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Photoscope : un guide pour évaluer un projet photovoltaïque et contribuer au dialogue territorial

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Le Photoscope de France Nature Environnement est un outil d’aide au positionnement sur les projets de parcs photovoltaïques au sol. Composé d’un livret et d’une grille d’analyse multicritères, c’est un outil complet pour s’approprier les enjeux du solaire dans son territoire et participer au dialogue territorial. Avec l’Éoloscope terrestre la transition énergétique, qui repose sur 2 piliers : tourner le dos aux énergies fissiles et fossiles grâce aux énergies renouvelables et mettre l’accent sur la sobriété énergétique

La transition énergétique pour FNE

France Nature Environnement est résolument engagée dans la transition énergétique, qui repose sur deux piliers : tourner le dos aux énergies fissiles et fossiles grâce aux énergies renouvelables et mettre l’accent sur la sobriété énergétique.

Pour que le développement des filières de production d’énergies renouvelables soit le plus vertueux possible, FNE plaide pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, accompagnée d’un dialogue renforcé entre les associations de protection de l’environnement et les porteurs de projets (collectivités, industries, citoyen·nes).

Tourner le dos aux énergies fissiles et fossiles grâce aux énergies renouvelables et mettre l’accent sur la sobriété énergétique

L’Essentiel de la transition énergétique

Pourquoi la transition énergétique est-elle indispensable ? Comment la mener ? Quels objectifs la France s’est-elle fixée et peut-elle vraiment les atteindre ? Quels sont les avantages et les limites des différentes sources d’énergie ? C’est à toutes ces questions que FNE a essayé de répondre dans ce petit livret pédagogique et visuel, pour vous permettre de comprendre en un clin d’œil les principaux enjeux de la transition énergétique.

Le Photoscope 2022 : outil d’aide au positionnement sur les projets de parcs photovoltaïques

Le Photoscope s’adresse aux associations du mouvement France Nature Environnement, mais aussi aux porteurs de projets – publics, privés ou citoyens -, aux collectivités territoriales, aux professionnels du solaire ou à toute personne souhaitant :

  • découvrir ou approfondir sa connaissance des enjeux liés au photovoltaïque ;
  • faciliter le dialogue avec les acteurs territoriaux ;
  • se positionner par rapport à un projet précis de parc photovoltaïque au sol dans son territoire.

La première moitié du livret présente la position de France Nature Environnement sur le photovoltaïque, au cœur d’enjeux énergétiques, environnementaux et sociaux, et contient toutes les informations utiles pour construire son positionnement et participer au dialogue sur le développement du solaire dans un territoire (étapes, réglementation, accès à l’information…).

La seconde moitié détaille les critères à prendre en compte pour construire son positionnement sur un projet précis, en identifiant pour chacun des bonnes pratiques et/ou des points de vigilance. Vous pourrez alors renseigner la grille d’analyse téléchargeable ci-dessous pour faire un premier bilan du projet. 

A noter : le Photoscope est destiné à être utilisé le plus en amont possible des projets de parcs solaires au sol, afin de participer à la planification du développement du solaire et de pouvoir se positionner à toutes les étapes du projet pour prendre en compte tous les enjeux qui y sont associés. Cet outil a vocation à évoluer dans le temps, à la lumière des retours d’expérience, de l’évolution de la réglementation et des connaissances scientifiques. Les projets de parcs solaires flottants et d’agrivoltaïsme ne sont pas traités ici.

Les autres outils Scopes de France Nature Environnement

France Nature Environnement est résolument engagée dans la transition énergétique, qui repose sur 2 piliers : tourner le dos aux énergies fissiles et fossiles grâce aux énergies renouvelables et mettre l’accent sur la sobriété énergétique. Pour que le développement des filières de production d’énergies renouvelables soit le plus vertueux possible, France Nature Environnement plaide pour une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, accompagnée d’un dialogue renforcé entre les associations de protection de l’environnement et les porteurs de projets (collectivités, industriels, citoyens). Pour cette raison, FNE développe pour l’ensemble des 5800 associations de son mouvement comme pour tous les porteurs de projets, une série d’outils, les « Scopes », pour les différentes filières. En plus du Photoscope, ces documents regroupent :

  • Le Méthascope, paru en 2016 : outil d’aide au positionnement sur les projets de méthanisation
  • L’Éoloscope terrestre, paru en 2020 : outil d’aide au positionnement sur les projets de parcs éoliens terrestres
  • L’Éoloscope offshore, paru en 2020 et mis à jour en 2021: outil d’aide au positionnement sur les projets de parcs éoliens marins.

L’Éoloscope offshore 2021: outil d’aide au positionnement sur les projets de parcs éoliens marins

France Nature Environnement édite l’Éoloscope Offshore, outil de dialogue territorial, d’aide au positionnement à destination des associations, mais aussi des porteurs de projets éoliens et des collectivités qui souhaitent mieux comprendre les attentes des associations et améliorer leurs pratiques.

Ce document propose une démarche permettant d’évaluer la faisabilité et l’acceptabilité d’un projet éolien offshore, lors de la planification comme dans le cadre d’un projet défini.

L’Éoloscope terrestre 2020 : outil d’aide au positionnement sur les projets de parcs éoliens terrestres

L’Éoloscope terrestre est un outil d’aide au positionnement sur les projets de parcs éoliens terrestres. Composé d’un livret et d’une grille d’analyse multicritères, c’est un outil complet pour s’approprier les enjeux de l’éolien dans son territoire.

France Nature Environnement édite l’Éoloscope terrestre, outil de dialogue territorial, d’aide au positionnement à destination des associations, mais aussi des porteurs de projets éoliens et des collectivités qui souhaitent mieux comprendre les attentes des associations et améliorer leurs pratiques. Ce document s’adresse aux associations du mouvement FNE, mais aussi aux porteurs de projets, aux collectivités territoriales, aux professionnels de l’éolien ou à toute personne souhaitant :

  • découvrir ou approfondir sa connaissance des enjeux liés à l’éolien terrestre ;
  • faciliter le dialogue avec les acteurs territoriaux ;
  • se positionner par rapport à un projet précis de parc éolien terrestre dans son territoire.

La première partie de ce livret présente le positionnement de France Nature Environnement sur l’éolien terrestre, au cœur d’enjeux énergétiques, environnementaux et sociaux. La deuxième partie aborde les démarches à effectuer pour construire un positionnement lorsqu’un projet de parc éolien terrestre émerge dans un territoire, en listant les documents sources et les manières d’accéder à l’information. La troisième partie vous informe de façon plus générale sur les aspects réglementaires et techniques des projets de parc éolien terrestre.

Le Méthascope 2016 : outil d’aide au positionnement sur les projets de méthanisation

Le Méthascope est un outil d’aide au positionnement sur les projets de méthanisation. Composé d’un livret et d’une grille d’analyse multicritères, c’est un outil complet pour s’approprier les enjeux de la méthanisation dans son territoire.

France Nature Environnement a travaillé avec le soutien de l’Ademe et de GRDF à la conception d’un outil multicritère d’aide au positionnement à destination des associations mais aussi des porteurs de projets de méthaniseur. L’outil « Méthascope »  poursuit 3 objectifs :

  1. Découvrir ou approfondir sa connaissance des enjeux liés à la méthanisation
  2. Faciliter le dialogue avec les acteurs territoriaux
  3. Se positionner par rapport à un projet précis de méthanisation dans son territoire

Biodiversité : des clés pour agir

La revue trimestrielle « Biodiversité : des clés pour agir », éditée par l’Office français de la biodiversité (OFB), a pour objectif de transmettre des outils clés de gestion et des éclairages pour partager les bonnes pratiques et les innovations. Destinée aux professionnels en prise directe avec la gestion des territoires, elle représente un levier, un moyen d’action pour contribuer à lutter contre l’érosion de la biodiversité et réduire les pressions, par le biais de la diffusion de la connaissance et de l’information.

N° 11 – Agir foncièrement pour la biodiversité

Sommaire

  • Comprendre
    • Télédétection des prairies de fauche et de leur date de fauche
    • IndiQuaSols : mieux mesurer pour mieux préserver ce qui se passe sous nos pieds
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Entretien avec Jean-Baptiste Bosson
    • Ateliers hors les murs : l’enseignement supérieur s’empare de la biodiversité locale
    • Comment coupler science participative et enseignement : l’exemple du programme ColCopEA
  • Dossier : Agir foncièrement pour la biodiversité
  • Agir
    • De nouveaux mémentos ABC pour soutenir la transition écologique des territoires
    • Raconter l’histoire d’un territoire pour préserver sa biodiversité : inspirations d’outre-mer
    • Le règlement sur la restauration de la nature, un texte européen d’ambition inédite depuis 30 ans
  • Se repérer
    • Biodiversité et santé, tout est lié
    • Partenariat France-Afrique du Sud pour la biodiversité : une opportunité d’apprentissage entre pairs
    • Quelques chiffres autour des pressions exercées sur le milieu marin en France

À chaque numéro, plusieurs articles sont mis à la disposition des lecteurs gratuitement :

N° 10 – Changement climatique : s’adapter avec la nature

Sommaire

  • Comprendre
    • Sonosylva : écouter les forêts, à grande échelle, pour mieux les protéger
    • Une « protection rapprochée » en France pour le puffin des Baléares, oiseau marin le plus menacé d’Europe
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • L’Université de la Terre 2025 : une invitation à résoudre l’équation « nature = futur »
    • Entretien avec Bill François
    • Escape games et biodiversité : une combinaison gagnante !
  • Dossier : Changement climatique : s’adapter avec la nature
  • Agir
    • Le métabarcodage des diatomées : un outil pour optimiser l’évaluation de la qualité des milieux aquatiques
    • Le fonds de l’écocontribution du permis de chasser : un levier pour la préservation de la biodiversité
    • Le Prix national du génie écologique : 10 ans de retours d’expérience inspirants !
    • Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique : quelles avancées et quels liens avec la biodiversité ?
  • Se repérer
    • Blue4All dynamise la protection marine de façon concertée en Europe
    • Des chiffres clés sur les effets du changement climatique en France

N° 9 – Restaurer les habitats marins : les apports du projet LIFE Marha

Sommaire

  • Comprendre
    • Morphologies urbaines et autres pressions anthropiques en ville : quels impacts sur la biodiversité ?
    • Un nouvel outil pour limiter les dégâts agricoles causés par le sanglier
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Le réseau Sinapce : une dynamique pour améliorer la compatibilité activités-biodiversité dans les aires protégées
    • Entretien avec Marie Lusson. Plongées plurielles au cœur de la rivière.
    • Des aires éducatives pour former les élèves à l’écocitoyenneté
  • Dossier : Restaurer les habitats marins : les apports du projet LIFE Marha
  • Agir
    • Biodiversa+, un partenariat pour faire converger la surveillance de la biodiversité en Europe
    • L’extension d’une réserve naturelle, entre urgence et compromis, une aventure humaine
    • Le ministère des Armées poursuit son engagement dans la gestion de la biodiversité avec les Conservatoires d’espaces naturels
  • Se repérer
    • Encadrement des épreuves et compétitions d’engins motorisés dans les espaces naturels : quelle prise en compte des intérêts écologiques ?
    • Le Parc national de Gilé, un modèle de conservation mêlant approche participative et cogestion public-privé au Mozambique
    • Quelques données biodiversité dans les cinq départements-régions d’Outre mer

N° 8 – Énergies renouvelables et biodiversité

Sommaire

  • Comprendre
    • Le réseau Lacs sentinelles : évaluer la réponse des lacs d’altitude aux pressions environnementales
    • Les effets du changement climatique sur la productivité de la mer d’Iroise vus au travers du plancton
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Les stations de biosécurité, un nouvel outil de lutte contre les plantes invasives à La Réunion
    • LIFE Biodiv’Est, un projet fédérateur à l’échelle d’une Région
    • Entretien avec Erik Orsenna « Je suis un conteur… »
  • Dossier : Énergies renouvelables et biodiversité
  • Agir
    • Marchés publics : comment réaliser un achat écoresponsable ?
    • La biodiversité urbaine évaluée par les syrphes
  • Se repérer
    • La protection juridique du patrimoine géologique : de l’aperception à la patrimonialisation
    • Landcare Europe : un nouveau réseau européen pour une approche coopérative entre agriculture et conservation de la nature
    • Les mammifères des milieux humides de France hexagonale en quelques chiffres

N° 7 – Gérer la fréquentation dans les aires protégées

Sommaire

  • Comprendre
    • Plantes compagnes et champignons mycorhiziens : quels bénéfices pour l’agroécologie ?
    • Impact cumulé des retenues sur la thermie des cours d’eau : une étude concluante dans l’Aveyron
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Trame brune et planification urbaine
    • Entretien avec Francis Hallé, botaniste, responsable des missions du Radeau des Cimes
    • Des écoles naturalistes en Île-de-France
  • Dossier : Gérer la fréquentation dans les aires protégées
  • Agir
    • Sobriété et biodiversité, les bonnes pratiques des collectivités locales
    • Comment améliorer la mise en œuvre de la gestion adaptative en France ?
    • La Stratégie nationale biodiversité 2030 : une réponse collective pour faire face à l’urgence écologique
  • Se repérer
    • Une évaluation mondiale des espèces exotiques envahissantes
    • Prévention des incendies : concilier débroussaillement, biodiversité et paysages
    • Suivi des échouages de mammifères marins en France hexagonale (1991-2020)

N° 6 – Allier agriculture et biodiversité

Sommaire

  • Comprendre :
    • Caractériser les relations flore-température sur les éboulis froids
    • Réglementation sur la protection des poissons d’eau douce en métropole : état des lieux
    • La sélection de la rédaction
  • Changer :
    • Aides-territoires : un service unique pour accompagner les projets des collectivités
    • Entretien avec Marc-André Selosse, biologiste, chercheur, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle
    • l’Atlas de la biodiversité communale : de l’inventaire naturaliste au plan d’actions
  • Dossier : Allier agriculture et biodiversité
  • Agir :
    • Suivi du chat forestier : le point en Occitanie
    • Gestion participative des ressources halieutiques : le cas du mérou géant en Guyane
    • Évaluer son aire protégée : retour d’expérience à partir de sites gérés par l’OFB
  • Se repérer :
    • Former à la gestion de la biodiversité en Afrique : des écoles de faune aux MOOC
    • Présence des ongulés sauvages en France métropolitaine

N° 5 – Atténuer les pressions sur les mammifères marins

Sommaire

  • Comprendre
    • Vers une lutte biologique pour conserver le tamarin des Hauts
    • Estimer l’effort d’échantillonnage de réseaux participatifs : l’exemple du réseau Loup-lynx
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Le financement participatif : un outil de mobilisation au service de la biodiversité
    • Pour une prise en compte de la diversité génétique dans les actions de gestion
    • Entretien avec François Sarano, docteur en océanographie, plongeur professionnel et ancien chef d’expédition de La Calypso
  • Dossier : Atténuer les pressions sur les mammifères marins
  • Agir
    • Dans les coulisses d’un « Marathon de la biodiversité »
    • Une méthode pour évaluer le potentiel de gain écologique d’un site
    • Plan national en faveur des migrateurs amphihalins : une vision globale, des actions concertées
  • Se repérer
    • IMPAC5 : 5e congrès international des aires marines protégées au Canada
    • La biodiversité française en déclin
    • Évolution des ventes de produits phytosanitaires en Métropole (2009-2021)

N° 4 – Insectes pollinisateurs : enrayer le déclin

Sommaire

  • Comprendre
    • RES’SOL : restaurer les écosystèmes avec des semences sauvages d’origine locale
    • Comment les castors et leurs barrages changent la vie des rivières
    • Micropolluants : en ville ou à la campagne, des solutions pour agir
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Entretien avec Marine Calmet, juriste et présidente de l’association Wild legal
    • DeepFaune : vers un traitement automatisé des images de pièges photographiques
    • Le « Défi familles à biodiversité positive » : prendre en main son empreinte biodiversité
  • Dossier : « Insectes pollinisateurs : enrayer le déclin »
  • Agir
    • Comment identifier un potentiel de renaturation sur son territoire ?
    • Localiser et supprimer les décharges littorales enfouies
    • COP15 : un accord historique pour la biodiversité
  • Se repérer
    • Le droit de l’environnement des Outre-mer
    • L’Afrique australe se réunit autour d’un projet régional d’analyse spatiale de la biodiversité
    • L’assèchement estival des petits cours d’eau de Métropole

Numéro spécial Rencontres Biodiversité et Territoires

Ce numéro spécial de la revue « Biodiversité, des clés pour agir », a été élaboré à l’occasion des Rencontres Biodiversité et Territoires (RBT), qui ont lieu les 12 et 13 décembre 2023, à Montpellier.

Fruit d’une sélection d’articles tirés des cinq numéros précédents de la revue, ce numéro s’inscrit dans l’esprit de cet événement structurant dédié tant à la réflexion qu’à l’action. Les huit parcours de l’événement, véritables itinéraires guidés vers la préservation active de la biodiversité, trouvent leur écho dans les pages de cette revue. Protection des milieux aquatiques, préservation des espaces naturels en milieu urbain ou encore promotion d’une agriculture respectueuse de la biodiversité, des clés pour agir concrètement sont présents dans l’ensemble des articles disponibles.

Sommaire

  • Éducation & sensibilisation
    • Sciences participatives, une puissante communauté de professionnels
    • Le — Défi familles à biodiversité positive ™ : prendre en main son empreinte biodiversité
  • Changement climatique
    • Aider les territoires à s’adapter aux changements climatiques, avec la nature
    • Transition écologique : les cours d’écoles montrent l’exemple
    • Comment identifier un potentiel de renaturation sur son territoire ?
  • Nature en ville
    • Face au déclin des pollinisateurs sauvages, des clés pour agir localement
    • Prendre en compte le sol et le végétal dans les espaces verts
    • Le Parc urbain des papillons
  • Aménagement du territoire
    • L’objectif — Zéro artificialisation nette ™ : un nouvel horizon pour des sols vivants
    • Le droit de l’environnement des Outre-mer
  • Tourisme & loisirs
    • Protéger les oiseaux de montagne dans les domaines skiables
  • Gestion des milieux naturels
    • Trame noire : restaurer la nuit
    • Pollution lumineuse : une pression croissante sur la biodiversité
    • Restaurer sans diviser
    • Dans les coulisses d’un— Marathon de la biodiversité
  • Ingénierie & formation
    • La Fresque de la Biodiversité, une expérience qui pousse à l’action
    • Le financement participatif : un outil de mobilisation au service de la biodiversité
    • L’assèchement estival des petits cours d’eau de Métropole
  • Agriculture & Alimentation
    • D’un programme de conservation des oiseaux aux enjeux de l’agriculture

N° 3 – Aider les rivières à reprendre leur cours

Sommaire

  • Comprendre
    • Protéger les oiseaux de montagne dans les domaines skiables
    • Stratégie d’actions sur les limicoles nicheurs des hauts de plage
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Des outils innovants dans les parcs naturels marins
    • Entretien avec Pierre Déom Naturaliste, auteur et illustrateur de la revue La Hulotte
    • La Fresque de la Biodiversité, une expérience qui pousse à l’action
  • Dossier : Aider les rivières à reprendre leur cours
  • Agir
    • Flore Sentinelle : un réseau pour veiller au patrimoine végétal des Alpes
    • Stratégie nationale pour les aires protégées : où en est-on ?
  • Se repérer
    • L’objectif « Zéro artificialisation nette » : un nouvel horizon pour des sols vivants
    • Regard sur trois décennies de suivi des poissons en France métropolitaine
    • Réglementation du whale watching dans le monde : quelles sources d’inspiration pour la France ?

N°2 – Trame noire : restaurer la nuit

Sommaire

  • Comprendre
    • Le réseau POCOROCH : plonger pour compter les poissons
    • Évaluer l’état de conservation des forêts d’Occitanie
    • Analyse des causes de mortalité du lynx et du loup en France
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Les nudges, de nouveaux outils au secours de la biodiversité ?
    • Vers la préservation du patrimoine mondial marin : entretien avec Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Unesco
    • Transition écologique : les cours d’écoles montrent l’exemple
  • Dossier : « Trame noire : restaurer la nuit
  • Agir
    • LIFE rivière Dordogne, un projet pilote pour la restauration des grands cours d’eau
    • Sciences participatives, une puissante communauté de professionnels
  • Se repérer
    • Le lagopède alpin, plus mobile qu’on ne le pensait
    • Évolution des sites humides emblématiques en France entre 2010 et 2020
    • Le projet des Salgado pour faire revenir la vie au Brésil
    • Face à un animal sauvage mort ou blessé : agir selon les règles

N°1 – La haie : enjeux écologique

Sommaire

  • Comprendre
    • Des phoques suivis par balises en Manche – mer du Nord
    • Caractériser le climat des sols de montagne et ses relations aux biodiversités
    • La sélection de la rédaction
  • Changer
    • Aider les territoires à s’adapter aux changements climatiques, avec la nature
    • Changer en profondeur : entretien avec Denis Couvet, Président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité
    • Retour sur le dernier Congrès mondial de la nature
  • Dossier : « La haie : enjeux écologiques »
  • Agir
    • Face au déclin des pollinisateurs sauvages, des clés pour agir localement
    • Changement climatique : les aires protégées aux avant-postes de l’adaptation
  • Se repérer
    • Le contrat portant Obligations réelles environnementales (ORE) : l’outil de protection volontaire de la biodiversité
    • Suivre l’évolution des oiseaux nicheurs et hivernants présents en métropole
    • Dix critères de réussite dans la restauration des écosystèmes

Démocratiser le travail : un enjeu d’avenir pour l’ESS – Économie Sociale et Solidaire

En 2024, le Labo de l’ESS a initié un travail prospectif pour « Transformer le travail à horizon 2050 » et le centrer sur la question de la démocratisation du travail. Première publication issue de ce travail, la note « Démocratiser le travail : un enjeu d’avenir pour l’ESS ! » vise à donner des clés de compréhension de la démocratie au travail et de ses enjeux, en éclairant concrètement la façon dont l’économie sociale et solidaire peut tendre vers cet objectif. 

S’appuyant sur une revue de littérature et une série d’entretiens avec des chercheur·euse·s, syndicalistes et acteur·rice·s de l’ESS, la note souligne plusieurs enjeux liés à la démocratisation du travail dans l’ESS : trop souvent réduite à la question de la démocratisation de la gouvernance, celle-ci suppose de donner aux travailleur·euse·s une réelle capacité d’action et de décision sur les finalités de leur travail et son organisation concrète, ce qui nécessite de mobiliser des moyens adéquats : du temps dédié et rémunéré pour la délibération, la création de contenus de formation spécifiques, la lutte active contre les inégalités de capital social et économique, etc.

Donner aux travailleur·euse·s une réelle capacité d’action et de décision sur les finalités de leur travail et son organisation concrète

À partir des leviers et pistes d’expérimentation esquissés dans cette note, les prochains travaux auront pour objectif de permettre aux acteur·rice·s de l’ESS une compréhension fine du contexte socio-économique dans lequel s’inscrivent leurs activités, pour mieux se repérer dans un contexte changeant rapidement et où la démocratisation du travail devient un enjeu politique, social et écologique d’une importance grandissante.


« Le Labo étant un think tank de l’ESS, il souhaite donner à ses employeurs les repères nécessaires pour demeurer fidèles aux fondamentaux qui les caractérisent depuis le XIXème siècle mais aussi pour inventer, avant les autres, un rapport au travail correspondant mieux aux aspirations de ses salariés et aux réalités économiques d’après-demain » 

Frédéric Tiberghien, Conseiller d’état, président d’honneur de l’ORSE et Animateur de l’Axe de travail du Labo de l’ESS pour « Transformer le travail à horizon 2050« 


Résumé

L’ESS est un riche laboratoire d’expérimentations concrètes de la démocratisation du travail

Dans le contexte d’une intensification des multiples crises sociales, écologiques et sanitaires, la démocratisation du travail, c’est-à-dire le renforcement du pouvoir d’agir des travailleur·euse·s sur l’organisation concrète et les finalités de leur production, constitue un enjeu politique majeur. Du fait de son histoire et de ses spécificités, l’ESS est, quant à elle, un riche laboratoire d’expérimentations concrètes de cette démocratie. Cependant, sa réflexion sur la démocratisation de son organisation s’est encore trop peu intéressée à l’organisation concrète et quotidienne du travail, restant largement cantonnée aux enjeux de partage de la gouvernance. La présente note entend contribuer à cette réflexion, en se nourrissant de la parole de chercheur·euse·s et d’acteur·rice·s qui tentent d’aller plus loin.

Le Labo de l’ESS tient à remercier Aurélien Alphon – Layre, Antonella Corsani, Simon Cottin – Marx,
Alexis Cukier, Béatrice Delpech, Emmanuel Dockès, Corentin Gombert, Maxime Quijoux, Stéphane
Veyer ainsi que les membres du comité de pilotage de l’axe de travail pour les échanges ayant
nourri cette publication.

Cette note introduit la réflexion prospective sur la démocratie au travail et l’ESS initiée par le think tank dans le cadre de l’axe de travail pour « Transformer le travail à horizon 2050 », en partenariat avec la Fondation Syndex.

Elle est accompagnée d’une tribune de David Cluzeau, président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES) et Directeur Général d’Hexopée.

Note « Démocratiser le travail : enjeu d’avenir pour l’ESS »

Tribune de David Cluzeau, président de l’UDES et Directeur Général d’Hexopée

Cette tribune a été écrite en réaction à la note « Démocratiser le travail : un enjeu d’avenir pour l’ESS ! », publiée par le Labo de l’ESS en mai 2026.

David Cluzeau
Président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES), délégué général d’Héxopée

« Les travaux du Labo de l’ESS sur la démocratisation du travail posent une question que l’économie sociale et solidaire ne peut pas accueillir comme un sujet extérieur à elle-même. Elle nous oblige à regarder ce que nous faisons réellement de la démocratie lorsque nous cessons d’en parler comme d’un principe statutaire pour l’observer dans le travail, les arbitrages, les contraintes, les désaccords, la manière dont une activité se dessine, se décide et se réalise.

C’est, pour l’UDES, un enjeu central. Non parce que l’ESS aurait par nature résolu ce que d’autres formes d’entreprises ignoreraient encore. Ce serait trop simple et assez peu conforme à l’expérience. Mais parce que nos organisations portent une promesse particulière : celle d’une économie qui ne sépare pas l’utilité sociale, la qualité du travail, la viabilité économique et la responsabilité démocratique.

Or, il nous faut avant tout être lucides : dans les associations, les mutuelles, les coopératives, la démocratie peut être très présente dans les textes et à peine affleurer dans le fonctionnement quotidien. Une assemblée générale peut décider du projet sans que les salariés aient réellement prise sur l’organisation concrète de leur travail. Une gouvernance peut être sincèrement attachée à l’intérêt général et néanmoins peu outillée pour entendre ce que le travail réel produit comme savoirs, alertes, fatigues, inventions ou renoncements.« 

Appel des employeurs engagés

En 2021, l’UDES a lancé un appel aux employeurs de l’économie sociale et solidaire pour les inciter à mettre en évidence leurs spécificités et à travailler leurs pratiques managériales dans le secteur de l’innovation sociale.

Être un employeur engagé, c’est d’abord et avant tout questionner sa responsabilité sociale, mais aussi économique, travailler ses qualités managériales, interroger la transition écologique dans son projet d’entreprise ou d’association

Être un employeur engagé, c’est travailler son « employeurabilité » pendant de l’employabilité pour les salariés, c’est-à-dire veiller avant tout à la qualité des emplois, en objectivant les processus de recrutement mais aussi en favorisant la fidélisation des salariés au projet. L’employeurabilité d’une organisation se mesure sur deux niveaux : l’attractivité de l’employeur sur le marché du travail et les modes d’actions de l’entreprise en tant qu’organisatrice de la relation d’emploi.

Être un employeur engagé, c’est s’engager, au-delà de ce que le cadre réglementaire oblige, sur toutes les composantes de la fonction employeur

Telle est l’ambition de cet appel : poser des engagements et définir les critères à partir desquels évaluer l’exercice de la fonction employeur dans l’ESS ; afficher et affirmer des ambitions communes en la matière pour l’ensemble des employeurs de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Webinaire « Démocratiser le travail : un enjeu d’avenir pour l’ESS » – Replay du 5 mai 2026

Replay du webinaire « Démocratiser le travail, un enjeu d’avenir pour l’ESS » co-organisé par le Labo de l’ESS et les Ateliers Travail & Démocratie !

Alors que le capitalisme devient toujours plus autoritaire et productiviste, pouvons-nous prendre collectivement le pouvoir sur notre travail ? Et comment ? Un collectif1 de chercheur.es, syndicalistes et professionnel·les raconte des enquêtes, luttes et alternatives qui montrent que c’est possible et analyse les manières dont s’y prennent concrètement les travailleur-ses pour donner du sens à leurs activités, prendre soin des collectifs et conquérir de l’autonomie au travail. Leur Manifeste prend position dans les débats en cours sur le renouvellement du syndicalisme et avance des propositions politiques pour mettre le travail au service de la démocratie, de l’émancipation et de la défense du vivant.

Paradoxalement, les débats sur les liens entre entreprises et démocratie laissent très largement de côté la question du travail. Or, les modes collectifs de gouvernance n’impliquent pas nécessairement une véritable autonomie des travailleur·euse·s, salarié·e·s ou non. Démocratiser le travail est pourtant un enjeu essentiel, tant pour lui redonner sens, lutter contre les rapports de domination en son sein, co-construire des activités soutenables à la fois socialement, économiquement et écologiquement mais aussi participer plus largement à la régénération de la vie démocratique de nos sociétés.

Il est donc plus qu’urgent que l’ESS se saisisse pleinement de cette question, en partant de la pluralité de ses réalités et des aspirations de celles et ceux qui la constituent  ! Ce webinaire s’est tenu le mardi 5 mai de 13h30 à 15h00, à l’occasion de la parution conjointe en avril du Manifeste pour une démocratie du travail (Éd. La Dispute), fruit d’un travail mené par le collectif des Ateliers Travail & Démocratie et d’une note intitulée « Démocratiser le travail, un enjeu d’avenir pour l’ESS ! » réalisée par le Labo de l’ESS dans le cadre de sa démarche prospective menée sur le sujet.

Intervenant·e·s : Aurélien Alphon-Layre, Syndicat CGT des CAE Amandine Brugière, Responsable des développements techniques et scientifiques à l’Anact Béatrice Delpech, Directrice générale adjointe d’Enercoop Patrick Julien, Responsable des relations sociales de l’UDES Laetitia Tribhou, Cheffe de projet en santé et qualité de vie au travail au sein d’Harmonie Mutuelle ESS

Manifeste Travail & Démocratie


  1. Membres du collectif des Ateliers Travail & Démocratie : Aurélien Alphon-Layre, Catherine Arnaud, Iwan Barth, Yves Baunay, Bernard Bouché, Fabrice Bourgeois, Thomas Coutrot, Damien Cru, Alexis Cukier, Christine Eisenbeis, Olivier Frachon, Marie Lesage, Julien Lusson, Dominique Malon, Christine Martin, Pascale Molinier, Muriel Prévot-Carpentier, Corinne Savart-Debergue, Nicolas Spire. ↩︎

Comment les sols sont‑ils devenus un enjeu climatique ? Le regard de la sociologie

Longtemps pensés uniquement à l’aune de leur fertilité, les sols sont aujourd’hui redécouverts pour leur statut de puits de carbone. Autrement dit, leur capacité à séquestrer le carbone en fait des contributeurs de premier plan à la lutte contre le changement climatique. Une étude sociologique menée auprès de scientifiques, politiques et acteurs publics territoriaux met en évidence cette redéfinition climatique des sols et ses conséquences concrètes.

Les couverts végétaux font partie des pratiques favorables à la séquestration du carbone dans les sols. Shutterstock

Par Céline Granjou, Antoine Doré, Robin Leclerc et Stéphanie Barral de l’Inrae, Hélène Guillemot du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Laure Manach de Mines Paris – PSL, Léo Magnin de l’Université Gustave Eiffel


Si le rôle climatique des forêts comme puits de carbone est connu depuis les années 1990, celui des sols l’est moins. Ces derniers contiennent pourtant trois fois plus de carbone et jouent un rôle clef dans son cycle global. Lors de la COP21 à Paris en 2015, le gouvernement français avait lancé l’initiative 4 pour 1000 afin d’encourager les agricultrices et agriculteurs à séquestrer du carbone dans les sols.

Piéger le carbone dans les sols : où en est l’initiative « 4 pour 1 000 » ?
Sélectionner les pratiques agricoles qui permettront d’accroître le stock de carbone des sols. Jansen Lube/Flickr, CC BY

En augmentant les stocks de carbone des sols, la démarche visait à compenser les émissions fossiles tout en améliorant la qualité des sols.

Pour sauver nos systèmes alimentaires, restaurer nos sols en séquestrant le carbone

Mais la capacité des sols à séquestrer du carbone requiert l’adoption de pratiques agricoles spécifiques : implantation de couverts végétaux, réduction du labour, plantation de haies ou d’arbres, ou encore restitution à la terre des résidus de cultures comme les pailles. La préservation des zones humides, des forêts et des prairies, dont les sols sont particulièrement riches en carbone, contribue aussi à atténuer le changement climatique.

Les sols aussi émettent des gaz à effet de serre, et les pratiques agricoles font la différence
Les sols agricoles peuvent piéger les gaz à effet de serre, mais aussi en relâcher dans l’atmosphère. Malshkoff/Shutterstock

Comment ces diverses pratiques de séquestration du carbone modifient-elles les conceptions des sols ? L’équipe du projet ANR Posca a mené une vaste enquête sociologique pour répondre à cette question. À la clé, plus de 250 entretiens approfondis avec des scientifiques, des décideurs publics, des agents de collectivités territoriales et des acteurs agricoles.

Cette enquête montre que l’essor des pratiques de séquestration s’accompagne d’une redéfinition climatique des sols. Longtemps considérés principalement sous l’angle de la fertilité agricole, les sols sont désormais également vus comme des puits de carbone. Et cela, dans une large gamme de mondes sociaux : la recherche scientifique, mais également les politiques agricoles nationales et les territoires.

Des recherches pour penser les sols à l’aune du climat

Il y a plusieurs décennies que les scientifiques travaillent sur le carbone des sols, souvent appréhendé en termes de matière organique ou d’humus. Ce carbone est en effet essentiel dans la fertilité des sols. Mais depuis le début des années 1990, une partie de leurs recherches se focalise désormais sur la description et la modélisation du rôle que joue le carbone des sols dans le changement climatique.

Les chercheurs ont notamment adapté leurs questions de recherche afin d’interroger les processus qui permettent de stabiliser le carbone dans les sols. Cela a permis de faire évoluer les modèles représentant ces mécanismes, dans le but de contribuer à améliorer les scénarios climatiques. Ils ont également créé de nouvelles infrastructures de surveillance des stocks de carbone dans les sols à l’échelle nationale, et noué de nouvelles collaborations avec les sciences du climat.

Les enjeux climatiques ont par ailleurs conduit les scientifiques des sols à produire de nouveaux travaux d’expertise, à la fois dans le cadre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à l’échelle internationale, mais aussi à l’échelle nationale, pour estimer le potentiel de stockage du carbone dans les sols. Ces réorientations de leurs travaux permettent de fournir des éléments d’appui aux politiques publiques et aux développements économiques liés à la séquestration du carbone.

Les chercheuses et chercheurs ont ainsi transformé leurs agendas et pratiques de recherche pour produire des connaissances qu’ils estiment utiles à la lutte contre le changement climatique. Mais cela n’a pas été sans créer de nouvelles tensions au sein de cette discipline, notamment autour de la question de la non-permanence du carbone dans les sols.

Persistance et vulnérabilité du carbone nouvellement stocké dans les sol agricoles
Différentes pratiques agroécologiques permettent d’augmenter les stocks de carbone organique du sol (COS). Bien que cela soit très positif en termes d’atténuation au changement climatique et de santé des sols, la permanence du stockage additionnel de COS doit être évaluée, en particulier dans un contexte de changement climatique. 

Des crédits carbone pour les sols agricoles qui stockent

De nouvelles conceptions climatiques des sols sont également véhiculées par l’initiative du 4 pour 1000, depuis sa publication fin 2015 par le ministère de l’Agriculture. Cette initiative tire son nom du calcul selon lequel augmenter tous les ans d’environ 0,4 % le stock global de carbone contenu dans les sols permettrait de compenser l’augmentation annuelle des émissions de gaz à effet de serre.

Plus récemment, une étude coordonnée par Inrae a permis de préciser le potentiel de séquestration des sols nationaux. Celui-ci équivaut à environ 40 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole en France – soit 6,5 % du total des émissions nationales. Certes, c’est loin de pouvoir compenser l’ensemble des émissions nationales de gaz à effet de serre, mais cela reste une contribution bienvenue à l’effort d’atténuation, que le gouvernement souhaite encourager.

Cette promesse de séquestration est d’autant plus mise en avant aujourd’hui qu’elle permet de repositionner le secteur agricole comme solution au changement climatique, dans une période où celui-ci est fortement critiqué – quand bien même le secteur reste émetteur net de gaz à effet de serre.

Le gouvernement français a ainsi lancé son label bas carbone (LBC) fin 2018. Cadre de certification des réductions d’émissions et des pratiques séquestrantes, il vise, entre autres, à rétribuer les efforts des agriculteurs qui adoptent de nouvelles pratiques vertueuses. Il permet notamment d’attester du nombre de tonnes de carbone séquestrées, pour que les agriculteurs puissent vendre les crédits carbone correspondant à des entreprises ou des collectivités. Le principe est celui du marché carbone : ces acheteurs pourront, à leur tour, alléguer d’une contribution à l’effort d’atténuation du changement climatique.

Les intermédiaires administratifs du label bas-carbone
Les entreprises dans la division du travail administratif des politiques agroenvironnementales
Léo Magnin, Antoine Doré. Des “ start-ups ” pour “ décarboner ” l’agriculture ? Elucidation empirique d’une promesse d’écologisation. 2024. ⟨hal-05323892⟩

Le label bas carbone contribue à véhiculer une vision des sols agricoles comme puits de carbone optimisables grâce aux changements de pratiques agricoles. Pour autant, son impact reste actuellement limité, car les projets qui en relèvent mobilisent finalement très peu la séquestration du carbone, mais plutôt des pratiques de réduction des émissions.

Le Label Bas-Carbone : quel bilan après 6 ans d’existence ?

Des collectivités qui quantifient le carbone dans leurs sols

Depuis 2016, une nouvelle législation exige par ailleurs que les collectivités de plus de 20 000 habitants évaluent le potentiel de séquestration de carbone par les forêts et les sols. Elles doivent ainsi concevoir un plan climat air énergie territorial (PCAET) qui mesure, entre autres, la quantité de carbone contenu dans les sols et détaille des stratégies possibles pour augmenter ces stocks. La réglementation reste cependant muette sur les moyens et les outils utiles pour quantifier et gérer les stocks de carbone des sols.

Dans ce contexte, les collectivités territoriales mobilisent divers instruments de quantification du carbone des sols. Les analyses de terre étant longues et coûteuses à mettre en œuvre, ces outils reposent généralement sur des données et des modèles numériques qui prédisent l’évolution des stocks de carbone en fonction de différents scénarios de gestion.

SIMEOS AMG – version 2.0 – Propriété d’Agro-Transfert Ressources et Territoires : SIMEOS-AMG est un outil de simulation de l’évolution de l’état organique des sols (Teneurs et stocks de carbone organique) fondé sur le modèle de bilan humique AMG (Du nom de ses auteurs Andriulo A., Mary B. & Guerif J.) et mis en ligne pour la 1ère fois en 2012.
Publié en 1999 par INRAE, le modèle AMG est maintenu et amélioré depuis 2012 dans le cadre du Consortium AMG qui associe Inrae, Agro-Transfert-RT, Avalis, le LDAR et collabore depuis 2016 avec Terres Inovia

L’Ademe a par exemple développé l’outil Aldo, qui permet aux fonctionnaires territoriaux et aux bureaux d’études d’obtenir aisément des valeurs de stocks de carbone.

Agro-Transfert, un organisme de recherche et développement agricole, a également créé l’outil Simeos-AMG. Initialement pensé pour aider les agriculteurs à conserver des sols fertiles et riches en matière organique, il est désormais mobilisé par les professionnels agricoles pour connaître l’impact carbone de leurs pratiques, ainsi que par certaines administrations territoriales pour concevoir leur plan climat air énergie territorial.

Le carbone des sols devient ainsi un nouvel objet d’action publique dans les territoires.

Vers une redéfinition climatique des sols

Notre recherche a ainsi mis en lumière la façon dont les sols se trouvent redéfinis à l’aune des enjeux climatiques, que ce soit dans les mondes de la recherche scientifique, des politiques agricoles nationales ou des territoires. Nos résultats montrent que cette climatisation des sols se traduit d’ores et déjà concrètement par de nouvelles pratiques, des engagements et des instruments inédits qui se développent.

Les sols ne sont par ailleurs pas réduits au rôle de simples réservoirs de carbone à optimiser. L’enquête révèle que nombre d’acteurs, en particulier scientifiques, rappellent que ce carbone à séquestrer peut être relargué dans l’atmosphère, notamment si les pratiques agricoles de séquestration ne sont pas maintenues sur le long terme.

De ce fait, il est crucial d’inscrire ces changements dans le long terme. Et cela d’autant plus que ces pratiques sont aussi alignées avec des gains en termes de fertilité et de qualité des sols, les principales préoccupations dont ils faisaient jusqu’ici l’objet. La redéfinition climatique des sols relie ainsi les questions d’atténuation climatique avec les questions de maintien de la fertilité agricole et de conservation de la qualité des sols.

Céline Granjou, directrice de recherches, Inrae; Antoine Doré, Sociologue des sciences, techniques et politiques environnementales et agricoles., Inrae; Hélène Guillemot, Chercheuse retraitée, Centre national de la recherche scientifique (CNRS); Laure Manach, Post-doctorante en sociologie, Mines Paris – PSL; Léo Magnin, Chargé de recherche en sociologie au CNRS, Université Gustave Eiffel; Robin Leclerc, Post-doctorant et Stéphanie Barral, Sociologue de l’économie et chargée de recherches, Inrae

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Piéger le carbone dans le sol : ce que peut l’agriculture

Il est là, sous nos pieds. Dans notre vie quotidienne on le regarde à peine, et pourtant, il ne s’agit rien de moins que du plus grand stock de carbone des écosystèmes terrestres. Ce palmarès ne revient en effet pas aux forêts, ni à l’atmosphère mais bel et bien aux sols. On trouve environ 2400 milliards de tonnes de carbone dans les deux premiers mètres de profondeur sous la terre, soit trois fois plus que ce que l’on trouve dans l’atmosphère.

Présentation de l’initiative 4 pour 1000

À l’heure du dérèglement climatique et de la nécessité absolue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, cette impressionnante capacité des sols à stocker du carbone laisse songeur. Si les sols ne pourront bien entendu pas à eux seuls faire baisser drastiquement les concentrations de gaz à effets de serre dans l’atmosphère qui sont responsables du réchauffement climatique, ils peuvent néanmoins jouer un rôle substantiel, via la préservation des stocks importants de carbone souterrain, mais aussi via la restauration des terres dégradées notamment grâce à certaines pratiques agricoles, qui permettent de piéger davantage de carbone sous la terre, voici comment.

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Le sol constitue un véritable capital naturel. Au-delà de ces propriétés, il se caractérise par son stock de carbone organique (deux fois plus important que l’atmosphère) et sa biodiversité remarquable (25 % de la biodiversité totale et 40 % de la biodiversité animale).

Le sol est l’une des ressources pilier rendant à l’homme une multitude de services écosystémiques, divisés en quatre grandes catégories : support, approvisionnement, régulation et culturel. Fourni par l’auteur

Il correspond à une ressource non renouvelable puisqu’il faudrait environ mille ans pour créer un centimètre de sol. Ils présentent de multiples fonctions et apportent de nombreux services pour des milliards d’êtres vivants dont l’homme.

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Il faut prendre soin de nos sols. Fourni par l’auteur

La vie secrète des sols français

Les sols représentent une des ressources indispensables pour l’homme à l’échelle de la planète. Sans les sols, aucune source de matières premières (comme les matériaux, les aliments, les fibres ou les combustibles), ni support de construction pour les infrastructures. Sans les sols, pas de purification de l’eau, pas de réduction des contaminants présents dans l’environnement, pas de régulation du climat et des crues.

Sans les sols, pas de recyclage des éléments nutritifs qui permettent le bon fonctionnement des écosystèmes ni de séquestration du carbone. Enfin, sans les sols, une multitude d’organismes n’existeraient pas, ceux-là même qui sont à l’origine de notre survie et du bon fonctionnement de la planète.

Voilà tout l’intérêt de faire l’autruche (à bon escient pour une fois) et de mettre la tête dans le sol, pour voir de plus près ce qu’il s’y passe. C’est ce que se sont engagés à faire un ensemble de chercheurs français au travers du Groupement d’intérêt scientifique sol, créé en 2001.

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La vie secrète des sols français
A chaque sol, sa diversité microbienne. nicolas prieto / unsplash

Stocker le carbone dans les sols pour limiter les impacts du changement climatique

Outre le réchauffement climatique global de la Terre, les aléas climatiques extrêmes, comme les canicules, sécheresses, crues ou moussons exceptionnelles, sont de plus en plus fréquents. Ils peuvent affecter les rendements agricoles et donc la sécurité alimentaire.

Le nombre de jours de sécheresse devrait augmenter jusqu’à près de 70 jours par an à la fin du siècle, contre une vingtaine de jours par an actuellement, d’après un rapport de 2020 des ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Pour faire diminuer le taux de CO2 atmosphérique et limiter les impacts du changement climatique, plusieurs approches sont envisagées et notamment des solutions appelées « technologies à émissions négatives », qui incluent le stockage de carbone dans les sols.

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Les plantes cultivées absorbent et stockent le carbone plus ou moins longtemps selon les variétés. Ici, une parcelle expérimentale de culture de mil dans une station de recherche au Sénégal. Laurent Laplaze, IRD, Fourni par l’auteur

Ce que les emojis racontent de la biodiversité

Qui n’a jamais agrémenté un message d’une petite fleur ou d’un singe moqueur ? Les emojis font désormais partie de notre quotidien mais que disent-ils de notre rapport au vivant ? C’est la question que nous avons voulu poser à l’académicienne des sciences Tatiana Giraud, chercheuse en biologie évolutive et autrice de La Biodiversité en Infographies, aux Éditions Tana.

Par Tatiana Giraud de l’Université Paris-Saclay


Les 133 émojis représentent-ils fidèlement la biodiversité ?

The Conversation : Si l’on regarde les 133 émojis disponibles pour représenter les animaux, les plantes, les champignons et les microorganismes sur Emojipedia, peut-on dire qu’ils représentent fidèlement la biodiversité ?

Tatiana Giraud : Non ! On observe en fait dans les émojis les mêmes biais que dans l’imaginaire collectif. C’est une représentation dominée par les vertébrés, et même surtout les mammifères et les oiseaux. Dans les émojis qui existent, on voit également une sur-représentation des animaux domestiqués, comme les chiens, les chats, les poules. Il y a aussi quelques espèces éteintes comme le dodo, plusieurs dinosaures également, et il y a même des espèces imaginaires comme la licorne ou le dragon. C’est d’ailleurs assez amusant, il y a des espèces imaginaires mais il manque plein d’espèces réelles.

Les emojis représentant la faune, la flore et la fonge sur Emojipedia.
Les emojis représentant la faune, la flore et la fonge sur Emojipedia. Capture d’écran Emojipedia

Qu’est-ce qui manque pour représenter fidèlement la biodiversité ?

Les emojis disponibles pour représenter les « petites bêtes », ou « bugs » en anglais.
Les emojis disponibles pour représenter les « petites bêtes », ou « bugs » en anglais. Capture d’écran Emojipedia

T. G. : Si l’on voulait que les émojis représentent plus fidèlement la biodiversité, il faudrait qu’il y ait plus d’insectes. Car sur les 2,15 millions d’espèces de plantes, d’animaux et de microorganismes que l’on connaît aujourd’hui, 49 % sont des insectes.

Double page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana
Double page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana. Tatiana Giraud, Hervé Bouilly et Catherine Huguet pour Tana Editions, Fourni par l’auteur

Si l’on regarde maintenant le poids du vivant, il faudrait beaucoup plus de plantes. Car si l’on s’intéresse à la biomasse, c’est-à-dire à combien pèsent les organismes sur terre, ce sont les plantes qui gagnent haut la main : elles représentent 80 % de la biomasse des êtres vivants.

Double page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana
Double page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana. Tatiana Giraud, Hervé Bouilly et Catherine Huguet pour Tana Editions, Fourni par l’auteur

Si l’on regarde enfin les branches dans l’arbre généalogique de la vie sur notre planète, il faut avoir en tête qu’il y a beaucoup plus de lignées de microorganismes que d’animaux ou de plantes.

Les microorganismes sont de nature extrêmement variée, on y trouve deux grands groupes de bactéries très différentes, et aussi des microorganismes eucaryotes, dont les champignons mais aussi plein d’autres lignées mal connues…

Double page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana
Double page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana. Tatiana Giraud, Hervé Bouilly et Catherine Huguet pour Tana Editions, Fourni par l’auteur
Les deux émojis champignons disponibles.
Les deux émojis champignons disponibles. Capture d’écran Emojipedia

Concernant les champignons, on constate que les deux seuls émojis qui leur sont dédiés représentent des carpophores, c’est-à-dire, la partie aérienne des champignons, soit ce que l’on mange généralement chez les champignons comestibles, qui correspond à leur fructification, l’organe qui produit leurs spores sexuées.

Mais la plupart des champignons vivent surtout sous forme de filaments dans le sol, ou sont des moisissures sur des plantes ou des fruits. C’est sans doute plus difficile à représenter en émojis. Pourtant, cela ne veut pas dire que les champignons se cantonnent à la sphère de l’infiniment petit. Le plus grand organisme vivant sur terre jamais mesuré est un champignon, Armillaria solidipes, identifié dans l’Oregon aux États-Unis, dont le mycélium, soit un ensemble de filaments très fins, s’étend sur presque 10 km2. Son poids est estimé à 35 000 tonnes et il serait âgé de 8650 ans.

Les champignons, peu présents dans nos imaginaires

Les champignons, c’est justement votre grand domaine de recherche. Est-ce difficile de travailler sur un pan de la biodiversité qui est peu présent dans nos imaginaires ?

T.G. : Oui, à plusieurs niveaux ! Pour attirer des étudiants d’abord. C’est plus difficile quand on leur parle de moisissures ou de champignons que quand on leur dit qu’ils vont travailler sur des tortues, des baleines ou des tigres.

C’est aussi compliqué pour publier des études scientifiques. On doit davantage justifier l’intérêt quand on traite de champignons que quand on travaille sur l’humain ou sur les vertébrés. On note un biais d’intérêt même au sein de la communauté scientifique. Quand on travaille par exemple sur la formation des espèces, on va avoir tendance à citer des exemples de ce phénomène chez les animaux ou les plantes. Mais quand on essaie d’expliquer comment les espèces se forment chez les champignons, cela intéresse tout de suite beaucoup moins de monde.


La biodiversité en infographies

Pour la première fois, la biodiversité traitée sous l’angle de l’infographie. Par Tatiana Giraud, biologiste de l’évolution, directrice de recherche au CNRS et membre de l’Académie des Sciences.

« La biodiversité est en danger ». On entend ce cri d’alarme de plus en plus fréquemment. Mais sait-on réellement à quel point la biodiversité est menacée ? S’agit-il d’un déclin ou d’un effondrement ? Quelles conséquences la disparition du vivant aura-t-elle sur nos vies ? Que pouvons-nous faire, collectivement et individuellement ?

En infographies à la fois simples et précises, la scientifique Tatiana Giraud, l’infographiste Hervé Bouilly et la directrice artistique Catherine Huguet proposent un état des connaissances scientifiques actuelles sur la biodiversité, qui les met à la portée de tous. Un livre qui fournit toutes les clefs pour comprendre ce qu’est la biodiversité, les menaces qui pèsent sur elle et notre dépendance à son égard. En effet, il est indispensable de saisir la nature et les enjeux de la biodiversité, dont on a généralement une compréhension très incomplète, afin d’agir efficacement pour la préserver et la régénérer.

L’urgence du vivant : comprendre pour agir


Stratégies de recherche sur les chromosomes des champignons

Quelles stratégies avez-vous du coup mises en place pour faire valoir l’intérêt et l’importance de vos objets de recherche ?

T.G. : Parfois, on insiste sur le fait que les champignons peuvent être de bons modèles pour répondre à des grandes questions qui sont complexes à élucider si l’on se concentre uniquement sur les animaux et les végétaux. Je travaille par exemple sur l’évolution des chromosomes sexuels, afin d’essayer de comprendre pourquoi certains perdent leurs gènes.

Chez les mammifères, et notamment les humains, les chromosomes X et Y sont deux chromosomes sexuels : en général, XX donne un développement femelle et XY un développement mâle. Le chromosome X et Y échangent très peu de morceaux d’ADN entre eux, sauf dans de petites zones à leurs extrémités. Or, les échanges d’ADN aident normalement à réparer les erreurs introduites par mutations sur les chromosomes. Le chromosome Y ne recombine jamais et il manque ainsi ce mécanisme de réparation, ce qui lui a fait perdre progressivement la plupart de ses gènes, et l’a fait rétrécir.

C’est pour cela qu’il est devenu beaucoup plus petit que le X et qu’on dit qu’il s’est « dégénéré ». C’est une réalité qui interpelle : pourquoi est-ce que cela a évolué comme cela ? Le chromosome Y va-t-il disparaître ?

C’est difficile de répondre à cette question si on étudie seulement les mammifères, ils ont déjà tous des vieux chromosomes et ils ont tous les mêmes. Donc si on veut comprendre comment ça a évolué au départ, il faut étudier des situations où ces chromosomes sont encore jeunes. Or, justement, on a montré que chez certains champignons ces chromosomes évoluaient de façons répétées, et pourtant il n’y a même pas de sexes différents : on n’a pas des femelles et des mâles chez les champignons.

C’est très étonnant, car on a longtemps pensé que les chromosomes sexuels devenaient aussi différents parce qu’ils déterminent les sexes mâles et femelles, et qu’il y avait plein de différences entre les mâles et femelles. L’hypothèse était donc qu’il fallait bien arrêter les échanges réguliers de matériel génétique entre le X et le Y pour faire tous ces caractères différents entre mâles et femelles. Mais en fait, on observe exactement la même chose chez les champignons alors qu’il n’y a pas de sexes différents. Ça montre donc bien qu’il y autre chose qui pousse ces chromosomes sexuels à stopper les échanges génétiques. Mais si on étudiait uniquement les mammifères, on ne pourrait pas savoir cela.

Évolution des chromosomes sexuels

Comment expliquer l’évolution des chromosomes sexuels ?

Une autre façon, sinon, d’intéresser les gens aux champignons, c’est d’étudier ceux que les gens aiment bien, par exemple les moisissures qui affinent le camembert ou le roquefort pour essayer de comprendre comment on les a fait évoluer pour faire du bon fromage.

Domestication des champignons du fromage

Domestication des champignons du fromage et leur perte de diversité.

Les champignons liés aux maladies émergentes peuvent également susciter l’intérêt. C’est le cas des Cordyceps sur lesquels j’ai pu travailler et qui ont été médiatisés avec le succès de la série The Last of us. Les Cordyceps sont des champignons qui peuvent infecter plusieurs insectes, des fourmis et des chenilles notamment. En les infectant, ils vont changer le comportement de ces insectes en prenant le contrôle de leur cerveau. Mais il reste pour l’instant très improbable d’imaginer que les Cordyceps puissent infecter l’humain, comme cela se passe dans cette série américaine !

Faut-il craindre les champignons cordyceps ?

The Last of US : faut-il craindre les champignons cordyceps ?

Un intérêt de la recherche sur les oiseaux plus que sur les insectes ?

Dans la recherche, certains animaux sont privilégiés par rapport à d’autres. Les oiseaux par exemple, semblent avoir bien plus de succès que les insectes. Si l’on regarde par exemple sur Google Scholar, le moteur de recherches d’articles scientifiques, on constate que, quand on tape birds, on nous propose 7,9 millions publications scientifiques. Quand on tape insects, il n’y en a que 5,8. Comment expliquer que la recherche néglige potentiellement certaines catégories de la biodiversité ?

T. G. : Les oiseaux ont toujours été l’objet de beaucoup d’intérêts, et le plaisir intrinsèque qu’il y a à les regarder n’est sans doute pas étranger aux intérêts scientifiques qu’ils suscitent.

Cet intérêt peut ensuite s’auto-entretenir. Car plus il y a un corpus de données présentes, plus on peut poser de questions poussées. Pour les oiseaux on va avoir des phylogénies complètes permettant de reconstituer l’évolution des organismes vivants. C’est la clef pour répondre à beaucoup de questions. Chez les champignons au contraire, il nous manque plein d’informations pour reconstituer l’évolution des espèces. Mais c’est aussi ce qui me passionne chez les champignons : il y a de ce fait énormément de choses à découvrir, car c’est un champ inexploré, mais c’est sans doute un peu plus risqué.

Les emojis disponibles consacrés aux oiseaux.
Les emojis disponibles consacrés aux oiseaux. Capture d’écran Emojipedia

Pourquoi un travail sur les champignons ?

C’est cela qui vous a amené à travailler sur les champignons ?

T. G. : À l’origine, c’est plutôt le hasard, je cherchais un sujet de thèse, et l’INRAE en avait publié un sur la pourriture grise de la vigne, causée par le champignon Botrytis cinerea. J’ai donc candidaté et j’ai vite trouvé ça passionnant, car il y avait énormément de choses à défricher pour comprendre l’évolution des champignons pathogènes de plantes, notamment comment il coévoluent avec leurs plantes hôtes.

Les champignons évoluent en effet généralement très vite, car ils produisent des milliards de spores, et donc un grand nombre de mutations différentes chaque génération, et ils peuvent avoir plusieurs générations par an. On observe d’ailleurs que les champignons pathogènes de cultures contournent en général très rapidement les gènes de résistance qu’on introduit dans nos plantes cultivées, en un ou deux ans ils évoluent de nouvelles virulences.

Un autre aspect intéressant des champignons est qu’ils sont très importants écologiquement, ils sont un peu les éboueurs de la nature : ils décomposent la matière organique morte, ce qui permet aux nutriments de retourner dans le sol et d’être à nouveau disponibles pour la croissance des plantes ou des micro-organismes. Les champignons sont aussi assez pratiques à étudier, car ils ont en général de tout petits génomes, qu’on peut donc séquencer assez facilement. On peut aussi les garder vivants à -80 °C pendant des années. C’est d’ailleurs un autre aspect fascinant des champignons : ils ne vieillissent pas, et trente ans plus tard, ils n’ont pas fini de me passionner !

Double page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana
Double page issu de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana. Tatiana Giraud, Hervé Bouilly et Catherine Huguet pour Tana Editions, Fourni par l’auteur

Biodiversité, c’est plus que la diversité des espèces ?

Les emojis présentent surtout la diversité des espèces, mais la biodiversité, est-ce que ce n’est que cela ? Est-ce qu’il ne faut regarder que le nombre d’espèces pour l’évaluer ?

page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana
page issue de l’ouvrage La Biodiversité en infographies aux Editions Tana. Tatiana Giraud, Hervé Bouilly et Catherine Huguet pour Tana Editions, Fourni par l’auteur

T. G. : Non, il y a aussi la diversité génétique au sein d’une même espèce. C’est capital, car c’est cela qui permet l’adaptation à de nouveaux environnements ou des conditions changeantes. En effet, l’adaptation se produit par sélection naturelle, qui trie parmi la diversité génétique existante. On connaît bien par exemple la diversité à l’intérieur de l’espèce humaine, avec des variations pour la couleur de la peau, qui est une adaptation à la quantité d’UV à des latitudes données : aux tropiques, trop d’UV induisent des mutations qui peuvent causer des maladies, et la mélanine de la peau protège les humains contre ces UV.

Au contraire, aux hautes latitudes, trop peu d’UV limite notre synthèse de vitamine D, et il vaut mieux ne pas en avoir trop de mélanine dans la peau ; d’autres populations humaines sont adaptées à vivre aux hautes altitude avec peu d’oxygènes, ou à nager en apnée pendant 20 minutes pour pêcher. Dans les émojis on voit que cette diversité génétique n’est présente que chez les chiens ou chez d’autres animaux domestiqués.

Tatiana Giraud, Directrice de recherches en biologie évolutive, Université Paris-Saclay

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


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Combien y a‑t‑il d’espèces sur la planète ? La réponse n’est pas si simple

Pour prendre la mesure de la diversité du vivant, mais aussi de la perte de biodiversité, connaître le nombre d’espèces qu’il y a sur notre planète semble crucial. Mais répondre à cette question est bien plus compliqué qu’il n’y paraît.

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Plus de 2 millions d’espèces vivantes ont été recensées depuis le XVIe siècle. SarahVan/Shutterstock

Près d’un tiers des champignons recensés sont menacés d’extinction

La diversité est reine dans le règne des champignons. Wikimedia, CC BY

Combien de champignons sont menacés d’extinction ? Pour répondre à cette question il faut vite en poser plusieurs autres : combien y a-t-il d’espèces de champignons en tout ? Qu’est-ce qu’un champignon, au juste ? Et de découvrir, au passage, le monde aussi mystérieux que fascinant de ce règne ni végétal ni animal.

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Quelques-uns des champignons présents en France, considérés comme en danger par la liste rouge des espèces menacées. De gauche à droite : bolet rubis (Chalciporus rubinus), lactaire des saules réticulés (Lactarius salicis-reticulatae), bolet des sables (Gyroporus ammophilus), bolet de plomb (Imperator torosus), tricholome brûlant (Tricholoma aestuans), bolet rose pastel (Rubroboletus pulchrotinctus). Wikicommons, CC BY

Souffrez‑vous de cécité botanique ?

L’oyat, par exemple, n’est guère plus qu’une herbe qui passe inaperçue sur le chemin du parking à la plage. Pourtant, elle joue un rôle essentiel dans la stabilisation des dunes.

C’est un mal dont nous sommes nombreux à être victimes : l’incapacité de voir les plantes qui nous entourent. S’il est difficile encore de savoir ce qui relève de l’inné et de l’acquis, une chose est en tout cas certaine : cela a de multiples répercussions.

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Biches et cerf au repos (1867), de Rosa Bonheur/Le Déjeuner sur l’herbe (1863), d’Édouard Manet/Un cerf (1893), de Rosa Bonheur/Le Rêve (1910), d’Henri Rousseau. Detroit Institute of Arts, Musée d’Orsay, National Gallery of Ireland, MOMA, CC BY

Les biens communs : des outils ouverts pour accélérer la transition écologique

Des outils open source qui permettent aux petites communes de modéliser leurs flux de déplacements, une cartographie collaborative des refuges climatiques pour s’adapter aux fortes chaleurs ou un algorithme d’analyse de la couverture médiatique de l’écologie … les communs sont fondés sur une logique d’innovation ouverte et s’imposent peu à peu comme une manière d’organiser la coopération entre acteurs pour faire avancer la transition écologique. Interopérables, ouverts, réplicables et capables de fédérer des communautés diverses, ils dessinent une autre manière de produire et de partager des solutions. Un décryptage d’Héloïse Calvier, chargée d’accompagnement à l’innovation, pour ADEME Infos

Les communs, un cadre d’action adapté aux défis écologiques

Commun : une ressource partagée, matérielle ou immatérielle, développée sous licence ouverte et portée par une communauté

Héloïse Calvier, chargée d’accompagnement à l’innovation à l’ADEME

Qu’il s’agisse d’un logiciel, d’une base de données ou d’un outil pédagogique, un « commun » répond à une définition encadrée. « Il s’agit d’une ressource partagée, matérielle ou immatérielle, développée sous licence ouverte et portée par une communauté » explique Héloïse Calvier, chargée d’accompagnement à l’innovation à l’ADEME.

Ressource ouverte, communauté d’usage et gouvernance partagée : ces trois piliers sont indispensables pour qu’un commun soit librement réutilisable, améliorable et pérenne. Ce mode d’organisation qui promeut la coopération plutôt que la concurrence entre acteurs répond particulièrement bien à la complexité des enjeux écologiques actuels. La transition écologique ne peut pas se traiter en silos : elle nécessite des synergies entre collectivités, associations, citoyens, chercheurs, entreprises. « Les communs offrent pour cela une grammaire commune » souligne Héloïse Calvier. C’est-à-dire un terrain d’entente technique, juridique et humain.

Une culture du partage avec des résultats opérationnels

Diagnostic mobilité : Vers une mobilité durable, en commun
Accompagner les territoires dans la construction d’une mobilité durable :
↪ une mobilité décarbonée
↪ pour toutes et tous
↪ qui utilise au mieux les investissements publics
-> Accéder à l’outil de diagnostic

Des exemples emblématiques montrent déjà comment cette culture du partage se traduit en actes. Ainsi, le Diagnostic Mobilité est un outil open source qui permet aux communes rurales de visualiser les flux de déplacement sur leur territoire. Cet outil compte aujourd’hui plus de 1 000 utilisateurs par mois aux profils variés : collectivités et institutions, bureaux d’étude et conseil, associations et initiatives citoyennes.

Observatoire des Médias sur l’Écologie : Comment les médias traditionnels couvrent les enjeux environnementaux ?
Décryptage en temps réel du traitement médiatique des enjeux environnementaux. Analyses quantitatives et qualitatives, indicateurs clairs, tendances clés : tout pour comprendre la place de l’écologie dans l’information. Un outil indépendant pour éclairer le débat public.

Autre exemple de commun : l’Observatoire des médias sur l’écologie, qui analyse les données issues de l’audiovisuel pour mesurer et rendre publique la place donnée aux sujets écologiques dans les médias. Il repose sur une ressource ouverte, avec un algorithme d’analyse disponible en open source et une méthodologie documentée publiquement. Un mois après son lancement, la plateforme avait déjà accueilli 4 000 visiteurs. Ces communs ont été développés avec le soutien technique et financier de l’ADEME dans le cadre de son Appel à communs.

Les lauréats des Appels à Communs de l’ADEME

L’ADEME a été la première à concevoir et lancer ce dispositif d’Appel à communs inédit dans son format et en est aujourd’hui à la troisième édition. Des éditions menées dans une logique partenariale avec des acteurs tels que l’IGN, la Fondation Macif et France Tiers Lieux. Plus de 70 communs ont ainsi déjà été accompagnés sur des thématiques aussi diverses que la mobilité, l’alimentation, l’aménagement urbain ou encore l’économie circulaire. Et tous partagent un même constat : les communs permettent de réduire les coûts, d’accélérer l’innovation et de renforcer l’intelligence collective

Les communs réduisent tout d’abord les coûts en évitant de repartir à zéro sur des ressources similaires. Le Diagnostic Mobilité l’illustre parfaitement : en mutualisant les données et les codes sources, les petites collectivités peuvent accéder à des services de modélisation auparavant réservés à des métropoles. Cette ouverture démocratise l’accès à la donnée, tout en optimisant les fonds publics. Un autre commun en cours de développement va dans le même sens : la création d’un langage numérique commun entre plateformes de vente en ligne en circuit court. Ce futur standard partagé permettra d’interconnecter les circuits courts et d’éviter que des camions à moitié vides parcourent les mêmes routes. Mutualiser la logistique, c’est à la fois économiser du carburant et réduire les émissions de CO2, tout en soutenant les producteurs.

Le Réseau Mixte Technologique Alimentation locale, financé par le Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, est un réseau d’experts de l’alimentation locale issus de la recherche, du développement et de la formation.

Ensuite, les communs stimulent l’innovation ouverte. L’Observatoire des médias sur l’écologie montre comment une ressource libre contribue à enrichir tout un écosystème : son algorithme sous licence ouverte a été repris en Belgique pour créer un observatoire similaire. D’autres projets, en partageant leurs briques de développement, permettent à de nouveaux acteurs de co-développer des services complémentaires et ceci dès la phase de conception.

En créant un socle technique partagé, les communs permettent d’innover plus rapidement

Héloïse Calvier, chargée d’accompagnement à l’innovation à l’ADEME

Enfin, les communs peuvent contribuer à accroître la sensibilisation et la participation citoyenne sur les enjeux de la transition écologique. En s’appuyant sur un terrain comme la Métropole de  Toulouse, une cartographie des refuges climatiques a été conçue avec les habitants pour recenser les espaces de fraîcheur (parcs, lieux publics, zones ombragées…) accessibles en période de canicule. « Cette carte collaborative est à la fois un outil de sensibilisation et d’aide à la décision pour la collectivité » souligne Héloïse Calvier

Développée par un consortium pluridisciplinaire qui réunit expertise technique sur le rafraîchissement urbain, acteurs académiques et décideurs (TRIBU, une coopérative et bureau d’études spécialisé dans la conception écoresponsable et l’urbanisme durable, en partenariat avec les laboratoires de recherche LISST et LMDC de Toulouse ainsi que Toulouse Métropole), cette plateforme open source (lauréate de l’Appel à Communs 2024) a été lancée à l’été 2025 sur l’ensemble de la métropole toulousaine et a vocation à être déployée sur d’autres territoires. 

Par ailleurs, La rue commune  (lauréat de l’Appel à Communs 2021) propose une approche méthodologique nouvelle de l’aménagement qui invite les habitants à repenser l’espace public par un meilleur partage de la rue : moins de voitures, davantage d’espaces végétalisés, plus de place aux piétons. Porté par le groupement Richez Associés (urbanisme/architecture), Franck Boutté Consultants (ingénierie environnementale) et Leonard (innovation VINCI), cette approche est présentée dans un guide qui propose une démarche complète pour transformer les « rues ordinaires » en « rues post-carbone et post-covid ». S’appuyant sur la transformation de la rue et de ses usages, le commun met à disposition des collectivités des outils de diagnostic et de mise en œuvre pour accélérer la transformation des rues métropolitaines du XXIe siècle pour répondre aux enjeux d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. La démarche inclut une approche de concertation pour fédérer les acteurs locaux autour d’un projet commun de transformation, intégrant les besoins spécifiques de chaque territoire.

Parfois même, les communs favorisent des alliances inédites. Le projet de logement social paysan rassemble bailleurs sociaux et acteurs agricoles pour réhabiliter d’anciens corps de ferme et loger de jeunes agriculteurs non issus du milieu. Ces croisements de mondes auparavant éloignés font naître de nouveaux modèles économiques et sociaux autour du partage des ressources.

Le monde agricole souffre d’un malaise social profond. Il n’est pas étonnant que la relève peine à consentir aux sacrifices que le métier suppose. Il devient urgent de dessiner des réponses concrètes, inspirantes pour améliorer les conditions de vie de ceux qui nous nourrissent. L’action en faveur du logement social paysan s’inscrit dans la lignée des projets de sécurité sociale alimentaire et de soutien à une agriculture paysanne partout en France.

Les fermes
ReNouveau Paysan


Les biens en commun

Avec Les Biens en Commun, une start-up lyonnaise propose une alternative : emprunter des objets du quotidien plutôt que de les acheter. Perceuses, vidéoprojecteurs, shampouineuses … Des dizaines d’équipements à louer près de chez soi, à partir de 7€, grâce à un réseau qui s’étend dans toute la France.

Derrière cette idée simple se cache un service pratique, économique et surtout écologique. Avec un modèle qui séduit déjà des milliers de Français, ce système pourrait bien devenir un incontournable dans l’avenir proche.


Un apprentissage collectif à mener

Ce changement de paradigme pose toutefois des verrous à lever. « Certains porteurs de communs peinent encore à adopter une logique non-propriétaire » remarque Héloïse Calvier. D’autres, souvent portés par de petites structures travaillant sur l’innovation, se heurtent à la difficulté de répondre aux exigences administratives liées à l’octroi des subventions publiques. Par ailleurs, le développement d’une communauté active, condition essentielle d’un commun vivant et pérenne, demande du temps et un véritable savoir-faire.

Un commun sans communauté n’est qu’un projet open source isolé. Son appropriation collective est la clé de sa longévité.

Héloïse Calvier, chargée d’accompagnement à l’innovation à l’ADEME

Face à ces défis, l’ADEME met à disposition des lauréats de l’Appel à communs un accompagnement complet : modèles d’affaires, gouvernance, licences ouvertes, gestion de la documentation … C’est une logique partenariale élargie qui est à l’œuvre ici. Une équipe d’experts, dédiée et spécialisée dans les communs, aide les lauréats à structurer leurs initiatives. Pour favoriser la montée en compétences plus large des acteurs, une formation « Les communs au service de la transition écologique » proposée par l’ADEME est désormais accessible en e-learning pour diffuser cette culture de la coopération.

L’enjeu d’avenir consiste à relier ces initiatives entre elles

L’enjeu d’avenir consiste à relier ces initiatives entre elles. Pour Héloïse Calvier, « les communs forment progressivement un maillage de solutions qui, interconnectées, deviennent une véritable infrastructure pour la transition écologique ». Autrement dit, au lieu d’empiler des ressources isolées, il s’agit de construire les liens entre elles et d’améliorer la lisibilité de leur offre de valeur : rendre visible l’écosystème, faciliter la circulation des données, encourager la réutilisation, favoriser leur application dans les territoires. L’ADEME prépare la quatrième édition de l’Appel à Communs. En filigrane, une ambition plus large se dessine : faire des communs un levier de souveraineté numérique et d’efficacité de l’action publique. Mutualiser les connaissances, ouvrir les codes, documenter les méthodes sont autant de pratiques qui contribuent à accélérer la transition écologique et redessinent une manière d’interagir plus ouverte et collaborative.

Ce qu’il faut retenir des Appels à Communs (AAC) de l’ADEME

Favoriser la coopération pour accélérer l’innovation au service de la transition écologique

Les AAC cherchent à favoriser la coopération pour accélérer l’innovation au service de la transition écologique. Tout acteur (collectivité, entreprise, association…) peut proposer un projet de commun. Chaque édition cible des défis thématiques pour répondre aux enjeux de la transition écologique : alimentation et forêt, mobilité et logistique, écoconception numérique, bâtiment et aménagement urbain, recyclage matière… L’originalité du dispositif permet aux candidats de créer des synergies et coopérer avant dépôt de leur projet de commun, en le documentant publiquement sur une plateforme collaborative.

Depuis 2021, près de 300 candidatures ont été déposées. 70 lauréats ont été accompagnés pour un montant total d’aide de l’ADEME de 4,3 millions d’euros. Ces communs sont de nature très variée (logiciels, cartographies, plateformes, guides…) et illustrent leur capacité à mutualiser les moyens, éviter la duplication des ressources, et assurer l’efficacité de l’investissement public. Grâce à l’Appel à communs l’ADEME participe à l’acculturation aux communs et à leur déploiement en faveur de la transition écologique.



Christian Kroll, fondateur d’Ecosia, pour un moteur de recherche écologique dont 100% des bénéfices vont à l’action climatique

Ecosia, le moteur de recherche écologique qui consacre 100% des ses bénéfices à l’action climatique franchit le cap des 250 millions d’arbres plantés. Christian Kroll, son fondateur et PDG, engage son entreprise, certifiée BCorp depuis 2014, pour un numérique au service du climat. Il a accepté de répondre aux questions essentielles Cdurable.

250 millions d’arbres plantés au 13 Avril 2026 grâce à Ecosia

Ecosia franchit le cap des 250 millions d’arbres pour un numérique au service du climat

Le moteur de recherche européen Ecosia a franchit le 13 Avril 2026 une étape symbolique majeure : la plantation de son 250 millionième arbre dans le monde. Un cap atteint grâce à un modèle unique, qui finance des projets de reforestation via les revenus générés par les recherches en ligne.

un modèle unique, qui finance des projets de reforestation via les revenus générés par les recherches en ligne

Kai Wegner in the Naturkundemuseum – Photo crédit Shane McMillan

En amont de ce moment clé, Ecosia a réuni à Berlin, au Museum für Naturkunde, des représentants du monde politique, scientifique et économique pour échanger autour d’un enjeu central : le lien entre action climatique, innovation technologique et souveraineté numérique en Europe. Parmi les intervenants figuraient notamment Christian Kroll, fondateur d’Ecosia, le maire-gouverneur de Berlin Kai Wegener, ainsi que l’économiste Maja Göpel. Les discussions ont mis en lumière la nécessité de repenser les modèles numériques pour qu’ils contribuent activement à l’intérêt général.

Repenser les modèles numériques pour qu’ils contribuent activement à l’intérêt général

Le 17 avril, une plantation symbolique a eu lieu devant le Reichstag, en présence du ministre fédéral de l’Environnement, illustrant l’impact concret d’un numérique pensé au service du vivant.

Au-delà de la performance environnementale, Ecosia défend un modèle alternatif dans le secteur technologique : 100 % de ses bénéfices sont consacrés à l’action climatique, et l’entreprise s’engage dans la construction d’une infrastructure numérique européenne plus souveraine et respectueuse des données.

100 % des bénéfices d’Ecosia sont consacrés à l’action climatique

Alors que les enjeux climatiques et de souveraineté numérique s’imposent au cœur du débat public, ce cap des 250 millions d’arbres illustre la capacité de nouveaux modèles à concilier innovation, impact et intérêt général.

Christian Kroll, fondateur et PDG d’Ecosia

Christian Kroll est le fondateur et PDG d’Ecosia, un moteur de recherche écologique qui consacre 100% des ses bénéfices à l’action climatique. L’idée d’Ecosia lui est venue lors de voyages au Népal et en Amérique du Sud, où il a été directement confronté aux ravages des inégalités sociales et de la déforestation massive. Il a notamment été frappé de parcourir des kilomètres d’immenses plantations de soja, là où s’étendaient autrefois des forêts tropicales. De retour à Berlin, il décide alors de créer une entreprise éthique dédiée à la reforestation, convaincu que les arbres peuvent agir à la fois contre la crise climatique et les inégalités sociales.

Depuis, Ecosia s’est imposée comme un acteur majeur de la reforestation à l’échelle mondiale, avec 250 millions (le 13 avril!)  d’arbres plantés dans des zones clés pour la biodiversité, réparties dans plus de 35 pays. Avec plus de 20 millions d’utilisateurs, c’est aussi l’un des plus grands mouvements environnementaux au monde et l’une des entreprises technologiques à la croissance la plus rapide en Europe.

Christian Kroll se positionne également comme un critique engagé du capitalisme dérégulé et plaide pour une transformation de notre modèle économique. Il estime que la richesse ne constitue pas une fin en soi et que la surconsommation n’a pas sa place dans un monde confronté à l’urgence climatique. En 2014, Ecosia devient la première entreprise allemande certifiée B Corporation. En 2018, Christian Kroll renonce définitivement à son droit de vendre l’entreprise ou d’en percevoir des dividendes. Plus récemment, il a contribué à lancer World Fund, le plus grand fonds européen de capital-risque dédié aux technologies climatiques, créé en 2021.

Questions Cdurable à Christian Kroll

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 21 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

j’ai vu de mes propres yeux les ravages du changement climatique et de la déforestation

Avant de créer Ecosia, je suis parti voyager et j’ai vu de mes propres yeux les ravages du changement climatique, en particulier la déforestation. Les émotions que cela a suscitées en moi m’ont conduit à fonder une entreprise capable d’avoir un impact positif.

Au départ, nous nous sommes concentrés sur la reforestation parce que j’avais compris à quel point les arbres jouent un rôle essentiel : ils séquestrent le carbone, luttent contre la faim, la pauvreté et les phénomènes météorologiques extrêmes, tout en restaurant la biodiversité.

La mission d’Ecosia s’est ensuite élargie et nous avons désormais investi plus de 100 millions d’euros dans l’action climatique, non seulement dans la reforestation mais aussi dans d’autres initiatives écologiques comme les énergies renouvelables et les startups climatiques. Mais les arbres restent extrêmement précieux à mes yeux. Parmi les moments les plus marquants de ma vie figurent les visites de nos projets de plantation, les rencontres avec les communautés locales et l’observation de la faune et des écosystèmes que nos forêts contribuent à soutenir.

100 millions d’euros investis
dans l’action climatique

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Ne pas manger de viande est l’un des choix écologiques les plus impactants que les individus puissent faire

Je pense que ne pas manger de viande est l’un des choix écologiques les plus impactants que les individus puissent faire (avec le passage à Ecosia !). J’ai choisi d’être végétarien et, à notre siège à Berlin, les déjeuners au bureau sont entièrement végans. Plusieurs des projets agroforestiers d’Ecosia soutiennent la production d’une alimentation nutritive, tout en séquestrant du carbone, en améliorant la qualité des sols, en empêchant l’érosion et en régulant les cycles de l’eau.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je crois à une vie simple. Je n’ai pas besoin d’une grande maison ni d’une voiture luxueuse : je loue un appartement à Berlin et je me déplace à vélo et en train.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Berlin est une ville très adaptée au vélo, donc je vais partout à bicyclette, et je joue aussi au basket-ball.

je vais partout à bicyclette

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

c’est pendant mes voyages que j’ai pris conscience de l’ampleur des destructions environnementales et me suis tourné vers l’entrepreneuriat social

Mes études de commerce « formelles » m’ont ouvert une fenêtre sur Internet et l’investissement, mais c’est surtout pendant mes voyages, lorsque j’ai pris conscience de l’ampleur des destructions environnementales, que je me suis tourné vers l’entrepreneuriat social. J’ai alors eu l’idée de créer une entreprise technologique à la fois très rentable et évolutive, puis de la mettre au service d’une cause utile.

Au fil du développement d’Ecosia, j’ai énormément appris, notamment comment bâtir une entreprise qui existe pour ses parties prenantes plutôt que pour ses actionnaires – une idée radicale dans le monde de la tech ! J’ai aussi compris que de petites entreprises peuvent avoir une voix puissante et que les actions individuelles peuvent, mises bout à bout, produire un impact immense.

une entreprise qui existe pour ses parties prenantes plutôt que pour ses actionnaires

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Mon travail est en parfaite adéquation avec mes valeurs personnelles

J’ai énormément de chance que mon travail soit en parfaite adéquation avec mes valeurs personnelles. C’est un privilège qui me motive énormément. Je ne suis pas intéressé par l’argent (j’ai transformé Ecosia en entreprise détenue par une fondation, ce qui signifie que j’ai officiellement renoncé à mon droit de vendre ou de tirer un profit personnel d’Ecosia). Je vis simplement et je consacre mon énergie à faire en sorte que Ecosia puisse continuer à consacrer 100 % de ses bénéfices au service de la planète.

Je ne suis pas intéressé par l’argent
Je vis simplement et consacre mon énergie à Ecosia pour que ses bénéfices soient au service de la planète

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

J’utilise chez moi un fournisseur d’énergie verte et je ne possède pas de voiture

J’utilise chez moi un fournisseur d’énergie verte et je ne possède pas de voiture. Nous avons également fait des énergies renouvelables une priorité pour Ecosia : nous avons construit suffisamment de centrales solaires pour produire plus du double de l’énergie renouvelable consommée par notre moteur de recherche, contribuant ainsi activement à remplacer les énergies polluantes du réseau électrique. Notre siège berlinois est lui aussi alimenté par un fournisseur local d’énergie 100 % renouvelable, et nos bureaux utilisent des éclairages économes en énergie ainsi que des thermostats intelligents pour réduire davantage la consommation.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

J’essaie d’avoir une empreinte carbone minimale

J’essaie d’avoir une empreinte carbone minimale. Je ne mange pas de viande, je n’achète pas de choses dont je n’ai pas besoin et j’évite de prendre l’avion autant que possible.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

J’aime échanger avec d’autres entrepreneurs sociaux et engagés, et participer à des mouvements comme la Purpose Foundation. Je prends part à des sommets et événements où je pense pouvoir apporter de la valeur et inspirer grâce à notre histoire.

l’intérêt social et environnemental
avant le profit

En tant qu’entreprise, Ecosia noue constamment des partenariats qui placent l’intérêt social et environnemental avant le profit. Nous investissons dans des initiatives auxquelles nous croyons, comme les startups de technologie climatique et World Fund, l’un des plus grands fonds européens de capital-risque dédiés à l’innovation climatique. Nous œuvrons également pour une plus grande souveraineté numérique en Europe et recherchons des entreprises partageant cette vision.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Vous avez plus de pouvoir que vous ne le pensez pour avoir un impact

Nous traversons la plus grande crise à laquelle l’humanité ait jamais été confrontée, et nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que les gouvernements ou les grandes entreprises montrent la voie. Nous devons passer d’un système fondé sur l’extraction et la maximisation du profit à un système fondé sur la régénération.

Nous devons passer d’un système fondé sur l’extraction et la maximisation du profit à un système fondé sur la régénération

Chaque choix que vous faites dans votre vie quotidienne – du moteur de recherche que vous utilisez à l’alimentation que vous consommez et à la manière dont vous voyagez – est un vote pour le type de monde dans lequel vous souhaitez vivre. Ne vous contentez pas de suivre le mouvement : exprimez-vous, passez à l’action et commencez dès maintenant. Je suis convaincu que si chacun prend ses responsabilités dans son propre champ d’influence, nous pouvons collectivement construire un avenir meilleur et plus vert.

Exprimez-vous, passez à l’action et commencez dès maintenant

La Force du Collectif : expériences en éco-lieux au service du vivant et du vivre ensemble

À la croisée de l’essai, du reportage et du manifeste, « La Force du Collectif » explore 16 manières dont les écolieux répondent à des enjeux sociétaux, allant de la préservation patrimoine au renouveau démocratique, en passant par le soin des plus jeunes comme des aînés. Cet ouvrage mêle les points de vue de chercheurs (sociologues, géographes, anthropologues…) avec ceux des personnes qui vivent ces alternatives au quotidien. Le tout, illustré d’aquarelles donnant à voir la richesse et la diversité des lieux rencontrés. 

« La Force du Collectif » explore la manière dont les écolieux irriguent la société d’imaginaires mais aussi d’expérimentations concrètes au service du vivant. Ils ouvrent la voie à de nouvelles manières de vivre ensemble et apportent des réponses concrètes aux grands défis sociétaux de notre temps. 


Réservez votre exemplaire

Contribuer à la campagne de pré-vente de La force du collectif, ce n’est pas juste acheter un livre. C’est soutenir un réseau de plus de 1400 écolieux en France, qui font des choix de vie parfois radicaux au service du vivre-ensemble, de la justice sociale, de la démocratie et du vivant.

Dans un monde qui valorise l’individualisme, ce livre défend une autre voie : celle du soin des relations, du partage, de la mise en commun et de l’action collective. Cette campagne est une invitation à faire partie de celles et ceux qui ne se contentent pas d’observer, mais qui s’engagent, relaient et construisent.


5 extraits du livre sur 5 thèmes

  • Le changement de vie, 
  • L’enfance 
  • Le bien vieillir 
  • La gestion des conflits
  • La démocratie

Changement de vie avec Margalida Reus, co-fondatrice de l’Arche de Saint-Antoine

Qui n’a pas eu envie d’aller vers un mode de vie plus sobre et résilient, loin du confort des villes ou des maisons individuelles, en cohérence avec des prises de consciences écologiques, sociales et politiques ? Sauter le pas n’a rien d’évident. Cela implique souvent beaucoup d’aspects de notre vie, et certaines prises de risque : déménagement, démission, nouvelles relations, nouveaux projets. La peur de se retrouver isolé·es, de faire face aux incompréhensions de l’entourage ou à des formes d’instabilité économique peuvent être des freins. À tous âges, ils et elles sont pourtant de plus en plus nombreux à « bifurquer », en changeant de métier ou en s’éloignant du confort des grandes villes, d’un salaire bien rémunéré ou d’une carrière toute tracée, quitte à sacrifier parfois leur niveau de vie. Ce qui les traverse c’est la conviction que la meilleure façon d’agir, c’est de faire des choses qui nous rendent vivants, heureux, et de revenir dans l’ici et maintenant.

la meilleure façon d’agir, c’est de faire des choses qui nous rendent vivants, heureux, et de revenir dans l’ici et maintenant

La quête de sens et l’exigence de cohérence

Le besoin d’alignement et de sens qui traverse tant de récits d’habitant·es d’écolieux résonne profondément avec l’histoire de Margalida Reus, cofondatrice de l’Arche Saint-Antoine. « L’incohérence, c’est ça qui te bouffe l’âme », dit-elle. Née à Majorque sous la dictature franquiste, elle s’engage très tôt dans les luttes étudiantes, féministes et culturelles, dans un contexte où « les femmes n’avaient ni droit au divorce ni à l’avortement ».

Militante infatigable, nationaliste catalane et féministe radicale elle consacre sa jeunesse à la conquête des libertés collectives, jusqu’au jour où, à vingt-cinq ans, une image la fait vaciller. Elle se voit promise à une carrière sans saveur : « un collègue enseignant partait à la retraite avec une montre en or. Je me suis vue, moi, avec la même montre, et j’ai compris que ce n’était pas ça que je voulais vivre. » Elle quitte tout, animée par une exigence simple et radicale.

«  Je cherchais une cohérence entre mes pensées et mes actes » 

Margalida Reus
Co-fondatrice de l’Arche de Saint-Antoine

Cette quête la conduit, en 1982, à rejoindre une communauté de l’Arche, fondée par Lanza del Vasto. Elle sourit encore du paradoxe : « Moi, la féministe athée, j’allais rejoindre une communauté fondée par un homme qu’on appelait le patriarche. » Là, elle découvre pour la première fois des personnes « qui vivaient au quotidien ce en quoi elles croyaient ». La vie communautaire agit comme une révélation intérieure : « c’était comme un oignon : j’enlevais couche après couche pour aller à l’essentiel.«   

Créées en 1948 par Lanza del Vasto, disciple de Gandhi, et inspirées des ashrams indiens, les communautés de l’Arche revendiquent depuis leur origine une vie empreinte de quête de non-violence, de simplicité volontaire et d’engagement spirituel, elles ont irrigué le mouvement alternatif depuis les années 50.

Margalida y découvre pour la première fois des personnes « qui vivaient au quotidien ce en quoi elles croyaient ». L’expérience d’une vie communautaire réelle, incarnée, où le travail, le partage, la spiritualité et la sobriété ne sont plus des slogans mais un quotidien, sont pour elle une révélation. « C’était comme un oignon : j’enlevais couche après couche pour aller à l’essentiel. » Là, elle comprend que la vraie transformation est intérieure. « J’ai compris la différence entre important et essentiel : la lutte pour mon pays, ma culture, la liberté, est important. Mais découvrir qui je suis, et comment je veux me donner au monde est essentiel ». 

Alors qu’elle ne devait y rester que deux mois, elle restera plusieurs années dans cette communauté. Margalida y découvre la dimension concrète de la non-violence : « dans la dictature, on pensait qu’il y avait les bons et les méchants. J’ai compris qu’il fallait d’abord se transformer soi-même. À quoi bon défendre des idées si ta vie dit autre chose ? ». Elle découvre aussi son être intérieur, sa dimension spirituelle, qui devient le socle de sa vie.

En 1987, elle cofonde l’Arche de Saint-Antoine, dans une ancienne abbaye en Isère. Les débuts sont rudes, mais fondateurs : « Il y avait très peu de sanitaires, un seul poêle pour chauffer… et malgré tout ça, les gens revenaient. » Ce lieu devient un espace où se relient vie spirituelle, engagement social et sobriété, bien avant que ces mots ne circulent largement. « Ce que Pierre Rabhi a appelé plus tard la sobriété heureuse, nous le vivions déjà », raconte-elle (…).

Dans ce chapitre, découvrez d’autres témoignages inspirants

Danièle BacheréInstigatrice du Coq à l’âme : « J’étais dans mon pavillon de banlieue, proche de la retraite. Et là, je ne sais pas pourquoi, j’ai su que c’était ça qu’il fallait faire. Chiche, une oasis tous les 20 kilomètres dans 20 ans ! »
­Clara Aube, Documentariste et éleveuse de chevaux : « Je me suis dit : je peux organiser ma vie matérielle pour survivre, mais moi je veux vivre. Je veux une vie nourrissante, humainement, artistiquement, avec peu d’argent mais du sens. La réponse, c’était le collectif »
­Cassandre Bachelier, Formatrice et facilitatrice en coopération, co-fondatrice de SALGOS : « On veut créer un lieu ouvert, accueillant, en lutte, au service du territoire »

Placer les générations futures au cœur des projets

la place des enfants en oasis

Sobriété, autonomie alimentaire, préservation du vivant : les « invariants » des oasis témoignent d’une attention particulière à la viabilité du monde pour les générations futures. Lorsqu’ils rejoignent une oasis, les parents citent comme facteur le bien-être de leurs enfants ; et une certaine recherche, en ce qui les concerne, de leur propre épanouissement dans leur rôle. En cause : l’hyper-urbanisation et l’éclatement géographique des familles qui génèrent un isolement pouvant aller jusqu’à l’épuisement. En France, 68 % des mères se disent fatiguées physiquement, 57 % se disent moralement épuisées, et 20 % ont déjà développé un burn-outparental. « Il faut tout un village pour élever un enfant » : si ce proverbe africain revient au goût du jour dans nos société occidentales, c’est pour pointer les carences d’une société où les solidarités sont à réinventer.

Il faut tout un village
pour élever un enfant

Les oasis participent-elles à recréer le fameux « village » qui manque si cruellement aux parents épuisés d’aujourd’hui ? À quelles conditions ? Quelle place le projet éducatif peut-il prendre dans la construction d’une oasis, au service de quel projet de société ?

Reprendre sa souveraineté dans l’accompagnement des enfants

Des terrains d’expérimentations de pédagogies alternatives

Pour Sophie Rabhi  l’objectif principal est de créer un « continuum » éducatif entre temps en famille, temps d’apprentissage et vie en oasis. Dès le début de son parcours professionnel, Sophie Rabhi mène des projets liés à l’enfance, à commencer par l’ouverture, en 1999, d’une école au sein de la ferme de ses parents Pierre et Michèle Rabhi, la Ferme des Enfants, qu’elle développe jusqu’en 2008 avant de l’installer au cœur d’un projet d’oasis qu’elle crée avec son mari : le Hameau des Buis.

Sophie Rabhi

« L’environnement oasis est très favorable à l’enfant, explique-t-elle. Des adultes essaient d’y mettre en musique des modes de vie plus ajustés au vivant sous toutes ses formes, plus respectueux aussi de nos biorythmes […].Je pense que l’une des grandes difficultés de nos sociétés, qui est en travail dans les oasis, c’est de trouver les moyens d’arrêter que les institutions se substituent à notre pouvoir personnel et à notre autonomie »

Pour leur nouveau projet en Haute-Garonne, Sophie Rabhi et Laurent Bouquet ont fait le choix de séparer plus distinctement oasis et école, créant deux structures juridiques séparées : l’Oasis de Poul’art d’une part, et la Ferme des Enfants 2.0, d’autre part. Une démarche coûteuse en temps, en argent et en énergie qui peut toutefois garantir la pérennité du modèle. La Ferme des Enfants 2.0 a ouvert à la rentrée 2025 avec 35 enfants et une équipe pédagogique constituée de quatre piliers et de services civiques en renfort. « Nous nous sommes appuyés sur notre expérience de vingt-et-un ans pour souligner que notre intention est de contribuer à une société plus écologique et plus respectueuse des humains et notamment des enfants (…). »

Appliquer les principes de la permaculture à l’éducation : le regard de Ramin Farhangi

Ramin Farhangi

« L’apprentissage du soin aux autres et la mise en place de postures de coopération sont des compétences qui ne s’apprennent pas dans les livres. Comme pour l’apprentissage des langues, c’est l’immersion qui est la plus efficace : pour qu’un enfant développe ses capacités relationnelles, il a besoin de vivre dans un milieu diversifié où il aura la liberté d’interagir avec des personnes différentes et d’âges variées. C’est tout l’inverse qui se produit dans une école standardisée : on regroupe les enfants en classe d’âges identiques pour faciliter le processus industriel d’enseignement. »

Ramin compare les processus de standardisation à l’œuvre dans l’agriculture intensive à ceux des systèmes éducatifs classiques, et prône le fait de s’inspirer de la permaculture en matière d’apprentissage. « La permaculture consiste à observer chaque plante pour faire en sorte qu’elle soit la plus productive et épanouie possible en tenant compte de la complexité et de la richesse de son milieu. On regarde les interactions entre les plantes, les insectes, la structure des sols, le climat et la chaleur, etc. » Pour Ramin, appliquer les principes de la permaculture à l’éducation, c’est « déstandardiser » l’enseignement et créer les conditions favorables à l’épanouissement de l’enfant en accord avec son milieu, dans une boucle de rétroactions vertueuses (…).

appliquer les principes de la permaculture à l’éducation

Vivre ensemble pour vieillir mieux et autrement

La population française vieillit rapidement : d’ici 2050, plus de 23 millions de personnes auront plus de 60 ans, dont 5 millions plus de 85 ans. Aujourd’hui déjà, 40 % des personnes dépendantes vivent seules. La parution en 2022 des Fossoyeurs de Victor Castanet a mis en lumière la crise du vieillissement et d’un système à bout de souffle comme le symptôme de notre impuissance collective.

Des collectifs inventent d’autres manières de vieillir

Dans un pays où le grand âge rime encore trop souvent avec isolement, précarité et établissements d’accueil saturés, des collectifs inventent d’autres manières de vieillir. Et pourtant, Partout sur le territoire, des femmes et des hommes refusent la résignation. Ils imaginent des habitats solidaires et autogérés, mutualisent les espaces, cultivent des jardins partagés et réapprennent à prendre soin les uns des autres.

Prendre soin les uns des autres

Le lien social comme déterminant majeur de santé

Les chercheurs sont à cet égard unanimes : la solitude nuit gravement à la santé. Elle augmente les risques de dépression, de maladies cardiovasculaires, de déclin cognitif et même de mortalité précoce, selon une étude publiée en 2023 dans Nature Human Behaviour. À l’inverse, les études convergent : ceux qui restent actifs, reliés, engagés, vivent mieux et plus longtemps. Comme le constate Pierre Lévy, accompagnateur de projets d’habitat participatif à l’association Regain et cofondateur de l’habitat intergénérationnel Les Colibres à Forcalquier, « vivre en habitat participatif, c’est prolonger la vie en bonne santé : les liens sociaux, l’activité, le sentiment d’utilité en sont les piliers ».

Dans cette perspective, l’habitat participatif, particulièrement adapté à l’âge de la retraite tant que l’autonomie est préservée, peut représenter une alternative aux structures médico-sociales. L’étude MADoPA sur le bien vieillir en écolieu bouscule nos représentations du grand âge : le vieillissement y est moins vécu comme une gestion du risque que comme une manière de conduire sa vie et de lui donner sens, animée par le désir de vivre ensemble selon ses aspirations. Ce qui les relie, c’est une écologie vécue au quotidien, fondée sur l’entraide et l’harmonie. Dans ces lieux, les aîné·es contribuent activement à la vitalité du collectif.

Les témoignages de ce chapitre

On y voit la vie en mouvement, avec des personnes de 80 ans en pleine forme, qui continuent à bricoler, jardiner, débattre : une autre manière de vieillir »Hervé Michel, co-auteur de l’étude MADoPa
Il y a une solidarité de la vie. Il n’y a pas d’un côté les jeunes et de l’autre les vieux : on se prend en charge ensemble, c’est le fil conducteur de l’accompagnement des aînés »Danièle Bacheré, cofondatrice de l’Oasis du Coq à l’Âme
Les retraité·es sont souvent les plus actifs dans le soin apporté aux espaces communs. Ils nous apprennent à prendre soin du vieillir, à accueillir les changements, à en faire quelque chose de collectif et de vivant. Vieillir, ce n’est pas un gros mot : c’est apprendre à changer ensemble »Clarisse Gimat, membre de l’écohameau du Plessis

Des solidarités précieuses aux limites assumées

Ces collectifs n’ont cependant pas vocation à tout prendre en charge. Fonctionnant sur l’entraide informelle et la confiance, ils avancent souvent par tâtonnements. Pierre Lévy le rappelle : « La solidarité repose sur des affinités, des amitiés construites durant la période de vie en commun. Bien souvent, le lien créé entre personnes d’une même génération, qui partagent un rythme et des préoccupations proches, est plus efficace que la complémentarité intergénérationnelle. Mais quand la dépendance est trop forte, c’est souvent la famille qui prend le relais. Chaque écolieu est différent, tout dépend des liens qui se sont créés. Il y a des cercles d’entraide qui se forment, parfois jusqu’à la fin de la vie. » Chaque lieu compose ainsi avec ses propres ressources, ses liens et ses seuils.

Pour la sociologue Audrey Valin, spécialiste de l’adaptation du logement au vieillissement, « le tâtonnement et l’envie d’essayer des solutions, la volonté de recréer du lien et du collectif […] semblent être la clé pour éviter le piège de la solution unique. Je crois beaucoup aux projets expérimentaux portés par les habitant·es eux-mêmes » explique-t-elle. Elle rappelle que cette idée n’est pas nouvelle : les béguinages offraient déjà aux femmes seules un modèle de vie collective, libre et solidaire. Nés au xiiie siècle dans les Flandres, ces ensembles de petites maisons groupées autour d’un jardin et d’une chapelle accueillaient des femmes seules – veuves, célibataires, parfois religieuses – qui vivaient en communauté sans prononcer de vœux. Ces béguines, figures d’émancipation avant l’heure, assuraient mutuellement leur subsistance et leur soutien spirituel. Aujourd’hui, les béguinages modernes s’en inspirent, portés par des bailleurs sociaux dans les Hauts-de-France, proposant une alternative entre le chez-soi et la résidence collective. « Le modèle du béguinage illustre cette volonté de créer du collectif à partir d’une culture de la solidarité » ajoute-t-elle.

Et si les oasis transformaient notre rapport au conflit ?

Tandis que, pendant très longtemps, la dispute ou le débat étaient des arts codifiés, comme avec la disputatio du Moyen Âge, l’arrivée des réseaux sociaux, engendre aujourd’hui une grande violence dans le débat public. La société se clive de toutes parts. Selon un sondage 2023-2025 par Elabe, les deux tiers des personnes interrogées estiment par exemple que « ce qui divise les Français aujourd’hui est plus fort que ce qui les rassemble ». Démagogie des politiques, place des clashs dans les médias et sur des réseaux tels que X (anciennement Twitter), cancel culture… plusieurs approches montrent que la société moderne ne sait effectivement pas gérer le débat collectif, révélateur de la diversité sociale, de façon apaisée. « On ne se parle plus, on se confronte », écrit le philosophe Antoine Vuille dans son livre Contre la culture du clash – Débat d’idées et démocratie (2024). Le débat se transforme alors en conflit. Il est ainsi devenu omniprésent et nous fait peur.

la société moderne ne sait effectivement pas gérer le débat collectif, révélateur de la diversité sociale, de façon apaisée

Les écolieux, quant à eux, font face à une vie collective qui oblige à se frotter à la diversité des opinions. Ils doivent alors bâtir un autre regard sur le conflit et sur la façon de le gérer. Pendant plusieurs années, ce sujet n’était que peu abordé dans les échanges entre habitant·es des oasis. Il est devenu central depuis le début des années 2020 quand tous ont réalisé qu’ils partageaient cette réalité un peu « honteuse »… et qui, pourtant, permet de faire grandir notre humanité et l’inclusion de nos différences.

Un format inhabituel de relations : le point de vue de Daphné Vialan

Après avoir vécu six ans dans la communauté de l’Arche de Saint-Antoine, Daphné Vialan est accompagnatrice de collectifs et a notamment travaillé à la Coopérative Oasis de septembre 2021 à début 2024. Elle partage, dans un livre intitulé Vivre ensemble en écolieu sorti en 2023 aux éditions Yves Michel, ce qu’elle a appris en aidant les groupes à développer une bonne « hygiène relationnelle » et en particulier à changer de regard sur le conflit.

Daphné mentionne que « les écolieux ont développé une réflexion plus poussée, notamment par l’importance qu’ils donnent à la facilitation des échanges et la recherche des enjeux systémiques, qui permettent de prendre de la hauteur ». Pour elle, les habitant·es des écolieux construisent progressivement un sentiment d’appartenance et une fierté progressive à « faire groupe » qui les encouragent à prendre chacun·e une certaine responsabilité sur le système dans son ensemble et à se donner les moyens d’une recherche d’harmonie. Ils se sentent par exemple concernés par les points de vue différents qu’incarnent d’autres membres. Ils ne peuvent pas s’ignorer car ils partagent leur espace de vie. 

Cela implique de dépasser ses propres opinions pour composer avec celles des autres. Daphné met cela en regard avec ce qu’elle appelle « la logique de parti », qu’on observe bien sûr dans la sphère politique mais aussi dans différents espaces sociaux : personne n’a alors intérêt à aller au-delà de la logique qu’il ou elle défend. Dès lors, les membres d’une oasis qui veulent avancer ensemble doivent surmonter leurs polarités et coopérer. Ils doivent s’engager sur certaines règles, en conscience des bienfaits qu’elles auront sur l’ensemble du groupe (…)

les membres d’une oasis qui veulent avancer ensemble doivent surmonter leurs polarités et coopérer

Dans ce chapitre également …

Véronique Guérin, Autrice, psychosociologue et fondatrice de l’Oasis Mycelium : Quand on lui demande d’évoquer le conflit en écolieu, elle invite tout d’abord à se questionner sur le type de relations que nous entretenons et leur singularité.
Sophie Rabhi, co-fondatrice du Hameau des Buis et de la Ferme des Enfants : Pour elle, la paix ne vient pas des méthodes et des outils, mais avant tout par d’une posture. Elle s’intéresse à ce qui fait que des personnes posent systématiquement problème alors que d’autres vivent naturellement une forme de tranquillité et de gentillesse.
Jorge Ochoa, Ancien habitant de l’Arche de Saint-Antoine : Creusant les questions relationnelles, il a développé puis diffusé le concept de polarité dans le réseau des oasis. Il s’est appuyé pour cela sur les travaux de Beena Sharma, présidente de la Vertical Development Academy aux États-Unis, qui s’est elle-même inspirée de la vision intégrale de l’écrivain américain Ken Wilber.

Créer un terreau fertile à un renouveau démocratique

Nous voici déjà à la fin de notre découverte d’extraits du livre « La Force du Collectif« … Pour ce dernier épisode, on part à la rencontre d’habitant·es d’écolieux engagé·es dans des processus démocratiques innovants, dans ou en dehors des temps électoraux ! 

à la rencontre d’habitant·es d’écolieux engagé·es dans des processus démocratiques innovants

L’exemple de la Caserne Bascule, à Joigny

Qu’elles s’engagent ouvertement en politique ou non, les oasis participent toutes à leur manière à renouer avec un certain idéal démocratique : par l’inscription de leurs actions dans une histoire et des courants de pensée qui les précèdent, par les modes de gouvernance qu’elles choisissent, par le soutien qu’elles apportent aux luttes et leur implication dans des actions militantes « hors les murs », par les modes d’éducation qu’elles défendent, par les liens qu’elles tissent avec des institutions tant sur le plan local que national… Mais cet idéal démocratique ne peut s’incarner à grande échelle qu’à condition que les oasis soient reliées entre elles, et qu’elles constituent ainsi un « archipel » d’initiatives porteuses de sens pour l’ensemble de la société. 

Un « archipel » d’initiatives porteuses de sens pour l’ensemble de la société

Cette notion d’archipel est à mettre en relation avec le municipalisme, une approche politique qui met la commune (la ville, le village, le quartier) au centre de la démocratie, plutôt que l’État national. L’idée principale est que les décisions doivent être prises au plus près des habitant·es, là où la vie quotidienne se déroule. Le municipalisme défend notamment la participation directe des citoyen·nes aux prises de décision, via des institutions locales fortes qui agissent en toute transparence. Le communalisme ou municipalisme libertaire, théorisé par Murray Bookchin, va un cran plus loin en proposant de remplacer l’état centralisé, le capitalisme et la démocratie représentative par des communes autogérées et reliées entre elles. « Libertaire » signifie ici le rejet de toute domination imposée et une réappropriation collective des processus démocratiques.

Les oasis, des laboratoires pour une démocratie directe

À la Caserne Bascule, à Joigny, on a fait le choix d’une gouvernance fondée sur l’horizontalité, l’autonomie et la responsabilisation, « au plus près de l’action », explique Phil Becquet, l’un des fondateurs du projet. La forme juridique de l’association a été pensée pour incarner ces grands principes : le bureau est collégial, avec une coprésidence, et l’association fonctionne par cercles thématiques autonomes.

« On utilise les principes de gouvernance partagée pour donner la chance à chacun·e de se sentir légitime et de pouvoir prendre des décisions sur un périmètre donné.

Une fois qu’un rôle a été attribué au sein de l’une des instances, l’idée, c’est de donner une autonomie d’action aux groupes sans que l’ensemble des cercles n’ait à se prononcer. »

Phil Becquet,
Co-fondateur de la Caserne Bascule

Le collectif est ouvertement soutenu par le maire en place depuis sa création : il est installé dans une ancienne caserne qui appartient à la commune et qui a été mise à disposition du groupe avec un loyer modeste, après un appel à projet. Mais si certains membres de l’écolieu soutiennent et parfois s’engagent sur des listes pour les prochaines élections, le projet en soi ne revendique pas d’appartenance à un bord politique. Phil Becquet rappelle tout d’abord une limite formelle : en tant qu’association loi 1901, la Caserne Bascule ne peut pas se transformer en acteur partisan. De plus, elle occupe un bâtiment municipal avec un bail précaire. Cette relation crée une vulnérabilité politique : une prise de position trop frontale pourrait mettre en danger l’existence même du lieu. « Étant locataires de la mairie, on a quand même des limites dans ce qu’on peut faire. » Phil est clair sur les risques en cas de changement de majorité : « Il y a de très fortes chances que, si le Rassemblement national est élu […], on subisse une fermeture administrative. » Soutenir officiellement une liste exposerait donc la Caserne Bascule à des représailles politiques.

Même sans soutien officiel, ce projet n’est pas neutre : le lieu agit concrètement comme une infrastructure de mobilisation démocratique et « base arrière de la transition », à travers par exemple la mise à disposition de salles pour des campagnes d’appels et de porte-à-porte… Plutôt que d’endosser une étiquette partisane, elle agit sur le terrain avec des valeurs démocratiques en incitant à la participation au vote et à la mobilisation citoyenne (…)

Autres témoignages dans ce chapitre

  • Camille Perrin, d’Ecoravie à Dieulefit (Drôme) : En 2020, Camille Perrin, s’est engagée sur une liste citoyenne et a été élue conseillère municipale. Elle évoque d’emblée des résistances culturelles locales : soupçons d’entre-soi, accusations de vouloir prendre le pouvoir, attentes de perfection pesant sur les élu·es écologistes. « Quand tu t’affiches avec des valeurs écolos… Si t’es pas parfait, tu te fais tailler. » Elle a cherché à insuffler dans l’équipe municipale des pratiques issues d’Écoravie : décisions par consentement, élections sans candidat·es, météo des émotions en début de réunion, méthodes issues de l’éducation populaire… Mais sans les nommer explicitement. « C’était naturel pour moi d’amener mon savoir-faire en matière de gouvernance horizontale », explique-t-elle. Elle ne s’est pas ré-engagée sur une liste en 2026.
  • Thomas Lefrancq, habitant et cofondateur du Château Partagé à Dullin (Savoie) : Ancien premier adjoint au maire de Dullin, Thomas vient d’être réélu aux dernières élections municipales. Lors de son précédent mandat, Thomas assume de ne pas avoir amené des outils trop marqués idéologiquement. « Le Château Partagé a une grosse étiquette politique qui fait que je marche sur des œufs, c’est-à-dire que je n’amène pas d’outils comme l’élection sans candidat·es au sein de ma liste. […] Le travail de mon premier mandat était juste d’amener un cadre sécurisant pour tout le monde, sans nommer les outils. » Pour Thomas Lefrancq, le lien humain précède le débat politique formel et les institutions (…)  Face aux fractures politiques, Thomas Lefrancq défend une approche relationnelle novatrice, fondée sur une éthique du dialogue issue de son expérience en écolieu.

La force du collectif – Comment les écolieux transforment la société

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À propos de l’éditeur : Terre Vivante

Terre vivante est une maison d’édition indépendante (Scop), implantée au cœur de la nature, qui porte les valeurs de l’écologie depuis 1980.

Cette démarche éditoriale s’inscrit dans un projet plus large, avec la publication d’un magazine de jardinage bio, Les 4 Saisons, et l’accueil du public dans son Centre écologique.

Grâce à ses auteurs experts et engagés, elle produit des contenus inspirants et accessibles (livres, magazine, vidéos, podcasts…) qui explorent les modes de vie écologiques et les futurs souhaitables.


Le guide pour réensauvager les jardins, balcons, … Et Tout le monde peut jardiner !

« Le guide pour réensauvager les jardins » de Quentin Travaillé explique que réensauvager est un acte écologique et un geste de soin envers soi et le vivant, avec des fiches botaniques détaillées, des tutos simples, des conseils et pratiques pour aménager tout type d’espace, des jardins aux balcons et des terrains aux coins de fenêtre. « Tout le monde peut jardiner » de Monsieur le Jardinier partage 7 règles pour des récoltes abondantes de fruits, légumes et herbes aromatiques.

Le guide pour réensauvager les jardins, balcons, … Et Tout le monde peut jardiner !

« Le guide pour réensauvager les jardins » de Quentin Travaillé

Réensauvager c’est à la fois
un geste écologique et une manière de prendre soin du vivant … et de nous-mêmes

La vie partout

Et si votre « chez vous » devenait un refuge pour le vivant ?

Balcon, terrasse, mur, petit jardin de ville ou grand terrain en lisière de campagne… la biodiversité s’invite partout, à condition de lui laisser la place pour s’exprimer. Mais comment faire ? En s’inspirant de ce qui nous entoure. Dans ce livre, Quentin Travaillé, créateur de La vie partout, nous invite à ouvrir les yeux sur la faune et la flore qui peuplent nos écosystèmes et à nous en inspirer pour réintroduire le vivant dans nos espaces extérieurs, quels qu’ils soient. Exposition plein sud ou zone ombragée, sol sec ou humide, surface minuscule ou vaste : chaque contrainte devient une opportunité. Plantes locales résilientes, aménagements simples, gestes accessibles… chacun peut réensauvager à son échelle.

Des solutions concrêtes

À travers une approche claire et progressive, il propose des solutions concrètes :

  • des fiches botaniques détaillées pour savoir quelles fleurs planter chez vous et pourquoi ;
  • des conseils pratiques pour aménager votre jardin et en profiter ;
  • des tutos simples pour installer des abris pour la faune.

Illustré de schémas clairs et esthétiques, ce livre propose une autre manière de penser nos espaces : plus autonome, plus vivante, plus respectueuse des équilibres naturels.

Prêt à transformer votre coin de verdure en refuge pour la vie sauvage ? Ce guide est votre premier pas pour réensauvager votre jardin, accueillir le vivant chez vous et vous reconnecter à la nature.

L’auteur Quentin Travaillé

Quentin Travaillé est le créateur de La vie partout, un ensemble de contenus digitaux dédiés à la compréhension et à la préservation du vivant à l’échelle locale. Suivie par plus de 700K sur les réseaux sociaux, il anime également la newsletter « Comment réensauvager les jardins » ainsi que le podcast « La vie partout, comprendre le vivant », dans lesquels il explore les liens entre écologie, territoires et pratiques accessibles à tous. Il habite à Jézeau (65)

Newsletter Comment réensauvager les jardins ?


Instagram La vie partout


Extrait

Podcast La vie partout


Rendez-vous aux jardins en Île-de-France

À l’approche de l’été, les Rendez-vous aux jardins reviennent les 5, 6 et 7 juin 2026 pour une 23e édition. Organisée par le ministère de la Culture et coordonnée par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Île-de-France, la manifestation invite le public à découvrir autrement les parcs et jardins de la région. 

À cette occasion, jardins historiques, domaines paysagers, jardins partagés, sites labellisés « Jardin remarquable » et lieux habituellement fermés au public ouvrent exceptionnellement leurs portes et proposent une programmation riche et accessible à toutes et tous.

En Île-de-France, plus de 200 parcs et jardins participent à l’événement, avec plus de 400 rendez-vous annoncés. Visites guidées, ateliers, spectacles, concerts, expériences sensorielles et animations familiales rythmeront ce premier week-end de juin.

Cette année, le thème « Les cinq sens au jardin : la vue » invite à porter un regard renouvelé sur les paysages, les perspectives et les compositions végétales. Entre découvertes sensibles, expériences immersives et mise en valeur du patrimoine paysager francilien, cette édition célèbre toute la richesse et la diversité des jardins du territoire.

rendezvousauxjardins.culture.gouv.fr


« Tout le monde peut jardiner » de Monsieur le Jardinier

Les 7 règles pour obtenir légumes, herbes aromatiques et fruits en abondance

Observer, adapter et récolter. Monsieur le Jardinier, l’expert passionné suivi par plus d’1M d’abonnés sur Instagram, nous livre ses principes clés pour cultiver simplement et efficacement légumes, herbes aromatiques et fruits en abondance. Un guide pratique du potager nourri par son expérience multi-terrains, conçu pour éviter les erreurs de débutant et tirer rapidement satisfaction de son travail.

7 règles pour obtenir légumes, herbes aromatiques et fruits en abondance

Règle n°1 : Comprendre les plantes

La règle négligée qui explique pourquoi certains jardiniers récoltent des centaines de kilos …pendant que d’autres obtiennent à peine 3 radis et une salade … Avant de planter quoi que ce soit, il faut comprendre les plantes. Dans ce premier chapitre, vous découvrirez notamment :

  • Les 5 besoins essentiels pour avoir des plantes en pleine santé et productives
  • Pourquoi certaines plantes poussent sans effort
  • Ce qu’il faut savoir sur les fleurs pour obtenir des fruits
  • Les 4 causes invisibles qui font mourir la majorité des plantes

Règle n°2 : Connaître son environnement

La plupart des échecs au potager viennent d’une seule erreur : appliquer des méthodes à la mode qui ne correspondent pas à son environnement. Ce chapitre vous apprend à décoder votre terrain :

  • Votre climat réel (pas celui des livres)
  • La nature et la structure de votre sol
  • Votre exposition et vos microclimats
  • Les points forts et les limites de votre jardin

Règle n°3 : Bien choisir les plantes

Certains jardiniers s’acharnent à faire pousser les mauvaises plantes. Pourtant, une bonne plante au bon endroit peut produire 10 fois plus avec moins d’efforts. Dans ce chapitre vous découvrirez :

  • les 4 critères essentiels pour choisir les bonnes plantes
  • pourquoi certaines variétés réussissent souvent mieux
  • les 3 points à respecter pour l’achat de vos plantes

Règle n°4 : Organiser son jardin

Dans ce chapitre vous apprendrez comment organiser votre jardin pour économiser du temps, de l’argent, de l’espace tout en augmentant vos récoltes.

  • choisir la bonne méthode de culture (buttes, planches, lasagnes, etc.)
  • créer des zones logiques grâce à une technique inspiré des Romains
  • savoir quand arroser et avec quelle eau 
  • Associer les plantes pour améliorer les récoltes

Règle n°5 : Nourrir le sol avant les plantes

Beaucoup de jardiniers cherchent à nourrir leurs plantes mais quand le sol est vivant, le jardin travaille presque tout seul. Dans cette règle, vous découvrirez :

  • comment nourrir le sol pour nourrir les plantes
  • quels paillages sont les plus efficaces
  • l’erreur qui attire les insectes et les maladies
  • Les 10 points à respecter pour avoir un bon compost

Règle n°6 : Cultiver des plantes fortes

Un jardin en bonne santé attire moins de maladies et moins de ravageurs. Dans ce chapitre, vous apprendrez :

  • comment produire des plants vigoureux dès le départ
  • l’importance du choix des semences et des variétés
  • les techniques simples pour réussir semis, repiquage et plantation
  • les bonnes astuces pour la culture en pots

Règle n°7 : Travailler avec la nature

La règle la plus puissante : travailler avec la nature plutôt que contre elle. Dans cette dernière règle, vous apprendrez à créer un équilibre et à gérer les problèmes de manière naturelle :

  • comment utiliser les équilibres naturels du jardin
  • pourquoi certains désordres sont en réalité bénéfiques
  • Comment lutter contre nuisibles et maladies
  • comment créer un jardin Anti-fragile

Instagram Monsieur le Jardinier


Extrait

L’auteur Monsieur le Jardinier

Monsieur le jardinier est un passionné de potager : il partage sur les réseaux de façon simple et percutante son expertise et ses techniques en matière de potager. Il comptabilise 1 million d’abonnés sur Instagram et diffuse également La lettre du jardinier, dont il est le rédacteur. Il vit en Moselle (57).

Le label EcoJardin fait évoluer ses critères d’évaluation pour intégrer les nouveaux enjeux

Le référentiel EcoJardin est un outil méthodologique et un guide de bonnes pratiques à destination des jardiniers et des gestionnaires d’espaces verts. Il répond à deux principaux objectifs : Disposer d’un langage commun concernant la gestion écologique et Guider les jardiniers et gestionnaires d’espaces verts vers de bonnes pratiques. Libre d’utilisation dans un objectif d’amélioration des pratiques, il est compatible et adapté à l’ensemble des typologies d’espaces verts pouvant exister sur le territoire d’une collectivité.

7 domaines de gestion d’un espace vert

Planification et intégration du site

  • Planification de la gestion globale du site en fonction de son organisation interne
  • Intégration du site dans le réseau des espaces verts du territoire
  • Liaisons écologiques au sein du site

Sol

  • Connaissance des sols pour pouvoir mieux les gérer
  • Préservation des sols face aux risques
  • Amélioration des fonctions écologiques des sols
  • Gestion des cheminements

Eau

  • Connaissance et suivi des ressources en eau (hors réseau) disponibles
  • Gestion de l’eau optimisée en fonction des conditions pédoclimatiques
  • Limitation des consommations par la mise en place de mesures préventives
  • Gestion raisonnée de l’eau des fontaines et bassins

Faune & Flore

  • Connaissance, suivi et préservation de la biodiversité
  • Choix des végétaux adaptés au site
  • Conduite raisonnée des végétaux (taille raisonnée, tonte adaptée, préférence de fauche si possible…)
  • Non utilisation de produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse et dangereux pour l’environnement
  • Réduction de la production de déchets verts et valorisation des rémanents

Mobiliers et matériaux / Matériels et engins

  • Connaissance du patrimoine et de ses usages
  • Mise en place d’une politique d’achats durables
  • Limitation de l’éclairage
  • Optimisation du parc
  • Gestion fine de la consommation en carburants fossiles

Formations

  • Formation des agents dans les différents domaines de la gestion écologique

Public

  • Sensibilisation du public 

Label EcoJardin : évolution des critères d’évaluation

Le label EcoJardin, référence de gestion écologique des espaces verts, fait évoluer ses critères d’évaluation afin d’intégrer les nouveaux enjeux, actualiser les connaissances, renforcer l’exigence du label et mieux valoriser les efforts d’amélioration continue.

L’ambition du label EcoJardin est de favoriser l’amélioration continue des pratiques de gestion écologique. Depuis son lancement en 2010, le label a régulièrement fait évoluer son référentiel et les grilles pour prendre en compte les évolutions règlementaires, les nouvelles connaissances et enjeux et les pratiques de terrain.

Plante & Cité, porteur du label et garant de l’actualisation du référentiel et des grilles d’évaluation, a initié en 2024 un travail d’actualisation reposant sur une veille bibliographique, l’expertise de toute l’équipe de Plante & Cité et les expériences du terrain. Il a permis de rassembler toutes les recommandations et les nouvelles exigences pour mieux accompagner les professionnels dans le déploiement de la gestion écologique.

Des approfondissements dans les 7 domaines et de nouveaux critères essentiels

Des précisions sur les enjeux et les pratiques ont été apportées pour les sept domaines de la gestion écologique :

  • Pilotage : mieux programmer les opérations de gestion sur le terrain et leur amélioration continue en lien avec les parties prenantes ;
  • Sols : favoriser la désimperméabilisation des sols et renaturer les surfaces imperméables ;
  • Eaux : éviter d’arroser en favorisant le cycle de l’eau verte ;
  • Faune & flore : éviter les pièges à faune, favoriser la régénération naturelle et respecter les cycles biologiques lors des interventions ;
  • Mobiliers & matériaux, matériels et engins : miser sur la frugalité et réduire les pollutions ;
  • Formations : favoriser l’acquisition de compétences par la pratique ;
  • Publics : accompagner les expériences de nature et limiter les impacts de la fréquentation.

Initialement centrés sur le cœur de la gestion écologique : sols – eaux – faune et flore – formation, les critères essentiels concernent désormais tous les domaines. Par ailleurs, pour mieux valoriser les efforts d’amélioration des pratiques, d’autres critères essentiels s’appliquent pour les renouvellements.

Les nouvelles grilles d’évaluation s’appliquent dès 2026. Néanmoins, pour accompagner les gestionnaires candidats dans cette transition, les nouveaux critères essentiels n’entreront en vigueur qu’en 2027.

Une mise à jour du référentiel et des documents du label

Les documents mis à jour sont à disposition des gestionnaires intéressés pour progresser sur la gestion écologique :

Référentiel EcoJardin

Grilles d’évaluation : espaces végétalisés, cimetières, jardins collectifs, arbres d’alignement

Notice détaillée des critères essentiels

Manuel du candidat

Règlement du label

Tous les documents sont téléchargeables sur le site du label : https://www.label-ecojardin.fr/ressources?field_type_ressource_target_id=254

Cette actualisation a bénéficié du soutien de l’Office français de la biodiversité dans le cadre du plan Ecophyto porté par le gouvernement.

News Sélection PHVA N°1

Cette première sélection d’infos essentielles à Haute Valeur Ajoutée pour la PHVA invite nos lecteurs, s’ils estiment utile de faire un article à partir des liens proposés, à nous les transmettre à plusdejustesse@gmail.com

Catégorie l’être et les liens

Changer le Monde en quelques générations – Fréderic Lenoir

‘J’ai décidé d’alerter notre société sur la crise systémique pour proposer des pistes de solutions’ Frédéric Lenoir

Changer la logique du monde

Frédéric Lenoir a décidé d’être un acteur du changement pour que le monde passe d’une logique consumériste et négative à une logique de partage et de responsabilité.  Pour cela, il explique comment nos comportements sont destructeurs à la fois pour la planète et les individus. Il estime que la rentabilité et l’efficacité tuent les individus et leur intériorité

Pour lui, dire que tout va mal est une fausse perception de la réalité : 80% des humains se disent heureux ! Le monde va beaucoup mieux que par le passé. Alors les solutions existent ! « L’optimisme c’est de l’engagement. »

Et pour s’engager, les outils numériques peuvent participer activement à une mobilisation globale pour passer à l’action

S’améliorer soi-même est essentiel pour changer le monde

Catégorie le pouvoir et l’action locale

Agir pour la réappropriation citoyenne de la production d’objets

On utilise les nouvelles technologies pour diminuer l’obsolescence et éviter de jeter’ Laurent Guerby

Agir pour une réappropriation citoyenne de la production d’objets

Laurent milite pour le bien commun et les logiciels libres. Via ces courants il s’est intéressé aux « hackerspace« , lieux alternatifs où se rencontrent geeks et bricoleurs pour échanger pratiques, astuces et matériel. L’idée : réparer et récupérer plutôt que jeter. La démocratisation des imprimantes 3D a donné un nouveau souffle à ces mouvements qui peuvent désormais fabriquer eux-mêmes les pièces dont ils ont besoin. Pour Laurent, il suffit de fabriquer des objets dont les plans de fabrication sont publics : « ça permet de le modifier, l’adapter et le refaire soi-même ».

Plus qu’une solution pour les « bricoleurs », cette pratique pourrait être une bonne réponse au problème de l’obsolescence programmée


On passe à l’acte : L’écosystème de l’engagement et des initiatives positives

Depuis plus de 15 ans, On Passe à l’Acte a interviewé des centaines de porteurs de projets et fait émergé un écosystème qui accompagne celles et ceux qui veulent agir, qu’ils soient citoyens, entrepreneurs, associations ou collectivités.

  • un réseau d’entraide pour créer des coopérations entre acteurs du changement
  • un média pour découvrir les initiatives inspirantes et les rendre visibles
  • des accompagnements sur mesure nourris de retours d’expérience concrets
  • des animations pour fédérer et dynamiser les équipes ou les territoires
  • des ressources et formations pour transformer l’envie d’agir en réussite durable

Slow food : un mouvement qui promeut le goût, la biodiversité, la qualité alimentaire et le terroir

Le Slow Food est un mouvement international créé en 1986 en réaction à l’émergence de la restauration rapide (fast food). Il cherche à préserver la cuisine régionale de qualité ainsi que les plantes, semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui lui sont associés. Il est à l’origine d’un programme d’éducation à l’alimentation et au goût, de manifestations tel le Salon du Goût de Turin et a mis au point plusieurs centaines de projets de sauvegarde de la biodiversité et d’anciennes traditions de production partout dans le monde.

J’ai crée un hybride entre le vélo et la voiture à l’énergie solaire

Chaine TV Shamengo – Les pionniers

Bâtir et rénover soi même

Réseau d’entraide et de solidarité pour les auto-constructeurs et auto-rénovateurs

Vous voulez auto construire ou auto rénover votre maison ou simplement faire quelques travaux ? L’association des Castors vous soutient dans cette démarche ambitieuse et enrichissante. Elle a pour objectif de :

  • Proposer des services pour vous aider à construire ou rénover votre habitation vous-même. Avec les Castors vous ne vous sentirez pas seul face à votre projet. L’association met à votre disposition des outils afin de réaliser votre habitat dans les meilleures conditions de la phase de réflexion jusqu’à l’emménagement.
  • Encourager une démarche écologique pour que vous construisiez, pour vous et les générations futures, un habitat sain et peu énergivore, tout en respectant votre budget.
  • Promouvoir les valeurs de solidarité, de partage et d’entraide. L’association, implantée en Rhône-Alpes, regroupe des projets d’autoconstruction et d’autorénovation sur toute la France. Cette présence favorise les rencontres et les échanges.

Vais-je faire des économies ?

Devenir Castor cela signifie moins de main d’œuvre à payer et des économies à la clé, c’est aussi bénéficier de la force d’un réseau, d’entraide pour échanger du matériel, des matériaux ou des bons plans.

Aux Castors, nous ferons toujours le maximum pour que vous fassiez les meilleurs choix possibles.

Vous allez faire d’énormes économies d’eau et de lessive

Chaine TV Shamengo – Créer dans l’éthique

Catégorie le vivant et refaire société

Opération Milliard : réunir un milliard pour financer les organisations engagées dans la transition juste

‘On a décidé d’encourager un écosystème mêlant économie/écologie/justice social/démocratie’ Diane Dupré Latour

Opération Milliard est la proposition d’une nouvelle culture pour que la finance irrigue aussi les initiatives positives et la transition. Et ainsi ne plus la réduire uniquement au profit mais l’élargir à toutes les autres valeurs que produisent les activités humaines. Avec son initiative des petites cantines et du prix libre, Diane est suffisamment riche de son expérience pour avoir l’audace de proposer un changement de paradigme à la finance.

Je construits des maisons en béton végétal

J’ai crée la banque des pauvres

J’utilise le bambou comme d’autres l’acier

J’ai inventé le mur végétal

Chaine TV Shamengo – Prendre soin de soi

Quand les enfants deviennent acteurs du climat

Comment assurer la pérennité du vignoble à l’horizon 2050 ?

Le millésime 2026 s’annonce comme l’un des plus précoces de ces dernières années dans la quasi-totalité des bassins viticoles français. Les vignes ont aujourd’hui une à deux semaines d’avance selon les régions. Cette précocité pose de nombreuses questions aux vignerons pour l’adaptation au changement climatique, la gestion de l’eau et de l’énergie, la réduction de l’empreinte carbone … Dans un moment charnière pour la filière viticole, confrontée à la baisse de la consommation et à des enjeux de renouvellement des générations dans les exploitations. Terra Vitis ouvre le débat et partage ses axes de travail.

Terra Vitis ouvre le débat et partage ses axes de travail

Le 22 avril à Paris, Terra Vitis réunissait journalistes, vignerons et représentants des interprofessions autour de cette question: « Comment assurer la pérennité du vignoble à l’horizon 2050 ?« . Anne-Laure Ferroir, directrice générale de Terra Vitis, Jérôme Choblet, président du réseau et vigneron au Domaine des Herbauges, Raphaël Suire, chargé de mission Climat, Eau et Carbone chez InterLoire, et Mathieu Oudot, chef de projet carbone au Comité Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, ont partagé constats et solutions face à trois défis majeurs : réduire leur impact et s’adapter à un monde qui change, faire face à la baisse de la consommation et préparer la transmission des exploitations.

Face aux défis climatiques et énergétiques : réduire son impact et adapter ses pratiques

Changement climatique, hausse des coûts énergétiques : les vignerons doivent à la fois réduire leur empreinte carbone et adapter leurs pratiques à un climat en mutation. Terra Vitis accompagne ses adhérents sur ces deux fronts.

Sur l’éco-conception d’abord. Le conditionnement représente 40 à 50 % de l’empreinte carbone totale d’un domaine viticole et parmi ce coût environnemental, la bouteille en verre représente à elle seule 80 %. Terra Vitis a signé, en 2023, le Bottle Weight Accord initié par Sustainable Wine Roundtable, engageant ses membres à alléger leurs bouteilles de vin tranquille sous 420 g d’ici fin 2026. Résultat : sur les 300 millions de bouteilles du réseau, le poids moyen est passé de 550 à 460 g, soit près de 28 500 tonnes de CO2 économisées, l’équivalent des émissions annuelles de 7 700 foyers français. La dynamique se poursuit : Terra Vitis s’engage cette année dans une démarche similaire sur les vins effervescents.

Écoconception des bouteilles de vin : les engagements de Terra Vitis pour le contenant du futur

Mais comme le rappelle Raphaël Suire (InterLoire), agir sur son empreinte carbone, ce n’est pas seulement une question de contenants. Le choix des cépages, le travail des sols ou encore les énergies utilisées sont des leviers tout aussi importants. Terra Vitis partage cette conviction et la traduit concrètement : son cahier des charges accompagne les adhérents bien au-delà du packaging, des pratiques à la vigne jusqu’à l’éco-conception des bâtiments.

Sur le volet adaptation du vignoble, Jérôme Choblet traduit cette approche dans ses choix de terrain. Il a engagé un programme de replantation de 36 hectares sur six ans avec des cépages résistants aux maladies et au gel, remplaçant 15 à 20 % de son vignoble tout en préservant la typicité des vins de Loire. Il a également adopté le HVO100 pour ses tracteurs, un carburant fabriqué à partir d’huiles végétales qui réduit les émissions liées aux travaux viticoles de 70 à 90 % par rapport au gazole classique. Pour aider ses adhérents à mesurer concrètement leur impact et identifier les postes sur lesquels agir, Terra Vitis travaille en lien étroit avec les Interprofessions. Avec le Comité des Vins de Bourgogne, un groupe pilote d’adhérents Terra Vitis en Bourgogne-Franche-Comté expérimente actuellement WinePilot, un calculateur d’empreinte carbone développé avec FoodPilot. L’outil couvre toute la chaîne, de la vigne à la mise en bouteille, et s’appuie en partie sur les données déjà collectées lors des audits Terra Vitis, ce qui facilite son adoption sur le terrain.

Parallèlement, Terra Vitis participe à des programmes collectifs comme Vitilience, porté par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). Ce projet national permet de tester en conditions réelles une combinaison de leviers concrets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique sur 20 sites répartis dans 12 régions viticoles : nouveaux cépages (ou matériel végétal), modes de taille, consigne ou encore vin en vrac… Le Château de l’Éclair, adhérent ambassadeur Terra Vitis en Beaujolais, fait partie des sites démonstrateurs.


Observer, expérimenter, partager : la force du réseau Terra Vitis

Ce qui distingue Terra Vitis, c’est sa capacité à transformer les signaux du terrain en actions collectives. Depuis plus de 25 ans, le réseau écoute ses adhérents, observe ce qui fonctionne, expérimente avec ses partenaires , IFV, INRAE, ADEME, chambres d’agriculture, interprofessions puis déploie les solutions à l’échelle de ses adhérents. C’est cette logique d’observation, d’expérimentation et de partage qui permet aux adhérents Terra Vitis d’anticiper plutôt que de subir. Et parce que ces avancées sont intégrées au cahier des charges, elles deviennent une exigence partagée par l’ensemble du réseau.

« Terra Vitis, c'est avant tout un réseau qui avance ensemble. Quand un enjeu émerge, on l'identifie, on l'expérimente avec nos partenaires, et on le déploie. C'est comme ça qu'on construit une viticulture qui dure. » - Anne-Laure Ferroir, Directrice Générale de Terra Vitis

Face à la baisse de la consommation : se renouveler pour durer

La consommation mondiale de vin a atteint en 2024 son niveau le plus bas depuis 1961 : 214 millions d’hectolitres (OIV). En France, -3,6 % en un an, dans la continuité d’une tendance engagée depuis 2017. Face à cette réalité, Terra Vitis encourage ses adhérents à faire évoluer leur modèle et le réseau est précisément là pour ça : partager les expériences de ceux qui ont osé se transformer, pour inspirer les autres. Beaucoup d’adhérents comparent Terra Vitis à une boussole : une référence qui aide à choisir la bonne direction sans perdre son identité.

partager les expériences de ceux qui ont osé se transformer, pour inspirer les autres

C’est dans cet esprit que Jérôme Choblet a lancé une gamme de vins en canette au Domaine des Herbauges, un format plus léger en empreinte carbone, qui séduit de nouveaux circuits de distribution et une clientèle plus jeune. Il a aussi développé des cuvées faiblement alcoolisées, en réponse à une demande croissante.

Ces choix illustrent une dynamique plus large que Terra Vitis préconise : diversifier son offre pour pérenniser son modèle économique. L’œnotourisme en est un autre levier : Terra Vitis l’encourage et s’assure, fidèle à son ADN, qu’il se déploie de manière durable.


Guide œnotourisme Responsable Terra Vitis 2025

Voyagez au cœur de domaines responsables !


Au-delà de l’évolution des pratiques, la certification Terra Vitis est elle-même un levier pour répondre à une tendance de fond : les consommateurs sont de plus en plus en quête de transparence et d’engagement. 59 % des consommateurs considèrent désormais la présence d’une certification responsable comme une preuve incontournable lors de l’achat d’un vin1. Preuve en est sur le terrain, au Domaine des Herbauges, la mise en avant du logo Terra Vitis sur les bouteilles s’est accompagnée d’une hausse de 13 % des ventes en grande distribution.

Les acheteurs professionnels sont également à la recherche de vins responsables. Les monopoles scandinaves ont reconnu Terra Vitis comme Démarche Responsable dès 2023. En France, Carrefour a retenu Terra Vitis comme certification agro-environnementale de référence dans son programme Act for Food, et Match l’a intégrée parmi les trois démarches reconnues dans sa gamme Nos Vins Durables.

Remettre l’humain au cœur du vignoble

Face au défi de la transmission : anticiper

Troisième défi, moins visible mais tout aussi décisif : dans moins de dix ans, 50 % des viticulteurs français auront plus de 60 ans, et plus de la moitié n’ont pas de repreneur identifié2. C’est toute la pérennité économique, sociale et culturelle du vignoble qui est en jeu. Sur ce sujet très personnel qu’est la transmission, la première mission du réseau est d’encourager ses adhérents à se questionner et à prendre conscience des enjeux suffisamment tôt pour agir sereinement.

Jérôme Choblet fait partie des convaincus : accompagné par le cabinet Ampelio, il a anticipé largement la transmission de son domaine, en s’associant. Une étape qu’il décrit comme décisive. Elle lui a permis de partager ses réflexions, prendre du recul et oser certaines décisions dans un contexte exigeant.

Depuis 2025, Terra Vitis est ainsi la première certification viticole à avoir intégré la préparation de la transmission dans son cahier des charges. Pour accompagner cette réflexion, Terra Vitis a publié un livret pratique « 10 conseils pour une transmission réussie », construit à partir de témoignages de vignerons cédants et repreneurs de toutes les régions de France.


Née du terrain, portée par des vignerons, Terra Vitis accompagne depuis 28 ans ceux qui font le choix d’une viticulture plus durable et plus résiliente.

Dans un contexte qui bouscule la filière, le réseau joue un rôle de catalyseur : il écoute, expérimente, partage, et traduit ces apprentissages en exigences concrètes pour l’ensemble de ses adhérents. C’est cette capacité à transformer les défis du moment en leviers collectifs qui fait de Terra Vitis un pilier de la viticulture responsable, en France comme à l’international.


Terra Vitis : de le vigne au verre, une démarche pionnière, durable et globale

L’association Terra Vitis porte aujourd’hui l’une des principales certifications de la filière viticole et la seule, à l’échelle nationale, de viticulture responsable qui respecte les grands principes du développement durable et soit reconnue par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

une viticulture durable et responsable

Au travers de la certification et de son cahier des charges précis, les adhérents Terra Vitis s’engagent jour après jour pour une viticulture durable et responsable. Chacune de leurs actions vise à trouver le meilleur équilibre possible entre le respect de l’environnement, de la société et de la durabilité économique de leurs exploitations viticoles.

  • Pensée par et pour les viticulteurs : le bon sens et la connaissance du terrain guident la rédaction du cahier des charges.
  • Le fruit d’une démarche pionnière : elle résulte d’un engagement de plus de 25 ans déjà 
  • La seule certification nationale de viticulture responsable et durable : elle est basée sur les piliers du développement durable
  • Reconnue par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation : c’est une garantie de qualité pour les consommateurs et une reconnaissance du travail engagé par les adhérents 

Télécharger l’annuaire des adhérents Terra Vitis certifiés en 2024

La certification Terra Vitis est la certification des viticulteurs responsables qui ont à cœur de bien faire et de toujours faire mieux.

Les actions Terra Vitis pour le respect de l’environnement

Véritable pilier de la démarche Terra Vitis, la protection de l’environnement est un engagement chevillé au corps de chacun des viticulteurs et vignerons certifiés. Cet engagement se traduit par la mise en oeuvre d’actions concrètes destinées à :

  • Préserver l’eau, les sols et l’air de toute pollution
  • Favoriser la biodiversité en maintenant l’équilibre naturel des sols et des écosystèmes
  • Optimiser et limiter l’utilisation des ressources naturelles et des matières premières
  • Veiller à la sobriété énergétique de toutes nos actions

Tous les gestes mis en place par les viticulteurs Terra Vitis sont le fruit d’une réflexion basée sur la mise en commun d’expériences individuelles, les enjeux du développement durable et notre lien indéfectible avec le terrain et ses réalités. Notre approche s’est aussi construite sur une volonté forte de pouvoir transmettre un patrimoine viticole durable aux générations futures.

Les actions Terra Vitis pour garantir la responsabilité sociétale des viticulteurs

7 exemples très concrets d’adaptation mis en place sur le terrain par les vignerons

Des exemples très concrets d’adaptation mis en place sur le terrain : plantation de cépages résistants, développement de vins faiblement alcoolisés, allègement des bouteilles ou encore expérimentation de nouveaux formats comme la canette …

  1. Étude Terra Vitis / Toutlevin L’Agence, 2023 ↩︎
  2. Plan filière Vins, 12 décembre 2017 ↩︎

Quand le Rêve de Dan’A croise la Théorie du U et l’itinérance en groupe avec des ânes

La recherche action entreprise par le laboratoire d’innovation pédagogique du Rêve de Dan’A croise la Théorie U du chercheur Otto Scharmer du MIT et l’itinérance avec des ânes. A froid pour la PHVA, il s’agit d’essayer de comprendre ce qui se joue et par quelles expériences passent les groupes. Explications par Denis Cristol, consultant en apprenance collective, stimulateur d’écosystèmes innovants et chercheur associé à Paris Ouest Nanterre et Rennes 2

Théorie du U d’Otto Scharmer et itinérance en groupe avec des ânes

« Ce n’est que lorsque nous sommes perdus (…) que nous commençons à nous trouver… »

David Thoreau – Walden ou la vie dans les bois
Denis CristolConsultant en apprenance collective, stimulateur d’écosystèmes innovants et chercheur associé à Paris Ouest Nanterre et Rennes 2

La progression de l’itinérance proposée s’inscrit dans une logique proche de la Théorie U, mais déplacée dans une expérience vécue du corps, du vivant et de la relation avec les ânes.

Il ne s’agit pas seulement de comprendre une dynamique collective, mais de la traverser sensoriellement et symboliquement.

Les ânes jouent ici un rôle de médiateurs du rythme, de la qualité d’attention et de la relation au milieu.

Être là

Le premier mouvement consiste à quitter progressivement le régime de dispersion mentale pour entrer dans une présence située. Marcher avec un âne oblige à ralentir. L’animal ne répond ni à l’injonction ni à l’accélération artificielle. Il oblige à ajuster le pas, la respiration, l’attention au terrain, à la météo, aux sons, aux tensions du corps. Dans la logique du U, cette étape correspond à la suspension des automatismes et à l’ouverture du regard. L’enjeu n’est plus de « produire » immédiatement quelque chose ensemble, mais de redevenir perceptif. Être là signifie sentir ce qui est vivant : en soi, dans le groupe, dans le paysage. Les ânes deviennent alors des révélateurs d’état intérieur. Une tension, une impatience ou une distraction se transmettent immédiatement dans la relation. L’animal agit comme une forme de miroir silencieux.

Être là signifie sentir ce qui est vivant : en soi, dans le groupe, dans le paysage

Faire binôme

Après la présence vient la relation singulière. Chaque participant construit un lien avec un âne : trouver le rythme commun, apprendre à guider sans contraindre, sentir les moments de résistance ou de coopération. Cette phase engage une transformation importante : passer d’une logique de maîtrise à une logique d’accordage. Le binôme humain–âne devient un espace d’apprentissage relationnel. Dans la théorie du U, cela rejoint l’ouverture du cœur : la capacité à entrer en relation autrement, en développant écoute, confiance et réciprocité. Beaucoup découvrent que l’efficacité relationnelle ne repose pas d’abord sur le contrôle mais sur la qualité de présence. Le binôme révèle également les styles relationnels implicites : certains tirent, d’autres hésitent, certains surprotègent, d’autres s’effacent. Le vivant rend visibles ces habitudes.

Le binôme humain–âne devient un espace d’apprentissage relationnel

Troupeau d’humains / troupeau d’ânes

Le troisième mouvement élargit la relation au collectif. Les humains ne marchent plus seulement avec « leur » âne ; ils apprennent à circuler dans une dynamique plus vaste où plusieurs rythmes, besoins et sensibilités coexistent. Le troupeau d’ânes devient une pédagogie concrète du collectif vivant. Les ânes montrent des phénomènes subtils : régulation spontanée des distances, vigilance distribuée, leadership mouvant, attention aux plus fragiles, synchronisation implicite. Le groupe humain commence alors à percevoir qu’un collectif n’est pas une addition d’individus mais un système de relations. Dans le U, cette étape correspond au déplacement du regard vers le système dans son ensemble. Les participants découvrent souvent que les tensions du groupe ne viennent pas uniquement des personnes mais des rythmes, des peurs, des asymétries d’attention ou des difficultés d’accordage.

Le troupeau d’ânes devient une pédagogie concrète du collectif vivant

Itinérance robustesse : Explorer les chemins de la robustesse, de l’intime au planétaire, en itinérance avec des ânes dans le Haut-Languedoc

Ma singularité dans le nous

Lorsque le collectif devient plus cohérent, une question essentielle apparaît : comment exister pleinement sans se dissoudre dans le groupe ? L’expérience avec les ânes est précieuse ici, car le troupeau n’efface jamais la singularité animale. Chaque âne garde sa manière d’avancer, sa sensibilité, son tempérament, tout en participant à un mouvement commun. Cette étape correspond à un approfondissement du « presencing » chez Otto Scharmer : entendre ce qui cherche à émerger depuis soi au sein du collectif. Les participants sont amenés à reconnaître leurs ressources singulières, leurs vulnérabilités, leur manière propre de contribuer. Le « nous » n’est plus vécu comme une fusion mais comme une composition vivante de différences accordées. La marche, les temps de silence, les récits partagés et la relation aux animaux permettent souvent de ressentir corporellement cette articulation entre individuation et appartenance.

Le « nous » n’est plus vécu comme une fusion mais comme une composition vivante de différences accordées

Un seul souffle

Le dernier mouvement n’est pas l’uniformité mais la synchronisation sensible. Après plusieurs jours d’itinérance, il arrive que le groupe entre dans des moments rares où les rythmes semblent s’accorder naturellement : le pas ralentit ensemble, les paroles deviennent plus sobres, les décisions circulent avec fluidité, les ânes avancent calmement. Cette expérience évoque moins une performance collective qu’un état de cohérence. Le groupe devient capable d’attention distribuée, d’ajustement mutuel et de création commune sans surpilotage permanent. Dans la théorie du U, cela correspond au passage vers le « co-creating » : faire émerger ensemble une action plus juste à partir d’une qualité de présence partagée. Le symbole du souffle est important : respirer ensemble signifie habiter un même milieu sans perdre sa singularité. Ce n’est plus seulement un groupe qui coopère ; c’est une communauté momentanée d’attention au vivant.

faire émerger ensemble une action plus juste à partir d’une qualité de présence partagée

Itinérance avec des ânes ou la métamorphose des systèmes d’apprentissage

Prochaine itinérance du 25 au 31 juillet 2026 sur le thème « S’initier à l’art du conte pour révéler les récits de soi, du vivant et des territoires en transformation. »

Trois bénéfices clés de l’Expérienciel « Rêve de Dan’A »


INTEX – INITIATIVE POUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN PAR L’EXPERIENTIEL®
Le rêve de Dan’a (du nom d’une déesse de la fécondité celte) est une exploration de nouvelles manières d’agir et de vivre en connexion avec les autres et la nature.

Élus locaux : comment adopter les bons réflexes dès le départ des projets d’action sanitaire et sociale ?

Un rapport récent de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) propose une approche simple mais structurante aux élus locaux pour adopter les bons réflexes dès le départ de leurs projets : une check-list en 9 étapes pour sécuriser et renforcer les projets locaux. À l’heure où les enjeux de santé s’intensifient, le bloc communal est un acteur stratégique de la prévention et de la cohésion sociale, avec une capacité unique d’action rapide et adaptée.

Quelques enseignements clés

  • Partir des besoins réels du territoire – Avant d’agir, prendre le temps d’objectiver : données, diagnostics, parole des habitants … C’est la condition d’une politique publique pertinente.
  • Jouer collectif – Département, ARS, CAF, associations … L’action locale repose sur un écosystème riche. Coordonner, c’est éviter les doublons et démultiplier l’impact.
  • Coconstruire avec les habitants – L’IGAS le rappelle clairement : associer les citoyens dès le départ renforce l’efficacité et l’acceptabilité des projets.
  • Tester avant de généraliser – Prototyper, expérimenter, ajuster : une logique agile qui devrait devenir un réflexe dans l’action publique territoriale.
  • Évaluer et anticiper l’avenir – Les projets locaux doivent désormais démontrer leur utilité, leur efficacité et leur soutenabilité dans le temps.

À l’heure où les enjeux de santé (mentale, sociale, environnementale…) s’intensifient, le bloc communal est un acteur stratégique de la prévention et de la cohésion sociale. Il dispose d’une capacité unique d’action rapide et adaptée. Mais cette force doit s’appuyer sur une méthode, une coopération renforcée et une vision de long terme.

Check list pour les lanceurs de projet sur les territoires


L’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) est la seule association qui fédère et représente les centres (inter)communaux d’action sociale (CCAS /CIAS). Elle joue un rôle essentiel dans la promotion de l’action sociale locale, en soutenant les communes dans la mise en œuvre de leurs politiques sociales et en offrant des services et des outils pour améliorer la prise en charge des populations les plus vulnérables.

www.unccas.org


Action sociale et sanitaire, les initiatives des communes

Tome 1 – Rapport de l’IGAS

Tome 2 – Annexes

Le 15 mai, c’est la Journée mondiale des blaireaux !

Pour alerter sur la cruauté du déterrage et améliorer les connaissances sur un animal encore très méconnu des Français, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) met les blaireaux à l’honneur le temps d’une journée, le 15 mai. 

Le 15 mai, c’est la Journée mondiale des blaireaux !

C’est qui le blaireau ?

Les blaireaux labourent-ils les champs de maïs ? Font-ils dérailler les trains ? Mangent-ils les enfants ? Méritent-ils vraiment qu’on les insulte ?! Pour répondre à ces questions et tordre le cou à toutes les légendes urbaines et rurales, il a été décidé de faire du 15 mai la Journée Mondiale des Blaireaux  : une journée dédiée à la connaissance de l’animal, pour les jeunes et les moins jeunes. Le 15 mai c’est aussi la Journée de la famille, ce qui tombe plutôt bien : les blaireaux aussi, vivent en famille !    



réhabiliter ce paisible fouisseur de vers de terre, pour qu’il soit simplement respecté pour ce qu’il est  : un blaireau  !

Animal discret aux mœurs noctambules, le blaireau reste mal connu en France. Victime régulière des collisions routières, on a hélas plus de probabilité de le voir mort sur le bas-côté de la route que vivant lors d’une balade en forêt. Surnommé « petit ours des campagnes», le plus gros de la famille des mustélidés subit par ailleurs l’une des chasses les plus cruelles qui soient en France : la vénerie sous terre.

LASPAS lutte depuis des années pour réhabiliter ce paisible fouisseur de vers de terre, pour qu’il soit simplement respecté pour ce qu’il est  : un blaireau  !  

Pourquoi le 15 mai ? 

La vénerie sous terre est l’une des pratiques de chasse traditionnelle les plus cruelles qui soient

Car malgré de belles avancées, c’est toujours ce jour-là que s’ouvre, hélas, la saison de déterrage de blaireaux dans quelques départements de France. Appelée vénerie sous terre, cette chasse traditionnelle est heureusement de moins en moins populaire, mais elle reste l’une des pratiques les plus cruelles qui soient : des petits chiens, envoyés sous terre, acculent les blaireaux pour les empêcher de sortir de leur terrier, pendant qu’à la surface, des chasseurs creusent la terre avec des pelles et des pioches, jusqu’à atteindre les animaux qu’ils vont ensuite extirper de force, à l’aide de grandes pinces métalliques, puis tuer par arme à feu ou arme blanche (s’ils n’ont pas déjà été déchiquetés vivants par les chiens…).  

Le 15 mai, des blaireautins non autonomes peuvent encore se trouver dans les terriers. Or il est illégal de tuer les petits d’une espèce classée chassable. C’est sur la base de cet argument que l’ASPAS et d’autres associations ont pu obtenir de nombreuses victoires devant les tribunaux. Résultat : de moins en moins de préfets autorisent la période complémentaire de vénerie sous terre dès le 15 mai, comme l’illustre cette carte de France du déterrage. 

Cette carte symbolise uniquement l’abandon ou la réduction des périodes complémentaires de vénerie sous terre des blaireaux, pas l’abandon de la vénerie sous terre en elle-même. En Corse, l’espèce n’est pas présente.  

Près de 40 évènements organisés partout en France ! 

Conférences, expositions, sorties nature, actions de sensibilisation… Tous les évènements organisés dans le cadre de la Journée mondiale des blaireaux sont répertoriés sur une carte interactive disponible sur le site dédié www.journeemondialedesblaireaux.org

Kit de communication

Protégeons les blaireaux

Alors que les blaireaux sont protégés dans de nombreux pays européens, ils sont chassés 9 mois et demi par an en France (les blaireaux sont chassés du 15 septembre à fin février et avec l’ouverture de la période complémentaire qui s’ouvre à partir du 15 mai) sous prétexte qu’ils occasionneraient des dégâts dans les cultures mais aussi pour le simple plaisir des chasseurs. Le pire étant le déterrage, ou vénerie sous terre : une pratique massivement rejetée par les Français.

Chaque année, près de 12 000 blaireaux sont tués directement au terrier par les chasseurs pratiquant la vénerie sous terre. Acculés et mordus par des petits chiens introduits dans une entrée de terrier, les blaireaux subissent pendant des heures terreur et stress intenses, pendant que les chasseurs munis de pelles et de pioches creusent jusqu’à les atteindre. Les blaireaux sont ensuite brutalement extirpés avec une grande pince métallique, avant d’être exécutés avec un fusil ou une arme blanche. Cette pratique peut avoir lieu alors que les blaireautins sont encore dépendants de leurs parents. Cette pratique cruelle est incompatible avec la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles.

C’est pourquoi l’ASPAS demande au ministère de l’Écologie l’abolition du déterrage et le classement du blaireau en espèce protégée. Cette pratique n’impacte pas que les blaireaux mais l’ensemble des espèces présentes dans les terriers et notamment des espèces protégées comme les chats sauvages ou encore les chiroptères. Elle n’est par ailleurs d’aucune utilité pour lutter contre la tuberculose bovine ; au contraire, elle ne ferait que contribuer à son expansion ! En effet, cette pratique disperse les animaux potentiellement atteints, et les chiens envoyés dans les terriers sont susceptibles de se faire contaminer.



L’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS)

100 % indépendante, active et efficace

6 albums jeunesse pour un accès à la Nature, aux animaux et à l’écologie, des petits dès 2 ans

Accès éditions a été créée en 1995 par des enseignants alsaciens désireux de proposer une alternative de qualité aux manuels existants. En 2020 la branche Accès jeunesse accompagne les outils pédagogiques de l’éditeur d’une sélection d’albums thématiques. 6 nouveaux albums ont pour vocation de rendre la Nature et l’écologie accessible aux petits dès 2 ans.

PETIT À PETIT d’Aude Laroche

Deux mésanges vont agrandir leur famille.
Vite, il faut leur faire un abri. Une petite plume par-ci, un petit morceau de bois par-là… et voilà que le nid se construit. Sera-t-il prêt à temps pour accueillir les petits ?

Un album tout doux pour évoquer les nids et les matériaux.

PIC PIC PICOTIN ! d’Emmanuelle Halgand 

Ce matin, sous le grand pin, se cache un hérisson en détresse.
Vite, vite, il faut lui porter secours ! En route chez le vétérinaire !
La petite fille parviendra-t-elle à sauver son petit compagnon de jardin ?

Un album d’une grande douceur pour éveiller les jeunes consciences à la cause animale.



UN PETIT NUAGE EN VOYAGE de Pierre Grosz et Aude Laroche

LA CABANE PAS ASSEZ d’Alexandra Fontanel et Anja Klauss 

Chaque mercredi, Mïa et Taïs tentent de construire une cabane. Quel matériau utiliser pour qu’elle résiste aux intempéries ?

Un album en randonnée pour découvrir quelques matériaux et donner envie de construire une cabane.



C’EST QUI QUI FAIT ? de Philippe Jalbert

l en existe des grosses, des petites, des longues, des rondes et même des carrées…
À chaque crotte sa caractéristique !
Mais qui fait la plus belle ?

Un album amusant pour aborder avec simplicité et humour un sujet qui fascine toujours autant les enfants !

LA CHASSE AUX PAPILLONS de Gilles Baum et Barroux 

 Olive et son chien Gros-Lapin s’amusent d’un rien. Aujourd’hui, c’est parti pour la chasse aux papillons ! Dans la ville, entre les papiers de bonbons et les emballages qui virevoltent dans le vent, le filet se remplit facilement… 
Mais que faire de cette drôle de collection  ?

Accès édition à 30 ans

Catalogue Accès jeunesse

Des livres jeunesse ludiques conçus par des pédagogues

Depuis 2020, les livres Accès jeunesse sont conçus par des pédagogues dans le souci de proposer des supports parfaitement adaptés aux enfants auxquels ils s’adressent. Courts et s’appuyant sur un lexique et une syntaxe simples au départ, leurs textes s’allongent progressivement et deviennent de plus en plus élaborés au fur et à mesure que l’enfant grandit.

De la même façon, les illustrations, très épurées pour les enfants les plus jeunes, s’enrichissent peu à peu. Dans tous les cas, le rapport texte-image est réfléchi. Enfin, l’implicite et les ellipses, obstacles importants à la compréhension d’un texte, sont quasiment absents avant trois ans et prennent petit à petit une place de plus en plus importante.

De nombreuses collections ont vu le jour pour différentes tranches d’âge.

Une fabrication éthique et responsable

Les livres Accès jeunesse sont fabriqués dans la région Grand Est ou en Allemagne, à proximité des locaux alsaciens des éditions Accès. Ils sont imprimés sur du papier PEFC ou FSC issu de forêts durablement gérées et leur fabrication de qualité leur permet de durer dans le temps. Grâce à l’impression de quantités raisonnables, leur mise au pilon est évitée.

En cohérence avec ces principes, ils ne sont pas vendus sur Amazon, mais en direct ou par le biais des libraires. Enfin, une rémunération juste et un profond respect du travail des artistes expliquent la qualité et la renommée de leurs illustratrices et illustrateurs.

Les livres Accès jeunesse ne sont pas vendus sur Amazon, mais en direct ou par le biais des libraires

Engagés pour une société meilleure : « Chez Accès éditions, nous veillons à intégrer le développement durable dans nos choix quotidiens »

Les résidences autonomie : l’avenir du bien vieillir et de l’accompagnement des fragilités ?

« Vieillir dignement est un enjeu profondément territorial » pour Gilbert HANGARD, Président d’Élus Santé Publique et Territoires. Face au vieillissement de la population, comment permettre à chacun de bien vieillir, sans rupture de parcours, ni isolement ? Un cahier de recherche du Crédoc met en lumière les résidences autonomie, habitats intermédiaires situés entre le domicile et l’EHPAD dont le rôle est d’offrir un cadre de vie sécurisé, accessible financièrement, tout en préservant l’indépendance des personnes âgées… et en prévenant la perte d’autonomie.

Une résidence autonomie à Biscarosse dans les Landes | Énéal

Pour Gilbert HANGARD, Président d’Élus Santé Publique et Territoires, ce modèle est au cœur des politiques locales :

  • Urbanisme : adapter l’offre de logement au vieillissement,
  • Action sociale : lutter contre l’isolement et accompagner les fragilités,
  • Santé publique : agir en prévention plutôt qu’en réponse à la dépendance,
  • Aménagement du territoire : maintenir une offre de proximité dans tous les bassins de vie

Les résidences autonomie présentent de nombreux atouts : préserver le lien social, sécuriser les parcours de vie, retarder l’entrée en EHPAD, soulager les aidants. Mais elles restent freinées par un manque de visibilité, un parc vieillissant nécessitant rénovation et des enjeux d’accessibilité financière et géographique.

« Développer ces habitats, c’est anticiper le vieillissement démographique, renforcer l’attractivité résidentielle, soutenir les solidarités locales et maîtriser les coûts futurs de la dépendance.
Les collectivités sont au cœur de la solution : via les CCAS et la gestion directe de résidences, via la planification (PLU, stratégie habitat), via les partenariats avec bailleurs sociaux et acteurs médico-sociaux ou via le soutien aux projets innovants (habitat inclusif, intergénérationnel…)
« 


Un habitat intermédiaire entre le domicile et l’établissement

Les résidences autonomie, ex foyers-logement, structurent fortement l’offre d’habitat intermédiaire. Ces 2 260 établissements médico-sociaux proposent 120 000 places d’hébergement et accueillent aujourd’hui près de 100 000 personnes âgées fragiles dont une minorité en perte d’autonomie. Ils constituent ainsi la première offre d’un habitat dit intermédiaire entre le domicile et l’établissement, à côté des résidences services seniors, estimées à 972 en 2022, des établissements privés commerciaux qui relèvent du code de la construction et de l’habitation.

Age des résidents au sein des résidences autonomie
Champ : Résidences aut onomie, France métropoli taine + DROM (hors Mayotte) ; ensemble des résidents.
Source : DR EES, Enquê te EH PA 2019

Les résidences autonomie, très souvent gérées par des structures publiques (collectivités, CCAS, associations à but non lucratif) proposent la jouissance d’un logement individuel et privatif en location (petits studios, F1/F2), l’accès à des équipements communs et des services facultatifs. Elles ont une mission de prévention de la perte d’autonomie et d’accompagnement des fragilités liées à l’âge, financée notamment par un « forfait autonomie » pour l’organisation d’ateliers dédiés, de temps d’animation de la vie sociale.

Les résidences autonomies sont méconnues des retraités et du grand public

Méconnues du grand public et des retraités, les résidences autonomies pâtissent d’une confusion avec les établissements d’hébergement médicalisés (EHPAD) et de leur image fortement dégradée, et avec les résidences services seniors, estimées peu accessibles financièrement. Leur faible attractivité est renforcée par un parc vieillissant en cours de rénovation pour un accueil qui corresponde aux standards de qualité et de modernité attendus par les résidents et leurs proches aidants.

Intérêt pour les différentes formes d’habitat intermédiaire
Source : CREDOC/CNAV, Enquête Adaptation du logement et parcours résidentiel des retraités et futurs retraités, oct-nov 2022.
Champ : personnes résidant à leur domicile ou celui d’un proche : 5 046 retraités

Une lecture de ce modèle d’habitat intermédiaire

Sur la base de la littérature, des données existantes et d’un travail original, quantitatif et qualitatif mené pour la Cnav auprès de retraités, de résidents, de proches aidants et d’observations de deux résidences aux caractéristiques contrastées, le présent cahier de recherche propose une lecture du modèle de ce mode d’habitat intermédiaire, par la valorisation de ses atouts et manques par rapport aux enjeux présents et à venir du vieillissement de la population française. Il offre également quelques pistes de réflexion sur l’étayage et le devenir de cette alternative à un domicile inadapté à l’âge et à « l’institutionnalisation » qui n’est envisagée qu’en dernier recours par nos concitoyens.

Un accompagnement des vulnérabilités liées à l’âge

Les différents dispositifs d’enquête auprès des retraités et notamment ce temps d’immersion, limité et sans ambition de mesure objective de l’effet de l’environnement sur l’état physique et moral des résidents, permettent toutefois de rendre compte d’éléments en faveur d’un accompagnement pertinent des fragilités, voire des vulnérabilités liées à l’âge. Constats en résonance avec la littérature de référence.

Atouts perçus des habitats intermédiaires
Source : CREDOC/CNAV, Enquête Adaptation du logement et parcours résidentiel des retraités et futurs retraités, oct-nov 2022.
Champ : personnes vivant à leur domicile ou celui d’un proche : 5 046 retraités
Grille de lecture : les % entre parenthèses sont à lire avec précaution, en raison de la faiblesse des effectifs (<30)

Une resocialisation de publics isolés

Ces observations et les interactions avec les équipes et résidents rendent compte de la resocialisation de publics le plus souvent isolés, du fait de l’appauvrissement de leur réseau amical, de la perte du conjoint, du possible éloignement des enfants, principaux aidants et du bénéfice ressenti sur la santé mentale. Les activités partagées, les ateliers de prévention animés par le personnel ou des intervenants extérieurs participent largement de cette appétence retrouvée pour les échanges et la vie en société. Une vie en société élargie, qui permet par ailleurs un accompagnement des fragilités ou, pour le moins, une attention à l’évolution des situations personnelles des résidents. La solidarité relative des co-résidents, le regard averti des professionnels relevant du médico-social permettent une alerte sur les possibles dégradations de la situation, de mettre en place des aides ou de réajuster les plans d’aides existants.

Prestations comprises dans le prix d’hébergement en % de résidences autonomie en 2019
(*) au sens de l’article R. 111-3 ou R. 633-1 du Code de la construction et de l’habitation
Source : Portail PA CNSA

Le caractère médico-social des résidences autonomies

Ce suivi et ce soutien sont d’autant plus rendus possibles par le caractère médico-social des résidences autonomies qui s’inscrivent dans un réseau de prévention et de santé de territoire, et nouent des conventions avec les acteurs pertinents en matière de vulnérabilités de l’âge (réseau de santé, offre de santé de ville, SSIAD, EHPAD…). Capacité renforcée lorsqu’un des membres de l’encadrement, notamment le ou la responsable est issu.e du secteur médico-social ou du soin.

Motif d’inquiétude à l’idée de vieillir
Source : CREDOC/CNAV, Enquête Adaptation du logement et parcours résidentiel des retraités et futurs retraités, oct-nov 2022.
Champ : Ensemble des personnes interrogées : 5 178 retraités
Source : Crédoc, Enquête Conditions de vie et aspiration des Français, décembre 2022. Champ : 2 997 Français âgés de 15 ans et plus

Un accompagnement sécurisant pour les résidents

Cet accompagnement est particulièrement apprécié des résidents, qui se sentent sécurisés dans cet environnement adapté à leur avancée en âge, et de leurs proches aidants, rassurés de voir leurs parents dans un lieu avec une équipe d’intervenants resserrée mais qualifiée et attentive. L’habitat intermédiaire se présente ainsi, pour les aidé.e.s et les aidants, conjoints ou proches aidants, comme un lieu de vie et de répit. Les résidents déclarent se sentir chez eux, loin des représentations qu’ils pouvaient en avoir avant d’y emménager. Certains regrettent de ne pas avoir franchi le pas plus tôt et espèrent y rester le plus longtemps possible.

Les résidents déclarent se sentir chez eux

Principales caractéristiques du logement idéal pour bien vieillir
Selon vous, quelles sont les caractéristiques du logement idéal pour bien vieillir ? Question ouverte (ci-dessous les 4 caractéristiques les plus citées
Source : CREDOC/CNAV, Enquête Adaptation du logement et parcours résidentiel des retraités et futurs retraités, oct-nov 2022.
Champ : Ensemble des personnes interrogées : 5 178 retraités
Sources : Crédoc, Enquête Conditions de vie et aspiration des Français, décembre 2022. Champ : 2 997 Français âgés de 15 ans et plus.

Les résidences autonomie dédiées à des publics fragiles mais non dépendants

Les résidences autonomie sont dédiées à des publics fragiles mais considérés comme non dépendants. Encore faut-il s’entendre sur la notion de fragilités. Les observations menées dans les deux résidences tendent à illustrer la possibilité d’un accueil de fragilités relativement avancées avec le transfert du domicile de plans d’aide conséquents (SSIAD, aide-ménagère), voire d’un accompagnement de maladie grave avec la mise en place d’une hospitalisation à domicile (HAD). En 2019, en résidence autonomie, un résident sur cinq (21%) est classé en GIR 1 à 4 (EHPA, DREES 2019). Les fins de vie y sont possibles et le transfert vers les EHPAD n’est pas systématique.

Part des résidences autonomie ayant déclaré avoir signé une convention avec des services de soins, ou pouvant en bénéficier par le biais de son rattachement à une structure sanitaire
Enquête EHPA, DREES, Situation au 31/12/2019

Une réponse aux principales inquiétudes des retraités et des aidants.

Les résidences autonomie répondent ainsi aux principales inquiétudes des retraités et des aidants. Les retraités qui n’envisagent pas de mobilité, pensant qu’on ne peut les accompagner dans leurs vulnérabilités et qu’ils devront nécessairement déménager en EHPAD. Des retraités qui redoutent par ailleurs d’intégrer un lieu collectif les privant de leur libre arbitre, de leur indépendance. Les aidants qui ne souhaitent pas « institutionnaliser » leur proche mais leur proposer un lieu de vie adapté, sécurisé et resocialisant.

Les résidences autonomie semblent répondre à ces souhaits et ces besoins avec toutefois des difficultés grandissantes d’équilibre économique en partie dues à un déficit d’attractivité. Leur manque de visibilité et les représentations erronées du public concerné, les freins particulièrement forts des seniors à la mobilité, restreignent l’accès à cette offre qui peut être estimée à tort inaccessible financièrement. Par ailleurs, le parc vieillissant nécessite des investissements conséquents pour une rénovation indispensable à la modernisation des lieux et de leur image auprès du public.

Évolution du nombre d’établissements par catégorie, de 1996 à 2015

Il faut soutenir le déploiement des résidences autonomie

Quelques pistes sont évoquées par différents acteurs pour soutenir le déploiement de cette offre d’habitat (élargissement du forfait autonomie, réattribution du forfait soins, aide à la pierre…) qui répond aux préoccupations des retraités de rester dans un chez soi indépendant, personnel tout en étant entourés, et plus largement aux enjeux de vieillissement de la population. La nature de l’offre et l’accompagnement des fragilités, la couverture territoriale et leur potentiel d’accueil font des résidences autonomie un maillon essentiel de la prise en charge de l’autonomie aujourd’hui et dans les années à venir. 

Les résidences autonomie sont un maillon essentiel de la prise en charge de l’autonomie aujourd’hui et dans les années à venir. 

Taux d’équipement en résidences autonomie pour 1 000 personnes âgées de plus de 75 ans en 2019
Source : Portail P A CNSA

Cahier de Recherche du CREDOC

Annuaire des résidences autonomie

La DICRIMocratie utilise les obligations légales pour renforcer la résilience alimentaire locale et la démocratie directe

L’association de fait DICRIMocratie s’appuie sur les DICRIM, Documents d’Information Communale sur les RIsques Majeurs, pour créer des circuits courts alimentaires et favoriser la coopération entre citoyens et élus locaux. Un appel à la citoyenneté active et à la coopération locale pour participer au devenir de nos territoires de vie. Parce que « Nous avons le pouvoir citoyen de construire notre bien commun !« 

DICRIMocratie : Nous avons le pouvoir citoyen de construire notre bien commun !

La DICRIMocratie est une association de fait apartisane, asyndicale et apolitique, sauf dans le sens de la gestion de la cité. Son objet est de mettre en application, dans chaque commune de France, un DICRIM (Document d’Information Communal sur les RIsque Majeurs), compris au sein du PCS (Plan Communal de Sauvegarde), s’incluant dans des dispositifs départementaux, régionaux ou nationaux. 

Le DICRIM est une obligation légale
faite à l’État et au maire

Elle regroupe toutes les structures ou les citoyens qui acceptent de coaliser, le temps de la réalisation de son objet, en dehors de toutes considérations particulières et privées (vote, sexualité, santé, spiritualité et religion).

Elle exerce ses actions dans l’intérêt général et le bien commun, dans le souci constant de l’intégrité psychique, physique, financière et sociale des concitoyens, et dans l’information à la population de l’existence du DICRIM.

La DICRIMocratie ne s’approprie pas les initiatives et les objets de ses composantes et conforte leur indépendance, leur libre-arbitre et leurs convictions dans une coopération respectueuse pour l’objectif commun.

La résilience sociale est la mère de toutes les résiliences.

Sans lien entre les humains, sans connexion, pas d’entraide possible.

Sans entraide, comment envisager pouvoir traverser des crises ensemble ?

Face à « l’effondrement », si j’étais maire ?
Alexandre Boisson, Marjolaine Gaudard
Les éditions Yves Michel.

Quels sont les risques majeurs … dont les citoyens doivent se prémunir ?

  • Les risques naturels : vagues de chaleur, inondations, tempêtes, sécheresse, séisme, etc.
  • Les risques technologiques : accidents industriels, accident nucléaire, ruptures de barrages, etc.
  • Les risques de santé publique : épidémies, maladies transmises par les moustiques, épizooties, alimentation, pollution, etc.
  • Les risques informatiques (non inclus dans le PCS) : cyberattaques par DDos, rançongiciels, espionnage, hacking de masse, Killware, etc.
  • Les risques terroristes (non inclus dans le PCS ): attentats, radicalisation, désinformations, manipulations, etc.
  • Les risques sociétaux et politiques (non inclus dans le PCS) : rupture de l’institution, grèves générales sur plusieurs semaines, insurrections, rupture des transactions internationales, etc.

Appel à l’action citoyenne

NOUS AVONS LE POUVOIR
DE SAUVER LA PAYSANNERIE FRANÇAISE
SUR SIMPLE DÉCISION CITOYENNE !

« Toute personne a un droit à l'information sur les risques majeurs naturels et technologiques auxquels elle est soumise dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui la concernent » - Article L125.2 du Code de l’environnement

Le constat

La paysannerie française traverse une crise structurelle depuis des décennies, héritée du modèle d’après-guerre, amplifiée par l’actualité récente, marquée par des manifestations persistantes fin 2025, et elle doit faire face à un risque majeur : sa disparition.

En 2026, les manifestations, voir la révolte sectorielle coalisante, exprimeront, une fois de plus, un refus contre la gestion sanitaire, le rejet  du Mercosur, le désaccord des traités antérieurs de libre-échanges, la remise en question de l’appartenance à l’UE, la disparité des intérêts syndicaux, les profits minoritaires de l’agrobusiness, mais aussi un appel au respect du monde paysan qui se meure.

Le nombre d’exploitations chute drastiquement (- 100 000 en 10 ans), avec un âge moyen des exploitants à 51,4 ans, une détresse psychologique alarmante (environ 300 suicides par an), un endettement exponentiel et systémique, combiné à un isolement rural, une précarité des revenus, et une impossibilité de gérer ses coûts de production.

Ce constat  appelle une urgence politique de  soutien inconditionnel, de relocalisation, de protectionnisme,  de circuits courts, et de coopération inaliénable dans un triptyque vertueux : Citoyens/Élus/Paysans.

L’appel

Le DICRIM (Document d’Information Communal sur les RIsques Majeurs, prévu par le Code de l’environnement) est un document obligatoire pour toute commune exposée au moins à un risque majeur.

Nous sommes tous de fait concernés !

En intégrant clairement les terres agricoles, les élevages, l’eau d’irrigation, les circuits courts, les abattoirs de proximité, etc, comme « enjeux » à protéger, le DICRIM oblige la commune à reconnaître la paysannerie comme un élément vital du territoire.

Il doit devenir LA réponse salvatrice et inopposable aux problèmes de paysannerie en obligeant les communes à penser, documenter et organiser la protection de leur système alimentaire local face aux risques majeurs.

L’agriculture locale doit être traitée comme une infrastructure critique de sécurité civile, avec mesures concrètes de sauvegarde et continuité alimentaire en cas de crise.

Sa portée dépend totalement de la façon dont maires, agriculteurs et citoyens s’en emparent, par l’usage politique offensif des élus et d’une pression des citoyens et des agriculteurs pour y faire figurer ces enjeux.

L’action

Nous appelons solennellement
tous les citoyens à AGIR !

Une seule action : rédiger un courriel à l’attention de votre maire et des conseillers municipaux.

Livret de présentation de DICRIMocratie

Association de fait
POUR UNE RÉSILIENCE ALIMENTAIRE PÉRENNE,
LOCALE ET DÉMOCRATIQUE !

Le monde est désormais en « faillite hydrique », selon un rapport de l’ONU

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De Téhéran au fleuve Colorado, les signes d’un effondrement durable des ressources en eau se multiplient. La planète consomme aujourd’hui plus d’eau douce qu’elle n’est capable d’en renouveler. Sous l’effet du changement climatique et de décennies de surexploitation, de nombreuses régions du monde ne parviennent plus à se remettre des périodes de manque d’eau. Cette situation, que nous qualifions de « faillite hydrique », est omniprésente : elle touche déjà des milliards de personnes avec des conséquences déjà visibles sur les sociétés, l’agriculture et les écosystèmes.

Ce gouffre dans le cœur agricole de la Turquie montre comment le paysage peut s’effondrer lorsque l’on extrait plus d’eau souterraine que la nature ne peut en reconstituer. Ekrem07, 2023/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Par Kaveh Madani, United Nations UniversityYale University

Le monde utilise aujourd’hui tellement d’eau douce, dans un contexte de changement climatique, qu’il est désormais en situation de « faillite hydrique ». Par là, il faut comprendre que nombreuses régions ne sont plus en mesure de se remettre des pénuries d’eau à mesure que celles-ci deviennent de plus en plus fréquentes.

Environ 4 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent dans des conditions de grave pénurie d’eau (c’est-à-dire sans accès à une quantité d’eau suffisante pour répondre à tous leurs besoins) pendant au moins un mois par an.

En réalité, beaucoup plus de personnes subissent les conséquences du déficit hydrique : réservoirs asséchés, villes englouties, mauvaises récoltes, rationnement de l’eau, incendies de forêt et tempêtes de poussière dans les régions touchées par la sécheresse.

Les signes de faillite hydrique sont partout, de Téhéran, où les sécheresses et l’utilisation non durable de l’eau ont épuisé les réservoirs dont dépend la capitale iranienne, alimentant les tensions politiques, jusqu’aux États-Unis, où la demande en eau a dépassé les capacités du fleuve Colorado, une source cruciale d’eau potable et d’irrigation pour sept États.

Les sécheresses ont rendu plus difficile l’approvisionnement en eau pour le bétail et ont entraîné une malnutrition généralisée dans certaines régions d’Éthiopie ces dernières années. En 2022, l’Unicef estimait que jusqu’à 600 000 enfants auraient besoin d’un traitement contre la malnutrition sévère. Demissew Bizuwerk/UNICEF Ethiopia, CC BY

La faillite hydrique n’est pas seulement une métaphore du manque d’eau. Il s’agit d’une situation chronique qui se développe lorsqu’un endroit utilise plus d’eau que la nature ne peut en remplacer de façon fiable, et lorsque les dommages causés aux ressources naturelles qui stockent et filtrent cette eau, comme les aquifères et les zones humides, deviennent difficiles à réparer.

Une nouvelle étude que j’ai dirigée avec l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’Université des Nations unies (UNU) conclut que nous n’en sommes plus à des crises de l’eau ponctuelles et temporaires. De nombreux systèmes hydrologiques naturels ne sont plus en mesure de retrouver leur état historique. Ces systèmes sont désormais en état de défaillance, que nous proposons d’appeler « faillite hydrique ».

Kaveh Madani, directeur de l’Institut de l’Université des Nations unies pour l’eau, l’environnement et la santé, explique le concept de « faillite hydrique » (interview en anglais)/TVRI World.

Reconnaître les signes de « faillite hydrique »

Lors d’une faillite financière personnelle, les signes avant-coureurs semblent au départ gérables : retards de paiement, compensés par des emprunts voire des ventes d’objets. Puis la spirale s’accélère. Les premières étapes d’une faillite hydrique sont assez similaires.

Cela commence doucement, d’abord les années sèches, où l’on augmente les prélèvements d’eau souterraine, on utilise des pompes plus puissantes ou encore des puits plus profonds.

Puis on va peut-être, pour répondre aux besoins, transférer l’eau d’un bassin à un autre. On assèche des zones humides et on rectifie le cours des rivières pour laisser de la place aux fermes et aux villes préexistantes.

C’est alors que les coûts cachés commencent à être visibles. Les lacs rétrécissent d’année en année. Les puits doivent être creusés plus profondément. Les rivières qui coulaient autrefois toute l’année deviennent intermittentes. L’eau salée s’infiltre dans les aquifères près de la côte. Dans certains cas, le sol lui-même commence à s’affaisser.

La mer d’Aral (Asie centrale) a considérablement rétréci entre 2000 et 2011. Ce lac d’eau salée était autrefois de forme ovale et couvrait les zones claires jusqu’aux années 1980, mais la surexploitation agricole de plusieurs pays l’a fait disparaître. NASA

Ce dernier phénomène, appelé subsidence, surprend souvent les gens. Il s’agit pourtant d’un signe caractéristique lié au manque d’eau. Lorsque les nappes phréatiques sont surexploitées, la structure souterraine, qui retient l’eau presque comme une éponge, peut s’effondrer. À Mexico, le sol s’affaisse d’environ 25 centimètres par an. En effet, une fois que les « pores » du sol sont compactés, leur recharge en eau est plus difficile et moins efficace.

Le Global Water Bankruptcy report, publié ce 20 janvier 2026, montre à quel point ce phénomène est en train de se généraliser. L’extraction des eaux souterraines a contribué à un affaissement important du sol sur plus de 6 millions de kilomètres carrés, y compris dans les zones urbaines où vivent près de 2 milliards de personnes. Jakarta (Indonésie), Bangkok (Thaïlande) et Hô Chi Minh-Ville (Vietnam) sont parmi les exemples les plus connus en Asie.

L’agriculture est le plus grand consommateur d’eau au monde, responsable d’environ 70 % des prélèvements mondiaux d’eau douce. Lorsqu’une région est confrontée à un manque d’eau, l’agriculture devient plus difficile et plus coûteuse. Dans certains cas, les agriculteurs peuvent perdre leur emploi, les tensions peuvent augmenter et la sécurité nationale peut être menacée.

Environ 3 milliards de personnes et plus de la moitié de la production alimentaire mondiale sont concentrées dans des régions où les réserves d’eau sont déjà soit en déclin, soit instables. Plus de 1,7 million de kilomètres carrés de terres agricoles irriguées sont déjà soumises à un stress hydrique élevé ou très élevé. Cela menace la stabilité de l’approvisionnement alimentaire dans le monde entier.

En 2021, en Californie, une grave sécheresse et une pénurie d’eau ont contraint certains agriculteurs à abandonner les cultures nécessitant beaucoup d’irrigation, notamment les amandiers. Robyn Beck/AFP

Les sécheresses sont également de plus en plus longues, fréquentes et intenses à mesure que les températures mondiales augmentent. Plus de 1,8 milliard de personnes – près d’un humain sur quatre – ont été confrontées à des conditions de sécheresse à un moment ou à un autre entre 2022 et 2023.

Ces chiffres ont des conséquences très concrètes : hausse des prix de l’alimentation, pénuries d’hydroélectricité, risques sanitaires, chômage, pressions migratoires, troubles et conflits.

Comment en est-on arrivé là ?

Chaque année, la nature offre à chaque région une « rente » d’eau sous forme de pluie et de neige. On peut la considérer comme un compte courant : c’est la quantité d’eau à dépenser et à partager avec la nature dont nous disposons chaque année.

Le 10 novembre 2025, le niveau d’eau du barrage de Latyan, près de Téhéran, était particulièrement bas. Ce réservoir, qui alimente en partie la capitale iranienne en eau potable, a connu une forte baisse en raison d’une sécheresse prolongée et d’une demande d’eau croissante dans la région. Bahram/Middle East Images/AFP

Lorsque la demande augmente, nous pouvons puiser dans notre compte d’épargne. Nous prélevons alors plus d’eau souterraine que ce que les milieux peuvent reconstituer. Autrement dit, nous volons la part d’eau dont la nature a besoin et asséchons les zones humides au cours du processus. Cela peut fonctionner quelque temps, tout comme l’endettement peut financer un mode de vie dépensier pendant un certain temps.

Ces sources d’eau sont aujourd’hui en train de disparaître, en tout cas à long terme. En cinq décennies, le monde a perdu plus de 4,1 millions de kilomètres carrés de zones humides naturelles. Les zones humides ne se contentent pas de retenir l’eau. Elles la purifient, atténuent les inondations et servent d’abri à la faune et la flore.

La qualité de l’eau diminue également. La pollution, les intrusions d’eau salée et la salinisation des sols peuvent rendre l’eau trop souillée et trop salée pour être utilisée, contribuant ainsi à la pénurie d’eau.

Les scores globaux des risques liés à l’eau reflètent la valeur agrégée de la quantité d’eau, de sa qualité et des risques réglementaires et réputationnels liés à son approvisionnement. Des valeurs plus élevées indiquent des risques plus importants. United Nations University Institute for Water, Environment and Health/Aqueduct 4.0, CC BY

Le changement climatique aggrave la situation en réduisant les précipitations dans de nombreuses régions du monde. Il augmente aussi les besoins en eau des cultures et la demande en électricité pour pomper davantage d’eau. Il provoque enfin la fonte des glaciers qui stockent l’eau douce.

Malgré ces problèmes, les États continuent de prélever toujours plus d’eau pour soutenir l’expansion des villes, des terres agricoles, des industries et désormais des data centers.

Tous les bassins hydrographiques du monde ne sont heureusement pas en situation de faillite hydrique. Mais n’oublions pas que ces bassins sont interconnectés du fait de la géographie, du commerce, mais également des migrations et du climat. La faillite hydrique d’une région exercera une pression supplémentaire sur les autres et peut ainsi accroître les tensions locales et internationales.



Ce que nous pouvons faire

Sur le plan financier, une faillite prend fin lorsqu’on modifie la structure des dépenses. C’est la même chose pour la faillite hydrique.

Arrêter l’hémorragie : la première étape consiste à reconnaître que le bilan est déséquilibré. Cela implique de fixer des limites de consommation d’eau qui reflètent la quantité d’eau réellement disponible, plutôt que de simplement forer plus profondément et reporter le problème sur les générations futures.

Protéger le capital naturel, au-delà de l’eau : protéger les zones humides, restaurer les cours d’eau, rétablir la santé des sols et gérer la recharge des nappes phréatiques ne sont pas des actions de confort. Elles sont essentielles au maintien d’un approvisionnement en eau saine, tout comme elles le sont à un climat stable.

Dans les petits États insulaires, comme les Maldives, l’élévation du niveau de la mer menace l’approvisionnement en eau lorsque l’eau salée s’infiltre dans les aquifères souterrains, détruisant les puits. UNDP Maldives 2021, CC BY

Consommer moins d’eau, mais la partager de façon plus équitable : la gestion de la demande en eau est devenue inévitable dans de nombreux endroits, mais les plans qui réduisent l’approvisionnement des populations pauvres tout en protégeant les plus puissants sont voués à l’échec. Les approches sérieuses comprennent des mesures de protection sociale, un soutien aux agriculteurs pour qu’ils se tournent vers des cultures et des systèmes moins gourmands en eau, et des investissements dans l’efficacité hydrique.

Mesurer ce qui compte vraiment : de nombreux pays gèrent encore l’eau avec des informations partielles. Pourtant, des méthodes modernes, comme la télédétection par satellite, facilitent la surveillance des réserves d’eau et des tendances globales. Cela permettrait d’émettre des alertes précoces concernant l’épuisement des nappes phréatiques, l’affaissement des sols, la disparition des zones humides, le recul des glaciers et la détérioration de la qualité de l’eau.

Prévoir moins d’eau : le plus difficile aspect d’une faillite est l’aspect psychologique. C’est cette dimension qui nous oblige à abandonner ce qu’on tenait pour acquis. La faillite hydrique implique de repenser les villes, les systèmes alimentaires et les économies pour respecter de nouvelles limites et éviter que celles-ci ne se resserrent encore davantage.

En matière d’eau, comme de finance, la faillite peut être un tournant. L’humanité peut continuer à dépenser comme si la nature offrait un crédit illimité, ou elle peut apprendre à vivre sans outrepasser les limites de ses ressources hydrologiques.

Kaveh Madani, Director of the Institute for Water, Environment and Health (UNU-INWEH), United Nations University; Yale University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Ressources pour aller plus loin


Progrès relatifs aux niveaux de stress hydrique

Un domaine hôtelier, 6 ans de sécheresse, et une question qui change tout

6 ans de restrictions d’eau consécutives. Des débits de rivière en baisse de 30 à 40 % depuis les années 90. C’est le contexte dans lequel évolue l’un des sites que Lumia accompagne actuellement.

Au cœur de ce territoire sous tension : un grand domaine hôtelier avec spa, thermes, bassins et un parc de 10 hectares. Un très gros consommateur d’eau et une question qui s’est imposée différemment : et si cette dépendance à l’eau devenait le moteur de la transformation, plutôt qu’une contrainte à gérer ?

Ce changement de regard a tout modifié. Les eaux usées du territoire, déjà retraitées localement jusqu’à devenir selon un responsable de l’assainissement rencontré sur place une ressource quasi potable, constituent une piste concrète inexploitée. La végétalisation du parc n’est plus une question d’esthétique : les arbres filtrent, infiltrent, alimentent les nappes. Chaque élément du site, piscine, toitures, parking, devient une occasion de repenser le rapport à l’eau dans une logique de circularité globale.

C’est ça, un fil conducteur régénératif. Pas une action de plus dans un plan RSE. Un enjeu suffisamment ancré dans le territoire pour donner de la cohérence à l’ensemble des transformations. Chaque site a sa ressource critique. Sa tension particulière. Sa singularité. La reconnaître, c’est déjà commencer à se transformer.

En savoir plus sur la méthode


La biodiversité en France : État des connaissances en 2025

La biodiversité englobe l’ensemble du monde vivant à trois niveaux : la diversité génétique, celle des espèces et celle des écosystèmes. Avec ses départements et territoires d’outre-mer, la France est présente dans quatre des océans mondiaux et son patrimoine naturel est riche en 2025 de 23 086 espèces endémiques. En France, les milieux agricoles font face à de nombreux enjeux environnementaux. Les surfaces cultivées diminuent, tandis que l’état des sols se détériore sous l’effet de l’érosion, de la baisse de la matière organique et de la pollution liés aux intrants chimiques. La biodiversité y est en fort déclin, notamment chez les oiseaux des champs.

Vue de la Mayenne à Laval depuis un chemin de halage (53000) – © Arnaud-Bouissou-Terra

La biodiversité en France
État des connaissances en 2025

Des pressions humaines de plus en plus fortes sur la biodiversité

L’Homme utilise les ressources naturelles pour subvenir à ses besoins. Il dépend étroitement des écosystèmes naturels qui lui procurent nourriture, matériaux, énergie, régulent les réserves d’eau et le climat, et qui sont source de bien-être et d’activités touristiques. La pression subie par les écosystèmes est telle que beaucoup d’habitats naturels et d’espèces sont aujourd’hui en déclin.

Selon la quatrième évaluation des habitats naturels conduite au titre de la directive Habitats-faune-Flore, 16 % seulement des habitats d’intérêt communautaire présents en France métropolitaine sont dans un état de conservation favorable sur la période 2019-2024. Cette évaluation présente toutefois des disparités relativement fortes entre les territoires. Lors de la précédente évaluation, portant sur la période 2013-2018, 20 % des habitats d’intérêt communautaire étaient dans un état favorable. Entre 2019 et 2025, 43 % des évaluations des habitats d’intérêt communautaire présentent des tendances à la détérioration.


État de conservation des habitats d’intérêt communautaire par région biogéographique, en % sur la période 2019-2024

Note : résultats tous habitats confondus (291 évaluations). Les valeurs entre crochets correspondent au nombre d’évaluations réalisées.
Champ : France hors DROM.
Sources : rapportage DHFF ; PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), janvier 2026. Traitements : PatriNat ; SDES, 2026

© SDES

En 2024, 18 % des espèces évaluées dans la Liste rouge nationale sont éteintes ou menacées. En France métropolitaine, entre 1989 et 2024, l’indice évaluant l’état des populations d’oiseaux communs spécialistes (milieux agricoles, bâtis, forestiers) a chuté de 37 points tandis que celui évaluant l’état des espèces généralistes a augmenté de 6 points, traduisant un appauvrissement des communautés d’oiseaux. Entre 2006 et 2021, la population des chauves-souris les plus communes a diminué de 43 %. En outre-mer, le constat est similaire. Au cours des années les plus récentes, 31 % des sites fréquentés par les tortues marines ont vu leur activité de ponte diminuer.

Selon la quatrième évaluation des espèces d’intérêt communautaire, 24 % des espèces présentes dans l’Hexagone sont dans un état de conservation favorable sur la période 2019-2024, contre 28 % lors de la précédente évaluation portant sur la période 2013-2018. Entre 2019 et 2025, 37 % des évaluations des espèces d’intérêt communautaire présentent des évolutions défavorables.


Proportion d’espèces éteintes ou menacées dans la Liste rouge nationale en 2024 en %

Note : groupes taxonomiques considérés = mammifères, oiseaux nicheurs (hors espèces visiteuses strictes ou nicheuses probables), reptiles, amphibiens, poissons d’eau douce, poissons récifaux, requins, raies et chimères (Sélaciens), crustacés terrestres et d’eau douce, papillons de jour, phasmes, mantes, coléoptères, chauves-souris, abeilles, mollusques d’eau douce, coraux constructeurs, flore vasculaire. La liste des groupes évalués dépend des territoires.
Sources :
listes rouges pour la France métropolitaine et ultramarine, PatriNat (OFB-CNRS-MNHN) ; UICN, Comité français, août 2024.
Traitements : SDES, décembre 2025
© SDES

Les pratiques agricoles intensives, de même que la déprise agricole et la fermeture des espaces ouverts, accentuent cette dynamique, au même titre que la fragmentation des habitats naturels, à savoir leur morcellement en entités disjointes.

Ainsi, entre 1990 et 2018, la diminution des surfaces des espaces naturels et semi-naturels qui passent de 66 % à 60 % du territoire, cumulée à l’extension des réseaux routiers et ferroviaires à grande circulation, a accentué le phénomène de fragmentation des espaces propices à la biodiversité.

Durant cette période, la taille effective de maille de la France métropolitaine (indicateur utilisé pour quantifier le niveau de fragmentation d’un territoire)est passée de 212 km² à 164 km². Certains territoires sont fortement fragmentés (littoraux, grands pôles urbains et territoires de grandes cultures), contrairement à d’autres territoires encore préservés comme les massifs montagneux.

La fragmentation des milieux naturels et semi-naturels s’est nettement accrue entre 1990 et 2000 avec la construction du réseau ferroviaire lié aux TGV et de nombreuses autoroutes. Depuis, même si la pression demeure (diminution en moyenne de la taille effective de maille de 2 km² tous les 6 ans), le niveau de fragmentation du territoire métropolitain semble avoir atteint un palier, notamment pour certaines régions (Île-de-France, Pays de la Loire). À l’inverse, d’autres régions (Corse, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur), composées de territoires très hétérogènes (secteurs fortement urbanisés, grands espaces naturels), semblent encore peu affectées par ce phénomène malgré une baisse de la taille de maille observée.


Représentation de la taille effective de maille, par maille de 5×5 km en France, en 2018

Note : taille moyenne des espaces naturels d’une même continuité (c’est-à-dire sans être coupés par des routes, voies ferrées, zones artificialisées, ou fortement impactées par les activités agricoles).
Source : SDES, 2025. Traitements : SDES, septembre 2025

© SDES

La pollution lumineuse, induite par l’artificialisation des sols, perturbe de nombreuses espèces animales et végétales et gêne leurs déplacements. Chez les insectes, par exemple, la lumière artificielle est leur deuxième cause d’extinction après les pesticides. En 2023, 72 % de l’Hexagone sont encore exposés à un niveau élevé de pollution lumineuse au cœur de la nuit. Bien qu’important, ce chiffre est en baisse de 19 % par rapport à 2014. Cela s’explique en grande partie par une réglementation renforcée ces dernières années, mais aussi par les efforts d’économie d’énergie réalisés par la société et les citoyens depuis la crise énergétique de 2021. Cependant, certaines régions restent fortement touchées, en particulier le long du Rhône par exemple ou près des côtes. Dans les départements d’outre-mer, la situation est plus préoccupante : à l’exception de la Guyane, préservée grâce à la forêt amazonienne, la forte densité de population dans les îles entraîne un niveau de pollution lumineuse plus élevé que dans l’Hexagone.

Le changement climatique affecte également la biodiversité. L’acidification des océans qui en résulte menace notamment les récifs coralliens.

La pollution des milieux, notamment via l’utilisation et le rejet de molécules chimiques (métaux lourds, produits phytopharmaceutiques, plastiques et autres), affecte toute la chaîne alimentaire du vivant. Ainsi plus de 80 % des espèces d’oiseaux communs (64 suivis dans l’étude) sont moins abondantes dans les zones où les achats de pesticides sont plus élevés.

Parmi les autres facteurs d’érosion de la biodiversité figurent les espèces exotiques envahissantes qui ont une part de responsabilité dans 53 % des extinctions des espèces ultramarines.

Source : biodiversite.gouv.fr/

Les actions en faveur de la biodiversité

Face aux pressions et menaces pesant sur les écosystèmes, de nombreuses initiatives sont engagées à tous les niveaux. Des mesures de protection ont ainsi été mises en place sous l’impulsion de stratégies de création d’aires protégées.

En mars 2025, la France métropolitaine compte 6 720 espaces protégés articulés autour de 17 outils de protection terrestre. Parmi ceux-ci figurent les protections fortes, telles que définies dans le Code de l’environnement, comprenant notamment les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles et les arrêtés de protection (de biotope, de géotope ou d’habitats naturels), ainsi que les réserves biologiques. Au 1er janvier 2025, ces dispositifs couvrent 8 806 km² (soit 0,95 % de l’emprise terrestre et maritime de l’Hexagone).

D’autres catégories de dispositifs de préservation complètent ces outils (protection conventionnelle comme les parcs naturels régionaux, actions de maîtrise foncière, réseau européen Natura 2000).

Évolution des surfaces terrestres et maritimes couvertes par certains types d’aires protégées entre le 1er janvier 1998 et le 31 décembre 2024, en surface (km²)

Note : les protections réglementaires regroupent les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles (nationales, régionales ou de Corse), les réserves nationales de chasse et de faune sauvage, les réserves biologiques (intégrales et dirigées) et les arrêtés de protection (biotope, géotope et d’habitats naturels).
Les surfaces prises en compte pour les sites Natura 2000 correspondent aux surfaces cumulées ZSC et ZPS : la forte hausse des surfaces couvertes par le réseau Natura 2000 entre 2016 et 2020 s’explique par la création de 12 aires marines.
Champ : France hors DROM.
Sources : base des espaces protégés, INPN, PatriNat, mars 2025 et base de données Natura 2000, INPN, PatriNat, décembre 2024.

Traitements : SDES, 2025
© SDES

La situation de certaines espèces s’est améliorée grâce, entre autres, à la mise en place de plans nationaux d’action (PNA). En 2025, 76 PNA étaient en vigueur en France (57 en France métropolitaine et 19 en outre-mer) couvrant plus de 470 espèces (hors PNA pollinisateurs). C’est notamment le cas d’espèces semi-aquatiques, comme la loutre ou le castor d’Europe, qui occupaient 62 % du territoire métropolitain (hors Corse) en 2020, ou des oiseaux d’eau hivernants, dont les populations ont progressé de 135 % entre 1980 et 2025.

Emblématiques des interactions entre l’Homme et la nature, le loup gris, le lynx boréal et l’ours brun, 3 espèces protégées inscrites sur la Liste rouge nationale des espèces menacées (respectivement vulnérables, en danger et en danger critique) ont recolonisé certains massifs montagneux après avoir totalement disparu du territoire métropolitain. L’ours brun demeure toutefois l’espèce la plus vulnérable, avec 96 individus détectés au minimum dans le massif pyrénéen en 2024 (46 % uniquement en France). Cette reconquête engendre cependant des conflits avec le secteur du pastoralisme, et un système d’indemnisation des attaques de troupeaux a été instauré (environ 4 millions d’euros annuels d’indemnisation, dont au moins 1 million au titre des pertes indirectes). Le cadre réglementaire applicable au loup est en cours d’évolution avec le reclassement de l’espèce dans la directive Habitats-Faune-Flore du 17 juin 2025. Ce reclassement a pour effet de faire passer le loup d’espèce « strictement protégée » à espèce « protégée », ce qui augmente les possibilités de prélèvement sur la population tout en maintenant formellement une protection légale de l’espèce.

Chaque année, la protection de la biodiversité bénéficie de financements dédiés. En 2023, 3,8 milliards d’euros ont été consacrés à différentes actions, telles que la restauration de milieux naturels, la réintroduction d’espèces menacées ou la gestion d’espaces protégés. Ces moyens proviennent principalement de financements publics : l’État, les agences de l’eau et les collectivités locales en assurent 60 %, devant les entreprises (21 %) et les ménages et associations (13 %). L’Union européenne contribue également à hauteur de 6 %, notamment via le Fonds européen agricole pour le développement rural.

Depuis la crise sanitaire de 2020, les dépenses en faveur de la biodiversité ont globalement augmenté. En euros courants, elles ont bondi de 13 % en 2021, puis progressé de 6 % en 2022 et de 5 % en 2023. Hors inflation, la hausse reste positive mais plus modérée : + 12 % en 2021, + 3 % en 2022, et stable en 2023. Cette dynamique est largement soutenue par les financements publics, notamment dans le cadre du plan France Relance ou du Fonds vert. Certaines dépenses relevant d’autres domaines de la protection de l’environnement, comme la protection des sols et des eaux ou la gestion des déchets, contribuent également indirectement à la préservation de la biodiversité.


Évolution du financement des dépenses de protection de la biodiversité et des paysages, en millions d’euros courants

Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l’environnement, 2025

© SDES

Une mobilisation citoyenne plus forte pour la biodiversité

La prise de conscience et la mobilisation de la société en faveur de la biodiversité progressent. Le nombre de citoyens s’engageant dans des programmes de sciences participatives sur la biodiversité a fortement augmenté, passant de 31 000 participants actifs en 2013 à près de 83 000 en 2024. L’objectif de ces programmes est notamment d’obtenir des données sur la nature et la biodiversité, de produire des outils de sensibilisation et d’éducation à la nature et de former une communauté pour mobiliser les citoyens autour d’enjeux liés à la biodiversité.

L’ensemble des acteurs de la société (élus, citoyens, associations, entreprises, etc.) peuvent être également sensibilisés à travers des actions plus mobilisatrices. Parmi elles, des atlas de biodiversité communale (ABC) sont constitués à partir d’un inventaire des milieux et des espèces présents sur un territoire donné. En janvier 2025, 612 projets d’ABC couvrant la période 2017-2024 ont été recensés dans 4 598 communes réparties sur toute la France.

Depuis septembre 2025, la France compte 1 961 aires éducatives terrestres et marines (dont 206 dans les territoires ultramarins). Mises en place en 2012 et restreintes à de petits territoires, ces aires sont gérées de manière participative par des élèves d’un établissement scolaire.


Données associées à l’article sous forme de tableaux et graphiques.


Aller plus loin

La biodiversité française en déclin 10 ans de chiffres-clés par l’Observatoire national de la biodiversité

Aller plus loin avec l’Observatoire national de la biodiversité


Environnement : Les activités humaines sont sources de pressions sur les écosystèmes et les ressources naturelles avec lesquels elles interagissent. Ces pressions s’accroissent sous l’influence d’une population plus nombreuse et du niveau de consommation individuelle. L’humanité est confrontée à plusieurs défis majeurs : changement climatique, érosion de la biodiversité, épuisement des ressources, dégradation des milieux naturels.

Milieux agricoles et enjeux environnementaux
État des connaissances en 2025 pour la France

En France, les milieux agricoles font face à de nombreux enjeux environnementaux. Les surfaces cultivées diminuent, tandis que l’état des sols se détériore sous l’effet de l’érosion, de la baisse de la matière organique et de la pollution liés aux intrants chimiques. La biodiversité y est en fort déclin, notamment chez les oiseaux des champs. Les écosystèmes agricoles rendent des services essentiels comme la production de biomasse ou la régulation du climat, mais leur capacité à les fournir tend à stagner, voire à diminuer.

Des paysages agricoles de moins en moins favorables à la biodiversité

Depuis les années 1950, la surface agricole en France ne cesse de reculer, sous l’effet combiné de l’artificialisation des sols et de la déprise agricole. En 2024, la surface agricole utile (SAU) couvre 28,4 millions d’hectares, soit 52 % du territoire métropolitain (y compris la Corse), contre 63 % en 1950. Avec 68 % du territoire occupé par la SAU, le Grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) est la zone la plus agricole alors que l’arc méditerranéen présente le taux d’occupation agricole le plus bas.

En 2024, les prairies s’étendent sur près de 13 millions d’hectares, soit 45,6 % de la SAU. Après plusieurs années à la baisse avec une perte de 3,8 millions d’hectares entre 1950 et 2020, la superficie augmente légèrement d’environ 1,5 % entre 2020 et 2024. Cette hausse s’explique par la stabilisation des surfaces toujours en herbe et par l’augmentation des prairies artificielles et temporaires liée à une recherche accrue d’autonomie fourragère. La répartition des prairies reste néanmoins très contrastée selon les départements, en fonction du poids de l’élevage. Ainsi, les départements où la proportion de prairies dépasse 90 % de la SAU sont le Cantal, la Lozère et la Corse du Sud.


Évolution de la surface en prairie de 1950 à 2024, en milliers d’hectares

Champ : France hors DROM.
Source : Agreste, Statistiques agricoles annuelles, 2025

© SDES


Le linéaire de haies en France a fortement reculé depuis le milieu du XXe siècle, avec une perte estimée à environ 70 % depuis 1950. Cette disparition est étroitement liée aux mutations de l’agriculture (remembrement, mécanisation) et à l’urbanisation. Toutefois, certains territoires bocagers ont mieux résisté, notamment la Normandie, le nord de la Bretagne et le bocage mayennais.

L’érosion s’est poursuivie jusqu’à une période récente : entre 2017 et 2021, le linéaire a encore reculé d’environ 6 %. Néanmoins, le linéaire total semble se stabiliser depuis autour de 1,5 million de kilomètres (source : BD Haies), dans un contexte de mise en œuvre de politiques publiques visant des replantations avec un soutien financier des agriculteurs et collectivités. Au-delà de l’objectif de replantation (environ 7 000 km de haies par an dans le plan Haies), ces programmes mettent l’accent sur la qualité écologique des haies : diversité d’essences locales, gestion durable, création de corridors écologiques pour relier deux milieux naturels et assurer ainsi la continuité écologique.

La biodiversité souterraine, une ressource essentielle mais vulnérable

Les sols agricoles constituent un important réservoir de biodiversité. Ils abritent une multitude d’organismes vivants qui protègent le sol contre l’érosion et le tassement, améliorent sa fertilité et dégradent les contaminants. Selon les estimations, un hectare cultivé peut contenir jusqu’à 1,5 tonne de faune (vers de terre, insectes, etc.), 2,5 tonnes de bactéries et 3,5 tonnes de champignons microscopiques. Dans l’Hexagone*, les sols concentrent 261 vers de terre/m2 en moyenne, avec de fortes variations selon les usages agricoles : 421 vers/m2 dans les prairies, 223 vers/m2 dans les cultures et seulement 163 vers/m2 dans les vignes.

Cette abondance, essentielle à la fertilité des sols et au cycle du carbone, dépend étroitement des pratiques agricoles et du degré d’intensification. La biomasse microbienne associée varie ainsi entre 27 microgrammes d’ADN par gramme de sol (µg/g) dans les vignes et vergers, des milieux généralement davantage traités, à 81 µg/g dans les prairies.

L’équilibre de ces écosystèmes peut également être menacé par des espèces invasives. Parmi elles, le ver plat exotique Obama nungara s’attaque aux invertébrés du sol (vers de terre, escargots, limaces) et pourrait altérer la fertilité des sols. Il est désormais signalé dans plus de 70 départements de France métropolitaine.


Abondance lombricienne selon le type d’occupation du sol entre 2005 et 2015, en individus/m2

Note : le nombre de sites analysés est indiqué entre crochets. Au total, 731 sites ont été analysés.
Champ : France hors DROM.
Source : Université de Rennes1, 2015.Traitements : SDES, 202

*Situation observée entre 2005 et 2015.
© SDES

La population des oiseaux spécialistes des milieux agricoles diminue

Les oiseaux jouent un rôle clé dans les écosystèmes en participant à la régulation des populations d’insectes, à la dispersion des graines et au bon fonctionnement général des milieux naturels. Depuis 1989, l’indice STOC permet de suivre l’évolution des populations d’oiseaux communs, véritables indicateurs de l’état de la biodiversité. Parmi eux, les espèces spécialistes, plus sensibles aux perturbations environnementales, réagissent rapidement aux dégradations de leur habitat. Leur déclin signale des perturbations concrètes : diminution des ressources alimentaires, augmentation du dérangement ou raréfaction des sites de nidification.

Les oiseaux spécialistes des milieux agricoles subissent un déclin marqué, principalement en raison des pratiques agricoles intensives, de la perte d’habitats et des effets du changement climatique. En 35 ans, l’indice moyen des 24 espèces agricoles étudiées (Alouette des champs, Bruant ortolan, Pie-grièche écorcheur, Vanneau huppé, etc.) a chuté de 63 points. À l’inverse, l’indice des espèces dites généralistes a progressé de 6 points, traduisant un appauvrissement global au profit d’espèces plus opportunistes.

Face à ce déclin, le règlement européen sur la restauration de la nature (adopté le 24 juin 2024) fixe des objectifs contraignants pour inverser la tendance : restauration des habitats, réduction de l’usage des pesticides, évolution des pratiques agricoles. Pour la France, il prévoit une augmentation minimale de l’indice des oiseaux des milieux agricoles de 10 % entre 2025 et 2030, puis 20 % d’ici 2040 et 30 % d’ici 2050.


Évolution de l’abondance des populations d’oiseaux spécialistes des milieux agricoles, en indice base 100 en 1989

Note : les oiseaux communs « spécialistes » correspondent aux espèces communes des milieux agricoles, forestiers et bâtis.
Source : Programme STOC de Vigie Nature. Traitements : CESCO – PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), décembre 2025

© SDES

Les écosystèmes agricoles menacés par le changement climatique

Les écosystèmes agricoles désignent des milieux organisés ou fortement transformés par l’activité humaine afin de produire des ressources biologiques. Ils regroupent à la fois les zones dédiées à la production de ressources biologiques et celles dominées par une végétation herbacée, comme les prairies naturelles. En France métropolitaine, près des trois quarts de ces écosystèmes correspondent à des espaces fortement façonnés par les pratiques agricoles ou par l’influence humaine. Le quart restant correspond à des agroécosystèmes présentant une couverture importante de végétation naturelle, notamment les mosaïques agricoles mêlant parcelles cultivées et des espaces non cultivés comme les haies, bosquets, plans d’eau, ainsi que les prairies naturelles ou semi-naturelles.

Lorsqu’ils sont en bon état, ces écosystèmes rendent de nombreux services à l’économie et à la société. Ils contribuent notamment à la quasi-totalité de la croissance des plantes cultivées destinées à être récoltées. En moyenne triennale 2020-2022, seuls 2 % de la biomasse issue de l’agriculture en France métropolitaine proviennent d’écosystèmes urbains (cultures sous serre, jardins potagers). Les écosystèmes agricoles jouent également un rôle important dans la régulation du climat puisqu’ils stockent 1,3 milliard de tonnes de carbone principalement sous forme de carbone organique dans les sols, soit 41 % du carbone contenu dans l’ensemble des écosystèmes. Par ailleurs, au sein de ces écosystèmes, les prairies contribuent à l’élimination durable du carbone atmosphérique, à hauteur de 2 millions de tonnes par an, ce qui représente 6 % du carbone séquestré par les écosystèmes entre 2020 et 2022.

Cependant, les épisodes de sécheresse récents (2015, 2018-2020, 2022) ont réduit la capacité des écosystèmes agricoles à produire de la biomasse, avec une diminution de 13 % entre la moyenne triennale 2020-2022 et la moyenne 2012-2014. La baisse est plus forte pour les prairies (- 24 %), d’autant que les besoins en pâturage sont également moindres du fait de la réduction des cheptels. En revanche, sur la même période, le volume de carbone séquestré et le stock de carbone des écosystèmes agricoles demeurent relativement stables.


Données associées à l’article sous forme de tableaux et graphiques


Post Petroleum cherche une solution universelle au problème du moteur magnétique

« Pendant plus de 10 ans j’ai cherché la solution au problème du moteur magnétique, malgré tous les préjugés négatifs au sujet de ce concept » confie Patrick Haguenauer à la recherche d’une solution universelle à la production d’électricité autonome, propre et accessible. Historique, point de situation de son projet et appel à un soutien financier pour finaliser les tests et atteindre une rotation fluide.

« J’ai découvert que le principe était parfaitement conforme aux lois de la physique, notamment celle de la conservation de l’énergie. La différence entre les types de moteurs étant seulement le temps nécessaire à la consommation de l’énergie utilisée. Le pétrole, le gaz, le charbon, l’hydrogène, l’uranium, les champs magnétiques ne sont pas consommés à la même vitesse.« 

La principale difficulté consistait au passage de l’attraction à la répulsion.

« Le début de la solution est dans la vidéo ci-dessous mais il lui manquait la solution pour que la rotation soit fluide, continue et ne s’arrête pas. La solution est dans les formes, dimensions, et positions des aimants les uns par rapport aux autres. »

« Ce vieux test laisse pressentir que les changements de formes et de positionnements des aimants peuvent permettre d’aboutir à une rotation fluide et une accélération constante quand il n’y a pas de charge, et du couple et de la vitesse avec une charge. Le même principe avec un rayon plus important entrainera plus de couple »Patrick Haguenauer

Objectifs

Résoudre le problème énergie climat en apportant une solution universelle à la production d’électricité propre, très peu chère et capable de rendre autonomes :

  • N’importe quel village, ville, zone industrielle, commerciale, portuaire, aéroportuaire quelle que soit sa position géographique et les conditions climatiques et météorologiques
  • Tous les types de transports terrestres, maritimes et aériens en remplaçant toutes les bases actuelles de la production d’énergie. Pétrole, charbon, gaz, uranium, solaire, éolien, etc… La plus importante étant le pétrole d’où le nom de la société : POST-PETROLEUM

Moyen

« J’ai créé la société Post-Petroleum en juillet 2018, en Suisse afin d’éviter les risques de préemption de l’État français sur les brevets « stratégiques » notamment sous la pression du lobby nucléaire. Il y a 2 ans j‘ai trouvé un partenaire financier avec lequel j’ai commencé à travailler. Quelques mois après les entreprises de son groupe l’ont obligé à cesser sa contribution.« 

50 000 € pour faire reconnaître la technologie

« Aujourd’hui il manque 50 000 € pour finir le modèle de référence et faire reconnaître la technologie. J’ai une PME et une retraitée prêtes à se porter caution pour un prêt sur 5 ans avec droit de rachat de crédit à la fin de la première année. Mais aucune institution financière ne veut participer au changement de paradigme de la production d’électricité. Or cette somme est indispensable afin de terminer le modèle de référence qui permettra la reconnaissance officielle de la technologie, donc le droit a de multiples subventions, prêts, investissements, contrats, etc…« 

« Le principe de développement est basé sur la cession de licence et la création de filiales avec des partenaires industriels de différents pays, en fonction des différentes applications. Post-Petroleum étant la Holding qui gèrera la propriété intellectuelle. »

Un Business Plan
et des paradoxes

« De nombreux pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie sont en manque d’électricité, et l’Europe comme l’Amérique du Nord ont besoin d’électricité propre très peu chère sans variation de prix et prétexte à spéculations.« 

Financer un Revenu Universel

« L’automatisation, la robotisation et l’Intelligence Artificielle devraient prendre en charge les emplois de production et de service répétitif sans besoin d’empathie ou de créativité humaine, et du fait de leur faible coût supporter des taxes capables de financer un Revenu Universel donnant beaucoup plus de temps libres aux humains.« 

« Les capacités de déplacements propres et très peu chers offrent des perspectives d’avenir attractives pour l’utilisation de ce temps libre car plus les « Terriens » voyageront sur leur planète et apprendront à connaître les régions, les cultures, les cuisines … et plus règnera l’harmonie au lieu des oppositions et des destructions. Chacun prenant conscience de tout ce que la Planète a à nous offrir en découvertes et du temps limité de la vie. La prévention médicale prendra sans doute le pas sur les soins et encouragera à la préservation de l’espace commun afin qu’il soit définitivement Durable. »

Comparaison « pour les nuls … » entre Crayons d’uranium / Aimants permanents

Si vous souhaitez participer ou avez des questions à poser :

Patrick Haguenauer :

  • +33 608 26 89 72 WhatsApp & Signal
  • mail : p.haguenauer@post-Petroleum.ch
  • adresse : C/O de Siebenthal – Chemin de la Pensée 4 – 1880 Vaud – CH
  • N° CHE : 345.597.754