour obtenir un score précis, Nous sommes Vivants analyse votre organisation sous cinq angles complémentaires. Chaque catégorie révèle un levier d’action spécifique, l’idéal étant la cohérence globale :

I. Vision & Posture de Leadership

Positionner votre leadership entre la RSE comme un coût ou la condition de viabilité du business.

II. Intelligence Écosystémique et impacts

Transformer les données (carbone, biodiversité, social, business) en outils de décision opérationnelle.

III. Opérations au niveau de la chaîne de valeur

Sécuriser vos chaînes de valeur face aux ruptures (climat, eau, sols) et saisir les opportunités de collaboration pour créer de la valeur mutuellement bénéfique dans le temps.

IV. Création de Valeur via l’innovation

Passer de l’éco-conception (réduire des impacts sur les ressources) à la conception régénérative (renforcer les capacités du vivant).

V. Dynamiques collectives impactantes

Repenser les métiers avec les collaborateurs pour s’adapter aux nouveaux enjeux de 2026.

Répondez aux 28 questions pour connaître votre Regenerative Capacity Score
et vos priorités d’action 2026

Entretenir les capacités du vivant — humain compris — à continuer

Quand les régimes ou les dirigeants s’affrontent dans un monde où les prédateurs semblent s’affranchir des règles du droit international, ce sont des capacités collectives qui disparaissent.

Capacité à :

  • accueillir l’autre sans le réduire à un ennemi.
  • penser au-delà des rapports de force immédiats.
  • reconnaître les limites, les milieux, le vivant humain et non-humain.
  • décider sans écraser, influencer sans contraindre.
  • durer sans s’épuiser ni détruire ce dont on dépend.

À l’inverse, ce qui s’impose :

  • la possession plutôt que la relation,
  • la domination plutôt que la coopération,
  • la vitesse plutôt que la lucidité,
  • le court terme plutôt que la continuité.

La véritable urgence n’est pas morale.
Elle est capacitaire.

Ce dont le monde a le plus besoin aujourd’hui, ce sont des organisations, dirigeants et territoires capables :

  • d’aimer sans posséder,
  • d’accueillir sans assimiler,
  • de poser des limites sans violence,
  • de coopérer sans contrainte,
  • de se transformer sans basculer dans la brutalité.

« En 2026, le monde évolue sous contraintes. Les milieux se transforment, les chaînes de dépendance se tendent, des seuils sont franchis. Le temps n’est plus réversible : l’avenir ne prolonge pas le passé, il se compose à partir de conditions inédites.

La question centrale pour les dirigeants d’entreprise devient alors : qu’est-ce qui doit être entretenu pour que le monde puisse continuer ?

La continuité entretenue consiste à maintenir les conditions de possibilité du vivant, afin que puissent encore émerger :

  • des sols vivants pour continuer de nous nourrir,
  • des écosystèmes sains à tenir dans la durée,
  • des relations humaines à porter la joie,
  • des organisations responsables pour nos couvrir nos besoins
  • des territoires engagés où pouvoir s’abriter

Entretenir des capacités dynamiques à :

  • se réparer pour être bien,
  • s’ajuster sans se disloquer,
  • atteindre son potentiel
  • aider les autres

La meilleure chose à se souhaiter en 2026 : entretenir les capacités du vivant — humains compris —
à continuer

Réussir la transition écologique : et si la solution, c’était l’Humain ?

Et si la Transition était avant tout une formidable aventure humaine ? Pour les quatre femmes engagées depuis 20 ans dans la Transition Ecologique et à l’origine de cette tribune, Hélène Jalin, Emmanuelle Aoustin, Amélie ROUVIN et Bénédicte Spanu, « depuis des décennies, l’enjeu impératif de repenser notre système économique va dans le mur« . Pourquoi ça n’avance pas assez ? Et si le principal frein à la transition écologique n’était pas tant technologique, ni même financier mais essentiellement humain ? Une tribune publiée le 5 Janvier 2026 dans Les Échos avec le soutien de nombreux collectifs de chercheurs, scientifiques, médecins et chefs d’entreprise.

La sensibilisation fondée uniquement sur les chiffres et les données scientifiques échoue à faire évoluer les comportements à cause de notre subjectivité, constatent les auteurs.

« Réussir la transition écologique : et si la solution, c’était l’Humain ? »
Tribune publiée dans Les Échos le 5 Janvier 2026
 
Le frein majeur à la décarbonation de l’économie n’est ni technologique, ni financier : il est humain. Alors que le discours dominant fait peser la responsabilité du changement sur les individus, le levier le plus puissant se trouve au sein des organisations, explique un collectif de chercheurs, scientifiques, médecins et chefs d’entreprise.

Nos systèmes d’organisation, nos habitudes, nos peurs, nos biais, nos récits collectifs,… C’est là que tout se joue.

Amélie ROUVIN Fondatrice d’EChOSOPHIA.

« Le Facteur Humain, souvent obstacle, peut devenir un puissant moteur de la transition écologique !
Quand on rend le changement et les récits désirables plutôt qu’anxiogènes
Quand on mobilise la tête, le cœur et le corps, quand on agit au cœur des organisations, des institutions, des collectifs, à tous les niveaux

Alors les transformations deviennent possibles, profondes et durables. Des exemples existent.
Agissons là où se joue l’impact : dans les organisations. C’est là où se structurent nos modes de vie, nos façons de produire et consommer
« 

Mettre l’Humain au cœur de la transition n’est pas une utopie.
C’est une condition de réussite !

Tribune « Réussir la transition écologique : et si la solution, c’était l’Humain ? »

Nous savons aujourd’hui comment décarboner notre économie. Les solutions techniques existent. Pourtant, les changements sont trop lents et trop fragmentés. Pourquoi ?

Parce que le frein majeur n’est ni technologique, ni même financier : il est essentiellement humain.

L’inertie face à la crise écologique s’enracine dans des mécanismes profonds : biais cognitifs qui filtrent notre perception, poids des habitudes qui nous font préférer le statu quo, normes sociales qui verrouillent nos modes de vie et de production, défenses émotionnelles qui alimentent le déni, perception catastrophiste de l’avenir qui entrave toute projection dans un futur désirable. En un mot : notre subjectivité. 

Voilà pourquoi la sensibilisation fondée uniquement sur les chiffres et les données scientifiques échoue à faire évoluer les comportements.

Et pourquoi, dans les organisations, les politiques RSE peinent à opérer de véritables transformations. Comme dans la société, les démarches qui ne tiennent pas compte des freins humains se heurtent aux peurs et aux résistances et font le lit, au mieux de l’inaction, au pire de la colère et de la frustration. 

Une stratégie qui ignore le facteur humain ne peut générer qu’un changement superficiel. 

Le discours dominant fait encore trop peser la responsabilité du changement sur les individus – souvent seuls face à des choix contraints – alors que les leviers les plus puissants se trouvent au cœur des organisations. Ce sont elles qui structurent nos habitudes, nos façons de produire et de consommer. C’est en leur sein que peut s’opérer le passage à l’échelle.

La recherche en sciences du comportement nous invite à agir à plusieurs niveaux :

  • rendre le changement désirable en donnant à voir ses bénéfices concrets plutôt qu’effrayer ou culpabiliser ;
  • repenser nos cadres de vie pour que les changements souhaités puissent être adoptés avec moins d’efforts pour davantage de bien-être ;
  • adapter nos manières de communiquer pour limiter les résistances ;
  • veiller à l’équité des réformes proposées pour éviter les fractures et la colère sociale ;
  • et enfin, créer et partager de nouveaux récits collectifs qui donnent envie de construire un avenir souhaitable. 


Sur le terrain,
diverses initiatives ouvrent la voie. 

Le Groupe International d’Experts sur le Comportement (GIECO), rassemblant plus de 1 200 chercheurs de 76 pays, a récemment publié un premier rapport intitulé “Facteurs de changement et de non-changement de comportement dans les transitions”, qui offre un nouvel éclairage et des pistes d’action concrètes. L’ADEME a depuis des années soutenu des expérimentations locales qui intègrent les sciences du comportement. La Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) a embarqué plus de 2 600 dirigeant.e.s dans une expérience immersive engageant « la tête, le cœur et le corps » dans laquelle compréhension des enjeux, engagement émotionnel et passage à l’action collective se renforcent mutuellement.

Ces approches engendrent des prises de conscience qui mènent à des réorientations stratégiques parfois assez radicales de leur modèle économique

Ces exemples sont encore trop rares, notamment dans les organisations où la logique collaborative et systémique heurte de front une culture managériale souvent encore structurée autour du contrôle, de la rationalité économique étroite et de la planification descendante. Pourtant, le succès de ces initiatives le démontre :

Le facteur humain peut, lorsqu’on sait le mobiliser pleinement, devenir un véritable levier du changement.

Ce « Putain de Facteur Humain » (PFH) souvent cité par Hubert Reeves, capable à lui seul de faire échouer le mieux conçu des programmes, peut se muer en « Précieux Facteur Humain » dès lors qu’il en devient le principal moteur. 

Les objectifs de l’Accord de Paris ne seront tenus que si nous faisons de la transition écologique un projet collectif désirable.

Placer l’humain au cœur du processus n’est donc pas accessoire, c’est une condition impérative de réussite. 

Concrètement, toute démarche de transition doit intégrer le facteur humain (impacts psychosociaux, freins culturels, leviers émotionnels) dès sa conception afin de la rendre plus pertinente et plus efficace. La recherche et les initiatives publiques ou privées dans ce domaine méritent d’être soutenues financièrement pour diffuser les connaissances auprès de tous et développer des dispositifs favorisant l’évolution des pratiques.

Il est également primordial d’outiller massivement les acteurs : les leaders et les managers gagneraient à se former ou s’entourer d’expertise en sciences du comportement. Enfin, il est essentiel de s’autoriser à revisiter la gouvernance, la culture interne, les valeurs et les modes d’action des organisations, afin de rendre possible des transformations en profondeur. 

Face aux crises sociétales, la réussite de la transition repose avant tout sur notre capacité collective à comprendre, accompagner et libérer le potentiel transformateur des dynamiques humaines. 

Mettre l’Humain au cœur de la transition n’est ni un luxe ni une utopie : c’est la condition même de notre réussite collective à construire un futur vivable, juste et désirable.

Texte de la Tribune publiée dans Les Échos

Premiers signataires

La tribune a déjà l’appui de Jean Jouzel, Climatologue du GIEC ;  Corinne Lepage, Avocate, ancienne ministre et eurodéputée ; Dominique Bourg, Philosophe et Professeur en sciences de l’environnement à l’Université de Lausanne ; Olivier Hamant, chercheur à l’INRAE et co-auteur du livre “L’entreprise robuste” ; Denis Machuel, CEO de The Adecco Group ; Hubert de Boisredon, PDG de Armor Group ; Florence Guemy, ex-DG de Bayard Presse ; Dr Jacques Fradin, fondateur de l’institut de médecine environnementale et Stéphane La Branche, sociologue du climat, cofondateurs du GIECO ;  Dr. Heïdi Sevestre, glaciologue ; Mathieu Hetzer, Président du CJD (Centre des Jeunes Dirigeants)Eric Duverger, Fondateur de la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) ; Fabrice Bonnifet, Président de Genact ;  Thomas Breuzard, Co-président de B Lab France ; Xavier Hua pour l’Institut du CommerceFrederic Laloux, Fondateur de The Week ; Jacques Huybrechts, Fondateur de l’Université de la Terre et d’Entrepreneurs d’avenir ; Cécile Renouard, Présidente du Campus de la Transition ; Sébastien Bohler, Docteur en neurosciences, rédacteur en chef de Cerveau & Psycho Magazine ; Raphaël Desswarte et Antoine Julien pour Les Collectifs ; Philippe Lukacs, Essayiste et Catalyseur de futurs souhaitables, Maika Nuti pour la Climate House ; Hélène Binet pour makesense ; Alice Durand-Réville pour She Changes Climate ; Matthieu Dardaillon ; Stéphane Riot ; Jean-Pierre Goux ; Christophe Sempels et Romain Cristofini pour Lumia ; Alban Torette pour l’Université du Facteur Humain ; Emma Haziza, Hydrologue systémicienne et Docteure de l’École supérieure des Mines de Paris ; Magali PAYEN, Fondatrice d’OnEstPrêt et d’Imagine 2050 ; Séverine Millet, Créatrice de la Fresque des étapes humaines du changement, Denis GUIBARD, Valérie Brunel, Maïka Nuti, Sarah Dubreil, Alice Durand-Réville, Alban Torette-Dedrie, Niels de Fraguier, Samuel Grzybowski, Agnès Rambaud-Paquin, Jean-Sebastien Tronchon, Stéphane RIOT, Kako Dubs, Sébastien Ravut, Émeric Fortin, … et de nombreux autres !

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« L’Arche : Protocole Noé », une fiction pour changer et passer de la prédation à la régénération du vivant

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Jérémy Dumont, fondateur du Collectif de la Transition écologique Nous sommes Vivants, nous propose la fiction « L’Arche : Protocole Noé » pour nous embarquer de la prédation à la régénération du vivant. Un retour au réel est prévu pour avancer ensemble, avec les Regenerative Circles.

L’invitation à embarquer dans l’Arche : Protocole Noé

Peut on encore rêver d’un monde meilleur ?

Selon l’observatoire des imaginaires L’ObSoCo la France souffre d’un manque d’idéaux, d’un déficit d’objectifs collectifs à atteindre, d’une panne du désir d’avenir alors que la modernité révèle ses impacts environnementaux et sociaux.

La relation de l’humain à la nature structure les imaginaires. Or la modernité a opposé la nature aux humains avec des imaginaires d’effondrement de notre civilisation ou de retour à un monde sauvage. La reconnexion à la nature est essentielle pour se projeter dans le futur avec d’autres imaginaires.

« C’est en prenant conscience du vivant que l’humain se rend capable de saisir le « tissu » du vivant dans ses interdépendances, et le « fleuve » du vivant dans sa continuité depuis l’apparition de la vie sur Terre. Or ce sont ce tissage et ces dynamiques qui rendent la Terre habitable pour nous et pour les autres, et on comprend par là que ce sont elles qu’il faut défendre, et dont il faut prendre soin ». Baptiste Morizot

L’Arche : 3 saisons pour une transformation dans le réel

L’Arche n’explique pas ce qu’est une entreprise régénérative en théorie. Elle montre ce que change concrètement, pour une entreprise réelle, le fait de passer d’un pilotage défensif à une logique de renforcement des capacités du vivant — humains compris.

Visée régénérative en 4 étapes : limitation des impacts, réduction des externalités, restauration des écosystèmes, régénération du vivant

L’Arche raconte une transformation située, perceptible et mesurable dans le réel :

les sols vivants, la biodiversité qui se déploie, les équipes qui apprennent et coopèrent, les produits écologiques, les territoires qui deviennent encore plus habitables.

La boussole des imaginaires

Une boussole simple issue de la fresque des imaginaires

Les apports de l’Arche à l’entreprise régénérative

L’apport fondamental de l’Arche pour les entreprises est d’exposer ce que comprend le leadership du vivant pour les managers et de placer la régénération comme exigence de survie économique.

La régénération n’est pas une étoile du berger, c’est une montée en qualité de vie globale en triple impact pour les entreprises : économique, social et environnemental.

L’Arche ne cherche pas à améliorer le Train. Elle propose un autre véhicule. Moins orienté vers l’optimisation, plus vers la capacité à durer, elle incarne une entreprise qui tient dans l’incertitude parce qu’elle renforce ce qui la rend possible.

L’apport de l’Arche à l’entreprise régénérative

L’Arche ne décrit pas seulement un voyage, mais une mutation radicale du modèle mental du dirigeant et de son organisation.

  • Saison 1 : on pilote par la peur (stocks/risques)
  • Saison 2 : on augmente le potentiel (capacités)
  • Saison 3 : retour au réel, on agit à plusieurs (filières dans les territoires)

Lire les apports de l’Arche
à l’entreprise régénérative.

Saison 1 (L’Arche – Protocole Noé) : La Rupture Cognitive

C’est ainsi que commence L’ArcheNon pas comme un récit catastrophe, mais comme un espace de bascule : celui où l’on prend le temps de comprendre que traverser le déluge,, quel qu’il soit entre faillite économique ou détresse psychologique, ne dépend plus de l’efficacité des moyens et des solutions, mais de la qualité des relations tissées entre nous au sein de la grande trame du vivant.

Cette 1ère saison invite à un changement de regard radical. Elle brise l’illusion que nous sommes gestionnaires de la nature.

  • L’évidence retrouvée : Nous ne sommes pas face au vivant, nous sommes le vivant qui cherche à mieux vivre, mieux vivre tous ensemble sans exclusion
  • Le choix conscient : Entrer dans l’Arche, c’est mieux gérer les ressources communes en célébrant la vie qui est en chacun de nous
Ils n’étaient pas encore prêts. Mais ils avaient accepté une chose : ils ne pourraient pas recommencer comme avant. Ce n’était pas encore une régénération. C’était un arrêt. Une pause. Et parfois, c’est ainsi que tout (re)commence…

Saison 2 (L’Arche – Protocole Régénération) : L’Atelier du Réel

MOMENT 1 : L’ARRÊT ET L’ÉCOUTE. Thèmes : écoute des signaux vivants • gestion du stress post-traumatique
MOMENT 2 : LE CONSEIL DU SOL ET LA CRISE DES ÉGOS. Thèmes : facteur humain • gouvernance vivante • crise d’identité et de légitimité
MOMENT 3 : LA PREMIÈRE FORGE Thèmes : entreprise au service du vivant • triple impact
MOMENT 4 : LA RÉGÉNÉRATION A L’ÉPREUVE DE DE LA FAIM .Thèmes : Besoins humains et choix de vie.
MOMENT 5 : LA PREMIÈRE POUSSE ET L’ÉMERGENCE DE LA PENSÉE RÉGÉNÉRATIVE. Thèmes : agriculture régénérative • alliance inter-espèces
MOMENT 6 : Les îlots de régénération. Compléter avec des exemples

Le futur n’est pas une destination lointaine, c’est un espace à cultiver ici et maintenant. Cette saison ne se lit pas, elle s’écrit collectivement.

  • Un laboratoire commun : Un train planté dans le sol où l’intelligence collective s’anime pour viser le bonheur.
  • Un appel à l’action : Chaque lecteur devient acteur — co-scénariste de nouveaux récits et finalement témoin de son temps pour identifier ce qui existe déjà et doit être source d’inspiration pour l’avenir.
Dans la Saison 1, nous avons survécu à la rupture des équilibres. Nous avons appris, dans l’urgence d’un train lancé à toute allure, que « personne ne survit seul ». Mais aujourd’hui, le défi change de nature. Nous ne sommes plus des passagers en transit ; nous devenons des habitants. Sur ce plateau volcanique noir et nu, la survie ne suffit plus. Il faut régénérer.

Saison 3 – L’Horizon : L’Économie Régénérative

L’objectif final c’est la bascule de modèles mentaux et économiques dans chaque entreprise collective.

  • Donner plus que l’on ne prend : L’entreprise devient un lieu de vie sur son territoire.
  • Triple impact : Elle restaure les écosystèmes, régénère le vivant, soigne les relations en son coeur et partage la valeur équitablement entre tous, sans exclusion.
  • Le vivant c’est nous : bien vivre sa vie c’est prendre soin de soi , des autres et de la nature
  • Prospérité territoriale : L’économie devient une contribution positive, enrichissant le capital naturel et humain pour la prospérité de tous.
Saison 3 L’arche, Protocole Nous Sommes Vivants

Après l’exploration intérieure et la construction de la méthode,
l’Arche doit maintenant toucher terre. Revenir ici et maintenant.
Là où nous sommes.


L’arche « protocole Noé » à été crée par une IA sur une séquence du film « ceux qui m’aiment prendront le train ». L’IA s’est inspirée du train de Snowpiercer et de l’univers de Moebius. Le personnage de la vielle femme est directement inspiré de Vivement 2050, le monde de demain imaginé par les adhérents de nous sommes vivants. La saison 2 « l’arche, protocole régénération » est a co-écrire ensemble sans IA numérique. Avec de l’intelligence animale, une autre IA à portée de tous. L’utilisation de l’intelligence artificielle présente des risques importants, sur l’environnement, l’emploi et la santé mentale.


Embarquer collectivement avec le Regenerative Circle

Membres du collectif Nous sommes Vivants engagés pour la régénération du vivant

Adaptation aux changements climatiques : une série inspirante de fiches-action

Le Comité 21 a réalisé une série de fiches-actions consacrée aux solutions concrètes d’adaptation aux changements climatiques dans les territoires : gestion responsable des eaux pluiviales avec la Cartonnerie Gondardennes pour viser le zéro prélèvement, conversion à l’agriculture biologique avec le Château Guilhem pour renforcer la résilience du vignoble, mobilisation des parties prenantes avec Basse Saâne 2050 pour faire face à l’élévation du niveau de la mer, désimperméabilisation des sols et retour de la biodiversité avec la ZAC de la Montjoie pour lutter contre les ilots de chaleur.

Les infrastructures critiques à l’épreuve de l’adaptation aux changements climatiques

Ponts éventrés, télécommunications coupées, réseaux d’eau détruits … les images des dégâts ont beau se succéder, il est difficile d’en croire ses yeux devant une nouvelle catastrophe climatique d’ampleur en Europe. Et pourtant, les changements climatiques exploitent chaque fois les conséquences de l’artificialisation urbaine effrénée des 50 dernières années. Les inondations mettent à l’arrêt un territoire meurtri par des dommages humains et matériels sans précédents.

Actifs estimés vitaux pour le fonctionnement d’un territoire, d’une entreprise voire d’un pays, les infrastructures critiques focalisent l’attention face à l’accélération des changements climatiques. Afin d’éviter toutes défaillances en cascade potentielles le long des multiples réseaux qui irriguent les activités socioéconomiques et assurent le bien-être des populations, de plus en plus d’opérateurs tentent de renforcer leurs actions en matière de sécurité et d’anticipation des risques climatiques.

Cette note a pour objectif d’offrir un tour d’horizon de la notion d’infrastructures critiques au regard des enjeux climatiques. Les exemples présentés sont l’ont été lors de plusieurs webinaires organisés par le Comité 21 dans le cadre de son programme Adaptation aux changements climatiques.

Cap sur de nouveaux modèles sociétaux durables pour pouvoir vivre dans les tourmentes

Le Rapport Cap sur de nouveaux modèles sociétaux durables pour pouvoir vivre dans les tourmentes, dresse un panorama des avancées – et des défis qui restent à affronter – en matière de développement durable à l’aune notamment des événements géopolitiques récents, de l’élection de Donald Trump à la présidence américaine aux conflits armés dans le monde.

Il avance les propositions du Comité 2, fruit de 30 ans d’actions et de consultations auprès de ses parties prenantes, pour enfin relever le défi du développement durable en posant les bases de nouveaux modèles socio-économiques.

Comment penser une société post-croissance ? Quelle rôle des entreprises dans l’économie et les territoires ? Qu’est-ce qu’un girondisme du XXIe siècle ? Sur quelles valeurs refonder l’action publique ? Ou encore, comment enrichir l’intérêt général par les communs ? Autant de thématiques structurantes abordées dans ce rapport qui se propose de fixer un cap pour la grande transformation.

Fiche-action Adaptation 1 – Cap sur la gestion responsable de l’eau avec la Cartonnerie Gondardennes

Pour cette première édition, direction le Pas-de-Calais, où la Cartonnerie Gondardennes se distingue par un projet de gestion des eaux pluviales. En réponse aux sécheresses et inondations récentes, l’entreprise familiale a installé un système de récupération des eaux pluviales sur 17 hectares de toitures et voiries. Accompagnée par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, elle économise désormais un tiers de ses prélèvements annuels, soit 140 000 m³ d’eau, en seulement six mois.

« L’élément déclencheur, c’est notre conviction que chacun doit agir à son échelle pour préserver les ressources dont nous dépendons. »

Laurent TOP, Directeur industriel.

L’objectif à terme : zéro prélèvement dans le canal de Neufossé et 100 % d’eaux pluviales utilisées dans le process.

Fiche-action Adaptation 2 – Résilience en bouteille : Château Guilhem cultive le changement face au dérèglement climatique

Cap cette fois sur l’Aude, dans le Sud-Ouest, où le domaine viticole de Château Guilhem incarne une transition agricole globale, à la croisée de l’adaptation et de l’atténuation. Repris en 2005 par Bertrand Gourdou et son épouse Anne-Sophie, le domaine familial fait face à une réalité climatique de plus en plus marquée : sécheresses, stress hydrique, perte de rendement …

Leur réponse : une stratégie de long terme alliant agriculture biologique, diversification des cépages et pratiques culturales innovantes. Certifié « agriculture raisonnée » dans un premier temps, le domaine obtient en 2010 la certification « agriculture biologique », marquant un tournant vers un modèle plus durable. Ce nouveau cadre impose des choix structurants pour renforcer la résilience du vignoble : adaptation des dates de vendange, enherbement maîtrisé, plantation de cépages plus résistants aux fortes chaleurs…

Leur engagement se traduit aussi par une réduction des intrants, une gestion optimisée de l’eau et une réflexion constante sur l’empreinte carbone globale du domaine. 

« Les Métamorphoses » de Marie-Helène Lafage

Pour un projet écologique et solidaire d’adaptation au changement climatique

Conseillère d’État honoraire et fondatrice du Comité 21, Bettina Laville signe la préface de « Les Métamorphoses », un ouvrage relatant la jeune histoire de l’adaptation au changement climatique, ainsi que tous les débats accompagnant cette indispensable politique publique. Après un été marqué par des canicules, des feux de forêt, des ouragans et des inondations, ce livre se présente à la fois comme un guide et comme une espérance lucide. Il dresse un état des lieux en France, mettant en lumière les retards des politiques, tant au niveau local que national, soulignant l’importance du débat « inégalités et adaptation » et prenant le parti délibéré de l’adaptation locale, avec un éclairage dans la Drôme, les Alpes et la Bretagne.

Le titre « Les Métamorphoses » traduit bien, comme l’exprime Bettina Laville dans sa préface, la référence à Edgar Morin qui, dès 2010, écrivait : « Pour tracer un nouveau chemin de société à partir de la réalité adaptative, l’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l’héritage des cultures). » En quelque sorte, cette métamorphose équivaut au concept que le Comité 21 a souvent développé : « l’adaptation transformationnelle ».

Marie-Hélène Lafage pointe la montagne qui reste à gravir : la prise de conscience de l’ampleur des enjeux, l’enrichissement des connaissances sur l’adaptation, la volonté politique d’entreprendre. Les efforts d’adaptation doivent comporter une dimension technique — avec des politiques plus volontaristes en matière de décarbonation et de maintien de la biodiversité — mais aussi envisager des transformations profondes de nos modes de vie.

L’impératif d’adaptation, du local au global

A l’occasion du colloque « De Paris 2015 à Belém 2025 : les acteurs non étatiques porteurs de l’ambition climatique ? », le Comité 21 a publié une note sur les enjeux de l’adaptation aux changements climatiques aux niveaux local, national et international, et les rapports récents qui les éclairent et proposent des pistes d’action. Au sommaire :

  • Les conclusions de la mission d’information sur l’adaptation de l’aménagement des territoires de l’Assemblée nationale
  • La COP 30, COP de l’adaptation ?
  • Le Rapport de Terra Nova sur les entreprises et l’adaptation au changement climatique
  • Adapter par la contrainte ?  

Fiche-action Adaptation 3 – Basse Saâne 2050 : mobiliser les parties prenantes du territoire pour faire face à l’élévation du niveau de la mer

Cette fiche présente une démarche emblématique menée dans la basse vallée de la Saâne (Seine-Maritime), pilotée par le Conservatoire du littoral, en partenariat avec la Communauté de Communes Terroir de Caux, la commune de Quiberville et le Syndicat Mixte des Bassins Versants Saâne Vienne Scie, maître d’ouvrage du projet.

Engagé entre 2012 et 2050, ce programme d’un budget de 33,2 millions d’euros répond aux multiples risques auxquels ce territoire littoral est confronté : érosion du trait de côte, élévation du niveau marin, submersion, inondations, ruissellement, sécheresses ou encore instabilité des falaises. Les premières réflexions portaient essentiellement sur la « protection » face aux risques naturels, à travers des réponses techniques et sectorisées qui n’ont pas trouvé l’adhésion locale. Avec l’accélération des connaissances climatiques dans les années 2010, Basse Saâne 2050 inaugure un changement de cap : une approche globale, participative et transversale, combinant adaptation technique, recomposition spatiale et sensibilisation des acteurs du territoire.

Ce projet propose une stratégie d’adaptation progressive pour anticiper l’évolution des aléas climatiques tout en renforçant la résilience du territoire.

2025 : le temps des tempêtes et la COP 30

Après les événements majeurs qu’ont été successivement l’épidémie mondiale de COVID, puis les guerres en Ukraine et à Gaza, l’élection de Donald Trump bouleverse les relations internationales, les relations commerciales, les politiques d’aide et, bien entendu, les politiques environnementales. C’est à l’aune de cette élection qu’il faut esquisser des pistes pour les futures politiques environnementales, alors que les nouvelles climatiques sont de plus en plus mauvaises et que l’espoir de limiter à 2 °C le réchauffement au cours de ce siècle commence à être interrogé.

Après la 24ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, avant tout occupée par le débat sur la reconnaissance de l’État palestinien, il convient de poser une question lancinante pour beaucoup : où en sommes-nous de l’action internationale pour restaurer l’état de la planète et celui de ses habitants, objectif qui, jusqu’alors, n’avait jamais été ouvertement remis en question depuis plus de 30 ans, soit depuis la conférence de Rio en 1992 ?

La COP 30 à Belém marquera-t-elle un tournant et dans quel sens ?

Conclusions de la COP 30

À l’issue de cette COP, achevée comme toutes les précédentes dans une atmosphère d’extrême tension, voire un peu plus, le Comité 21 peut esquisser un bilan extrêmement mitigé.

D’abord, dans la catégorie des dysfonctionnements, la présidence brésilienne a beaucoup déçu les derniers jours en fonctionnant de manière peu transparente et même en tentant de forcer la main aux délégués : il a fallu 2 séances plénières pour arriver à un texte final qui reste très contesté par certains pays d’Amérique du Sud affirmant ne pas l’avoir approuvé.

Ensuite l’organisation de la COP, objet de scepticisme depuis le début (coût des hébergements, installation des stands, et finalement frappée par une inondation et un incendie) a été justement critiquée. 

Mais c’est à partir du texte final (The Belém Package, proving that multilateralism can accelerate climate action that benefits people) qu’il faut faire le bilan des acquis positifs de cette 30eme conférence des parties sur le changement climatique.

Fiche-action Adaptation 4 – Gestion des Eaux pluviales dans la ZAC de la Montjoie, Saint-Denis

Cette fiche présente le projet La ZAC de la Montjoie, située dans le quartier de la Plaine Saint-Denis et faisant l’objet d’un projet de gestion innovante des eaux pluviales porté par la Communauté d’Agglomération Plaine Commune, avec Sequano Aménagement en tant qu’aménageur.

Réalisé entre 2012 et 2016, ce projet d’aménagement, doté d’un budget d’environ 3 millions d’euros, s’inscrit dans la transformation d’un territoire historiquement maraîcher devenu, à partir du XIXᵉ siècle, une zone industrielle dense puis fortement minéralisée. Engagée dès les années 1980 avec le projet Hippodamos, la mutation urbaine de la Plaine Saint-Denis visait à répondre aux effets de la désindustrialisation massive amorcée dans les années 1950. Le quartier se caractérisait alors par une très forte imperméabilisation des sols, atteignant jusqu’à 94 % sur certains secteurs, ainsi que par une carence importante en espaces verts.

D’après Laurence Laporte, cheffe de projets – Secteur aménagement Centre, Pôle Fabrique de la ville durable à Plaine Commune, ces caractéristiques ont rendu le territoire particulièrement vulnérable aux îlots de chaleur urbains et aux impacts du changement climatique. L’extension de la ZAC de la Montjoie, engagée à partir de 2010, a constitué une opportunité pour repenser le modèle d’aménagement urbain afin d’améliorer durablement la qualité environnementale du quartier.

La gestion des eaux pluviales s’est rapidement imposée comme un enjeu majeur, en lien avec la lutte contre les îlots de chaleur, la gestion des pluies exceptionnelles et le retour de la biodiversité.

Le projet a ainsi mis en œuvre une gestion à ciel ouvert des eaux pluviales, reposant sur la création de noues végétalisées, la désimperméabilisation des sols et des dispositifs capables de mieux absorber et ralentir les eaux lors d’épisodes pluvieux intenses.

Cette évolution des pratiques a été rendue possible grâce à un portage politique fort et à une collaboration étroite entre la Direction de l’aménagement, la Direction de l’écologie urbaine et la Direction de l’eau et de l’assainissement de Plaine Commune, faisant de la ZAC de la Montjoie un exemple d’aménagement urbain plus résilient et adapté aux enjeux climatiques contemporains.

L’urbanisme régénératif pour réconcilier densité des villes et enjeux écologiques au profit de la biodiversité et des citadins

Et si nos villes devenaient des moteurs de régénération plutôt que des facteurs de dégradation ? LUMIÅ, centre d’innovation stratégique consacré à l’économie régénérative, vient de publier une étude sur l’URBANISME RÉGÉNÉRATIF : concepts, méthodologie et exemples. Elle explore les effets socio-écologiques de la ville, les apports et limites des solutions urbaines actuelles, les grands courants de l’urbanisme régénératif et une méthodologie opérationnelle en 7 étapes, illustrée par 3 cas concrets.

Exemples de possibilités de reconnexion au vivant pour les patients et familles – CH de Grasse – Source Change It Use It/ LUMIÅ 2024

Urbanisme régénératif ?

L’urbanisme régénératif propose de penser les projets et les aménagements en s’attachant à créer les conditions qui vont permettre au vivant
d’exprimer son plein potentiel.

Il ne s’agit pas simplement d’ajouter de la nature en ville mais de réfléchir les projets et les aménagements au regard des besoins de la biodiversité urbaine et de ses capacités à produire des services écosystémiques grâce à des contributions coévolutives pour répondre aux besoins des populations locales.

Schéma de la séquence méthodologique – Source LUMIÅ 2024

Le Regenerative Design

Le « design régénératif » propose une meilleure compréhension du site pour concevoir les projets urbains. Il associe un processus participatif et en amélioration continue autour des projets, avec des
impacts mutuels positifs pour la société et pour les écosystèmes, permettant leur coévolution.

la nature n’est pas une simple ressource, mais un partenaire avec lequel il faut entretenir une relation de coévolution

Contribution de la nature aux populations
Source : Les 18 contributions de la nature aux populations, Eduardo Blanco, d’après PBES, 2017

L’approche biomimétique et écosystémique

Les écosystèmes naturels sont des systèmes complexes caractérisés par des relations d’interdépendance, des cycles de nutriments fermés, utilisant efficacement l’énergie et disposant de capacités d’auto-organisation et d’adaptation.

Ces caractéristiques peuvent servir de modèles pour concevoir des environnements urbains plus résilients et régénératifs.

MÉTHODOLOGIE POUR UN PROJET D’URBANISME RÉGÉNÉRATIF

3 projets pour illustrer la méthodologie

  • Le projet des Serres des Barattes à Annecy
  • Le Projet du Centre Hospitalier de Grasse
  • Le Projet de l’écoquartier de la Maillerie à Villeneuve d’Ascq

Les villes accueilleront
70 % de la population mondiale d’ici 2050 et concentrent les pressions sur le vivant et un immense potentiel de transformation.

Schématisation de trois niveaux de maturité de la question «nature en ville»

Projet des Serres des Barattes à Annecy

D’une surface initiale de 11 000m² ce foncier accueille depuis 2019 les activités de production maraîchère en permaculture en Agriculture Biologique AB de l’association Ceux Qui Sèment.

Le site accueille également les activités d’une partie des services de
la Direction du Paysage et de la Biodiversité DPB de la Ville d’Annecy.

Un jardin partagé d’une surface de 3500m² est situé au Nord de ce site et deux parcelles à l’Est pourraient potentiellement être intégrées au projet.

L’attractivité de la ville est source d’une évolution démographique importante. L’objectif de la démarche régénérative est de concilier les activités en place, dont celle d’agriculture urbaine, avec la demande sociale de logements.

Projet du Centre Hospitalier (CH) de Grasse

Le CH de Grasse s’étend sur une surface de 11 hectares. Construit en 1974, il accueille de nombreuses activités médicales avec 548 lits (maternité, médecine et chirurgie, urgences, gériatrie et gérontologie, psychiatrie) et ses bâtiments connexes (logements, chaufferies et ateliers, local déchets et décontamination, …), des surfaces artificialisées (routes, parking, héliport), ainsi qu’une surface boisée naturelle importante à l’Ouest.

L’objectif du projet d’urbanisme régénératif était d’apporter du bien-être aux usagers du site (patients, familles, personnel, …) tout en le réaménageant pour renforcer les services écosystémiques (en priorité de soutien et de régulation).

Les besoins et attentes ont été définis avec les équipes techniques de l’hôpital dans le cadre d’une approche sociologique menée par Change it Use it, UN cabinet de sociologie.

Projet d’écoquartier de la Maillerie à Villeneuve d’Ascq

Le projet de construction d’un Écoquartier de plus de 700 logements sur une surface totale de 11 000 m² a été mené par les promoteurs immobiliers Linkcity et Nhood. Une démarche participative engagée très tôt a permis de co-définir les besoins des futurs habitants et des activités qui pourraient y prendre place.

Une démarche d’économie circulaire a permis de conserver un bâtiment et une part importante
des déchets de démolition ont pu être réutilisés sur site. La mobilité douce a été étudiée, des actions d’économie sociale et solidaire ont été programmées.

Le projet a été certifié Biodivercity Quartier au moment de la conception en 2015.

Les contributions des humains à la nature

L’étude d’un projet d’urbanisme régénératif repose sur un diagnostic holistique incluant l’analyse des contributions actuelles des humains pour les autres compagnons vivants. Car si les autres compagnons vivants favorisent notre bien-être, cela ne peut se faire que dans une relation de réciprocité où les humains contribuent au développement de ces derniers.

L’école des sciences et de la biodiversité à Boulogne Billancourt

Ce bâtiment a été conçu pour accueillir non seulement les étudiants de l’école mais aussi d’autres êtres vivants en créant des micro-habitats y compris en façade. Une certaine continuité a été recherchée entre la toiture végétalisée et les sols.

Images de l’école des sciences et de la biodiversité à Boulogne Billancourt
Source Agence Chartier Dalix GUIDE MÉTHOLOGIQUE : URBANISME RÉGÉNÉRATIF

Écoquartier de la Maillerie, Villeneuve d’Ascq

L’espace des « Jardins Suspendus » situé en toiture de bâtiment propose un espace où se côtoient des jardins partagés, une terrasse végétalisée, des ruches et un restaurant.

Lieu convivial, d’apprentissage, d’échange de techniques et de pratiques de culture, ces lieux sont source d’échanges intergénérationnels, culturels, de mixité et d’inclusion.

Jardiné depuis 2022, cet espace accueille 300 jardiniers sur 1200m² mis en culture.

Jardins partagés, Roof top et centrale solaire installée sur le toit du parking silo – Ecoquartier de la Maillerie
Source https://lillesecret.com/la-maillerie-jardin-suspendu/

Un changement des pratiques

Générée par IA – @Sora

Ce qui caractérise la méthodologie sur l’urbanisme régénératif concerne à la fois :

  • le cadre du projet : compétences associées, démarche participative élargie, relation des parties prenantes à la biosphère,
  • les éléments techniques : diagnostic holistique, évaluation des structures biophysiques et des
    services écosystémiques
  • le modèle économique du projet.

Cette méthodologie pose la question d’une nouvelle prise de conscience des « experts », d’une modification de leurs pratiques, d’un lâcher prise sur leurs expertises pour les partager avec les usagers, les parties prenantes, de ne poser aucun regard de sachant sur le projet avant d’avoir établit le diagnostic et compris le lieu, son histoire, son fonctionnement.

Quelle est notre place d’humain vis-à-vis de la biodiversité et plus largement de notre environnement ?

Ceux qui sèment 

Quelles sont nos capacités à contribuer à proposer des conditions favorables aux autres compagnons vivants ?

Réaliser l’ensemble des étapes méthodologiques de l’urbanisme régénératif semble éloigné des pratiques
urbanistiques en cours, mais les enjeux urbains actuels et à venir invitent à opérer une bascule des pratiques. Cette méthodologie est là pour vous y aider.

L’ensemble des références bibliographiques sont disponibles dans l’étude « Urbanisme Régénératif : concepts, méthodologie et exemples » accessible en téléchargement sur le site internet de LUMIÅ

Guide méthodologique (synthèse) URBANISME RÉGÉNÉRATIF

Étude complète URBANISME RÉGÉNÉRATIF : concepts, méthodologie et exemples

Un carnet de connaissances et d’inspirations pour toutes celles et ceux qui souhaitent repenser la ville comme un écosystème vivant, résilient et contributif.

Effondrement ou crash écologique : seul scénario réaliste ? Quelles stratégies de résilience face aux risques systémiques ?

Comment faire face dans la dignité aux bascules sociétales qui se profilent ? L’effondrement des ressources de la biodiversité, le changement climatique et ses épisodes extrêmes, les risques systémiques associés … A conjuguer avec un appétit insatiable de croissance exponentielle qui caractérise les activités de notre espèce humaine. Arthur Keller nous propose d’entrer en profondeur dans la multidimensionnalité des risques et des enjeux de notre temps, pour envisager de construire les stratégies de résilience collective de demain.

Effondrement : seul scénario réaliste ?

CATALYSER UN SURSAUT, FOURNIR LES CLÉS DÉCISIVES D’ANALYSE ET D’ACTION FACE AUX CRISES SYSTÉMIQUES À VENIR

Arthur Keller est ingénieur en aérospatiale de formation. Il est aujourd’hui enseignant, consultant et conférencier sur les questions d’énergie, de climat et de transition écologique.

Membre du conseil d’administration de l’association Adrastia, qui travaille sur l’anticipation du déclin de la civilisation thermo-industrielle, Arthur Keller est également auteur et scénariste.

il explore comment le storytelling peut être un outil de pédagogie et de mobilisation autour du sujet de la vulnérabilité de nos sociétés, ainsi que des stratégies de résilience.

Arthur Keller clarifie ses propos introductifs relatifs à la fonction exponentielle

Une vidéo de Clément Montfort

Clément Montfort, réalisateur de la web série documentaire Next.

Cette vidéo, tournée Clément MONTFORT dans le cadre de sa websérie Next, constitue un bon préambule au travail d’Arthur Keller, et elle a donné envie à pas mal de monde de creuser les sujets abordés.

Clément Montfort est le réalisateur de La Série NEXT. Réalisateur et caméraman pour la télévision française, il s’est lancé de façon indépendante via sa chaine Youtube. Il a focalisé son énergie sur la réalisation de documentaires liés à l’écologie et à notre avenir sur cette planète. Ces questions le passionnent autant qu’elles l’effraient.

Il est nécessaire de garder les yeux ouverts afin d’éviter si possible le pire.

Conférence Le Sens & l’Action d’Arthur Keller

Collège des Directeurs Développement Durable – C3D

Quand les systèmes vacillent, seul le collectif peut prendre le relais et modifier les trajectoires.

Et si nous pouvions comprendre les risques de notre époque avant qu’ils ne nous dépassent, pour agir efficacement et de manière coordonnée ? Le 18 décembre 2025, au Collège des Bernardins, le C3D a pris ce temps rare pour comprendre, agir et savoir par où commencer face aux enjeux vitaux de notre époque. Arthur Keller, ingénieur, consultant et écrivain, spécialiste des risques systémiques et de la résilience collective, est intervenu sur le thème : “Face aux risques systémiques inédits de notre époque : une stratégie de transformation collective systémique.”

  • Point sur la situation climatique et les basculements sociétaux à venir
  • Exposé des marges de manœuvre pour agir efficacement
  • Présentation d’une stratégie originale et actionnable, comprenant méthodes et leviers pour transformer collectivement nos organisations et territoires


Quand la rigueur de l’analyse rencontre l’efficacité de l’action, vous repartez avec les clés pour agir.

Agir efficacement commence par
une compréhension claire des enjeux
et des leviers d’action.

Chacun de nous peut jouer un rôle concret dans la transformation nécessaire de notre société.

Risques systémiques et stratégies de résilience

Cette masterclass SATOR propose une méthode fondamentalement novatrice pour construire les stratégies de résilience collective de demain. Conçue par Arthur Keller, l’un des plus grands spécialistes des risques systémiques au monde, elle permet d’entrer en profondeur dans les dynamiques complexes des enjeux de notre époque, afin de recouvrer une capacité d’action, et donc un pouvoir sur l’avenir.

La première partie du cours est dédiée à la prise de conscience du fait que n’avons pas encore su poser les bons diagnostics. Se contenter ainsi de rechercher des « solutions » est une faute méthodologique lourde d’implications. En effet, comment imaginer s’en sortir si on ne se préoccupe que du soulagement des conséquences, tout en laissant les causes s’aggraver ? Sans cohérence globale, on ne résout pas le problème, on ne fait que déplacer la pression dans le système.

Quels sont dès lors les bons outils, protocoles, dispositifs pour nous permettre de redéfinir les marges de manœuvre restantes et opérer des mutations pertinentes et salutaires ? Comment repenser en profondeur nos postures ? Que pouvons-nous entreprendre, individuellement et collectivement, pour empouvoirer les individus, collectifs et entreprises afin qu’ils puissent construire une capacité d’action ?

Le climat entre nos mains – Modèles climatiques : un manuel à destination des enseignants du lycée

« Le climat entre nos mains – Modèles climatiques » est un manuel conçu pour les enseignants de lycée par l’Office for Climate Éducation (OCE) de l’Unesco. Ce guide pédagogique propose une approche claire, rigoureuse et active pour faire découvrir aux élèves ce que sont les modèles climatiques, comment ils fonctionnent et pourquoi ils sont essentiels pour comprendre et anticiper les effets du changement climatique.

LES CONCEPTS DÉVELOPPÉS DANS CE MANUEL

Présentation du manuel

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES DES DIFFÉRENTES ACTIVITÉS PROPOSÉES

À l’issue de ces activités, les élèves seront capables de :

Vue satellite de la Terre avec sa couche nuageuse, l’un des éléments fondamentaux du système climatique de la Terre.
  • Faire la différence entre l’adaptation et l’atténuation, ainsi qu’entre les synergies et les compromis avec les Objectifs de Développement Durable (ODD)
  • Énumérer des paramètres étudiés par les climatologues et identifier des preuves des changements climatiques.
  • Démontrer que la tendance actuelle de réchauffement de la planète est causée par les activités humaines et entraîne de nombreuses perturbations climatiques.
  • Comprendre la complexité du système climatique de la Terre.
  • Comprendre que les modèles climatiques sont des outils fiables, pertinents et en constante évolution.
  • Expliquer le lien entre les émissions de gaz à effet de serre, les concentrations de ces gaz dans l’atmosphère et les changements climatiques mondiaux en utilisant un modèle numérique simple.
  • Comprendre les projections du GIEC.

Quoi ? Comment ? Pourquoi ?

MODULE PÉDAGOGIQUE : TROIS SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES PROGRESSIVES ET COMPLÉMENTAIRES

L’avis de Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

 » Le manuel s’appuie sur une pédagogie d’investigation et de projet, combinant jeux de rôle, expériences, activités numériques et animations multimédias. Il vise à développer la pensée systémique, l’analyse critique et la capacité d’action des élèves, tout en intégrant les dimensions émotionnelles et sociales du sujet.

Il permet aussi d’aborder les notions parfois floues de scénario, modèle ou projection, et offre des cas concrets, comme l’étude des îlots de chaleur urbains, pour ancrer les apprentissages dans le réel. « 

Un outil complet, gratuit
et testé en classe, au service d’une éducation au climat ambitieuse !

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique
L’ORGANISATION DES ACTIVITÉS

Un QR code pour illustrer les concepts par une vidéo

Exemple : Chaque spécialiste étudie un ensemble de paramètres physiques (ex. le glaciologue étudie le volume de glace et l’albédo). Cela peut être illustré en regardant la vidéo CLIM « Le système climatique de la Terre », dans laquelle Fiona O’Connor (MET Office Science, Royaume-Uni) explique comment elle prend en compte un ensemble de paramètres (vapeur d’eau, eau liquide, concentration de méthane) pour étudier la chimie atmosphérique.

Tableau des compétences utilisées dans ce manuel

1 – 2022, Commission européenne, Centre commun de recherche. Le GreenComp, cadre européen de compétences en terme de durabilité. Disponible sur le site internet de publications de l’Union européenne
2 – https://sites.google.com/view/oakbodyguards/home/français?pli=1

Compétences basées sur le GreenComp

Cadre européen des compétences
pour la durabilité :
l’éducation est un levier central de la transition écologique et sociale

Des fiches pédagogiques thématiques

Exemple :

  • Montrez la FICHE Thématique à la classe et distribuez à chaque élève un exemplaire qu’il va compléter pendant la séance.
  • Répartissez les élèves en groupes de quatre maximum, et expliquez-leur que chaque groupe représente un type d’experts du climat (océanographes, glaciologues, botanistes, etc.).
  • Distribuez les FICHES experts (une par groupe). À l’aide des documents, les élèves devront compléter les cartes de la FICHE Thématique correspondant à leur expertise et les placer sur la page ici « Les composantes du système climatique ». Ils devront trouver les paramètres physiques et les échelles étudiés, et expliquer brièvement les preuves des changements climatiques.
  • Chaque groupe analyse ses documents et en discute.

En commun désormais, un membre de chaque groupe présente oralement ses conclusions et complète les cases correspondant à sa spécialité sur la FICHE thématique, par exemple projetée au tableau.

Manuel « Le climat entre nos mains – Modèles climatiques »

A propos

Des modèles du système Terre pour l’avenir

ESM2025 est un projet européen ambitieux coordonné par Météo-France – Centre National de Recherches
Météorologiques (CNRM). Avec une équipe internationale composée de 19 instituts de recherche européens et d’une université australienne, ESM2025 renforce la collaboration internationale en matière de modélisation du système terrestre en réunissant cinq modèles européens au sein d’un même projet.

L’office pour l’éducation climatique

Créé en 2018 à l’initiative de la Fondation La main à la pâte et de la communauté scientifique, l’Office for Climate Education (OCE) a pour but de mettre en place une forte coopération internationale entre organismes scientifiques, ONG et institutions éducatives pour éduquer les générations actuelles et futures aux changements climatiques.

Rapport mondial sur la durabilité des entreprises 2025

Le « Global Corporate Sustainability Report 2025 » est une lecture utile pour toute organisation engagée dans une démarche d’impact positif. Ce rapport publié par l’OECD-OCDE est une synthèse des tendances qui redéfinissent le paysage économique et stratégique de demain. Othmane Khaoua, Développeur économique et Accompagnateur d’entreprises à impact, en retire cinq faits saillants.

La durabilité des entreprises

La durabilité des entreprises désigne l’intégration des considérations environnementales et sociales dans la stratégie, les activités et la publication d’informations d’une entreprise.

Elle contribue à un cadre solide de gouvernance et de prise de décision, tout en aidant les investisseurs à mieux comprendre les risques et opportunités à long terme d’une entreprise.

Le Rapport mondial sur la durabilité des entreprises 2025 de l’OCDE livre des enseignements sur la manière dont les entreprises mettent en œuvre les recommandations liées à la durabilité issues des Principes de gouvernance d’entreprise du G20 et de l’OCDE. Ces recommandations portent sur la diffusion d’informations, le dialogue entre l’entreprise et ses actionnaires, les responsabilités du conseil d’administration et les intérêts des parties prenantes.

Principes de gouvernance d’entreprise du G20 et de l’OCDE

Rapport mondial sur la durabilité des entreprises 2025

Cette édition contient une analyse approfondie du secteur de l’énergie, qui évalue les objectifs de réduction des émissions, la rémunération des dirigeants des entreprises du secteur, les dépenses en capital et les investissements dans les activités de recherche et de développement écologiques.

Entre 2022 et 2024, davantage d’entreprises ont publié des informations en matière de durabilité

91 % de toutes les sociétés cotées (par capitalisation) publient des informations liées à la durabilité 
81 % des sociétés cotées (par capitalisation) qui publient des informations liées à la durabilité ont recours à des services d’assurance indépendants
$671 milliards USD, c’est le montant consacré aux dividendes et aux rachats d’actions par les sociétés cotées du secteur de l’énergie en 2024, soit trois fois plus qu’en 2015, tandis que l’activité d’investissement est restée stable

À l’échelle mondiale, 91 % des entreprises par capitalisation boursière ont communiqué des informations liées à la durabilité en 2024, contre 86 % en 2022. L’Europe (98 %), les pays développés de la région Asie-Pacifique hors États-Unis (94 %) et les États‑Unis (93 %) affichaient les taux de publication les plus élevés. Le nombre absolu d’entreprises publiant des informations liées à la durabilité a lui aussi progressé, mais représente toujours une fraction modeste – moins d’un tiers – du nombre total de sociétés cotées.

L’assurance des informations liées à la durabilité est une pratique courante, même sur les marchés dépourvus d’exigences réglementaires

En 2024, plus de 5 000 entreprises (81 % de la capitalisation boursière) qui ont communiqué des informations en matière de durabilité ont fait certifier ces informations par un prestataire de services externe. La majorité d’entre elles s’appuient sur l’assurance limitée (56 %), et beaucoup moins sur l’assurance raisonnable (17 %). À l’échelle mondiale, plus de la moitié des missions d’assurance de l’information en matière de durabilité sont effectuées par des auditeurs.

Assurance des informations relatives à la durabilité, 2024
Source: OCDE (2025), Rapport mondial sur la durabilité des entreprises 2025

Les investisseurs institutionnels peuvent jouer un rôle important dans la transition climatique 

En tant que détenteurs d’une part significative du capital des sociétés fortement émettrices de GES et des grandes entreprises qui développent des technologies vertes

Les investisseurs institutionnels, qui détiennent aujourd’hui 47 % du capital des sociétés cotées dans le monde, procèdent à des allocations de portefeuille comparables dans les entreprises fortement émettrices et dans celles qui investissent dans les nouvelles technologies vertes. Les investisseurs institutionnels détiennent la part la plus significative du capital (36 %) des 100 sociétés cotées les plus fortement émettrices de gaz à effet de serre (GES). Ils possèdent aussi d’importantes participations (37 %) dans les 100 entreprises ayant déposé le plus grand nombre de brevets verts.

Actionnariat des 100 sociétés les plus fortement émettrices de GES et les plus innovantes en R-D verte, 2024
Source: OCDE (2025), Rapport mondial sur la durabilité des entreprises 2025

Les questions de durabilité, supervisées par les conseils d’administration et prises en compte pour déterminer la rémunération des dirigeants

En 2024, dans 70 % des entreprises par capitalisation boursière, le conseil d’administration supervisait les questions liées au climat, contre 53 % en 2022. En outre, les deux tiers des entreprises sont dotées d’un comité chargé de superviser les risques associés à la durabilité. La part des entreprises qui versent à leurs dirigeants une rémunération variable indexée sur des critères de durabilité a également augmenté, passant de 60 à 67 %. 

Les investissement des sociétés cotées du secteur de l’énergie restent stables, malgré une augmentation des flux nets de trésorerie 

La réduction des émissions de GES nécessitera des investissements massifs dans des technologies destinées à remplacer l’utilisation des combustibles fossiles.

Entre 2015 et 2024, les flux nets de trésorerie provenant des activités d’exploitation ont augmenté de 32 %, permettant aux sociétés cotées du secteur de l’énergie de tripler les dividendes et rachats d’actions, tandis que la trésorerie nette allouée aux investissements a crû de moins de 5 %. Considérés dans leur ensemble, ces éléments laissent penser que la condition impérative pour atteindre la neutralité carbone n’est pas tant l’existence de liquidités que celle d’une réserve de projets susceptibles d’attirer les investissements.

Trésorerie des entreprises du secteur de l’énergie en Milliards USD, 2024
Source: OCDE (2025), Rapport mondial sur la durabilité des entreprises 2025

5 faits saillants du rapport par Othmane Khaoua

🤝 🌎 🕊Othmane Khaoua, Développeur économique et Accompagnateur d’entreprises à impact
  • 1. Résilience renforcée par les critères ESG : Les entreprises dotées d’un cadre ESG solide démontrent une résilience nettement supérieure face aux chocs économiques et géopolitiques. Leur capacité d’adaptation et leur accès aux financements responsables en font des acteurs plus pérennes.
  • 2. La transition juste, levier d’attractivité et de performance : La transition juste n’est plus un simple slogan : elle devient un facteur clé d’attractivité pour les talents, en particulier les jeunes générations. Les organisations qui intègrent l’équité sociale et la formation voient leur engagement interne et leur marque employeur s’améliorer significativement.
  • 3. Économie circulaire et modèles régénératifs en essor : Les approches circulaires et régénératives ne se limitent plus à des initiatives ponctuelles. Elles deviennent des modèles économiques viables, démontrant que création de valeur et régénération des écosystèmes peuvent — et doivent — aller de pair.
  • 4. Convergence entre performance durable et financière : Le rapport souligne une corrélation de plus en plus forte entre robustesse ESG et rentabilité à long terme, renforçant l’idée qu’une stratégie durable est aussi une stratégie gagnante sur les marchés.
  • 5. Collaboration multi-acteurs comme accélérateur d’impact : Les alliances entre entreprises, institutions, associations et territoires amplifient l’efficacité et la portée des transitions, prouvant que les défis systémiques appellent des réponses collectives.

Que peut-on faire ?

Renforcer l’interopérabilité entre les cadres de publication d’informations liées à la durabilité

Les instances d’établissement des normes pourraient s’efforcer d’améliorer l’interopérabilité des référentiels de publication d’informations liées à la durabilité. Cela permettrait de réduire les coûts de conformité pour les entreprises implantées dans plusieurs juridictions et d’améliorer la comparabilité, la fiabilité et la pertinence des données liées à la durabilité.

Inciter les entreprises publiques à montrer l’exemple en matière de durabilité

Les pouvoirs publics peuvent encourager les entreprises qu’ils contrôlent à montrer l’exemple en matière de durabilité et à catalyser la transition vers une économie bas carbone. Les entreprises publiques étant souvent présentes dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie qui sont exposés aux risques environnementaux et sociaux, elles sont idéalement placées pour promouvoir la durabilité.

Promouvoir des cadres de gouvernance qui favorisent l’engagement effectif des actionnaires

Étant donné que les allocations de portefeuille des investisseurs institutionnels ne font pas de distinction systématique entre les entreprises fortement émettrices et celles qui investissent dans les nouvelles technologies vertes, les initiatives de mobilisation des actionnaires ciblant les gros émetteurs pourraient être complétées par de nouveaux dispositifs prenant en compte les efforts d’allocation et de bonne gestion des investissements au profit d’entreprises très innovantes.

Améliorer la viabilité financière des projets relatifs aux énergies vertes

Des mesures pourraient être prises pour garantir l’existence d’une réserve de projets viables dans le secteur de l’énergie, en encourageant les entreprises à affecter une plus grande part de leur capital à de nouveaux investissements.

Principaux faits et chiffres (infographie)

Le rapport version abrégée

Rapport complet & Publications associées

Ma Carto Climat pour explorer la vulnérabilité de votre organisation aux risques climatiques

Canicules, inondations, sécheresses, tensions sur les matières premières ou ruptures logistiques … Autant d’aléas qui peuvent fragiliser la continuité des activités et remettre en cause des choix stratégiques. Pour aider les entreprises, collectivités et établissements publics à anticiper ces défis, l’AMRAE, l’ADEME et la DGE ont conçu un outil gratuit accessible en ligne. Son objectif : permettre de réaliser en toute autonomie une première cartographie des risques climatiques.

ENTREPRISES ET ORGANISATIONS PUBLIQUES FACE AUX RISQUES CLIMATIQUES : RELEVEZ LE DEFI !

Réaliser une cartographie des risques climatiques

En quelques étapes il est possible pour les entreprises, collectivités et établissements publics de :

  • Évaluer la sensibilité de leurs activités aux aléas climatiques,
  • Mesurer l’évolution de ces aléas aux horizons 2030, 2050 et 2100,
  • Identifier leur niveau actuel de maîtrise et les marges de progression.

À l’issue de cette première cartographie, les livrables sont :

  • Un rapport personnalisé et illustré qui synthétise l’ensemble des informations renseignées.
  • Une photographie claire des expositions.
  • Un premier socle pour bâtir un parcours d’adaptation au changement climatique et se lancer dans un diagnostic des risques climatiques physiques.

DE NOMBREUSES QUESTIONS SE POSENT FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

  • Savez-vous comment vos activités résisteraient à une sécheresse prolongée ?
  • Quel serait l’impact d’une inondation sur vos infrastructures et vos chaînes logistiques ?
    Jusqu’où une canicule répétée pourrait fragiliser vos salariés et votre productivité ?

Avec macartoclimat.fr, il est possible d’explorer gratuitement les vulnérabilités de votre organisation aux risques climatiques et d’obtenir un rapport personnalisé qui vous permettra de vous lancer dans le parcours de l’adaptation au changement climatique !

Parcours de l’adaptation au changement climatique

POSER UN DIAGNOSTIC
AVEC MA CARTO CLIMAT

Face à la multiplication des aléas climatiques graduels et extrêmes actuels et à venir, la pérennité des entreprises est en jeu : effets sur les conditions de travail, fiabilité des infrastructures de transports et des réseaux, perturbations des chaînes d’approvisionnement, disponibilité de la ressource en eau, condition d’accueil des clients, …

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de votre entreprise est IMPERATIF pour éviter que le climat ne se dérègle encore davantage (objectif d’atténuation), et adapter l’activité de votre entreprise à la trajectoire de réchauffement climatique en France de +2°C en 2030, +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100 devient indispensable (objectif d’adaptation)

Impacts : Canicule, sécheresse, inondation, incendie… la hausse mondiale de la température perturbe le système climatique et aggrave certains risques. Retrouvez ici une sélection des phénomènes principaux qui touchent la France, pour mieux savoir à quoi s’attendre et comment s’y adapter.

Dès maintenant, parallèlement à vos actions d’atténuation, vous pouvez intégrer l’adaptation au changement climatique dans vos prises de décision et investissements.

Ma carto climat vous permettra de démarrer votre diagnostic des risques physiques climatiques. Cet outil s’adresse prioritairement aux entreprises, mais peut également être utilisé par les acteurs publics (collectivités territoriales, établissements publics, opérateurs de l’Etat, etc.) pour faire un auto diagnostic des risques climatiques physiques pesant sur leur organisation.

Parcours d’adaptation au changement climatique pour les entreprises
Il existe deux parcours :
Un parcours d’adaptation partiel : il résulte de réactions à des évènements spécifiques conduisant à la mise en place d’actions ponctuelles (économie d’eau, rafraîchissement…) et leur évaluation en vue d’une optimisation à court terme. Il ne comporte pas de perspective stratégique et ne représente pas un objectif final en soi. Ces actions ponctuelles peuvent néanmoins amener vers un parcours d’adaptation complet.
Un parcours d’adaptation complet : il comporte les étapes de diagnostic, de stratégie et de suivi & évaluation. C’est le parcours recommandé, car il est le seul à permettre d’intégrer les risques climatiques sur le long terme. De plus, il conduit l’entreprise à construire des trajectoires d’adaptation, depuis des ajustements à la marge de ses activités et process, jusqu’à des transformations plus profondes.
Il est indispensable pour les entreprises d’ancrer leur démarche d’adaptation dans les dynamiques existantes au niveau du territoire et de la filière.

Parcours d’adaptation et ressources

1/ Pour favoriser la prise de conscience et le déclenchement du passage à l’action



Travailler avec les acteurs relais, filières et les territoires sur lesquels vous êtes implantés vous fera gagner du temps dans l’élaboration de votre démarche.

LIFE ARTISAN : Accroître la Résilience des Territoires au changement climatique par l’Incitation aux Solutions fondées sur la Nature pour l’adaptation au changement climatique.

2/ L’étape clé du diagnostic : plusieurs outils existent

Ma carto climat est un autodiagnostic en ligne qui permet de visualiser vos risques climatiques.
Pour approfondir cet autodiagnostic, il vous est recommandé de réaliser un Climadiag expert si votre CCI le propose ou de vous engager dans un Diag Adaptation.

● L’accompagnement des CCI grâce à leur outil Climatdiag expert vise à évaluer la « climatosensibilité » des entreprises.

● La méthodologie OCARA pour PME, en accès libre et gratuit sur le site de la librairie de l’ADEME, est développée par Carbone 4 en partenariat avec l’ADEME et Bpifrance

● Le dispositif Diag Adaptation, financé par l’ADEME et opéré par Bpifrance, repose sur la méthode OCARA pour PME

● La méthodologie OCARA développée par Carbone 4 en partenariat avec l’ADEME, un diagnostic pour une analyse plus approfondie, davantage utilisée par les grandes entreprises

3/ La stratégie d’adaptation et son plan d’actions

Votre stratégie permet de construire vos trajectoires d’adaptation et déterminer les actions à mettre en place.

Quelques ressources et outils :

● Le guide Comment prendre des décisions pour s’adapter au changement climatique ?
● Les outils ACT Adaptation et ACT Pas à pas climat
● Les actions de rafraîchissement des espaces de travail avec la géothermie, finançables par l’ADEME
● Les actions liées à la sobriété hydrique, à la désimperméabilisation des sols et à la biodiversité finançables par les agences de l’eau
● Les actions liées à l’environnement de travail des collaborateurs : ressources sur le site de l’INRS

4/ Suivi et évaluation de la stratégie d’adaptation

L’outil ACT Adaptation : il évalue la stratégie d’adaptation de l’entreprise, depuis l’analyse des risques physiques jusqu’à la gouvernance, en tenant compte de l’ensemble de la chaîne de valeur.

CADRE D’ÉVALUATION ACT ADAPTATION : QUESTIONS GUIDANT L’APPLICATION

Ressources pour aller plus loin

Imaginer demain pour agir aujourd’hui : 5 scénarios d’usage des terres et de sécurité alimentaire

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Imaginer demain une agriculture sans pesticides chimiques de synthèse, l’avenir de l’élevage européen, la prévention de l’émergence des zoonoses, la place des micro-organismes dans les systèmes alimentaires1. Pour agir aujourd’hui, la Direction de l’expertise scientifique collective, de la prospective et des études d’INRAE publie son guide de conduite des prospectives basées sur l’analyse rétrospective, l’identification des signaux faibles et la construction d’un tableau morphologique pour concevoir des scénarios cohérents.

Qu’est-ce que la méthode prospective ?

La méthode utilisée à la Direction de l’Expertise scientifique collective, de la Prospective et des Études (DEPE) d’INRAE combine une approche des scénarios basée sur l’analyse morphologique, l’analyse rétrospective des dynamique passées, l’organisation d’ateliers prospectifs où sont débattues les hypothèses d’évolution future, et l’élaboration de récits décrivant des futurs pluriels et contrastés.

En fonction du sujet traité, ces méthodes sont combinées dans certains cas à des outils de modélisation et de simulation quantitative, ou à des méthodes de construction de trajectoires d’évolution, ou encore à des méthodes de changement d’échelle permettant une déclinaison régionale des scénarios.

Les scénarios élaborés tracent les contours d’un espace des futurs possibles.

Ils visent à éclairer le débat public, les acteurs parties prenantes, la recherche et les décideurs publics et à aider les acteurs et organisations à réfléchir à leurs orientations, actions et projets en anticipant les enjeux futurs (souhaitables, redoutés ou simplement possibles) posés par l’espace des futurs possibles.

Tableau morphologique de la prospective Agrimonde-Terra et les combinatoires d’hypothèses correspondant aux cinq scénarios d’usage des terres et de sécurité alimentaire mondiale en 2050 (Mora et al., 2019)

Les différents collectifs mobilisés dans une prospective

L’équipe projet

La qualité de la prospective et le respect des délais reposent de façon déterminante sur la constitution d’une équipe projet regroupant les compétences nécessaires. Elle a non seulement pour mission
de réaliser la synthèse des connaissances disponibles, de proposer des analyses rétrospectives des
tendances passées et de formaliser des hypothèses d’évolution des variables mais aussi de préparer les réunions du groupe d’experts, les animer et rédiger l’ensemble des livrables, dont elle assurera en grande partie la diffusion. Elle se charge également de la logistique des réunions et de l’organisation de la phase de mise en débat et de restitution. Cette équipe projet doit donc
regrouper des compétences sur le fond, des compétences d’animation et de méthodologie prospective,
ainsi que des compétences rédactionnelles et de communication et de gestion de projet.

Composition et rôles des différents collectifs mobilisés dans une prospective

Le comité d’experts

La réflexion prospective repose de façon déterminante sur un comité d’experts composé de scientifiques et d’acteurs parties prenantes du sujet étudié. En effet, une des spécificités de la prospective est d’intégrer des acteurs parties prenantes afin de prendre en compte leurs connaissances issues de l’expérience, leurs projets et visions du futur dans la réflexion. Le comité d’experts doit donc rassembler des experts du sujet étudié, qu’ils soient chercheurs spécialisés ou acteurs parties prenantes non académiques, mais aussi des spécialistes reconnus de certains moteurs d’évolution (sociologues, géographes, historiens, philosophes…).

Le comité d’experts est libre de construire les hypothèses et les scénarios de son choix.

Méthode de couplage entre approche des scénarios et simulation quantitative dans la prospective Agriculture européenne sans pesticides chimiques (Mora et al., 2023 ; modifié d’après Mora et al., 2020)

Méthode pour répondre aux finalités de la prospective

Pour chaque prospective, la méthodologie est adaptée à la problématique et aux finalités, qu’il s’agisse d’explorer les devenirs possibles d’une situation de forte incertitude, d’imaginer les conséquences possibles d’une rupture à venir, ou bien de construire des trajectoires de transition vers des futurs souhaitables.

La mise en place de groupes thématiques et d’ateliers thématiques

Au regard de la complexité et de l’ampleur des sujets étudiés, et de la nécessité de développer une approche à la fois analytique et systémique, des ateliers thématiques composés d’experts spécialistes sont organisés dans les phases d’analyse rétrospective et de construction des hypothèses d’évolution.

La quantification des scénarios

Avec l’ampleur géographique croissante des sujets (mondial, européen), la modélisation numérique est de plus en plus fréquemment mobilisée dans le cadre des prospectives afin d’évaluer l’impact quantitatif des différents scénarios à différentes échelles.

Règles générales d’estimation quantitative des régimes alimentaires à partir des hypothèses qualitatives de régimes alimentaires en 2050 (Le Mouël et al., 2018)

La création des trajectoires menant à des futurs souhaitables

Les enjeux liés aux différentes formes de transition vers des systèmes sociotechniques plus durables nécessitent désormais d’identifier des trajectoires de transition vers des futurs souhaitables.

Il s’agit selon un raisonnement rétroprojectif (ou « backcasting ») de partir d’une situation finale souhaitée pour définir une succession d’étapes et d’actions nécessaires pour y parvenir, en tenant compte des dynamiques d’évolution possible favorables ou défavorables au but visé. L’identification de cette succession d’étapes permet de caractériser la trajectoire de transition vers un scénario souhaitable.

Dans le cadre de la prospective Agriculture européenne sans pesticides chimiques en 2050, des
trajectoires de transition ont été construites pour chacun des trois scénarios européens. Un groupe d’experts dédié à la transition a travaillé sur la construction de ces trajectoires lors d’ateliers prospectifs participatifs dans lesquels ils ont identifié, pour chaque scénario, les principales étapes pour atteindre les objectifs intermédiaires souhaités appelés jalons, les obstacles et opportunités qui y sont liés, et les actions à mettre en place pour les atteindre (Kok et al., 2011).

Ensuite, les jalons et actions ont été assemblés de façon chronologique et logique sur une frise de backcasting, en partant de 2050 et jusqu’en 2023. La figure ci-dessous présente un exemple de trajectoire
produite lors de ces ateliers, et sa version retravaillée sous forme de cadran.

Exemple de trajectoire de transition construite pendant un atelier prospectif dans le cadre de la prospective Agriculture européenne sans pesticides chimiques en 2050 sous la forme de frise chronologique (en haut) et sa version retravaillée sous forme de cadran (en bas) (Mora et al., 2023)

Agrimonde-Terra : Agriculture européenne sans pesticides chimiques en 2050

INRAE a été saisi par le Programme Prioritaire de Recherche (PPR) « Cultiver et protéger autrement » pour conduire une prospective sur une agriculture européenne sans pesticides chimiques à l’horizon 2050.

© INRAE

Cette prospective mobilise une approche systémique qui relie l’émergence de systèmes agricoles sans pesticides au devenir des systèmes alimentaires, des territoires, de la biodiversité, des politiques publiques et aux conséquences du changement climatique.

Elle a pour objectif de construire des scénarios d’agriculture sans pesticides chimiques pour l’Europe en 2050, en répondant à deux questions.

  1. Quelles pourraient être les différentes formes d’agriculture sans pesticides chimiques en 2050, avec quelles conséquences sur la production, l’usage des terres, le commerce et la biodiversité ?
  2. Quelles pourraient être les différentes trajectoires vers ces formes d’agriculture sans pesticides ?

Guide prospective INRAE : imaginer demain pour agir aujourd’hui

  1. Des projets réalisés par l’INRAE dans le cadre des programmes et équipements prioritaires de recherche français et du programme européen Horizon Europe. ↩︎

Aurore Médieu, Responsable Transition écologique et économie circulaire chez ESS France, répond aux questions Cdurable

Quelles sont les solutions alternatives portées par l’économie sociale et solidaire (ESS) pour transformer nos modèles agricoles et alimentaires, dans la perspective de la neutralité carbone à l’horizon 2050 ? L’ESS, avec ses coopératives, mutuelles et associations, innove sur l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire – production, transformation, distribution, restauration collective, éducation à l’alimentation, et préservation de la biodiversité – et propose des réponses collectives et durables aux grands défis du secteur. Aurore Médieu, Responsable Transition écologique et économie circulaire chez ESS France, a accepté de répondre aux 9 questions essentielles pour Cdurable.

Des réponses collectives et durables aux grands défis agricoles

  • Développement de filières agricoles locales et biologiques et adaptation au changement climatique (semences biologiques, libres de droit et reproductibles, réhabilitation des haies, coopérations entre producteurs et magasins pour sécuriser les producteurs…)
  • Accès à la terre et installation des nouveaux agriculteurs, notamment via des foncières solidaires (Foncière solidaire, Fondation Terre de Liens…)
  • Attractivité du métier d’agriculteur en limitant les impacts sur la vie personnelle avec de nouvelles formes d’organisation collective.
  • Formation et transmission des savoir-faire agricoles en s’appuyant sur des formats « découvertes » permettant la mise en réseau de porteurs de projets et de paysans installés et insertion professionnelle
  • Lutte contre la précarité alimentaire et accompagnement des publics fragiles, avec une attention particulière à l’inclusion sociale et à la santé
  • Structuration de filières alimentaires locales durables grâce à la mutualisation des outils de transformation, de conditionnement et de distribution, permettant ainsi aux producteurs de mieux maîtriser leurs débouchés, de répondre aux besoins alimentaires du territoire et de renforcer la sécurité alimentaire par la coopération entre acteurs locaux.
  • Valorisation locale des biodéchets tout en impliquant les acteurs territoriaux dans la gestion, la prévention et la transformation des déchets organiques en ressources utiles à l’agriculture.

L’agriculture et l’alimentation durables disponibles sur Carteco

L’agriculture et l’alimentation durables disponibles sur Carteco

Carte des initiatives de la transition écologique et solidaire !

Cette carte référence les structures de l’économie sociale et solidaire engagées au cœur des territoires pour accélérer la transition écologique. A ce jour, quatre secteurs d’activité sont référencés :

  1. gestion des ressources et des déchets,
  2. agriculture et alimentation durables,
  3. mobilité responsable
  4. et bâtiment durable.

Scénarios de l’ADEME : comment l’ESS contribue à la neutralité carbone ?

La chambre représentative de l’économie sociale et solidaire a réalisé un livret mettant en lumière les solutions innovantes de l’ESS pour répondre aux scénarios proposés par l’ADEME afin de permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.


Atlas de l’ESS : pour un économie qui transforme notre alimentation

Le rôle joué par les entreprises de l’ESS pour rendre plus durable notre alimentation est fondamental. Il contribue à transformer en profondeur et de façon cohérente l’ensemble de la filière alimentaire.

Ecologique, social et territorialisé, le système alimentaire selon l’ESS recouvre aussi un enjeu démocratique.

L’ESS favorise le développement de l’agriculture biologique, par l’accompagnement à la conversion agroécologique des exploitations, l’aide à l’installation de paysans et par une gestion durable et collective du foncier agricole. Les 250 000 adhérents d’associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) refondent quant à eux, à l’échelle locale, la relation entre les besoins des consommateurs et ceux des producteurs pour faire de l’alimentation un véritable bien commun.

Alors que l’accès du plus grand nombre à une alimentation durable et de proximité est un enjeu majeur de notre époque, de nombreuses structures de l’ESS organisent des événements au cours du Mois de l’ESS.

En novembre, le Mois de l’ESS c’est le mois des acteurs qui font l’économie sociale et solidaire pour témoigner de ce qu’elle peut apporter à notre société en pleine transition ET le mois de tous les citoyens et citoyennes qui souhaitent découvrir cette économie !

Développer une alimentation circulaire dans les territoires

Les démarches d’économie circulaire qui proposent d’avoir une meilleure utilisation des ressources et de minimiser la production de déchets sont porteuses de solutions pour cheminer vers une alimentation plus vertueuse. Ce livret vise à fournir aux collectivités des exemples concrets, à travers des retours d’expérience de partenariats entre des collectivités et des acteurs de l’ESS, permettant de valoriser des solutions opérationnelles pour développer une alimentation plus circulaire dans leur territoire.

Questions Cdurable à Aurore Médieu

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Aurore Médieu, Responsable Transition écologique et économie circulaire chez ESS France

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

J’ai grandi dans un petit village, dans une ancienne ferme, et cela a beaucoup influencé mon rapport au vivant et à la nature. J’ai d’ailleurs choisi de réaliser mes études dans le but de contribuer à la préservation des écosystèmes.

J’ai un besoin important de pouvoir passer du temps dans la nature à l’occasion de mes temps de repos, c’est ce qui me ressource le plus.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

L’alimentation est pour moi l’un des moyens importants de prendre soin de ma santé, surtout quand l’on sait que 55% des déterminants de santé sont liés à l’alimentation et à l’habitat. Je réalise la majorité de mes courses alimentaires chez Biocoop, ce qui me permet de répondre à deux engagements importants pour moi :

  • d’une part, consommer des aliments issus d’une agriculture biologique, locale si possible, pour limiter au maximum l’impact sur les écosystèmes,
  • et d’autre part, consommer au sein d’une coopérative qui permet de s’assurer que les bénéfices générés sont principalement réinvestis pour le développement du projet et pour rémunérer au juste prix les paysan·nes.

J’essaie de cuisiner au maximum mes repas, je consomme peu de viande dans mon quotidien à la maison et la privilégie à l’occasion des repas au restaurant. Il n’est cependant pas toujours aisé de respecter ce cadre lors de mes nombreux déplacements professionnels, où je suis souvent dans l’obligation d’acheter des produits préparées.

Trouver un magasin Biocoop

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je vis actuellement en habitat partagé en plein centre-ville. Cela correspond pour le moment à mon idéal dans la mesure où cela me permet d’avoir un accès facilité à de nombreux services de proximité tout en me déplaçant principalement à vélo ou en transport en commun, cela me coûterait de devoir utiliser la voiture dans mon quotidien. Cela est par ailleurs cohérent pour moi avec les enjeux d’emprise foncière de l’habitat :

l’habitat collectif est un moyen efficace de lutter contre l’artificialisation des sols.

L’habitat partagé, groupé, coopératif, inclusif, participatif est un phénomène apparu dans les années 80 qui remet en cause nos modes de vie individualistes.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

Je fais deux entraînements de handball par semaine, en plus des matches, et cela me permet d’avoir une activité physique régulière dans un cadre convivial.

Les activités physiques sont également au cœur de mes vacances : voyages à vélo, randonnées en montagne, etc.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Ma formation initiale a été déterminante dans mon rapport au monde et aux écosystèmes. J’ai suivi une formation d’ingénieure agronome qui m’a permis de mieux comprendre comment fonctionne le vivant et pourquoi il faut en prendre soin. Mon métier m’amène également à rencontrer un grand nombre de personnes qui contribuent activement à la transition écologique dans les territoires, et qui me permettent de progresser dans ma compréhension technique des différents enjeux.


Podcast « Bâtissons des futurs solidaires«  avec Aurore Médieu, Responsable Transition écologique et économie circulaire chez ESS France

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Mon travail occupe une place importante dans ma vie. En étant responsable des questions de transition écologique au sein d’ESS France, la Chambre française de l’économie sociale et solidaire, j’œuvre à la réalisation de deux de mes convictions les plus importantes :

agir au quotidien pour protéger les écosystèmes et défendre l’intérêt général par des actions de justice sociale.

Transition écologique

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Je me fournis en énergie auprès de la coopérative Enercoop.

Cela me permet d’avoir la garantie de contribuer au développement de projets d’énergies renouvelables locales et à gouvernance partagée. Pour mes déplacements, je n’ai pas de voiture, j’utilise beaucoup le train. En ville, je me déplace principalement à pied ou à vélo, et de façon plus ponctuelle en tram ou bus.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

L’investissement que je mets au quotidien dans mon travail constitue ma principale contribution à l’intérêt général :

soutenir des projets collectifs issus des territoires qui proposent des solutions concrètes de transition écologique pour les habitant·es.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

De même, mes engagements professionnels m’amènent à travailler de manière systématique dans des cadres de coopération et à agir pour le bien commun en contribuant, à mon petit niveau, à la préservation des écosystèmes en limitant la pression des activités humaines.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Il me semble important de prendre conscience de nos liens d’interdépendance aux écosystèmes : prendre soin de l’environnement, c’est aussi prendre soin de soi et des autres.

Il est urgent d’agir vu les constats des scientifiques, et cela ne doit pas être vécu comme une contrainte car la transition écologique de nos modèles est source de plein d’innovations sociales très enthousiasmantes et qui permettent, entre autres, de recréer beaucoup de lien social à travers des initiatives collectives.

L’humain, la planète, la démocratie : ESS France en action

ESS France, la voix de l’économie sociale et solidaire

Reconnue représentative par la loi du 31 juillet 2014 relative à l’ESS, ESS France fédère les organisations nationales représentant les différentes formes statutaires de l’Économie sociale et solidaire (ESS) ainsi que les Chambres régionales de l’ESS, et les réseaux de l’ESS qui souhaitent s’investir dans ses activités en valorisant son appartenance à ce « mode d’entreprendre et de développement ».

Depuis les territoires, jusqu’à l’échelle européenne et internationale, ESS France contribue, depuis plus de vingt ans, au développement de l’économie sociale et solidaire dans toutes ses dimensions.

Rapport d’activité 2024

Un repas de fête sans viande est-il concevable en France ?

Dans l’imaginaire collectif français, un repas de fête se passe difficilement de viande, perçue comme la pièce centrale sans laquelle le plat apparaît incomplet. À l’heure où les impératifs climatiques nous invitent à réduire notre consommation carnée, il est temps de montrer que le végétal aussi peut être le cœur de la gastronomie.

Notre imaginaire du repas gastronomiques reste très associé, en France, à la présence de viande. Rawpixel.com/Shutterstock

Par Bruno Cardinale de l’Université Le Havre Normandie


Évolution de la consommation d’aliments carnés aux XIXe et XXe siècles en Europe occidentale d’Yvan Lepage
Revue belge de Philologie et d’Histoire

Les Français comptent parmi les plus gros consommateurs de viande au monde. Cette réalité peut sembler surprenante. D’abord, parce que le nombre de flexitariens augmente. Ensuite, parce que les enjeux sanitaires dûs à une consommation excessive de viande ne sont plus ignorés. Enfin, parce que cette habitude semble relativement nouvelle.

Comme le rapportent les historiens de l’alimentation, la tradition culinaire française s’est longtemps appuyée sur les céréales, sur les légumes secs et sur les soupes, la viande restant réservée aux grandes occasions. Nous en consommons en moyenne deux fois plus aujourd’hui qu’en 1920.

Dès lors, comment comprendre cet attachement à la viande, alors même que les discours écologiques se multiplient et que sa consommation diminue en moyenne en France ? Selon les données récentes du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, cette baisse s’explique en fait davantage par la hausse des prix des produits carnés que par une véritable préoccupation environnementale ou nutritionnelle.

Pourquoi on mange moins de viande en France
La consommation de viande aurait baissé de 10 % en France depuis les années 2010. Shutterstock

Pour mesurer l’influence encore limitée des politiques publiques sur les pratiques alimentaires, il est particulièrement instructif de pencher sur un objet culturel emblématique : le repas gastronomique des Français, traditionnellement centré sur la viande.

Incarnation de l’art de vivre à la française, ce repas structuré et codifié a été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en 2010. Selon la définition de cette dernière, le patrimoine culturel immatériel est

« traditionnel, contemporain et vivant à la fois : il ne comprend pas seulement les traditions héritées du passé, mais également les pratiques rurales et urbaines contemporaines, propres à divers groupes culturels ».

Manger flexitarien, végétarien ou végétalien sauvera-t’il notre avenir, biodiversité et climat ?

Autrement dit, le repas gastronomique, en tant que pratique vivante, peut lui aussi évoluer face aux enjeux de transition alimentaire. Cette évolution est d’autant plus nécessaire que la gastronomie joue un rôle central dans la transmission des normes alimentaires. C’est souvent à travers ces repas que les enfants apprennent ce qu’est un « vrai bon repas ».

La définition même du repas gastronomique des Français insiste sur cette fonction éducative :

« Des personnes reconnues comme étant des gastronomes, qui possèdent une connaissance approfondie de la tradition et en préservent la mémoire, veillent à la pratique vivante des rites et contribuent ainsi à leur transmission orale et/ou écrite, aux jeunes générations en particulier. »

Dès lors, la diminution globale de la consommation de viande touche-t-elle également ces repas gastronomiques ? Que transmet-on aujourd’hui, implicitement, lors de ces moments qui continuent de structurer l’apprentissage culinaire des plus jeunes ?

Le repas gastronomique, moment de partage résolument carné

Mariage, communion, anniversaire… dès qu’un événement prend une dimension gastronomique, la viande (et en particulier la viande rouge) reste le point d’orgue du repas. Notre étude des représentations sociales, menée auprès de 424 mangeurs, confirme que la viande occupe une place centrale dans l’imaginaire collectif du repas gastronomique.

Sur le terrain, nous avons également observé plus de 18 000 mangeurs lors de 226 repas de mariage. Les chiffres sont éloquents : plus de deux convives sur trois choisissent une viande rouge, principalement du bœuf, qui, à lui seul, pèse presque autant que toutes les autres options réunies. Le poisson additionné aux plats végétariens ne représentent qu’un dixième des choix, tandis que la volaille et le veau assurent une transition limitée. La demande pour les plats végétariens, l’agneau ou le porc demeure marginale, voire inexistante.

Ces constats soulèvent une question centrale : si les moments symboliques de partage sont systématiquement centrés sur la viande, peut-on réellement transmettre à nos enfants une culture alimentaire plus végétale ?

Restauration scolaire : tout savoir sur le menu végétarien hebdomadaire

Bien que les plus jeunes soient sensibilisés aux questions écologiques et qu’ils consomment moins de viande que leurs parents, prescrire un repas végétarien par semaine à la cantine ne suffit pas à optimiser la transition alimentaire.

Transformer les représentations du « vrai repas »

Textures et saveurs de petits pois. Bruno Cardinale, Fourni par l’auteur

Il faut transformer durablement les représentations sociales, en agissant notamment sur le noyau central. Celui-ci désigne les éléments cognitifs les plus stables, les plus partagés et les moins questionnés. Ces idées perçues comme évidentes structurent notre manière de penser ce qu’est, par exemple, un « vrai repas ».

Selon la théorie des représentations sociales, agir sur les éléments les plus visibles et les plus partagés permet de modifier en profondeur les ancrages collectifs.

En tant que modèle normatif à forte valeur symbolique, le repas gastronomique constitue donc un levier stratégique. En transformant ce moment d’exception, on peut potentiellement influencer les pratiques du quotidien.

Dès lors, comment végétaliser davantage le menu gastronomique ?

Pour répondre à cette question, nous avons analysé les cartes de 43 restaurants aux positionnements divers, allant du fast-food au restaurant gastronomique. Notre étude fait émerger sept stratégies mobilisées au sein de diverses formules de restauration et directement transposables au repas gastronomique.

Racines, Restaurant gastronomique végétal

L’imitation

L’une des approches consiste à supprimer les produits animaux normalement présents dans la recette, par exemple le chili sin carne, ou d’en proposer une version pescétarienne, par exemple le cassoulet de poisson), afin de préserver un visuel proche du plat original.

Illusion d’un foie gras. Bruno Cardinale, Fourni par l’auteur

Le cuisinier peut aussi utiliser des substituts très proches de la viande en apparence. Certaines marques, comme Redefine Meat, développent des « viandes végétales » appelées new meats, déjà implantées dans des chaînes comme Hippopotamus.

Sur le site de Redefine Meat, la rubrique « Trouver un restaurant » illustre le déploiement de ces alternatives végétales.

Dans un cadre gastronomique, l’imitation peut prendre des formes plus artisanales, par exemple la création d’un foie gras végétal à partir de produits bruts.

L’expérience

Soupe au pistou. Bruno Cardinale, Fourni par l’auteur

Ici, l’objectif n’est pas de copier la viande, mais de proposer une expérience culinaire végétarienne esthétique et narrative capable de séduire par son originalité et sa mise en scène. Il s’agit, la plupart du temps, d’une stratégie particulièrement prisée des chefs de la restauration gastronomique.

Des établissements comme Culina Hortus ou des recettes comme le célèbre gargouillou de Michel Bras incarnent l’expérience gastronomique végétale, dans une logique d’auteur, artistique, éthique et sensorielle.

La reconversion

Légumes rôtis. Bruno Cardinale, Fourni par l’auteur

Cette stratégie consiste à puiser dans la mémoire culinaire collective, en mobilisant des hors-d’œuvre ou des accompagnements traditionnellement végétariens, comme plats principaux.

On peut par exemple proposer en guise de plat, des ravioles de Royan par essence végétales, une soupe au pistou ou des légumes rôtis.

Dans cette logique de reconversion, il est aussi question d’inverser la proportion de légumes et de viandes dans une recette, comme chez Datil, restaurant étoilé au guide Michelin, où « l’assiette met en valeur le végétal avant tout (fruits et légumes à égalité), agrémenté d’un soupçon de protéines animales ».

La coproduction

Cette méthode repose sur des options de personnalisation, laissant au client la liberté de composer lui-même un plat végétarien selon ses préférences. Elle s’appuie sur un besoin de flexibilité et d’adaptation aux mangeurs dits « combinatoires ».

Tacos végétariens à réaliser soi-même. Bruno Cardinale, Fourni par l’auteur

Ces derniers naviguent entre différents régimes alimentaires (omnivore, flexitarien, végétarien) et souhaitent ajuster leur choix au gré des occasions. Cette approche est largement développée dans de nombreux modèles de restauration : pizzerias, crêperies, bars à tacos, cafétérias ou chaînes de fast-food comme Subway…

Dans ces formats, les clients peuvent librement sélectionner leurs ingrédients, sans nuire à l’organisation du service.

En restauration gastronomique, on pourrait imaginer un service sur chariot, présentant une sélection d’éléments à combiner soi-même, à l’image du traditionnel plateau de fromages.

La coexistence

Il s’agit d’incorporer des alternatives végétariennes dans un menu traditionnellement carné, sans modifier l’identité globale de la marque ni son positionnement historique.

C’est une approche courante dans des enseignes comme Hard Rock Café, Léon ou La Criée, dans lesquelles les propositions végétariennes existent, mais sont souvent diluées dans la carte.

Elles sont généralement intégrées sans rubrique spécifique ni signalétique particulière, et occupent une place marginale dans l’offre globale. Parfois, ces alternatives ne figurent même pas : le convive peut simplement demander la suppression de la viande ou du poisson dans la recette.

Ce type d’adaptation est également fréquent en restauration gastronomique où les menus sont adaptés selon les régimes des mangeurs.

Mais, selon un constat empirique issu de nos observations de terrain, cette pratique reste souvent insatisfaisante. De nombreux végétariens font état de leur frustration lorsqu’on leur sert uniquement les accompagnements des plats carnés, aboutissant à des assiettes peu équilibrées et perçues comme une solution de second choix.

L’engagement

Cette stratégie consiste à faire du végétal un pilier identitaire de la marque, en l’affichant comme une preuve d’engagement éthique.

Ici, le végétal n’est pas une option marginale : il devient une valeur centrale revendiquée. L’enseigne s’adresse directement aux mangeurs militants, soucieux de l’environnement, de leur santé et du bien-être animal. Il s’agit d’une rupture assumée, marquant une position forte en matière de responsabilité sociale.

Des enseignes comme Cojean illustrent bien cette approche, avec plus de 60 % de leur carte consacrée à des plats végétariens ou végétaliens. On retrouve également des propositions engagées chez Paul, qui communique sur le développement d’une offre végétale.

Certains restaurants gastronomiques se positionnent aujourd’hui avec cette stratégie, comme Culina Hortus ou encore Racines.

L’importation

« Importer » consiste à proposer une expérience gastronomique complète, codifiée et légitime, mais issue d’une autre culture que la tradition occidentale. Plutôt que de transformer les plats habituels, elle s’appuie sur des cuisines où la place du végétal est historiquement centrale et socialement valorisée.

Thali. Bruno Cardinale, Fourni par l’auteur

On retrouve cette approche dans les thalis indiens, les bibimbaps coréens, la cuisine macrobiotique japonaise ou encore les mezzés méditerranéens. Ces modèles offrent des repas complets, structurés et socialement reconnus, sans que la viande en soit nécessairement l’élément principal.

Ils permettent finalement de déléguer la légitimité à une culture alimentaire valorisée, et d’éviter aux mangeurs une dissonance cognitive.

En restauration gastronomique, ces plats importés peuvent être sublimés et laisser libre cours à la créativité des chefs.

Des stratégies complémentaires

Ces sept stratégies ne s’excluent pas : elles peuvent coexister et se combiner au sein d’une même offre, d’un même restaurant, voire d’un même repas gastronomique.

L’imitation, l’expérience, la reconversion, la coproduction, la coexistence, l’engagement et l’importation ne sont pas des chemins parallèles, mais des leviers complémentaires que les chefs et les restaurateurs peuvent mobiliser avec créativité et cohérence.

En mélangeant ces approches, il devient possible d’ancrer progressivement de nouvelles représentations sociales, de végétaliser les pratiques sans brusquer les traditions, et surtout de transmettre aux jeunes générations une autre façon de penser le « vrai bon repas ».

Racines, Restaurant gastronomique végétal

Au-delà des enjeux culturels et environnementaux, la dimension économique mérite aussi d’être soulignée. Pour les chefs engagés, l’offre végétale peut devenir un signe distinctif et renforcer leur image auprès d’un public soucieux d’éthique, de nutrition et d’environnement. Pour les grandes enseignes, elle représente un levier de différenciation commerciale et un moyen d’attirer une clientèle plus large.

Enfin, dans un contexte où la viande reste coûteuse, la rentabilité des plats peut être améliorée sans perte de qualité, grâce à l’acte culinaire du chef, qui mobilise son savoir-faire pour valoriser les ingrédients végétaux. Dans les écoles hôtelières, inspecteurs, proviseurs et enseignants, sensibles à la végétalisation, conduisent déjà des actions de formation, organisent des événements et réforment les programmes pour accompagner cette transition.

Bruno Cardinale, Maître de conférences et chercheur en marketing, Université Le Havre Normandie

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


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