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Le lac Tchad menacé de disparition

Le lac Tchad s’évapore progressivement. La croissance démographique, le développement des activités agropastorales et la désertification ont entraîné une dégradation préoccupante de la faune et la flore. Gos G. Lenckonov pour CsA (Congo site Actualités) nous donne les raisons, les conséquences et les pistes étudiées pour contrer la disparition du lac Tchad, point d’eau vital pour plus de 20 millions d’habitants.

Le lac Tchad est situé au cœur d’un territoire aride et chaud, à la frontière sud du désert du Sahara. Il s’assèche rapidement en raison du réchauffement climatique et de la consommation d’eau des populations riveraines. Sa superficie en eau est passée de 25.000 km2 en 1963, à 5.000 km2 dans les années 2000 ; soit un recul de 500 km2 par an.

La diminution de la pluviosité a été accentuée par de graves sécheresses dans les années 80. D’après certaines prévisions climatiques, au rythme actuel le lac Tchad pourrait disparaître d’ici une vingtaine d’années. Ce scénario, considéré par des experts comme «catastrophiste» est en exemplaire d’une situation de plus en plus préoccupante qui a des conséquences sur l’écosystème.

Les spécialistes estiment que les précipitations ont diminué de 15 à 20%. Ce déficit en pluie se fait également ressentir sur tous les fleuves de la région. Selon les hydrologues, la quantité d’eau qui les alimente a baissé de 40 à 60% depuis le début des années 70, années qui marquent la fin des années humides. En plus du manque de précipitations, la baisse du niveau des nappes souterraines explique également le rétrécissement de ces cours d’eau qui auparavant, contribuaient à entretenir le niveau du lac Tchad.

Un sommet s’est tenu récemment à Abuja (Nigeria) sur ce lac, sous l’égide de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). Ce sommet a connu la participation d’un panel d’experts et de bailleurs de fonds, chargés d’étudier la faisabilité des différents projets. Les participants ont planché sur le rôle économique du Bassin du lac Tchad et les moyens de lutte contre sa disparition.

Les experts de la Commission du Bassin du lac Tchad ont retenu deux projets, visant à renflouer le lac en transférant une partie des eaux des fleuves Oubangui et Chari vers le lac Tchad. Ces deux cours d’eau faisant partie du Bassin du Congo, un tel projet ne peut être élaboré sans l’avis des pays pourvoyeurs, notamment la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA) et le Congo. Tel a été la raison de la présence du Président Sassou Nguesso à ce sommet de la Commission du Bassin du lac Tchad.

Les experts se sont interrogés sur les conséquences du transfert d’une partie des eaux de l’Oubangui vers le lac Tchad sur la biodiversité. Autrement dit, l’on doit s’assurer que cette opération ne détruira pas des sites protégés ou n’affectera pas la stabilité des sols.

A cet effet, le Président Sassou Nguesso a indiqué que le transfert d’une partie des eaux de l’Oubangui vers le lac Tchad nécessitait des études de faisabilité.

«Des études seront menées en tenant compte des projets sur le fleuve Oubangui, notamment le projet de construction du barrage sur ce fleuve. Ce projet vise à amener l’électricité en République centrafricaine, dans la région de l’Equateur en RDC et dans la partie septentrionale de notre pays, la République du Congo», a-t-il annoncé.


> Pour en savoir plus sur le lac Tchad :

Le lac Tchad est un grand lac peu profond d’Afrique. Son rôle économique est très important, car il doit fournir l’eau à plus de 20 millions de personnes des quatre pays limitrophes : le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.
Le bassin hydrographique du lac est théoriquement de 2 380 000 km², mais le bassin actif n’est en fait que de 967 000 km². Le principal apport, pour 90 %, vient du fleuve Chari et de son affluent Logone, tous deux issus des montagnes de la République centrafricaine. Le Komadugu-Yobé, issu du Nigeria, est affaibli par la présence de deux barrages.

Jadis l’un des plus grands lacs du monde, le lac s’est réduit considérablement pendant les quarante dernières années. Dans les années 1960, il couvrait un secteur de plus de 26 000 km². En 2000, il était tombé à moins de 1 500 km². Le déficit de pluviosité combiné à une plus grande utilisation des eaux du lac et des rivières pour l’irrigation expliquent ce recul dramatique. Sa faible profondeur, au maximum de 7 mètres, le rend fragile et très dépendant des fluctuations saisonnières. La navigation y est désormais impossible.

Le recul du lac dans les années 1970-80 n’a pas eu que des inconvénients. Les nouvelles terres émergées, encore humides, ont permis d’entreprendre des cultures très productives surtout au sud du lac, côté tchadien. Ces rives sont devenues un véritable potager pour Ndjamena (fruits, légumes mais aussi céréales, riz, maïs…). L’agriculture de décrue fit vivre confortablement environ 40 000 Tchadiens.

La NASA a financé une étude sur le lac Tchad dans le cadre de son système d’observation de la Terre. Les variations sont suivies par satellite artificiel, afin de prévenir les riverains des modifications attendues. Cependant, les spécialistes sont très pessimistes quant à l’avenir du lac.

Source : wikipedia.org, l’encyclopédie libre

> Pour aller plus loin :
Radio France Internationale consacre un dossier sur la disparition du lac Tchad : Article + photos évolutives de la NASA.

Le Tchad est l’un des berceaux de l’Humanité. A ce titre, la disparition annoncée dans moins de 20 ans de ce réservoir d’eau, vital à la survie des Hommes, lui donne une dimension d’autant plus symbolique.

Le pari de la «glace qui brûle»

Le Nouvel Observateur dans son édition du 18/08/05 nous révèle que l’on a trouvé au fond des océans des milliards de mètres cubes de gaz. De quoi résoudre tous les problèmes d’énergie. Le risque: rendre le réchauffement climatique totalement incontrôlable… Extraits de l’article de Fabien Gruhier.

C’est une sorte de glace étrange, constituée d’un agencement de molécules d’eau qui emprisonnent des molécules de gaz, par exemple du méthane, ou encore du propane. Les chimistes parlent d’«hydrates de gaz» ou, mieux, de «clathrates», et ces produits ont longtemps été considérés comme des curiosités de laboratoire. Des curiosités amusantes ou dangereuses, car les clathrates de méthane, en dehors de leurs conditions de stabilité (très basses températures, très fortes pressions), se décomposent instantanément. Sitôt extraits de leur frigo pressurisé, ces cristaux capricieux se mettent à fulminer. Ils se désagrègent, explosent spontanément, s’enflamment en libérant leur contenu d’hydrocarbures. Or, pour le meilleur ou pour le pire, cette amusette de chimistes facétieux conditionne peut-être l’avenir global de la planète. En effet, depuis peu, on a réalisé que les clathrates de méthane, ces «glaces qui brûlent», sont quasi omniprésents, cela en quantités formidables, dans certaines couches géologiques et notamment au fond des océans. L’USGS (le Geological Survey américain) estime à plusieurs dizaines de millions de milliards de mètres cubes la quantité de méthane ainsi piégée dans ces glaces instables. «Cela représente au moins le double de tout le carbone contenu dans l’ensemble des gisements d’énergie fossile, pétrole, gaz et charbon compris», assure un spécialiste. Et dans sa dernière édition «le Journal du CNRS» s’enthousiasme pour «ce fantastique pactole qui gît au fond des mers». […]

C’est sûr, le jour où on saura aller puiser à bon compte ce méthane inespéré, le spectre de la pénurie énergétique s’éloignera pour longtemps. Même si on ne savait en récupérer qu’une toute petite fraction, les quantités accessibles seraient phénoménales: convenablement réchauffé et pompé, un seul mètre cube de clathrate donne pas moins de 164 mètres cubes de gaz naturel. Mais jouer avec cette glace, c’est aussi jouer avec le feu. D’abord parce qu’il s’agit de toute façon d’un carburant fossile, dont la combustion contribue au fâcheux effet de serre. Mais surtout parce que toute déstabilisation malencontreuse de ce méthane, gelé depuis la nuit des temps, pourrait entraîner le dégazage massif d’immenses gisements. On imagine des myriades de mètres cubes de cet hydrocarbure gazeux s’échappant d’un seul coup des fonds marins. Les bulles secouant l’océan avant de rejoindre l’atmosphère pour y accélérer le réchauffement climatique – car le méthane se caractérise aussi par un effet de serre très efficace. Puis ce réchauffement global accélérant à son tour la montée en température des océans, et provoquant donc en cascade le dégazage d’autres dépôts de clathrates: une spirale infernale qui pourrait inspirer un film catastrophe. Ou déclencher pour de bon la véritable apocalypse, avec des océans furieusement bouillonnants de bulles de méthane, et un empoisonnement de l’atmosphère suivi de son embrasement intégral… […]

Dans le passé des dégazages massifs se sont produits, entraînant des catastrophes climatiques. «Parfois, la nature rompt d’elle-même l’équilibre entre la phase gazeuse et la phase solide du méthane sous-marin», constate Pierre Henry, du CNRS. Des traces en subsistent, toujours visibles des milliers d’années plus tard, comme ces gigantesques «volcans de boue» qui tapissent certains fonds océaniques, dus à de soudaines échappées locales de méthane – c’est l’«effet champagne», disent les géologues. Une équipe de l’Université du Michigan a même pu établir un lien entre une titanesque libération de gaz survenue dans l’Atlantique il y a 55 millions d’années et le réchauffement climatique concomitant: une hausse moyenne de 4 à 6 °C. Le climat de la planète avait mis 200000 ans pour s’en remettre. Espérons que nous ne sommes pas en train de le détraquer pour aussi longtemps.

L’article en version complète sur le site du Nouvel Observateur.

Sécheresse : les agences bradent le prix de l’eau

L’UFC-Que Choisir dénonce la politique incohérente et contre-productive que mènent les agences de l’eau pour lutter contre la sécheresse. Tous les rapports officiels démontrent que la forte pénurie d’eau qui se localise en Aquitaine, en Midi-Pyrénées, dans les Pays de Loire, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et en Poitou-Charentes est très largement due à un recours excessif à l’irrigation agricole. Il apparaît que, dans ces régions, les agences de l’eau appliquent une redevance aux irriguants extrêmement faible. La politique de l’eau est alors marquée par une paradoxe cinglant : plus le risque de sécheresse est élevé et plus la taxation de l’irrigation est faible.

Ainsi l’agence de l’eau Adour-Garonne, la plus concernée par la sécheresse, taxe l’irrigation à hauteur de 0,23 centimes au m³ alors que les agences de l’eau Artois-Picardie, Rhin-Meuse et Seine-Normandie, peu ou pas touchées par la sécheresse, taxent dans une fourchette allant de 1,14 à 1,50 centimes par m³. Les agences Loire-Bretagne et Rhône-Méditerranée-Corse présentent aussi des coefficients de redevance très bas tout en faisant face à de fortes pénuries d’eau.

Pourtant, la redevance indexée sur la consommation est le seul véritable outil dont disposent les agences de l’eau pour modifier l’usage inconsidéré de la ressource aquatique. En exerçant une écotaxe sur l’irrigation, les pouvoirs publics pourraient inciter les agriculteurs à réduire leurs cultures d’irrigation estivales pour se consacrer à des productions printanières. A l’évidence l’incitation n’est pas au rendez vous : dans le sud-ouest l’irrigation consomme plus de 90 % de l’eau durant l’été et, selon une étude de l’agence de l’eau, « la redevance représente alors 1 % du coût de l’irrigation » !

Ce constat démontre que la politique de lutte contre la sécheresse n’a aucune autre ambition que de gérer au jour le jour des arrêtés de restriction d’eau sans prendre des mesures structurelles dans le domaine agricole. En continuant dans cette logique, on accroît le risque de retour de la sécheresse et on amène les agriculteurs dans une impasse.

L’UFC Que choisir appelle le gouvernement à saisir l’occasion du projet de loi sur l’eau pour y inscrire des mesures anti-sécheresse :

Instituer un contrôle des agences de l’eau par la représentation nationale : pour éviter la dérive des dérogations locales, les redevances payées aux agences de l’eau doivent être encadrées par le Parlement qui doit aussi procéder à un contrôle annuel du fonctionnement des agences de l’eau.

Inciter les agriculteurs à diminuer leur consommation d’eau qui entraînerait un fort relèvement de la redevance applicable à l’irrigation ayant ainsi les effets d’une écotaxe antisécheresse.

Aider au développement des cultures printanières, en reversant le produit financier de la redevance irrigation aux agriculteurs qui désirent reconvertir leurs cultures irriguées.

Le 10 août 2005, l’agence de l’eau Adour Garonne a réagi aux chiffres communiqués par l’UFC-Que Choisir dans l’article ci-dessus. Le porte parole de l’agence de l’eau Adour Garonne a notamment déclaré, dans l’édition du 10 août 2005 du quotidien La dépêche du midi, que « si l’agriculture à cause de l’irrigation consomme en été 70 % de l’eau, sur un an, elle n’en consomme plus qu’un tiers, l’industrie un tiers, les particuliers un tiers ». L’UFC-Que Choisir rappelle que cette répartition concerne les prélèvements brut d’eau et non la consommation nette, qui est la variable à retenir pour la gestion quantitative de la ressource. Du point de vue de la consommation nette, le Ministère de l’écologie rappelle très justement dans son communiqué du 9 août 2005, que « l’eau consommée pour l’agriculture représente en moyenne annuelle environ 50 % de l’eau consommée en France » .

> En savoir sur les agences de l’eau :
Les six agences de l’eau françaises ont été instituées par la loi sur l’eau de 1964, précisée par la loi du 3 janvier 1992 [1]. Elles correspondent aux six grands bassins hydrologiques de France.

Chaque agence est un établissement public de l’État chargé notamment de la coordination du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et des schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) qui en découlent.

Sous l’impulsion d’un conseil d’administration qui réunit les différents acteurs dans le domaine de l’eau (administrations, usagers, collectivités), elle aide financièrement les actions des collectivités locales et des industriels en faveur de l’épuration des eaux ou la production d’eau potable de qualité. Elle agit à la manière d’une mutuelle en redistribuant les taxes qu’elle perçoit auprès des usagers (taxe de prélèvement, taxe de pollution).

L’agence de l’eau n’a cependant aucun pouvoir réglementaire, celui-ci étant du domaine exclusif de l’État.

Source : wikipedia.org, l’encyclopédie libre.

> Pour aller plus loin :

* Artois-Picardie http://www.eau-artois-picardie.fr

* Seine-Normandie http://www.eau-seine-normandie.fr

* Rhin-Meuse http://www.eau-rhin-meuse.fr

* Loire-Bretagne http://www.eau-loire-bretagne.fr

* Adour-Garonne http://www.eau-adour-garonne.fr

* Rhône-Méditerranée-Corse http://www.eaurmc.fr

Quelques entreprises pionnières

« Le développement durable d’une entreprise peut être durable uniquement s’il repose sur 3 piliers : la performance économique, l’équité sociale et le management environnemental. l’entreprise doit être à la fois rentable, équitable et responsable » explique Cyrille Souche de l’agence des acteurs du développement durable M&C devant une trentaine d’entreprises vauclusiennes, lors d’une table ronde qu’il a organisé avec la CCI de Vaucluse. Un état d’esprit que n’a pas démenti Philippe Patoureaux, responsable de TCC, une société de traduction scientifique installée à Pertuis. « Faites entrer la culture citoyenne dans l’entreprise et la productivité explose », assure son jeune dirigeant. Même constat chez Pro Natura, leader européen de la distribution de fruits et légumes bio à Cavaillon. « Notre entreprise est économiquement viable car elle repose sur la richesse de la diversité de son personnel » assure Fatima Jamjama, responsable des ressources humaines chez Pro Natura. Chez Epur Nature, spécialiste de la construction de station d’épuration par filtration naturelle à base de roseaux, implanté à Gargas, « cette démarche nous permet de mettre en place un système qualité tant pour notre fonctionnement interne que pour les relations avec nos prestataires de service », explique Julie Estadieu, responsable qualité. A Fym Profilé à Saint Saturnin, cette démarche permet de définir les axes de développement stratégique à venir. ce fabricant de matières plastiques essaye également de sensibiliser ses sous-traitants. Conscient de ces enjeux, l’Etat vient de mettre en place des mesures incitatives à l’embauche de jeunes cadres spécialisés dans ce secteur. « Depuis le 1er Mars 2005, le ministère de l’Ecologie débloque des aides à hauteur de 50% du salaire durant 12 mois », explique Marie-Hélène Roques de la DRIRE. Au final, le développement durable semble vouloir donner du sens à l’entreprise. « Notre comportement ne doit plus être différent quand on franchit le seuil de l’entreprise » , souligne Cyrille Souche. Réconcilier le citoyen avec le salarié et introduire plus de concertation dans l’entreprise : le défi majeur des années à venir.

 

9ème Festival de l’Avenir au Naturel

Les 3 et 4 septembre 2005 se tiendra la 9ème édition du Festival de l’Avenir au Naturel de L’Albenc.

Ce charmant village (entre Tullins et Vinay sur la RN 92) accueillera sur ses pelouses, au bord d’une rivière, sous de grands arbres dans un cadre bucolique, une grande foire biologique et écologique.

200 exposants et plus de 20 000 visiteurs sont attendus a ce rendez-vous incontournable pour tous ceux qui s’intéressent a la protection de la nature et de l’environnement.

L’entrée est libre et un programme d’une trentaine de conférences/débats permettra a chacun de s’informer et d’agir concrétement au quotidien.

Cette année le festival accueillera notamment :
Yves Cochet, ancien ministre de l’environnement sur le thème de la fin du pétrole,
le professeur Gilles-Eric Seralini qui interviendra sur l’épineuse question des Ogm,
Bernard Maris, économiste, écrivain et chroniqueur à France Inter, qui détaillera les relations, souvent conflictuelles, entre économie et environnement,
Astrid Betancourt, la sœur d’Ingrid retenue en otage depuis plus de 3 ans en Colombie,

Avec la présence exceptionnelle (sous réserve) du professeur Youri Bandajevsky qui lutte depuis des années, au prix de sa liberté, pour que soit reconnu le lien entre les retombées nucleaires de Tchernobyl et les maladies graves des enfants dans les zones contaminées.

Au programme également comme chaque année : des expositions, des sorties nature, des visites de jardins, des animations musicales et ludiques, un espace enfants…
On peut venir au festival en famille, y passer un week-end naturel et biologique, 100% convivial. L’ambiance festive est garantie !


Contacts :
Sebastien GOGUET – 04 76 36 50 10

Déchets nucléaires : n’empoisonnez pas la Terre !

Grande manifestation nationale le samedi 24 septembre 2005 à BAR-LE-DUC préfecture de la Meuse, près de Bure,
possible poubelle nucléaire de la France et de l’Europe.
A l’appel des coordinations nationales des Elus et des Collectifs opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs, des Collectifs Bure-Stop, du Réseau “Sortir du nucléaire” (Fédération de 700 associations), avec le soutien de plusieurs centaines d’organisations et associations françaises et européennes dont ACDN, Biocoop, CAP 21, Chiche, Collectif “L’EPR, non merci”, Confédération paysanne, Fac Verte, Greenpeace, LCR, Les Amis de la Terre, Les Verts, MAN, Nature et Progrès… (liste complète sur : www.sortirdunucleaire.fr).

40 ANS DE NUCLEAIRE

200 000 ANS ET PLUS DE DECHETS RADIOACTIFS !

Les industriels du nucléaire et les autorités ne savent comment supprimer les déchets radioactifs qu’ils ont produits et ne cessent de produire. Alors ils veulent les enfouir sous terre, comme des malpropres camouflent la poussière sous le tapis. Véritable crime contre les générations actuelles et futures !
Uranium, plutonium, américium, neptunium, strontium…sont des radioéléments extrêmement dangereux produits par le nucléaire civil et militaire.

Que menacent-ils ? LA VIE, tout simplement ! La radioactivité attaque l’ADN des cellules, provoquant des cancers, leucémies, maladies cardiovasculaires… et, pire que tout, la dégénérescence de notre descendance : voir les enfants monstrueux de Tchernobyl, de l’Afghanistan, de l’Irak (bombardés à l’« Uranium Appauvri »)…

Début 2006, les parlementaires seront invités à choisir l’enfouissement alors que des experts internationaux et indépendants jugent l’état des recherches insuffisant. Nulle part au monde, on ne sait quoi faire de ces déchets !

S’ils sont enfouis – à Bure ou ailleurs – les déchets nucléaires resteront dangereux pour des millénaires (plutonium : 200 000 ans de vie ; uranium : 3 milliards d’années de demi-vie). La radioactivité contaminera les nappes phréatiques et la chaîne du vivant.

Alors que faire ?

* garder sous surveillance les déchets existants là où ils sont produits ;
* économiser l’énergie et fermer au plus vite les centrales nucléaires en recourant à d’autres sources d’énergie ;
* cesser de fabriquer des armes atomiques.

NI A BURE, NI AILLEURS,

LA TERRE NE DOIT ETRE EMPOISONNEE POUR L’ETERNITE

Ne laissons pas faire ce type de crime nouveau et inconnu.

RDV Parking du Hall des Expositions (ex. « Halle des Brasseries »)

Et si le commerce devenait solidaire…

Consommateurs et producteurs citoyens

Le Parti communiste a décidé de donner une nouvelle dimension aux ventes de fruits qu’il organise chaque été en commun avec des producteurs et le Mouvement des exploitants familiaux (MODEF). C’est toujours sous le signe de la solidarité que l’action s’organise. À un bout de la chaîne, les consommateurs qui voient sur les marchés et dans les grandes surfaces les prix flamber d’année en année. Au total, surtout dans les familles populaires, on calcule, on prive les enfants de fruits qui sont pourtant indispensables. De beaux esprits dissertent alors sur les changements d’habitudes, de comportements et de consommation. En réalité, la démonstration est faite, à chacune des initiatives de vente de fruits à des prix « corrects », que la demande des consommateurs est bien là. Le seul problème est qu’ils n’ont pas les moyens de payer les fruits aux tarifs pratiqués dans les commerces.

Le PCF et le MODEF se sont une fois encore associés et voient grand pour organiser leur vente solidaire de fruits. Ils démontrent qu’on peut pratiquer des prix d’achat rémunérateurs pour la production paysanne et des prix de vente accessibles aux familles populaires. Les ventes se dérouleront du 18 au 22 août, le 18 dans la région parisienne. À la Bastille à Paris, dans 5 villes en Seine-et- Marne, 13 villes en Seine-Saint-Denis (où 8 tonnes de fruits ont été commandées), à Nanterre et à Gennevilliers dans les Hauts de Seine. Dans le Val-de-Marne, ce seront 15 tonnes de fruits qui seront proposés dans quarante points de vente.

Lors de ces actions concrètes très attendues dans les cités de la région parisienne notamment, les communistes veulent poser en termes de solidarité les problèmes de la crise des prix agricoles. Une crise qui risque de faire plus de dégâts encore qu’en 2003 et 2004 et de se traduire par la disparition de milliers d’exploitations agricoles. Affirmant que les productions des paysans français ne couvrent que les deux tiers des besoins des consommateurs de la France, le PCF exige une « régulation des importations avec l’Europe et le monde ». Ils demandent « une juste rémunération de tous les acteurs de la filière des fruits et légumes » et dénoncent les pratiques de la grande distribution et de ses centrales d’achat. « Six enseignes et cinq centrales d’achat contrôlent 90 % de la grande distribution », affirme le PCF, qui propose la mise en place d’« un observatoire démocratique pour les prix de revient, les prix d’achat et de vente, à tous les stades ».

À cet effet, le PCF lance une opération vérité jusqu’au 26 août en éditant, à destination des « consommateurs citoyens », une grille qui permet de relever, dans 1 000 magasins, les prix de 5 fruits et légumes. Tandis que les « producteurs citoyens », eux, sont invités à indiquer pour ces mêmes produits les coûts de leurs productions. Une opération qui, selon le PCF, permettra de dévoiler au grand jour les pratiques de la grande distribution, tant vis-à-vis des consommateurs que des producteurs.

Article paru dans l’édition du 17 août 2005 dans l’Humanité

Les ventes de fruits et légumes organisées par le MODEF et le PCF connaissent un vrai succès et donnent des idées aux producteurs.

Hier matin, 8 h 30, place de la Bastille à Paris. Du ventre du semi-remorque garé sur le trottoir, des militants badgés du sigle PCF et des producteurs du Lot-et-Garonne sortent les cageots de pêches, de prunes et de tomates. Les palettes croulent sous les sacs de pommes de terre. La « vente solidaire », organisée par le syndicat agricole MODEF et le PCF, a débuté depuis 8 heures et plusieurs centaines de « clients » se sont déjà approvisionnés. Alain et Françoise transfèrent les cageots de pêches, de prunes et de tomates, les melons qu’ils ont achetés, dans des cabas. Le jeune couple a appris la nouvelle par l’Huma. « C’est une très belle action du Parti communiste », dit Alain. Il se sent concerné par la solidarité avec les paysans. Françoise relève surtout qu’elle a pu s’acheter des produits frais. « J’ai acheté pour 20 euros. Pour ce que j’ai eu, j’aurais dépensé 15 euros de plus en supermarché. » Elle interroge : « Est-ce le prix coûtant ? » Quand on lui dit qu’à ce prix, les producteurs sont rémunérés pour leur travail et qu’une marge a été calculée pour l’organisation de la vente et notamment la location des camions, elle n’en revient pas.

Il est 9 heures et Guy vient d’acheter un des derniers cageots de pêches. C’est sur Internet qu’il a appris la vente. Il est venu parce qu’il « achète des fruits en supermarché mais seulement en fonction des prix ». Et aussi « parce que je ne peux pas imaginer un pays sans paysans ». Il arrive souvent à Pierrette et Camille de renoncer à acheter des fruits et des légumes. Pierrette est donc heureuse d’avoir pu le faire ce matin. Camille, lui, a une solution radicale : « Ça devrait être toute la classe ouvrière et toute la classe paysanne qui organisent les ventes en direct, par-dessus les intermédiaires. » « De toute façon ça ne résoudra pas le problème, estime Dominique qui s’est glissé dans la conversation. D’ailleurs, ça ne devrait pas être le PC qui fasse ça, ce n’est pas de la politique. »

Il est 9 h 30 et il n’y a plus ni pêche ni salade. Yvonne doit renoncer à l’achat des 3 melons proposés pour 5 euros. « Je suis bien d’accord que pour cette qualité, je ne trouverai pas moins cher. Mais c’est mon porte-monnaie de retraitée qui commande. » « Je joue à la marchande, dit Valérie en riant, ça me rappelle quand j’étais petite. » L’institutrice communiste s’est investie dans cette initiative avec un bonheur visible. « C’est une belle action militante, affirme-t-elle. On voit ce que c’est que la solidarité. Une dame est venue acheter, elle a rempli sa voiture de fruits et légumes. Elle a dit que c’était pour toutes ses voisines de cité. » Valérie est surprise que les gens qui viennent soient si informés des problèmes de l’alimentation et de l’agriculture. Elle, elle est née dans la région d’Agen et elle sait que chez elle, « les petites exploitations ont toutes disparu ».

Dix heures, les dix-sept tonnes de fruits et légumes sont bien entamées. Gilbert Dufourg produit des pommes de terre à Marmande. Il en a apporté dix tonnes pour cette vente en région parisienne. « J’en tire ici 40 centimes le kilo et je m’en sors, y compris le conditionnement et le transport. Les centrales d’achats me les prennent à 10 centimes le kilo. Je ne peux pas y arriver. Du coup, ma récolte a pris un mois et demi de retard, les pommes de terre souffrent. » Cette année, dans son département du Lot-et-Garonne, 230 exploitants ont arrêté et dix seulement ont pris le relais. « Tous les ans et sur tous les produits c’est la crise, affirme Gilbert. On ne peut se rattraper sur rien. On envisage de se regrouper pour organiser ces ventes directes une fois par mois en région parisienne, avec des associations ou autrement. Sinon, on ne s’en sortira pas. » « Oui, il faut qu’on fasse la nique à la grande distribution, approuve Sylvie Mayer, responsable de la commission du commerce équitable au Parti communiste. Et il faut qu’on favorise cette démarche car les consommateurs et les producteurs, s’ils s’organisent, représentent une force. »

Il est 11 heures, la vente et les discussions se poursuivent depuis trois heures. En moyenne, en trois heures ce sont neuf exploitations agricoles qui disparaissent en France.

Article paru dans l’édition du 19 août 2005 de l’Humanité.

Pactole citoyen pour le parc éolien

Mieux que le livret A, l’éolienne. A Igney, Foulcrey et Repaix, trois villages aux confins des départements de la Meurthe-et-Moselle et de la Moselle, 99 particuliers sont pour la première fois en France actionnaires d’un parc éolien de 32 mégawatts (MW) dont la construction doit s’achever fin août pour une mise en service prévue un mois plus tard. Investissant au minimum les 1 000 euros réclamés par action, ils ont apporté 10 % du financement d’un projet de 35 millions d’euros. «Les gens ont bien compris l’intérêt de cette démarche pour le territoire, se félicite François Pélissier, PDG de la société Erelia et promoteur du projet. Et puis ce qu’on propose n’est pas ridicule : 7 % de dividendes garantis par an, c’est quand même pas mal.» Pour ériger ses 16 éoliennes réparties sur trois crêtes à 350 mètres d’altitude au milieu d’une zone rurale où dominent agriculture et élevage laitier, Erelia s’est appuyée sur une charte qualité dont François Pélissier résume la philosophie par la formule «partage du paysage, partage des richesses». Equitable. «Au moment du choix de l’implantation des éoliennes, nous avons, par exemple, proposé un protocole global qui permet un partage le plus équitable possible des indemnités entre les propriétaires, explique François Pélissier. Celui qui possède le terrain où l’on monte l’éolienne ne perçoit pas 100 % des indemnités, mais 70 %. Les 30 % vont aux voisins, s’il y en a, dans un rayon de 80 mètres.» C’est le même principe qui a guidé le recours à l’actionnariat des acteurs locaux, dont le nombre a été limité à 99 afin d’éviter la lourde procédure d’information prévue par l’Autorité des marchés financiers lorsqu’une opération d’appel public à l’épargne concerne 100 personnes et plus. Sur les 35 millions d’euros nécessaires au financement du projet, 80 % sont couverts par un emprunt bancaire et 10 % proviennent du Fonds d’investissements de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Fideme). «Après l’apport des investisseurs de départ, il fallait encore trouver 1,8 million d’euros», raconte François Pélissier. Originaire d’Igney, il a mis à profit sa connaissance du terroir et son réseau de relations pour convaincre un nombre suffisant d’actionnaires. «La moitié a mis moins de 100 000 euros et 10 % plus de 40 000. Ce sont uniquement des particuliers et 90 % d’entre eux habitent dans les deux communautés de communes concernées par le projet.» «Beaucoup parmi les actionnaires sont des agriculteurs. Moi, j’ai toujours été proche de la nature», explique Jean-Luc Pierrel, 54 ans, un habitant d’une commune proche d’Igney. En 2001, il a été licencié de chez Bata. Quatre ans plus tard, il a décidé d’investir «une partie de [ses] indemnités dans le projet Erelia plutôt que de la laisser aux organismes financiers traditionnels qui ne garantissent qu’un rendement de 2 % par an. Et c’est vrai que l’éolien, c’est la solution idoine contre l’effet de serre». Avec 32 MW installés, Erelia devrait fournir au réseau EDF l’électricité nécessaire pour alimenter 40 000 personnes, soit une économie en CO2 de 45 000 tonnes par an. Clé de l’acceptation. Fort de cette première expérience de financement local et citoyen de l’énergie éolienne, François Pélissier estime avoir «fait la démonstration qu’en France on peut avoir des projets intéressants et qu’il faut toujours réfléchir en fonction du territoire où l’on veut s’installer». Rappelant que «l’installation d’éoliennes modernes n’est pas un acte d’aménagement anodin», les promoteurs du projet Welf pour Wind Energy Local Financing ­ estiment que la participation financière des riverains «est un facteur clé de l’acceptation» et constitue «le stade ultime de l’implication locale en symbolisant un engagement très concret de la population dans le développement durable». En France, poursuivent-ils, «on constate un manque évident d’outils financiers que les établissements bancaires ou assimilés pourraient offrir, tant pour la collecte des fonds que pour l’accompagnement du montage et de la réalisation de projets faisant appel à l’investissement citoyen». Ces outils sont beaucoup plus développés au Danemark et en Allemagne, où plus de 16 000 MW étaient installés fin 2004, contre 436 de ce côté-ci du Rhin, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Sans doute la preuve que l’expérience d’Igney mérite d’être renouvelée.

 

Citation : L’arbre des possibles

« Le futur est difficile
Voire Impossible à prévoir.
Mais on ne perd rien à essayer quand même.
Il n’y a plus de visionnaires.
Il n’y a plus de futurologues
Plus personne n’ose proposer de vision
car tout le monde a peur d’avoir l’air ridicule.
Pourtant il est nécessaire de se projeter dans l’avenir,
ne serait-ce que pour ouvrir des perspectives.
Ce sont les utopies de maintenant qui une fois exprimées peuvent bâtir la réalité de demain. »

Bernard Werber

Et vous quel futur imaginez-vous ? Découvrez, enrichissez l’arbre des possibles.

Parmi les scénarios possibles pour le futur, nombreux sont pessimistes : Et si le point de non-retour écologique était franchi? Et si le réchauffement climatique faisait fondre la glace des pôles? Et si le réchauffement climatique provoquait l’arrêt du Gulf Stream et une glaciation locale en Europe? Et si les prochaines guerres n’étaient pas celles de l’énergie, mais celles de l’eau?

Mais quelques-uns offrent une alternative plus optimiste : Et si une prise de conscience écologique avait lieu? Et si on décidait de placer l’intérêt de l’être humain et de l’ensemble du vivant avant l’intérêt économique?

Et même, il existe des propositions d’avenir très intéressantes : Et si les citoyens du monde aidaient les ONG à racheter les forêts tropicales?

Le renouveau par les énergies renouvelables

Au début des années 70, l’apport des énergies renouvelables dans l’économie était considéré comme nul d’après les statistiques officielles. Alors que si notre Soleil s’éteignait, toute trace de vie disparaîtrait sur Terre en quelques semaines, quelle ingratitude ! Il semble que nous utilisions les énergies renouvelables, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir. Car si le véliplanchiste se convertissait au ski nautique, le cycliste au 4×4 et que les abricots étaient cultivés en lumière artificielle, cette fois ces activités seraient recensées parmi les «besoins» énergétiques de la nation. Et les meilleurs experts de la nation se réuniraient pour garantir un approvisionnement en énergie (nucléaire si possible) suffisamment bon marché dans les cinquante prochaines années pour que ces indispensables activités ne soient pas menacées. Il en va de notre croissance et de nos emplois. Décidément, les techniciens ne raffolent pas de ce qui est gratuit et compliqué à mesurer. D’autant que, dans leurs tableaux, toute énergie doit être convertie en équivalent tonne pétrole. Or deux conceptions du monde s’affrontent, entre la planche à voile, extrêmement légère et aérodynamique, et qui avance relativement lentement, et le hors-bord, bruyant et rapide, mais capable de tirer un skieur en plus du conducteur. Si le plaisir est (presque) comparable entre les deux sports, ramené en équivalent tonne pétrole, l’énergie éolienne nécessaire pour déplacer la planche à voile est négligeable donc négligée. Et pourtant la voile est un sport extrêmement populaire en France. De manière plus générale, on sait que la voiture est utilisée par les particuliers majoritairement pour effectuer de courtes distances. Dans un certain nombre de cas, l’enjeu est de se procurer une baguette de pain, un paquet de clopes ou d’aller chercher ses enfants à l’école, qui eux-mêmes bénéficient de jeunes jambes en état de fonctionner. Des moyens de transport plus propres et plus durables que le véhicule à essence, comme la marche à pied, le roller ou la bicyclette, seraient suffisants. Du point de vue nombre de kilomètres parcourus et service rendu, les deux solutions sont quasi identiques. Or il est clair là aussi que l’équivalence au sens énergétique conduit à négliger le rôle de la marche à pied. Le marcheur ne va pas s’amuser à déplacer en plus de sa baguette les 600 kg de métal et de plastique que représente une voiture, voire plus d’une tonne dans le cas d’un 4×4. Quand l’essence bon marché aura disparu, le paysage de nos villes va changer profondément, les voitures seront moins rapides, plus petites et beaucoup plus légères. Les 4×4 sont les dinosaures de notre époque. Un autre bon exemple est celui de l’habitat. Une grande partie de l’année, les maisons et les immeubles sont chauffés uniquement grâce au soleil. Là aussi la production d’énergie solaire n’est comptabilisée dans les statistiques officielles que si elle est dite active, soit thermique avec production d’eau chaude, soit photovoltaïque avec production d’électricité. Le solaire dit passif, qui est importé directement du ciel sans taxes et utilisé avec intelligence depuis des millénaires, est lui absent des statistiques. Pourtant la conception des habitats permet de tirer parti de ce rayonnement solaire naturel dans des rapports très variables, suivant la forme générale du bâtiment et son orientation, la présence d’une double coque, le choix des matériaux et la ventilation. Des techniques traditionnelles, améliorées à l’aide d’outils d’ingénierie moderne, font d’ailleurs l’objet d’un domaine d’études très actif, l’architecture bioclimatique. Il est possible de réduire le recours aux énergies non solaires, aussi bien pour chauffer que pour climatiser, économisant une fraction de ce qui est consommé dans un immeuble classique. Sans aller chercher ces techniques nouvelles, qui sont davantage prisées chez nos voisins danois ou italiens qu’en France, le déplacement de la population française qui déserte les régions du Nord et de l’Est, pour s’installer dans le Sud, induit naturellement une modification des modes de consommation d’énergie. La part de l’énergie solaire dans le chauffage et dans l’éclairage des bâtiments est largement plus élevée dans le Sud que dans le Nord. Un gain qui là encore n’est pas transcrit dans les statistiques officielles. Au contraire, on se désole que la région Paca fasse très peu appel aux énergies renouvelables, alors que par nature, c’est la région largement en tête quant à la consommation d’énergie solaire ! Il serait plus que temps de rendre justice au rôle essentiel tenu par les énergies renouvelables, y compris dans nos sociétés très dépendantes des énergies fossiles. L’enjeu n’est pas que symbolique, il s’agit d’apprendre à mieux exploiter un gisement considérable. Ainsi des chercheurs se sont aperçus que l’éclairage était avant tout naturel avant d’être électrique (tiens donc !) et viennent de mettre au point un système où la lumière du soleil est focalisée puis transmise via fibres optiques jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de distance. L’idée est d’éclairer dans la journée des pièces sans fenêtres vers l’extérieur, uniquement à l’aide de la lumière solaire. La réalité de la survie de la vie humaine sur terre passe par un usage constant et quotidien de l’énergie solaire, et de ses dérivées les énergies éoliennes et hydrauliques. Les énergies fossiles, qui ont été dilapidées en deux siècles, ne sont qu’une exception, certes remarquable mais une exception, dans la très longue histoire des sociétés humaines.

 

Documents joints

Les ministres de l’Environnement veulent agir

Les ministres et délégués de l’Environnement de 22 pays industrialisés et en développement ont achevé mercredi 17 août une réunion informelle au Groenland. Ils ont pu constater sur place les effets dévastateurs des changements climatiques.
Les représentants des Etats-Unis, du Canada, de la Chine, du Brésil, de l’Indonésie, d’Afrique du Sud, de pays européens et de la Russie ont été invités à Ilulissat, village à l’ouest de l’île, pour voir de près les conséquences du réchauffement climatique dans cette région de l’Arctique.
«La conférence a permis d’améliorer la compréhension commune de questions-clés des changements climatiques, et de soulever des idées innovatrices pour savoir comment aller de l’avant» a résumé la ministre danoise Connie Hedegaard. «Il existe un consensus croissant sur le besoin d’agir maintenant», a-t-elle noté.
«Plusieurs ministres ont souligné que leurs pays ont déjà connu des conséquences économiques, sociales et environementales sérieuses des changements climatiques», a-t-elle constaté. Le ministre chinois Gao Guangshen a ainsi observé que «les changements climatiques constituent l’un des facteurs de réduction de 3 à 6 % du Produit intérieur brut (PIB) moyen de son pays de 1950 à 2000».
«Même si une action ciblée et ambitieuse était prise immédiatement, le réchauffement global continuera pendant des centaines d’années» , a encore relevé Mme Hedegaard. «Au lieu de blâmer les autres pays pour leur manque d’action, tous les gouvernements doivent présenter des visions crédibles sur les moyens d’apporter leur propre et juste contribution», a-t-elle insisté.

Source : ATS

Pour compléter cette information, nous avons sélectionné quelques extraits de l’article de Julien Bourdet, intitulé « Les glaces du Groenland disparaissent à une vitesse accélérée » et publié dans l’édition du 17/08/05 du Figaro.

Dans les prochains siècles, le Groenland – «Terre verte» en danois – pourrait plus que jamais mériter son nom. La calotte glaciaire, qui recouvre 82% de ce territoire de plus de 2 millions de kilomètres carrées, se réduit en effet d’année en année sous la pression du réchauffement climatique imputable à l’augmentation des gaz à effet de serre émis par l’homme depuis plus de 100 ans. C’est en tout cas l’avis de la majorité des scientifiques. Pour Philippe Huybrechts, glaciologue à l’université libre néerlandophone de Bruxelles, la totalité de la glace groenlandaise pourrait avoir disparu dans un millier d’années si le changement climatique se poursuit au rythme actuel.

Les régions arctiques sont particulièrement sensibles à la hausse globale des températures. Selon l’Acia, la température moyenne de l’Arctique pourrait gagner de 4 à 7 °C d’ici à 2100. Alors que les scénarios établis par le Groupe international d’experts sur le climat (Giec, IPCC en anglais) mandatés par l’ONU prévoient une augmentation de 1,4 à 5,8 °C pour l’ensemble du globe. «C’est une histoire de réflexion de la lumière par la glace ou plutôt par la neige (l’albédo, NDLR) qui s’accumule d’année en année, explique Dominique Raynaud, du CNRS. Si davantage de glace fond chaque année, c’est autant de lumière du Soleil en moins qui est réfléchie et autant en plus qui est absorbée par la surface continentale. Et le réchauffement peut aller ainsi en s’amplifiant.»

[…]
Pour les scientifiques, rien de bon n’est à attendre de la fonte du Groenland. Depuis un siècle, le niveau moyen des océans a augmenté à l’échelle planétaire d’une quinzaine de centimètres et il pourrait le faire encore de 10 à 90 cm dans 100 ans. Beaucoup accordent au Groenland une part non négligeable dans cette montée des eaux. Certains climatologues prévoient ainsi une hausse de 6,5 cm due à la fonte de la région arctique danoise d’ici à 2100. Dans le pire des scénarios, celui de la fonte totale du Groenland, l’effet serait dramatique : une hausse de 7 mètres du niveau des océans.

[…]
Pour les peuples indigènes de l’Arctique, le réchauffement est déjà une réalité. Les glaces apparaissent de plus en plus tard et se retirent de plus en plus tôt, ce qui raccourcit considérablement la saison de chasse. Au Groenland, des chasseurs ont ainsi été contraints d’abattre certains de leurs chiens de traîneau, faute de pouvoir les nourrir.

L’article complet est à lire sur le site du journal Le Figaro en cliquant sur le lien ci-dessous.

Les mensonges du lobby Exxon

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Lorsqu’en janvier dernier le romancier Michael Crichton a pris la parole à Washington devant une assistance conviée a un déjeuner-debat, à première vue, on aurait pu penser qu’il ne s’agissait que d’une banale tournée promotionnelle d’un auteur à succés qui avait un livre a vendre. De fait, Crichton était bien la pour assurer la promo de son dernier thriller, State of Fear [Etat de peur, non paru en francais]. Dans ce roman antiécologiste à suspense, de sombres écoterroristes tentent de provoquer des catastrophes naturelles pour entretenir des craintes totalement injustifiées sur le changement climatique planétaire. Malgré ce scénario fantaisiste, l’auteur a été accueilli comme un expert par les conseillers politiques bon chic bon genre qui se pressaient ce jour-la dans les élégants salons du Centre de conférences Wohlstetter de l’American Enterprise Institute for Public Policy Research (AEI). Dans son discours de présentation, Christopher DeMuth, président de l’AEI et ancien responsable du budget de Reagan, félicita le romancier d’avoir ainsi reussi a mettre “les données scientifiques les plus sérieuses a la portée d’un public populaire, à travers un récit palpitant”. La conférence était organisée sur le thème : “Quelle politique scientifique pour le XXIe siecle ?” Du haut de ses deux mètres, Crichton, médecin de formation, à la stature d’un joueur de basket-ball et sa prestance comme son passé lui confèrent un certain prestige. Il se dit volontiers “anticonformiste par nature”, mais, ce jour-là, ses propos n’avaient rien pour faire sourciller son public de l’AEI. “J’ai consacré toutes ces dernières années à étudier a la loupe les questions environnementales, et plus particulièrement le réchauffement planétaire”, déclara-t-il avec quelque solennite. “Et j’ai été profondement troublé par ce que j’ai découvert, surtout parce que les preuves avancées sur un grand nombre de questions écologiques présentent, à mon sens, des failles scandaleuses et manquent de fondement.” Apres quoi, il entreprit d’éreinter une étude de 1998 sur l’évolution historique des températures, contre laquelle les conservateurs avaient déjà maintes fois choisi de cibler leurs attaques. Pratiquement toute la communauté scientifique s’accorde à dire que les gaz a effet de serre d’origine humaine sont responsables d’une hausse des temperatures moyennes du globe. Mais les think tanks conservateurs s’emploient a démentir cette conclusion par une campagne de désinformation exploitant des “rapports” contradictoires qui cherchent à se donner toutes les apparences du sérieux pour faire contrepoids aux études scientifiques scrupuleusement verifiées. Ces think tanks assurent par ailleurs une couverture intellectuelle à ceux qui refusent de se rendre aux conclusions de la science la plus sérieuse qui soit actuellement ; ils offrent des munitions aux législateurs conservateurs comme James Inhofe, sénateur républicain et président de la commission sénatoriale de l’Environnement et des Travaux publics, qui qualifie le réchauffement planètaire de “canular”. Crichton dresse un parallèle entre les climatologues et les nazis Cet effort concerté reflète les convictions des conservateurs les plus farouchement attachés au liberalisme économique, et donc opposés à toute réglementation contraignante. Mais un autre facteur est en jeu : non contents de bénéficier du soutien de personnalités qui partagent leur sensibilité et de fondations qui leur sont idéologiquement favorables, ces groupes de réflexion sont financés par ExxonMobil, la première compagnie petrolière du monde. Mother Jones a recensé une quarantaine d’organisations financées par ce groupe pétrolier qui ont cherché a saper les résultats scientifiques généralement admis sur le changement climatique planétaire, ou bien entretiennent des liens avec une petite coterie de scientifiques “sceptiques”. Outre les think tanks, la liste compte également des organes quasi journalistiques comme TechCentralStation.com (un site proposant “des informations, des analyses, des recherches et des commentaires”, auquel ExxonMobil a verse 95 000 dollars en 2003), un journaliste de FoxNews.com, et même des groupes religieux et des mouvements des droits civiques. A elles toutes, ces organisations ont encaisse plus de 8 millions de dollars entre 2000 et 2003 (dernière année pour laquelle on dispose de données. Sauf indication contraire, tous les chiffres fournis ci-après portent sur cette periode.) Ainsi, le PDG d’ExxonMobil, Lee Raymond, est également vice-president du conseil d’administration de l’AEI, qui a recu 960 000 dollars d’ExxonMobil. Le Centre d’études sur les réglementations, crée conjointement par l’AEI et la Brookings Institution, qui accueillait officiellement Crichton, a pour sa part percu 55 000 dollars. Pendant la séance des questions-reponses qui a suivi son discours, Michael Crichton a dressé une analogie entre les convaincus du réchauffement planétaire et les eugenistes nazis : “Si Auschwitz a existé, c’est parce que la science a été politisée.” Cette declaration en a fait frémir quelques-uns dans la salle, mais il n’a effleuré personne que cette manifestation de l’AEI tendait precisement a cela : politiser la science. Il est vrai que l’assistance était acquise a la cause du conférencier. Parmi ceux qui écoutaient d’une oreille attentive, il y avait Myron Ebell, le responsable des politiques sur le réchauffement global et les questions internationales au Competitive Enterprise Institute (CEI), auquel ExxonMobil a consenti la somme faramineuse de 1 380 000 dollars. Etait egalement présent, au fond de la salle, Paul Driessen, membre du Committee for a Constructive Tomorrow [Comite pour un avenir constructif] (252 000 dollars) et du Center for the Defense of Free Entreprise [Centre de defense de la libre entreprise] (40 000 dollars). Driessen s’est declaré “reconforté par le fait qu’ExxonMobil et quelques autres groupes se soient levés pour dénoncer haut et fort cette imposture scientifique”. Dans son rapport de mécénat, ExxonMobil explique soutenir des groupes de reflexion sur les politiques gouvernementales “dont la vocation est de rechercher des solutions liberales aux problemes de politique”. Ce que l’entreprise ne dit pas, c’est que beaucoup de ces groupes remettent en cause non seulement le protocole de Kyoto ou la loi McCain-Lieberman [qui propose un mécanisme de réduction des émissions de gaz à effet de serre] pour des raisons économiques, mais aussi les études scientifiques portant sur le changement climatique. Interrogée sur ce point, Lauren Kerr, porte-parole du géant pétrolier, assure qu’“ExxonMobil a toujours été très transparent et très ouvert sur le fait que, comme bien d’autres entreprises, institutions et chercheurs respectés, nous pensons que les preuves scientifiques sur les emissions de gaz a effet de serre restent peu concluantes et que les études doivent se poursuivre”. Elle s’empresse par ailleurs de souligner qu’ExxonMobil sponsorise généreusement des programmes de recherche universitaire – la compagnie envisage ainsi de doter de 100 millions de dollars le Projet sur le climat planétaire et l’énergie de l’université Stanford, et finance même la très prestigieuse Académie nationale des sciences. Aucune autre entreprise ne semble pourtant se démener autant pour soutenir les détracteurs du réchauffement planétaire. “Un grand nombre d’entreprises ont versé des fonds par-ci par-la, mais je serais surpris d’apprendre qu’il y ait eu un mécène plus généreux qu’Exxon”, explique Myron Ebell, representant du CEI, qui, en 2000, puis à nouveau en 2003, a engage une procédure judiciaire contre l’Etat afin de faire interrompre la diffusion d’un rapport datant de l’époque Clinton et montrant l’impact des changements climatiques sur les Etats-Unis. Pour ces deux procés, l’avocat principal charge de défendre le dossier du CEI était Christopher Horner – participant du dejeuner-debat de Crichton -, a qui le CEI verse 60 000 dollars d’honoraires annuels. Or en 2002, ExxonMobil a affecté 60 000 dollars aux “activités juridiques” du CEI. Les dépenses qu’ExxonMobil consacré aux groupes de réflexion sont sans commune mesure avec son budget de lobbying – 55 millions de dollars au cours des six dernieres annees, selon le Centre pour la transparence publique. Et ni l’un ni l’autre de ces chiffres n’entame beaucoup le bénéfice net de la compagnie – qui a engrangé 25,3 milliards de dollars l’année dernière. Mais ce “lobbying d’idees” peut sensiblement influencer les politiques gouvernementales. Prenons par exemple les attaques des amis d’ExxonMobil contre l’Evaluation de l’impact des changements climatiques dans l’Arctique (ACIA). Publiée en novembre dernier, cette étude internationale de référence a mobilisé quelque 300 chercheurs pendant quatre ans. Commanditée par le Conseil arctique (forum intergouvernemental ou les Etats-Unis sont representés), elle relève notamment que l’Arctique est en train de se réchauffer “presque deux fois plus vite que le reste du monde”, et que les premiers effets du changement climatique, comme la fonte de la banquise et des glaciers, sont deja manifestes et “réduiront considerablement l’habitat marin des ours polaires, des phoques et de certains oiseaux marins, précipitant l’extinction de certaines espèces animales”. Les défenseurs de l’industrie ont tiré a boulets rouges sur cette étude mais, faute de faits scientifiques pour étayer leurs arguments, ils ont utilisé des communiqués de presse. “L’alerte sur l’extinction de l’ours polaire a du plomb dans l’aile”, proclamait en manchette le chroniqueur de FoxNews.com Steven Milloy, chercheur adjoint au Cato Institute (75 000 dollars d’ExxonMobil) et éditeur du site Internet JunkScience.com. Le surlendemain, le très conservateur Washington Times reprenait dans ses colonnes le même article. Aucun de ces titres de presse ne prenait toutefois la peine de préciser que Milloy, qui bat régulierement en brêche les inquiétudes sur le climat, dirige deux organisations qui émargent chez ExxonMobil. Au-dela de la question de la déontologie journalistique, et d’un point de vue purement scientifique, les reproches qu’adressait Milloy à l’ACIA étaient d’une telle ineptie qu’ils en étaient comiques. Citant un seul et unique graphique extrait du resume de 146 pages d’un rapport scrupuleusement annotée qui en compte plus de 1 200, il affirmait que le document “se discrédite assez bien tout seul”, car les hautes températures enregistrées dans l’Arctique “vers 1940” donnent à penser que le pic de témpérature actuel pourrait être mis sur le compte de la variabilité naturelle. Ce qui n’a pas empêché d’autres groupes de s’empresser de reprendre a leur compte les accusations de Milloy. . La suite de ce passionnant et ahurissant article est à lire sur le site de Courrier International ou dans le numéro d’été du même journal.

 

La disparition du plancton océanique

Un phénomène naturel observé au large du nord de la Californie, de l’Oregon et de l’Etat de Washington, déconcerte les scientifiques, inquiète les pêcheries et cause une surmortalité des oiseaux de mer : la disparition du plancton océanique. « Si cela dure, cela pourrait avoir des conséquences sur le long terme : une chute générale de la vie océanique à proximité des côtes, avec une bien plus faible quantité de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins. Nul ne peut dire combien de temps cela va durer. Mais d’après les scientifiques, même une courte période pourrait affecter sévèrement les populations d’oiseaux de mer à cause de la réduction drastique de la fécondité », rapporte le San Francisco Chronicle.

La disparition du plancton est liée à un ralentissement d’upwelling, c’est-à-dire du phénomène saisonnier de remontée à la surface d’eaux profondes plus froides et « riches en plancton végétal (phytoplancton) et animal (zooplancton), qui forment la base de la chaîne alimentaire maritime ». Les scientifiques n’ont pas d’explications claires sur l’origine de l’insuffisance d’upwelling, mais une étude récente indique que le phénomène pourrait s’appliquer sur le long terme et être lié au réchauffement global.

Courrier international, 18/07/05

Aral : la mer sacrifiée

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Il y a quarante ans encore, la mer d’Aral était la quatrième plus grande étendue d’eau salée au monde. Même si les conditions de vie dans cette région étaient difficiles, les habitants pouvaient néanmoins compter sur la pêche pour se nourrir et s’octroyer un revenu minimum. Aujourd’hui à Aralsk, qui fut le principal port de pêche kazakh de la région, la mer s’est retirée à soixante-dix kilomètres plongeant les habitants dans un désastre économique, social et sanitaire. La disparition de la mer d’Aral n’est pas un accident fortuit, c’est le résultat de la volonté politique des dirigeants de l’ex-URSS qui voulaient créer d’immenses champ de coton pour faire de l’Ouzbékistan le deuxième exportateur mondial de coton. Les autorités ont donc décidé la construction de gigantesques canaux d’irrigation sur le fleuve Amou-Daria, provoquant de fait l’assèchement de la mer. L’eau a commencé à se retirer en 1968, le point culminant du désastre écologique a été atteint en 1987 lorsque ce lac salé s’est divisé en deux pour former une « petite » mer d’Aral au nord et une « grande » au sud. Aujourd’hui, les scientifiques pensent que la partie sud de la mer est condamnée. Le Kazakhstan, indépendant depuis 1991, tente de sauver la « petite » mer d’Aral, au nord. Ils achèvent la construction d’une digue de plus de 13 kilomètres de long qui bloque le seul petit canal reliant encore les deux mers. Elle empêche ainsi l’eau apportée par le fleuve Syr-Daria de se perdre dans le désert en essayant de rejoindre la grande Aral. A Aralsk, on se souvient qu’une première digue avait permis de ramener la mer à 18 kilomètres de la ville. Hélas, mal construite, cette dernière avait cédé en 1998. Le nouvel ouvrage devrait permettre de rapprocher à nouveau la mer à 15 km de la ville, redonnant ainsi un petit souffle d’espoir aux habitants qui subissent de plein fouet les conséquences de cette catastrophe écologique. En plus de l’amenuisement des ressources de la pêcherie, ils doivent faire face à de multiples problèmes de santé. Les maladies rénales dues à l’augmentation de la salinité de l’eau potable ont explosé, alors que les engrais chimiques, utilisés dans la culture du coton et charriés par le vent, provoquent maladies respiratoires et cancers. La construction de la digue n’est que la première étape de la réhabilitation. Les autorités kazakhes ont prévu de débloquer quelque 160 millions de dollars pour doubler sa hauteur et la porter à huit mètres, la mer pourrait alors à nouveau atteindre Aralsk. Les centaines de chameaux, qui ont colonisé les anciens fonds marins, devront alors se résigner à retourner à leur milieu naturel, la steppe qui entoure la mer d’Aral. Pour aller plus loin sur ce désastre écologique, nous vous conseillons de cliquez sur le lien ci-dessous et lire l’article intitulé « MER D’ARAL: DÉPASSER LES GÂCHIS DU PASSÉ » rédigé par Sue Lloyd-Roberts et Ethirajan Anbarasan, respectivement journalistes à la BBC et au Courrier de l’UNESCO.

 

Citation du 19/08/05

« Croyez-vous encore qu’une croissance infinie soit possible sur une planète où les ressources sont limitées ? »
Frédéric Beigbeder
Slogan pour La journée sans achat

Italie : la migration des fruits

Avec la hausse des températures et le manque d’eau pour l’irrigation des champs, l’agriculture italienne est en pleine mutation. La culture des céréales, qui demande beaucoup d’eau, est en crise, quant aux fruits – agrumes, pêches, amandes et olives – qui proviennent habituellement des vergers du Sud, ils poussent maintenant dans le nord de la péninsule grâce à la température, qui atteint régulièrement 33 °C dans le Piémont, leur nouvelle terre d’élection. « C’est la migration des fruits », note le quotidien romain La Repubblica, qui a constaté que les abricots sont allés encore plus loin, puisque ceux que l’on trouve aujourd’hui sur les marchés italiens proviennent pour la première fois du Royaume-Uni. Il y en a tant outre-Manche que le quotidien londonien The Independent a baptisé 2005 « l’année de l’abricot ».

Le vin italien subit lui aussi des transformations. Celui que l’on vend aujourd’hui sous l’appellation « vin de table » se transforme en vin doux parce qu’il est plus sucré. Quant à la vigne qui produit le fameux spumante, elle est à la recherche d’un terroir mieux adapté. Des plantes exotiques s’habituent également au climat italien. « Des palmiers dattiers poussent maintenant au pied des Alpes », remarque La Repubblica.

95 355

D’après l’étude de l’Institut amazonien de la population et de l’environnement (IMAZON), la forêt amazonienne est traversée par au moins 95 355 kilomètres de routes illégales, rapporte La Vanguardia. Le quotidien de Barcelone précise qu’il s’agit d’une estimation minimale puisqu’elle porte sur seulement 1,3 million de kilomètres carrés, soit 28 % de la superficie de la forêt amazonienne.

L´IMAZON a été créé par trois chercheurs américains, l´un lié au NAEA – Núcleo de altos estudos sobre Amazônia, département de l´Université Fédérale du Pará (UFPA) et les deux autres rattachés à l´Embrapa – Empresa brasileira de pesquisa agropecuária, également rattachés à une ONG américaine, WHRC (Woods Hole Research Center). L´ONG a été créée en 1990, initialement afin de réaliser des recherches sur la forêt, à l´époque peu développées dans la recherche publique, selon ces chercheurs. L´objectif était de comprendre les transformations de la forêt et l´impact des politiques interventionnistes.
Aujourd´hui, l´Imazon regroupe une vingtaine de chercheurs, auxquels s´ajoute une dizaine de stagiaires et employés divers, et réalise trois types d´activités :
– Recherche : diagnostic des formes d´utilisation des sols ; développement de méthodes pour évaluer et accompagner les activités d´utilisation des sols ; realisation de projets démonstratifs ; analyse des politiques publiques ; élaboration de scénarios et de modèles de développement durable.
– Formation professionnelle : un des objectifs de l´Imazon est de former des chercheurs ayant une capacité d´analyse et une expérience de terrain, dédiés à la compréhension et à la recherche de solutions aux problèmes environ­nementaux de l´Amazonie.
– Divulgation : publication d´articles scientifiques, utilisation de moyens plus accessibles (vidéo, presse grand public, télévision – on trouve par exemple les publications de l´Imazon chez le marchand de journaux de l´aéroport de Belém) et réalisation de conférences.

Les principaux financeurs de l´Imazon sont la McArthur Foundation, la Ford Foundation, le WWF, le PPG-7, le GTZ (agence de coopération allemande) et Usaid. L´ONG réalise également des études pour différents commanditaires (parmis eux le Gouvernement de l´Amapá et la Banque mondiale). Le budget annuel s´élève à environ 250000 US$.

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La dette ou le développement durable

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Une grande partie de la biodiversité mondiale se trouve dans les pays [en voie de développement]. Mais elle y est souvent insuffisamment protégée et gérée d’une façon non durable qui ne contribue pas au développement des pays concernés. En outre, beaucoup de ces pays sont endettés et le service des intérêts de leur dette les conduit, parfois, à surexploiter leur biodiversité. Le «Debt for nature swap» (échange dette-nature ou conversion de créance pour l’environnement) a été inventé à la fin des années 80. Il s’agit d’un mécanisme financier à plusieurs variantes. Dans certains cas, limités à deux acteurs, un créditeur (Etat ou personne privée) annule ou réduit une dette publique ou privée d’un pays en voie de développement en échange d’obligations de protection de la nature. Dans d’autres cas, un acteur tiers ­ une organisation non-gouvernementale (ONG) ­ rachète sur le marché de la dette à une valeur décotée (du fait du risque de défaut) une partie de la dette, en devises fortes (dollars), d’un pays en voie de développement, auprès du créditeur. Simultanément, il propose au pays débiteur la conversion de cette dette non pas à sa valeur décotée sur le marché mais à sa valeur faciale, en monnaie locale, en obligations de protection de la nature, surveillées par un trust, dans le board duquel peuvent être présents des représentants de l’ONG et/ou du créditeur. De nombreuses autres variantes techniques sont possibles (annulation ou renégociation sur le montant, les taux, l’échéancier…). Les avantages du mécanisme sont multiples : allègement du poids de la dette et de son service pour le pays en voie de développement concerné, conversion d’une fraction de la dette libellée en dollars en monnaie locale, protection de la nature, possibilité d’alléger la pression sur les ressources naturelles dans des pays en voie de développement à forte biodiversité, investissement local de la dette annulée, parfois créateur d’emplois (gardiennage des parcs et réserves créées…). Cette technique est utilisée par les pays scandinaves et les pays anglo-saxons depuis une vingtaine d’années, à tel point que le Congrès américain a même adopté, dès 1988, une loi favorisant l’échange dette-nature. Depuis l’invention du mécanisme, la confirmation du rôle joué par les forêts tropicales dans le stockage du CO2 est venue ajouter un intérêt supplémentaire à l’échange dette-nature. Néanmoins, la France avait quasiment ignoré cette possibilité jusqu’ici. Elle avait participé, au début des années 90, à une négociation de ce type qui a abouti, de façon multilatérale, à une conversion d’environ 10 % de la dette polonaise sous la forme d’un Ecofonds. Depuis, elle a négligé ce mécanisme. L’annonce présidentielle va permettre de la mettre en oeuvre pour les pays pauvres très endettés (PPTE) dans le cadre des contrats de désendettement développement (C2D). L’initiative PPTE vient du sommet du G7 de Lyon en 1996 durant lequel, sous l’impulsion de la France, le caractère insoutenable de la dette des pays pauvres avait été mis en avant. La spécificité de cette initiative, renforcée aux sommets de Cologne (1997) et de Tokyo (2000) tenait à son ampleur (il était prévu d’effacer les deux tiers de la dette des PPTE) et au fait qu’elle était liée à des efforts des pays concernés. Dans le cadre de l’initiative PPTE, la France allège la dette des pays en voie de développement via les C2D. Ces contrats privilégient l’aide budgétaire affectée à des programmes sectoriels. Les ressources naturelles étaient bien un domaine identifié de redéploiement possible de l’échange de dette. Mais, de fait, aucun contrat d’échange dette-nature n’était jamais intervenu dans le cadre des C2D. Par ailleurs, la stratégie nationale de développement durable prévoit «d’intégrer les objectifs du développement durable dans les instruments de l’aide française, notamment le traitement de la dette». Pour ce faire, elle se fixe un objectif de mise en oeuvre de contrats de désendettement développement qui devraient s’élever à 3,7 milliards d’euros. Le «plan d’actions» de cet objectif prévoit de «négocier des conversions de créances ou le réinvestissement d’échéances de remboursement de dettes pour des investissements en faveur du développement durable». L’utilisation du mécanisme de l’échange dette-nature par la France présente plusieurs avantages. Il s’agit d’une source financière pour la protection de la biodiversité, sous la forme d’une mutualisation du financement de ce bien public global. Il semble possible à terme d’associer cette technique aux mécanismes post-Kyoto de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une partie importante de ces dettes, peu solvables et donc décotées, aurait été, probablement annulée ou réduite quoi qu’il en soit. L’utilisation de ce mécanisme apparaît également cohérente avec les positions diplomatiques de la France en faveur d’une meilleure gouvernance internationale de la biodiversité en tant que bien public global. Il pourra également trouver à s’employer dans le cadre privilégié des relations avec les pays francophones d’Afrique, à la fois débiteurs de la France et siège d’une biodiversité très riche. Au-delà de la contribution à la protection et à la gestion rationnelle de la biodiversité, le mécanisme de l’échange dette-nature permettra de lier les deux questions de l’aide au développement et de l’environnement favorisant ainsi un mode de développement plus durable des pays en voie de développement.

 

La Sibérie se transforme

« La plus grande tourbière gelée du monde est en train de fondre », prévient le New Scientist du 11 juillet 2005, qui fait état d’un diagnostic établi récemment par une équipe de chercheurs russes. De retour d’un voyage d’étude en Sibérie occidentale, ces scientifiques ont constaté que, depuis les trois ou quatre dernières années, un grand nombre de lacs peu profonds étaient apparus dans la région. La formation de ces lacs serait causée par la fonte progressive du pergélisol. « Un glissement écologique probablement irréversible et indubitablement relié au réchauffement climatique », explique Sergueï Kirpotin, membre de la délégation.

Le pergélisol de Sibérie occidentale recouvre une tourbière géante de 1 million de kilomètres carrés, soit l’équivalent des territoires français et allemands. « La tourbe génère du méthane, un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone émis par les automobiles. Pour l’instant, 70 milliards de tonnes de méthane sont retenus par le pergélisol. Mais celui-ci se liquéfie à une vitesse surprenante, et le méthane qu’il contient s’échappe dans l’atmosphère. Les scientifiques craignent donc que le dégel du sol sibérien ne contribue de façon exponentielle au réchauffement de la planète », écrit New Scientist.

Le Nouvel Observateur, quant à lui, rajoute que les chercheurs pensent que le dégel amorcé est irréversible, David Viner, chercheur à l’Unité de recherche sur le climat de l’université britannique d’East Anglia a précisé au quotidien The Guardian : « Quand vous commencez à perturber ce genre de systèmes naturels, vous pouvez aboutir à des situations où (le phénomène) ne peut plus être arrêté. Il n’y aucun frein que vous puissiez utiliser ». Rien de bien rassurant…

La dette ou le développement durable

La France va utiliser l’échange «dette-nature» pour inciter les pays pauvres à sauvegarder leur biodiversité.

Par Guillaume SAINTENY
Directeur des études économiques au ministère de l’Ecologie

Le président de la République a annoncé le 18 juillet une importante innovation dans la politique française d’aide au développement et d’environnement. Il s’agit d’utiliser le mécanisme de l’échange dette-nature au profit des pays en voie de développement.

Une grande partie de la biodiversité mondiale se trouve dans ces pays. Mais elle y est souvent insuffisamment protégée et gérée d’une façon non durable qui ne contribue pas au développement des pays concernés. En outre, beaucoup de ces pays sont endettés et le service des intérêts de leur dette les conduit, parfois, à surexploiter leur biodiversité.

Le «Debt for nature swap» (échange dette-nature ou conversion de créance pour l’environnement) a été inventé à la fin des années 80. Il s’agit d’un mécanisme financier à plusieurs variantes. Dans certains cas, limités à deux acteurs, un créditeur (Etat ou personne privée) annule ou réduit une dette publique ou privée d’un pays en voie de développement en échange d’obligations de protection de la nature. Dans d’autres cas, un acteur tiers,­ une organisation non-gouvernementale (ONG), rachète sur le marché de la dette à une valeur décotée (du fait du risque de défaut) une partie de la dette, en devises fortes (dollars), d’un pays en voie de développement, auprès du créditeur. Simultanément, il propose au pays débiteur la conversion de cette dette non pas à sa valeur décotée sur le marché mais à sa valeur faciale, en monnaie locale, en obligations de protection de la nature, surveillées par un trust, dans le board duquel peuvent être présents des représentants de l’ONG et/ou du créditeur. De nombreuses autres variantes techniques sont possibles (annulation ou renégociation sur le montant, les taux, l’échéancier…).

Les avantages du mécanisme sont multiples : allègement du poids de la dette et de son service pour le pays en voie de développement concerné, conversion d’une fraction de la dette libellée en dollars en monnaie locale, protection de la nature, possibilité d’alléger la pression sur les ressources naturelles dans des pays en voie de développement à forte biodiversité, investissement local de la dette annulée, parfois créateur d’emplois (gardiennage des parcs et réserves créées…).

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Bois et développement durable à l’honneur

Du 16 au 18 septembre 2005, le parc des expositions de Bordeaux-Lac offrira au grand public un salon orienté vers la construction bois, l’aménagement intérieur et extérieur en bois et les produits dédiés au développement durable dans l’habitat. Comme en témoigne Didier ARMAND, Président du Salon de la Maison Individuelle et Président de l’Union des Constructeurs Homexpo, « …ce salon sera la vitrine novatrice, pleine d’avenir pour la maison individuelle ». En offrant cette nouvelle thématique, les organisateurs du salon de l’habitat de Bordeaux entendent bien répondre aux nombreuses demandes formulées les années précedentes par les visiteurs venus du Grand Sud et impatients de voir enfin dans la région s’implanter une rencontre avec les professionnels du bois et de l’habitat. Au programme également de cet évènement des colloques et des conférences qui permettront au public de mieux s’informer sur ce matériau naturellement écologique.