Accueil Blog Page 16

Ils changent le monde avec des initiatives locales et durables, pour accélérer la transition écologique

0

Les initiatives en régions sont appelées à se manifester pour la 5e édition du Prix « Ils changent le monde » porté par la Fondation Terre Solidaire : les candidatures sont ouvertes du 1er octobre au 15 novembre 2025. L’objectif du Prix est de révéler les démarches innovantes, durables, ancrées dans les territoires, capables d’accélérer la transition écologique en étant duplicables partout en France et au-delà. A la clé pour les porteurs de projets : un accompagnement de la Fondation pour amplifier l’impact de l’initiative et une récompense de 20 000 euros.

“A l’aube de la COP30 qui s’annonce déjà comme le triste bilan de 10 ans d’échecs successifs après l’Accord de Paris, la Fondation Terre Solidaire continue de rechercher, soutenir et financer des projets en capacité d’accélérer fortement le changement nécessaire vers la transition écologique” 

Philippe Mayol, directeur général

5e édition du Prix « Ils changent le monde »

A travers le Prix “Ils changent le monde”, la Fondation met en lumière une initiative locale remarquable qui a le potentiel de montrer des résultats probants, d’inspirer, d’être dupliquée et de contribuer ainsi à changer les choses durablement et ce quel que soit le domaine d’action (agriculture, biodiversité, sobriété énergétique, économie circulaire…).

Depuis le 1er octobre 2025, les candidatures pour la 5e édition du Prix “Ils changent le monde” ouvertes. A la clé pour le lauréat : un accompagnement de la Fondation pour amplifier l’impact de l’initiative et une récompense de 20 000 euros.

Qui peut faire acte de candidature ?

Un collectif, une association de citoyens engagés qui agissent localement au sein d’un territoire français (métropole et Outre-Mer) avec un budget annuel inférieur à 200 000 euros et une équipe salariale réduite.

Quels sont les critères cumulatifs nécessaires ?

Le projet se doit de :

  • contribuer significativement à la transition écologique au niveau local
  • prendre en compte des problématiques de justice sociale, de solidarité ou de fracture démocratique
  • être fortement ancré localement
  • être doté d’un caractère innovant
  • montrer des premiers résultats tangibles et positifs
  • avoir un potentiel de développement et d’essaimage dans d’autres territoires

Quel est le processus de sélection ?

Les candidatures seront analysées et présélectionnées par un jury en cours de création qui sera
composé de 8 personnes à la fois membres de la Fondation et personnes qualifiées de l’extérieur.
Les dossiers sélectionnés seront soumis au vote du public du 1er janvier au 15 février avant une
délibération finale du jury en mars 2026.

Enfin une remise du prix aura lieu en avril 2026 lors de la Conférence “Ils changent le monde” .

Comment faire acte de candidature ?

Il suffit de déposer son dossier ici

Focus sur le projet L’Archipel de Kembs en Alsace, lauréat du prix “Ils changent le monde” 2024

Créé en 2016 et soutenu par divers acteurs publics et privés de la région et par des collectifs nationaux,
L’Archipel de Kembs fonde ses actions de sensibilisation autour de 3 piliers :

  • une alimentation saine et de proximité, avec des jardins partagés et une ferme pédagogique,
  • la reconnexion à la nature et la protection de la biodiversité avec école alternative passant une moitié de son temps dans la nature, des projections-débats ouvertes au grand public, des ateliers de ramassage de déchets, l’aménagement d’îlots de biodiversité…,
  • l’économie sociale et solidaire avec un groupe d’achat solidaire en lien direct avec les producteurs locaux et en soutien à des personnes dans le besoin,

Initié dans la commune de Kembs en Alsace, ce projet a essaimé dans d’autres territoires en France : Clermont-Ferrand, l’Essonne, Nantes, Saverne, Uzès dans le Gard, la communauté de commune de Lisieux en Normandie et d’autres villes et agglomérations de tailles différentes. Grâce à ses actions solidaires et éducatives, l’association répond pleinement aux problématiques d’inégalités sociales et aux effets du dérèglement climatique.

40 activités zéro déchet pour bricolos éco-responsables

Voici 40 activités manuelles pour bricoler, développer sa créativité et se faire plaisir, tout en luttant contre le plastique et le gaspillage. De la cuisine au balcon, on apprend à fabriquer un porte-sandwich, son propre gel douche, un incroyable abat-jour… Avec plein d’astuces (réflexes à adopter pièce par pièce, idées à partager avec ses copains…), 4 reportages écolo (comment s’habiller malin, gaspiller moins d’eau…) et en bonus : une liste de défis pour mesurer tout ce qu’on a réussi à améliorer !

À propos de l’auteur Bénédicte Solle Bazaille

Autrice du manuel 40 activités zéro déchet pour bricolos éco-responsables, lauréat jeunesse 2020 du Prix du Livre Environnement de la Fondation Veolia.

Chargée de projet, rédactrice en chef web, éditrice, journaliste et autrice, Bénédicte Solle Bazaille est Toulousaine de cœur mais nomade dans l’âme, touche-à-tout et curieuse de nature, elle aime partager ses découvertes et ses coups de cœur avec ses lecteurs, que ce soit les voyages, la mythologie, l’écologie… ou le karaté !

Après des études en édition et communication, elle entre comme responsable de rédaction au Guide du routard (Hachette), avant de partir sillonner les routes d’Amérique latine en famille pendant deux ans.

De retour en France, à Toulouse, elle est chef de rubrique pour le magazine Toboggan, chez Milan presse.

Une expatriation à Rome pendant quatre ans lui a permis de travailler en freelance pour divers magazines jeunesse tout en développant des projets d’écriture.

Toulousaine à nouveau, elle écrit des récits et des documentaires pour plusieurs éditeurs (Bayard, Belin, Larousse, Milan) sur des thèmes qui lui sont chers : les voyages, l’écologie, les grands héros.

« Le zéro déchet peut nous aider à retrouver le sens de la fête »

Bénédicte Solle-Bazaille a découvert — et continue de découvrir ! — la démarche zéro déchet avec sa fille. Selon cette globe-trotteuse, le zéro déchet représente « une porte d’entrée vers l’écologie à la fois ludique et gratifiante. »

40 activités zéro déchet

Intelligence artificielle, données, calculs : quelles infrastructures dans un monde décarboné ?

En plein « phénomène IA », The Shift Project a choisi d’étudier une composante clé des infrastructures du numérique : la filière centre de données. Et, plus spécifiquement, la manière dont elle se construit en interaction avec l’intelligence artificielle, principal déterminant de ses dynamiques aujourd’hui. Le déploiement généralisé de l’IA – notamment générative – infléchit ces dynamiques déjà insoutenables. Ce nouveau rapport Shift Project éclaire les pistes à suivre pour réorienter vers la soutenabilité énergie-carbone nos choix technologiques, qui sont de véritables choix politiques, économiques et stratégiques.

LA FILIÈRE CENTRES DE DONNÉES : Trajectoires énergétiques et climatiques mondiales

Une trajectoire climatique insoutenable pour la filière centres de données

À l’horizon 2030, à l’échelle mondiale, les tendances actuelles pourraient mener la filière des centres de données à doubler ou quadrupler son empreinte carbone (en prenant en compte les impacts de production et de construction, qui pèse respectivement pour 75% et 25 % du total). En 2020, la filière émettait 250 MtCO2e/an. Dans moins de cinq ans, elle pourrait émettre jusqu’à 920 MtCO2e/an, soit l’équivalent de 2 fois les émissions annuelles de la France.

Concrètement, la filière centre de données pourrait contribuer 2 à 3 fois plus au dérèglement climatique qu’en 2020.

L’empreinte des centres de données augmentant à un rythme de + 9 %/an, chaque année sans prendre de mesure revient à accepter l’ajout de 50 MtCO2e annuelles aux émissions humaines, soit l’équivalent des émissions annuelles de l’élevage français.

Pour respecter un objectif de décarbonation de la filière de – 90 %, même avec la décarbonation la plus ambitieuse possible de leur électricité et de leur production, les centres de données ne peuvent pas dépasser le seuil de 1000 TWh de consommation annuelle. Les trajectoires de déploiement actuelles sont donc incompatibles avec la double contrainte carbone (dérèglement climatique et épuisement des énergies fossiles), quels que soient les progrès technologiques.

Réussir la décarbonation de la filière mondiale centres de données

À l’échelle mondiale, la consommation d’électricité des centres de données en phase d’usage décolle

Contrairement à de nombreuses prévisions, la consommation électrique mondiale des centres de données est loin d’être endiguée par l’efficacité énergétique : l’explosion de l’offre de puissance informatique pourrait mener à une multiplication par 3 entre 2023 et 2030. Le phénomène IA générative est la cause principale de cette augmentation.

En 2024, plus de la moitié de la consommation mondiale d’électricité consommée par les centres de données est d’origine fossile, et leur demande future est de même nature : loin d’être des outils de décarbonation, ces infrastructures sont avant tout un problème supplémentaire à gérer.

Le cas de l’Europe : des situations différenciées mais une dynamique commune dans la filière des centres de données

L’Europe et la France : cas d’école de la double contrainte carbone

En Europe, les centres de données représentent déjà 2,5 % de la consommation totale d’électricité, avec une progression de 7 %/an. Elle pourrait doubler entre 2023 et 2030, et tripler à 2035.

Cette augmentation de consommation électrique n’est, à la connaissance du Shift Project, pas prise en compte dans les scénarios de planification énergétique. Elle pourrait donc hypothéquer la capacité de l’Europe à atteindre ses objectifs climatiques.

Par ailleurs, la répartition géographique de ces infrastructures n’est pas homogène : c’est au niveau local que les pressions se ressentent le plus. En Irlande, près de 20 % de la consommation nationale est captée par les centres de données, autant que toute l’industrie du pays. Là-bas comme à Amsterdam, des moratoires de fait se mettent en place devant l’ampleur de la demande des centres de données, qui dépasse les capacités du réseau électrique.

En France, les centres de données représentent environ 2 % de la consommation totale. Cette consommation pourrait quadrupler à 2035. En 2035, les centres de données pourraient représenter jusqu’à un quart du supplément d’électricité consommée par rapport à 2020. Cette consommation n’ayant pas été anticipée aujourd’hui, laisser la tendance actuelle se poursuivre et les annonces récentes se réaliser induit un réel risque de mise en danger de la transition énergétique, notamment pour les secteurs dont la décarbonation complète ne pourra passer que par l’électrification (chauffage, transports…).

Enfin, en plus de la pression sur les systèmes énergétiques, d’autres externalités doivent être prises en compte au niveau local. C’est le cas de la concurrence d’usage de l’électricité et de l’eau avec les secteurs (industriel et agricole par exemple), création d’emploi, attractivité économique, etc.

IA & climat : réorienter nos choix technologiques jusqu’à la compatibilité carbone

Le phénomène « IA générative » est le principal déterminant des dynamiques de la filière centres de données, de par sa grande intensité en calcul. C’est bien l’offre de calcul qui détermine la trajectoire aujourd’hui suivie par la filière.

De la phase d’entraînement à la phase d’utilisation, un modèle d’IA générative mobilise d’autant plus de ressources matérielles et informatiques qu’il est de grande taille, polyvalent, précis, qu’il a un grand nombre d’utilisations etc.

Malgré les efforts d’optimisation des acteurs de l’IA, cette empreinte a continué d’augmenter au cours des 10 dernières années : l’amélioration technologique ne suffisant pas, il est nécessaire de prioriser les cas d’usage.

L’IA, comme le numérique en général, est un catalyseur : elle accélère le système dans lequel on la place. La déployer de manière généralisée, c’est donc construire une IA qui sera tout autant fossile que l’économie dans laquelle on la place. Tout déploiement doit donc être conditionné à la vérification de sa compatibilité avec la contrainte carbone : trajectoire sectorielle ou territoriale, bilan carbone et objectifs climatiques d’une organisation…

Si la solution ne peut être déployée de manière à être compatible avec la double contrainte, alors elle doit être abandonnée, remplacée par des solutions sans IA, voire sans numérique, à l’impact moindre.

Les recommandations du Shift Project

Comment reprendre la main sur ces dynamiques ? Il y a trois grands objectifs à poursuivre :

  1. Anticiper : il est indispensable de recenser et suivre les sites, tout en dotant le secteur numérique et la filière centres de données d’une trajectoire carbone-énergie de référence, dans la SNBC3 et les autres exercices de planification aux niveaux français et européen. Le recensement doit être contraignant et son respect doit être contrôlé.
  2. Discerner : tout déploiement d’une solution d’IA doit s’accompagner d’une analyse de pertinence, notamment dans les organisations, afin d’identifier et de prioriser uniquement les applications compatibles avec les trajectoires climatiques des organisations.
  3. Réorienter : conditionner les déploiements des centres de données à leur compatibilité avec la trajectoire de référence du secteur, et abandonner les solutions d’IA ne pouvant être rendues compatibles avec la contrainte carbone grâce aux leviers de conception (optimisation et altération voire abandon de fonctionnalités) et de déploiement (restreint et ciblé plutôt que large et indifférencié).

Pour les atteindre, les parties prenantes des centres de données et de l’IA doivent simultanément mobiliser les quatre familles de leviers dont elles disposent :

  • Mesure et transparence : assurer un suivi public de la filière et la transparence des services d’IA.
  • Optimisation : limiter l’empreinte environnementale des solutions d’IA et des équipements associés et suivre les référentiels sur l’IA frugale.
  • Réorganisation collective vers la sobriété : définir et faire respecter une trajectoire plafond de consommation électrique des centres de données.
  • Formation & compétences : ne pas réorienter les ressources de formation et le débat public vers l’IA plutôt que vers la transition environnementale.

Synthèse du Rapport

Rapport Intelligence artificielle, données, calculs : quelles infrastructures dans un monde décarboné ?

L’évaluation environnementale : un outil de progrès pour l’environnement et la démocratie

Pour Laurent MICHEL, président de l’Autorité environnementale, « évaluer pour connaître, connaître pour agir et prévenir. Ainsi pourrait-on résumer l’objectif de l’évaluation environnementale« . C’est aussi l’ambition du rapport annuel 2024 de l’Autorité environnementale, qui retrace les enseignements tirés de l’ensemble des avis rendus, tant sur les projets que sur les plans et programmes, et des décisions prises dans le cadre de l’examen au cas par cas.

Outre une présentation de chacun des avis et des enseignements généraux qui en sont tirés, ce rapport annuel consacre des focus spécifiques à certaines thématiques.

Sont ainsi synthétisés les enseignements tirés des sujets aussi variés que les programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE), les volets mobilités des contrats de plan État-Région (CPER), les projets d’aménagement de l’Opération d’intérêt national conduite par l’État en Guyane, les projets dans les grands ports maritimes, la prise en compte du changement climatique dans les évaluations environnementales des projets et les modifications des schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet) intervenues en 2023 et 2024, en particulier pour décliner dans les territoires la politique de réduction de l’artificialisation nette.

Dans une période où les « procédures » environnementales sont attaquées au motif qu’elles retarderaient les projets et où des pans entiers de la réglementation et des politiques environnementales sont remis en cause sans beaucoup d’examen de leurs enjeux et des bénéfices ou coûts associés, ces focus montrent l’apport de l’évaluation environnementale, bien conduite et utilisée, ou ce qui fait défaut dans le cas contraire quand elle est lacunaire.

Les progrès, encore partiels ou à consolider, sont constatés dans l’approche de bon nombre de porteurs de projets, ou dans l’appropriation de certaines thématiques. Ainsi les émissions de gaz à effet de serre sont désormais analysées de manière plus détaillées par divers maîtres d’ouvrage (aménagements urbains, infrastructures de transport etc.), mais les études ne débouchent encore que trop rarement ou trop partiellement sur des mesures de réduction ambitieuse des émissions dans la réalisation et l’exploitation des projets.

Bien souvent, l’évaluation environnementale des volets Mobilités des CPER a été trop formelle, et n’a que peu permis de faire évoluer ces contrats. Ceux-ci présentent cependant une inflexion, avec une augmentation forte des financements dédiés aux modes non routiers, orientation qui devra être
concrétisée par un ensemble d’actions pour tirer le meilleur parti des investissements dans les infrastructures.

Les modifications des Sraddet ont révélé un travail important de déclinaison dans les territoires des objectifs de réduction de consommation d’espace. Ce travail est le résultat d’une concertation avec les parties prenantes et se traduit aussi par la mise en place de nombreux outils d’aide à la connaissance et à la décision et d’actions de facilitation.

Laurent MICHEL

Cette mobilisation collective au plus près des territoires porte ses fruits, bien loin des commentaires entendus au niveau national sur l’impossibilité ou le caractère stérilisant de cette politique et ce, d’autant plus que des aménagements ont été prévus pour prendre en compte les particularités et besoins spécifiques.

Laurent MICHEL

L’évaluation environnementale, et plus généralement l’approfondissement des connaissances sur les enjeux environnementaux, sur les moyens de les intégrer aux politiques publiques et aux projets, sur les difficultés mais aussi les voies de progrès, sont plus que jamais nécessaires.

Il s’agit d’éviter de confondre l’objectif légitime de fluidifier les procédures et le déroulement des projets, avec des simplifications qui conduiraient à des approches incomplètes et mal fondées, ratant ainsi l’objectif d’anticiper et réduire les impacts sur l’environnement et la santé et de déployer des politiques de progrès partagées par les acteurs.

Dans l’exercice de ses missions l’Autorité environnementale continuera de contribuer à faire encore davantage de l’évaluation environnementale un outil de connaissance et de progrès

Laurent MICHEL

Rapport annuel 2024 de l’Autorité environnementale

20 missions régionales d’autorité environnementale (MRAe)

Les missions régionales d’autorité environnementale (MRAe) ont été créées en 2016, aux côtés de l’Ae, afin de pouvoir exprimer des avis indépendants sur tous les « plans/programmes » et de contribuer à un meilleur fonctionnement démocratique pour la préparation des décisions environnementales.

Synthèse annuelle 2024 de la Conférence des autorités environnementales

La conférence des autorités environnementales s’assure du bon exercice de la fonction d’autorité environnementale. Elle comprend le chef de l’inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) qui la préside, les présidents de la formation et des missions
régionales d’autorité environnementale
(MRAe) ainsi que le commissaire général au développement durable (CGDD), représentant le ministre chargé de l’environnement en sa qualité d’autorité environnementale1.

Chaque année, une synthèse de la Conférence des autorités environnementales rend compte de l’activité globale des vingt-deux autorités environnementales, nationale ou régionales. Chaque autorité nationale (Ae) ou régionale (MRAe) produit par ailleurs, son rapport annuel.

En 2024, les autorités environnementales nationales et régionales ont été saisies de 4842 dossiers pour lesquels elles ont rendu un total 4367 avis et décisions (hors les cas par cas projets relevant de la compétence des préfets), soit un taux d’avis sans observation de 10%.

Parmi les points positifs à noter pour cette année, figure l’augmentation sensible des demandes de cadrage par les porteurs de projets auprès de l’autorité environnementale (194 total, dont 8 à l’Ae). Qu’il s’agisse de l’Ae ou des MRAe, les sollicitations de réseaux-métiers intéressés à connaître et
échanger de manière distanciée en dehors de la phase d’instruction des dossiers, sur l’évaluation environnementale progressent également.


Paul Delduc, Chef de service de l’Inspection générale de l’Environnement
et du Développement Durable, Président de la Conférence des
autorités environnementales

En revanche, les méthodes globales indispensables pour appréhender la prise en compte de l’impact sur l’environnement ou la santé humaine par un projet, un plan ou un programme restent mal connues ou peu utilisées par les porteurs de projet.

Paul Delduc

C’est en particulier le cas de la procédure commune2, qui reste encore sous-utilisée alors qu’elle
permet de simplifier les démarches lorsque l’évaluation environnementale d’un projet et celle
d’un document de planification visent le même objet.

C’est également le cas des méthodes d’estimation des effets cumulés d’un projet, qui semblent
difficiles à appréhender par les porteurs de proje
t. La Conférence des autorités environnementale rappelle à ce sujet, que l’article R.122-5 du code de l’environnement prévoit que l’étude d’impact doit intégrer une analyse des effets cumulés du projet avec d’autres projets existants ou approuvés.

Dès lors que les impacts cumulés peuvent être évalués sur le territoire d’implantation, et au vu de chaque élément de biodiversité impacté, le porteur de projet peut s’engager à collaborer avec les autres porteurs et les différentes parties prenantes pour mettre en œuvre des mesures de suivi et de gestion intégrée des effets cumulés.

À titre d’exemple, les mesures envisagées peuvent avoir pour objet :

  • de prévenir les effets cumulés avant qu’ils ne se produisent : planification de l’utilisation des
    sols, régulation des émissions et des rejets, application de meilleures pratiques de gestion ;
  • de corriger ou de compenser les impacts cumulés une fois qu’ils se produisent : restauration
    écologique, création de corridors écologiques, réhabilitation de milieux dégradés ;
  • de construire un programme de suivi coanimé par les porteurs de projets : mise en place d’un
    réseau de surveillance du milieu.

La séquence ERC (« éviter, réduire, compenser ») est quant à elle, présente dans les projets sans
véritable résultat en termes de recherche d’alternatives, en amont des projets.

Enfin, le recours aux obligations réelle environnementales (ORE) pour une durée au moins égale à celle du projet, est rarement mobilisé. Or, si le contrat ORE peut être utilisé pour mettre en œuvre les mesures de compensation environnementale requises, il assure également pour le porteur de projet une sécurité supplémentaire en termes de pérennité du dispositif.

Par ses avis, la fonction d’autorité environnementale éclaire les décisions et l’action des acteurs
publics et privés.

Parfois critiquée, elle a la vertu de challenger, de questionner au fond et en méthode, avec pour seule préoccupation de faire progresser les projets des territoires du point de vue de leurs impacts sur l’environnement et la santé, en disposant pour ce faire, d’un cadre d’exercice indépendant.


  1. Décret n°2022-1165 du 20 août 2022 portant création et organisation de l’inspection générale de l’environnement et du développement durable ↩︎
  2. Articles L. 122-13, L. 122-14, et R. 122-26 à R. 122-27 du code de l’environnement. ↩︎

Les Licoornes : des coopératives pour la transition qui transforment radicalement l’économie

Donner à chacun le pouvoir de transformer radicalement l’économie, aux côtés des coopératives pour la transition, c’est l’ambition commune des entreprises rassemblées sous le nom des LICOORNES. L’Onde de Coop, leur Festival annuel, avait pour thème « l’entreprise est-elle politique ? ».

L’Onde de Coop : le Festival des coopératives pour la transition

Un moment convivial pour réunir toutes celles et tous ceux qui s’attachent à construire une économie démocratique, respectueuse des femmes et des hommes, avec la lucidité de se savoir dans un monde aux ressources limitées.

Le Manifeste des Licoornes

Le système qui s’est imposé depuis des décennies à l’échelle de la planète repose sur l’exploitation et la recherche du profit …

l’individualisme et la compétition, sur l’illusion de la croissance sans limite, sur un consumérisme qui appauvrit l’âme. Dans ce système on ne consomme plus pour vivre, on vit pour consommer sans écouter le cri du monde. Dans ce système, on a perdu le sens de la mesure, le sens du lien, le sens du vivant. Chaque crise nous montre que l’écart grandit entre la société dans laquelle nous vivons et nos aspirations profondes.

Alors il faut s’indigner, il faut critiquer, mais il faut aussi proposer, construire des alternatives.

C’est ce que nous, les sociétés coopératives avons commencé à faire. Chacune de nos coopératives dans son domaine particulier, sur des marchés qui semblaient verrouillés, avec une énergie qui nous vient du terrain, s’emploie à bâtir une proposition économique solide, concrète et vertueuse. Avec de nouveaux modèles économiques, nous faisons vivre au sein des territoires un idéal écologique, démocratique et solidaire.

Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin et vous donner le pouvoir de transformer radicalement l’économie…

en construisant un système économique entièrement coopératif. Ainsi, nous pouvons aller au-delà de la logique de « créer de l’impact » et nous attaquer aux causes racines en construisant une réponse systémique. C’est pour atteindre cette ambition commune que nous nous allions sous le nom des LICOORNES.

Mobilisons-nous

pour faire grandir ces alternatives et construire le système économique dont le XXIème siècle a besoin ! Nous avons besoin de votre engagement pour porter cette ambition. En changeant notre consommation, nous changeons le monde.

Construire une économie coopérative

Le projet : co-construire une plateforme pour faciliter le choix des citoyen·nes en faveur du système économique coopératif.

Pour soutenir le projet aujourd’hui, devenez sociétaires d’une des coopératives parmis les Licoornes. Rendez-vous sur les sites internet des coopératives !

Vers des offres communes pour les particuliers, les professionnel·les et les collectivités


Biocoop & La Nef : nouvelle convention de partenariat

« Nous avons un ADN commun : nées dans les années 80, nos deux coopératives ont été construites par et pour les citoyens, avec une ambition : changer la donne et proposer une alternative durable et éthique, que ce soit dans l’alimentation ou dans la finance. Biocoop et La Nef ont grandi ensemble, au fil d’une prise de conscience écologique et sociale de la société française que nous avons accompagnée et permise en proposant des produits et services différents. Nous sommes la preuve que nos coopératives sont les entreprises d’aujourd’hui, mais aussi de demain. » Ivan CHALEIL, Président du Directoire de La Nef

Cet accord réaffirme leur engagement mutuel pour un financement éthique, essentiel à la consolidation de la filière biologique française.

Henri GODRON, Président de la coopérative Biocoop, déclare : « A horizon 2029, Biocoop vise un réseau de 900 magasins et prévoit de déployer un plan d’investissement massif et sans égal dans son histoire. Pour soutenir cette dynamique, le renforcement de son partenariat historique avec la Nef jouera un rôle clé en facilitant le financement des projets portés par les magasins et la coopérative, au service du développement d’une agriculture biologique accessible à tous. »

20 ans de collaboration et de synergies

Le lien entre Biocoop et La Nef est historique. Biocoop est créée en 1986, la société financière de la Nef deux ans plus tard en 1988, par des citoyens et citoyennes conscients de la nécessité de travailler à construire une société plus écologique, humaine et solidaire. Biocoop et la Nef sont ainsi pionniers en France, respectivement de la filière bio et de la finance éthique, et se sont développés ces près de 40 dernières années pour devenir des leaders de leur secteur.

La Nef participe aux financements des projets de magasins Biocoop dès la fin des années 80. C’est en 2005 que les deux coopératives officialisent leur partenariat en signant une première convention « Nef Rénovation Biocoop » pour moderniser les magasins du réseau. Cette collaboration a été élargie en 2018 pour inclure une offre de financement Nef dédiée au réseau Biocoop plus complète, des conditions négociées et des engagements de communication réciproques.

Aujourd’hui, ce partenariat passe une nouvelle étape, fort de résultats concrets :

  • Près de 800 projets Biocoop ont été financés, avec 260 prêts en cours à la Nef représentant un encours d’environ 40 millions d’euros
  • 1 magasin Biocoop sur 3 a été financé par La Nef

Une convention pour renforcer encore les liens historiques entre Biocoop et la Nef

Cette nouvelle convention a pour objectif de développer les synergies en s’adaptant aux réalités du marché :

  • 1. Les deux coopératives réaffirment leur souhait de travailler ensemble pour sécuriser les acteurs de la filière.
  • 2. La convention vise à offrir les meilleures conditions financières à Biocoop et participer ainsi à l’atteinte des objectifs en termes d’ouvertures et reprises de magasins.
  • 3. L’accord souligne à nouveau le partage de valeurs communes et le souhait commun de collaborer sur d’autres aspects que la seule relation commerciale.

La coopération pour la transition : la norme de demain ?

Ce modèle d’entreprise coopérative est l’incarnation d’une vision politique. Une quinzaine de sociétés coopératives répondent à de nombreux besoins du quotidien et représentant de réels enjeux de société.

La durabilité

  • des modèles pensés pour être pérennes, peu coûteux en ressources naturelles et indépendants des effets de mode

La solidarité

  • des modèles inclusifs pensés pour être accessibles et dans l’intérêt du plus grand nombre

La démocratie

  • des modèles pensés par et pour des citoyen·nes où chacun·e a le pouvoir de participer et d’agir sur les décisions

Un modèle à la profitabilité limitée

  • réinvestissement direct et systématique de l’essentiel des bénéfices dans l’activité,
  • encadrement des échelles de salaires pour réduire les inégalités

Les coopératives membres des Licoornes

Enercoop : Les coopératives d’énergie renouvelable, citoyenne et solidaire

Enercoop est un réseau de 11 coopératives qui agit et milite dans les territoires pour une transition énergétique locale, citoyenne et solidaire grâce à la production et la fourniture d’une énergie renouvelable et à des services visant la sobriété et l’efficacité énergétique.

Télécoop : Le premier opérateur télécom coopératif engagé dans la transition écologique et solidaire

pour permettre à tous de se réapproprier ses usages numériques.

Mobicoop : Pour une mobilité partagée, plus solidaire et écologique

Mobicoop.fr est une plateforme de covoiturage nationale, sans commission et en logiciel libre pour tou·te·s. La coopérative développe le covoiturage, la mobilité solidaire, l’autostop et la gestion de flotte pour les collectivités territoriales et les entreprises.

Commown : La Scic de l’électronique responsable. Des appareils plus éthiques et durables

Fournisseur militant d’appareils électroniques éco-conçus et de services pour lutter contre l’obsolescence programmée.

Coop Circuits : Des achats qui rendent le monde un peu meilleur

Plateforme coopérative opensource pour vendre et acheter en circuit court des produits locaux, artisanaux, direct producteur, biologiques, éthiques.

La Nef : En chemin vers la banque éthique

Coopérative bancaire éthique finançant exclusivement des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle. Créée en 1988, dans le but de financer exclusivement des projets écologiques, sociaux et culturels, la Nef est une banque éthique coopérative française agréée Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). Sa mission est orientée vers le bien commun et non la lucrativité, en évitant les activités spéculatives sur les marchés financiers elle finance uniquement l’économie réelle, avec un circuit court de l’argent. Elle compte 86 000 clients, dont 49 000 sociétaires et a financé plus de 8 000 projets à impact positif pour un montant de 1,3 Milliards €. Engagée dans une totale transparence : elle est le seul établissement financier français à publier chaque année la liste intégrale des financements effectués.

Citiz : Premier réseau coopératif d’autopartage

Mise à disposition des professionnels et des particuliers de plus de 1600 véhicules dans plus de 150 villes en France. Les services Citiz contribuent à réduire la place et la pollution de la voiture en ville.

Label Emmaus : E-shop militant

Premier site de e-commerce français dont le catalogue est exclusivement alimenté par les acteurs du Mouvement Emmaüs et ses partenaires de l’Économie Sociale et Solidaire.

Ethi’Kdo : La coopérative des plateformes avantages, cartes et coffrets cadeaux éco-solidaires

Pour réorienter nos budgets cadeaux vers les acteurs et actrices d’une consommation plus respectueuse du vivant.

Windcoop : Compagnie maritime écoresponsable

Windcoop opère des porte-conteneurs à la voile, propulsés en majeure partie par l’énergie du vent, inépuisable, propre et gratuite. Ces navires innovants contribuent à développer un transport moins polluant. Notre ambition est qu’il soit détenu par une foule d’armateurs désireux d’accélérer la transition du transport maritime.

Tënk : La coopérative du cinéma documentaire

Depuis un village ardéchois, Tënk tient pour mission la diffusion du cinéma documentaire et le soutien à la création.  Cela se traduit avec la diffusion de 300 films par an sur la plateforme tenk.fr et par le soutien numéraire et technique pour 15 films chaque année.

Biocoop : Une coopérative inclusive engagée à développer la bio

Biocoop est une coopérative qui intègre des sociétaires de son réseau de magasins spécialisés bio, mais aussi des groupements de producteurs, des salariés et des associations de consommateurs. Leur objectif commun : développer l’agriculture biologique dans un esprit d’équité et de coopération. Leader de la distribution alimentaire biologique spécialisée en France depuis 39 ans, Biocoop repose sur un réseau d’indépendants engagés – consommateurs, producteurs, salariés, commerçants –, tous décisionnaires, qui croient à l’intelligence collective pour produire et consommer autrement. En 2024, ce modèle coopératif unique regroupe plus de 740 magasins et 2 700 fermes partenaires. Précurseur et moteur, Biocoop revendique « l’agriculture biologique pour tous » et inscrit sa démarche au cœur d’une charte appliquée par l’ensemble des acteurs du réseau.

Solarcoop : Une coopérative ‏d’intérêt collectif du secteur du photovoltaïque

Solarcoop propose des kits à installer soi-même et des études gratuites de faisabilité d’installation pour les particuliers. Elle organise des commandes groupées de kits et des ateliers participatifs de montage sur toute la France via les Centrales Villageoises, les collectifs citoyens ou les collectivités locales et a noué un partenariat avec la Licoorne Enercoop et récemment avec la Maif.‏

Blast : Une entreprise de presse à but non lucratif

Blast, le souffle de l’info est un site de presse en ligne d’information générale et une web tv créés par le journaliste Denis Robert. Média libre et indépendant, affranchi de toute pression industrielle ou financière, Blast participe à la lutte anti-corruption, à la défense de la liberté d’expression et de la démocratie. Blast est un média au service des citoyens et de l’intérêt général.

Sailcoop : Une coopérative pour décarboner le transport maritime

La coopérative a pour mission de développer, partout où cela est possible, une offre de transport de passagers, à la voile. En alternative aux vedettes à moteur, aux ferries et à l’avion. Ce faisant nous contribuons à décarboner les secteurs du transport et du tourisme (en France, le tourisme représente 11% des émissions de CO2, et la part du transport dans ce chiffre s’élève à 77%) tout en réinventant notre rapport au temps, au voyage, et à la consommation. Avec Sailcoop, le transport fait partie du voyage, et les vacances commencent sur le ponton !

Virgocoop : Une coopérative pour relocaliser l’industrie textile

« Stop à la mode jetable. Oui au textile écologique, éthique et citoyen ». Face à un secteur textile ultra-mondialisé qui détruit la planète et les Hommes, la mission de Virgocoop est de redonner le pouvoir d’agir aux citoyens pour faire du textile un monde vivant. La coopérative fédère ceux qui souhaitent agir pour transformer le monde textile, elle développe la production de fibres écologiques, en priorité le chanvre et la laine, en partenariat avec des agriculteurs français. Elle fabrique des tissus 100% naturels, dans son atelier Tissages d’Autan près de Castres, et partage ses connaissances dans un esprit d’ouverture afin d’accélérer le changement du monde textile. 

Une Bande Dessinée sur la Consoude : utile et engagée pour faire (enfin) connaître cette plante miracle

Ni super-aliment, ni concept marketing, c’est une plante qui pourrait bien changer notre manière de jardiner, de soigner, de transmettre. Dans les coulisses de l’agriculture moderne, alors que le glyphosate se débat entre interdictions et dérogations, une discrète résistante végétale trace son chemin : la consoude. Maxime et Oliver, de B-actif « Le spécialiste de la consoude », décident de lui offrir le rôle-titre qu’elle mérite : une bande dessinée de 96 pages, entièrement dédiée à cette plante miracle.

Pourquoi lire cette BD ?
✅ Parce qu’elle raconte autrement l’histoire de la consoude.
✅ Parce qu’elle est à la fois ludique et instructive.
✅ Parce qu’elle donne envie d’agir et d’essayer !
✅ Pour avoir en images la recette du baume de consoude.
✅ Pour découvrir toutes les utilisations possibles de cette plante miracle
✅ Etc…

Depuis des siècles, la consoude soigne les brûlures, régénère les sols, booste les cultures, soigne les tendinites comme les tomates. Ultra-efficace, hyper-productive, bon marché … mais encore largement inconnue du grand public.

Conçue comme un outil d’éveil à l’autonomie, un manifeste écologique, un pas de côté poétique et technique, cette BD sort des cases. Elle enseigne comment cultiver la consoude, comment l’utiliser, comment fabriquer un baume chez soi.

Et le tout, illustré à l’aide de ChatGPT 4.0, dans un style volontairement atypique. Entre tradition paysanne et expérimentation numérique, ce projet hybride assume de brouiller les lignes, pour remettre le vivant au centre de la narration.

Plus un jardin sans consoude !
Après la lecture passionnante de cette BD nul doute que vous voudrez la planter dans votre jardin.
Cette bande dessinée n’est pas seulement un livre, c’est un outil de découverte, un moyen de partager et un plaisir de lecture. Elle rend la consoude accessible et amusante pour tous.

Une BD pas comme les autres : un objet éditorial unique

Originale par son sujet, radicale dans son intention, audacieuse dans son exécution, cette « Bande Dessinée Originale sur la Consoude » n’a pas d’équivalent en francophonie. Elle propose un traitement complet et ludique d’une plante à tout faire, souvent absente des radars du grand public malgré son immense potentiel.

Conçue comme un outil de transmission grand public, la BD adopte un ton léger et accessible, avec une narration volontairement simple, parfois décalée, à contre-courant des codes esthétiques actuels. Et pour cause : les illustrations sont générées par IA (ChatGPT 4.0) – une première pour ce type de projet en France – ce qui lui confère un style visuel unique, volontairement imparfait mais vivant, sincère, incarné.

Avec ses 96 pages en couleur (format A4, 21×29,7), imprimée en France (Groupe Korus, Eysines, 33), la BD se veut utile, belle, accessible. Elle est vendue 17,50 € (frais de livraison en sus) et expédiée chaque jour en France (Colissimo ou Mondial Relay) et Belgique (Mondial Relay), dans une enveloppe kraft sobre et écoresponsable.

C’est Maxime un vieillard de 77 ans qui a piloté ChatGPT 4.0 pour la création de toutes les images. C’est étonnant, n’est-ce pas ? Maxime est adepte du slogan : On en apprend à tout âge. Il s’est beaucoup amusé. A noter qu’il utilise l’IA tous les jours. De nombreuses personnes contestent l’intelligence artificielle ou en ont peur. C’est une raison de plus pour acheter cette BD et voir ce qu’on peut faire avec ces outils. Par contre cette BD reflète les personnalités des auteurs. Un jeune aurait fait très différemment ne serait-ce qu’au niveau look, couleurs, graphisme.

Une plante aux mille vertus, enfin racontée autrement

La consoude est bien plus qu’une simple « plante médicinale ». Elle est à la fois :

  • un engrais naturel puissant, riche en potassium et oligo-éléments ;
  • un activateur de compost ;
  • un stimulant de croissance pour les plantes ;
  • un remède traditionnel contre les brûlures, eczémas, tendinites ou douleurs musculaires ;
  • un anti-mycosique naturel ;
  • une alliée des vignerons, des podologues, des jardiniers… et de toute personne attachée à une vie plus autonome.

Une triple mission pédagogique

Cette bande dessinée n’est pas seulement narrative : elle a une vraie vocation éducative. Elle s’organise autour de trois grands volets illustrés :

1. Fabriquer un baume de consoude maison

Étape par étape, la BD montre comment récolter, préparer, chauffer, filtrer puis conserver un baume efficace pour toute la famille. Ce soin maison, 100 % naturel, est un incontournable des trousses de secours écolo.

2. Cultiver la consoude soi-même

La BD livre tous les conseils pratiques pour planter, bouturer, arroser et récolter cette plante robuste et généreuse. En images, on découvre qu’il suffit d’un carré de terre, d’un peu d’eau… et de patience.

3. Utiliser la consoude au jardin (et au-delà)

Purin, paillage, soins à la vigne, infusions pour le compost, applications sur la peau : la consoude se décline en dizaines d’usages utiles, économiques et écologiques.

Une démarche éditoriale à contre-courant

Ce qui frappe d’emblée dans ce projet, c’est le choix des auteurs de faire appel à l’intelligence artificielle pour illustrer leur bande dessinée. Une décision audacieuse, qui n’a pas fait l’unanimité – y compris dans leurs propres familles. La petite-fille de Maxime, directrice artistique, voit dans cette technologie une menace pour la création. D’autres proches, à l’inverse, y recourent pour leurs études ou leurs projets professionnels.

Maxime et Oliver, eux, revendiquent une approche expérimentale. Non par provocation, mais par pragmatisme. Ils n’étaient ni illustrateurs, ni graphistes. L’IA leur a permis de donner forme à leurs idées, d’avancer à leur rythme, et de créer un objet à leur image : imparfait mais sincère, artisanal mais audacieux. Le résultat ne cherche pas à ressembler à une BD traditionnelle. Il assume ses défauts comme ses trouvailles, ses maladresses comme ses fulgurances. Et surtout, il fonctionne : en quelques pages, la consoude devient familière, concrète, presque indispensable.

Maxime & Oliver : deux profils atypiques, unis par la consoude

Maxime – l’ancien vendeur d’engrais chimiques repenti

Derrière ce projet, deux voix singulières se rencontrent. Maxime, 77 ans, ingénieur agronome, a passé une partie de sa vie à vendre des produits phytosanitaires.

Aujourd’hui, il revendique un changement de cap radical. À l’heure des bilans, il cherche à réparer, transmettre, et montrer qu’il est possible de produire sans détruire. Il parle volontiers de rédemption, non sans humour, et avoue avoir trouvé dans la consoude une alliée fidèle.

Passionné par les technologies, il utilise aussi l’intelligence artificielle dans son quotidien, pour aider ses petits-enfants à rédiger leur CV ou construire des plans de culture pour ses proches agriculteurs.

Oliver – l’Anglais tombé dans la consoude tout petit

Oliver, lui, est britannique. Installé en Bretagne depuis trois décennies, il a littéralement importé la consoude avec lui. Il l’a cultivée, étudiée, expérimentée, jusqu’à en faire l’axe central de son activité.

Ensemble, ils ont fondé B-actif, une petite entreprise artisanale dédiée à la consoude sous toutes ses formes : boutures, baumes, macérats huileux.

Leur approche est locale, directe, enracinée, sans prétention mais avec conviction.

Une œuvre utile, drôle et engagée

Au-delà de l’objet en lui-même, la bande dessinée incarne une vision. Celle d’un jardinage sans chimie, d’une autonomie retrouvée, d’un savoir populaire remis en circulation. Elle invite à réapprendre des gestes simples, à renouer avec des recettes oubliées, à soigner autrement. Elle amuse, aussi, par son ton décalé, ses situations absurdes ou ses dialogues pleins d’autodérision. Car les auteurs ne se prennent pas au sérieux : ils prennent au sérieux leur sujet.

Cette BD est aussi une porte d’entrée vers les produits B-actif, élaborés depuis 20 ans à Scaër (Finistère) et plébiscités par une clientèle fidèle. Mais elle va au-delà du geste commercial. Elle a une ambition de fond : réhabiliter la consoude, ouvrir la discussion sur les modèles agricoles dominants, et montrer que chacun peut reprendre la main sur son jardin, son alimentation, sa santé.


  • Titre : Une Bande Dessinée Originale sur la Consoude ;
  • Auteurs : Maxime & Oliver (B-actif), avec l’aide de ChatGPT 4.0 pour les images ;
  • Pages : 96 pages couleur, format A4 (21 x 29,7 cm) ;
  • Prix : 17,50€ + frais de port ;
  • Commande : www.b-actif.fr ;
  • Livraison : Colissimo et Mondial Relay (France), Mondial Relay (Belgique) ;
  • Contact : contact@b-actif.fr ;
  • Date de publication : Septembre 2025

À propos de B-actif

La consoude, souvent appelée le trésor du jardin, devrait avoir sa place réservée dans tous les jardins (jardin potager ou jardin d’ornement). Notre souhait et même notre rêve: que tous les jardiniers cultivent la consoude. Mais la consoude est encore, malheureusement, trop peu connue en France.

Depuis 2005, B-actif cultive, transforme et promeut la consoude.

Située à Scaër dans le Finistère, l’entreprise artisanale a construit sa réputation sur la qualité de ses boutures, la fabrication artisanale de ses baumes et macérats, et la sincérité de sa démarche.

Elle s’adresse aussi bien aux jardiniers qu’aux paysans, aux thérapeutes qu’aux particuliers, dans une logique de transmission et d’indépendance retrouvée.

Ubuntu : « je suis parce que nous sommes », une révolution de l’humanité partagée, antidote à l’individualisme toxique

Et si la plus grande innovation managériale du 21e siècle venait d’Afrique ? Patrice Paradis s’intéresse à Ubuntu qui bouleverse nos certitudes occidentales : « Je suis parce que nous sommes ». Cette philosophie millénaire, désormais reconnue par le Forum Économique Mondial, transforme concrètement les organisations. Les Nations Unies l’intègrent dans leurs programmes de leadership pour 193 pays – Face aux crises systémiques actuelles, l’interdépendance n’est plus une option idéaliste mais une nécessité évolutive. Votre organisation pratique-t-elle vraiment l’interdépendance ou fait-elle du « Ubuntu-washing » ?

« Je suis Ubuntu »

Ubuntu émerge comme paradigme transformateur dans les organisations mondiales. Cette sagesse défie les fondements mêmes de la pensée occidentale. Le Forum Économique Mondial proclame désormais cette philosophie « essentielle » pour le capitalisme des parties prenantes.

Au-delà du management occidenta

Patrice Paradis nous invite à découvrir comment Ubuntu révolutionne le leadership, transforme les organisations et offre l’antidote à l’individualisme toxique de notre époque. Quand l’Afrique redéfinit le leadership mondial, nous découvrons que cela est une nécessité évolutive.

Ubuntu fonctionne comme un système immunitaire collectif. Les chocs sont absorbés collectivement plutôt qu’individuellement, créant une résilience exponentielle impossible à atteindre par l’approche individualiste. Cette résilience n’est pas passive – elle est générative.

Résilience par l’interdépendance

Ubuntu : Je suis car j’appartiens

Les 14 principes de sagesse de la philosophie africaine

Quels principes de sagesses africaines ont permis à Nelson Mandela de traverser ce qu’il a vécu ? Quels sont les enseignements africains traditionnels pour vivre sage et heureux ?

Damien Weck nous présente la philosophie de la sagesse africaine Ubuntu en 14 principes.

Les clés pour surmonter les obstacles avec la paix de l’esprit et la conviction du cœur.

Comment apaiser une relation, comment rester motivé et plein d’espoir, comment apprendre des personnes différentes de soi, comment apaiser un conflit ou un désaccord, comment véritablement écouter ?

Les difficultés et tensions qu’ont connues les pays d’Afrique, ont conduit à une philosophie de vie appelée Ubuntu.

Ubuntu est au Sud de l’Afrique ce que les accords toltèques sont au Mexique ou Ho’oponopono à Hawaï.

Damien Weck

Ces 14 principes sont tirés du magnifique livre de Mungi Ngomane : Je suis car tu es – Leçon de sagesse africaine par Damien Weck

  • Comment surmonter toutes les situations (même les plus difficiles) ?
  • Des clés pour créer des relations paisibles et bienveillantes (plutôt que laisser s’installer la tension).
  • Comment avoir confiance en vous et en votre capacité à agir et à changer les choses ?

1. Se voir dans autrui

En voyant plus loin que nos différences, nous prenons conscience que nous sommes tous égaux. Nous pouvons ressentir de la gratitude pour ce que chacun est et offre (plutôt que chercher les défauts). Personne ne se construit sans l’aide d’autrui.

  • Pour mettre en application ce principe dans votre journée :
    • Dites « Merci » avec enthousiasme et gratitude.
    • Entraînez-vous à passer une journée sans jugement et lâchez prise sur vos pensées négatives.

2. L’union fait la force

Personne ne se construit tout seul. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide. Inspirez-vous des autres et demandez du soutien à ceux qui peuvent vous aider sur votre chemin. Et surtout aidez les autres à avancer sur leur propre chemin.

3. Se mettre à la place de l’autre

Se mettre à la place de l’autre permet de le comprendre plutôt que de le juger par rapport à notre propre vision du monde.

« Soyez bon envers les autres, car tous ceux que vous rencontrez mènent en eux-mêmes un combat acharné. »
– Ian McLaren

  • Pour mettre en application ce principe :
    • Dans toute situation, prenez le temps d’écouter la version de l’autre. Ainsi vous pourrez comprendre : son vécu, ses croyances, ses actes…
    • Afin de vous imprégner du point de vue de l’autre : reformuler à haute voix sa vision des choses.

4. Élargir sa perspective

« Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs. »
– Nelson Mandela

Nous avons chacun une vision différente du monde. C’est le résultat de l’environnement dans lequel nous avons vécu : culture, expérience, famille, école, amis… Nous pouvons choisir de vivre de deux façons différentes :

  • Figé : ne jamais remettre en question notre vision et ne pas agir. Agir par peur.
  • Croissance et transformation : s’ouvrir à d’autres possibilités et passer à l’action. Agir avec espoir.

« Si une chose ne te plaît pas, change-la. Si tu ne peux pas la changer, change ton attitude. »
– Maya Angelou

  • Pour mettre en application :
    • Faire face à une situation difficile :
    • Pour trouver tes ressources, demande à un ami : « Que ferais-tu différemment si tu étais à ma place ? »
    • Pour te détendre : Quelle importance aura ce problème dans un mois ? dans un an ? Rappelle-toi que tout passe. Rien n’est éternel, le changement est inévitable.
    • Pour comprendre l’autre : Qu’est-ce qui a poussé cette personne à agir ainsi ? (histoire personnelle, culture…)
  • Pour rester motivé et joyeux : vois le verre à moitié plein.

5. Faire preuve de dignité et de respect envers soi et les autres

Ici la sagesse Ubuntu ressemble beaucoup à la communication non violente :

  • Prends soin de toi pour pouvoir prendre soin des autres (se donner de l’empathie)
  • Demande de l’aide si nécessaire (soi à l’écoute de tes besoins)
  • Ne colle pas d’étiquettes aux autres ou à toi-même : ça renforce les comportements. « Je suis comme ça… » Dis plutôt : « Aujourd’hui, j’ai eu un comportement… mais la prochaine fois, j’agirai de cette façon… »

Pour t’aider souvient toi :

  • D’autres personnes ont déjà eu ce problème.
  • Les gens aiment aider.
  • Demande toi : comment aiderais-tu une personne dans ta situation ?

Être digne est indispensable pour être soi-même. Pour cultiver ta dignité : mange sainement, fait du sport, communique, fixe toi un but. A l’inverse, le mal-être nous distrait et conduit à de mauvaises habitudes : alimentation, trop de temps sur les réseaux sociaux…

« Personne ne peut vous diminuer sans que vous y consentiez. »
– Eleanor Roosevelt

« Mes 10 clés pour ​une vie heureuse« 
​Passage à l’action, Confiance, Gestion des émotions, ​Sérénité et ​Relations saines…
  • Pour mettre en application ce principe :
    • Cultive une bonne opinion de toi-même.
    • Les pensées négatives créent du négatif. Sortez du cercle vicieux :
      • Prends conscience de tes pensées négatives ou autocritiques : corps « je suis trop gros », rôle dans l’existence « ce que je fais ne sert à rien », estime de soi « personne ne m’aime ».
      • Rappelle-toi tes qualités et réussite. Qu’est-ce qui te plaît en toi ? Quels compliments te font tes amis ?
      • Qu’est-ce qui déclenche le cercle des pensées négatives ? Voici quelques idées pour biser le cercle :
        • modifie ta routine : change de chemin pour aller travailler,
        • répète une phrase positive le matin dès ton réveil,
        • note 3 gratitudes par jour dans ton « journal de gratitude »,
        • mange dans un lieu différent (parc, jardin, restaurant)
        • évite les personnes qui te prennent de l’énergie.
  • Lorsqu’un ami se critique devant vous, dites lui : « Sois gentil avec mon ami, parce que je trouve que mon ami a beaucoup de qualité. » Et lorsque vous vous critiquez, faites de même. Rappelez vous ce qu’il y a de bon en vous.

6. Croire en la bonté de chacun

« Tout le monde est capable de faire le mal, nous avons tous en nous une part d’ombre et une part de lumière, chacun peut choisir d’œuvrer pour le bien. »
– Mungi Ngomane

  • Pour mettre en application ce principe :
    • Lorsque nous voyons du négatif chez une personne, ce négatif fait écho à un de nos comportements que nous n’aimons pas. Plutôt que de critiquer l’autre, voyons une opportunité de nous améliorer nous-mêmes. Remercions cette personne qui nous montre la voix.

« Les gens sont des êtres humains produits par la société dans laquelle ils vivent. Plutôt que de les critiquer, encouragez les gens en voyant ce qui est bon en eux. »
– Nelson Mandela

  • Si une personne t’a fait du mal, demande toi : A-t-elle toujours été ainsi ? Qu’est-ce qui l’a poussé à se comporter de cette façon ? Met toi à la place de cette personne : quelles sont ses émotions, ses problèmes familiaux ou au travail ?

« Lorsqu’on choisit de voir le bien chez les autres, on découvre celui qui est en nous. »
– Anonyme

  • Souris sans raison pour renforcer ta joie et ta confiance en toi. Les personnes autour de toi te renvoient ta propre énergie.

7. Préférer l’espoir à l’optimisme

Espoir = confiance + foi

L’espoir vous apporte de l’énergie. Alors que l’optimisme est un sentiment passager. L’espoir d’un avenir meilleur vous aidera à voir les obstacles pour ce qu’ils sont : temporaires. Et vous vous orienterez votre esprit pour trouver de la force.

  • Pour mettre en application ce principe :
    • Accepte la situation :
      • Libérer les émotions, pleure s’il le faut.
      • Identifier les causes des émotions (court, long terme… ?), ça t’aidera à soulager ces émotions.
    • Agis et reprogramme ton subconscient
  • « Je ne peux pas » devient « Je peux ».
  • « ça ne sert à rien » devient « Je ne vais pas abandonner ».
  • À lire aussi Comment écouter avec empathie ? [5 clés de l’écoute active]
    • Vis l’instant présent
      • Agis pour te sentir bien : fais du sport, rencontre des amis, mange sainement.
      • Ne te torture pas en pensant à l’avenir et vois la beauté du moment présent.
    • Écris une liste de gratitude pour retrouver le moral
    • Fixe toi des objectifs : avance pas à pas et écoute toi, prends une pause si besoin.
    • Trouve ta foi ou un objectif à long terme, définis ton « pourquoi ? »

8. Chercher à créer du lien

Communiquer et appartenir à un groupe a un effet très puissant sur le bonheur et la motivation. Quelle que soit l’activité qui t’intéresse, partage-la : art, sport, chorale, nature…

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. »
– Nelson Mandela

  • Pour mettre en application :
    • Poubelle mentale : écris tout ce qui te passe par la tête sur une feuille pendant 10 minutes. Tu purges tes pensées.
    • Communique clairement tes besoins (en utilisant la CNV par exemple) LIEN
    • Sois authentique et vulnérable pour créer des liens profonds avec les autres
    • Connecte-toi à ta créativité
      • passe 2 jours sans écran ni réseaux sociaux
      • va dans un lieu nouveau : musée, restaurant
      • emmène un carnet partout avec toi pour dessiner ou écrire des phrases inspirantes
      • fais des activités manuelles : cuisine, jardin, poterie, dessin, danse
      • lis et découvre de nouvelles choses

9. Le pouvoir du pardon

La rancœur est mauvaise pour la santé. Plutôt que de te dire : « J’ai raison d’être en colère vu les actions de l’autre. »

  • Cherche à comprendre l’autre, comprendre son histoire et son comportement.
  • Pardonne pour toi-même et pas pour l’autre.
  • Pardonne-toi toi-même de t’être mis dans cette situation ou d’avoir agi de cette façon. Nous sommes des êtres humains !
  • Pour mettre en application ce principe :
    • Se pardonner
      • Ressens pleinement la colère en toi.
      • Note les torts que tu as l’impression d’avoir subi.
      • Mets toi à la place de l’autre et écris : ce qu’il a fait, ressentit, ses émotions.
      • Lis à haute voix la description de la situation vue par l’autre personne.
      • Dis à haute voix : « Je me pardonne de ressentir de la colère, de la haine… ».
      • Répète ces étapes dès que la colère t’empêche d’agir paisiblement.
  • Penser à tous les avantages du pardon : se sentir physiquement soulagé, être plus heureux et plein d’énergie, libérer de la place dans ton esprit.
  • Aller vers le pardon : pose des questions pour comprendre les choix et les actions de l’autre. Et formule à haute voix ou intérieurement : « Je t’aime, je te pardonne et je suis désolé de t’en avoir voulu. »
  • Accepter que cela prenne du temps. Et n’attend pas une réaction de l’autre : il te saute dans les bras ? Il s’excuse de ce qu’il a fait ou dit ?… Non, tu pardonnes pour toi-même sans rien attendre.
  • Continuer. Si la rancœur est toujours là, promène-toi dans la nature, livre toi à un ami…

10. Célébrer notre diversité

Pour cultiver l’humilité, concentre toi sur la valeur des autres. Jeunes, vieux… Chacun apporte sa contribution.

« Personne ne sait tout, mais tout le monde sait quelque chose. »
-Proverbe africain

Entre deux cultures, deux habitudes différentes cachent des enseignements :

  • la ponctualité européenne est utile pour avancer ensemble.
  • l’absence de ponctualité « à l’Africaine » est plutôt synonyme de lâcher prise et de confiance.
  • Pour mettre en application ce principe :
    • Prenons conscience des pensées qui divisent
      • Certaines cultures, familles, groupes sociaux… sont liées à certains comportements.
      • Plutôt que voir les différences et de se diviser en disant : « eux » et « nous ».
      • Cherchons les points communs et aussi les qualités derrière les différentes façons de faire.
    • Prenons conscience que si tout était pareil, on s’ennuierait. Même dans une famille, chaque personne est différente est apporte sa propre contribution.

11. Accepter la réalité (aussi douloureuse soit-elle)

Accepter une situation est nécessaire pour pouvoir avancer et se transformer. Les personnes qui nous entourent peuvent nous aider par leur écoute et leur empathie. Il est préférable d’accepter la situation et d’apprendre des critiques constructives. En étant vulnérable, nous permettons aux autres d’avoir de la compassion pour nous.

  • Pour mettre en application ce principe :
    • Pour faire une critique constructive, utilise la méthode du sandwich : une remarque positive + un point d’amélioration + une remarque positive.
    • Cultive l’humilité. Si tu veux faire une critique, demande toi d’abord : as-tu envie de te sentir important ? Comment une personne humble se comporterait ?
    • Accepte ce qui est. Cesse de résister à la réalité. Ainsi tu pourras te développer de façon positive.
  • À lire aussi Le pouvoir de l’empathie pour transformer vos relations [CNV 2/2]

12. Trouver l’humour dans notre humanité

Le rire permet de casser les barrières entre individus. Le rire permet d’être vu comme un ami. Rire ensemble permet de réduire les tensions individuelles comme collectives.

  • Pour mettre en application ce principe :
    • Repense à une situation difficile et cherche ce qu’il y avait de drôle dans cette situation.
    • Apprends à rire de toi-même.
    • Recherche l’humour : regarde une comédie, un humoriste, entoure toi d’amis drôles…

13. Pourquoi les petites choses font une grande différence

L’histoire de Mère Theresa est un exemple de petites actions qui mènent à de grandes différences. Un acte simple peut être important pour une autre personne sans que vous vous en rendiez compte.

Par exemple, Mungi Ngomane raconte l’histoire d’un homme sud-africain. Un homme « blanc » qui a eu un signe de respect envers lui a changé sa vision : les « blancs » ne sont pas forcément mauvais envers les « noirs ».

Un acte simple qui rend une personne heureuse vous rendra plus heureux qu’une action qui vise votre bonheur directement. Il a aussi été observé que parler en utilisant moins le mot « je » diminue l’anxiété. Et permet de plus prendre les autres en considération.

  • Pour mettre en application :
    • Se tenir à ce à quoi tu t’es engagé.
    • Donne ce que tu veux recevoir : soit un meilleur ami pour les autres, si tu souhaites avoir de meilleurs amis.
    • Agis à ton niveau : écologie (eau, viande, recyclage), guerre (relations et communication harmonieuses)

14. Apprendre à écouter pour mieux entendre

🌿14 principes de la sagesse africaine Ubuntu [nos différences sont une force] C’est parfois des situations les plus difficiles que viennent les plus forts enseignements. Ubuntu est au Sud de l’Afrique ce que les accords toltèques sont au Mexique ou Ho’oponopono à Hawaï. Voici 14 principes de la sagesse de la philosophie africaine. Comment surmonter toutes les situations (même les plus difficiles) ?

Vous avez certainement déjà pensé dans une discussion : « Je n’ai pas du tout compris ça ». Parfois nous écoutons d’une oreille. La personne parle lentement et nous nous impatientons. Et parfois, même en écoutant avec notre pleine attention, nous ne comprenons pas ce que la personne souhaite exprimer.

« On ne peut pas progresser tant qu’on refuse d’écouter les gens avec lesquels on n’est pas d’accord. »
– Mungi Ngomane

Pour écouter une personne avec laquelle nous sommes en désaccord, ayons en tête cette intention : « Parlez-moi de vos souffrances, de vos difficultés : je voudrais apprendre et comprendre. »

L’écoute active est un art que peu de personne cherche à pratiquer. Voici quelques principes à appliquer pour s’entraîner à vraiment écouter :

  • Porter l’attention toute entière sur la personne.
  • Écouter avec tout le corps et pas seulement les oreilles.
  • Écouter les paroles, mais aussi tout le langage corporel.
  • Maintenir le contact visuel.
  • Ne pas préparer ce que tu vas dire pendant que tu écoutes.

L’écoute profonde est capitale pour la personne qui parle. En étant écouté de cette façon, la personne va pouvoir se livrer et se libérer de ses émotions et de son passé. L’écoute peut être une véritable guérison.

Voici 4 qualités d’une bonne écoute :

  • être attentif,
  • être patient,
  • poser des questions ouvertes,
  • reformuler les paroles de l’autre.

Nous retrouvons ici plusieurs principes de la CNV.

  • Pour mettre en application ce principe :
    • Si tu as du mal à écouter une personne, repense à un moment où tu aurais eu besoins d’être écouté.
    • Cherche à comprendre l’autre : reformule ce qu’il dit et pose des questions.
    • Choisis le bon moment pour parler : tout le monde n’est pas en mesure d’écouter.

Un livre magnifique

Conclusion

Ces 14 principes sont la synthèse d’une riche expérience de l’histoire africaine : de l’apartheid à Nelson Mandela. Vous y avez reconnu des outils et conseils rappelant de nombreux autres domaines :

  • reprogrammer nos croyances, notre vision des autres,
  • cultiver la gratitude,
  • observer notre façon de penser et de parler.

Prenons conscience que chaque continent, avec son histoire spécifique, construit ses propres principes de sagesses qui souvent se ressemblent.

Malgré nos différences, la sagesse retrouve souvent le même visage.

L’UNESCO désigne deux nouvelles Réserves de Biosphère en France dont le lac du Bourget

L’UNESCO annonce la désignation de 30 nouvelles Réserves de biosphère, des territoires reconnus pour leurs écosystèmes uniques et leur approche innovante pour inventer des modes de vie durables. Cette liste comprend notamment l’écosystème marin le plus riche en biodiversité du monde (Raja Ampat, Indonésie), le premier pays entièrement couvert par une Réserve de biosphère (Sao Tome-et-Principe), deux nouvelles réserves en France dont le lac du Bourget et six pays accueillant leur toute première Réserve de biosphère (Angola, Djibouti, Guinée Equatoriale, Islande, Oman,Tadjikistan)

Conservatoire des Espaces Naturels Savoie

Qu’est-ce qu’une Réserve de Biosphère UNESCO ?

Bien plus que de simples parcs naturels, ce sont des « laboratoires vivants » où communautés locales, scientifiques et pouvoirs publics collaborent pour remplir trois fonctions : 

  1. Conserver – protéger la biodiversité, les paysages et les écosystèmes.
  2. Développer  – promouvoir un développement économique et humain durable.
  3. Comprendre – soutenir la recherche, l’éducation, la formation et l’échange de connaissances.

Avec 700+ réserves dans 130+ pays, couvrant plus de 5% de la surface terrestre, ces sites servent de modèles pour concilier conservation et développement pour les 275 millions de personnes qui y habitent. 

Congrès mondial des réserves de biosphère 

Cette annonce intervient à la suite du Congrès mondial des réserves de biosphère à Hangzhou, Chine (22-26 septembre), qui tous les dix ans réunit 2,000+ les acteurs des sites du monde entier pour définir les priorités et fixer un plan d’action pour les dix années à venir.

Lac du Bourget, entre le Rhône et la Réserve de biosphère des Alpes (France)

Au point de rencontre entre le Jura et les Alpes, où convergent influences océaniques, alpines et méditerranéennes, se trouve le plus grand lac naturel de France : le lac du Bourget.

© CEN Savoie

Cette zone humide d’importance internationale au titre de la Convention de Ramsar abrite une réserve de biosphère de 350 km² composée de zones humides, de forêts alluviales, de prairies alpines et de bocages, dont 35 % sont protégés juridiquement.

© CEN Savoie

Cette réserve de biosphère, qui compte 43 zones d’intérêt écologique et quatre sites Natura 2000, offre refuge à plus de 6 100 espèces animales et végétales répertoriées. Ses écosystèmes diversifiés, qui assurent la régulation de l’eau et le stockage du carbone et amortissent les crues, soutiennent la vie humaine depuis des siècles.

L’omble chevalier (Salvelinus alpinus), la cistude d’Europe (Emys orbicularis), l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes), la naïade marine (Najas marina), l’azuré de la sanguisorbe (Phengaris teleius), le sympétrum déprimé (Sympetrum depressiusculum), le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), la violette élevée (Viola elatior), le lynx boréal (Lynx lynx), l’aigle royal (Aquila chrysaetos), le lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et l’ornithogale penché (Honorius nutans) figurent parmi les espèces qui composent sa remarquable biodiversité. Nombre d’entre elles sont inscrites sur la Liste rouge nationale des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (UICN).

Environ 180 000 personnes vivent au sein de la réserve de biosphère, mêlant vie urbaine (à Aix-les-Bains), agriculture traditionnelle, vignobles et villages dotés d’un riche patrimoine.

Les communautés riveraines puisent dans les savoirs locaux, accumulés au fil des générations, en ce qui concerne les niveaux d’eau, la pêche artisanale et les cycles viticoles savoyards ; ces pratiques sous-tendent le tourisme durable et la gestion responsable des zones humides et des forêts alluviales.

© CEN Savoie

La région abrite par ailleurs quatre sites palafittiques préhistoriques inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, vestiges d’anciens établissements lacustres aujourd’hui submergés. Le zonage de la réserve de biosphère préserve le cœur écologique du lac, soutient le tourisme à faible impact et l’agriculture traditionnelle, et met en avant le tourisme culturel, les énergies renouvelables et l’éducation environnementale, ce qui en fait un modèle alpin où biodiversité, patrimoine et communauté prospèrent ensemble.

© CEN Savoie

Réserve de biosphère des marais et marées entre la Loire et la Vilaine (France)

Cette réserve de biosphère, qui s’étend sur 2 000 km² le long de la côte atlantique occidentale française, entre les estuaires de la Loire et de la Vilaine, offre un paysage dynamique préservé composé de marais salants, de tourbières, d’estuaires, de dunes, d’îlots rocheux, de bocages et de vasières.

© Conservatoire des Espaces Naturels Savoie

Façonnée par des siècles d’interaction entre l’homme et la nature, elle est un exemple vivant de résilience côtière, où les écosystèmes assurent la régulation de l’eau, le stockage du carbone et la filtration des polluants, et amortissent les surcotes et les inondations.

Elle présente une biodiversité exceptionnelle, comme en témoignent ses deux zones humides d’importance internationale au titre de la Convention de Ramsar, ses quatre sites Natura 2000 et ses habitats abritant des milliers d’espèces, dont beaucoup sont rares ou menacées.

© Conservatoire des Espaces Naturels Savoie

Parmi la faune remarquable, on rencontre le butor étoilé (Botaurus stellaris), la guifette noire (Chlidonias niger), la gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), la loutre d’Europe (Lutra lutra) et l’anguille d’Europe (Anguilla anguilla), en danger critique d’extinction. Des plantes rares, comme le faux cresson de Thore (Caropsis verticillatoinundata) et la charophyte Tolypella salina, prospèrent en ce lieu, aux côtés d’une riche variété d’insectes, dont le lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et la rosalie des Alpes (Rosalia alpina).

Cette réserve de biosphère, qui compte environ 250 000 habitants, comprend des ports de pêche, des villages salins et des hameaux agricoles, chacun contribuant à une économie côtière bien particulière, ancrée dans des pratiques traditionnelles et des modes de vie adaptatifs. Le long de ses côtes, les communautés puisent dans les savoirs acquis au fil des générations en ce qui concerne l’hydrologie des marais, la récolte du roseau et la conchyliculture, pratiques qui préservent la résilience des zones humides tout en soutenant les moyens de subsistance locaux.

© Conservatoire des Espaces Naturels Savoie

La gouvernance participative de la réserve de biosphère réunit communautés, industries et défenseurs de l’environnement, qui soutiennent une agriculture résiliente face au changement climatique, l’écoconstruction en roseaux issus de la production locale, et un tourisme durable.

Patrimoine culturel et trésors naturels s’intègrent harmonieusement pour forger un avenir commun où les populations et la biodiversité prospèrent ensemble.

L’Homme & la Biosphère : un programme pour célébrer le vivant

Le programme MAB encourage le développement de recherches interdisciplinaires, expérimente et diffuse des pratiques, démarches et savoir-faire pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, accompagnant l’Agenda 2030 de l’ONU.  Pour cela, il s’appuie sur son réseau mondial de Réserves de biosphère. 

Les Réserves de biosphère sont les sites de démonstration du MAB. Ce sont des lieux privilégiés pour expérimenter et illustrer des pratiques de développement durable à l’échelle régionale, en conciliant le développement social et économique des populations avec la protection de l’environnement, dans le respect des valeurs culturelles. L’implication des populations, un appui scientifique, la formation et l’éducation y sont encouragés.

En 2022, le réseau mondial comptait 738 Réserves de biosphère, dont 22 sites transfrontières, dans 134 pays, désignées suivant des critères communs. Le réseau s’enrichit chaque année de nouveaux sites. 

Services publics écoresponsables : quel bilan pour les services de l’État 2024 ?

0

Ce bilan interministériel des services publics écoresponsables en 2024 s’appuie sur une circulaire de 20231 qui fixe des objectifs à atteindre d’ici 2027 pour tous les services de l’État : administrations centrales, services déconcentrés et établissements publics.

Mieux protéger et valoriser les écosystèmes

En France, 17 % des espèces de faune et de flore sont déjà éteintes ou menacées d’extinction.

L’effondrement de la biodiversité fragilise le fonctionnement des écosystèmes et leur capacité à résister au changement climatique. 🌍

La vidéo de 3 minutes « Mieux préserver les écosystèmes » met en lumière les actions concrètes menées par l’État pour contribuer à l’inversion de cette tendance :

  • 🌿 1er levier : la gestion écologique des espaces verts
    • → Entretien différencié selon les usages et typologies d’espaces
    • → 100 % sans produits phytopharmaceutiques
    • → Plans de gestion écologique, labellisation, renaturation, désimperméabilisation, dépollution des sols
  • 💧2e levier : la préservation de la ressource en eau
    • → Réduction de 15 % de la consommation d’eau d’ici 2027 (par rapport à 2022)
    • → Lutte contre les fuites, réutilisation des eaux de pluie, sobriété hydrique

🌱 Ces actions renforcent la résilience de nos territoires et améliorent la qualité de vie des usagers.

Démarche Services publics écoresponsables (SPE)

L’année 2024 a marqué une étape décisive pour la démarche Services publics écoresponsables (SPE), un an après la publication de la circulaire du 21 novembre 2023 qui fixait des objectifs ambitieux.

Le bilan interministériel 2024 du dispositif SPE montre que plusieurs cibles sont déjà atteintes ou sur le point de l’être, notamment en matière de télétravail, de déploiement du forfait mobilité durable, d’achats socialement responsables ou encore de remplacement des chaudières au fuel.

Ces résultats témoignent d’une dynamique solide, rendue possible grâce à l’engagement des agents mobilisés pour transformer l’État. Ces avancées sont le fruit d’un travail collectif impliquant les directions métiers, les pilotes et les référents SPE.

SYNTHÈSE DE L’AVANCEMENT DES MESURES ET DE LEURS ACTIONS

Le suivi régulier par indicateurs permet d’objectiver les résultats, de valoriser
les actions et d’adapter les accompagnements pour accélérer les progrès.

Brice Huet
Commissaire général au développement durable

Ce nouveau bilan interministériel offre une vision complète, quantitative et qualitative, et valorise des actions concrètes menées sur le terrain. Les défis à venir sont nombreux et nécessitent une poursuite des efforts.

Exemples d’action pour des services publics éco-responsables

Le comité de suivi2 de haut niveau Services publics écoresponsables a permis de rappeler les principales priorités pour 2025 : réduction et électrification des flottes, mise en œuvre des mesures pour une alimentation durable, mobilisation renforcée sur la sobriété énergétique et les achats durables.

Exemples d’action pour des services publics éco-responsables

En 2025, la mise à jour des plans de transformation écologique de chaque structure doit constituer un levier essentiel pour accélérer la mise en œuvre des mesures et gagner en impact, en devenant de véritables instruments stratégiques d’aide à la décision.

Exemples d’action pour des services publics éco-responsables

La connaissance et le suivi des émissions de gaz à effet de serre est un élément essentiel dans le pilotage de la démarche. C’est pourquoi le CGDD a élaboré et mis à disposition l’outil État Bas Carbone, qui facilite la réalisation des bilans d’émissions de gaz à effet de serre, étape cruciale pour fonder les démarches de transformation.

L’État se doit d’être exemplaire et moteur de la transition écologique.

Le CGDD est fier de soutenir les ministères, leurs opérateurs et les préfectures dans la mise en œuvre d’une transformation écologique juste, concrète et durable.

Exemples d’action pour des services publics éco-responsables

Le plan SPE transforme les services publics

Le Plan de transformation écologique s’articule autour de 15 engagements concrets, au travers de cinq grands chantiers :

  1. 🏭 Mieux produire et mieux consommer
  2. 🚴‍♂️ Mieux se déplacer
  3. 🍽️ Mieux se nourrir
  4. 🏢 Mieux gérer les bâtiments de l’État
  5. 🌳 Mieux protéger et valoriser nos écosystèmes

Synthèse du Bilan


  1. La circulaire du 21 novembre 2023 n° 6425-SG ↩︎
  2. Le comité de suivi s’est réuni en avril 2025, en présence d’Agnès Pannier-Runacher Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche et de Laurent Marcangeli, Ministre de l’Action publique, de la fonction publique et de la simplification et sous la présidence de Claire Landais, Secrétaire générale du Gouvernement, ↩︎

Bilan interministériel 2024 « Services publics écoresponsables »- Rapport complet

Changement climatique : 12 infographies pour comprendre et agir

L’exposition sur le changement climatique, proposée par le ministère de la transition écologique, permet de mieux comprendre ce phénomène complexe et d’en mesurer les conséquences, faits et chiffres clés à l’appui. Elle fait aussi découvrir des exemples d’actions inspirantes. L’objectif est de mettre en lumière la nécessité d’agir face aux effets du changement climatique et de poursuivre nos actions en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette exposition est constituée de 12 panneaux et s’adresse à tous les publics.

LA PRISE EN COMPTE DES ENJEUX CLIMATIQUES EN FRANCE

Comprendre le changement climatique

Depuis la révolution industrielle, les émissions de gaz à effet de serre provoquées par nos activités sont responsables de la hausse de la température moyenne mondiale qui a déjà augmenté de 1,2 °C. Compte tenu de l’inertie climatique et de la longue durée de vie des gaz à effet de serre accumulés dans l’atmosphère, le réchauffement va se poursuivre d’ici à la fin du siècle. Les impacts du changement climatique vont s’amplifier et concerner toutes les régions du monde.

Les impacts visibles du changement climatique

Depuis 1988, le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat mondial, ses impacts et les moyens de les atténuer et de s’y adapter. Le GIEC a publié son 6e rapport d’évaluation (AR6) en 2023. Il atteste d’une augmentation et d’une aggravation des risques : vagues de chaleur, précipitations extrêmes, sécheresses, fonte de la cryosphère, changement du comportement de nombreuses espèces…

Mieux comprendre le GIEC

Exposition « Changement climatique : comprendre et agir »

Depuis le 18 septembre et jusqu’au 8 octobre, la Semaine européenne du développement durable met au premier plan un enjeu majeur : l’adaptation au changement climatique. Cela permet de sensibiliser aux impacts d’un climat futur plus chaud, et d’identifier des solutions concrètes.

A cette occasion les Ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique diffuse une nouvelle exposition « Changement climatique : comprendre et agir », conçue par la DGEC – Direction générale de l’énergie et du climat.

Constituée de 12 panneaux, elle est destinée à mieux faire comprendre le changement climatique, à en mesurer les conséquences, faits et chiffres clés à l’appui, et à découvrir des exemples d’actions inspirantes.

L’objectif est de mettre en lumière la nécessité de poursuivre nos actions en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’agir face aux effets du changement climatique.

L’instauration d’une semaine de l’adaptation dès 2025 est une action du plan national d’adaptation au changement climatique coordonné par la DGEC (PNACC-3 ➡ Mesure 52).

Comment la viticulture durable fait face aux enjeux climatiques, sociaux et économiques ?

Dans le cadre de la Semaine Européenne du Développement Durable, Terra Vitis, première certification nationale de viticulture responsable, apporte des réponses concrètes aux enjeux climatiques, sociaux et économiques. Près de 2000 vignerons, dans toutes les régions françaises, s’engagent au quotidien dans une démarche globale fondée sur les 3 trois piliers : préserver l’environnement, respecter l’humain et assurer la viabilité économique.

Une démarche fondée sur le développement durable

Terra Vitis, c’est une manière réfléchie d’aborder la culture de la vigne qui s’appuie sur les piliers du développement durable et fait confiance à l’expérience et au bon sens des viticulteurs et vignerons qui la portent. 

La démarche est globale et pragmatique, elle concerne toutes les étapes de production du vin, de la vigne au verre, et tous les aspects du métier de viticulteur ou vigneron.

illustration respect de la nature

Engagement Environnemental

Premier pilier du développement durable, le respect de l’environnement est un engagement essentiel de la démarche Terra Vitis, qui vieille en particulier à optimiser l’utilisation des ressources naturelles, à protéger la biodiversité et à favoriser l’équilibre entre milieux naturel et cultivé.

Au sein des domaines viticoles certifiés par Terra Vitis, cet engagement prend différentes formes : limitation des intrants, lutte physique ou biologique contre les insectes ravageurs et les principales maladies de la vigne comme le mildiou par exemple, enherbement des sols, limitation des sulfites, installation d’abris pour les insectes et les chauve-souris, recyclage des déchets et valorisation des co-produits de la viticulture, plantation d’espèces végétales mellifères… 

illustration traçabilité des produits

Responsabilité Sociétale

La production de vins responsables passe aussi par la garantie que tout est fait pour assurer le bien-être et la sécurité de tous, un point que Terra Vitis contrôle pour chacun des exploitants certifiés. 

Les viticulteurs et vignerons indépendants Terra Vitis offrent des conditions de travail sécurisées à leurs salariés, assurent la traçabilité du vin et préservent la qualité de l’environnement pour leurs voisins et les générations futures. 

illustration viticulture durable

Durabilité Économique

Dans la filière vitivinicole, la transmission d’un patrimoine viticole vivant et pérenne aux générations futures est un enjeu crucial et un point essentiel pour nos adhérents.

Nous encourageons …

Une certification viticole exigeante

La certification Terra Vitis est reconnue par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Elle s’appuie sur un cahier des charges exigeant, rédigé d’après les objectifs de la viticulture responsable et les réalités du terrain. Il est fait par et pour les viticulteurs et vignerons.

Cette certification comporte des points de contrôle sur toutes les étapes de la production, depuis la plantation de la vigne jusqu’à la mise en bouteille, en passant par la vinification des raisins. 

La certification est annuelle, les exploitations sont donc contrôlées chaque année, pour conserver leur distinction, et tous les vins du millésime en cours peuvent être certifiés Terra Vitis 

5 Témoignages de viticulteurs

À travers cinq portraits de vignerons et vigneronnes, Terra Vitis illustre ce que recouvre la viticulture durable : des choix quotidiens, parfois exigeants, toujours ancrés dans le réel.

De la Champagne au Languedoc, en passant par le Beaujolais, la Loire et Bordeaux, ces témoignages ouvrent autant de sujets d’actualité :

  • Réduire son empreinte carbone : bouteilles allégées à 380g au domaine JP Rivière (Beaujolais) ou 420g au Château du Payre (Bordeaux), récupération des eaux de pluie et bâtiments sobres en énergie.
     
  • Préserver la biodiversité : chouettes effraies et prairies au domaine Bid’Gi (Loire), polyculture et ruches au domaine JP Rivière (Beaujolais), haies et corridors écologiques au Château du Payre (Bordeaux).
     
  • Améliorer les conditions de travail : horaires adaptés aux fortes chaleurs au Champagne Richard Royer (Aube), gouvernance participative et postes aménagés au domaine de La Jasse (Languedoc).
     
  • Réinventer l’œnotourisme : balades à vélo ou à cheval au domaine Bid’Gi (Loire), « safari gourmand » au domaine de La Jasse (Languedoc).
     
  • Assurer la transmission : reprise familiale au Château du Payre (Bordeaux), fratries au domaine Bid’Gi (Loire) et au domaine JP Rivière (Beaujolais).

Ces portraits en témoignent avec force et rappellent, chacun à leur manière, que la viticulture durable, ce n’est pas une posture.

C’EST UN TRAVAIL
UN ENGAGEMENT
UNE DÉMARCHE EN MOUVEMENT

Fédération Nationale Terra Vitis : Une viticulture durable et une certification vin responsable

5 exemples de domaines dont les pratiques viticoles sont adaptées aux défis du vivant

Le changement climatique impacte aujourd’hui durablement le monde viticole : hausse des températures, incendies, orages violents, stress hydrique, évolution des cycles de maturité ou encore pression accrue sur les équilibres naturels. Ces enjeux obligent les vignerons à repenser leurs pratiques, leurs choix de cépages, leur manière d’accompagner la vigne et de vinifier.

Les domaines accompagnés par l’Agence Conseil en Communication Christine Jaussan & Co, spécialisée en Vins, spiritueux et Art de vivre, sont pleinement engagés dans cette transition. Ils expérimentent, innovent, adaptent leurs gestes avec exigence pour faire face à ces nouveaux défis. Tous partagent une même volonté :

produire des vins qui expriment leur terroir, dans le respect du vivant, et avec une conscience accrue de l’impact environnemental.


La transmission : un enjeu de pérennité pour le vignoble français

10 conseils pour une transmission réussie

Dans la viticulture, la question du relais générationnel devient urgente : dans moins de dix ans, un vigneron sur deux aura plus de 60 ans, et plus de la moitié n’ont pas encore de repreneur identifié. Derrière ces chiffres, c’est la continuité d’un savoir-faire et d’un patrimoine qui est en jeu. C’est dans ce contexte que Terra Vitis, la certification de viticulture responsable, a choisi d’intégrer la transmission dans son cahier des charges. Elle publie un guide inédit : « 10 conseils pour une transmission réussie », nourri de témoignages de vignerons qui ont vécu ou préparé cette étape clé. Ce guide sera présenté à l’occasion de la Quinzaine de la Transmission-Reprise du 14 au 28 novembre 2025.

10 conseils des adhérents Terra Vitis pour une transmission réussie

À l’occasion de la Quinzaine nationale de la Transmission (14–28 novembre 2025), Terra Vitis rappelle son engagement en faveur de la transmission, désormais intégré à son cahier des charges. Première certification viticole à aborder ce sujet de façon structurée, Terra Vitis publie un livret “10 conseils pour une transmission réussie” et s’engage, tout au long de l’année, au côté de ses adhérents pour les accompagner dans cette démarche.

Quels sont les 8 gestes du quotidien qui ont vraiment le plus d’impact sur le climat ?

À l’occasion de la Semaine européenne du développement durable (jusqu’au 8 octobre), l’ADEME pose une question essentielle : quels sont les gestes du quotidien qui ont vraiment le plus d’impact sur le climat ? Avec le calculateur Nos Gestes Climat, déjà utilisé par plus de 2,5 millions de Français·es, elle nous rappelle les 8 gestes les plus efficaces pour réduire son empreinte carbone.

Le calculateur carbone permet de comprendre quels sont nos usages qui contribuent le plus au changement climatique et de saisir les actions qui auraient le plus d’impact pour le réduire.

Les 8 gestes les plus efficaces pour réduire son empreinte carbone

La Semaine européenne du développement durable (SEDD) se déroule cette année du 18 septembre au 8 octobre 2025. Partout en Europe, des milliers d’initiatives mettent en avant les 17 Objectifs de Développement Durable : lutte contre le changement climatique, réduction des inégalités, protection de la biodiversité, consommation responsable…

Mais pour chacun de nous, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver au milieu de tous les “écogestes”. Qu’est-ce qui a vraiment le plus d’impact sur le climat : prendre l’avion pour New York ou débrancher ses appareils électriques la nuit ? Manger un steak de bœuf ou trier ses mails ?

Pour calculer notre impact sur le climat, on utilise un repère de référence : l’empreinte carbone. Elle mesure la quantité totale de gaz à effet de serre (GES) émis par nos activités en une année.

Aujourd’hui, en France, une personne émet en moyenne 9 tonnes de CO2e par an, alors que l’objectif est d’atteindre 2 tonnes par français d’ici 2050. Le défi est immense, mais il n’est pas hors de portée.

Alors certes, chaque geste compte… mais certains font vraiment la différence. Pour viser une empreinte carbone faible, mieux vaut agir là où l’impact est le plus fort. Pour vous aider à y voir plus clair et cibler ce qui compte vraiment dans vos habitudes du quotidien, Myriam pour Nos Gestes Climat a dressé la liste des 8 gestes les plus efficaces pour réduire votre empreinte carbone. De quoi poser les bases d’une vie plus décarbonée, accessible à toutes et tous.

Pas de podium, ces 8 gestes ne sont pas classés par ordre d’importance : chacun pèse différemment selon nos modes de vie. Mais tous comptent parmi les moyens les plus efficaces de réduire son empreinte carbone.

1. Je ne prends pas ou plus l’avion

Un aller-retour Paris–New York, c’est 1,8 tonnes de C02e par passager. En une seule fois, on émet donc quasiment tout le « quota annuel » qu’il faudrait respecter pour maintenir une planète habitable.

La bonne nouvelle est que la France et l’Europe regorgent de destinations accessibles en train, un mode de voyage souvent plus confortable et plus reposant qu’un vol. Certaines entreprises proposent même un “temps de trajet responsable” à leurs collaborateurs : quelques jours de congés en plus pour celles et ceux qui choisissent le train plutôt que l’avion. Si ce n’est pas votre cas, demandez-le ou mettez-le en place !

Limiter l’avion est l’occasion rêvée de réinventer sa manière de voyager. Envie d’idées concrètes ? On en parle dans notre article sur le tourisme durable.

2. J’habite près de mes lieux de vie et je m’y rends sans voiture

Aller au travail, déposer les enfants, faire les courses… Ces trajets du quotidien représentent des kilomètres répétés chaque jour. Les faire à pied, à vélo ou en transport en commun, c’est réduire des centaines de kilos de CO₂ par an.

Bien sûr, ce n’est pas toujours possible. Mais quand on a le choix d’habiter près de ses lieux de vie, c’est l’un des leviers les plus efficaces sur le long terme. Et au quotidien, c’est aussi un gain de temps, moins de stress dans les embouteillages… et une vraie amélioration pour la santé physique et le moral. Envie d’en savoir plus ? Découvrez notre article sur les mobilités douces et actives.

3. Je prends la voiture seulement quand je n’ai pas d’alternative, et jamais seul·e

Avec en moyenne 200 g de CO2e par kilomètre et environ 10 000 km parcourus par an, la voiture individuelle reste un poids lourd de notre empreinte carbone. Quand elle est incontournable, le covoiturage permet de diviser son impact par deux, trois ou quatre.

Alors autant réserver la voiture aux trajets vraiment nécessaires… et partager les places disponibles plutôt que rouler seul·e.

Et si vous vous demandez quels modes de transport méritent vraiment d’être évités ou privilégiés, on a fait le tri pour vous dans l’article “Transports : les modes à fuir, ceux à chérir”.

4. Je réduis fortement ma consommation de viande

Notre alimentation représente environ un quart de notre empreinte carbone, et la viande rouge en est le principal poste. À elle seule, elle pèse très lourd : 1 kg de bœuf = 28 kg de CO2e, contre moins de 1 kg pour les lentilles. Bon à savoir : un repas de boeuf émet 14 fois plus qu’un repas végétarien.

Vous partez de loin ? Allez-y pas à pas : remplacer quelques repas par semaine, tester des recettes à base de légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) ou varier les sources de protéines, c’est déjà un pas énorme. Et c’est un geste gagnant à tous les niveaux : pour le climat, pour la santé, et pour le budget !

Curieux/curieuse de découvrir le “classement carbone” des aliments ? On vous dit tout dans notre article consacré à l’empreinte carbone des aliments.

5. J’isole mon logement en priorité

Le bâtiment représente 17 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Et au cœur du problème, on trouve les 7 millions de passoires thermiques, ces logements mal isolés qui laissent filer la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Résultat : chauffage à fond, factures salées et tonnes de CO₂ émises pour rien.

Un logement bien isolé permet jusqu’à 70 % d’énergie économisée par rapport à un logement mal isolé. Toiture, murs, fenêtres… chaque fuite d’air coûte cher en carbone et en euros. Isoler son logement, c’est tout bénéfice : moins de CO₂ , plus de confort, moins de dépenses.

Sur le simulateur officiel Mes Aides Réno (1), vous connaîtrez en 3 minutes les aides auxquelles vous pouvez prétendre pour rénover votre logement.

6. Je choisis une énergie de chauffage peu carbonée

Le chauffage est (et de loin) la premier poste de l’empreinte carbone du logement. Mais tous les chauffages ne se valent pas. Le fioul et le gaz sont les plus gros émetteurs, alors que l’électricité (idéalement la pompe à chaleur) ou le bois ont des émissions plus faibles. Pour comparer concrètement l’empreinte carbone des différents modes de chauffage, vous pouvez utiliser le comparateur de l’ADEME, Impact CO2 :

Ceci étant, cela dépend (beaucoup !) de l’isolation. Si votre logement est bien isolé, le choix du chauffage pèsera moins lourd dans le bilan carbone, car les besoins en chauffage sont limités.

7. Je vis dans un logement de taille raisonnable

Plus on a de surface, plus il faut d’énergie pour chauffer, rafraîchir, éclairer… et plus il a fallu de matériaux pour construire.

Dans un logement mal isolé, la taille est déterminante : un grand espace mal isolé, c’est comme chauffer dehors. Si le logement est déjà bien isolé, la surface compte moins. Mais réduire ou partager l’espace (colocation, sous-location) reste une façon simple de limiter son empreinte carbone et de réduire ses factures.

À l’échelle collective, la question de la taille joue aussi un rôle clé. Plus on construit de grands logements, plus on consomme de matériaux et plus on artificialise de sols. Habiter raisonnable, c’est limiter la demande en construction neuve, préserver des terres agricoles et, au passage, réduire le temps passé à l’entretien de son logement !

Envie de creuser le sujet du logement bas carbone ? Inscrivez-vous à notre infolettre Nos Gestes Logement : conseils concrets, astuces pratiques et actualités directement dans votre boîte mail.

8. J’achète moins, mieux et je fais durer mes objets

Vêtements, électroménager, mobilier, numérique… pour tous ces objets, l’essentiel de l’empreinte environnementale provient de la fabrication. Aussi, pour “amortir” cette empreinte le plus possible, ce qui compte, c’est d’allonger leur durée de vie : au moins 100 portés pour un pantalon (200 après réparation ?), au moins 2 ans d’utilisation pour un smartphone (mais mieux : 3, 4, 5 ans !). On évite ainsi de racheter trop souvent et de réemployer matières premières et énergie pour s’approvisionner.

Faire durer, c’est acheter par besoin plutôt que par réflexe, réparer quand c’est possible, et se tourner vers la seconde main avant d’acheter neuf. Pour trouver où réparer ou donner près de chez vous, l’ADEME propose un vrai outil pépite : Que faire des mes objets & déchets (2).

L’empreinte carbone : une empreinte parmi d’autres !

Conclusion

Ces 8 gestes sont une boussole pour agir au quotidien, même s’ils ne sont pas suffisants pour atteindre l’objectif des 2 tonnes de CO2e par an. Nos choix individuels deviennent beaucoup plus puissants quand ils sont facilités par nos lieux de travail, nos associations, nos collectivités.

Si vous appliquez déjà ces 8 “gestes écologiques”, bravo ! Votre empreinte carbone annuelle est probablement bien plus faible que la moyenne française. Mais même avec ces efforts, nous restons au-dessus du cap des 2 tonnes fixé par l’Accord de Paris pour 2050. Ce cap ne pourra être atteint qu’en agissant aussi collectivement. Concrètement, cela peut vouloir dire :

  • militer au niveau local pour l’adaptation au changement climatique de votre territoire (associations, élus, collectifs citoyens),
  • participer à des ateliers de sensibilisation à la transition écologique et diffuser ces savoirs autour de vous,
  • voter en tenant compte des enjeux écologiques et climatiques,
  • aligner votre activité professionnelle ou associative avec vos convictions écologiques.

Autrement dit, réduire son empreinte carbone, ce n’est pas seulement une affaire personnelle : c’est aussi un projet collectif ! Découvrez comment les organisations peuvent donner plus de force à ces changements dans notre article “Empreinte carbone individuelle : les entreprises ont aussi un rôle à jouer !”.

Faire le test avec Nos Gestes Climat

Vous voulez mesurer l’impact de vos choix pour le climat et voir comment progresser ? Faites le test avec Nos Gestes Climat.

  1. Mes Aides Réno, le calculateur national de référence des aides à la rénovation énergétique pour les particuliers.
  2. Que Faire de mes objets & déchets, l’assistant au tri de l’ADEME.

Crédits images : Bon Pote, Unsplash (planet care, sweet life, huma)

A propos de l’auteur Myriam


Myriam est journaliste de métier, passionnée par les mots justes et les idées claires.

Elle s’attache à écrire des textes accessibles, qui parlent à tout le monde, sans jargon.

Elle contribue au blog de Nos Gestes Climat en tant que rédactrice depuis 2025.


Les classes populaires en ont-elles vraiment marre de l’écologie ?

0

C’est un mot qui peut provoquer des tensions dans toutes les classes sociales, notamment les classes populaires. Celui d’écologie, qui se retrouve parfois associé à des solutions inaccessibles, à des discours moralisateurs. Pourtant, comme le montrent les résultats d’une recherche-action, menée en Bourgogne-Franche-Comté, auprès de collectifs citoyens avec des personnes en situation de précarité, ces dernières sont tout sauf insensibles aux enjeux environnementaux. Elles sont même pourvoyeuses de solutions.


Alex Roy, ENTPE; Dany Lapostolle, Université de Technologie de Troyes (UTT) et Jérémy Sauvineau, Université Bourgogne Europe

C’est une situation pour le moins paradoxale. Des enquêtes, comme celles de Parlons climat ou de l’Agence de la transition écologique (Ademe), montrent que les préoccupations environnementales restent globalement importantes dans l’ensemble de la population française. Mais, en parallèle de cela, une petite musique monte dans le champ politico-médiatique : celle d’un backlash (ou retour de bâton) écologique. Autrement dit, les commentateurs observeraient une forme de retour en arrière sociétal lié à un rejet des politiques et des discours environnementaux que l’on retrouve sous le vocable de l’« écologie punitive ». Une fois n’est pas coutume, une partie des classes populaires seraient à l’origine de cette opposition, à l’instar du mouvement des gilets jaunes. Ce présupposé n’est pas sans effets sur les politiques environnementales qui font aujourd’hui l’objet d’un détricotage.

Les membres d’Ocean Rebellion dénoncent les labels de certification pour la pêche au thon, avant l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur l’océan (Nice, 8 juin 2025). Valery Hache/AFP
Écolos mais pas trop… Les classes sociales face à l’enjeu environnemental

Pourtant, si l’on se fie aux travaux de terrain du chercheur en science politique Théodore Tallent, l’opposition populaire demeure relative et, lorsqu’elle est constatée, elle n’est pas un rejet généralisé de l’écologie. Il s’agit plutôt d’une critique de solutions écologiques vues comme coûteuses et d’une critique de la manière dont les politiques environnementales sont menées : perçues comme injustes et imposées d’en haut.

En creux se dessine aussi une quête de reconnaissance d’une écologie ancrée dans les réalités des classes populaires, prenant en considération les contraintes économiques, les inégalités environnementales, et valorisant les pratiques de débrouillardise écologique, l’attachement aux liens sociaux humains et non humains de proximité.

Une étude que nous avons menée entre 2023 et 2025 vient appuyer ce constat. Prefigs (« précarité-écologie-futur-imaginaires-organisations-savoirs ») est un projet de recherche-action participative réalisé en partenariat avec quatre associations de Bourgogne-Franche-Comté qui ont chacune mobilisé un collectif citoyen dans leur territoire respectif : à Belfort (Territoire de Belfort), à Prémery (Nièvre), à Autun et à Tournus (Saône-et-Loire).

Lors de vingt-sept ateliers participatifs et de multiples réunions, l’objectif était de proposer un cadre favorable à un empowerment écologique, c’est-à-dire un pouvoir d’agir collectif, fondé sur l’expérience des personnes en situation de précarité avec une portée transformative. Pour ce faire, nous avons constitué des collectifs d’enquête capables de formuler un problème commun, puis d’esquisser des actions locales susceptibles de s’étendre à plus grande échelle. Ce sont 123 personnes qui se sont impliquées volontairement, pour la plus grande partie bénévolement, au sein de la démarche. Soixante-trois d’entre elles connaissent la précarité économique et sociale ou différentes formes de vulnérabilité, à l’instar du handicap mental (trois personnes concernées).

Une série d’ateliers dits « régionaux » ont, dans un second temps, permis de croiser les expériences locales de ces quatre terrains pour construire un récit commun d’une transition écologique juste et élaborer collectivement des recommandations pour l’action publique. Aux 123 participants et participantes volontaires des premiers ateliers se sont alors ajoutés 115 autres personnes qui se sont joints à des ateliers locaux et régionaux de restitution.


Le backlash écologique citoyen n’existe pas

Pour Alina Zubareva, co-fondatrice de Linka, le « backlash » écologique citoyen n’existe pas en France. Contrairement à ce que prétendent certains responsables politiques et dirigeants, la population française comprend la crise écologique et souhaite agir, voire agit déjà. Et des sondages récents le prouvent. Ce qui offre des opportunités aux organisations pour :

Alina Zubareva, co-fondatrice de Linka
  • ☑️ Baisser les coûts du désengagement
  • ☑️ Se distinguer en tant qu’employeur
  • ☑️ Augmenter leur résilience dans un monde en pleine mutation
  • ☑️ Cultiver l’esprit d’innovation

La conscience écologique est un avantage pour rendre nos organisations plus robustes et plus adaptées aux limites physiques de la planète. N’est-ce pas le moment d’en faire son alliée ?

Alina Zubareva, co-fondatrice de Linka

Derrières les critiques de l’écologie, les inégalités sociales

Dans notre enquête réalisée avec ces collectifs citoyens, nous nous sommes confrontés aux critiques de l’écologie. Ce sont elles qui façonnent le présupposé du backlash. Au lieu de les balayer d’un revers de main ou de les contourner en évitant d’employer le terme d’écologie, nous avons, au contraire, voulu ouvrir un espace de dialogue démocratique. Un participant en situation de précarité a ainsi pu rapporter :

« Dans tous les quartiers de France, ce n’est pas ce truc de faire un jardin qui va régler les problèmes sociaux. L’écologie bio on le fout partout. À un moment, faut arrêter ! »

Un autre a, pour sa part, déploré à propos des voitures électriques :

« C’est un truc de riches. La moins chère, c’est combien ? 30 000 euros ? C’est dix fois mon budget quand je vais acheter une voiture, c’est du 2 400 euros ! »

Loin d’être la résultante d’un climato-scepticisme, les critiques exprimées révèlent les contraintes qu’éprouvent les personnes en situation de précarité, mais aussi en situation intermédiaire. Ce sont les difficultés du quotidien sur les manières de se déplacer en milieu rural, de se nourrir convenablement à faible coût ou de maintenir un milieu de vie agréable autour de soi qui se sont exprimées. Mais c’est aussi une anxiété qui a été partagée liée à la crise écologique venant assombrir les perspectives pour l’avenir, tout en ayant des impacts concrets dans le présent. « Peut-être que l’humain va disparaitre », « On est dans le mur, le mal est fait » font ainsi partie des inquiétudes qui ont été verbalisées lors des ateliers.

Les collectifs de Prefigs ont alors exposé leurs préoccupations environnementales, des valeurs d’antigaspillage, leurs savoirs de la débrouillardise populaire écologique ainsi que quelques pratiques qualifiées volontiers d’écogestes. Ce dernier point est intéressant, car il est vrai que les écogestes ont également fait l’objet de critiques, parfois virulentes. Ainsi, dans le quartier populaire du Mont, à Belfort, les « petits gestes pour la planète » ont été décriés par certains (« Ce n’est pas ça qui va sauver le monde », a pu assurer un participant), mais aussi largement valorisés par d’autres :

Quand l’écologie dominante s’impose dans les quartiers

« Moi j’y crois, j’essaie de polluer le moins possible, trier mes déchets, moins rouler, pas prendre l’avion »,

a-t-on pu entendre, ou encore :

« On fait à notre échelle, du tri […]. Le jardin, c’est petit, il y a peu de monde et on ne nourrira pas le quartier. Mais c’est une petite piste d’avancée. »

Encore une fois, ce qui se cache bien souvent derrière la critique des écogestes, c’est davantage le rejet d’une moralisation venant d’en haut, que les pratiques en elles-mêmes. Alors oui, quelques solutions écologiques ont été décriées à l’instar de la voiture électrique et de l’alimentation bio. Mais la principale raison avancée, c’est l’inaccessibilité économique de ces biens. Car les participants et participantes à Prefigs, en situation de précarité ou non, n’ont pas remis en question l’intérêt d’une alimentation saine et durable ou d’un mode de transport moins carboné.

« Ce qu’il nous faut, c’est un truc simple, a résumé un participant ayant l’expérience de la précarité. On a juste besoin d’un petit coin pour se reposer, qui ne prend pas trop d’énergie, qui ne dépense pas beaucoup dans l’écologie. Ça, c’est l’idéal. Un toit, un coin où se reposer, mais minimaliste, pas besoin de plus. Tu vois que, pendant la vie, on n’a pas besoin de plus pour être heureux. »

L’enquête Prefigs met finalement en évidence une « écologie en tension » : tour à tour rejetée, lorsqu’elle est perçue comme une injonction moralisatrice ou élitiste, et vécue comme une évidence, lorsqu’elle se fond dans les pratiques ordinaires (cuisine, jardinage, récupération, covoiturage). Celles-ci, bien que modestes, produisent des affects positifs et participent d’une responsabilisation située, ouvrant des pistes pour penser une écologie ancrée dans les réalités sociales.

Les jardins ouvriers des Vertus, à Aubervilliers. – © Mathieu Génon / Reporterre

La transition écologique juste au concret

Alors que les enjeux de préservation sont souvent vus comme un supplément d’âme des populations aisées, les personnes en situation de précarité qui ont participé à Prefigs se sont engagées avec d’autres dans des actions concrètes dénonçant le manque de considération à la fois environnementale et sociale.

Pendant les deux années d’enquête les collectifs citoyens ont, d’abord, identifié une situation jugée problématique, générée par la précarité, par les inégalités environnementales, par le changement climatique, par la raréfaction des ressources, de la biodiversité et des liens sociaux. Les difficultés du quotidien ont ainsi rejoint les enjeux globaux pour étudier les conditions d’une mobilité moins carbonée en milieu rural (à Prémery), d’une alimentation saine et durable pour tous (à Tournus), d’une habitabilité des milieux de vie en quartiers populaires attentive aux humains comme aux non-humains (à Autun et à Belfort).

Puis les collectifs se sont engagés dans l’élaboration de solutions locales de transition écologique juste, en organisant un système de covoiturage, une caisse locale alimentaire, des jardins partagés, des animations participatives, et en créant une œuvre collective, intitulée la Forêt magique.

Cette dernière est un bon exemple pour illustrer le processus de mobilisation écologique en milieux populaires. Dans l’Autunois, les débats autour des déchets ont été au cœur des échanges, révélant une double lecture : certaines personnes attribuent la saleté du quartier à la responsabilité individuelle des habitants et habitantes, d’autres pointent les insuffisances des services publics, notamment dans la collecte et le tri. Ce questionnement a permis la construction progressive d’une responsabilité collective envers leur cadre de vie.

Ce processus a trouvé une expression concrète à travers la création d’un objet transitoire, la Forêt magique, une maquette réalisée à partir de matériaux de récupération et donnant à voir les différentes représentations de ces concepteurs sur la biodiversité. L’objet est transitoire, car il a servi ensuite de support pour élargir le débat de la « relation à la nature », au-delà du groupe initial, pour toucher un public diversifié (enfants, élus et élues du territoire, associations, grand public) dans le cadre d’un partenariat avec la communauté de communes.

À l’instar du groupe autunois, des agencements partenariaux avec les institutions locales ont permis la montée en échelle territoriale et sociale de ces initiatives en élargissant le cercle des personnes impliquées. Ainsi, à Belfort, les habitants et habitantes d’un quartier populaire se sont organisés en « amicale des voisins » et ont établi des relations avec le bailleur social et la commune pour déployer leurs projets autour de l’amélioration du cadre de vie (jardin collectif, compostage, mobilier urbain, plantation d’arbres fruitiers, etc.). La communauté de communes des Bertranges a pris en charge la réalisation d’une étude de faisabilité économique pour développer le système de covoiturage imaginé par le collectif de Prémery. Le groupe tournugeois, initialement constitué des membres d’une épicerie sociale, s’est élargi à d’autres partenaires pour monter un comité local visant la préfiguration d’une sécurité sociale alimentaire.

Transition écologique juste

Ces initiatives locales façonnent « par le bas » ce que le Labo de l’économie sociale et solidaire (ESS) appelle une « transition écologique juste ». Ce terme désigne une transformation radicale et démocratique visant la soutenabilité écologique, l’émancipation et la satisfaction digne des besoins de tous et toutes. Inspirée de la justice environnementale nord-américaine, la transition écologique juste repose sur quatre piliers :

  • réduire les inégalités (justice distributive),
  • garantir la participation (justice procédurale),
  • reconnaître les différences culturelles et sociales,
  • et renforcer le pouvoir d’agir.

Vers de nouveaux récits porteurs d’action collective

Les résultats du projet Prefigs démontrent ainsi que les barrières à l’engagement collectif des personnes en situation de précarité (sentiment d’impuissance, désaffiliation, injonctions institutionnelles, fatigue, perte de dignité, résignation) ne sont pas une fatalité. La sensibilité environnementale n’est pas l’apanage d’une classe sociale, d’autant moins lorsqu’elle est fondée sur la prise en compte des inégalités sociales et des contraintes économiques.

Tout l’enjeu est donc de rendre visible cette écologie qui s’élabore par le bas, dans des initiatives citoyennes et associatives, accompagnée parfois par les pouvoirs publics. Ce sont de nouveaux récits à construire. Et ils se construisent déjà, qu’ils prennent le nom de « transition écologique juste », de « social-écologie » ou encore d’« écologie populaire ». Ces récits ont une vocation existentielle. C’est un espace d’activités socioécologiques qui cherche la reconnaissance de son existence en vue d’une pérennisation dans un contexte de précarisation budgétaire forte du milieu associatif.

Mais ces récits ont aussi une vocation transformative : des collectifs citoyens et associatifs interpellent les pouvoirs publics dans leur responsabilité à intégrer ce référentiel socioécologique pour son rôle de planification écologique à toutes les échelles.

Selon les participants et participantes à notre journée de restitution finale de Prefigs, la planification d’une transition écologique juste passe par la formation de la fonction publique et des élus ou élues à ces enjeux, par le soutien des expérimentations locales sans chercher à les contrôler, par le décloisonnement des silos de secteurs d’action publique, par la création d’espaces de délibération démocratique inclusifs, par des dispositifs de compensation économique des mesures écologiques, par la démocratisation des savoirs scientifiques disponibles et par des aménagements facilitant le changement de pratiques prenant en compte les contraintes des habitants et des habitantes.

Alex Roy, Chercheur associé en sociologie urbaine, ENTPE; Dany Lapostolle, Professeur en aménagement de l’espace et urbanisme, Université de Technologie de Troyes (UTT) et Jérémy Sauvineau, Docteur en anthropologie, Université Bourgogne Europe

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

A lire aussi :


Société & Environnement :
Quelles sont les principales préoccupations des Français ?
Quelles motivations les incitent à passer à l’action ?

Quelle est leur relation aux enjeux environnementaux ?
54 % des Français se déclarent très sensibles aux enjeux environnementaux. Sur une échelle de 1 à 7, ils choisissent les notes maximales 6 ou 7 signifiant un degré de sensibilité important aux problèmes liés à l’environnement. Seuls 2 % des enquêtés donnent une note comprise entre 1 et 3.
👉🏼 Lire l’article complet “Opinions des Français sur l’environnement en 2024”

Qu’est-ce qui les motive à agir ?
Leur première motivation reste de « laisser un environnement de qualité aux générations futures » (34 %). La protection de la santé arrive juste après (29 %), suivie de la préservation de la nature et des espèces (21 %).

👉🏼 Lire l’article complet : Pratiques environnementales des Français en 2024 : agir à l’échelle individuelle


Le Cheese Award distingue les bergers et artisans fromagers qui valorisent les procédés naturels, les traditions et le bien-être animal

« Dans le secteur des produits laitiers, l’agroécologie offre une nouvelle perspective permettant de valoriser les fromages au lait cru et les métiers qui prennent soin de la terre, tels que les bergers, fromagers, agriculteurs et artisans. L’objectif est de favoriser le renouveau des communautés par le biais de l’économie circulaire, avec le fromage comme étendard. C’est la démarche adoptée par des jeunes fromagers qui réconcilient tradition et innovation, des affineurs présents depuis quatre générations et des bergers attachés à préserver les paysages qui survivent uniquement grâce à leur présence quotidienne. Voici tout l’intérêt de l’agroécologie », résume Francesco Sottile, membre du conseil d’administration de Slow Food, interrogé à l’occasion de la XVe édition de Cheese, l’évènement international de Slow Food consacré aux fromages naturels et au lait cru.

Les Sentinelles
Ces projets Slow Food soutiennent des productions de qualité en voie d’extinction, protègent des régions et des écosystèmes uniques, réhabilitent des méthodes de fabrication traditionnelle et sauvegardent les races natives ainsi que les variétés végétales locales.

«Il s’agit d’une question urgente. Le travail du lait cru n’a pas vocation à être un acte de résistance, c’est un savoir-faire naturel et légitime qui fait partie de nos valeurs. Pourtant, depuis quelques années, il fait l’objet d’attaques et de critiques dans plusieurs pays. Défendre le lait cru, c’est protéger la biodiversité, la palette de saveurs et les communautés qui dépendent de ce savoir-faire, comme le prouve l’existence des Sentinelles Slow Food dans le monde entier. Aujourd’hui, la production laitière se retrouve face à des difficultés sans précédent : la crise climatique attaque la biodiversité, la population des zones rurales et montagnardes diminue et les bergers manquent du soutien nécessaire pour relever ces défis. Dans ce contexte, nous sommes convaincus que l’agroécologie est le bon levier pour affronter ces problématiques. »

Nouveauté de cette édition, les producteurs présents lors de l’évènement ont pu visiter deux fermes agroécologiques, et ainsi échanger sur les pratiques, difficultés et solutions mises en avant, afin de réfléchir au développement de modèles similaires dans d’autres écosystèmes et d’autres pays.

Changer le monde par l’alimentation

Cheese Award

Cheese 2025 est organisé par Slow Food 1

Comme le veut la tradition, l’évènement a débuté par la remise du Cheese Award, une récompense qui distingue les bergers et artisans fromagers qui valorisent les procédés naturels, les traditions et le bien-être animal : un véritable héritage de savoir-faire et un patrimoine paysager qui survivent grâce à leur passion et leur engagement.

Malgré les difficultés, les risques et l’isolement qu’ils subissent, ces petits producteurs continuent de se battre pour exercer leur métier. Parmi les lauréats, on peut citer Nicolas Floret, président de l’association des Fromages Naturels de France et Pavel Sabau, artisan-fromager roumain qui vit et travaille en Italie depuis l’âge de 14 ans.

Slow Food insiste toujours sur l’importance de choisir ce qu’on met dans nos assiettes de façon consciente et éclairée.

Notre santé, celle des animaux et de la planète, ainsi que la dignité des petits producteurs dépendent de ce qu’on met dans nos assiettes de façon consciente et éclairée

Cette année, une nouvelle animation a été mise en place au sein de Cheese, dans le cadre du projet Beautifood, co-financé par le programme Citoyens, égalité, droits et valeurs (CERV) de l’UE : un Escape Room invitait les participants à réfléchir de façon ludique sur des questions clés telles que l’agriculture intensive, le gaspillage alimentaire, les choix durables et les recettes de cuisine à base de plantes.

Dans le cadre d’un partenariat entre Slow Food et le Royaume d’Arabie Saoudite lancé en 2021 pour préserver la biodiversité et le patrimoine culturel a également été imaginé un atelier de dégustation basé sur l’accord entre des fromages italiens de production issue de prairies permanentes et des dattes saoudiennes, guidé par des experts du fromage et par le chef saoudien Nawaf Fallatah.

Cinq nouvelles Sentinelles Slow Food, dont trois italiennes et deux internationales, ont été inaugurées lors de Cheese 2025, valorisant des structures à petite échelle qui défendent des recettes ou des produits artisanaux en voie de disparition, dont la Sentinelle autrichienne du gailteler almkäse , un fromage à pâte dure élaboré dans les pâturages alpins de la vallée de la Gail, à base de lait cru, selon une méthode traditionnelle transmise de génération en génération, ou encore celle des Fromages Fermiers des Hautes-Vosges au lait cru de race vosgienne, qui incarnent la richesse du territoire au fil des saisons.

Cette édition de Cheese a battu des records de participation, avec un public particulièrement averti et engagé.

Slow Food pour une alimentation bonne, propre et juste…

  1. et la Ville de Bra, avec le soutien de la Région du Piémont, le patronage du Ministère italien de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts, et la contribution de l’Office de tourisme Langhe Monferrato Roero, de la Chambre de commerce de Coni, ainsi que de nombreux partenaires. Les Partenaires principaux comprennent : BBBell, BPER Banca, Confartigianato Cuneo, eViso, Parmigiano Reggiano, Pastificio Di Martino, Quality Beer Academy et Reale Mutua. Les Partenaires techniques (In-Kind Partners) sont : Bormioli Luigi, Acqua San Bernardo et IP Industrie. Les Partenaires écoresponsables (Green Partners) sont : Biorepack, Cuki et Ricrea. Les Partenaires de zone (Area Partners) incluent : Baratti&Milano, Caffè Costadoro, Ricola et Sebach. Notre Partenaire hospitalité est le Consortium Terre Reali du Piémont. Notre Partenaire culturel est l’Institut central pour le patrimoine immatériel. ↩︎

Le déploiement du reporting de durabilité favorise la transition de l’entreprise responsable vers un modèle d’affaire durable 

De la loi NRE (2001) à la transposition de la directive NFRD (2017), puis à l’adoption de la CSRD (2023), la Plateforme RSE a accompagné, expliqué et diffusé les initiatives et réglementations favorisant la transition des entreprises vers des modèles d’affaires durables. Dans ce nouvel avis, elle analyse l’impact de la CSRD sur la transformation des modèles d’affaires, en particulier à travers le déploiement du reporting de durabilité, et l’évolution de la gouvernance.  A ce titre, elle formule 27 recommandations. 

En bref

  • Des travaux au cœur de l’actualité – Les travaux de la Plateforme RSE, lancés à l’automne 2024, se sont inscrits dans un contexte marqué par deux priorités européennes : compétitivité et simplification. À la suite du rapport Draghi, la Commission européenne a fait de la compétitivité sa « boussole ». Les propositions du paquet Omnibus publiées en février 2025 s’inscrivent dans cette dynamique et concernent le reporting de durabilité (CSRD), le devoir de vigilance (CS3D) et la taxonomie.
  • La CSRD : une grammaire commune – Avant la CSRD, le reporting de durabilité ou la déclaration de performance extra-financière, laissaient aux entreprises la liberté de déterminer leurs indicateurs rendant la comparaison des informations de durabilité très difficile.  Adoptée en 2022, la CSRD propose désormais un cadre harmonisé couvrant les trois piliers ESG. Elle établit une « grammaire commune » qui favorise la lisibilité des informations et la confiance des parties prenantes.
  • Le reporting de durabilité : un outil au service du pilotage de la stratégie de l’entreprise – Au cœur de la CSRD se trouve le concept de double matérialité, croisant impacts financiers et extra-financiers. Cette analyse permet de relier risques, opportunités et impacts pour orienter la stratégie de l’entreprise. La Plateforme RSE souligne que seule une démarche intégrée, où le reporting de durabilité est utilisé comme levier de changement plutôt que comme simple exercice de conformité, peut véritablement transformer l’entreprise. Il devient un outil de pilotage stratégique, capable de renforcer la résilience et la pérennité de l’entreprise.
  • La gouvernance partagée : une meilleure intégration des préoccupations des parties prenantes – Le reporting de durabilité agit aussi comme catalyseur de l’évolution de la gouvernance. Il renforce la responsabilité des dirigeants ce qui peut avoir un impact significatif sur l’évolution des rôles et des responsabilités des organes de gouvernance. En ce sens, la gouvernance partagée est une condition et une déclinaison de la transformation durable. : le pouvoir de décision ne reste plus concentré au sommet, mais s’exerce collectivement, en associant parties prenantes internes et externes.
  •  La comptabilité intégrée : repenser la création de valeur – La Plateforme RSE souligne l’intérêt de la comptabilité intégrée, qui relie informations financières et extra-financières. Elle offre des perspectives pour la transformation en profondeur des modèles d’affaires car elle invite à repenser la création de valeur en intégrant les capitaux financiers, humains, naturels, etc. 
État des limites planétaires

Reporting de durabilité : un outil au service de la transformation des modèles d’affaires

Le contexte économique, social et environnemental actuel invite l’entreprise à construire et mener une stratégie au service d’un modèle d’affaires durable et, ce faisant, la nécessité pour elle de bénéficier d’un outil fiable et pertinent de reporting de ses impacts. Cet outil lui permet, en outre, de gérer ses risques et opportunités ainsi que de mieux dialoguer avec ses parties prenantes.

Les entreprises sont des acteurs importants de la transition et jouent un rôle décisif.

Conscientes des impacts de leurs activités et soucieuses de contribuer à les atténuer, leur modèle d’affaires a fait l’objet d’un mouvement de transformation depuis plusieurs années. Cette transformation s’opère par plusieurs instruments normatifs dont la loi Pacte, les Objectifs de développement durable, la réglementation sur le reporting de durabilité, la loi sur le devoir de vigilance, les lignes directrices ISO 26000, entre autres.

La transformation de l’entreprise à travers le déploiement du reporting de durabilité relève d’une démarche stratégique et s’inscrit dans le temps.

Il existe différents modalités et outils au service d’un reporting fiable, pouvant prendre la forme d’engagements volontaires et/ou d’une labellisation de la démarche RSE de l’entreprise. Pour être crédible, un label doit impérativement répondre à des principes robustes. Plus spécifiquement, les labels sectoriels présentent l’intérêt de s’appliquer concrètement aux activités de l’entreprise, en utilisant un vocabulaire connu et compris par les entreprises du secteur, en particulier les PME. Le reporting de durabilité peut également être obligatoire, en réponse à une norme règlementairement contraignante.

Des enjeux de Développement Durable à la CSRD

Depuis la loi NRE de 2001 à la CSRD : un renforcement du cadre réglementaire et législatif

La France est pionnière en matière de reporting de durabilité1. La loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) de 2001, par son article 116, a introduit l’obligation de reporting extra-financier pour les sociétés cotées en France. Celui-ci consiste, pour une entreprise, à publier des informations sur les impacts sociaux et environnementaux de ses activités ainsi que sur son mode de gouvernance.

Dans le cadre des reporting de durabilité volontaires ou de ceux relatifs à la déclaration de performance extra-financière, qui transposent la directive européenne Non-Financial Reporting Directive (NFRD), les entreprises étaient libres de déterminer leurs indicateurs. La comparaison des informations de durabilité était rendue de ce fait très difficile voire impossible pour les parties prenantes, dont les investisseurs qui orientent les capitaux vers les entreprises en fonction de critères ESG.

C’est pourquoi la directive (UE) 2022/2464 relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (Corporate Sustainability Reporting Directive, CSRD) a vocation à être une grammaire commune aux entreprises. Publiée en 2022, la CSRD couvre les trois enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et s’accompagne de la création de normes d’informations de durabilité européennes, dites normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), afin d’encadrer et d’harmoniser les publications des entreprises.

La CSRD est un instrument significatif, parmi d’autres, au service de l’entreprise responsable et de l’intérêt général.

Double matérialité : un cadre d’analyse pour identifier les impacts, risques et opportunités de l’entreprise

L’analyse de matérialité d’impact est l’approche méthodologique définissant les informations qu’une entreprise doit rendre publiques au titre des obligations de transparence issues de la CSRD.

Selon le principe de « double matérialité », une entreprise est tenue de publier une information lorsque celle-ci rend compte des conséquences de son activité sur l’environnement ou les groupes sociaux (matérialité d’impact) ou qu’elle est susceptible d’informer la décision d’un investisseur ou d’une relation commerciale en raison de ses éventuelles conséquences financières (matérialité financière).

Cette méthodologie aide les entreprises à identifier les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) significatifs en vue de les hiérarchiser et d’en organiser la priorisation pour minimiser leurs externalités négatives et maximiser leurs externalités positives. Cette étape est indispensable pour toutes les entreprises soumises à un reporting de durabilité ou engagées dans une démarche RSE.

La CSRD a notamment consacré le concept de double matérialité comme cadre d’analyse reposant sur l’examen de deux dimensions de matérialité, financière et d’impact, et sur l’interdépendance de ces dimensions. L’analyse de double matérialité permet de construire une stratégie pour transformer le modèle d’affaires de l’entreprise en vue de minimiser ses impacts, mieux gérer ses risques et opportunités et, ainsi, garantir sa pérennité dans le temps. L’exercice nécessite d’adopter un regard global sur l’entreprise et d’intégrer une vision à long terme. 

L’analyse de double matérialité appelle l’entreprise à se poser des questions sur l’ensemble de sa chaîne de valeur.

Il s’agit ici d’une approche décisive pour sa transformation. Le reporting de durabilité est ainsi un outil au service du pilotage stratégique de l’entreprise. Toutefois, seule une démarche intégrée dans laquelle le reporting de durabilité est utilisé comme un levier de changement et non comme un exercice de conformité peut mener à la transformation de l’entreprise pour relever les défis sociaux, environnementaux et de gouvernance.

3 grandes catégories de normes ESRS

Accompagnement des PME : un référentiel adapté, le rôle des fédérations professionnelles et des réseaux consulaires

Afin de faire bénéficier les PME non cotées et les microentreprises d’un cadre harmonisé de transparence en matière de durabilité, adapté à leurs moyens et à leurs enjeux2, ainsi que dans un objectif d’appropriation progressive par toutes les entreprises de la CSRD, la norme volontaire VSME a été élaborée (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs). Ce cadre simplifié, avec une approche « pédagogique » et numérique, est à la portée des petites entreprises.

Les fédérations professionnelles jouent, ou devraient également jouer, un rôle majeur pour accompagner et guider les entreprises de leur secteur, en particulier les PME, dans la mise en place d’une stratégie RSE et d’un reporting de durabilité à terme. En effet, afin de décrypter la réglementation en vigueur et de faciliter la mise en œuvre de la CSRD, des fédérations professionnelles élaborent notamment des guides ou mettent en place différentes initiatives s’appuyant par exemple sur des labels RSE dont les exigences ont été développées dans l’avis de la Plateforme RSE publié en février 2021 afin d’évaluer et valoriser leur démarche RSE3.

Portail RSE

Pilotage et gestion des données de durabilité : un impact sur les métiers financiers et des ressources humaines ainsi que sur l’organisation interne de l’entreprise

Facteurs clés de la transformation des modèles d’affaires des entreprises

Le reporting de durabilité a vocation à faire profondément évoluer les rôles et les responsabilités notamment des directions opérationnelles. Alors que ces fonctions étaient traditionnellement centrées sur les aspects financiers et la gestion des ressources humaines de manière isolée, le reporting de durabilité élargit leur champ d’action respectif.

La gestion des risques ESG et le pilotage de la stratégie de l’entreprise par le biais d’indicateurs dédiés nécessite la mise en place d’une organisation spécifique de pilotage des enjeux de durabilité.

La gouvernance et la gestion des données sont ainsi des éléments centraux dans la mise en place d’un reporting de durabilité. Cela appelle une réflexion pour faire évoluer la gouvernance vers une meilleure prise en compte de toutes les parties prenantes.

La formation et l’acculturation des administrateurs, des instances dirigeantes et des salariés, impulsées par un dialogue social de qualité, sont aussi fondamentales pour leur permettre de comprendre l’intérêt et l’enjeu du reporting de durabilité, qui va bien au-delà d’un simple exercice de conformité.

Publication des informations de durabilité : contrôles et audit

Les informations en matière de durabilité communiquées par les entreprises font l’objet de plus en plus de contrôles. Au-delà des risques juridiques pour les entreprises, les développements contentieux relatifs aux informations publiées et aux obligations de vigilance et de corruption illustrent la mobilisation de différents instruments normatifs et voies de recours pour tendre vers un même objectif, celui de la redevabilité, et de s’assurer de la sincérité des démarches RSE (reporting, vigilance, etc.).

Cela est essentiel tant pour l’éventuelle réparation des dommages que pour l’effet dissuasif censé favoriser la prévention des violations, mais aussi pour favoriser la concurrence loyale et, in fine, pour la réalisation des objectifs de développement durable.

Les 17 objectifs de développement durable – ONU

Par ailleurs, avec l’entrée en vigueur de la CSRD, les données de durabilité doivent, pour des grandes entreprises et des groupes étrangers, être examinées en interne par un comité d’audit ou tout comité spécialisé agissant sous la responsabilité des organes de gouvernance, et, de plus, certifiées par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant (OTI) sous la supervision de la Haute autorité de l’audit. Il s’agit d’une avancée majeure au titre du contrôle des informations de durabilité.

L’audit des informations de durabilité engendre des échanges approfondis et différents entre l’auditeur et l’entreprise. Il s’agit aujourd’hui d’un point de tension. Anticipant des audits exhaustifs, les entreprises assujetties ont peut-être eu tendance à renseigner l’intégralité des indicateurs recensés dans la CSRD, ce qui n’est pas obligatoire dans le texte. Cela est contraire à l’esprit de la double matérialité, qui prévoit de ne reporter que les données « matérielles » en rapport avec l’activité de l’entreprise. La formation des auditeurs et des vérificateurs est donc aussi un enjeu important.

Vue d’ensemble du niveau d’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) sur la période 2015 – 2024 en %

Gouvernance partagée : une meilleure intégration des préoccupations des parties prenantes

La gouvernance d’entreprise et le reporting de durabilité sont liés et s’influencent mutuellement de manière significative : le reporting de durabilité peut être un catalyseur majeur de l’évolution de la gouvernance. Il renforce la responsabilité des dirigeants, ce qui peut avoir un impact significatif sur l’évolution des rôles et des responsabilités des organes de gouvernance.

Toutefois, bien qu’il puisse constituer un outil puissant de transformation de la stratégie d’une entreprise et influencer la gouvernance à long terme, il est possible qu’une entreprise ajuste sa stratégie en réponse aux informations de durabilité sans pour autant modifier fondamentalement sa structure de gouvernance à court terme. En effet, la traduction de ces informations en une évolution de la structure et des processus de gouvernance peut être un processus plus lent et nécessiter une prise de conscience plus profonde et une volonté plus forte de la part des dirigeants et des actionnaires.

Il s’agit également d’une question exigeant des ressources stratégiques et financières accrues. De plus, la loi Climat et résilience a profondément fait évoluer la gouvernance sociale de l’entreprise en y intégrant plus fortement la dimension environnementale. Elle donne un rôle accru aux instances représentatives du personnel et encourage le dialogue social sur les enjeux de la transition écologique, reconnaissant ainsi le lien indissociable entre les aspects économiques, sociaux et environnementaux de la performance de l’entreprise et son apport décisif à la transformation des modèles d’affaires.

Toutefois, plusieurs défis persistent pour une meilleure articulation des volets économiques,
sociaux et environnementaux dans les instances de gouvernance de l’entreprise
. Contrairement à une gouvernance plus traditionnelle et centralisée, la gouvernance partagée implique une plus forte implication des parties prenantes. Le pouvoir de décision et la responsabilité ne sont pas concentrés uniquement au sommet de la hiérarchie (direction générale, conseil d’administration), mais sont distribués et exercés collectivement, avec les parties prenantes internes et externes, à différents niveaux de l’organisation.

Au-delà du reporting de durabilité : la comptabilité intégrée

La comptabilité intégrée peut utilement compléter le reporting de durabilité en visant à
connecter les informations financières et extra-financières. Elle offre des perspectives pour la transformation en profondeur des modèles d’affaires car elle permet de modifier la vision de la création de valeur de l’entreprise en identifiant les liensVde causalité entre les différents capitaux financiers, naturels, humains, etc.

La comptabilité intégrée incite les entreprises à adopter une perspective globale et à considérer les interdépendances entre leurs activités et leur environnement au sens large.

La comptabilité intégrée fournit alors une vision holistique de la performance de l’entreprise et permet aux dirigeants de prendre des décisions plus éclairées, intégrant les enjeux sociaux
et environnementaux.

Elle peut être utile aux investisseurs, en ce qu’elle présente une information intégrée
démontrant la résilience et la capacité de l’entreprise à prospérer dans un contexte de
transition écologique et sociale
.

La comptabilité intégrée est aussi un puissant levier pour une transformation profonde des
entreprises
, les poussant à adopter des modèles d’affaires plus résilients, responsables et
créateurs de valeur à long terme pour toutes leurs parties prenantes
.

Durabilité et compétitivité : des évolutions législatives en débat

La compétitivité est la nouvelle « boussole » de la Commission européenne, adoptée à la suite des recommandations formulées dans le cadre du rapport Draghi. Dans ce contexte, la « simplification administrative » figure en tête des priorités de la Commission. C’est dans ce cadre que s’inscrivent notamment les propositions du paquet Omnibus publiées le 26 février 2025 concernant le reporting de durabilité, le devoir de vigilance et la taxonomie. Plusieurs propositions de révision de la CSRD sont encore en débat.

Taxonomie verte – Système européen de classification des activités durables

La France a été le premier État membre de l’Union européenne à avoir transposé la CSRD dans son droit national en décembre 2023, ce qui illustre son engagement en la matière. Toutefois, la position de la France en matière de reporting de durabilité a considérablement évolué depuis un an, pour plusieurs raisons :

  • des acteurs économiques, dès 2024, pointent le risque de distorsion de concurrence pour les entreprises européennes dans la mesure où elles sont soumises à des règles différentes en matière de durabilité que dans d’autres États (ou régions) ;
  • par ailleurs, le risque de distorsion de concurrence est également invoqué par des entreprises non européennes, si bien que différents pays s’en émeuvent.

D’autres acteurs, y compris du secteur économique et financier, considèrent à l’inverse que la transparence des informations rend la concurrence plus lisible et favorise la compétitivité, ce qui est l’effet visé par une normalisation des reporting de durabilité et particulièrement la « N-ESRS Standards » pour les entreprises non européennes.

Il faudra attendre le texte définitif pour savoir quels points de vue ont finalement prévalu au sein du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne. La Plateforme RSE note qu’au moment où elle publie cet avis, les arguments qui s’appuyaient sur la défense de la compétitivité européenne peuvent être largement interrogés, car c’est justement au nom de la compétitivité américaine que le texte de l’accord commercial4 négocié par la Commission européenne avec les États-Unis sur les droits de douane accepte que l’Union européenne « s’engage à entreprendre des efforts afin de veiller à ce que la CS3D et la CSRD n’imposent pas de restrictions excessives au commerce transatlantique ».

L’Union européenne pourrait être prise au piège car, au prétexte de réduire la charge administrative pesant sur les entreprises européennes, elle satisfait aux intérêts américains et, pendant ce temps, la Chine copie les ex-standards européens de la CSRD. La ratification de cet accord, demandée « rapidement » par les États-Unis, sera cruciale.

Avis complet

  1. La France est notamment le premier pays de l’Union européenne à avoir imposé cette obligation. D’autres législations se sont succédé en France mais également en Europe, l’Union européenne s’étant progressivement dotée d’un cadre législatif et réglementaire pour encadrer les démarches RSE et le reporting des informations de durabilité. ↩︎
  2. Notamment afin de limiter les réponses à des questionnaires multiples de la part des donneurs d’ordres et des institutions financières. ↩︎
  3. Plateforme RSE (2021), Labels RSE. Propositions pour des labels RSE sectoriels destinés aux TPE, PME et ETI, avis, février. ↩︎
  4. Commission européenne (2021), « Déclaration commune sur un cadre entre les États-Unis et l’Union européenne… », op. cit ↩︎

Une semaine de mobilisation pour valoriser l’acte du don et le Réemploi Solidaire

L’Union pour le Réemploi Solidaire lance la toute première édition de la Semaine du Réemploi Solidaire. Celle-ci aura lieu du 29 septembre au 5 octobre autour du thème : “Présences locales, impact global !”. Objectif : sensibiliser le grand public à l’utilité sociale et environnementale du réemploi solidaire et valoriser l’acte du don. Déjà plus de 270 événements sont annoncés sur l’ensemble du territoire, mobilisant un réseau de plus de 2 000 structures engagées dans le réemploi solidaire.

Une semaine pour installer durablement le réemploi solidaire

Le réemploi solidaire associe impact environnemental et utilité sociale en prolongeant la durée de vie des objets dans une logique non lucrative visant à redonner une activité à des personnes éloignées de l’emploi : les excédents sont intégralement réinvestis au service d’un projet écologique et social. Au lieu d’être jetés ou détruits, les objets retrouvent une seconde vie participant ainsi à une économie plus sobre sur la consommation de ressources, créant des emplois locaux, renforçant le lien social et réduisant les déchets. Ce modèle, porté par 30 000 personnes en activité et 20 000 bénévoles, rassemble déjà plus de 7 millions de personnes chaque année.

La Semaine du Réemploi Solidaire entend normaliser le réflexe de réemploi solidaire, le distinguer des pratiques lucratives, encourager le don, l’achat solidaire et la réparation, et donner au secteur la place qu’il mérite dans la transition écologique et solidaire. Pour sa première édition, elle organise plus de 270 évènements sur tout le territoire.

Concrètement, cette semaine de mobilisation consiste à :

  • sensibiliser le grand public à l’importance du réemploi solidaire
  • diffuser et normaliser la notion de réemploi solidaire, en la distinguant du réemploi lucratif
  • valoriser l’acte du don et encourager l’achat solidaire et la réparation
  • créer un mouvement collectif avec de nombreux événements partout en France

« À l’heure où la transition écologique s’impose comme une nécessité absolue, le réemploi solidaire fait ses preuves depuis des dizaines d’années en apportant des réponses concrètes, de proximité et de solidarité. Notre ambition, à travers la Semaine du Réemploi Solidaire, est de montrer la force du collectif, de valoriser le travail des milliers de femmes et d’hommes engagés partout en France, et de rappeler que chaque objet réemployé est une victoire à la fois sociale et environnementale. Ensemble, donnons au réemploi solidaire la place qu’il mérite : au cœur de nos territoires et de notre quotidien. »  déclare Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France, membre fondateur de l’Union pour le Réemploi Solidaire.

3 slogans déclinés en 3 affiches visibles dans les territoires

Un événement de lancement à Paris et une mobilisation nationale

Le coup d’envoi sera donné le 29 septembre 2025, de 18h à 20h, à l’Académie du Climat (Paris).

Au programme :

  • Introduction par la Ministre de la Transition Écologique, Agnès Pannier-Runacher (sous réserve)
  • Zoom sur les alliances territoriales avec Mathilde Borne, déléguée générale du Réseau Réduire+
  • Représentativité du secteur avec Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France
  • Table ronde “Le Réemploi Solidaire, une mobilisation citoyenne au service de la transition écologique des territoires” animée par Vincent Edin, journaliste.
  • La conclusion sera assurée par Benoît Hamon, président d’ESS France

Inscription

➡️Événement de lancement de la Semaine du Réemploi Solidaire

Partout en France, les structures proposeront plus de 270 événements : portes ouvertes, ateliers de réparation, ventes solidaires, rencontres, concerts, banquets et bals.

Carte des événements

Retrouvez la carte des événements ici :
➡️ https://semaine-reemploisolidaire.carteco-ess.org

« Le réemploi solidaire incarne parfaitement les valeurs de l’économie sociale et solidaire : utilité sociale, transition écologique, création d’emplois locaux et renforcement du lien social. J’invite chacune et chacun à découvrir, soutenir et s’engager aux côtés de celles et ceux qui, chaque jour, donnent une seconde vie aux objets… et redonnent du sens à la consommation. » déclare Benoît Hamon, Président d’ESS France.

Investis dans le champ du Réemploi Solidaire depuis plus de 70 ans, les acteurs de l’ESS ont créé et développé ce secteur aujourd’hui stratégique au moment où la nécessité de consommer moins et mieux devient une urgence.

7 propositions pour développer le réemploi solidaire

L’Union Pour le Réemploi Solidaire vise à défendre et promouvoir un modèle de réemploi basé sur 8 principes clés :

ML_04-05-2023-161.jpg
  1. Sensibilisation à la sobriété et à la nécessité de changer nos comportements
  2. Allongement de la durée de vie des produits par le développement du réemploi et la lutte contre l’obsolescence
  3. Solidarité (accès à des produits de première nécessité à bas coût, insertion des publics éloignés de l’emploi, etc.)
  4. But non-lucratif
  5. Circuit-court (collecte / valorisation et vente de proximité)
  6. Gouvernance partagée
  7. Coopération de structures à taille humaine attachées à la qualité du travail
  8. Le maillage territorial fin et complet du territoire national

L’urgence écologique exige une transformation profonde de la société. Le modèle du Réemploi Solidaire (structures à but non lucratif à taille humaine faisant masse en faisant réseau), a démontré son efficacité depuis 70 ans et doit maintenant devenir la norme. Il est un modèle d’avenir désirable en parfaite cohérence avec les scénarios 1 (Génération frugale) et 2 (Coopérations territoriales) de l’ADEME pour une neutralité carbone en 2050.

Unissant leurs compétences, leurs réseaux et la richesse des expériences de leurs adhérents, les fondateurs de l’Union pour le Réemploi Solidaire engagent des démarches de plaidoyer, de communication auprès du grand public mais également le montage de projets collectifs concrets au service de la vision du collectif (Villages du réemploi solidaire, École du Réemploi Solidaire, marketplace solidaire Label Emmaüs…).

À terme, l’Union pour le Réemploi Solidaire a vocation à fédérer d’autres acteurs qui partageront sa vision et son projet.

Les luttes populaires appelant à « une transformation systémique » écrivent-elle une nouvelle page d’histoire ?

0

Cet article de Raffaele Morgantini, Représentant du CETIM auprès de l’ONU, a été publié dans Le Courrier du 16 septembre 2025, à l’occasion de la troisième édition du Forum Global de Nyéléni qui s’est tenue début septembre au Sri Lanka. Après deux précédentes sessions consacrées à la souveraineté alimentaire puis à l’agroécologie, ce large rassemblement de mouvements sociaux s’est ouvert plus largement à une approche intersectorielle, appelant à « une transformation systémique ». Voici un compte rendu du CETIM.

Du 6 au 13 septembre, le Sri Lanka a accueilli le 3ᵉ Forum global Nyéléni1, l’un des plus vastes rassemblements de mouvements sociaux et d’organisations de base au monde. Environ un millier de délégué·es venu·es de plus de 100 pays, représentant des centaines de millions de personnes, se sont réuni·es à Kandy pour affirmer une conviction partagée :

La transformation systémique de nos sociétés n’est ni une utopie ni une option, mais une urgence incontournable.

Des représentant·es d’organisations paysannes, de pêche artisanale, de peuples autochtones, de communautés nomades et pastorales, de travailleur·euses sans-terre, de migrant·es, de mouvements féministes et antiracistes, de syndicats, d’organisations pour la justice climatique, de collectifs de jeunesse, de défenseurs de la santé publique et d’acteurs de l’économie sociale et solidaire étaient présent·es. Ils et elles étaient appuyé·es par des organisations de la société civile et des universitaires engagé·es. Cette multiformité inédite a donné corps à ce que les participant·es ont appelé un « mouvement des mouvements ». À une époque marquée par la montée des (néo)fascismes, des guerres et de crises multidimensionnelles systémiques, le Forum a démontré la capacité de forces de base à s’unir autour d’objectifs communs.

Une analyse partagée des crises globales

La Déclaration de Kandy2, adoptée au terme des discussions, dresse un constat sévère de l’état du monde. Les participant·es dénoncent : la marchandisation croissante des biens communs, l’accaparement des terres et des mers, l’exploitation des classes travailleuses, la montée du patriarcat et des discriminations, la numérisation et la financiarisation qui créent de nouvelles formes d’oppression. Le génocide, les ingérences et les guerres en cours sont pointés comme des exemples tragiques de la collusion entre impérialisme, sociétés transnationales et pouvoirs étatiques corrompus.

Face à cette situation, le Forum a rappelé que la souveraineté alimentaire et énergétique, la paix et la solidarité entre les peuples, l’égalité de genre et la justice sociale ne sont pas des options, mais des conditions indispensables à la survie de l’humanité.

Des engagements communs

Au-delà du diagnostic, le 3ᵉ Forum global Nyéléni a permis d’adopter un ensemble d’actions et de campagnes coordonnées. Dès 2026 : une journée mondiale de mobilisation contre l’impérialisme, les guerres et l’utilisation de la faim comme arme et une journée annuelle Nyéléni pour maintenir la dynamique de convergence amorcée cette année.

Le Forum a également entériné la nécessité de créer des programmes de formation politique autour de la souveraineté alimentaire, de l’antiracisme et du féminisme de base. Le développement d’une compréhension commune de ces enjeux a été considéré comme indispensable pour consolider un imaginaire idéologique collectif et tracer des lignes d’action cohérentes.

Le renforcement des liens avec les syndicats a été identifié comme un axe stratégique majeur, établissant un dialogue entre les deux principaux sujets politiques transformateurs : les classes travailleuses rurales et urbaines dans toutes leurs composantes.

Du côté des campagnes, les délégué·es ont lancé plusieurs fronts communs : contre la privatisation de la santé, contre l’accaparement des terres et l’aquaculture industrielle, contre l’impunité des multinationales et pour leur encadrement juridique, pour un nouveau cadre commercial international fondé sur la souveraineté alimentaire, pour l’annulation des dettes illégitimes qui étranglent les pays du Sud.

Un moment fondateur pour un avenir partagé

Plus qu’un simple forum de discussion, la rencontre a constitué un véritable espace de mutualisation et de convergence, visant à bâtir une stratégie de transformation nourrie des alternatives et solutions portées par chaque secteur. La dimension de classe, féministe, anti-impérialiste et antiraciste du mouvement a été confirmée comme une boussole incontournable pour la suite.

En refermant ce 3ᵉ Forum, les mouvements réunis à Kandy ont affirmé haut et fort :

« La transformation systémique, c’est maintenant et pour toujours. »

Le défi est immense, mais la force collective, la solidarité internationaliste et la richesse des expériences partagées ont fait de ce rendez-vous une étape historique. L’avenir dira jusqu’où ce « mouvement des mouvements » pourra imposer un nouvel horizon.


Table ronde : Discussion sur les espaces de convergence internationaux des mouvements sociaux

Dans le cadre du 3ᵉ Forum Global de Nyéléni, une table ronde pour échanger sur les fronts de lutte et les espaces d’articulation existants entre mouvements sociaux. L’objectif était de réfléchir à la manière de relier ces espaces entre eux, mais aussi d’identifier les opportunités qu’ils offrent pour renforcer l’action collective issue du Forum de Nyéléni.

Massa Koné, de la Convergence globale des luttes pour la terre, l’eau et les semences en Afrique de l’Ouest, a souligné les défis et les perspectives liés à l’organisation du Forum social mondial de Cotonou, prévu en 2026 au Bénin. Dionisio Canahui, représentant le Conseil international des traités autochtones (CITI en espagnol), a insisté sur l’importance de relier les discussions du Forum aux espaces institutionnels de la FAO à Rome, en particulier au Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

De leur côté, Lider Gongora et Kirtana Chandrasekaran, des Amis de la Terre International, ont présenté les enjeux du Sommet des Peuples de Belém, qui se tiendra avant la COP30 sur le climat. Anderson Amaro, de La Vía Campesina/CLOC, a rappelé la nécessité d’investir pleinement la conférence CIRADR +20 en 2026 en Colombie, afin d’avancer vers une réforme agraire populaire et intégrale. Sans cette réforme, a-t-il affirmé, il ne sera pas possible de garantir les conditions minimales de la souveraineté alimentaire.

Pour sa part, Raffaele Morgantini du CETIM, a insisté sur l’importance d’articuler le Forum de Nyéléni à la Campagne mondiale pour revendiquer la souveraineté des peuples, démanteler le pouvoir des transnationales et mettre fin à leur impunité. Selon lui, cette lutte doit occuper une place centrale dans la construction collective de Nyéléni. Il a appelé à une mobilisation coordonnée, capable de porter des plaidoyers aux niveaux international, régional et national, afin d’imposer des cadres juridiques contraignants pour réguler les activités des transnationales.

La table ronde a mis en évidence que la convergence des luttes, entre régions, agendas et mouvements, constitue une priorité politique.

Il s’agit de construire des processus politiques articulés, portés par une stratégie commune, contribuant à alimenter la lutte pour un changement systémique, dans une perspective populaire.


  1. Après les deux précédents forums de 2007 et 2015 au Mali. ↩︎
  2. Résumé de la DÉCLARATION DE LA KANDÉ :
    « Nous, participants à l’Atelier international sur la technologie des applications des pesticides, qui s’est tenu du 23 au 26 juin à Kandy (Sri Lanka), organisé par la Commission nationale de la science et de la technologie de Sri Lanka (NASTEC) et le Centre de la science et de la technologie du Mouvement des pays non alignés,
    Réalisant : la nécessité d’une gestion scientifique et technologique de l’utilisation des pesticides pour accroître la productivité des cultures,
    Reconnaissant que : Si les pesticides chimiques ont grandement contribué à l’augmentation des rendements dans l’agriculture en contrôlant les parasites et les maladies, et à la lutte contre certaines maladies à transmission d’insectes comme le paludisme dans le secteur de la santé humaine, leur utilisation continue entraîne de nombreux problèmes. Le développement de la résistance réduit leur utilité conduisant à une recherche constante d’autres pesticides chimiques qui pourraient être plus toxiques. L’augmentation des coûts a des conséquences économiques tant pour l’agriculteur que pour la nation. Par le biais d’une surexploitation et d’une mauvaise utilisation, il y a beaucoup de déchets, ce qui augmente le coût et contribue aux conséquences néfastes de l’environnement et de la santé. L’impact sur la santé est très préoccupant. Malgré l’absence de données appropriées, dans des pays comme Sri Lanka, les effets nocifs de l’imperméable par les pesticides sont parmi les cinq premières causes de mortalité hospitalière. Là où elle semble moins, l’incidence réelle est probablement masquée par la sous-déclaration. L’empoisonnement aigu est associé à un manque de soins de la part de l’utilisateur, ce qui entraîne des décès accidentels, tandis que la libre disponibilité des pesticides se prête à des décès intentionnels contribuant à l’augmentation des taux de suicide. Un impact plus grave sur la santé est dû à l’empoisonnement chronique par les pesticides. Cela affecte non seulement l’utilisateur de pesticides, mais aussi la population en général en entrant dans la chaîne alimentaire et en polluant la nappe phréatique et les eaux de surface. Elle a de graves incidences sur l’environnement telles que la destruction des poissons, de la faune et de la flore sauvages et de la qualité de l’habitat. L’augmentation du cancer, des maladies rénales chroniques, la suppression du système immunitaire, la stérilité chez les hommes et les femmes, les troubles endocriniens, les troubles neurologiques et comportementaux, en particulier chez les enfants, ont été attribués à un empoisonnement chronique. Ces effets s’étendent probablement à l’exploitation et à d’autres animaux.
    Cette grave situation exige des mesures correctives urgentes. ↩︎

Comment recycler l’eau et donner une deuxième vie aux eaux usées ?

0

L’eau douce est en quantité limitée sur Terre. C’est un bien précieux qui se raréfie avec le changement climatique. Réduire les prélèvements d’eau en milieu naturel devient donc indispensable, notamment grâce au recyclage des eaux usées. Comment mieux récupérer l’eau déjà utilisée pour s’en servir pour d’autres usages ? Est-ce une bonne idée et à quelles conditions ? Ce dossier de l’INRAe décrypte de nouveaux chemins possibles pour l’eau.

Les chemins de l’eau

Du milieu naturel jusqu’à nos robinets, de la douche ou des toilettes vers les stations d’épuration, voici le chemin de l’eau de consommation humaine. Une autre voie est possible, celle de la REUT. Elle permet de réutiliser nos eaux usées avant de les rejeter dans le milieu naturel.

Que deviennent nos eaux usées ?

L’eau que l’on utilise pour nos douches, vaisselles, lessives, toilettes, passe du statut d’eau potable à celui d’eaux usées. Ces eaux usées sont ensuite récupérées et traitées, puis rejetées dans le milieu naturel.
Ce chemin de l’eau, soustrait à notre regard et peu connu, pose de nombreuses questions: qualité de l’eau, pollution, recyclage …

Notre eau potable doit provenir du milieu naturel, c’est la réglementation. En pratique, elle est puisée majoritairement dans les nappes souterraines (60%) et dans les eaux de surface comme les lacs et les cours d’eau (40%). Après différents traitements pour la rendre potable, l’eau est stockée (réservoir en hauteur ou château d’eau) pour être distribuée par gravité jusqu’à nos robinets. L’eau potable est acheminée par un réseau de canalisations vers les différents points de consommation : bâtiments, jardins publics, fontaines, etc.

Après usage, domestique ou industriel, les eaux usées sont récupérées par le réseau des égouts et acheminées vers des stations de traitement des eaux usées (STEU) où elles sont traitées avant d’être rejetées dans les cours d’eau.

A l’endroit du rejet, certains polluants qui n’ont pas été dégradés par les traitements peuvent subsister. Ils
sont dilués dans les cours d’eau, puis en partie éliminés par le sol sur leur trajet vers les nappes souterraines ou la mer.

Dans certains cas, l’eau qui alimente les industries et les espaces verts comme les golfs peut être puisée directement dans les cours d’eau, voire dans les nappes, évitant ainsi de consommer de l’eau potabilisée pour des usages qui ne le nécessitent pas. L’eau d’irrigation des cultures provient majoritairement des cours d’eau, mais aussi des nappes souterraines.

En France, la moitié des volumes prélevés dans les eaux superficielles sert à refroidir les centrales (thermiques, nucléaires).

L’eau, ça se recycle ?

Face à la pression croissante sur les ressources en eau, la réutilisation des eaux usées traitées parait une solution prometteuse. En recyclant cette ressource, souvent négligée, on peut économiser l’eau potable et sécuriser son approvisionnement, surtout lors des périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes. Mais comment et à quelles conditions ?

La deuxième vie de nos eaux usées

Comment partager l’eau en France ? À l’ère de l’anthropocène

Issu d’un travail collectif réunissant près de 100 scientifiques et spécialistes de la gestion de l’eau, cet ouvrage dresse un état des lieux des connaissances en France. Il analyse les stratégies existantes et propose une analyse critique des pistes d’action envisagées par les parties prenantes pour répondre aux défis actuels. Il s’adresse aux professionnels engagés dans les politiques publiques de l’eau, ainsi qu’à toute personne souhaitant mieux comprendre les enjeux de la gestion de cette ressource.

Depuis de nombreuses années, la France a instauré des politiques de gestion de l’eau visant à concilier le partage équilibré de cette ressource et la préservation de sa qualité. Cependant, face au changement climatique — qui menace de plus en plus cet équilibre — et à la dégradation sans précédent de la biodiversité aquatique, les enjeux liés à la gestion et au partage de l’eau prennent une ampleur nouvelle. Cette ressource vitale doit, plus que jamais, être considérée comme un bien commun. Sa répartition équitable est devenue un véritable enjeu sociétal et politique. Issu d’un travail collectif réunissant scientifiques et spécialistes de la gestion de l’eau, cet ouvrage dresse un état des lieux des connaissances en France. Il étudie les stratégies existantes pour protéger ce patrimoine naturel et propose une analyse critique des pistes d’action envisagées par les parties prenantes pour répondre aux défis actuels.

Comment la finance climatique peut-elle permettre un changement systémique ?

0

Le capital-risque a été conçu pour chasser les « licornes », ces start-ups valorisées à plus de 1 milliard de dollars. Mais les licornes seules ne peuvent pas arrêter les chocs climatiques ni redistribuer le pouvoir aux communautés en première ligne. La crise climatique exige quelque chose de différent, de plus holistique et interconnecté. Dans cette tribune, Chris Roe1 interroge le financement de l’innovation climatique en Europe et nous explique comment nourrir des écosystèmes entiers, en s’appuyant sur les entrepreneurs et communautés présents sur le terrain, ainsi que sur les investisseurs et autorités locales qui connaissent leur territoire.

Si l’on s’acharne à financer l’innovation climatique comme la prochaine entreprise tech à la mode, nous continuerons à obtenir des victoires isolées au lieu du changement systémique nécessaire.

Chris Roe, Directeur – Entrepreneuriat, Solutions & Ventures, Climate KIC

Aller au-delà des entreprises individuelles

Pendant la dernière décennie, l’entrepreneuriat climatique a largement emprunté les outils du capital-risque traditionnel. L’accent a été mis sur les entreprises individuelles, évaluées sur des marqueurs de réussite individuels comme les revenus et brevets, le CO2 évité ou les emplois créés. Ces mesures sont importantes, mais elles ne créent pas à elles seules de changement systémique. En conséquence, trop souvent le capital-risque récompense des résultats à court terme qui font en réalité très peu pour transformer les structures en place.

Ce modèle est particulièrement inadapté aux défis climatiques. Le financement traditionnel mise tout sur la rapidité et la croissance explosive, pas sur la capacité à travailler ensemble sur le long terme. Il ne regarde que les profits, en ignorant l’impact social et environnemental.

Résultat ? Les entrepreneurs se retrouvent en compétition pour les mêmes financements, au lieu de s’entraider et de mutualiser leurs forces pour relever ensemble ces défis monumentaux.

A Climate KIC, nous connaissons bien cette tension. Nous avons utilisé ces outils tout en critiquant leurs limites. Ce que nous avons appris c’est que la nature systémique de la crise climatique exige de soutenir un modèle systémique d’entrepreneuriat.

À quoi ressemble l’entrepreneuriat systémique

L’entrepreneuriat systémique ne remplace pas la création d’entreprises ; il réimagine le contexte qui l’entoure. Au lieu de soutenir des projets ponctuels, les financeurs soutiennent des réseaux d’entrepreneurs. Au lieu de chasser des « héros » individuels, nous supportons la force du collectif. Au lieu de courtes rafales de production, nous construisons des capacités et des relations qui durent.

Pour que ce changement s’opère, il faut passer d’une pensée transactionnelle à une pensée transformationnelle : des accords isolés aux dynamiques d’écosystème. Il s’agit de financer des portefeuilles qui mélangent l’innovation commerciale avec l’impact social, la circularité et la résilience, et de tisser ensemble les efforts fragmentés des start-ups, des organisations de soutien aux entrepreneurs, des autorités publiques et des investisseurs en quelque chose qui se comporte comme un système vivant : adaptatif, connecté et résilient.

Tout comme les forêts tirent leur résilience des systèmes de racines sous leur sol, la force de l’entrepreneuriat systémique réside dans la confiance, les relations et les capacités partagées qui ancrent les entreprises et leur permettent de résister aux chocs.

Exemples de solutions éprouvées sur le terrain

A Nairobi, dix start-ups ont piloté des solutions en amont en partenariat avec des travailleurs informels des déchets par le biais de notre « cluster » d’innovation. Gjenge Makers transforme les déchets plastiques en briques durables et peu coûteuses pour le logement. LeafyLife convertit l’huile de cuisson usagée en combustible propre abordable. Ecomak Recyclers développe des solutions plastiques circulaires tout en intégrant les ramasseuses de déchets dans leurs opérations. Collectivement, ces start-ups ont soutenu 792 travailleurs de l’économie informelle en 2024 et réduit les émissions d’environ 15 kilotonnes CO₂eq : l’équivalent annuel de quatre grandes éoliennes.

À Bengaluru, nous avons soutenu des entreprises comme Carbon Craft, qui a développé des tuiles à bilan carbone négatif, et Bare Necessities, qui fabrique des produits d’entretien ménager zéro déchet. Aux côtés de cinq autres entreprises, elles ont soutenu 135 travailleurs informels et adopté des stratégies mesurables pour renforcer l’inclusion sociale et l’équité de genre.

À Nairobi comme à Bengaluru, les clusters ont non seulement favorisé la collaboration entre entreprises, mais se sont aussi concentrés sur la formation des marchés, les partenariats gouvernementaux, le changement de comportement, la compréhension des barrières financières et politiques, et la construction de capacités pour renforcer l’écosystème plus large.

Cette approche fonctionne au-delà des entreprises d’économie circulaire. En Tanzanie, notre Cluster de l’innovation pour l’adaptation climatique a rassemblé sept organisations dirigées par des jeunes à Arusha pour une formation sur la politique climatique et la négociation, en utilisant la Boîte à outils de CARE International pour les Jeunes sur l’Adaptation et le Leadership. Le résultat n’était pas le lancement d’un seul produit, mais une cohorte de leaders équipés pour influencer les stratégies nationales d’adaptation climatique et mobiliser leurs communautés.

Dans le cadre de notre travail sur la mobilité durable en Slovénie, les start-ups ont collaboré avec les autorités municipales pour piloter des solutions de décarbonation des systèmes de transport. Celles-ci incluaient des plateformes de e-mobilité partagée et des outils numériques pour optimiser les transports publics. Ici, l’entrepreneuriat était intégré dans l’expérimentation politique, donnant aux entreprises une chance de façonner les transitions systémiques plutôt que d’opérer en marge.

Et en Irlande, des start-ups comme Agrolinera et SpaceCrop ont connecté leurs solutions aux défis identifiés dans le système agroalimentaire du pays. Cela a montré comment des portefeuilles d’interventions peuvent être précisément adaptés aux priorités climatiques locales définies par les gouvernements et les communautés.

Ce ne sont pas des succès isolées. Dans notre portefeuille, Climate KIC connecte plus de 10 000 entreprises, 400 partenaires, mentors et investisseurs dans plus de 80 pays.

Des programmes comme Climathon, ClimateLaunchpad et ClimAccelerator ont développé des milliers de solutions climatiques tout en créant également une base de connaissances d’outils, de mentorat et de métriques d’impact. Assemblés, ces actifs – et ceux des partenaires – forment quelque chose qui ressemble plus à un réseau dynamique qu’à une collection de projets.

Le rôle des financeurs

Ces exemples ne sont que le début. Ce sont des graines. Pour les faire pousser – et créer un impact réel, les financeurs doivent opérer différemment, par exemple :

  • regarder au-delà des simples victoires rapides qui paraissent bien sur le papier mais n’ont pas d’impact durable,
  • soutenir davantage le travail de construction de relations de confiance à long terme,
  • financer audacieusement dans les communautés négligées,
  • traiter l’incertitude et l’apprentissage collectif comme des résultats légitimes,
  • associer le soin à l’urgence en soutenant aujourd’hui des innovations qui montrent un réel potentiel de transformer les systèmes.

Le choix devant nous

L’entrepreneuriat systémique arrive, que les financeurs le veuillent ou non. La seule question est de savoir si nous agirons assez tôt pour le façonner. Si nous le faisons, le paysage du financement de l’innovation climatique pourrait être très diffèrent d’aujourd’hui dans dix ans, en soutenant des initiatives connectées qui régénèrent les écosystèmes, redistribuent le pouvoir et créent les conditions pour que les communautés prospèrent face aux chocs climatiques. Mais si nous hésitons, nous risquons de voir des solutions prometteuses dépérir en isolation.

La bonne nouvelle est que nous ne sommes pas seuls dans cette réflexion. Certains philanthropes et des financeurs publics progressistes expérimentent déjà le soutien d’écosystèmes.

Il s’agit aujourd’hui de réinventer la façon dont nous faisons de l’entrepreneuriat au service de l’action climatique.

  1. Directeur du Pôle « Entrepreneuriat, Solutions & Ventures » à la CCI Climatique Climate KIC ↩︎

La permacomptabilité révèle 8 capitaux essentiels pour une entreprise durable : financier, matériel, social, intellectuel, culturel, spirituel, vivant et expérientiel

0

L’écosystème économique actuel, centré sur le capital financier, a conduit nos sociétés à un point de rupture écologique et social. Il est urgent de repenser nos modèles pour construire des marchés favorisant l’autonomie locale, la résilience et un équilibre entre l’humain et la nature. La permaculture, qui s’appuie sur les cycles naturels et des pratiques respectueuses du vivant, offre une alternative à la logique de vitesse et d’exploitation, pour une économie plus durable et équitable. La permacomptabilité devient un outil essentiel pour aligner nos pratiques économiques avec les besoins réels de la planète et des sociétés humaines, en révélant 8 capitaux essentiels pour une entreprise durable : financier, matériel, social, intellectuel, culturel, spirituel, vivant et expérientiel.

Les crises environnementales, les inégalités croissantes et les déséquilibres visibles témoignent d’un système économique qui néglige des ressources vitales. Il devient essentiel de repenser nos modes de production et de consommation, d’intégrer des principes de durabilité et de résilience dans tous les aspects de la société.

​​​La permaculture, qui s’appuie sur les cycles naturels et les pratiques respectueuses du vivant, nous invite à ralentir, observer et travailler en harmonie avec la nature. Elle offre une alternative à la logique de vitesse et d’exploitation, pour une économie plus durable et équitable.

Dans ce cadre, la permacomptabilité devient un outil essentiel pour aligner nos pratiques économiques avec les besoins réels de la planète et des sociétés humaines. Elle met en valeur le temps et les efforts investis dans la préservation et la régénération de nos ressources, qu’elles soient naturelles, sociales ou culturelles.

Ce modèle s’inspire d’autres démarches innovantes, telles que le Bonheur National Brut (BNB), les indicateurs de développement humain, ou encore l’économie régénérative.

L’Appel de la Permacomptabilité

Charles Judes, Créateur de la Permacomptabilité™ et fondateur du cabinet Zen Impact 36

L’Appel de la permacomptabilité est une invitation à construire un cadre holistique et interconnecté, où les différentes dimensions du bien-être humain sont prises en compte.

Signer cet appel affirme un engagement envers la permacomptabilité, une approche innovante qui prend en compte les 8 richesses essentielles – vivant, matériel, intellectuel, culturel, spirituel, social, financier et expérientiel – afin de créer un modèle économique soutenable, holistique et équitable.

- Je signe l'Appel de la Permacomptabilité

Qu’est-ce que la permacomptabilité ?

​La permacomptabilité repose sur un principe simple mais essentiel : une économie saine doit prendre en compte toutes les ressources vitales, qu’elles soient humaines, naturelles ou sociales.

​Elle propose une méthode qui intègre les dimensions écologiques, sociales et culturelles dans les pratiques comptables et de gestion. En dépassant la comptabilité financière traditionnelle, elle permet de repenser notre manière de gérer et de partager les ressources.

​Dans un monde où l’incertitude fait partie intégrante de l’économie, la permacomptabilité permet aux entreprises de réévaluer leurs pratiques1, notamment en matière de compensation des destructions inévitables.

Ce modèle repose sur une reconnexion des différents types de ressources et s’inspire des cycles naturels pour construire une économie plus équilibrée. Il nous invite à investir le temps gagné grâce à l’automatisation dans des activités lentes, harmonieuses et respectueuses des rythmes naturels.

​Rééquilibrer les 8 Formes de Richesse​

La permacomptabilité identifie huit formes de richesse, ou « capitaux », qui sont essentielles pour créer une société prospère et résiliente. Ces différents capitaux sont interconnectés et leur amélioration réciproque est indispensable pour une transformation durable de notre économie.

​Voici un aperçu de ces 8 formes de richesse :

  • Le Capital Vivant : La biodiversité et les écosystèmes, qui sont essentiels à la survie de l’humanité.
  • Le Capital Matériel : Les infrastructures et technologies, à utiliser dans une logique circulaire pour réutiliser et régénérer les ressources.
  • Le Capital Intellectuel : La connaissance et l’innovation, qui doivent être partagées et orientées par des principes éthiques.
  • Le Capital Culturel : Les traditions et la diversité culturelle, à protéger et à célébrer pour renforcer la résilience collective.
  • Le Capital Spirituel : Les valeurs profondes qui nous relient à la nature et à la vie, guidant nos actions.
  • Le Capital Social : Les relations humaines et les réseaux de solidarité, nécessaires à une société juste et équilibrée.
  • Le Capital Financier : Les flux financiers, qui doivent être alignés avec les principes écologiques et sociaux.
  • Le Capital Expérientiel : L’apprentissage par l’expérience personnelle et collective, stimulant la créativité et l’innovation.

Chacune de ces formes de richesse contribue à l’équilibre global. Par exemple, une meilleure gestion des ressources naturelles (capital vivant) peut renforcer les communautés locales (capital social), tandis qu’une plus grande solidarité (capital social) peut favoriser des pratiques économiques respectueuses de l’environnement (capital matériel et financier).

​Un Appel à l’Action

​Les défis actuels nécessitent une transformation collective et profonde, ils ne peuvent pas être résolus avec des approches fragmentées ou en revenant simplement à des modèles du passé. La permacomptabilité propose des actions concrètes pour réorienter nos pratiques économiques et sociales vers une approche plus durable et équitable. Elle nous invite à repenser les indicateurs de performance en intégrant des critères non seulement économiques, mais aussi sociaux, écologiques et culturels. Cette vision – People Profit Planet – doit guider toutes les actions à venir.

​L’appel à l’action se décline ainsi :

  1. Repenser les indicateurs de performance en termes globaux, incluant des aspects économiques, sociaux, écologiques et culturels (4 matérialités permacomptables), pour mieux refléter la complexité des systèmes dans lesquels nous évoluons (logique de conception systémique).
  2. Aligner les politiques publiques, les pratiques entrepreneuriales et les comportements individuels avec les principes du respect de l’intégrité des écosystèmes et du bien-être collectif (voir 12 principes de permaculture ici, 16 principes des systèmes vivants sains ici, 4 principes de liberté interdépendante ici).
  3. Promouvoir une gouvernance collaborative et équitable, où les décisions sont prises de manière transparente et régénérative, en tenant compte des besoins et des voix de toutes les parties prenantes (3 principes moteurs de la permacomptabilité équité dans la valorisation des dimensions, la conception participative comme valeur, régénération en s’inspirant des principes du vivant pour concevoir nos organisations, et principe fondamental de non-discrimination).
  4. Créer des infrastructures d’apprentissage et de collaboration (voir Centres de Transition Holistiques), pour faciliter la bifurcation vers un modèle économique respectueux des cycles naturels et des besoins humains (autour de valeurs de dignité, humilité et tenségrité).

Ces actions doivent être flexibles et adaptées à chaque contexte local. L’objectif est de mettre en place des mécanismes d’urgence qui permettent non seulement de réparer les dégâts, mais aussi de restaurer rapidement les écosystèmes et les communautés, tout en respectant les principes de régénération.​

Vers Une Économie Régénérative et Solidaire

La permacomptabilité nous invite à construire une économie fondée sur la coopération, plutôt que sur la compétition. Elle s’inspire des principes du biomimétisme et de la permaculture dans la gestion des ressources et la prise de décision.

En libérant du temps grâce à l’automatisation, nous avons l’opportunité de réinvestir ces ressources pour régénérer les écosystèmes sociaux et naturels.


L’essence de la Permacomptabilité : une approche
holistique et régénérative


La permacomptabilité va au-delà des pratiques comptables classiques. Elle incarne une nouvelle vision de l’économie, une économie qui rééquilibre les différentes formes de richesse, où l’humain et la nature sont au cœur des décisions.

Chaque décision économique implique un choix entre prendre des risques ou s’engager dans une démarche responsable. En intégrant cette dualité, nous pouvons construire des projets économiques régénératifs et résilients, capables de répondre aux défis écologiques et sociaux de demain.

​Pour Charles Jude, « La permacomptabilité peut nous guider vers un avenir où la prospérité ne se mesure pas uniquement par la richesse financière, mais par l’impact positif que nous avons sur la planète et sur les sociétés humaines« 2. ​​​​

devenir acteur de cette transformation et contribuer à un monde plus équitable et régénératif pour tous, avec la permacomptabilité​​

Découvrez le profil de votre entreprise !

Êtes-vous plutôt Explorateur en devenir, Pilote engagé, Architecte du changement ou Modèle inspirant sur chacune des 8 dimensions de la permacomptabilité ?

La permacomptabilité, c’est bien plus que de simples chiffres. C’est un voyage qui explore 8 dimensions essentielles pour une entreprise durable : le capital financier, matériel, social, intellectuel, culturel, spirituel, vivant et expérientiel.

MyDPC design a créé un outil de diagnostic simple et gratuit pour vous aider à évaluer la situation de votre entreprise dans chacune de ces dimensions. En quelques minutes, vous obtiendrez un profil complet et une analyse personnalisée pour identifier vos forces et vos faiblesses.


  1. Elle intègre la « logique floue » (fuzzy logic) pour estimer des valeurs souvent imprécises mais essentielles au développement durable, comme la valeur immatérielle ou les contributions humaines. Cela permet de mieux anticiper les impacts à long terme, notamment dans les domaines sociaux et écologiques. ↩︎
  2. Elle rejoint la recherche-action en « Métamorphose Créative des Territoires », portée par l’Institut de Dynamiques Eco-Créatives (IDEC : site officiel idecdynamique.com). ↩︎

Livres de Charles Judes

Permacomptabilité™ : Au-delà de la comptabilité, la science du vivant

Un ouvrage en cours d’écriture de Charles Judes, Comptable Permaculteur, Architecte de Modèles Régénératifs & Poète de la Transformation

Charles Judes, 43 ans, est à la fois penseur, artiste et comptable, s’est appuyé sur ses 19 ans d’expérience pour faire le lien entre la rigueur de la gestion et les principes du vivant. Il a formalisé en 2019 la Permacomptabilité™, une approche holistique qui évalue huit dimensions pour optimiser la performance des projets et organisations.
Ses travaux sont au cœur de l’IDEC (Institut de Dynamiques Éco-Créatives), un collectif qu’il a co-fondé et qui accompagne bénévolement les organisations et territoires dans leurs transitions écologiques. L’IDEC propose des solutions inspirées de la nature pour aider les structures à réaligner leurs activités avec des dynamiques régénératives.

si la comptabilité devenait un art du lien ? Et si nous avions enfin une boussole pour naviguer entre sens, écologie et robustesse ?

Dans un monde en mutation, le livre Permacomptabilité™ : Au-delà de la comptabilité, la science du vivant, propose une approche inédite pour réconcilier l’économie avec le vivant. Héritier de la rigueur comptable et de la sagesse écologique, ce livre invite à repenser la richesse, la valeur, la croissance… et à transformer la manière dont nous pilotons nos organisations.

Pourquoi ce livre ? Parce que les modèles classiques ne suffisent plus. Parce que l’urgence écologique et humaine nous appelle à une nouvelle grammaire de la mesure, fondée sur l’écoute, la régénération et la responsabilité collective.

Permacomptabilité™ est née à la croisée de la permaculture, de la gestion, et des traditions spirituelles.

Ce livre s’adresse à toutes celles et ceux qui veulent passer de la gestion des flux… à l’orchestration du vivant.

Et dans le sillage des travaux de Charles Judes en permacomptabilité, « Le Pouvoir de la Présence » émerge comme un manifeste profond pour une Intelligence Sacrée du Vivant« . Cet ouvrage, rédigé par Charles Judes lui-même, offre une exploration essentielle pour naviguer dans un monde en constante accélération et se reconnecter à l’essentiel.

A propos de MyDPC DESIGN

Quelles leçons tirer de l’actuel recul écologique ?

Depuis quelques temps, les signaux de recul en matière de politiques écologiques se multiplient. Ce mouvement n’est ni marginal, ni conjoncturel. Il traduit une remise en cause profonde des avancées accumulées au fil des décennies. Face à cette vague de fond, il ne suffit plus de s’indigner : il faut comprendre. Dans ce décryptage, Géraud Guibert analyse les ressorts de ce basculement, met en lumière les erreurs stratégiques passées, et trace des pistes pour reconstruire une écologie à la fois ambitieuse, sociale et démocratique. Un appel à revoir les méthodes et les récits, pour que l’écologie redevienne un projet d’avenir partagé.

Introduction

Géraud Guibert, président d’honneur de La Fabrique Ecologique

Depuis quelques temps, le recul écologique est sur toutes les lèvres, massif et spectaculaire.

Avant même l’élection de D. Trump aux Etats-Unis, les manifestations des agriculteurs en France et en Europe du début de l’année 2024 se portent notamment sur les normes et les règles environnementales en particulier celles qui les pénaliseraient par rapport à leurs concurrents internationaux. Elles entraînent de premiers reculs des autorités françaises et européennes sur ces sujets.

L’élection outre-Atlantique du nouveau Président et son entrée en fonction en janvier 2025 se traduit ensuite aux Etats-Unis par une vraie rupture, beaucoup plus forte que lors de son premier mandat. Il ne s’agit plus simplement de sortir des accords de Paris sur le climat ou de relancer la production d’hydrocarbures, y compris de schiste, mais aussi de démanteler, en matière d’environnement, la majeure partie des normes, de la recherche scientifique, des budgets et des administrations. Les sujets du climat et de la biodiversité sont traités comme s’ils n’avaient que peu d’importance voire pas du tout, et qu’ils ne méritent pas d’être pris en compte quand des intérêts économiques sont en jeu.

Cette vague de décisions anti-environnementales est dorénavant relayée en Europe et en France, de façon pratiquement systématique. Au parlement européen, une convergence sur ces sujets de la droite et de l’extrême droite refuse toute nouvelle avancée et remet en cause de nombreuses dispositions existantes, y compris les plus récentes du pacte vert. C’est le cas par exemple pour les entreprises de la directive dite « CSRD » sur le reporting notamment environnemental, et de celle sur le devoir de vigilance. Le plus récent recul est la menace qui pèse sur le projet de directive européenne sur les allégations vertes, que se limite pourtant à s’assurer que l’utilisation de l’écologie dans la communication et la publicité soit réellement fondée.

Quant à notre pays, la liste est longue des décisions anti-environnementales prises ces derniers mois, plusieurs dizaines, dont la suppression des ZFE, la transformation du ZAN en coquille vide, la réintroduction de certains pesticides, la suspension de « Ma Prime Rénov », les réductions budgétaires parfois importantes, la réduction de la place de la démocratie environnementale (enquêtes publiques, études d’impact, accès au contentieux), les tentatives de moratoire sur le solaire et l’éolien.

L’histoire des politiques écologiques est depuis longtemps marquée d’avancées, parfois substantielles, mais aussi de reculs. La période 2008-2012 a par exemple enregistré plusieurs retours en arrière, symbolisés par la phrase du président de l’époque « L’écologie, cela commence à bien faire », et se concrétisant par exemple par une quasi mise à l’arrêt de l’industrie solaire.

Cette période de remise en cause constitue cependant une vraie nouveauté. L’accumulation de décisions de reculs en matière d’environnement est spectaculaire, au point de se demander si on ne risque pas d’atteindre un point de non-retour, par exemple en matière de recherche. Il s’agit d’un détricotage quasi systématique des mesures considérées de près ou de loin comme inspirée de l’écologie.

C’est un phénomène pas seulement français, mais existant aussi dans plusieurs pays développés. Il est pleinement assumé par les partis politiques qui en votent les modalités, de l’extrême droite à la droite classique, et non, comme souvent le passé, adopté de façon discrète voire parfois un peu honteuse. Ces positionnements contrastent avec la situation du milieu des années 2000, où tous les partis politiques ont signé le pacte écologique.

Il est très important, dans la perspective des prochaines électorales locales et nationales, de bien comprendre ce qui se passe, afin d’en tirer toutes les leçons. Rien ne serait pire que de continuer à raisonner comme si rien n’avait changé.

Pour permettre à une offre de transformation écologique et sociale de devenir majoritaire, et en assurer la réussite, l’écologie ne peut et ne doit pas rester ce qu’elle semble être en train de devenir aujourd’hui, un repoussoir commode et vécu comme tel, notamment par une bonne partie des couches populaires.

Ne pas se tromper de diagnostic

L’actuel recul écologique, abondamment relayé par les médias, s’explique d’abord par le contexte national et international. En période de guerre à nos portes, d’instabilité géopolitique, d’explosion du trafic international et national de drogues et de forte sensibilité à l’insécurité, il n’est pas étonnant que la préoccupation écologique soit considérée par certains comme moins prioritaire. En situation de difficultés économiques et d’importants déficits budgétaires, la tentation est la même. Le sentiment de coupure entre les élites et le peuple accroît les difficultés de politiques écologiques, souvent vécues à tort ou à raison comme des injonctions d’autant plus mal comprises qu’elles ont tendance à déboucher sur des résultats à long terme et pas toujours perceptibles ou mesurables immédiatement.

La situation actuelle de recul ne signifie d’ailleurs pas, de la part de nos concitoyens, un désintérêt, une méconnaissance ou une incompréhension des enjeux écologiques et climatiques. Il y a un très large accord, les sondages le montrent, sur l’existence du changement climatique et son origine humaine. Une très grande majorité considère qu’il faut s’en occuper. Une bonne partie de la société civile continue à agir en ce sens et à multiplier les initiatives, en particulier sur les territoires, car elles correspondent aux souhaits des gens. La plupart des entreprises déjà engagées dans la transition écologique continue à l’être, sans vraiment dévier de la trajectoire qu’elles se sont fixées.

Les solutions écologiques proposées au plan national ou européen sont en revanche très souvent critiquées, parfois pour leurs insuffisances, plus souvent pour leur inadaptation aux réalités de terrain. Ces critiques sont bien sûr entretenues et amplifiées par les prises de position des responsables politiques populistes.

Le mot d’ordre de l’extrême droite et d’une large partie de la droite, et des médias qui les relayent, est d’être contre « l’écologie punitive ». En réalité, ces positionnements sont clairement antiécologiques, car ils ne proposent pas de vraies alternatives. Leurs propositions dur l’écologie se résument en deux points, le tout nucléaire et le localisme. Sur le nucléaire, on sait bien que cette source d’énergie ne peut, au mieux, qu’être une réponse partielle à la crise climatique, et que son coût est aujourd’hui proche de celui de certaines énergies renouvelables. Quant au rapprochement des circuits économiques au niveau local, ce serait bien sûr une bonne chose, mais son impact ne répond qu’à une partie limitée du problème. Le localisme aurait une outre une portée très négative s’il s’agit de se replier sur soi sans prendre en compte la stimulation des apports extérieurs.

L’amplification du sentiment anti écologique par les responsables politiques est donc une réalité. Celui-ci n’apparaît pourtant pas central dans les motivations du vote populiste. D’autres, bien répertoriées, sont à l’évidence beaucoup plus fortes : la volonté « d’essayer » des forces politiques qui n’ont jamais été jusqu’à présent au pouvoir ; le sentiment d’abandon ou de non prise en compte des points de vue des gens, l’impasse sociale ressentie par les perdants de la mondialisation face à ceux qui en bénéficient, parfois avec des excès choquants. L’hostilité à l’écologie ou aux solutions écologiques n’est que la cerise sur le gâteau. Mais ce serait une erreur de considérer qu’elle ne correspond pas à une réalité vécue par une partie de la population.

Cette cerise peut cependant être dévastatrice si on ne prend pas en compte cette nouvelle situation dans les analyses et les programmes électoraux. De fait, de nombreuses politiques écologiques menées depuis plusieurs décennies ont leur part de responsabilité dans l’ampleur du recul. Elles sont trop souvent perçues comme des injonctions scientifiques impératives, alors que le rôle indispensable de la science est d’alerter et de mesurer les conséquences des décisions, et non de se substituer aux choix démocratiques. Elles sont ressenties comme des solutions construites d’en haut par une planification interprétée come une nouvelle version du jacobinisme français et ne prenant pas en compte les réalités vécues.

Elles peuvent aussi représenter des sortes de punitions pour ceux que La Fabrique Ecologique a nommé les « prisonniers climatiques » ou « écologiques », qui n’ont pas la liberté de choisir des solutions alternatives plus écologiques et subissent donc directement les normes ou taxes supplémentaires qui s’appliquent. C’est le cas par exemple des ménages qui, pour des raisons financières, ont été obligés d’acheter un logement à plusieurs dizaines de kilomètres du centre de l’agglomération et sont donc obligés de prendre leur voiture tous les jours pour aller au travail. C’est le cas des locataires dans le secteur privé habitant dans une passoire thermique, avec un propriétaire ne voulant ou ne pouvant pas faire de travaux, et n’ayant pas les moyens de déménager, pour de multiples raisons. C’est le cas des ménages aux revenus très modestes, pour lesquels le prix des principaux produits issus de l’agriculture biologique est trop élevé, et obligés de se contenter de la mal bouffe. C’est le cas des petits agriculteurs disposant déjà de faibles revenus, et pour lesquels l’interdiction des pesticides représenterait une difficulté et un coût supplémentaire.

Les inégalités issues des politiques écologiques sont bien sûr fortement ressenties dès lors que les plus riches, qui pourtant polluent le plus, ne contribuent pas plus à l’effort demandé. Mais la contestation des solutions ne repose pas seulement sur cette comparaison des situations. Elle reflète aussi la frustration et même l’angoisse des personnes de revenu modeste et d’une partie de la classe moyenne face à des dispositions qui risquent inévitablement de les pénaliser dès lors que les alternatives leur sont, de fait, interdites d’accès.

La nécessité d’une nouvelle méthode

La première évidence est bien sûr de se battre contre la multiplication des reculs écologiques. Convenons qu’il y a beaucoup à faire dans ce domaine dans la mobilisation face aux menaces, avec un air du temps qui, paradoxalement, pointe du doigt vers ceux qui feraient trop ou mal de l’écologie, plutôt que vers ceux qui restent totalement passifs et qui enclenchent la marche arrière. Mais il faut aussi constater que les reculs sur ces sujets à l’assemblée nationale sont en partie dus à une mobilisation insuffisante d’une partie des parlementaires qui défendent l’environnement. En cette période de canicule, personne n’a en outre, pour défendre la transition écologique, appelé pour le moment à une grande manifestation, ou plutôt à des centaines de petites. Il serait pourtant plus que temps.

Une autre ligne d’action importante est de mettre en évidence toutes les bonnes pratiques et initiatives qui continuent à se développer, dans les associations, les collectivités locales, les entreprises ou par les citoyens eux-mêmes. Rien ne serait pire qu’une généralisation d’un pessimisme porteur d’inaction voire de rejet, alors que la société civile continue à agir. C’est en outre à partir de ces projets décentralisés que les politiques publiques écologiques peuvent se reconstruire, en réfléchissant à la manière de les démultiplier et de les étendre.

C’est d’ailleurs le premier changement majeur de méthode, indispensable pour repartir de l’avant. Autant il est légitime et même indispensable que l’État et la collectivité nationale définissent des objectifs et se donnent les moyens financiers et humains de les faire respecter, en particulier en matière d’action climatique et de protection de la biodiversité, autant les unités décentralisées doivent avoir toute liberté de choix des dispositions pour atteindre cet objectif. En dépit des avancées intervenues depuis plusieurs décennies en matière de décentralisation, notre système reste très « parisien », non pas sur le plan juridique, où les territoires disposent d’une large autonomie, mais sur le plan des moyens concrets d’agir, financiers, normatifs et humains. Les ZFE constituent dans ce domaine un exemple frappant : on aurait pu fixer avec les collectivités locales les plus polluées un objectif et des moyens globaux, en leur laissant le soin de choisir les bonnes méthodes pour y parvenir.

Il y a une nécessité absolue d’une nouvelle méthode pour l’action écologique. Celle-ci doit s’appuyer sur une co-construction citoyenne beaucoup plus étendue, en étant organisée de façon plus précise et opérationnelle. Chacun le sait, les travaux de la Convention citoyenne pour le Climat ont peu pris en compte, ce n’était pas dans leur mandat, les différences selon les territoires. Ils ont été handicapés par le champ immense soumis à la réflexion et par cette idée curieuse du « sans filtre », qui obligerait à mettre de côté la démocratie représentative. Il est donc indispensable de tracer un cadre de travail plus précis pour ces initiatives, au niveau national et local.

Le vrai sujet est l’articulation de l’écologie et du social, et plus généralement des possibilités de modification des modes de vie. Pour tous ceux attachés à ces sujets, beaucoup de retard de réflexion s’observe ces dernières années.

Certains continuent à penser et à écrire que l’écologie et le social convergent spontanément, en prenant exemple des atteintes à l’environnement dont sont victimes les plus pauvres. Mais dans la hiérarchie des préoccupations, l’emploi, le pouvoir d’achat, le logement passe logiquement pour les plus modestes devant l’environnement. Et le caractère antisocial de certaines politiques écologiques a pendant longtemps été passé sous silence. Le dernier exemple le plus récent est l’extension des financements des politiques écologiques par des certificats d’économie d’énergie et donc par tous les usagers y compris les plus modestes.

Certains autres considèrent parfois que le seul fait de taxer les plus riches règlera les inégalités et permettra aux catégories populaires d’adhérer à la transition écologique. Mais rien n’est plus faux si les politiques écologiques elle-même dégradent leurs modes de vie sans alternatives crédibles.

Refaire de l’écologie un enjeu d’espoir

  • En réalité, la logique suivie par la plupart des réflexions sur les politiques écologiques doit être inversée. Aujourd’hui, elles s’efforcent de définir d’abord ce qui serait bon pour le climat et la biodiversité, pour se demander ensuite à quelles conditions ces mesures pourraient être acceptables, et pour enfin mettre l’accent sur leurs « co-bénéfices » pour les individus. Demain, il faudra se fonder d’abord sur des dispositions permettant des progrès dans les conditions de vie des plus modestes, puis, parmi ces dernières, de choisir celles qui ont un impact positif pour le climat et la biodiversité. Celui-ci doit constituer un co-bénéfice de l’amélioration de la vie quotidienne des plus modestes et non l’inverse.

Est-ce toujours possible ? La transition écologique ne demande-t-elle pas des efforts de tous ? En posant ces questions, on mélange la nécessité, évidente, de changer un certain nombre d’habitudes, par exemple privilégier des moyens « doux » de mobilité, et l’idée que la transition écologique va dégrader les modes de vie. Pour la plupart les plus riches, cette dégradation est inévitable, tellement leur mode de consommation est décalé avec les exigences planétaires. Mais c’est loin d’être une fatalité pour les plus pauvres, dès lors que sont mis en place les dispositions pour les compenser ou les surmonter.

Il est vrai que cela va exiger dans plusieurs cas de dépenses publiques supplémentaires, ce qui n’a rien d’une évidence pour un pays endetté comme le nôtre. Raison de plus au passage d’éviter, de manière irréaliste, de faire des promesses très coûteuses ou non financées dans tous les domaines, mais plutôt de conjuguer l’audace dans les perspectives de changement de société et la concrétisation de quelques mesures fortes, précises, structurantes et financièrement crédibles.

Cette démarche ne pourra convaincre que si elle s’appuie sur un vrai projet de société à moyen et long terme de rapprochement avec la nature, d’un nouvel imaginaire permettant de savoir dans quelle direction on va. Cet aspect nous a beaucoup manqué ces dernières années, en particulier l’absence du côté des Présidents de la République successifs d’une vision précise et convaincante de ce que pourrait être notre pays en 2050 en situation de neutralité carbone.

Tout ce travail doit permettre à l’écologie et à tous ceux qui y sont attachés de reconquérir le mot « libertés ». Aujourd’hui, en Europe et aux Etats-Unis, certains voudraient nous faire croire que l’absence de règles serait la meilleure manière d’obtenir de nouvelles libertés en évitant les normes et les contraintes. Ils dénoncent l’« écologie punitive » qui aboutirait à des atteintes majeures aux libertés. Au-delà des normes ou de la fiscalité, ls considèrent que même les mesures d’incitation constituent des contraintes puisqu’elles coûtent de l’argent public

Pour contrer ces arguments certes caricaturaux mais fort répandus, l’Histoire peut et doit nous aider. Obtenir de nouveaux droits représente des contraintes pour ceux obligés de les respecter, mais constituent aussi des garanties majeures de libertés pour les intéressés. Les droits démocratiques issus lors de la Révolution française, les droits des travailleurs obtenus par leurs luttes à la fin du XIXème siècle ont fixé des règles, par exemple le code électoral, la Constitution ou le code du travail. Il doit en aller de même pour l’écologie au XXIème. Les règles de droit sont la garantie des libertés.

L’écologie doit aux yeux de tous et en particulier des plus modestes redevenir un élément essentiel de conquête de nouvelles libertés, de meilleure santé, de nouveau rapport à la nature, de nouvelles possibilités de choix pour les « prisonniers climatiques », de gain de pouvoir d’achat lié à l’efficacité et à la sobriété. En laissant les libertés s’approprier par les réactionnaires, on commettrait une erreur majeure.

Pour y parvenir, il ne suffit pas, comme c’est trop souvent le cas, de réclamer partout une « écologie populaire » sans mettre de vrai contenu derrière, d’accumuler les promesses évidemment globalement irréalistes, de produire sur un coin de table des mesures générales et globales mais en fait inapplicables, ou de prétendre lutter contre les lobbyistes, qui ne disparaitront pas en toute hypothèse, sans avoir d’idées pour surmonter leurs arguments. Ces façons de faire, nos concitoyens n’y croient plus, et ils ont raison.

Pour toutes ces raisons, la réflexion programmatique doit être large et changer de méthodes. Une réflexion de fond sur les solutions doit être conduite, débouchant sur quelques propositions concrètes, structurantes, applicables, et ainsi mobilisatrices. Certaines existent déjà, mais ne sont pas forcément mises en avant. En tous cas, travaillons y.

Géraud Guibert1

Décryptage au format pdf

  1. Géraud Guibert a été président de la Fabrique Ecologique de 2013 à 2025. Il en est aujourd’hui président d’honneur. Son dernier ouvrage : « le grand malentendu climatique », Ed de l’aube, 2023. ↩︎