« Pendant plus de 10 ans j’ai cherché la solution au problème du moteur magnétique, malgré tous les préjugés négatifs au sujet de ce concept » confie Patrick Haguenauer à la recherche d’une solution universelle à la production d’électricité autonome, propre et accessible. Historique, point de situation de son projet et appel à un soutien financier pour finaliser les tests et atteindre une rotation fluide.
« J’ai découvert que le principe était parfaitement conforme aux lois de la physique, notamment celle de la conservation de l’énergie. La différence entre les types de moteurs étant seulement le temps nécessaire à la consommation de l’énergie utilisée. Le pétrole, le gaz, le charbon, l’hydrogène, l’uranium, les champs magnétiques ne sont pas consommés à la même vitesse.«
La principale difficulté consistait au passage de l’attraction à la répulsion.
« Le début de la solution est dans la vidéo ci-dessous mais il lui manquait la solution pour que la rotation soit fluide, continue et ne s’arrête pas. La solution est dans les formes, dimensions, et positions des aimants les uns par rapport aux autres. »
« Ce vieux test laisse pressentir que les changements de formes et de positionnements des aimants peuvent permettre d’aboutir à une rotation fluide et une accélération constante quand il n’y a pas de charge, et du couple et de la vitesse avec une charge. Le même principe avec un rayon plus important entrainera plus de couple » – Patrick Haguenauer
Objectifs
Résoudre le problème énergie climat en apportant une solution universelle à la production d’électricité propre, très peu chère et capable de rendre autonomes :
N’importe quel village, ville, zone industrielle, commerciale, portuaire, aéroportuaire quelle que soit sa position géographique et les conditions climatiques et météorologiques
Tous les types de transports terrestres, maritimes et aériens en remplaçant toutes les bases actuelles de la production d’énergie. Pétrole, charbon, gaz, uranium, solaire, éolien, etc… La plus importante étant le pétrole d’où le nom de la société : POST-PETROLEUM
« J’ai créé la société Post-Petroleum en juillet 2018, en Suisse afin d’éviter les risques de préemption de l’État français sur les brevets « stratégiques » notamment sous la pression du lobby nucléaire. Il y a 2 ans j‘ai trouvé un partenaire financier avec lequel j’ai commencé à travailler. Quelques mois après les entreprises de son groupe l’ont obligé à cesser sa contribution.«
50 000 € pour faire reconnaître la technologie
« Aujourd’hui il manque 50 000 € pour finir le modèle de référence et faire reconnaître la technologie. J’ai une PME et une retraitée prêtes à se porter caution pour un prêt sur 5 ans avec droit de rachat de crédit à la fin de la première année. Mais aucune institution financière ne veut participer au changement de paradigme de la production d’électricité. Or cette somme est indispensable afin de terminer le modèle de référence qui permettra la reconnaissance officielle de la technologie, donc le droit a de multiples subventions, prêts, investissements, contrats, etc…«
« Le principe de développement est basé sur la cession de licence et la création de filiales avec des partenaires industriels de différents pays, en fonction des différentes applications. Post-Petroleum étant la Holding qui gèrera la propriété intellectuelle. »
« De nombreux pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie sont en manque d’électricité, et l’Europe comme l’Amérique du Nord ont besoin d’électricité propre très peu chère sans variation de prix et prétexte à spéculations.«
Financer un Revenu Universel
« L’automatisation, la robotisation et l’Intelligence Artificielle devraient prendre en charge les emplois de production et de service répétitif sans besoin d’empathie ou de créativité humaine, et du fait de leur faible coût supporter des taxes capables de financer un Revenu Universel donnant beaucoup plus de temps libres aux humains.«
« Les capacités de déplacements propres et très peu chers offrent des perspectives d’avenir attractives pour l’utilisation de ce temps libre car plus les « Terriens » voyageront sur leur planète et apprendront à connaître les régions, les cultures, les cuisines … et plus règnera l’harmonie au lieu des oppositions et des destructions. Chacun prenant conscience de tout ce que la Planète a à nous offrir en découvertes et du temps limité de la vie. La prévention médicale prendra sans doute le pas sur les soins et encouragera à la préservation de l’espace commun afin qu’il soit définitivement Durable. »
Comparaison «pour les nuls … » entre Crayons d’uranium / Aimants permanents
Nous Sommes Vivants organise les Lauriers de la Régénération. Ce dispositif apprenant met en lumière les produits et services régénératifs économiquement viables. Cette troisième édition aura lieu les 11 & 12 Juin 2026 (Paris/Zoom). Les premiers lauréats, pour leurs initiatives pionnières en matière de pratiques régénératives du vivant, sont dévoilés.
Nous Sommes Vivantsorganise les Lauriers de la Régénération pour la 3ème année. C’est un réseau de consultants en innovation et transformation réunis au sein d’une association qui porte la régénération dans les entreprises. Ce collectif de la transition écologique a créé plusieurs ateliers dont le Business Model de l’entreprise régénérative en 5 ateliers pour concevoir des offres régénératives au sein d’une coalition à visée régénérative
Sept entreprises certifiées ROC™ — le seul label qui certifie la régénération sur l’affichage produit. Les autres lauréats seront annoncés vendredi 12 juin à 15h lors de la remise des Lauriers.
Telmont : Première maison de Champagne certifiée ROC — vignobles bio, régénération des sols, biodiversité au cœur des vignes.
Clarins : Le Domaine Clarins, dans les Alpes, certifié ROC — la certification porte sur le domaine de culture des plantes.
Davines : Cosmétique capillaire — son centre de recherche EROC (Parme), créé avec le Rodale Institute, est certifié ROC ; 16 fermes partenaires accompagnées vers la certification.
Domaine des Hautes Glaces : Première ferme-distillerie de whisky bio au monde, certifiée ROC — céréales cultivées et distillées dans le Trièves, au cœur des Alpes.
Wild Orchard : Thé vert certifié ROC — cultivé sur l’île de Jeju, en agriculture régénérative depuis plus de 20 ans.
Ecoidées : Pionnier français du bio équitable — son sucre de canne est certifié ROC, licencié auprès de la Regenerative Organic Alliance.
Patagonia : T-shirts en coton certifié ROC — membre fondateur de la Regenerative Organic Alliance, du champ de coton au vêtement. Patagonia, qui ne s’autoglorifie pas, reconnaît dans son rapport RSE 2025 ne pas pouvoir, seule, enrayer la fonte des glaciers — et appelle à une bascule collective des chaînes de valeur.
Edgar Morin et la régénération du vivant – Sociologue et philosophe de la pensée complexe · 1921–2026 Au-delà de l’événement, nous tenions à saluer une pensée qui irrigue tout ce que nous faisons. Edgar Morin nous a quittés le 29 mai 2026, à 104 ans. Théoricien de la pensée complexe, il aura passé soixante ans à démontrer une seule chose : que rien de vivant ne se comprend isolément. En hommage, Nous Sommes Vivants prête ses questions d’aujourd’hui à son œuvre — une boussole pour celles et ceux qui régénèrent le vivant.
2 jours pour montrer comment le vivant est au cœur des modèles économiques viables
11 juin 2026 en ligne De la robustesse à la régénération
Les organisations qui visent à être plus robustes — qui réparent les écosystèmes dont elles dépendent, sécurisent leurs approvisionnements, s’ancrent dans leurs territoires — se retrouvent face à une limite : leur modèle progresse, mais reste découplé du vivant. La régénération, c’est le basculement suivant : la continuité économique devient la conséquence de la vitalité des êtres vivants du territoire — et non plus son objectif défensif.
N1 · Le garde-fou – Limiter : Conformité responsable — répondre aux obligations légales et sécuriser le reporting.
N2 · L’optimisateur – Réduire : Gestion des risques — optimiser l’existant pour limiter les impacts négatifs.
N3 · L’architecte – Restaurer : Robustesse écosystémique — réparer les écosystèmes dont dépend l’activité.
N4 · Le jardinier– Régénérer : Contribution écosystémique — agir sur les capacités du vivant pour générer de la valeur mutuellement bénéfique sur les territoires.
Table ronde d’ouverture : De la robustesse à la régénération — avec Olivier Hamant
Pourquoi les organisations les plus avancées en RSE restent structurellement découplées de leurs engagements — et ce qui change quand le modèle bascule vers N4. Grille de lecture partagée pour la journée.
Le modèle reste découplé du vivant dont il dépend — la continuité reste un objectif défensif
N4 — la continuité devient la conséquence d’un modèle qui contribue aux conditions de sa propre existence
Sécuriser les approvisionnements
Diversifier les fournisseurs, auditer la chaîne
On sécurise un flux — la santé de l’écosystème fournisseur reste à construire
Co-investir dans la santé des sols et la viabilité économique des producteurs
Ancrage territorial
Mécénat local, rapport RSE territoire
Le territoire peut s’enrichir davantage quand l’offre elle-même y contribue
Concevoir l’offre pour que le territoire soit plus vivant parce que l’entreprise y opère
Fidéliser les équipes
QVT, raison d’être, engagements RSE
La contribution devient tangible quand le produit lui-même l’incarne
Le produit augmente les capacités du vivant — la fierté est réelle et vérifiable
Différenciation durable
Labels, certifications, scores ESG
La transparence sur les impacts contributifs réels devient le nouveau marqueur de confiance
Un modèle à triple profitabilité — économique, naturelle, sociale — où les trois capitaux se renforcent mutuellement
De la robustesse à la régénération en 10 points clés
Robustesse et régénération, deux mots voisins mais pas synonymes. La robustesse prend soin d’un espace de viabilité pour l’entreprise dans un monde qui fluctue. La régénération développe la capacité des êtres vivants dans les écosystèmes habités — biodiversité, santé, équité — pour que l’activité économique soit triplement profitable. Dix points clés tracent la ligne entre ces deux approches :
Tables rondes — Capacity Score : Trajectoires régénératives et leviers de transformation
Des organisations analysées via le Capacity Score Nous Sommes Vivants partagent leur trajectoire N3→N4 : où elles en étaient, quel levier a débloqué la transformation, ce que ça a changé pour leur modèle économique.
« Ce n’est pas l’activité économique qui génère une action RSE, c’est la politique RSE de l’entreprise qui définit le cadre économique. »
LÉA NATURE / SO’BiO étic — gouvernance sécurisée par le fonds de dotation FICUS Cosmétique bio français · N3→N4
« Notre stratégie repose sur l’investissement dans le socle naturel pour construire une prospérité durable — pas sur l’optimisation à court terme. »
Ludovic Stievet — Château Galoupet / Moët Hennessy 69 ha vignes + 77 ha forêt Natura 2000 · ROC
« J’ai décidé de créer un écosystème vertueux et de prendre la gastronomie et ses rayonnements comme un grand message. »
Nadia Sammut — La Fenière 1ère cheffe étoilée 100 % sans gluten · Étoile verte Michelin · N4
8 tables sectorielles : Cas pratiques secteur par secteur
Le retournement de finalité est opérable dans tous les secteurs — avec les chiffres, les filières et les décisions qui l’ont rendu possible.
Agriculture & alimentation : Du cahier des charges régénératif au rayon : comment C’est qui le Patron ?!, ECOTONE et Les Compagnons du Miel ont construit un modèle à triple profitabilité. Lire l’analyse →
Cosmétique & ingrédients : ROC, AB, Fair for Life, comment Expanscience a construit un actif triplement certifié ancré dans 3 800 agriculteurs indiens, et ce que ça change pour la filière. Lire l’analyse →
Architecture & territoire : 23 000 m² réhabilités, consommation énergétique 5× inférieure à la moyenne nationale : ETIC montre que réparer un lieu augmente les capacités des habitants et du territoire qui y vivent.
Finance régénérative : 200 M€ d’épargne citoyenne mobilisés par Lita, 200 000 fermes à céder d’ici 10 ans financées par Fève / Fermes en Vie : quand la finance choisit les capacités du vivant comme actif prioritaire. Lire la note de cadrage →
Textile & mode : Le paradoxe de l’ACV, le synthétique classé A, la laine en E. Comment Royal Mer et Picture Organic Clothing contournent les métriques qui ignorent les services écosystémiques du pâturage.
Vins & filières de terroir : 69 ha de vignes + 77 ha de forêt Natura 2000, projet pilote d’hydrologie régénératrice, ROC en cours : comment Château Galoupet et Oé Vins font du terroir un système vivant qui prospère par l’activité — et non malgré elle. Lire l’analyse filière →
ESS & Insertion : Technosols sur friche polluée, 65 % de sorties en emploi : comment Halage / Lil’Ô crée de la capacité biologique là où il n’en existait plus — et en fait un modèle économiquement viable.
Tourisme régénératif : La joie, le bonheur, le sensoriel comme indicateurs légitimes : Soliderrance et La Fenière redéfinissent l’expérience comme un échange à double contribution.
Focus Made in France : des acteurs qui ont opéré le retournement
La renaissance industrielle : quand le Made in France devient régénératif
L’édition 2026 élargit le périmètre des candidatures à l’ensemble du tissu productif français : alimentation et boissons, textile et mode, cosmétique et ingrédients, bâtiment, mobilier, artisanat, énergie. Dans chacune de ces filières, des acteurs ont déjà opéré le retournement de finalité : leur produit est conçu pour augmenter les capacités des sols, des territoires et des humains dont ils dépendent — et ça existe, c’est français, c’est économiquement viable.
Ce sont ces acteurs-là que les Lauriers 2026 cherchent à mettre en lumière — ceux qui peuvent montrer, secteur par secteur, que le produit le plus ancré dans les habitudes d’achat des Français peut aussi être celui qui contribue le plus aux capacités du vivant sur son territoire.
6 entretiens pour poser le cadre — de la robustesse au business case régénératif, du conseil régénératif à l’écologie des relations
Les 11 et 12 juin 2026 à Paris et en ligne, des lauréats de tous secteurs montreront comment des produits et services régénératifs sont économiquement viables — et comment la croissance des ventes peut être corrélée à la croissance des impacts contributifs. 55 organisations primées les deux premières éditions. Candidature gratuite jusqu’au 5 juin 2026
Qui peut candidater ?
Toute organisation — entreprise, coopérative, startup, collectivité — ayant lancé un produit, service ou projet régénératif déjà commercialisé ou déployé. Tous secteurs : agriculture, cosmétique, textile, énergie, numérique, finance, immobilier, tourisme, éducation, culture…
Ce qu’on distingue
Pas une intention, mais une réalité : des offres qui transforment une chaîne de valeur, produisent des effets contributifs sur la nature et les humains, tiennent économiquement, et s’inscrivent dans un territoire et une coalition d’acteurs.
Ce que vous gagnez
Visibilité sectorielle, dossier dans le recueil des lauréats, retour structurant du jury apprenant, intégration au réseau régénératif et aux 60+ mouvements partenaires. Et une lecture de votre offre par des experts du Capacity Score à l’aune de la triple profitabilité — positionnement sur les 4 niveaux, identification des angles morts, pistes de trajectoire régénérative.
Face à l’urgence climatique et aux tensions internationales, La Fabrique Écologique partage une sélection de ses dernières publications dédiées aux enjeux énergétiques. À travers ces travaux, elle a exploré la transition énergétique sous différents angles : la souveraineté solaire et nos dépendances au Moyen-Orient, mais aussi des sujets plus ancrés dans nos territoires comme la place du paysage ou le défi persistant de la mobilité rurale.
Les Grands Sites de France constituent des territoires laboratoires. Ils relèvent le défi d’intégrer les énergies renouvelables au cœur de sites à la fois protégés et habités. L’approche paysagère y est centrale. Elle sert de levier à une concertation démocratique entre les acteurs locaux pour concilier préservation du patrimoine et transition énergétique. Alors que le déploiement de l’éolien et du photovoltaïque s’intensifie, ces sites s’inscrivent désormais dans la dynamique des « zones d’accélération » prévues par la loi, et démontrent que protection de l’environnement et souveraineté énergétique peuvent aller de pair.
Les Grands Sites de France sont des paysages emblématiques connus de tous pour leur beauté. Engagées auprès de l’État dans la politique nationale des Grands Sites de France, les collectivités locales qui en sont gestionnaires œuvrent à leur préservation, leur gestion au quotidien et à long terme ainsi qu’à leur mise en valeur dans le cadre d’un projet de territoire concerté, transversal et cohérent. Face à la multiplication des projets éoliens et photovoltaïques au sol de grande dimension sans prise en compte du paysage, les élus du Réseau des Grands Sites de France ont adopté une position qui appelle à une meilleure prise en compte du paysage dans la planification de la transition énergétique. Pour aller plus loin, le Réseau des Grands Sites de France a mené, en partenariat avec le ministère en charge de l’Environnement et l’ADEME, l’expérimentation nationale “Paysage et transition énergétique dans les Grands Sites de France”. Elle a visé à identifier, à partir de stratégies paysagères de transition énergétique (plans de paysage transition énergétique ou autres outils) élaborées par et pour des Grands Sites de France volontaires, des recommandations méthodologiques permettant aux collectivités de favoriser des projets de transition énergétique (maîtrise de la demande d’énergie et énergies renouvelables) respectueux des valeurs paysagères locales et de disposer d’arguments pour écarter les autres. Cette démarche encore exploratoire a montré sa pertinence pour permettre aux territoires d’opérer des choix éclairés et acceptés. Elle vise à s’inscrire dans la mise en œuvre de la transition énergétique indispensable pour lutter contre le changement climatique sans renoncer à préserver l’identité du territoire et la qualité du cadre de vie.
Le 28 janvier 2026 s’est tenu à Marseille un séminaire d’une journée organisé par La Fabrique écologique, avec le soutien de l’Institut pour la Recherche de la Caisse des Dépôts (CDC), consacré aux enjeux de souveraineté associés à l’énergie solaire et à la filière industrielle correspondante. Cet article revient sur les principales réflexions, touchant à l’autonomie énergétique, à la souveraineté industrielle, mais également aux enjeux démocratiques et citoyens.
Développement de l’énergie solaire et enjeux de souveraineté
Le 28 janvier 2026 s’est tenu à Marseille un séminaire d’une journée organisé par La Fabrique écologique, avec le soutien de l’Institut pour la Recherche de la Caisse des Dépôts (CDC), consacré aux enjeux de souveraineté associés à l’énergie solaire et à la filière industrielle correspondante. Il s’inscrivait dans un cycle organisé par la CDC sur plusieurs domaines où se posent des questions de souveraineté (industrie, énergie, numérique et finance). La Fabrique écologique a naturellement été sollicitée pour prendre en charge le montage de ce séminaire compte tenu de ses travaux sur l’énergie.
Ce décryptage entend revenir sur certains des thèmes abordés lors de ce séminaire, à la lumière des échanges du 28 janvier 2026, sans se limiter à une stricte recension des débats. La publication en février de la programmation pluriannuelle de l’énergie 2025-2035 et l’actualité de la guerre au Moyen-Orient conduisent notamment à faire évoluer la perspective[1].
Les enjeux de souveraineté liés au développement en cours de l’énergie solaire dans notre pays – en se concentrant sur le photovoltaïque – peuvent être rattachés à trois enjeux de vulnérabilité, ce qui a donné lieu à trois tables rondes lors du séminaire. Le premier a trait à la dépendance aux énergies fossiles importées et au rôle de l’énergie solaire pour en sortir. En contrepoint, le deuxième interroge les nouvelles dépendances technologiques et industrielles qui caractérisent le secteur solaire. Enfin, le développement de l’énergie solaire sur notre territoire soulève des questions démocratiques, dans un contexte de prise de distance des concitoyens vis-à-vis des processus de décision publics et de montée de discours caricaturaux sur l’énergie, ce qui renvoie au rôle des élus dans la planification énergétique et à la place des citoyens dans le développement des initiatives et l’examen des projets.
Le regard des Français sur les enjeux énergétiques à un an de l’élection présidentielle
Flambée des prix de l’énergie, baisse du pouvoir d’achat…
Quelles priorités énergétiques pour les Français à un an de l’élection présidentielle ?
Le type d’énergie jugé le plus intéressant pour l’avenir de la France
Dans un contexte international marqué par la crise énergétique engendrée par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, Ifop pour Hellio a interrogé un échantillon de 2 004 Français pour connaître leur regard sur les grands choix énergétiques. À un an de la présidentielle de 2027, l’enquête met en lumièreun déplacement important de l’opinion : le nucléaire retrouve une place centrale, porté par une demande d’indépendance et de sécurité énergétique, tandis que les renouvelables marquent le pas, moins par rejet de la transition que par montée des interrogations à l’égard de leurs coûts, leur efficacité et leur adaptation aux réalités territoriales.
les Français ne tournent pas le dos à l’écologie, mais ils l’évaluent désormais davantage à l’aune du pouvoir d’achat, de la souveraineté et de la justice sociale
Le message qui s’en dégage est clair : les Français ne tournent pas le dos à l’écologie, mais ils l’évaluent désormais davantage à l’aune du pouvoir d’achat, de la souveraineté et de la justice sociale. Dans une campagne présidentielle qui s’annonce traversée par la question des dépenses contraintes, la transition énergétique devra donc sortir du seul registre environnemental pour devenir un projet crédible de protection du niveau de vie, d’indépendance énergétique et de cohésion sociale.
Alors que le conflit au Moyen-Orient a remis sur le devant de la scène la dépendance de l’ensemble du monde, Europe et Etats-Unis mais aussi Afrique et Asie, aux énergies fossiles, ce décryptage compare les situations respectives des Etats-Unis, du Canada et du Mexique en matière énergétique. Il met en avant des contrastes qui tiennent aux dotations en ressources naturelles, à l’organisation institutionnelle et l’histoire, et les options politiques des gouvernements. Il s’intéresse également aux effets des politiques énergétiques nationales sur l’état de la biodiversité en rappelant l’extrême richesse de la nature dans ces pays. Il invite à une vision large de l’écologie conformément au Manifeste de La Fabrique écologique.
Transitions énergétiques en Amérique du Nord : La nature oubliée ?
En juillet 2025, le président Donald Trump a promulgué la loi « One Big Beautiful Bill Act» (OBBBA), marquant un net recul de la politique climatique fédérale américaine. Cette législation démantèle l’essentiel des mesures de soutien aux énergies renouvelables et favorise explicitement le maintien des combustibles fossiles. Elle rompt avec l’ « Inflation Reduction Act» (IRA) de 2022, adopté sous la présidence de Joe Biden, qui constituait jusqu’alors le pilier de la stratégie climatique des États-Unis, en soutenant massivement le déploiement des énergies propres et la décarbonation du secteur électrique.
Ce revirement s’inscrit dans une continuité politique. Déjà lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait retiré les États-Unis de l’Accord de Paris, avant que le pays ne le réintègre sous Joe Biden, puis s’en retire à nouveau peu après sa deuxième investiture. À l’échelle fédérale, les États-Unis ne poursuivent donc plus de trajectoire climatique nationale ambitieuse. Toutefois, en tant que fédération décentralisée, de nombreux États continuent de mener leurs propres politiques énergétiques et climatiques, parfois particulièrement avancées comme le cas de la Californie ou de New York.
Le Canada a adopté une trajectoire différente. L’État canadien a réaffirmé son objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 et s’est doté, avec le « Clean Electricity Regulation » (CER ou Règlement sur l’électricité propre – REP) fin 2024, d’un cadre fédéral visant un réseau électrique neutre en carbone d’ici 2035. S’appuyant sur un mix déjà largement dominé par l’hydroélectricité (55º% en 2024), le pays se positionne comme un leader des énergies renouvelables en Amérique du Nord.
À l’inverse, le Mexique demeure fortement dépendant des hydrocarbures, y compris pour la production électrique. Malgré l’arrivée au pouvoir de Claudia Sheinbaum, la politique énergétique reste centrée sur le gaz et le pétrole. En 2024, plus des trois quarts de l’électricité mexicaine (76 %) provenaient des énergies fossiles. Par ailleurs, le pays poursuit de grands projets d’infrastructures ferroviaires, comme le Tren Maya dans la Riviera Mayaou le Tren Interoceánico dans l’isthme de Tehuantepec, mais ceux-ci soulèvent de vives inquiétudes environnementales.
Ces trois trajectoires illustrent la diversité des réponses nord-américaines à la transition énergétique. Elles partagent toutefois un risque commun : une « vision tunnel du carbone », centrée presque exclusivement sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, au détriment d’autres limites planétaires, notamment la biodiversité. Dans un contexte où plusieurs limites planétaires ont déjà été dépassées (7 sur 9 en 2025), ce décryptage analyse la manière dont le Canada, les États-Unis et le Mexique cherchent à décarboner leurs systèmes énergétiques, avec un focus particulier sur l’électricité, tout en évaluant si ces stratégies sont compatibles avec la protection de la biodiversité.
En 2016, deux ans avant le mouvement des Gilets jaunes, La Fabrique Ecologique publiait une première note sur la mobilité rurale. Dix ans après, à quelques jours des élections municipales, alors que 70% des communes françaises ont moins de 1000 habitants et près de 50% moins de 500, cette deuxième note fait le point des évolutions sur ce sujet toujours aussi sensible. Ces territoires sont devenus un laboratoire des mobilités de demain avec un foisonnement de projets mais la dépendance à la voiture n’a pas diminué. Cette note propose d’éclairer le débat au travers d’une analyse des dynamiques de mobilité dans les territoires ruraux, et donne des clés de compréhension et d’actions.
Mobilité rurale, 10 ans après : des territoires en mouvement, une même dépendance à la voiture
Cette Note est actuellement ouverte à la co-construction citoyenne. Ceci signifie que chacun(e) peut contribuer à son amélioration en faisant des commentaires et surtout en proposant des amendements précis, soit ci-dessous ou par email à l’adresse contact@lafabriqueecologique.fr. À l’issue de cette période collaborative, les auteurs qui ont rédigé le document initial se réuniront une dernière fois pour retenir les amendements jugés pertinents. Leurs auteurs seront dans ce cas sollicités pour que leur nom figure, s’ils le souhaitent, dans la fiche de présentation de la note en tant que contributeur. La version définitive sera ensuite publiée.
Signataires
Laurent Jégou – Directeur de l’expertise Mobilités durables et inclusives d’Auxilia
Marie Huyghe – Docteure en Aménagement de l’espace et Urbanisme, experte des mobilités rurales
Agnès Alfonso-Chariol – Maire de Sainte-Terre (Gironde), Vice-Présidente Environnement du Grand Saint-Emilionnais et membre de la Commission Mobilité de l’AMRF
Dans ce nouvel Agenda Ecologique, la Fabrique Ecologique revient sur les chocs économiques récents provoqués par la guerre au Moyen Orient et montre en quoi celle-ci révèle notre dépendance envers les énergies fossiles. Face à cette dépendance, la transition énergétique apparait comme un levier stratégique, de souveraineté et de résilience. Toutefois, ce n’est pas une solution magique, il faut faire attention aux nouvelles dépendances que les énergies renouvelables créent.
La guerre au Moyen-Orient, un révélateur de notre dépendance excessive aux énergies fossiles
La guerre ouverte au Moyen‑Orient illustre avec une clarté brutale à quel point l’économie mondiale demeure vulnérable aux tensions régionales autour des hydrocarbures. Le conflit militaire mené par Israël et les Etats Unis en Iran a entraîné un quasi‑blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial. Le trafic maritime y a chuté de 70 à 80 % selon les analystes, sous l’effet des attaques sur les navires et de la suspension des opérations par les grands armateurs internationaux.
Cette situation a provoqué une réaction immédiate des marchés : le Brent a bondi de plus de 15%, tandis que les prix du gaz européen augmentaient de 40 %, alimentant une nouvelle vague d’inflation énergétique susceptible de déstabiliser durablement les économies importatrices. Comme souvent, les tensions géopolitiques dans le Golfe se traduisent par des chocs de prix qui montrent la dépendance persistante des économies au pétrole.
En 2022, dans un précédent contexte de forte tension régionale, les importations énergétiques de la France, composées principalement de pétrole et de gaz, ont atteint 148 milliards d’euros. En 2024, elles se situent encore à plus de 60 milliards.
Les réponses immédiates centrées sur le contrôle et la limitation des hausses de prix des produits issus des hydrocarbures ne peuvent être des réponses durables.
Créée en 2013, La Fabrique Écologique, Fondation pluraliste de l’écologie, est un Think et Do-Tank qui a pour objectif de promouvoir l’écologie et le développement durable sur la base de propositions pragmatiques et concrètes.
Présidée par Lucile Schmid, elle est animée et soutenue par de nombreuses et très diverses personnalités de toutes générations (responsables d’entreprise et d’ONG, universitaires, syndicalistes, parlementaires et anciens ministres de l’écologie de tous bords politiques, …). Elle est financée, en majeure partie, par du mécénat, en toute transparence et en s’appuyant sur une charte éthique garantissant son indépendance intellectuelle et sa liberté d’action.
Avec de nombreuses publications sur des sujets divers et un réseau de près de 800 experts répertoriés et actifs, ses travaux sont reconnus comme particulièrement sérieux et innovants : dans le baromètre annuel des think-tanks réalisé par l’Institut Think, La Fabrique Ecologique est sur la première marche du podium pour la qualité de ses travaux et sa transparence.
Des travaux autour de six principes forts
Une rigueur scientifique irréprochable : Sous la caution de son conseil d’orientation et de son réseau d’experts représentant l’excellence dans leurs aires de compétence respectives, La Fabrique Ecologique garantit, sur chaque sujet, un état des lieux objectif et une analyse exhaustive des avantages, inconvénients, modalités et difficultés de mise en œuvre des propositions portées. Une méthodologie des travaux très précise assure cette rigueur.
Une exigence pluraliste et transpartisane : La Fabrique Ecologique, soutenue par des femmes et hommes impliqués dans la société civile et (ou) adhérents des partis politiques républicains, fait avancer la réflexion sur l’écologie et le développement durable au service de tous, dans l’intérêt général. Elle s’efforce de valoriser l’expertise citoyenne autour de ses travaux.
Une transparence absolue : La Fabrique Ecologique publie ses propositions en toute indépendance. Les experts qui y publient des travaux déclarent leurs intérêts. Une Charte Éthique et de Conformité assure cette indépendance vis-à-vis des partenaires.
Une approche européenne et internationale : Le défi écologique est mondial. Les réglementations, les économies, les normes, les bonnes pratiques sont aujourd’hui élaborées aux quatre coins du monde, et en particulier au niveau européen. Les travaux de La Fabrique Ecologique se doivent d’intégrer cette réalité.
Des réponses concrètes : Intégrant pleinement les impératifs économiques et sociaux, La Fabrique Ecologique souhaite faire émerger des solutions à la fois ambitieuses et immédiatement applicables.
Un positionnement unique, au service du développement durable : De nombreuses organisations travaillent sur ces sujets. La Fabrique Ecologique reconnaît le travail important accompli et dialogue en parfaite entente avec elles. Son originalité tient dans son positionnement inédit, alliant recherche et production d’idées à une proximité forte avec les responsables politiques, administratifs, de l’entreprise et des ONG. Ceci permet d’assurer un maximum d’impact aux propositions qu’elle porte.
Le Manifeste de La Fabrique Écologique pour une écologie engagée
Au quart de ce XXIe siècle furieux, quand se fissurent les digues démocratiques, quand se multiplient les dirigeants populistes, quand se répand la post-vérité, quand se radicalisent les opinions, La Fabrique Ecologique entend contribuer à la pensée et à l’action en faveur d’une transition socialement juste, économiquement viable et humainement harmonieuse.
Acteur social majeur, fort d’une implantation territoriale unique et d’un réseau de plus de 38 000 personnes en France, le mouvement Emmaüs a initié, en 2024 et 2025, un cycle de conventions citoyennes internes dédiées à l’écologie. Avec son activité historique de récupération, de tri, de réparation et de mise en vente d’objets de « seconde main », Emmaüs a parfois été décrit comme une organisation qui, depuis soixante-dix ans, fait de l’écologie sans le savoir. Pouvait-on mettre des mots sur ces pratiques et dessiner les contours d’une écologie réellement solidaire ? La Fondation Jean-Jaurès et La Fabrique écologique se sont associées à cette démarche, conscientes de l’opportunité rare qu’elle représentait : observer comment les enjeux écologiques sont perçus, débattus et pratiqués par des publics variés, incluant des personnes en situation de grande précarité.
Article écrit par Lucile Schmid, Bruno Morel et Benoît Calatayud
Synthèse
Acteur social majeur, fort d’une implantation territoriale unique et d’un réseau de plus de 38 000 personnes en France, fondé dès l’origine sur des activités de récupération, de tri, de réparation et de mise en vente d’objets de « seconde main », Emmaüs est une organisation qui, depuis soixante-dix ans, fait de l’écologie sans le savoir.
Le mouvement a initié, en 2024 et 2025, un cycle de conventions citoyennes dédiées à l’écologie. LaFondation Jean-JaurèsetLa Fabrique écologique se sont associées à cette démarche, conscientes de l’opportunité rare qu’elle représentait : observer comment les enjeux écologiques sont perçus, débattus et pratiqués par des publics variés, incluant des personnes en situation de grande précarité, et en tirer des enseignements pour mieux traiter des enjeux écologiques à l’échelle de la société dans son ensemble. Ces conventions, tenues aux Ateliers du Bocage dans les Deux-Sèvres, à Saint Didier-au-Mont-d’or près de Lyon et à Paris, ont fonctionné comme de véritables laboratoires démocratiques. Elles ont révélé une « écologie au plus proche de la réalité », ancrée dans le quotidien, les contraintes matérielles et les aspirations à la dignité.
L’émergence d’une écologie « qui ne dit pas son nom » : la pratique avant le verbe
Il existe une écologie active, qui ne se nomme pas comme telle. Elle est pragmatique, issue du cœur de métier d’Emmaüs : la lutte contre le gaspillage, pour le réemploi, la réparation et la valorisation de ce que la société de consommation rejette. S’y ajoute la montée en puissance de l’agroécologie à travers un réseau de fermes solidaires et d’insertion, la pratique du maraîchage et d’autres activités, comme le développement de semences paysannes, ou la création de matériaux de construction écologiques comme les briques naturelles et réutilisables.
Cette approche déculpabilise l’écologie. Elle n’est jamais « punitive », mais associée à une énergie positive et à des valeurs fondamentales partagées avec le projet d’Emmaüs : la solidarité, le partage, la dignité, l’aide, le beau et l’espoir.
Une écologie solidaire fondée non sur la morale, mais sur les réalités vécues et les capacités d’adaptation
Pas d’écologie sans solidarités préalables. Il ne s’agit plus d’ajouter des compensations sociales à des dispositifs écologiques, mais de mettre en œuvre des processus qui incluent d’emblée le social et l’écologique.
À la communauté d’Emmaüs Pamiers dans l’Ariège, une convention annuelle permet de fournir 5 tonnes de légumes bio aux Restos du cœur à un tarif solidaire. Lorsque le maraîchage bio alimente des dispositifs solidaires, les conséquences sont positives en termes sociaux (accès à une alimentation de qualité, meilleure santé) et écologiques (préservation de la biodiversité, réduction de l’empreinte carbone).
De la pratique au projet : la nécessité d’un cadre
*Le cadre matériel et immobilier : « C’est quoi un écogeste dans une passoire thermique ? » De nombreuses communautés vivent dans un « monde très minéral », où l’introduction d’un potager est un défi, sans même parler de relation à la nature.
*Le cadre économique et financier : Les initiatives de mobilité solidaire sont structurellement déficitaires. Le pôle mobilités d’Emmaüs Ruffec, par exemple, est déficitaire à 80 % et n’est à l’équilibre que grâce à un soutien public, soumis aux aléas politiques. Le manque de soutien des collectivités locales est un frein majeur au développement des projets.
* Le cadre organisationnel et humain : Pour que les écogestes (tri, économies d’eau, etc.) soient efficaces, ils doivent s’inscrire dans un processus collectif et non une logique de culpabilisation individuelle. Les conventions ont fait émerger l’idée d’une « responsabilité croisée » entre l’organisation et les individus.
*Les partenariats : Mieux travailler et s’associer avec des acteurs locaux engagés sur les enjeux écologiques (agriculture bio, construction et architecture durable, associations de vélo).
Construire des récits
Construire un « récit écologique et solidaire » constitue un enjeu stratégique. Mais agir n’est pas nommer. Trier, réemployer et recycler n’était pas qualifié de démarche écologique lorsque Emmaüs a été créé au milieu du XXe siècle. L’urgence n’est-elle pas l’accueil, de donner un toit, à manger, l’accès au médecin, aux cours de langues, à un emploi, à des papiers ? L’écologie est entrée dans le quotidien, mais elle reste encore aujourd’hui moins prioritaire que les enjeux de solidarité. Il s’agit de construire un récit solidaire et écologique. Pas d’écologie sans justice sociale.
La dynamique en cours se nourrit des adhésions au mouvement de nouvelles structures qui portent notamment des activités agricoles. Elle est aussi alimentée par une prise de conscience plus générale autour de la nécessité de changer les fonctionnements de l’économie circulaire face aux urgences climatiques. Comment les vélos cargos peuvent-ils remplacer les camions diesel ? Que faire face aux débordements de la fast fashion ?
Une écologie vue comme un contre-pouvoir
C’est vers une écologie alternative que se situent les aspirations. Cela correspond à la culture historique de l’organisation, à ses engagements sociaux et migratoires, mais aussi à une tendance plus générale des associations engagées sur l’écologie. C’est une alerte sur la perte de légitimité accélérée des institutions en matière d’ambition écologique.
Ces observations relativisent le discours sur le « backlash écologique», cette idée selon laquelle les classes populaires seraient par nature hostiles à la transition.
Lorsque les actions écologiques sont porteuses de sens, apportent un bénéfice tangible (économies, qualité de vie, lien social…) et sont menées dans le respect, et non dans la culpabilisation, l’adhésion est forte. L’enjeu n’est pas de convaincre de la nécessité de l’écologie, mais de créer les conditions de sa mise en pratique.
Cette écologie du quotidien, telle qu’elle se vit au sein du mouvement, préfigure un modèle de société autrement plus sobre, nécessaire pour répondre aux urgences climatiques et de biodiversité là où les politiques menées par les pouvoirs publics manquent cruellement d’ambition et de dispositifs opérationnels.
Comme l’affirme Cédric Herrou, co-responsable d’Emmaüs Roya : « L’écologie ne s’achète pas, elle se vit. » En cela, l’écologie du quotidien qu’on observe chez Emmaüs préfigure un nouveau modèle de société, sobre et solidaire, sobre car solidaire.
Pistes d’action
Mettre en place des « tournées de la sobriété solidaire » (TSS), en organisant chaque année, sur le modèle des Journées du patrimoine, une visite des communautés Emmaüs pour une découverte concrète des dérives de la société de consommation.
Questionner systématiquement les affirmations de « backlash écologique », en documentant les possibilités concrètes offertes aux citoyens (mobilité, alimentation, logement) qui souhaitent modifier leurs comportements, particulièrement en ce qui concerne les personnes les plus vulnérables.
Généraliser la délibération citoyenne comme outil de pilotage de la transition.
Soutenir les laboratoires d’une écologie du quotidien, en mettant là encore l’accent sur des sujets concrets (mobilité, alimentation, santé, logement, emploi…).
Articuler systématiquement investissements sociaux et écologiques, et pour cela penser en amont un rapprochement des politiques publiques sociales et écologiques, à l’ensemble des échelles, du local à l’Europe.
Étude« L’écologie du quotidien – Ou comment les personnes vulnérables sont écolos sans le dire »
Comment concilier transition écologique et justice sociale ?
Le webinaire « Précarité & transitions » de La Fabrique écologique (Le 7 mai 2026 de 9h à 10h) s’inscrit dans un cycle de webinaires organisé par le Collectif Transitions, Financements et Territoires, qui vise à mieux prendre en compte les défis écologiques, sociaux, démocratiques et économiques dans les politiques publiques, à l’échelle des territoires.
Un cycle de « conventions citoyennes » a été organisé au sein du Mouvement Emmaüsen 2024-2025 afin d’observer comment les enjeux écologiques sont perçus, débattus et pratiqués par des personnes vulnérables, en situation d’insertion ou de précarité.
À partir de cette expérience, La Fabrique Écologique, Emmaüs France et la Fondation Jean-Jaurès ont rédigé la note commune ci-dessus : « L’écologie du quotidien, ou comment les personnes vulnérables sont écolos sans le dire »
Le 7 Mai 2026, les intervenants du webinaire « Précarité & transitions », directement impliqués dans ce travail, présenteront cette expérience ainsi que les enseignements qui en découlent. Ouvert par Michael Restier, Directeur de l’ANPP – Territoires de projet et animé par Mathilde Boitias, Directrice de La Fabrique Écologique, ce webinaire accueillera :
Lucile Schmid, présidente de La Fabrique Écologique, administratrice de l’État missionnée chez Emmaüs France sur la transition écologique et solidaire et co-autrice de l’étude ;
Yann Fradin, membre trésorier adjoint du bureau d’Emmaüs France, directeur de projets à l’Association Espaces et gérant de NaturEspaces, qui a également contribué à ces conventions citoyennes.
R3 et Bpifrance dévoilent dans cette étude l’état des lieux de l’affichage environnemental textile en France et en Europe. A la mesure des freins et leviers de déploiement que leurs travaux permettent de faire émerger, ils formulent 7 recommandations pour faire de cet outil, une véritable boussole, tant pour les consommateurs que pour les entreprises.
L’affichage environnemental dans le secteur textile : une boussole vers la transformation de la filière
Le secteur de la mode est à la croisée des chemins, entre un modèle mondialisé de fast fashion et une filière française et européenne qui s’efforce de répondre aux exigences environnementales et sociales, dans un contexte de concurrence dérégulée.
En Europe, la consommation textile représente la 4e source de pression environnementale et climatique. L’industrie de la mode est, par exemple, responsable de 8 à 10 % des émissions de dioxyde de carbone mondiales et le lavage des textiles synthétiques représenterait entre 16 % et 35 % des microplastiques présents dans les océans.
Mutation du secteur dans le monde
l’affichage environnemental pour accompagner la transformation durable de la filière
Dans ce contexte, l’étude explore le rôle de l’affichage environnemental pour accompagner la transformation durable de la filière et identifier les freins à lever, en particulier pour les TPE-PME, afin de les aider à s’approprier cet outil comme un levier de transformation.
Philippe Kunter, Directeur du Développement Durable et de la RSE de Bpifrance : « L’affichage environnemental structure la donnée, aide à comprendre où se situent les impacts majeurs, favorise l’écoconception, renforce la relation avec les fournisseurs et ouvre la voie à une différenciation par la qualité, la durabilité et la transparence. Il contribue aussi à renforcer la confiance entre les acteurs, des fabricants aux consommateurs, via une information plus claire, plus vérifiable et plus équilibrée dans un secteur souvent marqué par des asymétries d’information et des fragilités sociales. »
Nicolas Bernard, directeur pôle PME/ETI de R3, co-rédacteur de l’étude: « L’affichage environnemental doit apparaître comme un levier structurant, capable de renforcer la transparence, d’introduire une logique de bonus/malus plus équitable, et surtout d’inciter le consommateur à se tourner vers des produits mieux conçus, plus durables, plus responsables. Sa vertu première est d’exister, de créer un langage commun et de rendre comparables des réalités qui ne l’étaient pas. Nous devons réussir à rééquilibrer le marché, soutenir l’innovation responsable et redonner de la valeur aux produits qui le méritent. »
Deux méthodologies coexistent : la méthode française, issue d’une démarche volontaire d’évaluation des impacts, et celle de l’Union européenne, structurée autour de l’éco-conception, de la transparence des produits et de leurs impacts.
Un socle commun d’évaluation basé sur l’analyse de cycle de vie : l’initiative Product Environmental Footprint de la Commission européenne
La méthode PEF approfondie : les PEFCR (Product Environmental Footprint Category Rules)
La méthode française, pionnière en Europe, portée par l’Ademe : Ecobalyse
Des travaux sont en cours entre le Ministère de la Transition Écologique, l’ADEME et plusieurs instances européennes pour faire converger ces méthodes et atteindre un objectif commun : fournir un outil fiable, reproductible et scientifiquement robuste pour des résultats cohérents sur l’impact.
La méthode basée sur l’analyse de cycle de vie (ACV) présente plusieurs atouts majeurs : – une approche métrique et scientifique : l’ACV permet de quantifier les impacts environnementaux et de comparer différents produits sur des bases objectives et vérifiables, – une approche globale « du berceau à la tombe » (from cradle-to-grave) : elle prend en compte l’intégralité du cycle de vie d’un produit, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie (recyclage par exemple), en passant par la confection, le transport, et l’utilisation (notamment les lavages et la durabilité), – une approche multicritère : elle vise à être la plus exhaustive possible en regroupant 16 indicateurs d’impact environnemental
CAS PRATIQUE | Comparaison d’un T-shirt fast fashion et d’un T-shirt Traditionnel avec la méthode française Ecobalyse
De l’expérimentation à l’avantage stratégique, les entreprises pionnières ouvrent la voie
Constat des premières mises en œuvre de l’affichage environnemental
La marque française Sessùn a engagé une démarche progressive de transparence. Elle affiche le Fashion Score de Clear Fashion en boutique, puis l’étend à son site internet. Cette initiative rend visibles des informations clés sur ses produits et valorise les efforts engagés : choix de matières certifiées, relations durables avec ses partenaires, traçabilité, bien-être animal, ainsi que les dimensions sociales et sanitaires.
L’exemple de Sessùn illustre les étapes de mise en œuvre : la marque a d’abord testé l’affichage en boutique avant de le déployer sur son site web.
L’enseigne Décathlon a également participé aux expérimentations, identifiant plusieurs enjeux organisationnels : coût de construction des outils, structuration des données, formation des équipes et communication clients.
Le constat qui est fait est que répondre à ces enjeux est essentiel pour garantir que l’affichage environnemental devienne un outil opérationnel et crédible pour le consommateur.
L’Atelier Tuffery est confronté à la pression des prix tirés vers le bas par l’ultra fast fashion, et la difficulté à sécuriser une trésorerie suffisante pour résister aux fluctuations du marché. Pour pallier le désavantage compétitif, l’entreprise parie sur le « made in France » et l’écologie en mettant en avant plusieurs leviers d’adaptation dont l’appropriation progressive d’outils de transparence, devenus indispensables pour répondre aux attentes clients et aux obligations réglementaires et valoriser ses pratiques vertueuses.
Les outils de traçabilité et d’affichage environnemental peuvent devenir un levier stratégique, non seulement pour améliorer l’impact environnemental des produits, mais aussi pour renforcer la compétitivité des petites structures, souvent menacées par les dynamiques du marché.
Conclusion et recommandations : enjeux et perspectives pour le secteur de la mode
L’étude met en lumière des freins de différentes natures auxquels sont confrontées les TPE-PME …
D’abord, des freins liés aux coûts d’implémentation (outils, formation et adaptation des process) qui restent élevés, en particulier pour les entreprises aux marges limitées. Ensuite, la question de prise en main de l’outil demeure parfois complexe. Les chaînes d’approvisionnement opaques et fragmentées rendent la collecte de données fiables difficile. Cette difficulté est accentuée par la divergence entre la méthode française et le référentiel européen PEF, qui limite la comparabilité à l’échelle européenne. Aussi, certains indicateurs sont jugés trop subjectifs, comme la « durabilité émotionnelle ». Enfin, la question des priorités pèse également, la RSE étant encore parfois perçue comme une contrainte au sein des entreprises.
… mais l’affichage environnemental présente des opportunités stratégiques.
L’affichage environnemental encourage l’écoconception et une meilleure compréhension du cycle de vie des produits. Il agit comme un référentiel commun permettant d’identifier des leviers d’amélioration continue. Par ailleurs, l’émergence d’un nouvel écosystème de prestataires spécialisés, notamment en traçabilité et en calcul d’empreinte carbone, limite le besoin d’expertise interne et rend le dispositif plus accessible. Les entreprises qui adoptent tôt ce dispositif peuvent ainsi se différencier et renforcer leur notoriété auprès de consommateurs sensibles aux enjeux environnementaux.
7 recommandations opérationnelles pour réussir la mise en œuvre et le déploiement de l’affichage environnemental
Impliquer davantage l’État pour encadrer le déploiement. Assurer une stabilité méthodologique avant la généralisation du dispositif, en développant la collecte automatisée des données, en facilitant l’accès à des bases de données open source pour les entreprises et en harmonisant les méthodes au niveau français et européen.
Adopter une approche pluraliste en faisant coexister plusieurs instruments de mesure afin de débattre des critères qui comptent vraiment. Penser l’affichage environnemental comme un levier complémentaire à d’autres outils pour accompagner la transition du secteur et lutter contre la fast fashion.
Privilégier un indicateur commun en faisant converger la méthode française et la future méthode européenne pour renforcer la comparabilité, la crédibilité et la cohérence du marché intérieur.
Assurer la fiabilité de la méthode en mettant en place une gouvernance scientifique indépendante, appuyée sur des données publiques mutualisées.
Renforcer la pédagogie pour faire de l’affichage un outil de confiance, en rendant l’information plus lisible et compréhensible pour le public.
Vulgariser les impacts environnementaux pour favoriser l’adhésion du public et déployer une communication positive qui valorise les marques vertueuses, encourage la seconde main et mobilise les influenceurs et médias spécialisés pour ancrer durablement ces nouveaux comportements d’achat.
Intégrer l’affichage environnemental dans une approche plus globale en prenant en compte les dimensions sociales, sanitaires, culturelles et réglementaires.
AFFICHAGE ENVIRONNEMENTAL : un levier pour transformer durablement la filière textile ?
Nicolas Bernard, directeur pôle PME/ETI de R3, co rédacteur de l’étude: « À plus long terme, l’objectif est de rendre l’affichage environnemental obligatoire, tout en l’enrichissant progressivement de nouveaux indicateurs sociaux, sanitaires et d’économie circulaire. L’une des limites du dispositif actuel est en effet son angle exclusivement environnemental, qui laisse de côté les enjeux humains de la chaîne textile : conditions de travail, équité salariale, sécurité sanitaire. Ces dimensions constituent pourtant des impacts majeurs du secteur et ne peuvent être absents d’une évaluation complète. La durabilité textile ne peut être réduite à la seule empreinte carbone ou matérielle. Une approche plus globale permettrait de rendre visibles des dimensions aujourd’hui absentes de l’affichage réglementaire. »
Textile et Cuir 2050 : Quelle place dans la décarbonation de l’économie ?
Un rapport intermédiaire du ShiftProject consacré à l’analyse de l’empreinte carbone et énergétique de ces filières et à l’identification de leurs leviers de transformation.
Nous vivons une époque de découragements. Promesses non tenues, crises qui s’additionnent, politique du court terme basée sur le choix des personnalités du moment qui semblent courir pour se faire réélire sans vraiment faire des choix au niveau nécessaire. Les difficultés ne viennent pas seulement de mauvaises décisions, ou de corruptions, mais d’un modèle de société arrivé à ses limites. Il est temps de changer de cap.
Faire société égale, des outils pour agir
L’humanité face à plusieurs crises liées
L’humanité fait face en même temps :
à une montée des inégalités et de l’insécurité sociale,
à une crise de la démocratie et de la confiance,
à une perte de sens dans le travail, l’éducation et la vie collective.
au dérèglement climatique et à l’effondrement du vivant,
Ces crises sont liées, elles ont une cause commune : un système qui met lacroissance, la compétition et le court terme avant le vivant, la coopération etle bien commun.
Un système qui met lacroissance, la compétition et le court terme avant le vivant, la coopération etle bien commun
Sortir :
Du fatalisme (« il n’y a pas d’alternative »),
De la peur utilisée contre l’intérêt général,
Des solutions autoritaires,
Des promesses technologiques qui évitent les vraies questions,
De l’écologie punitive.
Un autre chemin est possible.
Ni retour en arrière, ni fuite en avant.
Refaire société
Comment inventer des liens dans une France fracturée ?
Une démocratie qui permette à la population de décider, contrôler et révoquer
Voter est insuffisant
Besoin d’une démocratie où la population :
Décide des choix importants,
Participe aux débats de fond,
Évalue et contrôle les choix politiques.
Conventions citoyennes, tirage au sort, débats locaux : la démocratie doit êtrerefondée
Refonder la démocratie pour Refaire Société
La crise financière, la montée de la précarité et de la pauvreté, l’accroissement des inégalités mettent en péril la cohésion de notre société. Le délitement du lien social est aussi aggravé par le repli sur soi et la profonde méfiance des citoyens à l’égard des institutions. Il ne s’agit pas seulement de faire le constat de cette crise, mais de comprendre comment on peut faire – ou refaire – société. De nombreuses pistes s’offrent à nous : accroître la protection et l’autonomie de l’individu, faire de l’entreprise un projet de création collectif, renforcer l’égalité des positions sociales, enrichir la vie démocratique. Ce livre rassemble les analyses et les propositions d’un « intellectuel collectif » pour sortir de la crise multiforme que nous traversons.
La justice sociale comme base
On ne peut pas demander des efforts à ceux qui n’ont déjà plus le nécessaire. Logement, énergie, santé, alimentation, éducation : ces besoins fondamentaux doivent être garantis.
Le partage des connaissances et des responsabilités
Former des citoyens libres, critiques et solidaires est une priorité absolue. Chacun doit se sentir responsable à tous les échelons. Éducation à la coopération, à l’écologie personnelle et globale, à la complexité, à l’esprit critique : c’est le cœur de l’avenir démocratique.
Le vivant d’abord
La santé, l’alimentation, l’eau, l’air, les sols, la biodiversité ne sont pas des variables d’ajustement. Toute décision publique doit préserver les conditions de la vie.
Toute décision publique doit préserver les conditions de la vie
Besoin d’une politique :
honnête sur les limites,
courageuse sur les choix,
respectueuse dans le débat,
ouverte à l’expérimentation.
Faire des désaccords le lit des réponses adaptées à la vision globale partagée et Refuser la haine et les boucs émissaires.
Il est proposé de
Garantir les besoins essentiels des individus
Donner le pouvoir de décider aux citoyens
Transformer l’économie pour qu’elle respecte les limites planétaires
Refonder l’éducation
Protéger le vivant
Cette volonté s’adresse à toutes celles et ceux qui
refusent la résignation,
veulent une société plus juste,
souhaitent œuvrer à un avenir vivable aux prochaines générations
Il est temps de reprendre collectivement la responsabilité de notre avenir
Construisons ensemble des territoires syriens, une société viable, juste et consciente.
Pour approfondir : Comment (mieux) faire société ?
Thierry Gaudin, Président de prospective 2100, polytechnicien et expert en prospective, affirme dans « L’écoute des silences – Les institutions contre l’innovation« que l’innovation naît avant tout de l’espoir d’être entendu. Concept central du livre, l’écoute replace l’innovation comme le résultat d’une réceptivité sociale et institutionnelle. Synthèse de lecture par Antoine Valabregue pour la PHVA – l’essentiel Cdurable !
Thierry Gaudin, polytechnicien et expert en prospective, propose une approche inversée de l’innovation. Contrairement à la vision classique qui se focalise sur le « génie » de l’inventeur ou la performance technique, il affirme que l’innovation naît avant tout de l’espoir d’être entendu.
Le concept central du livre est l’écoute. L’innovation n’est pas une simple production d’objets ou d’idées, mais le résultat d’une réceptivité sociale et institutionnelle. Thierry Gaudin observe que ce ne sont pas les obstacles techniques qui bloquent les projets humains, mais le comportement des institutions (entreprises, administrations), qu’il décrit comme des êtres vivants doués de leur propre vision du monde, échappant souvent à la volonté des individus qui les composent.
Le mythe de l’invention et la réalité de la percolation
L’auteur déconstruit l’idée que l’idée seule suffit. À travers des exemples historiques (le stylo à bille, le Xerox, le magnétophone), il démontre plusieurs traits récurrents.
Les personnes déplacées : Les innovateurs sont souvent des marginaux ou des émigrés, « déplacés » dans leur profession ou leur culture.
La fragilité de l’idée : De nombreuses inventions (comme le principe du stylo à bille ou de l’enregistrement magnétique) ont existé des décennies avant leur succès commercial, faute d’une « écoute » adéquate à l’époque.
La lenteur de la percolation : La diffusion d’une technique dans le corps social est un processus lent qui dépend des motivations et des anticipations de l’industrie.
L’oubli technique : Notre société souffre de troubles de la mémoire technique, oubliant parfois des brevets tombés dans le domaine public pour les « redécouvrir » bien plus tard.
Thierry Gaudin souligne que le « stress » (guerre, concurrence) produit souvent la performance technique, mais que la véritable innovation est celle qui réussit à transformer les mœurs en s’insérant dans les interstices de l’écoute sociale.
L’analyse institutionnelle : psychanalyser les structures
Le cœur de l’ouvrage réside dans l’application de concepts psychanalytiques aux institutions.
Thierry Gaudin soutient que les institutions peuvent contracter des névroses, des paranoïas ou des comportements cléricaux.
1. Le Discours et le Silence
Chaque institution produit un discours destiné à maintenir son unité et sa survie. Cependant, ses silences sont plus révélateurs. L’institution a tendance à ne voir que ce qu’elle croit déjà ; elle saisit l’événement pour réaffirmer son propre discours plutôt que pour s’adapter. Si un fait contredit le dogme institutionnel, il est souvent occulté ou nié.
L’institution a tendance à ne voir que ce qu’elle croit déjà
2. Le Faire-semblant et le Contrepoint
L’auteur identifie le phénomène du discours de contrepoint : une institution peut produire un discours symbolique (ex: sur l’écologie ou la qualité de la vie) pour compenser ou dissimuler une pratique réelle inverse (ex: pollution ou conditions de travail bruyantes). C’est une forme de « délire » institutionnel qui permet d’équilibrer symboliquement une réalité inavouable.
3. La Domestication Pastorale
Thierry Gaudin critique le « comportement pastoral » (sous le nom de gestion) qui vise à domestiquer l’homme dans l’industrie. Les innovations techniques se divisent alors en deux :
Celles qui servent cette domestication (architectures de pouvoir, surveillance).
Celles qui permettent de la déjouer : les technologies douces et conviviales.
Le mouvement des sciences et des techniques
Thierry Gaudin analyse la recherche scientifique comme étant de plus en plus soumise à un comportement « clérical ».
Le chercheur inhibé : Beaucoup de chercheurs se replient sur des micro-communautés mondiales, évitant une audience plus large par crainte qu’un réexamen de leur rôle ne transforme trop radicalement leur pratique ou la société.
L’évacuation de la pensée stratégique : Dans les grandes entreprises, la recherche est souvent sacrifiée au profit de la rentabilité immédiate et de la réduction de la diversité des produits. Le discours du siège social sur la « science » sert souvent de simple paravent.
L’inversion de la cause : Thierry Gaudin affirme que c’est l’attente d’une application (l’écoute) qui déclenche souvent l’idée technique, et non l’inverse.
Technologies dures VS Technologies douces
L’auteur oppose les technologies « dures », centralisatrices et voraces (liées à la croissance urbaine et à la concentration du pouvoir), aux technologies « douces ».
Le durcissement technologique s’accompagne d’une surveillance accrue et d’une perte de qualification du travailleur, dont les tâches deviennent si simplifiées qu’elles pourraient être accomplies par des automates ou des animaux. À l’opposé, les technologies douces (énergies renouvelables, outils conviviaux) favorisent l’autonomie et la périphérie contre le centre.
Conclusion philosophique : la créativité est fille de la réceptivité
En conclusion, Thierry Gaudin propose un renversement radical : l’intelligence et l’innovation ne sont pas des propriétés individuelles, mais des points d’émergence d’une réceptivité collective.
La pensée est un « grain » : Si la terre (l’écoute sociale) est fertile, les idées germent d’elles-mêmes.
L’imposture créatrice : L’inventeur est traversé par un destin qui le dépasse ; il joue son rôle plus qu’il ne s’exprime lui-même.
L’enjeu du contrôle social : La technique ne pourra jamais être totalement dominée, car elle utilise le corps social pour se perpétuer. Le véritable enjeu est de réapproprier la technique, notamment à travers les loisirs et l’imaginaire, pour construire un sens qui échappe à la machine institutionnelle.
Le livre est un appel à « l’écoute des silences » : percevoir ce qui n’est pas dit dans les institutions pour libérer le potentiel d’innovation véritablement humain
Un appel à l’écoute des silences des institutions pour libérer le potentiel d’innovation humain
Visions 2100 : Anticiper collectivement le 21ème siècle
Entreprendre à quel prix ? Diriger, décider, développer, tenir dans la durée : à force d’avancer, certains entrepreneurs finissent par payer leur réussite d’un prix plus discret que la simple fatigue. Après 14 ans auprès de 400 entrepreneurs et dirigeants, Ombeline Becker, fondatrice de NOŪS, met en lumière ce coût invisible du succès : la fracture entre ce que l’on construit et ce que l’on est réellement. Auteure chez hachette de « Leadership Spirituel« , elle a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.
Réussir sans se trahir, c’est cela le Leadership Spirituel
Un parcours au croisement du business et de la transformation intérieure
Diplômée en affaires et finances internationales et d’un mastère entrepreneuriat à Toulouse Business School en 2004, Ombeline Becker démarre sa carrière dans de grandes entreprises françaises comme cadre marketing et commerciale Europe. Sept ans plus tard, une crise de sens agit comme un point de bascule. Un bilan de compétences révèle ce qui était déjà là : une capacité profonde à accompagner, à écouter, à transformer. En 2012, elle lance son activité de coaching — sans anticiper que l’entrepreneuriat lui-même deviendrait un chemin initiatique. Dix ans plus tard, elle fonde NOŪS pour affirmer un choix : ne plus dissocier l’humain, le spirituel et le vivant du business, de la croissance et de l’argent. En 2023, elle crée le podcast Vérité — espace rare dans le paysage francophone où des dirigeants engagés témoignent de leur transformation intérieure sans posture ni performance. En 2024, chez Hachette elle publie Leadership Spirituel — un guide pratique et initiatique pour réconcilier l’entrepreneuriat et l’intégrité.
Un second livre est en préparation, consacré au prix du succès — et aux raisons profondes pour lesquelles tant de femmes restent absentes des comités de direction, alors même que leur légitimité n’est plus à démontrer. Elle est basée entre Le Castellet (Var) et le bassin d’Arcachon (Gironde), anime des séminaires et reçoit en coaching premium des entrepreneurs et dirigeants qui cherchent la pièce manquante de leur puzzle. Elle est membre du Réseau Entreprendre Var, en tant qu’experte en leadership auprès des lauréats.
Une fracture silencieuse au cœur du monde entrepreneurial
Le livre qui réconcilie entrepreneuriat et spiritualité
Fatigue décisionnelle, perte d’élan, sentiment diffus d’incohérence malgré des résultats tangibles. Ces signaux, longtemps tus, traversent aujourd’hui une part croissante du monde entrepreneurial. Selon une étude CPME, 23 % des dirigeants présentent un risque de burnout — un chiffre en hausse constante depuis la crise du Covid. Et pourtant, les solutions proposées restent les mêmes : mieux s’organiser, mieux déléguer, mieux « équilibrer ».
Ombeline Becker part d’un autre postulat : le burn-out du dirigeant n’est pas un problème d’agenda. C’est le signal d’une faille d’intégrité laissée trop longtemps sans réponse.
Après 14 ans de terrain auprès de 400 entrepreneurs et de dirigeants, elle nomme ce que beaucoup ressentent sans pouvoir le formuler : le vrai frein à l’expansion n’est ni le marketing, ni le réseau, ni le mindset — c’est la fracture entre qui vous êtes et ce que vous construisez.
"Il ne s’agit pas d’un manque de compétences, ni d’un défaut d’ambition. C’est une dissociation progressive entre ce que l’on construit à l’extérieur et ce que l’on est réellement. Une réussite obtenue parfois au prix d’un renoncement plus ou moins conscient à soi-même." — Ombeline Becker
Quel est le prix psychique de la performance ? Quelles sont les raisons profondes pour lesquelles tant de femmes restent encore à distance des plus hauts niveaux de pouvoir.
Des concepts redéfinis : spiritualité, leadership spirituel, expansion
Cette fracture, entre qui vous êtes et ce que vous construisez, ne distingue pas les secteurs — elle traverse tous les milieux où la performance est devenue une fin en soi, au détriment de ce qui fait tenir une entreprise dans la durée : la cohérence entre qui on est et ce qu’on construit. Et elle concerne particulièrement les femmes : aujourd’hui encore, elles ne représentent que 25 % des dirigeants d’entreprises et à peine un tiers des créateurs d’entreprise, malgré une forte dynamique entrepreneuriale (source).
Cette réalité révèle moins un manque de compétences qu’un système et des croyances qui limitent l’accès à la croissance et aux niveaux de revenus élevés. Au fond, elles croient qu’accéder au prochain niveau implique de renoncer à ce qui les définit.
Podcast Vérité
À la croisée du business, de l’âme et du vivant. Pour les entrepreneurs.es et dirigeants.es qui n’ont plus le luxe de se trahir pour réussir.
Plus de 80 épisodes publiés, 15000 écoutes.
Questions Cdurable à Ombeline Becker
Questions Cdurable ! ou c’est pas durable ?
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
1 — Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
Le vivant est présent partout — dans ma vie, dans mon travail, dans ma façon de comprendre l’entrepreneuriat.
Je vois les entreprises comme des organismes vivants, quelle que soit leur taille. Même avant qu’elles n’existent administrativement : il y a déjà une énergie, une intention, quelque chose qui cherche à prendre forme. Le vivant ne sépare rien. Il prend tout. Il a soif d’évolution, de résilience, d’adaptation, de circularité, de régénération.
La notion d’écosystème est au cœur de mon approche. Une entreprise ne vit pas seule — elle s’inscrit dans un réseau de relations, d’influences, d’interdépendances. Exactement comme dans la nature : rien n’existe en isolation. L’entrepreneur qui comprend cela cesse de vouloir tout contrôler — et commence à cultiver les conditions favorables à sa propre expansion, comme on prend soin d’un sol avant d’y planter quelque chose.
C’est de là que vient ce que j’appelle l’expansion — non pas une croissance forcée, mais un élan naturel, comme celui d’une plante qui cherche la lumière. On ne force pas un séquoia à pousser. On crée les conditions pour qu’il devienne ce qu’il est déjà en puissance.
Ma relation au vivant, c’est aussi une façon d’habiter le monde : entre Le Castellet, dans le Var, et le bassin d’Arcachon en Gironde, je vis dans deux espaces où la nature impose son rythme. Ce n’est pas un décor — c’est une école permanente de discernement et d’humilité.
La nature, une école permanente de discernement et d’humilité
2 — Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Je suis à l’écoute de mon corps et de ses besoins.
Pas de case, pas de régime, pas d’idéologie alimentaire — juste une attention à ce que je ressens et à ce que mon corps me dit. Ce qui est difficile aujourd’hui, c’est de ne plus pouvoir se fier à grand-chose. Même l’eau que l’on boit n’est plus fiable — et c’est notre ressource la plus fondamentale. J’ai la chance de vivre dans des environnements relativement préservés, entre le Var et le bassin d’Arcachon. Mais même là, se nourrir avec qualité et fiabilité reste un défi réel.
Ce que cette époque m’a appris sur l’alimentation, c’est la même chose qu’elle m’a appris sur l’entrepreneuriat : le discernement ne s’externalise pas. On ne peut plus déléguer à une étiquette, une certification ou une tendance le soin de savoir ce qui nous convient. Il faut réapprendre à sentir, à tester, à ajuster — à faire confiance à son propre ressenti plutôt qu’à une norme extérieure.
3 — Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?
Au calme, avec de l’espace, de la nature et de l’eau à proximité.
Loin des antennes 5G et de la pollution électromagnétique — une vigilance que je prends au sérieux et qui oriente mes choix de vie. Mais je ne pourrais pas vivre isolée. J’ai besoin de vivant dans mes relations autant que dans mon environnement. Ce qui me nourrit profondément, ce sont les conversations vraies — avec des leaders d’influence, des entrepreneurs, des bâtisseurs d’impact. Des gens qui pensent, qui construisent, qui s’engagent. Couper ça serait couper une partie essentielle de mon énergie.
Mon habitat idéal, c’est cette réconciliation : le calme et la nature comme socle de régénération, une communauté humaine exigeante et créative comme carburant d’expansion. Le bassin d’Arcachon et Bordeaux incarnent aujourd’hui cette qualité d’espace — nature, eau, énergie créative et écosystème entrepreneurial vivant. C’est vers cet ancrage que je cherche à construire la prochaine étape de ma vie.
Le calme et la nature comme socle de régénération, une communauté humaine exigeante et créative comme carburant d’expansion
4 — Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
La danse fait partie de mon ADN.
J’ai commencé la danse classique à 4 ans, à 6 ans j’étais déjà sur mes pointes — un monde où l’excellence, le mouvement et l’élégance ne sont pas des options mais des exigences. Cette discipline m’a formée bien au-delà du corps : elle m’a appris ce que signifie incarner quelque chose, tenir une posture, travailler dans la durée.
Aujourd’hui, j’anime mes semaines entre circuit training en petit groupe, yoga et danse classique. Trois pratiques qui se complètent : la puissance, la souplesse, la grâce.
Et la marche — essentielle. Pas comme performance sportive, mais comme outil de reconnexion. Quand l’agitation mentale prend trop de place, marcher remet le corps en premier. Ça rebranche au vivant, au rythme naturel, à ce qui est simple et réel.
Mon rapport au corps est le même que mon rapport à l’entrepreneuriat : ni forcer, ni stagner. Trouver le mouvement juste.
Marcherrebranche au vivant, au rythme naturel, à ce qui est simple et réel
Mon parcours intellectuel suit une trajectoireinitiatique : Les fondations sont rationnellesPuis est venue L’intelligence émotionnelle, spirituelleEt enfin, le quantique, les lois du vivant, l’invisible
Mon parcours intellectuel suit une trajectoire que je reconnais aujourd’hui comme initiatique : du plus dense au plus subtil, sans jamais abandonner ce qui précédait.
Les fondations sont rationnelles : la stratégie d’entreprise, le marketing, la finance, la négociation — tout ce que mes études et sept ans en corporate m’ont transmis. Ces savoirs m’ont donné une rigueur, une capacité à lire un système, à identifier les leviers. Ils restent présents dans chaque accompagnement.
Puis est venue la psychologie humaine — comprendre ce qui se joue sous la surface des comportements, des décisions, des résistances. L’intelligence émotionnelle comme premier niveau de lecture de l’invisible.
Puis l’intelligence spirituelle — la capacité à percevoir ce qui ne se mesure pas mais qui oriente tout : l’intention, le sens, la vision, l’alignement.
Et enfin, le quantique, les lois du vivant, l’invisible — cette compréhension que tout est relié, que nos croyances les plus profondes façonnent notre réalité, que ce qui se joue à l’intérieur se manifeste à l’extérieur. Pas comme une croyance — comme une observation répétée, confirmée par 14 ans de terrain.
Ces couches ne se remplacent pas. Elles se superposent. C’est leur intégration qui constitue ce que j’appelle une approche intégrale.
6 — Quel est le sens que je donne à mon travail ?
C’est cette question qui m’a fait quitter le corporate assez tôt dans ma carrière. Je ne comprenais pas pourquoi mobiliser autant d’énergie et de temps — au détriment de tout le reste — simplement pour gagner un salaire et payer un loyer exorbitant à Paris. J’entendais mes collègues se plaindre à la machine à café et se languir de leur prochain RTT. Quelque chose en moi refusait cette équation.
Mon grand-père disait : « le travail, c’est la santé. » Sauf que beaucoup y perdent leur santé. Parce que tant que le travail est vécu comme un devoir ou une contrainte, il crée des sacrifices — et des failles dans notre intégrité.
Pour moi, travailler est un acte de contribution
Pour moi, travailler est un acte de contribution. Une façon de prendre sa place dans un écosystème et d’y apporter ce que l’on est. Dans la nature, rien n’est isolé, rien n’est autonome — tout contribue à l’équilibre et l’évolution du système. L’entrepreneur qui comprend ça cesse de travailler pour survivre et commence à travailler depuis ce qu’il est vraiment.
C’est là que le travail devient expansif plutôt qu’épuisant. C’est là que commence le leadership spirituel.
Quand L’entrepreneur cesse de travailler pour survivre et commence à travailler depuis ce qu’il est vraiment, C’est là que commence le leadership spirituel.
7 — Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Être écologique avec soi-même avant de l’être avec le monde : c’est le socle
La première énergie que je gère avec le plus de soin, c’est la mienne — mes pensées, mes émotions, mon corps. Être écologique avec soi-même avant de l’être avec le monde : c’est le socle. On ne peut pas prendre soin du vivant si on dilapide sa propre vitalité.
Pour le reste, je fais comme je peux — avec conscience, sans injonction. Je roule en électrique, j’évite les emballages plastiques, je fais le tri, je consomme le plus local possible. Mais ici aussi, il est difficile de savoir à quoi se fier vraiment. Les certifications, les labels, les tendances vertes — tout mérite discernement.
Je refuse les injonctions dans un sens comme dans l’autre : ni la culpabilisation écologique, ni le déni. Vivre en conscience est ce qui compte le plus. Chacun définit ses propres limites — et surtout les limites de son intégrité. C’est vrai pour l’entrepreneuriat. C’est vrai pour l’écologie. C’est la même exigence.
Vivre en conscience est ce qui compte le plus
8 — Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
« Sois le changement que tu veux voir dans ce monde »
Gandhi
C’est ma citation phare depuis longtemps — et elle résume mieux que tout ma façon de comprendre l’engagement. J’ai conscience que mes actes, mes pensées, mon énergie ont un impact sur l’extérieur. Que l’intérieur façonne l’extérieur. Que pour changer quelque chose dans le monde, je dois d’abord le changer en moi. Ce n’est pas une posture spirituelle abstraite — c’est une observation concrète, confirmée par 14 ans d’accompagnement.
Cette quête de cohérence, d’intégrité, d’engagement et de responsabilité est présente dans toutes les sphères de ma vie. Je suis loin d’être parfaite. Je fais de mon mieux — avec la conviction que « faire de mon mieux » n’est pas une excuse, mais une direction.
Et c’est précisément dans ce sens que j’accompagne mes clients. Quand un entrepreneur clarifie son intégrité, prend la responsabilité de son impact, aligne ses actes à ses valeurs — il ne change pas seulement son entreprise. Il change quelque chose dans son écosystème relationnel, familial, professionnel. C’est de cette façon que mon travail devient, à sa mesure, une contribution à l’intérêt général.
Mon travail devient, à sa mesure, une contribution à l’intérêt général
9 — Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
La coopération est au cœur de tout ce que je construis.
Le collectif L.I.B.R.E.S. est d’abord un espace de co-construction entre pairs — des entrepreneurs qui s’entraident, se challengent, créent ensemble des conditions de croissance mutuelle. Pas une relation verticale entre un expert et des apprenants, mais un écosystème vivant.
Je suis membre du Réseau Entreprendre Varen tant qu’experte en leadership auprès des lauréats — une façon concrète de mettre mon expérience au service des projets locaux et des humains qui les dirigent. Et plus largement, je crois que chaque entrepreneur qui trouve son alignement contribue au bien commun — parce qu’il prend de meilleures décisions, crée des relations plus saines et construit des entreprises qui servent quelque chose de plus grand que le profit.
Chaque entrepreneur qui trouve son alignement contribue au bien commun
Chez Réseau Entreprendre Var, l’entrepreneuriat c’est avant tout une aventure humaine. Bénéficier d’un accompagnement personnalisé et gratuit délivré par des chefs d’entreprises POUR des chefs d’entreprises. Tout compte fait, les hauts et les bas que rencontrent nos chefs d’entreprise sont autant de sources de motivation que d’émulation mutuelles. Au Réseau Entreprendre Var, l’accompagnement collectif et individuel permet de rompre l’isolement, d’échanger sur votre projet et d’identifier les potentiels opportunités et contacts essentiels pour pérenniser votre entreprise. Le Réseau vous accompagne aussi financièrement au travers de prêts d’honneur pour vous donner les clés pour réussir et dépasser vos peurs !
10 — Quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
Cessez de choisir entre qui vous êtes et ce que vous construisez.
Nous vivons dans une époque qui nous demande de séparer — le travail et le sens, la performance et les valeurs, l’ambition et l’intégrité, le business et le vivant. Et nous nous épuisons à naviguer entre ces fractures.
Mon message est simple : la réconciliation est possible. En soi d’abord. Et quand elle se fait en soi, elle rayonne partout — dans l’entreprise, les relations, les choix du quotidien, l’impact sur le monde.
Réussir sans se trahir — ce n’est pas un idéal réservé à quelques-uns. C’est un chemin accessible à tous ceux qui acceptent de poser cette question : depuis quel espace intérieur est-ce que j’agis ?
Comment sortir des logiques de guerre ? Il est désormais impératif de rompre avec les logiques de puissance et de brutalisme qui paralysent la marche du monde. Les modèles actuels, dominés par les intérêts nationaux à court terme et la confrontation, sont incapables de répondre aux défis globaux qui menacent nos écosystèmes. Face à la fragilité du vivant et à la complexité des crises, nous devons substituer la domination par la coopération et la dénonciation par la résolution en nous mettant d’accord sur les échelles de temps.
Une « auto-régulation créatrice » pour bâtir une autorité morale
Cette déclaration pose les jalons d’une « auto-régulation créatrice » pour bâtir une autorité morale fondée sur l’accord et le respect de principes universels.
Vers une Fondation Mondiale
L’objectif est la création d’une institution visant soit à faire évoluer l’ONU pour garantir le respect du droit, soit à bâtir une nouvelle organisation mondiale des peuples et des nations. Sa force ne résidera pas dans la puissance étatique, mais dans le soutien et le respect inspirés aux populations.
Trois principes éthiques fondamentaux :
Équité : Garantir à chaque individu une place avec une égale dignité.
Régulation : Soumettre toute action à une étude préalable d’impact sur les écosystèmes.
Apaisement : Privilégier systématiquement le dialogue, la concertation et le débat public face aux litiges.
« La création d’une institution visant soit à faire évoluer l’ONU pour garantir le respect du droit, soit à bâtir une nouvelle organisation mondiale des peuples et des nations«
Un Protocole de Résolution : 12 phases en 4 étapes
Pour naviguer dans la complexité et l’incertitude, nous adoptons une méthode rigoureuse structurée autour de quatre attitudes clés :
Établir la confiance : entamer l’échange dans la bienveillance, s’accorder sur le cadre approprié, décider d’un sujet à traiter.
Aboutir à un commun avec lucidité: reconnaître les spécificités de chacun, se mettre d’accord sur les fragilités, s’accorder sur les accords partagés.
Prendre des risques : poser les questions qui pourraient fâcher, accepter les transformations subséquentes pour réduire les tensions, reformuler les nouvelles orientations retenues.
Se préparer aux incertitudes établir les règles communes, élaborer les principes à respecter, identifier les critères d’utilité pour un renouvellement.
Les outils de la souveraineté populaire
La souveraineté réelle repose sur des moyens concrets permettant aux citoyens d’être acteurs de leur destin :
e-Démocratie et Identité Numérique : Développer une identité numérique infalsifiable pour permettre des consultations en temps réel et garantir une information crédible, à l’abri des manipulations.
Maisons de la Résilience : Créer des espaces locaux pour tisser des liens sociaux et adapter les solutions globales aux réalités du terrain.
Biens Communs Mondiaux : Assurer la gestion collective et non marchandisée des ressources écologiques, naturelles et des réseaux numériques.
Éducation et Transformation : Promouvoir une nouvelle éducation à la démocratie pour favoriser l’intelligence collective et permettre à chacun de sortir de la victimisation et réduire les manipulations.
Une approche pragmatique
Ce modèle refuse les réponses maladroites aux problèmes complexes. Il intègre son propre dispositif d’évaluation par un organisme indépendant pour s’assurer que les engagements pris sont contraignants, durables et servent l’intérêt des générations futures.
Blanc N., Ader M., Berlantini G., Coumoul X., Depoux A., Devès M., Gaillardet J., Hillenkamp I., Magnan C., Milon A-S., Reber B., Revet S. ; Vers une Habitabilité de la Terre, Centre des Politiques de la Terre, Université Paris Cité, (2025), 56 pages.
Jamais on n’a autant parlé de la Terre
Les unes des médias font quotidiennement état de la dégradation des conditions environnementales à toutes les échelles spatiales, qu’il s’agisse de l’augmentation continue de la teneur en gaz carbonique (CO2) de l’atmosphère, de l’acidification des océans, de la disparition des forêts tropicales, des inondations côtières, de la baisse phénoménale de la diversité des êtres vivants en lien avec les contaminations par de nombreuses substances toxiques, de la pollution plastique, de la subsidence des villes ou des séismes causés par l’hyper-exploitation des nappes phréatiques. Si la commission internationale de stratigraphie a finalement décidé de ne pas faire de l’Anthropocène une nouvelle période géologique en 2024, le constat fait par la communauté des scientifiques qui étudient la Terre et la vie sur la Terre est sans appel. L’action humaine a atteint des proportions géologiques : cela signifie que les activités humaines, au même titre que la dynamique mantellique ou les variations de rayonnement solaire, influencent la partie de la planète que les humain.e.s habitent et dont il.elle.s tirent les ressources nécessaires à la satisfaction de leurs besoins. Ces activités font/sont en train de faire bifurquer la trajectoire historique de cette fine pellicule fragile de sa surface, au risque que, par endroits, elle ne puisse plus être habitable d’ici à une ou quelques générations, l’exemple le plus concret étant celui de la montée des eaux faisant disparaitre des îles-nations.
Habiter évoque l’idée d’une résidence dans un endroit particulier sur un plus ou moins long terme. Ce verbe mobilise deux notions centrales des sciences de la Terre au sens large : le temps et l’espace, autrement dit l’histoire et la géographie. Végétaux, animaux et humain∙e∙s, sans oublier les microorganismes (Margulis, Sagan, 1997), vivent dans ces lieux dans le temps et dans l’espace, les transformant en territoires habités dès lors qu’ils y tissent des liens et des interactions biochimiques sur le long terme.
Pour cela, le concept des limites planétaires (Rockström et al., 2009, mis à jour par Steffen et al., 2015) qui travaille à définir à l’échelle globale les conditions nécessaires à la persistance des sociétés humaines actuelles sur Terre doit être mis à l’épreuve des territoires. L’enjeu est de caractériser et comprendre les diverses manières expérimentées par les humain∙e∙s, organisé∙e∙s en groupes sociaux, d’habiter différents territoires par le passé, au présent et dans le futur. Ces connaissances donneront le pouvoir d’imaginer des manières d’habiter des territoires en pleine mutation. Les sciences de l’habitabilité, dont l’objectif est le développement d’une intelligence collective de l’habitabilité, y contribuent essentiellement et sont donc de première importance aujourd’hui. Le développement de connaissances sur l’habitabilité requiert d’allier des perspectives temporelles plurielles, locales à globales, à des espaces qualifiés d’habitables (ou d’inhabitables). Ces savoirs mobilisent l’interdisciplinarité pour comprendre les conditions permettant de préserver l’habitabilité de la planète, selon une démarche rétroactive consistant à corriger selon les apprentissages et les expériences. L’habitabilité est alors redéfinie comme le résultat des stratégies d’atténuation, d’adaptation et de transformations visant à respecter les limites et trajectoires planétaires lesquels se déploient à partir de choix socio-économiques, sanitaires, scientifiques, politiques et au gré des mobilisations collectives à différentes échelles et mobilisant différents types de valeurs (par exemple, le climat et la justice sociale) (Blanc et al., 2022).
L’habitabilité est redéfinie comme le résultat des stratégies d’atténuation, d’adaptation et de transformations visant à respecter les limites et trajectoires planétaires
L’enjeu est de contrer la progression de l’« inhabitabilité » des territoires – néologisme qui rend compte du laisser-aller face à l’urgence à agir, au risque du délaissement d’une partie de la population.
Le Centre des Politiques de la Terre vise à produire une recherche interdisciplinaire d’excellence, visible et attractive en France et à l’international, en collaboration avec des porteurs d’enjeux agissant aussi bien à l’échelon local qu’au niveau global.
Ayant pour objet de répondre aux enjeux scientifiques et politiques soulevés par divers diagnostics sur l’état de la planète (effets grandissants des activités industrielles et agricoles sur les grands équilibres de la biosphère, perturbation des grands cycles de l’eau, du carbone ou de l’azote, etc.), le Centre s’est donné pour mission de développer de nouvelles manières de connaître et de gouverner ces phénomènes socio-environnementaux, tout en s’inscrivant dans une relation transformée entre science et société.
Fondé en 2019, le CPT a permis de faire émerger une communauté interdisciplinaire de recherche fondée sur l’exploration conjointe de la nature et des sociétés par les sciences expérimentales (physiques et biologiques) et les sciences humaines et sociales. Une Terre au défi de l’habitabilité. Université et enjeux des savoirs de la Terre, texte de positionnement stratégique, définit son agenda de recherche pour les années à venir et concrétise ces trois années de dialogue interdisciplinaire.
A quoi sert le droit face à la destruction sans précédent des conditions de la vie sur Terre ? – La question se pose, à l’heure où s’achève ce premier quart de XXIe siècle, face au contraste entre, d’un côté, le niveau sans précédent du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, et de l’autre, le plafonnement des mesures juridiques prises par l’humanité pour protéger les conditions de la vie sur Terre. Changement climatique, perte de biodiversité, maladies, décès, pertes économiques, migrations, conflits : tout est lié. Dix ans après l’Accord de Paris qui a marqué un formidable élan diplomatique, politique, civique et juridique en faveur du climat et de l’environnement, le droit, dont on n’a plus que jamais besoin, est fragilisé. La preuve en est la manière dont le droit de l’environnement – la branche du droit dont on pouvait légitimement s’attendre à ce qu’elle serve de rempart aux atteintes aux conditions de la vie – est touché sur deux de ses bords.
La légitimité du droit de l’environnement est attaquée – « Drill baby drill », « déréglementation la plus conséquente de l’histoire des États-Unis » , le droit de l’environnement est au bout du fusil de ceux qui – en toute mauvaise foi et sous couvert de simplification, – pas seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe, en France – répondent à l’appel décomplexé contre un droit de l’environnement soi-disant « contrainte injustifiée », « obstacle à la compétitivité », au profit de la force qui génère actuellement les effets de destruction les plus massifs et systématiques : l’extractivisme, entendu ici comme la forme illimitée de l’économie extractive.
L’efficacité du droit de l’environnement est discutée – Désillusion ou conviction, face à l’aggravation de la crise climatique et écologique, un sentiment grandit qui met en doute la capacité du droit de l’environnement à empêcher les cataclysmes climatiques, écologiques et humains, fragilisant l’édifice pourtant considérable des lois de l’environnement. Un tel mouvement de fragilisation est aggravé par le contexte de polycrises – sécuritaire, sanitaire, climatique, sociale, démocratique – où certains s’emploient à mettre en concurrence les fins ; fin de conflits, fin du mois, fin du monde.
Dialogue entre un juriste et un philosophe – C’est dans un tel contexte qu’il faut comprendre la publication du produit d’une discussion au long cours entamée il y a plusieurs années, après la COP21, entre un juriste et un philosophe. Ce dialogue avait pour énigme originelle la nécessité de comprendre les raisons profondes de l’incapacité du droit à protéger les conditions de la vie sur Terre, et l’ambition de formuler les prémisses de ce dont le droit aurait besoin pour résoudre cette impuissance, et se hausser à la hauteur du défi climatique et écologique qui nous frappe. Loin de tout solutionnisme juridique qui prétendrait répondre à l’urgence, le vecteur ici consistait à viser l’altitude analytique maximale pour prendre le temps de questionner, à l’échelle du siècle, les transformations structurelles nécessaires au droit environnemental et au droit le plus fondamental pour les rendre capable de protéger ce qui doit être protégé : l’humanité dans ses interdépendances avec la biosphère et l’aventure de la vie sur Terre.
Convoquer l’inventivité juridique pour raviver le droit face aux atteintes à la vie sur Terre – Face à l’ampleur historique des enjeux climatiques et environnementaux, l’heure n’est pas au renoncement, mais à l’engagement, par le droit. Un foisonnement d’initiatives existe qui montre combien la société se mobilise en utilisant le droit comme levier majeur. Comme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour les droits humains, à l’heure où l’humanité et l’ensemble de la vie sur Terre telles que nous les connaissons, sont menacées, le droit a besoin d’un nouvel élan.
Pour y parvenir, il est nécessaire de comprendre le parcours qui a mené le droit de l’environnement – branche du droit censément dédiée à la protection des conditions de la vie – à son plafonnement actuel, d’où il ressort que l’infrastructure du droit de l’environnement est fondamentalement fragilisée par l’absence de valeur cardinale protégée (I). A partir de là, l’entreprise de refondation devient possible, en découvrant par un raisonnement philosophique et une analyse juridique croisés, un principe capable de contribuer à la robustesse d’un droit environnemental augmenté, inscrit au niveau supérieur fondamental du droit : le principe habitabilité (II).
Il ne s’agit plus d’améliorer marginalement la démocratie actuelle, mais de changer de paradigme. Le modèle dominant — centralisé, représentatif, figé — est jugé inadapté à un monde complexe, évolutif et interdépendant.
L’auteur propose de s’inspirer du fonctionnement du vivant :
le pouvoir n’est pas fixe mais circulant,
les rôles sont temporaires et fonctionnels,
la légitimité vient de la compétence reconnue par le groupe.
Ce modèle se concrétise par deux idées centrales :
l’élection sans candidat (désignation par reconnaissance),
la démocratie liquide (délégation fluide et révocable).
Comment amorcer concrètement cette transformation
L’auteur insiste : la transformation ne viendra pas d’en haut, mais du terrain. Il propose une méthode progressive en 5 étapes :
Créer du lien et une culture commune
cercles de lecture (“bibliothèque engagée”),
partage de savoirs et d’expériences,
travail sur soi (écoute, conscience, coopération).
Objectif : faire émerger une intelligence collective réelle.
Coopérer dans des actes concrets
groupements d’achats alimentaires,
circuits courts,
organisation collective simple.
La démocratie commence dans le quotidien, pas dans les institutions.
Faire émerger une vision commune
construction d’une “carte des futurs” du territoire,
organisation de festivals citoyens,
co-construction de projets locaux.
Le politique devient projection collective à long terme.
Désigner sans candidatures
définition précise des rôles (cahiers des charges),
propositions croisées de noms,
acceptation libre des personnes désignées.
Le pouvoir n’est plus recherché mais accueilli comme une responsabilité.
Mettre en place la démocratie liquide
cercles citoyens thématiques,
délégation de voix flexible,
décisions ouvertes et évolutives.
Le rôle des élus devient celui de facilitateur, non de décideur.
Redéfinir les fonctions publiques
Un point clé : la mission prime sur la personne
Chaque fonction (président, maire, député…) est redéfinie en termes de :
raison d’être,
compétences nécessaires,
posture attendue.
Exemples :
le président devient un point de convergence, non un chef,
le maire un facilitateur du lien local,
le député un traducteur entre terrain et loi.
Cela permet une sélection basée sur la pertinence réelle, et non sur l’image ou l’ambition.
Le principal obstacle : intérieur
L’auteur insiste fortement sur un point souvent ignoré : le blocage est autant psychologique que politique.
Freins identifiés :
habitude de la verticalité,
attente d’un “leader providentiel”,
peur du chaos sans chef,
difficultés à gérer les conflits,
sabotages inconscients dans les groupes.
La transition implique une transformation intérieure :
apprendre à coopérer,
accepter l’incertitude,
prendre sa place sans dominer.
Réhabiliter le conflit comme moteur
Le conflit est revalorisé : il n’est plus vu comme un danger, mais comme une source de créativité.
Dans une démocratie vivante : chacun détient une part de vérité, le désaccord permet d’atteindre une 3ème solution, le collectif apprend à “tisser” plutôt qu’à trancher. Le conflit devient un outil de cocréation.
Une révolution douce, locale et progressive
L’auteur ne propose pas une révolution brutale, mais une transformation :
locale (communes, collectifs),
progressive (expérimentation),
organique (comme un écosystème).
Exemples évoqués :
communes en transition,
tiers-lieux,
coopératives,
réseaux citoyens.
Ces initiatives forment un “archipel” de nouvelles pratiques démocratiques.
Vision globale : une démocratie vivante
Le projet final peut se résumer ainsi :
un pouvoir fluide et distribué, des rôles temporaires et incarnés, une politique fondée sur le lien et l’écoute, une société organisée en réseaux coopératifs, une démocratie qui se vit au quotidien
Ce n’est pas une utopie abstraite, mais une bifurcation possible, déjà en germe dans de nombreuses pratiques.
Conclusion
Il ne s’agit pas de prendre le pouvoir, mais de changer notre manière de faire société.
La démocratie ne doit plus être un système figé, mais un processus vivant, inspiré des dynamiques naturelles :
adaptation,
circulation,
coopération.
La transformation commence ici et maintenant, dans les relations, les projets locaux et la capacité des individus à incarner ce changement.
Une démarche personnelle pour repenser la politique
Il s’agit d’une méditation philosophico-politique, nourrie à la fois d’expérience personnelle, de réflexion intellectuelle et de pratiques spirituelles. L’auteur s’inscrit dans une trajectoire marquée par les grandes transformations géopolitiques de la fin du XXe siècle (chute du mur de Berlin, fin de la guerre froide, mondialisation), qui ont profondément ébranlé les repères idéologiques traditionnels. Son projet est clair : comprendre la crise actuelle du politique et proposer un nouveau cadre depensée. Pour cela, il refuse les approches purement idéologiques ou techniques et propose une approche globale mêlant histoire, culture, spiritualité et analyse politique.
L’idée centrale est que la politique ne peut être comprise sans prendre en compte les systèmesde croyances qui la fondent. Toute organisation sociale repose sur une vision du monde implicite (religieuse ou séculière), et la crise actuelle provient de l’effondrement de ces croyances.
La crise contemporaine : effondrement des croyances
Le texte développe une thèse forte : nous vivons la “chute de notre tour de Babel”, c’est-à-dire l’effondrement des systèmes de représentation qui structuraient nos sociétés.
Politique et religion : une unité fondamentale
L’auteur montre que politique et religion sont historiquement indissociables :
La religion organise la cité en définissant les règles, les valeurs et les rites.
La politique repose toujours sur des croyances partagées (même lorsqu’elles se veulent rationnelles).
Ainsi, même les idéologies modernes (libéralisme, socialisme, démocratie) fonctionnent comme des religions séculières.
La “tour” moderne : le modèle occidental
La modernité occidentale repose sur plusieurs croyances fondamentales :
maîtrise de la nature
progrès scientifique
rationalité des marchés
démocratie représentative
autonomie de l’individu
Or, ces croyances sont aujourd’hui profondément fragilisées.
Les grandes fissures du système
L’auteur identifie plusieurs crises majeures :
Crise écologique : incapacité à maîtriser les dérèglements du vivant
Crise scientifique et technologique : puissance sans capacité à résoudre les problèmes
Crise démocratique : défiance, polarisation, perte de sens
Crise du sujet individuel : remise en cause du libre arbitre et de l’identité stable
Ces fractures convergent vers une conclusion :
Notre modèle de civilisation est en train de perdre sa légitimité
Une crise du politique… ou de notre rapport au pouvoir ?
L’auteur va plus loin : la crise actuelle n’est pas seulement institutionnelle ou économique.
C’est une crise de notre manière de penser le pouvoir
Saturation et impuissance politique
Nous vivons dans un monde :
hyper-politique (tout devient politique),
mais paradoxalement impuissant (incapacité à agir efficacement).
Cela produit :
défiance généralisée
désenchantement démocratique
montée des extrêmes et des récits simplificateurs
Les réponses actuelles sont insuffisantes
L’auteur critique plusieurs réponses classiques :
réformes institutionnelles
redistribution économique
solutions autoritaires ou populistes
Aucune ne traite la racine du problème.
Le vrai enjeu : transformer notre rapport à nous-mêmes
La crise vient de notre vision du monde :
rapport de domination (sur la nature, les autres, soi-même)
obsession du pouvoir
logique de séparation (individu vs collectif, humain vs nature)
Il faut donc une transformation intérieure autant que collective
Politique et spiritualité : une articulation nécessaire
L’une des idées les plus originales du texte est de proposer une réconciliation entre politique etspiritualité.
Deux domaines opposés… mais complémentaires
La politique : action extérieure, organisation collective
La spiritualité : transformation intérieure, quête de sens
Mais toutes deux répondent aux mêmes questions fondamentales :
1. Quel est le sens de l’existence ?
2. Comment agir ?
3. Comment comprendre le monde ?
4. Qui doit exercer le pouvoir ?
Une critique commune du pouvoir
L’auteur insiste sur un point essentiel :
Le problème central est l’addiction au pouvoir
Le pouvoir devient pathologique lorsqu’il est :
domination
contrôle
affirmation de l’ego
À l’inverse, la véritable autorité est celle qui :
élève les autres
permet leur autonomie
Vers une “politique du soi”
Il s’agit de passer :
d’une politique du moi (ego, compétition)
à une politique du soi (conscience, relation, responsabilité)
Les 7 piliers : une refondation du politique
Le cœur du projet repose sur sept piliers, organisés comme une architecture de transformation.
1. L’inaliénabilité du vivant
Le vivant (humain et non humain) ne peut être réduit à une marchandise ou à une ressource.
2. Inversion du sens de la propriété
La propriété doit être repensée :
Nous ne possédons pas le monde, nous en sommes responsables.
3. Une économie vivante
Repenser l’économie comme relation au vivant, et non comme simple production de richesse.
4. Le pouvoir du cœur
Refonder la démocratie sur la relation à l’autre, l’empathie et l’altérité.
5. Une écologie de l’esprit
Transformation intérieure indispensable :
Changer notre manière de percevoir et de penser.
6. Le gouvernement anarchique
Un système sans domination, où l’ordre ne repose plus sur le pouvoir vertical.
7. Une communauté de destin planétaire
Construire une solidarité globale, du local au mondial.
6. Une ambition : “guérir la politique”
Le projet global est ambitieux :
Passer d’une politique de domination à une politique de relation
Cela implique :
dépasser les oppositions classiques (droite/gauche, individu/collectif)
sortir des logiques binaires
changer de cadre de pensée
L’auteur insiste :
Les transformations historiques ne viennent pas uniquement des institutions, mais d’une évolutiondes consciences
7. Conclusion : un changement de civilisation
Le texte se conclut implicitement sur une idée forte :
Nous sommes à un moment de bascule historique comparable à :
la fin de l’Empire romain
la Renaissance
la révolution industrielle
Mais cette fois, le changement ne pourra pas être seulement :
technique
économique
politique
Le changement devra être ontologique et spirituel.
La crise actuelle n’est pas une simple crise politique : c’est la fin d’un système de croyances. La solution ne réside pas seulement dans des réformes, mais dans :
Une transformation conjointe du politique et de la conscience humaine.
Un petit acte individuel peut-il déclencher un changement global ? Ce manifeste de Remi Revillon d’Apreval nous rappelle qu’une partie croissante de la société sent bien que tout doit changer, accepte même désormais des ruptures radicales et cherche une sortie civilisationnelle. Ce livre révèle aussi quelque chose de plus profond : nous sommes entrés dans l’ère des projets de civilisation. Pendant trente ans, le monde n’a produit que des réformes, des politiques publiques et des innovations techniques. Aujourd’hui réapparaissent des récits totaux … Alors « Une allumette peut-elle changer le monde ? »
Une allumette peut-elle changer le monde ?
Une allumette peut-elle changer le monde ?
Intention du livre : provoquer un basculement de conscience
Le livre se présente comme un manifeste de transformation civilisationnelle. L’« allumette » symbolise une idée simple mais puissante :
Un petit acte individuel peut déclencher un changement global.
L’auteur part d’un constat central, notre civilisation traverse une crise systémique totale : politique, économique, écologique, sociale et existentielle. Le problème n’est pas une défaillance ponctuelle mais un modèle de société devenu obsolète. Le livre cherche donc moins à réformer qu’à refonder.
Diagnostic : une civilisation arrivée à saturation
Le manifeste identifie plusieurs impasses majeures :
1. Crise démocratique : Les démocraties représentatives ne représentent plus réellement les citoyens : confiscation du pouvoir, professionnalisation politique, éloignement décisionnel et perte de confiance collective. Le citoyen devient spectateur du système.
2. Crise économique : Le modèle actuel dominant repose sur la croissance infinie, la compétition permanente, la financiarisation et la dépendance au travail subi. Résultat : inégalités structurelles, insécurité sociale et perte de sens du travail.
3. Crise écologique : La destruction du vivant n’est pas un accident mais la conséquence logique du système productiviste. Le modèle actuel est incompatible avec la biosphère.
4. Crise anthropologique : L’auteur insiste pour nous rappeler que la crise est aussi intérieure.
L’humain moderne souffre de déconnexion, perte de sens, fragmentation entre individu et collectif.
La thèse centrale : changer le système par l’architecture sociale
Le livre propose une idée forte :
ce ne sont pas les individus qui sont défaillants, mais les structures.
Donc changer les comportements ne suffit pas, il faut changer les règles du jeu. L’auteur développe alors une vision systémique reposant sur trois grands piliers.
3 propositions majeures pour changer la démocratie, l’économie, la mobilité et la sécurité
1. La Démocratie Absolue Pyramidale (DAP)
Concept politique central, la Démocratie Absolue Pyramidale (DAP) repose sur 4 principes :
une souveraineté citoyenne permanente,
une participation directe structurée,
une organisation pyramidale inversée partant des citoyens,
des décisions remontant du terrain vers le sommet.
L’objectif est de dépasser l’opposition démocratie directe / représentative. La Démocratie Absolue Pyramidale cherche à créer efficacité décisionnelle, intelligence collective et responsabilité partagée.
2. Une économie libérée
Le manifeste propose une transformation radicale de l’économie pour :
sécuriser les besoins fondamentaux,
libérer l’initiative individuelle,
réduire la contrainte du travail obligatoire,
réorienter la production vers l’utilité réelle.
l’économie doit servir la vie, non l’inverse.
On retrouve l’idée d’un socle de sécurité économique universelle permettant créativité et engagement.
Le Module est une caisse isolée et compartimentée (frais, sec, surgelé). C’est un peu comme une grosse cartouche d’imprimante, mais de la taille d’un caddie de course. Le fonctionnement est simple : 1.Tu commandes tes courses (ou ta liste habituelle se renouvelle seule). 2.Le véhicule de livraison arrive devant chez toi. 3.Le Swap : Il ne perd pas de temps à vider des sacs. Il retire ton Module usagé du Dock et « clippe » le nouveau Module plein à la place. L’opération prend 10 secondes. 4.Tu récupères tes courses, comme une boite au lettre devant de chez toi, quand tu veux. La chaîne du froid est maintenue par le Module lui-même.
3. Mobilité et sécurité comme droits fondamentaux
Deux notions surprenantes deviennent centrales :
Mobilité : condition d’égalité réelle, accès aux opportunités, liberté d’existence.
Sécurité : non pas sécuritaire, mais sécurité existentielle
L’auteur considère ces éléments comme la base d’une société pacifiée.
Oublie tout ce qu’on t’a raconté sur la « voiture électrique ». Un monde de voitures thermiques individuelles remplacé par des voitures électriques à batterie est une aberration écologique (pollution, pénurie de métaux) et économique. La solution n’est pas de changer juste le moteur, c’est de changer aussi l’usage. Voici le VAC (Véhicule Autonome Commun). Ce n’est pas un bien que tu possèdes, c’est un service qui vient à toi.
Reprendre la main sur le véhicule autonome : pour une stratégie européenne du système de mobilité routière
Le véhicule autonome : une révolution de nos mobilités, avec ses enjeux de souveraineté, d’équité et d’efficacité
Clément BEAUNE, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan
« Le Plan est depuis toujours un carrefour. Il publie ses propres travaux d’éclairage et doit aussi relayer des idées extérieures, librement portées par leurs auteurs. C’est l’esprit de la Collection du Plan, avec une contribution clé sur le véhicule autonome : encore vu comme de la science-fiction, perçu comme une rupture purement technologique, il doit être appréhendé comme une révolution de nos mobilités, avec ses enjeux de souveraineté, d’équité et d’efficacité, en inventant un modèle français et européen, vite ! » – Clément BEAUNE, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan
Au-delà des réformes techniques, le livre esquisse une transition civilisationnelle. Passer d’une société de domination à une société de coopération. Passer de la rareté organisée à l’abondance organisée. Passer du pouvoir vertical à l’intelligence collective.
La métaphore de l’allumette
Une allumette paraît insignifiante, mais elle peut déclencher un incendie transformateur.
le changement systémique commence toujours par une minorité consciente.
Le livre appelle donc à l’engagement individuel, à l’expérimentation sociale et à la diffusion d’idées nouvelles.
Forces et limites du manifeste
Parmi les forces du manifeste : une vision systémique cohérente, un refus du fatalisme politique, une tentative audacieuse d’articuler démocratie, économie et écologie, une dimension mobilisatrice et accessible, avec la volonté de proposer, pas seulement critiquer.
Le livre soulève aussi des interrogations sur la faisabilité institutionnelle concrète, la période de transition entre ancien et nouveau système, la gestion des inévitables résistances politiques et la complexité de mise en œuvre à grande échelle. Il relève davantage du manifeste fondateur que du programme opérationnel détaillé qu’il reste à co-construire …
Le monde ne change pas parce que les individus deviennent meilleurs, mais parce que les structures permettent enfin aux humains d’être meilleurs.
L’« allumette » est une idée, une prise de conscience, un premier acte. Un appel à repenser entièrement l’organisation politique, économique et sociale afin de rendre possible une civilisation plus juste, sécurisée et vivante.
Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !
1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?
C’est un mélange entre mon cerveau émotionnel et ma conscience pragmatique
Question complexe. C’est un mélange entre mon cerveau émotionnel et ma conscience pragmatique. L’émotionnel tend clairement à l’empathie envers toute forme de vie, bien que cela décroisse selon le stade d’évolution cognitive du vivant. La conscience pragmatique, elle, sait que la vie, aussi complexe soit-elle, n’est qu’interaction électrique et biochimique. Il ne s’agit que de réponses mécaniques à des stimulations. Dans l’absolu, la pensée est une illusion, elle n’est qu’une suite de réactions : le vivant n’est que de la matière inerte stimulée électriquement.
Ma perception du vivant est une dualité permanente entre ces deux réalités.
2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?
Le matin au petit déjeuner, c’est crêpes au Nella Delice. Je viens de découvrir ça, c’est une pure tuerie et, à ma connaissance, ça ne tue pas les orangs-outans. Pour le reste, c’est beaucoup plus simple : Pizza, frites, poulet KFC, pizza, pomme/boudin blanc, pizza, hamburger/frite, pizza, pizza.
on vit à 5 dans un T3 avec le mobilier et les affaires de 2 logements
Je vis actuellement dans une maison en lotissement avec ma chérie et ses 3 enfants. C’est un peu compliqué car elle traverse une période de sa vie difficile, elle ne pouvait plus garder son appartement. Du coup, on vit à 5 dans un T3 avec le mobilier et les affaires de 2 logements. La maison est remplie d’affaires qu’on doit parfois enjamber pour se créer un chemin. On pourrait croire que c’est dur, mais étonnamment, je le vis bien.
Passant 98% de mon temps chez moi, mon habitat est quelque chose de primordial. Celui de mes rêves, c’est une maison spacieuse (dont j’aurais personnellement créé les plans), avec un coin studio musique/gaming, un jardin juste ce qu’il faut pour ne pas se sentir étouffé et un couloir de nage. Idéalement, plutôt loin de tout, mais pas trop quand même. Plus jeune, je rêvais d’une maison sur l’océan qui serait un État indépendant, mais en grandissant j’ai appris à apprécier le confort de vivre en société.
4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?
Un peu de sport tous les jours, quelques exercices.
les gens ont des problèmes et je vois des solutions qui me paraissent évidentes.
Je ne suis pas tellement sûr de pouvoir parler de « savoir ». En fait, les gens ont des problèmes et je vois des solutions qui, moi, me paraissent évidentes. Je me dis que ça ne coûte rien de les proposer. C’est presque comme un jeu : trouver la trajectoire optimale, la trajectoire parfaite qui fait que personne ne pourra proposer mieux. Je pense que même si personne ne souffrait de ces problèmes, je chercherais quand même (d’ailleurs, c’est ce que je fais pour la physique fondamentale, ça ne sert à rien dans l’immédiat, mais comprendre la mécanique de l’univers m’obsède).
6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?
Je n’ai pas vraiment de travail prédéfini. Disons que je m’occupe et si ça peut être utile au passage, c’est top.
Plus généralement dans mes activités, je suis l’archétype de l’homme mono-tâche. Quand j’ai un objectif en tête, mon cerveau fait un focus à 100% dessus. Je suis incapable de gérer plusieurs choses en même temps. Ça peut durer des mois, voire des années : je me lève avec une idée, je la travaille, je l’optimise. Dans tout ce que j’ai fait, j’ai cette même quête de perfection absolue. Je ne crois pas que ce soit une question d’ego narcissique ou d’avoir quelque chose à prouver aux autres. J’ai du mal à identifier la source de ce besoin, c’est presque de l’instinct animal.
7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?
Je suis un gros consommateur d’électricité.
J’ai un ordinateur avec une très grosse carte graphique et 6 écrans qui tournent toute la journée. À côté de ça, je suis obligé de rouler à l’essence, faute de VAC (Véhicule Autonome Commun) qui n’existent pas encore et d’un budget qui ne me permet pas de rouler à l’électrique. Et comme je suis un gros flemmard, je ne prends pas le vélo non plus. Écologiquement, je suis une catastrophe. Et comme je ne compte pas changer, et que je ne suis visiblement pas le seul, il est urgent qu’on change notre approche de la mobilité.
8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?
ce n’est pas parce que personne n’a jamais fait quelque chose, que c’est impossible
Jusqu’ici, je ne faisais pas grand-chose. J’étais spectateur. Avec regret, mais spectateur tout de même. Là, j’ai changé de dynamique. Je pars du principe que ce n’est pas parce que personne n’a jamais fait quelque chose, que c’est impossible. Si personne n’essaie parce que ça n’a jamais été fait, on ne fait pas grand-chose. Donc j’ai pris la décision que j’allais changer le monde. Au pire quoi ? J’aurai l’air idiot d’avoir cru que je pouvais faire quelque chose d’aussi fou. Et après ? Ce risque-là n’est pas bien lourd au vu des enjeux et de ce que je pense pouvoir apporter. Je suis prêt à prendre le risque.
j’ai pris la décision que j’allais changer le monde
9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?
Je suis déconcerté de voir le fossé entre ce qu’on pourrait faire et ce qui est réellement fait
Je suis déconcerté de voir le fossé entre ce qu’on pourrait faire et ce qui est réellement fait. Et comme j’ai la sensation d’être le seul à le voir, je me demande souvent si c’est moi qui suis fou, ou si ce sont les autres. Je pense qu’on sera bientôt fixés.
J’ai mis toutes mes idées dans 3 livres-manifestes :
Le 1er : « Une allumette peut-elle changer le monde ? » L’objectif : proposer une structure globale qui, à mon sens, solutionnerait une grande partie des problèmes contemporains sans renoncer au confort.
Le 2ème : « L’humain domestique est-il l’apogée de l’humanité ? » L’objectif : pousser à secomprendre soi-même, pour un jour briser les frontières entre les humains.
Le 3ème : « La FST » (ma religion), dans sa version vulgarisée « Un grain de sable peut-il dompter l’Univers ?« . L’objectif : comprendre l’Univers et… suspense… Pour le moment c’est un échec. Cependant, cette approche inédite apporte malgré tout des explications mécaniques innovantes, notamment sur la relativité, l’énergie sombre et la nature de la gravité. Je ne sais pas si j’ai raison, mais vivant sur une planète où 8 milliards de gens pensent que dans le ciel vit un barbu qui crée des univers, ma « religion » n’a rien de ridicule.
À partir de là, il y a deux options. Soit j’ai raison, au moins sur certains points, et ces idées finiront dans le débat public et changeront le monde. Soit j’ai tort, et je passerai pour un con. Quoi qu’il arrive, on finira par être fixés.
10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?
L’Histoire est faite de petits détails qui l’ont fait basculer
L’Histoire tient parfois à peu de choses : une personne, une décision, la transmission d’une idée, un accident. L’Histoire est faite de petits détails qui l’ont fait basculer. Il ne faut pas se dire qu’on ne compte pas, qu’on est insignifiant. On ne pèse pas lourd dans l’Univers, certes, mais en additionnant des milliards de petits poids, on peut déformer cet univers.
J’aimerais que chaque personne qui lise ces lignes, mes livres et ce que je propose, prenne conscience que les solutions existent. Il suffit juste de changer d’approche pour les trouver. On peut avoir une trajectoire commune bien plus optimisée que celle qu’on subit actuellement, et je pense que je peux contribuer à dessiner cette trajectoire avec mon esprit singulier, avec ma différence.
L’agriculture biologique est souvent critiquée pour ses rendements plus faibles que ceux de l’agriculture dite conventionnelle. Un irréductible écart de rendement d’environ 30 % en moyenne la condamnerait à n’être qu’une solution de niche pour classes aisées. Nos travaux depuis dix ans montrent que non. Pour comprendre pourquoi, un petit détour par le cycle de l’azote et son histoire s’impose.
Le cycle de l’azote en bref
L’azote est un élément indispensable à toute vie sur terre : il est, après l’eau et le carbone, l’élément le plus abondant dans les organismes vivants, particulièrement dans les protéines et le matériel génétique. Mais dans les sols et les environnements aquatiques (hors organismes vivants), on le trouve en beaucoup plus petites quantités, essentiellement sous forme de nitrate et d’ammonium, les deux formes directement utilisables par les plantes. La rareté de l’azote dans les sols explique que cet élément a longtemps été le principal facteur limitant de la croissance des plantes en agriculture.
Pourtant l’azote constitue 78 % de l’atmosphère, mais il s’y trouve sous forme de diazote, un gaz inerte et pratiquement inutilisable par les plantes à une exception notable : celles des légumineuses (lentilles, haricots, pois, luzerne, trèfle…) qui sont capables d’assimiler ce diazote atmosphérique et de le rendre ainsi disponible dans les sols pour les autres plantes qui leur succèdent.
Un détour historique : de la rareté structurante à l’abondance destructrice de l’azote
La limitation en azote a longtemps été contenue par un couplage étroit entre production et consommation. Ainsi, les urines et les excréments riches en azote du bétail et, dans une moindre mesure, des populations humaines ont permis d’apporter des engrais organiques aux sols sous forme de fumier et de lisier. En Europe, tout au long des 18e, 19e et début du XXe siècle, l’introduction des légumineuses dans les rotations de cultures a également permis une double intensification organique : ces plantes enrichissaient les sols en azote et produisait également du fourrage permettant ainsi une hausse de la densité de cheptel, et partant, des apports de fumier.
Au début du XXe siècle et plus encore après la Seconde Guerre mondiale, une invention vient révolutionner tout cela. C’est l’invention du procédé Haber-Bosch (1909/1913), qui permet de synthétiser des engrais minéraux (nitrate et ammonium) à partir du diazote de l’air. Ce procédé sert d’abord pour la fabrication d’explosifs pendant les deux guerres mondiales, puis pour faire des engrais industriels qui permettent de s’affranchir de la complémentarité entre élevage et culture. C’est ce qui advient dans les pays industriels du Nord et, plus récemment dans une partie des pays des Suds ayant connu la « révolution verte », qui ont ainsi pu massivement augmenter leur production alimentaire avec la généralisation des engrais chimiques.
Cette évolution a cependant plusieurs revers. Elle entraîne une perte d’efficience d’utilisation de l’azote car plus on apporte de l’azote, moins la fraction utilisée par les plantes est importante et plus les pertes vers l’environnement sont grandes. La production d’engrais est par ailleurs très gourmande en énergie et s’accompagne d’émissions de gaz à effet de serre.
Enfin, l’utilisation d’engrais permet le développement de systèmes d’élevage intensifs et de cultures découplés et spécialisés. À l’échelle globale, il en résulte que 40 % des terres arables cultivées (à l’exclusion des prairies naturelles, savanes, steppes et autres espaces agricoles semi-naturelles) sont consacrées à l’alimentation du bétail. De plus, les territoires ultraspécialisés dans l’élevage ou les grandes cultures engendrent des excédents structurels d’azote. Ces excédents de fumier et lisier contaminent les systèmes aquatiques en nitrate (problèmes de potabilisation de l’eau, de biodiversité, d’eutrophisation) et augmentent les émissions d’ammoniac (avec des effets néfastes sur le système respiratoire) et de protoxyde d’azote (puissant gaz à effet de serre, environ 300 fois plus actif que le dioxyde de carbone). L’agriculture à l’échelle globale est ainsi aujourd’hui à l’origine d’environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre et constitue le premier facteur de perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore.
L’agriculture biologique : retour vers le futur ?
C’est dans ce contexte que, depuis les années 1970, et plus encore depuis le début des années 2000, l’agriculture biologique est apparue comme contre-modèle à cette agriculture chimique, basée sur les énergies fossiles et l’industrialisation de l’agriculture.
Dans son cahier des charges, l’agriculture biologique bannit les fertilisants chimiques et les pesticides. Baisse des rendements et retour vers le passé donc ?
Loin s’en faut. Car l’agriculture biologique s’appuie sur une connaissance approfondie du fonctionnement des écosystèmes. Elle repose sur des rotations longues (en Europe elles durent en moyenne de cinq à huit ans pour un cycle complet), intégrant plusieurs légumineuses dans le cycle de culture. Plus encore, nos travaux ont montré que, pour des apports totaux d’azote équivalents, les systèmes agricoles biologiques produisent autant, à l’échelle de la rotation de culture, que les systèmes conventionnels. Cela montre donc que l’agriculture biologique peut être intensifiée écologiquement. Mais comment et dans quel contexte ?
Observations empiriques de la relation fertilisation-rendement sur un cycle de rotation. En abscisse, la fertilisation totale en azote sur le cycle de rotation complet (fertilisant minéraux, fixation symbiotique, dépôts atmosphériques, fumier et autres matières organiques exogènes) ; en ordonnée, le rendement à l’hectare sur l’ensemble du cycle de rotation exprimé en kgN-exporté/ha/an. Les données montrent que, pour un même contexte pédoclimatique, les fermes en agriculture biologique et en agriculture conventionnelle se positionnent sur une même courbe caractérisée par un certain potentiel de fertilité, noté ici Ymax. La figure est adaptée de la publication de Billen, Le Noë, Garnier, (2018) dans la revue Science of the Total Environment Fourni par l’auteur
Quels leviers pour une transition agro-écologique ?
Nos travaux de recherches ont identifié, testé et validé trois leviers principaux pour nourrir la population en 2050 à différentes échelles, sans augmenter la surface des terres cultivées. Tous sont liés de près ou de loin au cycle de l’azote. C’est là que la vision systémique de l’agroécologie peut être salutaire, en élargissant la réflexion à l’ensemble du système agro-alimentaire.
Le premier levier consiste en une diminution de 16 % des apports protéiques journaliers, en accord avec les recommandations de santé. Selon ces mêmes recommandations, une réduction de 50 % de la consommation de viande et de produits laitiers est explorée avec une augmentation de la part des produits végétaux. Nous avons parfois testé des options plus radicales, végan ou végétarienne à titre exploratoire.
Le deuxième levier réside dans la reconnexion des systèmes d’élevage et de culture, s’affranchissant de l’importation d’aliments pour animaux. Cette reconnexion facilite le recyclage des fumiers et effluents d’élevage vers les terres cultivées réduisant ainsi la dépendance aux engrais azotés de synthèse. Une option supplémentaire, explorée dans certains scénarios, concerne le recyclage des urines humaines, renforçant encore la circularité des flux de nutriments.
Enfin, le troisième levier implique des rotations longues intégrant des légumineuses fixatrices d’azote et l’absence de recours aux engrais azotés et des fertilisants phosphorés minéraux.
Une vision systémique des systèmes de culture insérés dans le système agro-alimentaire. Les trois leviers de changement permettant une transition agroécologique. Fourni par l’auteur
L’exploration de différentes combinaisons possibles des trois principaux leviers de changement que nous avons envisagés, met en évidence le rôle prépondérant du régime alimentaire comme condition de mise en œuvre et de succès des deux autres leviers.
Des bénéfices environnementaux immédiats, et partout
Dans tous les contextes où ces scénarios ont été développés, à l’échelle globale en Europe, en France, en Autriche, ou en Chine, nos résultats montrent une réduction de moitié des pollutions aquatiques et atmosphériques par l’azote, ainsi que des émissions de gaz à effet de serre.
Les effets de la généralisation de l’agroécologie seraient donc bénéfiques pour l’environnement. La diminution de la fertilisation azotée s’accompagne aussi d’une hausse marquée de l’efficience d’utilisation de l’azote, c’est-à-dire de la fraction des apports effectivement utile à la production, qui passe de 59 à 76 % dans le cas européen.
À l’échelle globale, nos scénarios montrent que ces leviers sont efficaces partout et que ces changement ne mettent pas en danger la sécurité alimentaire mondiale. Avec un régime alimentaire équitable, sans inégalités alimentaires entre pays du monde, l’introduction des légumineuses et la reconnexion de l’élevage et des cultures, la plupart des régions du monde resteraient excédentaires sans engrais chimiques et pourraient largement subvenir aux besoins des régions déficitaires comme le Maghreb, le Japon, et le Moyen-Orient.
Une autre interrogation concerne une possible carence en phosphore, s’il l’on se passe d’engrais phosphoré et s’il est apporté seulement via le recyclage des fumiers ? A minima pour le cas de la France à l’échelle de ses territoires, il existe des stocks de phosphore dans les sols qui permettrait de se passer de tout apport d’engrais phosphoré industriel pendant au moins 50 ans. En effet, l’agriculture française a fait un usage disproportionné des fertilisants minéraux en phosphore (essentiellement importé du Maghreb – Maroc et Tunisie en tête) entre les années 1960 et 1990 conduisant à un enrichissement considérable des sols en phosphore. Cet héritage colonial offre donc des réserves utilisables le temps de mettre en œuvre les changements.
a. Bilan des apports et des pertes de phosphore (P) des sols arables du bassin de la Seine depuis 1950 jusqu’à 2015, puis simulation d’un scénario de transition vers un système agroécologique sans apports de P industriel jusqu’en 2075. b. Évolution du stock de P inerte et de P labile (P Olsen) dans les sols arables. c. Évolution du P labile par rapport à la limite de teneur en P au-dessus de laquelle il n’est plus recommandé d’apporter des engrais phosphorés. Cette figure est construite à partir des données de la publication de Le Noë et al. (2020) dans Env. Res. Letters Fourni par l’auteur
Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté
Nos travaux montrent ainsi que les systèmes agro-écologiques ont le potentiel technique pour concilier production alimentaire et forte amélioration des performances environnementales dans des contextes très variés. Alors pourquoi la transition agroécologique n’a-t-elle pas déjà eu lieu ?
Sans doute le problème se trouve-t-il ailleurs, notamment dans la logique socioéconomique des chaînes amont-aval dans lesquelles l’agriculture se trouve insérée, dans les conditions de travail et la rémunération des agriculteurs et dans le poids politique sur l’action publique qu’ont acquis les acteurs qui contrôlent ces secteurs.
Toutefois, ce contexte socioéconomique est aussi une incitation supplémentaire à insuffler de nouveaux espoirs, a fortiori dans la situation actuelle de guerre énergétique et de flambée du prix des intrants. C’est tout le sens à donner à l’exploration des futurs possibles par des approches scientifiques, laissant à l’imagination toute la place qu’elle mérite d’avoir.
Comme une réponse au dernier appel de Claude Alphandéry à se mobiliser « dans une grande alliance humaniste des forces de vie« , le collectif de la PHVA, dont les membres sont promoteurs d’une Alliance Humaniste des Forces de Vie, reconnait l’urgence de transformer nos modes de vie, de pensée et d’action pour préserver et régénérer le vivant sous toutes ses formes. Cette charte pour s’engager à tenter d’incarner, individuellement et collectivement, les principes suivants, afin de construire un monde plus juste, plus beau et plus harmonieux.
Claude Alphandéry, dernier appel à une Alliance Humaniste des Forces de Vie
« (…) Mon tout dernier appel, avec les forces qui me restent, c’est de vous inciter à tout mettre en œuvre pour que ce qui a motivé ma vie, le combat contre le fascisme, contre la barbarie et pour les droits humains, soit à nouveau mobilisé dans une grande alliance humaniste des forces de vie. Agissez comme si vous ne pouviez pas échouer. »
Nous, promoteurs d’une Alliance Humaniste des Forces de Vie, reconnaissons l’urgence de transformer nos modes de vie, de pensée et d’action pour préserver et régénérer le vivant sous toutes ses formes. Nous nous engageons à tenter d’incarner, individuellement et collectivement, les principes suivants, afin de construire un monde plus juste, plus beau et plus harmonieux. En particulier en garantissant à chaque personne une place avec une égale dignité, en évaluant les résultats et en s’efforçant de corriger les dysfonctionnements
Article 1 – L’Interdépendance Sacrée
Nous reconnaissons que tout être, toute culture, tout écosystème est interconnecté. Nous tentons d’agir en conscience de cette interdépendance, en veillant à ce que nos choix respectent et renforcent la toile de la vie.
Article 2 – L’Écoute Profonde
Nous encourageons l’écoute — de soi, des autres, de la nature — comme fondement de toute relation. Nous tentons de créer des espaces de parole et de silence qui permettent l’émergence de la sagesse collective.
Article 3 – La Coopération Créative
Nous privilégions les modèles collaboratifs et solidaires. Nous encourageons les projets communs, les réseaux d’entraide et les économies locales, inspirés par la symbiose naturelle.
Article 4 – La Santé Holistique
Nous considérons la santé comme un équilibre dynamique entre corps, esprit, émotion et environnement. Nous intégrons les approches préventives, naturelles et complémentaires dans nos pratiques de soin.
Article 5 – La formation Libératrice
Nous promouvons une formation qui libère les potentiels individuels et collectifs, développant l’initiative, la curiosité, la créativité, l’autonomie et la pensée critique, par la promotion de méthodes pédagogiques qui permettent d’apprendre à apprendre, de douter, de quérir l’information pertinente, de se détacher de ce qui est toxique et d’être en harmonie avec les enjeux du monde contemporain. Une formation qui aide à s’approprier l’intelligence émotionnelle, la coopération, l’émulation et la connexion au vivant, pour former des citoyens capables d’agir avec discernement et bienveillance.
Article 6 – L’Art comme Langage Universel
Nous reconnaissons l’art sous toutes ses formes comme un vecteur essentiel de transformation, de guérison et de dialogue. Nous nous engageons à créer et à soutenir des espaces où l’expression artistique est accessible à tous, et où elle sert à tisser des liens entre les cultures et les générations.
Article 7 – La Spiritualité Engagée
Nous honorons la dimension spirituelle de l’existence, quelle que soit sa forme, comme source d’inspiration pour un engagement concret dans le monde. Nous tentons de relier intériorité et action, contemplation et transformation, pour que chaque geste soit porteur de sens et de respect.
Article 8 – La Sobriété Heureuse
Nous tentons d’adopter une sobriété dans notre quotidien, et privilégions la qualité à la quantité, le local au global, le durable à l’éphémère, préférant la joie et la beauté à la domination et à l’exploitation.
Article 9 – La Justice Écologique et Sociale
Nous luttons contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation, qu’elles soient humaines, animales ou environnementales. Nous œuvrons pour une répartition équitable des ressources et des opportunités, et défendons les droits de la Terre et des générations futures.
Article 10 – L’Innovation Régénérative
Nous encourageons les technologies, les pratiques et les modes d’organisation qui régénèrent les écosystèmes et les communautés. Nous nous inspirons du vivant pour innover, en veillant à ce que chaque initiative contribue à la résilience et à l’harmonie.
Article 11 – La Célébration de la Vie
Nous pensons essentiel de ritualiser les moments de gratitude, de fête et d’honorer les cycles de la nature, les transitions humaines et les étapes de nos engagements collectifs.
Article 12 – L’Espoir Actif
Nous cultivons une vision positive de l’avenir, non comme un déni des défis, mais comme une force motrice pour agir ici et maintenant. Nous tentons de transformer l’anxiété en énergie créatrice, l’indignation en engagement, et faisons de chaque obstacle une opportunité d’apprentissage et de croissance.
Engagement Solennel
En adoptant cette charte, nous nous engageons à incarner ces principes dans notre vie quotidienne, nos projets et nos relations. Nous acceptons de nous soutenir mutuellement, de partager nos ressources et nos savoirs, et de contribuer activement à la réalisation des objectifs de l’Alliance.
Essayons d’être les artisans d’un monde régénéré, où chaque être peut s’épanouir dans le respect du vivant.
Et si la violence n’était pas une fatalité, mais un phénomène que les sociétés peuvent réellement prévenir ? De la petite enfance aux politiques urbaines, de l’école à la justice restaurative, plusieurs pays ont déjà démontré qu’il est possible de réduire durablement les violences à l’échelle d’un État. États-Unis, Australie, Espagne, Finlande, Colombie ou Ouganda : partout où l’on investit dans le lien social, l’éducation émotionnelle et la prévention précoce, les résultats sont mesurables. À travers ces expériences internationales fondées sur des données probantes, cet article explore les principes communs des politiques qui fonctionnent — et esquisse ce que pourrait être, en France, une véritable stratégie systémique de prévention des comportements violents.
Prévention précoce et soutien aux familles – Nurse-Family Partnership (NFP) – États-Unis
Le programme Prévention précoce et soutien aux familles – Nurse-Family Partnership (NFP) – États-Unis trouve ses racines dans des essais cliniques menés à Elmira (New York) à la fin des années 1970. Constatant que le soutien infirmier précoce améliorait les résultats pour les mères et les enfants, David Olds a développé un modèle structuré de visites à domicile. NFP est devenu une organisation nationale indépendante en 1996 afin d’élargir son impact à travers les États-Unis.
Des infirmières enregistrées commencent à visiter les participantes pendant la grossesse et poursuivent jusqu’aux deux ans de l’enfant. Les visites portent sur la santé prénatale, les compétences parentales, la planification familiale et la stabilité économique. Le modèle met l’accent sur la relation de confiance à long terme entre l’infirmière et la famille.
Une relation de confiance à long terme entre l’infirmière et la famille
Principe
Jessica, photographiée ici avec son fils Israel, remercie RosAnne, infirmière du NFP, de lui avoir donné confiance : « Apprendre à défendre mes intérêts m’a permis de faire plus d’efforts et de plus en plus fort pour mon fils. Cela a fait de moi une meilleure mère. » Lisez l’incroyable histoire de Jessica.
Des infirmières rendent visite à domicile à de jeunes mères vulnérables pendant la grossesse et les deux premières années de l’enfant.
Résultats mesurés
Baisse des maltraitances infantiles
Réduction des arrestations ultérieures des enfants
Moins de violences domestiques
Amélioration de l’insertion sociale
Pourquoi ça marche ?
Intervention très précoce
Relation de confiance
Accompagnement émotionnel et éducatif structuré
Triple P – Positive Parenting Program (Australie)
Pratiques parentales positives
Les trois « P » dans Triple P signifient ‘pratiques parentales positives’ ; en d’autres mots, une vie de famille beaucoup plus plaisante.Triple P est un programme de soutien à la parentalité qui ne vous dit pas comment être parent, mais consiste plutôt en une trousse à outils et à idées. Vous choisissez les stratégies dont vous avez besoin et la façon dont vous voulez les mettre en pratique. Bref, tout ce qu’il faut pour que Triple P fonctionne pour vous. Triple P vous aide à : – élever des enfants heureux et sûrs d’eux – gérer les comportements inappropriés pour que tous les membres de la famille profitent davantage de la vie – établir des règles et des routines que tous peuvent comprendre et respecter – encourager les comportements souhaités – prendre soin de soi en tant que parent – être confiant et sûr de faire la chose juste
Principe
Programme structuré d’apprentissage des compétences parentales.
Résultats
Réduction significative des comportements violents chez les enfants
Diminution des signalements pour maltraitance
Baisse du stress parental
Clé
Former les parents à la régulation émotionnelle et à la discipline non violente.
Réduction des violences communautaires
Cure Violence (Chicago, puis international)
Principe
La violence est traitée comme une maladie contagieuse. Des « interrupteurs de violence » issus des quartiers interviennent pour désamorcer les conflits.
Résultats
Baisse de 30 à 70 % des homicides dans certains quartiers
Réduction des représailles
Clés
Médiateurs crédibles localement
Intervention immédiate
Travail sur les normes sociales
Une solution audacieuse pour mettre fin à la violence dans le monde. Cure Violence Global propose une nouvelle voie vers des communautés plus sûres et plus saines. Cette approche repose sur la formation de partenaires communautaires soigneusement sélectionnés et de médiateurs locaux crédibles afin de détecter et de désamorcer les conflits, promouvoir des comportements plus sûrs et plus sains chez les individus à risque et construire des normes sociales saines.
Transformation urbaine de Medellín
Principe
Urbanisme social : bibliothèques, transports publics, écoles dans les quartiers les plus violents.
Résultats
Forte baisse des homicides (division par plus de 10 en 20 ans)
Reconnexion sociale
Clé
Réduire l’exclusion structurelle
Medellín : transformation durable d’une ville
L’innovation sociale au cœur du renouveau de Medellín
Changer les normes de genre au niveau communautaire.
Résultat
Diminution significative des violences conjugales
Évolution des attitudes masculines
Raising Voices est une organisation à but non lucratif basée en Ouganda, fondée pour prévenir la violence à l’égard des femmes et des enfants. Reconnue à l’échelle régionale et mondiale, elle combine recherche, plaidoyer et action communautaire pour promouvoir l’égalité et la sécurité dans les foyers, les écoles et les communautés. Créée à la fin des années 1990, Raising Voices est née du constat de la fréquence de la violence domestique et de la discipline violente envers les enfants en Ouganda.
L’organisation vise à bâtir des sociétés équitables en travaillant sur les normes sociales et les structures de pouvoir qui légitiment ces violences. Elle développe des programmes pratiques destinés aux communautés, aux écoles et aux institutions.
Raising Voices a conçu SASA!, une approche d’activisme communautaire qui encourage les hommes et les femmes à réfléchir à la manière dont le pouvoir est utilisé dans leurs relations. Elle propose aussi le programme Good School Toolkit, qui aide les écoles à créer des environnements sûrs et respectueux pour les enfants. Ces outils sont aujourd’hui utilisés dans plusieurs pays africains.
L’organisation collabore avec des ONG locales, des gouvernements et des institutions internationales pour intégrer la prévention de la violence dans les politiques publiques. Ses méthodes sont largement citées dans les recherches sur la transformation des normes sociales et la prévention de la violence basée sur le genre.
SASA! Ensemble : Guide français pour la mise en place
Faible violence scolaire et haut niveau de bien-être.
Programme KiVa
Principe
Agir sur les témoins du harcèlement plutôt que seulement sur agresseur/victime.
Résultats
Baisse significative du harcèlement.
Amélioration du climat scolaire
KiVa est un programme finlandais de prévention du harcèlement scolaire, développé par l’Université de Turku. Lancé en 2007 à l’échelle nationale, il vise à réduire le harcèlement à l’école grâce à des interventions systématiques et à l’éducation socio-émotionnelle. Reconnu internationalement, KiVa est aujourd’hui utilisé dans des dizaines de pays.
L’équipe dirigée par la professeure Christina Salmivalli a élaboré un ensemble d’outils basés sur les résultats de la psychologie sociale et du comportement de groupe. Les premières évaluations en Finlande ont montré une baisse notable du harcèlement et une amélioration du climat scolaire.
KiVa combine des actions universelles et ciblées. Les interventions universelles comprennent des cours et des jeux de rôle pour sensibiliser les élèves, tandis que les interventions ciblées impliquent une équipe formée pour traiter les cas signalés. Le programme utilise également une plateforme numérique pour le suivi et des ressources pour les enseignants et les parents.
Impact et diffusion internationale
Après son succès en Finlande, KiVa a été adapté dans plusieurs pays européens, en Amérique latine et en Asie. Des études indépendantes ont confirmé son efficacité pour réduire le harcèlement et améliorer le bien-être des élèves. Le modèle est souvent cité comme référence dans les politiques publiques de prévention du harcèlement scolaire.
Guide pour les parents
Parents, nous avons besoin de vous !
Le guide pour les parents fait partie du programme contre le harcèlement KiVa, un outil de prévention et d’intervention contre le harcèlement fondé sur des recherches. Le guide inclut des informations générales sur le harcèlement, sur l’état des recherches actuelles dans le domaine et sur les mesures qui peuvent être prises à la maison et à l’école. La coopération entre les parents et l’école est primordiale pour agir contre le harcèlement. L’une des devises du programme KiVa est d’ailleurs
« Ensemble, on dit STOP au harcèlement ! »
Modèle néo-zélandais de justice restaurative
Justice restaurative
Principe
Conférences réunissant victime, auteur et communauté
Résultats
Moins de récidive
Plus grande satisfaction des victimes
La Justice restaurative – DOC DE FOND DU SNEPAP – FSU
Les pays ou villes qui réduisent durablement la violence ne misent pas seulement sur la répression. Ils investissent dans :la petite enfance, la qualité du lien social, l’éducation émotionnelle et la dignité sociale.
Voici comment on pourrait s’inspirer de cela en France
MODÈLE FRANCE – “Prévention systémique des comportements violents”
PILIER 1 — Intervention précoce massive (0–6 ans)
Créer un Service public de soutien parental précoce, rattaché aux PMI et CAF.
Mesures concrètes
1. Visites à domicile ciblées pour jeunes parents vulnérables.
2. Formation nationale aux compétences parentales (régulation émotionnelle, discipline non violente).
3. Modules obligatoires dans les maternités sur la gestion du stress et l’attachement.
4. Repérage précoce des situations à risque (violences intrafamiliales)
PILIER 2 — Éducation émotionnelle obligatoire à l’école
Créer un socle national d’éducation socio-émotionnelle (maternelle → lycée).
Contenu
Gestion des émotions
Empathie
Résolution non violente des conflits
Débat structuré
Coopération plutôt que compétition excessive
Dispositif : 1h par semaine dédiée. Formation obligatoire des enseignants. Évaluation du climat scolaire intégrée aux indicateurs académiques.
Créer des Équipes locales de médiation à haute crédibilité sociale. Dans les quartiers à forte concentration de violence.
Composition
Médiateurs issus des quartiers
Anciens détenus formés
Travailleurs sociaux
Psychologues
Missions : Désamorçage immédiat des conflits. Travail sur les représailles. Accompagnement individualisé des profils à risque.
PILIER 4 — Justice restaurative systématisée
Intégrer la justice restaurative comme voie normale pour :
violences scolaires
primo-délinquance
conflits familiaux
Dispositif : Conférences restauratives locales. Participation obligatoire de la communauté éducative. Suivi psychologique pour réduire la récidive et responsabiliser.
PILIER 5 — Transformation culturelle (violences faites aux femmes)
1. Formation obligatoire police/magistrats.
2. Tribunaux spécialisés violences conjugales.
3. Campagnes nationales longues (5 ans minimum).
4. Travail sur les normes masculines dès le collège.
Les 7 conditions de réussite en France
1. Continuité politique sur 10 ans minimum
2. Décloisonnement Éducation–Justice–Santé
3. Formation massive des professionnels
4. Implication des collectivités
5. Approche non idéologique (basée sur données probantes)
L’association Coopération pour une ambition rurale et métropolitaine d’avenir (Carma) propose une vision renouvelée du développement territorial. Construit sur des coopérations, ce nouveau modèle est bâti autour de la résilience alimentaire et de nouveaux modèles d’agriculture. Une nécessité alors que les stocks de vivres à Paris n’excèdent pas les 3 jours en cas de non-approvisionnement.Synthèse des propositions les plus innovantes par Antoine Valabregue pour la PHVA – l’essentiel Cdurable !
Des initiatives locales porteuses d’un nouveau modèle de société
Partout dans les territoires, des acteurs – habitants, associations, collectivités, entreprises sociales – développent des expérimentations citoyennes pour répondre à des besoins mal pris en compte : habitat, emploi, énergie, mobilité, démocratie, solidarité. Ces initiatives reposent sur une logique dubien commun et de coopération territoriale, en rupture avec la logique marchande dominante. Elles dessinent les contours d’une société plus solidaire, écologique et participative.
Robert Spizzichino
une société plus solidaire, écologique et participative
Des réseaux structurent cet écosystème :
Transiscope, bien commun numérique recensant des milliers d’initiatives de transition écologique et sociale ;
France Tiers-Lieux, qui soutient les espaces collaboratifs où se réinventent les modes de travail, de production et de démocratie locale ;
CERDD (Hauts-de-France), qui documente les expériences de développement durable territorial ;
Plateforme COMETE, portée par le ministère de la Transition écologique, lieu de ressources pour les territoires en transition.
Ces dispositifs favorisent la mise en réseau, la mutualisation des savoirs et la diffusion des innovations locales. Les initiatives se répartissent en trois grands champs :
Innovation sociale au service de nouvelles politiques publiques ;
Renforcement démocratique par la participation directe des habitants ;
Réduction des inégalités territoriales et sociales.
Cependant, les relations avec les institutions restent ambivalentes :
Certaines initiatives bénéficient d’un soutien public, d’autres choisissent l’autonomie ou la marginalité.
Les obstacles principaux résident dans la bureaucratie, la complexité des financements et le manque de reconnaissance institutionnelle. Les recommandations issues du rapport du Cerema et du CGDD appellent à :
Soutenir l’émergence et la consolidation des initiatives citoyennes ;
Faciliter leur mise en réseau avec les acteurs publics et privés ;
Valoriser leur impact pour inspirer les politiques publiques.
Ces démarches préfigurent une gouvernance partagée, où la co-construction entre État, collectivités et citoyens devient moteur de transition.
Rapport Théma « Les initiatives citoyennes, accélératrices de transitions »
Pour une vision synthétique, le processus de création d’une initiative citoyenne peut se schématiser comme ci-dessus
Tiers lieux, ressourceries, habitats partagés et solidaires, systèmes d’échanges locaux, transport solidaire, épiceries coopératives, agro-écologie, circuits courts, monnaies locales, médias participatifs, plates-formes collaboratives, etc. : depuis plusieurs années, les initiatives et alternatives citoyennes se multiplient. Face à l’accélération des bouleversements, la prise de conscience écologique et climatique se diffuse et l’envie d’agir ici et maintenant de la société civile s’étend et se traduit en nouveaux actes chaque jour.
Partout en France, en milieu rural comme en zone urbaine, des habitants ont commencé, en dehors ou à côté des canaux institutionnels, à rechercher, inventer, créer et expérimenter des réponses nouvelles pour une société plus écologique et solidaire. Cette publication rend compte d’une démarche exploratoire pour questionner, en partant du point de vue de ceux qui les portent, ces initiatives citoyennes : émergence, caractéristiques, besoins, rapport à l’institution… sont autant de sujets explorés. Son objectif est de restituer les enjeux et les propositions capitalisées tout au long de la démarche, en les reliant à des travaux déjà réalisés et à des références bibliographiques.
la prise de conscience écologique et climatique se diffuse et l’envie d’agir ici et maintenant de la société civile s’étend
Repenser la décentralisation et la gouvernance territoriale
Une nouvelle étape de la décentralisation est souhaitée, centrée sur l’expérimentation locale comme moteur d’innovation démocratique. Les collectivités réclament davantage de liberté d’action pour adapter les politiques aux réalités locales, tandis que l’État reste souvent réticent à déléguer.
Bonnes nouvelles des conspirateurs du futur
L’enjeu : dépasser la logique de l’uniformité pour reconnaître la diversité des territoires et valoriser la créativité locale.
L’idée centrale : penser global, agir local… mais aussi penser local pour agir global.
penser global, agir local… mais aussi penser local pour agir global
Vers une démocratie renouvelée
Face à la crise démocratique, l’expérimentation locale apparaît comme un levier de revitalisation civique. Le CESE, par la voix de Thierry Beaudet, propose un nouveau continuum démocratique fondé sur :
des cycles délibératifs réguliers ;
des assemblées citoyennes tirées au sort ;
un lien organique entre démocratie représentative et participative.
L’objectif : redonner confiance aux citoyens et faire de la participation un pilier durable de la décision publique.
redonner confiance aux citoyens et faire de la participation un pilier durable de la décision publique.
Expérimenter de nouveaux modes de vie et de production
Les innovations territoriales explorent des formes alternatives de vivre-ensemble et de développement :
Tiers-lieux et living labs comme laboratoires d’innovations sociales et écologiques ;
ZAD et éco-communes comme préfigurations d’autres rapports au vivant et à la propriété ;
Biorégions, fondées sur des limites naturelles et des écosystèmes partagés, qui promeuvent une écologie du territoire fondée sur l’autonomie, la sobriété et la coopération ;
Design social, méthode collaborative d’innovation centrée sur le bien-être collectif et l’inclusion des bénéficiaires ;
Labo furtif, espace numérique de ressources et de solidarité pour « prendre soin de ceux qui prennent soin », incarnant le modèle de la communauté apprenante.
Ces expérimentations traduisent une aspiration commune : changer d’échelle et refonder la sociétésur les communs, la solidarité et l’écologie. Mais elles soulignent aussi un risque : celui que les initiatives locales pallient les carences de l’État sans transformation structurelle.
Refonder la sociétésur les communs, la solidarité et l’écologie
Schéma du cycle alimentaire développé autour du Triangle de Gonesse, puis sur le Pays de France
Une dynamique en quête de reconnaissance
Ces innovations témoignent d’un foisonnement créatif et d’un besoin profond detransformation sociale. Elles révèlent :
une énergie citoyenne prête à refonder la démocratie par la base ;
une volonté d’expérimentation qui interroge la place de l’État et la nature du service public
et la naissance d’une culture du commun, expérimentée dans les territoires comme laboratoire du futur.
Elles ne sont pas de simples palliatifs, mais des signaux faibles d’un changement de civilisation : vers des territoires coopératifs, apprenants et solidaires.
Vers des territoires coopératifs, apprenants et solidaires
Le projet porté à l’échelle de la Région pour nourrir la métropoleMilan, Barcelone, Montréal, … d’autres villes n’ont pas attendu…
La cour d’école est un haut lieu des souvenirs d’enfance. Lieu des premières amitiés, premiers conflits, lieu d’émerveillements, de jeux, discussions, pratiques sportives, artistiques, … Lieu d’éducation et d’apprentissages, la cour de récréation est l’un des lieux de la vie scolaire et peut devenir un laboratoire du vivre ensemble, reconnecté à la nature. Comment faire de la cour de récréation un levier à l’épanouissement de tous nos élèves ?
Repenser les cours de récréation : créer un espace éducatif vivant La cour de récréation est bien plus qu’un simple espace de jeu. C’est un lieu de vie où les élèves se rencontrent, partagent et apprennent. Une cour végétalisée favorise non seulement le bien-être des enfants, mais devient également un outil pédagogique pour sensibiliser aux enjeux de la transition écologique et sociale.
Pourquoi c’est important ?
1 enfant sur 5 se sent seul à l’école
UNICEF, 2022
Chiffre : 1 enfant sur 5 se sent seul à l’école (UNICEF, 2022).
Lien avec l’urgence écologique : « Repenser les cours, c’est aussi reconnecter les enfants à la nature et aux autres. »
La cour d’école un enjeu pour le bien être des élèves
La cour d’école Un enjeu pour le bien-être des élèves
La recherche en sciences du comportement nous invite à agir à plusieursniveaux :
rendre le changement désirable en donnant à voir ses bénéfices concrets plutôt qu’effrayer ou culpabiliser ;
repenser nos cadres de vie pour que les changements souhaités puissent être adoptés avec moins d’efforts pour davantage de bien-être ;
adapter nos manières de communiquer pour limiter les résistances ;
veiller à l’équité des réformes proposées pour éviter les fractures et la colère sociale ;
et enfin, créer et partager de nouveaux récits collectifs qui donnent envie de construire un avenir souhaitable.
Après 3 ans de travaux, par 40 chercheurs de 35 universités, issus de 14 disciplines et 20 pays dévoilent l’angle mort des transitions écologiques : le Facteur Humain.
3 révélations qui changent tout
On se trompe de leviers : Information + incitations + peur ≠ changement decomportement1« Savoir ne suffit pas à changer”
Les blocages sont partout : Individuels, collectifs, culturels,organisationnels… Et ils sont plus puissants qu’on ne le pense.
On peut agir autrement : Les sciences comportementales existent, mais sont scandaleusement sous-utilisées dans les stratégies de transition.
Pourquoi ce rapport nous fait voir différemment ?
→ Une analyse transversale des vrais moteurs de changement
→ Des pistes d’actions concrètes pour institutions, entreprises, société civile
→ Des exemples inspirants issus des terrains de transition
= Le chaînon manquant pour réussir enfin la transition écologique
Investir sans comprendre ce qui freine ou motive les comportements = échec garanti.
Aujourd’hui, presque tout passe par l’argent. On achète, on vend, on calcule la valeur des choses en fonction du marché. Mais il existe une autre forme d’économie, souvent invisible, qui ne repose pas sur l’argent : l’économie non marchande. Plaidoyer pour le développement d’une véritable économie non marchande par Jean Pascal Derumier et les membres d’OLCC (Osons Les Contributions Citoyennes)
L’économie non marchande existe déjà partout autour de nous. Ce sont les activités basées sur l’entraide, le bénévolat, le partage, les associations, les initiatives locales, les communs (comme les jardins partagés ou les logiciels libres), les échanges de savoirs… Bref, tout ce qui crée de la valeur sans passer par la logique du profit.
L’idée est simple : et si cette économie devenait un pilier central d’un nouveau projet de société ?
Nous traversons une période de crise profonde : crise écologique, sociale, démocratique. Le modèle dominant – centré sur la consommation, la croissance et la recherche du profit – a profondément façonné notre manière de vivre. Il influence :
notre idée de la réussite,
notre rapport au travail,
notre façon de consommer,
et même nos rêves.
Résultat : nous dépendons beaucoup de l’argent et du marché pour répondre à nos besoins. Supprimer l’économie de marché du jour au lendemain n’est ni réaliste ni possible. Mais nous pouvons rééquilibrer les choses en développant davantage l’économie non marchande. Cela permettrait :
de réduire notre dépendance à l’argent,
de renforcer notre capacité d’agir collectivement,
de redonner du pouvoir aux citoyens.
En quoi consiste l’économie non marchande ?
L’économie non marchande repose sur une idée essentielle : La valeur des choses ne doit pas être décidée uniquement par le marché, mais par la communauté humaine, en fonction de ce qui est vraiment important pour elle. Elle s’appuie sur :
l’engagement des citoyens,
les associations,
les collectivités locales,
les entreprises engagées,
les ressources déjà présentes sur un territoire (lieux, compétences, savoirs…).
Elle agit dans trois domaines à la fois :
Écologique : Prendre soin du vivant, protéger les ressources, encourager des modes de vie plus sobres.
Social : Créer du lien, renforcer la solidarité, développer la coopération plutôt que la concurrence.
Économique : Produire des biens et services utiles sans viser le profit : entraide, réparation, mutualisation, partage.
Redonner du pouvoir d’agir. Chacun peut contribuer, sans forcément passer par l’argent.
Encourager la sobriété. Faire soi-même, partager, réparer, mutualiser permet d’aller à l’essentiel et de réduire le gaspillage.
Redéfinir le travail. Beaucoup d’activités utiles à la société (s’occuper des autres, préserver la nature, transmettre des savoirs…) sont peu reconnues car peu rentables. Il s’agirait de reconnaître leur vraie valeur.
Renforcer les liens humains. La coopération remplace la compétition. On sort d’un modèle trop individualiste.
Développer les « communs ». Un commun, c’est une ressource gérée collectivement (un jardin partagé, une monnaie locale, une coopérative…). Cela favorise l’égalité d’accès et la solidarité.
Revitaliser la démocratie. En redonnant de l’importance au niveau local et à l’engagement citoyen, on renforce la vie démocratique.
Créer des outils pour faciliter l’engagement. Des plateformes, des réseaux d’entraide, des dispositifs pour mutualiser les ressources.
Lancer des expérimentations locales. Tester des projets concrets à petite échelle et reproduire ceux qui fonctionnent.
Inventer de nouvelles formes de reconnaissance. Par exemple :
un revenu contributif,
des compléments de revenus,
des rémunérations en nature.
L’idée est de soutenir financièrement certaines activités utiles à la collectivité, même si elles ne sont pas rentables.
Repenser l’éducation
Former des citoyens plus en phase avec le vivant, connaissant leurs biais de traitement de l’information, respectueux du différent d’eux, ayant une plus grande connaissance des autrescultures, un plus grand respect du travail manuel, plus coopératifs que compétitifs, ayant envie de s’engager pour faire face aux défis planétaires.
5) Un changement d’imaginaire
Au fond, il ne s’agit pas seulement d’économie. Il s’agit de changer notre vision du monde :
de la compétition à la coopération,
du profit à l’utilité sociale,
de l’individualisme au collectif,
de la consommation excessive à la sobriété choisie.
Ce changement ne se fera pas en un jour. Mais chaque initiative locale, chaque projet coopératif, chaque engagement citoyen va dans ce sens.
L’économie non marchande existe déjà. Elle est simplement sous-estimée. La développer progressivement nous rendrait :
plus solidaires,
plus résilients,
plus fraternels,
mieux préparés aux crises à venir.
Ce n’est pas un retour en arrière, mais une transformation : mettre l’humain et le vivant au centre, sans nier l’économie de marché, mais en la rééquilibrant.
Ce Programme de Prévention des Violences pour une École primaire ou un collège et d’une durée de 10 semaines a été fait à partir d’une enquête des pratiques dans le monde plus particulièrement en France et aux USA. Il a été validé par Marie Pierre Lescure qui nous communiquera prochainement ce qu’elle fait pour supprimer le harcèlement à l’école.
Objectifs simples et mesurables
Réduire les violences visibles (coups, insultes, bousculades).
Réduire les violences invisibles (moqueries, rumeurs, exclusion).
Développer l’empathie et l’autorégulation.
Permettre aux enfants d’identifier une situation de violence familiale ou relationnelle.
Augmenter la probabilité qu’un enfant demande de l’aide.
Architecture du programme
Semaine 1 — Lancement : compréhension des émotions
Objectif : poser les bases.
Activités :
Atelier « reconnaître les émotions » (4 émotions de base + intensité).
Jeu : mimer une émotion → les autres devinent.
Phrase clé enseignée : “Une émotion n’est pas une action.”
Impact : réduit la violence impulsive.
Semaine 2 — Ce que c’est qu’une relation saine
Atelier très simple, inspiré des programmes britanniques.
Débat guidé : « pourquoi les violences invisibles font mal ? »
C’est l’un des leviers les plus puissants selon la thèse Lyon 2018.
Semaine 4 — Gestion des conflits
Objectif : apprendre à résoudre avant d’exploser.
Activités :
Méthode « stop – respire – parle – propose ».
Jeux de rôle d’un conflit banal (foot, queues, affaires).
Phrase clé : “On parle en ‘je’, pas en ‘tu’.”
Semaine 5 — Le rôle du groupe : les témoins
Élément clé dans les thèses anglophones : agir sur les spectateurs.
Activités :
3 scénarios vidéo ou joués par les élèves.
Discussion : que peut faire un témoin qui ne veut pas avoir de problèmes ?
Techniques :
aller chercher un adulte,
détourner l’attention,
dire “stop ça va trop loin”.
Semaine 6 — Cyberviolence
Très important au collège.
Activités :
Atelier « Ce qu’on croit anodin sur les écrans ».
Jeu des conséquences (un acte → conséquences en chaîne).
Outil : charte de cyber bienveillance.
Semaine 7 — Ce que c’est que la violence à la maison (sans effrayer).
On reste sobre, en respectant les recommandations internationales.
Objectifs :
identifier,
dédramatiser l’idée d’en parler à un adulte,
montrer que ce n’est jamais la faute de l’enfant.
Activités :
Histoire ou BD éducative → discussion.
Définition simple : “À la maison, on ne doit pas te faire mal, te faire peur, t’insulter, ni t’humilier.”
Explication des personnes ressources.
Semaine 8 — Comment demander de l’aide ?
C’est LE module qui augmente le plus la prévention des violences familiales selon les thèses britanniques.
Activités :
Carte “les adultes à qui je peux parler” (interne + externe).
Jeu de rôle : comment formuler une inquiétude.
Dédramatisation : discuter ne crée pas de problèmes.
Semaine 9 — Coopération et entraide
On renforce le climat.
Activités :
Petites missions en duo / trio.
Défis de coopération.
Mini-projet “prendre soin des autres”.
Impact : baisse de 30–40 % des conflits selon les méta-analyses.
Semaine 10 — Bilan et règles collectives
Les enfants créent eux-mêmes les règles de l’année qui suit.
Activités :
“Ce qu’on veut voir plus / ce qu’on veut voir moins”.
Signature collective.
Affichage dans l’école.
Formation minimum des enseignants
2 heures suffisent, centrées sur :
reconnaître les violences invisibles,
animer les jeux de rôle,
répondre à une révélation d’enfant.
Lien avec les parents (léger mais efficace)
2 supports simples suffisent :
1 feuille A4 “Aider son enfant à gérer ses émotions”
1 feuille A4 “Les violences invisibles : comment les repérer”
pas de réunions lourdes.
La démarche d’amélioration du climat scolaire repose sur les 7 facteurs : stratégies collectives, pédagogique et relation éducative, qualité de vie à l’école, coéducation, environnement partenarial, justice scolaire, prévention et gestion des violences et du harcèlement.
Proportion d’enfants capables d’expliquer ce qu’est une violence psychologique
Ce qui rend ce programme réellement efficace (selon les recherches)
• répétition sur plusieurs semaines
• forte dimension émotionnelle
• participation active
• travail sur les témoins
• langage commun dans l’école
• repères stables pour demander de l’aide
Quand les enfants deviennent acteurs du climat scolaire
Plutôt que d’attendre l’intervention d’un adulte, les élèves de Niort apprennent à s’écouter et à s’entraider. Résultat : un climat scolaire apaisé et une initiative qui inspire déjà ailleurs.
150 enfants sont formés chaque année pour devenir médiateurs.
12 écoles primaires sont déjà engagées dans le dispositif.
Zéro coût supplémentaire : la démarche est basée sur la volonté et l’accompagnement éducatif.
À Niort, la médiation par les pairs a trouvé sa place dans les écoles primaires depuis 2015. Chaque année, près de 150 enfants volontaires sont formés pour devenir « médiateurs » auprès de leurs camarades. Une façon concrète et peu coûteuse de prévenir les conflits, de renforcer l’écoute entre élèves et de favoriser un climat apaisé au sein des établissements.
La Fédération Française des Trucs qui Marchent (FFTM) met en lumière des initiatives portées par des élus locaux qui ont fait leur preuve sur le territoire et qui méritent d’être dupliquées partout en France.
C’est la montée en puissance des I.A. qui nous conduit à rechercher les formes d’intelligence ou de capacité à traiter les situations qui seront hors de porté de la machine. Chacun saisira bien qu’il s’agit d’une question essentielle. Un petit éclairage sur différentes approches avant d’aborder ce que nous avons retenu.
Howard Gardner, dont la théorie n’est pas validée par les scientifiques mais prise en compte par des professionnels de l’éducation, avait finit par identifier 9 formes d’intelligences et faisait remarquer que l’on privilégiait à l’école les deux premières (qui sont justement concurrencées par les I.A ; à savoir :
Robert Sternberg distinguait l’intelligence analytique qui permet l’efficacité du traitement de l’information : résoudre des problèmes, analyser les résultats ; l’Intelligence créative lorsqu’on est confronté à une nouvelle situation et l’Intelligence pratique qui permet de s’adapter à l’environnement.
Beaucoup de gens s’accordent pour distinguer les intelligences conceptuelles, sensibles et concrètes qu’Elisabeth Meichelbeck avait démultiplié de façon fractale en : cohérence (conceptuel du conceptuel), symbolique (sensible du conceptuel), structurelle (concret du conceptuel), évaluative (conceptuel du sensible), impliquante (sensible du sensible, stratégique (concret du sensible ; méthodologique (conceptuel du concret), émotionnelle (sensible du concret), pulsionnelle (concret du concret).
C’est pourtant Peter Koestenbaum, dans son livre « Socrate et le business » que nous avons retenu ; il a identifié de 27 formes d’intelligence, non reconnues officiellement mais qui décrivent indubitablement des capacités qui sont hors de portée de la machine ; nous les avons regroupé en trois catégories correspondant aux trois grand thèmes de la plateforme .
1- L’être et les liens: Être confiant dans la vie en soi – joyeux, explorer la légèreté par lejeu – rebondir, être résilient, choisir librement, passer à l’acte, se sentir responsable, avoirune force intérieure qui rend volontaire, être soi même, être simple, pouvoir capterl’essentiel.
2-Le pouvoir et l’action locale : reconnaitre l’autre – gratitude, écouter et être disponible,être présent, être empathique, aimer, pardonner, avoir le courage d’affronter l’inconnu, lacapacité de créer du lien et dialoguer dans une optique de transformation mutuelle.
3-Le vivant et refaire société : percevoir le beau, se connecter au sacré au transcendant,être à l’aise avec la finitude, imaginer -innover, être au service du commun, intégrer les expériences -sagesse, avoir de l’humour et du détachement, avoir le sens du symbolique, se projeter vers l’avenir.
Nous proposerons références et exercices appropriés par la suite. Et nous espérons que nos lecteurs auront envie de faire un petit check up de leurs forces et faiblesses.
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