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Fusion nucléaire : l’énergie des étoiles peut-elle éclairer l’Europe ?

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Produire sur Terre l’énergie qui alimente les étoiles : pendant longtemps, l’idée relevait presque de la science-fiction. Pourtant, la fusion nucléaire est aujourd’hui au cœur d’une nouvelle course technologique mondiale. Ancien directeur des accélérateurs et de la technologie au CERN, l’ingénieur électrique français Frédérick Bordry dirige désormais la stratégie technologique de Gauss Fusion, une entreprise européenne qui veut construire une centrale à fusion capable d’alimenter le réseau électrique dans les années 2040. Dans cet entretien, il décrypte les enjeux scientifiques, industriels et énergétiques de cette technologie qui pourrait, à terme, contribuer à sortir du fossile.

Gauss Fusion souhaite assurer la sécurité énergétique des générations futures en utilisant la fusion comme source d’énergie sûre et propre

Notre vie dans l’univers
vient de la fusion
dans les étoiles

Reproduire l’énergie du Soleil… sur Terre

Qu’est-ce que la fusion ? Pourquoi est-elle si difficile à réaliser ?

Quand on parle de nucléaire, le grand public pense immédiatement aux centrales actuelles, qui reposent sur la fission de l’uranium. La fusion fonctionne selon le principe exactement inverse.

« Dans la fission, on casse un noyau lourd pour libérer de l’énergie », explique Frédérick Bordry. « Dans la fusion, on rapproche au contraire des noyaux très légers, comme ceux de l’hydrogène, jusqu’à ce qu’ils fusionnent. Et là aussi, cela libère énormément d’énergie. »

Ce phénomène est celui qui fait briller toutes les étoiles de l’univers. Dans le Soleil, les noyaux d’hydrogène fusionnent en permanence, produisant une énergie colossale qui nous parvient sous forme de lumière et de chaleur.

D’une certaine manière, l’objectif des chercheurs est simple à formuler : mettre un petit Soleil dans une machine sur Terre. Mais le défi est immense.

Qu’est-ce que la fusion nucléaire ? Réponse de l’AIEA – Agence Internationale de l’Énergie Atomique
La technologie du Tokamak n’a pas été adoptée par Gauss Fusion, qui a choisi celle du Stellarateur ci-dessous
Gauss Fusion annonce choisir le Stellarateur pour sa centrale à fusion nucléaire
Stellarateur Wendelstein 7-X – Crédit photo @Christian Lünig – arbeitsblende.de

150 millions de degrés et un plasma suspendu dans le vide

Dans le Soleil, la fusion est rendue possible par une pression gigantesque liée à la masse de l’étoile. Sur Terre, cette pression n’existe pas. Pour obtenir la fusion, il faut donc compenser autrement.

« Dans une centrale à fusion, on doit atteindre des températures de l’ordre de 150 à 200 millions de degrés », explique l’ingénieur, soit dix fois plus que les 15 à 20 millions de degrés Celsius de notre soleil.

À de telles températures, la matière ne ressemble plus à un gaz ordinaire. Elle devient un plasma, un état où les électrons sont arrachés aux atomes. Le mélange devient alors une soupe de particules chargées électriquement.

Le problème est évident : aucun matériau ne peut supporter une telle chaleur. La solution consiste donc à empêcher le plasma de toucher les parois du réacteur.

« Il faut le confiner, le guider sans qu’il touche quoi que ce soit », résume Frédérick Bordry.

Pour cela, les physiciens utilisent des champs magnétiques extrêmement puissants générés par de grands aimants supraconducteurs. Ces aimants maintiennent le plasma en suspension dans une chambre en forme d’anneau, où les particules circulent dans le vide.

L’approche de Gauss-fusion s’appuie sur la récupération efficace du tritium de la couverture et des gaz d’échappement du réacteur pour limiter les stocks et garantir une sécurité maximales. Elle est plus efficace et plus sûre que les autres systèmes de refroidissement à eau et permet de maintenir des conditions de fonctionnement optimales tout en réduisant l’encombrement global de la centrale.

Quand la fusion produit de l’électricité

Lorsque deux noyaux d’hydrogène fusionnent, ils libèrent notamment des neutrons très énergétiques. Ces neutrons quittent le plasma et viennent frapper les parois internes du réacteur. C’est là que l’énergie est récupérée.

La chaleur produite est captée par un fluide caloporteur – de l’eau ou un autre liquide – puis transformée en vapeur qui fait tourner une turbine. Comme dans une centrale thermique classique, cette turbine entraîne un alternateur qui produit de l’électricité.

Autrement dit, si la physique au cœur du réacteur est révolutionnaire, la production d’électricité reste finalement très classique.

Le défi du tritium, carburant rare de la fusion

La réaction de fusion la plus efficace aujourd’hui utilise deux isotopes de l’hydrogène : le deutérium et le tritium. Le deutérium est relativement abondant dans l’eau de mer. Le tritium, en revanche, est beaucoup plus rare et radioactif.

« L’inventaire mondial de tritium est d’environ 25 kilos, alors qu’une centrale de fusion d’un gigawatt en consommerait environ 150 kilos par an », rappelle Frédérick Bordry. Il est donc impossible de compter sur des réserves naturelles. Les réacteurs devront produire eux-mêmes leur combustible.

La solution consiste à entourer le plasma d’une couche contenant du lithium. Les neutrons issus de la fusion frappent ce lithium et produisent du tritium, qui est ensuite récupéré et réinjecté dans le réacteur.

« Le vrai défi industriel de la fusion, pour moi, c’est le tritium », confie l’ingénieur. « Il faut être capable de le produire en boucle fermée pour alimenter la centrale. »

Une technologie beaucoup plus sûre que la fission

La fusion présente aussi un avantage majeur en matière de sûreté.

Contrairement aux centrales nucléaires actuelles, il n’existe pas de réaction en chaîne susceptible de s’emballer. « Dans le plasma, il n’y a que quelques grammes de combustible », explique Frédérick Bordry. « Si vous coupez l’alimentation, tout s’arrête immédiatement. » Il n’y a donc pas de risque de fusion du cœur ou d’accident comparable à ceux de la fission.

Il reste néanmoins deux enjeux à gérer : la production du tritium et la radioactivité induite dans certains matériaux exposés aux neutrons. Mais ces déchets auraient des durées de vie de l’ordre de quelques décennies à une centaine d’années, bien loin des centaines de milliers d’années associées à certains déchets nucléaires actuels.

Gauss Fusion, un projet industriel européen

GIGA, la future centrale à fusion de Gauss Fusion ; crédit @Gauss Fusion

C’est dans ce contexte qu’est née en 2022 la société Gauss Fusion, qui ambitionne d’accélérer la transformation de la recherche scientifique en centrales électriques.

Frédérick Bordry a rejoint l’entreprise après une carrière de 35 ans au CERN, où il a notamment dirigé les accélérateurs de particules et la stratégie technologique.

« Pendant quarante ans, la fusion a été portée surtout par la recherche publique et les physiciens », observe-t-il. « Maintenant, il faut passer à l’étape industrielle. »

Gauss Fusion rassemble des partenaires en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, avec l’ambition de développer une centrale européenne de fusion capable de produire environ un gigawatt d’électricité, l’équivalent d’un réacteur nucléaire classique.

L’objectif est clair :
une première centrale connectée au réseau au début des années 2040.

Une course mondiale déjà lancée

La fusion est aujourd’hui au cœur d’une compétition technologique mondiale. La Chine investit massivement dans le domaine, tandis que les États-Unis soutiennent de nombreuses start-ups privées. L’Europe, elle, possède une expertise scientifique de premier plan, notamment avec les grands programmes de recherche internationaux. Mais pour Frédérick Bordry, cela ne suffira pas.

« Aucun pays européen ne pourra faire la fusion tout seul. C’est un projet qui doit être européen », estime-t-il. « Sinon, on risque de se retrouver un jour à acheter des centrales de fusion chinoises. »

Des centrales à plusieurs milliards d’euros

Construire la première centrale à fusion nécessitera des investissements comparables au coût actuel d’un EPR (European Pressurized Reactor), réacteur à fission nucléaire à eau pressurisée de 1 600 MW.

Selon Gauss Fusion, le coût pourrait atteindre 15 à 18 milliards d’euros pour un premier réacteur industriel. Les suivants pourraient descendre entre 10 et 12 milliards, grâce à l’expérience acquise et à l’industrialisation. Ces montants sont comparables à ceux des grands réacteurs nucléaires actuels.

En échange, une centrale de fusion pourrait produire environ 7 à 8 TWh d’électricité par an, soit la consommation de plus d’un million de foyers.

La fusion ne remplacera pas tout

Pour autant, la fusion ne sera pas une solution miracle capable de remplacer toutes les autres sources d’énergie.

« Je suis convaincu de l’importance du mix énergétique », explique Frédérick Bordry. « On aura besoin des énergies renouvelables, du nucléaire et de la fusion pour couvrir les besoins à long terme. »

Les énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, sont essentielles mais intermittentes. Or l’électricité doit être produite au moment précis où elle est consommée. Dans cette perspective, la fusion pourrait jouer un rôle de source pilotable bas carbone, capable de stabiliser le système électrique.

Sortir des énergies fossiles

Au fond, l’enjeu dépasse la seule question technologique. Pour Frédérick Bordry, la priorité reste la sortie des énergies fossiles.

Fusion : l’Eau pourra-t-elle Remplacer le Pétrole ? Un article de SCIENCE & VIE décrypté par Planète Gaïa

« Il faut sortir du pétrole, du charbon et du gaz », insiste-t-il. « La fusion peut nous aider à produire une énergie abondante sans carbone. »

La technologie ne sera pas prête avant plusieurs décennies, mais les décisions industrielles et politiques doivent être prises dès aujourd’hui. Car si la fusion devient un jour une réalité industrielle, elle pourrait bien transformer profondément notre système énergétique.

Et faire entrer l’humanité dans une nouvelle ère énergétique …
alimentée par l’énergie des étoiles.

Résumé du rapport de conception de Gauss Fusion (en anglais)

Gauss Fusion, greentech européenne fondée pour construire la première centrale à fusion du continent, a soumis à l’évaluation, par des experts indépendants européens de la fusion et de l’industrie, le rapport de conception de sa centrale à fusion.

Un panel indépendant composé d’experts européens dans le domaine de la fusion et de l’industrie, présidé par le professeur Hartmut Zohm (Institut Max Planck de physique des plasmas, IPP), a achevé l’examen du rapport de conception (CDR) de Gauss Fusion, finalisé en octobre 2025.

Ce rapport détaille à travers 1300 pages la conception complète de GIGA, la future centrale à fusion commerciale de Gauss Fusion. Une première en Europe. Ci-dessous le résumé de 124 pages.

Cette nouvelle étape permet à Gauss Fusion de passer de la phase de conception à la phase d’ingénierie.

Alors qu’à Davos, le président Emmanuel Macron a souligné l’importance de protéger nos industries et de collaborer sur le continent pour répondre aux défis mondiaux, la vision européenne de Gauss Fusion prend tout son sens, avec un plan de développement clé en main d’une énergie propre et sûre qui offre à l’Europe une longueur d’avance dans la course à l’énergie de fusion face, notamment, aux États-Unis et à la Chine.

Le comité d’experts a évalué la cohérence, l’intégration et la logique industrielle de la première conception complète de Gauss Fusion pour une centrale à fusion commerciale. Il a reconnu la valeur d’une approche d’ingénierie des systèmes conforme à la réalité industrielle et visant à développer une vision holistique de l’ensemble de la centrale électrique.

La conclusion de cet examen intervient à un moment critique pour l’Europe où des mesures décisives sont nécessaires pour faire passer la fusion du stade de l’ambition à celui de la mise en œuvre industrielle. Pour les décideurs politiques, le défi consistera à mettre en place les structures nécessaires à la réalisation d’une centrale électrique première du genre.

Nous entrons désormais dans la phase de conception technique détaillée (…) C’est ainsi que les technologies industrielles complexes passent du concept à la réalité.

Frédérick Bordry, Directeur technique, Gauss Fusion

La prochaine phase se concentrera sur des travaux d’ingénierie détaillés, notamment l’approfondissement de la maturité du design, la validation d’hypothèses critiques, des prototypages et qualifications ciblés, le renforcement de l’intégration des systèmes et le perfectionnement des options d’industrialisation en collaboration avec des partenaires.

télécharger le rapport de conception
de Gauss Fusion

Les espaces verts urbains en France : une création de valeur via les bienfaits sanitaires et écologiques

À l’approche des élections municipales de 2026, la présence d’espaces verts urbains devient un enjeu écologique et sanitaire pour les villes dans leur adaptation au changement climatique. L’étude du cabinet Asterès, « L’impact des espaces verts urbains en France », réalisée en 2024 par Guillaume Moukala Same, apporte une évaluation chiffrée des effets sanitaires, environnementaux et économiques de la végétalisation des villes.

LES ESPACES VERTS URBAINS EN FRANCE : UNE CRÉATION DE VALEUR VIA LES BIENFAITS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX

Espaces verts urbains : un enjeu pour les municipales 2026 ?

Les espaces verts en France en chiffres

Cette étude adopte une approche unique en économie et propose une première évaluation du volume et de la valeur des services sanitaires et environnementaux rendus par les espaces verts, qui engobent toutes les surfaces et éléments naturels en milieu urbain, publics et privés, à l’exception des points d’eau.

Ainsi, en France pour l’année 2023, Asterès a quantifié les bienfaits des espaces verts urbains à :

  • 22 000 vies sauvées,
  • 275 000 pathologies évitées,
  • 20 Mt de CO2 stocké
  • 1,4°C de moins en moyenne en été,
  • l’équivalent de 2,3 Md€ de valeur tangible créée pour la société.

En intégrant l’activité directe générée par les entreprises du paysage et des végétaux, l’empreinte économique totale des espaces verts en milieu urbain est estimée à 5,6 Mds€ en 2023.

Ces résultats objectivent le rôle des espaces verts comme outil de politique publique et d’adaptation au réchauffement climatique : santé, adaptation climatique, attractivité territoriale et dynamisme économique.

L’analyse de 70 publications académiques et rapports
internationaux pour évaluer l’effet des espaces verts sur la santé

L’exposition aux espaces verts en milieu urbain présente de multiples bénéfices sanitaires, environnementaux et sociaux.

L’impact des espaces verts sur la santé physique et mentale en France

Asterès a examiné plus de 70 publications académiques et rapports internationaux pour évaluer l’effet des espaces verts sur la santé, l’environnement et les relations sociales.

Sur le plan sanitaire, il semble se dégager un consensus sur les effets positifs des espaces verts sur la mortalité, la prévalence de certaines maladies chroniques telles que le diabète de type 2, ainsi que le développement cognitif, le bien-être et la santé mentale, le poids des nouveau-nés, et certains facteurs non médicaux influant sur la santé comme la qualité du sommeil, même si les mécanismes exacts restent complexes et parfois difficiles à déterminer. En outre, les espaces verts pourraient potentiellement avoir des effets bénéfiques sur le risque d’obésité, de démence et de maladies cardio-neurovasculaires mais les preuves sont à l’état actuel des connaissances fragiles ou ambiguës.

Sur le plan environnemental, les mécanismes d’action sont bien connus : les espaces verts jouent un rôle clé dans la diminution des températures urbaines en période estivale, la réduction des émissions de CO2, l’amélioration de la qualité de l’air, l’atténuation des nuisances sonores et l’augmentation de la capacité d’absorption des eaux pluviales.

Concernant les aspects sociaux, il est établi que des espaces verts bien conçus (notamment une conception qui favorise la surveillance naturelle et garantit une bonne illumination des espaces) et bien entretenus (maintenance des lieux et gestion des espaces verts) favorisent la sécurité perçue et réelle et renforcent les liens communautaires.

À l’inverse, les espaces verts mal conçus et mal entretenus peuvent attirer les activités criminelles, le vandalisme et le trafic de drogue.

L’impact des espaces verts sur la santé physique et mentale en France

Les résultats de l’impact des espaces verts : 22 000 vies sauvés …

En s’appuyant sur cette revue de littérature, Asterès estime que les espaces verts ont un impact
significatif sur la santé et l’environnement
, notamment sur la prévalence du diabète chez les personnes âgées, la santé mentale, la mortalité, la température locale et un impact non négligeable
sur d’autres pathologies chroniques et les puits de carbone.

  1. Dans un premier temps, Asterès a collecté auprès de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) des données sur la superficie couverte par des espaces verts dans 72 zones urbaines françaises, englobant ainsi plus d’un tiers de la population française.
  2. Dans un deuxième temps, Asterès a appliqué les effets sanitaires et environnementaux des espaces verts identifiés par la littérature à ce périmètre pour évaluer l’impact des espaces verts en 2023, et dans un scénario crédible de progrès des villes les moins vertueuses en les alignant sur la moyenne, corrigée de la surface et de la population – Asterès a en effet remarqué, à l’aide d’un modèle de régression linéaire multiple, que 43 villes présentaient des surfaces d’espaces verts relativement faibles compte tenu de leur surface et de leur population.
    • Sur le plan sanitaire, Asterès estime que les espaces verts ont évité en 2023 le traitement de plus de 275 000 pathologies chroniques et problèmes de santé mentale ainsi que plus de 22 000 décès. L’impact sur les cas de diabète de type 2 représente 6% de la prévalence chez les séniors, l’impact sur les prescriptions d’anti-dépresseurs 8% des traitements chez la même classe d’âge, et l’impact sur la mortalité 3% des décès en 2023. L’impact sur les autres pathologies chroniques est plus mesuré. Asterès estime que plus de 22 000 pathologies chroniques et troubles mentaux et plus de 2 000 décès supplémentaires pourraient être évités dans un scénario de progrès des villes les moins vertueuses. Notons que certains effets avérés des espaces verts n’ont pu être pris en compte faute de méthode, notamment les effets sur la durée du sommeil, le risque de TDAH ou encore le poids des nouveau-nés.
    • Sur le plan environnemental, Asterès estime que les espaces verts stockaient en 2023 20 Mt de CO2, ont absorbé 11 000 tonnes de polluants, évitant 1 500 cas d’asthme, et abaissé la température locale de 1,4°C en moyenne en été, évitant plus de 800 visites à l’hôpital en période de vague de chaleur. Le volume de CO2 stocké par les arbres urbains équivaut à 3% des émissions absorbées par les forêts françaises sur 25 ans, en maintenant la performance des forêts actuelles constante. Les arbres ont également absorbé 2,0% des émissions PM10, 0,6% des émissions de NO2, et moins de 0,5% des émissions pour les autres polluants. Asterès estime que 3 Mt de CO2 supplémentaires pourraient être stockées, 1 700 t de polluants supplémentaires pourraient être absorbés et que la température locale pourrait être abaissée de 0,2°C supplémentaire en été, dans un scénario de progrès des villes les moins vertueuses. Notons que certains effets n’ont pu être pris en compte faute de méthode ou donnée, notamment les effets de la qualité de l’air sur d’autres pathologies chroniques que l’asthme, ou encore les effets de la température locale la consommation d’énergie, la productivité ou le retrait-
      gonflement des argiles.
Les bienfaits des espaces verts dans la société

Une création de valeur par les espaces verts estimée à 2 Mds€

Asterès estime que les espaces verts ont créé au moins 2,3 Mds€ de valeur en 2023 et pourraient en créer 310 M€ supplémentaire dans le scénario d’amélioration.

LES ESPACES VERTS URBAINS EN FRANCE : UNE CRÉATION DE VALEUR VIA LES BIENFAITS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX
Les espaces verts créent de la valeur tangible à l’échelle mondiale

Dans le détail, la valeur créée par les effets sanitaires s’élève à 525 M€ en 2023 et pourrait augmenter de 45 M€ si les villes les moins vertueuses s’alignaient sur la moyenne à taille et population égale, et la valeur créée par les effets environnementaux s’élève à 1 800 M€ et pourrait augmenter de 270 M€ dans le scénario d’amélioration. Pour des dépenses publiques et privées dans les espaces verts estimées à 3,3 Mds€ en 2023, cela signifie que chaque euro d’activité dans les espaces verts génère 0,7€ supplémentaire de valeur sanitaire et environnementale pour la collectivité.

Ce chiffrage n’inclut que des flux monétaires tangibles :

  • pour la santé, les dépenses de santé évitées pour l’Assurance maladie et les organismes complémentaires ainsi que les pertes de production évitées pour les entreprises,
  • et pour l’environnement, les dommages futurs évités via la séquestrations de CO2. Deuxièmement, les pertes de production ont été chiffrés à l’aide de la méthode des coûts de friction, qui se place du point de vue de l’employeur et ne prend en compte que la production non compensée par les collègues.
  • Troisièmement, le coût des décès n’est pas comptabilisé, le manque d’information sur leur répartition par âge empêchant dans la plupart des cas d’estimer les pertes de production.
  • Quatrièmement, le coût social du carbone retenu correspond à la fourchette basse des estimations trouvées dans la littérature.
Les bienfaits des espaces verts dans la société

Une invitation à questionner nos politiques publiques et nos méthodes d’évaluation

En ayant à la fois des effets environnementaux et sanitaires, et à la fois des impacts locaux et globaux, les espaces verts questionnent nos politiques publiques et nos méthodes d’évaluation
économique
. Cette étude économique adopte une approche unique pour mettre en lumière deux phénomènes :

  • premièrement l’imbrication des effets environnementaux et sanitaires des espaces verts
  • et deuxièmement le décalage entre les payeurs et bénéficiaires des espaces verts.

Ces phénomènes ne sont en réalité pas propres aux espaces verts : rares sont les activités économiques neutres pour la santé et l’environnement et rares sont les politiques publiques qui permettent de comptabiliser ces effets.

L’impact sanitaire et environnemental des activités économiques a longtemps été considéré comme ne faisant pas partie du champ de l’analyse économique.

Au-delà de l’intérêt pour l’analyse de l’impact des espaces verts, cette étude fournit un premier cadre pour analyser les effets sanitaires et environnementaux conjointement, qui pourrait être ensuite appliqué à de nombreux secteurs d’activité, sortant l’économie de son isolement en offrant une vision élargie de la valeur créée (ou détruite) par les activités humaines.

Les espaces verts urbains, lieux de santé publique, vecteurs d’activité économique – Etude Asterès

Étude Asterès : Les espaces verts urbains en France : une création de valeur via les bienfaits sanitaires et environnementaux

Thibaut Brecville CEO de Done veut accélérer la révolution du don d’entreprise

Chaque année en France, 4 milliards d’euros de produits non alimentaires dorment dans les entrepôts. Des produits neufs, invendus ou retours clients sont parfois voués à la destruction. Pendant ce temps, des centaines d’associations peinent à trouver les ressources matérielles nécessaires pour mener leurs actions. C’est pour combler ce fossé qu’est née Done, en 2020. Et c’est pour passer à la vitesse supérieure que Thibaut Brecville a été nommé Chief Executive Officer. Il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Engagements durables de Done

Il est possible d’allier performance économique, engagement sociétal et respect de l’environnement.

En revalorisant les surstocks des entreprises grâce au don aux associations, Done transforme un enjeu de gaspillage en une opportunité à impact positif.

Sa démarche repose sur trois piliers essentiels :

SOLUTION DONE : 10 JOURS POUR TOUT ORGANISER !
  • PILIER ENVIRONNEMENTAL, POUR RÉDUIRE LE GASPILLAGE ET PRÉSERVER LES RESSOURCES
    Chaque année, des millions de produits sont détruits. En redirigeant les surstocks vers des associations, Done limite la production de déchets, offre une seconde vie aux produits et participe à la réduction de l’empreinte carbone liée à leur destruction.
  • PILIER SOCIÉTAL, POUR SOUTENIR LES ASSOCIATIONS ET RENFORCER LA SOLIDARITÉ
    Grâce à un réseau d’associations partenaires, Done favorise la redistribution de biens essentiels à ceux qui en ont le plus besoin. Ce modèle crée un lien direct entre entreprises et associations, contribuant ainsi à une société plus juste, solidaire et inclusive.
  • PILIER ÉCONOMIQUE, POUR VALORISER LES RESSOURCES ET CRÉER DE LA VALEUR PARTAGÉE
    En offrant une seconde vie à leurs produits, les entreprises réalisent des économies tout en renforçant leur image de marque responsable. Le dispositif permet également de bénéficier d’une réduction d’impôt de 60 % de la valeur des dons, faisant du geste solidaire un levier concret de performance durable.

Pourquoi donner plutôt que jeter ou recycler ?

Donner, c’est agir concrètement
pour une économie plus responsable !

Entrepôt Done

Chaque année, des millions de produits (vêtements, jouets, livres, équipements, articles de maison, etc…) dorment dans les entrepôts des entreprises. Faute de solution simple, beaucoup finissent détruits, recyclés ou oubliés. Pourtant, une alternative à la fois utile, simple et vertueuse existe : le don.

Le don est une solution pour :

  • Éviter le gaspillage et la destruction : jeter un produit, c’est gaspiller les ressources, l’énergie et
    le travail nécessaires à sa fabrication. C’est une perte d’argent.
  • Donner du sens à ses invendus : un stock dormant peut devenir une ressource précieuse pour des associations locales.
  • Réduire son empreinte environnementale : recycler ou détruire a aussi un coût écologique. Le don est la solution la plus directe et la moins énergivore pour prolonger la durée de vie des produits. Et le don est 5 fois plus rentable que le déstockage et le recyclage !
  • Créer de la valeur partagée : en donnant, les entreprises agissent pour le bien commun tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt de 60 % de la valeur des produits donnés.

La loi AGEC : un cadre légal qui encadre le don

Adoptée en 2020, la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) marque un tournant majeur dans la lutte contre le gaspillage. Elle interdit la destruction des invendus non-alimentaires (comme les vêtements, les jouets, les produits d’hygiène ou les équipements électroniques) et incite fortement au don.

Concrètement, cette loi pousse les entreprises à :

  • Privilégier la réutilisation et le don plutôt que la destruction.
  • Mettre en place des solutions concrètes pour revaloriser leurs invendus
  • Rendre compte de la traçabilité des dons et de la destination des produits.

L’exemple de Décathlon, 1er partenaire de Done depuis 2020

Depuis 2020, Décathlon déploie le don aux associations dans de nombreux magasins afin de sauver un maximum de produits : retours clients, articles utilisés une ou plusieurs fois, retours de location, produits légèrement abîmés ou dont le packaging est défectueux.

Historiquement, le don existait déjà via les liens forts entre les magasins et les associations locales. Ces dernières années, l’enjeu a été de structurer cette pratique avec un cadre juridique, fiscal, économique et sociétal solide, pour éviter le gaspillage et valoriser chaque produit encore utile” précise Anthony LE MENS, Chef de projet seconde vie chez Décathlon

Guide du don de surstocks en entreprises

Télécharger le Guide officiel du Don
de surstocks en entreprise

2026 : Done veut changer d’échelle avec Thibaut Brecville

Avec l’arrivée de Thibaut Brecville, Done ouvre un nouveau chapitre, avec comme priorités pour 2026 :

  • Accélérer l’adoption du don, les entreprises sont encore peu engagées sur ce sujet ;
  • Renforcer la pédagogie autour des mécanismes fiscaux et logistiques ;
  • Déployer de nouveaux outils d’analyse et de prédiction des stocks pour transformer un problème opérationnel en levier d’impact ;
  • Consolider le développement européen, avec une première implantation en Espagne.

« Les freins que nous rencontrons sont aussi nos meilleures opportunités. Nous voulons aller au-delà de la simple redistribution : aider les entreprises à mieux gérer leurs excédents et permettre aux associations de construire des projets durables », ajoute Thibaut Brecville.

Une économie circulaire concrète

Avec plus de 2 000 associations partenaires et une logique de dons de proximité pour limiter l’impact environnemental, Done s’inscrit dans une économie circulaire pragmatique : moins de destruction, plus de réemploi et un impact mesurable.

Dans un contexte de pression économique sur les associations et de transformation des modèles d’entreprise, la startup veut imposer une idée simple : chaque invendu peut devenir une ressource !

Questions Cdurable à Thibaut Brecville

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Thibaut Brecville

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

La nature est un point d’ancrage.

Les promenades, le calme du jardin, les sons du vivant à toute heure du jour sont des moments essentiels pour moi. Chez Done, cette recherche d’harmonie se traduit concrètement : favoriser le réemploi, encourager la circulation des biens plutôt que leur accumulation, c’est participer à un équilibre plus respectueux de notre environnement.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

J’accorde beaucoup d’importance aux moments de convivialité. Ce sont des instants de dialogue, d’écoute et de connexion authentique. C’est d’ailleurs une valeur que nous retrouvons chez Done : le don n’est pas qu’un acte matériel, c’est aussi un acte relationnel.

Derrière chaque don, il y a une rencontre, un échange, un lien humain.

Livraison Done

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Aujourd’hui, vivre dans un environnement ouvert sur l’extérieur est essentiel à mon équilibre. Je vis à la campagne, au contact direct de la nature. Mon habitat idéal resterait un lieu où cette présence est encore plus marquée, un espace propice à la sérénité et à la réflexion.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Les activités en plein air sont pour moi
un véritable levier d’équilibre.

Elles exigent concentration, régularité et humilité, tout en offrant un espace de respiration. Diriger Done demande cette même capacité : garder une vision stratégique tout en avançant avec constance, dans un environnement en mouvement.

« Le don, c’est avant tout une habitude à faire évoluer. Nous devons accompagner les entreprises pour qu’elles voient le don non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité économique, environnementale et sociétale », explique Thomas Moreau, cofondateur de Done qui accueille le nouveau CEO : Thibaut Brecville.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

La curiosité m’a toujours guidé.

Être dirigeant implique de comprendre des enjeux économiques, technologiques et sociétaux complexes. Chez Done, cette dimension stratégique est indissociable d’une éthique : nous mettons la performance au service de l’impact social et environnemental.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

L’impact est au cœur de mon engagement.

Contribuer à un modèle plus solidaire et plus circulaire est une motivation profonde. Avec Done, nous créons un cercle vertueux : réduction du gaspillage, soutien aux associations, valorisation de l’entraide locale.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Comme tout le monde,
je vis dans un environnement
alimenté par des énergies modernes.

Mais je suis attentif à la manière dont je consomme : optimisation des usages, vigilance sur la sobriété, choix de solutions plus responsables lorsque c’est possible. Chez Done, cette cohérence est essentielle. Promouvoir la circularité, c’est aussi agir indirectement sur la consommation d’énergie : produire un objet neuf mobilise des ressources et de l’énergie. Prolonger sa durée de vie réduit mécaniquement cette empreinte.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Être CEO implique pour moi
une exigence d’exemplarité.

On ne peut pas promouvoir l’engagement, la solidarité ou la responsabilité sans les incarner soi-même au quotidien. Le leadership n’est pas qu’une question de stratégie, c’est aussi une question de cohérence et d’attitude. À travers Done, je défends une vision du vivre-ensemble fondée sur la confiance et la coopération. Le don crée du lien social, il rapproche des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées. En facilitant ces échanges, nous contribuons à renforcer le tissu social et à redonner une place centrale à l’entraide dans notre société.

Done Team

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Je crois profondément
aux dynamiques collectives.

Les réseaux, les communautés, les engagements partagés sont des accélérateurs d’impact. Done fonctionne sur cette logique : industriels, associations et partenaires coopèrent pour amplifier la portée de chaque geste.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

L’alignement est la clé.

Cultiver ses passions, préserver des moments simples en extérieur, rester connecté au présent. Et dans le même temps, agir professionnellement en cohérence avec ses valeurs. Avec Done, j’ai la possibilité d’inscrire mes convictions personnelles dans une action concrète et utile à la société.

Prince Minyem, entrepreneur engagé pour la transition écologique, sociale et énergétique en Afrique Centrale

Prince Fitzgerald Minyem est un homme d’affaires dynamique et humble. Conscients des enjeux environnementaux, il défend la valeur de l’être humain et facilite la création d’entreprises d’énergies renouvelables au Cameroun et en Afrique centrale. Fin connaisseur du fonctionnement de l’administration camerounaise, il entreprend avec Blue Era Capital de participer activement à la transition écologique de son pays pour une Afrique durable. Il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Blue Era Capital pour la transition écologique du Cameroun

Blue Era Capital est une initiative privée d’utilité Publique. Sa gestion se fait en délégation de service public pour démontrer l’apport d’un véritable Partenariat public-privé. Blue Era Capital est une initiative pour les jeunes qui aiment leur continent, leur pays et s’activent pour arrimer l’Afrique aux normes internationale sur l’environnement, au respect des standards en matière de protection de la nature et des droits humains. L’entreprise participe à la transition énergétique du Cameroun, de l’usage des énergies fossiles aux énergies vertes, conformément à la Stratégie Nationale de Développement 2020 – 2030 du pays. Des accords de partenariat lui permettent d’incuber des projets de promotion de la vie écologique.

Mission :

  • Former la jeunesse camerounaise à l’adaptation au changement climatique.
  • Créer 22 000 emplois verts.
  • Sensibiliser la population à un mode de vie écologique.
  • Contribuer au développement de l’économie locale par le biais de projets verts.

Vision :

Participer activement à la transition énergétique du pays, des énergies fossiles aux énergies vertes.

Valeurs :

Amabilité

Proactivité

Discipline

Consistance

PROJET DE TRANSITION ÉCOLOGIQUE DU CAMEROUN

Le projet de transition écologique du Cameroun vise à promouvoir la transition énergétique, de l’usage des énergies fossiles aux énergies vertes pour transmettre un pays agréable à vivre aux générations futures.
Nos missions consistent à participer à l’arrimage du Cameroun à l’échelle internationale sur les normes de l’environnement, sensibiliser la population à l’importance de
préserver notre environnement afin de créer un réseau national d’énergies renouvelables, avec l’objectif de former des jeunes pour créer 22 000 emplois verts.
Le Candidat NGARHOUNSIA ALPHONSE est sélectionné pour participer gratuitement à la formation des Conseillers Internationaux en Écologie.
Ce document tient office de pré-contrat et pourra servir et valoir de preuve pour donner accès aux salles de formation.

LA DIRECTION

Projet Zéro Déchets à Yaoundé : ville propre en 5 mois

Du Cameroun au Tchad, une nouvelle génération d’acteurs s’unit pour bâtir une Afrique durable.

ISEC CHAD et BLUE ERA CAPITAL conjuguent expertise, innovation et engagement pour accélérer la transition verte en Afrique Centrale.

Questions Cdurable à Prince Minyem

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

 1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je mets le vivant au centre de tout,
il a la priorité en tout.

Puisque le vivant donne la vie, je dois respecter la vie de toute chose vivante car avec le vivant, je vis dans une relation de symbiose.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mon corps a besoin d’une alimentation bio, saine qui vibre à la fréquence de la vie.

C’est pourquoi mon choix d’alimentation est essentiellement constituée de tous types de fruits et légumes de saison, associés aux jus naturels.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

En campagne j’ai opté pour une maison en terre crue, enduit au béton. Éclairée aux ampoules économiques que nous chargeons à l’énergie solaire. Cependant en zone urbaine je vis dans une maison simple qui ne consomme pas beaucoup d’électricité.

Je planifie la construction d’une maison intelligente et écologique
dans un futur proche. 

Agissons ensemble pour la planète.
Le paradis existe juste parce que nous avons la capacité de le créé dans notre environnement par des attitudes saines et eco-responsables

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

L’activité physique qui favorise mon bien être est la marche dans la nature,
à la plage et grimper des montagnes
en randonnées.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Les savoirs qui m’ont permis de comprendre comment agir sont :

  • Les projets durables
  • Les études de géographie et de sciences de la vie et de la terre dans mon cursus scolaire. 
  • Le développement personnel et la spiritualité qui m’ont permis de mieux me connaître et savoir que toute vie a de la valeur.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Je travaille non seulement pour servir les autres, mais aussi pour transmettre des connaissances, véhiculer des valeurs qui donnent à l’humain de vivre en équilibre avec les autres et la nature.

Prince Minyem a obtenu le haut patronage du Président de la République du Cameroun pour organiser cet événement.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

L’énergie que j’utilise pour mes usages et besoins est l’énergie hydraulique.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Je participe activement à la création d’emplois verts au Cameroun et dans la sous Région Afrique Centrale. Je propose des solutions aux décideurs des gouvernements et collectivités territoriales décentralisées, pour une meilleure gestion des déchets et lutter contre la pollution plastique. C’est pourquoi au Cameroun j’ai créé :

  • Blue Era Capital pour la sensibilisation écologique, l’incubation de startups et de projets verts
  • L’association Green Wave’s Impact pour sensibiliser les populations rurales sur la protection de l’environnement
  • Le centre de formation Climate Smart Éducation pour former les leaders écologiques de demain.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Je travaille en partenariat avec les États, les collectivités territoriales décentralisées, les ONG et associations de la sous région Afrique Centrale pour encourager la transition écologique de l’usage des énergies fossiles aux énergies renouvelables. 

Ainsi pour le bien commun :

  • J’ai organisé l’opération « Zero Déchet » dans la Mairie de l’arrondissement de Yaoundé 5 ou pendant 1 mois nous avons fait du porte à porte pour sensibiliser toutes les couches sociales et les entreprises.
  • J’ai organisé sous le haut patronage du Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul Biya, le premier symposium écologique international du Cameroun sous le thème « Zéro Déchet dans nos grandes villes »
  • J’ai aussi organisé des formations de conseillers en écologie et des chefs de projets. Aujourd’hui plus de 30 jeunes ont créé des entreprises dans divers domaines de l’environnement. Ceci réduit en conséquence le chômage et favorise l’emploi des jeunes.
  • J’ai organisé des journées de sensibilisation dans les écoles pour préparer la génération future à prendre soin de la mère nature.

Tous ces événements ont été financés par moi. Car aucune institution ne nous finance ou nous fait de dons jusqu’à présent.

Je le fais par amour pour notre nature et le soucis de voir le vivant s’épanouir dans un environnement sain

En terme de participation, j’ai été modérateur à l’AGAC 2025, événement organisé par notre partenaire l’association ISEC CHAD basée à N’jamena. Nous avons planifié plusieurs projets pour le compte de la jeunesse Tchadienne et le développement du pays.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Prendre soin de notre planète,
c’est prendre soin des autres,
Et prendre soin des autres,
c’est prendre soin de soi.

Nous devons être des exemples à suivre dans la préservation de l’environnement et transmettre cet état d’esprit aux générations futures, c’est donc cela prendre soin des autres, qui signifie prendre soin de notre planète.

Fabian Feraux, spécialiste en conception Agro-Paysagère pour une Hydrologie Régénérative

« Rendre aux paysages leur capacité à gérer l’eau, c’est aussi rendre aux agriculteurs leur autonomie face au changement climatique. » Spécialiste en hydrologie régénérative et keyline design, Fabian Feraux accompagne depuis plus de 15 ans des agriculteurs, communes et porteurs de projets en Belgique, France et à l’international. Fondateur d’Agrilandscape SRL, il intervient sur des territoires agricoles pour diagnostiquer, concevoir et mettre en œuvre des systèmes hydrologiques capables de stocker l’eau, réduire l’érosion et renforcer la résilience des sols face à la sécheresse et aux inondations. Également formateur professionnel en agroécologie paysagère, il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Distinguer agroécologie, agriculture régénérative, hydrologie régénérative et permaculture

Aujourd’hui, ces concepts reviennent partout. Ils se recoupent, se croisent, se ressemblent et se différencient, mais ils ne sont pas interchangeables. Fabian Feraux nous donne quelques repères pour mieux comprendre et éventuellement faire un choix.

Schéma (subjectif) de catégorisation rapide de 4 courants principaux de la transition écologique

Intégrer l’architecture paysagère dans les projets agroécologiques et régénératifs

Éléments de conception d’un paysage harmonieux

Un eBook Gratuit de 42 pages avec fiches techniques et illustrations

Cet eBook explore comment intégrer l’architecture paysagère dans les projets agroécologiques et régénératifs. Il montre que la beauté d’un lieu n’est pas un ajout décoratif, mais l’expression visible de sa cohérence écologique. Le guide est structuré en trois volets :

  1. Différences et complémentarités entre paysagisme classique et conception agroécologique.
  2. Principes de design agro-hydro-paysager : importance du relief, rôle de l’eau, harmonie, matériaux, narration du site.
  3. Grille d’analyse en 8 critères (structure, rythme, palette vivante, intégration de l’eau, etc.) pour évaluer ou concevoir un paysage vivant, lisible et équilibré.
Ferme maraîchère de Longpré Belgique – 3,5ha
Vue d’ensemble de la ferme à partir de l’amont et du bassin – réservoir

Aider concepteurs, agriculteurs et porteurs de projet à créer des paysages productifs, esthétiques et cohérents, où fonction et forme se rejoignent.

Introduction à l’hydrologie régénérative

Habitat autonome et nourricier : une mini-formation pour autonomiser sa famille

Gratuit – 1h15 + documents & illustrations

Découvrir un habitat autonome et nourricier, en conditions réelles : étude de cas des évolutions du lieu, productif, naturel et cohérent. C’est une mini-formation en 7 vidéos chapitrées (> 1h15) filmées sur le terrain, avec des images d’archives et en direct.

Fabian Feraux explique la logique du design, les choix d’aménagement, ce qui fonctionne vraiment, ce qu’il aurait fait différemment et les erreurs à éviter.

​Tout est présenté à l’échelle “habitat”, mais avec la même méthode qu’il utilise en paysage, hydrologie et agroécologie. Il nous transmet des repères concrets, un PDF de synthèse et un plan HD pour s’inspirer et adapter ces principes à notre propre lieu, même à petite échelle.

Design : HOUYEUX – Un habitat auto-suffisant dans une ancienne fermette. Alimentation vivrière, économies énergétiques, petites formations, guinguette, bureaux et habitat. © Fabian FERAUX (toute reproduction interdite)

Pour sécuriser sa famille, gagner en autonomie, et comprendre un lieu plus résilient, ça commence ici

Le Keyline Design pour les nuls

La GRANDE question avec la permaculture : qu’est-ce que tu fais à grande échelle/en agricole ? J’ai un truc, c’est : le KEYLINE. L’une des principales inspirations du concept de permaculture dans les année 70, c’est le keyline design ! (qui existait avant)

Cette vidéo traite d’un aspect surtout technique et il y en aura d’autres pour expliquer comment fonctionne la méthode en général.

Le Keyline c’est pas la SEULE solution à grande échelle. Il y en a d’autres … Fabien Feraux présente une série de sujets liés à la thématique de l’eau. C’est didactique, pour casser les mythes sur la permaculture de façon détendue et en apprendre encore plus. Ses prochains contenus traiteront de : l’énergie, la gestion des terres, l’habitat, le design, etc.

« Derrière un projet qui paraît simple, la complexité technique est énorme. Fabian l’a gérée de main de maître. Son expérience fait la différence. » 
N.L. Viticulteur

Questions Cdurable à Fabian Feraux

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Mon rapport au vivant est avant tout sensoriel et spatial — la forme d’un vallon, le bruit de l’eau, la façon dont un paysage a été façonné ou négligé. C’est ce lien direct avec les éléments naturels qui a orienté mon travail vers la lecture des territoires et la conception de systèmes hydrologiques régénératifs.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Bio autant que possible,
sans dogmatisme.
Produits de saison,
achetés en circuits locaux.

L’alimentation comme cohérence avec ce que je défends sur le terrain — sans en faire une religion.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Une maison simple, bien orientée et bien isolée — c’est déjà une base solide.

L’idéal bioclimatique ne nécessite pas forcément une construction neuve : c’est d’abord une question de bon sens dans le choix et l’amélioration de l’existant.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Marche, course à pied,
et surtout le travail physique du dehors
— jardin, potager, ferme.

Une activité qui a du sens est plus durable qu’une salle de sport. Mon bien-être passe par le corps en mouvement dans un espace concret.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Peu de réponses dans les cursus classiques — l’essentiel est venu de recherches personnelles, de mentors qui pratiquaient sur le terrain,
et de projets internationaux.

C’est en voyageant et en m’impliquant concrètement que j’ai compris comment les systèmes fonctionnent vraiment.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Redonner aux territoires et aux paysages leur capacité à gérer l’eau, l’érosion et la sécheresse — sans discours militant.

Je me considère praticien, pas activiste. Le sens vient du résultat concret sur le terrain, pas d’une posture idéologique.

Hydrologie Régénérative & Keyline Design

Stage 2 jours

1 jour de théorie
+ 1 jour de terrain immersif
contexte || théorie || pratique

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Pas encore d’installation renouvelable complète — je préfère l’honnêteté à la vitrine. La priorité va à la réduction par l’efficience : isolation, solaire passif, adaptation progressive du bâti.

Le meilleur kilowatt reste
celui qu’on ne consomme pas.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Mon travail est déjà orienté vers l’intérêt général — mais je fais attention à ne pas m’y dissoudre. S’impliquer durablement suppose de rester soi-même, de respecter son propre rythme d’évolution.

Le sens ne vient pas du sacrifice,
il vient de l’alignement.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Partager les savoirs sans rester enfermé dans une posture d’expert — c’est ce qui m’importe. Former, accompagner, inspirer des praticiens et des porteurs de projets.

La coopération passe par la transmission, pas par la rétention.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Chaque action compte, à l’échelle d’un jardin comme d’un bassin versant, à condition de la relier à quelque chose de plus grand que soi.

Ne sous-estimez pas votre impact, même si votre geste vous semble modeste ou votre pensée isolée — ils s’inscrivent dans un mouvement collectif plus vaste. Agir localement avec une conscience globale, c’est déjà transformer les territoires. Et dans cette démarche, n’oubliez pas de vous relier aussi à vous-même. On ne construit rien de durable en se perdant dans la cause ou dans l’autre. Le changement commence par un alignement entre ce qu’on défend et ce qu’on est.

Vandana Shiva : Régénérer ou dégénérer ? La crise climatique est une crise alimentaire

Dans un contexte de nouvelle loi Duplomb, de naissance du collectif Cancer Colère, de Stratégie nationale pour l’alimentation… Les éditions Wildproject publie un nouveau Printemps silencieux1 de Vandana Shiva contre les promesses écologiques mensongères de l’alimentation high tech. Régénérer ou dégénérer ? Pour elle, la crise climatique est une crise alimentaire.

Présentation de l’ouvrage par les éditions Wildproject

Viande cellulaire, substituts d’œufs, riz enrichi, lait infantile produit en laboratoire… Les grandes entreprises agro-industrielles ont trouvé la solution à la crise écologique, alimentaire et sanitaire : la nourriture de synthèse.

Avec sa double culture scientifique et militante, Vandana Shiva détricote dans ce livre les fausses promesses de cette dangereuse alimentation high tech, très coûteuse en énergie, en ressources et en investissements.

Étudiant les liens entre crise alimentaire et crise climatique, elle montre aussi combien nous nous méprenons sur « la nature de la nature » : le cycle du carbone est un cycle alimentaire.

La démonstration scientifique de Vandana Shiva repose, comme chez Rachel Carson, sur une présentation pédagogique des fonctionnements naturels symbiotiques des sols et de nos corps – et sur l’intelligence écologique des solutions paysannes traditionnelles.

L’alternative est désormais plus claire que jamais : sans une régénération des cycles de la Terre, la santé des humains va dégénérer.

« À chaque graine que nous semons, à chaque plante que nous cultivons, à chaque bouchée que nous mangeons, nous faisons le choix entre la dégénération et la régénération. »

Un Printemps silencieux contre les promesses écologiques mensongères de l’alimentation high tech

L’autrice Vandana Shiva

Physicienne de formation, Vandana Shiva (née en 1952) est une militante écologiste et écoféministe indienne d’influence mondiale. Elle dirige la Fondation de recherche pour la science, la technologie et l’écologie, et a créé l’ONG Navdanya destinée au développement de l’agriculture biologique. Elle a écrit plus de 20 livres. Elle est notamment lauréate en 1993 du prix Nobel alternatif « pour avoir placé les femmes et l’écologie au cœur du discours sur le développement moderne ».

« On l’appelle la “Gandhi des céréales”, la “rock star” du mouvement anti-OGM et la “déesse guerrière de l’écologie”. […] Mais avant tout, elle croit fermement que ce que nous mangeons est important. Cela fait de nous ce que nous sommes, physiquement, culturellement et spirituellement. »
— BBC

Une couverture sur l’accaparement des terres

L’image de couverture « Accaparement des terres » est une peinture de Federico Boyd Sulapas Dominguez et JPS.

Au cours des 40 dernières années, l’artiste philippin Federico Boyd Sulapas Dominguez a peint les efforts déployés par la population pour lutter contre l’agriculture industrielle, l’exploitation minière destructrice, l’agression du développement et la militarisation dans son pays.

Son objectif est d’informer le public sur la situation des groupes ethniques aux Philippines et leur campagne pour la protection de leurs terres ancestrales.

Dossier de présentation de l’ouvrage


  1. Il y a 60 ans, un livre révolutionnaire, « Printemps silencieux », dénonçait l’impact des pesticides. L’autrice Rachel Carson, biologiste et militante écologiste américaine, a inspiré avec cet ouvrage le mouvement environnemental en occident en plus de mener à l’interdiction du pesticide DDT aux États-Unis. ↩︎

Le 1er Paiement pour Services Environnementaux (PSE) Régénératif dans les Hauts-de-France

La transformation à grande échelle des pratiques agricoles vers l’agroécologie, avec l’objectif de régénérer les sols et les écosystèmes tout en protégeant et en améliorant la qualité de la ressource en eau, est un enjeu fort pour l’avenir. Dans les Hauts-de-France, l’association Pour une Agriculture du Vivant et l’Agence de l’Eau Artois-Picardie se sont associées pour mutualiser les dispositifs de financement publics et privés afin de couvrir le risque des agriculteurs s’engageant dans la transition et de rémunérer les services écosystémiques rendus avec ces nouvelles pratiques de l’agriculture de régénération. C’est le 1er Paiement pour Services Environnementaux (PSE) Régénératif !

Des agriculteurs aux entreprises agroalimentaires en passant par les acteurs territoriaux, cette coopération nouvelle réinvente les modèles de financement en couvrant l’intégralité de la rotation agricole et en recherchant la complémentarité des dispositifs de soutien pour accélérer la transition agroécologique. Le financement de ce Paiement pour Services Environnementaux (PSE) vise un double objectif :

  1. Le premier étant la massification de la transition sur un territoire permettant l’amélioration de l’état écologique de cinq bassins versants prioritaires, situées en majorité dans la Somme. Le projet permettra aussi de mailler le territoire pour créer un réseau d’agriculteurs en transition, véritable moteur d’embarquement local grâce, notamment, au partage d’expériences et aux ressources communes.
  2. Le second étant de tester un nouveau dispositif pour embarquer un grand nombre d’agriculteurs en grandes cultures. Il s’agit d’un démonstrateur d’alternative aux MAEC, les nouvelles mesures agro-environnementales et climatiques de la PAC, qui ont peu de succès dans ces systèmes d’exploitation
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Isabelle Matykowski
Directrice Générale par interim, Agence de l’Eau Artois Picardie

« Cette collaboration public-privé, avec des acteurs de l’agro-alimentaire, est une première pour les agences de l’eau. En effet, le financement des agriculteurs, en fonction de leur “Indice de Régénération”, se répartira à part égale entre des fonds publics via un Paiement pour Service Environnemental, et privés via des primes versées par les entreprises agro-alimentaires engagées.

Conçu comme une démarche volontaire gagnante-gagnante, ce projet est dimensionné pour accompagner une centaine d’agriculteurs : c’est le plus gros projet agricole du programme d’intervention 2019-2024 de l’agence de l’eau Artois Picardie sur un même territoire. »

Dans les Hauts-de-France, l’association Pour une Agriculture du Vivant et l’Agence de l’Eau Artois-Picardie se sont associées pour mutualiser les dispositifs de financement publics et privés afin de couvrir le risque des agriculteurs s’engageant dans la transition et de rémunérer les services écosystémiques rendus avec ces nouvelles pratiques de l’agriculture de régénération.

La Genèse du 1er PSE régénératif dans les Hauts-de-France

Manifeste pour une Agriculture du Vivant

Anne Trombini
Directrice Générale du mouvement Pour une Agriculture du Vivant

« Le mouvement Pour une Agriculture du Vivant a construit sa légitimité sur sa capacité à réconcilier et faire dialoguer les acteurs des filières autour d’un projet et d’un socle d’outils communs.

Nous sommes très heureux de proposer aujourd’hui au monde agricole ce dispositif sans précédent en partenariat avec l’Agence de l’Eau Artois-Picardie.

Nous sommes convaincus que seuls la convergence des politiques publiques avec les démarches de filières, et la complémentarité des financements qui en découle, permettront de réussir le passage à l’échelle de la transition agroécologique. »

PSE Régénératif : un projet pour sécuriser la transition agroécologique de la ferme et préserver l’eau du territoire !

One Health : un label parfois flou, mais une approche scientifique éprouvée

La pandémie de Covid-19 a révélé l’urgence de repenser notre approche de la santé. Aujourd’hui, « One Health », qui relie la santé humaine, animale et environnementale, s’est imposée dans les discours, mais fait parfois l’objet de confusion, voire de détournements. Bien mise en œuvre, elle constitue pourtant une conception éprouvée pour renforcer la prévention sanitaire mondiale.

Du fait de l’urbanisation croissante, de plus en plus d’habitats sont désormais partagés entre humains et animaux sauvages. Aditya Sahoo/Bhubaneswar (OD, Inde).

Par Marisa Peyre et François Roger du Cirad


Pandémies, résistance antimicrobienne, maladies vectorielles, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, pollutions chimiques, crises alimentaires… nous avons aujourd’hui une conscience aiguë des liens étroits entre enjeux de santé humaine, animale et environnementale. Face à la multiplication des crises sanitaires, environnementales et climatiques, le concept « One Health » est devenu central pour les analyser et y répondre.

Issues de réflexions anciennes, ses bases fondatrices actuelles ont été posées par les principes de Manhattan, formulés en 2004 lors de la conférence « One World, One Health » organisée par la Wildlife Conservation Society. Ils reconnaissent l’interdépendance étroite entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes, et appellent à une approche intégrée pour prévenir les crises sanitaires, environnementales et sociales. Cette vision, qui dépasse la seule gestion des risques sanitaires, invite à repenser les modes de production, de consommation et de gouvernance. L’enjeu ? Préserver durablement les socioécosystèmes et les communautés qui en dépendent.

Malgré l’intérêt croissant que le One Health suscite, son utilisation en recherche et ses applications restent floues et souvent mal comprises. Trop souvent, il est réduit à un slogan politique ou à une gestion biomédicale des zoonoses, sans prendre en compte l’interdépendance des facteurs écologiques, sociaux et économiques. Ces derniers conditionnent pourtant la santé globale et la dynamique des crises sanitaires.


One Planet Summit : les 47 recommandations des scientifiques pour impulser un changement fondé sur l’approche « One Health »

Dans le cadre du One Planet Summit le colloque « One health, One science » visait à formuler les recommandations à la base des engagements qui fonderont l’aboutissement politique du Sommet. Afin de protéger la santé des humains, des animaux et des écosystèmes, quatre piliers stratégiques majeurs ont été identifiés :

  1. 🔹Face aux maladies infectieuses émergentes, la priorité est donnée à la prévention primaire et à une surveillance territoriale intégrée, facilitée par un dialogue renforcé entre scientifiques et citoyens.
  2. 🔹La lutte contre l’antibiorésistance doit devenir un défi transversal, incluant les dimensions environnementales et agricoles au sein d’un méta-réseau international pour assurer des pratiques durables.
  3. 🔹Concernant la pollution, les experts préconisent l’adoption de l’approche « sûre dès la conception » dans les accords de production, exigeant une transparence chimique totale et une atténuation directe à la source.
  4. 🔹Enfin, la transition vers des systèmes alimentaires durables nécessite de soutenir l’agroécologie et de reconnecter nutrition et sécurité sanitaire, tout en respectant les vulnérabilités sociales locales.

Ces recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire – Anses sont issues d’une communauté de plusieurs centaines d’experts français et internationaux, avec le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, le CIRAD et les experts français du groupe de travail inter-agences « One Health ».


Un cadre opérationnel de prévention

Depuis plus de vingt ans, des initiatives portées par la science se développent pour mettre en œuvre de façon concrète l’approche « One Health ». Au Cirad, des travaux sur les maladies animales émergentes, les interfaces faune-élevage-humains et les systèmes agricoles tropicaux ont mis en évidence, dès les années 2000, les liens étroits entre santé, biodiversité et usages des territoires.

Nos recherches ont peu à peu intégré les dimensions environnementales, sociales et alimentaires. L’enjeu est de passer d’une logique de gestion des crises à une approche de prévention des risques d’émergence. En 2021, une coalition internationale portée par la recherche et baptisée PREZODE a été créée pour mener des opérations de prévention fondée sur l’approche One Health.

Elle intervient en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes pour comprendre, réduire et détecter de façon précoce les risques en santé et éviter les épidémies.

Gestion des écosystèmes, agroécologie et surveillance sanitaire

En Guinée, ses équipes ont ainsi observé comment les pratiques agricoles intensives affectant la ressource forestière favorisaient l’intensification des contacts humains-faune. Ces contacts favorisent la transmission entre humains et animaux sauvages de maladies zoonotiques, comme les fièvres hémorragiques (Ebola, Lassa, Marburg).

Avec les communautés locales, des stratégies de prévention basées sur la gestion des écosystèmes ont été mises en place pour limiter le risque d’émergence de nouvelles épidémies.

Sensibilisation des membres de la communauté aux risques zoonotiques par les chercheurs du Centre international de recherche médicale de Franceville (CIRMF), Gabon, 2023. Benoît Konradowski/Cirad.

À Madagascar, des scientifiques du Cirad, en partenariat avec l’ONG Pivot et l’Institut de recherche et de développement (IRD), ont développé une méthode de surveillance intégrée des risques sanitaires. Elle combine les données vétérinaires, humaines et environnementales, pour mieux anticiper les épidémies émergentes.

Au Gabon, dans le cadre d’un projet qui soutient les associations de chasseurs dans leur gestion des ressources forestières – y compris la biodiversité – nous avons mis en place un système de surveillance communautaire pour détecter très rapidement les évènements sanitaires suspects. Ceci a été mené en collaboration, avec le Centre interdisciplinaire de recherche médicale de Franceville (CIRMF).

En Asie du Sud-Est, les actions s’inscrivent dans une approche agroécologique qui articule les enjeux de santé et de gouvernance territoriale. Elles visent à accompagner des transitions agricoles et à réduire les pressions sur les écosystèmes (déforestation, usage des intrants, artificialisation). L’enjeu est d’améliorer la résilience des systèmes alimentaires locaux et la prévention des risques sanitaires, à l’interface entre humains, animaux et environnement.

Au Cambodge, l’agroécologie associe arbres et fourrage pour nourrir le bétail, protéger les sols et renforcer, dans une approche One Health, la santé des écosystèmes, des animaux et des communautés rurales. Vearyda Oeu/GRET-Cirad, Projet ASSET.

Ces démarches reposent sur des diagnostics territoriaux participatifs, le croisement de données agricoles, écologiques et sanitaires et le soutien à des pratiques agroécologiques adaptées aux contextes locaux (diversification des cultures, gestion intégrée des élevages, restauration des paysages). L’objectif est de faire de l’agroécologie un levier pour prévenir les émergences infectieuses, améliorer la sécurité alimentaire et permettre un développement territorial durable, en cohérence avec l’approche One Health.

Une gouvernance fragmentée

Ces exemples illustrent l’efficacité d’une prévention alliant une vision systémique des enjeux sanitaires et une gouvernance partagée entre acteurs locaux, scientifiques et autorités gouvernementales. Malgré tout, de nombreux obstacles subsistent.

La fragmentation institutionnelle reste l’un des plus grands défis. À toutes les échelles, les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement ne communiquent pas assez, ce qui freine la mise en œuvre d’une gouvernance efficace. La voix des communautés est rarement sollicitée. Les projets One Health sont, en outre, souvent financés à court terme et souvent fléchés sur les zoonoses uniquement. Cela alimente le flou autour du concept et n’encourage pas son appropriation par les pays qui en auraient pourtant le plus besoin.

Organisation d’un finage agricole en Éthiopie : habitat groupé sur les hauteurs, parcelles cultivées et enclos mobile traditionnel (dëlla) pour la fumure des sols, illustrant l’intégration agriculture–élevage. Cirad, 2003.

Les acteurs de terrain soulignent que l’accès en temps utile à des données locales et nationales – depuis leur collecte jusqu’à leur partage et leur analyse – est central. Ce sont elles qui permettent de renforcer la surveillance et la prévention des maladies zoonotiques et construire des systèmes plus résilients, capables d’anticiper et d’atténuer en temps réel les menaces sanitaires actuelles et futures. Il est nécessaire, pour cela, d’être doté d’infrastructures de données solides et partagées entre les secteurs concernés, et de les mobiliser pour développer des outils de modélisation prédictive pertinents. Mais pas seulement : une réponse rapide, adaptée et coordonnée au niveau local peut suffire à prévenir les risques d’émergence.

Risque de « One Health washing »

Sans une collaboration efficace entre les secteurs, le risque est de voir se développer un « One Health washing ». Il existe de nombreux projets qui se revendiquent du concept, mais sans mettre en place de travaux ou d’actions réellement intégrées.

C’est le cas de publications traitant de pathogènes zoonotiques, mais uniquement focalisées sur la santé humaine. Idem pour certaines initiatives agricoles qui utilisent le terme abusivement. Toujours dans ce cadre, certaines études se réclament de l’approche One Health principalement au titre d’une mobilisation interprofessionnelle – par exemple via l’implication de réseaux vétérinaires dans le diagnostic humain – sans pour autant mettre en œuvre un véritable design d’étude intégrant conjointement des données humaines, animales et environnementales, ni analyser les effets d’une action spécifique sur les différents secteurs.

Pour autant, ces projets sont importants. Ils peuvent contribuer à renforcer des approches plus intégrées de la santé. À ce titre, ils constituent des étapes intermédiaires vers un One Health plus abouti. Le principal risque réside plutôt dans l’usage extensif et peu exigeant du terme One Health, qui, en devenant un label fourre-tout, finit par en affaiblir la portée scientifique, opérationnelle et politique.

Dans ce contexte, clarifier les fondements et les modalités d’application du One Health est essentiel. C’est l’objectif de l’Atlas One Health, qui propose une lecture de cette approche articulant santé humaine, animale, des écosystèmes, mais aussi agricultures et systèmes alimentaires, dynamiques sociales, gouvernance et territoires. Avec des études de cas, des cadres analytiques et des outils issus du terrain, cet ouvrage vise à faire du One Health un véritable cadre d’action collective et de prévention.

Organisation d’un finage agricole en Éthiopie : habitat groupé sur les hauteurs, parcelles cultivées et enclos mobile traditionnel (dëlla) pour la fumure des sols, illustrant l’intégration agriculture–élevage. Cirad, 2003.

L’un des défis les plus importants est d’intégrer la dimension sociale et de genre pour garantir des solutions inclusives et efficaces. Ceci évitera des interventions mal adaptées qui risqueraient de creuser davantage les inégalités. En milieu rural notamment, les femmes jouent un rôle clé dans l’alimentation, l’approvisionnement en eau et la gestion des ressources naturelles. Elles restent pourtant souvent invisibles dans les politiques de santé publique et de prévention.

Un investissement plus qu’un coût

Le financement de la prévention One Health doit être considéré comme un investissement stratégique, et non comme un coût. Moins spectaculaires que la gestion des crises sanitaires, les approches préventives sont largement plus rentables et engendrent des co-bénéfices majeurs : adaptation et atténuation du changement climatique, systèmes agricoles plus durables, réduction des intrants chimiques, protection de la biodiversité et amélioration de la qualité de l’alimentation.

Les travaux menés par le Cirad, l’initiative PREZODE et toute la communauté internationale en faveur de ces principes s’accordent sur le constat que ces actions renforcent simultanément la santé, les moyens de subsistance et la résilience des territoires. Or, la prévention demeure trop dépendante de financements internationaux ponctuels : elle doit être inscrite dans des budgets nationaux pluriannuels intégrés aux politiques agricoles, sanitaires, environnementales et alimentaires, afin de soutenir des transformations structurelles durables.

Anticiper les crises demande de repenser fondamentalement nos systèmes. Une approche « One Health » transformatrice nécessite un engagement politique durable, de la coopération internationale et une volonté commune d’intégrer les dimensions sociales et écologiques dans la gestion des risques sanitaires. Un travail de longue haleine qui est déjà en marche. Ces messages seront portés au cours des évènements organisés par PREZODE lors du Sommet One Health, qui se tiendra à Lyon (Rhône), le 7 avril 2026 sous la présidence française du G7.

Marisa Peyre, Deputy head of ASTRE research unit, epidemiologist, Cirad et François Roger, Directeur régional Asie du Sud-Est, vétérinaire et épidémiologiste, Cirad

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

De la biodiversité comme humanisme par Marc André Selosse

Durant la campagne présidentielle de 2022, les candidats n’ont parler de biodiversité que pendant 1 % du temps seulement … sans soulever d’indignation. La biodiversité devrait pourtant préoccuper les citoyens et leurs représentants : elle est un outil au service de notre qualité de vie et, à l’avenir, de notre survie. Car l’humain est à 100 % cousu de biodiversité. « De la biodiversité comme humanisme » par Marc André Selosse aux Editions Seuil Libelle.

Présentation par l’auteur

Préférez-vous sauver
une chauve-souris ou un enfant ? 
Question simple ? Non, car si vous avez choisi l’enfant, vous en avez tué un autre !

Marc-André SELOSSE Professeur du Muséum national d’Histoire naturelle et à l’Institut Universitaire de France et auteur « De la biodiversité comme humanisme »

Aux États-Unis, les chauves-souris sont décimées par un champignon. Dans les comtés où elles disparaissent, elles mangent moins les insectes nuisibles aux cultures. L’usage d’insecticides augmente de 31 %, soit plus de frais et de chimie pour maintenir … le niveau de production d’avant. Mais le plus inquiétant est que dans ces mêmes comtés, la mortalité infantile augmente de 8 % (Science, 6.09.2024), du fait de malformations à la naissance ou de cancers liés à ces pesticides.

Autrement dit : quand la biodiversité s’effondre, ce sont aussi des enfants qui meurent.

Nous sommes enfants de la biodiversité et nous trépassons, ou peinons à faire aussi bien, sans elle. Nous en dépendons pour notre microbiote, notre alimentation, nos territoires, nos villes, nos champs et nos forêts. Quand elle disparaît, nous nous adaptons moins bien et nous dégradons nos propres conditions d’existence.

De la biodiversité comme un humanisme
Marc-André Selosse
Paru le 06/02/2026

A l’inverse, la biodiversité est une solution pour agir demain. Mais nous peinons à croire aux réponses qu’elle offre. La lutte biologique, la phagothérapie ou l’agroécologie suscitent encore le scepticisme ou une bienveillance amusée, quand la chimie et la technologie continuent d’inspirer une confiance spontanée et trop entière.

C’est le message central de mon livre, qui publié en Février 2026 : la biodiversité est un outil vital mais sous-évalué pour l’humanité. « De la biodiversité comme un humanisme » sort dans la collection Libelle au Seuil (96 pages, 6,90 €).

Le vivant regorge d’outils puissants, encore largement inexplorés, à condition d’en retrouver les logiques, celles-là mêmes qui ont engendré l’humanité. 

La biodiversité
n’est pas qu’un décor
à préserver :
elle est notre meilleure alliée
pour survivre.

La biodiversité ordinaire, trésor méconnu de nos vies
– Marc-André Selosse pour ecologiehumaine.eu

Mycologue et professeur au Muséum national d’histoire naturelle, Marc-André Selosse explore depuis des décennies les liens invisibles entre champignons, sols et humanité. Dans son dernier ouvrage, La biodiversité comme un humanisme (Ed. Seuil, 2026), il plaide pour une réconciliation entre l’humain et le reste du vivant, affirmant que préserver la biodiversité, c’est d’abord nous préserver nous-mêmes. Un article à lire sur www.ecologiehumaine.eu


Marc André Selosse penseur de notre temps

Pourquoi l’écologisme est un humanisme
Sauver la biodiversité,
c’est nous sauver nous-mêmes

Par Gaspard Koening dans les échos


Conférence de Marc André Selosse sur la biodiversité à Rungis

« La biodiversité est un outil pour l’avenir »
– Marc-André Selosse pour GoodPlanet Mag’

Marc-André Selosse a publié son nouveau livre De la biodiversité comme un humanisme, le 6 février, aux éditions du Seuil. L’ouvrage conduit à réfléchir à la place de l’espèce humaine sur la planète. Des bactéries aux oiseaux, Marc-André Selosse explore la possibilité de repenser la biodiversité comme étant indispensable à l’être humain et, donc, comme un humanisme.

Comment en êtes-vous venu à écrire ce nouveau livre ?

J’ai écrit ce livre parce que je crois vraiment à son message. L’idée part d’une conférence que j’ai souvent donnée, et donc d’une narration qui a évolué avec le temps. J’ai observé que mon audience était étonnée par certaines choses et enthousiasmée par d’autres. Ces connaissances pouvaient offrir au public des éléments de compréhension qu’il n’avait pas forcément a priori. J’ai donc décidé d’écrire ce livre, en m’inspirant du format accessible des conférences.

Marc André Selosse © Emmanuelle Marchadour

Pourquoi concevoir la biodiversité comme un humanisme ?

Le livre part d’une description assez scientifique de la biodiversité, mais on s’aperçoit très vite que l’humain n’est pas très loin de la biodiversité. Au contraire même, il en contient. Le monde qui nous entoure est aussi constitué de biodiversité, notamment de ce qu’on appelle « biodiversité fonctionnelle », c’est-à-dire toutes les espèces qui façonnent leurs milieux.

« L’entretien de la biodiversité doit être pensé comme l’entretien de l’humain »

On s’aperçoit donc que la biodiversité est aussi un outil pour l’humain. Car, il n’est pas juste près de la biodiversité, sa vie en est constituée. La biodiversité se trouve partout dans les activités économiques, dans les activités agricoles et puis dans la santé, à travers le microbiote. Il ressort finalement de ces interdépendances que de fait l’entretien de la biodiversité doit être pensé comme l’entretien de l’humain.

Ce que la régénération du vivant veut dire et change dans les décisions d’une entreprise

Les engagements RSE s’accumulent mais l’activité économique reste découplée de ses impacts. Pour Jérémy Dumont, Président fondateur du Collectif de la transition écologique Nous Sommes Vivants (NSV), « il ne s’agit plus seulement de réduire les méfaits — il s’agit de valoriser les bienfaits. La régénération, c’est un triple impact contributif : économique, environnemental, social — sur nos territoires. On peut le dire sans détour : c’est une question de vie ou de mort. » Il publie un livre blanc pour faire connaitre au plus grand nombre « Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise« 

NOUS SOMMES VIVANTS — Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise

Le livre blanc « Ce que régénératif veut dire pour une entreprise » de Nous Sommes Vivants formalise un cadre conceptuel et opérationnel pour renforcer la capacité du vivant — humains compris — à continuer, se transformer et prospérer dans leurs milieux de vie. Il articule la trajectoire Limiter, Réduire, Restaurer, Régénérer avec des outils concrets comme le Capacity Score et le Business Model de l’Entreprise Régénérative pour guider des décisions créatrices de triple profitabilité.

Les réponses apportées par le livre blanc

Depuis 2025, la RSE est entrée dans une nouvelle phase : structurée par la CSRD, elle ne peut plus se limiter à la conformité. Elle doit devenir en 2026 un levier de stratégie de continuité pour atteindre les objectifs fixés de l’activité économique.

« On sort de la sensibilisation pour entrer dans le durles évolutions de modèle économique et de stratégie », Elisabeth Laville, CEO et co-fondatrice du cabinet Utopies.

La question centrale et impérative, qui mobilise l’attention, est devenue celle de la continuité des activités économiques dans un monde instable, marqué par des dépendances environnementales, humaines et territoriales devenues des risques stratégiques. Tout en gardant un haut niveau de vigilance sur la croissance économique pour continuer à créer de la valeur dans un cadre de contraintes économiques et d’arbitrages responsables. La régénération étant une « croissance sélective » ou « post-croissance » Rapport du Sénat sur les 4 pistes économiques.

Tendance 2026 de la RSE

TENDANCES RSE 2026 : LA RÉGÉNÉRATION POUR UNE CONTINUITÉ ÉCONOMIQUE CONTRIBUTIVE AUX TERRITOIRES

Mon entreprise fait déjà de la RSE — pourquoi aller plus loin ?

La RSE réduit les dégâts, elle ne change pas le modèle. La régénération pose une autre question : mon activité renforce-t-elle les conditions de vie dont elle dépend ? → Parties I et II

Le chemin vers l’entreprise régénérative. Quatre étapes (Limiter, Réduire, Restaurer, Régénérer) fondées sur le continuum Regenesis (Mang & Haggard, 2016) : du monde-machine au monde-système vivant. Ce sont ces quatre étapes que le Capacity Score opérationnalise. Source : Nous Sommes Vivants.

Concrètement, on mesure quoi et comment ?

Pas un impact — une capacité. 37 questions, 30 minutes. Le Capacity Score révèle le profil de décorrélation entre leviers. C’est ce profil qui dit où investir. → Partie II, Tableaux 13–15

Capacity Score Michelin : le paradoxe d’un champion industriel en transition

L’enjeu de cette analyse est de démontrer que la perte de compétitivité dénoncée par Michelin est le signal d’un besoin de bascule vers de nouveaux modèles économiques. En utilisant le Capacity Score comme grille d’analyse de leur trajectoire et leviers de capacité, NSV explore comment transformer ce contexte de polycrises en un levier de performance durable à court et long terme.

L’Industrie à la croisée des chemins — Michelin entre urgence économique et RSE comme levier d’efficience dans le temps

Qu’est-ce qui bloque la bascule ?

Deux verrous : le mental (on parle régénération, on décide en performance classique) et le business (le reporting s’empile, les produits ne changent pas). → Parties II et III

Une trajectoire en 4 étapes pour des activités économiques qui atteignent leurs objectifs en triple impact sans épuiser leurs propres conditions d’existence — et en augmentant leurs capacités à tenir dans le temps

Quel retour pour mon entreprise ?

La viabilité — pas la conformité. Duralex et Brandt ont disparu faute de lien territorial. Patagonia l’a construit : 550 fermes régénératives, +6 % de CA. → Parties III et IV

Patagonia au prisme du Capacity Score : anatomie d’un pionnier qui a besoin des autres acteurs pour réussir

Pourquoi cette étude de cas ? Parce que Patagonia est le test le plus exigeant du Capacity Score. Si une entreprise qui a donné 100 % de ses profits à la planète, publié le rapport RSE le plus transparent du secteur et dont le fondateur affirme que « la Terre est désormais notre seul actionnaire » ne décroche pas le Niveau 4 — alors l’outil fait son travail. Le Capacity Score évalue la capacité réelle d’une organisation à poursuivre et approfondir sa trajectoire de transformation. Et les leviers ne sont pas techniques, ils sont souvent humains.

DANS SON RAPPORT RSE 2025 PATAGONIA AVOUE QU’ELLE N’ARRIVERA PAS A ENRAYER LA FONTE DES GLACIERS SEULE.

17 enseignements de ce livre blanc

  1. Le problème : le CA croît, les impacts positifs sur le vivant ne suivent pas
  2. Ce qu’est la régénération pour une entreprise
  3. Lever le verrou mental : habiter le vivant au lieu de l’exploiter
  4. Lever le verrou business : modifier ce qui produit l’impact
  5. Les capacités du vivant : le référentiel de la régénération
  6. Une trajectoire en quatre étapes vers la régénération
  7. Six leviers : Leadership, Intelligence éco., Innovation, Chaîne de valeur, Dynamiques humaines, Gouvernance
  8. La gouvernance : le retournement de finalité entre N3 et N4
  9. Le modèle économique régénératif : quand le produit renforce le vivant
  10. La transformation du leader : du gestionnaire au jardinier
  11. L’innovation est le levier pivot de la bascule
  12. Les pratiques régénératives : renforcer au lieu de réduire
  13. Mesurer en triple impact : environnemental, social, économique
  14. Le Capacity Score : se situer et identifier les leviers
  15. Le RegenBMC : transformer le business model produit par produit
  16. Les trois fresques : transformer les personnes
  17. Le maillon manquant : la preuve de triple profitabilité

La robustesse n’est pas la régénération

Jérémy Dumont – Fondateur du Collectif Nous Sommes Vivants

Sécuriser ses approvisionnements, diversifier ses fournisseurs, réduire sa dépendance aux intrants — c’est précieux. Mais tant que la question reste « comment assurer la robustesse de l’activité de mon entreprise ? », pour Jérémy Dumont, c’est du N3, pas de la régénération. Le référentiel reste l’entreprise. La régénération (N4) opère une bascule de finalité : le référentiel devient la capacité du vivant — « quelles capacités gagnées (biodiversité, sols, vitalité humaine, territoire) nous permettent de tenir nos trajectoires économiques ? » L’activité économique se subordonne au vivant, pas l’inverse. Beaucoup d’entreprises pionnières se situent en N3 avec une visée régénérative — c’est une trajectoire, pas un échec.

Le Regenerative Capacity Score

Pour accompagner le passage de la prédation à la régénération, le Collectif de la Transition écologique, Nous Sommes Vivants (NSV), a lancé en Janvier 2026 la version Beta du Regenerative Capacity Score pour évaluer la capacité de résilience et de régénération des entreprises et leurs conseils. En 4 étapes, un Score de Maturité Global et une analyse détaillée sur 5 catégories stratégiques propose des actions à mettre en place.

Le Regenerative Capacity Score : un diagnostic pour évaluer votre capacité de résilience et de régénération
Votre modèle d’affaires tient-il vraiment dans un monde instable ?
Le Capacity Score évalue votre capacité à tenir vos trajectoires RSE, innovation et business en 2026 — et identifie vos leviers d’action prioritaires.

Vers un Made in France régénératif ?

Et si la renaissance industrielle passait par une démarche Made in France à visée régénérative ?

Duralex et Brandt ont disparu faute d’avoir relié viabilité économique et ancrage territorial. La question n’est plus « comment produire français ? » mais « est-ce que la France va mieux parce que notre usine existe ? »

Le livre blanc documente la trajectoire : des pratiques régénératives localisées, mesurées en triple impact (environnemental, social, économique), qui génèrent une profitabilité investissable. 30 exemples français documentés — de Laines Paysannes à Atelier Tuffery, d’ENVIE à Pocheco.

Les Lauriers de la Régénération 2025

https://cdurable.info/les-lauriers-de-la-regeneration-2025-pour-les-pionniers-de-limpact-positif-net-sur-le-vivant/Les Lauriers de la Régénération 2025 pour les pionniers de l’impact positif net sur le vivant

55 lauréats (30 en 2024, 25 en 2025) qui prouvent que la régénération s’incarne dans des produits, services et modèles économiques viables — de Nectar (huile d’olive, 1 000 ha en bio) à Laines Paysannes (filière laine Pyrénées) en passant par C’est qui le patron ?! (lait régénératif, 410 fermes).

Chaque lauréat documente le lien entre pratiques régénératives et viabilité économique — la preuve manquante du mouvement régénératif en France.

25 produits régénératifs

Livre Blanc « Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d’entreprise »

Fondements théoriques, Capacity Score et ateliers pour décider autrement

Les Regenerative Circle pour ancrer la régénération au cœur des organisations

Regenerative Circle© : 3 parcours pour ancrer la régénération au cœur des organisations

Plus d’infos sur le nouveau site de Nous Sommes Vivants

NAT 40 : Le premier classement biodiversité pour mettre les entreprises du CAC 40 à l’épreuve de la nature

L’indice NAT40 met les entreprises du CAC 40 à l’épreuve de la nature. Les grandes entreprises sont au cœur d’un paradoxe : elles contribuent largement à la dégradation des écosystèmes, alors même que leur activité dépend profondément de la nature et des services qu’elle rend. Tous les secteurs sont concernés, comme le rappelle le dernier rapport de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité. Avec l’indice NAT40, le WWF FRANCE a souhaité mesurer le niveau de maturité des entreprises du CAC 40 sur les sujets nature : eau douce, océans, pollutions, biodiversité, ressources.

Lorsqu’on parle des relations entre les entreprises et la nature, on se focalise en général sur les impacts que ces dernières exercent sur les écosystèmes : pollutions de l’eau, artificialisation des sols, surexploitation des ressources (ex : surpêche), car les acteurs économiques apparaissent parmi les principaux moteurs de la dégradation de la biodiversité.

Cependant on oublie que l’économie dépend en grande partie de la nature pour fonctionner ! En réalité, la nature fournit gratuitement des services à l’économie : les “services écosystémiques” comme l’approvisionnement en eau et en denrées alimentaires, la pollinisation des cultures par les insectes, l’épuration de l’eau par les sols, la protection contre les catastrophes naturelles par les massifs forestiers ou les zones humides, etc. Des services qui, en se raréfiant, deviennent encore plus vitaux pour tous les secteurs de l’économie. Lorsqu’ils disparaissent, ces services occasionnent de fait d’importantes pertes voire une disparition du tissu économique, ou sont parfois remplacés par des solutions technologiques moins performantes et plus coûteuses (pollinisation par des drones, désalinisation de l’eau de mer, ouvrages de génie civil pour contrer les crues, etc.).

De plus, il existe des seuils écologiques, qui lorsqu’ils sont atteints, entrainent une dégradation soudaine et brutale des écosystèmes, parfois irréversible. C’est par exemple le cas des lacs soumis à un apport excessif en nutriments, des forêts tempérées soumises aux pluies acides, ou encore au niveau global de l’acidification des océans du fait de l’absorption de CO2.

L’économie est aujourd’hui engagée dans une spirale délétère qui fragilise les bases mêmes sur lesquelles elle repose.

Aujourd’hui la Banque centrale européenne (BCE) estime que 72% des entreprises de la zone euro soit environ 3 millions d’entreprises, « dépendent de manière critique des services écosystémiques et seront confrontées à d’importants problèmes économiques en raison de la dégradation des écosystèmes »

L’INDICE NAT40

CLASSEMENT DES ENTREPRISES DU CAC 40 SELON LEUR PERFORMANCE EN MATIÈRE DE PRÉSERVATION DE LA NATURE.

Le WWF a analysé les documents légaux rédigés par les entreprises selon les normes européennes, en se focalisant sur certains des aspects clés de leurs stratégies environnementales parmi lesquels : leurs analyses de matérialité (la manière dont elles définissent les sujets écologiques sur lesquels elles doivent agir), les objectifs environnementaux qu’elles se fixent, et les plans d’action qu’elles mettent en œuvre.

Ce qu’en pense les français

Les grands enseignements de cette étude sont les suivants :

  • 57 % des entreprises présentent une priorisation de leurs enjeux nature en décalage avec l’évaluation WWF.
  • L’amont des chaînes de valeur (production des matières premières agricoles, exploitation minière, transformateurs, etc.) est le principal angle mort.
  • 80 % des entreprises ont des cibles climat alignées sur l’Accord de Paris (SBTi), mais une seule a adopté des cibles scientifiques sur la nature (SBTN)
  • Les plans d’action sont incomplets et très rarement budgétés.
Classement NAT 40 – la performance nature des entreprises du CAC 40 (scores /100)

EAU DOUCE ET OCÉANS

La gestion de l’eau illustre un décalage structurel entre engagement déclaratif et transformation opérationnelle. Les entreprises mesurent davantage leurs consommations que leur contribution réelle au maintien de l’équilibre hydrique des territoires. L’approche reste majoritairement volumétrique, et non systémique.

  • Si de nombreuses entreprises considèrent à juste titre le sujet de l’eau comme étant matériel pour elles,
    30% jugent tout de même le sujet comme étant non prioritaire
  • La prise en compte des conditions locales (stress hydrique) reste très insuffisante dans la fixation des objectifs.
  • Les entreprises affichent parfois des objectifs globaux de réduction des prélèvements, mais sans articulation claire avec les capacités de régénération des nappes phréatiques ou les contextes territoriaux.
  • Les chaînes d’approvisionnement (producteurs des matières premières, fournisseurs, etc.) sont largement négligées dans la fixation des objectifs liés à l’eau.
  • Peu d’entreprises relient leurs objectifs à des référentiels scientifiques robustes comme le cadre SBTN.

BIODIVERSITÉ

La biodiversité demeure un angle mort stratégique. Si la gouvernance est globalement structurée, les enjeux nature restent dilués dans des politiques RSE larges et peu opérationnelles. Le manque d’alignement scientifique fragilise la crédibilité des stratégies publiées.

Les entreprises de l’agroalimentaire ou dépendantes de matières premières renouvelables ont globalement mieux identifié leurs impacts. Toutefois, la traduction opérationnelle reste incomplète, notamment dans l’accompagnement des fournisseurs vers des pratiques soutenables.

  • Près de 50% des entreprises du CAC 40, dont de nombreux grands acteurs industriels considèrent le sujet de la biodiversité comme n’étant pas matériel.
  • Les objectifs biodiversité sont rarement alignés sur les limites planétaires ou les références scientifiques.
  • Les engagements crédibles « zéro déforestation » restent minoritaires.
  • La prise en compte insuffisante des impacts biodiversité au niveau des chaînes d’approvisionnement et des fournisseurs demeure le principal point faible des stratégies.

KERING, première entreprise du classement NAT 40

Kering opère dans le secteur du luxe, caractérisé par une forte dépendance à des matières premières naturelles sensibles (cuir, fibres textiles, ressources agricoles), concentrant l’essentiel des impacts environnementaux en amont de la chaîne de valeur. Le modèle repose sur des filières mondialisées, à forte intensité de transformation, exposées aux enjeux de biodiversité, d’eau et de pollution.

L’étude complète NAT 40 du WWF

Les Français et le lien entre nature et activité économique


Renaturer la ville dense, un enjeu humain

La ville dense, souvent perçue comme un symbole de modernité, est devenue l’un des territoires où les vulnérabilités climatiques et sociales s’expriment le plus fortement. La concentration urbaine progresse (en France, près de 79 % de la population vit dans des unités urbaines, et 74% en Suisse) tandis que l’accès direct à des espaces naturels reste inégal1. Avis d’expert à Églantine Petit, Membre du conseil de la Fondation Etrillard et responsable du pôle environnemental, pour cette tribune Cdurable : « Renaturer la ville dense, un enjeu humain« .

Paris se transforme : Place Pigalle, 9e

le développement urbain
ne peut plus se concevoir sans intégrer pleinement le vivant

Canicules plus fréquentes (les centres urbains enregistrent des températures supérieures de 2 à 3 °C par rapport aux zones rurales), épisodes pluvieux intenses ou stress hydrique : ces phénomènes rappellent que le développement urbain ne peut plus se concevoir sans intégrer pleinement le vivant.

Renaturer la ville est l’une des réponses les plus directes à cette urgence. Mais encore faut-il s’entendre sur les mots car la renaturation est un concept qui dépasse la simple désimperméabilisation ou le fleurissement urbain.

Églantine Petit, membre du conseil de la Fondation Etrillard © Camille Marciano

Le sol, fondement d’une ville vivante

le sol est un écosystème complexe abritant plus du quart de la biodiversité mondiale

Longtemps considéré en ville comme un support technique, le sol est en réalité un écosystème complexe abritant plus du quart de la biodiversité mondiale. Un sol vivant assure des fonctions hydrologiques et climatiques majeures. Pourtant, en Europe, près de 70 % des sols sont dégradés. Redonner au sol sa capacité d’infiltration et de respiration est devenu essentiel.

Selon Caroline Gutleben Directrice de Plante & Cité « Les études montrent qu’une fois « libéré », le sol retrouve rapidement une activité biologique (vers de terre, micro-organismes, champignons) et redevient capable de stocker l’eau et le carbone. La régénération de cette “trame brune” est indispensable au développement des trames vertes et bleues. »

Adapter la ville au climat, au bénéfice de la nature et de l’humain

La nature en ville contribue à adapter le milieu urbain aux effets du changement climatique

La nature en ville contribue à adapter le milieu urbain aux effets du changement climatique. Ainsi, au-delà de la préservation de la biodiversité, la nature en ville est un levier de mieux vivre. Une méta-analyse internationale publiée dans The Lancet Planetary Health montre qu’une exposition régulière aux espaces verts est associée à une baisse significative de la mortalité toutes causes confondues.

Place du Pré-l’Evêque © Ville de Genève / Lionel Devaux

Les espaces végétalisés réduisent le stress, améliorent la santé mentale, favorisent l’activité physique et renforcent les liens sociaux. L’OMS recommande au minimum 10 m² d’espaces verts publics par habitant ainsi qu’un accès à moins de 300 mètres d’un espace vert d’au moins 0,5 hectare. Or ces seuils sont loin d’être atteints partout, révélant de fortes inégalités territoriales. Dès lors quelles réponses apporter ?

Stratégie des petits pas et projets d’envergure pour une action conjuguée

Montpellier ville nature – Bon de végétalisation

Pour être durable, la renaturation doit être sobre et réaliste or dans les centres urbains les plus denses, la création de vastes parcs se révèle souvent compliquée. Pourtant, il est tout à fait possible d’y faire émerger des micro-corridors de nature : végétalisation des joints de pavés, micro-déscellements en pied d’immeuble, installation de plantes grimpantes… Cette « stratégie des pas japonais » contribue à recréer des continuités écologiques là où l’on ne les attend pas et transforme progressivement l’ordinaire urbain en un maillage vivant et fonctionnel.

Plusieurs villes en offrent des illustrations concrètes. À Montpellier, une politique volontariste de déploiement de plantes grimpantes a permis de créer de l’ombre et des abris favorables à la biodiversité, sans métamorphoser l’hyper-centre en jardin. À Lausanne, l’écoquartier des Plaines-du-Loup est composé de trames vertes qui facilitent la mobilité de la faune, et les noues végétalisées assurent une infiltration douce de l’eau.

© Mathilde Imesch. Ambiance plaines du loup au printemps 2025

Enfin, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, de petites surfaces bitumées sont rendues à la terre par des micro-déscellements, assurant ainsi des services écosystémiques de proximité.

Certaines opérations démontrent qu’il est aussi possible d’agir à plus grande échelle. À Rennes, les Prairies Saint-Martin ont transformé une friche en parc inondable intégrant prairies humides et gestion naturelle de l’eau.

Prairies Saint-Martin : un parc naturel au cœur de Rennes !

À Zurich, le quartier de Greencity, construit sur un ancien site industriel, est un exemple de réintégration du vivant dans un projet dense : chaque îlot dispose d’espaces verts interconnectés favorisant les espèces locales.

Ces expériences montrent qu’une renaturation réussie ne se décrète pas : elle s’enracine dans l’histoire d’un lieu, dans ses usages et dans l’implication des habitants. Qu’elle procède par ajustements successifs ou par transformations d’envergure, chaque réalisation contribue à inscrire durablement la nature au cœur des dynamiques urbaines.

Un investissement pour le bien commun

Pour leur donner les moyens d’exister dans la durée, La question du coût
ne peut donc être éludée

Articuler petits pas et projets structurants suppose de leur donner les moyens d’exister dans la durée. La question du coût ne peut donc être éludée. Caroline Gutleben indique d’après des travaux récents2, qu’une opération de renaturation « représente généralement un investissement compris entre 50 et 320 euros par mètre carré, selon l’état initial des sols. À première vue, la somme peut sembler conséquente. Pourtant, rapportée aux dépenses croissantes liées aux infrastructures “grises” de gestion des eaux pluviales ou aux impacts sanitaires des îlots de chaleur, elle apparaît comme un choix lucide, anticipateur et économiquement cohérent. »
Les retombées sont tangibles :la désimperméabilisation permet jusqu’à 30 % d’économies sur la gestion des eaux pluviales, tandis que les espaces végétalisés offrent un gain de confort thermique pouvant atteindre 9°C par rapport aux surfaces minérales.

Ces effets positifs dépassent largement l’échelle d’un aménagement isolé. Ils se mesurent à celle d’un quartier, d’une ville, et même d’une génération. C’est dans cette perspective que l’engagement d’acteurs privés guidés par l’intérêt général, comme la Fondation Etrillard avec son Prix « Nature dans la Ville », aux côtés des collectivités, prend tout son sens pour accompagner des projets à forte valeur collective.

Redonner toute sa place au vivant,
ce n’est pas opposer nature et urbanité, mais conjuguer confort, résilience
et justice sociale

Ainsi, prolonger la dynamique engagée, qu’elle prenne la forme d’interventions fines ou de transformations d’ampleur, revient à affirmer une vision. Redonner toute sa place au vivant, ce n’est pas opposer nature et urbanité, mais conjuguer confort, résilience et justice sociale. La ville de demain sera dense ; à nous de veiller à ce qu’elle demeure profondément humaine.

Lire aussi sur Cdurable.info : « Nature dans la ville »

« Nature dans la ville », un prix au bénéfice de la Nature de proximité pour préserver et développer les espaces naturels en milieu urbain
  1. Au sein des grands centres urbains, un habitant sur deux n’a pas accès à un espace vert public à moins de cinq minutes de marche de son domicile↩︎
  2. Mathilde Salin, Charles Claron, Elodie Nguyen-Rabot, Nicolas Mondolfo, Harold Levrel. Les coûts de la restauration des sols urbains. CIRED Working Paper n°2024-96-FR. 2025. ↩︎

Quelles Régions s’engagent pour la transition vers un élevage hors cage et le bien-être animal ?

Alors que les producteurs, les grandes surfaces et de nombreux transformateurs de l’agroalimentaire français sont engagés pour viser du 100% hors cage au moins sur la filière pondeuse depuis plusieurs années, CIWF France a analysé les Appels à projets des aides à l’investissement de 5 Régions de France : seule la Nouvelle Aquitaine propose d’exclure certaines productions en cages de leurs appuis financiers. Malgré une volonté d’intégrer le bien-être animal dans leurs plans pour l’élevage, les Régions sont encore peu sensibilisées aux enjeux concrets comme celui de la transition hors cage. CIWF France souhaite les accompagner avec la publication de ce baromètre complété de plusieurs recommandations pratiques et un rapport sur les financements régionaux de l’élevage.

La cage en élevage, une pratique d’un autre âge

Les entreprises et les interprofessions ne s’y trompent pas : depuis l’Initiative Citoyenne Européenne contre les cages, qui a réuni plus de 1,4 million de citoyens en Europe en 2020, elles se sont engagées dans la transition hors cage, à des rythmes différents et sans cadrage des pouvoirs publics.

Pourtant, avec les crises agricoles régulières, ces engagements sont souvent mis à mal : les professionnels ont besoin d’un appui régulier et cohérent des pouvoirs publics pour garantir le cap fixé.

Yves-Marie Beaudet, le Président de l’interprofession de l’œuf (CNPO) l’affirme lui-même récemment : « Le sens de l’histoire, c’est de sortir les animaux des cages, notamment les poules » tout en rappelant que « ça demande de l’argent pour transformer tous ces bâtiments1. »

Un baromètre annuel pour mesurer les progrès des Régions

CIWF France publie son premier Baromètre régional de la transition hors cage pour suivre l’évolution des règles d’éligibilité aux aides publiques décernées par les Régions, et toutes les informations disponibles sur les cages en élevages dans cinq Régions emblématiques pour l’élevage.

Poules pondeuses en cage aménagée.

CIWF France a analysé les Appels à Projets pour les aides à l’investissement dans chacune des 5 Régions d’élevage ciblées, avec la question suivante : les cages sont-elles exclues des critères d’attribution ? L’objectif pour CIWF est faire un état des lieux des engagements des Régions, pour pouvoir les challenger et à terme, leur permettre de développer un indicateur de suivi de la transition hors cage sur leur territoire.

Le tableau sera enrichi de toutes les informations transmises par les Régions notamment sur le nombre d’animaux en cage sur leur territoire, les bonnes pratiques et exemples d’amélioration mises en place.

Lapins en cages.

Le rôle des Régions dans la transition hors cage

Au printemps 2025, CIWF France a publié son premier rapport Financements régionaux et transition de l’élevage : quels leviers pour des modèles plus durables ? qui faisait un état des lieux dans 5 Régions françaises emblématiques pour l’élevage, analysait les leviers à leur disposition pour soutenir les transitions agro-écologiques et le bien-être animal, notamment financiers via les aides de la PAC. Chaque année, des millions d’euros de fonds publics, notamment issus des Fonds européens agricoles pour le développement rural (FEADER), sont accordés par les Régions pour financer l’installation et les investissements à l’élevage dans nos territoires. Ces aides ne sont pas neutres : elles orientent concrètement les modèles agricoles de demain. Elles appuient chaque transition, chaque installation, chaque transmission d’élevage.

Pour que local ne rime pas avec industriel

Les principaux enseignements à ce stade de l’étude montrent une grande marge de progrès possible, car sans aucun doute, les Régions ont rarement identifié les cages comme un des enjeux de la transition agro-écologique qu’elles soutiennent pourtant toutes de leurs vœux.

Seule la Nouvelle Aquitaine a explicitement exclu certaines cages de ses appels à projets (pour les poules pondeuses et les truies en maternité). La Bretagne détient le triste palmarès de la première région pour les poules en cage en France, seul type d’élevage pour lequel les chiffres sont trouvable, par l’intermédiaire des codes sur les œufs (mis en place en 2004 par l’Union Européenne). Car le second enseignement est également la faible transparence et l’absence de suivi par les Régions des filières sur les modes de production.

Alors que la nouvelle PAC est en train de se préparer à Bruxelles, et que les prochaines aides à l’élevage se dessinent maintenant, CIWF France compte bien challenger positivement les Régions et le Gouvernement afin de mettre en place un indicateur opérant pour accompagner les éleveurs dans la transition hors cage.

  1. Radio France, mercredi 18 février 2026: Malgré leurs promesses, plus de 70 % des supermarchés vendent des œufs de poules élevées en cage, dénonce Anima | France Inter ↩︎

Répondre à l’urgence agricole et alimentaire avec une loi pour protéger agriculteurs et citoyens

Face à une crise agricole qui s’éternise, le collectif Nourrir de 55 organisations paysannes et citoyennes propose une loi fondée sur un principe simple : protéger. Protéger le revenu des agriculteurs, protéger les facteurs de production, protéger le droit à une alimentation saine et durable. À rebours des logiques de division, il démontre qu’il est possible de concilier intérêts des agriculteurs, des citoyens et de l’environnement. Et, pour faire de l’alimentation un droit, il nous invite à signer l’Initiative citoyenne européenne.

Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation

L’agriculture française traverse une crise existentielle. Elle est prise en étau entre des marchés internationaux non régulés fondés sur la loi du « plus fort » qui écrasent les revenus et la piègent dans une course effrénée à la productivité, une inquiétude croissante des consommateurs quant aux conséquences sanitaires de leur alimentation, et une dégradation constante des écosystèmes.

Selon le collectif Nourrir, « en refusant de traiter la question centrale de la sécurisation d’un revenu agricole digne et en abaissant les protections environnementales, la nouvelle loi d’urgence agricole portée par le gouvernement ne protège pas : elle fragilise« . Elle fragilise les agriculteurs et agricultrices en les enfermant dans une course au moins-disant économique, social et environnemental. Elle fragilise notre souveraineté alimentaire en dégradant les ressources naturelles — sols, eau, biodiversité — garantes de la productivité agricole. Elle fragilise enfin nos concitoyens en hypothéquant leur droit à une alimentation saine et durable.

Le collectif Nourrir réunit 55 organisations de paysans et de paysannes qui veulent vivre de leur métier, et d’organisations citoyennes qui défendent le droit à une alimentation de qualité, respectueuse de l’environnement. Face aux oppositions caricaturales — agriculture contre environnement, urbains contre ruraux — le collectif fait le choix d’un pacte pour construire ensemble un autre système agricole et alimentaire.

Son ambition est simple : 

  1. Protéger les revenus agricoles en rendant obligatoire la prise en compte des coûts de production dans les contrats et en instaurant un minimum de produits bio et équitables en distribution. 
  2. Protéger l’accès au foncier et la qualité de l’eau, en développant des outils de transparence pour permettre l’accès aux terres agricoles. 
  3. Protéger le droit à une alimentation saine et durable pour toutes et tous, notamment en accélérant la suspension d’additifs particulièrement préoccupants pour la santé des consommateurs. 
Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation
Le droit à l’alimentation n’est pas explicitement garanti dans la Constitution ni dans un texte juridique contraignant. Inscrire ce droit dans la législation française constituerait un signal politique fort. Cela permettrait de prévenir ces régressions, tout en guidant les politiques agricoles et alimentaires vers davantage de justice sociale et de durabilité.
Un dossier pour éclairer et outiller l’action : C’est dans cette perspective que le Collectif Nourrir a coordonné le numéro de la revue POUR, intitulé « Transformer les systèmes alimentaires par le droit à l’alimentation ». Ce dossier réunit des contributions d’organisations de la société civile, de chercheurs et chercheuses, qui analysent les cadres juridiques existants et explorent les leviers de mise en œuvre du droit à l’alimentation en France. Avec ce numéro de la revue POUR, le Collectif Nourrir souhaite explorer les pistes concrètes pour garantir un accès digne de toutes et tous à une alimentation choisie, saine et durable.

L’agriculture, l’alimentation, la nature, avec ou sans paysan·nes ?

Depuis 50 ans, le nombre de paysans est en chute libre et nos campagnes se vident. C’est le résultat d’une politique agricole qui pousse les fermes à s’agrandir, à s’industrialiser ou à disparaître. Avec 50 % des agriculteur·rices qui partiront à la retraite d’ici 10 ans et des fermes beaucoup trop grandes pour trouver repreneur, renouveler les générations agricoles est à la fois une urgence absolue et une opportunité pour redonner vie à nos campagnes et enclencher la transition agroécologique.

Pour résoudre durablement cette crise, le gouvernement doit décider d’un cap clair entre  :

  • 1. Continuer de soutenir une agriculture productiviste et exportatrice, boostée par le tout technologique, les subventions, les engrais et pesticides chimiques, et responsable du déclin du nombre de paysan·nes en France et dans le monde.
  • 2. Promouvoir un système agroécologique et biologique, résilient et rémunérateur, porté par de nombreuses fermes à taille humaine et plébiscité par la majorité des candidat·es au métier de paysan et des citoyen·nes.

Proposition de loi pour répondre à l’urgence agricole et alimentaire

Le collectif Nourrir propose un projet de loi pour amorcer un véritable projet de société plaçant la protection agricole, humaine et environnementale au cœur de notre souveraineté alimentaire. C’est la première pierre d’un projet global et structurel qui doit se dessiner dès 2027.

Une Initiative Citoyenne Européenne pour le droit à l’alimentation

En France, 55 organisations engagées pour la mise en place de politiques agricoles et alimentaires justes, démocratiques et écologiques soutiennent l’initiative citoyenne européenne et la campagne qui l’accompagne pour que l’alimentation soit reconnue comme un droit humain fondamental, et que cela se traduise par la mise en place de mesures concrètes. 

Alors que l’Union Européenne s’apprête à signer l’accord Mercosur, et que des discussions-clés se sont engagées sur la politique agricole commune européenne, le besoin d’agir au niveau européen pour permettre aux citoyens et citoyennes d’avoir un accès digne à une alimentation choisie, saine et durable, produite dans le respect des paysan·nes devient urgent.

L’objectif de cette campagne : obtenir au moins 1 million de signatures en Europe en 1 an, pour que la Commission Européenne puisse examiner cette Initiative Citoyenne et répondre à la demande d’instaurer un véritable droit à l’alimentation au sein des 27 pays membres de l’Union Européenne, et au-delà, de mettre en œuvre 16 mesures pour assurer des systèmes alimentaires sains, justes, humains et durables pour les générations actuelles et futures.

Pour faire de l’alimentation un droit, signez l’Initiative citoyenne européenne

Qu’est-ce que le droit à l’alimentation ?

Le droit à l’alimentation se définit comme “le droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante”.

La nourriture doit donc être :

  • Disponible : produite en quantité suffisante et dans le respect des travailleur·ses et de l’environnement
  • Accessible physiquement et financièrement
  • Adéquate sur le plan sanitaire, nutritionnel et culturel
  • Durable socialement, écologiquement et économiquement

Et l’Initiative citoyenne européenne pour le droit à l’alimentation ?

La campagne pour l’Initiative Citoyenne Européenne pour le droit à l’alimentation « L’alimentation est un droit humain pour toutes et tous ! Garantir des systèmes alimentaires sains, justes et durables »  a été lancée le mercredi 7 janvier en Europe et le 12 janvier en France.

La structure Good Food for all — Europe coordonne la campagne européenne. Le Collectif Nourrir est le coordinateur de la campagne en France. C’est une plateforme française inter-organisations constituant un espace commun de réflexion et d’action, œuvrant à la refonte du système agricole et alimentaire. Organisations paysannes et citoyennes françaises travaillent à la mise en place de politiques agricoles et alimentaires justes, démocratiques et écologiques, afin d’assurer notre souveraineté alimentaire, garantir le respect du Droit à l’alimentation, permettre aux producteurs et productrices de vivre de leur métier, et favoriser les dynamiques du vivant.


Les Arbri’culteurs pour la transition écologique des agriculteurs

En mobilisant financièrement et moralement les citoyens, les entreprises et les collectivités, Les Abri’culteurs aident les producteurs à régénérer leurs écosystèmes afin de préserver la biodiversité, de lutter contre le changement climatique et d’assurer la pérennité de la production agricole.


Collectif Nourrir : nous produisons, mangeons et décidons !

Boris Marcel, co-fondateur du Réseau national Les Cols verts, veut faire changer d’échelle l’Agriculture Urbaine et favoriser la transition alimentaire des territoires

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« Chez Les Cols Verts, nous œuvrons collectivement pour un système agricole et alimentaire juste et vertueux pour le vivant. » Pour favoriser l’émergence de systèmes alimentaires territoriaux durables et résilients, le réseau national Les Cols verts forme, accompagne et déploie des collectifs locaux chargés de mettre en place des solutions d’Agriculture Urbaine et d’alimentation durable. Son directeur et co-fondateur Boris Marcel a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Les Cols Verts, un Réseau associatif spécialisé dans l’Agriculture Urbaine

Les Cols Verts, un Réseau associatif pour l’Agriculture Urbaine

« Chez Les Cols Verts, nous œuvrons collectivement pour un système agricole et alimentaire juste et vertueux pour le vivant. »

Maillage territorial du Réseau Les Cols Verts

Le Réseau Les Cols verts forme, accompagne et déploie des collectifs locaux chargés de mettre en place des solutions d’Agriculture Urbaine et d’alimentation durable, avec pour objectif de favoriser l’émergence de systèmes alimentaires territoriaux durables et résilients. Il contribue a essaimer des solutions protectrices de la biodiversité, porteuses d’un mieux-vivre pour les populations urbaines et vectrices de développement économique.

  • FORMER : En présentiel ou en numérique, sur tous les sujets liées à l’Agriculture Urbaine et à la transition alimentaire.
  • ACCOMPAGNER : Les porteurs de projets, les établissements scolaires, les collectivités et les entreprises.
  • DÉPLOYER : Des collectifs Cols verts partout sur le territoire, qui œuvrent concrètement avec des actions de terrain.

Questions Cdurable à Boris Marcel

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Boris Marcel

Boris Marcel, sélectionné par Les Nouvelles Voix

Boris Marcel est un entrepreneur social breton qui travaille à rendre notre système alimentaire plus résilient, plus juste et plus soutenable. Il est membre de la promotion 2025-2026 Les Nouvelles Voix

Fondateur et directeur du réseau associatif Les Cols Verts, il développe des fermes urbaines et périurbaines dans plusieurs villes françaises, dans des quartiers populaires. Ces lieux sont à la fois des espaces de production alimentaire, des outils de protection de la biodiversité et des tiers-lieux d’éducation, de formation et d’insertion. Ils contribuent concrètement à la résilience alimentaire des territoires, en rapprochant les habitants de leur alimentation et en créant des emplois locaux.

Construire un système alimentaire plus durable, c’est agir à la fois pour le climat et pour une société plus équitable.

Collectif Rennes – octobre 2021

À l’échelle nationale, Boris conçoit des formations et des programmes de sensibilisation pour rendre les connaissances sur la transition alimentaire accessibles au plus grand nombre : citoyens, professionnels, collectivités. Il a récemment initié Oya, une entreprise de formation et d’accompagnement dédiée aux métiers de la transition alimentaire – de l’agriculture à la restauration – afin de répondre aux besoins de compétences et de souveraineté alimentaire.

Il intervient également dans plusieurs écoles et lieux de débat public sur les questions de résilience alimentaire, de souveraineté, d’agriculture urbaine et de transition des systèmes alimentaires.

Incubateur en Agriculture Urbaine

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Je suis issu d’une famille d’agriculteurs, même si j’ai grandi avec une certaine distance au monde agricole. Mon lien au vivant s’est construit en deux dimensions.

Le vivant me paraît littéralement magique

D’abord une fascination profonde. Le vivant me paraît littéralement magique. Chaque espèce est une stratégie d’adaptation unique : formes, couleurs, modes d’organisation, intelligence, coopération, émotions. J’ai une admiration particulière pour les grands singes qui constitue cette jonction troublante entre l’humain et l’animal – mais aussi pour les espèces dont l’intelligence et l’empathie sont aujourd’hui largement documentées : corbeaux, cochons, cétacés, perroquets…

l’agriculture est notre premier lien concret au vivant

Ensuite, une découverte du vivant par l’alimentation. La diversité culinaire mondiale m’a fait comprendre que l’agriculture est notre premier lien concret au vivant. Derrière chaque saveur, il y a un sol, un climat, un paysan, une biodiversité cultivée. Comprendre comment pousse une plante, comment fonctionne un sol, comment se structure un écosystème agricole m’a conduit à créer le réseau Les Cols Verts et à travailler sur la transition alimentaire.

Aujourd’hui, j’agis sur le système alimentaire. Dans une autre vie, j’aimerais consacrer davantage de temps à la préservation des espèces. Pour moi, ces deux combats sont intimement liés.

Cartographie du Réseau Les Cols verts

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je suis flexitarien lorsque je partage des repas en famille ou avec des amis, et majoritairement végétarien chez moi.

Je cherche à consommer des produits peu transformés : légumes vapeur, céréales variées, légumineuses, oléagineux, fruits… et probablement encore un peu trop de fromage !

la cohérence sans réduire le plaisir

Au-delà du régime alimentaire, ce qui compte pour moi, c’est la cohérence sans réduire le plaisir : réduire l’impact environnemental, préserver la santé, soutenir des filières agricoles respectueuses du vivant et accessibles socialement. L’alimentation est un acte quotidien, mais c’est aussi un levier systémique. Et c’est une des choses les plus agréables sur terre. 

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je vis dans un appartement en Bretagne, dans un immeuble assez singulier : très ouvert, presque communautaire parfois. Le jardin est partagé, les voisins se connaissent, on garde les animaux des uns et des autres, on partage parfois des repas. Cette convivialité crée une atmosphère profondément humaine.

Mon habitat idéal serait un lieu semi-ouvert, proche de l’habitat participatif

Mon habitat idéal serait un lieu semi-ouvert, proche de l’habitat participatif :
des espaces privés respectés, mais aussi des espaces communs vivants – jardin partagé, chambre d’amis collective, grande table pour dîner ensemble.

Je crois que l’habitat est un élément clé de la transition écologique : il structure nos modes de vie, nos déplacements, nos relations sociales, notre rapport au territoire.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

L’escalade est mon sport depuis l’âge de 12 ans, et de très loin mon préféré. Elle m’apporte un équilibre physique et mental. En bloc ou en voie, elle me vide l’esprit et me recentre. Je ressens particulièrement le manque de l’escalade en extérieur, au contact direct de la roche et du paysage.

J’alterne avec du workout en extérieur (je ne suis pas fan des salles de musculation) et de la corde à sauter ou de la course pour le cardio. 

le sport n’est pas une performance :
c’est une hygiène de vie

Pour moi, le sport n’est pas une performance : c’est une hygiène de vie, une façon de rester en lien avec mon corps et mon énergie. C’est absolument essentiel dans mon quotidien. 

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Très tôt, j’ai été en colère contre les multinationales que j’accusais, et que j’accuse encore parfois, de placer la rentabilité avant le bien commun, avec des impacts économiques, sociaux, environnementaux et politiques majeurs.

Boris Marcel – Co-fondateur et directeur du Réseau national Les Cols Verts, enseignant et formateur

construire plutôt que dénoncer en permanence

Mais j’ai rapidement compris que l’indignation permanente ne me rendrait pas heureux. J’ai choisi une posture différente : construire plutôt que dénoncer en permanence. Cela ne signifie pas renoncer à l’esprit critique, mais privilégier l’action positive.

La découverte de l’économie sociale et solidaire a été déterminante. Puis l’entrepreneuriat social, l’économie circulaire, l’agroécologie, le biomimétisme, l’innovation frugale, l’économie post-croissance, la théorie du donut… J’enseigne ces modèles depuis plus de dix ans. Il en existe probablement une centaine que j’ai eu la chance d’explorer.

Ces cadres théoriques m’ont donné des outils. Mais c’est surtout le terrain qui m’a appris : créer, tester, ajuster, coopérer.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

mon travail est profondément aligné avec mes passions

Malgré la lourdeur administrative qui peut parfois peser, mon travail est profondément aligné avec mes passions : Former, accompagner, transmettre sur la transition alimentaire, c’est agir sur l’emploi, le climat, la santé, la biodiversité et la cohésion sociale en même temps.

Mon travail me permet de relier mes convictions écologiques, mon goût pour l’entrepreneuriat et mon envie de transmission. C’est un engagement autant qu’un métier.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Mon énergie vient d’un équilibre simple : le sport, le repos, ma famille, mes amis, les voyages, le cinéma, la musique, la curiosité intellectuelle et l’ouverture sur le monde.

Je crois profondément que
pour agir durablement,
il faut préserver sa propre énergie.

Les Vergers d’Hector

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Mon implication principale est professionnelle : construire des projets qui accélèrent la transition alimentaire, former aux métiers en tension, structurer des dynamiques territoriales.

Elle est aussi citoyenne et politique : participer aux débats, soutenir des initiatives collectives, défendre des modèles économiques plus justes et régénératifs.

défendre des modèles économiques plus justes et régénératifs

Le projet des Cols Verts Rennes

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Je crois à la coopération
comme moteur de transformation.

Aucun acteur ne peut transformer seul le système alimentaire : agriculteurs, transformateurs, restaurateurs, distributeurs, collectivités, chercheurs, citoyens doivent travailler ensemble. 

Je crois profondément à la logique systémique et à la compréhension globale d’un secteur pour agir en conscience et en prenant en compte l’ensemble des externalités potentielles. 

Mon rôle est souvent celui d’un passeur : connecter, structurer, faire dialoguer des mondes qui ne se parlent pas toujours.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

La transition écologique n’est pas seulement une contrainte ou une nécessité technique. C’est une opportunité de réconcilier l’humain avec le vivant.

Nous pouvons produire autrement, manger autrement, habiter autrement, coopérer autrement. Nous avons les connaissances, les modèles, les expériences. Ce qui manque le plus, ce n’est pas la solution technique : c’est la capacité collective à changer d’échelle.

Je crois à une écologie constructive, positive, exigeante.

Une écologie qui ne nie pas les crises, mais qui choisit d’y répondre par la création plutôt que par le renoncement.

Et je crois profondément que l’alimentation, qui est le principal facteur des limites planétaires, est également le point d’entrée le plus puissant pour transformer nos sociétés.

Le projet des Cols Verts Provence

Étude, mesure et rapport d’impact Les Cols Verts

LES COLS VERTS :
10 ANS D’ACTIVITÉS

étude et mesure d’impact
de Cols verts Rennes, dont Boris Marcel est le président fondateur

Écologie urbaine : Connaissances, enjeux et défis de la biodiversité en ville

« En écologie urbaine, la ville est considérée comme un véritable écosystème, riche d’habitats originaux où coexistent humains et non-humains. » Fruit d’un travail collectif, cet ouvrage des éditions Quae s’appuie sur les avancées récentes en écologie urbaine pour proposer une réflexion sur la collaboration entre chercheurs et acteurs de la ville. Il explore les perspectives offertes par l’urbanisme régénératif pour réconcilier développement urbain et protection de la biodiversité. Il s’adresse à l’enseignement supérieur, aux professionnels et aux acteurs publics, tout en restant accessible à un large public intéressé par la ville et le vivant.

Exemple de toit potager en bacs (crédits : INRAE/Christophe Maitre).

Présentation de l’ouvrage

Les écosystèmes urbains sont soumis aux spécificités de la ville : fragmentation des habitats et diversité d’usages. Ils accueillent des assemblages d’espèces inédits et révèlent le rôle déterminant des activités humaines — de la gestion quotidienne à l’aménagement — dans les dynamiques écologiques.

Cet ouvrage des éditions Quae retrace l’émergence de l’écologie urbaine et présente les enjeux liés à la biodiversité en milieu urbain, ainsi que les inégalités sociales d’accès aux espaces naturels.

Il détaille les biotopes urbains, leur capacité à accueillir la vie, et les biocénoses1 qui s’y développent — faune et flore adaptées à la ville, dynamiques écologiques et interactions multiples entre espèces.

Il présente enfin les stratégies de préservation de la biodiversité en ville, en analysant les politiques publiques, la gestion environnementale, les services écologiques rendus par la nature urbaine et les approches innovantes comme l’ingénierie écologique ou la restauration de la connectivité entre habitats.

Arbres d’alignement (crédits : Luc Abbadie).
Les arbres d’alignement peuvent subir des stress hydriques s’ils sont plantés dans des espaces trop imperméabilisés. Les pavés semi-perméables peuvent être une solution

Préface de Nathalie Frascaria-Lacoste

Nathalie Frascaria-Lacoste
Professeure en écologie évolutive et ingénierie écologique à AgroParisTech. Directrice du Laboratoire Écologie, société, évolution – Université Paris-Saclay


Voici un ouvrage, coordonné par cinq scientifiques de renom – Nathalie Machon, Francesca Di Pietro, Valérie Bertaudière-Montès, Laure Carassou et Serge Muller –, qui nous propose une synthèse documentée des connaissances actuelles en matière de biodiversité urbaine mais aussi des enjeux et défis de son maintien sur le long terme.

Une soixantaine de scientifiques, spécialisés sur les questions urbaines, appartenant au monde des sciences de la nature ou des sciences sociales, vont se relayer au fil des chapitres pour nous expliquer avec précision et conviction la folle aventure de la biodiversité en ville, ce qu’elle est vraiment et le cheminement souvent difficile qu’elle subit dans un milieu si contraint, en interaction avec les humains qui y vivent.

Ce livre, très pédagogique, s’adresse à tous ceux qui souhaitent se documenter sur ces questions ou monter en compétence dans ce large champ qu’est l’écologie urbaine.

Jardins familiaux dans l’agglomération tourangelle (crédits : Francesca Di Pietro).

Tout au long de l’ouvrage, le lecteur découvre des faits scientifiques majeurs, certains inédits ; une terminologie précise, adaptée et explicite ; mais aussi une palette de réflexions plus poussées lui permettant d’approfondir le sujet et de devenir, lui-même, un potentiel acteur des enjeux de la ville de demain.

Double alignement monospécifique de platanes, boulevard Blanqui à Paris (13e arrondissement) (crédits : Serge Muller)

Le livre présente d’abord le contexte général, rappelant et qualifiant la ville comme un écosystème et un territoire d’enjeux pour la biodiversité, et identifiant également les inégalités sociales d’accès à la biodiversité. Il s’agit ici d’amener progressivement le lecteur à poser un regard nouveau sur ce que sont réellement les villes d’aujourd’hui et leurs dynamiques (ces « nouveaux écosystèmes », comme le mentionne très justement Francesca Di Pietro), et de sortir d’une vision d’un monde essentiellement construit : un monde où l’on transforme une matière première comme un produit fini, une forme en une substance.

Jardin naturel dans le 20 e arrondissement à Paris (crédits : Marianne Cohen).
Le jardin naturel à visée pédagogique a reconstitué plusieurs écosystèmes franciliens dans le 20e arrondissement parisien.

L’idée est de redonner une vie à la ville et de donner à réfléchir autrement ces espaces où une très grande partie des populations humaines mondiales se retrouvent aujourd’hui, et probablement encore plus demain.

Friche urbaine (crédits : Cécile Mattoug).
Les friches urbaines sont généralement constituées d’une gamme d’habitats variés.
  • Comment aller vers un mode d’engagement avec la ville, et non vers un mode de construction de cette dernière ?
  • Comment passer du bâtir à l’habitabilité ?
  • Le monde habité n’est-il pas un champ continu de relations qui se déploient à travers le temps ?

Le livre s’emploie à nous le démontrer.

Rayon de 300 mètres et gradient d’urbanité (sources : projet Evolville (s. d.), gradients environnementaux urbains).
Le gradient d’urbanité qui rend compte de la densité bâtie et le rayon de 300 mètres restent des outils privilégiés pour les travaux de terrain en écologie urbaine. La première ligne représente le rayon de 300 mètres. Le gradient d’urbanité est observable entre les trois colonnes (de plus dense à moins dense de gauche à droite) avec l’importance croissante de l’emprise du bâti dans le cadre observé.

Trois parties viennent ensuite structurer l’ouvrage :

  1. tout d’abord autour d’une description du biotope urbain (quelles caractéristiques ? quelles formes ?), de l’urbanisation comme moteur de l’évolution des espèces, mais aussi des différents types urbains (arbres, friches, espaces verts, réseau viaire, toitures végétalisées, espaces d’agriculture urbaine, parcs et cimetières) ;
  2. ensuite autour de l’identification des biocénoses adaptées à la ville, qu’il s’agisse des communautés animales, végétales ou des interactions biotiques en ville ;
  3. et enfin autour d’une meilleure préservation de la biodiversité en ville avec des focus sur la propreté et la diversité dans les espaces publics, la cartographie des services écologiques que l’on y trouve, le Zan (zéro artificialisation nette) et l’intégration de la biodiversité dans les projets d’aménagements, la place de l’ingénierie écologique comme façon d’intervenir, la restauration de la connectivité pour améliorer la biodiversité urbaine, les questions de la pollution lumineuse, mais aussi de l’impact de la lumière artificielle nocturne sur la biodiversité aquatique, et enfin le rôle et la participation des habitants quant à une « re-naturalisation » de la ville.
Taxons photographiés par les observateurs de « Sauvages de ma rue » (crédits : Valérie Montès, Renaud Jégat).
A : Lactuca serriola ; B : Taraxacum sp. ; C : Oxalis corniculata ; D : Poa annua ; E : Senecio vulgaris ; F : Sonchus oleraceus.

Le lecteur en sort grandi et informé sur ce que sont profondément nos villes et le type de biodiversité que l’on y rencontre ainsi que sur l’ensemble des menaces auxquelles elle est confrontée.

Fleurs (A) et fruits (B) de Crepis sancta (crédits : A, Tela Botanica ; B, Éric Imbert/ISEM/CNRS Images).
Rôles du chercheur auprès des acteurs et usagers de la ville pour améliorer l’intégration de la biodiversité dans la fabrique urbaine.

L’ouvrage se termine en évoquant

  1. l’importance du chercheur en écologie comme partie prenante dans une nouvelle conception de la ville potentiellement renouvelée où les espaces urbains intégreraient haut et fort des espaces de nature,
  2. et un nouvel urbanisme que l’on pourrait qualifier d’urbanisme écosystémique pluridisciplinaire où l’écologie aurait toute sa place.
Illustrations des espèces de lépidoptères observés dans les parcs publics (crédits : A, C, H, Chloé Duque ; B, J, K, Louise Seguinel ; D, E, G, Magali Deschamps-Cottin ; F, Bruno Vila ; I, Nicolas Maurel).
A : Pieris rapae ; B : Polyommatus icarus ; C : Pararge aegeria ; D : Caenonympha dorus ; E : Gonepteryx cleopatra ; F : Charaxes jasius ; G : Libythea celtis ; H : Satyrium esculi ; I : Pieris mannii ; J : Pyronia cecilia ;
K : Pyronia bathseba.

Pour y parvenir, le lecteur découvrira qu’il est possible de penser la ville de demain en passant de la ville durable à la ville régénérative. Philippe Clergeau et Eduardo Blanco nous expliquent cette notion de la façon suivante : « la ville régénérative vise la constitution d’écosystèmes les plus proches possibles de ceux qui existent dans des milieux plus naturels, c’est-à-dire capables de s’auto-entretenir grâce à la reconstitution permanente, après chaque perturbation, des réseaux écologiques (des chaînes alimentaires, par exemple) et de garder leurs propriétés sur le long terme ». Dont acte.

Quelques taxons caractéristiques des collines calcaires et de la zone littorale, observés dans les rues de Marseille (Bouches-du-Rhône) (crédits : Valérie Montès, Pauline Bravet).
A : Hyoscyamus albus ; B : Teucrium aureum ; C : Asparagus acutifolius ; D : Crithmum maritimum ; E : Lagurus ovatus ; F : Crithmum maritimum.

Ainsi le lecteur comprend que la biodiversité doit être associée de façon plus prégnante à une conception écologique qui lui permettrait, en tant que telle, d’évoluer aussi à sa juste mesure. Comme l‘écrit Luc Abbadie en introduction, « la qualité de la nature en ville, qui se mesure à sa diversité, à son autonomie fonctionnelle et à sa capacité évolutive, doit être une préoccupation constante de ceux qui fabriquent la ville ». Aux concepteurs de la ville de s’en emparer.

Formes urbaines et biodiversité
Formes bâti-végétal (A) et modélisation des nœuds-habitats et des liens-distances et difficultés de déplacement pour une espèce donnée (B) (sources : Morphobiot, 2023. Grand dessin des formes « bâti-végétal » sur le site d’Ancely. Projet Reamur, 2022. Graphab).
Ces représentations constituent les deux modalités émergentes de représentation des formes urbaines du programme Baum.

Aujourd’hui, la ville se doit de devenir écologique au plus profond d’elle-même, pour notre survie mais aussi pour celle de tous les êtres vivants non humains qui nous accompagnent.

Exemples de motifs et d’espèces végétales récurrents des jardins pavillonnaires méditerranéens (crédits : A. Marco)

Nous sommes dans le pétrin, mais nous avons toutes les clefs entre nos mains pour accompagner ces changements de paradigme, de direction et de conception devenus hautement nécessaires.

Rendre possible l’inimaginable. Tordre l’urbanisme. Suivons les orientations étonnantes que suggèrent les auteurs de cet ouvrage et faisons leur confiance, ce sont de réels passeurs de frontière.

Expérience sur les toitures végétalisées visant à tester l’effet de la diversité végétale, de la nature et de la profondeur du substrat sur différentes fonctions écologiques : production de biomasse, rétention de l’eau, etc. (crédits : Yann Dusza).

L’écologie urbaine

Écologie urbaine :
Connaissances, enjeux
et défis de la biodiversité en ville

Le parc urbain des Papillons (PUP), un programme hybride de recherche et de formation de l’écologie vers l’aménagement du territoire
A : vue d’un massif du PUP ; B : QR Code du site web collaboratif ; C : capture et identification lors des suivis d’étudiants (crédits : A-B, Magali Deschamps-Cottin ; C, Louise Seguinel).
Afin de pérenniser le dispositif et de le répliquer, un Wiki (site web collaboratif ) a été créé. L’objectif est de porter à connaissance les enjeux et la démarche de ce dispositif afin d’accompagner le développement de nouveaux sites et d’identifier des équipes projet (alliant scientifiques, gestionnaires et formateurs) sur d’autres lieux urbains. Nous avons mis en ligne les ressources disponibles associées pour sa réplicabilité. Ainsi, le PUP (figure 34.2) est un exemple concret d’un dispositif efficace en faveur de la biodiversité urbaine dont les travaux scientifiques menés sont exposés et diffusés auprès du grand public, des gestionnaires et de la communauté scientifique

  1. En écologie, une biocénose (ou biocœnose) est un ensemble d’êtres vivants coexistant dans un espace écologique donné ainsi que leurs organisations et interactions. Ensemble, un biotope et une biocénose forment un écosystème. ↩︎

A lire aussi aux éditions Quae

Une ville verte

Les grandes agglomérations font face à des objectifs environnementaux de taille et parfois contradictoires : imposer la densification pour lutter contre l’étalement urbain, maintenir la biodiversité, anticiper et limiter le changement climatique, réduire les émissions de gaz à effet de serre, offrir un cadre de vie sain et agréable aux habitants…
Ces enjeux se traduisent dans la pratique par des interrogations récurrentes sur l’impact du végétal dont on perçoit qu’il peut jouer un rôle clé dans le développement urbain durable.
En réponse, ce livre propose un état de l’art pluridisciplinaire et systémique de l’influence du végétal urbain sur sept enjeux du développement durable : la microclimatologie, la maîtrise de l’énergie, l’hydrologie, les ambiances, la qualité de l’air, l’empreinte carbone et la biodiversité.

Livre papier 32,00 €

Où se cache la biodiversité en ville ?

90 clés pour comprendre la nature en ville

La crise sanitaire liée à la pandémie a fait prendre conscience aux citadins de leur besoin de nature, même au cœur des quartiers les plus urbanisés. Heureusement, la nature est de plus en plus présente en ville, non seulement parce qu’on y plante arbres, arbustes et fleurs, mais surtout parce que la gestion des espaces verts devient plus écologique. De ce fait, des végétaux et animaux inhabituels profitent de ces lieux. À côté de nos espèces horticoles et domestiques, on peut aussi parfois observer des espèces sauvages. Certaines d’entre elles s’adaptent, d’autres pullulent, beaucoup nous surprennent… 

Comment concilier urbanisation et préservation de la biodiversité ? La faune est-elle responsable de la crise sanitaire ? Le changement climatique va-t-il modifier la biodiversité dans les villes ? Comment peut-on lutter contre l’artificialisation des sols ?

Les réponses aux 90 questions de ce livre permettent de comprendre la nature en tant que milieu complexe, centre d’intérêt pour le naturaliste, le chercheur et le gestionnaire ainsi que pour le citadin, qui souhaite s’impliquer dans les programmes de science participative.

Livre papier 19,00 €

La fabrique de la ville en transition

Face à l’impératif écologique, comment l’action publique, les pratiques professionnelles et citoyennes se sont-elles positionnées et reconfigurées en France dans les champs de l’urbanisme et de l’architecture depuis les années 2000 ? Comment se sont traduites les injonctions au développement durable puis à la transition écologique, dans les politiques publiques, les dispositifs de médiation et les situations de projets ?

Cet ouvrage analyse, dans une perspective compréhensive et critique, les sphères politiques, professionnelles, citoyennes, scientifiques et médiatiques, qui se sont mobilisées et ont interagi pour négocier ce tournant sociétal. Il rend compte des tensions qui se sont manifestées entre une approche de la ville écologique encore marquée par les logiques normatives et productivistes, et une autre fondée sur l’idée de sobriété et de capacité du citoyen-habitant à maîtriser la transformation de son cadre de vie. Dans un contexte économique très influencé par des logiques néolibérales, il questionne la notion même de « fabrique » qui s’est progressivement substituée à celle de production dans les domaines de la transformation urbaine depuis le début de ce troisième millénaire.

Livre papier 29,00 €

Les agricultures urbaines en France

Depuis plusieurs années, de nouvelles formes d’agriculture urbaine se font jour en France, questionnant la recherche et ses liens à l’action. La recherche se mobilise donc pour connaître et évaluer ce phénomène, qui interroge les relations entre urbains et leurs connexions aux espaces à la nature et à l’alimentation : fonctionnements technico-économiques de ces agricultures, spécificités des sols urbains, enjeux fonciers et services écosystémiques rendus.  Le livre s’interroge sur les formes sociales des agricultures urbaines et sur leurs places dans les systèmes alimentaires des territoires. Constatant la forte appétence des collectivités, des habitants et autres acteurs de la ville pour ces agricultures, l’ouvrage présente des produits de recherches conduites avec des acteurs publics et associatifs, professionnels et opérateurs économiques : plateforme collaborative, jeu sérieux, logiciels d’aide à la décision, applis, observatoire participatif, méthodes et guides pour l’action… Un état des lieux des formations existantes en agriculture urbaine est proposé, soulignant les défis à relever et les conditions nécessaires pour développer les agricultures urbaines.

Livre papier 29,50 €

La nature à Paris au XIXe siècle

Dès le début du XIXe siècle, Paris commence à se transformer. Les ruelles insalubres du vieux Paris, la pollution de l’air et de la Bièvre intra muros sont bien connus des pouvoirs publics, qui se font fort d’aménager la capitale. 

Si les derniers îlots de maraîchage sont repoussés à la périphérie urbaine, on développe une nature domestiquée le long des avenues, dans les squares et les bois. Sous le Second Empire, la métamorphose de Paris s’accélère grâce au baron Haussmann. Les médecins hygiénistes, les philosophes, les artistes contribuent à l’émergence d’une sensibilité pré-écologique, tandis que les pensées socialistes et anarchistes défendent l’idée d’une cité verte et résiliente. Par ailleurs, la colonisation, les voyages, les expositions universelles suscitent l’engouement pour une nature exotique, qui s’introduit en ville, dans les jardins publics ainsi que dans les serres des hôtels particuliers. Toutes ces mutations inspirent les romans, de Balzac à Zola, et les utopies ou les romans d’anticipation de la fin du siècle.

Abondamment illustré par des œuvres picturales et photographiques — de Marville à Renoir, de Monet à Atget —, ce livre confronte les représentations littéraires aux situations réelles et aux évolutions de Paris.

Livre relié 26,00 €

Sols urbains, environnement et santé

Certaines orientations politiques et techniques proposent de réinvestir les friches, de développer des jardins collectifs urbains, des cours oasis ou encore une économie circulaire des déchets. La qualité des sols n’en reste pas moins souvent méconnue en milieu urbain. La pollution des sols en ville se trouve alors au croisement des préoccupations de santé globale, de protection de l’environnement et d’utilisation durable des espaces.

La longue histoire de ces sols soulève la question des héritages d’usages passés ou actuels potentiellement polluants. Dès lors, comment gérer ces pollutions pour réduire leurs impacts sur les territoires concernés et la santé des habitants ? La gestion des sols influe aussi sur la qualité de l’air, de l’eau et sur la biodiversité.

Grâce à une approche pluridisciplinaire, cet ouvrage apporte des éléments de réponse aux défi s sociétaux et sanitaires pour une ville plus durable. Des pistes prometteuses sont proposées pour mieux prendre en compte les sols urbains dans le concept de santé globale, à l’interface de la santé des humains, des animaux et de leur environnement, aux échelles locales, nationale et européenne.

Livre papier 39,00 €

Manifeste « Forêts vivantes, territoires résilients » : 1 français sur 20 possède une forêt !

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Les forêts françaises changent rapidement sous l’effet du changement climatique, des crises sanitaires et des tensions économiques sur la filière bois. Dans ce contexte, les propriétaires forestiers restent trop souvent seuls face à des choix complexes, tandis que des pratiques plus durables et résilientes peinent à s’imposer. Avec ce manifeste, Cœur de Forêt met en lumières 3 constats qu’il est urgent de faire évoluer les pratiques forestières, les modes d’accompagnement et les politiques publiques.

3 constats qu’il est urgent de changer nos pratiques forestières

Constat n°1 : 3,3 millions de Français possèdent une forêt, la majorité manque de conseil et d’accompagnement

La forêt française est majoritairement privée et très morcelée

Le manque de conseil indépendant, de formation et d’accompagnement enferme de nombreux propriétaires dans des choix par défaut, et contribue à une forte dépendance à des discours court-termistes, faute d’alternatives accessibles.

La réponse Cœur de Forêt : renforcer l’accompagnement de proximité, la montée en compétence des propriétaires et les dynamiques collectives pour faire des propriétaires des acteurs éclairés de leur forêt.

Constat n°2 : Un discours forestier dominant orienté sur le court terme, en décalage avec les attentes et les risques du changement climatique pour nos territoires

La filière forêt-bois privilégie encore largement les volumes rapides et les débouchés à faible valeur ajoutée

Ce modèle accentue les coupes, fragilise la ressource forestière et accroît la vulnérabilité des forêts face aux crises climatiques et sanitaires.

La réponse Cœur de Forêt : promouvoir une gestion multifonctionnelle, fondée sur la sylviculture irrégulière, le respect des sols et du temps long, pour créer des filières mieux ancrées dans les territoires.

Constat n°3 : Une forêt fragmentée, un lien à reconstruire au niveau des territoires

La fréquentation des forêts et les attentes citoyennes augmentent, et remet en question les modes de gestion actuels, jugés peu transparents et trop productivistes.

Le morcellement de la gouvernance forestière et l’affaiblissement de l’animation locale accentuent les tensions et la perte de confiance

La réponse Cœur de Forêt : Renforcer l’animation territoriale pour recréer du lien entre citoyens, élus et acteurs de la filière, en s’appuyant sur des projets forestiers visibles, concertés et ancrés localement. Penser la forêt comme une mosaïque vivante à l’échelle du territoire afin de construire des filières transparentes, résilientes et socialement acceptées.

Manifeste « Forêts vivantes, territoires résilients »

En devenant signataire,
vous aidez Cœur de Forêt à promouvoir ces changements de pratiques dans le débat public
.


Les bons comportements en forêt au retour des beaux jours par l’ONF

Afin que chacun puisse à la fois profiter de la forêt et contribuer à sa préservation, l’ONF rappelle les bons comportements et réflexes à adopter en forêt à travers le dossier « Les beaux jours reviennent : profitons de la forêt tout en la préservant« 

Charte ONF du promeneur “J’agis pour la forêt”

Comment profiter de la forêt tout en la préservant ? Quels sont les conseils à suivre et les impératifs à respecter ? Telles sont les questions centrales abordées dans cette charte du promeneur « J’agis pour la forêt« . Cyclistes, cavaliers, marcheurs, sportifs, rêveurs… Destinée à tous les usagers de la forêt, la charte décline les recommandations essentielles autour des thèmes tels que la cueillette, les déchets, les feux, la chasse, les chantiers forestiers, les bivouacs, les véhicules à moteur… Avec un maître-mot :

Donner à chacun les clés pour mieux comprendre les enjeux de la forêt et ainsi mieux agir !


Fiches d’actions pour s’engager concrètement pour les forêts françaises

Fiche Citoyen-nes

Fiche Élus municipaux

Fiche Propriétaires Forestiers


Observatoire des coupes rases en forêt

À partir d’une analyse inédite d’images satellitaires, Canopée publie le premier rapport exhaustif consacré aux coupes rases en forêt en France continentale. Les résultats montrent que, malgré une légère baisse à l’échelle nationale, les coupes rases contribuent fortement à l’affaiblissement du puits de carbone forestier et accentuent la dégradation de certains territoires où elles se concentrent, en particulier dans des zones à forts enjeux écologiques. 

Une forêt de feuillus entourée de forêt de résineux dans le parc Naturel régional du Morvan en Bourgogne. Quelle est la place des arbres feuillus face à l’économie des forêts de résineux et coupes rases beaucoup plus rentables ? Parc du Morvan – Bourgogne – France

La coupe rase est une pratique sylvicole consistant à récolter l’intégralité des arbres d’une parcelle en une seule fois. Ses impacts négatifs sur le stockage de carbone, la biodiversité, les sols forestiers et le cycle de l’eau sont largement documentés dans la littérature scientifique. Elle fait également l’objet d’une contestation sociale croissante.

Afin d’objectiver le débat public, Canopée s’est appuyée sur une méthode de détection des hauteurs de végétation développée par le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) pour produire une estimation des surfaces de coupes rases à partir d’images satellitaires. Cette méthodologie permet de dépasser les seules moyennes nationales issues de l’Inventaire Forestier National et de suivre l’évolution des coupes rases d’une année sur l’autre, à une échelle territoriale fine. 

Vue drône et satellite d’une coupe rase à Peyrelevade (Corrèze, Nouvelle-Aquitaine). © Canopée
En bas à gauche : vue satellite de la coupe rase (BOD ORTHO). En bas à droite : détection de la perte de hauteur de végétation via FORMS-T.

Principaux résultats 

Un déstockage de carbone préoccupant 

Sur les 6 dernières années, la surface moyenne annuelle de coupes rases s’établit à environ  61 000 hectares. Cela correspond à un déstockage de carbone estimé  entre 11 et 16 MtCO₂ par an1, soit un ordre de grandeur comparable au déficit du puits de carbone forestier projeté par le gouvernement à l’horizon 20302Les forêts anciennes — qui concentrent les stocks de carbone les plus élevés, notamment dans les sols — ne sont pas épargnées : le taux de coupes rases observé dans ces milieux à forts enjeux est à peine inférieur à la moyenne nationale.

Une baisse apparente depuis 2018, à interpréter avec prudence 

Entre mi-2018 et mi-2024, la surface annuelle de coupes rases a diminué de 27 % en France continentale. Toutefois, cette tendance doit être interprétée avec prudence3.
 

De fortes disparités territoriales 

La moyenne nationale masque d’importantes disparités locales. Les coupes rases se concentrent dans certains territoires, générant des effets cumulatifs susceptibles d’affecter durablement la biodiversité, les paysages et le cycle de l’eau. Le taux observé au sein des parcs naturels régionaux est comparable à la moyenne nationale. Il n’est que marginalement inférieur dans les sites Natura 2000, alors même que ces espaces présentent des enjeux écologiques accrus. 

La majorité des coupes rases sont de petite superficie. Néanmoins, leur répétition dans le temps et leur concentration spatiale produisent des effets cumulatifs significatifs à l’échelle des paysages forestiers. 

Coupe rase avec dessouchage réalisée dans les Landes. Le dessouchage affecte le carbone du sol, perturbe le fonctionnement des sols
et diminue la biodiversité. © Vincent Verzat

Un encadrement insuffisant et une pression pour augmenter la récolte de bois 

Ces résultats mettent en évidence un déficit d’encadrement adapté aux enjeux climatiques et de biodiversité. L’expertise scientifique collective rendue publique en 20234 à la demande du gouvernement n’a, à ce stade, pas conduit à une évolution substantielle de la politique forestière. Le plan de renouvellement des forêts — dont l’objectif de plantation d’un milliard d’arbres d’ici 2030 a été fixé par le Président de la République — continue de soutenir des opérations incluant des coupes rases qui pourraient, dans certains cas, être évitées au profit de pratiques sylvicoles maintenant un couvert forestier continu

Par ailleurs, l’objectif gouvernemental d’augmentation de la récolte de bois de +7 Mm³ d’ici 2030 qui résulte du développement de projets industriels accroissant la demande en bois, notamment à des fins énergétiques, pourrait exercer une pression supplémentaire sur les peuplements forestiers et se traduire par une hausse des coupes rases dans les années à venir.  


  1. Soit entre 9,5 et 14,25 MtCO2 correspondant au carbone stocké dans la biomasse aérienne et environ 1,2 MtCO2 liées à la libération de carbone des sols forestiers. ↩︎
  2. Pour atteindre la neutralité carbone, l’Europe a fixé à chaque État membre des objectifs à atteindre pour leur puits de de carbone en 2030. La France a annoncé un déficit d’environ 15 MtCO2/an par rapport à cet objectif dans la SNBC 3.  ↩︎
  3. L’année 2018 correspond au déclenchement de la crise des scolytes, insectes xylophages responsables de dépérissements massifs dans les peuplements d’épicéas et de sapins. Le niveau initial observé pourrait ainsi correspondre à un pic conjoncturel, rendant délicate toute conclusion définitive quant à une baisse structurelle des coupes rases. ↩︎
  4. Télécharger le Rapport “Coupes Rases et REnouvellement des peuplements Forestiers en contexte de changement climatique”. ↩︎

Observatoire Canopée des Coupes rases en forêt


André du Sartel, Président du Directoire de Solidar’Monde, pour un commerce éthique en faveur de la justice sociale et environnementale

Solidar’Monde, un modèle pionnier du commerce équitable depuis 40 ans, construit un commerce éthique capable de transformer les relations économiques mondiales en faveur de la justice sociale et environnementale. En reliant des coopératives de producteurs du Sud à des réseaux de distribution solidaires, l’organisation permet à chacun de bénéficier d’un échange commercial respectueux et agit comme un pont entre producteurs et consommateurs conscients, favorisant l’émergence de filières durables, résilientes et responsables. Son Président du Directoire, André du Sartel a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

Quarante ans d’histoire : un modèle pionnier du commerce équitable

Depuis 40 ans, Solidar’Monde et le réseau Artisans du Monde occupent une place singulière dans le paysage du commerce équitable en France. Avec plus de 90 associations locales et près d’une centaine de boutiques, le réseau repose sur l’engagement de près de 2 200 bénévoles mobilisés au quotidien.

Au fil des décennies, Solidar’Monde a contribué à structurer des filières équitables solides dans les secteurs de l’artisanat et de l’alimentaire. Son action repose sur des principes fondateurs qui en font une référence du secteur :

  • un accompagnement durable des coopératives de producteurs,
  • une rémunération juste et stable,
  • des partenariats inscrits dans le long terme,
  • une exigence forte de qualité, de traçabilité et de transparence.

Ce modèle intégré, combinant producteurs, importateur-distributeur et réseau associatif de vente, constitue l’un des très rares écosystèmes équitables pleinement structurés en France. Une singularité qui garantit la cohérence et la solidité des engagements portés depuis quatre décennies.

40 ans d’activité aux côtés du réseau


Solidar’Monde célèbre 40 ans d’activité aux côtés du réseau Artisans du Monde. Depuis son origine en 1985, l’entreprise développe et distribue des produits issus du commerce équitable. En accompagnant des coopératives d’artisanat et alimentaires à travers le monde, nourri par des valeurs de transparence, de solidarité et de rémunération juste, un véritable engagement au quotidien.

Chiffres clés

  • 1974 : naissance d’Artisans du Monde
  • 1985 : création de Solidar’Monde, centrale d’achats pour Artisans du Monde
  • Nombre d’associations Artisans du Monde : plus de 90
  • Nombre de boutiques : plus d’une centaine
  • Nombre de bénévoles : 2 200
  • Nombre de coopératives partenaires : 117
  • Coopératives Alimentaire: 68
  • Coopératives Artisanat : 49

10 priorités de la politique RSE de Solidar’Monde

Chez Solidar’Monde, la Responsabilité Sociétale est indissociable de sa mission en tant qu’Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). Sa politique RSE prolonge son engagement pionnier dans le commerce équitable, en traduisant ses principes fondateurs en objectifs concrets et mesurables, structurés autour des axes les plus importants pour ses parties prenantes. Elle s’articule autour de 10 priorités, en lien avec le référentiel BioED :

Environnement & biodiversité

  1. Développement d’une production biologique respectueuse de la biodiversité. Nous promouvons l’agriculture biologique, l’agroforesterie et les pratiques agroécologiques.
  2. Analyse environnementale du cycle de vie. Nous identifions nos impacts à chaque étape (culture, transport, distribution) pour les réduire activement.
  3. Éco-conception des emballages. Nous limitons notre empreinte environnementale via la réduction, la recyclabilité et l’innovation dans les emballages.
Une vision engagée pour une justice sociale et environnementale : les dix principes du commerce équitable définis par la WFTO :
Solidar’Monde défend une vision forte : construire des échanges commerciaux fondés sur la justice sociale, le respect de l’environnement et la valorisation du travail des producteurs. Cette mission s’appuie sur les 10 principes du commerce équitable définis par la World Fair Trade Organization, qui guident l’ensemble de ses actions : création d’opportunités pour les producteurs marginalisés, transparence et responsabilité, partenariats commerciaux durables, rémunération juste, interdiction du travail des enfants et du travail forcé, égalité des chances, conditions de travail dignes, renforcement des capacités des organisations partenaires, promotion active du commerce équitable et respect de l’environnement. Fidèle à ces engagements, Solidar’Monde construit, depuis quarante ans, des filières durables qui placent l’humain et la planète au cœur de leur modèle.

Filières responsables & commerce équitable

  1. Relations durables et équitables avec nos fournisseurs. Nous entretenons des partenariats long terme basés sur la transparence, la confiance et le respect des droits humains.
  2. Achats responsables. Nous analysons les risques RSE de nos achats et pilotons une politique structurée, alignée avec les 10 principes WFTO.
  3. Accompagnement des fournisseurs dans une logique de progrès. Nous les soutenons dans leurs démarches de certifications, de structuration filière ou de montée en compétences.
  4. Soutien au développement des filières bio équitables. Nous investissons dans les filières via des engagements contractuels.

Social & gouvernance

  1. Conditions de travail sûres et épanouissantes. Nous garantissons un environnement sécurisé, inclusif, et engageant pour tous les collaborateurs.
  2. Intégration de la RSE dans la stratégie globale. Nos engagements RSE sont inscrits dans la gouvernance d’entreprise, avec des objectifs suivis, révisés et partagés.

Consommation responsable

  1. Distribution et consommation durables. Nous accompagnons nos clients dans des choix responsables grâce à des produits tracés, éthiques, transparents et respectueux de l’environnement

« Cette politique RSE est un outil vivant, mis à jour régulièrement, mobilisant toutes les équipes pour contribuer activement à la transition écologique et sociale à laquelle Solidar’Monde veut prendre toute sa part.« 

Questions Cdurable à André du Sartel

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

J’ai toujours adoré la nature, adolescent, je voulais être océanographe ou agronome.

Mes études et mon parcours m’ont dirigé ailleurs mais j’aime rester connecté avec la nature. J’aime observer la faune, comprendre la flore, expérimenter des plantations et faire des récoltes de mon potager et observer les oiseaux dans mon jardin ou en Bretagne en bord de mer dans le Finistère Nord !

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je suis de nature gourmand et curieux dans l’alimentation.

Maintenant, je me dirige vers une alimentation saine pour un corps sain – et depuis peu IG bas. Je mange du fait maison, beaucoup de légumes et de fruits frais et de saison idéalement locaux. J’aime beaucoup aller au marché, regarder les origines des produits, choisir Bio dans la mesure du possible et j’explore aussi les produits que Solidar’Monde commercialise : Café, Thé, Infusions, chocolat, sucre, fruit, graines de chia, quinoa… c’est passionnant.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

J’habite dans une maison en région parisienne avec un tout petit jardin.

Mon habitat idéal serait une maison avec une belle vue sur la mer ou la montagne en pleine nature, qui puissent être le plus autonome possible en énergie et où je puisse cultiver mon potager.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

J’ai besoin de bouger
et de pratiquer du sport.

J’ai beaucoup pratiqué le trail il y a une quinzaine d’année, les années passant je pratique des sports plus doux maintenant : toujours la course à pied mais aussi le yoga et la gym douce quasiment tous les matins, la marche et la rando, le vélo de route les week-ends ou en vacances

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

On se construit au fil des ans
et aux grès des rencontres.

J’ai été très formaté par 26 ans dans un grand groupe de produits de grande consommation. J’ai eu la chance d’évoluer régulièrement et d’occuper beaucoup de fonctions différentes et cela m’a beaucoup structuré et j’ai énormément appris. J’ai basculé dans l’entrepreneuriat par volonté et une belle opportunité il y a un peu moins de 10 ans. J’ai aussi énormément appris au cours de cette expérience et j’ai rencontré aux Mureaux, où je travaillais, des gens incroyables et ce n’est pas totalement par hasard que j’ai la chance aujourd’hui de diriger Solidar’Monde. Cela me donne à nouveau l’occasion d’apprendre beaucoup.

Au-delà des savoirs, je suis convaincu que le bon sens reste essentiel pour comprendre comment agir.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

J’ai passé 26 ans dans une multinationale de produits grande consommation, avant de diriger une pme aux Mureaux qui m’a donné l’occasion de m’investir au niveau local avec des acteurs associatifs qui œuvrent pour le bien commun.

Aujourd’hui je dirige Solidar’Monde avec sa marque Artisans du Monde, pionnier du Commerce Équitable en France.

Notre ADN est le Commerce Équitable : on s’assure que les produits qu’on achète permettent aux producteurs de vivre dignement de leur travail et dans le respect de la planète.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Une petite séance de yoga le matin me permet de me mettre en route pour la journée et d’avoir une bonne énergie.

Dans mon travail, les équipes sont un moteur essentiel : ensemble on avance mieux et plus loin !

Dans ma vie perso, la famille est un moteur également essentiel pour moi !

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

En tant que dirigeant, j’ai une responsabilité vis à vis de mes collaborateurs et de mes partenaires commerciaux en amont, en aval et vis à vis des consommateurs.  L’ADN de la société est le commerce équitable, nous sommes labellisés également ESUS et Bio Entreprise durable, cela implique des prises de décisions pour l’intérêt général dans notre quotidien et une ambition de faire mieux tout les jours.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

En tant que dirigeant d’une société labellisée commerce équitable et ESUS,
ma participation au bien commun est quotidienne. 

Par ailleurs je reste impliqué dans une association PTCE Vivre les Mureaux aux Mureaux en tant qu’administrateur qui assure depuis une petite dizaine d’années le lien au niveau de l’agglomération entre les associations, l’administration et les entreprises privées dans le but de créer du lien et de l’emploi.

PTCE Vivre Les Mureaux : la métamorphose
L’Agilité face à la Conjoncture qui broit le monde associatif.

J’ai aussi eu la chance de participer plusieurs fois au programme 100 chances, 100 emplois qui permet à des jeunes motivés d’être accompagnés puis parrainés jusqu’à ce qu’il trouve un emploi – les rencontres furent riches et inspirantes.

100 Chances 100 Emplois est un réseau d’acteurs diversifiés qui offre un parcours d’accompagnement sur-mesure aux jeunes de 16-30 ans !

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Le commerce équitable en France reste petit au regard de la consommation globale en France et dans le monde.

Chaque produit labellisé commerce équitable acheté permet de faire un geste indispensable vis à vis des producteurs notamment des pays du sud pour qu’ils puissent vivre décemment de leur travail tout en respectant la planète. 

Aller à la rencontre des bénévoles dans les boutiques associatives Artisans du Monde, acheter un produit Artisans du Monde ou acheter un produit labellisé Commerce Équitable, c’est faire un geste pour le bien commun, l’intérêt général, les producteurs du sud pour qu’ils vivent dignement de leur travail et un geste pour la planète en bref pour défendre une justice sociale et environnementale.

Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat : pour une alimentation saine et durable pour tous à l’horizon 2030

L’alimentation est au cœur des objectifs d’amélioration de la santé des Français, de la résilience des systèmes agricoles et de souveraineté alimentaire, de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, de la préservation de la biodiversité. La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) est issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Elle trouve son fondement dans la loi Climat et Résilience de 2021, qui associe désormais alimentation, nutrition et climat.

Cette stratégie nationale marque une nouvelle étape dans la transition vers un modèle alimentaire plus juste, plus sain et plus durable, en rassemblant pour la première fois les politiques de nutrition, d’alimentation et de climat au sein d’un cadre unique et ambitieux. Elle prolonge les repères nutritionnels familiers, tel le “cinq fruits et légumes par jour”, et les adapte aux enjeux de santé et de climat.

5 fruits et légumes par jour, c’est vraiment possible ?

L’alimentation au cœur de la vie et de l’avenir des Français

L’alimentation est au centre de notre vie quotidienne : elle reflète nos traditions, nos goûts et nos choix et donne lieu à des moments de partage. Mais elle est aussi un enjeu majeur de santé publique, d’équité et de souveraineté.

Nos choix alimentaires influencent à la fois notre santé, notre environnement et notre économie.

30% des décès par maladie cardiovasculaire seraient liés à une mauvaise alimentation.

« La prévention, c’est le cœur de notre action pour améliorer durablement la santé des Français. Agir sur les déterminants de santé, c’est agir pour prévenir l’apparition de la maladie. L’alimentation, l’activité physique ou encore la lutte contre la sédentarité sont des leviers puissants pour réduire les risques de maladies chroniques et préserver l’autonomie tout au long de la vie. Avec la SNANC nous affirmons une ambition : permettre à chacun d’adopter des comportements favorables à sa santé, tout en protégeant notre environnement. Prévenir, c’est donner à chaque citoyen les moyens d’être acteur de sa santé et de celle des générations futures. »

Stéphanie Rist, Ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

L’alimentation représente 24 % de l’empreinte carbone de notre consommation totale, et 16 % de la population française est désormais touchée par la précarité alimentaire.

Peut-on vraiment manger 5 fruits et légumes sans se ruiner ?

Une stratégie globale pour une alimentation saine et durable

La SNANC fixe un cap clair à horizon 2030 : permettre à tous les Français d’accéder à une alimentation plus saine, plus durable et plus locale, tout en renforçant la souveraineté agricole et alimentaire du pays.

Cette stratégie associe l’ensemble des acteurs, institutions, collectivités, filières agricoles, entreprises, associations et citoyens, pour transformer durablement les systèmes alimentaires. La restauration collective relevant de l’État, de ses établissements et des entreprises publiques, privilégiera les circuits courts et écartera fermement l’achat de denrées alimentaires non européenne.

« La SNANC marque une nouvelle étape dans la transition vers une alimentation saine et durable pour tous. Elle présente des objectifs clairs à horizon 2030 et des actions concrètes pour les atteindre. Il s’agit d’une étape importante pour renforcer notre souveraineté alimentaire en agissant sur le comportement des consommateurs, notamment pour promouvoir des débouchés à la production agricole durable et de qualité issue de nos territoires. »

Annie Genevard, Ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

La SNANC a été coconstruite avec les citoyens et les acteurs du secteur. Elle s’appuie sur une large consultation : plus de 4 000 contributions ont été recueillies dans le cadre d’une convention citoyenne, ainsi que l’avis de 4 instances consultatives.

Sa mise en œuvre opérationnelle s’appuiera sur les différents plans nationaux liés à l’alimentation et à la nutrition, en particulier les futurs Programmes nationaux pour l’alimentation (PNA) et nutrition santé (PNNS).

« Mieux manger, c’est agir pour la planète, notre santé, et soutenir une agriculture de qualité : en choisissant des produits locaux et durables, nous réduisons notre empreinte carbone, protégeons la biodiversité et valorisons le travail de nos agriculteurs. Avec cette stratégie, l’écologie s’invite concrètement dans nos assiettes.»

Monique Barbut, Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, et des Négociations Internationales sur le Climat et la Nature

Pourquoi je déteste les légumes ?

SNANC & climat : penser l’alimentation en système, pas en silo

Pour Laetitia (Vekeman) Picot, Consultante RSE – Transition écologique & économique, Adapter les cultures ne suffira pas. Il faut adapter les filières.
Structurer une filière prend 10 à 30 ans. Investissements, transformation, distribution, acceptabilité consommateur, financement de la transition des exploitations. Ce travail ne peut reposer uniquement sur les agriculteurs.
Il suppose une coordination réelle entre politiques publiques, financeurs, industries agroalimentaires, restauration collective et territoires. C’est aussi l’occasion de les concevoir autrement : intégrer dès l’origine la réduction du gaspillage, la circularité des flux, la sobriété hydrique et l’ancrage territorial.
La souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit dans le temps long.
L’alimentation durable ne sera pas seulement une question de consommation responsable. Elle sera une question d’anticipation collective. Relier la SNANC à l’évolution biophysique des territoires n’est pas un exercice théorique. C’est une exigence de cohérence stratégique — si l’on veut préserver une véritable souveraineté alimentaire dans un contexte climatique et géopolitique mouvant. Les transitions ne peuvent se penser qu’en système, à l’échelle des territoires, là où climat, économie et alimentation se rencontrent concrètement.

Les 14 actions principales de la SNANC

  1. Communiquer et sensibiliser sur une alimentation « saine et durable » intégrant l’ensemble des dimensions associées identifiées dans le cadre de la SNANC
  2. Faire des projets alimentaires territoriaux des leviers de transition des territoires, en renforçant de manière systémique leurs critères de reconnaissance, sur l’ensemble des dimensions (économie, environnement, justice sociale et santé). Les conditions de reconnaissance et de financement seront progressivement renforcées de manière concertée dans le cadre d’une gouvernance interministérielle des projets alimentaires territoriaux.
  3. Imposer dans la loi la transparence des pourcentages d’achats de produits « durables et de qualité » dans les achats annuels des distributeurs et de la restauration commerciale.
  4. Améliorer la durabilité et la composition nutritionnelle de l’offre alimentaire à travers des seuils maximaux en sel, sucres, gras, et minimaux en fibres pour les aliments les plus contributeurs, sur la base d’accords collectifs révisés.
  5. Encadrer réglementairement pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance, EHPAD, en cohérence avec les nouvelles recommandations nutritionnelles.
  6. Poursuivre l’accompagnement de la restauration collective vers l’atteinte des objectifs existants (notamment l’atteinte des 50 % de produits durables et de qualité dont 20 % de Bio), en particulier à travers un accompagnement financier pour les cantines rurales et en assurant l’exemplarité de l’État, notamment en privilégiant les circuits courts et écartant fermement l’achat de denrées alimentaires non européennes. 
  7. Réduire efficacement l’exposition des enfants et des adolescents aux publicités et parrainages pour des produits trop gras, sucrés, salés, sur les différents médias (traditionnels et numériques), notamment par la mise en œuvre de la Charte alimentaire 2025-2029 et le règlement européen sur les services numériques, et promouvoir dans ce cadre les produits durables et de qualité. En cas d’insuffisance des dispositions volontaires, une mesure réglementaire d’encadrement du marketing alimentaire dans les médias sera envisagée.
  8. Amplifier les actions en nutrition et améliorer l’environnement alimentaire et d’activité physique au sein des collectivités, des entreprises et des administrations publiques par le développement de la Charte d’engagements du PNNS, avec l’engagement exemplaire de l’administration de l’État pour améliorer cet environnement pour ses agents.
  9. Améliorer la qualité nutritionnelle et environnementale de l’aide alimentaire et soutenir les projets locaux de solidarité (Programme « Mieux manger pour tous »).
  10. Renforcer l’application du cadre législatif de lutte contre le gaspillage alimentaire en déployant des contrôles coordonnés auprès de l’ensemble des opérateurs concernés.
  11. Promouvoir les mobilités actives durables notamment pour les jeunes, intégrant la pratique de la marche et du vélo comme vecteur de bien-être physique et mental, dans une approche globale d’alimentation saine et de modes vie durables. 
  12. Expérimenter les modalités de l’extension de l’usage volontaire du Nutri-Score aux denrées non pré-emballées et à la restauration hors foyer pour des choix éclairés favorables à la santé.
  13. Après une phase concertée de développement, déployer l’affichage environnemental volontaire encadré pour les produits alimentaires mis sur le marché. 
  14. Objectiver les critères environnementaux des cahiers des charges et labels privés, ainsi que les pratiques et impacts qui en découlent, en vue de leur futur encadrement dans le cadre de la directive européenne sur les allégations environnementales.

L’injuste prix de notre alimentation

Ce n’est pas que je ne veux pas,
c’est que je ne peux pas

Le Secours Catholique, le Réseau Civam, Solidarité Paysans et la Fédération française des Diabétiques ont publié en 2024 l’étude L’injuste prix de notre alimentation. Quels coûts pour la société et la planète ? Fruit d’un travail collectif, cette étude a permis de rassembler des associations issues du monde de la santé, de la solidarité et du monde agricole autour d’un même constat : il est urgent de repenser, ensemble, notre système alimentaire pour qu’il soit plus juste pour toutes et tous, car tout est lié !

En partant du prix de notre alimentation, et de son coût sanitaire, social et environnemental, le rapport chiffre de façon inédite l’ensemble des dépenses publiques qui soutiennent notre système alimentaire, et celles qui compensent ou réparent ses impacts négatifs. Il démontre qu’il n’y a pas de fatalité face aux injustices de notre système alimentaire, mais des choix politiques qui doivent aujourd’hui radicalement changer.

Comment garantir à toutes et à tous un accès digne à une alimentation de qualité, bonne pour la santé et l’environnement, tout en assurant une juste rémunération à celles et ceux qui la produisent ?

Municipales 2026 : 10 propositions pour un accès digne à l’alimentation durable et de qualité pour toutes et tous

De la fourche à la fourchette, la situation que nous vivons fait froid dans le dos : augmentation de la précarité agricole et alimentaire, explosion des maladies chroniques, émissions de gaz à effet de serre, déforestation, effondrement de la biodiversité, pollution de l’eau…

Cette urgence sanitaire et sociale nous coûte collectivement : elle détruit la cohésion sociale, elle creuse le déficit public.

Rien que 12 milliards d’euros chaque année pour les effets de notre mauvaise alimentation sur la santé !


Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat d’ici 2030

Jean-Samuel Kriegk : « avec Blitz, l’objectif est de construire un modèle plus juste, plus durable et plus responsable pour toute la chaîne du livre »

Face à la concentration du marché du livre et à la polarisation croissante des ventes autour de quelques best-sellers, une nouvelle maison d’édition indépendante entend rebattre les cartes. Blitz revendique un modèle économique fondé sur la prévente, une rémunération plus juste des auteurs et de faire de chaque livre un événement éditorial. Entretien Cdurable avec Jean-Samuel Kriegk

Dans un paysage éditorial dominé par quelques grands groupes, où près de 70 % du marché est concentré entre quatre acteurs majeurs, la place des maisons indépendantes se réduit. Les chiffres récents confirment la tendance : le marché recule, les ventes se concentrent, les retours augmentent, et une part significative des ouvrages finit au pilon. À cette fragilité économique s’ajoute une concentration accrue de la distribution et de la diffusion, qui complique encore l’accès au public pour les éditeurs indépendants.

C’est dans ce contexte que la nouvelle maison d’édition indépendante Blitz naît aujourd’hui comme une alternative à un paysage éditorial concentré. Un contre-pouvoir éditorial fort, adossé à une stratégie de financement et de promotion innovante d’essais et de bandes dessinées dans le débat public.

Blitz est fondée par Jean-Samuel Kriegk (ex-DG de KissKissBankBank), Thomas Mignot (entrepreneur culturel), Denis Robert et Françoise Holzer (fondateurs de Blast) ainsi que Soumaya Benaissa (coordinatrice éditoriale de Blast). Ensemble, ils ambitionnent de bâtir un modèle plus durable, plus transparent et plus équitable pour les auteurs comme pour l’ensemble de la chaîne du livre.

Denis Robert
Françoise Colley – Holzer
© Photo Francois-Holzer
Soumaya Benaissa
Thomas Mignot

Entretien avec Jean-Samuel Kriegk

Jean-Samuel Kriegk – Photo © Jean Marie Dufour

Nous avons interrogé Jean-Samuel Kriegk sur la genèse du projet, son positionnement éditorial et la manière dont Blitz entend s’inscrire durablement dans le débat culturel.

Cdurable.info : la naissance de Blitz est-elle d’abord une maison d’édition ou un acte politique ?

Jean-Samuel Kriegk : C’est un peu les deux, mais d’abord la création d’une maison d’édition indépendante. On connaît la concentration médiatique très forte : aujourd’hui, 80 % de la presse appartient à une poignée de milliardaires. Dans le livre, la situation est comparable : environ 70 % du marché est contrôlé par quatre grands groupes, dont Hachette, Editis, Madrigall ou Média-Participations.

Dans ce paysage déjà très concentré, le marché du livre se polarise de plus en plus. Les chiffres 2025 viennent de tomber : le secteur recule encore de 1,6 %. Cela peut sembler faible, mais c’est significatif. Surtout, les ventes se concentrent sur un tout petit nombre de best-sellers. Il devient de plus en plus difficile pour des livres indépendants de trouver leur place.

C’est pour cela que nous arrivons avec un nouveau modèle économique, inspiré de mon expérience à la tête de KissKissBankBank. Il repose sur la prévente et le financement participatif, puis sur un travail classique en librairie. Pour la diffusion, nous nous appuyons sur Actes Sud, qui assurera la présence des ouvrages en librairie.

Chaque livre aura donc deux phases : une première phase de prévente en ligne, où l’on mobilise directement les lecteurs, puis une seconde phase en librairie. Nous tenons à défendre les libraires indépendants, eux aussi confrontés à la concentration du secteur, notamment dans la distribution. Quand on voit les mouvements autour de la Fnac ou les opérations financières de grands groupes, on constate que la concentration touche tous les niveaux de la chaîne. Dans cette bataille, il faut des éditeurs indépendants.

Votre passage par KissKissBankBank est-il la suite logique de votre réflexion ?

Oui, clairement. J’ai dirigé la plateforme pendant quatre ans, après avoir piloté le pôle culture. Nous avons testé énormément de campagnes, avec des succès et des échecs. Petit à petit, nous avons compris comment animer une campagne et valider ou non un projet éditorial.

On ne le dit jamais assez, mais l’échec peut être vertueux. Il vaut parfois mieux découvrir qu’un livre n’a pas de potentiel au moment d’une campagne de crowdfunding plutôt que d’investir massivement dans un ouvrage qui finira au pilon. En France, 17 % des livres partent au pilon. C’est un désastre économique et écologique : du papier détruit, des transports inutiles.

Le financement participatif permet de tester un projet auprès de lecteurs réels. Mais cela suppose d’avoir une communauté et de réussir à la mobiliser pendant 40 à 45 jours.

Pour notre premier livre, Le Mensonge et la Colère de Denis Robert, nous coéditons avec Blast. Nous partageons les coûts et les revenus. Blast dispose d’une communauté engagée de plus d’1,5 million d’abonnés sur YouTube. Les lecteurs comprennent que précommander le livre, c’est soutenir une maison indépendante en construction.

Le lecteur d’aujourd’hui veut participer à la naissance d’un projet, donner du sens à son acte d’achat. Sur notre page de campagne, des centaines de messages de soutien le montrent clairement.

Aidez à lancer BLITZ, une nouvelle maison d’édition engagée en précommandant sur Ulule le Livre “Le Mensonge et la Colère”, par Denis Robert

La prévente agit-elle aussi comme un levier marketing ?

Oui, et c’est un point essentiel. Les taux de transformation sur une campagne sont faibles : il faut parfois que 200 à 500 personnes voient une page pour qu’une seule contribue. Mais cela signifie que pour chaque vente, des centaines de personnes ont entendu parler du livre.

C’est une formidable campagne de notoriété. Lorsque le livre arrive en librairie, il n’est plus inconnu : la couverture a circulé, le sujet a été évoqué, des lecteurs l’attendent déjà. Certains éditeurs de bande dessinée m’ont confié qu’ils vendaient en une semaine ce qu’ils vendaient auparavant en un an, grâce à ce modèle. La prévente permet d’asseoir la trésorerie et de réduire le risque, dans un métier où seul un livre sur cinq, parfois un sur dix, rentre réellement dans ses frais.

Si la campagne ne fonctionne pas, renoncez-vous au projet ?

Oui. Le budget total d’un livre comme celui-ci, campagne comprise, tourne autour de 75 000 euros. Pour une jeune maison, c’est considérable. Nous avons fait le choix de ne pas lever de fonds et de laisser le modèle s’auto-alimenter par le succès des campagnes. Si nous n’atteignons pas un seuil minimal, autour de 50 000 euros, nous ne rentrons pas dans nos frais. L’objectif est 75 000 euros. En dessous, le livre peut exister, mais la trésorerie serait fragilisée.

À terme, si la maison se consolide, nous pourrons prendre davantage de risques.

HORIZON 2027 : ENSEMBLE, NOS LIVRES DEVIENNENT ACCESSIBLES

Blitz est-elle une émanation de Blast ?

Non. Il y a parfois confusion. Blast est une coopérative d’intérêt collectif. Blitz est une société par actions simplifiée. J’ai proposé à Blast de porter le projet au départ, mais l’équipe a estimé que l’édition n’était pas son métier. Nous avons donc créé Blitz.

Je suis associé avec Denis Robert et deux autres personnes liées à Blast, qui sont actionnaires minoritaires. Nous avons un contrat de coédition validé sans conflit d’intérêt. Certains livres seront coédités avec Blast, comme le premier, largement composé d’entretiens issus de la chaîne. Mais Blitz ne se limitera pas à cela. Nous discutons avec des militants, des créateurs et des influenceurs engagés sur l’écologie ou la justice sociale, sans lien avec Blast.

Votre ligne éditoriale est clairement positionnée. N’y a-t-il pas un risque d’entre-soi ?

Notre ambition est précisément d’élargir le lectorat. Nous ne voulons pas publier pour un public déjà acquis. Le livre de Denis Robert est conçu comme un ouvrage populaire, accessible, pédagogique.

Nous avons retravaillé les entretiens pour les rendre fluides et compréhensibles. Nous avons ajouté des notes, des contextualisations, des repères historiques. L’objectif est de proposer un véritable outil d’émancipation intellectuelle. Nous assumons une ligne éditoriale, justice sociale, écologie, féminisme, mais nous ne voulons pas être dans la réaction. Nous voulons proposer des livres solides, argumentés, accessibles.

Vous promettez une meilleure rémunération des auteurs. Comment ?

La prévente change la donne. Le panier moyen est supérieur au prix du livre, car les contributeurs achètent souvent des contreparties. Surtout, il n’y a pas d’intermédiaires sur cette phase. Nous avons donc mis en place un contrat en deux temps : une répartition plus favorable à l’auteur pendant la prévente et des taux plus classiques en librairie.

En librairie, l’éditeur perçoit moins de la moitié du prix du livre, et doit absorber tous les coûts. En revanche, si la campagne dépasse certains seuils, l’auteur peut percevoir une avance bien supérieure à celle proposée par un éditeur traditionnel.

Autre différence : cette avance n’est pas récupérable comme un avaloir classique. Dès l’arrivée en librairie, l’auteur touche des droits dès le premier exemplaire vendu.

À quoi ressemblera Blitz dans cinq ans ?

Nous ne voulons pas devenir un acteur massif ni entrer dans une logique de surproduction. Cette économie pousse souvent à publier toujours plus pour compenser les pertes. Cela ressemble parfois à une fuite en avant.

Nous préférons publier peu, peut-être trois livres la première année, puis au maximum une dizaine par an, et bien travailler chaque sortie. La campagne de prévente nous donne un indicateur fort. Elle permet d’ajuster les tirages et de limiter les retours. C’est un outil de régulation.

Dans cinq ans, j’espère que nous aurons prouvé qu’on peut faire moins de livres, mais mieux ; atteindre l’équilibre pour chacun d’eux ; rémunérer correctement tous les acteurs ; et réduire le risque économique. L’objectif n’est pas de faire du profit à tout prix. L’objectif est de construire un modèle plus juste, plus durable, et plus responsable pour toute la chaîne du livre.

Récupération d’eau de pluie : une solution durable et économique avec la citerne souple

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Face à la hausse du prix de l’eau potable et aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, la récupération d’eau de pluie s’impose comme une solution à la fois écologique et stratégique. Que ce soit pour l’arrosage du jardin, le nettoyage extérieur, l’alimentation des WC ou encore certains usages domestiques non potables, stocker l’eau de pluie permet de réduire significativement sa consommation d’eau potable.

Citerne souple Eau de Pluie

Parmi les différentes options disponibles sur le marché, la citerne souple eau de pluie séduit de plus en plus de particuliers et de professionnels pour sa flexibilité, sa simplicité d’installation et son excellent rapport qualité/prix.

Pourquoi récupérer l’eau de pluie ?

En moyenne, près de 50 % de l’eau potable utilisée dans un foyer ne nécessite pas une qualité alimentaire. L’arrosage, le lavage des sols, le remplissage d’un bassin ou le nettoyage de véhicules peuvent parfaitement être réalisés avec de l’eau de pluie.

Installer un système de récupération permet donc :

  • De réduire jusqu’à 50 % sa facture d’eau
  • De préserver les ressources naturelles
  • De gagner en autonomie face aux restrictions estivales
  • De valoriser son bien immobilier

Dans certaines régions particulièrement exposées aux périodes de sécheresse, comme le sud de la France, disposer d’une réserve d’eau devient même un véritable atout stratégique.

La citerne souple : une alternative moderne aux cuves traditionnelles

Contrairement aux cuves enterrées en béton ou aux réservoirs rigides, la citerne souple présente de nombreux avantages techniques.

Fabriquée à partir d’un tissu technique haute résistance avec enduction PVC, elle est conçue pour résister aux UV, aux intempéries et aux températures extrêmes allant de -30°C à +70°C. Sa structure flexible lui permet d’épouser la forme du sol et de s’adapter à des configurations variées : jardin, vide sanitaire, sous terrasse ou terrain contraint.

Autre avantage majeur : son installation rapide. Une surface plane et stabilisée suffit, sans nécessité de permis de construire dans la majorité des cas. En quelques heures seulement, la réserve est opérationnelle.

Des capacités adaptées à tous les besoins

La récupération d’eau de pluie ne se limite pas aux petits volumes. Selon la surface de toiture et les besoins en consommation, il est possible d’installer des capacités allant de 1 m³ à 600 m³.

Pour un usage domestique classique (arrosage et entretien extérieur), une citerne de 5 000 à 10 000 litres peut suffire. En revanche, pour une exploitation agricole, un grand jardin paysager ou un usage semi-professionnel, des volumes plus importants comme 30 000 litres ou davantage seront plus adaptés.

  • Le choix du volume dépend principalement :
  • De la surface de toiture disponible
  • De la pluviométrie locale
  • Des usages envisagés
  • De l’espace d’installation
  • Une étude personnalisée permet d’optimiser la capacité afin d’éviter le surdimensionnement ou, à l’inverse, une réserve insuffisante.

Une solution sur mesure et fabriquée en France

Pour garantir performance et durabilité, il est essentiel de choisir un fabricant reconnu. Spécialiste français du stockage d’eau, Citerpack propose une large gamme de solutions personnalisables, adaptées aux contraintes techniques de chaque projet.

Les citernes sont disponibles en plusieurs modèles (Standard, Select, Ultra, Giga) et peuvent être configurées selon vos besoins spécifiques en termes de dimensions, d’accessoires et de capacité.

Pour découvrir en détail les solutions de récupération d’eau de pluie proposées, consultez la page dédiée à la citerne souple eau de pluie et bénéficiez d’une étude gratuite réalisée par un expert.

Vers une gestion responsable de l’eau

Dans un contexte de tension sur les ressources hydriques, adopter une citerne souple pour récupérer l’eau de pluie est un choix responsable, économique et durable. Facile à installer, adaptable à presque tous les terrains et conçue pour durer, elle répond parfaitement aux enjeux environnementaux actuels tout en offrant un réel confort d’utilisation.

Investir dans la récupération d’eau de pluie aujourd’hui, c’est anticiper les contraintes de demain tout en réduisant immédiatement ses dépenses.