C’est la montée en puissance des I.A. qui nous conduit à rechercher les formes d’intelligence ou de capacité à traiter les situations qui seront hors de porté de la machine. Chacun saisira bien qu’il s’agit d’une question essentielle. Un petit éclairage sur différentes approches avant d’aborder ce que nous avons retenu.
Howard Gardner, dont la théorie n’est pas validée par les scientifiques mais prise en compte par des professionnels de l’éducation, avait finit par identifier 9 formes d’intelligences et faisait remarquer que l’on privilégiait à l’école les deux premières (qui sont justement concurrencées par les I.A ; à savoir :
Robert Sternberg distinguait l’intelligence analytique qui permet l’efficacité du traitement de l’information : résoudre des problèmes, analyser les résultats ; l’Intelligence créative lorsqu’on est confronté à une nouvelle situation et l’Intelligence pratique qui permet de s’adapter à l’environnement.
Beaucoup de gens s’accordent pour distinguer les intelligences conceptuelles, sensibles et concrètes qu’Elisabeth Meichelbeck avait démultiplié de façon fractale en : cohérence (conceptuel du conceptuel), symbolique (sensible du conceptuel), structurelle (concret du conceptuel), évaluative (conceptuel du sensible), impliquante (sensible du sensible, stratégique (concret du sensible ; méthodologique (conceptuel du concret), émotionnelle (sensible du concret), pulsionnelle (concret du concret).
C’est pourtant Peter Koestenbaum, dans son livre « Socrate et le business » que nous avons retenu ; il a identifié de 27 formes d’intelligence, non reconnues officiellement mais qui décrivent indubitablement des capacités qui sont hors de portée de la machine ; nous les avons regroupé en trois catégories correspondant aux trois grand thèmes de la plateforme .
1- L’être et les liens: Être confiant dans la vie en soi – joyeux, explorer la légèreté par lejeu – rebondir, être résilient, choisir librement, passer à l’acte, se sentir responsable, avoirune force intérieure qui rend volontaire, être soi même, être simple, pouvoir capterl’essentiel.
2-Le pouvoir et l’action locale : reconnaitre l’autre – gratitude, écouter et être disponible,être présent, être empathique, aimer, pardonner, avoir le courage d’affronter l’inconnu, lacapacité de créer du lien et dialoguer dans une optique de transformation mutuelle.
3-Le vivant et refaire société : percevoir le beau, se connecter au sacré au transcendant,être à l’aise avec la finitude, imaginer -innover, être au service du commun, intégrer les expériences -sagesse, avoir de l’humour et du détachement, avoir le sens du symbolique, se projeter vers l’avenir.
Nous proposerons références et exercices appropriés par la suite. Et nous espérons que nos lecteurs auront envie de faire un petit check up de leurs forces et faiblesses.
L’idée d’Antoine Valabrègue est de donner envie, à un maximum de personnes à partir de 16 ans, de mieux se connaitre et de développer des relations les plus justes possibles auprès des autres et des structures en place. Fruit de recherches conceptuelles menée dans les années 80 sur le ternaire et les cycles du temps et de 20 années de pratiques avec des lycéens.
Antoine Valabrègue se présente comme un architecte des trajectoires possibles en utilisant des principes ternaires et cycliques permettant à chacun de mieux identifier ce qui lui est essentiel et d’avancer avec plus de justesse et avec une bonne temporalité.
Épisode 0 : La sagesse
Pourquoi c’est important d’explorer les méandres de qui on est, et premier exercice
« Et si vous aviez quelque chose à découvrir chez les papys et lesmamies qui vous aiderait à mieux tracer votre route ?
La voie de la justesse, c’est celle qui trace un chemin unique : un chemin qui allège les contraintes de la survie, nourrit vos désirs, honore vos rêves, tout en mesurant leur impact sur les autres et sur le monde. C’est un équilibre délicat, mais c’est aussi la clé pour avancer avec plus de cohérence et de joie.
Pour y parvenir, une étape est indispensable : se connaître profondément, et savoir où l’on se situe — par rapport à soi, aux autres, et au monde. C’est ce voyage au pays de l’intérieur que je vous propose. Un voyage que j’ai exploré avec des lycéens pendant 20 ans, et qui m’a appris une chose : l’essentiel est souvent non repéré et caché là où on ne le cherche plus.
Soyez content de découvrir la jouissance de l’essentiel.
Je vous proposerais des pistes pour créer des déclics, des prises de conscience. Juste, sachez qu’ installer les choses, après une prise de conscience, peut prendre du temps. Il faut souvent répéter l’expérience. La voie que je propose est un pari sur le fait qu’il y a toujours un possible possible qui permet d’améliorer les situations, au pire on ne le trouve pas. C’est dans ces moments-là qu’il est important de parvenir à faire le plus grand calme à l’intérieur de soi. Et ça, ça se travaille!
Un petit exercice, avant d’embarquer, dès que tu as un peu de temps et à l’occasion ( je passe en mode tu) : va voir un papy ou une mamie etdemande lui de t’ indiquer en quelques phrases ce qu’il appris dans lavie et qu’il aurait peut-être aimé connaitre plus tôt ? »
Épisode 1 : Ton trésor caché – La méthode oubliée pour repérer l’essentiel
On commence l’exploration intime, en identifiant ce qui est essentiel, grâce à un exercice ultra simple.
« Tu n’as même pas idée que tu as un trésor caché à l’intérieur de toi ! Onle cherche ?
Et si je te disais que tu portes déjà en toi une boussole intérieure ? Une boussole forgée par tes souvenirs, tes admirations, et même ces rêves d’enfant que tu pensais oubliés. Prends un instant pour y réfléchir : ces rêves, ces héros, ces animaux qui t’ont marqué·e… Ils ne sont pas anodins. Ils sont les aiguilles de ta boussole. Aujourd’hui, tu vas apprendre à la lire. Cet exercice, c’est comme une fouille archéologique, mais à l’intérieur de toi-même. J’espère qu’il sera un jour pratiqué dans toutes les lycées.
Liste :
3 animaux qui t’inspirent,
3 héros (de fiction ou réels),
3 personnes que tu admires,
3 rêves d’enfant concernant ton avenir.
Identifie : Pour chaque liste, note ce qui t’attire chez eux (ex. : la liberté du loup, la créativité de ton héros, la bienveillance de cette personne…). Cherche le commun à chaque liste.
Compare : Cherche le fil rouge — les traits communs qui relient ces 4 univers. C’est très proche de ce qui est essentiel pour toi.
Ça prend environ 2h, si tu as du mal à formuler les points communs à une série : écris les qualités perçues et demande à une I.A. Pour les animaux l’I.A est top, pour les personnes que tu connais, faut quand même énoncer les caractéristiques qui les définissent à tes yeux. Tu peux aussi tenter de te souvenir de ce qui a motivé certaines décisions importantes que tu as prises. Ces motivations coïncident-elles avec les dénominateurs communs trouvés ? Si oui, les décisions ont-elles été les bonnes ?
Ce fil rouge c’est ton fil d’Ariane. Dans le labyrinthe des choix, des doutes ou des défis, fais en sorte qu’il soit ton guide. Écris-le quelque part — sur un post-it, dans ton téléphone. Et la prochaine fois que tu hésites,demandes-toi :
‘Est-ce que ce choix honore mon essentiel ?’
Et j’allais oublier, dans l’essentiel, repère aussi tes fragilités, qui ne sontpas les blessures que nous allons explorer au prochain épisode ettâche d’en être fier.
C’est ce fil qui nous reliera pour la suite du voyage. À très vite ! Un petit truc pour terminer : essaie d’installer un petit réflexe chez toi : quand tu fais quelque chose qui te plait ou que t’estimes réussi, fais un petit ancrage de joie en serrant, par exemple, les deux poings à l’inspire et en mettant ta langue contre ton palais. »
Épisode 2 : Stoppe ça – Faire la paix avec le passé
Entrevoir comment faire la paix avec le passé difficile.
« Et si t’arrêtais d’essayer de comprendre tes blessures, c’est pas ça quipermet de cicatriser.Ça te dirait de parvenir à moins ressasser ce qui ne va pas ?
Accueillir sans se battre. « Presque tout le monde trimbale des blessures du passé. La question n’est pas ‘pourquoi ça m’est arrivé ?’, mais ‘qu’est-ce que j’en fais aujourd’hui ?’ » Et si… … on arrêtait de se battre contre ce qui a été ? … on apprenait à respirer avec ses souvenirs, comme on respire avec une douleur physique ?
Pourquoi on reste coincé ? Le cerveau rumine les événements non résolus, comme un disque rayé. « Quand on est sidéré, on reste en mode ‘survie’ : on encaisse, on ne digère pas. C’est comme une blessure qui ne cicatrise pas, parce qu’on en arrache sans cesse la croûte. »
La résilience, c’est un choix ! Je vais te raconter une histoire vraie : Nguyen Van Thi Bin, cheffe de la délégation vietnamienne aux accords de Paris en 1974, (pour arrêter la guerre avec les U.S.A) souriait en racontant comment on lui avait enfoncé un tesson de bouteille dans le vagin. Ce sourire m’a marqué à vie. Ça, c’est de la résilience.
Mandela qui a passé 27 ans en prison en Afrique du Sud disait : « La réconciliation, ce n’est pas oublier, c’est transformer la colère en action. » Question pour toi : « Quelle énergie ces souvenirs douloureux te volent-ils encore ?«
Premier outil concret pour être plus en paix : la respiration contrôlée dite inversée
Serre ton périnée, mets ta langue au palais, inspire par le nez (ventre qui se creuse ), expire longuement par la bouche en gonflant poitrine et ventre en lâchant les épaules. « Fais 3 cycles maintenant. Puis 3 fois par jour cette semaine. Note ce que cela t’apporte. » Ça active le système nerveux parasympathique (le « frein » du stress). « C’est comme appuyer sur ‘pause’ dans le film catastrophique qui tourne en boucle. » Il y a d’autres respirations possibles. Tu peux les chercher et les essayer. Ex: Inspire en gonflant, expire en rétrécissant …
Prochain épisode : mieux piloter son navire ! »
Épisode 3 : Transforme tes blessures – Le bon choix pour mieux cheminer !
Une clé essentielle de choix pour mieux naviguer dans la vie.
«Les traumatismes c’est comme du fumier, ça pue, mais c’est un moyende faire pousser quelque chose de nouveau.On entre dans le cœur du réacteur ! Le schéma directeur de l’action.
Changer de cap ou de façon de faire. On agit toujours parce qu’on a un but ou un rêve, et on obtient à la suite de n’importe quelle action qui va vers ce but une réponse émotionnelle (même inconsciente). Si la réponse est positive- agréable, on poursuit ce qu’on fait, si cette réponse est désagréable, on peut :
Continuer (et être mal).
Ou choisir une nouvelle action
Ou changer de cap.
Changer de cap, c’est plus dur et ça nécessite de l’entrainement. Exemple : Ruminer → Nouvelle action : Écrire une lettre (que tu ne posteras pas) / 5 min de respiration.
On peut avoir le sentiment de ne pas y arriver tout seul : ne sois pastrop fier, cherche de l’aide ! On a aussi des amis pour cela. Si par malheur la souffrance envahit ton quotidien (sommeil, relations, travail) : « C’est comme une fracture : ça ne se soigne pas seul. Demande de l’aide! C’est comme mettre un plâtre : un acte de guérison, pas un échec. »
Voici quelques pistes à explorer : Thérapies brèves :TCC, EMDR, groupes de parole, yoga, Qi Gong, méditation.
Le passé négatif comme compost
« Et si tes blessures étaient du compost ? Ça pue, ça dérange… mais ça peut faire pousser du neuf. » Ta mission cette semaine : Choisir un souvenir un peu lourd, dans un environnement plaisant.Applique la respiration inversée de l’épisode précédent pendant 3 min, bienassis sur une chaise en lâchant tes épaules et en sentant tes pieds.Demande-toi : « Quelle action nouvelle puis-je faire aujourd’hui pour ensortir ? »et note ce qui se passe.
La paix avec le passé, c’est comme un muscle : ça se travaille. Alors,quelle petite action vas tu essayer cette semaine ? »
Épisode 4 : La question secrète – Question virtuelle
Épisode fondamental qui va te faire découvrir le pourquoi de ton système émotionnel.
C’est l’épisode de la saison qui nécessite le plus de travail. Ça vaut le coup !
Il y a une question secrète qui tourne en boucle dans ton inconscient et pilote tes émotions ! Incroyable mais vrai ! Il est temps d’aller faire un tour du côté de tes émotions principales. Cet exercice prend du temps, je suggère de l’étaler sur 10 semaines, mais il est essentiel. Merci d’écrire les choses sur une tablette ou un papier.
Identifie 5 émotions positives (agréables) que tu as souvent.
Pour chacune de ces émotions, identifie trois situations où elles se sont produites. Décris précisément le contexte. Écris le récit de ce qui s’est passé; puis cherche ce qu’il a de commun à ces trois situations sous la forme d’une phrase.
Enfin cherche le point commun à chacune des phrases décrivant ces 5 émotions
Tu fais la même chose pour les émotions négatives, dans une position hyper confortable avec peut être un ami à coté de toi (si ça remue trop), sans être dérangé.
Si tu as du mal à identifier le point commun, tu peux t’aider d’une I.A.
une question secrètetourne en boucle dans ton inconscient et pilote tes émotions !
Maintenant, installe-toi dans un bel endroit, quelque chose d’étrange et de profondément important va t’ apparaitre. Tu mets devant tes yeux la phrase qui caractérise tes émotions positives ainsi que celle qui caractérise tes émotions négatives. Et tu te poses la question ; qu’est ce qui fait que je bascule dans une émotion agréable ou dans une émotion désagréable. Ce quelque chose est jusqu’à présent totalement inconscient, il va te sauter à la figure, c’est cela la question virtuelle. C’est la partie la plus délicate de l’exercice. C’est quelque chose de très abstrait (par ex: pour ma compagne c’est « pourquoi ?» Pour moi, c’est « est-ce que je sers à quelque chose ?») Tu revisites toutes les situations abordées et tu vérifies que cela colle.
Maintenant, tu sais ce dont tu as besoin pour être dans une émotion agréable, tente de le faire vivre le plus possible. Et réalise un peu que la personne que tu as en face de toi est différente et n’en a pas forcément conscience, nous en reparlerons dans la saison 2.
Avant de passer au prochain épisode : examine si tu distingues bien tes besoins, tes désirs et tes pulsions et si tu fais confiance à tes intuitions.
Épisode 5 : Ton cerveau ment – Les filtres du cerveau
Là tu commences à saisir ce qu’est un biais ou un leurre, qui te fait voir la réalité d’une certaine façon.
voir la réalité d’une certaine façon
Est-ce que tu réalises que le cerveau construit son monde et que la réalité est une illusion. On va apprendre à le décoder un peu. Notre cerveau est composé de filtres, c’est à dire de façons de sélectionner d’interpréter et de traiter ce qui se passe.
Demande à quelqu’un de proche de te raconter la dernière journée plaisante dont il se souvient, et fais de même ! Analyses le type de propos que chacun a utilisé. C’est un mélange d’informations plus ou moins précises, de descriptions de lieux ou d’actions, de personnes présentes et d’objets dont l’importance est variable. Fais de même avec un souvenir déplaisant, notes les similarités et les différences.
Ex : je te propose de te focaliser sur une journée donnée (ou une demi- journée). Note la part du temps où tu es préoccupé par toi-même et la part où tu es orienté vers les autres. Repère les différences entre une bonne et une mauvaise journée. Essaie d’évaluer les moments où tu étais complètement présent à ce que tu faisais et les moments ou tu étais préoccupé par quelque chose qui devait advenir ou qui était advenu. Quel est le dosage qui te met dans la meilleure disposition ?
Il y a environ une vingtaine de types de filtres qui on été repérés, ils s’appellent les métaprogrammes, ils sont la carte d’identité inconsciente de tes automatismes de fonctionnement. En voici quelques uns :
Sais-tu toujours ce qui est bon pour toi, ou as tu besoin des autres ?
Vis-tu facilement le moment, ou es-tu souvent préoccupé par ce qui va advenir ?
Dans quelle mesure est-tu plus sensible à ce qui est visuel, auditif kinesthésique, olfactif, gustatif ? Est-ce variable ?
As-tu tendance à t’accorder avec ce qui se passe ou à t’opposer (dire plus spontanément oui ou non) ? A quelles occasions dis tu « il faut », « je dois », « je peux » ….? As-tu tendance à entrer dans les détails ou préfères-tu le global ? Es-tu plus acteur ou observateur ? As-tu plus tendance à éviter ou aller vers ? Préfères-tu le concret, le relationnel ou l’abstrait ?
C’est juste un aperçu ; j’espère qu’il te donnera envie d’approfondir.
Vous vous posez des questions ? Vous cherchez votre chemin ? Les repères semblent flous ? Vous avez envie de mieux vous connaître et donner du sens à votre vie ? Cet ouvrage cerne l’essentiel avec justesse pour composer avec les contraintes et déployer un pouvoir d’évolution. Il est aussi un outil pratique pour ceux qui accompagnent les jeunes dans leur cheminement. Il ouvre ainsi un dialogue intergénérationnel, interculturel et interpersonnel pour mettre en oeuvre des dispositifs d’action individuels et collectifs.
Épisode 6 : Tes croyances – Évacuer les croyances nocives
Où l’on commence à saisir comment évacuer progressivement une croyance nocive
Arrête de vouloir supprimer des croyances limitantes, ça ne marche pas. Voici des exemples « Je dois être utile pour avoir de la valeur », « Si je ne contrôle pas, ça dérape », « Dire non, c’est être égoïste » « Le conflit est dangereux ».
« Dans quelles situations est-ce que je réagis toujours de la même manière, même quand ça ne me convient plus ? »
Cette situation me protégeait de quoi ?
À quel âge environ s’est-elle installée ?
Qu’est-ce qu’il m’a permis de réussir ou d’éviter ?
Essaies de faire le tri entre les croyances qui te conviennent et celles que tu souhaiterais voir remplacées. Il faut, bien entendu, les identifier. C’est contreproductif de vouloir supprimer une croyance nocive. Et c’est inutile de penser que c’est toi qui dysfonctionne. On ne sait pas sortir d’un automatisme par la pensée, mais en vivant concrètement et, peu à peu, avec un autre fonctionnement. Il est donc nécessaire de poser un acte, même minuscule mais réel, et de le répéter, par exemple :
Dire non une fois par jour pour commencer, au lieu d’un oui automatique
Laisser volontairement une imperfection visible au lieu de la cacher
Ne pas intervenir au moins une fois alors que tu en as l’habitude
Demander de l’aide avant d’être à bout.
Différer de 5 min la prise de la première cigarette, puis tenter d’augmenter la durée.
Pas un grand saut. Un petit écart, mais incarné. Le corps réalise alors que rien de catastrophique n’arrive. Il installe peu à peu d’autres habitudes. L’inconfort n’est pas un signal d’erreur, mais de mise à jour ! Il est aussi important de formuler de nouveaux principes opératoires, simples et testables :
« Je peux être fiable sans me sacrifier »
« La coopération est plus efficace que le contrôle permanent »
« Dire « non » clarifie les relations plutôt que de les abîmer »
Un automatisme meurt par désuétude, pas par suppression
Un automatisme meurt par désuétude, pas par suppression. Si cela t intéresse, prends connaissance des grands automatismes sociaux auxquels tout le monde est confronté sur www.plusdejustesse.org
Épisode 7 : Pour réussir – Mieux connaitre les croyances qui boostent
Où l’on découvre les croyances partagées des gens qui réussissent
On sait que ceux qui réussissent partagent un paquet de croyances. Mais commençons par un petit exercice :
Pense à un moment où tu as été très inventif.
Pense à une époque où tu voulais acquérir une capacité quelconque, appelons là X mais ou tu te sentais bloqué.
Qu’est ce qui t’empêchais d’acquérir X ?
Quelles sont les situations où tu te sentais le plus en possession de X?
Quelles sont les situations où ta capacité à X se manifeste le plus difficilement ?
Pense à une époque où tu étais bloqué et tu t’en est sorti : qu’as -tu fait ?
Voici des croyances que partagent ceux qui réussissent :
Tout événement se produit pour une raison précise et peut donc nous servir.
L’échec n’existe pas, seuls existent les résultats.
Quoi qu’il arrive de désagréable, cherche ta part de responsabilité. (je me souviens que ça faisait grincer des dents pas mal de personnes qui étaient certaines de ne pas avoir pu anticiper l’évènement désagréable. Il ne s’agit pas de s’en vouloir si l’autre t’a agressé ou déçu, tu n’as peut être pas assez accordé d’attention aux signes avant-coureurs).
Il n’est pas nécessaire de tout comprendre pour faire.
Chaque comportement détient une intention positive, est utile, signifie quelque chose et a un sens
Permettre à son inconscient de reconnaître ses expériences comme une partie de ce que l’on est. Chaque comportement détient une intention positive, est utile, signifie quelque chose, a un sens. Cherche un peu. Un comportement peut être évalué et apprécié ou changé pour être plus approprié au contexte. Ce que j’appelle « échec » est en fait à considérer comme du feed-back négatif, c’est à dire une sensation désagréable.
Chaque personne a, en elle, les ressources pour changer. (y compris de trouver la bonne personne qui va l’aider)
Je me rappelle de l’histoire de Yazid Kherfi, braqueur invétéré dans sa jeunesse et qui a fait de la tôle. Un jour il a rencontré quelqu’un qui l’a fait muter complètement, il est devenu éducateur de rue. Ou celle, d’un ancien élève qui m’a raconté qu’il était devenu prof grâce à moi. Un jour, il me dit: « j’ai pas envie de travailler » Je le regarde dans les yeux et lui réponds: « Qu’est- ce que tu veux que cela me fasse, mais qu’est ce que t’aurais envie de faire ? » il me répond : « Bricoler » Je réplique: « Vas-donc réparer ma mobylette et quand t’auras envie de travailler, tu me fais signe ».
Repère les croyances avec lesquelles tu es en accord. Il y en a d’autres sur www.plusdejustesse.org
Dans l’incertitude, s’intéresser aux nouveaux modèles et aux nouvelles approches est indispensable mais comment passer à l’action ? Le livre blanc « Quand la permaentreprise rencontre la robustesse » a été conçu par les équipes de norsys avec les membres de la communauté permaentreprise pour croiser les regards et donner vie à la mise en œuvre concrète des principes de la robustesse. Fruit d’une rencontre entre le dirigeant, Sylvain Breuzard, et le biologiste, Olivier Hamant, l’épisode 2 permet d’Activer la robustesse avec la permaentreprise. Il explique comment les 8 principes de la robustesse trouvent ancrage dans le modèle et comment des dirigeant.es s’en sont saisi.es pour renforcer la robustesse de leurs organisations.
LE BIOLOGISTE : OLIVIER HAMANT, Directeur de l’Institut Michel Serres et LE DIRIGEANT : SYLVAIN BREUZARD Président de norsys
La robustesse est la capacité à se maintenir stable sur le court terme et viable sur le long terme
La permaentreprise, un modèle viable pour un futur vivable
Elle s’oppose au “culte” que nous vouons à la performance, et qui nous fait voir comme nécessairement positive la recherche permanente de contrôle et d’optimisation. Cette performance a non seulement un coût énorme sur les écosytèmes, mais elle nous fragilise dans un monde instable où les ressources se raréfient. Quand l’environnement est fluctuant, la sous-optimalité permet de garder des marges de manœuvre. Pour être robuste, il faut donc baisser la performance. C’est un équilibre à trouver.
La permaentreprise
Les leviers de la robustesse transcrits dans l’entreprise
C’est un modèle de développement des organisations. Il s’inspire de la permaculture et repose sur trois principes éthiques qu’il met au cœur de la stratégie : prendre soin des humains, préserver la planète, créer de la richesse en se fixant des limites. La permaentreprise rejette donc le principe de maximisation des profits à tout prix. La pérennité de l’entreprise l’emporte sur une maximisation de sa performance financière à court terme.
La permaentreprise est un modèle de développement naturellement robuste
La permaentreprise a 5 ans : 5 points clés à retenir !
Le monde a besoin de solutions : le modèle permaentreprise en est une, concrète et éprouvée. Cette soirée d’anniversaire l’a prouvé ! Retrouvez dans cette vidéo les témoignages de : Olivier Cateura (emlyon), Marie Claire Poisseau (TMC Innovation), Louis Philippe Blervacque (Auddicé), Louise Guerre Guerre (Serda Archimag), Olivier Vigneron (réseau Etincelle), Michael Pinault (CFDT) et Thomas Breuzard (norsys).
5 ans : 5 points clés à retenir !
1. Une soirée entre le chemin parcouru et celui qu’il reste à inventer : Après des premières années faites de nombreuses surprises, l’essaimage du modèle se structure et se renforce avec des programmes innovants proposés aussi bien aux dirigeant.es qu’aux acteurs du dialogue social (Thomas Breuzard)
2. Un modèle toujours plus nécessaire : Née en 2019 d’une révolte constructive face aux crises sociales, environnementales et économiques, la permaentreprise intègre l’humain, la planète et la pérennité économique. Une boite à outils source de stabilité dans un monde devenu hautement instable (Sylvain Breuzard)
3. Des transformation concrètes dans les organisations :
Christine Debureaux (Expert RH) : semaine de 4 jours et amélioration tangible de la qualité du travail
Antonio Furtado (Citéo Médiation) : refonte complète du modèle après une crise majeure
Olivier Vigneron (Réseau Étincelle) : réorientation pédagogique et impact social renforcé
Nina Lausecker (Lökki Kombucha) : structuration d’un plan d’action et d’indicateurs chiffrés
4. Les chercheurs confirment : un véritable modèle pour l’avenir : Pour Olivier Cateura (EMLyon), la permaentreprise est un nouveau modèle stratégique intégrateur, capable d’inspirer l’industrie, l’éducation, le secteur public — et très aligné avec les aspirations de la jeunesse.
5. Des coopérations fertiles :
Co-construction d’un accord de dialogue social et environnemental : CFDT & norsys (Michael Pinault)
Accompagnement de dirigeant·es pour permaentreprendre : Medef Douaisis & Hauts-de-France, norsys, Auddicé (Louis-Philippe Blervacque)
Alignement partiel de l’Impact Score avec la permaentreprise : Impact France (Octave Kleynjans)
La nature intégrée à la gouvernance de norsys (Frantz Gault)
Genact, relais actif du modèle (Vanessa Logerais)
5 ans de la permaentreprise : enjeux et perpectives
Concilier durabilité de son business et minimisation de l’impact sur l’environnement et les êtres humains : c’est le principe de la permaentreprise. Ceux qui l’ont imaginé reviennent sur ce qu’il a pu changer pour ceux qui l’ont adopté.
Créée chez norsys et partagée en open source dans un livre, la permaentreprise s’est largement diffusée en 5 ans. Aujourd’hui, des centaines d’entreprises l’expérimentent sur le terrain. Dans un contexte économique plus incertain, alors que les entreprises ont tendance à se refermer, le modèle continue à explorer une autre façon de piloter l’entreprise, en intégrant pleinement les enjeux humains, écologiques et sociétaux.
Dernières innovations en date :
✔ Des travaux qui apportent la preuve de la capacité du modèle à renforcer la robustesse des entreprises.
✔ L’expérimentation « nature actionnaire » pour mieux anticiper les risques liés à la perte de la biodiversité et à la raréfaction des ressources, sert de référence à un projet de loi en cours.
Conclusion : un modèle pragmatique qui a fait ses preuves et dont le monde a besoin !
Permaentreprise : Sylvain Breuzard fête les 5 ans d’un modèle durable
« On ne peut pas durablement développer l’entreprise dans un environnement qui se dégrade »
Entrepreneuriat et responsabilité peuvent se conjuguer pour redéfinir le rôle de l’entreprise dans la société. Fondateur de Norsys, Sylvain Breuzard a construit un parcours engagé. Avec le concept de « permaentreprise », il propose un modèle inspiré de la permaculture pour concilier performance durable et respect des équilibres sociaux et environnementaux.
26 minutes d’échange avec Thomas Hugues, le temps pour Sylvain Breuzard de revenir sur :
➤ Le rôle de l’entreprise : une entreprise qui crée de la valeur, bien sûr, mais qui se préoccupe aussi de répondre aux grands défis de notre époque. Cela implique de réinventer aujourd’hui notre modèle de développement. « C’est que nous avons fait avec la permaentreprise ».
➤ ️ Être dirigeant.e : « c’est aussi l’obligation d’être lucide sur les grands défis de notre époque et de ne pas les minimiser. On ne peut pas développer durablement une entreprise dans un environnement qui se dégrade. La croissance des inégalités et la dégradation de la planète sont des sujets majeurs que les entreprises doivent prendre en compte si elles veulent durer ».
➤ Le partage de la richesse : « à mes yeux, le problème n°1 dans le monde, et il se joue aussi dans l’entreprise. Chez norsys, par exemple : ·
✅ La participation est égale entre les salarié·es (et non proportionnelle au salaire), ·
✅ Nous partageons nos richesses financières avec les associations, ·
✅ Nous veillons à maintenir de faibles écarts de salaires. « Si la compétence doit se payer, rien n’a jamais démontré qu’un patron payé très, très cher soit plus efficace ».
Livre Blanc épisode 2 : Activer la robustesse avec la permaentreprise
Fruit d’un travail de plusieurs mois et mobilisant Sylvain Breuzard, Oliver Hamant ainsi que les dirigeant.es et consultant.es de la communauté permaentreprise, ce deuxième livre blanc croise les 8 leviers de robustesse (hasard, lenteur, hétérogénéité, incohérences…) avec la permaentreprise et propose une transposition concrète pour opérationnaliser la robustesse et renforcer la stabilité des organisations.
Une nouvelle ère s’ouvre pour la permaentreprise, celle de la maturité du modèle qui trouve ancrage dans de multiples contextes
C’est pourquoi, norsys propose le 30 juin à Paris et en visio une Masterclass gratuite et ouverte à tou.tes pour découvrir les fondements du modèle permaentreprise, sa méthode, ses outils, ses principes et sa capacité à renforcer la robustesse des organisations. Elle sera animée par Sylvain Breuzard, inventeur de la permaentreprise et fondateur de norsys, ainsi que Michèle Buinet, directrice de publication et animatrice de la formation sur la permaentreprise.
La permaentreprise doit permettre aux entreprises de s’inspirer des écosystèmes naturels pour minimiser le plus possible leur impact dessus. Le groupe Auddicé et l’emlyon ont adopté ce modèle. Les représentants de ces deux organismes nous expliquent comment leur activité s’est transformée depuis.
Regards croisés sur la permaentreprise entre Olivier Cateura, professeur permanent en Stratégie, Innovation et Entrepreneuriat à l’emlyon business school et Louis Philippe Blervacque, président de la permaentreprise Auddicé et nouveau président du Medef Douaisis. Le premier l’étudie comme un chercheur, l’autre le vit à l’intérieur de son entreprise.
Mais tous deux soulignent que la permaentreprise est
✔ Un modèle stratégique pour diriger dans un monde en polycrise
✔ Une méthode pragmatique de création de valeur et de robustesse
✔ Un modèle ouvert, adaptable et profondément collectif
À l’issue de deux jours de travaux à Paris, le G7 Environnement se conclut sur l’adoption de sept déclarations. « Un résultat solide et significatif » selon le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature. Dans un contexte international marqué par la montée des tensions, le durcissement des rapports de force et l’affaiblissement des compromis multilatéraux, ce résultat n’était pas acquis. Il témoigne d’un choix clair porté par la France : refuser l’impuissance, préserver l’unité du G7 et obtenir des avancées concrètes là où elles sont possibles.
Alors que les négociations environnementales se heurtent aujourd’hui à des divergences croissantes, la France a assumé une ligne de responsabilité : ne pas organiser le désaccord, mais construire des convergences utiles, en tenant fermement le cap de l’action.
Les sept déclarations adoptées traduisent cette ambition et actent des avancées substantielles autour de priorités stratégiques :
Une déclaration chapeau qui reprend l’ensemble de ces accords ;
Sécurité et environnement : inscription au cœur de l’agenda international du lien entre désertification, dégradation des terres, raréfaction de l’eau et déstabilisation des sociétés ;
Biodiversité et financements : lancement de l’Alliance pour le financement de la nature et des peuples, pour changer d’échelle dans la mobilisation des capitaux publics et privés ;
Océan : avec deux déclarations, l’une avec des engagements concrets pour améliorer la gestion effective des aires marines protégées, l’autre pour intensifier la lutte contre la pêche illégale ;
Eau et santé environnementale : renforcement de la coopération face à la pression croissante sur la ressource et aux pollutions émergentes, notamment les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (appelées « PFAS ») et les microplastiques ;
Adaptation et résilience : mobilisation des États autour de la résilience du secteur immobilier et de la protection des territoires face aux catastrophes naturelles.
Ces résultats traduisent une conviction forte portée par la France : l’écologie est désormais au cœur des équilibres de puissance, de stabilité et de sécurité. Elle ne peut être reléguée au second plan. Elle est une condition de souveraineté, de résilience et de protection des populations.
La dynamique engagée à Paris se poursuivra à l’occasion des prochaines échéances internationales, ainsi que dans les initiatives portées par la France dans les semaines à venir, notamment sur la réduction des émissions de méthane lors d’un événement de haut niveau le 4 mai.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
La France continuera d’agir pour rassembler, protéger et transformer.
« Les résultats obtenus à Paris témoignent d’une volonté partagée de maintenir le dialogue et d’avancer ensemble, malgré un contexte international plus complexe. Avec ces sept déclarations, nous faisons le choix de solutions concrètes et d’une coopération utile, au service de la protection de nos ressources, de nos territoires et de nos concitoyens. Ce G7 Environnement constitue une étape importante vers le sommet d’Evian pour continuer à structurer une action internationale à la fois réaliste, ambitieuse et durable. »
Déclaration Sécurité et environnement (traduite en français)
Désertification, dégradation des terres et sécheresse
Un engagement commun pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, facteurs aggravants des risques sécuritaires.
Nous reconnaissons que la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse constituent des défis systémiques environnementaux, économiques, sociaux et sécuritaires d’envergure mondiale, qui font peser des risques croissants sur les écosystèmes, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et hydrique, la stabilité économique et la croissance durable, en particulier dans les régions fragiles et touchées par des conflits.
Au cours des six dernières décennies, la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse ont intensifié la concurrence pour les ressources naturelles et contribué à l’augmentation des migrations et des déplacements de population. Dans ce contexte, nous soulignons que la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, visant à atteindre des objectifs volontaires de neutralité en matière de dégradation des terres, est essentielle pour soutenir les pays touchés, protéger l’environnement, prévenir les tensions et renforcer la stabilité et la paix.
Nous constatons également que les investissements dans la restauration des terres et la résilience à la sécheresse demeure insuffisants et fragmentés. La restauration des écosystèmes terrestres dégradés et le renforcement de la résilience face à la sécheresse sont essentiels à la conservation de la biodiversité, à la sécurité alimentaire, à la création de revenus et d’emplois pour les communautés en première ligne, et au renforcement de la stabilité et de la prospérité à long terme des régions touchées.
Forts de ces évaluations partagées et de nos expériences respectives en matière de politiques environnementales, de développement et de sécurité, nous réaffirmons la nécessité de relever ces défis interdépendants par une action intégrée, coordonnée et prospective.
Nous soulignons l’importance stratégique de pleinement prendre en compte le lien entre dégradation des terres et sécuritéafin de réduire les facteurs de conflit liés à la rareté des ressources, et de promouvoir la protection, la conservation, la gestion durable, la restauration et le renforcement de la résilience dans les paysages touchés, autant d’investissements essentiels pour la paix, la prospérité à long terme, la sécurité alimentaire et hydrique et l’amélioration des moyens de subsistance.
Nous reconnaissons également le rôle central des autorités locales et régionales, parmi d’autres partenaires et parties prenantes, en tant qu’acteurs clés de la prévention, de la préparation et de la réponse. Il est essentiel de promouvoir le renforcement des capacités pour atténuer les risques en cascade associés à la sécheresse et à la dégradation des terres, tout en permettant des approches plus proactives et éclairées par les risques qui offrent des opportunités pour des projets solides et une résilience accrue.
De plus, nous reconnaissons l’importance de mobiliser et d’harmoniser les capitaux publics et privés à grande échelle autour de la restauration des terres et de la résilience à la sécheresse. Il est crucial de renforcer une coordination appropriée entre les institutions financières internationales, les fonds multilatéraux pour l’environnement et les partenaires bilatéraux afin de catalyser les co-investissements aux côtés des acteurs privés dans des paysages résilients à la sécheresse. À cet égard, en nous appuyant sur les priorités des pays partenaires, nous travaillerons, le cas échéant, avec le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et d’autres fonds multilatéraux et internationaux pour l’environnement, ainsi qu’avec des instruments de financement mixte qualifiés tels que le Fonds pour la neutralité en matière de dégradation des terres (LDN) ou le Mécanisme d’investissement pour la résilience à la sécheresse (DRIF) émergent.
Des approches novatrices et coopératives peuvent contribuer à combler les lacunes et à mobiliser l’ampleur des investissements nécessaires pour faire de la restauration des terres et de la résilience à la sécheresse des piliers fondamentaux de la prospérité et de la paix. Nous encourageons tous les pays à tirer parti des mécanismes existants pour renforcer leur résilience face à la sécheresse, lutter contre la dégradation des terres et améliorer la restauration des terres.
Par cette déclaration, nous réaffirmons le rôle central de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), ainsi que nos engagements et notre détermination à faire de la protection, de la gestion durable et de la restauration des terres et des écosystèmes une priorité stratégique pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.
Ce faisant, nous visons à renforcer la résilience, à améliorer la sécurité alimentaire et hydrique, à garantir la sécurité foncière, à préserver les moyens de subsistance et à contribuer à un avenir plus stable, plus sûr et plus prospère pour tous. À cette fin, nous attendons avec intérêt la prochaine COP17 de la CNULCD, qui constituera une occasion essentielle de faire progresser les objectifs de la Convention.
Résultats du volet environnemental du G7 (traduite en français)
La réunion ministérielle du volet environnemental du G7, rassemblant les membres du G7 et les pays partenaires, s’est tenue les 23 et 24 avril 2026 à Paris, sous la présidence française, dans le but d’échanger des points de vue sur les enjeux environnementaux cruciaux et sur les priorités communes pour cette année importante. À cette occasion, les participants ont réaffirmé leur détermination à mener des actions concrètes, coordonnées et transformatrices pour répondre à ces enjeux cruciaux et contribuer à un avenir plus stable, plus sûr et plus prospère pour tous.
mener des actions concrètes, coordonnées et transformatrices pour contribuer à un avenir plus stable, plus sûr et plus prospère pour tous
Deux initiatives de la présidence française du G7 ont été lancées à cette occasion :
une Alliance « Nature et Populations » pour le financement, qui devrait contribuer à coordonner et à renforcer le financement de la protection, de la conservation et de la restauration de la nature, notamment en mobilisant un engagement accru du secteur privé et des fondations ;
Un partenariat pour la résilience immobilière et la prospérité (RER4P) vise à prévenir et réduire l’exposition et la vulnérabilité aux risques naturels en renforçant les synergies techniques au sein du G7 et au-delà, notamment grâce à un meilleur échange de données nationales, et à la diffusion des meilleures pratiques et solutions, y compris les solutions fondées sur la nature.
Par ailleurs, un ensemble de résultats concrets a été adopté afin de mettre l’accent sur :
le renforcement de la coopération en matière de gestion efficace des aires marines protégées (AMP), par la création d’une Alliance pour la gestion des AMP, afin de relever les défis communs iés au financement, à la gouvernance, au suivi et à la surveillance ;
l’engagement à approfondir la collaboration en matière de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, notamment en promouvant la mise en œuvre effective des cadres internationaux, en renforçant la transparence, la coopération et en soutenant les efforts de renforcement des capacités, en particulier dans les régions les plus vulnérables ;
la détermination à promouvoir la protection et la restauration des terres et des écosystèmes comme une priorité stratégique pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, et à souligner l’importance stratégique de reconnaître pleinement le lien entre dégradation des terres et sécurité. L’objectif est de renforcer la résilience, d’améliorer la sécurité alimentaire et hydrique, de garantir la sécurité foncière et de préserver les moyens de subsistance ;
l’engagement à s’appuyer sur la coalition G7 Eau et son plan de travail, réaffirmant la détermination commune à conserver, protéger, gérer durablement et restaurer les ressources en eau, notamment en détectant et en traitant les polluants de l’eau et en promouvant des solutions innovantes, y compris par l’organisation d’une Journée de l’innovation en 2026.
Une discussion a également porté sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Pacte nature 2030 du G7 et sur les possibilités d’actions supplémentaires dans le cadre du programme international pour l’environnement à l’horizon 2026.
Partenariat pour la résilience du secteur immobilier et la prospérité (RER4P)
Lancement d’un partenariat par la présidence française du G7 visant à améliorer la résilience et réduire la vulnérabilité du secteur immobilier.
Conscients que nous détenons certains des parcs immobiliers les plus importants et les plus précieux au monde, nous reconnaissons que le cadre bâti, y compris les bâtiments résidentiels et non résidentiels, les terrains y afférents, les infrastructures et les actifs environnementaux dans nos pays et au-delà, est exposé à un large éventail de risques naturels. Ces risques croissants constituent des menaces importantes pour l’environnement, la prospérité nationale et mondiale, et le bien-être social et économique de nos populations, en particulier pour les communautés les plus vulnérables.
Nous reconnaissons la nature intrinsèquement interdisciplinaire de ces défis et leurs implications considérables. Nous soulignons par ailleurs la valeur transversale, environnementale, économique, sociale et culturelle, du renforcement de l’action collective pour prévenir et réduire, le cas échéant, l’exposition et la vulnérabilité des bâtiments, en tenant compte des terrains, infrastructures et biens environnementaux associés, aux risques naturels, par le biais de solutions environnementales, urbaines, architecturales, d’ingénierie, industrielles et de construction.
Bien que nous reconnaissions que des solutions, des politiques et des ressources sont déjà mobilisées, y compris aux niveaux national et infranational, ces efforts peuvent bénéficier de synergies renforcées, guidées par les meilleures données scientifiques disponibles, et d’une coopération accrue afin de maximiser les connaissances, la visibilité, l’efficacité et les impacts.
La présidence française du G7 lance ainsi le Partenariat Résilience Immobilière pour la Prospérité (RER4P), réaffirmant son soutien à ce nouveau partenariat ouvert et inclusif, qui réunira des représentants des secteurs public et privé, des partenaires et des parties prenantes, notamment des experts, des groupes d’engagement tels qu’Urban 7, des organisations et programmes internationaux pertinents, et la société civile, le cas échéant.
Nous soulignons l’importance de RER4P pour le renforcement de la coopération technique au sein du G7 et au-delà, notamment grâce aux échanges sur l’accessibilité des données nationales et au partage des meilleures pratiques et solutions. Cela inclut les solutions fondées sur la nature et le renforcement des synergies entre les initiatives et institutions existantes.
Nous sommes convaincus que, grâce à ce partenariat, le partage d’expériences contribuera à la protection de l’environnement, à la prospérité mondiale et au bien-être des populations.
Déclaration Eau et santé environnementale (traduite en français)
Action de la Coalition du G7 afin de lutter contre la pollution de l’eau
Une ambition commune pour détecter et traiter la pollution de l’eau
Forts des réalisations des récentes présidences du G7, notamment le lancement de la Coalition du G7 pour l’eau sous la présidence italienne de 2024 et l’adoption de son plan de travail triennal sous la présidence canadienne de 2025, nous réaffirmons notre détermination commune à prévenir la pollution à la source et à conserver, protéger, gérer durablement et restaurer les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques. Nous reconnaissons également les interconnexions et les co-bénéfices entre l’eau, l’énergie, l’alimentation, les écosystèmes et la prospérité à long terme.
Dans ce contexte, nous reconnaissons que la pollution de l’eau, y compris la pollution plastique et chimique, comme les PFAS, constitue un défi pour de nombreux gouvernements, autorités publiques et acteurs du secteur de l’eau dans le monde entier.
Parallèlement, le fardeau associé à la pollution de l’eau peut être considérable. Relever ce défi passe donc par un renforcement des échanges de bonnes pratiques, de la recherche scientifique et du développement des connaissances, ainsi que par un investissement soutenu dans l’innovation, les infrastructures, les ressources en eau et les stratégies de gestion des eaux usées, en s’appuyant sur les cadres internationaux pertinents.
Compte tenu de ces considérations, nous nous engageons à lutter contre la pollution de l’eau et à œuvrer, au sein de la Coalition de l’eau du G7, pour partager activement les pratiques, les connaissances, l’expertise et les solutions innovantes visant à mieux détecter et traiter la pollution, tant au sein du G7 qu’à l’échelle internationale.
Promouvoir l’innovation et la mise à l’échelle des solutions
À cet égard, nous soutiendrons les solutions et approches innovantes visant à réduire la pollution à la source, notamment les solutions fondées sur la nature, et à promouvoir une utilisation efficace de l’eau et un traitement efficace des eaux usées. Nous renforcerons également le partage et la gestion des données, l’interopérabilité des systèmes de surveillance et le développement de modèles prédictifs, d’alerte précoce et d’intervention. Conformément au Plan de travail de la Coalition de l’eau du G7, adopté lors de la réunion des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G7 à Toronto en 2025, nous allons œuvrer ensemble pour sensibiliser aux impacts des polluants de l’eau et au potentiel de solutions novatrices au sein des instances et processus internationaux pertinents, particulièrement en cette année cruciale pour l’agenda international sur l’eau.
Afin d’accélérer les progrès et de favoriser la mobilisation internationale, une Journée de l’innovation sera organisée en 2026 par les présidences du G7 et du G20 pour présenter des approches et technologies prometteuses susceptibles de contribuer à une meilleure sécurité hydrique, notamment par l’utilisation efficace des ressources, la gestion des eaux usées, la réutilisation de l’eau et des solutions pour lutter contre les polluants de l’eau. Cet événement réunira des gouvernements, des acteurs du secteur privé, des instituts de recherche et d’autres partenaires et parties prenantes concernés.
contribuer à une meilleure sécurité hydrique, par l’utilisation efficace des ressources, la gestion des eaux usées, la réutilisation de l’eau et des solutions pour lutter contre les polluants de l’eau
Face aux crises énergétiques qui touchent l’Europe, il est crucial d’intensifier les efforts pour décarboner la France et essentiel d’agir pour libérer notre économie de sa dépendance structurelle aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Dans ce contexte d’incertitude énergétique et climatique, la réussite de tout projet économique pour la France est conditionnée, pour Le Shift Project, au succès de la décarbonation, qui redonne de la liberté d’action et est la condition de notre souveraineté. Pour éclairer le débat public à un an de l’élection présidentielle, il publie une étude qui apporte des enseignements et propositions pour sécuriser la transformation de l’économie, et rendre la décarbonation française robuste aux aléas des 25 prochaines années.
« La sortie des combustibles fossiles doit devenir la colonne vertébrale des politiques publiques »
Du Plan de transformation de l’économie française (PTEF) au Plan robuste pour l’économie française (PREF)
Dans un monde qui se fragmente et soumis à des chocs, les systèmes se grippent, les prévisions se faussent et les plans ne se déroulent pas comme prévu. Il y a 5 ans, Le Shift Project présentait son Plan de Transformation de l’Économie Française (PTEF), un ensemble de 15 rapports thématiques et d’une synthèse proposant des mesures concrètes pour réduire de 5 % par an les émissions de gaz à effet de serre de la France. Cette feuille de route réaliste et chiffrée de notre décarbonation, dans la lignée d’autres scenarios (RTE, ADEME, négaWatt), veillait à la cohérence entre l’énergie bas-carbone disponible, les emplois nécessaires et la réduction de nos émissions nationales au bon rythme. Cependant, ce plan supposait en filigrane un contexte stable et prévisible, sans explorer les risques liés à l’échec partiel ou total de certaines mesures. L’étude « Réussir la transition dans l’incertitude » réinterroge les analyses et recommandations du PTEF à l’aune des probables chocs, perturbations et aléas des 25 prochaines années.
L’objectif du Shift Project est de sécuriser la transition en tenant compte du fait que le monde sera incertain
L’objectif du Shift Project est de sécuriser la transition en tenant compte du fait que le monde sera incertain, et que les acteurs français ne pourront pas tout maîtriser dans les décennies à venir. Ce rapport « Réussir la transition dans l’incertitude » constitue la première brique technique de son Plan Robuste pour l’Économie Française (PREF), un travail collectif, financé par plus de 30 000 donateurs et porté depuis plus d’un an par des milliers de membres bénévoles des Shifters et de professionnels engagés. Un livre synthèse sortira le 14 octobre 2026 en librairie.
La double contrainte carbone
20 chantiers prioritaires à mener pour réussir la décarbonation
Premier pilier du Plan Robuste pour l’Économie Française, cette analyse plonge au cœur de 20 grands chantiers : ceux sans lesquels la transition bas-carbone ne réussira pas.
Transports : déploiement du vélo, extension des transports en commun, généralisation de la voiture électrique (sobre), massification du train, décarbonation de l’aérien (SAF et baisse du trafic), relance du fret ferroviaire, déploiement des camions électriques
Logement : rénovation des habitations, déploiement des pompes à chaleur (PAC)
Numérique : maîtrise du déploiement des centres de données
Industrie : production d’acier bas-carbone, production d’hydrogène bas-carbone, captage et séquestration de carbone (CCS)
Agriculture : transformation de nos systèmes d’élevage (baisse sélective des cheptels bovins), transformation de notre gestion de l’azote (légumineuses), maintien et développement des puits de carbone naturels, agricoles et forestiers
Énergie : prolongation du nucléaire historique et lancement du nouveau nucléaire (EPR2), déploiement des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien terrestre, éolien en mer), déploiement soutenable des bioénergies
20 chantiers incontournables
comprendre ce qu’il faut pour que ça marche vraiment et identifier ce qui risquerait de tout faire échouer
Pourquoi une approche robuste ?
Pour chacun, Le Shift Project a interrogé des dizaines d’experts et consulté les professionnels des filières concernées avec pour objectif : comprendre ce qu’il faut pour que ça marche vraiment et identifier ce qui risquerait de tout faire échouer (manque de main d’œuvre, retards industriels, évolution lente des usages…).
En conclusion, le succès de chaque chantier de décarbonation dépend de conditions clés, dont la réalisation reste incertaine et dont la maîtrise totale ne peut être garantie — c’est autant de défis à relever pour réussir la décarbonation. Selon les chantiers, il s’agit notamment d’accélérer un déploiement industriel ou infrastructurel, de développer des technologies aujourd’hui peu matures, de faciliter les évolutions des usages et des comportements, de tenir un rythme de recrutement et de formation, ou d’obtenir des conditions agronomiques ou sylvicoles favorables.
Plan robuste de décarbonation : La vision d’ensemble
Quels choix face aux incertitudes ? 6 enseignements clés pour sécuriser la transition
Le Shift Project a mené une analyse de robustesse imaginant des trajectoires dégradées de décarbonation, pour mieux les éviter. Ces trajectoires chiffrées ont été construites à partir de variantes – en termes d’émissions de GES, de consommation d’énergie, de cuivre, et d’emploi – supposant des issues plus ou moins optimistes pour chaque chantier.
grandes lignes d’action pour une décarbonation française réussie dans un contexte incertain
La cartographie des possibles obtenue leur a permis de proposer de grandes lignes d’action pour une décarbonation française réussie dans un contexte incertain. Pour Le Shift Project, la France peut encore réussir sa décarbonation : si elle en fait, dès le prochain quinquennat, une priorité politique et économique absolue.
la France peut encore réussir sa décarbonation : si elle en fait une priorité politique et économique absolue
Même dans un contexte incertain, où les imprévus seront inévitables, la transition peut aboutir. En revanche, tout affaiblissement de l’ambition ou tout retard dans sa mise en œuvre accroîtrait les tensions autour des ressources énergétiques, dans un monde déjà marqué par l’instabilité et les aléas.
Décarboner l’agriculture française
L’urgence est d’accélérer, sans compromis.
La France a pris trop de retard pour faire l’impasse sur les chantiers majeurs, qu’il va falloir tous mener de front. Cependant, si elle parvient à accélérer sur l’ensemble des chantiers, elle regagnera du pouvoir de décision sur sa trajectoire au cours de la décennie 2040.
Sécuriser la décarbonation demande de déployer simultanément tous les leviers de décarbonation :
1. la production d’énergies bas-carbone française ;
2. l’électrification massive de l’économie ;
3. la maîtrise de la consommation d’énergie ;
4. la réduction des émissions de carbone hors combustion ;
5. la préservation des puits de carbone naturels.
Il est nécessaire de ne faire l’impasse sur aucun de ces leviers.
L’électrification massive des équipements est incontournable pour une décarbonation poussée de l’économie française, et pour mettre à l’abri les ménages français des prochaines crises sur les énergies fossiles. L’électrification des machines et équipements doit s’accélérer : petites voitures électriques abordables, pompes à chaleur, procédés industriels électriques, flottes de camions électriques doivent faire l’objet de planifications dédiées.
Décarboner l’industrie française
Il faut, selon Le Shift Project, inciter, accompagner, contrôler et protéger les industries européennes pour qu’elles électrifient leurs procédés et qu’elles produisent des équipements électriques abordables. Il faut aider et accompagner les ménages à s’en équiper. Le plein déploiement prendra une quinzaine d’années pour la voiture. Chaque petite voiture électrique abordable vendue mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur l’essence. Chaque pompe à chaleur qui remplacera une chaudière à gaz mettra à l’abri un ménage des futurs chocs sur le gaz.
Chaque petite voiture électrique abordable vendue mettra un ménage à l’abri des futurs chocs sur l’essence
Électrifier nos équipements demande une forte hausse de la production électrique bas-carbone française.
Les défis du système électrique français
Renoncer au nucléaire ou ralentir le rythme de déploiement des énergies renouvelables, c’est risquer de manquer d’électricité bas-carbone et souveraine dès la décennie 2030. Les modélisations du Shift Project montrent que stopper le déploiement des EnR mène à manquer d’électricité dès la décennie 2030 ; sortir volontairement du nucléaire mène à manquer d’électricité au cours de la décennie 2040. Renoncer au déploiement des EPR2 fait reposer le destin électrique de la France sur la prolongation du parc nucléaire actuel à 70 ans et sur un déploiement plein et sans faute des EnR. Déployer les EnR à un rythme modéré fait reposer le destin électrique de la France sur la prolongation du parc nucléaire actuel à 70 ans et sur un déploiement de plus de 6 EPR2 en 2050.
stopper le déploiement des EnR mène à manquer d’électricité dès la décennie 2030
sortir du nucléaire mène à manquer d’électricité au cours de la décennie 2040
Principaux enseignements pour réussir la transition
Maîtriser la consommation des différentes énergies (carburants liquides, gaz, électricité) est indispensable pour sécuriser la décarbonation française.
La maîtrise de la consommation d’électricité permet d’éviter des conflits d’usages sur l’électricité, entre électrification des équipements, production de carburants électriques (efuels) et usages actuels des ménages.
Pour les équipements qu’on ne saura pas faire fonctionner à l’électricité, la maîtrise de la consommation de carburants liquides et de gaz permet d’éviter la surexploitation de la biomasse (ou de l’électricité pour les e-fuels) pour les produire et d’en limiter les impacts agroécologiques.
Il faut ainsi démultiplier l’usage du vélo, déployer les transports en commun et le train, réduire le trafic aérien, rénover massivement les logements, continuer à améliorer l’efficacité des équipements, maîtriser le déploiement des centres de données.
Décarboner le logement
La décarbonation de l’économie repose sur un défi majeur : une transformation profonde des compétences et de l’emploi.
La décarbonation ne se fera pas sans formation
L’emploi, carburant de la décarbonation
La décarbonation ne se fera pas sans formation. Certains métiers se transforment fortement, comme les mécaniciens automobiles, mais tous les métiers sont concernés à divers degrés. Cela doit être planifié sans délai : créer ou transformer une formation peut prendre 2 à 10 ans.
La décarbonation nécessite des centaines de milliers d’emplois supplémentaires dans des secteurs clés : rénovation des bâtiments, ferroviaire, électricité… Les profils à recruter sont principalement des ouvriers et techniciens. Ces emplois sont souvent en tension et peu attractifs : la qualité des emplois doit être améliorée pour attirer et fidéliser les professionnels.
Pour les secteurs dont l’activité doit décroître (aérien, transport poids lourds, énergies fossiles…), un dialogue sans tabou doit être ouvert entre représentants des salariés et des employeurs, pour projeter les évolutions d’activité et leur conséquence sur les emplois dans chaque entreprise et chaque filière.
Décarboner les transports
Synthèse « RÉUSSIR LA TRANSITION DANS L’INCERTITUDE : LA MÉTHODE SHIFT EN 20 CHANTIERS »
Thomas BRUN est cofondateur de la Fédération des Cafés Citoyens, Président du collectif Imagine l’Avenir et Directeur du programme Kant. Acteur engagé depuis 30 ans pour une démocratie citoyenne, il nous offre aujourd’hui la quintessence d’une expérimentation dans les écoles auprès de 6000 élèves avec des résultats probants pour les participants comme pour l’équipe pédagogique. Portrait d’un homme qui nous propose les dispositifs d’expression citoyenne pour favoriser l’écoute, l’argumentation, la coopération et la réflexion collective. Et si c’était « la solution pour la paix » et faire « République ensemble » : égalité, fraternité, liberté … laïcité.
Thomas BRUN : Portrait d’un acteur engagé, cofondateur de la Fédération des Cafés Citoyens et Président du collectif Imagine l’Avenir
Thomas Brun appartient à cette lignée discrète d’intellectuels praticiens pour lesquels la pensée ne vaut que si elle s’éprouve dans le réel. Son parcours ne suit pas la trajectoire académique classique d’un théoricien isolé, mais celle, plus rare, d’un expérimentateur du lien social, engagé depuis près de trente ans dans une quête constante : comprendre comment les êtres humains peuvent apprendre à coopérer durablement, sans violence, dans le respect d’eux-mêmes, des autres et de la Nature.
Comprendre comment les êtres humains peuvent apprendre à coopérer durablement, sans violence, dans le respect d’eux-mêmes, des autres et de la Nature
L’origine de cette trajectoire se trouve dans une rencontre intellectuelle fondatrice. En 1991, lors de son baccalauréat, Thomas Brun est interrogé à l’oral de philosophie sur l’ouvrage de Kant,Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. Il obtient une note élevée, mais surtout, il reçoit une empreinte durable. Les quatre grandes questions kantiennes — « Que puis-je savoir ? », « Que dois-je faire ? », « Que m’est-il permis d’espérer ? » et « Qu’est-ce que l’homme ? » — ne cesseront plus de structurer sa réflexion. Elles deviennent le fil conducteur d’une recherche existentielle et politique qui ne le quittera jamais.
Étudiant en droit et en anglais à l’Université de Caen, il s’engage parallèlement dans des formes d’action concrète. Son service militaire, effectué comme objecteur de conscience, le place au contact direct de jeunes adultes en difficulté sociale. Cette expérience constitue un premier laboratoire humain : il y découvre les fractures sociales, mais aussi le potentiel de transformation par l’accompagnement, l’écoute et la responsabilisation.
Créer des espaces de débats apaisés, structurés, capables de faire émerger une intelligence collective orientée vers la conception d’un nouveau modèle de société
En 1997, il cofonde avec plusieurs amis l’association La Nouvelle Arcadie. Le projet est ambitieux : créer des espaces de débats apaisés, structurés, capables de faire émerger une intelligence collective orientée vers la conception d’un nouveau modèle de société. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réflexion systémique, nourrie par sa participation active, de 1992 à 2007, à l’association « Systémique et Société », qui élabore le modèle théorique d’une cité expérimentale appelée Herdenia. Là, Thomas Brun affine une conviction essentielle : les transformations sociétales ne peuvent advenir sans une architecture du dialogue adaptée à la complexité humaine.
Comment organiser un débat capable de produire du sens partagé et des décisions éclairées ?
Durant les années 2000, notamment à travers l’Arcadie de Paris (2009–2012), il anime des tables rondes hebdomadaires réunissant des profils variés — juristes, journalistes, citoyens, systémiciens — autour d’une question centrale : comment organiser un débat capable de produire du sens partagé et des décisions éclairées ? Malgré la richesse des échanges, il constate les limites des dispositifs existants : la parole circule, mais ne se structure pas encore en véritable outil de transformation.
Son installation dans le Tarn en 2012 marque un tournant. Il déploie à grande échelle une forme aboutie de ses expérimentations : les cafés citoyens. En partenariat avec des MJC, des collectivités et des acteurs de l’éducation populaire, il conçoit ces espaces comme de véritables dispositifs éducatifs au sens noble. Entre 2014 et 2020, plusieurs milliers de participants par an — élus, citoyens, enseignants, responsables associatifs — prennent part à ces temps d’échange. Le café citoyen devient alors un instrument de formation à la pensée collective, un lieu où s’élabore progressivement une culture du débat respectueux, argumenté et orienté vers l’action.
Une culture du débat respectueux, argumenté et orienté vers l’action
Cette dynamique trouve un prolongement majeur dans le champ éducatif. Entre 2016 et 2018, Thomas Brun pilote l’opération « Citoyenneté et Développement Durable » dans les établissements scolaires de la région. Près de 6000 élèves participent à ces ateliers d’expression citoyenne, conçus comme des espaces d’apprentissage des valeurs républicaines par la pratique. Les résultats observés, notamment dans certains établissements comme le collège Chaumeton, témoignent de transformations significatives dans les comportements et les capacités d’expression des élèves. En 2017, une synthèse de ces travaux est présentée à l’École des Mines d’Albi-Carmaux, devant un public mêlant institutionnels, éducateurs et élèves.
« Le sentiment d’appartenance à la République »
Parallèlement, Thomas Brun contribue à la réflexion intellectuelle collective en publiant notamment « Le sentiment d’appartenance à la République » dans l’ouvrage La démocratie c’est nous.
Ce texte, comme d’autres écrits tels que Marianne mon amour, explore la dimension symbolique et affective du lien républicain, soulignant que toute construction politique durable repose sur une adhésion intime et partagée à des valeurs communes.
L’année 2020 constitue un moment de cristallisation. La pandémie de Covid-19 interrompt brutalement les activités de terrain, mais ouvre un espace de synthèse. Durant le confinement, Thomas Brun formalise le fruit de plus de vingt années d’expérimentations et de réflexions : le programme KANT. Ce dernier n’est pas un simple outil méthodologique, mais une véritable matrice de lecture du monde et d’organisation de la pensée collective. Il vise à structurer les échanges humains de manière à faire émerger des décisions éclairées, cohérentes et orientées vers le bien commun.
Attribué au collectif Imagine l’Avenir, fondé le 25 avril 2020, le programme KANTse présente comme une réponse opérationnelle aux questions fondatrices héritées de Kant. Il propose une architecture intellectuelle permettant de relier savoir, éthique, espérance et compréhension de l’humain dans un même mouvement. Là où les débats traditionnels fragmentent, le programme KANT cherche à unifier ; là où les oppositions stérilisent, il organise la complémentarité.
Ainsi, Thomas Brun apparaît comme le concepteur d’un double dispositif. D’une part, un outil pédagogique incarné — le café citoyen — qui forme les individus à la délibération collective. D’autre part, un cadre théorique structurant — le programme KANT — qui donne à cette délibération une portée systémique. Ensemble, ces deux dimensions constituent les fondations d’un projet plus vaste : permettre aux sociétés humaines de reconfigurer leurs modes d’interaction pour tendre vers une forme de cité idéale, que l’on pourrait qualifier de cité des sciences et des arts, où rationalité, créativité et éthique coexistent harmonieusement.
L’humanité peut apprendre à mieux se comprendre pour mieux vivre ensemble
Au total, depuis 1997, ce sont des milliers de débats et près de 300 000 participants qui ont contribué sur une durée de 30 ans à nourrir cette œuvre en construction dans toute la France. Loin d’être achevée, elle demeure un processus vivant, à l’image de son initiateur : rigoureux dans la pensée, engagé dans l’action, et fidèle à une intuition simple mais exigeante — celle selon laquelle l’humanité peut apprendre à mieux se comprendre pour mieux vivre ensemble.
Un acteur engagé
Thomas BRUN est un penseur systémicien de la condition humaine engagé au sein même de la cité, un architecte conceptuel qui cherche moins à expliquer le monde qu’à outiller l’action humaine consciente. Il est animé par une ambition à la fois sobre et exigeante : permettre à l’homme de s’ordonner librement dans l’espace et le temps, afin de réaliser un épanouissement personnel qui ne soit jamais dissocié de l’épanouissement collectif.
Une conviction fondatrice : l’humanité ne peut s’accomplir qu’en harmonie avec la Nature
Sa pensée repose sur une conviction fondatrice : l’humanité ne peut s’accomplir qu’en harmonie avec la Nature, et cette harmonie ne peut émerger que d’une organisation politique, sociale et symbolique fondée sur des principes explicites, observables et partageables. À ce titre, Thomas BRUN s’inscrit dans une filiation intellectuelle assumée, convoquant Thomas More pour l’éthique du soin porté aux citoyens, et Emmanuel Kant pour l’exigence d’autonomie, de courage intellectuel et de responsabilité individuelle.
Une vision systémique du monde, où l’individu, la société, la nature et le temps forment un ensemble indissociable
Sa réflexion s’enracine dans une vision systémique du monde, où l’individu, la société, la nature et le temps forment un ensemble indissociable. Son écriture révèle un esprit structurant, méthodique et profondément humaniste. Il ne s’agit pas, pour lui, de produire une théorie abstraite, mais bien de proposer une modélisation opérante, destinée à se concrétiser dans la vie réelle, au cœur de ce qu’il nomme « l’Atelier » : un espace de manifestation des activités humaines, pensé comme un lieu de réalisation, de soin et de responsabilité.
Dans la filiation des grands humanistes européens
Sur le plan politique, Thomas BRUN se situe dans la filiation des grands humanistes européens. Il convoque Thomas More et Emmanuel Kant non comme des figures d’autorité figées, mais comme des piliers principiels d’une organisation démocratique renouvelée. De More, il retient une éthique du regard : l’État ne vaut que par la considération qu’il porte à ses citoyens, reconnus comme la richesse première de la République. Cette reconnaissance engage une responsabilité morale : protéger, nourrir, soigner – les personnes, leurs biens, mais aussi la Vie et la Nature, entendues comme conditions fondamentales de toute existence humaine. De Kant, Thomas BRUN adopte l’exigence de l’autonomie : le citoyen n’est pas un simple bénéficiaire du système social, mais un acteur appelé à devenir. « Être », chez lui, ne signifie pas se conformer, mais oser penser par soi-même, construire son propre parcours, assumer sa singularité dans l’histoire humaine. L’État, dans cette perspective, n’est ni tuteur ni maître, mais facilitateur de devenirs, garant d’un cadre éducatif et social permettant à chacun de choisir comment contribuer à la cité.
Protéger et émanciper :
Voir clair, comprendre juste et agir au service du vivant, humain et non humain
Ce double mouvement – protéger et émanciper – constitue le cœur de sa pensée. Il dessine une vision politique exigeante, qu’il qualifie de « démognostique », où gouverner consiste avant tout à voir clair, comprendre juste et agir au service du vivant, humain et non humain. La société qu’il appelle de ses vœux, et pour laquelle le programme KANT a été conçu, n’est pas seulement une mécanique efficace, mais un organisme attentif, capable de faire émerger des projets personnels porteurs de sens et d’utilité commune.
Le programme KANT, une mécanique efficace capable de faire émerger des projets personnels porteurs de sens et d’utilité commune
Ainsi, Thomas BRUN se révèle comme un architecte du sens et du temps, convaincu que l’avenir de la cité dépend de sa capacité à reconnaître la singularité de chacun tout en l’inscrivant dans une responsabilité partagée. Sa pensée conjugue rigueur conceptuelle, profondeur éthique et confiance lucide dans la faculté humaine de créer, d’inventer et d’embellir le monde commun.
Cofondateur dela Nouvelle Arcadie en 1997, co-auteur de l’ouvrage « La démocratie, c’est nous ! » sous la direction de Corine TANAY, finaliste du prix de la démocratie en 2015 pour toutes les actions de débats menées sur les valeurs de la République, président du collectif Imagine l’Avenir qui développe le programme KANT, Directeur général de l’AFA– Association de Formation Arcadienne – qui pilote les actions formation des animateurs et les programmes tel que Citoyenneté et Développement Durable au sein des établissements scolaires. Il a exercé des fonctions de conseil auprès des politiques dans les démarches de concertation avec les citoyens, et depuis 2013 se concentrent sur les actions d’accompagnement des organisations publiques et privées pour développer la participation.
Thomas BRUN développe, à travers ces expériences denses d’animation territoriale et éducative, un ensemble cohérent de connaissances et de compétences1 qui relèvent à la fois de l’ingénierie démocratique, de la pédagogie citoyenne et du pilotage de dispositifs complexes.
Illustration concrète avec l’opération « Citoyenneté et Développement Durable » (2016–2018)
Conception d’un dispositif régional,
Pilotage d’intervenants,
Animation indirecte auprès de milliers d’élèves,
Production d’une synthèse académique,
Reconnaissance institutionnelle (colloque, présence des autorités éducatives),
Validation empirique par les transformations observées chez les élèves.
On peut dire que cette expérience construit une expertise hybride :
À la croisée de l’éducation populaire, de la gouvernance participative et de la transformation sociale par le débat structuré et l’intelligence collective.
Des lieux pour inventer demain !
S’engager au sein d’Imagine l’Avenir, c’est aussi le plaisir d’aller à la rencontre des autres qui participent par leurs pensées et leurs actions à l’invention du futur pour l’épanouissement de chacun et de tous. Afin qu’ils puissent se rencontrer dans les meilleures conditions, l’association, au travers de ce qui est actuellement une branche du collectif sous l’appellation les amis de la Nouvelle Arcadie, met à disposition de ses membres contre forfait, des espaces de séjour.
Lieux de séjour et d’hébergement : L’association mets à disposition de ses membres des espaces et des lieux de séjours, afin qu’ils puissent œuvrer à leur épanouissement intellectuel, spirituel et moral.
Les dispositifs d’expression citoyenne pour favoriser l’écoute, l’argumentation, la coopération et la réflexion collective
Les dispositifs d’expression citoyenne occupent aujourd’hui une place croissante dans les politiques éducatives et les démarches de participation, en particulier lorsqu’ils visent à articuler apprentissage du débat, formation civique et amélioration du climat relationnel. Dans cette perspective, les ateliers d’expression citoyenne constituent des espaces structurés où la parole est distribuée selon des règles explicites, dans un cadre non partisan, afin de favoriser l’écoute, l’argumentation, la coopération et la réflexion collective. Ce type de dispositif s’inscrit pleinement dans l’ambition du parcours citoyen, qui promeut la compréhension des règles de vie collective, le pluralisme et l’engagement des élèves dans la vie démocratique.
Un espace d’égalité de parole, de liberté d’expression dans une logique de construction et d’émergence d’un sentiment de fraternité
L’intérêt de ces ateliers tient à leur capacité à produire des effets qui excèdent la seule tenue d’un débat. Dans le cadre observé, le dispositif est présenté comme un espace d’égalité de parole, de liberté d’expression dans une logique de construction et d’émergence d’un sentiment de fraternité. Les retours institutionnels disponibles indiquent que des formes de participation citoyenne scolaire peuvent soutenir l’expression orale, la responsabilité, la confiance en soi, l’écoute des autres et l’engagement dans les instances de l’établissement.
L’objectif de cet article est de décrire, dans une perspective de systémique sociale et d’ingénierie de la participation, un processus méthodologique fondé sur les valeurs de la République et susceptible de favoriser l’autonomisation et la valorisation des participants.
La méthode d’animation de débat de La Nouvelle Arcadie
Le dispositif étudié repose sur des ateliers réguliers menés dans un établissement scolaire, à la demande de l’équipe éducative et en réponse à l’intérêt manifesté par des élèves pour les questions de société.
L’égalité de parole comme base et la liberté d’expression garantie dans une finalité constructive, excluant les polémiques
Chaque séance débute par un rappel des règles du débat, puis par l’introduction d’une thématique choisie pour sa portée civique, sociale ou éducative. La méthode s’organise autour de plusieurs principes directeurs. D’abord, l’égalité de parole constitue la base du cadre d’échange : chacun peut intervenir à partir d’une demande de prise de parole, dans le respect de la parole d’autrui. Ensuite, la liberté d’expression est garantie, mais dans une finalité constructive, excluant les polémiques partisanes ou dogmatiques. Enfin, le dispositif inclut une phase de co-détermination des thèmes suivants, les participants proposant puis hiérarchisant collectivement les sujets par vote préférentiel. Ce fonctionnement ascendant participe d’une logique de responsabilisation et d’appropriation du cadre collectif.
Dans une perspective systémique, l’atelier ne doit pas être compris comme une simple activité ponctuelle, mais comme un environnement relationnel répétitif, générateur de boucles d’apprentissage. Les participants apprennent à écouter, reformuler, argumenter, intégrer des contraintes institutionnelles et produire des propositions compatibles avec l’intérêt général. Le dispositif se présente ainsi comme un espace de médiation entre singularité individuelle et exigence collective.
Un espace de médiation entre singularité individuelle et exigence collective
Des résultats probants pour les élèves comme pour l’équipe pédagogique
Les observations recueillies auprès de l’équipe pédagogique décrivent une évolution nette et convergente des participants au fil des séances. Ils manifestent un plaisir croissant à débattre ensemble, non pour imposer un point de vue, mais pour partager des idées et croiser des regards sur des questions qu’ils ont eux-mêmes contribué à choisir. Cette évolution s’accompagne d’une amélioration de l’autonomie, de la maturité relationnelle, de l’aisance orale et de l’esprit critique.
Le dispositif produit également des effets sur la posture scolaire et institutionnelle des participants. Plusieurs deviennent délégués de classe, membres d’instances de vie collégienne ou acteurs reconnus de propositions constructives au sein de l’établissement. Les adultes rapportent une capacité accrue des élèves à rester calmes lorsque leurs propositions ne sont pas réalisables, à intégrer les contraintes institutionnelles et à élaborer des alternatives. Cette disposition favorise la construction de consensus et renforce la confiance réciproque entre élèves et adultes.
Un effet particulièrement significatif concerne la diffusion du dispositif au-delà du groupe initial. Les participants sont décrits comme des moteurs au sein de leurs classes, contribuant à une dynamique d’entraînement positive. L’entraide se développe progressivement et une solidarité visible commence à émerger entre les élèves. Le climat relationnel apparaît ainsi plus apaisé, davantage orienté vers la coopération et la recherche de solutions communes.
Faire « République ensemble » : égalité, fraternité, liberté … laïcité
Ces résultats peuvent être interprétés comme l’expression d’un mécanisme de transformation relationnelle fondé sur un cadre démocratique protégé. Le dispositif agit à plusieurs niveaux :
Au niveau individuel, il soutient l’autonomisation, la confiance en soi, la formulation de la pensée et l’accès à une parole plus maîtrisée.
Au niveau groupal, il instaure des habitudes de coopération, de contradiction bienveillante et de recherche conjointe du sens.
Au niveau institutionnel, il contribue à améliorer le rapport des élèves à l’école, à ses règles et à ses représentants.
Dans une lecture systémique, le débat régulé produit une boucle vertueuse : le respect de la parole d’autrui améliore la qualité de sa propre expression, cette amélioration renforce la reconnaissance mutuelle, la reconnaissance facilite le consensus, et le consensus nourrit la confiance. Cette dynamique favorise l’émergence d’un sentiment de fraternité qui ne relève pas d’une injonction morale abstraite, mais d’une expérience concrète de la coopération. La fraternité apparaît alors comme une propriété émergente du cadre et non comme un simple objectif affiché.
Les participants développent des compétences transférables à l’ensemble des activités humaines
Il convient enfin de souligner que ce type de dispositif s’inscrit dans une logique d’intérêt général. En apprenant à débattre sans exclure, à proposer sans imposer et à construire sans polariser, les participants développent des compétences transférables à l’ensemble des activités humaines. L’atelier devient ainsi un outil de formation civique, mais aussi un levier de pacification sociale et de consolidation du bien commun. Les constats disponibles rejoignent d’autres observations faites dans des programmes de participation scolaire, où la prise de parole organisée, l’engagement dans les instances et la responsabilisation des jeunes sont associés à une amélioration du climat collectif.
La prise de parole organisée, l’engagement dans les instances et la responsabilisation des jeunes sont associés à une amélioration du climat collectif
Constat positif et perspectives
L’atelier d’expression citoyenne étudié constitue un dispositif institutionnellement pertinent pour favoriser l’autonomisation des participants, l’émergence d’une fraternité vécue et la diffusion d’une culture de coopération. Son efficacité repose sur une architecture simple mais robuste : cadre non partisan, égalité de parole, liberté d’expression constructive, choix collectif des thèmes et rétroaction régulière. Ces éléments font de l’atelier une technologie civique capable de produire des effets durables sur les conduites individuelles, les relations entre pairs et la vie de l’établissement.
Une architecture simple mais robuste : cadre non partisan, égalité de parole, liberté d’expression constructive, choix collectif des thèmes
Poursuite du programme Citoyenneté et Développement durable
Stoppée net avec la pandémie de 2020, le programme au sein des établissements scolaires Citoyenneté et Développement durable, reprend cette année sur le plan national. Ce programme conduit initialement en Occitanie par la Nouvelle Arcadie et les cafés citoyens, en partenariat avec de nombreux réseaux d’éducation populaire, de 2016 à 2020, a fait réfléchir jusqu’à six mille élèves sur la même thématique, dans le cadre des ateliers d’éveil citoyen, sur la thématique : « Comment être citoyen aujourd’hui en faveur du développement durable ? ».
Comment être citoyen aujourd’hui en faveur du développement durable ?
La synthèse de la réflexion des élèves sur la question a été présentée lors de l’évènement de restitution provisoire du dispositif à l’École des Mines Albi-Carmaux, en présence des représentants régionaux de l’Éducation Nationale et des Établissements scolaires participant au programme, des représentant des réseaux d’éducation populaire, et des élus départementaux et régionaux. Thomas Brun a le plaisir de nous la communiquer ici pour sa première publication. Elle servira de « matière brute » en introduction des ateliers d’éveil citoyens pour inaugurer la reprise du dispositif au sein des établissements scolaires qui accueilleront la démarche.
Pour aller plus loin et former les équipes à l’atelier d’éveil citoyen
Dans un contexte scolaire marqué par le besoin de renforcer la parole partagée, l’écoute et la coopération, l’atelier d’éveil citoyen apparaît comme un dispositif simple dans sa forme, mais puissant dans ses effets. Fondé sur un débat réglé, non partisan et respectueux, il offre aux élèves un espace où ils apprennent à penser avec les autres sans renoncer à leur singularité. L’intérêt pour les établissements ne tient pas seulement à la qualité du débat : il réside aussi dans la transformation durable des postures, des relations et du climat scolaire observée chez les élèves participants.
Un cadre éducatif clair
Liberté d’expression, égalité de parole et fraternité deviennent des expériences vécues plutôt que des notions abstraites
Le premier apport du dispositif est son cadre. La charte de débat interdit les polémiques partisanes ou dogmatiques et garantit un espace libre de réflexion, centré sur l’expression de chacun, l’écoute et la construction collective. Cette rigueur n’est pas un obstacle au débat ; elle en est la condition. Elle permet de faire vivre concrètement les valeurs de liberté d’expression, d’égalité de parole et de fraternité, qui deviennent alors des expériences vécues plutôt que des notions abstraites.
Des effets sur les élèves
Le rapport Chaumeton montre une évolution très significative des élèves engagés régulièrement dans le dispositif. Ils prennent goût au débat, développent leur autonomie, gagnent en maturité, améliorent leur aisance orale et manifestent davantage d’esprit critique et de sens civique. Les observations rapportées indiquent aussi qu’ils deviennent des élèves moteurs, souvent investis comme délégués, membres du conseil d’administration ou du conseil de vie collégienne, et qu’ils apportent des propositions mieux construites et plus réalistes. Plus encore, l’atelier semble installer une confiance durable dans la parole posée, la recherche de solutions et la possibilité de construire avec l’institution plutôt que contre elle.
Une confiance durable dans la parole posée, la recherche de solutions et la possibilité de construire avec l’institution plutôt que contre elle
Un levier pour l’établissement
L’intérêt du dispositif dépasse le seul groupe participant. Le rapport souligne un effet de diffusion au sein du collège, comme une « tache d’huile », avec un impact possible sur les autres classes et sur la qualité globale des relations. Les adultes eux-mêmes modifient leur regard sur les élèves lorsqu’ils les rencontrent dans ce cadre, ce qui ouvre la voie à une relation éducative plus confiante et plus constructive. Autrement dit, former des animateurs à l’atelier d’éveil citoyen, c’est aussi doter l’établissement d’un outil de pacification, responsabilisation et coéducation.
Doter l’établissement d’un outil de pacification, responsabilisation et coéducation.
Intérêt pour les régions
Le descriptif AFA montre que ce type d’atelier s’inscrit naturellement dans les missions éducatives des collèges, lycées, MJC, centres sociaux et autres structures d’éducation populaire.Dans le cadre du Parcours laïque et citoyen de Haute-Garonne, le Département a précisément fait le choix d’outils pédagogiques actifs et innovants pour accompagner les jeunes vers des citoyens autonomes, engagés et ouverts sur le monde. Cette logique plaide pour un déploiement plus large du dispositif dans chaque région et département, afin d’offrir à un plus grand nombre d’élèves un accès régulier à des espaces de débat structurés et apaisés.
Un Parcours laïque et citoyen pour accompagner les jeunes vers des citoyens autonomes, engagés et ouverts sur le monde
Pourquoi former des animateurs
La qualité du dispositif tient à la méthode d’animation. Le rapport indique que les séances ont été menées par des animateurs formés à la méthodologie de débat de l’Arcadie, ce qui suggère que l’efficacité du format repose sur une véritable compétence professionnelle et non sur une simple animation spontanée. Former des personnels de l’éducation à cette technique, c’est leur donner des repères pour distribuer la parole, maintenir le respect du cadre, relancer la pensée collective et prévenir les dérives de confrontation stérile. C’est aussi leur permettre d’installer un climat où l’élève apprend à argumenter, écouter, nuancer et participer à l’intérêt général, compétences utiles dans la vie scolaire comme dans la vie citoyenne.
Former des personnels de l’éducationpour installer un climat où l’élève apprend à argumenter, écouter, nuancer et participer à l’intérêt général
Pour un déploiement national
À l’échelle nationale, l’enjeu est double. Il s’agit d’une part de renforcer l’éducation à la citoyenneté par des pratiques vivantes, et d’autre part d’inscrire ces pratiques dans une politique cohérente de coéducation entre institutions scolaires et partenaires associatifs. L’atelier d’éveil citoyen peut ainsi devenir un outil de référence pour les collèges et les lycées, en complément de l’enseignement moral et civique, des conseils de vie collégienne et des parcours citoyens. Sa diffusion dans chaque région et département offre un cadre concret pour faire progresser le sens civique, la solidarité, la prise de parole argumentée et la capacité à construire du commun.
Un cadre concret pour faire progresser le sens civique, la solidarité, la prise de parole argumentée et la capacité à construire du commun
Une ambition pour l’avenir
Former les équipes éducatives à l’atelier d’éveil citoyen, c’est investir dans une pédagogie de la parole, du respect et de la responsabilité. Le retour d’expérience du collège Georges Chaumeton montre qu’un tel dispositif peut transformer les élèves, améliorer les relations dans l’établissement et faire évoluer durablement la culture du débat. Pour les professionnels de l’éducation, il ne s’agit donc pas seulement d’un atelier supplémentaire, mais d’un outil de fond pour faire vivre la République à hauteur d’élèves. Ce dispositif s’inscrit dans la mission fondamentale de l’École républicaine qu’est la construction des futurs citoyens.
La mission fondamentale de l’École républicaine est la construction des futurs citoyens
Des connaissances développées au service de compétences opérationnelles Connaissances développées : – Connaissance fine des dynamiques territoriales : compréhension des spécificités locales (rural/urbain, tissu associatif, cultures politiques locales) à l’échelle du Tarn puis de l’Occitanie. – Maîtrise des enjeux de citoyenneté contemporaine : valeurs de la République, laïcité, participation démocratique, engagement civique, développement durable. – Compréhension des publics hétérogènes : élus, citoyens, jeunes, acteurs associatifs, éducateurs, avec leurs attentes, résistances et modes d’expression. – Connaissance des institutions éducatives et partenariales : fonctionnement de l’Éducation nationale, des MJC, centres sociaux, Francas, collectivités territoriales. – Approche des processus de transformation individuelle et collective : notamment chez les jeunes (ex. évolution observée dans le rapport du collège Chaumeton). – Culture du débat public et de la délibération : enjeux, limites, biais (prise de parole, conflictualité, légitimité). Compétences opérationnelles : – Conception et ingénierie d’ateliers citoyens : création de formats de débats adaptés aux publics et aux objectifs (cafés citoyens, ateliers scolaires, colloques). – Animation de débats à grande échelle : gestion de groupes variés, facilitation de la parole, régulation des tensions, production d’intelligence collective (500 débats, 20 000 participants). – Pédagogie active et participative : mise en œuvre de dispositifs favorisant l’expression, la réflexivité et l’appropriation des valeurs républicaines. – Pilotage de dispositifs éducatifs complexes : coordination d’intervenants, suivi d’actions multi-sites (ex. 6000 élèves sur 2 ans), articulation avec les institutions. – Capacité de synthèse et de restitution : production de synthèses collectives, organisation de colloques (École des Mines d’Albi), valorisation des résultats. – Évaluation et amélioration des dispositifs : prise en compte des retours terrain (ex. rapports d’évaluation), ajustement des méthodes. – Travail en réseau et partenariats : coopération avec une grande diversité d’acteurs institutionnels et associatifs. – Leadership transversal : animation d’équipes sans lien hiérarchique direct, mobilisation d’acteurs autour d’un projet commun. Compétences transversales (niveau expert) : – Intelligence relationnelle et politique : capacité à dialoguer avec des acteurs aux intérêts divergents. – Médiation et gestion du conflit : transformation des désaccords en ressources de débat. – Capacités d’écoute et d’empathie structurée : intégration des points de vue dans une dynamique collective. – Vision systémique : articulation entre éducation, citoyenneté, territoire et développement durable. – Posture réflexive : analyse continue des effets produits sur les individus et les collectifs. ↩︎
Et si la véritable transition commençait par notre capacité à coopérer ? Dans un contexte marqué par des crises écologiques, sociales et démocratiques interconnectées et un sentiment d’impuissance largement partagé, Civipedia lance un appel pour plus de coopération à celles et ceux qui ne veulent plus rester spectateurs. Cdurable.info s’associe à cette initiative qui invite citoyens, associations, entreprises et collectivités à dépasser les divisions, retisser la confiance par le dialogue, mutualiser les compétences pour faire émerger une dynamique collective et construire ensemble des réponses concrètes au service du bien commun.
Nous sommes nombreux à sentir que les solutions existent déjà, mais restent dispersées. L’appel lancé par Civipedia propose de franchir une étape décisive : passer d’initiatives isolées à une véritable culture de coopération. Cdurable.info s’associe à cette démarche qui place l’écoute, l’intelligence collective et l’action partagée au cœur des transitions nécessaires pour habiter autrement le monde.
L’appel de celles et ceux qui ne veulent plus agir seuls face aux crises
Une invitation ouverte à se tourner vers les autres et à faire ensemble
La situation est grave mais pas désespérée
Nous faisons face à plusieurs crises interconnectées, marquées par des inégalités sociales persistantes, une dégradation alarmante du débat public et une crise écologique qui menace la survie même de l’espèce humaine.
Nous sommes, dans nos territoires, nos entreprises, nos familles, nos quotidiens, inquiets de l’avenir et nous ne trouvons pas de raison d’espérer en un monde meilleur dans les discours qui attisent la discorde ou bien font croire que seuls les passages en force régissent le monde.
Nous sommes des habitants, citoyens et personnes de toutes les origines et de tous les genres. Nous sommes des entreprises de toutes tailles, des associations, institutions et organisations de tout type. Nous sommes des collectivités, élus et agents de collectivités de toute taille, des institutions œuvrant sur tous les thèmes et à toutes les échelles.
Nous sommes nombreux, dispersés sur nos territoires, à nous sentir seuls avec nos inquiétudes, seuls avec notre colère, seuls avec un sentiment d’impuissance.
Nous refusons cette impuissance organisée, nous refusons ce système qui nous divise pour mieux s’imposer, nous refusons de rester là sans rien faire.
Nous savons une chose simple :
Aucune personne seule ne peut transformer un système, mais des personnes qui coopèrent peuvent changer une époque.
Nous sommes celles et ceux qui ne veulent plus rester spectateurs, celles et ceux qui pensent que la démocratie ne doit pas seulement être un vote, mais une capacité à agir ensemble.
Nous sommes des habitants, des citoyens, des personnes de toutes les origines et de tous les genres
Nous ne voulons plus
Être montés les uns contre les autres et avoir peur de nos différences.
Que l’information soit manipulée au profit d’intérêts particuliers.
Perdre du temps dans les luttes d’ego, de pouvoir et les jeux de posture.
Que les citoyens soient infantilisés ou ignorés.
Participer à des projets qui ne verront jamais le jour, sont déjà décidés ou ne servent qu’à communiquer, parce que cela nous amène à nous désengager.
Nous voulons
Du respect et de l’écoute, au-delà de nos divergences de points de vue.
Participer à la construction de toutes les politiques d’intérêt général et être intégrés aux processus de prise de décision.
Une dynamique collective de coopération sur nos territoires, inscrite dans le long terme et avec des moyens à la hauteur des enjeux.
Un nouveau contrat social qui valorise les expériences et les compétences de chacun.
Aller au bout des coopérations engagées et voir l’impact sur le terrain.
Mais comment faire ?
En ne laissant personne de côté.
En prenant le temps d’écouter avant de faire des propositions.
En faisant appel aux compétences de tous les talents locaux disponibles et mobilisables pour restituer la parole de chacun et se mettre en mouvement ensemble.
En se donnant les moyens de créer un dialogue apaisé, éclairé, exigeant et constructif.
En mesurant et en évaluant toutes les démarches engagées de la façon la plus objective dans une logique d’amélioration continue.
Et maintenant ?
Signer et relayer cet appel pour lui donner de la visibilité.
Montrer l’exemple, afficher fièrement que vous êtes déjà dans une démarche active de coopération ou un acteur de la coopération et prouver ainsi que c’est possible et plus commun qu’on peut le penser.
Rejoindre notre écosystème de bâtisseuses et de bâtisseurs de coopération.
Rester connectés à cette dynamique de coopération à travers le média coopératif citoyen que nous développons et pourquoi pas, partager une dynamique de coopération remarquable à mettre en lumière.
Partager des moyens humains, matériels et/ou financiers pour nous donner collectivement les moyens de plus et de mieux coopérer.
« Lorsqu’une seule personne rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais si nous commençons à rêver ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité. »
Cet appel a été rédigé à plusieurs mains au sein de Civipedia à la suite de multiples séances d’écoute et de dialogue avec des citoyens tirés au sort lors de Conventions Citoyennes, des patients issus de parcours de partenariat en santé, d’élus et d’agents de collectivités, étudiants, jeunes, séniors, personnes exclues que l’on n’écoute que trop rarement, personnes vivant dans différents pays et organisations de tout type (entreprises, associations, institutions…).
Cet appel est donc le fruit d’un long processus d’interrogation collective commencé en 2022 et visant à comprendre comment faire face aux crises et trouver les moyens de faire émerger un monde plus juste et épanouissant pour chacun.
Tout au long de ce parcours, nous avons été frappés et éblouis par la somme des talents, expériences et compétences que nous avons rencontrés partout. Malheureusement, nous avons également été marqués par l’absence de coordination entre nous pour agir ensemble pour l’intérêt général et le bien commun.
Cet appel a ainsi été écrit pour nous connecter au sein d’une communauté d’action et nous permettre de plus et mieux coopérer partout et à tous les niveaux.
Tribune Cdurable à Thomas Brun, acteur engagé depuis 30 ans pour une démocratie citoyenne, cofondateur de la Fédération des Cafés Citoyens et Président d’Imagine l’Avenir, nous présente le programme KANT pour le tricentenaire de la naissance1 de son inspirateur, le grand philosophe Emmanuel KANT. Ce programme permet l’utilisation d’une méthode pour pouvoir répondre de façon précise et durable aux questions qu’il a formulées au 18 siècle : « Que puis-je savoir ? », « Que dois-je faire ? », « Que m’est-il permis d’espérer ? », et enfin « Qu’est-ce que l’homme ? ». Avec un peu de retard, compte tenu des désordres ambiants dans le monde, la présentation publique de la méthode Kant, 302 ans après sa naissance, est une occasion de lui rendre hommage.
Thomas BRUN : Portrait d’un acteur engagé, cofondateur de la Fédération des Cafés Citoyens
Cofondateur dela Nouvelle Arcadie en 1997, co-auteur de l’ouvrage « La démocratie, c’est nous ! » sous la direction de Corine TANAY, finaliste du prix de la démocratie en 2015 pour toutes les actions de débats menées sur les valeurs de la République, président du collectif Imagine l’Avenir qui développe le programme KANT, Directeur général de l’AFA– Association de Formation Arcadienne – qui pilote les actions formation des animateurs et les programmes tel que Citoyenneté et Développement Durable au sein des établissements scolaires. Il a exercé des fonctions de conseil auprès des politiques dans les démarches de concertation avec les citoyens, et depuis 2013 se concentrent sur les actions d’accompagnement des organisations publiques et privées pour développer la participation. Thomas BRUN développe, à travers ces expériences denses d’animation territoriale et éducative, un ensemble cohérent de connaissances et de compétences qui relèvent à la fois de l’ingénierie démocratique, de la pédagogie citoyenne et du pilotage de dispositifs complexes.
Le programme KANT : et si on repensait la société à partir de l’intelligence collective ?
Et si la politique ne partait plus des institutions ou des rapports de force… mais de notre capacité à comprendre ensemble le monde et à agir collectivement ?
C’est l’ambition du programme KANT, un projet né en Occitanie au sein du collectif Imagine l’Avenir. À mi-chemin entre philosophie, méthode d’action et vision de société, ce texte propose une manière nouvelle de penser la démocratie.
Ni manifeste politique classique, ni théorie abstraite, KANT se veut avant tout une boussole pour agir.
Une idée simple : comprendre pour mieux agir ensemble
Au cœur du projet, une conviction forte :
Une société fonctionne mieux quand ses citoyens comprennent ce qui se passe, plutôt que d’obéir à des idées toutes faites.
Autrement dit, il s’agit de remplacer l’obéissance par la lucidité collective.
Le programme repose sur trois grandes questions :
Qui sommes-nous en tant qu’êtres humains ?
Comment organiser une société plus juste ?
Et surtout : comment passer à l’action concrètement ?
Une vision : la “Cité des Sciences et des Arts”
Pour illustrer son idéal, KANT imagine une société où :
La connaissance est accessible à tous,
La liberté est réelle,
Et la coopération devient la norme
Le programme KANT, en tant que modélisation systémique des activités humaines, tend vers une société où science, culture, politique et vie quotidienne ne sont plus séparées, mais interconnectées de façon harmonieuse pour l’intérêt général.
Les “Ateliers” : des lieux pour transformer la société
La grande originalité du programme, ce sont les “Ateliers”.
Ce ne sont ni des institutions, ni des associations classiques. Ce sont des espaces concrets où l’on :
Travaille,
Apprend,
Débat,
Crée,
Décide,
… le tout sans hiérarchie rigide.
On peut les imaginer comme des cellules vivantes, en forme d’alvéoles, un peu comme dans un organisme vivant :
Chaque Atelier agit localement Mais tous sont connectés entre eux
Objectif : faire émerger une intelligence collective capable de résoudre des problèmes concrets.
Une nouvelle idée de démocratie : la “démognotie”
Le programme introduit un concept inédit : la démognotie. Derrière ce mot compliqué, une idée très simple :
Le pouvoir devrait dépendre du niveau de compréhension des citoyens.
En clair : plus les gens comprennent les enjeux, plus ils peuvent participer aux décisions. Cela ne supprime pas les experts, mais change leur rôle : ils ne gardent plus le savoir pour eux, ils le partagent.
Repenser les valeurs républicaines
Liberté, Égalité, Fraternité… et Laïcité.
Des mots que l’on entend souvent, mais qui restent parfois abstraits. Le programme KANT propose de les transformer en outils concrets pour agir. À ces valeurs, le programme ajoute :
Conservation (préserver le vivant et les ressources)
Harmonie (chercher l’équilibre global)
Une grille pour prendre de meilleures décisions
Concrètement, le modèle KANT sert d’outil d’analyse. Par exemple, pour une réforme de l’éducation, on peut se poser 6 questions :
Est-ce que c’est équitable ? (Égalité)
Est-ce que ça renforce le lien entre les personnes ? (Fraternité)
Est-ce que ça respecte le cadre commun ? (Laïcité)
Est-ce que ça transmet les savoirs ? (Conservation)
Est-ce que ça rend plus autonome ? (Liberté)
Est-ce que l’ensemble est cohérent ? (Harmonie)
Une manière simple de garder une vision globale, sans opposer les valeurs entre elles.
Une comparaison surprenante avec… le graphène
Le texte va même plus loin, avec une analogie inattendue. Il compare le modèle KANT à la structure du graphène, un matériau composé d’hexagones. Pourquoi ?
Parce que : chaque élément est relié aux autres et l’ensemble est à la fois solide et flexible. Comme une société bien organisée. Ici, ce n’est pas la matière qui est structurée… mais la pensée et l’action collective.
Un projet ambitieux… et exigeant
Le principal défi du programme KANT reste son accessibilité. À l’origine, le texte est dense, complexe et peut sembler réservé à un public averti. Tout l’enjeu est donc de le rendre compréhensible et partageable, afin de permettre sa réappropriation par le plus grand nombre.
Thomas Brun rend accessible à tous le programme KANT
Une autre façon de faire de la politique
Au fond, KANT propose un changement radical :
Ne plus partir du pouvoir, mais de l’activité humaine concrète.
Il ne s’agit pas d’une utopie abstraite, mais d’une méthode pour transformer la réalité, pas à pas. On pourrait résumer la méthode KANT ainsi : Une manière de transformer la liberté en capacité réelle d’agir ensemble.
Le programme KANT ou l’oxyde de graphène métaphysique
La clef de voûte pour changer de paradigme civilisationnel
Introduction
Le programme KANT se situe à la croisée de la philosophie critique, de la systémique et de la prospective civilisationnelle. Ni manifeste politique, ni traité académique, ni programme administratif, il s’apparente à un texte fondateur, quasi-initiatique, où la pensée s’organise selon plusieurs registres simultanés — ontologique, civique et méthodologique.
Conçu comme un outil de refondation, il ambitionne de réarticuler les valeurs républicaines dans une matrice opératoire destinée à orienter l’action collective. Son horizon symbolique — la « Cité des Sciences et des Arts » — propose une image régulatrice d’un monde où liberté, connaissance et coopération s’unifient dans une dynamique évolutive du vivant.
Trois niveaux d’opération
La méthode procède à une triple articulation :
Ontologique et anthropologique, en interrogeant la nature de l’être humain et le lien entre langage, perception et organisation du monde.
Politique et civique, en cherchant les conditions d’une cité fondée sur la liberté agissante et la justice cognitive.
Méthodologique et opératoire, en développant des protocoles d’observation et d’action (les « Ateliers ») comme unités vivantes de transformation collective.
L’ensemble repose sur une intuition directrice : la lucidité collective doit remplacer l’obéissance idéologique, en reliant connaissance, liberté et responsabilité.
Cohérence philosophique et ingénierie civique
Le corpus s’appuie sur des références philosophiques majeures — Kant, Rousseau, More, les Lumières, Morin, Wittgenstein, Heidegger — sans en faire un décor érudit : elles structurent la logique d’exposition. Le langage y figure comme principe moteur : classifier, nommer et articuler devient un acte politique et cognitif.
L’un des apports les plus originaux tient à la transformation des valeurs républicaines : les notions de Liberté, Égalité, Fraternité et Laïcité cessent d’être des slogans pour devenir des opérateurs fonctionnels. Appliquées dans le cadre des Ateliers, elles forment un dispositif d’ingénierie civique, où l’abstraction éthique se convertit en méthode pratique.
L’Atelier comme unité systémique
Concept central du programme, l’Atelier n’est ni une institution figée ni un groupement informel. Il constitue un espace-temps autonome où travail, art, soin, culture et politique se relient sans hiérarchie imposée. Par son caractère transversal, il favorise l’émergence d’une intelligence collective où l’action humaine s’autostructure selon un équilibre dynamique.
Cette configuration évoque la modularité d’un système cellulaire : chaque Atelier agit comme une unité vivante dans un réseau, capable de métaboliser la diversité sans perdre la cohérence d’ensemble.
La démognotie : vers une justice cognitive
La conception de la « démognotie » représente sans doute la contribution théorique la plus novatrice. Ce néologisme désigne un paradigme politique où le pouvoir s’exerce à proportion de la compréhension partagée. La formule-clé — « la justice politique naît lorsque la connaissance cesse d’être un privilège » — condense la visée d’un système où expertise et citoyenneté se réconcilient.
La démognotie ne supprime ni la compétence ni la différenciation des rôles : elle établit leur légitimité sur la transparence cognitive, abolissant la confiscation du sens qui fonde la domination moderne.
Points de tension et exigences méthodologiques
La densité du texte en limite l’accessibilité. Conçu « pour le petit nombre qui sait qu’il ne sait pas », il requiert une médiation pédagogique pour favoriser inclusion cognitive et la compréhension par le plus grand nombre de la portée de l’équation fondamentale du programme KANT. La difficulté n’est pas conceptuelle mais transmissive : l’équilibre entre exigence intellectuelle et inclusion démocratique demeure à atteindre. Le programme Kant est en quelque sorte la description « d’un moteur » nouvelle génération, pour le développement d’une action citoyenne à grande échelle. Il a été conçu, non pas pour que chacun devienne mécanicien, mais pour que chacun puisse participer au pilotage du véhicule qu’il propulse. De plus, la nature hybride du programme — à la fois cadre symbolique, méthode et constitution implicite — apporte aussi de l’eau au moulin de la transdisciplinarité de plus en plus utilisée à l’ère de l’essor de la pensée complexe.
Fond et finalité
Thomas Brun
Le programme KANT tente de refonder la politique à partir de l’activité concrète, et non des institutions ou des rapports de force. Il articule humanisme, systémique et spiritualité critique, sans tomber dans le moralisme ni la technocratie. En cela, il se présente moins comme un idéal utopique que comme une méthode de transformation : une praxis de lucidité partagée, vouée à convertir la liberté en puissance d’agir commune.
Sa formulation en miroir pourrait être :
Une méthode de lucidité collective transformant la liberté en capacité réelle d’agir ensemble, sans renoncer à la singularité ni au vivant.
Le modèle KANT : une boussole éthique républicaine
Né au sein du collectif Imagine l’Avenir en Occitanie, le modèle KANT structure son cadre autour de six principes-valeurs : Égalité, Fraternité, Laïcité, Conservation, Liberté et Harmonie. Ces termes prolongent la devise républicaine française tout en l’enrichissant d’une double dimension écologique et téléologique. Conservation et Harmonie y jouent le rôle de stabilisateurs : préserver et relier deviennent des fonctions de l’évolution.
Ancré dans la pensée critique kantienne, le modèle conçoit l’histoire comme tension vers la moralité universelle, reformulée ici dans une perspective écologique et civilisationnelle. Il s’agit d’une réinvention du progrès des Lumières, orienté vers l’équilibre global plutôt que la seule expansion technique.
Structure opératoire et usage heuristique
Sur le plan pratique, la grille KANT sert à examiner une action selon six axes simultanés : égalité, fraternité, laïcité, conservation, liberté et harmonie. Cette séquence autorise une lecture systémique des décisions collectives.
Dans une politique publique, par exemple, la réforme d’un système éducatif pourrait être analysée selon cette trame : l’équité d’accès (Égalité), la solidarité entre acteurs (Fraternité), le respect du cadre laïque (Laïcité), la transmission des savoirs (Conservation), l’autonomie morale (Liberté), et la cohérence globale du dispositif (Harmonie).
Le modèle devient ainsi un instrument d’équilibration : il aide à maintenir une tension créatrice entre principes opposables, plutôt qu’à les hiérarchiser.
Analogie avec l’oxyde de graphène
La réflexion systémique sur KANT présente une analogie morphologique frappante avec la structure de l’oxyde de graphène. Les deux reposent sur une architecture hexagonale : l’un pour la matière, l’autre pour le sens.
Dans le graphène, chaque atome de carbone s’inscrit dans un réseau de cellules hexagonales, unité de base dont la répétition engendre la robustesse et la flexibilité du matériau. Dans le modèle KANT, chaque principe-valeur occupe la place d’un nœud interconnecté, formant une trame symbolique où la conscience et la société peuvent se structurer de manière holistique.
L’analogie ne relève pas d’un emprunt mais d’une isomorphie fonctionnelle : l’hexagone y figure la cellule minimale de stabilité et d’expansion. Dans le monde matériel, il permet la conductivité et la modularité. Dans le monde psychique, il permet la compréhension et la transformation. Ainsi, l’invention de l’oxyde de graphène et celle du modèle KANT représentent deux formes d’une même dynamique : la mise en ordre d’un continuum — l’un dans la matière, l’autre dans la conscience.
Perspectives de recherche fondamentale
Cette convergence entre modélisation symbolique et organisation matérielle ouvre une piste de recherche interdisciplinaire : la métasystémique des formes hexagonales. Elle suggère qu’au-delà des domaines, l’humanité tend à produire des structures d’équilibre auto-similaires — qu’il s’agisse de réseaux atomiques, cognitifs ou civiques.
Le programme KANT se présente ainsi comme un oxyde de graphène métaphysique : un cristal de pensée destiné à catalyser un changement de paradigme civilisationnel.
Actions de développement en cours au sein de l’hexagone
La forme de la France correspond à celle du modèle KANT. Quels liens mystérieux ont sous-tendu l’invention du programme KANT en France ? Nul ne le sait encore. En tout état de cause, c’est depuis ce pays que se déploient les actions Kant au service de l’imagination de l’avenir.
1/ Accompagnement des collectivités à l’utilisation du programme KANT dans l’organisation et la gestion de leurs activités internes et externes.
2/ Accompagnement des organisations publiques et privée, notamment relatives à l’ESS, à l’utilisation du programme KANT dans leur développement.
3/ Construction d’une plateforme web pour les citoyens,
4/ Organisation d’un processus de réflexion générale sur les activités humaines,
5/ Soutien méthodologique à l’action nationale au sein des établissements scolaires « Citoyenneté et Développement durable » en partenariat avec Cdurable.info
Ouvrage à paraitre : Un autre regard sur le monde (Introduction au programme KANT)
Table-rondes, ateliers pratiques, rencontres avec des acteurs de la région Occitanie : la 4e Journée des Métiers de la Transition s’installe à Toulouse. A l’initiative de l’Île des possibles, portée par PADEO et en partenariat avec la Région Occitanie, cette journée gratuite et ouverte à tous invite les personnes en reconversion, en recherche d’emplois, les salariés et futurs professionnels, à découvrir les opportunités professionnelles liées à la transition écologique et sociale, à rencontrer des acteurs engagés et à imaginer leur avenir dans un secteur porteur de sens.
En 2026, la quête de sens au travail est devenue un moteur central des reconversions professionnelles, poussant toujours plus de salariés à s’orienter vers les métiers de la transition écologique. Selon les dernières analyses, près de neuf actifs sur dix en quête de reconversion citent la volonté de contribuer aux enjeux environnementaux comme une priorité, selon l’étude de la chaire Impact Positif d’Audencia et de la plateforme Jobs that make sense.
Ces actifs, aux profils variés, axent leur quête de sens professionnelle vers les métiers liés à la sobriété carbone, aux énergies renouvelables, à la gestion des déchets ou encore à l’agriculture biologique. Ces métiers attirent désormais des profils variés, offrant des perspectives à la fois techniques, managériales et porteuses de sens.
Le contexte de l’emploi dans les métiers de la transition et de l’ESS
En France, l’économie verte représente déjà 1,2 million d’emplois (4 % de l’emploi total), avec une projection de 180 000 créations supplémentaires d’ici 2029, soutenue par un budget public dédié en forte hausse (+2,1 milliards d’euros en 2026 pour atteindre 45,8 milliards d’euros1). En Occitanie, l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) représente 245 855 salariés (192 339 Équivalents Temps Pleins) et 21 510 établissements employeurs, soit 11,9 % des effectifs salariés de la région. Ce secteur, souvent lié à la transition écologique et sociale, offre des opportunités variées dans des domaines comme l’insertion, l’agriculture biologique ou les services à la personne.
Trois parcours thématiques sont proposés pour répondre aux attentes de l’ensemble des publics en âge de travailler : les salariés en quête de sens, les futurs professionnels des métiers verts et les porteurs de projets engagés.
3 Parcours : métier, formation, projet engagé
Parcours 1 : « Je veux un métier qui a du sens » (ateliers Ikigaï et reconversion)
Parcours 2 : « Je veux me former aux métiers de la transition » (tables-rondes et stands de formations)
Parcours 3 : « Je lance un projet engagé » (business model et networking).
5 ateliers participatifs
La Journée des Métiers de la Transition le 6 mai à la Cité TOULOUSE – sera également placée sous le signe d’ateliers participatifs : 5 séances pour mieux vous préparer.
11h : Se connecter à son écosystème engagé avec Adèle Boinnot 🌱
16h : Atelier Ikigaï – un outil pour trouver sa voie avec Johanna Ingenito
Ces ateliers seront l’occasion de repartir avec des clés concrètes, des pistes d’action et de nouvelles perspectives pour construire un parcours aligné avec ses valeurs et les enjeux de la transition.
8 coachs à la Journée des Métiers de la Transition
Lors de la Journée des Métiers de la Transition, 8 coachs spécialisés seront présents pour vous proposer des séances flash d’accompagnement. Ces rendez-vous, accessibles sur inscription, vous permettront de travailler sur une problématique précise : peut-être le point de blocage qui vous empêche aujourd’hui de passer à l’action !? Ce sera l’occasion de bénéficier d’un regard extérieur, de clarifier vos prochaines étapes et d’avancer concrètement dans votre parcours. Ils seront aussi sur le stand des coachs !
Stands de 20 structures engagées et acteurs de l’accompagnement
Le 6 mai, de 9h à 17h, plus de 20 structures engagées vous accueilleront à @LaCité – Montaudran pour échanger, vous informer et vous accompagner dans vos projets de transition. Associations, Collectifs, institutions et acteurs de l’accompagnement seront présents pour informer, orienter et échanger avec les chercheurs d’emploi, les personnes en reconversion et les porteurs de projets à impact. Une occasion de rencontrer les bons interlocuteurs, de poser vos questions et d’identifier les ressources utiles pour avancer dans votre parcours.
A propos
La Journée des Métiers de la Transition est organisée à l’initiative de l’Île des possibles et portée par PADEO, en partenariat avec la Région Occitanie, La Cité, France Travail, le Conseil Départemental de Haute-Garonne, la Maison de l’Orientation, le réseau Être, Mon Job de Sens.
PADEO – Pour un Avenir Durable En Occitanie est une association qui fédère et anime les acteurs du territoire pour co-construire des projets concrets et innovants en faveur d’un avenir durable, en s’appuyant sur la coopération, l’innovation sociale et la transition écologique.
L’Association BÊLE est la grande gagnante de la 5e édition du Prix « Ils Changent le monde » organisé par la Fondation Terre Solidaire afin de révéler les démarches innovantes, durables, ancrées dans les territoires, capables d’accélérer la transition écologique en étant duplicables partout en France et au-delà. Ce qui a séduit le public dans ce projet ? L’histoire et l’implication de professionnel-le-s engagé-e-s dans toutes les étapes de la filière laine locale (élevage, tonte, transformation, fabrication, animation…), afin de redonner sa juste place à la laine paysanne française et arrêter de la considérer comme un déchet.
A travers sa démarche l’association BÊLE met en lumière une réalité oubliée : alors qu’autrefois l’industrie lainière française était florissante, la laine paysanne n’est aujourd’hui quasiment plus valorisée entraînant un gâchis de biomasse disponible localement et de la perte sèche de revenu pour les éleveurs.
D’un côté, des éleveuses et éleveurs soucieux de mieux valoriser leurs laines locales ; de l’autre, une entrepreneuse lyonnaise qui cherche à développer une marmite norvégienne avec 100% d’une laine éthique et locale ; et au carrefour des deux, une animatrice lainière qui explore la structuration d’une filière laine locale. De leur rencontre en 2022, au sein de l’ADDEAR du Rhône, association qui promeut l’agriculture paysanne, est née l’association BÊLE.
BÊLE fédère aujourd’hui 12 fermes ovines, 3 entreprises de valorisation et l’une des dernières laveries de laine « à façon » de France.
Chaque ferme adhérente compte 50 à 500 brebis et a été formée par l’association pour produire sa propre laine locale. Un produit qui demande des connaissances et un savoir-faire afin de pouvoir être exploitable. 2 tonnes de laine sont ainsi valorisées par an à travers la création de produits de qualité, made in France et innovants : rembourrage de cocottes norvégiennes, articles pour particuliers (chaussons, semelles, tapis, luminaires).
Les membres se forment à la valorisation de la laine, mutualisent les ressources, partagent leur savoir-faire, développent des pratiques durables et éthiques.
« L’association vient renforcer l’agriculture paysanne, soutenir les petites exploitations et stimuler la coopération locale. En outre, BÊLE transforme efficacement une filière agricole délaissée, innove sur son territoire et propose un modèle reproductible, favorisant ainsi la transition écologique et solidaire. C’est un remarquableexemple d’initiative collective qui montre des résultats probants, inspirent et agit comme un levier de transformation.”
Philippe MAYOL, Directeur général de la Fondation Terre Solidaire
Un prix de 20 000€ et un accompagnement d’un an de la Fondation Terre Solidaire
L’Association BÊLE a été sélectionnée, aux côtés de 4 autres projets parmi 134 candidatures, par un jury composé de 9 personnes de La Fondation Terre Solidaire et de personnalités extérieures. Les 5 finalistes ont ensuite été soumis au vote du public. L’association BÊLE a largement remporté l’adhésion de la majorité des votants avec 1045 voix. Elle remporte la somme de 20 000 euros et un accompagnement d’un an par les équipes de la Fondation Terre Solidaire.
L’équipe de la Fondation Terre Solidaire
Première étape d’une filière laine locale: l’élevage
Emilie Bonnassieux, animatrice et coordinatrice de l’Association BÊLE
“Nous sommes tous et toutes très heureux d’avoir remporté le Prix “Ils Changent le monde”.
Les fonds vont nous permettre de développer notre réseau, rencontrer des partenaires prêts à s’engager dans notre dynamique pour faciliter le passage de la laine aux produits finis, continuer de sensibiliser et former les éleveurs à la valorisation de leur laine, faire des essais et prototypes de produits adaptés au territoire et aux laines récoltées et poursuivre notre travail de recherche et développement.”
La laine française : un gâchis qu’il est nécessaire de transformer
“En France, 10 000 tonnes de laine sont chaque année abandonnées ou bradées. Seulement 4 % sont valorisées localement. Une ressource naturelle, renouvelable… traitée comme un déchet, explique Philippe Mayol, directeur de la Fondation Terre Solidaire. Comment accepter qu’un tel potentiel soit perdu, alors même que nos éleveurs pourraient en vivre et que nos territoires pourraient en faire un levier de transition ? Dans les monts du Lyonnais, l’association BÊLE, des éleveurs, artisans et entrepreneurs ont fait un choix simple mais audacieux : considérer la laine comme une richesse.”
“Ensemble, ils reconstruisent une filière locale, créent des produits utiles et redonnent du sens à leur travail. Chaque année, 2 tonnes de laine sont ainsi revalorisées. L’expérimentation de l’association Bêle nous montre que la laine n’est pas un déchet. C’est une opportunité. À condition de la relocaliser, de transmettre les savoir-faire et de soutenir l’innovation, cette filière peut redevenir un pilier d’une économie plus juste et plus durable.”
Soutenir ces initiatives, c’est faire un choix clair : celui d’une économie qui valorise les ressources, les territoires et les femmes et les hommes qui les font vivre.
Le Conseil économique social et environnemental (CESE) publie une étude sur l’intégration des limites planétaires dans les décisions publiques et privées, avec la participation de France Nature Environnement (FNE). Un travail qui part du constat que 7 des 9 limites planétaires sont aujourd’hui dépassées, ce qui signifie que nos sociétés évoluent déjà en dehors de la « zone de fonctionnement sûr » pour l’humanité. Ce cadre scientifique, élaboré en 2009, ne relève plus seulement de la recherche fondamentale, il devient un outil pour interroger concrètement nos choix collectifs.L’objectif, relever le défi d’un retour dans des limites planétaires écologiquement et socialement juste.
Ce que montre le rapport, c’est que le sujet n’est plus tant la connaissance que la traduction opérationnelle.
Dans les politiques publiques, les limites planétaires sont encore largement traitées en silo. Le climat progresse dans les outils de pilotage, mais d’autres limites restent peu intégrées. Et surtout, il n’existe pas aujourd’hui de cadre global cohérent aligné sur ces neuf limites.
Du côté des acteurs économiques, le constat est similaire. Le concept est connu, mais il s’ajoute à un empilement de normes sans transformer réellement les modèles de production.
Plus profondément, le rapport met en évidence une difficulté structurante. A savoir comment passer d’un cadre scientifique global à des décisions territorialisées, avec la question très concrète de l’allocation des « budgets écologiques« .
La théorie du Donut : articuler plafond écologique et plancher social
Le rapport mobilise le modèle du « donut« , qui permet d’articuler plafond écologique et plancher social. Et c’est probablement là que se joue une partie des arbitrages à venir nous dit le rapport. Il s’agit de tenir ensemble contraintes biophysiques et exigences de justice sociale, sans réduire l’un à l’autre.
Si l’urgence est de faire décroître la pression sur nos écosystèmes, le CESE rappelle une ligne rouge absolue :
La transition ne pourra être ni durable ni acceptée si elle se transforme en une écologie punitive frappant les populations les plus vulnérables.
Pour « tenir les deux bouts« , les rapporteurs intègrent à leur réflexion la théorie économique du « Donut », conceptualisée par Kate Raworth, économiste britannique. Ce modèle démontre que toute trajectoire de développement doit s’inscrire dans un espace juste et sûr, délimité par deux frontières :
Le plancher social : la garantie des besoins humains incompressibles (accès à la santé, à l’eau potable, à un logement digne, à l’éducation, à l’énergie) pour ne laisser personne dans la précarité.
Le plafond écologique : le respect strict des 9 limites planétaires.
Une question traverse toute l’étude : sommes-nous prêts à faire des arbitrages explicites, et donc politiques, à partir de ces limites ? Car intégrer les limites planétaires, ce n’est pas ajouter un indicateur de plus. C’est accepter que certaines trajectoires ne soient plus possibles.
Intégrer les limites planétaires, C’est accepter que certaines trajectoires ne soient plus possibles
Les 9 limites planétaires pour sortir de la seule vision « climat »
Depuis plusieurs années, le débat public se concentre sur la réduction des gaz à effet de serre. Pourtant, le système Terre est un ensemble complexe dont la stabilité ne dépend pas uniquement du climat. Pour évaluer la soutenabilité de notre modèle, le Stockholm Resilience Centre a défini en 2009 le concept des neuf « limites planétaires », c’est-à-dire les neuf processus biophysiques majeurs qui garantissent des conditions de vie favorables sur Terre. Outre le climat, on y trouve : l’érosion de la biodiversité, le changement d’usage des sols (déforestation, artificialisation), l’utilisation de l’eau douce, l’acidification des océans, ou encore l’introduction d’entités nouvelles (pollutions chimiques et plastiques).
Pour chacune de ces limites, la science a fixé un seuil à ne pas dépasser. Au-delà, le risque de provoquer des basculements environnementaux irréversibles devient critique. Or, le constat actuel est sans appel : 7 de ces 9 limites ont d’ores et déjà été franchies à l’échelle mondiale.
Le changement climatique : il mesure la concentration de gaz à effet de serre (notamment le CO2) dans l’atmosphère, qui modifie le climat mondial et augmente les risques de phénomènes météorologiques extrêmes.
L’intégrité de la biosphère : ce terme désigne l’état de la biodiversité. Il alerte sur le rythme actuel d’extinction des espèces et sur la dégradation du rôle que jouent ces espèces dans le maintien des écosystèmes.
Le changement d’usage des sols : il s’agit de la transformation des milieux naturels (comme la déforestation des forêts tropicales ou l’assèchement des zones humides) pour les convertir en terres agricoles, urbaines ou industrielles.
L’utilisation de l’eau douce : cette limite prend en compte les perturbations de l’ensemble du cycle de l’eau. Elle inclut l’eau « bleue », c’est-à-dire les prélèvements excessifs dans les rivières, lacs et nappes phréatiques, et l’eau « verte », c’est-à-dire l’humidité des sols et l’eau absorbée par les plantes.
La perturbation des cycles biogéochimiques: c’est la surcharge de nutriments comme l’azote et le phosphore dans l’environnement, principalement due à l’utilisation massive d’engrais chimiques en agriculture. Ils finissent par ruisseler et asphyxier les cours d’eau et les côtes, engendrant par exemple une surprésence d’algues vertes sur certaines plages bretonnes.
L’acidification des océans : les océans absorbent environ un quart du CO2 émis par les activités humaines. Ce processus modifie la chimie de l’eau (baisse du pH) et menace gravement la survie de la faune marine, notamment les coraux et les coquillages.
L’introduction d’entités nouvelles : derrière ce terme se cache la pollution chimique de synthèse. Cela englobe tous les éléments créés par l’humain et rejetés dans la nature : plastiques, pesticides, perturbateurs endocriniens, métaux lourds et déchets radioactifs.
La charge en aérosols atmosphériques : il s’agit de la concentration de microparticules dans l’air (suies, pollutions industrielles, fumées de feux de forêt). Ces aérosols affectent à la fois la santé humaine, avec notamment les maladies respiratoires, et les systèmes climatiques locaux, comme par exemple les moussons.
L’appauvrissement de la couche d’ozone stratosphérique : c’est l’amincissement du bouclier naturel gazeux qui protège la Terre et le vivant des rayonnements ultraviolets (UV) nocifs émis par le soleil. C’est la seule limite planétaire dont l’état s’est amélioré depuis l’interdiction des gaz CFC dans les années 80.
Étude : Les entreprises françaises respectent-elles les limites planétaires ? (Novembre 2024)
Sortir des politiques « en silos »
sortir d’une logique d’optimisation par secteur pour aller vers une approche réellement systémique
Face à l’urgence de la transition écologique, les politiques publiques et les stratégies d’entreprises se multiplient, mais elles se heurtent à un biais majeur : elles sont pensées « en silos ». Le CESE alerte sur un phénomène redoutable appelé le « déplacement de pressions environnementales ». En cherchant à résoudre une crise de manière isolée, on prend le risque d’en aggraver une autre. Par exemple, vouloir décarboner l’économie en misant massivement sur la biomasse et certains biocarburants (une action bénéfique pour le climat) nécessite une agriculture intensive qui va simultanément épuiser les réserves en eau douce, polluer les sols avec des engrais (perturbation des cycles de l’azote) et détruire la biodiversité.
L’approche par les limites planétaires invite à un changement de méthode : l’État pourrait adopter un cadre d’évaluation transversal. L’étude soulève l’idée qu’une politique publique ne devrait plus être validée si elle améliore une limite planétaire au détriment d’une autre.
Le score Earth Impact System (ESI) est un exemple de score qui traite de manière holistique et transversale un nombre d’indicateurs, au plus proche des limites planétaires – Stockholm Resilience Center
De la théorie à la pratique : 3 pistes de réflexion pour changer de modèle
3 pistes de réflexion pour transformer nos décisions : ➔ État : conditionner les aides publiques au respect des trajectoires de transition. ➔ Entreprises : aller vers une comptabilité en « triple capital » (financier, naturel et humain). ➔ Territoires : définir des actions et des budgets écologiques locaux dans le cadre d'un débat démocratique.
Pour traduire cette double exigence écologique et sociale dans les décisions quotidiennes, l’étude du CESE formule plusieurs pistes de réflexions à explorer :
La « descente d’échelle » pour les territoires : les limites planétaires sont des indicateurs mondiaux qu’il faut réussir à traduire au niveau local. L’étude souligne l’opportunité de structurer des méthodes de structurer des méthodes pour doter les collectivités territoriales de « budgets écologiques » (par exemple : un seuil maximal d’artificialisation des sols ou de prélèvement d’eau par bassin versant). La répartition de ces budgets nécessitera des arbitrages complexes. C’est pourquoi les rapporteurs rappellent que ces choix nécessiteraient de faire l’objet de débats politiques et démocratiques, au regard de critères de justice et d’équité impliquant directement les citoyens.
Conditionner plus strictement l’argent public : chaque année, 260 milliards d’euros d’aides publiques et de soutiens économiques sont versés. L’étude explore la piste d’une subordination de ces financements au respect effectif de trajectoires de transition. L’argent public ne doit plus soutenir des activités incompatibles avec les limites biophysiques de la planète.
Une nouvelle boussole comptable pour les entreprises : aujourd’hui, les seuls engagements climatiques ou les démarches volontaires de type RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) sont trop fragmentés pour contenir la pression exercée sur la nature. Le CESE met en avant l’idée d’intégrer les limites planétaires directement dans les outils de pilotage stratégique et d’explorer les cadres de la comptabilité en « triple capital ». L’usure du capital naturel (la nature) et du capital humain (la santé, les conditions de travail) gagnerait à être intégrée aux bilans sur l’ensemble des chaînes de valeur, avec la même rigueur que le capital financier.
Étude « L’intégration des limites planétaires dans les décisions publiques et privées »
L’association et plateforme communautaire MUSH présente la 1ère édition toulousaine des Rencontres de l’Économie Régénérative qui se dérouleront le 11 juin 2026 la Cité de Montaudran de Toulouse. Cet événement unique vise à rassembler et fédérer différents acteurs – entreprises, institutions, citoyens.ennes, acteurs.ices académiques – afin de faire émerger des solutions concrètes pour bâtir une économie qui préserve le vivant plutôt que de l’épuiser.
L’économie régénérative, un nouveau paradigme
Face aux multiples crises que nous traversons (urgence climatique, effondrement de la biodiversité, épuisement des ressources, inégalités sociales…), un nouveau paradigme émerge : celui de l’économie régénérative.
Contrairement aux approches traditionnelles qui se limitent à réduire les impacts négatifs, l’économie régénérative vise à s’engager activement à restaurer les écosystèmes, à renouveler les ressources et à renforcer les communautés.
C’est dans cet esprit que sont nées les Rencontres de l’Économie Régénérative : une journée pour transformer l’économie actuelle vers un modèle plus juste, plus soutenable et plus respectueux de la nature et des Hommes.
Le plus grand événement dédié à l’économie régénérative
L’événement accueillera une trentaine d’intervenants experts de l’économie régénérative, et attend plus de 500 participants souhaitant passer à l’action en contribuant à une société plus durable.
Au programme de cette journée de rencontres :
Des conférences inspirantes avec des pionniers de l’économie régénérative.
Des ateliers pratiques pour se former à de nouveaux modèles économiques.
Des espaces de rencontre et de collaboration pour favoriser synergies et les partenariats.
Des temps de respiration et de créativité pour reconnecter sens et action.
Les Rencontres de l’Économie Régénérative sont LE rendez-vous incontournabledes entrepreneurs et dirigeants, des acteurs publics et privés, des étudiants, chercheurs, associations et citoyens engagés en quête de sens et de transformation.
Les Rencontres de l’Économie Régénérative, Vivre en harmonie avec la planète
Un événement fédérateur et inspirant
Témoignage d’Hélène Munier, co-organisatrice sur Toulouse :
“ Après avoir assistée à la 3ime édition à Lyon en 2025, je suis fière de porter la question de la régénération sur mon territoire en Occitanie. Plus qu’un événement, c’est une invitation à bâtir ensemble une société en harmonie avec le vivant, respectueuse des limites planétaires et des générations futures. ”
Présentation des Rencontres de l’Économie Régénérative 2026 en Occitanie
Mush est une communauté dont la mission est d’unir et d’aider 1 milliard de personnes pour stabiliser le climat et restaurer la biodiversité. Pour y arriver, l’association s’appuie sur une immense diversité d’approches, d’actions et de personnes, qui sont pour une grande majorité complémentaires. Son rôle est de rassembler et de créer des liens humains, d’entraide et de soutien, en s’appuyant sur les forces de chacun, pour aider chaque individu et chaque organisation à déployer le plus vite possible un maximum de son potentiel d’action face aux enjeux environnementaux, sur tous les périmètres d’actions qui lui sont accessibles, et pas uniquement son empreinte.
A propos d’Econova Production
Econova production est une agence de communication spécialisée dans les services éco-responsables, la RSE et le coaching régénératif proposant ses missions à la carte ou sous forme de pilotage global dans toute la France métropolitaine grâce à son réseau d’indépendant.e.s : Les éco-novateur.rice.s.
Présent.e.s localement, dans chaque grande ville, auprès des acteurs publics et privés, quelque soit le secteur d’activité, ses démarches sont coordonnées pour offrir un accompagnement personnalisé à l’ensemble des entreprises, collectivités, associations et ONG dans des domaines variés (web, event, RSE, audiovisuel, etc…).
Agir globalement en devenant une référence dans les services éco-responsables pour les professionnels tout en assurant la promotion de modèles innovants tels que l’économie régénérative,
Intégrer l’ensemble des éco-novateur.rice.s en toute transparence dans la gouvernance,
Investir l’ensemble des bénéfices dans le financement de projets porteurs de sens à visée régénérative ainsi que dans la construction de futurs média pour qu’Econova production devienne “La société de production des éco-novateur.rice.s
Chaque jour nous sommes exposés à un flot d’informations qui pèse, inquiète et peut nous faire douter de notre capacité à agir. Pourtant, au fond de la plupart des humains, il existe une envie profonde de participer à quelque chose de plus juste, de plus vivant, de plus aligné.
C’est pour nourrir cet élan qu’est née notre initiative.
Nous avons créé une oasis. Un espace à part, où l’on peut souffler, se reconnecter à soi et retrouver de l’énergie. Un lieu où les contenus ouvrent des perspectives, donnent de la clarté et réveillent l’envie d’agir. Des ressources choisies avec soin, porteuses de sens, qui offrent des repères, des clés concrètes et des idées pour avancer.
Parce qu’une information ne transforme rien tant qu’elle reste théorique, nous vous invitons à la faire vivre. À la questionner, la partager, l’incarner. À travers des cercles de sagesse sur la plateforme Civipédia.org, chacun peut déposer sa voix, écouter celle des autres et participer à une intelligence collective vivante.
Pas à pas, nous faisons le pari qu’un socle commun peut émerger. Un ensemble de principes simples, mais puissants, pour apprendre à mieux vivre ensemble, respecter le vivant et coopérer autrement. Nous avons opté pour trois axes.
L’être et les liens : Le rapport à soi, aux autres et à la planète, le travail individuel et relationnel nécessaire pour développer justesse, discernement et qualité de présence ;
Lepouvoir et l’actionlocale : Le territoire – fluidité, sécurité, beauté -, la santé, les initiatives du terrain, tout ce qui existe déjà, les leviers d’action et les dynamiques de transformation ;
Le vivant et refaire société : Les conditions d’habitabilité de nos écosystèmes sociaux, les interdépendances et les transformations à engager : régulations, éducation et une digne place pour chacun.
C’est une invitation à ralentir, à choisir ce que vous laissez entrer en vous. Et à contribuer, à votre manière, à un monde plus habitable.
L’agriculture est un levier central de la transition écologique, responsable d’une part significative de la perte de biodiversité, elle devient aussi un puissant moteur de régénération des écosystèmes — à condition de faire évoluer les pratiques. C’est dans cette perspective qu’est né BFAT, pour Biodiversity Footprint for Agricultural Transition.Portée par I Care by Bearing point et CDC Biodiversité, cette initiative volontaire vise à répondre à un besoin encore peu couvert : mesurer de manière rigoureuse et opérationnelle l’impact des pratiques agricoles sur la biodiversité.
Mieux comprendre les effets des pratiques agricoles sur l’eau, le carbone et la biodiversité est un levier clé pour piloter la transition écologique.
En combinant expertise scientifique et finalité opérationnelle, BFAT ambitionne de fournir aux acteurs économiques un cadre clair pour évaluer, piloter et valoriser leur contribution à la transition agroécologique.
Une gouvernance hybride pour garantir rigueur et impact
Afin de concilier exigence scientifique et applicabilité opérationnelle, BFAT s’inscrit dans un cadre de gouvernance multipartite. Le projet fédère un large écosystème d’acteurs : un comité scientifique, composé notamment de l’INRAE, du Muséum national d’Histoire naturelle et de plusieurs universités, assure la solidité des fondements scientifiques.
Avec 15 ans d’expérience en matière de restauration d’écosystèmes agricoles, Biospheres est leader du développement et du déploiement de l’agriculture régénératrice à grande échelle. Biospheresaccompagne les organisations à avoir des impacts positifs directs, concrets et mesurés sur l’environnement, les émissions de CO2 et la durabilité des filières.
En parallèle, des partenaires techniques spécialisés dans l’agriculture, comme Agro-solutions et Biospheres, contribuent à l’ancrage agronomique du projet. Des initiatives internationales de référence sur la biodiversité, des organismes publics et ONG (OFB, WWF, ADEME, TNFD, SBTN, Regen10, FAIRR) sont consultés pour garantir la compatibilité avec le cadre d’engagement actuel en matière de biodiversité.
Mais surtout, BFAT est conçu pour être utilisé concrètement par les acteurs économiques. De grands groupes industriels tels que L’Oréal, Kering, BNP Paribas ou InVivo en sont déjà sponsors, et des entreprises comme Carrefour ou Louis Dreyfus Company participent en tant qu’utilisateurs pilotes.
Cette gouvernance croisée permet d’assurer la robustesse méthodologique, tout en garantissant une appropriation concrète par les acteurs économiques de la chaîne de valeur.
Un périmètre global pour une évaluation ambitieuse et différenciante
BFAT s’attaque à un défi de taille : évaluer l’impact biodiversité des pratiques agricoles à l’échelle mondiale, en tenant compte des spécificités locales. Le projet progresse par étapes, en se concentrant d’abord sur les commodités agricoles les plus répandues ou à fort impact. À ce jour, 7 commodités dans 16 pays producteurs ont été évaluées. Parmi ces commodités, l’enjeu est de différencier l’impact des pratiques agricoles.
Mais l’approche de BFAT ne s’arrête pas à l’analyse par culture ou produit. Elle va plus loin en différenciant l’effet de la mise en place de ces pratiques agricoles sur l’impact des commodités.
Deux approches complémentaires sont développées :
La première consiste à regrouper les pratiques en modes de production, qu’ils soient encadrés par des labels (comme l’agriculture biologique ou des certifications d’agriculture régénérative) ou qu’ils relèvent de démarches reconnues sur le terrain, comme l’agroforesterie ou l’agriculture de conservation.
La seconde approche permet d’évaluer l’effet de pratiques prises isolément, ce qui est particulièrement utile pour les acteurs qui n’ont pas de certification mais connaissent les techniques qu’ils appliquent.
En partant des données les plus fines (au niveau de la parcelle), l’objectif est de fournir des résultats exploitables à différents niveaux d’une chaîne de valeur : produit, ferme, fournisseur, entreprise, portefeuille d’investissements.
Des résultats concrets pour orienter la transition agroécologique
L’un des grands apports de BFAT réside dans la capacité à fournir des résultats compatibles avec les différents cadres d’évaluation environnementale existants. Le projet s’inscrit dans une logique multi-niveaux, en s’adaptant aux besoins variés des parties prenantes, qu’il s’agisse de producteurs, d’industriels ou d’investisseurs.
Concrètement, BFAT produit plusieurs types d’indicateurs. Sur le terrain, il s’agit de données de production ou d’indicateurs écologiques. À un niveau plus systémique, l’outil permet de calculer les pressions exercées sur les écosystèmes, en s’alignant sur les méthodologies d’analyse de cycle de vie et les pressions sur la biodiversité identifiées par l’IPBES. Les résultats captent aussi l’état de la nature — par exemple l’intégrité écologique des sols ou la diversité spécifique d’un écosystème. Enfin, BFAT peut agréger l’ensemble de ces données pour fournir une mesure synthétique de l’impact sur la biodiversité.
Cette granularité permet non seulement de répondre aux exigences croissantes en matière de reporting environnemental, mais aussi d’éclairer les décisions stratégiques. En donnant une visibilité sur l’effet des pratiques agricoles, BFAT permet aux acteurs d’identifier les leviers les plus efficaces pour réduire leur empreinte biodiversité et orienter leurs investissements vers des solutions plus durables.
La note méthodologique de BFAT est une réponse à l’appel de l’IPBES sur la mise en action des entreprises
BFAT permet aux acteurs d’identifier les leviers les plus efficaces pour réduire leur empreinte biodiversité et orienter leurs investissements vers des solutions plus durables.
Comme toute initiative pionnière, BFAT fait face à plusieurs défis. Le premier concerne la disponibilité des données scientifiques. Certaines pratiques ou effets ne sont pas encore bien documentés dans la littérature. BFAT contribue ainsi à mettre en lumière ces angles morts et à orienter les financements vers les projets de recherche les plus pertinents.
Le deuxième enjeu tient à la vérification des modèles sur le terrain. Les estimations produites à large échelle doivent être validées localement pour gagner en précision. Des collaborations avec des acteurs agricoles seront nécessaires pour renforcer cette dimension.
Enfin, la traçabilité dans les chaînes de valeurreste un point de blocage important pour les entreprises et institutions financières. Même si BFAT permet déjà d’identifier les modes de production ou produits les plus favorables à la biodiversité, leur mise en œuvre concrète exige un accès plus précis aux données tout au long de la chaîne de valeur, du champ au produit final.
Note méthodologique du Biodiversity Framework for Agricultural Transition (BFAT)
L’agriculture reste un sujet clé de la transition écologique, pourtant les outils pour évaluer concrètement les effets des pratiques sur la biodiversité restent encore limités. En effet, les méthodes existantes mesurent largement les impacts environnementaux de l’agriculture, mais elles différencient encore peu les pratiques agricoles — alors même que les connaissances scientifiques montrent leur influence majeure sur les sols, la biodiversité, la qualité des écosystèmes ou encore les émissions de gaz à effet de serre. C’est pour répondre à ce besoin qu’est né le projet Biodiversity Framework for Agricultural Transition (BFAT).
La force de BFAT repose sur sa capacité à différencier les impacts entre modes de production agricoles (conventionnel, biologique, régénératif, conservation des sols, agroforesterie) grâce à une granularité à l’échelle des pratiques.
La note méthodologique (en anglais) publie pour la première fois :
les principes scientifiques et opérationnels du cadre BFAT ;
l’approche retenue pour intégrer les pratiques agricoles dans les indicateurs de pression utilisés en ACV (émissions GES, eutrophisation, usage de l’eau, ecotoxicité…) et dans les indicateurs d’état de la nature, dont la Mean Species Abundance (MSA) issue du modèle GLOBIO ;
la méthode développée pour affiner les modèles existants, en particulier les classes d’usage des sols, afin qu’ils reflètent plus fidèlement la réalité des pratiques dans les champs ;
L’ensemble constitue un socle structurant pour documenter de manière comparable et scientifique les leviers de réduction d’impact et les contributions positives des pratiques agroécologiques et régénératives.
Désormais déployé sur des filières agricoles variées (cultures végétales annuelles, pérennes, et animales), et un nombre croissant de géographie, la méthode BFAT a permis de produire des résultats concrets en faveur de l’agroécologie, avec notamment :
une augmentation significative de la biodiversité dans les systèmes herbagers et biologiques ;
un potentiel de séquestration carbone accru dans les systèmes intégrant davantage de prairies permanentes ;
Ces éléments ouvrent la voie à des applications opérationnelles pour les acteurs des filières agricoles, les entreprises et les institutions financières : pilotage des plans de transition, reporting CSRD/TNFD/SBTN, mesure d’impact, contractualisation avec les producteurs, et conception de trajectoires bas carbone & nature.
Au cœur de Versailles, un ancien bassin historique est devenu la ferme Nature & Découverte, productive et pédagogique, grâce à Gilles Degroote, fondateur de CLAP France. Pour lui, l’agriculture urbaine permet une reconnexion au vivant et la transformation d’un monde à réinventer. Entretien avec un « fermier urbain » qui a accepté de répondre aux questions Cdurable.
Nature & Découverte : la ferme pilote de CLAP france
« À un moment, j’ai compris qu’il fallait arrêter d’expliquer la transition… et commencer à la vivre »
Avant d’être maraîcher urbain, Gilles Degroote accompagnait entreprises et institutions sur les questions de développement durable. Un travail intellectuel, stratégique, utile — mais insuffisant. « Pendant des années, j’ai conseillé des organisations sur la transition écologique. Mais je ressentais un décalage grandissant. À un moment, j’ai compris qu’il fallait arrêter d’expliquer la transition… et commencer à la vivre. »
La rencontre avec le site versaillais agit comme un révélateur. Un ancien bassin historique, fermé au public, sans vocation agricole apparente. « Beaucoup voyaient un lieu technique ou patrimonial. Moi, j’ai vu un potentiel vivant. J’ai imaginé immédiatement un espace nourricier, pédagogique, ouvert. Une ferme au cœur de la ville, presque comme une évidence. »
Ce n’est pas seulement un projet professionnel qui naît alors, mais un basculement personnel. « Le déclic, ça a été de remettre les mains dans la terre. La terre vous remet instantanément à votre juste place. Elle vous apprend plus en une saison que des années de réunions. »
Une ferme à 200 mètres d’une gare
« UN QUARTIER, UNE FERME » Le manifestede l’agriculture urbaine
Installer une ferme productive en pleine ville pourrait sembler relever de l’utopie. Pour Gilles Degroote, « la ville de demain sera davantage végétalisée et devra préserver les territoires agricoles autour pour renforcer son autonomie alimentaire et robustesse dans le contexte de dérèglement climatique notamment. »
« L’agriculture urbaine est un maillon de cette vision. Le territoire de Versailles grand parc est d’une certaine mesure exemplaire en la matière. Et si demain on rendait possible « un quartier une ferme« cette vision proposée par l’AFAUP dont Gilles a été l’un des administrateurs pendant près de 10 ans jusqu’en 2025. »
« Certaines personnes qui viennent vivre un séminaire à la ferme arrivent parfois ici stressés, pressés … et au bout de dix minutes, ils ralentissent. Ils regardent les plantes, les insectes, le sol. La ferme agit comme un sas de décompression entre la ville et le vivant. »
« La permaculture, ce n’est pas une technique. C’est une manière de regarder le monde »
Au cœur de la ferme, la permaculture n’est pas présentée comme une méthode miracle. « La permaculture, ce n’est pas planter différemment. C’est penser différemment. C’est comprendre que tout est relation : le sol, l’eau, les plantes, les humains. On ne cherche plus à dominer la nature, mais à coopérer avec elle. »
Concrètement, cela signifie diversité des cultures, fertilité naturelle des sols, observation permanente. « Ici, on expérimente chaque jour et on observe beaucoup avant d’agir. Le vivant sait souvent mieux faire que nous. »
Face aux crises actuelles, il voit dans cette approche une réponse globale. « Les crises écologique, sociale, alimentaire… sont liées. La permaculture propose une vision systémique. Ce lieu est une sorte de laboratoire du monde d’après, mais un laboratoire très concret. »
Produire en ville : un geste agricole et politique
La ferme produit jusqu’à deux tonnes de fruits et légumes par an. Une quantité modeste à l’échelle d’une ville, mais symboliquement puissante. « Ce n’est pas la quantité qui compte le plus. C’est le lien recréé. Quand quelqu’un mange un légume cultivé à quelques mètres de chez lui, quelque chose change profondément. »
Peut-on nourrir une ville entière avec ce modèle ? « L’enjeu n’est pas de remplacer l’agriculture rurale, mais de reconnecter les citoyens à leur nourriture et aux territoires (et sols) agricoles autour de la ville à préserver, car ils garantiront demain la robustesse de la cité. »
« La transmission est probablement notre première mission »
Très vite, la vocation pédagogique s’impose. « On s’est rendu compte que ce que les gens venaient chercher ici dépassait largement le maraîchage. Ils viennent retrouver quelque chose qu’ils ont perdu sans même s’en rendre compte. »
Les enfants vivent souvent une expérience fondatrice. « Je me souviens d’un enfant qui m’a demandé si les carottes poussaient vraiment dans la terre. Ce moment m’a marqué. Il ne faut pas juger : cela montre simplement à quel point nous avons coupé les nouvelles générations du vivant. »
La ferme devient une école informelle. « L’éducation à la nature manque énormément aujourd’hui. On apprend beaucoup de choses essentielles… mais pas comment fonctionne le vivant dont nous dépendons pourtant entièrement. »
Une reconnexion sensible
Pour Gilles Degroote, la transformation écologique commence rarement par des arguments rationnels. « On ne change pas parce qu’on nous explique. On change parce qu’on ressent. Toucher la terre, sentir une plante, récolter un fruit… ces expériences marquent durablement. »
La ferme agit comme un lieu d’expérience immersive. « Nos visiteurs repartent souvent régénérés de leur expérience à la ferme, en plus de porter un autre regard sur la ville et l’écologie. Faire évoluer ses comportements commence souvent par un changement de regard. »
« Planter, transmettre, prendre soin. C’est déjà transformer le monde. »
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Très forte depuis ma reconversion professionnelle il y a 10 ans.
Devenu jardinier maraîcher et entrepreneur, je créer des paysages comestibles (potagers, microfermes). Je suis donc en contact quotidien avec une nature de proximité pleine de vie (faune et flore).
J’ai aussi la chance de vivre à proximité d’une forêt et de la traverser presque quotidiennement en allant travailler à vélo jusqu’à Versailles où se trouve la ferme pilote de CLAP France : la ferme Nature & découvertes. Nous y accueillons plus de 2500 humains petits et grands chaque année dans le cadre de visites scolaires, formations à la permaculture ou séminaires écologiques.
J’aime passer mes vacances à randonner dans les montagnes où à la mer où une autre faune et flore que nous aimons observer nous accueille. Et depuis peu, un chien berger américain m’accompagne partout où je vais !
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Alors c’est l’un de mes (nombreux !) vices, je suis une bonne fourchette !! et … un très mauvais cuisinier !
Heureusement pour moi, j’ai la chance de partager ma vie avec une italienne (vive l’Europe !) dont c’est l’un des nombreux talent de savoir sublimer de bons produits en mets simples et délicieux. Nous privilégions autant que possible une alimentation bio, locale et de saison. J’ai la chance de pouvoir produire moi-même mes légumes de saison que nous complétons par nos achats au marché.
Nous consommons occasionnellement de la viande que nous achetons dans une excellente boucherie de notre quartier qui propose une sélection de viandes et charcuterie artisanale qui arrivent directement des producteurs, dans le respect du principe “de la ferme à la table”.
Au delà des produits frais, nous choisissons des marques que nous apprécions pour leur qualité et qui sont disponibles chez les distributeurs alimentaires à proximité de chez nous où sur notre chemin domicile-travail (de nombreux commerçants de bouches et des distributeurs type biocoop, monoprix, auchan selon).
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis dans un ancien grenier sous le toit d’une maison construite en 1860 que nous avons entièrement retapé et surtout isolé !
Une petite copropriété au cœur d’une ville proche de la forêt et de nombreux transports en commun à 15 min de Paris. J’aime la ville pour la proximité avec de nombreux lieux culturels et animés accessibles simplement en transport public.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
D’abord une conscientisation personnelle des enjeux écologiques, alors étudiant, pendant les années 90 (sommet de Rio etc…) et des limites planétaires dont l’activité et le mode de vie d’une partie de l’humanité provoque le dépassement parfois irréversible (dérèglement climatique, pollution, érosion de la biodiversité, perturbation des cycles biochimiques …).
En parallèle, savoir que des solutions existent pour faire différemment sans forcément vivre moins bien, au contraire, permet souvent de vivre mieux, plus simplement avec sobriété.
Puis la conscientisation de plus en plus grande des citoyens pendant le début des années 2000 (« Une vérité qui dérange« ) avec la recherche de solutions locales qui étaient et sont encore pour certaines autant d’expériences concrètes pour comprendre comment agir.
Bien sûr une abondance d’ouvrage et de belles rencontres permettant de penser les crises et leurs solutions.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Beaucoup. Je transforme des friches urbaines en paysages comestibles qui deviennent des lieux magnifiques, abondants de saveurs, couleurs, de vies et très inspirants pour nos visiteurs.
Des lieux militants comme la ferme Nature & découvertes à versailles pour une écologie positive qui encourage l’action auprès d’une grande diversité de publics (de tout âge, conscients/engagés ou non sur la crise écologique).
Ceci après une première aventure professionnelle de 13 ans dans le conseil pour la transformation écologique des organisations.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Un mix énergétique composé d’énergie nucléaire et renouvelable pour l’électricité (via Enercoop),gaz pour ma chaudière à condensation et le pétrole pour mon véhicule de fonction à combustion que j’essaie d’utiliser uniquement lorsque c’est indispensable pour mon travail, grâce aux transports publics très accessibles en ville et mon vélo.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Un métier utile qui régénère la ville.
Des emplois créés (7 emplois directs et d’autres indirectes) et des salaires versés, une redistribution des fruits de l’activité de CLAP via les différents impôts versés et le reversement d’une partie du CA à l’association Terre de liens.
Une vie simple, créative et engagée !
Le portage foncier agricole : levier pour une agriculture en transition ? Terre de Liens dénonce dans un rapport le trop difficile accès aux terres agricoles
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Tous mes projets au sein de CLAP se font en coopération avec de nombreuses personnes / métiers. C’est la coordination de ces différentes ressources et talents qui font de mes projets des réussites.
Actuellement, pour renforcer la coopération au niveau de mon territoire, je participe à la Convention des Entreprises pour le Climat en Ile de France. Une association d’intérêt général qui souhaite mobiliser les acteurs économiques pour transformer leur modèle d’affaire face aux enjeux environnementaux et sociaux.
Et je participe à la vie de la cité à travers mon engagement citoyen (vote, réseaux d’acteurs locaux, engagement associatif…)
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
« Seule l’action nous sauvera ! »
Chacun à son niveau, là où il est, a le pouvoir d’agir pour accompagner la transformation nécessaire de nos modes de vie pour les rendre plus compatibles avec les limites écologiques de la planète. Dans son travail, son quartier, ses choix de consommation et de vie, ses votes etc…
Un engagement régénératif, parfois créatif et positif pour soi et l’écosystème dans lequel on vit.
Chaque Français connaît à peu près sa facture d’électricité. Beaucoup savent ce que leur coûte le gaz. Mais demandez autour de vous ce que coûte un mètre cube d’eau potable : le vide est presque général. L’eau coule, le robinet s’ouvre et c’est tout ce qu’on lui demande. Ce que cette simplicité apparente dissimule, c’est l’une des chaînes industrielles les plus complexes que nos collectivités gèrent au quotidien et l’une des moins comprises du grand public. Tribune Cdurable à Hubert Baya Toda, fondateur et CEO de Leakmited.
De la source au robinet : une industrie invisible
Produire de l’eau potable n’a rien d’évident. Il faut d’abord la capter — dans des nappes phréatiques, des rivières ou des sources — à des profondeurs et dans des conditions qui varient considérablement selon les territoires, et pour lesquelles une redevance de prélèvement est versée aux Agences de l’Eau. Il faut ensuite la traiter : filtration, désinfection, analyses bactériologiques et chimiques, afin de garantir qu’elle respecte des normes sanitaires parmi les plus strictes au monde. Il faut la stocker dans des châteaux d’eau et des réservoirs dimensionnés pour absorber les pics de consommation. Il faut enfin la distribuer, via 906 000 kilomètres de canalisations qui traversent les villes, les champs et les sous-sols, sous la pression nécessaire pour qu’elle parvienne jusqu’au dernier étage du dernier immeuble1.
Ce parcours a un coût documenté. Selon le dernier rapport de l’Observatoire national des services publics d’eau et d’assainissement (SISPEA, édition 2025, données 2023), le prix moyen du service d’eau potable est de 2,32 € TTC par mètre cube en France — soit moins de 0,25 centime le litre. Pour une eau captée, traitée, stockée, acheminée et contrôlée en continu, disponible à toute heure, à la pression voulue, dans chaque foyer du territoire. La facture annuelle d’un ménage de référence (120 m³) s’élève à environ 520 €, assainissement compris2.
Rapporté à ce qu’il représente réellement, ce prix est l’un des plus bas que nous payons pour un service essentiel.
Le vrai prix de l’eau potable
Une ressource que l’on croit inépuisable
Le problème n’est pas que l’eau soit chère. C’est qu’elle semble gratuite. Et ce sentiment d’abondance entretient une illusion dangereuse : celle d’une ressource inépuisable, que l’on peut prélever et gaspiller sans conséquence.
Le changement climatique est en train de corriger brutalement cette illusion. Les sécheresses de 2022 ont conduit plusieurs centaines de communes françaises à être approvisionnées en eau par camion-citerne. Des nappes phréatiques s’abaissent d’année en année dans certaines régions. Des cours d’eau atteignent des niveaux historiquement bas en été. La ressource elle-même se raréfie, tandis que les besoins, eux, ne diminuent pas.
Face à cette réalité, la réponse instinctive serait de chercher à produire plus : forer davantage, traiter davantage, distribuer davantage. C’est une impasse. La bonne question n’est pas « comment produire plus ? » mais « comment perdre moins ? ».
1 litre sur 5 ne parvient jamais au robinet
Le rendement moyen des réseaux de distribution d’eau potable est de 81 % en France en 20233. Autrement dit, environ 19 % de l’eau produite, traitée, stockée et payée ne parvient jamais aux usagers : elle s’échappe dans des canalisations vieillissantes, par des fuites souvent imperceptibles en surface, parfois pendant des années avant d’être localisées. L’Observatoire SISPEA chiffre cette perte à environ 1 milliard de mètres cubes par an à l’échelle nationale4 — de l’eau potable qui a mobilisé de l’énergie, des réactifs chimiques, des équipements et des équipes, pour finir dans les sols sans jamais être consommée.
Ce chiffre devrait interpeller autant que le gaspillage alimentaire ou les passoires thermiques. Il ne fait pourtant pas la une. En partie parce que la fuite est sous terre et donc invisible. En partie parce que l’eau est encore perçue comme une ressource que l’on peut se permettre de perdre.
Les collectivités qui s’attaquent sérieusement à ce problème montrent pourtant qu’il est possible d’agir efficacement : en concentrant les efforts de surveillance là où les risques sont les plus élevés, en priorisant les interventions fondées sur une connaissance fine de l’état réel des réseaux, elles réduisent les pertes, améliorent la résilience du service et rationalisent des budgets sous pression croissante.
Les solutions Leakmitedtransforment concrètement les réseaux d’eau : retour d’expérience. De la détection ultra-ciblée à la performance contractuelle, les cas d’usage illustrent l’impact réel de Leakmited sur le terrain.
L’eau potable la moins chère d’Europe… et un patrimoine à l’abandon
Comparée à ses voisins européens, la France affiche un modèle performant en termes de rapport qualité-prix. Selon les données de la Fédération Professionnelle des Entreprises de l’Eau (FP2E), les usagers français des grandes villes paient leur service d’eau en moyenne 11 % moins cher que la moyenne des pays européens comparables5. Au Danemark, le mètre cube dépasse 6,50 €. Au Royaume-Uni, les prix varient mais restent structurellement plus élevés. L’Italie affiche des tarifs très bas — autour de 1,10 €/m³ — mais uniquement parce qu’une large part des coûts réels est financée par l’impôt, et non par la facture6. La comparaison est donc trompeuse : ce n’est pas que l’eau coûte moins cher en Italie, c’est qu’elle est subventionnée différemment.
Le vrai prix de l’eau potable
Ce que cette comparaison révèle, c’est que la France a fait un choix : financer l’intégralité du service par ceux qui le consomment, sans subvention publique cachée. C’est un choix exigeant sur le plan tarifaire. Mais il suppose que les tarifs reflètent réellement les coûts — notamment les coûts d’investissement à venir.
Or c’est précisément là que le modèle montre ses limites. Le patrimoine de l’eau en France est estimé à 500 milliards d’euros7 — 38 000 points de captage, 17 000 stations de potabilisation, 16 000 réservoirs et près d’un million de kilomètres de canalisations. Ce patrimoine se renouvelle aujourd’hui à un rythme de 0,6 % par an.
À cette cadence, il faudrait 170 ans pour remplacer l’ensemble des canalisations, dont la durée de vie théorique est de 50 à 80 ans8. Le déficit d’investissement annuel pour la seule eau potable est estimé à 1,8 milliard d’euros9. Les acteurs du secteur prévoient qu’environ 30 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires dans les prochaines années pour éviter un effondrement progressif du service.
Autrement dit : l’eau est sous-tarifée au regard de l’investissement nécessaire pour la préserver. Et pendant ce temps, on continue de perdre 1 litre sur 5 dans des canalisations que l’on ne renouvelle pas assez vite.
Le vrai prix de l’eau potable
Changer de regard sur l’eau
Ce que le changement climatique et l’état de nos réseaux nous obligent à comprendre ensemble, c’est que l’eau potable n’est pas un dû.
C’est le résultat d’un travail collectif considérable, porté sur une ressource naturelle non illimitée, distribuée par des infrastructures qui se dégradent en silence, faute de valeur accordée à la hauteur de ce qu’elles représentent.
L’énergie a connu ses crises, ses hausses brutales, ses débats publics, pour que chacun comprenne qu’elle a un coût et qu’il faut la ménager. L’eau attend encore …
Il serait préférable de ne pas attendre que la pénurie s’en charge à notre place.
Sources
Centre d’information sur l’eau (Cieau) — Le prix des services de l’eau, 2025 ↩︎
Rapport SISPEA 2025 (données 2023) — Observatoire national des services publics d’eau et d’assainissement, OFB/Eaufrance ↩︎
Rapport SISPEA 2025 — Indicateur P104.3 : Rendement du réseau de distribution d’eau potable, valeur nationale 2023 ↩︎
Observatoire SISPEA / France Bleu — estimation nationale des volumes perdus par fuites ↩︎
FP2E / NUS Consulting — Baromètre des prix des services d’eau en Europe (10ème édition) ; Eaufrance — Prix moyen du service public de l’eau en Europe↩︎
UFC-Que Choisir — Prix de l’eau :l’impossible comparaison européenne ; Europa ONG — Gestion et tarification de l’eau enEurope, 2023 ↩︎
Union des Industries de l’Eau (UIE) — étude patrimoniale 2022 ; FNTP ↩︎
FNTP — Eau : un patrimoine à renouveler ; SISPEA / FP2E-BIPE ↩︎
UIE / Environnement Magazine — Des infrastructures qui prennent l’eau, 2022 ↩︎
Les solutions Leakmitedtransforment concrètement les réseaux d’eau : retour d’expérience. De la détection ultra-ciblée à la performance contractuelle, les cas d’usage illustrent l’impact réel de Leakmited sur le terrain.
La Nef, coopérative financière pionnière de la finance éthique en France, a publié le bilan 2025 de son dispositif d’épargne de partage. Plus de 300 000 euros reversés à des associations et près d’un tiers des épargnants choisissent de donner tout ou partie de leurs intérêts. Son Président, Ivan Chaleil, a accepté de répondre aux questions essentielles pour Cdurable.
La Nef : + de 330 000 € reversés à des associations grâce à l’épargne de partage en 2025
Les chiffres clés
331 498 € reversés à 16 associations partenaires en 2025
27 % des épargnants de La Nef choisissent de donner tout ou partie de leurs intérêts
Au 31 décembre 2025, la Nef c’est …
Un dispositif lancé dès 1993, précurseur en France
Le principe est simple : les épargnants peuvent choisir de reverser une partie (ou la totalité) des intérêts générés par leur livret ou compte à terme à l’une des 16 associations partenaires. La Nef a choisi de soutenir des structures agissant pour la solidarité internationale, l’agriculture paysanne et biologique, les nouveaux modèles énergétiques ou le zéro déchet.
Le partage d’intérêts. La Nef propose à ses épargnants de partager tout ou partie des intérêts de leur Livret Nef ou de leur Compte à Terme au profit d’une association partenaire. Ces associations travaillent sur des sujets de solidarité internationale, d’agriculture paysanne et biologique, de nouveaux modèles énergétiques ou de zéro déchet.
Ce mécanisme, proposé depuis plus de 30 ans par La Nef, s’est démocratisé, y compris sur des produits d’épargne réglementés comme le LDDS (livret de développement durable et solidaire). Pour la Nef, ce partage d’intérêts ajoute une dimension solidaire aux engagements rigoureux qu’elle défend en parallèle sur l’usage des fonds collectés via ses produits d’épargne :
financer uniquement des projets à impact social, environnemental ou culturel.
Ce que ces dons permettent concrètement :
La Fondation Terre de Liens témoigne : en 2025, l’engagement des épargnants a permis d’acquérir 5 nouvelles fermes, d’accompagner 58 paysannes et paysans, de planter 10 400 mètres de haies et de créer ou restaurer 14 mares. Un diagnostic climat, testé sur 3 fermes, a été déployé nationalement.
Du côté de Zero Waste France, les dons issus des produits solidaires de La Nef ont contribué au financement d’une équipe de 9 salariées et à la mise en œuvre de nombreuses actions : mobilisation pour une loi anti fast fashion, déploiement de la campagne #StopIncinération et poursuite du combat pour généraliser le réemploi des emballages.
Une banque éthique, écologique, solidaire et coopérative
La finance joue un rôle clé dans la transformation écologique et sociale de notre société
C’est en partant de ce principe que la Nef, en tant que banque indépendante, défend 4 engagements essentiels : la banque éthique, écologique, solidaire et coopérative.
« Nous mettons l’humain et la planète au cœur de nos actions,en prêtant uniquement à des projets à impact positif. Notre modèle repose sur la conviction qu’une autre finance est possible, plus juste, plus transparente, et plus respectueuse des besoins de chacun et de notre environnement. »
Ces engagements définissent l’identité de la Nef, une :
La Nef incarne un modèle bancaire prouvant qu’une banque alternative et éthique est non seulement viable, mais essentielle, même dans un contexte économique complexe. Fondée en 1988 par les pionniers de la finance éthique en France, la Nef repose sur quatre principes fondamentaux : le circuit court de l’argent (et la non-spéculation), la transparence, la gouvernance démocratique et le financement exclusif de projets à impact positif.
L’IMPACT DES FINANCEMENTS DE LA NEF EN 2024
En tant que banque indépendante, la Nef n’est rattachée à aucun grand groupe bancaire, marquant une vraie rupture dans un système financier dominé par la concentration.
Sa mission est claire : collecter l’épargne pour financer des projets qui contribuent à un monde plus juste et durable, tout en garantissant une transparence totale sur l’utilisation des fonds. La Nef est, depuis 40 ans, le seul établissement financier français à publier la liste complète de ses financements.
Il est possible de réconcilier finance et éthique, en privilégiant l’utilité sociale et environnementale au lieu de l’optimisation des profits.
“La Nef des territoires” : bâtir la banque éthique de demain, pas à pas
Questions Cdurable à Ivan Chaleil
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
J’ai toujours fait des métiers de lien, j’ai une grande famille, et le lien social est au cœur de ce que je suis. Mais il y a aussi, depuis le plus jeune âge, un attachement profond à la terre et aux animaux. J’ai un pied-à-terre en Ardèche, au milieu de nulle part, entouré d’arbres et de nature. Cet ancrage me permet d’avoir un très bon équilibre de vie.
Le silence du vivant est parfois extrêmement régénérateur.
Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
C’était déjà le cas avant, mais les vingt et quelques années passées à la Nef ont renforcé cette conviction : je suis consommateur bio en grande partie, pas exclusivement.
Je privilégie autant que possible une alimentation locale, type panier paysan, et pas uniquement pour les fruits et légumes ; aujourd’hui, l’offre s’est très bien développée pour d’autres types de produits aussi.
Ayant trois enfants, je n’évite pas toujours le fast-food, il faut le dire. Mais mon mantra depuis cinq ou six ans, c’est de manger de moins en moins de viande, et de consommer au maximum local et bio.
Pour une consommation responsable
Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
J’ai actuellement l’habitat idéal, justement parce qu’il est double. D’un côté, un appartement en centre-ville de Lyon, dans une rue piétonne, où tout se fait à pied, à vélo ou en métro. De l’autre, un pied-à-terre en rase campagne ardéchoise, où je ne croise personne d’autre que des brebis et des oiseaux.
C’est cet équilibre entre l’effervescence urbaine et le silence de la nature qui rend le tout idéal. Il faut les deux.
Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Au quotidien, c’est beaucoup de marche et de vélo.
Je fais entre une demi-heure et une heure de vélo chaque jour, et au moins une demi-heure de marche. Et le péché mignon, c’est de jouer au foot toutes les semaines avec les amis.
Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?
Les savoirs académiques m’ont beaucoup aidé.
D’abord, j’ai fait une fac d’économie où je me suis orienté vers l’économie internationale, le développement, les notions de centre et de périphérie, d’accaparement des ressources par une partie de la planète au détriment d’une autre. Cela m’a profondément touché et poussé à agir. Ensuite, j’ai intégré une école de commerce à Lyon, très orientée développement et humanitaire, où il fallait choisir un continent sur lequel se spécialiser.
J’avais choisi l’Afrique et j’y suis parti travailler.
Ces expériences académiques ont nourri une conviction probablement déjà présente : la vie, ce n’est pas juste laisser passer le temps. Il faut agir contre les inégalités qui sont face à nous, et qui existent parfois depuis des centaines d’années. Depuis, ce sont aussi beaucoup de rencontres, de conférences et de podcasts qui continuent de nourrir cette réflexion.
Déclaration d’Action contre la Faim sur les droits à la terre pour la justice climatique
Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je ne m’imagine pas travailler trente ou cinquante heures par semaine sans que cela ait du sens.
J’ai eu la chance de choisir et d’être choisi par une entreprise coopérative avec un ADN extrêmement fort : social, solidaire, écologique et culturel. Savoir que la Nef a du sens donne du sens à chacune de mes journées. C’est facile d’aller travailler quand on est porté par un tel projet.
Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Ce n’est pas le sommeil, parce que j’en manque pas mal !
C’est l’activité physique qui me donne l’énergie nécessaire pour être opérationnel : la marche, le vélo, le foot. Et le fait de retrouver un autre rythme avec la famille le soir et le week-end permet de maintenir un bon équilibre.
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Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon travail à la Nef est déjà, en soi, une forme d’implication pour l’intérêt général.
Mais au-delà, j’ai quelques engagements associatifs. Ce que j’apprécie, c’est d’inverser les rôles : la semaine, j’occupe un poste à forte responsabilité ; le soir et le week-end, je préfère être l’aidant, l’exécutant. Donner un coup de main à l’agriculteur du coin, siéger au conseil d’administration d’une association. Cette implication personnelle prolonge naturellement mon engagement professionnel.
Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Une bonne partie de mon métier consiste précisément à tisser des liens de coopération.
La Nef agit dans le champ de la finance éthique, mais l’enjeu est de connecter notre action avec d’autres secteurs : l’énergie, l’alimentation, l’économie circulaire, la culture. Le bien commun ne peut pas être la finance d’un côté et l’alimentation de l’autre.
Mon travail au quotidien, c’est de rendre tout cela plus collectif et plus coopératif.
Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
J’ai deux messages. Le premier concerne la Nef : je voudrais pousser chacun à reprendre la responsabilité de son argent. Se poser la question de où il va, considérer que nous sommes tous acteurs de la finance, y compris de la finance mondiale, qui n’est finalement que l’addition de nos finances individuelles.
Mon invitation : réfléchir à où notre argent pourrait être engagé de façon plus vertueuse et plus transparente.
Mon second message est plus général, et très lié au climat actuel : j’invite chacun à être modéré et dans la nuance. Un philosophe avait dit : « Il faut être exagérément modéré. » J’aime beaucoup cette phrase, et j’y ajoute la notion de nuance. Dans un monde de clivage, accepter qu’on ne sait pas tout et que rien n’est tout blanc ou tout noir pourrait beaucoup nous aider en tant que société.
Quelques mois après la disparition de la Dr Jane Goodall, le Jane Goodall Institute France participait à ChangeNOW dans un esprit d’hommage et de transmission. L’occasion d’honorer l’héritage exceptionnel de Jane Goodall et de rappeler que sa vision, son message d’espoir et son engagement pour le vivant continuent de guider les actions de l’institut à travers le monde. Un hommage à celle qui a profondément marqué les consciences et inspiré des générations d’acteurs du changement. Galitt Kenan, sa directrice, a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.
« Nous devons apprendre à vivre en paix et en harmonie, non seulement entre nous, mais aussi avec la nature qui nous entoure. Avec tous les êtres vivants qui la composent. Nous faisons partie de cette nature. Nous en dépendons pour partie également. Il est temps que chacun d’entre nous agisse. Car chaque geste compte. Il faut agir. Maintenant. Sans attendre. En Afrique et en France, nous cherchons à avoir des impacts concrets, locaux, sur le long terme. »
Hommage à Jane Goodall
Tout est interconnecté : les hommes, les autres animaux, la nature.
Jane Goodall est née le 3 avril 1934 à Londres, en Angleterre. À l’âge de 26 ans, portée par sa passion pour la faune africaine, elle est allée jusqu’à Gombe, en Tanzanie, où elle a commencé son étude historique sur les chimpanzés à l’état sauvage, s’immergeant dans leur habitat en tant que voisine plutôt qu’en tant qu’observatrice distante.
JGI/Hugo van Lawick
Sa découverte en 1960 que les chimpanzés fabriquent et utilisent des outils a bouleversé le monde scientifique et redéfini la relation entre les humains et les animaux. En 1977, elle a fondé le Jane Goodall Institute (JGI) afin de poursuivre son travail à travers le monde et pour les générations futures. L’Institut poursuit les recherches sur le terrain à Gombe et s’appuie sur l’approche innovante du Dr Jane en matière de conservation, qui reconnaît le rôle central que jouent les humains dans le bien-être des animaux et de l’environnement.
Engagez-vous avec le Jane Goodall Institute France et le programme Roots & Shoots pour agir concrètement en faveur des hommes, des animaux et de notre environnement partagé.
En 1991, elle a créé Roots & Shoots, un programme mondial qui aide les jeunes de 75 pays à devenir des citoyens et des leaders compatissants dans leur vie quotidienne. Avant son décès récent, le Dr Goodall parcourait le monde près de 300 jours par an, parlant des menaces qui pèsent sur la faune sauvage, des crises environnementales et des raisons qui lui donnaient espoir.
Messagère de la paix des Nations Unies depuis 2002, le Dr Goodall s’est distinguée par son engagement sans faille à partager son message d’espoir et à inciter les individus du monde entier à agir et à faire la différence, chaque jour.
Dans ses livres et ses discours, elle soulignait l’interdépendance de tous les êtres vivants et le pouvoir collectif de l’action individuelle. Le Dr Goodall était Messagère de la paix des Nations unies et Dame Commandeur de l’Empire britannique. Plus récemment, elle a reçu la Médaille présidentielle de la liberté des États-Unis en 2025, pour sa contribution à la science et son engagement sans faille en faveur de notre planète et a délivré un « Speech for History » à l’UNESCO.
Impact du Jane Goodall Institute en France et à l’international
En 2025, l’action du Jane Goodall Institute a continué de produire des résultats concrets et mesurables à l’échelle internationale.
🌿 Plus d’un million d’hectares d’habitats naturels sont aujourd’hui protégés grâce à des plans d’action de conservation intégrant recherches scientifiques, corridors écologiques et pratiques d’agroforesterie durables.
🦍 290 chimpanzés et un gorille ont reçu des soins au sein des sanctuaires gérés par l’Institut, leur offrant protection, réhabilitation et espoir d’un avenir meilleur. Ces sanctuaires accueillent également de nombreux oiseaux et mammifères.
🔬 Deux centres de recherche scientifique poursuivent les études initiées il y a plusieurs décennies par le Dr Jane Goodall. La science demeure plus que jamais au cœur des actions menées.
🌳 4,7 millions d’arbres d’essences locales ont été plantés de manière réfléchie, au bon endroit, par les bonnes personnes, dans une vision de long terme intégrée à des projets globaux de restauration des écosystèmes.
🫱🏼🫲🏽 130 communautés locales sont accompagnées sur le temps long grâce à des programmes alternatifs et durables, améliorant les revenus tout en renforçant la capacité à préserver les ressources naturelles.
📕 600 jeunes filles ont pu reprendre le chemin de l’école et bénéficier d’un accompagnement de qualité à travers des programmes de mentorat porteurs d’émancipation et d’avenir.
En 2025, le Jane Goodall Institute France a poursuivi et amplifié son action sur le territoire.
Galitt Kenan Directrice du Jane Goodall Institute France
🌱 Jeunesse et engagement citoyen
568 groupes Roots & Shoots se mobilisent pour un monde meilleur, en faveur des humains, des animaux et de la nature.
34 649 jeunes sont engagés dans des projets concrets, avec une présence renforcée dans les zones rurales et périurbaines, où 9 055 arbres ont été plantés.
149 étudiants ont été accompagnés, coachés ou mentorés dans leurs initiatives.
97 % d’entre eux se déclarent aujourd’hui plus solidaires et plus généreux.
🌿 Nature et recherche scientifique
60 hectares font l’objet d’études d’impact scientifique au sein de la réserve Jane Goodall du Trégor, en Bretagne, en partenariat avec l’ASPAS.
4 projets de bien-être animal, portés par des étudiants auxiliaires vétérinaires, ont été récompensés par le Prix Bruno Pelletier.
3 projets de recherche scientifique ont été distingués par le Prix du Jeune Chercheur sur la relation homme animal.
📣 Plaidoyer et rayonnement
4 campagnes de plaidoyer ont été menées aux côtés de coalitions d’ONG engagées.
Sur la question du trafic d’animaux sauvages, un travail d’expertise discret mais impactant est conduit aux niveaux français et européen.
Le Jane Goodall Institute France réalise de nombreuses actions en France. « Notre objectif est de participer à un mouvement global en faveur de la protection du vivant. De sensibiliser et inciter à l’action le plus grand nombre à l’importance de protéger, prendre soin, de notre planète : des hommes, des autres animaux et de notre environnement partagé.«
Questions Cdurable à Galitt Kenan
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
Galitt Kenan, directrice du Jane Goodall Institute France
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Ma relation au vivant est profondément empreinte de respect, d’émerveillement et de responsabilité.
Je ne me perçois pas comme extérieure à la nature, mais bien comme une composante à part entière de cet ensemble complexe et interdépendant. Cette conscience influence mon regard sur le monde : chaque être vivant, chaque écosystème a une valeur intrinsèque qui mérite attention, considération et respect.
Je me sens partie intégrante du monde vivant
Cette relation est à la fois intime et engagée. Intime, parce qu’elle nourrit mon rapport au quotidien, ma sensibilité, mon besoin de lien avec la nature. Engagée, parce qu’elle guide concrètement mes choix de vie, qu’ils soient personnels ou professionnels. Elle m’invite à agir avec cohérence, humilité et lucidité face aux enjeux environnementaux actuels qui sont si importants (crises géopolitiques, sociologies, de la chute de la biodiversité et du climat par exemple).
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je privilégie une alimentation végétarienne, avec une approche parfois flexitarienne.
Ce choix s’inscrit dans une volonté de réduire mon impact sur les animaux, mais aussi sur l’environnement, notamment en termes d’empreinte carbone et de consommation de ressources.
Mes choix alimentaires sont guidés par la conscience écologique
Mes choix alimentaires sont guidés par plusieurs dimensions : la santé, bien sûr, mais aussi une réflexion éthique et écologique. J’essaie d’adopter une alimentation la plus consciente possible, en m’interrogeant sur l’origine des produits, leurs modes de production, et leurs impacts.
Cependant, je reste lucide sur mes propres contradictions.
Il m’arrive de ressentir une forme de dissonance cognitive entre mes valeurs et certains choix du quotidien. Plutôt que de la nier, je l’accepte comme faisant partie d’un cheminement, d’un processus d’évolution vers plus de cohérence. « Chaque geste compte », dit-on, et je suis convaincue.
3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Je vis dans un environnement qui permet encore un lien avec la nature.
Mon habitat actuel me permet déjà de maintenir un certain lien avec la nature, ce qui est essentiel à mon équilibre. J’y trouve des espaces de respiration, de calme et une forme de connexion au vivant, même si celle-ci reste parfois limitée.
Mon habitat idéal serait un lieu encore plus intégré à son écosystème
Mon habitat idéal serait un lieu encore plus intégré à son environnement naturel. Un espace conçu dans une logique de sobriété, respectueux des ressources et des cycles naturels. J’imagine un lieu favorisant la biodiversité, où la présence du végétal et du vivant serait centrale, et où les choix architecturaux et énergétiques seraient pensés de manière durable.
Au-delà du lieu en lui-même, cet habitat idéal incarnerait un mode de vie plus simple, plus lent, plus aligné avec les rythmes du vivant.
un mode de vie simple et harmonieux
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Les activités en lien avec la nature sont essentielles pour moi
Les activités physiques qui nourrissent mon bien-être sont celles qui me reconnectent à la nature et à mon corps. La marche, en particulier, occupe une place importante : qu’elle soit en forêt, en montagne ou dans des espaces naturels, elle me permet de ralentir, d’observer et de me recentrer.
Toute pratique douce qui permet de se reconnecter au corps et au vivant
Je privilégie des pratiques douces, accessibles, qui ne sont pas dans la performance mais dans l’écoute de soi. Ces moments sont essentiels pour maintenir un équilibre physique et mental. Ils constituent aussi des temps de respiration dans un quotidien parfois dense, et me permettent de retrouver une forme de clarté et d’apaisement.
Ma compréhension du monde et de la manière d’agir s’appuie sur une diversité de savoirs. Les connaissances scientifiques ont joué un rôle fondamental en me permettant de saisir les enjeux environnementaux et les mécanismes à l’œuvre.
Mais au-delà des savoirs théoriques, ce sont aussi les expériences de terrain, les rencontres et les échanges qui ont façonné mon regard. Les personnes engagées, les initiatives locales, les témoignages concrets ont nourri ma réflexion et renforcé mon envie d’agir.
Connaitre pour mieux aimer, comprendre pour mieux protéger.
L’approche du Dr Jane Goodall m’inspire particulièrement : « connaître pour mieux aimer, comprendre pour mieux protéger ». Cette philosophie résume bien l’idée que la connaissance est un levier essentiel pour susciter l’engagement et le respect du vivant.
Fondé par le Dr Jane Goodall, le Jane Goodall Institute œuvre depuis plus de 45 ans pour la protection des chimpanzés, la préservation des écosystèmes et le développement de programmes éducatifs favorisant l’engagement des jeunes et la construction d’une paix durable entre les humains, les autres animaux et la nature. En incitant les gens à préserver le monde naturel que nous partageons tous, l’Institut a pour mission d’améliorer la vie des personnes, des animaux et l’environnement pour préserver le monde naturel. Car tout est lié et chacun peut faire la différence.
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Mon travail est porteur de sens dans la mesure où il contribue à recréer du lien entre les humains et le vivant. Dans un monde où cette connexion tend à se distendre, il me semble essentiel de favoriser la prise de conscience et de proposer des actions concrètes.
Encourager des actions concrètes pour un futur plus respectueux et plus conscient.
Je perçois mon activité comme une manière d’agir, à mon échelle, pour un futur plus respectueux et plus conscient. Même si cela peut parfois sembler modeste — une goutte d’eau dans un ensemble bien plus vaste — je suis convaincue que ces contributions individuelles ont leur importance et participent à un mouvement collectif plus large.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je tends vers une utilisation plus responsable de l’énergie, en privilégiant autant que possible la sobriété. Réduire mes consommations, éviter le superflu, questionner mes besoins réels font partie de ma démarche quotidienne.
Lorsque cela est possible, je m’oriente également vers des sources d’énergie renouvelables, dans une logique de transition et de réduction d’impact.
j’essaie aussi de cultiver une “énergie” humaine tournée vers la coopération et l’engagement.
Mais au-delà de l’énergie matérielle, je m’interroge aussi sur l’énergie humaine que je mobilise et que je diffuse. J’essaie de cultiver une énergie tournée vers la coopération, l’écoute et l’engagement, en cohérence avec les valeurs que je souhaite porter.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
Mon engagement est à la fois professionnel et personnel.
Mon implication pour l’intérêt général s’inscrit à la fois dans ma vie professionnelle et personnelle. Elle se traduit par mes choix de consommation, mes engagements, mais aussi par ma volonté de sensibiliser et mobiliser autour des enjeux environnementaux et sociétaux.
L’intérêt général et le vivant sont liés.
Je considère que l’intérêt général est intimement lié à la préservation du vivant. Protéger les écosystèmes, respecter les autres formes de vie, c’est aussi préserver les conditions de vie humaines. Cet engagement est une manière de contribuer, à mon niveau, à un monde plus juste, plus équilibré et plus durable.
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
La coopération est essentielle : c’est ensemble que nous pouvons faire évoluer les pratiques et construire des solutions durables
La coopération est au cœur de ma manière d’agir. Je travaille en lien avec différents acteurs : partenaires, associations, citoyens engagés, structures diverses. Ces collaborations permettent de croiser les regards, de mutualiser les compétences et de construire des solutions plus pertinentes.
Je suis convaincue que les transformations nécessaires ne peuvent se faire de manière isolée. Elles nécessitent une mobilisation collective, impliquant l’ensemble des acteurs de la société : individus, organisations, entreprises, institutions et gouvernements.
œuvrons tous ensemble pour un monde meilleur
C’est dans cette dynamique collective que se construit le bien commun, à travers des actions concrètes, mais aussi une vision partagée. Car c’est uniquement si nous œuvrons tous ensemble (individus, associations, entreprises, institutions, gouvernements) que nous pourrons œuvrer pour un monde meilleur.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Chacun de nous a un rôle à jouer. Les petits gestes comptent, les prises de conscience aussi.
Chacun de nous a un rôle à jouer. Il n’est pas nécessaire d’être parfait pour agir, ni d’attendre d’avoir toutes les réponses. Ce qui compte, c’est de commencer, à son rythme, avec ses moyens. Les petits gestes ont leur importance, tout comme les prises de conscience. Chaque pas vers plus de respect et de cohérence contribue à un mouvement plus large.
Le vivant a besoin de notre attention, de notre respect et de notre engagement, dès aujourd’hui
Le vivant a besoin de notre attention, de notre respect et de notre engagement dès aujourd’hui. Le respect est d’ailleurs au cœur de toute relation : avec les autres humains, avec les animaux, et avec notre environnement partagé.
Dans un monde où les formes de violence, qu’elles soient physiques ou verbales, sont de plus en plus visibles, faire le choix de l’empathie devient un acte fort, presque un acte politique.
Cultiver cette empathie, c’est déjà participer à transformer le monde.
A l’occasion du 4e Sommet de la Mesure d’Impact, l’Impact Tank,premier think-and-do-tank dédié à la mesure d’impact et aux innovations sociales créé àl’initiative du Groupe SOS et de quatre universités (Sciences Po, Sorbonne Université,Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris Dauphine-PSL), publie un livre collectif intitulé« Ce qui compte vraiment : un autre modèle social est possible », aux éditions « Le Bord del’Eau », dans la collection « Un.e autre est possible… »
Présentation de l’éditeur
Dans un monde traversé par les crises, la défiance des citoyens envers les institutions et la polarisation du débat public, Ce qui compte vraiment veut porter une voix fondée sur les faits et la preuve, et invite à revenir à l’essentiel : ce qui fait société. Le bien-être, la confiance, le sentiment d’appartenance, la fierté : ces dimensions, constituent le socle de notre capacité à vivre-ensemble, et doivent devenir des boussoles de l’action publique et privée, pour affronter les défis qui s’imposent à nous, géopolitiques, écologiques, technologiques, économiques.
Loin des postures et des jugements hâtifs, cet ouvrage défend la nécessité d’un langage commun entre citoyens, chercheurs, élus et entreprises : celui de la mesure d’impact. Car si nous ne partageons pas toujours les mêmes opinions, nous devons pouvoir regarder les mêmes données.
Tony Bernard, Directeur général de l’Impact Tank
Le livre a été rédigé sous la direction de Tony Bernard, Directeur général de l’Impact Tank, Maître de conférences associé en science politique à l’Université Lyon 3, et Timothée Duverger, Responsable de la Chaire Territoires de l’économie sociale et solidaire (TerrESS) à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Emile Durkheim.
Au travers de six chapitres, des personnalités reconnues du monde de la recherche, de l’action publique et de l’économie sociale et solidaire (ESS) appellent à redéfinir ce qui compte vraiment dans notre modèle social.
Leur ambition : renforcer notre cohésion sociale pour nous donner les moyens de faire face aux défis majeurs de notre temps – la transition écologique, la transition démographique (vieillissement de la population, migrations), la révolution de l’intelligence artificielle ou encore la fin de l’hégémonie occidentale. Pour y parvenir, ils proposent un changement de méthode radical : mieux compter.
Mieux évaluer le coût des dispositifs de solidarité pour les plus vulnérables, par exemple dans la lutte contre les inégalités environnementales, la réussite scolaire de tous les jeunes, l’accès à la santé et au logement.
Mais aussi mieux mesurer ce qu’ils produisent en valeur économique – directement dans les caisses de l’État – et surtout en valeur sociale : amélioration du bien-être, renforcement du lien social, estime de soi, consolidation du sentiment d’appartenance.
L’investissement social : préparer l’avenir plutôt que réparer le passé. En renforçant le capital humain, en favorisant l’égalité des chances et en soutenant la participation de tous au marché du travail, les politiques d’investissement social sont conçues comme de véritables investissements productifs. Plutôt que d’intervenir principalement a posteriori pour réparer les conséquences des risques sociaux, il s’agit d’agir en amont, afin de prévenir ces risques et de renforcer les capacités des individus tout au long de leur parcours de vie. – Par Bruno Palier, Directeur de recherche du CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po
La transition juste : œuvrer ensemble pour un nouveau projet de société. Comme souligné dans le 6e rapport du GIEC, la notion de transition écologique juste renvoie à l’importance de penser conjointement enjeux sociaux et environnementaux. La question sociale est d’autant plus centrale que les personnes les plus vulnérables sont à la fois les moins responsables de la crise climatique, les plus affectés par celle-ci et les moins à même de faire face aux coûts de la transition – Nicolas Duvoux, Professeur, Université Paris 8 Vincennes, Directeur du Centre en philanthropie de l’université de Genève, Président scientifique du Conseil national de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale & Anne Monier, Docteure en sciences sociales, chercheuse au Centre en Philanthropie, Université de Genève.
Mixité sociale et coopération : un projet d’école pour demain. De nombreuses recherches internationales et françaises ont prouvé les effets des politiques de luttes contre la ségrégation scolaire sur la réussite des élèves de milieu populaire, la baisse de la délinquance et des comportements discriminatoires. Pourtant la France peine à mener une réelle politique de mixité sociale, impliquant l’enseignement publique et privée vers un objectif commun. Après des années de lutte contre les inégalités scolaire, inefficaces, il s’agit de mettre la mixité sociale et la coopération entre élèves au cœur d’un projet pour l’école de demain. – AudeKerivel, Docteure en sociologie, Directrice du LEPPI (Laboratoire d’évaluation des politiques publiques et des innovations).
Mieux accueillir. Les cohortes nombreuses nées en France jusqu’au début des années 1970 continueront de peser sur les comptes sociaux pendant une quarantaine d’années tandis que la chute des naissances, marquée depuis une quinzaine d’années, ne permettra pas le renouvellement de la force de travail. À rebours de ce qui est suggéré par le raisonnement simple à base d’offre et de demande, le consensus qui émerge des travaux empiriques est que l’immigration n’a globalement que peu d’impact sur le chômage et les salaires : soyons plus hospitaliers afin de bénéficier du talent et de la soif de réussite de ces millions de jeunes, car la soutenabilité de notre modèle social en dépend. – Hippolyte d’Albis, Professeur d’économie, ESSEC Business School, et chef économiste à l’Inspection générale des finances.
L’aide au développement : la promesse toujours à tenir d’un monde plus juste. En crise, l’aide au développement est sujette à de nombreuses critiques : tendances néocolonialistes, manque de responsabilisation des pays bénéficiaires ou trajectoires de développement calquées sur les pays développés et donc non-durables. L’aide au développement est amenée à se réformer, par un suivi plus poussé de son efficacité, son alignement sur les priorités stratégiques nationales et son inscription dans des stratégies de développement à long terme. – Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, Professeur, UCLouvain et Sciences Po.
Faire du bien plutôt que du chiffre : l’ESS trace la voie. Dans ce texte, Benoît Hamon défend le rôle central de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans la prise en charge des publics vulnérables, notamment en EHPAD et en crèche. Il dénonce les dérives structurelles du secteur lucratif, mises en lumière par les enquêtes de Victor Castanet, qui ont révélé des logiques de rentabilité nuisibles à la dignité des personnes âgées et des jeunes enfants. Face au vieillissement démographique et aux besoins croissants de financement, il plaide pour réserver progressivement ces activités au secteur public et au privé non lucratif. L’ESS, déjà fortement implantée, offrirait selon lui un modèle plus éthique, fondé sur la primauté de l’humain sur le capital. Il propose enfin des mesures concrètes pour renforcer, financer et développer ces structures de l’ESS à long terme. – Benoît Hamon, Président d’ESS France, ancien ministre.
L’État, souvent perçu comme opaque et bureaucratique, doit retrouver une boussole : l’efficacité et le temps long.
Extrait : « Transition juste : œuvrer ensemble pour un nouveau projet de société »
Face à des défis majeurs – transition écologique, démographie, cohésion sociale – l’urgence ne peut dicter seule nos choix. Il faut anticiper, planifier et mesurer. La mesure d’impact n’est pas un simple indicateur technique. Elle constitue un outil pour interroger nos politiques : comment garantir que les politiques décidées démocratiquement trouvent leur pleine efficacité dans leur mise en œuvre ?
Cette exigence de preuve permet de fixer des priorités, corriger ce qui ne marche pas et légitimer les investissements sociaux. Elle éclaire et apaise le débat public par des faits, des scénarios et des comparaisons – Postface de Clément Beaune, Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan, et Jean-Marc Borello, CoPrésident du Directoire du Groupe SOS.
« À l’heure où s’imposent à l’agenda les objectifs, d’une part de réduction des déficits publics et,d’autre part de renforcement de la compétitivité de nos entreprises et de la défense, il nous a parucrucial de rappeler que c’est aussi en redéfinissant ce qui compte (vraiment) dans notre modèle socialque nous pourrons affronter ces défis », expliquent Tony Bernard et Timothée Duverger dans l’introduction du livre.
« Les experts doivent favoriser l’accès à la connaissance et éclairer le débat.Mais la décision politique, les clivages comme les compromis qui permettent d’emporter l’adhésion descitoyens, lutter contre les frustrations et les ressentiments, appartiennent au débat démocratique. Afortiori dans notre époque où la désinformation et l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle peuventbrouiller la distinction entre le vrai et le faux, notre responsabilité collective est de redonner toute saplace à la démarche scientifique comme au débat contradictoire et à la parole des citoyens pour garantirla qualité de la délibération collective et de la prise de décision. Ce sont là les premières bases d’uncontrat social renouvelé. »
Le Comité 21 et le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France publient l’étude nationale « Les régions françaises face aux transitions – Enjeux écologiques et dynamiques territoriales », une analyse des défis que doivent relever les 13 régions métropolitaines afin d’accélérer leur transformation écologique et renforcer le dialogue entre acteurs publics et privés.
Dans un contexte d’urgence climatique marqué par des canicules précoces, des sécheresses historiques, des risques naturels accrus ou encore la dégradation de la biodiversité, cette étude propose une lecture actualisée des vulnérabilités régionales et des trajectoires de transition. Alors que la France s’oriente vers un réchauffement de +4 °C d’ici la fin du siècle si les tendances actuelles persistent, les entreprises comme les collectivités doivent adapter leurs modèles, coopérer davantage et inscrire leurs actions dans des stratégies territorialisées cohérentes avec les ambitions nationales et européennes.
SCÉNARIO +4 °C EN FRANCE À L’HORIZON 2100 : QUELLES ÉVOLUTIONS ATTENDUES ? Période de référence : 1976-2005 – Région Auvergne-Rhône-Alpes
Ce document est une base de dialogue avec les acteurs des territoires sur les dynamiques en cours et les priorités à fixer pour accélérer les transitions.
MIX ÉNERGÉTIQUE DE PRODUCTION D’ENR EN 2013 ET 2022 (GWH) – Région Occitanie Augmentation de 30,4 TWh produits en 2022 (+6,5 %)
Un outil pour comprendre, dialoguer et agir
Défis régionaux majeurs – Région Ile de France
Fruit d’un croisement entre données scientifiques, dispositifs de planification régionale et retours qualitatifs d’acteurs territoriaux, l’étude répond à un besoin : permettre aux entreprises, associations, institutions et collectivités de mieux comprendre les transformations à mener et les leviers d’action disponibles à l’échelle locale.
Elle propose pour chaque région :
un panorama synthétique des défis (environnement, énergie, émissions, mobilité, foncier) ;
« Les entreprises sont prêtes à agir, mais elles ont besoin de repères et de lisibilité territoriale. Ce travail commun avec le Comité 21 leur apporte des données solides, des priorités partagées et des exemples concrets pour renforcer leur contribution aux ODD et à la planification écologique. »
RÉPARTITION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE EN 2023 Année de référence : 2015 – Région Auvergne-Rhône-Alpes Baisse de 46 Mt CO2 éq (-16 %)
L’étude met également en avant des initiatives exemplaires portées en régions par des acteurs régionaux ainsi que des membres du Pacte mondial et du Comité 21.
Pensé comme un outil d’appropriation et de mobilisation, il vise à générer des échanges de vue avec les Régions et à faciliter le dialogue entre acteurs économiques, collectivités et société civile, condition indispensable à la réussite des transitions.
Des défis différenciés, une cohérence nationale à construire
OBJECTIFS ET ÉVOLUTIONS – Région Ile de France
Les territoires français présentent des réalités très diversifiées : risques climatiques, pressions sur l’eau, exposition aux risques naturels, poids de l’industrie, vulnérabilités économiques, enjeux de biodiversité…
l’exposition accrue de nombreuses régions aux effets du changement climatique ;
des besoins massifs de décarbonation industrielle et logistique ;
des tensions croissantes sur la ressource en eau ;
l’urgence d’adapter les modèles touristiques, agricoles et littoraux ;
un rôle central des collectivités dans la mise en œuvre opérationnelle ;
une montée en puissance des coopérations entreprises–territoires.
Et si le rural inspirait l’urbain ? Pour une nouvelle approche du développement territorial
Gabrielle Halpern Docteure en philosophie et diplômée de l’École normale supérieure (ENS)
La ville serait-elle le modèle de développement territorial par excellence, au détriment des territoires ruraux, comme s’ils étaient surannés ou inadaptés aux exigences modernes ?
Pourtant, du fait de leurs spécificités, ceux-ci ont développé des manières d’entreprendre, de travailler, de penser les liens sociaux qui pourraient inspirer les acteurs urbains, voire les aider à se réinventer.
« Les villes devraient être construites à la campagne, l’air y est tellement plus pur », écrivait Henri Monnier1. Si cette phrase prête à sourire, elle vient soulever un paradoxe profond : en quelques siècles, la ville semble s’être imposée comme le modèle de développement territorial par excellence, au point d’entraîner une forme de crise des territoires ruraux, comme s’ils étaient surannés ou inadaptés aux exigences modernes2. Cependant, ces dernières années, un certain nombre de facteurs ont fait craquer à maints endroits le vernis de l’urbain au point d’en révéler des failles béantes et grandissantes. Si l’on entend parler d’une crise du rural depuis un certain temps, il se pourrait bien que nous vivions à l’aube d’une crise de l’urbain, comme s’il y avait une prise de conscience progressive de ce que ce modèle de développement territorial n’est en réalité pas adapté – ou n’est plus adapté – aux aspirations humaines et aux défis économiques, écologiques ou encore sociaux de notre siècle.
Il serait donc intéressant d’analyser le modèle de développement rural, à travers différentes dimensions, pour mieux comprendre sa philosophie territoriale et voir dans quelle mesure le rural pourrait inspirer l’urbain. En effet, du fait de leurs spécificités, il semblerait que les territoires ruraux3 aient développé des manières d’entreprendre, de travailler, de penser les liens sociaux qui pourraient inspirer les acteurs urbains, voire les aider à se réinventer. Alors que nous sommes au premier quart du XXIe siècle et que les changements du monde – et de la France – s’accélèrent, comment repenser le développement territorial ? Quel doit être le rôle de leurs acteurs, qu’ils soient économiques, associatifs, institutionnels ou publics ? En quoi consisterait la responsabilité territoriale de ces acteurs ?
Cette étude se propose d’explorer ces questions, en s’appuyant sur un échantillon exploratoire avec un certain nombre d’entretiens avec des acteurs locaux de divers horizons4, ainsi que sur des rapports et travaux de recherche, afin de dégager des pistes de réflexion et d’actions concrètes permettant de construire une nouvelle approche du développement territorial. La principale difficulté épistémologique tenait à la diversité des réalités, et donc des regards. De la même manière qu’il y a des urbanités, il y a des ruralités et chaque territoire a sa singularité ; il est donc toujours fastidieux de procéder à des généralisations à partir de points de vue particuliers. C’est la raison pour laquelle il a été fait le choix d’insérer de très nombreux verbatims pour donner à voir d’une part la diversité des regards des acteurs concernés – y compris lorsqu’il pouvait y avoir des contradictions – et, d’autre part, des similitudes de regards pouvant laisser dessiner par petites touches des traits communs. Certains lecteurs pourraient voir dans certains verbatims des caricatures ; d’autres pourraient y voir au contraire des euphémismes ; d’autres encore pourraient penser que leur réalité n’a rien à voir avec tout cela… Cette étude ne se veut en aucun cas une photographie de la France rurale – d’autres travaux ont été menés en ce sens ces dernières années –, mais une réflexion collective exploratoire destinée à provoquer le débat public et à repenser notre manière de faire territoire.
la transition écologique ne se fera qu’avec une mobilisation des entreprises et un dialogue renforcé avec les territoires.
Les organisations ont besoin d’une compréhension fine des contraintes locales, d’outils pour intégrer la transition dans leur stratégie et d’alliances pour développer des solutions adaptées (énergies renouvelables, transformation industrielle, adaptation climatique, économie circulaire, mobilité durable). De nombreux exemples régionaux présentés dans l’étude démontrent que cette coopération est déjà en œuvre et constitue un accélérateur puissant de transformation.
Antoine Charlot, Directeur de l’établissement Grand Ouest Comité 21
« Les défis écologiques appellent des réponses différenciées et ancrées dans les territoires. Ce guide offre une vision claire et accessible pour permettre à chaque acteur de saisir ses leviers d’action et de contribuer à une transformation répondant aux besoins locaux et cohérente à l’échelle nationale.»
Une citation souvent attribuée à Alphonse Allais, mais qui est prononcée par le personnage Monsieur Joseph Prudhomme dans les ouvrages Grandeur et décadence de Monsieur Joseph Prudhomme (1852) ou encore dans Mémoires de M. Joseph Prudhomme (1858) d’Henri Monnier. ↩︎
L’Europe des projets architecturaux et urbains, Des campagnes aux ruralités, France Ruralités, 2025. ↩︎
Toutes les personnes interrogées dans le cadre de cette étude ont bien mentionné le fait qu’il n’y a pas une ruralité, mais des ruralités, diverses selon leurs ressources, leur distance ou leur proximité avec les centres de décision et de richesses, leur situation géographique, etc. ↩︎
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont accepté de me consacrer du temps et de répondre positivement et sincèrement à ma proposition d’entretien dans le cadre de cette étude. ↩︎
À quelques pas d’une gare, une friche urbaine avec un bassin historiquement relié au Château de Versailles est devenue une micro-ferme productive et pédagogique. On y cultive des légumes, mais surtout une autre manière d’habiter le monde. Avec la ferme Nature & Découvertes, Gilles Degroote, fondateur de CLAP France, partage une conviction : la transition écologique ne se décrète pas, elle se vit.
À 700 mètres du Potager du Roi, au cœur de Versailles, une ancienne friche oubliée est devenue une oasis écologique, productive et pédagogique. Derrière cette transformation improbable : Gilles Degroote, fondateur de CLAP France, pionnier d’une agriculture urbaine qui ne cherche pas seulement à produire… mais à transformer notre rapport au vivant.
Avant …Après …
La ferme Nature & Découvertes n’est pas qu’un jardin. C’est un lieu pour se reconnecter au vivant.
Une intuition devenue lieu vivant
L’histoire commence par une intuition, bien avant la première graine plantée. Là où d’autres voient dans une friche urbaine un espace abandonné, Gilles Degroote voit un potentiel. Celui d’un lieu capable de reconnecter la ville et ses habitants à la nature, au vivant, à leur alimentation.
« J’étais dans la transition écologique … mais derrière un bureau. J’avais besoin de faire »
Pendant plus de dix ans, Gilles Degroote accompagne les entreprises dans la transition écologique au sein du cabinet Ethicity. Un travail intellectuellement stimulant, mais une frustration grandissante : conseiller ne suffit plus. « À un moment, j’ai ressenti le besoin de passer du concept au concret », explique-t-il. Le déclic n’est pas seulement professionnel. Il est existentiel : remettre les mains dans la terre pour comprendre réellement le vivant.
En 2017, il change radicalement de cap. À 38 ans, il quitte le conseil, se forme au maraîchage et crée CLAP France — acronyme de Creative Local Action in Permaculture avec une ambition : rendre la ville comestible.
Créons ensemble des paysages comestibles et régénératifs pour rendre la ville plus belle, vivante et écologique. CLAP France
Transformer une friche urbaine en micro-ferme n’allait pourtant pas de soi. Mais l’évidence s’impose peu à peu : si la transition doit avoir lieu, elle doit s’ancrer là où vivent les gens. L’opportunité surgit lorsqu’un ancien bassin historique, destiné autrefois aux eaux du château de Versailles, cherche une nouvelle vie. Le fondateur de Nature & Découvertes lui propose d’y installer sa ferme pilote et lui donne carte blanche.
Une vision partagée et un cahier des charges en 4 mots : beau, productif, écologique et économiquement viable.
Une ferme en ville à 200 mètres d’une gare : pari fou ou évidence ?
Installer une ferme productive en pleine ville pourrait sembler utopique. Pourtant, pour Gilles Degroote, c’est presque l’inverse. La ville concentre les habitants, les besoins alimentaires, les enjeux climatiques et sociaux. Pourquoi la production agricole resterait-elle exclusivement rurale ?
« Penser global, agir local. J’aime la ville. Alors pourquoi ne pas y cultiver la vie ? »
La ville ne peut plus rester coupée du vivant. Elle doit redevenir un lieu de production, d’apprentissage et de résilience. Le projet aurait pu échouer mille fois : contraintes administratives, voisinage sceptique, accès difficile, enjeux patrimoniaux. Ce qui a permis sa naissance ? Une vision partagée, de la confiance et un immense travail collectif. Architectes, paysagistes, pépiniéristes, tailleurs de pierre, archéologues… la ferme devient une œuvre collective autant qu’agricole.
Une agriculture du soleil bio intensive non mécanisée
Aujourd’hui, sur 3 000 m² dont 500 m² cultivés en agriculture bio intensive non mécanisée, la ferme produit plus d’une tonne de légumes par an. Mais l’objectif n’a jamais été seulement agricole. La présence d’une ferme change le regard porté sur la ville : elle ralentit le rythme, réintroduit les saisons, rappelle que la nourriture ne naît pas dans les rayons d’un magasin.
Repenser les usages urbains et considérer les espaces disponibles comme des communs vivants plutôt que comme des réserves foncières inertes.
La permaculture comme boussole
Au cœur du projet se trouve la permaculture. Pour Gilles Degroote, elle n’est ni une technique ni une mode, mais une manière d’observer et d’imiter les équilibres naturels. Il s’agit de concevoir des systèmes agricoles qui coopèrent avec le vivant plutôt que de chercher à le contrôler.
Sur la ferme, cette approche se traduit par la diversité des cultures, l’attention portée aux sols, l’association des plantes, la réduction maximale des intrants et l’autonomie progressive du système. Chaque geste quotidien — planter, arroser, composter, récolter — devient un acte d’observation.
« La permaculture, c’est apprendre à travailler avec le vivant plutôt que contre lui. »
Face aux crises climatiques, alimentaires et sociales, la permaculture apparaît comme une réponse systémique : : produire, inspirer et transmettre. Elle relie écologie, économie et société. La ferme devient ainsi un laboratoire du “monde d’après” — non pas une utopie théorique, mais une expérimentation concrète.
Produire en ville : un acte profondément politique
Avec jusqu’à deux tonnes de fruits et légumes produits chaque année, la ferme reste modeste à l’échelle d’une métropole. Mais son impact dépasse largement le volume récolté. Les récoltes alimentent une Biocoop locale et une maison de retraite voisine.
Produire en ville change profondément notre rapport à l’alimentation : voir pousser un légume change durablement le regard porté sur ce que l’on mange. L’objectif n’est pas de nourrir la ville entière — objectif irréaliste — mais de transformer la conscience collective.
« L’agriculture urbaine ne nourrira pas les villes. Mais elle peut reconnecter les citadins à leur alimentation. »
Transmettre : la ferme comme une école du vivant
Enfants, scolaires, familles ou entreprises viennent à la ferme pour expérimenter le vivant avec une relation directe avec la nature. Chaque année, des visiteurs viennent découvrir le lieu sans jamais avoir planté une graine auparavant. Depuis 2018, plus de 2 000 jeunes ont franchi les portes de la ferme. Car la transmission est, pour Gilles Degroote, une fonction essentielle de l’agriculture urbaine. Une anecdote l’a particulièrement marqué : une étudiante en dernière année de médecine venue en stage à la ferme réalise que si elle avait découvert un lieu comme celui-ci plus tôt, elle aurait sans doute choisi une autre voie.
« On sème des graines dans les esprits. »
Beaucoup de visiteurs arrivent avec une forme de manque diffus : celui du contact avec la terre, du temps long, du silence vivant. Les enfants, en particulier, vivent souvent une révélation simple mais puissante : comprendre que les légumes poussent, que les insectes ont un rôle, que le sol est vivant.
Ce que les visiteurs cherchent en venant à la ferme ? Du sens, du calme, une expérience réelle. Souvent d’ailleurs, la visite commence par une minute de silence. Au cœur de la ville, soudain, on entend les oiseaux. Et quelque chose se transforme. La ferme devient alors une salle de classe à ciel ouvert où l’apprentissage passe par le corps, les sens et l’émotion autant que par le savoir.
Gilles Degroote évoque ces enfants qui, après une visite, refusent de jeter un déchet par terre ou demandent à créer un potager chez eux. Ces micro-déclics constituent peut-être la véritable récolte de la ferme. Selon lui, notre système éducatif souffre d’un manque fondamental : l’expérience directe du vivant.
Une reconnexion sensible au vivant
La ferme agit comme une pause sensorielle dans le rythme urbain. On y entend les insectes, on observe les cycles, on ressent les saisons. Les visiteurs ne viennent pas seulement apprendre : ils viennent respirer autrement. La ferme leur propose une immersion complète : forêt-jardin, mare écologique, potager intensif, serre bioclimatique, poulailler, composts et toilettes sèches.
Dirigeants en costume, enfants d’école ou salariés en séminaire mettent les mains dans la terre. Et comprennent physiquement ce que signifie le cycle du vivant.
« On ne transmet pas la transition écologique avec un PowerPoint. Il faut la vivre. »
Dans une société largement déconnectée des écosystèmes qui la soutiennent, cette immersion devient essentielle. Car les comportements changent rarement par la seule information ; ils évoluent par l’expérience vécue.
Un modèle écologique circulaire et régénératif
Cette approche incarne une économie différente : non plus extractive, mais circulaire et régénérative. Le site fonctionne selon une logique circulaire : récupération de l’eau de pluie, valorisation des déchets organiques, fertilisation par compost, autonomie maximale, pratiques low-tech. La ferme est comme un organisme vivant où rien ne devient vraiment déchet. Elle incarne une économie régénérative : produire tout en améliorant le milieu.
Pour Gilles Degroote, les innovations les plus prometteuses ne sont pas forcément technologiques : elles résident souvent dans la redécouverte de principes écologiques fondamentaux appliqués intelligemment aux villes.
Changer notre manière d’habiter la Terre.
La ferme ne propose pas seulement des activités pédagogiques ; elle offre une expérience immersive. Marcher pieds dans la terre, observer un insecte, récolter une tomate mûre : autant de gestes simples qui réactivent une relation oubliée.
Agriculture urbaine : effet de mode ou transformation profonde ?
L’agriculture urbaine suscite aujourd’hui un engouement croissant. Gadget marketing ou révolution silencieuse ? Pour lui, la dynamique actuelle révèle un changement profond : les villes prennent conscience qu’elles doivent redevenir productrices, et non seulement consommatrices.
Les collectivités disposent d’un levier immense : ouvrir du foncier, simplifier les cadres administratifs, soutenir les porteurs de projets et intégrer l’agriculture dans la planification urbaine.
La transition écologique pourrait bien se jouer autant dans les quartiers que dans les campagnes. Avec plus de 80 % des Français vivant en ville, la transition écologique passera nécessairement par la transformation urbaine : végétaliser, désimperméabiliser et reconnecter aux territoires agricoles.
L’association nationale de l’agriculture urbaine est convaincue que l’agriculture urbaine apporte des réponses pertinentes et efficaces aux nombreux défis rencontrés par les villes.
L’AFAUP œuvre à son développement partout en France.
Une aventure collective
La ferme n’est pas l’œuvre d’un seul homme. Des acteurs majeurs de l’agroécologie, dont Charles Hervé-Gruyer et l’expérience pionnière de la Ferme du Bec Hellouin, ont contribué à nourrir le projet par leurs recherches et leurs retours d’expérience.
La ferme n’aurait jamais existé sans alliés. Ville de Versailles, partenaires privés, artisans, agriculteurs, réseaux professionnels… tous ont contribué à sa réussite.
Le collectif n’est pas un supplément d’âme : c’est la condition deréussite.
Aucun projet de transition ne peut exister isolément : il nécessite des réseaux, des alliances et une intelligence partagée. La transition écologique est avant tout une aventure collective.
Entre utopie et viabilité économique
Créer un lieu beau, écologique et rentable
Créer un lieu « beau, productif et économiquement viable » constituait un défi. La ferme repose sur un équilibre subtil entre production agricole, activités pédagogiques, partenariats et engagement territorial. La question n’est pas seulement de rentabiliser un projet écologique, mais de redéfinir ce que signifie la valeur : écologique, sociale, éducative autant qu’économique.
Le modèle est duplicable — à condition d’adapter chaque ferme à son territoire.
Le modèle repose sur trois piliers : la production agricole, la transmission pédagogique et les séminaires et événements d’entreprise. Après trois ans, la ferme atteint son équilibre économique. La crise sanitaire de 2020 pousse même Gilles Degroote à dupliquer le modèle : nouveaux sites à Nanterre, Poissy ou sur des campus d’entreprises. La ferme devient alors un prototype réplicable.
De gauche à droite : Ferme urbaine sur toiture à Noisy Le Grand, Potager d’un Campus de formation à Nanterre et Potager du Campus de l’Arboretum
Une vision concrète du monde d’après
Pour Gilles Degroote, la pandémie a révélé notre vulnérabilité … mais aussi notre besoin de nature. Le « monde d’après » ne sera pas une rupture spectaculaire. Il sera fait de milliers de lieux plus locaux, vivants et reliés. Sa priorité pour réinventer nos sociétés ?
« Recréer du lien entre l’humain, la nature et le territoire. »
Le “monde d’après” qu’il évoque n’est pas futuriste. Il ressemble plutôt à une société plus locale, plus résiliente et plus attentive au vivant. La crise sanitaire a joué un rôle d’accélérateur : beaucoup ont redécouvert l’importance de l’alimentation, de la nature et des circuits courts. Sa priorité pour réinventer nos sociétés tient en un mot : reconnexion.
Reconnexion à la terre, aux cycles naturels, aux autres et à notre responsabilité collective.
De la stratégie à la terre, de la tête aux mains : un parcours de transformation
Son passage du conseil au maraîchage n’est pas une rupture mais un alignement.
« Je voulais relier la tête, le cœur et les tripes. »
La terre lui a appris ce qu’aucun bureau ne pouvait transmettre : la patience, la dépendance au vivant, l’humilité face aux saisons. Ce qui le fait tenir aujourd’hui ? La conviction que chaque lieu peut devenir un levier de transformation. Dans un projet aussi exigeant, ce qui le fait tenir est simple : voir concrètement les transformations humaines provoquées par le lieu.
Et demain ?
L’avenir s’écrit déjà avec la création de nouveaux paysages comestibles, le développement d’autres fermes urbaines et la diffusion du modèle. Son souhait ? Voir émerger partout des fermes urbaines capables de produire, transmettre et inspirer. Son message :
« Chacun peut agir où il vit. La transition écologique commence là où nous décidons de prendre soin du vivant, ici et maintenant »
L’ambition est claire : consolider la ferme, amplifier son rôle pédagogique et inspirer d’autres territoires. Gilles Degroote espère voir émerger de nombreuses fermes urbaines semblables, formant un réseau vivant capable de transformer progressivement nos villes.
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