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Grande Consultation du Sport : un secteur sensible, vulnérable et en capacité d’action face aux défis climatiques et énergétiques

The Shift Project et Les Shifters publient les résultats de la Grande Consultation du Sport, menée auprès du secteur sportif amateur français. Plus de 10 000 responsables de clubs et pratiquants amateurs ont répondu aux questions. Dans un contexte énergétique et climatique de plus en plus tendu, quelles sont leurs contraintes, leurs actions, leurs motivations et leurs besoins ?

Suite à la publication du rapport « Décarbonons le Sport » en février 2025, Les Shifters, avec le soutien du Shift Project, ont mené La Grande Consultation du Sport, pour comprendre la sensibilité du secteur, sa vulnérabilité et sa capacité d’action face aux défis climatiques et énergétiques.

Décarbonons le Sport – Un premier applicatif au football et au rugby

Décarbonons le football

Décarbonons le rugby

Les résultats de la Grande Consultation du Sport

Cette consultation a permis de recueillir les enseignements des réponses de plus de 12 000 personnes : 3 800 responsables de clubs amateurs, 7 500 pratiquants amateurs et 900 représentants de fédérations, associations et ligues.s’inscrit dans le cadre du Plan robuste pour l’économie française, tout juste lancé par le Shift Project pour peser dans le débat public lors de l’élection présidentielle.

Après le Plan de transformation de l’économie française publié en 2022, le Shift Project ouvre un nouveau chapitre avec le Plan robuste pour l’économie française. Ce travail collectif et inédit par son ampleur vise à structurer des réponses concrètes aux multiples crises contemporaines. À un an de l’élection présidentielle de 2027, cette initiative poursuit un objectif clair : donner à la France les moyens de faire face aux crises énergétiques et climatiques et de reprendre son avenir en main.

Résultats clés

Une forte inquiétude face aux chocs climatiques et une profonde vulnérabilité aux chocs énergétiques

Plus de 75 % des responsables de clubs déclarent une forme de vulnérabilité qui les forcerait à adapter ou arrêter leur pratique

94 % des responsables de clubs se déclarent vulnérables aux chocs climatiques et énergétiques, et plus de 89 % d’entre eux disent qu’ils devraient arrêter, réduire ou adapter la pratique sportive en raison de chocs climatiques. Les répondants craignent la difficulté d’accès aux compétitions, les vagues de chaleur, les sécheresses et l’annulation d’événements. La hausse du prix de l’énergie inquiète profondément les pratiquants et les responsables de clubs : face à un scénario fictif où le prix de l’essence atteindrait 5 euros le litre, seulement 26 % des clubs déclarent qu’ils maintiendraient leur pratique sportive inchangée.

Les impacts de la pratique encore mal cernés par les pratiquants et responsables

Moins de la moitié des répondants reconnaissent l’impact environnemental de leur pratique (émissions de gaz à effet de serre, pollution, impact sur les écosystèmes, etc.). Certains le relativisent, beaucoup l’estiment négligeable, mais cette perception reste intuitive et non basée sur une mesure objective. 98 % des responsables de clubs n’ont par exemple jamais réalisé de bilan carbone pour quantifier l’impact de leur activité. L’impact carbone de la mobilité est bien identifié par les responsables de clubs, qui lui attribuent 38 % de l’impact carbone total (contre 42 % de l’impact réel pour la pratique du football et du rugby, calculé dans notre rapport Décarbonons le Sport).

Une forte volonté d’action et de nombreuses initiatives déjà enclenchées

Plus de 85 % des responsables de clubs souhaitent réduire l’impact environnemental de leur structure. 77 % des responsables de clubs ont déjà engagé ou pourraient engager des actions sur la mobilité, l’alimentation, les équipements, ou les déchets.

Les responsables de clubs font preuve de beaucoup de volontarisme et citent plus de 1 700 propositions pour la transition du sport amateur, en particulier sur la mobilité (30 % des propositions), la sensibilisation et les équipements.

Freins à la transition et besoins exprimés

Les trois freins majeurs qui empêchent les répondant d’agir face aux défis énergétiques et climatiques sont :

  1. le manque de moyens (humains et financiers) pour 60 % des responsables de clubs,
  2. le manque d’accompagnement,
  3. la difficulté à changer les cultures sportives.

Les acteurs demandent des outils pratiques (fiches actions, bilans carbone), des formations adaptées de la part des collectivités et des fédérations, des financements pour la rénovation des infrastructures, ainsi qu’un cadre stratégique clair porté par les fédérations et pouvoirs publics. La stratégie RSE est perçue comme balbutiante au niveau fédéral.

Rapport final

Présentation des résultats de la Grande Consultation du Sport

Réemploi des emballages cosmétiques : 15 entreprises dévoilent les résultats d’une expérimentation collective

Après deux ans de travaux et une expérimentation menée dans 45 points de vente en France, la Coalition ReCosm, réunissant 15 entreprises incontournables de l’industrie de la beauté (dont L’Oréal, Yves Rocher, Chanel Beauté et Sephora) et pilotée par Circul’R, publie1 un Livre Blanc présentant les enseignements de la première expérimentation collective dédiée au réemploi des contenants cosmétiques. Cette initiative démontre que le réemploi des emballages cosmétiques est techniquement faisable, environnementalement pertinent et économiquement prometteur, à condition d’être déployé à grande échelle dans un cadre collectif et de faire de faire évoluer les emballages pour qu’ils correspondent au réemploi.


Une coalition d’acteurs engagés dans l’expérimentation

UNE EXPÉRIMENTATION À L’ÉCHELLE DE LA FILIÈRE

Lancée pour tester concrètement les conditions de déploiement du réemploi dans l’industrie cosmétique, la Coalition ReCosm, pilotée par Circul’R, a mobilisé 13 marques phares de l’industrie (Aroma-Zone, Chanel Beauté, Clarins, Estée Lauder, La Rosée, Melvita, L’Oréal, L’Oréal Luxe, Naos, Pierre Fabre, Sephora Collection, SVR et Yves Rocher), ainsi que 2 distributeurs (Nocibé et Sephora).

L’expérimentation a été menée entre 2024 et 2025 dans 45 points de vente répartis entre différentes typologies de distribution : enseignes spécialisées (Sephora et Nocibé), enseignes intégrées (Yves Rocher et Aroma-Zone) et pharmacies partenaires. Au total, plus de 200 références produits parmi 13 marques ont été intégrées au dispositif.

Le principe testé :

après utilisation du produit à domicile, le consommateur rapporte son contenant vide en magasin, où il est collecté, trié, lavé puis réintroduit dans le circuit de conditionnement afin d’être remis sur le marché.

Cette expérimentation avait pour objectif d’évaluer simultanément cinq dimensions clés du réemploi : l’expérience consommateur, la performance du lavage, l’organisation logistique, la viabilité économique et les impacts environnementaux.

DES RÉSULTATS QUI CONFIRMENT LE POTENTIEL DU RÉEMPLOI

Les résultats présentés dans le Livre Blanc mettent en évidence quatre enseignements majeurs.

  • Une forte adhésion des consommateurs et des équipes en magasin : les études consommateurs révèlent un fort intérêt pour l’initiative : 95 % des répondants se disent prêts à participer au dispositif et 90 % indiquent que leur attachement à une marque engagée dans le réemploi s’en trouve renforcé. L’expérimentation souligne toutefois l’importance de la visibilité en magasin et de la simplicité du parcours client pour convertir cette adhésion en geste de retour effectif.
  • Un potentiel environnemental significatif : les analyses de cycle de vie menées dans le cadre du projet démontrent que le réemploi devient plus performant que l’usage unique dès la seconde utilisation du contenant, avec des réductions d’impacts environnementaux pouvant atteindre –12 % à –25 % selon les scénarios étudiés.
  • Un modèle économique viable à maturité : les modélisations économiques indiquent que le réemploi peut atteindre l’équilibre économique – voire générer de la valeur – dans un marché mature, grâce à la massification des volumes, à la mutualisation des infrastructures et à la mise en place d’un système de consigne adapté.
  • Une faisabilité technique et sanitaire confirmée : les tests de lavage réalisés sur plus de 120 références montrent que les procédés industriels actuels permettent d’atteindre les exigences sanitaires du secteur cosmétique. Les résultats soulignent toutefois l’importance d’une éco-conception pensée dès l’amont pour garantir la résistance des emballages aux cycles de lavage.

Afin d’évaluer la pertinence du préemballé réemployable dans des contextes de distribution variés, l’expérimentation a été déployée sur trois typologies de points de vente : pharmacies, enseignes intégrées et spécialisées. Ces canaux représentent des usages consommateurs, des leviers d’incitation et des contraintes opérationnelles distinctes, permettant de tester ce mode de réemploi dans des conditions représentatives de la diversité du marché cosmétique :

DES PISTES POUR ACCÉLÉRER LE PASSAGE À L’ÉCHELLE

Au-delà de ces résultats, la Coalition identifie plusieurs conditions essentielles pour accélérer le déploiement du réemploi dans la filière cosmétique :

  • développer des infrastructures de lavage et de logistique mutualisées et territorialisées,
  • définir des standards communs d’éco-conception et de lavage,
  • structurer la traçabilité des emballages et la logistique inverse,
  • harmoniser la communication et les dispositifs en point de vente,
Jules Coignard, co-fondateur de Circul’R

Selon Jules Coignard, co-fondateur de Circul’R, “Lancer une expérimentation collective de cette ampleur était un pari pour une industrie où les modèles d’emballages reposent encore largement sur l’usage unique. Le rôle de Circul’R est précisément de créer les conditions de collaboration entre des acteurs qui, seuls, ne pourraient pas tester ces modèles à grande échelle. En réunissant 15 marques et leurs partenaires autour d’un projet commun, nous avons pu explorer concrètement les conditions de déploiement du réemploi et en tirer des enseignements utiles pour toute l’industrie. L’enjeu désormais est de transformer ces apprentissages en solutions opérationnelles pour structurer une véritable filière de réemploi dans la cosmétique ».

Livre blanc : Dessiner les contours du réemploi en cosmétique : le cas du préemballé

RETOURS D’EXPÉRIENCE ET LEVIERS D’UNE EXPÉRIMENTATION MULTI-MARQUES


  1. avec le soutien opérationnel et financier de Citeo ↩︎

Et si le principal responsable de l’extinction du vivant n’était pas le climat ou la déforestation mais les pesticides ?

Nous sommes nombreux à penser que les pesticides ne jouent qu’un rôle secondaire dans l’effondrement du vivant, puisqu’ils sont contrôlés par des organismes de confiance. Nous croyons aussi que le changement climatique liés à nos émissions de CO2 et la dégradation des sols par l’artificialisation ou la monoculture intensive sont avec la déforestation associée les principaux moteurs de la 6ème extinction de masse que nous constatons année après année. Mais à la lecture du livre « La disparition du vivant & moi », nous retrouvons le bon sens. Hélène Grosbois nous montre, à l’appui de nombreux travaux scientifiques, que le premier responsable de cette extinction massive sont les pesticides, produits pour tuer le vivant

Pour réagir de façon appropriée à la crise écologique actuelle, il faut comprendre ce qui en est à l’origine. Quelles sont les causes de la sixième extinction de masse dans laquelle nous sommes entrés ? Le réchauffement climatique est-il vraiment l’unique coupable ?

Cet ouvrage synthétise l’histoire du Vivant et de sa disparition, le problème éthique et philosophique lié et les solutions adaptées, par le biais d’une approche systémique, seule valable face aux défis contemporains.

Hélène Grosbois, son autrice, jeune femme passée du monde de la finance à l’agriculture biointensive, incarne les changements indispensables à mettre en place pour arrêter l’effondrement du Vivant, recréer de la biodiversité et un monde souhaitable. Animée par un désir bouillonnant de comprendre la crise écologique et épaulée par des chercheurs reconnus, elle dresse ici un panorama sans appel de la catastrophe en cours, pointant du doigt les mécanismes politiques et éthiques viciés tout en proposant des solutions simples mais majeures.

Les pesticides : la pire menace pour la planète pour Nicolas Camps

Tomas Derville, Fondateur de Camas Transition – Conseil en décarbonation

Les faits relevés par Tomas Derville

  • Les pesticides sont de plus en plus toxiques car de moins en moins efficaces puisqu’ils provoquent de la biorésistance
  • La chute vertigineuse du nombre d’insectes (-78% en 27 ans)
  • Cancer multiplié par 2 en 30 ans (1990-2020), alors que la consommation de tabac et d’alcool est en baisse.
  • La perte de biodiversité est fortement liée à l’usage des pesticides  : la France a connu, au XIVᵉ siècle, des périodes où il ne restait que 10 % de forêts (contre 30 % aujourd’hui), mais la diversité du vivant y était pourtant bien supérieure.

« Je me réjouis de cette lecture, car ça a été un déclencheur pour diminuer ma consommation de pesticides, qui par ailleurs me fera gagner en espérance de vie. Et sur le plan professionnel,  c’est également une mine d’or pour enrichir mes formations sur la transition écologique. »

En termes de claque existentielle,
je mettrai 10/10.

Tomas Derville, Fondateur de Camas Transition – Conseil en décarbonation

Biodiversité : comment résister à la sixième extinction ?

La biodiversité en infographies
L’urgence du vivant : comprendre pour agir

Pourquoi la biodiversité est-elle à ce point en danger ? Pourquoi comprend on aussi mal l’importance de ce qui est en train de se passer ? Et comment faire pour empêcher un effondrement massif du vivant ?

Tatiana Giraud est chercheuse en biologie évolutive, directrice de recherches au CNRS et membre de l’Académie des Sciences. Elle est l’autrice de “La biodiversité en infographies”, avec Hervé Bouilly et Catherine Huguet, chez Tana Editions.

  • « Chaleur humaine » est un podcast de réflexion et de débat sur les manières de faire face au défi climatique.

Tous contaminés ! Et personne n’en parle ?! – Hélène Grosbois | LIMIT

Vous mangez du poison – Hélène Grosbois | LIMIT

Détourner le problème : la stratégie préférée des lobbys de l’agrochimie

Les lobbys utilisent des stratégies nommées les 10 D. La différence des lobbys de l’agrochimie, par rapport à tous les autres lobbys, est qu’ils n’utilisent pas principalement Deny (nier le réchauffement, son origine – l’humain – et ses causes – brûler des énergies fossiles) mais Deflect (générer un flou, un doute et une charge mentale comme les marchands de tabac) et, encore plus subtil : ils remettent la faute sur les autres lobbys historiques : le tabac, l’amiante, le radon, le pétrole, le réchauffement etc…

  • DEFLECTDétourner le problème : « Le problème c’est les labours, les espèces invasives, le réchauffement climatique, les agriculteurs qui utilisent mal les produits, les chats, les écrans, les médicaments, les microplastiques, l’artificialisation, les poêles Tefal, les pneus, les vaccins, … ». Bref, ça n’est pas les pesticides le problème et si ça l’est, c’est de manière marginale. C’est« multifactoriel ».
  • DELAYRepousser les décisions : « Il faudrait faire plus de recherches, plus de mesures, de rapports, de guidelines », pendant ce temps on ne légifère pas, et on cherche le supposé problème que tout le monde connaît déjà et on fera des choses mais en 2030, 2050, 2100… On se demande « Comment on va nourrir 10 milliards d’êtres humains en 2050 ? », alors qu’on produit actuellement de quoi nourrir 11 milliards d’êtres humains. « On dit qu’on réduira de moitié les pesticides en 2030 et on arrêtera en 2050 », alors que toutes les filières existent en bio. Le problème est pour les générations futures afin de nous détourner de l’extinction présente.
  • DENYNier la réalité : On finance la recherche qui va dans le sens du narratif souhaité et on ne finance pas ce qui dérange. « Non, Les pesticides ne sont pas du tout à la base de l’extinction, ni de l’empoisonnement global ». « La bio ne va pas nourrir le monde ». « Pas d’interdiction sans solutions ».
  • DISCOUNT – Réduire l’importance du sujet : « Oui, il faut réduire les pesticides, mais il y a encore plus grave, comme le réchauffement climatique et les labours. »
  • DECEIVE – Tromper: en cadrant de manière biaisée le problème et en orientant la façon dont il est traité sur les symptômes et non pas la racine du problème. Par exemple en silotant les problèmes : en ne parlant que du sol, alors que la biosphère est une et indivisible.
  • DIVIDE – Diviser les opposants : notamment avec tout le discours autour du carbone qui nécessitera toujours plus de chimie et parachèvera à une vitesse record l’extinction,
  • DULCIFY – Adoucir : en faisant des mini concessions: on fait des aires protégées, de la conservation, le label HVE, les jachères, en coupeant les haies plus tard, la tonte raisonnée, les lumières nocturnes, les couverts en interculture. Tant que l’on n’arrête pas totalement les pesticides de synthèse, tout le reste est malheureusement inutile,
  • DISCREDIT – Discréditer l’adversaire : en lui disant qu’il n’est pas rationnel (voire pseudorationnalisme), qu’il est un activiste, un écoterroriste pas réaliste, un dous-rêveur, qu’il n’est pas scientifique, qu’il va affamer le monde, (alors que ces produits sont faits pour tuer, cette explication pourtant se suffit à elle-même),
  • DESTROY – Détruire : vous, votre organisation,
  • DEAL –  Négocier en dernier recours accepter un compromis sur des choses ridicules telle la distance de pulvérisation: « Ok, on va passer de 10 mètres à 15 mètres » ou alors « Ok on retire ce produit » et pendant ce temps on en autorise 20 nouveaux.

Éléments de langage

Carte interactive des pesticides

La solution ? Interdire les pesticides de synthèse et réformer la recherche scientifique

POURQUOI INTERDIRE TOTALEMENT LES PESTICIDES ?

Hélène Grosbois, Ecologiste² : Biodiversité – Présidente & fondatrice de Chemical Interests

Parce que pour Chemical Interests les pesticides sont des poisons toxiques qui sont à la racine de la sixième extinction de masse ainsi que de l’immense majorité des désordres écologiques, de la catastrophe sanitaire des 50 dernières années, ainsi que de l’effondrement global de la fertilité et des capacités cognitives, nous condamnant d’autant plus. La persistance et la très haute toxicité des pesticides exigent que nous arrêtions le plus rapidement possible afin de ne pas atteindre une contamination globale condamnant définitivement la vie sur Terre telle qu’on la connaît depuis quelques centaines de millions d’années. Chaque gramme supplémentaire nous enfonce un peu plus dans la sixième grande extinction de masse de manière irrémédiable et pour des périodes allant de quelques siècles à l’éternité.

Tout peut être cultivé en Bio,
sans produits de synthèse.

Toutes les filières existent en bio, et ce, depuis toujours en réalité. Cela fait  12 000 ans que l’on pratique une agriculture biologique et la production mondiale de nourriture est en surproduction massive (on produit actuellement de quoi nourrir 11 milliards d’humains).

Il ne s’agit pas ici des barrières techniques mais de barrières mentales qui reposent sur des systèmes de croyances biaisés par le narratif de l’agrochimie. Il s’agit d’une question de volonté politique et, en démocratie, de soutien populaire : il faut donc mettre le sujet sur la table et le faire remonter à sa juste place dans l’inconscient collectif

Il est également indispensable pour Chemical Interests de réformer la recherche en profondeur afin de lui redonner son indépendance, sa transparence et de la remettre au service de l’intérêt public.

INTERDIRE LES FINANCEMENTS PRIVÉS

  • Interdiction des financements privés dans la recherche a fortiori à enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux telles que la toxicologie, l’épidémiologie, l’écologie, les études climatiques ou la recherche médicale ne doivent pas dépendre de financements industriels (p. ex. agrochimie, tabac, pharmaceutique). Il serait bon de ne pas jouer avec la vie de nos concitoyens.
  • Création d’un fonds public indépendant, alimenté par une taxe sur les entreprises à risques et géré par une autorité scientifique autonome sans lien avec les financeurs.

Pour approfondir


Comment réduire les usages et impacts des pesticides dans l’agriculture française ?

Par Jean-François Molle, membre de l’Académie d’agriculture de France

Comment réduire les usages et impacts des pesticides en agriculture et pistes pour une nouvelle politique publique

Après le travail d’un groupe de débat ouvert (agriculteurs bio et conventionnels), issus de syndicats, industriels des industries phytosanitaire et alimentaire, associations d’écologistes, chercheurs etc., avec une moitié d’académiciens de diverses sections, un rapport a été produit et discuté, qui n’engage pas l’Académie d’agriculture de France. La conclusion principale, assortie des propositions correspondantes, est que la réduction des pesticides nécessite une transition globale de l’agriculture et de la filière alimentaire, incluant le consommateur, reposant sur une politique contractuelle garantissant le revenu des agriculteurs.

Quatre orientations acceptées :

Les diagnostics de l’évolution de l’agriculture depuis 60 ans et des résultats des plans Ecophyto, dont les apports et les limites sont soulignés, ont permis de proposer les orientations suivantes :

  • 1 – Il est impossible de réduire notablement l’usage des pesticides sans prendre en compte l’ensemble des facteurs de la production agricole (rotations, pesticides, fertilisants, énergies, parcellaire, mécanisation, eau etc…). C’est donc une transition globale qu’il faut engager.
  • 2 – On ne peut laisser les agriculteurs seuls face à cette transition. Une approche systémique de la filière alimentaire mettant au premier rang le consommateur et les donneurs d’ordre de l’aval propose de développer une politique de la demande (création d’un marché) et donc des approches contractuelles, rémunératrices des efforts des agriculteurs, restaurant l’attractivité du métier d’agriculteur pour les jeunes ;
  • 3 – Ces démarches sont diverses. L’agriculture régénératrice bénéficie d’une forte dynamique précompétitive de l’aval (enfin !) mais aussi de défauts que le rapport souligne. Pour cette raison, deux membres du groupe n’ont pas signé le rapport.
  • 4 – Enfin, le groupe recommande de s’appuyer sur des transitions territoriales.

La diversité des signataires, celle des analyses et des propositions illustrent la complexité du problème et les approches systémiques proposées. Des parties prenantes, habituellement opposées, ont réussi à s’accorder sur des compromis. Un atout pour « l’applicabilité » des propositions.

« Parlons Phyto » : une BD pour parler des pesticides sans caricaturer les acteurs du territoire

Le sujet est sensible, parfois conflictuel, souvent réduit à des oppositions trop rapides.

Pierre-Henry Dodart
Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

« Cette bande dessinée prend un autre chemin. Elle propose de mieux comprendre les expositions aux produits phytosanitaires dans l’air, leurs effets possibles sur la santé, mais aussi les contraintes concrètes dans lesquelles se trouvent les agriculteurs, les habitants, les élus, les associations et les collectivités. »

Ce qui est particulièrement intéressant pour Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, c’est « le choix du dialogue« . « La BD ne cherche pas à désigner un responsable unique. Elle montre plutôt des interdépendances, des tensions, des inquiétudes légitimes, des pratiques professionnelles sous contrainte, des trajectoires de changement parfois lentes, mais réelles. Elle rappelle ainsi que les usages des pesticides ne relèvent pas seulement de décisions individuelles, mais s’inscrivent dans des systèmes agricoles, économiques, réglementaires et territoriaux beaucoup plus larges. »

L’outil a été construit de manière participative, avec des élus référents, des agriculteurs, des habitants, des agents de collectivités, des associations et des spécialistes en santé publique. « Cette méthode compte autant que le support lui-même, car elle permet de faire émerger une culture commune sur un sujet où chacun arrive avec son expérience, ses inquiétudes et ses propres contraintes. »

Pour Pierre-Henry Dodart, à l’échelle d’un territoire viticole comme le Pays Cœur d’Hérault, « cette BD montre qu’il est possible de parler santé environnementale, biodiversité, agriculture, alimentation et transition des pratiques sans opposer artificiellement ceux qui vivent, ceux qui cultivent et ceux qui alertent. »

Un outil précieux pour ouvrir la discussion, renforcer la compréhension mutuelle et construire des chemins de changement à partir du réel.

Pierre-Henry Dodart
Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Secrets toxique – Le film

Cash Impact – Pesticides : notre santé en danger (Intégrale)

Cash investigation – Produits chimiques : nos enfants en danger (Intégrale)

Entreprises : mode d’emploi pour passer à l’action et financer la biodiversité !

Quand la biodiversité s’érode, c’est la résilience de tout le tissu économique qui est impactée. À l’inverse, préserver et restaurer le vivant permet de sécuriser et pérenniser les activités économiques et renforcer leur capacité d’innovation et d’adaptation. Les entreprises de France ont un rôle décisif à jouer pour passer à l’action concrète et apporter des solutions adaptées à la réalité des territoires et filières, au service d’une croissance portée par l’innovation et respectueuse de l’environnement. Ce guide du MEDEF s’adresse aux 240 000 TPE, PME et ETI adhérentes au mouvement, pour financer la biodiversité en réalisant un investissement stratégique. L’objectif de ce guide est clair : anticiper les risques, saisir de nouvelles opportunités de marché, renforcer la compétitivité et l’ancrage territorial des entreprises.

Ce guide propose une démarche progressive 

  1. Se poser les bonnes questions : quelles ressources mobiliser ? à quel niveau agir ? quelle finalité écologique cibler ?
  2. Se référer à la cartographie des solutions pour trouver l’outil le plus adapté ;
  3. Passer à l’action à l’aide de fiches pratiques détaillant les objectifs, opportunités et étapes de mise en œuvre.

Ce guide vise à faire du « financement de la biodiversité » une démarche accessible, pragmatique et porteuse d’opportunités, pour les entreprises comme pour les écosystèmes et les territoires dans lesquels elles s’inscrivent.

Son lancement, fin mars 2026, a été l’occasion d’échanges avec des acteurs économiques, scientifiques et institutionnels, autour des enseignements de la première évaluation scientifique mondiale dédiée aux liens entre entreprises et biodiversité et de retours d’expérience d’entreprises ayant engagé une démarche biodiversité.

Événement de lancement du guide sur le financement de la biodiversité

Présentation du guide par

Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France

La biodiversité n’est pas un concept abstrait mais bien la condition du vivant, un prérequis à notre prospérité et à la résilience des entreprises.

Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France

« Les liens qui unissent ces dernières, leurs activités, leurs approvisionnements, aux écosystèmes et à la biodiversité sont nombreux : qualité des sols, de l’eau, abondance ou raréfaction des ressources naturelles, stabilité des écosystèmes …

Quand la biodiversité s’érode, ce sont les chaînes d’approvisionnement qui se fragilisent, les coûts qui augmentent, les risques qui s’intensifient et la résilience de tout le tissu économique qui s’en trouve impactée.

À l’inverse, préserver et restaurer le vivant est une démarche aussi bien citoyenne que stratégique, permettant de sécuriser et pérenniser les activités économiques et de renforcer notre capacité d’innovation et d’adaptation.« 

Dans cette mission, les entreprises de France ont un rôle décisif à jouer.

Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France

« Au MEDEF, nous considérons la biodiversité non comme une contrainte, mais comme un investissement stratégique, indissociable des efforts engagés en matière climatique et indispensable à leur efficacité.« 

Agir pour le vivant, c’est investir dans la résilience et la performance durable de nos entreprises

Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France

MOOC Entreprises et biodiversité : passer à l’action !

Célia de Lavergne, directrice de l’eau et de la biodiversité au ministère de la Transition écologique et de la Biodiversité

Célia de Lavergne, directrice de l’eau et de la biodiversité au ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales

« Si la dépendance de notre économie à la biodiversité et aux services qu’elle rend ne fait désormais plus de doute, elle demeure encore trop souvent méconnue ou sous-estimée. Pourtant, cette dépendance est bien réelle : fertilité des sols, pollinisation, régulation du climat, approvisionnement en eau et en matières premières, protection contre certains risques naturels comme les inondations. Autant de fonctions essentielles qui soutiennent directement ou indirectement l’activité économique.

Cette réalité concerne une grande diversité de secteurs : agriculture et agroalimentaire, industrie, pharmacie, textile, bois, mais aussi assurance, banque ou finance. L’érosion de la biodiversité
représente ainsi un risque croissant pour la pérennité des modèles économiques des entreprises
et plus largement pour la stabilité de l’économie mondiale.
« 

72 % des entreprises de la zone euro dépendent directement des services rendus par les écosystèmes selon la Banque centrale européenne.

Célia de Lavergne, directrice de l’eau et de la biodiversité au ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales

« Face à ce défi, les pouvoirs publics agissent par la régulation, mais aussi en développant des solutions concrètes avec les acteurs de terrain et en soutenant financièrement les initiatives portées par les entreprises, les collectivités et les associations. Cet engagement est indispensable mais ne pourra toutefois produire tous ses effets sans une implication croissante du secteur privé dans les
démarches de préservation et de restauration de la biodiversité
. »

La transition écologique ne se fera pas sans les entreprises ; elle suppose plus que jamais un dialogue étroit et constructif entre acteurs publics et privés.

Célia de Lavergne, directrice de l’eau et de la biodiversité au ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales

Entreprises engagées pour la nature : guide pour l’action

Ce guide a pour objectif d’accompagner les entreprises dans la mise en place d’une démarche de prise en compte de la biodiversité et dans la définition de leur engagement pour devenir une Entreprises engagées pour la nature.

Financer la biodiversité ?

Dans ce guide, « financer la biodiversité » désigne le fait pour une entreprise d’allouer des moyens — financiers, fonciers, intellectuels ou de temps — à des actions permettant directement ou indirectement de réduire les pressions sur la biodiversité ou d’en améliorer l’état.

La biodiversité représente l’ensemble du tissu vivant sur notre planète. Elle regroupe la diversité des individus, des espèces et des écosystèmes. Elle comprend également toutes les interactions existantes entre ces trois composantes.

Financer la biodiversité est une démarche qui nécessite que l’entreprise positionne son action au sein d’une large palette d’options disponibles. Pour l’aider dans cette réflexion, ce guide s’articule autour de trois questions. Pour chacune d’elles, l’entreprise trouvera différentes options de fléchage de ses contributions.

Guide « Entreprises : mode d’emploi pour financer la biodiversité »

La cartographie des solutions et fiches outils offre une vue d’ensemble des solutions permettant aux entreprises de financer des actions en faveur de la biodiversité selon les ressources mobilisables, le niveau d’action souhaité et l’objectif recherché. Elle constitue une porte d’entrée vers les fiches outils qui présentent, pour les différentes solutions, les modalités de mise en œuvre, les opportunités associées et des exemples concrets. Afin de proposer une approche synthétique et opérationnelle, certaines solutions répertoriées et présentant des caractéristiques proches ont été regroupées au sein d’une même fiche pratique.

CARTOGRAPHIE DES SOLUTIONS ET FICHES OUTILS

Entreprises et biodiversité : les clés pour agir

Un geste après l’autre : fondamentaux d’une approche par les pratiques en milieux forestiers et agricoles

Ce dossier de la MEB – Mission économie de la biodiversité « Un geste après l’autre » est une approche basée sur les pratiques en milieux agricoles et forestiers pour définir un cadre d’application dans des stratégies biodiversité et de mise en œuvre d’actions de restauration des écosystèmes.

Vue aérienne par drone d’une zone de déforestation pour l’agriculture. Zone de contact entre forêt et plantation.

Résumé

Une approche qui place les pratiques agricoles et forestières comme socle de méthodes d’évaluation de potentiel de biodiversité : définition d’un cadre et analyse du potentiel d’usage dans le pilotage et la construction de stratégies biodiversité.

N16-INITIATIVES-ZEROPHYTO-COUV

EXEMPLE D’UN GUIDE ÉVALUANT L’ADÉQUATION ENTRE DES PRATIQUES DE GESTION ET LES OBJECTIFS D’UN PROJET DE SOLUTION FONDÉ SUR LA NATURE – LIFE ARTISAN FORÊT

La tension existante entre besoin de production agricole et forestière, d’une part, restauration et préservation de ces milieux, d’autre part, demande des leviers concrets, facilement appropriables et qui permettent d’agir vite et à grande échelle.

Les approches qui se basent sur les pratiques agricoles peuvent répondre à ces besoins. Elles placent les itinéraires de gestion – et ceux qui les mettent en œuvre – au centre des méthodologies d’évaluation d’impacts et de potentiel de biodiversité sur les écosystèmes productifs.

Cette publication propose un cadre à cette approche basée sur les pratiques, en interrogeant ses avantages et limites, pour ensuite présenter le potentiel de cette approche à s’intégrer dans les actions et stratégies biodiversité d’acteurs privés, et ses moyens pour participer à l’atteinte d’objectifs de restauration et s’inscrire dans le développement d’outils économiques comme les certificats biodiversité.

Plusieurs témoignages d’acteurs de la recherche, du privé et de l’associatif montrent une diversité d’approches possibles en se basant sur les pratiques agricoles et forestières pour restaurer ces milieux.


Combinaison de la définition sur les stratégies de restauration à partir d’Atkinson et Bonser (2020), à celle du SER (Gann et al. 201g), avec une vision par « gradients » de l’effort de restauration écologique

L’approche biodiversité par les pratiques

L’approche par les pratiques trouve son origine dans l’intuition que pour aider l’action en faveur de la biodiversité, il faut partir de ce que les acteurs de terrain connaissent, c’est-à-dire leurs pratiques quotidiennes.

Une nouvelle génération d’outils et d’expériences basés sur les pratiques

L’indice de Biodiversité Potentielle (IBP) est un outil de diagnostic gratuit et disponible en ligne, développé par le Centre national de la propriété forestière (CNPF) et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). Il permet d’évaluer la capacité des peuplements forestiers à accueillir la biodiversité en se basant sur dix indicateurs clés.
UN OUTIL BASÉ SUR LES PRATIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR LA BIODIVERSITÉ
AgriBEST® est un outil gratuit, accessible en ligne, qui a été développé par CDC Biodiversité et La Coopération Agricole Ouest. Il s’adresse aux exploitants agricoles et permet de mieux comprendre et évaluer les effets des pratiques agricoles sur la biodiversité à l’échelle de l’exploitation, d’identifier les services écosystémiques fournis sur l’exploitation et de visualiser des voies de progrès pour favoriser la préservation et la restauration de la biodiversité.
L’évaluation de la capacité d’accueil de la biodiversité prend la forme d’un autodiagnostic que l’agriculteur peut remplir en 30 à 45 minutes. L’autodiagnostic se structure en 15 facteurs qui représentent les principales caractéristiques de l’exploitation et des pratiques mises en œuvre, les facteurs étant les mêmes pour tout type de production et territoire.

Dossier « Un geste après l’autre »

Hydrogène : un Livre Blanc pour aider les élus à décarboner leur territoire et créer des emplois

Alors que les nouveaux mandats municipaux (2026 – 2032) débutent, France Hydrogène adresse aux nouveaux élu.e.s un Livre Blanc et une fiche pédagogique. Conçu comme un outil opérationnel, il ambitionne d’aider les décideurs locaux à transformer les ambitions climatiques en projets concrets à travers le déploiement de l’hydrogène renouvelable et bas-carbone afin de décarboner, redynamiser les bassins d’emplois et améliorer durablement la qualité de vie des citoyens.

Au lendemain des élections municipales 2026, France Hydrogène s’adresse aux élu.e.s des territoires et en particuliers des communes, métropoles, communautés d’agglomérations et EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale) pour rappeler que l’hydrogène n’est pas une solution d’avenir mais un outil stratégique et concret.

Un levier de transformation pour tous les acteurs du territoire

Déployer l’hydrogène dans les territoires, c’est offrir des solutions concrètes pour tous.

  • Pour les habitants : un air plus sain, moins de bruit et des transports zéro émission (bus, autocars, bennes à ordures).
  • Pour les entreprises et leurs salarié.e.s : des solutions pour réduire les émissions et améliorer le bien-être des salariés.
  • Pour la jeunesse : des emplois attractifs, qualifiés et non-délocalisables, ainsi qu’une offre de formation adaptée aux nouveaux métiers.
  • Pour la collectivité : une transition énergétique locale rapide, avec des retombées économiques et fiscales concrètes.
L’hydrogène, un levier clé de transition pour les habitants, la jeunesse, les entreprises et les collectivités

Une solution sur-mesure pour chaque spécificité de territoire

L’hydrogène décarboné apporte des réponses concrètes et adaptées aux spécificités des territoires : urbains, ruraux, industriels, littoraux ou encore zones non interconnectées (ZNI).

En ville, il permet de réduire la pollution de l’air et le bruit. Pour la mobilité routière, les véhicules zéro émission circulant à l’hydrogène disposent d’une plus grande autonomie et d’une recharge rapide, essentielle pour un usage intensif comme les taxis.

Dans les territoires ruraux et agricoles, l’importante autonomie et la puissance des véhicules hydrogène est un vrai plus, notamment en raison de la longueur des trajets et des tournées de collecte de déchets. Sur un territoire agricole, l’hydrogène peut contribuer à décarboner les engins agricoles et augmenter le rendement de méthaniseurs.

Dans les bassins industriels, il constitue un levier stratégique pour décarboner tout en préservant la compétitivité et l’emploi de ces industries.

Sur les littoraux, l’hydrogène permet de décarboner les activités portuaires, le transport maritime, les flottes de pêche et les bateaux de plaisance. Il pourra être utilisé directement comme carburant pour certains types de bateau ou servir à produire des carburants de synthèse.

Une offre de véhicules et d’équipements qui s’étoffe. Adaptés aux spécificités de certains segments d’usage et territoires, la commercialisation des véhicules et autres équipements fonctionnant à l’hydrogène s’étoffe.

Grâce à leur robustesse et à leur capacité d’adaptation, les véhicules hydrogène disposent de la puissance requise pour évoluer sur les routes à forts dénivelés des zones montagneuses.

Enfin, dans les zones isolées ou en tension énergétique, il permet de sécuriser l’approvisionnement et de mieux intégrer les énergies renouvelables.

Plus un territoire cumule ces caractéristiques, plus les synergies sont fortes et les bénéfices de l’hydrogène sont importants.

Fiche synthétique

l’hydrogène
une opportunité pour votre Territoire

5 actions concrètes pour faire de l’hydrogène une opportunité pour les territoires dès 2026

A travers ce Livre Blanc, France Hydrogène formule 5 actions concrètes pour faire de l’hydrogène une opportunité pour les territoires dès 2026

  1. Pour donner une seconde vie sans carbone aux véhicules de votre collectivité : remotoriser les flottes avec une pile à combustible ou un moteur à combustion hydrogène.
  2. Pour décarboner les flottes de véhicules : passer à l’hydrogène lors du renouvellement de celles-ci (bus, autocars, camions bennes à ordures ménagères…) ou des groupes électrogènes.
  3. Pour créer des opportunités d’emplois qualifiés et bénéficier de retombées économiques : accueillir des usines de la filière et développer des offres de formation.
  4. Pour garantir la sécurité d’approvisionnement des acteurs : engager et poursuivre le maillage du territoire en stations de distribution et en infrastructures de production et de transport d’hydrogène.
  5. Pour favoriser le déploiement d’une filière qui réconcilie souveraineté et décarbonation et rencontrer d’autres élus qui développent des solutions hydrogène en intégrant le club des collectivités membres de France Hydrogène.

L’avis de Nicolas Brahy, Président de France Hydrogène

Nicolas Brahy, Président de France Hydrogène

«L’hydrogène bas-carbone et renouvelable n’est plus une promesse technologique : c’est une réalité. Ces cinq dernières années, les territoires ont été au cœur de la Stratégie nationale hydrogène française avec l’émergence d’écosystèmes structurés et d’un tissu manufacturier dynamique, portés par des collectivités pionnières, le soutien de l’État et des acteurs privés.

Après cette phase d’apprentissage technologique, les cinq prochaines années devront être celles de l’industrialisation. Pour les collectivités, l’enjeu est triple : il concerne à la fois l’économie, la qualité de vie et la santé publique, ainsi que la valorisation du potentiel énergétique du territoire.

Aux côtés d’autres solutions zéro émission, l’hydrogène renouvelable et bas-carbone apporte des réponses adaptées aux particularités de chaque territoire ; une approche en phase avec le récent rapport de la Commission de régulation de l’énergie sur la mise en œuvre territoriale de la transition énergétique qui implique une mise en œuvre locale, adaptée aux enjeux et contraintes de terrain. Collectivement nous avons su innover et démontrer le potentiel de la filière, nous devons désormais l’industrialiser pour réconcilier souveraineté et transition écologique.

L’heure est à l’action. Celle des élus des territoires, dans leurs collectivités, auprès des autres élus et pour porter cette ambition, sera cruciale.»

Une filière stratégique soutenue par l’État, l’Europe et les Régions

Livre blanc : « Hydrogène : une opportunité pour décarboner votre Territoire et créer des emplois »

L’hydrogène, une réalité dans les territoires – Juin 2025

Publication qui recense les réalisations en service et les initiatives à venir, illustrée par des cartographies régionales et sectorielles, des témoignages d’acteurs locaux et des exemples concrets.


Baromètre 2025 de la filière hydrogène

Cinq ans après la Stratégie nationale hydrogène : où en est la filière hydrogène française ?

Guide « Plus de nature dans mon mandat : des outils concrets pour les élus »

L’A-IGÉco, l’association fédérative des Acteurs de l’Ingénierie et du Génie Écologiques, s’est associée au ministère de la transition écologique et de l’aménagement du territoire pour mieux faire connaître les outils à la disposition des communes, déclinés en infographies dans ce guide « Plus de nature dans mon mandat : des outils concrets pour les élus ».

Mettre en œuvre un projet biodiversité sur votre territoire : un parcours clé en main pour les élus

La biodiversité est un enjeu majeur pour les territoires, mais par où commencer ? Comment s’y retrouver parmi les acteurs, les outils et les financements disponibles ? Pour répondre à ces questions, l’A-IGEco a conçu un itinéraire en 6 étapes spécialement pour les élus, sous forme d’infographies claires et pratiques. Ces ressources, disponibles en ligne, offrent une boîte à outils complète pour initier ou renforcer une démarche en faveur de la biodiversité, que votre projet soit modeste ou ambitieux.

Feuille de route de l’élu
Apporter les réponses adaptées aux effets du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité et de la raréfaction des ressources, un défi pour un élu ! Les leviers proposés pour accélérer la transition écologique des territoires sont nombreux : se procurer des données, trouver l’appui en ingénierie et en financement, se doter du foncier, planifier, se fixer des objectifs partagés et assurer la bonne mise en œuvre, son suivi et son amélioration continue. L’État et ses opérateurs vous accompagnent pour faire de la biodiversité et du maintien des services rendus par les écosystèmes un atout de votre mandat et pour votre territoire.

Un itinéraire en 6 étapes, adapté à tous les niveaux de connaissance

  • Infographie 1) Comprendre la biodiversité et ses enjeux : Vous débutez ou souhaitez approfondir vos connaissances ? La première infographie vous donne les bases, avec des chiffres clés à partager en conseil municipal pour sensibiliser vos équipes et vos collègues élus.
  • Infographie 2) Découvrir la biodiversité de votre territoire : Quelles espèces, quels milieux, quels risques concernent spécifiquement votre commune ou intercommunalité ? Une infographie dédiée vous aide à cartographier les enjeux locaux pour agir en connaissance de cause.
  • Infographie 3) Identifier les acteurs qui peuvent vous accompagner : Vous n’êtes pas seul ! Cette étape recense les structures et experts (associations, bureaux d’études, institutions) prêts à vous soutenir dans la mise en œuvre de votre projet.
  • Infographie 4) Construire votre stratégie locale : Comment structurer votre projet ? Quels financements mobiliser ? Quels outils utiliser ? Cette infographie vous guide pour monter un plan d’action solide, en s’appuyant sur des guides, des dispositifs existants et des retours d’expérience.
  • Infographie 5) Mobiliser vos équipes et vos habitants : La réussite d’un projet dépend de l’adhésion de tous. Découvrez des méthodes et ressources pour impliquer agents, élus et citoyens, avec des exemples concrets et des financements dédiés à la communication.
  • Infographie 6) Passer à l’action et évaluer vos résultats : Une fois votre stratégie en place, il est temps de concrétiser vos actions et d’en mesurer l’impact. Des retours d’expérience et des connaissances complémentaires vous aident à aller plus loin.

Le Guide « Plus de nature dans mon mandat : des outils concrets pour les élus »



Connaissez-vous l’ingénierie et le génie écologiques ?

l’ingénierie écologique est la passerelle entre l’Homme et la biodiversité

Cette vidéo1 explique de manière simple que l’ingénierie écologique rassemble les professionnels du vivant, de la faune, de la flore et plus largement de la biodiversité. Ces derniers utilisent les sciences et la recherche pour développer des outils qui serviront à :

  • 1️⃣ restaurer
  • 2️⃣ préserver
  • 3️⃣ ou aménager des milieux naturels de manière durable.

Cette vidéo présente les métiers de l’ingénierie écologique. En effet, la filière regroupe de grandes catégories de métiers distincts qui collaborent et se complètent. Toutes ces expertises ne sont pas toujours nécessaires suivant le cas de figure mais que c’est en travaillant ensemble qu’elles sont les plus efficaces. Quelle que soit l’action, la concertation et la sensibilisation font partie intégrante du métier.

Un exemple concret (un cours d’eau) pour illustrer ce qui a été expliqué dans les vidéos précédentes. Les différents métiers cherchent à faire cohabiter, voire collaborer, l’Homme et la Nature. De plus, l’ingénierie écologique apporte aussi toute une série de services à la société (sécurité, santé, alimentation de l’humain) : elle fait partie des Solutions fondées sur la Nature (SfN).

  1. Vidéos réalisées par Hugo Boquet ↩︎

L’ingénierie écologique est un outil formidable pour préserver et restaurer la biodiversité de manière efficace et durable

L’Ingénierie et le Génie écologiques sont définis par le Journal Officiel du 18/08/2015

L’ingénierie écologique est l’ensemble des connaissances scientifiques, des techniques et des pratiques qui prend en compte les mécanismes écologiques, appliqué à la gestion de ressources, à la conception et à la réalisation d’aménagements ou d’équipements, et qui est propre à assurer la protection de l’environnement.

Le génie écologique (GE) est la conduite de projet visant à favoriser la résilience des écosystèmes en appliquant les principes de l’ingénierie écologique.

Le périmètre des activités de l’ingénierie écologique comprend toutes les activités, réalisées par des professionnels formés, qui contribuent à la préservation, la conservation et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes :

  • les études amont au projet : diagnostics, inventaires, dossiers réglementaires, plans de gestion, documents d’urbanisme, …
  • l’assistance à maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre : conception, programmes opérationnels, cahiers des charges, contrôle de travaux, réception,
  • les travaux de génie écologique,
  • la gestion des écosystèmes et des espaces protégés,
  • le suivi des réalisations et des écosystèmes associés,
  • l’exploitation et l’entretien des sites restaurés,
  • la recherche,
  • la formation,
  • l’expertise et la connaissance.

Les réseaux membres d’A-IGEco

L’A-IGÉco est la tête de réseau française de l’Ingénierie et du Génie Écologiques. Elle a pour vocation de structurer la filière nationale et de faire reconnaître à l’international l’excellence de la filière française de l’Ingénierie Écologique.

Pour ce faire, depuis 2014, l’association rassemble et fait travailler ensemble les principaux réseaux professionnels de la biodiversité, l’ensemble représentant plus de 50 000 entreprises et professionnels.

Elle travaille également en partenariat étroit avec les institutions nationales françaises (Ministère de l’Écologie, Office français de la biodiversité -OFB-, …).

Bornes de recharge pour véhicules électriques : un livre blanc pour aider les collectivités à définir leur stratégie territoriale

Au lendemain des élections municipales, l’Avere-France, le SERCE, le programme Advenir et la FNCCR publient un livre blanc à destination des élus locaux et des cadres territoriaux. Son objectif : les accompagner dans la définition et la mise en œuvre de leur stratégie de déploiement des Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques (IRVE).

Ce guide rassemble des outils méthodologiques, techniques, juridiques et financiers afin d’aider les collectivités à moderniser et développer leurs réseaux de recharge, en cohérence avec les besoins des territoires et les attentes de la population. Par cette publication commune, les partenaires réaffirment leur engagement aux côtés des territoires. Plus qu’un état des lieux, ce livre blanc se veut un levier d’action pour la nouvelle mandature.

Les bornes de recharge pour véhicules électriques et hybrides
© Advenir Formations

Trois recommandations pour une stratégie au service des utilisateurs

Les élus font face à un double défi : maintenir et moderniser des équipements parfois vieillissants et répondre à des usages en constante évolution. Le livre blanc propose une analyse complète des différents modèles de gestion ainsi que des facteurs clés de succès pour un déploiement efficace, appuyés sur des retours d’expérience positifs de collectivités pionnières.

Le programme Advenir, piloté par l’Avere-France, accompagne l’installation de bornes de recharge de véhicule électrique. Le dispositif a pour objectif de lever les freins au développement de la mobilité électrique en proposant aux utilisateurs différentes primes en fonction de leur projet d’installation de borne de recharge, que ce soit à domicile, sur le lieu de travail ou sur la voirie.

Trois axes stratégiques sont identifiés pour réussir la modernisation des réseaux IRVE existants et poursuivre le maillage du territoire :

  1. Accélérer le déploiement des infrastructures de recharge : actualisation des schémas directeurs IRVE (SDIRVE) et amélioration de la coordination entre les compétences « IRVE » et « voirie/ stationnement ».
  2. Favoriser la complémentarité entre initiatives publiques et privées pour garantir un maillage territorial équilibré : généralisation des constats de carence de l’initiative privée et mise en place de partenariats structurants (concessions, marchés publics globaux de performance, etc.).
  3. Déployer des outils adaptés pour fiabiliser le déploiement, l’exploitation et la maintenance des réseaux IRVE : modernisation des réseaux historiques, création d’un centre de ressources dédié au partage des retours d’expérience et soutien à l’innovation.

Les collectivités, moteur du développement des bornes de recharge

Dans un contexte d’urgence climatique, la transition vers une mobilité décarbonée représente un enjeu majeur pour la France. Le secteur des transports est responsable de plus de 30% des émissions nationales de gaz à effet de serre, dont 53% proviennent des véhicules particuliers.

En 2025, le marché a franchi un cap historique : un véhicule immatriculé sur cinq était électrique.

Aujourd’hui, la France compte plus de 190 000 points de recharge ouverts au public. Face à la croissance du parc, l’initiative publique (secteur public et initiative publique-privée), qui représente près de 44% des points de recharge, se doit de  poursuivre la modernisation et le développement des réseaux d’IRVE.

Avec cette publication, les collectivités disposent désormais des outils, des modèles et des retours d’expérience nécessaires pour passer à l’action.

Les différentes formes de recharge selon les usages
© Advenir Formations

Livre blanc : L’action publique locale face au défi de la démocratisation de la recharge

Synthèse

Trois lignes directrices, neuf orientations stratégiques
Les lignes directrices proposées dans ce livre blanc convergent vers neuf orientations stratégiques qui permettront d’améliorer l’efficacité des projets et de renforcer la maîtrise des risques opérationnels par les acteurs publics et privés.

Livre blanc

Modèles juridiques et orientations pour une nouvelle stratégie territoriale

Le programme Advenir adapte ses primes pour accélérer le déploiement de la recharge en parkings extérieurs

Le programme Advenir fait évoluer ses barèmes de prime pour la recharge en résidentiel collectif afin de mieux prendre en compte les spécificités et les surcoûts dans les parkings extérieurs. Ces nouvelles dispositions s’appliqueront à toutes les demandes de prime à compter du 1er avril 2026.

Une adaptation ciblée au service de la transition

Avec ces évolutions, le programme Advenir confirme sa volonté d’adapter ses dispositifs aux réalités du terrain. L’objectif n’est pas une simple revalorisation des montants, mais bien une réponse concrète aux surcoûts spécifiques des parkings extérieurs, aujourd’hui identifiés comme un frein majeur au déploiement de la recharge en résidentiel collectif.

En renforçant l’accompagnement des infrastructures collectives et des travaux de cheminement en extérieur, le programme entend accélérer l’équipement des copropriétés et contribuer activement à la démocratisation de la mobilité électrique pour tous.

Les particuliers, les entreprises et les collectivités peuvent bénéficier d’une prime Advenir.

Un enjeu majeur pour le résidentiel collectif

Depuis son lancement en 2016, le programme Advenir a financé près de 46 000 points de recharge et 6 000 infrastructures collectives en résidentiel collectif. Ces résultats témoignent de la dynamique engagée pour faciliter l’accès à la mobilité électrique au plus grand nombre. Pour autant, le besoin d’accompagnement demeure crucial :

Alors qu’un foyer sur deux réside en habitat collectif, 85% des immeubles ne sont ni équipés ni en cours d’équipement d’une infrastructure de recharge pour véhicules électriques.

Baromètre national sur la recharge en résidentiel collectif T4 2025
BAROMÈTRE RECHARGE EN RÉSIDENTIEL COLLECTIF (T4 2025)

Dans ce contexte, l’adaptation des dispositifs d’aide constitue un levier déterminant pour accélérer le déploiement.

Parkings extérieurs : lever les freins techniques et financiers

Au second semestre 2025, le programme Advenir a conduit une concertation avec les acteurs de la recharge en résidentiel collectif afin d’identifier des solutions pour faciliter l’installation d’infrastructures en parkings extérieurs. Les échanges ont confirmé que le faible taux d’équipement de ces parkings s’explique par des surcoûts spécifiques, liés notamment :

  • aux exigences de la réglementation électrique ;
  • aux contraintes climatiques (intempéries, variations de température) ;
  • aux modes de fixation et de protection des équipements en extérieur ;
  • aux travaux de voirie et réseaux divers (VRD) nécessaires pour le cheminement des câbles.

Face à ces constats, le comité de pilotage du programme a décidé de faire évoluer ses barèmes afin d’adapter l’aide existante à ces contraintes particulières. Les principales évolutions à compter du 23 mars 2026 :

  • Point de charge individuel : le plafond HT est relevé de 600 € à 1 000 €.
  • Point de charge partagé : le montant de l’aide principale reste inchangé, mais la surprime augmente de 5 000 € à 8 000 €. Une seconde surprime est désormais créée pour financer la mise en place d’un nouveau point de livraison dédié aux bornes partagées.
  • Infrastructure collective : le plafond HT passe de 8 000 € à 12 500 € jusqu’à 100 places. Au-delà, 125 € par place supplémentaire sont ajoutés (contre 75 € auparavant).
Qui peut bénéficier d’Advenir ?

Calendrier d’application :

  • Pour la prime infrastructure collective, seuls les projets votés en assemblée générale à partir du 1er avril 2024 sont concernés.
  • Pour les points de recharge individuels et partagés, les nouveaux barèmes s’appliquent aux dossiers signés dès le 1er mars 2026. Les dossiers ouverts avant cette date mais non signés seront automatiquement actualisés. Les devis mentionnant encore les anciens montants restent acceptés, à condition que les factures finales intègrent les nouveaux montants de prime.

Face à l’inflation, ajustez votre épargne grâce à un simulateur !

L’incertitude politique, qu’elle soit locale ou internationale, a des répercussions sur l’économie. Elle engendre, par exemple, une augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation ou encore des services. Cette inflation, surtout si elle s’installe dans le temps, affecte directement le pouvoir d’achat des ménages. Comment, dans de telles circonstances, les épargnants adaptent-ils leur stratégie ?

Des outils pour vous aider

Dans un contexte inflationniste, il devient primordial de bien définir ses objectifs et de parfaitement comprendre les enjeux. L’utilisation des outils numériques, à commencer par les simulateurs d’épargne, devient indispensable.

Visualiser les effets à long terme

Faire le test d’épargne permet de visualiser les conséquences de chaque choix sur la stratégie globale. L’idée consiste à donner à l’épargnant une vision claire des efforts financiers à accomplir pour atteindre les objectifs. L’outil facilite aussi l’estimation précise du montant à investir et des intérêts que celui-ci va générer. Il autorise également les comparaisons. Grâce à lui, il devient possible de tester différentes stratégies d’épargne et d’identifier celle qui correspond le mieux à vos attentes.

Un fonctionnement simple

L’immense majorité des simulateurs en ligne sont libres d’accès et entièrement gratuits. Pour s’en servir, il n’est même pas nécessaire de fournir une adresse e-mail ou de créer un espace client. Leur fonctionnement reste relativement simple. Il suffit de fournir quelques informations personnelles (âge de l’épargnant, situation professionnelle, montant d’épargne mensuel, date de démarrage du projet, objectif à atteindre, etc.) et de cliquer sur un bouton pour obtenir les résultats, généralement présentés sous forme graphique ou de tableaux détaillés. Si l’hypothèse du simulateur ne vous convenait pas totalement, modifiez un ou plusieurs paramètres d’entrée et relancez le traitement. En cas de doute ou de question, la plupart des plateformes vous donnent la possibilité d’entrer facilement en relation avec un conseiller spécialisé.

Anticiper plutôt que subir

Face à une inflation durablement installée, la pire des erreurs reste l’inaction. Attendre un rétablissement de la situation économique sans modifier sa stratégie d’épargne serait contre-productif. Celle-ci doit au contraire pouvoir aisément évoluer grâce au sens de l’anticipation et à la réactivité du décideur. Plusieurs options sont alors envisageables. En fonction des circonstances, l’investisseur peut légèrement augmenter ses versements mensuels, diversifier les supports ou encore étendre la durée d’investissement initialement prévue. Ces ajustements, même s’ils paraissent modestes en apparence, vont avoir un réel intérêt sur le long terme. En testant différents scénarios à travers les simulateurs en ligne, vous pouvez ainsi visualiser les conséquences des changements envisagés.

Adapter son épargne

Même si vous n’êtes pas un as de la finance, vous savez déjà que chaque projet nécessite une stratégie spécifique. Préparer l’achat d’un bien immobilier, financer les études des enfants ou anticiper la retraite ne répondent pas aux mêmes logiques. Il est intéressant de noter que de plus en plus d’épargnants ne se contentent plus seulement de rendements attractifs. Ils souhaitent aussi donner du sens à leur investissement. En cohérence avec leurs valeurs, ils optent, par exemple, pour des produits accélérant la transition écologique et solidaire. Les simulateurs sont en capacité d’intégrer ces dimensions et d’orienter vers des solutions adaptées aux convictions de chacun.

Une économie sans argent est possible au 21e siècle ! Un essai gratuit de Sébastien Augé

Issu de 4 années de recherches et d’études — en anthropologie, neurosciences, économie et sociologie — « Une économie sans argent est possible au 21e siècle ! » est un essai qui s’appuie sur un travail approfondi, rigoureux et documenté de Sébastien Augé, artiste engagé, expert en webmarketing et conférencier. L’idée d’un monde sans argent, portée par MOCICA, y est explorée avec précision pour s’y projeter. La lecture est fluide et accessible : chapitres courts, touches d’humour, nouvelles et messages post-monétaires …

Un monde sans argent : pourquoi avons-nous tant de mal à le penser ?

L’idée d’un monde sans argent confronte directement nos peurs. Elle bouscule nos repères les plus ancrés — et nous confronte à un inconnu … difficile à saisir. Pourquoi ? Parce que cela nous semble irréaliste — presque trop beau pour être vrai.

Sortir de son conditionnement tout en faisant face à l’inconnu ?

C’est sans doute là que tout bloque. Ce n’est pas tant le concept qui est complexe… mais notre difficulté à sortir du cadre dans lequel nous pensons habituellement. C’est exactement là que ce livre intervient, en créant un pont entre l’idée et le réel.

Des origines de l’argent aux différents scénarios

De nombreuses questions sont explorées. À travers son livre, Sébastien Augé revient sur les origines de l’argent, explore différents scénarios et répond notamment aux questions suivantes :

  • Qui travaillerait — et pourquoi ?
  • Qui ferait les tâches pénibles ?
  • Comment gérer les ressources rares ?
  • Que deviennent la propriété, l’héritage, les produits de luxe ?

Disponible gratuitement
en version numérique


Parlons d’un monde sans argent avec Thierry Long — son analyse scientifique

Un monde sans argent :
idée irréaliste …
ou imagination bridée ?

Thierry LONG, Enseignant – chercheur et directeur adjoint du laboratoire d’anthropologie et de psychologie à l’Université Côte d’Azur

Dans cette interview, Jean-Philippe Huber, fondateur du MOCICA, interroge Thierry Long, enseignant-chercheur en sciences humaines et sociales à l’Université Côte d’Azur, qui mène ses recherches au sein du Laboratoire d’Anthropologie et de Psychologie Cliniques, Cognitives et Sociales (LAPCOS). Ses travaux portent principalement sur les questions d’éthique et d’éducation. Il a également publié plusieurs ouvrages sur ces sujets, dont « Un monde sans argent… L’utopie, cinq siècles après Thomas More » (2016).

En s’appuyant sur ses recherches, Thierry Long apporte un socle scientifique solide à l’idée d’un monde sans argent. Il rappelle que l’être humain n’est pas principalement motivé par l’argent, mais par des moteurs plus profonds : le sentiment d’appartenance, l’autonomie, la coopération, le sens, la qualité du lien et la responsabilité.

Son point de départ est clair : le problème n’est pas seulement le capitalisme, mais la logique monétaire qui introduit un intermédiaire entre les êtres humains. Selon ses recherches approfondies, cet intermédiaire fragilise l’empathie, renforce l’individualisme et légitime des formes de domination sociale, écologique et géopolitique.

Thierry Long remet en cause l’idée que le salaire serait le moteur naturel de l’activité humaine et montre qu’un autre fonctionnement — cohérent, documenté et solidement étayé — est possible.


Rendre tangible l’idée d’un monde sans argent.

Montrer qu’il est sans doute plus accessible qu’on ne le croit. C’est là toute la force de ce livre. Si cette initiative résonne en vous, vous pouvez soutenir le travail de l’auteur, qui partage ce livre librement.

Et si ce monde était plus proche
qu’on ne le pense …

Prendre la parole sur le vivant : l’Inrae ouvre son kit pratique à tous

À l’heure où les enjeux liés au vivant – biodiversité, alimentation, climat, santé globale – s’imposent au cœur du débat public, la parole scientifique est plus attendue que jamais. Mais comment s’exprimer dans l’espace public sans simplifier à outrance, sans perdre en rigueur, ni brouiller la frontière entre science et opinion ? C’est à cette question essentielle que répond le kit pratique d’expression publique proposé par l’Inrae, désormais actualisé et ouvert à tous.

© INRAE

Objectif :
mieux armer celles et ceux qui expliquent le vivant.

Un enjeu démocratique : relier science et société

L’initiative s’inscrit dans une conviction forte : la diffusion des connaissances fait pleinement partie des missions de la recherche publique. Il ne s’agit pas seulement de produire du savoir, mais de le partager, de l’expliquer, et de contribuer à éclairer les décisions collectives.

l’expression scientifique doit être
claire, rigoureuse et transparente,
au service du dialogue avec la société.

Dans un contexte marqué par la défiance, les controverses et la circulation rapide d’informations parfois erronées, cette démarche vise à renforcer la confiance dans la parole scientifique et à améliorer la qualité du débat public.


Comment expliquer un résultat scientifique complexe dans un débat public ? Peut-on s’exprimer sur les réseaux sociaux en tant que chercheur ? Controverses et questions de société, dans la presse ou en ligne, les chercheurs et chercheuses sont sollicités par les médias pour partager leurs connaissances et éclairer les décisions publiques. Pour répondre à ces enjeux, l’Inrae a été précurseur, dès 2022, en publiant une charte d’expression publique accompagnée de fiches pratiques destinées à guider les prises de parole de ses personnels, scientifiques ou non. Un kit aujourd’hui accessible à tous.


Un guide concret pour les scientifiques… et au-delà

Initialement conçu pour les chercheuses et chercheurs de l’Inrae, ce kit devient un bien commun accessible à tous – scientifiques d’autres institutions, médiateurs, journalistes, voire citoyens engagés. Son ambition : offrir des repères pratiques pour naviguer dans des situations de prise de parole de plus en plus fréquentes et complexes :

  • interviews médias
  • interventions publiques
  • publications sur les réseaux sociaux
  • tribunes ou prises de position

Le kit ne se limite pas à des principes abstraits. Il propose des outils opérationnels, des fiches pratiques et des questions clés à se poser avant de s’exprimer.


Fiche 1 : La prise de parole, questions liminaires

Dire sans trahir : les principes clés de la parole scientifique

Au cœur du dispositif, une charte d’expression publique pose les fondamentaux :

1. Clarifier sa position

S’exprime-t-on en tant que chercheur, expert, citoyen ?
Éviter toute confusion est essentiel pour maintenir la crédibilité du discours.

2. Garantir la rigueur scientifique

Un message doit être :

  • sourcé
  • compréhensible
  • honnête sur ses limites et incertitudes

Mentionner ce que l’on sait… mais aussi ce que l’on ne sait pas, fait partie intégrante de la démarche scientifique.

3. Respecter l’éthique et l’indépendance

La prise de parole doit rester compatible avec les principes d’intégrité, de neutralité et d’objectivité, sans engager indûment l’institution .

4. Adapter le langage sans simplifier à l’excès

Rendre accessible ne signifie pas déformer.

Tout l’enjeu est de traduire la complexité du vivant sans la réduire.


Charte d’expression publique de l’Inrae


Une réponse aux défis contemporains du vivant

Si ce kit concerne l’ensemble des disciplines scientifiques, il prend une résonance particulière dans les domaines portés par l’Inrae : agriculture, alimentation, environnement, biodiversité. Ces sujets sont au cœur de transformations systémiques majeures :

  • transition agroécologique
  • sécurité alimentaire
  • changement climatique
  • santé des écosystèmes

Autant de questions où les savoirs scientifiques sont indispensables, mais aussi souvent débattus, contestés, voire instrumentalisés.

Dans ce contexte, mieux outiller la parole des scientifiques devient un levier stratégique pour :

  • éclairer les choix collectifs
  • éviter les polarisations simplistes
  • reconnecter les citoyens à la complexité du vivant

Fiche 2 – La prise de parole : timing et points de vigilance


Vers une culture partagée de la parole scientifique

Au-delà de l’outil, c’est une véritable culture de l’expression publique que l’Inrae cherche à promouvoir.

Une culture fondée sur :

  • la responsabilité
  • la pédagogie
  • le dialogue
  • et l’humilité face à la complexité du réel

En ouvrant ce kit à tous, l’institut contribue à faire émerger une nouvelle génération de scientifiques – et de citoyens – capables de prendre la parole dans l’espace public sans renoncer à l’exigence scientifique.


Fiche 3 – La prise de parole : 4 types de demandeurs


Une invitation à s’engager

Dans un monde où les crises du vivant appellent des transformations profondes, la question n’est plus de savoir si les scientifiques doivent s’exprimer… mais comment. Avec ce kit, l’INRAE apporte une réponse concrète :

mieux dire pour mieux relier.

Relier les savoirs aux décisions.
Relier la science à la société.
Relier, enfin, les humains au vivant.


Fiche 4 – Communication scientifique directe et nouveaux médias

Fiche 5 – Glossaire, notions et définitions

Fiche 6 – Boîte à outils

Quand les pollinisateurs disparaissent, le cycle de l’eau se dérègle ​avec des conséquences pour la Résilience des territoires, l’Agriculture et la Santé

Quel est le rôle des pollinisateurs dans le cycle de l’eau, la condensation locale et la stabilité hydrique des territoires ? L’article de Nicolas Camps s’appuie sur des références internationales solides (Science, PNAS, Nature Reviews Microbiology, FAO, IPBES, WHO Exposome, NASA, ESA) et montre comment la baisse des pollinisateurs réduit les noyaux de condensation biotiques, la pluie fine et l’humidité des sols chutent, les sols, les forêts et les mycéliums s’assèchent, le microbiome aérien s’effondre, et comment cela contribue directement à la hausse des allergies et de l’hyperréactivité immunitaire chez les enfants.

Nicolas Camps, Conseiller environnemental & rédacteur scientifique

Les pollinisateurs ne sont pas un enjeu de biodiversité, mais une véritable infrastructure hydrique et sanitaire.

L’article est structuré en 4 parties :  

  • 1. Pollinisateurs et condensation  
  • 2. Humidité et microbiome aérien  
  • 3. Le cycle de l’eau comme cycle biologique  
  • 4. Conséquences pour les territoires et la santé publique

​Quand les pollinisateurs disparaissent, le cycle de l’eau se dérègle ​

On parle souvent des pollinisateurs pour la seule reproduction des plantes. Pourtant, leur rôle dépasse largement la biologie florale : ils structurent physiquement le cycle de l’eau.​Ce n’est pas une intuition, mais un résultat convergent de la biogéochimie atmosphérique, de l’écologie fonctionnelle et de l’hydrologie.​

1. Les insectes : générateurs de noyaux de condensation biotiques​

Les travaux internationaux de référence démontrent que les particules issues du vivant, bactéries, spores, fragments organiques, constituent les meilleurs noyaux de condensation atmosphérique.

  • Morris et al. (Science, 2014) : Les bactéries et spores fongiques déclenchent la formation des gouttelettes de pluie.
  • ​Fröhlich-Nowoisky et al. (Nature Reviews Microbiology, 2016) : Les bioaérosols biotiques sont essentiels à la formation des pluies fines.​
  • Després et al. (Science, 2012) : Les particules biologiques dominent la nucléation dans les paysages préservés.
  • ​Andreae & Rosenfeld (PNAS, 2008) : Les écosystèmes riches en insectes produisent une condensation atmosphérique accrue.​

Le mécanisme :

Par leurs déplacements et leurs interactions constantes avec les fleurs, les sols et les mycéliums, les pollinisateurs génèrent et transportent ces particules vitales.

Constat : Moins d’insectes = moins de bioaérosols = moins de noyaux de condensation = moins de pluie.

2. Le lien direct entre pollinisation et humidité des sols

Les pluies fines, déclenchées par les bioaérosols, sont les seules permettant une recharge lente et efficace des sols. Elles maintiennent des fonctions critiques :

  • La porosité et la capacité d’infiltration.
  • L’activité mycélienne et la respiration microbienne.
  • La rétention hydrique profonde.

Les études du Max Planck Institute for Chemistry (Pöschl et al.) soulignent que les paysages pauvres en bioaérosols — et donc en insectes — subissent systématiquement :

  • Une chute des précipitations fines.
  • Une augmentation de la sécheresse superficielle.
  • Une perte irrémédiable de la structure des sols.

3. L’assèchement : un phénomène biologique avant d’être climatique

L’effondrement des populations de pollinisateurs entraîne une réaction en chaîne :

  • Chute des flux de particules biotiques.
  • Inhibition de la formation des micro-gouttelettes.
  • Disparition des pluies fines au profit d’épisodes brutaux ou de sécheresse.
  • Minéralisation des sols et assèchement des massifs forestiers.

Ce n’est plus seulement un « enjeu de biodiversité », mais un enjeu hydrologique majeur, documenté par les instances internationales :

  • IPBES (2019) : L’effondrement des insectes précipite celui des fonctions écosystémiques.
  • FAO (2022) : Les bioaérosols sont les garants de la stabilité hydrique locale.
  • NASA / ESA Sentinel : Corrélation spatiale directe entre baisse des insectes et baisse de l’humidité des sols.

Un territoire sans pollinisateurs n’est pas seulement un territoire sans fleurs.
C’est un territoire qui perd sa pluie,
son humidité et sa tenue.

Quand l’humidité disparaît, le microbiome aérien s’effondre

(Et l’immunité des enfants avec lui)

L’assèchement des sols et des forêts n’est pas seulement un phénomène hydrologique. C’est un phénomène microbien aux conséquences directes sur la santé humaine, particulièrement celle des plus jeunes.

Le consensus scientifique : Un milieu sec = un air pauvre en microbes régulateurs = un système immunitaire hyperréactif.

​1. Le microbiome aérien : un héritage de l’humidité

Les sols vivants et les forêts hydratées émettent en continu des bioaérosols régulateurs. La littérature scientifique établit un lien formel entre diversité environnementale et santé :

  • Hanski et al. (PNAS, 2015) : La diversité microbienne de l’environnement est le moteur de la tolérance immunitaire.
  • Pr. Rook (“Old Friends Hypothesis”) : Les microbes ancestraux de notre environnement sont indispensables à l’éducation de nos défenses.
  • Haahtela (The Lancet Planetary Health, 2020) : La perte de biodiversité entraîne une perte de microbes protecteurs et une explosion des allergies.
  • Fröhlich-Nowoisky et al. (Nature, 2016) : L’humidité et la végétation structurent la présence des bioaérosols dans l’air.

Composition de ce « bouclier » biologique :

  • Bactéries clés : Acinetobacter, Lactobacillus, Bifidobacterium.
  • Spores fongiques non pathogènes et fragments mycéliens.
  • Composés Organiques Volatils (COV) stabilisateurs.

2. Stress hydrique : la rupture du signal immunitaire

Lorsque les sols et les forêts s’assèchent,
la source de ces signaux se tarit.

Les travaux du Max Planck Institute for Chemistry démontrent que l’humidité est la variable physique qui maintient ces particules en suspension.

État du paysageÉmissions biologiquesImpact sur l’air
Sol humide & vivantBactéries, spores, mycéliumAir « éducateur », immunomodulateur
Sol sec & minéraliséPoussières inertes uniquementVide microbien, perte de signaux

Résultat : Une forêt sèche cesse d’émettre les terpènes et l’isoprène nécessaires à la stabilisation des aérosols microbiens. Le microbiome aérien s’effondre.

3. La vulnérabilité pédiatrique : l’apprentissage dans le vide

Les 3 premières années de vie
constituent la « fenêtre critique ».
Le système immunitaire doit apprendre
à distinguer le dangereux du neutre.

  • PASTURE Study (The Lancet, 2019) : L’exposition microbienne précoce réduit drastiquement l’asthme.
  • WHO Exposome Framework (2021) : 70 % des déterminants de notre immunité sont environnementaux.
  • EAACI (2022) : Un environnement pauvre en microbes génère une hyperréactivité.

L’allergie n’est plus une anomalie : c’est une adaptation ratée à un environnement biologiquement vide. Le système immunitaire, faute de « partenaires » microbiens, sur-réagit aux pollens, acariens ou aliments.

4. Synthèse des données : Un mécanisme global

Les observations relevées en France (Rennes, Montpellier, Strasbourg) corroborent les modèles internationaux :

  • Baisse de l’humidité → Raréfaction des microbes aéroportés.
  • Raréfaction microbienne → Hausse des pathologies inflammatoires.
  • Instabilité immunitaire → Augmentation des consultations pédiatriques.
  • L’assèchement n’est pas seulement une perte d’eau. C’est une perte de signaux vitaux et de tolérance biologique. Le microbiome aérien doit être considéré comme une véritable infrastructure de santé publique.

En résumé :

Quand l’humidité disparaît,
l’immunité des enfants se dérègle.

Le cycle de l’eau est un cycle biologique

Insectes, sols, mycéliums et forêts :
les co-régulateurs de l’humidité

Le cycle de l’eau est classiquement présenté comme un schéma physique passif : évaporation, condensation, précipitation, infiltration. Ce modèle est incomplet car il omet la dimension biologique, pourtant démontrée par plus de vingt ans de travaux internationaux.
L’eau ne circule pas seule : elle circule avec le vivant. Les insectes, les sols, les mycéliums et les forêts régulent directement l’humidité locale par des mécanismes biogéochimiques précis.

1. Les insectes : déclencheurs de la condensation atmosphérique

Les travaux de référence en biogéochimie atmosphérique démontrent que les particules issues du vivant sont les noyaux de condensation les plus efficaces pour la formation des nuages.

Références scientifiques :

  • Morris et al., Science (2014) ;
  • Després et al., Science (2012) ;
  • Fröhlich-Nowoisky et al., Nature Reviews Microbiology (2016) ;
  • Andreae & Rosenfeld, PNAS (2008).

Par leurs déplacements et leurs interactions avec la strate végétale et fongique, les insectes génèrent et transportent :

  • Des spores fongiques et des bactéries commensales.
  • Des fragments organiques et des composés volatils végétaux.

Ces particules biotiques déclenchent
la formation de micro-gouttelettes
et de pluies fines, indispensables
à la recharge lente des sols.

Conséquence : Sans insectes, la condensation chute et la pluie fine disparaît.

​2. Les sols vivants : réservoirs et usines à micro-aérosols

Un sol hydraté et poreux n’est pas qu’un réceptacle ; c’est un émetteur continu de particules biologiques (bactéries, spores, fragments mycéliens).

Selon la FAO (2022) et le Max Planck Institute for Chemistry :

  • Un sol vivant favorise activement la formation de nuages bas.
  • Un sol sec perd 70 à 90 % de ses émissions microbiennes.
  • La porosité et l’humidité sont les variables de contrôle de la production de bioaérosols.

3. Les mycéliums : réseaux de distribution et de rétention

Les champignons du sol assurent des fonctions hydrologiques majeures souvent ignorées :

  • Transport latéral : Redistribution de l’eau sur plusieurs mètres, même en période de stress hydrique (Boddy, Mycological Research ; Sheldrake, 2020).
  • Stabilisation : Maintien de la structure du sol et augmentation de la capacité d’infiltration.
  • Nucléation : Production de spores devenant des noyaux de condensation atmosphérique.

4. Les forêts hydriques : zones de condensation active

Au-delà de l’évapotranspiration, les forêts produisent des composés organiques volatils (terpènes, isoprène) qui stabilisent les micro-gouttelettes et augmentent la probabilité de pluie locale. Les données des programmes NASA (ECOSTRESS), ESA (Sentinel-5P) et NOAA confirment que :

  • Les forêts hydriques créent leurs propres conditions de condensation.
  • En cas d’assèchement, les émissions de terpènes chutent drastiquement.
  • Le stress forestier entraîne mécaniquement la disparition des pluies fines locales.

5. Synthèse : Une boucle de rétroaction biologique

Les données de l’IPBES (2019) et de la FAO (2022) mettent en évidence une réaction en chaîne :

  • Baisse des insectes → Raréfaction des bioaérosols.
  • Moins de bioaérosols → Chute de la condensation.
  • Moins de condensation → Disparition de la pluie fine.
  • Sols secs / Forêts stressées → Arrêt des émissions biologiques.

Ce cycle couplé démontre que l’effondrement du vivant entraîne inévitablement l’effondrement de la ressource en eau. Les insectes, les sols, les mycéliums et les forêts ne sont pas de simples « éléments de biodiversité » : ce sont des infrastructures hydriques vivantes.

Un territoire qui perd ses pollinisateurs perd sa pluie.
Et Un territoire qui perd sa pluie
perd sa tenue biologique et climatique.

Conséquences pour les territoires : Santé, Agriculture et Résilience

Les analyses précédentes établissent un fait scientifique majeur :

Le cycle de l’eau est un processus biologique dont les pollinisateurs constituent un nœud fonctionnel indispensable.

La disparition des insectes n’est donc pas un simple enjeu naturaliste, mais une crise structurelle touchant les piliers sanitaires, agricoles et politiques des territoires. Les conséquences directes suivantes sont documentées par les instances internationales de référence (IPBES, FAO, WHO, NASA, ESA, NOAA).

1. Santé publique : l’assèchement comme vecteur de dérèglement immunitaire

Le lien entre santé humaine et biodiversité microbienne est désormais établi par la recherche médicale :

  • WHO Exposome (2021) : 70 % des déterminants immunitaires sont d’origine environnementale.
  • Haahtela (The Lancet Planetary Health, 2020) : La perte de biodiversité entraîne une raréfaction des microbes protecteurs, provoquant une explosion des pathologies allergiques.
  • PASTURE Study (The Lancet, 2019) : Une exposition microbienne précoce est la condition d’une immunité stable.

Mécanisme de rupture : L’assèchement des sols et des forêts provoque l’effondrement du microbiome aérien. Privés de ces signaux biologiques, les enfants développent une hyperréactivité immunitaire (asthme, eczéma, intolérances).

Constat :

La crise immunitaire pédiatrique est intrinsèquement liée à la crise hydrique.

​2. Agriculture : érosion de la productivité et dégradation des sols

Les travaux de la FAO (2022) et du GIEC (WG2) démontrent l’interdépendance entre biologie et hydrologie agricole :

  • La pluie fine est la seule capable d’assurer une recharge lente et efficace des profils de sol.
  • Le stress hydrique induit une contraction des réseaux mycéliens, entraînant une chute mécanique de la fertilité.

L’effet cascade : Moins de pollinisateurs → moins de condensation biotique → moins de pluie fine → accélération de la sécheresse agricole.

Impact économique : Le coût de la disparition des insectes sur la structure des sols excède celui des sécheresses météorologiques classiques.

​3. Urbanisme : la ville comme zone d’air mort et piège thermique

Les relevés satellites (NASA ECOSTRESS, ESA Sentinel-5P) montrent que les zones urbaines pauvres en insectes et en végétation :

  • Perdent leur capacité de refroidissement par condensation locale.
  • Présentent une humidité relative trop faible pour maintenir un microbiome aéroporté sain.
  • Deviennent des îlots de chaleur et de concentration de pathologies respiratoires.

4. Résilience territoriale : la tenue hydrique comme infrastructure

La résilience d’un territoire repose
sur le maintien d’un système couplé
où le vivant soutient la ressource en eau :

  • Sols vivants et poreux.
  • Forêts hydriques fonctionnelles.
  • Réseaux mycéliens actifs.
  • Populations d’insectes stabilisées.

La NASA et la Convention sur la Diversité Biologique convergent : la résilience hydrique n’est pas une question de stockage mécanique (barrages, bassines), mais une question de dynamique biologique.

5. Implications politiques : l’insecte comme service public

Les données internationales imposent un changement de paradigme. Les politiques publiques doivent désormais considérer les pollinisateurs comme des infrastructures stratégiques :

  • Infrastructures hydriques : Garantes de la pluie fine et de la recharge des nappes.
  • Infrastructures de santé : Régulatrices de l’exposome microbien et des coûts hospitaliers.
  • Infrastructures climatiques : Acteurs de la régulation thermique locale.

L’effondrement des insectes n’est pas un sujet « écologique » périphérique ; il se situe au cœur de la stabilité hydrique et sanitaire des populations.

Un territoire qui perd ses insectes
perd sa pluie.
Un territoire qui perd sa pluie
perd ses sols.
Un territoire qui perd ses sols
perd sa santé.

La transition territoriale commence par la restauration de cette « Tenue » biologique : dans l’humidité des sols et dans les bioaérosols générés par le vivant.


Nicolas Camps, Conseiller environnemental & rédacteur scientifique

Nicolas Camps, Conseiller environnemental et rédacteur scientifique.

« J’analyse les dynamiques du vivant et les risques environnementaux pour accompagner entreprises et territoires. Concepteur du modèle Éco‑Unité, qui mesure et valorise les régulations écologiques dans les stratégies et bilans. Je produis des diagnostics clairs, des indicateurs fiables et des solutions reproductibles.« 

Lire aussi du même auteur

Les plantes aussi ont un microbiote, et il pourrait nous aider à réduire les pesticides

Les milliers de microorganismes qui vivent sur les feuilles des plantes sont encore peu connus mais pleins de potentiels pour accroître la croissance de ces dernières ou améliorer leur rendement, ou encore leur résistance au stress. À l’heure où l’utilisation des pesticides et des engrais de synthèse pose de plus en plus question, des alternatives efficaces doivent être trouvées. Parmi les solutions qui sont à l’étude, l’utilisation de produits d’origine naturelle, aussi appelés biosolutions, montre des résultats prometteurs. Un article de Mathilde Bouteiller et Guillemette Garry d’UniLaSalle pour The Conversation France

Plant de tomate, feuille de tomate avec du microbiote cultivable et empreinte de feuille sur boîte de Pétri. Fourni par l’auteur

Les microbes qui vivent sur les feuilles : un monde invisible essentiel à la santé des plantes

Par Mathilde Bouteiller et Guillemette Garry d’UniLaSalle

Les humains ne sont pas les seuls à être dotés de microbiotes. Les plantes aussi. Les milliers de microorganismes qui vivent sur leurs feuilles sont encore peu connus, mais pleins de potentiels pour accroître leur croissance ou améliorer leur rendement, ou encore leur résistance au stress.


À l’heure où l’utilisation des pesticides et des engrais de synthèse pose de plus en plus question, des alternatives efficaces doivent être trouvées. Parmi les solutions qui sont à l’étude, l’utilisation de produits d’origine naturelle, aussi appelés biosolutions, montre des résultats prometteurs.

Les biostimulants font partie de ces alternatives. Ils peuvent être de diverses origines et contiennent par exemple des extraits d’algues, des microorganismes, comme des champignons ou des bactéries, des extraits végétaux, des acides aminés… On les applique de multiples manières, en les pulvérisant sur les feuilles, en enrobant les graines ou directement dans le sol.

Ces produits fonctionnent en stimulant les processus biologiques naturels des plantes pour améliorer leur nutrition, leur croissance, leur rendement ou leur résistance au stress. Là où un engrais va apporter directement un élément nutritif (comme l’azote, le phosphore, le potassium) propice à la croissance des plantes et où un pesticide sera utilisé pour éradiquer les agresseurs des plantes, les biostimulants vont, eux, permettre à la plante d’augmenter ses propres capacités.

Les plantes aussi ont un microbiote – pourrait‑on s’en servir pour se passer de phytosanitaires ?
Les plantes et leur microbiote – tout comme les humains et leur microbiote –échangent du matériel génétique. En étudiant cette forme de communication entre les partenaires d’une symbiose, des scientifiques montrent comment les racines peuvent favoriser l’accès aux nitrates présents dans le sol – une ressource indispensable à la croissance des plantes. Ils et elles explorent aussi l’hypothèse que ce langage permette de lutter contre les pathogènes.
Les plantes sont en contact tellement étroit avec des microorganismes que l’on parle de symbiose, et qu’on ne peut envisager l’évolution des unes sans les autres. Gaudenis/Unsplash, CC BY

Quels sont les avantages à utiliser des biostimulants foliaires ?

Il existe ainsi plusieurs avantages à utiliser des traitements foliaires plutôt que des traitements au sol.

Premièrement, ces traitements ont une activité plus rapide puisque la solution va pouvoir agir directement sur le métabolisme de la plante, sans trop dépendre de l’environnement très complexe que représente le sol. De plus, les doses utilisées en traitement foliaire sont bien moins importantes que lors d’une application au sol, ce qui rend ces traitements moins onéreux.

Par ailleurs, il est fréquent d’appliquer ce type de traitement en association avec d’autres traitements foliaires (herbicide, fongicide), dont l’effet négatif semble contrebalancé par l’effet du biostimulant.

Comment l’ingéniosité des « plantes de service » peut aider à réduire les pesticides
Il existe chez les plantes des dizaines de mécanismes plus ingénieux les uns que les autres pour réguler naturellement les organismes qui s’attaquent aux cultures. S’appuyer sur ces alliés précieux est indispensable pour diminuer notre dépendance aux pesticides. Cela permet aussi de construire des systèmes agroécologiques plus résilients.
Utilisation de l’œillet d’Inde en plantation de canne pour réduire l’incidence des ravageurs aériens. François-Régis Goebel/Cirad UPR Aida, Fourni par l’auteur

Quelle est l’influence des biostimulants sur les microbiotes de la plante ?

Ce qui rend également les biostimulants particulièrement intéressants réside dans leur possibilité d’interagir avec le microbiote des plantes. Car les humains ne sont pas les seuls à vivre aux contacts d’une myriade de bactéries, de champignons, et autres microorganismes, qui exercent des fonctions importantes.

Les organismes présents dans les microbiotes de la plante comprennent :

  • des bactéries (microorganismes unicellulaires sans noyau) ;
  • des archées (microorganismes unicellulaires sans noyau formant un règne à part entière différent des bactéries) ;
  • des champignons pluricellulaires produisant du mycélium ;
  • des champignons unicellulaires (comme les levures) ;
  • des algues (végétaux unicellulaires) et des protistes (cellules unicellulaires non classifiables dans le règne animal, végétal ou fongique) ;
  • des virus et des bactériophages (virus qui attaque exclusivement les bactéries).

Chez les végétaux, ces microorganismes sont notamment présents au niveau des sols, des racines et des parties aériennes (tiges, feuilles, fruits et fleurs).

Les biosolutions ou les produits de lutte chimique vont être directement en contact avec ces microorganismes qui constituent le microbiote de la plante.

Plusieurs études ont déjà montré l’impact des biostimulants sur le microbiote au niveau des racines et du sol. Ces microorganismes du sol et des racines sont regroupés sous le nom de rhizosphère. Des biosolutions appliqués au sol sont, par exemple, capables de modifier les communautés microbiennes du sol, notamment en augmentant l’abondance en champignons mycorhiziens (champignons connus pour améliorer l’acquisition de nutriments par les plantes, qui favoriseraient la croissance et le rendement des cultures).

Malheureusement, à l’heure actuelle, peu d’études sur les microorganismes présents au niveau des parties aériennes des plantes, aussi appelés phyllosphère, sont recensées. Pourtant, nous savons que ces microorganismes exercent une activité globalement positive sur les plantes hôtes et qu’ils sont directement influencés par les produits appliqués sur les feuilles.

Fourni par l’auteur

Au sein de la phyllosphère, les microorganismes sont capables d’interagir entre eux ainsi qu’avec leurs plantes hôtes avec lesquelles ils entretiennent une relation symbiotique, c’est-à-dire une association biologique, durable et réciproquement profitable, entre deux organismes vivants.

De ce fait, ce microbiote joue un rôle important dans le développement et la nutrition des plantes. Par ailleurs, comme cela est observé pour le microbiote cutané chez l’humain, la présence de microorganismes sur la surface des parties aériennes permet à la plante de se protéger et de prévenir de l’attaque d’organismes pathogènes. Une étude montre par exemple que certains membres de la communauté microbienne des feuilles fournissent une protection significative contre un agent pathogène chez l’arabette des dames, une plante à fleur très commune en Europe.

Mais pour mieux comprendre toutes les potentialités des alliances bénéfiques qui se jouent au niveau des feuilles des plantes, point de mystère, il faut mieux les connaître, et les étudier.


Cultiver SANS PESTICIDES c’est possible ?

À l’occasion de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, une étude coordonnée par l’INRAE, en collaboration avec l’Ecole d’Ingénieurs de PURPAN et le CIRAD, montre qu’il est possible de cultiver sans pesticides, que c’est faisable, à la fois techniquement et économiquement. Ces résultats s’appuient sur 10 ans d’expérimentation menés sur 9 systèmes de culture, en grandes cultures et en polyculture-élevage, conçus en lien avec des conseillers agricoles et des agriculteurs au sein d’unités expérimentales.

L’étude montre que cultiver sans pesticides est réalisable sous certaines conditions :

  • diversifier les cultures
  • développer des filières de commercialisation adaptées
  • valoriser économiquement les produits issus de ces systèmes.

Dans un contexte de transition écologique et de préservation de la biodiversité, ces résultats ouvrent des perspectives concrètes pour concevoir des systèmes agricoles plus autonomes, plus résilients et moins dépendants des intrants chimiques. Pour l’INRAE, un accompagnement adapté pour diffuser plus massivement ces pratiques et un soutien des politiques publiques sont nécessaires.


Étudier la phyllosphère

Pour étudier les microbiotes, on analyse généralement l’ADN des microorganismes.

La métagénomique est une méthode d’analyse fondée sur la technique de séquençage des ADN (déterminer la séquence des bases de tous les gènes du génome) d’un environnement donné. Avec cette méthode, l’étude des microorganismes prédominants dans un milieu spécifique est possible grâce à l’identification de ces microorganismes, en comparant leurs séquences avec des séquences de microorganismes déjà identifiés dans des bases de données appelées BLAST. Avec la métagénomique, on peut également connaître les fonctions que jouent ces microorganismes. Ces techniques, très à la mode, sont utilisées puisqu’elles présentent l’avantage de ne pas être basées sur la mise en culture de microorganismes parfois très difficile voire impossible.

Cependant, les études basées sur l’ADN ne permettent pas de distinguer l’ADN de microorganismes morts ou vivants et de savoir si ces microorganismes sont actifs. Au sein du laboratoire AGHYLE, le microbiote de la phyllosphère est donc étudié en parallèle par la mise en culture de certains microorganismes sur boîte de Pétri, bien que ces derniers ne représentent que quelques pourcents du microbiote total.

Les bactéries obtenues et isolées de la phyllosphère présentent généralement une grande diversité de couleur, de texture et d’aspect. La coloration permet aux microorganismes de mieux résister aux UV, ce qui est un avantage sélectif, car ils doivent être capables de résister aux rayons du soleil à la différence de ceux de la rhizosphère. Certaines bactéries forment des colonies très mucoïdes (grasses) ce qui les rendent également plus résistantes à la sécheresse.

Fourni par l’auteur

Plusieurs études indiquent que des microorganismes provenant de la phyllosphère présentent des activités bénéfiques pour les plantes. Par exemple, sur la phyllosphère, les bactéries Methylobacterium sont reconnues pour stimuler la croissance des plantes et les protéger des bioagresseurs.

D’autres bactéries isolées de la phyllosphère de la tomate, comme Bacillus velezensis 83, sont également dotées de capacité de stimulation de la croissance des plantes et de protection des cultures.

Au sein du laboratoire, nous avons identifié des bactéries et les champignons isolés de la phyllosphère de la tomate Solanum lycopersicum (variété MicroTom) et du maïs (Zea mays L. variété DATABAZ). En comparant les séquences d’ADN obtenues avec une banque de données internationales (BLAST), nous avons pu identifier le genre et parfois aussi l’espèce de ces microorganismes et vérifier qu’ils s’agissaient bien de microorganismes connus et provenant de la phyllosphère.

Parmi les microorganismes identifiés, plusieurs sont connus dans la littérature et pourraient appartenir aux bactéries ou aux champignons promoteurs de la croissance des plantes et/ou présenter des effets de biocontrôle. D’autres ne sont que partiellement identifiés, et nous ne pouvons donc pas encore savoir s’ils sont bénéfiques ou pathogènes.

Fourni par l’auteur

Bien qu’il soit possible d’utiliser directement des bactéries ou des champignons isolés de l’environnement naturel pour booster la croissance et la protection des plantes, la colonisation et la capacité des microorganismes à fonctionner en champ reste difficile à prévoir.

De plus, le stockage de microorganismes est bien plus compliqué que ne l’est un biostimulant. Dans ce sens, le développement de solutions agissant directement sur les microorganismes déjà présents sur les plantes, reste une alternative prometteuse pour l’agriculture. Ainsi, pour tester des biostimulants de manière peu onéreuse et rapide, nous réalisons au laboratoire des tests in vitro (en boîte de Pétri) sur les microorganismes de la phyllosphère. Le développement des microorganismes est suivi au cours du temps et la morphologie du développement bactérien et mycélien est observée.

Fourni par l’auteur

Dans la figure ci-dessus, on observe l’effet d’un biostimulant foliaire sur un champignon, isolé de la phyllosphère du maïs. Bien que la taille du mycélium ne semble pas impactée, la présence du biostimulant semble affecter le champignon. Mais plusieurs questions restent en suspens : est-ce que ce biostimulant induit la même chose chez tous les microorganismes de la phyllosphère ? Ne va-t-il pas stimuler la croissance d’organismes pathogènes ?

Ces résultats préliminaires offrent des perspectives intéressantes, mais doivent encore être approfondis.

Mathilde Bouteiller, Chargée de recherche en microbiologie & biologie moléculaire de l’unité AGHYLE, UniLaSalle et Guillemette Garry, Enseignante chercheure en biologie option phytopathologie, associée à l’Unité de recherche Aghyle, UniLaSalle


Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Faut‑il encore faire des pesticides l’alpha et l’oméga de la protection des cultures ? Les exemples du Brésil et de la France
Si les pesticides ont longtemps assuré la protection des cultures, leurs effets délétères sont aujourd’hui largement documentés. Réduire cette dépendance est devenu une urgence sanitaire, environnementale et économique. Les stratégies de lutte contre les ravageurs intègrent aujourd’hui de nouvelles techniques innovantes. L’analyse de la situation en France et au Brésil livre un éclairage croisé sur cette question.
Des cultures intermédiaires, telles que le mil ou le sorgho entre les cultures de soja (en photographie, ici), aident à réduire la dépendance de l’agriculture aux pesticides. Soru Epotok/Shutterstock

Comment engager les équipes dans la stratégie RSE de l’entreprise ?

RSE en entreprise : 43 % des actifs français n’en ont jamais entendu parler selon une étude de la Chaire Impact Positif d’Audencia. Alors que les entreprises multiplient les engagements environnementaux et sociaux, la mobilisation des salariés reste encore limitée. Ils ont une perception très contrastée de la transition écologique et sociale dans les entreprises françaises : seuls 17 % se disent engagés, tandis qu’une large majorité reste encore en attente d’actions concrètes et de conditions favorables pour passer à l’action.

Les freins structurels majeurs à la prise en compte des enjeux RSE par les entreprises

Selon une étude nationale menée par la Chaire Impact Positif d’Audencia avec l’ObSoCo auprès d’un échantillon représentatif de 1 090 actifs français, près d’un tiers se montre réfractaire à la RSE au sein de leur entreprise ! Une autre donnée interpelle : 43 % des actifs déclarent n’avoir jamais entendu parler de la RSE.  A l’inverse, seuls 17 % des salariés se déclarent réellement engagés !

Entre manque de connaissance, attentes fortes et perception d’un engagement encore insuffisant des entreprises, la RSE apparaît aujourd’hui comme une transformation en tension, tiraillée entre conviction et attentisme.

Une RSE encore largement méconnue dans le monde du travail

Un premier constat clair – et surprenant – se dégage de cette nouvelle étude :

la RSE reste un concept flou pour une grande partie des actifs.

Une faible connaissance de la RSE
  • 43 % des actifs déclarent n’avoir jamais entendu parler de la RSE
  • Seul 35% disent connaître le sujet
  • Surtout, 13% seulement des salariés estiment que leur entreprisea fortement intégré ces enjeux. Cette méconnaissance contribue à un décalage entre les stratégies de transformation des entreprises et leur perception par les collaborateurs.

Pour une majorité d’actifs, la transition reste encore abstraite. Ainsi, 63 % estiment que l’intégration des enjeux écologiques et sociaux n’aura aucun impact ou seulement des effets mineurs sur leur entreprise dans les années à venir.  Près de 4 actifs sur 10 (39 %) ne savent pas si ces évolutions représentent une opportunité ou une contrainte, révélant une difficulté à se projeter dans ces transformations.

Des salariés prêts à agir… mais à certaines conditions

L’étude met en évidence une segmentation nette des salariés face à la transition :

  • 17 % engagés
  • 38 % sensibilisés mais encore passifs
  • 29 % réfractaires
  • 16 % non concernés par le sujet dans leur vie professionnelle
La RSE n’est pas perçue comme stratégique pour la majorité des répondants, mais…

Concrètement, la majorité des salariés ne rejette pas la transition mais attend des incitations plus claires pour s’impliquer. Les attentes sont également bien précises : des outils pour agir (23%), et du temps dédié (22 %) pour intégrer ces enjeux dans leur activité professionnelle. Offrir une réelle marge de manœuvre pour intégrer la stratégie RSE dans l’activité des salariés apparaît ainsi essentiel.

Une faible connaissance de la RSE

Maintenir le cap de la transformation

Désormais, le principal défi des entreprises consiste à transformer les salariés “sensibilisés” en acteurs de la transition, en rendant la RSE plus concrète et plus opérationnelle dans les métiers.

Comme le souligne Florence Touzé-Rieu, professeure à Audencia et titulaire de la Chaire Impact Positif :

« La transformation RSE ne se heurte pas à un rejet massif, mais plutôt à une forme d’attentisme. La majorité des salariés est sensibilisée mais manque d’outils et de repères pour passer à l’action ».

Dans un contexte d’incertitude économique et politique, cette étude invite les entreprises à maintenir leurs engagements tout en renforçant l’accompagnement des équipes – une condition clé pour accélérer la transformation – pour ancrer davantage la RSE dans le quotidien.

Niveau d’engagement des salariés en faveur des transitions et leviers selon l’implication actuelle

Enfin, un constat positif s’impose : la qualité de l’accompagnement reste le premier moteur de l’engagement. Avec 48 % de salariés engagés dans les entreprises exemplaires — soit plus du triple des autres — le lien entre modalités d’embarquement efficaces et réussite du changement est indéniable.

L’engagement des salariés minoritaire dans les transitions et un accompagnement jugé insuffisant

Rapport complet Engager les équipes dans la stratégie RSE

Lire aussi les précédents rapports d’Audencia

Ma commune demain, la nature comme solution : 4 notions clés et exemples concrets pour débuter le nouveau mandat

Les Agences Régionales de la Biodiversité (ARB) ont doté leur réseau d’un logo et publié un dépliant « Ma commune demain, la nature comme solution », destinée aux décideurs publics. Alors élus ou futurs élus aux élections municipales, voici 4 notions clés et exemples concrets de l’ARB Bourgogne-Franche-Comté pour inspirer votre nouveau mandat 2026-2032 : santé, sécurité, attractivité et alimentation.

C’est le moment de répondre aux attentes des citoyens avec des projets concrets.

89 % des Français soutiennent
la création d’espaces verts et la protection des zones naturelles


(source : Ifop / Réseau Action Climat)

La préservation de la biodiversité n’est plus une option, c’est une attente citoyenne majeure. Mais par où commencer en début de mandat ?

Dans le dépliant « Ma commune demain, la nature comme solution », une ressource conçue par le Réseau des Agences Régionales de la Biodiversité, avec le soutien de l’Office français de la biodiversité et Régions de France, 4 notions sont abordées : santé, sécurité, attractivité et alimentation avec des réponses aux idées reçues, exemples concrets et chiffres clés.


Fête de la Nature

Agir pour la biodiversité, c’est aussi agir pour :

1 – la santé

AGIR POUR LA SANTÉ DES HABITANTS

La perte de biodiversité impacte directement la vie quotidienne et la santé des habitants. L’eau et la nature sont nos alliées et offrent des solutions à mettre en œuvre pour des territoires résilients.

  • Conserver la végétation existante permet d’apporter plus d’ombre et de fraîcheur.
  • Désimperméabiliser (retrait du bitume, création de surfaces végétales) permet à l’eau de s’infiltrer, d’alimenter les plantes et réduit les îlots de chaleur.
  • Multiplier les espaces verts et les gérer favorise le bien-être et crée du lien social.
  • Réduire l’éclairage nocturne respecte le rythme de la faune et celui du sommeil humain.

Ilots de fraicheurs, gestion des eaux pluviales, risques allergiques, accès aux espaces verts …

L’évapotranspiration
d’1 arbre sur 1 journée rafraîchit autant que
5 climatiseurs allumés pendant 20h

(Building Green, a guide to using plants on roofs, walls and pavements, Greater London Authority, 2004).

2 – La sécurité

AGIR POUR LA SÉCURITÉ DES HABITANTS

Face au changement climatique, la nature est source de solutions. La hausse des températures dérègle les pluies (plus intenses ou irrégulières) et accentue les périodes de sécheresse.

  • Végétaliser et désimperméabiliser grâce aux couverts végétaux, haies et arbres pour freiner le ruissellement et limiter l’érosion.
  • Gérer durablement les forêts (âges et essences diversifiés) et reboiser les versants dégradés de montagne maintient leur fonction de protection contre les aléas gravitaires.
  • Adapter le littoral face à l’augmentation du niveau de la mer (20 cm depuis 1900) et au recul du trait de côte qui concerne 20 % des côtes françaises et accentue les risques d’érosion et de submersion alors que les zones côtières jouent un rôle de barrière naturelle et de puits de carbone.

Diminution des risques d’inondations, amélioration de la qualité de l’eau ….

Préserver une zone humide coûte 5 fois
moins cher que de compenser la perte
de ses services : filtration, épuration…

(CGDD, 2010).

3 – L’attractivité

AGIR POUR L’ATTRACTIVITÉ DU TERRITOIRE

En valorisant la nature, les communes renforcent leur cadre de vie et leur identité. Elles soutiennent l’économie et créent du lien social.

  • Favoriser les jardins partagés, vergers communaux ou espaces de convivialité végétalisés.
  • Impliquer ses citoyens via des animations participatives (Atlas de la biodiversité communale…).
  • Orienter les entreprises vers une gestion foncière adaptée.
  • Valoriser ses actions à travers l’intégration de dispositifs (Territoires engagés pour la nature…).

Végétalisation des centre-bourg, tourisme durable, projets participatifs …

Les côtes, montagnes, rivières et forêts sont des attractions majeures pour les touristes du monde entier, et offrent des possibilités de
pratiques sportives et de loisirs en nature exceptionnelles.

(ONU Tourisme).

4 – L’alimentation

AGIR POUR UNE ALIMENTATION DURABLE

Face aux enjeux de santé, à la dégradation de nos modes de consommation, des sols et de la qualité de l’eau, préserver la biodiversité, c’est proposer une meilleure alimentation aux habitants tout en contribuant à l’économie du territoire et à la souveraineté alimentaire.

  • Appliquer la loi Egalim (2018) sur la commande publique en produits locaux de qualité, notamment biologiques, pour la restauration collective.
  • Intégrer les enjeux biodiversité dans son Projet Alimentaire Territorial (PAT) pour coordonner une politique alimentaire durable.
  • Soutenir les pratiques agroécologiques en facilitant l’accès au foncier privé ou communal, en mettant en place des baux ruraux environnementaux ou des Obligations Réelles Environnementales.
  • Développer l’agriculture urbaine dans les projets d’aménagement pour des actions de sensibilisation.

Soutien des pratiques agroécologiques, développement de l’agriculture urbaine, restauration collective….

Le soutien à l’agriculture bio coûte 28 fois moins cher que la dépollution de l’eau liée aux pratiques agricoles polluantes

(Générations futures, 2017).

Exemple d’action : Végétaliser les pieds d’arbre urbains

Guide technique de conception écologique

Plante & Cité publie le guide technique de conception écologique « Végétaliser les pieds d’arbre urbains » en partenariat avec l’Office français de la biodiversité et l’Interprofession VALHOR. Il vise à accompagner les aménageurs et gestionnaires dans la végétalisation des pieds d’arbre, en intégrant les principes de conception et gestion écologique.

Les pieds d’arbre végétalisés englobent une diversité d’aménagements aux fonctionnalités variées, tant en matière de préservation des sols, que d’accueil de la biodiversité et de gestion des eaux pluviales. Leur végétalisation contribue à améliorer le cadre de vie urbain tout en favorisant le développement de l’arbre.

Le programme Conception et gestion écologique des pieds d’arbre (COGEP), porté par Plante & Cité (2021-2025), s’est attaché à mieux comprendre les fonctions associées à ces milieux et à approfondir les paramètres en faveur d’une conception et d’une gestion différenciée.

  1. La première partie de ce document présente les principes fondamentaux d’une conception écologique des pieds d’arbre, en y intégrant la question des sols, de l’eau, de la faune et de la flore. Elle s’appuie sur une partie des résultats issus des phases d’observation, d’enquête et d’expérimentation menées dans le cadre du programme COGEP.
  2. La seconde partie propose différents moyens d’action, sous la forme de fiches, pour améliorer la conception et la mise en œuvre des pieds d’arbre au sein des villes.

Quelles fonctions rendues ? Retours d’expériences

Végétaliser les pieds d’arbre en ville permet d’assurer de nombreuses fonctions environnementales complémentaires à celles apportées par la strate arborée. Parmi les fonctions envisagées, on peut citer l’amélioration de l’aménité paysagère, l’attrait d’une certaine biodiversité et l’amélioration de la capacité d’infiltration de l’eau dans le sol. Malgré ces bénéfices, les aménagements de type accompagnement de voirie sont parfois contraints en termes d’espaces et de pression urbaine (piétinement, vandalisme).

Ce recueil présente sept aménagements intégrant une végétalisation des pieds d’arbre en accompagnement de voirie. Ces retours d’expériences sont le fruit d’un travail d’observation sur le terrain couplé à une démarche de consultation auprès du gestionnaire du site. Ces retours d’expériences présentent des situations contrastées, autorisant une expression plus ou moins importante des fonctions environnementales associées aux espaces verts urbains. Ils mettent en lumière les bénéfices associés à la mise en œuvre de couverts végétalisés eaux pieds d’arbre d’alignement.

Les protocoles suivants ont été appliqués pour l’observation des paramètres biologiques :

  • Protocole SPIPOLL (www.spipoll.org) pour la diversité des pollinisateurs et des auxiliaires de culture
  • Protocole bèche pour l’identification des communautés de vers de terre
  • Protocole Qubs (www.qubs.fr) pour le test des pièges Barber

Dépliant « Ma commune demain, la nature comme solution »

Les Agences Régionales de la biodiversité en France

  • Agence normande de la biodiversité et du développement durable (ANBDD) site
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Occitanie, site
  • Agence bretonne de la biodiversité (ABB), site
  • Agence régionale de la biodiversité et de l’environnement (ARBE) Provence-Alpes-Côte d’Azur, site
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Île-de-France, site
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Centre-Val de Loire, site
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Bourgogne Franche-Comté, site
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Hauts de France,site
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Îles de Guadeloupe, site 
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Nouvelle Aquitaine, site
  • Agence régionale de la biodiversité (ARB) Île de la Réunion
Réseau des Agences Régionales de la Biodiversité

Bonheur national brut : 9 domaines pour l’évaluation holistique des conditions sociétales du bonheur

9 domaines sont mobilisés au Bhoutan pour approcher les conditions du bonheur collectif et remplacer la quête insensée de croissance infinie PIB par celle de l’épanouissement humain avec le Bonheur national brut. Qu’est-ce que le BNB ? Pourquoi apporte-t-il plus de bonheur ? Quand le Bhoutan nous interpelle, le Bonheur national brut est un nouveau paradigme de développement à découvrir en livre, BD, vidéo et le Centre BNB France

L’avis d’expert de Gabriel Malek Président Alter Kapitae, Auteur et Chercheur associé au Collège des Bernardins

En 2008 au Bhoutan, lors de l’instauration de la démocratie parlementaire un principe inédit fut gravé dans la Constitution : que l’idée de bonheur guide l’action politique !

Pour formaliser ce qui allait devenir le Bonheur National Brut, une vaste enquête a parcouru les 20 régions du pays pour comprendre les valeurs et besoins des citoyens, avec des questions comme :

  • Comment définiriez-vous la qualité de l’eau que vous consommez ?
  • Récemment, avez vous entretenu des relations sociales avec vos voisins
  • Y-a t-il des terres que vous ne cultivez pas à cause des animaux sauvages ?

    Une fois ces données de terrain récoltées, la Commission du Bonheur National Brut prend le relais, planifie et évalue les politiques publiques selon les neuf domaines pour garantir que chaque mesure renforce le bien-être collectif.

    Si la mise en place du BNB n’est pas parfaite, elle a le grand mérite de proposer une voie alternative plaçant l’humain et ses besoins au centre du jeu, au lieu de continuer une course effrénée aux marchandises qui conduit à la ruine.

C’est quoi le BNB ?

« Le Bonheur National Brut », le livre

Le livre « Le Bonheur National Brut » est sorti fin novembre 2022. Il a été écrit par le Dr Ha Vinh Tho, qui a dirigé le programme BNB au Bouthan et déployé ensuite le BNB au Vietnam, en Suisse, avec le Centre BNB France, et dans de nombreux autres pays.

Ha Vinh Tho nous initie aux fondamentaux du BNB, aux pratiques de pleine attention et d’intelligence collective du BNB. Il présente de nombreux retours d’expérience issus de grandes entreprises, de collectivités locales, d’écoles et d’universités qui ont mis en œuvre le BNB.

C’est aussi une invitation à nous mettre individuellement en action, car « il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur c’est le chemin » (Thich Nath Hanh)

Au sommaire

  1. Préface de Mathieu Ricard
  2. Pourquoi le Bonheur National Brut ?
  3. Le BNB, un nouveau paradigme de développement
  4. Les compétences au bonheur
  5. La mise en oeuvre du BNB : sur le plan personnel, dans le cadre éducatif, dans les hautes écoles, en entreprise, en politique

L’auteur, le Dr Ha Vinh Tho

Dans cette vidéo, Ha Vinh Tho présente les principes, pratiques et retours d’expérience du BNB, une somme de connaissances et de ressources que son livre permet de retrouver dans un autre format.

Bonheur national brut : voyage au bhoutan la BD

ccfd-terresolidaire.org

Pourquoi le BNB apporte-t-il plus de bonheur ?

Le BNB est un changement de paradigme car il propose une vision plus large du bien-être que le PIB : développement durable, bonne gouvernance, changement de mentalités. Cette vision est plus large car elle va au delà de l’économie et s’intéresse à tout ce qui fait la qualité de la vie.

  • Un développement plus durable attentif à l’équité et à l’environnement
  • Une bonne gouvernance plus centrée sur les citoyens
  • Un changement de mentalités : Valeurs de solidarité, pleine conscience, consommation responsable, sens de la vie

Les 2 philosophies du bonheur

Il y a 2 philosophies principales du bonheur non exclusives

  • L’hédonisme centrée sur la recherche du plaisir immédiat
  • L’eudémonisme plutôt centrée sur la recherche plus durable d’une vie bonne

Le BNB s’apparente plutôt à la 2ème

Quand le Bouthan nous interpelle : le BNB, un nouveau paradigme de développement

Avec le BNB, un monde plus heureux est possible !

Plus d’équité économique
Plus de valorisation
de notre diversité culturelle

Plus de bonne gouvernance
Plus de respect du Vivant

Comment est-ce possible?

Par des changements profonds

1. D’abord de nos pratiques individuelles

2. Ensuite de nos pratiques collectives

Théorie  

Ouvrir esprit, cœur, volonté pour résoudre des problèmes complexes

Gouvernance Partagée 

L’art de décider ensemble

Évaluer et gérer ses priorités 

Changer d’indicateurs pour passer du PIB à ceux des 9 domaines du bonheur BNB

Témoignage de Jean-Marc

Association CENTRE BNB FRANCE

La Pérennité Programmée Circulaire et les 4R (Réinventer, Réduire, Rallonger, Recycler) pour façonner une industrie circulaire robuste

Pour Fabrice Bonnifet, Président du C3D et de GenAct, Auteur de la préface du Livre « FAÇONNER UNE INDUSTRIE CIRCULAIRE ROBUSTE« , « la Pérennité Programmée Circulaire (PPC) est le système qui va sauver le monde ! » aux Éditions Management & Société. Cet ouvrage propose un modèle systémique d’industrialisation de la circularité, fondé sur le Lean 4R (Réinventer, Réduire, Rallonger, Recycler) et la Pérennité Programmée Circulaire®. Et 24 études prospectives sur de grandes entreprises précisent des perspectives prometteuses pour une transition économique pérenne.

Présentation de l’ouvrage par les Éditions EMS

ALAIN FERCOQ | CHRISTIAN BRUÈRE | MAXENCE DENU

Livre en précommande, parution le 9 avril

Depuis les années 1990, le Lean Management1 s’est imposé pour renforcer la compétitivité et l’agilité des entreprises en visant une « gestion sans gaspillage »

L’économie circulaire offre une alternative durable au modèle linéaire “extraire, produire, jeter”. Au cœur de cette démarche pour la protection de l’environnement se trouve la règle des 4R : Réduire, Réutiliser, Réparer, Recycler. Elle peut même s’accompagner d’un cinquième principe : Rendre à la terre. Adopter chaque “R” au sein de son entreprise nécessite de déployer des actions RSE concrètes avec des objectifs clairs : réduction des déchets et des emballages plastiques, sensibilisation au gaspillage, utilisation de matériaux recyclés et réutilisation des produits, tri et recyclage des déchets, etc.

Aujourd’hui, face au dérèglement climatique et aux tensions sur les ressources, la circularité devient un levier stratégique de sobriété et de décarbonation, mais aussi, et c’est là tout l’enjeu, un puissant vecteur de compétitivité, de souveraineté et de robustesse financière pour les entreprises qui s’y engagent résolument.

Cet ouvrage propose un modèle systémique d’industrialisation de la circularité, fondé sur le Lean 4R (Réinventer, Réduire, Rallonger, Recycler) et la Pérennité Programmée Circulaire®, nourri de recherches, de vingt-cinq témoignages d’industriels et d’experts, et du cas exemplaire de Mob-ion.


Cet épisode nous plonge dans l’univers de la mobilité durable, de l’écoconception et de l’industrie circulaire avec Christian Bruère, entrepreneur engagé et cofondateur de Mob-ion, constructeur français de scooters électriques de proximité. Il a inventé la pérennité programmée. À l’opposé de l’obsolescence programmée, ce concept repose sur une conception robuste, démontable et circulaire, qui prolonge la vie des composants au maximum — certains jusqu’à 50 ans !

Christian dévoile les dessous d’une résilience entrepreneuriale rare : après avoir frôlé la liquidation, Mob-ion a été sauvé par un collectif d’ingénieurs Arts & Métiers et soutenu par le réseau CEC (Convention des Entreprises pour le Climat). Un nouvel élan pour accélérer cette révolution industrielle au service du vivant.


Par ailleurs, vingt-quatre études prospectives sur de grandes entreprises précisent des perspectives prometteuses, quant à l’application de ce cadre méthodologique innovant pour une transition économique pérenne.

L’avis de Fabrice Bonnifet

« Rendre plus durable l’économie, c’est-à-dire compatible avec les limites planétaires, tout en maintenant une approche linéaire avec des volumes croissants de production est aussi improbable que d’essayer de convertir un lion au véganisme. Croire que nous allons pouvoir avec de l’efficacité énergétique et des artefacts technologiques dopés à l’IA, fussent-ils alimentées par des énergies renouvelables, découpler la croissance des pressions exercées par les activités humaines sur le système Terre relève d’une pensée simpliste.

Définir ce qui est souhaitable, tout en limitant la production de l’essentiel, est la seule solution pour rendre l’économie durable, tant que la planète sera ronde !

Le livre « Façonner une industrie circulaire » explique enfin comment déployer une économie prospère au service des intérêts stratégiques de nos entreprises. »

Avec la Pérennité Programmée Circulaire les entreprises :

  • ▶️ génèrent du cash en produisant moins, car c’est l’usage de produits robustes qui est commercialisé. C’est la production qui pollue le plus, nous devons donc allonger la durée de vie des produits et intensifier leur usage et pour cela nous devons les maintenir, les réparer, les remanufacturer et enfin les recycler.
  • ▶️ adoptent des règles comptables d’amortissements différenciées en fonction de la nature de leurs composants. C’est la seule façon de sortir de l’extractivisme propre à l’économie linéaire écocide. Rappelons que l’Europe importe plus de 95% de ses ressources fossiles et minérales et cela participe au déficit de notre balance commerciale, la PPC est également un enjeu de souveraineté et de compétitivité.
  • ▶️ s’appuient sur une nouvelle classe d’actifs matériaux et équipements qui va accroître leur solidité de leur bilan et ainsi leur permettre d’accéder à des financements plus avantageux.
  • ▶️ dégagent des marges de manœuvres financières pour investir dans la restauration du capital naturel, le seul qui garantit la durabilité des organisations.

    « Ce livre passionnant et réellement utile montre que pour adresser les défis qui nous font face, la véritable innovation ne sera pas technologique, elle sera culturelle. Avec la PPC, la transition va pouvoir enfin sortir des vœux pieux pour entrer dans le concret. Merci aux auteurs !« 

Sommaire

Les auteurs

Alain FERCOQ

Alain FERCOQ est directeur du Mastère Spécialisé Manager de la Performance Industrielle à l’ENSAM (Arts & Métiers) et directeur Excellence Opérationnelle chez Spinpart.

Christian BRUÈRE

Christian BRUÈRE, co-fondateur de Mob-ion et créateur de la Pérennité Programmée Circulaire®.

Extrait de l’ouvrage

EnvironmentGPT : l’IA du Programme des Nations Unies pour l’Environnement

EnvironmentGPT est un nouvel outil d’Intelligence Artificielle développé par UNEP World Environment Situation Room pour rendre les connaissances environnementales plus accessibles que jamais. Cette plateforme gratuite, alimentée par l’IA, permet aux utilisateurs de poser des questions sur le changement climatique, la biodiversité, la pollution et la santé globale de notre planète, en s’appuyant sur des données et évaluations environnementales mondiales fiables. L’occasion de prendre connaissance des derniers rapports annuels 2025 du PNUE : activités, écarts entre besoins et perspectives et l’état des finances pour la nature 2026.

EnvironmentGPT, le ChatGPT de l’intelligence environnementale

Si EnvironmentGPT ressemble à ChatGPT pour l’intelligence environnementale, il aide à traduire des informations environnementales complexes en informations accessibles pour les décideurs, chercheurs, étudiants et toute personne préoccupée par l’avenir de l’humanité sur notre planète.

La version Beta d’EnvironmentGPT est en anglais uniquement.

Rapport Annuel 2025 du PNUE

Notre planète. Notre mission.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) nous rappelle dans son rapport 2025 que notre planète fait face à une triple crise : climat, biodiversité et pollution. Malgré quelques progrès, les engagements actuels nous placent encore sur une trajectoire de réchauffement autour de +2,5 °C.

Partout dans le monde, des initiatives émergent pourtant : restauration d’écosystèmes, lutte contre la pollution plastique, transition vers des économies plus sobres. Le rapport souligne que la transformation de grands systèmes — énergie, alimentation, finance ou production de matériaux — pourrait changer la trajectoire.

Le message est clair : protéger le vivant n’est pas seulement une urgence écologique, c’est aussi une opportunité économique, sociale et sanitaire majeure pour les sociétés humaines.

L’avenir se construit ensemble

Inger Andersen
Directrice exécutive du PNUE

Rapport 2025 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements climatiques

Dans un contexte de hausse des températures mondiales et d’intensification des impacts climatiques, le rapport 2025 du PNUE sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’adaptation aux changements climatiques, Adaptation Gap Report 2025: Running on Empty, révèle qu’un déficit considérable de financement de l’adaptation pour les pays en développement met en danger des vies, des moyens de subsistance et des économies entières.

Tourner à vide

Le monde se prépare à la résilience climatique, mais sans les moyens financiers nécessaires pour y parvenir

Résumé analytique

Rapport 2025 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions

Le Rapport de 2025 du PNUE sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions : À côté de la cible (Emissions Gap Report 2025: Off Target), révèle que les nouveaux engagements climatiques disponibles dans le cadre de l’Accord de Paris n’ont permis de réduire que légèrement la hausse prévue de la température mondiale au cours de ce siècle, laissant le monde se diriger vers une aggravation des risques et des dommages liés au climat.

À côté de la cible
L’inaction collective persistante met en péril l’objectif mondial en matière de température

Résumé analytique

Les investissements nuisibles dépassent la protection de la nature à raison de 30 contre 1

 Couverture du rapport sur l'état des finances pour la nature 2026

Pour chaque dollar US que le monde investit dans la protection de la nature,
il en dépense 30 à la détruire.

Ce déséquilibre flagrant est la principale conclusion du rapport State of Finance for Nature 2026 (État des finances pour la nature 2026) du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Il appelle à un changement majeur dans le financement mondial des solutions  fondées sur la nature (SfN) et à l’élimination progressive des investissements nuisibles pour garantir des rendements élevés, réduire l’exposition aux risques et renforcer la résilience

État des finances pour la nature 2026

État de finances pour la nature 2026 du PNUE suit les flux financiers mondiaux orientés vers les Solutions fondées sur la Nature (SfN) et révèle que nous sommes loin de l’investissement dans nature nécessaire pour lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes.

Municipales 2026 : pourquoi la transition climatique se joue d’abord dans nos communes

À l’approche des élections municipales, les enjeux climatiques et énergétiques s’imposent comme des questions centrales pour l’avenir des territoires. Face à l’intensification du dérèglement climatique et à la dépendance persistante aux énergies fossiles, les communes et intercommunalités disposent de leviers décisifs pour accélérer la transition. Analyse des principaux enseignements des travaux réalisés par The Shift Project et l’association The Shifters à l’heure de choisir les prochaines équipes municipales.

Les communes en première ligne face au dérèglement climatique

Les impacts du dérèglement climatique se multiplient sur les territoires français : vagues de chaleur plus fréquentes, sécheresses prolongées, tensions sur la ressource en eau, recul du trait de côte ou dépérissement des forêts.

Ces phénomènes ont des conséquences directes sur la vie quotidienne et l’économie locale. Les collectivités doivent faire face à la baisse des rendements agricoles, à la diminution de la production hydroélectrique, à des infrastructures fragilisées ou encore à des fermetures ponctuelles d’écoles lors d’épisodes climatiques extrêmes.


CLIMAT, CRISES : comment transformer nos territoires


L’action climatique municipale : comprendre, mobiliser, transformer

Le guide de l’action climatique découlant des recherches doctorales de Karine Langlais, Conseillère en développement durable, est disponible.

Son objectif est d’outiller les organisations qui travaillent en étroite collaboration avec les municipalités afin de leur permettre de mieux comprendre, mobiliser et soutenir les gestionnaires, les personnes élues et la population dans leurs efforts pour réduire leur impact sur le climat.

Il a été pensé convivial, simple et accessible.


Mais la vulnérabilité des territoires ne provient pas uniquement du climat.

Elle est également liée à la forte dépendance de la France aux énergies fossiles. Selon les analyses du Shift Project, celles-ci représentent encore 72 % de l’exposition énergétique du pays. Cette dépendance expose les collectivités aux fluctuations des prix de l’énergie et aux tensions d’approvisionnement.


La Souveraineté par la décarbonation : voie nécessaire pour la France et l’Europe


Des élus locaux déjà conscients de l’urgence

Qu’en disent les élus municipaux sortants ?

Ces réalités sont largement perçues par les élus municipaux eux-mêmes. Selon les résultats de la Grande Consultation des maires et élus municipaux menée par The Shift Project et The Shifters :

  • plus de 99 % des élus interrogés déclarent avoir observé au moins un phénomène climatique extrême sur leur territoire
  • 70 % considèrent la préservation de l’environnement comme l’une des priorités du prochain mandat.

Les motivations pour agir sont étroitement liées aux préoccupations concrètes des habitants. Les élus citent en priorité :

  • l’amélioration de la qualité de vie et de la santé des habitants (77 %)
  • la réduction des dépenses énergétiques (75 %).

Comme le résume un élu interrogé, « Le climat, même quand on ne le met pas en priorité numéro un, revient dans tous les dossiers : écoles, eau, voirie, personnes âgées… »

Quatre grands leviers d’action pour les communes

Les communes et les intercommunalités disposent de nombreuses compétences structurantes pour renforcer la résilience des territoires. Les travaux du Shift Project identifient quatre domaines clés d’action locale.

1. Repenser l’alimentation territoriale

Les collectivités peuvent jouer un rôle majeur dans la transformation des systèmes alimentaires.

Par exemple :

  • renforcer les liens entre villes et territoires agricoles
  • soutenir les circuits courts et la vente directe
  • orienter la restauration collective – notamment les cantines scolaires – vers des produits locaux et davantage d’alternatives végétales
  • protéger le foncier agricole contre l’urbanisation
  • valoriser les biodéchets par le compostage et le retour au sol.

La mise en place d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT) permet de structurer une stratégie locale d’approvisionnement alimentaire de proximité et de coordonner les acteurs du territoire.

2. Transformer les mobilités locales

Les collectivités sont également responsables de l’organisation des mobilités.

Les stratégies doivent être adaptées aux spécificités de chaque territoire :

  • dans les zones urbaines : développer transports collectifs, vélo et marche
  • dans les zones rurales : soutenir covoiturage, transports à la demande et électrification des véhicules
  • améliorer les connexions ferroviaires entre territoires
  • limiter l’étalement urbain afin de réduire les déplacements contraints.

La transition des mobilités repose ainsi autant sur les infrastructures que sur l’aménagement du territoire.

3. Réinventer l’urbanisme et le logement

Les communes influencent directement la forme des villes et la performance énergétique des bâtiments.

Parmi les priorités identifiées :

  • soutenir la rénovation thermique des logements et bâtiments publics
  • désartificialiser les sols et développer la nature en ville pour atténuer les canicules
  • freiner l’étalement urbain et mobiliser les logements vacants
  • revitaliser les centres-villes et centres-bourgs
  • préserver les espaces naturels et zones humides.

Ces choix d’aménagement conditionnent à la fois les émissions de gaz à effet de serre et la qualité de vie des habitants.

4. Relocaliser l’économie et renforcer la résilience territoriale

Les collectivités peuvent également agir sur l’économie locale.

Plusieurs leviers existent :

  • développer l’économie circulaire (réparation, réemploi, recyclage)
  • relocaliser certaines activités pour réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondialisées
  • maintenir les services essentiels dans les territoires ruraux
  • soutenir les énergies renouvelables locales, associant les citoyens
  • adapter les modèles touristiques dans les territoires de montagne ou littoraux.

Selon les analyses du Shift Project, les ressources locales – biomasse, bois, eau – joueront un rôle croissant dans la production d’énergie décarbonée. Les conséquences sont multiples pour les territoires :

  • hausse des factures énergétiques pour les ménages et les collectivités
  • fragilisation des services publics locaux (transports, bâtiments, équipements sportifs)
  • ralentissement de certaines activités industrielles
  • perturbations des chaînes logistiques et commerciales.

Dans ce contexte, la transition énergétique n’est plus seulement une question environnementale : elle devient un enjeu de résilience économique et sociale pour les territoires.


Eau, sol, biomasse, énergies : Planifier la décarbonation par les ressources locales


Une mobilisation citoyenne autour des municipales

En amont du scrutin, l’association The Shifters a mené une campagne nationale de sensibilisation aux enjeux climat-énergie. Près de 800 bénévoles issus de 40 groupes locaux ont rencontré des listes candidates pour échanger sur leurs programmes et réaliser un diagnostic des politiques locales.

Des débats publics et conférences ont également été organisés dans plusieurs villes françaises – de Toulon à Toulouse en passant par Paris, Lyon ou Chamonix – afin d’inscrire les enjeux climatiques au cœur du débat démocratique local. À Chamonix, un débat réunissant les candidats a rassemblé plus de 350 participants, soit près de 5 % de l’électorat local, illustrant l’intérêt croissant des citoyens pour ces questions.

Élections municipales 2026 : faire des enjeux énergie-climat une priorité des politiques locales

Agir concrètement
pour les Municipales 2026

Faire des enjeux énergie-climat un sujet central du débat municipal ne sera pas évident, en particulier avec le climat politique actuel. Cela suppose une mobilisation citoyenne capable d’élever le niveau de compréhension collective, de dépasser les approches partielles et de replacer les décisions locales dans un cadre de contraintes réelles. Concrètement, chacun d’entre nous peut s’engager sous des formes multiples.

Trouver un groupe local The Shifters proche de vous

La transition se joue dans les territoires… mais aussi au niveau national

Si les communes disposent de leviers importants, elles ne peuvent agir seules. De nombreuses décisions structurantes – politiques industrielles, transports nationaux, fiscalité énergétique – relèvent également de l’échelon national. Dans cette perspective, The Shift Project publiera prochainement un rapport intitulé « Réussir la transition dans l’incertitude : la méthode Shift en 20 chantiers ». Présenté notamment par Jean‑Marc Jancovici, ce travail analysera les conditions de réussite de la décarbonation française dans des secteurs clés : transports, rénovation des bâtiments, industrie, agriculture ou ferroviaire. Un jalon important dans la préparation du débat public en vue de l’élection présidentielle de 2027.

La transition écologique : des décisions internationales aux actions locales

Les élections municipales rappellent une évidence : la transition écologique ne se joue pas uniquement dans les grandes décisions internationales ou nationales. Elle se construit aussi dans les choix quotidiens d’aménagement, de mobilité, d’alimentation et d’économie locale.

L’avenir climatique se décide aussi dans chaque commune.

Les communes sont en première ligne face au dérèglement climatique et disposent de leviers majeurs pour accélérer la transition : alimentation locale, mobilités décarbonées, rénovation des bâtiments et développement des énergies renouvelables. Illustration : IA / Cdurable Mars 2026

Pourquoi les végétaux des milieux extrêmes sont‑ils souvent en forme de boule ?

Dans les sommets alpins ou méditerranéens, comme le désert marocain, de drôles de boules recouvrent les paysages. Ce sont des plantes qui, dans ces milieux extrêmes, adoptent cette silhouette aux avantages multiples. Explications par Thierry Gauquelin d’Aix-Marseille Université (AMU) pour The Conversation France

Garrigue à xérophytes épineuses en coussinet, à 2 500 mètres, Tizi n’Zik, Haut Atlas occidental (Maroc). © Thierry Gauquelin

Par Thierry Gauquelin de l’Aix-Marseille Université (AMU)


Les milieux extrêmes, tels que la haute montagne méditerranéenne ou alpine, les environnements arides ou présahariens ou encore le littoral, sont souvent colonisés par des végétaux vivaces à port caractéristique en boule. Ces spectaculaires coussinets hémisphériques plaqués contre le sol peuvent être quasiment exclusifs dans le paysage. Dans les milieux où la sécheresse constitue l’une des contraintes majeures, ce port particulier s’accompagne de rameaux épineux et/ou succulents, c’est-à-dire de tiges charnues.

Ces formes en coussinet ne constituent pas une simple accommodation ou réaction à un facteur extérieur, comme le seraient les anémomorphoses, ces modifications de la forme des plantes et des paysages végétaux sous l’effet des vents dominants. C’est ici une adaptation des végétaux, inscrite dans leur patrimoine génétique et résultant d’une évolution à l’échelle de millions d’années.

À gauche, une Cytisus balansae du Haut Atlas occidental (Maroc) au port en boule, à droite une anémomorphose de myrte (Myrtus communis) sur le littoral varois. Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Cette forme comporte de fait de nombreux atouts pour tirer au mieux partie des ressources rares et des contraintes nombreuses des milieux extrêmes.

Garrigue à xérophytes épineuses en coussinet (Haut Atlas central, Maroc). Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Limiter la transpiration pour économiser l’eau durant les périodes sèches

Cette silhouette peut d’abord permettre de résister à l’assèchement, notamment en été quand l’eau manque, sous climat méditerranéen par exemple. Car la surface de contact avec l’atmosphère des parties vertes d’une plante en boule est bien plus réduite que celle d’une plante dressée.

La transpiration en est ainsi réduite, permettant alors de résister à la dessiccation. Ceci s’ajoute aux adaptations classiques aux milieux arides, que l’on retrouve sur beaucoup de ces plantes, avec des feuilles réduites ou transformées en épines ou/et une crassulescence de tissus, c’est-à-dire une capacité à conserver l’eau dans des feuilles grasses et charnues.

Créer un microclimat particulier au sein de la touffe

Le port en boule crée également à l’intérieur des touffes un microclimat favorable qui affranchit quelque peu ces végétaux des conditions extérieures. Ceci a pu être mis en évidence pour deux types de plantes en boule présentes en haute montagne.

D’abord les xérophytes (du grec xerós, sec, et phutón, plante) épineuses en coussinet, caractéristiques, de la haute montagne méditerranéenne, du Haut Atlas marocain à la Sierra Nevada espagnole.

Ces plantes apparaissent généralement au-dessus de 2 500 mètres, se mélangeant aux derniers arbres imprudents, chênes, genévriers, pins, auxquels ils se substituent quand le climat devient trop sévère pour les arbres. Dans ces environnements, les conditions climatiques sont difficiles, chacune des saisons apportant son lot de contraintes, l’hiver avec son froid et ses fortes gelées qui destructurent le sol et l’été, combinant chaleur et sécheresse.

On observe ainsi une extraordinaire convergence de formes entre ces coussinets denses dont la plupart des organes sont ou bien transformés en épines ou bien munies d’épines à l’extrémité de rameaux, des bractées (feuilles fréquemment colorées qui accompagnent la fleur) ou des feuilles, donnant au végétal l’aspect d’un véritable hérisson.

Ces xérophytes épineuses en coussinet sont pourtant d’origine taxonomique bien diverse puisqu’on y trouve des plantes de la grande famille des légumineuses, c’est-à-dire des fabacées (Cytisus balansae, Erinacea anthyllis, mais aussi de nombreuses astragales), des plantes appartenant à la famille des crucifères, la famille des choux et de la moutarde, aujourd’hui appelée les brassicacées (Hormatophylla spinosa ou Vella mairei), voire des végétaux de la famille des carottes, appelée apiacées (Bupleurum spinosum) ou encore des caryophyllacées, de la même famille que les œillets (Arenaria pungens), drapant alors les versants de taches colorées très diverses.

Garrigue à xérophytes épineuses en coussinet, 2 900 mètres, Haut Atlas occidental, Maroc (gauche), Vella mairei, Haut Atlas central, Maroc (milieu), Cytisus balansae, 3 000 mètres, Haut Atlas occidental, Maroc (droite). Thierry Gauquelin, CC BY

Mais il faut pénétrer à l’intérieur de ces boules qui parsèment le paysage pour comprendre un de leur principal atout. À 3 000 m d’altitude, au mois de juillet, période de sécheresse extrême, la température à 14 heures au sein d’une touffe de xérophyte épineuse en coussinet était ainsi de seulement 18 °C alors qu’elle atteignait 35 °C entre les touffes. De même, l’humidité relative était de 70-80 % au sein du coussinet pour seulement moins de 30 % à l’extérieur.

De même, dans le domaine alpin jusqu’en Alaska, où la contrainte est essentiellement le froid, une caryophyllacée, le silène acaule (Silene acaulis) élabore des coussinets hémisphériques particulièrement denses pouvant atteindre plus d’un mètre de diamètre et un âge supérieur à 300 ans.

Au sein d’un coussinet de ce silène acaule des environs du col du Galibier (à 2 500 m), entre 12 heures et 15 heures, la température était de 10 à 15 °C plus élevée que celle de l’air ambiant !

La forme en boule permet d’optimiser de captation des rayons solaires et le coussinet fonctionne alors comme un piège à chaleur particulièrement intéressant pendant ces périodes froides.

Élaborer et protéger le sol sous les touffes

Les coussinets hémisphériques plaqués contre le sol sont également de véritables pièges pour les sables fins et les limons soulevés par l’érosion et transportés par le vent. L’apport de matière organique directement sous la touffe suite à la décomposition des tissus morts de la plante, combiné au piégeage de ces particules minérales fines, fait que la plante élabore son propre sol sous son couvert.

Euphorbe oursin (Euphorbia echinus), Souss (Maroc). Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Ceci est particulièrement vrai pour les euphorbes cactiformes des régions arides du Maroc, un autre type de plante en boule que le chimiste et botaniste René-Maurice Gattefossé en 1931 comparait à des « tortues d’un vert glauque ». Ce sont les euphorbes résinifères (Euphorbia resinifera) du piémont de l’Atlas, mais aussi les bien nommées euphorbes oursins (Euphorbia echinus) de la région littorale du Souss. Toutes munies d’épines très vulnérantes, elles renferment de plus dans leurs rameaux un latex abondant largement utilisé en médecine populaire, malgré son caractère irritant et toxique. Le miel provenant des fleurs de ces espèces, le fameux miel de Daghmous – du nom local de ces euphorbes – est aussi particulièrement réputé.

Euphorbe résinifère (Euphorbia resinifera), Anti-Atlas (Maroc). Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Sous des pieds d’euphorbes cactiformes, le sol est beaucoup plus développé, plus riche en éléments minéraux, donc en nutriments, et plus humide qu’entre les touffes. La matière organique y est plus importante, augmentant notamment la capacité de rétention en eau de ce sol. En retour, ce sol se trouve protégé par la touffe elle-même, tant au niveau de l’évaporation de l’eau que de l’érosion. Enfin, une biodiversité particulière, notamment représentée par la mésofaune (acariens, collemboles…), se retrouve plus abondante dans le sol sous les touffes, jouant un rôle important dans le recyclage de la matière organique.

Étaler la floraison et optimiser la pollinisation

La floraison des touffes hémisphériques se réalise progressivement, débute par la face la mieux exposée au soleil, pour concerner ensuite tout le coussin, s’étalant ainsi sur plusieurs semaines. Cela génère un double avantage. Cela permet d’abord une floraison moins sensible à des accidents météorologiques brutaux, tels que des fortes gelées tardives. Cela génère également une amplitude temporelle plus grande pour permettre aux pollinisateurs d’assurer leur rôle dans la reproduction.

Cytisus balansae, Haut Atlas occidental. Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Favoriser et abriter la biodiversité

Le microclimat particulier existant au sein des touffes hémisphériques va en faire un milieu de vie particulièrement favorable à de nombreux organismes, notamment des insectes, mais aussi des microorganismes, en leur permettant d’échapper à différents stress. Ainsi les touffes de xérophytes épineuses en coussinet abritent souvent des colonies importantes de coccinelles.

Cette biodiversité constitue un élément essentiel du fonctionnement de ces milieux, à la fois pour ce qui concerne par exemple la pollinisation, mais aussi plus généralement les cycles biogéochimiques. Un véritable microécosystème se met ainsi en place dans la touffe, qui va dès lors fonctionner d’une manière quelque peu autonome.

Le changement climatique va-t-il favoriser les plantes en coussinet ?

Dans le domaine méditerranéen, voire saharien, le changement climatique se manifeste notamment par des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus intenses. Ceci nécessite des adaptations des végétaux de plus en plus élaborées. Les végétaux en coussinet dense pourraient-ils ainsi « profiter » de ces changements rapides ?

Dans des milieux sahariens arides, le spectaculaire « chou-fleur de Bou Hamama » (Fredolia aretoides, amarantacées), remarquable endémique des steppes désertiques du Sahara occidental, en port en coussinet très dense et aux feuilles imbriquées semble aujourd’hui s’étendre spectaculairement vers le nord, en pénétrant profondément dans des vallées, en liaison avec la désertification des franges nord-sahariennes liée notamment à l’aridification croissante. Cette espèce peut ainsi dans tout ce secteur biogéographique constituer un bon indicateur des changements environnementaux.

Le « chou-fleur de Bou Hamama », Fredolia aretoides, Maroc. Frédéric Médail, Fourni par l’auteur

Dans les milieux froids, par contre, où l’augmentation de la température constitue la tendance majeure, on observe des migrations d’espèces en altitude. Des espèces en coussinet arctico-alpines, telles que le silène acaule, vont sans doute de moins en moins trouver leur place dans des environnements de montagne rendus moins contraignants par l’augmentation de température.

Dans tous les cas, il sera important de suivre la dynamique progressive ou régressive de ce type biologique particulier dont les stratégies adaptatives apparaissent aujourd’hui particulièrement en phase avec l’évolution du climat, notamment en région méditerranéenne.

L’auteur

Thierry Gauquelin est Professeur émérite à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE) d’Aix-Marseille Université (AMU)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Lire aussi du même auteur : L’avantage d’avoir des petites feuilles, pour certains arbres

Si les arbres pouvaient seulement parler. C’est en partant de ce postulat que l’écologue spécialiste des forêts du bassin méditerranéen Thierry Gauquelin a tâché de raconter la longue vie d’un genévrier de l’Atlas marocain (Juniperus thurifera) de plus de 500 ans.

Dans ce chapitre de son roman De mémoire d’arbre, paru aux éditions Tana, il nous raconte l’avantage qu’il y a pour certains arbres d’avoir de petites feuilles.

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Genévrier thurifère dans le Haut Atlas. Fourni par l’auteur © Thierry Gauquelin

Quel bilan pour les nouvelles « forêts urbaines » de la Ville de Paris ?

En 2020, Anne Hidalgo s’engageait à faire naître quatre forêts urbaines à Paris. Qu’en est-il aujourd’hui ? Ces projets ont-ils vraiment fait naître des « forêts » ? Sont-ils suffisants à l’heure du changement climatique ? Les réponses par Serge Muller du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) pour The Conversation France

Forêt urbaine du parvis de l’Hôtel-de-Ville, à Paris, le 27 novembre 2025. Serge Muller , Fourni par l’auteur

Par Serge Muller du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)


Paris est une des pires villes européennes en temps de canicule. Pour changer cet état de fait, augmenter le nombre d’arbres parait plus que jamais nécessaire. D’autant plus qu’avec 14 % seulement de sa surface boisée en ne prenant pas en compte les bois périphériques de Boulogne et de Vincennes, et 21 % en les intégrant, Paris est aussi une des capitales les moins boisées d’Europe.

Afin d’améliorer cette situation, l’actuelle maire de Paris, Mme Anne Hidalgo, s’était engagée à planter 170 000 arbres au cours de la mandature 2020-2026. Parmi les opérations phares de ce projet figure la création de quatre « forêts urbaines » à Paris.

Cinq ans après ces promesses, et à quelques semaines des élections municipales, quel bilan peut-on faire de ces projets ?

Découvrez la forêt urbaine du Parvis de l’Hôtel de Ville

Quels sont les sites concernés ?

Bien que les sites prévus aient changé du fait de difficultés techniques, trois forêts urbaines ont déjà été inaugurées : celles de la place de Catalogne en juin 2024, du bois de Charonne en septembre 2024 et du parvis de l’Hôtel-de-Ville en juin 2025, l’inauguration de la quatrième sur la place du Colonel-Fabien étant prévue début 2026.

Une forêt urbaine prend vie place de Catalogne à Paris.
Autrefois dédiée aux voitures, cette place s’est réinventée. – Crédit photo : Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Le myrte commun, arbuste méditerranéen planté dans la forêt urbaine de Charonne, 29 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur

Le premier site correspond à la place de Catalogne dans le XIVe arrondissement. Cette place d’environ 1 hectare (ha), qui constituait un rond-point de circulation automobile avec initialement une fontaine au milieu, était totalement minéralisée et dépourvue d’arbres. Elle a été végétalisée sur 4 000 mètres carrés (m2) par la plantation de 470 arbres correspondant à 16 espèces différentes, soit une densité de 12 arbres pour 100 m2, complétés par la plantation de 1 200 arbustes.

Le deuxième site, plutôt linéaire, nommé bois de Charonne, est situé dans le XXe arrondissement sur une ancienne voie ferrée de la petite ceinture avec ses abords. Il couvre environ 2 ha. Près de 112 arbres de haute taille y ont été plantés parmi environ 7 500 jeunes plants d’arbres de 40 essences différentes, accompagnés d’environ 2 200 arbustes également d’une quarantaine d’espèces différentes. Cette nouvelle forêt est située en continuité d’un square existant de 1,5 ha, le « jardin de la gare de Charonne ». L’opendata de la Ville de Paris y comptabilise actuellement 295 arbres pour cet ensemble de 3,5 ha, soit environ 1 arbre pour 100 m2.

Présentation du bois de Charonne.

Le troisième site est localisé sur le parvis de l’Hôtel-de-Ville. Il est composé de deux espaces végétalisés, totalisant 2 500 m2, séparés par une partie centrale restant minérale.

Présentation du parvis de l’Hôtel-de-Ville.

Y ont été plantés, selon l’open data de la Ville de Paris, 46 arbres matures (atteignant jusqu’à 10 m de hauteur) de cinq espèces différentes (charme, févier d’Amérique, chêne chevelu, micocoulier de Julian et érable de Zöschen). D’autres arbres ou arbustes plus petits, d’espèces différentes (chêne à feuilles de phillyrea, arbousier, argousier), ont été plantés en périphérie de l’ensemble sur 850 m2, afin de renforcer la végétalisation de la place.

L’arbousier (photo de gauche et du centre) et le micocoulier de Julian (photo de droite) dans la forêt urbaine de l’Hôtel-de-Ville, 27 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur

Le quatrième site, encore en cours d’achèvement du chantier au début de l’année 2026, est localisé à la place du Colonel-Fabien (carrefour des Xe et XIXe arrondissements). Il correspond à un projet de création de forêt urbaine sur 1 460 m2 avec la plantation prévue de 79 nouveaux arbres. Il doit être terminé au premier trimestre 2026.

Quelles caractéristiques de ces nouvelles forêts urbaines ?

Tous ces espaces ont été aménagés par désimperméabilisation de places minérales ou de friches ferroviaires, avec un apport important de terre végétale et la plantation d’arbres de taille déjà conséquente (hauteur de 3 à 7 m, voire davantage), accompagnés de plants d’arbres de plus petite taille et d’arbustes. Ces forêts ont été créées sur des superficies assez variables en fonction des disponibilités de terrain (entre 1 400 m2 pour la place du Colonel-Fabien et environ 20 000 m2 pour les nouvelles plantations du bois de Charonne). L’objectif est ainsi de constituer rapidement des espaces boisés relativement denses à partir d’un état initial de substrat minéral.

Chantier de la forêt de la place de Catalogne, 18 décembre 2023. Serge Muller, Fourni par l’auteur

Mais ces espaces végétalisés sont-ils des forêts ? Pas vraiment pour la plupart, si l’on se fie à la définition retenue par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentaiton et l’agriculture (FAO) pour qui le terme de forêt désigne un peuplement d’arbres d’une surface d’au moins un demi-hectare (5 000 m2) et ayant un couvert arboré d’au moins 10 %, ce qui signifie que, vue du ciel, la surface du sol recouverte par les cimes des arbres, doit dépasser 10 %.

Quelles différences avec les squares et les parcs urbains ?

Ces mini-forêts urbaines se rapprochent peut-être davantage des squares, jardins et parcs urbains de Paris, de type haussmanniens ou plus récents (comme le parc Brassens, dans le XVe arrondissement), en prévoyant également des aires de quiétude et de promenade pour les citadins.

Mais les boisements sont plus denses et les espaces de récréation plus petits dans ces mini-forêts urbaines que dans les squares, sans espaces de jeu prévus pour les enfants par exemple. La forêt urbaine de Charonne est un peu particulière à cet égard puisqu’elle est adossée au « jardin de la gare de Charonne », square de 1,5 ha créé en 1986, donc il y a quarante ans, sur l’emplacement de l’ancienne gare de Charonne.

Forêt urbaine de Charonne, 29 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur

Ces forêts urbaines se veulent aussi plus « naturelles » en privilégiant comme essences de boisement celles qui sont indigènes dans le Bassin parisien ou la France hexagonale et en réduisant la part des espèces exotiques. Ainsi près de 60 % des arbres de la forêt urbaine de la place de la Catalogne correspondent à des essences indigènes dans le Bassin parisien, les autres étant de provenance subméditerranéenne, américaine ou asiatique. La même attention n’a toutefois pas été accordée aux arbustes puisque 95 % des plants introduits dans cette forêt urbaine correspondent à deux espèces originaires d’Extrême-Orient (la véronique arbustive et la menthe australienne). Quant aux plantes herbacées introduites, il s’agit principalement d’un patchwork de cultivars de fougères.

Forêt urbaine de la place de Catalogne avec fougères au premier plan, 20 avril 2024. Serge Muller, Fourni par l’auteur

Plutôt qu’un mélange hétéroclite d’ensembles floristiques de diverses provenances, on aurait pu y expérimenter un cortège exclusivement subméditerranéen, afin de tester son adaptation aux conditions climatiques des prochaines décennies.

Ni véritablement des forêts selon la définition de la FAO, pas exactement des squares non plus, ces nouveaux espaces s’éloignent aussi d’un autre modèle : celui des micro-forêts Miyawaki, qui correspondent à des plantations très denses de jeunes plants (jusqu’à trois individus au mètre carré) de moins d’un mètre de hauteur et d’essences en principe uniquement indigènes. Or, ces nouvelles mini-forêts urbaines parisiennes ont pour la plupart des hauteurs de plusieurs mètres, pouvant même dépasser 7 mètres et aussi des densités bien plus faibles, de l’ordre d’un à une dizaine d’arbres pour 100 m2, sur des superficies en principe plus grandes, allant jusqu’à 2 ha pour les plantations du bois de Charonne.

Quel intérêt de ces nouvelles mini-forêts urbaines de Paris ?

Ces nouveaux boisements, devant nécessairement être adaptés aux potentialités et contraintes locales, sont assez diversifiés dans leurs dimensions et configurations (forme plutôt arrondie pour les anciennes places comme celles de Catalogne ou du Colonel-Fabien, au contraire allongée pour l’ancienne voie ferrée du bois de Charonne).

Forêt urbaine de Charonne, 29 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur

Les compositions et structures des peuplements d’arbres et d’arbustes plantés apparaissent aussi assez variables, en fonction du contexte et des opportunités, mais avec toujours l’objectif d’adaptation aux conditions climatiques futures. L’intérêt de la prédominance d’essences régionales reste toutefois discutable dans ce contexte de changement climatique. La constitution de peuplements à forte diversité d’essences et structure hétérogène est un point fort de ces nouvelles forêts urbaines, qui doit permettre d’accroître leur résilience aux perturbations et aléas climatiques auxquels elles seront assujetties.

Ces plantations contribuent indubitablement, sur des surfaces certes modestes, à la végétalisation de la ville, ainsi qu’à l’augmentation de sa canopée et aux continuités écologiques. Il s’agit d’opérations pilotes, à fort impact médiatique et à coût relativement élevé, qui démontrent la faisabilité et l’intérêt paysager et environnemental de telles opérations de création ex nihilo de « forêts urbaines ». Il conviendra toutefois d’examiner leur évolution au cours des prochaines décennies.

Forêt urbaine du parvis de l’Hôtel-de-Ville, 27 novembre 2025. Serge Muller, Fourni par l’auteur

Ces créations de forêts urbaines doivent nécessairement, comme prévu dans le « Plan arbre 2021-2026 » de la ville, s’inscrire en complémentarité et si possible en continuité avec d’autres types de plantations tels que des alignements d’arbres, des créations ou extensions de parcs et squares urbains, la densification des peuplements d’arbres dans les cimetières, les cours d’école, les places, les talus du périphérique et autres espaces ouverts. L’objectif doit être d’accroître encore sensiblement le recouvrement de la canopée dans la ville de Paris et la métropole du Grand Paris, afin de contribuer à mieux adapter ces territoires urbains aux conditions climatiques des décennies à venir.

L’auteur

Serge Muller est Professeur émérite et chercheur à l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (UMR 7205) du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Du même auteur : À Paris, quels arbres pour adapter la ville au changement climatique ?

La ville de Paris possède un patrimoine arboré très important, dont témoigne l’open data de la ville présentant l’identité et la localisation de plus de 205 000 arbres dans la capitale.

À ce nombre s’ajoutent tous les arbres non gérés et suivis par la direction des espaces verts et de l’environnement de la ville de Paris, comme ceux du jardin des plantes, du parc de la cité internationale, du jardin du Luxembourg, du jardin des Tuileries et de très nombreux autres parcs et jardins privés.

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Paysage d’automne au parc de Bagatelle, un haut lieu de diversité ligneuse du jardin botanique de Paris. Serge Muller, Fourni par l’auteur