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Comment aligner la finance et les projets à impact pour régénérer la planète et servir les objectifs scientifiques ou des ONG ?

Le Livre Blanc publié par le Forum de Genève sur l’alignement entre la finance et les projets à impact, pour financer par exemple de nouvelles formes de tourisme qui permettent de régénérer la planète et servir les objectifs scientifiques ou des ONG, tout en donnant un afflux d’activité aux agences de voyages

Livre Blanc sur la Finance à Impact AGILE :
https://www.geneva-for-future.foundation/White-Book-AGILE?lang=fr

Le tourisme régénératif comme vecteur de transition s’adressant à tous les enjeux

Les discussions se poursuivent lors du Forum de Genève 2025, du 8 au 12 décembre, avec de nouvelles opportunités pour préparer l’ère du Tourisme Résilient (Année Mondiale de l’ONU en 2027).

Le tourisme régénératif permet d’adresser tous les domaines du système de l’ONU et de la Genève Internationale, Santé, Droits humains, Travail, Technologies, Écologie, Environnement, Développement, Climat, et tant d’autres.

Sur 3 respirations d’oxygène à Genève, 2 sont grâce à l’océan et 1 grâce aux forêts

À Genève, chaque inspiration porte la mémoire de la planète. Deux bouffées nous parviennent de l’océan, une des forêts. Ce constat symbolique rappelle que le lien entre nature et vie urbaine est fragile, essentiel — et aujourd’hui menacé.

Dans ce contexte, suite à la Conférence de l’ONU pour l’Océan à Nice et en prévision de l’année mondiale du tourisme résilient qui se prépare pour 2027, le tourisme responsable apparaît non pas comme une simple niche morale, mais comme un levier transversal puissant : capable d’aligner à la fois objectifs humanitaires, retombées économiques, création d’emplois et exigences de la finance à impact.

Le Forum de Genève 2025 consacre la journée du lundi de sa conférence de décembre au thème : « Le tourisme régénératif comme solution transversale pour des projets à fort impact de transformation. »

Cet axe entre dans le thème général de la semaine du Forum de Genève 2025 : « Projets à Impact : Rendre la Genève Internationale et le système de l’ONU lisibles pour la finance à impact. Opportunités d’affaires conjointes. »

Sciences Citoyennes et Participatives

Développer les grands projets internationaux de Sciences Citoyennes au sein du système de l’ONU

Avec sa première édition en 2001, et son renouvellement de stratégie en 2015, la Conférence Annuelle Internationale sur les Sciences Citoyennes, Recherche Participative, Crowd-Innovation et Fab Labs pour la Paix et le Développement, rythme chaque année l’avancement des solutions et outils agiles à disposition des acteurs du domaine.

« Alliances de sciences citoyennes à grande échelle pour transcender durablement les silos de la Genève internationale et du système de l’ONU et s’adresser aux nouvelles sources de la finance à impact »

Finance à Impact et investissement dans l’innovation

Pour connecter la finance, l’innovation et les projets à impact, en particulier dans le tourisme résilient et régénératif.

8 séances thématiques

4 ressources utiles

Le projet à impact expliqué comme si j’avais 5 ans 

Alors, un projet à impact, c’est quoi ?

Un projet à impact, c’est une initiative qui :

  • répond à un besoin réel identifié dans les ODD,
  • crée de la valeur partagée (économique, sociale, environnementale),
  • prouve ses résultats par des indicateurs mesurables,
  • et attire les investisseurs parce qu’elle est rentable par le fait même de résoudre un problème mondial.
Exemple concret :
Une entreprise qui produit des matériaux de construction biosourcés ne “fait pas du vert” :
elle réduit les émissions, relocalise la production, crée de l’emploi et améliore sa rentabilité grâce à l’innovation durable.

Transformer une idée de changemaker en projet à impact 

Thomas EGLI, expert en sciences participatives et pionnier des organisations régénératives ou biomimétiques

À l’heure où la Genève Internationale cherche des solutions concrètes pour accélérer la transition vers une économie à impact, le Forum de Genève se positionne comme un propulseur unique de projets.

Depuis 2001, il réunit des décideurs du plus haut niveau — diplomates, dirigeants d’ONG, investisseurs, philanthropes et responsables d’institutions académiques — pour transformer des idées innovantes en projets à impact international.

Thomas Egli, fondateur et directeur du Forum de Genève, nous explique comment ce processus s’opère et pourquoi il attire chaque année davantage les leaders qui souhaitent “faire le job” que leur organisation attend d’eux : passer de l’idée à l’action.

Projet à impact vers un modèle économique viable et porteur de profit 

Alors que l’économie mondiale traverse une phase de recomposition, les dirigeants et investisseurs cherchent des moyens de rendre les projets à impact non seulement transformateurs mais aussi économiquement viables et capables de passer à l’échelle.

Le Forum de Genève s’est imposé comme un lieu unique où cette transformation s’opère, grâce à une méthodologie rigoureuse, des réseaux de haut niveau et une culture de co-création. Thomas Egli, fondateur et directeur du Forum de Genève, nous explique comment les idées à impact peuvent devenir des modèles économiques robustes, scalables et profitables.

Accompagner un projet existant vers l’impact 

Thomas EGLI, expert en sciences participatives et pionnier des organisations régénératives ou biomimétiques

Alors que les Nations Unies, l’UNDP et les grandes institutions de la Genève Internationale appellent à une transformation profonde des modèles économiques et organisationnels, une question s’impose : comment aider les entreprises, ONG, infrastructures industrielles et acteurs publics déjà en place à évoluer vers l’impact, sans perdre leur ADN ni leur performance ?

Le Forum de Genève s’est imposé comme un catalyseur unique de cette mutation. En réunissant décideurs économiques, responsables institutionnels, investisseurs et porteurs de projets au sein de l’ONU, il permet de convertir des structures existantes en véritables leviers de durabilité, de compétitivité et de rentabilité à long terme.

Thomas Egli, fondateur et directeur du Forum de Genève, nous explique comment cette transformation s’opère concrètement et pourquoi elle est devenue un enjeu stratégique pour tous les secteurs.


A propos de la Geneva Fondation

Une Fondation opérationnelle
qui jette un pont entre la Finance
et les Projets à impact ;
pour transformer les idées en réalité.

Observatoire Citoyen de la Publicité : un outil de signalement participatif des contenus publicitaires abusifs

Après la condamnation récente de Total Énergies pour greenwashing, un collectif d’associations lance l’Observatoire Citoyen de la Publicité (OCP), un outil de signalement participatif des contenus publicitaires abusifs. Cette initiative inédite vise l’implication des citoyens dans le débat sur la réforme de la régulation des contenus publicitaires.

7 associations fondatrice de l’OCP

Sept Associations membres fondatrices de l’OCP :

  1. Communication & Démocratie,
  2. HOP – Halte à l’Obsolescence Programmée,
  3. Institut Veblen,
  4. Les Amis de la Terre – France,
  5. Résistance à l’Agression Publicitaire,
  6. Sherpa,
  7. Zéro Waste France

Ces associations se sont engagées en faveur de la transformation de l’économie, de l’écologie politique, de la lutte contre l’impunité des multinationales et de la régulation de la publicité lancent l’Observatoire Citoyen de la Publicité (OCP) avec 13 partenaires, incluant des associations de consommateurs et des influenceurs spécialisés.

Douze partenaires

Organisations partenaires de l’OCP :

  1. Alerte Greenwashing,
  2. Alternatiba,
  3. Association Addictions France,
  4. La Confédération Syndicale des Familles,
  5. Éclaircies,
  6. Observatoire des Multinationales,
  7. Paye Ton Influence,
  8. Pépites Sexistes,
  9. Perles de greenwashing,
  10. Quota Climat,
  11. Reclaim Finance,
  12. Réseau Action Climat

Un rapport interministériel favorable au renforcement de la régulation de la publicité

Le rapport des inspections générales des finances (IGF), de la culture (IGAC) et du développement durable (IGEDD) intitulé « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable », révélé dans la presse le 25 mars 2025, a été publié par le gouvernement en septembre 2025.

Le rapport proprement dit (40 pages) conclut sans équivoque que la publicité actuelle, concentrée sur des produits néfastes pour l’environnement et la santé, est défavorable à la consommation durable et que la régulation actuelle (autorégulation incluse) est insuffisante.

Il élabore une feuille de route assortie de recommandations, développées dans un plan détaillé
(30 pages) comprenant 13 propositions et un calendrier pour sa mise en œuvre. L’ensemble est
soutenu par 8 Annexes thématiques totalisant 375 pages. Les auteurs du rapport proposent notamment de :

  • confier la coordination et le pilotage d’une politique globale de régulation de la communication commerciale au Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) (proposition 1)
  • renforcer les interdictions sectorielles : améliorer celles introduites par la loi Climat et résilience et pas encore mises en application (sur les énergies fossiles et certains véhicules thermiques) et leur ajouter celle pour les vols courts en avion ou à haute intensité carbone (proposition 13)
  • encadrer l’autorégulation par la loi et mettre l’ Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) sous supervision de l’ARCOM (proposition 7)
  • renforcer l’information du consommateur, notamment en rendant le Nutri-Score obligatoire dans les publicités et in fine, en mettant fin aux obligations de mentions légales (propositions 8, 9, 10 et 11)
  • renforcer les moyens de régulation de la publicité en ligne et des activités des grandes plateformes à travers la révision, à l’échelle européenne, des directives E-Commerce, DMA et SMA

Les inspections générales des trois ministères précités avaient été missionnées par le premier ministre Gabriel Attal en juillet 2024 pour « [évaluer] l’impact de la publicité sur les comportements de consommation et de l’efficacité de la régulation des communications commerciales (CC) au regard des enjeux environnementaux ». Elles ont abouti à leur rapport en décembre 2024.

Comment ça marche ?

l’OCP permet à chaque citoyen de signaler, par un formulaire simple, une publicité qu’il considère abusive en raison d’un discours incitant à la surconsommation, trompeur sur le plan écologique et social ou véhiculant des stéréotypes dégradants.

L’équipe permanente de l’OCP publie ensuite les signalements considérés comme recevables (Publicités signalées) su la base des critères objectifs rendus publics (Notre méthode). Les organisations membres et partenaires de l’ OCP peuvent alors produire une analyse approfondie des campagnes épinglées et les rendre publiques (Nos analyses).

L’OCP publiera chaque année un rapport d’activité. Son objectif est de construire une critique collective des discours véhiculés par les marques et d’interpeller les pouvoirs publics pour faire évoluer les règles qui les encadrent.

Reprendre le contrôle sur les discours publicitaires permet de participer concrètement à l’émergence d’une consommation et d’une société plus responsables.

Au nom de la mode pour tous.
Page d’une analyse : l’exemple de la campagne de Shein

Le lancement de cet Observatoire intervient peu après après la publication officielle du rapport des inspections générales des finances (IGF), de la culture (IGAC) et du développement durable (IGEDD), intitulé « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable ».

Très critique du secteur publicitaire, ce rapport inclut de nombreuses propositions de réformes sur lesquelles la réaction de l’exécutif tarde à se concrétiser.

Comment réussir la transition écologique de son territoire ?

Ce nouveau Grand cours Sator, intitulé « Réussir la transition écologique de son territoire », explore les dimensions démocratiques, sociales et émotionnelles de la transition : comment dépasser le sentiment d’impuissance, accompagner les mutations du rôle des élus et cultiver un leadership coopératif, fondé sur l’écoute, la confiance et la responsabilité partagée. Une masterclass de 10h portée par Pierre Leroy, maire pionnier de l’écologie dans le Briançonnais depuis 30 ans, avec les expertes Albane Roussot et Karine Banderier.

C’est sans doute le plus beau teaser que l’on a produit chez Sator 💓 à regarder dans de bonnes conditions !

Pierre Gilbert – Fondateur de Sator.fr

Ce cours couvre des outils concrets et inspirants — participation citoyenne, ingénieries locales, indicateurs multidimensionnels, récits collectifs — pour faire émerger des pratiques de terrain à la fois ancrées et transformatrices.

Une boite à outil essentielle pour les collectivités et celles et ceux qui vont s’engager pour 2026 pour :

  • ✔️ Comprendre la notion de polycrise et ses implications sur les territoires
  • ✔️ Identifier les principaux blocages culturels, institutionnels et politiques à la transition
  • ✔️ Redécouvrir les communs comme leviers de coopération et de résilience
  • ✔️ Passer du sentiment d’impuissance au pouvoir d’agir individuel et collectif
  • ✔️ Mieux cerner la posture de l’élu et les dilemmes liés à son rôle dans la transition
  • ✔️ Développer des compétences de leadership coopératif et de gouvernance partagée
  • ✔️ Concevoir des démarches participatives adaptées aux besoins et identités locales
  • ✔️ Utiliser des indicateurs multidimensionnels pour évaluer la transformation d’un territoire
  • ✔️ S’outiller concrètement sur les grands champs d’action : énergie, eau, sols, habitat, mobilité, circularité
  • ✔️ Mobiliser la puissance des récits et des imaginaires pour inspirer l’action collective

(Re)donner du pouvoir d’agir aux habitants et aux élus

Face à la polycrise écologique, sociale et démocratique, les territoires sont les premiers laboratoires de la transformation.

Comment redonner sens et puissance à l’action locale, reconnecter élus, citoyens et vivants, et bâtir ensemble des réponses aux défis de notre temps ?

Ce Grand cours Sator, animé par Pierre Leroy, Albane Roussot et Karine Banderier, et en partenariat avec Actes Sud, propose d’en explorer les chemins concrets.

Plutôt qu’un catalogue de solutions, ce cours trace un chemin d’apprentissage : comprendre les crises imbriquées qui traversent nos territoires, identifier ce qui bloque, redécouvrir la richesse des communs, et surtout, réveiller les forces d’action et d’imagination déjà à l’œuvre. À travers des analyses, des témoignages et des récits concrets, les intervenants montrent comment se tissent des alliances entre élus, citoyens, associations et agents pour inventer de nouvelles manières d’habiter et de gouverner.

Le cours explore les dimensions démocratiques, sociales et émotionnelles de la transition : comment dépasser le sentiment d’impuissance, accompagner les mutations du rôle des élus, et cultiver un leadership coopératif, fondé sur l’écoute, la confiance et la responsabilité partagée. Il propose également des outils concrets et inspirants — participation citoyenne, ingénieries locales, indicateurs multidimensionnels, récits collectifs — pour faire émerger des pratiques de terrain à la fois ancrées et transformatrices.

Entre théorie et expérience, ce Grand cours met en lumière une conviction profonde : la transition écologique ne se décrète pas, elle se construit ensemble. Dans chaque territoire, des femmes et des hommes inventent déjà des manières de prendre soin du vivant, de leur communauté et de leur avenir commun. Ce cours leur donne voix et offre à chacun des repères et des leviers pour s’y inscrire à son tour.

Pourquoi ce cours ? Réponse d’Albane Roussot

« Parce qu’en toute humilité on a envie de faire ce qu’on PEUT pour un monde plus juste, plus écologique, plus solidaire et plus joyeux, et qu’on ne se voyait pas rester bras ballants devant les menaces et fluctuations qui s’annoncent.
Parce qu’on aime bien jouer avec le petit et le grand – grandes ambitions et petits pas, petits gestes d’un quotidien malmené et si essentiel –, parce que transition ou redirection écologique ne va pas sans renouveau démocratique et coopération et parce que nous ne sommes pas hermétiques aux lieux que nous façonnons et qui nous façonnent (toute membrane est poreuse, les cellules ne vivent pas sans les flux et liens aux autres cellules).
« 

Albane Roussot est Agronome, facilitatrice et formatrice en Intelligence Collective, Hybridation et Coopération – Exploratrice en Gouvernances et Hack écologique – Accompagnement de territoires et collectifs en transitions

Parce que territoires, démocratie et bien vivre sont intimement liés et nous touchent intimement et collectivement. Parce que vivre ensemble est le plus grand des défis et des temps à venir (savez vous combien nous serons sur cette Terre qui nous héberge ?)

ALORS Soignons nos liens et nos interactions, nos manières de vivre le présent et d’envisager ensemble l’avenir dans nos territoires de vie, nos manières de décider collectivement, sur la base de nos savoirs scientifiques, sensibles et empiriques, et d’un cadre de confiance négocié ensemble…

Si tout cela vous parle, si passer de la cellule aux mouvements planétaires, des besoins humains fondamentaux aux imaginaires et mythes de l’anthropocène, d’un PLU participatif à la Charte des escartons, de l’eco anxiété au pouvoir d’agir, des petites histoires à la grande Histoire, de la figure du maire ou du leader à la française à l’assise citoyenne… jetez un œil, passer un bras ou une jambes dans ce grand Cours qui rassemble nos énergies et des expériences partout en France et plus !

A propos des cours Sator

Quels sont les récits récurrents de désinformation climatique dans les médias ?

La désinformation climatique gagne du terrain dans les médias audiovisuels français : 529 cas ont été détectés en 8 mois. Le phénomène a été multiplié par 3 à l’été 2025, par rapport au début d’année. C’est le constat alarmant du nouveau rapport des ONG Data for Good, QuotaClimat ⏱ et Science Feedback.

À quelques semaines de la COP30, les ONG alertent : sans action rapide, cette désinformation risque de s’infiltrer davantage dans les médias mainstream. Il est urgent de :

  • 👉 Protéger les médias d’intérêt public et les journalistes indépendants
  • 👉 Former les journalistes et rédactions aux narratifs les plus récurrents
  • 👉 Réguler la désinformation climatique

Les résultats clés par Eva Morel, Secrétaire générale de QuotaClimat :

  • La désinformation climatique est concentrée autour de moments identifiés : prise de mandat de Trump, débats sur les ZFE, sur la programmation pluriannuelle de l’énergie et canicule.
  • La presque totalité des cas ciblent les mêmes sujets : plus de 90% concernent les solutions de la transition.
  • Au sein des chaînes d’info en continu, l’audiovisuel public est six fois moins exposé que les chaînes privées.
  • Au sein des chaînes généraliste (radio et télé), Sud Radio, Europe 1 et RMC sont les plus exposées.
  • Chez Sud Radio, un cas est détecté toutes les 40 minutes d’information sur le climat. Chez CNEWS, c’est une fois toutes les heures.
  • Dans le secteur privé, 46% des cas sont prononcés par des journalistes ou des chroniqueurs. Dans le secteur public, les invités (incluant les invités politiques), concentrent 92% des cas identifiés.

    LA bonne nouvelle, selon Eva Morel : « nous avons identifié 19 narratifs récurrents, qui concentrent 80% des cas détectés. Ils sont intégralement décryptés dans le rapport et cela signifie que nous pouvons anticiper les moments ET les formes que prennent la désinformation – donc, s’y préparer avant que le phénomène ne s’accroissent encore plus« .

Principaux narratifs de désinformation

La désinformation climatique bénéficie d’un terreau fertile pour se normaliser

Évolution du nombre de cas de mésinformation climatique et du nombre de programmes distincts correspondant

En France, l’émergence et la normalisation de la désinformation climatique dans le débat public résulte de facteurs convergents : des stratégies politiques exploitant l’information comme outil d’influence, une fragilité démocratique face à cette dérive et des pressions économiques et politiques qui affaiblissent les médias mainstream.

Une fragilisation inédite du journalisme dans son indépendance et son pluralisme

Conséquences de la désinformation climatique en France

Des perceptions publiques brouillées : un terrain propice aux récits climatosceptiques

Malgré l’accumulation de preuves scientifiques et la fréquence croissante des événements climatiques
extrêmes, la perception publique du changement climatique demeure fragmentée en France. Près d’un tiers des Français (33 %, selon l’Obs’COP 2024) exprime encore des doutes sur le rôle déterminant des activités humaines dans le réchauffement, une proportion stable depuis plusieurs années.

Ce socle de climatoscepticisme, minoritaire mais durable, constitue un terreau favorable à la diffusion des campagnes de désinformation, d’autant qu’il se combine à un haut niveau d’adhésion aux thèses complotistes : plus de 60 % des Français déclarent croire à au moins une théorie du complot.

Une augmentation très forte de la désinformation climatique autour de moments politiques et géopolitiques structurants

Une fragilisation du travail législatif et des reculs normatifs qui se cumulent

L’une des conséquences les plus préoccupantes de la banalisation des arguments de désinformation
climatique
est sa capacité à influencer le processus législatif. L’objectif ultime des campagnes organisées d’obstruction n’est pas seulement de créer le doute dans l’opinion publique : il est de faire
en sorte que ces récits soient repris dans le débat institutionnel et médiatique, jusqu’à façonner les décisions politiques.

Un tissu économique et industriel freiné par l’incertitude normative, amplifiée par les campagnes de désinformation

Cartographie des principaux médias audiovisuels français face à la désinformation climatique

Nombre de cas par heure d’information sur le changement climatique

plus les chaînes d’information en continu : traitent de sujets climatiques, moins elles sont poreuses à la désinformation.

Spécifiquement :

  • — CNews s’illustre par une couverture médiatique du changement climatique particulièrement basse,
    tout en diffusant près de deux fois plus de désinformation que ses homologues
  • — France Info Radio s’illustre par une faible prévalence de désinformation, tout en maintenant un haut niveau d’information en comparaison du marché.

S’agissant des radios généralistes, le porosité médiatique aux cas de mésinformation apparaît plus
marquée. Les stations qui diffusent le plus de cas de mésinformation sur le climat – comme Sud Radio,
RMC et Europe 1 – sont aussi celles qui consacrent le moins de temps d’antenne aux enjeux climatiques,
maintenant ainsi leur audience dans un niveau d’information à la fois insuffisant et biaisé.

Graphique : Comparaison entre la prévalence de mésinformation par heure d’information sur le changement climatique et la part de cas de mésinformation prononcés par des journalistes ou des chroniqueurs au sein des médias sur la période analysée [jan 25 – août 25].
Source : données provenant de l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie.
Analyse et grille de lecture : auteurs du rapport.
Légende Disques = nombre de cas identifiés sur la période [jan 25 – août 25]. Échelle Arte (6 cas) ; CNews (164 cas)

De cas isolés de mésinformation climatique aux campagnes structurées de désinformation

Répartition thématique des différents narratifs de désinformation climatique

La recension des cas de mésinformation permet de dégager des répétitions et similarités, et donc d’en déduire l’existence de campagnes de désinformation. À cette fin, l’ensemble des cas de mésinformation détectés ont été regroupés au sein de groupes d’affirmations similaires, statistiquement représentatifs.

  • 63% des cas identifiés traitent du secteur énergétique, spécifiquement des énergies renouvelables,
  • 9% de la mobilité électrique,
  • 8% des sciences climatiques
  • 8% du rôle de la France dans l’action climatique mondiale.

Climat : comment se propage la désinformation ?

Le discrédit des militants et des scientifiques ou encore la minimisation des effets du réchauffement climatique alimentent la mécanique de la désinformation. Face à cette dérive, la COP30 a pour la première fois placé “l’intégrité de l’information climatique” au cœur de ses discussions. Avec :

  • Cyril Dion, auteur, réalisateur et militant écologiste, poète
  • Eva Morel, secrétaire générale de l’association Quota Climat
  • Laurent Cordonier, docteur en sciences sociales, chercheur.

L’association QuotaClimat révèle 128 cas de désinformation climatique sur les 18 principales chaînes de télévision et de radio pour le seul premier trimestre 2025. CNews est depuis peu la première chaîne de télévision condamnée par le Conseil d’État à une amende pour désinformation climatique. Quant à Sud Radio, un cas problématique autour de l’information est détecté toutes les 40 minutes de programme consacré à ce sujet. Quels sont donc les mécanismes de la désinformation sur le dérèglement climatique et comment s’en prémunir ?


Déclaration de Paris sur l’action multilatérale pour l’intégrité de l’information et les médias indépendants

La lutte contre la désinformation climatique et environnementale est une priorité pour construire des politiques publiques environnementales efficaces. La circulation de ces fausses informations est en forte hausse, en particulier à l’approche de grandes mobilisations pour le climat.

La Déclaration de Paris sur l’action multilatérale pour l’intégrité de l’information et les médias indépendants, publiée le 29 octobre 2025, reconnaît qu’une information indépendante et fiable constitue un bien public commun indispensable, et que, sans elle, nous ne serions pas en mesure de traiter les problématiques économiques, sociales et environnementales actuelles les plus urgentes.

De façon complémentaire, le  groupe de travail animé par le Forum sur l’information et la démocratie a rendu ses premières conclusions, le 5 novembre 2025, sur la désinformation climatique et les autres enjeux environnementaux. Co-présidé par l’Arménie, qui accueillera la COP17 sur la biodiversité en 2026, et le Brésil, ce groupe travaille sur cet axe de recherche depuis février 2025.


Vérification des principaux narratifs de désinformation identifiés

“Les énergies renouvelables variables font exploser le prix de l’électricité.” – TROMPEUR

L’électricité d’origine solaire et éolienne est désormais moins coûteuse à produire que l’électricité provenant des centrales à combustibles fossiles ou nucléaires. Plus de solaire et d’éolien n’entraîne pas nécessairement une augmentation des factures d’électricité.

“Les données scientifiques sur l’ampleur du changement climatique sont falsifiées et exagérées par des scientifiques, ONG et institutions, dans le but de manipuler l’opinion publique et de servir leurs propres intérêts.” – INFONDÉ

Il n’existe aucune preuve de “falsification massive des données” ou de “fraude” dans le domaine de la
science climatique. Les affirmations contraires reposent sur des théories du complot et non sur des preuves. Les principaux rapports sur le climat, comme le dernier rapport d’évaluation du GIEC, sont rigoureusement vérifiés par des centaines d’experts scientifiques à travers le monde et attribuent de manière transparente des niveaux de confiance à leurs conclusions

“La France est l’un des pays qui émet le moins de gaz à effet de serre au monde.” – MANQUE DE CONTEXTE

Tant au niveau global que par habitant, la France émet nettement moins de gaz à effet de serre que les
grands émetteurs tels que les États-Unis ou la Chine. Mais la France n’est certainement pas le pays qui émet le moins au monde. Globalement, la France se classe environ 20e au niveau mondial en termes d’émissions de gaz à effet de serre, avec environ 180 pays qui émettent moins qu’elle. Les émissions par habitant relativement faibles de la France sont en grande partie dues à l’utilisation importante de l’énergie nucléaire.

“Les énergies renouvelables variables provoquent des blackouts et compromettent la sécurité d’approvisionnement électrique.” – INFONDÉ

Il n’existe aucune preuve que l’ajout d’énergie solaire et éolienne au réseau provoque des blackouts. Nous
devons certes adapter le réseau pour qu’il puisse gérer l’énergie solaire et éolienne, mais les ingénieurs électriciens sont bien conscients de ce problème et savent comment y remédier.

“Les énergies renouvelables sont inefficaces ou inutiles en raison de leur intermittence.” – INFONDÉ

De nombreux pays sont en mesure de produire une grande partie de leur électricité à partir d’énergies
renouvelables intermittentes. Il existe de nombreuses solutions pour pallier l’intermittence de l’énergie solaire et éolienne, telles que le stockage d’énergie sur le réseau, qui ne dépendent pas des centrales à combustibles fossiles.

“Les voitures électriques polluent plus que les voitures thermiques ou hybrides.” – INEXACT

Tout au long de sa durée de vie, un véhicule à essence est presque toujours responsable de plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’un véhicule électrique comparable. Bien que les batteries des véhicules électriques contiennent des métaux sensibles sur le plan écologique, comme le lithium et le nickel, les experts estiment que leur impact n’est pas supérieur à celui du pétrole nécessaire pour alimenter un véhicule à combustion.

“Les ZFE ne produisent aucun effet écologique notable et ne réduisent pas les émissions de gaz à effet de serre.” – INEXACT

Les zones à faibles émissions (ZFE) ont réduit les niveaux de pollution atmosphérique dans leurs villes
en décourageant ou en interdisant l’accès de certains véhicules à certaines zones. Cette diminution de la pollution atmosphérique a entraîné une amélioration observable de la santé, comme une réduction des cas de maladies respiratoires. La mise en place des ZFE ne vise pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le climat a toujours fluctué de façon naturelle, c’est aussi le cas aujourd’hui et il n’y a aucune raison de s’en inquiéter.” – TROMPEUR

Les données disponibles montrent que les changements climatiques récents sont dus à l’activité humaine – et non à des facteurs naturels – et entraînent une augmentation de certains phénomènes météorologiques extrêmes, en particulier les vagues de chaleur, qui peuvent avoir des conséquences négatives pour les êtres humains. Les conditions climatiques – et leurs fluctuations – qui prévalaient dans le passé lointain de la Terre ne sont pas nécessairement les conditions idéales pour le développement de l’humanité (les périodes glaciaires de la Terre étaient par exemple des “fluctuations naturelles”).

“Le soutien de l’État aux énergies renouvelables est gigantesque (de l’ordre de dizaine voire centaine de milliards d’euros dans les prochaines décennies).” – MANQUE DE CONTEXTE

En 2020, à l’échelle mondiale, environ un tiers des investissements dans les énergies renouvelables provenaient des gouvernements. Le montant de l’aide apportée aux énergies renouvelables est inférieur à celui accordé aux combustibles fossiles, et la construction d’infrastructures pour les énergies renouvelables a un coût environnemental bien moindre que celle des combustibles fossiles. En France, la proposition PPE3 prévoit 3 milliards d’euros par an de soutien public à cet effet.

“En France, la production nucléaire suffit à répondre aux besoins en énergie et grâce à elle le mix électrique et/ou énergétique est déjà décarboné.” – INEXACT

L’énergie nucléaire est une source d’électricité à faible émission de carbone, mais ce n’est pas la seule – les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien le sont également. Bien que la France dispose d’une électricité relativement propre grâce à ses centrales nucléaires, l’électricité n’est pas la seule forme d’énergie. Les combustibles fossiles représentent encore plus de 60 % de la consommation d’énergie de la France – carburants pour alimenter les voitures et chauffage domestique.

“Réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France n’a aucun impact sur le climat surtout si les autres pays ne le font pas.” – ERRONÉ

Réduire les émissions de n’importe quel pays diminue l’apport de gaz à effet de serre dans l’atmosphère –
l’atmosphère ne réagit pas différemment aux réductions d’émissions d’un pays ou d’un autre. Tous les pays émettant moins de 2 % des émissions mondiales (dont la France) représentent ensemble 37,6 % des émissions totales ; ainsi, même les petits émetteurs, comme la France, peuvent contribuer à réduire les émissions totales.

“Le bilan environnemental des éoliennes est négatif, c’est un désastre pour la biodiversité (oiseaux) et la santé humaine (maladies).” – INFONDÉ

Les données disponibles ne permettent pas de qualifier l’impact environnemental des éoliennes de “désastreux” en tant que source d’énergie. En réalité, leur impact sur l’environnement et la santé humaine est très faible par rapport à celui des centrales à combustibles fossiles.

“Les voitures thermiques ne sont pas un problème pour l’environnement, en particulier si elles sont alimentées à l’éthanol, au diesel, ou si elles sont récentes.” – TROMPEUR

Bien que les émissions des voitures thermiques ont diminué au fil du temps, tant en termes d’émissions
de CO2 que d’autres polluants atmosphériques, elles restent généralement plus élevées que celles des voitures électriques. Les voitures diesel n’ont pas connu les mêmes baisses, et les nouvelles voitures diesel ont désormais des émissions plus élevées que les voitures à essence comparables. L’éthanol est moins polluant que l’essence ou le diesel, mais de nombreux scientifiques s’inquiètent de l’usage des terres agricoles pour la production d’éthanol (à partir de cultures maraîchères), ce qui rend ce carburant problématique pour l’environnement.

“On nous fait croire qu’il existe un consensus sur le réchauffement climatique, ce qui est faux puisque certains scientifiques sont en désaccord, et on nous interdit d’en débattre.” – TROMPEUR

Un consensus émerge lorsque la grande majorité des scientifiques parviennent à des conclusions identiques ou similaires en analysant les données scientifiques. Pratiquement tous (97-99 %) les climatologues s’accordent à dire que le climat de la Terre est en train de changer, se réchauffant depuis plusieurs décennies en raison des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Seule une minorité extrêmement réduite de scientifiques “désapprouve”, mais ces derniers n’ont pas présenté de contre-preuve scientifique crédible.

“Les politiques climatiques sont adoptées sans aucune étude préalable, sans connaître l’impact qu’elles pourraient avoir.” – INEXACT

Les études préliminaires sont courantes dans le cadre de nombreuses politiques climatiques. Elles aident
les planificateurs à comprendre les impacts, les avantages et les inconvénients d’une politique avant sa mise en œuvre. Des groupes de réflexion indépendants et des chercheurs universitaires sont également très actifs dans la simulation de domaines tels que les énergies renouvelables.

“L’origine anthropique du réchauffement climatique est incertaine ou insignifiante.” – ERRONÉ

Dans les rapports sur le climat, les scientifiques attribuent des niveaux de confiance à différentes conclusions en fonction de la force et de la certitude des preuves. Le rapport climatique le plus complet au monde décrit la contribution humaine au réchauffement climatique récent comme incontestable, un terme réservé aux cas où les preuves ne laissent pratiquement aucun doute. Plus précisément, les preuves montrent que les humains sont responsables de la quasi-totalité du réchauffement depuis 1950.

“Les solutions de décarbonation de l’économie cachent des intérêts financiers, et non un réel intérêt climatique.” – INFONDÉ

Nous savons que les émissions de gaz à effet de serre provenant des combustibles fossiles modifient le
climat, mais nous savons également que la réduction des émissions provenant de nos sources d’énergie peut réduire les impacts futurs du changement climatique. De plus, les énergies renouvelables sont désormais moins coûteuses à produire que les autres sources d’électricité.

“La climatisation n’a pas d’impact négatif face au changement climatique, c’est une bonne solution d’adaptation.” – MANQUE DE CONTEXTE

La climatisation peut réduire efficacement le nombre de décès liés à la chaleur extrême, mais elle augmente également considérablement la consommation d’énergie (contribuant au changement climatique si l’énergie utilisée n’est pas décarbonée) et entraîne un réchauffement local à l’extérieur du bâtiment.

“L’agriculture et l’élevage sont inoffensifs voire bons pour l’environnement (les prairies sont un puits de carbone).” – ERRONÉ

Il existe des preuves formelles que les pratiques agricoles et d’élevage nuisent à l’environnement. Alors que les prairies naturelles ou peu exploitées stockent le carbone dans leurs sols, il est démontré que leur exploitation les font passer d’un puits à une source de gaz à effet de serre. Et les quelques 1,5 milliard de vaches/bovins élevés par l’homme émettent chaque année plus de 100 millions de tonnes métriques de méthane, un puissant gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement de la planète. Certaines pratiques agricoles sont également liées à la déforestation et à la dégradation des sols.


Cartographie de la désinformation climatique

Le journaliste Jules Xénard a publié une cartographie de la désinformation climatique.

Au-delà des 140 acteurs qui diffusent en France des discours contraires au consensus scientifique sur le changement climatique, cette cartographie en accès ouvert présente aussi les liens entre ces différents acteurs.

En cliquant sur les différents points, on peut voir l’historique des prises de parole des individus et organisations répertoriés et les liens entre acteurs.


Recommandations

Intégrer la désinformation climatique comme élément déterminant des systèmes de réponse rapide

Pour renforcer la préparation aux catastrophes, Science Feedback recommande une approche en trois volets visant à mieux intégrer le risque posé par la désinformation :

  • Investir dans la détection semi-automatisée de la désinformation
    • — Développer des systèmes d’alerte précoce semi-automatisée (certification humaine) dédiés à la
      désinformation (par exemple Climate Safeguards), fonctionnant en parallèle des alertes météorologiques.
    • — Recourir à des outils semi-automatisés pour surveiller en temps réel les “TTPs” (tactics, techniques, procédures), les deepfakes, les campagnes de désinformation prévalentes.
    • — Considérer la désinformation comme un aléa à part entière et institutionnaliser la coordination entre les instances de veille informationnelle, la société civile et les agences de gestion des catastrophes.
    • — Confier ce dispositif à une agence indépendante, dotée d’un mandat clair et rattachée à des instances gouvernementales stratégiques telles que le ministère de l’Intérieur, afin de garantir à la fois son autorité, sa neutralité et sa capacité d’action dans un contexte d’urgence.
  • Relier le suivi de la désinformation aux protocoles de communication du risque
    • — Intégrer les données issues de la veille de désinformation aux protocoles de communication (par
      ex. CAP) et aux stratégies de réponse d’urgence.
    • — Établir des protocoles clairs et transparents pour la validation et la diffusion de l’information, garantissant l’indépendance scientifique et la crédibilité des messages.
  • Consolider et institutionnaliser les partenariats avec les médias
    • — Formaliser des partenariats entre agences de gestion des catastrophes, services météorologiques
      nationaux et médias locaux au moyen de réunions de coordination semestrielles.
    • — Garantir des alertes efficaces, innovantes, multilingues, inclusives et véritablement actionnables
      (par exemple, avec interprétation en langue des signes, formats audio ou en braille).
    • — Développer des programmes de sensibilisation à l’échelle communautaire et des campagnes de renforcement de la confiance avant les catastrophes, afin de s’assurer que les voix d’autorité soient reconnues et crédibles lorsque le choc survient.

Cet effort s’inscrit dans un contexte mondial marqué par un déficit croissant de confiance envers les institutions, les médias et la science climatique.

Toute réponse efficace doit donc prêter une attention particulière à trois piliers de gouvernance :

  • — l’indépendance des sources d’information ;
  • — la capacité et la formation des journalistes à évoluer dans des environnements manipulés ;
  • — la mobilisation des communautés locales pour la collecte et la validation des données.

La collaboration entre les médias, les entreprises technologiques, les organisations de la société civile et les chercheurs, autour du développement et du déploiement transparents de normes communes et de signaux lisibles par machine permettant d’identifier les contenus crédibles et fiables, est essentielle — en gardant à l’esprit que les solutions technologiques ne peuvent à elles seules résoudre des problèmes sociaux et politiques, et que la responsabilité ultime quant à leur conception et à leur fonctionnement
incombe aux individus et aux organisations
.”

France : préparation et résilience face à la désinformation climatique

  • Éducation aux médias
    • Faire de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) la grande cause nationale 2026. Attendue de longue date par la société civile, elle permettrait de donner l’impulsion attendue pour renforcer la résilience informationnelle de la société. Deux priorités sont identifiées : la reconnaissance de l’EMI comme une discipline scolaire à part entière et la création d’une politique publique destinée à l’ensemble de la population, particulièrement des seniors, fortement exposés aux récits fallacieux.
    • La création d’une cellule interministérielle dédiée à l’éducation aux médias et à l’information, rattachée
      au Premier ministre, permettra un portage global d’un dispositif aujourd’hui éclaté entre divers ministères (Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et recherche, Agriculture, Santé).

Rapport Data for Good – QuotaClimat – Science Feedback


Approfondir : Désinformation climatique et guerre informationnelle

Une note de l’Observatoire Défense et Climat / IRIS

Par Éléonore Duffau, chercheuse au sein du programme Climat, Environnement, Sécurité de l’IRIS et de l'Observatoire Défense & Climat, Mathilde Jourde, co-directrice de l’Observatoire Défense & Climat et chercheuse à l'IRIS en charge du Programme Climat, Environnement, Sécurité, et Smilla Guillaume, assistante de recherche au sein du programme Climat, Environnement, Sécurité de l’IRIS.
Matrice des différents canaux de désinformation étatique à destination de l’étranger

Dans la continuité des travaux menés par l’Observatoire Défense et climat sur l’intégration des changements climatiques dans les dynamiques de guerre hybride, cette note propose d’analyser l’instrumentalisation de l’information climatique par des puissances étrangères, grâce à une approche multifactorielle. Dans cette perspective, elle intègre les questions climatiques comme nouvel objet de la guerre informationnelle. Ainsi, après une présentation du cadre méthodologique du nexus désinformation climatique – guerre informationnelle (I), cette note propose un panorama des principaux acteurs étatiques de la désinformation climatique ciblant l’Europe, notamment la Russie et les États-Unis, ainsi que leurs interactions avec des acteurs non étatiques (II). L’analyse porte ensuite sur les conséquences sécuritaires de la désinformation climatique (III). Sur la base de ces conclusions, la note développe trois scénarii de prospective, accompagnés de recommandations à destination du ministère des Armées (IV).

La spécificité de la guerre informationnelle réside dans son caractère évolutif : afin d’atteindre efficacement les opinions publiques, elle s’adapte aux environnements sociaux et politiques en se greffant aux thématiques qui suscitent une attention accrue dans les sociétés ciblées (Chauvancy, 2025). Comme de nombreux autres enjeux, les changements climatiques peuvent donc être intégrés dans le cadre de la guerre informationnelle.

Continuum de contenus informationnels

Bien que l’intégration des questions climatiques dans le cadre d’ingérences informationnelles étrangères soit récente, la manipulation de l’information climatique est en réalité une pratique ancienne. Toutefois, la désinformation climatique contemporaine se distingue par la diversité des acteurs impliqués : aux acteurs des énergies fossiles s’ajoutent désormais ceux de la Big Tech, ainsi que des acteurs étatiques. De 2024 à 2026, la désinformation climatique représentait en moyenne 7,7 % de l’ensemble des contenus de désinformation recensés dans l’Union européenne (UE).

Approche multifactorielle au nexus désinformation climatique – guerre informationnelle

La manipulation de l’information climatique recouvre une diversité de pratiques, dont les nuances reposent sur le degré d’intentionnalité. L’UE établit ainsi une distinction entre « mésinformation » – définie comme la « diffusion de contenus faux ou trompeurs transmis sans intention de nuire, même si leurs effets peuvent néanmoins être préjudiciables » – et la « désinformation », définie comme des « contenus faux ou trompeurs diffusés avec l’intention de tromper ou dans un but lucratif ou politique et susceptibles de causer un préjudice public » (Commission européenne, 2020, p.21).

La désinformation climatique attribuée à la Russie à l’égard de l’Europe et des institutions de l’Union européenne

Agro-écologie : dépasser les idées reçues

Fruit du travail collectif d’une vingtaine de scientifiques et d’expert·es, ce recueil publié par Le Lierre vise à éclairer les débats publics et à proposer des pistes d’action concrètes pour accompagner la transition agricole et alimentaire.

À travers une quinzaine de contributions, il aborde les grandes controverses qui traversent aujourd’hui l’agroécologie : viabilité économique, politiques publiques, normes environnementales, place de la science dans le débat public, et bien d’autres.

Introduction

Un monde qui « marche sur la tête »: récit d’une grande colère agricole – AFP

Depuis 2023, la France a été le théâtre de nombreuses manifestations agricoles. Les tracteurs bloquant les autoroutes ou les panneaux de villages retournés pour symboliser un système “qui marche sur la tête” ont illustré de manière forte la détresse d’une partie du monde agricole. Parmi les revendications de manifestants et de certains syndicats, des demandes sur les prix, le fonctionnement des filières, mais aussi des attaques directes des normes agri-environnementales. Celles-ci, accusées d’être trop complexes, ont été présentées comme des freins au bon fonctionnement des exploitations, à leur rentabilité et à la juste concurrence ; la France étant présentée comme un pays plus exigeant que ses voisins européens en particulier.

Ces critiques sont venues s’ajouter à celles déjà présentes en toile de fond sur la transition vers un modèle agroécologique.

La réduction de l’usage des pesticides ou des engrais de synthèse, le développement de l’agriculture biologique ou d’un élevage à l’herbe seraient irréalistes, impossibles, trop complexes et coûteux à mettre en place …

Leur développement induirait des pertes de rendements qui menaceraient notre souveraineté alimentaire et la capacité de l’agriculture française à “nourrir le monde”. Beaucoup de débats ont eu lieu, dans l’espace public et dans les médias. Derrière des inquiétudes légitimes – assurer notre sécurité alimentaire, garantir un revenu juste aux agriculteurs – de nombreuses contre-vérités sur l’agroécologie ont pu être entendues.

Comme pour beaucoup d’organisations actives sur les enjeux agricoles et environnementaux, cette période a suscité des questionnements pour les membres du Lierre, tous et toutes acteurs publics et actrices publiques, et conscient.e.s de l’importance du sujet.

Comment de telles contre-vérités peuvent-elles continuer à circuler, alors que les études scientifiques démontrent depuis de nombreuses années d’une part la nécessité et la désirabilité d’aller vers des modèles agricoles plus durables, et d’autre part que des solutions techniques et systémiques sont d’ores et déjà disponibles et adaptables à de nombreux systèmes ?

Au sein même de nos administrations, de nos universités, de nos associations, ces résultats scientifiques ne se diffusent pas toujours avec la vitesse et l’ampleur nécessaires.

De plus, la complexité des systèmes agricoles et alimentaires, la diversité des pratiques et des situations, le nécessaire besoin de finesse lors du traitement de certaines problématiques font que même les plus convaincu.e.s manquent parfois d’une vision claire sur la possibilité réelle de mettre en place telle ou telle orientation ou système, d’atteindre tel ou tel objectif.

Nous manquons parfois d’arguments pour participer avec justesse à certains débats qui ont lieu tous les jours sur nos lieux de travail. Nous avons besoin d’outils qui permettent de clarifier, sous un format court, des positionnements scientifiques sur différentes controverses entourant les systèmes agroécologiques, pour se former, autant que pour servir de base de dialogue avec d’autres.

C’est ainsi qu’est né ce projet de recueil, qui cherche à proposer une réponse à cette difficulté, ressentie par les membres du Lierre, pour aider toutes personnes en quête de clarification sur les grandes controverses autour de l’agroécologie.

Objectifs et structures des fiches

La rédaction de ce recueil répond à plusieurs objectifs :

  • s’appuyer sur des expertises scientifiques, Au
  • clarifier les concepts,
  • sortir des idées préconçues voire des caricatures,
  • rassembler des pistes pour avancer pragmatiquement vers un système agri-alimentaire au service de tous et toutes.

Ce recueil est structuré de la manière suivante :

  • La première fiche par Marion Guillou rappelle les raisons pour lesquelles la science appelle à une agriculture plus durable, et précise le sens du terme “agroécologie”.

Les fiches suivantes interrogent la souhaitabilité de la transition agroécologique.

  • Guillaume Martin questionne l’existence d’un risque de baisse de la production mondiale suite au développement de l’agroécologie,
  • Benoît Daviron déconstruit l’idée du besoin de produire plus pour “nourrir le monde”,
  • Alain Karsenty éclaire les liens entre agroécologie et déforestation
  • Harold Levrel explique les liens entre agroécologie et souveraineté alimentaire en France.

Une fois ces éléments posés, le recueil explore la faisabilité concrète du passage à une agriculture mobilisant les principes de l’agroécologie, avec peu d’intrants de synthèse.

  • Florence Jacquet décrypte la question de la réduction de l’usage des pesticides,
  • Thierry Brunelle celle de la réduction de l’usage des engrais de synthèse.

Puis deux auteurs s’intéressent de plus près au cas spécifique de l’agriculture biologique (AB).

  • Laure Mamy et Pierre Benoît présentent les différences de toxicité entre les produits de protection des plantes autorisés en AB et ceux autorisés en agriculture conventionnelle.
  • Eve Fouilleux interroge les causes des difficultés de généraliser l’AB au-delà d’une “niche”.

Les fiches suivantes s’intéressent au cas particulier de l’élevage et de ses impacts :

  • Michel Duru explore la questions de ses émissions de gaz à effet de serre et Fabrice Beline le besoin d’élevage pour fertiliser les cultures.

Enfin, les dernières fiches s’intéressent au “comment faire ?” à d’autres niveaux que celui des pratiques agricoles.

  • Charlie Brocard explore comment agir sur la consommation de viande des ménages
  • Lucile Rogissart étudie si les produits issus de l’agroécologie seraient réellement plus chers à la consommation.
  • Dorian Guinard revient sur l’idée que la France “sur-transposerait” les normes européennes au détriment de ses agriculteurs,
  • Alexis Aulagnier revient sur les politiques de réduction des pesticides, nous interrogeant sur comment nous définissons ce qui constitue ou non une alternative suffisamment viable aux pesticides chimique pour permettre leur interdiction.
  • Jean-Noël Jouzel, Giovanni Prete et Sylvain Brunier déconstruisent la “colère des agriculteurs” et sa supposée origine dans les normes environnementales.
Plateforme des connaissances sur l’agroécologie

Messages clés

Ce recueil aborde des controverses autour des systèmes agricoles et alimentaires agroécologiques, dont la mauvaise compréhension constitue un frein à l’action. Chaque fiche traite d’un sujet différent avec des approches différentes. Pourtant, de multiples éléments reviennent de manière transversale, constituant autant de messages clés à retenir :

1. Les transitions vers des systèmes agricoles et alimentaires agroécologiques constituent un impératif majeur, incontournable et nécessaire.

Les systèmes conventionnels présentent une menace pour la biodiversité et le climat, ainsi que pour la santé humaine. Le niveau de production des systèmes agroécologiques n’est pas fortement réduit dans toutes les filières par rapport aux systèmes conventionnels, et l’augmentation des connaissances va encore permettre de réduire les écarts de rendement qui existent. Les systèmes agroécologiques sont même les meilleurs garants de la sécurité alimentaire, qui dépend moins de notre capacité à produire plus que de notre capacité à distribuer équitablement les productions et à maintenir des agroécosystèmes fonctionnels. Il en est de même pour la souveraineté alimentaire de la France, qui est négativement impactée par la dégradation de l’environnement tout comme par notre forte utilisation d’intrants.

2. Les transitions agroécologiques sont possibles techniquement.

Du point de vue agronomique et zootechnique, rien n’empêche une réduction des pesticides, des engrais ou de l’élevage intensif sans lien au sol, même si de telles transformations présentent une complexité réelle et demandent des changements de pratiques dont l’importance et la difficulté ne sont pas à nier. L’agriculture biologique constitue déjà, en France et dans le monde, un exemple de réussite.

3. Renforcer la durabilité et l’équité de nos systèmes agricoles et alimentaires nécessite d’agir à tous les niveaux des chaînes de valeur.

Les changements de pratiques au niveau des parcelles agricoles ne pourront avoir lieu sans d’importantes transformations au niveau de l’amont et de l’aval des filières (consommation, agro-industries, distribution, restauration, etc.). Ces transformations nécessitent des politiques publiques dédiées.

4. La réduction planifiée et maîtrisée de la production et de la consommation de produits animaux, ainsi que la revalorisation de systèmes vertueux est une clé de voûte de l’agroécologie.

Il ne s’agit pas d’un appel à un véganisme strict et généralisé mais un appel à une consommation réduite, raisonnée et de qualité, permettant de soutenir des types d’élevage vertueux qui offriraient à nos éleveurs un niveau de vie décent. Réduire les productions animales et leurs importations permettrait de dégager des marges de manœuvre pour les transitions, notamment en termes de réallocation des surfaces cultivées. Tout comme en réduire la consommation viendrait libérer des marges de manœuvre budgétaires pour les ménages.

5. Le développement de l’agroécologie n’implique pas nécessairement un renchérissement du coût de l’alimentation.

L’évolution des régimes alimentaires peut se faire avec des implications différentes pour le budget des ménages selon les mesures mises en place. La précarité d’une part grandissante de la population, et la frustration qu’une autre partie ressent du fait de son incapacité à accéder à l’alimentation recommandée par les pouvoirs publics sont évitables. Un système agroécologique pourra même y apporter des réponses à condition que les politiques adéquates soient mises en place.

6. Questionner la faisabilité économique des transitions agroécologiques est légitime, mais le problème est soluble avec les bonnes politiques publiques.

L’agriculture est un secteur largement subventionné en France et en Europe. Sans nier la difficulté d’enclencher les transitions, il est nécessaire de souligner qu’il existe d’importantes marges de manœuvre pour orienter les systèmes vers l’agroécologie. L’effort de finance publique n’est pas aussi grand que ce qui peut être imaginé, à condition que l’on redistribue différemment les financements actuels alloués aux mondes agricole et alimentaire. La colère d’une partie du monde agricole ne trouve pas ses racines profondes dans des normes environnementales trop ambitieuses, mais notamment dans un système profondément inéquitable qu’il convient de transformer.

7. Ainsi, un système agricole et alimentaire agroécologique ne constitue pas un horizon utopique irréalisable.

Il s’agit bien d’un choix politique, sur les manières d’utiliser l’argent public, de répartir la valeur entre les filières et entre les acteurs au sein de ces filières. Des changements profonds sont à enclencher, qui impliquent des politiques audacieuses. Les hésitations sur le modèle agricole à favoriser, la tentation de promouvoir la co-existence de différents modèles, qui peut être politiquement séduisante pour contourner les conflits, est court-termiste : elle ne peut pas fonctionner.

Conférence de présentation

​Pour marquer sa parution, Le Lierre a organisé une conférence à la Fondation Charles Léopold Mayer, animée par Viviane Trèves, pilote du groupe thématique agriculture & alimentation et coordinatrice du recueil.

L’événement a réuni :
Thierry Brunelle, Directeur adjoint et chercheur en économie au CIRED
eve fouilleux, Directrice de recherche en science politique au CNRS
Lucile Rogissart, Chercheuse à I4CE – Institut de l’économie pour le climat / Institute for Climate Economics
– Sylvain Brunier, Chargé de recherche en sociologie au CNRS

Replay de la conférence

Recueil Agro-écologie, dépasser les idées reçues

Urgence climatique, 10 ans pour agir : promesses et réalités de l’Accord de Paris

L’Iddri et La Croix, avec le soutien de RFI, proposent une série de 8 podcasts documentaires sur le bilan et les perspectives, à l’échelle mondiale, de la lutte contre le réchauffement climatique. 10 ans après la COP 21 et l’adoption de l’Accord de Paris, des acteurs de terrain, politiques, économiques, activistes et experts, proposent un regard informé et critique sur les changements constatés dans les secteurs économiques, les politiques climatiques et les émissions de gaz à effet de serre, et proposent des idées novatrices pour la prochaine décennie.

Une série de podcasts documentaires, accessible à tous,
véritable enquête mondiale sur l’action climatique de la décennie passée et les perspectives de la prochaine.

Un podcast de l’Iddri et du quotidien français La Croix

L’Iddri et le quotidien français La Croix lancent une série de podcasts documentaires, d’une ampleur et d’une profondeur inédites, sur le bilan de l’action climatique à l’échelle de la planète depuis l’Accord de Paris en 2015, à la recherche d’un nouvel élan et donc des idées qui pourront être autant de bonnes pistes d’action transformatives pour les 10 prochaines années.

Ce podcast documentaire, Urgence climatique, dix ans pour agir : promesses et réalités de l’Accord de Paris, souligne les progrès accomplis, au travers de 28 entretiens basés sur des faits, pour tordre le cou au dénigrement et à la désinformation. Néanmoins, l’urgence climatique est toujours un enjeu crucial pour nos sociétés.

Ce constat, détaillé dans la série de podcasts, est aussi au cœur des récentes publications expertes de l’Iddri (notamment le rapport annuel de l’initiative Deep Decarbonization Pathways et le papier sur la question de la mise en œuvre, enjeu majeur de la COP 30).

C’est un constat qu’il est nécessaire de diffuser au-delà des sphères expertes, car comprendre la réalité climatique est aussi un enjeu d’information et de démocratie.

C’est la série de podcasts à mettre entre toutes les oreilles curieuses : au fil des huit épisodes, des acteurs de terrain, responsables politiques, économistes, activistes et experts, se succèdent pour analyser les transformations concrètes observées dans nos modes de vie, nos systèmes de production, nos habitudes de consommation, ainsi que dans les politiques publiques et l’évolution des émissions de gaz à effet de serre. Et proposer des idées novatrices pour la prochaine décennie.

Liste des épisodes

Parmi les personnes interviewées : Ana Toni, Laurent Fabius, Laurence Tubiana, Arunabha Ghosh, Li Shuo, Todd Stern et 22 autres.

Et parce que les enjeux climatiques sont par nature mondiaux, la série sort en langue française et sera aussi publiée dans une version anglophone, début décembre, au moment de l’anniversaire des 10 ans de l’Accord de Paris.

Épisode 1 : dans les coulisses d’un accord historique

Après 2009 et l’échec de la COP de Copenhague, c’est la sidération. Mais rapidement, la diplomatie française se met en mouvement pour créer un élan politique favorable à un accord mondial de lutte contre les bouleversements du climat. Les gouvernants chinois et américains s’engagent : c’est la bascule. Avec les témoignages d’aujourd’hui des acteurs et négociateurs clés de 2015, la COP 21 de Paris comme si vous y étiez : récit, anecdotes et analyse. 

Épisode 2 : la chasse au carbone

10 ans après Paris, c’est l’heure d’un premier bilan sur les émissions de gaz à effet de serre. La transition s’enclenche, une nouvelle économie voit le jour, des pays, des secteurs entiers s’engagent. Cependant nous venons de vivre la décennie la plus chaude jamais enregistrée et les émissions mondiales continuent à augmenter. Un épisode pour comprendre ce qui avance, ce qui n’est pas encore à la bonne échelle, et où résident les freins à l’action climatique. 

Épisode 3 : l’énergie, la clé du succès

Les deux tiers des émissions de carbone sont dues à la façon dont nous produisons et consommons de l’énergie : elle est le moteur du développement humain. Or nous sommes de plus en plus nombreux, certains dans des pays en plein développement, d’autres arc-boutés pour préserver leurs modes de vie sans rien changer. Cet épisode propose un panorama mondial de la production et des usages de l’énergie, au terme d’une décennie marquée par le bond spectaculaire des énergies renouvelables. Mais les énergies fossiles – charbon, pétrole, gaz – font de la résistance. 

Épisode 4 : s’adapter face aux crises

Sécheresses, inondations, ouragans, fonte des glaces et des calottes polaires et hausse du niveau de la mer, disparition du froid et une chaleur accrue qui impacte nos vies, notre agriculture, nos productions et.. notre avenir : les bouleversements climatiques sont déjà là, et il faut s’y adapter. Cette question, qui s’est puissamment imposée depuis 10 ans, fait émerger le besoin de finances, met en exergue des tensions sociales et concerne particulièrement les collectivités locales et le secteur privé, face à ses propres risques – singulièrement le secteur des assurances, qui pourrait prendre le rôle de lanceur d’alerte dans la prochaine décennie. Quelle est la frontière entre le gérable et l’ingérable? Une question difficile, et à géométrie variable. 

Épisode 5 : face aux enjeux climatiques, un monde fragmenté

Des guerres, en Ukraine et à Gaza, au retour au pouvoir du climato-négationniste Donald Trump aux Etats-Unis, la géopolitique se recompose à vive allure, faisant la part belle à la force, l’isolationnisme, la désinformation brandie comme arme d’influence, au prix d’un haro sur la science qui conforte les fabricants de la post-vérité.  Des alliances se fragilisent, des certitudes vacillent. Les nouveaux mots des relations internationales sont les mots du repli sur soi. Comment les dépasser, et comment dépasser les clivages nord-sud sous-jacents ? Que faire des rancœurs historiques ? Les acteurs et observateurs proposent des clés pour comprendre ce qui se joue et qui fragilise la lutte contre le réchauffement climatique, avec, souvent, les Etats pétroliers et gaziers à la manœuvre. 

Épisode 6 : finances, le cœur du sujet

L’Afrique abrite 60 % des meilleures ressources solaires au monde, mais elle n’a comptabilisé que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies propres au cours de l’année écoulée. Ce simple constat illustre le défi du financement de la transition énergétique, de l’atténuation des gaz à effet de serre et de l’adaptation. Les flux financiers sont insuffisants et souvent mal orientés. Comment mieux prendre en compte les besoins qui émanent des pays en développement? Comment réformer la Banque mondiale et le FMI dans la bonne direction ? De nouveaux acteurs de la finance émergent, se libérant de la tutelle des anciennes puissances. Et dans le contexte d’une forte pression sur les finances publiques partout dans le monde, le débat sur la création de nouvelles taxes – sur le carbone, l’avion, le carburant des navires – mûrit et prend de l’ampleur. 

Épisode 7 : la société civile, moteur du changement ?

La dimension sociale de la transition, que la France a découvert avec la crise des gilets jaunes, est devenue, partout dans le monde, la clé de l’acceptation des bouleversements que nous devons enclencher ou accélérer pour le climat. Les 90.000 employés du secteur du charbon en Afrique du Sud ne peuvent pas rester au bord de la route : la transition juste est le maître mot des négociations climatiques. Avec une société civile toujours penchée sur l’épaule des dirigeants, même si la génération Greta marque le pas. Les peuples autochtones, maintenant, se font entendre. Enjeux croisés du climat avec le développement, la démocratie, la lutte contre la désinformation : non, décidément, le backlash environnemental n’est pas une prophétie auto-réalisatrice. 

Épisode 8 : après la COP 30, comment continuer à coopérer ?

Parmi les 28 interlocuteurs du monde entier qui se sont exprimés au fil des épisodes de ce podcast, aucun n’a l’intention de baisser les bras, quelle que soit la lourdeur du contexte des deux ou trois dernières années. Dans cet ultime épisode, ils ouvrent des perspectives pour la prochaine décennie. Où seront les nouvelles alliances ? Que peut faire le Brésil, qui accueille la prochaine COP, et qui est moteur au sein du groupe des BRICS ? Que va devenir le commerce mondial ? Aurons-nous encore des règles en commun ? Le mot de la fin sera à une jeune activiste tchadienne : « pensez-vous que nous avons le privilège de perdre espoir ? »

Parlons écologie : informer sans déprimer

Cette série documentaire a été pensée et conçue à l’Iddri, coproduite avec La Croix, et avec le soutien de RFI, et elle a été écrite par la journaliste radio Sophie Larmoyer, dont la carrière est auréolée de nombreux prix.

https://www.la-croix.com <————–> https://www.iddri.org/fr/

La nature à ses justes valeurs : le manifeste du Muséum national d’Histoire naturelle

À l’interface entre science et société, le Muséum national d’Histoire naturelle a une mission de sensibilisation et de partage des savoirs autour des grands enjeux environnementaux. Depuis 2017, il publie chaque année un Manifeste, signé par un comité d’experts interdisciplinaire, qui explore une grande question de société à la lumière de l’histoire naturelle. Le 9e opus de cette série, à paraître le 21 novembre 2025, part de ce constat : alors que les alertes sur l’effondrement de la biodiversité se multiplient, les prises de décision en faveur de sa protection restent souvent timides, voire ambivalentes. Pourquoi une telle inertie face à une crise écologique sans précédent ? Les réponses sont peut-être à chercher dans nos manières d’être en relation avec la nature, c’est-à-dire les différentes valeurs que nous mobilisons pour la défendre ou la transformer.

Alors que les alertes sur l’effondrement de la biodiversité se multiplient, les prises de décision en faveur de sa protection restent souvent timides, voire ambivalentes. Pourquoi une telle inertie face à une crise écologique sans précédent ?

Tandis qu’on s’interroge sur une exploitation des grands fonds marins, les scientifiques mettent en garde contre des conséquences écologiques encore sous-estimées. Les insectes disparaissent, mais les pratiques agricoles intensives en grande partie responsables de cette extinction perdurent. Ces situations mettent l’accent sur une crise plus profonde que la seule crise écologique : une crise des valeurs.

Les décisions politiques qui touchent à l’environnement ne sont pas neutres : chacune d’entre elles est portée par une vision du monde, par des intérêts qui sont susceptibles d’entrer en tension avec d’autres. Privilégier l’extension d’un centre commercial au détriment d’une zone humide n’impacte par exemple pas de la même manière toutes les personnes et tous les groupes sociaux – y compris parmi les générations futures –, ni les lieux et les entités naturelles. Ainsi, les valeurs que nous attribuons à la nature ne sont pas neutres, pas plus qu’elles ne sont universelles ou figées. Elles dépendent de multiples facteurs.

Pour mieux les comprendre et les appréhender, plusieurs classifications ont été proposées. Ainsi, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) distingue trois grands types de valeurs :

  1. les valeurs instrumentales, qui renvoient aux usages que les humains font de la nature ;
  2. les valeurs relationnelles, fondées sur les liens d’identité, de soin et de réciprocité qui existent entre humains, environnements et non-humains ;
  3. les valeurs intrinsèques, qui reconnaissent aux autres vivants et à la nature en général une importance par et pour eux-mêmes.

En invitant à intégrer dans nos prises de décision politiques cette diversité des valeurs attribuées à la nature, ce nouveau Manifeste du Muséum invite à repenser nos cadres juridiques, économiques, éducatifs, culturels et institutionnels.

Il s’agit de pouvoir mieux répondre aux défis environnementaux auxquels nos sociétés sont confrontées, dans une perspective à la fois équitable et durable.

La nature à ses justes valeurs

Un manifeste coordonné par Jane Lecomte, écologue, directrice du département scientifique « Sociétés et environnements » du MNHN et Frédérique Chlous, anthropologue, directrice générale déléguée à la Recherche, l’enseignement, la valorisation et l’expertise au MNHN.

Capitale française de la Biodiversité : le témoignage des 8 nouveaux territoires lauréats

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Depuis 2010, le concours Capitale française de la Biodiversité identifie, valorise et diffuse les meilleures actions réalisées par des communes et intercommunalités françaises en faveur de la biodiversité. Cette année, une soixantaine d’entre elles ont témoigné de leurs réussites et fiertés autour d’un thème volontairement très large, « Culture(s) & Biodiversité » : arts mais aussi culture scientifique et naturaliste, patrimoine, traditions, histoire et même agriculture, horticulture … Leurs témoignages constituent un recueil inspirant de plus d’une centaine d’actions exemplaires.

Muttersholtz (Grand Est)

Autel d’inspiration mégalithique de la forêt sanctuaire / Commune de Muttersholtz

Muttersholtz (Grand Est) a été réélue Capitale française de la Biodiversité 2025, huit ans après son premier titre obtenu en 2017 sur le thème « Aménager, rénover et bâtir en favorisant la biodiversité », confirmant son rôle de porte-étendard de ces territoires champions de la nature.

Muttersholtz affirme son engagement à la croisée de la culture, de la biodiversité et de la citoyenneté avec la création d’une Maison de l’Écologie Culturelle, intégrée dans un projet global de réaménagement du cœur du village : parc, liaisons douces et programmation artistique participative (résidences, expositions, spectacles).

Sur le long terme, la commune restaure un corridor écologique majeur en milieu agricole, via la création de mares, haies, bandes enherbées, et même obligations réelles environnementales avec des propriétaires privés. Ce projet est mené en partenariat avec agriculteurs, associations naturalistes, Maison de la Nature et soutien des institutions régionales.

À travers son jumelage avec une commune guyanaise, Muttersholtz met aussi en lumière le lien entre biodiversité et cultures autochtones amazoniennes, tout en valorisant localement ces dimensions dans les pratiques artistiques, pédagogiques et naturalistes.

Muttersholtz est la 14e Capitale française de la Biodiversité.

Les 3 « Meilleures communes pour la Biodiversité 2025 »

Mesnières en Bray

(Normandie, catégorie des communes de moins de 2 000 hab.)

Mesnières en Bray

Mesnières-en-Bray développe une approche originale du lien entre culture et nature, en mobilisant l’art comme vecteur d’éducation et de convivialité. Résidences d’artistes, ateliers de peinture en nature, expositions photographiques en plein air et événements participatifs (La Grande Lessive, Mesnières fête l’automne) permettent aux habitants de s’approprier leur patrimoine naturel de manière créative et inclusive.

Engagée dans la gestion différenciée des espaces verts depuis 2004, la commune a inscrit la biodiversité dans son plan local d’urbanisme, avec des mesures concrètes : protection des haies bocagères, infiltration des eaux à la parcelle, aménagements paysagers respectueux de l’identité locale, notamment les traditionnelles haies brayonnes.

Elle associe les acteurs du territoire (école, lycée agricole, chasseurs, agriculteurs) à une gestion cohérente et partagée du patrimoine naturel. Le groupement scolaire intercommunal engage les enfants dans des projets concrets de découverte et de préservation de la biodiversité au travers d’une Aire Terrestre Éducative, en lien avec des artistes et le Conservatoire d’espaces naturels de Normandie. Une démarche qui ancre l’apprentissage du vivant dans le quotidien des futurs citoyens.

Angoulême

(Nouvelle-Aquitaine, catégorie des communes de moins de 20 000 hab.)

Angoulême

Avec le « fil vert et culturel », Angoulême repense son centre ancien en alliant végétalisation, désimperméabilisation et mise en valeur du patrimoine, en s’appuyant sur un plan-guide de végétalisation réalisé avec le CEREMA qui à l’ambition de créer une nature urbaine inspirée des paysages calcaires qui entourent la ville.

En parallèle, la municipalité s’attache à valoriser la biodiversité ordinaire en partenariat avec Charente Nature, avec des actions de sensibilisation comme la découverte des plantes sauvages des murs pour inviter les habitants à découvrir la nature présente dans leur quotidien et à porter un nouveau regard sur leur environnement.

La dimension culturelle s’exprime également de manière emblématique à travers l’exposition « Nature de papier », présentée en 2024 au musée du Papier sur l’île de la Charente. L’artiste invitée y a proposé un univers poétique où animaux et paysages reconstitués dialoguent avec le patrimoine local. Accompagnée de films et de dispositifs de médiation, cette exposition a offert au public une expérience sensible, reliant création artistique et sensibilisation à la fragilité du vivant.

Tours

(Centre-Val de Loire, catégorie des communes de moins de 100 000 hab.)

Tours

Déjà reconnue pour la qualité de sa gestion écologique de ses espaces verts, la Ville de Tours accélère sa transition en faveur de la biodiversité urbaine et du lien entre habitants et nature. Adopté en 2020, le plan Nature en ville structure l’ensemble des actions municipales autour d’un objectif clair : rendre la ville plus verte et plus vivante.

En plus des nombreuses actions issues du budget communal, Tours anime un dispositif original de mécénat d’entreprise, qui a permis de mobiliser plus de 500 000 euros pour financer des projets concrets : plantations d’arbres et arbustes, désimperméabilisation et gestion intégrée des eaux pluviales.

Tours affirme aussi son rôle de ville scientifique et naturaliste grâce à son Muséum d’Histoire naturelle et son Jardin botanique engagé dans la sauvegarde des espèces locales et du patrimoine génétique régional. Avec le programme Jardins gourmands et solidaires, elle relie jardinage biologique, bonnes pratiques alimentaires et aide concrète aux foyers les plus démunis avec plus de 10 tonnes de légumes produits par les jardiniers municipaux et distribués via des associations locales.

Enfin, la ville est signataire du Manifeste de la Loire, et œuvre en faveur des droits du Fleuve, reconnue Citoyenne d’honneur.


Prendre en compte la biodiversité dans les opérations d’aménagement – Guide de recommandations et d’évaluation 2026

Dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant, marqué par la loi Biodiversité de 2016, la loi Climat et Résilience de 2021, l’objectif ZAN de 2023 (Loi du 20 juillet 2023, dite « Loi ZAN II ») et le règlement européen sur la restauration de la nature entré en vigueur en 2024, une évolution profonde et systémique de nos pratiques d’aménagement s’impose.

L’Institut Paris Région publie l’étude Prendre en compte la biodiversité dans les opérations d’aménagement – Guide de recommandations et d’évaluation afin d’accompagner les acteurs de l’aménagement dans cette transition. Si la biodiversité est désormais un thème médiatisé dans ce domaine, elle reste parfois cantonnée à du simple « verdissement », sans véritable remise en question des pratiques traditionnelles qui artificialisent les sols et contribuent au déclin des espèces.
Ce guide propose des recommandations et une méthode de travail pour intégrer la biodiversité dans toutes les étapes du projet. Un manuel à la fois théorique et pratique pour réfléchir et être utilisé sur le terrain.


4 « Meilleures intercommunalités pour la biodiversité 2025 »

La Communauté de communes Côte d’Émeraude

(Bretagne, catégorie des intercommunalités rurales)

La Communauté de communes Côte d’Émeraude

Lauréate nationale en 2023 d’un trophée national pour le volet « mobilisation » de son Atlas de la Biodiversité Communale, la communauté de communes Côte d’Émeraude déploie depuis un plan d’action mêlant écologie scientifique, art et participation citoyenne.

Huit espèces « parapluies » représentées chacune par une œuvre de l’artiste Sybille Besançon, servent à mobiliser les communes tous les six mois au cours d’une rencontre où elles s’échangent les oeuvres pour symboliser leur prise de responsabilité et agissent pour préserver l’espèce concernée, avec un soutien financier et technique de l’intercommunalité.

Les habitants sont mobilisés à travers les « bio défis » mensuels, tandis que l’exposition itinérante La fantastique biodiversité de la Côte d’Émeraude relie art et sensibilisation environnementale.

L’office de tourisme intercommunal est aussi formé et mobilisé pour proposer activités et informations aux estivants en lien avec le patrimoine naturel local.

La Communauté de communes Bruyères Vallons des Vosges

(Grand Est, catégorie des intercommunalités rurales)

La Communauté de communes Bruyères Vallons des Vosges

Élue en 2024 Capitale française de la biodiversité sur le thème « Sobriété & Biodiversité », la communauté de communes de Bruyères Vallons des Vosges est à nouveau récompensée cette année sur le thème « Culture & Biodiversité » .

Innovante, la collectivité expérimente une évaluation sensible du territoire, alliant résidences d’artistes et accompagnement sociologique pour intégrer les émotions et perceptions des habitants dans ses politiques publiques.

Elle multiplie les actions ludiques – de l’École des sports nature aux escape games et cartes au trésor – pour sensibiliser tous les publics, même peu intéressés par le sujet de la biodiversité, des adolescents jusqu’aux seniors.

Agglopolys agglomération de Blois

(Centre-Val de Loire, catégorie des intercommunalités urbaines)

Agglopolys agglomération de Blois

Agglopolys, la communauté d’agglomération de Blois, articule étroitement les enjeux liés à la biodiversité, au climat et à la culture du risque.

Forte d’un Atlas de la Biodiversité Communale couvrant 43 communes, la collectivité s’appuie sur un réseau d’associations naturalistes et sur la formation de ses 1 600 agents pour faire émerger une véritable culture du vivant à tous les niveaux de l’action publique.

Agglopolys mène également des projets exemplaires de renaturation, comme la reconversion du secteur de La Bouillie, ancien déversoir de crue de la Loire : 52 hectares déconstruits et rendus à la nature et aux activités de loisirs ou d’agriculture.

Avec l’Observatoire Loire et le projet culturel REGARD, la collectivité fait du fleuve un lieu d’expérimentation artistique, éducative et citoyenne, reliant patrimoine, écologie et créativité.

Le programme Pasto’Loire animé par le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire, complète cette action en conjuguant élevage local et gestion écologique.

CapAtlantique La Baule-Guérande Agglo

(Pays-de-la Loire et Bretagne, catégorie des intercommunalités urbaines)

CapAtlantique La Baule-Guérande Agglo

CapAtlantique La Baule-Guérande Agglo s’appuie sur plus de vingt ans d’expertise naturaliste et de partenariats solides, autour notamment de la gestion de sites Natura 2000.

Avec son Atlas de la Biodiversité Communale mené en partenariat avec le Parc naturel régional de Brière, l’agglomération fonde sa stratégie Biodiversité, adoptée à l’unanimité du conseil communautaire en 2025, sur une connaissance fine des milieux et sur une gestion écologique concertée avec les différentes parties prenantes.

Son engagement en faveur des milieux productifs est exemplaire : avec le programme européen Life Salina elle a concilié activité salicole et préservation des oiseaux migrateurs, tandis que des diagnostics agro-environnementaux accompagnent les agriculteurs volontaires pour la mise en place d’aménagements en faveur de la faune et de la flore.

Sa charte forestière et son programme de restauration de 300 mares favorise la préservation et le retour d’espèces patrimoniales, sur le domaine public comme privé.

Enfin l’agglomération forme son office du tourisme intercommunal aux questions de biodiversité et de fréquentation des espaces naturels.

Palmarès 2025 du concours Capitale française de la Biodiversité

La remise des trophées et le colloque de restitution auront lieu jeudi 20 novembre 2025 de 14h à 18h, accueilli par la Fédération des parcs naturels régionaux à Paris.

Le recueil 2025 d’actions exemplaires « Culture(s) & Biodiversité »


L’Office français de la biodiversité (OFB)

Au cœur des missions qui lui sont confiées par le ministère de la Transition écologique, l’OFB agit pour préserver et restaurer la biodiversité des milieux terrestres, aquatiques et marins, et la gestion durable de l’eau.

www.ofb.gouv.fr

« Nous ne pouvons plus simplement nous contenter de constater le franchissement des seuils de réchauffement »

À l’approche de la COP30 à Belém, au cœur de l’Amazonie, EY décrypte les enjeux qui se jouent lors de cette énième édition qui s’annonce décisive pour l’action climatique internationale.

Alors que les dix dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, et que 2024 est devenue la première année à dépasser le seuil critique de +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, l’urgence climatique impose une mobilisation sans précédent des acteurs publics et privés.

Un déclic décisif et nécessaire pour l’ambition climatique mondiale

Alors que la COP30 marque le pas du 10ème anniversaire de la COP21, nous ne pouvons plus simplement nous contenter de constater le franchissement des seuils de réchauffement. Le seuil des +1,5°C qui était à l’époque le point à éviter coûte que coûte est devenu notre présent, accepté par résignation ou manque de projection – reléguant le climat en bas de la pile des polycrises (guerre, économie…) que nous traversons.

Souhaitons-nous que l’inertie soit aussi de mise quand nous passerons le seuil des +2°C ? La synthèse de 2024 avait déjà pourtant révélé un écart préoccupant entre les trajectoires actuelles et celles compatibles avec une limitation du réchauffement à +2°C réduisant de fait la portée et l’ambition des États dans leurs Contributions Déterminées Nationales (CDN).

Cette COP30 est attendue au tournant, et tout l’enjeu est de réviser ces CDN sur le papier (mais aussi dans les faits) pour accroître significativement l’ambition climatique des États, s’aligner sur des trajectoires compatibles et définir les orientations en matière d’adaptation climatique. Face à l’insuffisance des actions des États et de leurs CDN, les initiatives locales et privées jouent un rôle de plus en plus important, accélérant la transition climatique là où les politiques nationales peinent à avancer.

Premiers rapports CSRD : état des lieux de l’action climatique, niveau de maturité, et bonnes pratiques

L’action doit être un pilier central de la COP30

L’approche de la présidence brésilienne, incarnant la voix du Sud global, place la justice climatique au cœur de son agenda. Structuré autour de six axes thématiques — transition énergétique et industrielle, protection des forêts et de la biodiversité, transformation des systèmes agricoles et alimentaires, résilience des villes et des infrastructures, développement humain et social, ainsi qu’un volet transversal consacré aux leviers d’action (financement, technologies et renforcement des capacités) — l’agenda veut relier l’action climatique aux réalités concrètes vécues par les populations les plus exposées : les impacts du climat sur les personnes, les systèmes alimentaires, la nature, la forêt et l’accès équitable aux ressources. On attend donc de cet agenda une réelle accélération des engagements existants : l’action collective doit devenir la réponse durable à l’urgence climatique.

De Bakou à Belèm, le financement Nord-Sud doit être repensé

Si les engagements pris à Bakou lors de la COP29 ont marqué une étape importante avec l’adoption du New Collective Quantified Goal (NCQG), visant à mobiliser 300 milliards de dollars par an en financement climatique, les pays ont également reconnu, à travers la feuille de route “Baku to Belém”, que les besoins réels des pays en développement s’élèvent davantage à 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 s’ils voulaient faire face efficacement aux impacts du changement climatique. Après avoir tracé une feuille de route ambitieuse avec Baku to Belém, le Brésil est désormais attendu sur la mise en œuvre effective de cet engagement : faire de l’objectif de 1 300 milliards de dollars par an une réalité portée au plus haut niveau politique international.

Cela passera par des leviers innovants, capables de changer l’échelle du financement climatique. Les Debt-for-Climate Swaps, inspirés des mécanismes déjà testés au Belize et en Équateur, permettent de convertir une partie de la dette en investissements climatiques, libérant ainsi des ressources précieuses pour les pays les plus vulnérables.

Dans cette dynamique, le secteur privé – entreprises, investisseurs, institutions financières – détient une part essentielle de la solution, tant pour mobiliser les capitaux nécessaires que pour assurer sa propre résilience, notamment en renforçant celle de ses chaînes de valeur. Les gouvernements, seuls, ne peuvent répondre aux besoins financiers colossaux qu’exige cette transformation.

CSRD, ESRS & Taxonomie : décryptage croisé des dernières évolutions réglementaires et perspectives

Préservation des forêts et résilience alimentaire

Enfin, la localisation de la COP30 va permettre de replacer le poumon vert de la planète au centre des débats : l’Amazonie avec notamment le lancement du Tropical Forests Forever Facility, fonds de 125 milliards de dollars dédié à la conservation des forêts. Les forêts et océans jouent évidemment un rôle vital sur la séquestration carbone, la protection de la biodiversité et la résilience des chaînes de valeur agroalimentaire, de l’énergie et de l’industrie.

« Dix ans après les accords de Paris, et dans un contexte géopolitique complexe, la COP30 doit être celle de l’implémentation. Il ne s’agit plus de définir des cadres (Accord de Paris) ou même de préciser certaines dispositions (art. 6) mais bien de passer à l’action et donc de passer à une phase de mise en œuvre. L’Amazonie, symbole de la biodiversité mondiale, rappelle l’importance de l’intersection entre climat et nature tant sur les solutions via la séquestration carbone pérenne que sur les enjeux d’adaptations aux changement climatique » alerte Frédéric Papon, associé développement durable EY France

Parler de « vivant » plutôt que de « nature » : effet de mode ou tournant politique ?

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Le terme s’est imposé en librairie, en politique. Il est aussi de plus en plus repris par des institutions. Il apparaît souvent comme un synonyme de « nature ». Mais que signifie ce « vivant » dont on se réclame de plus en plus ? Les autrices et auteur de Rendre le vivant politique (éditions de l’Université de Bruxelles, 2025) sondent le succès nouveau de ce mot.

Des membres du groupe d’action contre le changement climatique Extinction Rebellion, le 16 avril 2022. Julien de Rosa/AFP

Par Virginie Arantes et Eric Fabri de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et Krystel Wanneau du Centre national de la recherche scientifique (CNRS)


C’est un terme que l’on entend de plus en plus : « vivant ». Mais d’où vient-il ? que décrit-il ? et pourquoi est-il de plus en plus invoqué ?

Une rapide recherche du terme « vivant » dans Google Ngram Viewer, qui recense la fréquence des mots usités dans les livres numérisés sur Google Books, permet déjà de repérer deux moments où son usage explose : dans les années 1980 et aujourd’hui.

Mis en ligne par Google en décembre 2010, Ngram Viewer permet de visualiser la fréquence de suites de mots dans les livres numérisés sur Google Books. L’outil s’appuie sur plus de 5 millions d’ouvrages, soit environ 4 % des livres jamais publiés, et dont la très grande majorité est postérieure à 1800. L’interprétation des visualisations appelle à la précaution, mais cette courbe sert ici seulement à poser des questions au sujet de ce succès du « vivant » dans la production éditoriale. Capture d’écran Google Ngram Viewer

Le pic des années 1980 peut sans doute s’expliquer par la montée en puissance du discours sur la biodiversité qui n’est plus confinée au registre scientifique. Mais comment expliquer le regain actuel ? Serait-il la manifestation d’un moment politique qui voit le « vivant » devenir un nouvel imaginaire structurant et un horizon de lutte ? Dans les librairies, la tendance est en tout cas nette. Le succès d’ouvrages comme Manières d’être vivant (Baptiste Morizot, 2020), Exploiter les vivants (Paul Guillibert, 2023) ou le Moment du vivant (sous la direction d’Arnaud François et de Frédéric Worms, 2016) témoigne d’une quête de sens et d’un désir de rupture avec une vision instrumentale de la nature.

Mais le mot ne circule pas qu’en rayon : il s’invite de plus en plus dans les slogans militants et partisans. En Belgique, le parti Écolo s’interroge : « Qui va protéger le vivant, qui va protéger ma santé ? », tandis qu’en France, le parti antispéciste Révolution écologique pour le vivant (REV) a été créé en 2018. On retrouve aussi ce terme dans le vocabulaire des politiques publiques, dans les mouvements sociaux, dans les dictionnaires d’écologie politique et jusque dans le langage éducatif.

Dans cette perspective, les défenseurs du vivant appellent à « faire corps » avec les écosystèmes. Ils proposent de repartir des milieux partagés à toutes les échelles – de la mare à l’océan – et de tenir compte de leurs liens, de la goutte d’eau à l’atmosphère.

« Anthropocène », « zone critique » : d’autres termes qui émergent en même temps que celui de « vivant ».

  • Ce déplacement de regard trouve un écho dans l’histoire récente des sciences. Il n’est pas anodin que la notion controversée d’anthropocène, apparue au début des années 2000 dans un colloque de géologues, résonne aujourd’hui dans les luttes pour le vivant. De même, il n’est pas plus surprenant que l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), fondé en 1921 pour étudier les forces telluriques et les champs magnétiques, s’intéresse désormais à la zone critique – cette fine couche où se nouent les interactions entre vie, sol et atmosphère. Chez Bruno Latour, cette zone prend une dimension philosophique : elle devient le lieu d’où penser le « nouveau régime climatique ».

Dans un contexte où les sociétés peinent à répondre à la crise environnementale – et où une partie du débat public rejette même l’écologie –, le terme « vivant » propose de décentrer le regard. Il invite à le déplacer, à voir dans la nature et les êtres qui la peuplent non pas des ressources à dominer, mais des existences avec lesquelles apprendre à cohabiter.


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Pourquoi ce retour du vivant ?

Le « vivant » permet ainsi de dire ce que la « nature » ne permet pas.

Contrairement à « nature », souvent pensée comme un décor extérieur ou une ressource à exploiter, le « vivant » inclut les humains dans une communauté élargie avec les animaux, les végétaux et les écosystèmes, et s’interroge sur l’ensemble plutôt que sur telle ou telle partie. Il insiste sur les relations, sur les interdépendances et sur la fragilité des milieux que nous habitons. Cette nuance explique son succès croissant : il offre un langage qui relie la crise écologique à nos existences concrètes, à nos corps, à nos manières d’habiter le monde sans nous en couper. Il comble les lacunes des analyses trop focalisées sur la partie et qui perdent de vue le tout. Et c’est précisément parce qu’il nous attache à notre être sensible qu’il ouvre un espace de luttes, d’appropriations et d’expérimentations politiques.

Sa signification varie selon les contextes. En français, il évoque des dynamiques d’interdépendance entre humains et non-humains. En anglais (life, living beings, vital), il est souvent ramené aux Life Sciences, c’est-à-dire l’ensemble des sciences de la vie (biologie, médecine, génétique, agronomie, écologie scientifique), à une approche plus fonctionnelle et technique. En Amérique latine, le « vivant » prend une tournure institutionnelle : la Constitution de l’Équateur reconnaît ainsi la Pachamama (la Terre-Mère) comme sujet de droit – une manière de traduire dans le langage juridique des visions du monde autochtones, fondées sur l’harmonie entre les êtres humains et la nature. Le préambule du texte évoque d’ailleurs la volonté de « construire une nouvelle forme de coexistence publique, dans la diversité et en harmonie avec la nature, afin de parvenir au buen vivir, le sumak kawsay », c’est-à-dire le bien vivre ou la vie en plénitude.

Dans d’autres contextes, notamment occidentaux, la gestion écologique reste trop souvent marquée par des logiques de contrôle, de « maîtrise » de la nature et de ses risques, voire d’exclusion, comme le souligne la chercheuse en sciences politiques Krystel Wanneau lorsqu’elle analyse les dispositifs de « solutions fondées sur la nature » promus par les Nations unies. Elle prend ici comme exemple les problèmes d’inondation dans le nord de la France et aux Pays-Bas pour illustrer l’attrait de ces solutions redonnant de la place à la nature en s’inspirant des services offerts par les écosystèmes.

Dès le XIIe siècle, les Flamands ont ainsi mis en place les wateringues, des dispositifs de canaux pour contenir les inondations et gagner des terres agricoles sur la mer. Aujourd’hui, ces approches conciliant activités humaines et préservation écologique se multiplient, mais elles restent marquées par des tensions entre logiques administratives, agricoles, urbaines et écologiques pouvant reconduire des rapports de pouvoir inégaux entre politiques nationales et initiatives locales, comme dans le Nord-Pas-de-Calais. Partout dans le monde, ces approches de gestion des risques « avec » le vivant séduisent sur le papier, mais leur concrétisation se heurte à des conflits dont la résolution appelle de véritables débats démocratiques.

« Dunkerque veut aller plus loin et met en place un partenariat avec les agriculteurs des sections de son territoire pour les amener à ne pas évacuer l’eau systématiquement, mais à refaire des zones humides moins drainées, en contrepartie du paiement de leurs rôles par la communauté urbaine », explique le chercheur Bernard Barraqué dans son article « Les wateringues hier et aujourd’hui, en France et aux Pays-Bas » (2025). CC BY

Pas étonnant donc qu’en parallèle, des alternatives démocratiques émergent. Le mouvement des villes en transition, lancé par l’enseignant britannique Rob Hopkins, promeut des modes de vie collectifs résilients, où « prendre soin du vivant » devient un mot d’ordre local. En France, les Soulèvements de la Terre, ou encore les mobilisations écologistes radicales étudiées par le politiste Luc Sémal, montrent que le vivant peut devenir un outil de mobilisation et de critique.

Parallèlement, certaines collectivités locales expérimentent des Parlements du vivant (dans l’agglomération Dracénie Provence Verdon [Var]) ou des micro-Parlements des vivants (à La Rochelle [Charente-Maritime], à Paris) pour faire participer les écosystèmes dans les décisions publiques afin de dépasser les oppositions modernes entre humain et non-humain, raison et émotion, corps et esprit. Ce changement reflète une tentative de réinventer notre rapport au monde, en mobilisant des savoirs sensibles longtemps marginalisés.

Mais cette prise de conscience ne suffit pas. Comme le montrent les historiens de l’environnement, l’anthropocène n’est pas qu’un moment de réveil écologique : c’est aussi le produit de trajectoires politiques et économiques anciennes, qui vont de l’industrialisation et de l’exploitation coloniale aux logiques extractives et financières contemporaines. Penser le vivant exige donc plus qu’un changement de regard. Il faut transformer les priorités, les institutions, les formes de pouvoir. Les chercheurs en théorie politique Marc-Antoine Sabaté et Emmanuel Charreau insistent : ce n’est pas parce qu’on parle du vivant qu’on agit en conséquence. Il ne suffit pas d’ouvrir les yeux, encore faut-il changer les cadres hérités de ces histoires longues. Avoir conscience du réchauffement climatique ne produit pas une action immédiate, mais plutôt l’inverse.

Ces tensions deviennent de plus en plus visibles en Europe. En Belgique, la Cour constitutionnelle a suspendu le report de l’interdiction des diesels Euro 5 à Bruxelles, mobilisant le droit à la santé et à un environnement sain. En France, le Conseil d’État a condamné l’État pour inaction climatique (affaire Grande-Synthe, dans le Nord), confirmant que seule la contrainte juridique oblige à agir.

Mais la crise des gilets jaunes rappelle que protéger le climat sans corriger les inégalités sociales peut générer de nouvelles fractures. Comme le note le chercheur en théorie politique Éric Fabri, reconnaître le vivant sans transformer les logiques propriétaires revient à reproduire les mêmes asymétries de pouvoir et, en fait, à reconduire le paradigme de la nature (ontologie naturaliste) dont la propriété est une expression juridique. L’histoire des idées est ici utile pour révéler à quel point la vision d’une nature dont l’humain est maître et possesseur est intimement liée à l’idéologie propriétaire. Ne pas la remettre en question, c’est ainsi accepter de continuer à porter les œillères modernes qui font de la nature un ensemble de ressources à s’approprier.

Le vivant bat en brèche cette représentation et invite à penser un rapport au monde qui ne soit pas hiérarchique, unilatéral ni fondé sur la domination.

Une révolution intellectuelle ou un discours récupéré ?

À mesure que le vivant devient un objet de débat, une question devient centrale : assiste-t-on à une transformation en profondeur de nos institutions, ou à une récupération d’un langage critique vidé de sa portée subversive ?

Comme le souligne le professeur en philosophie Philippe Caumières, parler du vivant n’a de sens que si cela s’accompagne d’un véritable renouveau de l’activité politique autonome. Or, aujourd’hui, deux dynamiques coexistent – et parfois s’opposent frontalement. D’un côté, on observe des tentatives sincères pour repenser notre rapport au vivant, à travers le droit, la politique, ou de nouvelles formes de gouvernance écologique. Mais en parallèle, le vivant devient aussi un outil de langage pour des logiques plus anciennes. États et entreprises invoquent la protection du vivant pour légitimer des politiques de contrôle, de marchandisation ou de surveillance.

C’est particulièrement visible en Chine : derrière la bannière de la « civilisation écologique », le Parti communiste chinois promet de réconcilier développement et environnement. Dans les faits, la conservation d’espèces emblématiques comme le panda ou la mise en place de parcs nationaux servent à renforcer le contrôle territorial, à limiter l’accès aux ressources ou à encadrer les populations locales, comme l’analyse la chercheuse en science politique Virginie Arantes, spécialiste de la Chine. Le vivant y devient un capital écologique et symbolique, mais aussi un instrument de gouvernement.

Ceci soulève une question centrale : le vivant remet-il en cause la distinction entre nature et culture, ou la redéfinit-il selon de nouvelles logiques ? Même lorsqu’on parle de vivant, les dynamiques d’exploitation et de pouvoir demeurent. Quel rôle peuvent jouer les humains dans ces conflits d’intérêts interespèces ? Peuvent-ils être arbitres sans imposer leurs propres normes comme seul étalon ? Cette tension traverse également les débats philosophiques. Bruno Latour appelait ainsi à reconstruire nos attachements au vivant et à reconnaître la pluralité des êtres avec lesquels nous cohabitons. Mais des penseurs, comme Frédéric Lordon ou Andreas Malm, rappellent que toute réflexion écologique qui oublie les rapports de classe et la dynamique du capitalisme risque de manquer sa cible. Penser le vivant, oui – mais sans perdre de vue les structures sociales et économiques qui façonnent les conditions de vie et le travail.

Le vivant n’est pas un mot magique. C’est un champ de lutte. Ce qui se joue, c’est la fabrication d’une frontière entre humain et nature, et la difficulté – voire l’impossibilité – d’entretenir avec celle-ci un rapport autre qu’extractiviste. Et la manière dont nous habitons le vivant, le nommons, le protégeons ou l’exploitons en dit long sur le monde que nous sommes en train de construire.

À mesure que le vivant devient un enjeu central, il peut ouvrir des voies nouvelles – ou servir à reconduire des logiques anciennes de domination.

Le défi est triple :

  • Transformer les prises de conscience en actions concrètes.
  • Mobiliser les savoirs permettant de réordonner les priorités politiques.
  • Questionner les formes d’appropriation du vivant, qu’elles soient économiques, juridiques ou politiques.

Plutôt qu’un consensus, le vivant est aujourd’hui une question. Il nous force à choisir : que préserver, pour quels mondes à venir, avec qui et pour qui ?


Cet article est inspiré de l’ouvrage Rendre le vivant politique, dirigé par Virginie Arantes, Éric Fabri et Krystel Wanneau, paru en 2025 aux éditions de l’Université de Bruxelles et consultable en ligne.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Une nouvelle norme sur la biodiversité pour les organisations responsables

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Toutes les entreprises, qu’il s’agisse de la production, de l’exploitation minière, du transport, du commerce de détail ou même des institutions financières, ont un impact direct ou indirect sur la biodiversité. Mais la question essentielle est : comment une organisation peut-elle intégrer la biodiversité dans sa stratégie commerciale ? Josué KONDE KIFOURI, Spécialiste de l’environnement à l’ESG Business Institute, invite les organisations responsables à surveiller la nouvelle norme ISO 17298 sur la biodiversité.

La réalité à affronter

L’évaluation de la World Benchmarking Alliance (WBA) révèle que moins de 1 % des entreprises comprennent réellement à quel point leurs activités dépendent de la nature et des écosystèmes.

Et bien que plus de 50 % des entreprises se soient fixées des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, seules 3 % s’engagent sérieusement vers une trajectoire « Nature-positive » d’ici 2030.

Qu’est-ce que a norme ISO 17298 ?

Elle définit clairement son champ d’application :

  • 🔹 Elle s’applique à tous types d’organisations : entreprises privées, gouvernements locaux, organisations internationales, secteur financier, associations de développement ou ONG.
  • 🔹 Elle est utilisable à tous les niveaux : sites opérationnels (usines, terrains, projets), chaînes d’approvisionnement, et groupes d’entreprises.

Ce que la norme définit

  • 🔹 L’évaluation des impacts et de la dépendance de l’organisation vis-à-vis de la nature
  • 🔹 La hiérarchisation des priorités → définition des objectifs → planification → mise en œuvre
  • 🔹 L’intégration dans la stratégie organisationnelle et les démarches ESG
  • 🔹 La gouvernance, l’engagement des parties prenantes et la communication
  • 🔹 La création d’un langage commun et d’un cadre international pour les actions en faveur de la biodiversité

Pourquoi l’ISO 17298 est-elle importante ?

  • 🔹 Plus de 44 000 milliards de dollars, soit la moitié du PIB mondial, dépendent de la nature
  • 🔹 La maitrise des facteurs de déclin de la biodiversité du fait que l’utilisation des terres et des mers, la surexploitation, le changement climatique, la pollution, les espèces envahissantes s’intensifient
  • 🔹 L’ISO 17298 permet aux organisations de passer de l’intention à l’action concrète, avec un cadre reconnu à l’échelle mondiale

Bénéfices pour les organisations

  • 🔹 Alignement avec le Global Biodiversity Framework (GBF) et les nouvelles politiques
  • 🔹 Renforcement de la gestion des risques et de la résilience des entreprises et de leurs chaînes d’approvisionnement
  • 🔹 Accès facilité à la finance verte, à la confiance des investisseurs et aux opportunités de marché
  • 🔹 Transparence accrue dans les rapports sur la performance liée à la nature
  • 🔹 Renforcement des capacités, notamment pour les PME et les entités publiques débutant dans la démarche biodiversité

Norme ISO 17 298

La biodiversité est une composante indispensable au maintien de la vie sur Terre.

C’est sur elle que reposent la sécurité alimentaire et la production d’aliments à l’échelle mondiale. Elle nous assure également une protection contre les maladies, nous fournit des moyens de subsistance et elle possède une valeur intrinsèque.

Essentielle à la santé des écosystèmes, la biodiversité nous offre une protection contre les catastrophes naturelles et contribue à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à ses effets, à la pureté de l’air et de l’eau ainsi qu’à la bonne santé des sols.

La sauvegarde de la biodiversité est également cruciale pour les entreprises puisqu’il a été estimé que 44 000 milliards de dollars du PIB mondial dépendent modérément ou fortement des ressources naturelles1.

Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal (GBF)2 représente un accord historique pour la société, s’inscrivant dans une logique qui vise à stopper et inverser l’érosion de la biodiversité d’ici à 2030 et à pleinement restaurer la nature d’ici à 2050.

Selon l’objectif 15 du GBF, il est demandé aux grandes entreprises, aux entreprises transnationales et aux institutions financières de contrôler, d’évaluer et de divulguer de manière transparente leurs risques, dépendances et impacts sur la biodiversité, y compris en ce qui concerne leurs chaînes de valeur et leurs portefeuilles.

Ces actions ont pour but d’éviter et de réduire progressivement les incidences négatives sur la biodiversité, d’accroître les avantages et de favoriser les opportunités, de réduire les risques liés à la biodiversité pour les entreprises et les institutions financières, et de promouvoir des actions visant à garantir des modes de production durables. Une démarche normalisée est nécessaire pour atteindre les objectifs de ce cadre.

  1. World Economic Forum. Nature risk rising: why the crisis engulfing nature matters for business and the economy. 2020. https://www.weforum.org/publications/nature-risk-rising-why-the-crisis-engulfing-nature-matters-for-business-and-the-economy/ ↩︎
  2. Conference of the parties to the Convention on Biological Diversity, Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework, 2022 ↩︎

A propos de Josué KONDE KIFOURI

A propos de l’ISO

Depuis plus de 20 ans, Label Vie œuvre pour reconnecter les tout-petits au vivant

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Depuis plus de 20 ans, Label Vie accompagne les structures de la petite enfance vers une transition écologique concrète et bienveillante. Grâce au label Ecolo Crèche®, l’association accompagne crèches, assistantes maternelles et centres de loisirs dans des démarches engagées et durables.

Agir pour une écologie vivante

  • Mission : Faire de chaque lieu de vie un écosystème sain, vivant et inspirant pour les enfants… et pour les adultes qui les accompagnent.
  • Vision : remettre la biodiversité au cœur du quotidien, dès le plus jeune âge, en valorisant les liens entre santé, nature et éducation.

Donner pour la biodiversité, c’est investir pour l’avenir.

Le Poids du Vivant, l’outil philanthropique qui m’a manqué lorsque j’étais à la tête de mon entreprise.”

Franck Couturieux, fondateur de Le Poids du Vivant

Pourquoi soutenir Label Vie avec votre entreprise ?

  • Donner du sens à votre stratégie RSE avec des actions ancrées sur le terrain, auprès des professionnels de la petite enfance.
  • Associer votre marque à un projet porteur d’avenir : écologie, pédagogie, santé et engagement social.
  • Agir pour les générations futures dès aujourd’hui, là où tout commence.

A propos de l’Association Label Vie

Le rôle de l’association

Label Vie propose aux professionnels de la petite enfance un ensemble de services pour les aider à mettre en place des pratiques écoresponsables et réduire leur impact environnemental. Leurs labels œuvrent pour la qualité d’accueil, la santé des publics, la qualité de vie au travail des professionnels ainsi que la valorisation et l’attractivité de ces métiers. En parallèle, Label Vie porte des projets d’innovation et de plaidoyer pour faire bouger les règlementations en vigueur vers une société plus viable, humaine et durable.

Le projet

En 2025, Label Vie travaille au développement de nouveaux programmes d’accompagnement autour de la thématique « Adaptation au changement climatique & Végétalisation des extérieurs ». L’association développe des projets pour essaimer leurs méthodes : un projet de premier ecolieu de l’écologie et la petite enfance et des pilotes dans le secteur de l’autonomie (handicap et vieillesse) pour travailler sur la réplicabilité de nos méthodologies et référentiels qualité.

next 10 ! Vers un Leadership Régénératif pour réussir la transition économique, sociale et environnementale

Qu’avez-vous prévu de faire ces 10 prochaines années, afin d’assurer la robustesse de votre entreprise face aux défis économiques, sociaux et environnementaux ? Pour Laurence Pintenat, fondatrice de next 10 !, cela passe notamment  par la transformation de votre Organisation pour l’aider à performer différemment au sein des limites des ressources planétaires. Entreprise Responsable, Contributive ou Régénérative, l’essentiel est de vous développer tout en contribuant à l’épanouissement du vivant. Elle a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable, synthèse entre les 9 besoins fondamentaux de l’être humain et les 9 principes du vivant.

Qui est Laurence Pintenat ?

Laurence Pintenat, fondatrice de next 10 !, aide les entreprises à évoluer vers des modèles d’affaires plus durables, en s’appuyant sur sa double expérience en Développement du leadership et Transition Ecologique & Sociétale.

Par exemple :

  • Bâtir et implémenter une stratégie RSE intégrée
  • Engager la gouvernance et la ligne managériale
  • Piloter le dialogue avec les parties Prenantes
  • Catalyser les changements nécessaires
  • Équiper les individus et équipes avec les nouvelles compétences nécessaires
  • Transformer ce qui empêche d’avancer
  • Mesurer les impacts
  • Mettre en lien les personnes (inter-équipes internes et externes)
  • Promouvoir des Organisations qui contribuent à un monde durable.

Pratiques régénératives, éco-conception, économie circulaire, biodiversité, finance durable et innovation

Auparavant, Laurence a développé une expertise en Gestion des talents (recruter, sélectionner, développer, promouvoir, détecter le potentiel, fidéliser les talents à tous les niveaux). Elle a collaboré avec 60 entreprises internationales en 28 ans de carrière chez un pionnier et leader dans le domaine : DDI. Elle a travaillé avec des personnes très diverses, du PDG aux collaborateurs, avec des rôles Business ou Fonctions Support, en Europe, Amériques ou Asie. En Anglais et Français.

Elle a aidé au développement du leadership et des talents auprès de décideurs clés :

  • définition des stratégies de leadership soutenant explicitement les enjeux business;
  • services d’évaluation et de développement du leadership;
  • transfert des compétences en interne et à des clients (Opérationnels et RH).

    Elle a dirigé des projets globaux et des équipes internationales pour implémenter des stratégies Talents. Lors de l’animation d’équipes et de ses interactions internationales, elle a appliqué ces méthodologies, outils, état d’esprit et comportements appris.

Laurence Pintenat – next 10 !
photo © Hermance Triay

Mon futur désirable pour 2050 :

Nous vivons dans un monde où les êtres vivants, dont les humains,  peuvent respirer à pleins poumons, boire de l’eau potable quand ils ont soif, manger correctement pour satisfaire leurs besoins vitaux. Ils trouvent leur place dans la société et prennent des initiatives utiles et bénéfiques pour l’humanité, la nature et l’économie. Un monde où plus de 50% des entreprises et organisations ont réussi à évoluer avec succès vers des modèles d’affaires régénératifs pérennes. »


Développer un Leadership Catalyseur d’impacts positifs

Un Atelier de Sensibilisation aux fondamentaux

La Transition économique, sociale et environnementale amène un changement de paradigme au sein des Entreprises qui veulent continuer à exister ou rester leader sur leur marché, dans le contexte des limites planétaires. L’une des difficultés dans la pratique quotidienne est :

Comment conjuguer
« Atteindre les résultats » et
« Prendre soin de l’humain & de la Nature »

Pour accélérer l’évolution des modèles d’affaires, faciliter le passage à l’action individuelle et collective, les entreprises ont besoin d’un leadership inspirant, authentique et catalyseur de nouvelles pratiques et comportements visant à remettre de la vie au centre des décisions, actions et résultats.

Venez vivre le 1er module d’un programme visant à développer des pratiques et comportements régénératifs !

Question Cdurable à Laurence Pintenat

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au-delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons aujourd’hui, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Laurence Pintenat – next 10 !
photo © Hermance Triay

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Le Val d’Escreins

Je pense avoir une sensibilité intrinsèque au Vivant, développée au fil des années de façons inconsciente puis consciente : 

  • Un contact vécu comme « normal » avec la nature :  Enfant et adolescente, j’ai passé quasiment tous mes week-ends en forêt de Fontainebleau et une bonne partie de mes vacances d’été dans la Réserve naturelle du Val d’Escreins à faire du camping sauvage avec ma famille (oui à l’époque, c’était autorisé 😊), en total respect avec les lieux, la végétation, les animaux.
  • Le mouvement : mon motto est : « La vie c’est le mouvement, et le mouvement, c’est la vie », que ce soit un mouvement physique, intellectuel ou émotionnel, petit ou grand, lent ou rapide. Le vivant est animé me semble-t-il par cette notion de mouvement. 

Le tout a développé chez moi un profond respect pour toute forme de vie et l’envie de « faire avec la nature ». 

A l’âge adulte,  j’ai gardé cela ancré au plus profond  de moi-même. Et il y a 2 ans quand j’ai décidé de réorienter mon activité professionnelle, tout est remonté à la surface et c’est naturellement que je me suis formée à la transition économique, sociale et environnementale, pour accompagner les entreprises dans l’évolution de leur modèle d’affaire et leur culture vers des pratiques régénératives ; puis entrepris un Master en Ingénierie écologique, option entreprenariat, pour œuvrer dans la restauration du Vivant dans les écosystèmes. 

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mes besoins ? manger uniquement quand j’ai faim (nous avons la chance d’être dans un pays où nous pouvons nous le permettre). Je suis gourmande (surtout pour le sucré), par contre je ne peux pas manger de grosses quantités à la fois.

Je mange lentement, donc la bonne nouvelle, c’est que le plaisir dure longtemps 😊.

Je privilégie naturellement les légumes, les œufs, le poisson, le fromage et les fruits, bio et locaux quand c’est possible. J’ai quasiment arrêté la viande rouge depuis 5 ans. Et cela ne me manque pas. Mais je mange ce qui se présente quand je suis invitée chez des amis qui n’ont pas forcément les mêmes habitudes alimentaires que moi. Je partage des alternatives alimentaires à cette occasion quand la discussion s’y prête.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

J’habite dans une maison assez ancienne dont nous avons refait l’isolation. Nous faisons attention à la consommation d’eau et d’électricité (éteindre les lumières en quittant une pièce est une habitude familiale acquise toute petite ; et quant au chauffage, la famille s’est habituée à porter une laine de plus ou faire du sport/bouger, plutôt que d’augmenter la température).

J’ai la chance d’avoir un petit jardin : je n’ai pas spécialement la main verte, et ce n’est finalement pas plus mal, car j’ai décidé cette année de laisser pousser l’herbe et les « mauvaises herbes » (qui finalement n’en sont pas), afin de laisser la biodiversité s’exprimer. Ce bout de jardin abrite également un coin compost.

Mon habitat idéal ? En bois, avec un maximum de verdure autour… et la mer.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé 

Je pratique la danse depuis toujours (au début classique puis très vite la danse contemporaine a pris le pas – sans jeu de mots 😊).

Ce sont succédées ensuite différentes pratiques (Taï-Chi, Chi-Cong, Aïkido, Stretching & Renforcement musculaire, Tango argentin Aquabike, Pilates), avec pour toutes 3 éléments en commun :

  • elles peuvent se pratiquer en salle ou dehors ;
  • elles se pratiquent en interaction avec l’autre ou en collectif ;
  • elles « partent » pour la plupart du ventre/ bassin, région du corps où siège l’intestin grêle.

Ne dit-on pas que l’intestin est un organe essentiel qui influence non seulement la digestion, mais également la santé mentale et émotionnelle ? 

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Je dirais des savoirs multi-disciplinaires. Ma formation de base en Sciences naturelles et en Psychologie du Travail, Expérimentale et Sociale, complétée plus tard par des connaissances en développement d’affaires, en gestion de projet, en développement du leadership, en Transition écologique & sociétale, et en Ingénierie écologique

Je fais partie de plusieurs collectifs dans le monde de la transition écologique et en particulier dans celui du Régénératif, ce qui me donne accès à des savoirs spécifiques qui touchent à l’économie (modèles d’affaire), au social (le facteur humain) et à l’environnement (la Nature de façon large)

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Dans une première partie de ma carrière, j’ai accompagné les organisations privées ou publiques françaises et internationales dans leurs transformations en développant une culture et un leadership qui favorisaient le participatif, l’engagement, l’autonomie et la responsabilité individuelle, la prise d’initiative,  et la fidélisation des talents.

Je veillais autant que possible à équilibrer besoins business et besoins humains dans mes interventions. Ma reconversion m’a permis de mettre toute mon expérience au service d’une transformation qui me tient à cœur : la transition économique, sociale et environnementale,  tout en acquérant de nouvelles expertises autour du Vivant et de l’éco-ingénierie.

La nature y est intégrée au même titre que l’humain et l’économique. J’ai trouvé ma juste place. 

Laurence Pintenat lors de la co-animation d’un atelier sur le leadership

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Je me déplace à pied ou en transports en commun pour mes besoins quotidiens.

Nous prenons le train avec ma famille pour les longs trajets. Nous n’avons pas pris l’avion depuis 2019 (et cela ne nous manque pas). Au niveau chauffage, nous utilisons deux poêles de masse et complétons par un chauffage électrique quand il est besoin (fournisseur « vert » choisi volontairement). Les pièces sont chauffées à 17-18 degrés en hiver. Cela maintient en forme. Et nous avons pris l’habitude de bouger et de porter un pull bien chaud. 

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Les solutions pour soutenir un monde vivable existent, qu’elles prennent la forme de solutions techniques, innovations, législations, structures, etc. 

Ce sont les êtres humains qui peuvent décider de les actionner en créant une vision à long terme et systémique, en re-fléchant les investissements budgétaires ; ce sont les êtres humains également qui les mettront en œuvre (et pas, ou pas seulement les robots ou l’IA).

Mon implication personnelle est donc déjà de travailler auprès des êtres humains pour les sensibiliser, faire en sorte qu’ils aient des déclics, qu’ils développent leur potentiel, leur capacité d’action individuelle et collective.

AGIR pour que les êtres humains soient en capacité individuelle ou collective de se régénérer eux-mêmes, les autres et les écosystèmes dont ils dépendent. 

L’eau et les océans sont des domaines dans lesquels je vais m’impliquer de plus en plus également en 2026.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Je fais partie de plusieurs collectifs dont l’objectif est de redonner toute sa place au Vivant au sein des Organisations : Nous Sommes Vivants, GenAct, Open Lande, Team for the Planet. J’y interviens ou prend part à des projets de façon bénévole ou rémunérée. 

Session Découverte du RegenBMC, Nous Sommes Vivants, Paris Février 2025

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Devant la complexité et l’étendue systémique des problématiques liées à la transition, certains autour de nous peuvent baisser les bras ou se sentir impuissants.

Je crois que la qualité des interactions est une chose sur laquelle chacun.e a le pouvoir d’agir. La bonne nouvelle est que cela se développe ! Et c’est la clé

Car finalement, la solution à tous les défis auxquels nous devons faire face pour rester en vie n’est-elle pas avant tout humaine et collective ?


Podcast Entrelacs : L’atteinte des objectifs est directement lié à la qualité des interactions entre les individus

En collaboration avec Nicolas Sabatier (co-fondateur de Team for The Planet)  et Gaëlle Bruneteau (podcast Entrelacs)

Les seniors et l’engagement climatique : ils sont essentiels et mobilisés pour la transition écologique

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Qui sont les seniors et comment vivent-ils en France en 2025 ? Quel est leur niveau de connaissances et d’implication vis-à-vis des enjeux climatiques et environnementaux ? Existe-t-il une “génération climat”, jeune et engagée, et des seniors en retrait ? Que retenir des seniors déjà engagés en France et ailleurs pour penser leur place dans la mobilisation ? Les réponses dans les résultats de l’étude Parlons Climat sur Les seniors & l’engagement climatique publiée en Octobre 2025.

Les seniors ont parfois la réputation d’être peu concernés et mobilisés sur les enjeux environnementaux. Dans cette étude inédite, qui croise analyse quantitative et entretiens qualitatifs, Parlons Climat passe en revue le niveau de connaissances, les pratiques écologiques consenties ou non par la génération des baby-boomers (65-80 ans), mais surtout leur rôle spécifique dans la transition écologique et leur potentiel de mobilisation. A bien des égards, cette étude déconstruit l’idée d’une jeune génération climat engagée et de seniors en retrait.

Réalités des seniors

Qui sont les seniors et comment vivent-ils en France en 2025 ?

  • Les seniors jouissent d’un niveau de vie supérieur à la moyenne, sont davantage propriétaires de leur logement (7 sur 10) mais aussi moins touchés par la pauvreté (10% vs. 16% pour les non retraités). C’est aussi la classe d’âge la plus homogène en termes de niveau de vie.
  • Géographiquement, une répartition plus dense dans la moitié sud du pays, près des littoraux (façade atlantique, Méditerranée) et dans le Massif central. Une surreprésentation en milieu rural, une moindre présence dans les grandes villes.
  • Une forte empreinte du catholicisme avec des valeurs et une éducation religieuse qui leur ont été transmises par leurs parents. Aujourd’hui, 6 seniors sur 10 se disent catholiques.
  • Les seniors sont aussi des grands-parents. L’âge moyen où l’on devient grand-parent est de 54 ans.
  • Les seniors sont très actifs dans la vie politique et locale, avec une forte propension à voter et à être en lien avec les autres (voisins, bénévolat).

Le sentiment que le pays se délite

Disparition du vivre ensemble : des seniors nostalgiques d’un temps où on se parlait, s’écoutait, se mélangeait.

Les seniors sont inquiets de l’effritement de la cohésion sociale et nationale, ainsi que de la situation économique et politique de la France.
Un sentiment de perte, de dégradation, très prégnant par rapport à des temps qu’ils ont connus plus stables, solidaires et prospères.
Certains évoquent la fin d’une période, le début d’une autre.

Rapport aux enjeux environnementaux

Quel niveau de connaissances et d’implication ont-ils vis-à-vis des enjeux climatiques et environnementaux ?

Les instances étatiques et supranationales perçues comme particulièrement
efficaces

Les seniors 65-80 ans, comme l’ensemble de la population, s’accordent sur le rôle prépondérant de l’État mais aussi des citoyens dans la lutte contre le changement climatique.
Alors que les seniors valorisent le rôle des instances internationales, les moins de 35 ans privilégient les entreprises et surclassent les associations et la société civile par rapport au reste de la population française.
On note une part plus importante (12%) de seniors déclarant que “personne” n’est efficace pour résoudre le changement climatique, contre 4% chez les moins de 35 ans

Quels acteurs sont les plus efficaces pour résoudre le changement climatique ?

Une bonne confiance envers les scientifiques, qui sont aussi les émetteurs les plus légitimes pour parler climat

Un flou subsiste quant à l’origine du changement climatique, mais son existence ne fait aucun doute

Si 6 seniors sur 10 estiment que le changement climatique est dû aux activités humaines, ils sont plus nombreux que le reste de la population, et notamment que les moins de 35 ans, à déclarer qu’il s’agit d’un phénomène naturel comme il en a toujours existé (31% vs. 18%).
A noter que l’existence même du changement climatique n’est pas questionnée, c’est même la tranche d’âge qui compte le moins de dénialistes (1%).

Engagements et répertoire d’actions

Existe-t-il une “génération climat” jeune et engagée et des seniors en retrait ?

Les seniors, champions des éco-gestes et des économies d’énergie

Avec des pratiques très ancrées dans le quotidien, les éco-gestes sont bien plus l’apanage des seniors que des jeunes. Il s’agit néanmoins davantage de réflexes hérités d’une enfance où “faire attention” était de rigueur que d’un engagement conscient en faveur de l’environnement.

Ces petits gestes sont spontanément mis en avant lors des entretiens par les seniors les moins engagés quand il est question de parler de leurs pratiques écologiques. Pratiques qui leur permettent parfois de se
sentir “un peu écolo” à leur manière.

A noter que cette vision des solutions, très portée sur les petits gestes, n’est pas spécifique aux seniors mais à tous les individus non engagés/sensibles au sujet

Engagement par la consommation : des pratiques contrastées entre générations

Les seniors sont les piliers du monde associatif

Malgré une baisse importante de l’engagement associatif depuis 2010, les seniors sont la tranche d’âge la plus active dans le milieu associatif (24%). Mais leur rôle est d’autant plus clé au regard du temps important qu’ils y consacrent (6 sur 10 donnent du temps toutes les semaines, un quart donne un à plusieurs jours par semaine) et des fonctions clés d’encadrement qu’ils occupent (40% des retraités bénévoles). Les retraités œuvrent majoritairement dans les organisations sociales et caritatives.

Des seniors en soutien, voire en demande, de mesures réglementaires et politiques contraignantes

Une capacité à accepter les règles, et le sens du sacrifice. De nombreux interviewés ont pointé du doigt l’individualisme ambiant, appelant à faire “des sacrifices”, “des concessions”, pour avancer collectivement.
Ils sont en demande de “directions claires” et de règles en provenance des politiques “que tout le monde doit accepter” pour conserver “l’unité du pays”.

Focus sur les seniors engagés – en France et ailleurs

Que peut-on apprendre des seniors déjà engagés pour penser plus globalement leur place au sein d’un mouvement pro-environnement ?

Qui sont les seniors qui priorisent le climat ?

Tour d’horizon des mobilisations et initiatives par / pour les seniors

Parlons Climat a réalisé une recherche documentaire mettant en lumière une quinzaine d’initiatives en Amérique du Nord, en Europe et en Chine. Celles-ci peuvent se classer en 3 axes :

  • 1. Les mouvements militants / citoyens qui dénoncent et font pression. Ils sont organisés en réseau avec des groupes locaux et/ou thématiques, et parfois repris par d’autres pays.
  • Les programmes d’éducation et sensibilisation qui informent et transmettent, notamment portés par des universités et organismes de formation.
  • Les opérations collectives qui font faire et guident l’action sur le terrain.

Conclusions & recommandations

Principaux enseignements de cette étude :

  • Les seniors, une classe d’âge hétérogène, presque comme les autres. Comme dans le reste de la population, les 65-80 ans comptent des individus engagés et d’autres non.
  • Le clivage générationnel n’a pas lieu d’être. Les seniors ne sont pas moins engagés que les jeunes. Ils le sont surtout différemment.
  • Les seniors ont un rôle important à jouer dans la transition écologique. Au regard du temps, de l’envie de participer, des compétences, de l’expérience dont ils disposent et de leur influence dans la société (liens sociaux, épargne, vote), les seniors ont un rôle déterminant dans la réussite de la transition.

Alors que la mobilisation pour le climat et la transition écologique doit engager une nouvelle phase (cf. Le pivot majoritaire), cette étude sur les seniors nous offre de repenser, et surtout d’élargir, la conception que nous avons de l’engagement écologique.

Comment parler d’écologie aux seniors ?

Les résultats complets de l’étude

Que peut le Conseil constitutionnel face aux reculs récents de la protection de l’environnement ?

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Depuis plusieurs mois, les signaux de recul des politiques écologiques se multiplient. Ces régressions se font à contre-courant de l’opinion publique, du consensus scientifique et parfois même de l’état de droit. En 2025, la loi d’orientation agricole et la loi Duplomb les illustrent parfaitement. Dans ce décryptage de la Fabrique Écologique, Frédéric Tiberghien, Conseiller d’état honoraire, revient sur les décisions du Conseil constitutionnel à propos de ces deux lois, et les implications politiques liées à la protection de l’environnement.

Messages clés

  1. La Charte de l’environnement, intégrée en 2005 à la Constitution française, a instauré de nouveaux droits, devoirs ou principes. Des progrès donc. Des reculs pourtant avec l’accélération des crises. Les engagements ambitieux font long feu, sous l’influence de lobbies, et les reculs s’accumulent (e.g. loi d’orientation agricole et Duplomb en 2025).
  2. Ces régressions, à contre-courant de l’opinion publique, du consensus scientifique et parfois même de l’état de droit, ont été atténuées par le Conseil constitutionnel. En revanche, son pouvoir n’est pas celui du Parlement, et n’offre donc pas de garantie contre d’autres offensives contre l’environnement.
  3. Dans la droite ligne de la Déclaration de Rio de juin 1992, et en accord avec la Charte de l’environnement, seule une implication plus large des citoyens quant aux mesures environnementales à fort impact pourrait offrir une politique environnementale à la hauteur des enjeux.

Sommaire

  • I. Synthèse
  • II. Un État empêtré dans des conflits d’intérêts et sans direction environnementale claire
  • III. La proclamation de nouveaux droits par la charte de l’environnement
  • IV. L’apport des décisions du Conseil constitutionnel des 20 mars 2025 sur la loi d’orientation agricole et 7 août 2025 sur la loi Duplomb
  • V. Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ces deux décisions et sur la période particulière que traverse notre pays
  • VI. Remarques finales sur la période que traverse notre pays.
    VII. Notes

Synthèse

En 2005 la Charte de l’environnement a été intégrée à la Constitution française. Elle a instauré de nouveaux droits, devoirs ou principes, tels que le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, ou encore le droit de participation à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. L’incorporation d’un principe de non-régression au Code de
l’environnement en 2016, a également été un moment fort, bien que son absence de valeur constitutionnelle limite sa portée. Une intégration de ce dernier à la Charte de l’environnement aurait constitué une avancée environnement d’ampleur.

Pourtant, avec l’accélération de la crise environnementale et sociale, l’environnement demeure souvent la première variable d’ajustement. Les engagements ambitieux, comme la sortie définitive du glyphosate, font long feu, sous l’influence de lobbies. L’année 2025 a été marquée par les reculs
environnementaux – loi d’orientation agricole puis la loi Duplomb, qui visaient à dispenser de fait les projets agricoles des exigences de la Charte de l’environnement en raison d’un caractère d’intérêt général majeur de l’agriculture. La présomption d’absence d’intention inconditionnelle pour les délits
d’atteinte aux espèces protégées, à leurs habitats naturels ou à des sites d’intérêt géologique, pour les agriculteurs est une deuxième atteinte grave. S’y ajoute la réintroduction de l’acétamipride, malgré la nocivité avérée des néonicotinoïdes.

Ces régressions, à contre-courant de l’opinion publique, du consensus scientifique et parfois même de l’état de droit, ont été atténuées par les décisions du Conseil constitutionnel (n° 2025-876 DC et n° 2025-891 DC). Mais sa position, en rappelant que son pouvoir général d’appréciation et de décision n’est pas de même nature que celui du Parlement, n’offre pas de garantie contre d’autres offensives contre l’environnement. Une protection de l’environnement et de la santé humaine plus radicale aurait pu être atteinte si le Conseil s’était référé dans sa seconde décision à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union
européenne (CJUE) de 2023 (interdiction de dérogation au règlement européen de 2009), ce qu’il a omis de faire.

Au-delà des dimensions environnementale et sanitaire, ces reculs, que les pouvoirs publics encouragent plutôt que de les freiner, questionnent l’état de la démocratie. La plus marquante des dérives est celle du pouvoir législatif, qui, en méconnaissant délibérément la constitution, vote des lois qui lui sont contraires pour satisfaire des revendications professionnelles catégorielles, ou de caractère populiste. Ces à-coups et retours en arrière conduisent à une perte de lisibilité, et nuisent à l’acceptabilité et l’efficacité des mesures environnementales.

Dans la droite ligne de la Déclaration de Rio de juin 1992, et en accord avec la Charte de l’environnement, c’est bien une implication plus large des citoyens quant aux mesures environnementales à fort impact, actuellement décidées en cercle fermé, qui permettra de lutter contre des reculs environnementaux d’ampleur.

Un État empêtré dans des conflits d’intérêts et sans direction environnementale claire

Dans les discours,
des engagements environnementaux forts.
Dans les actes,
des reculs environnementaux conséquents.

Ce constat s’applique tout autant à l’échelle nationale qu’à l’échelle européenne. Parmi les plus emblématiques :

  • L’engagement ferme du président Macron pris en 2017 d’interdire le glyphosate au plus tard en 2020, désavoué dès 2019, sous prétexte d’une infaisabilité, contestée par des associations et acteurs institutionnels ;
  • Le retrait par la Commission Européenne, en 2024, de sa proposition de réglementation sur l’usage durable des pesticides (SUR), proposée en 2022, visant à réduire de 50 % l’usage des pesticides d’ici à 2030.

La proclamation de nouveaux droits par la charte de l’environnement

L’incorporation, en 2005, d’une Charte de l’environnement à la Constitution française a instauré de nouveaux droits, devoirs ou principes, tels que :

  • Le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ;
  • Le devoir de prendre part à la préservation et amélioration de l’environnement ;
  • Le devoir de prévenir les atteintes à l’environnement ou d’en limiter les conséquences ;
  • Le principe de pollueur/payeur ;
  • Le principe de précaution ;
  • Le droit de participation à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.

Le principe de non-régression, incorporé au Code de l’environnement par une loi de 2016, représente également une avancée environnementale majeure, bien que son absence de valeur constitutionnelle limite sa portée. Une intégration de ce dernier à la Charte de l’environnement aurait constitué une avancée environnementale d’ampleur.

L’apport des décisions du Conseil constitutionnel des 20 mars 2025 sur la loi d’orientation agricole et 7 août 2025 sur la loi Duplomb

Les décisions rendues par le Conseil constitutionnel sur la loi d’orientation agricole (2025-876 DC) et la loi Duplomb (2025-891 DC) rappellent que le principe de non-régression du Code de l’environnement ne lie pas le législateur, mais uniquement le pouvoir réglementaire, et valident donc les modifications des nomenclatures IOTA et ICPE. En revanche, le Conseil, d’une part en raison du principe séparation des pouvoirs, d’autre part au titre des articles 1er et 3 de la Charte de l’environnement, censure l’incorporation du principe de non-régression, étendu à la souveraineté alimentaire par le Code rural, en raison de sa portée contraignante voulue par le législateur.

Le Conseil rappelle également que la reconnaissance d’un caractère d’intérêt général majeur à l’agriculture ne saurait dispenser de fait les projets agricoles des exigences de l’article 1er de la Charte de l’environnement, tout comme il ne saurait être accordé aux agriculteurs des présomptions d’absence d’intention inconditionnelles (applicables au délit d’atteinte aux espèces protégées, à leurs habitats naturels ou à des sites d’intérêt géologique). Le Conseil censure également les dispositions législatives déléguant la définition du champ d’application de la loi pénale à l’autorité administrative, obligation qui lui incombe.

Le Conseil censure aussi la méconnaissance du principe de séparation des pouvoirs par le législateur lorsqu’il interdit au pouvoir réglementaire de surtransposer les normes agricoles européennes.

Enfin, le Conseil censure les dispositions portant sur la réintroduction des néonicotinoïdes car elles privent de garanties légales le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé (article 1er de la Charte de l’environnement).

Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ces deux décisions et sur la période particulière que traverse notre pays

Par ses décisions n° 2025-876 DC (loi d’orientation agricole) et n° 2025-891 DC (loi Duplomb), le Conseil constitutionnel, notamment en donnant une valeur contraignante aux articles 1er, 2 et 3 de la Charte de l’environnement, continue à s’inscrire en gardien de l’environnement face aux entorses croissantes à l’état de droit émanant des pouvoirs législatif et réglementaire.

En revanche, en rappelant que son pouvoir général d’appréciation et de décision n’est pas de même nature que celui du Parlement, et au vu de ces deux décisions, la position du Conseil n’offre aucune garantie contre d’autres offensives contre l’environnement. Une protection de l’environnement et de la santé humaine plus radicale aurait pu être atteinte si le Conseil s’était référé, au § 78 de sa décision du 7 août 2025, à l’arrêt de la CJUE de 2023 (interdiction de dérogation au règlement européen de 2009), ce qu’il a malheureusement omis de faire.

Remarques finales sur la période que traverse notre pays

Il est surprenant de constater que des parlementaires, supposés la respecter, méconnaissent délibérément la constitution en votant des lois qui lui sont contraires pour satisfaire des revendications professionnelles catégorielles ou de caractère populiste, en déniant toute valeur de preuve aux études existantes sur les effets des produits phytosanitaires sur la santé animale ou humaine. Par leur mauvais exemple, ils contribuent sans aucun doute à la dérive de notre démocratie.

Depuis plusieurs décennies, la mobilisation de la loi a régulièrement permis de rehausser le niveau d’exigence en matière de protection à long terme de l’environnement. La France appartenant au cercle restreint des pays qui ont participé à l’industrialisation dès le XIXème siècle, il est normal que sa législation soit plus exigeante en la matière, comme l’impliquent les 7ème et 11ème principes de la Déclaration de Rio de juin 1992 sur les responsabilités différenciées et sur la promulgation de mesures législatives efficaces en matière d’environnement, et interdise par exemple d’ouvrir de nouveaux gisements pour produire en France des énergies fossiles ou d’utiliser certains produits phytosanitaires.

Dans ces domaines, la prévisibilité et la stabilité de la norme sont essentiels pour les agents économiques et les ménages. Les à-coups et les retours en arrière sont donc à proscrire, au risque de faire perdre aux mesures environnementales leur lisibilité et acceptabilité.

Malheureusement, depuis 2 ou 3 ans, notre pays est engagé dans un cycle sans précédent de recul environnemental que les pouvoirs publics encouragent plutôt que de le freiner.

La réponse à cette problématique réside dans la transition juste, alliant approche environnementale et sociale, et dans une pleine application du principe de participation du public en amont des décisions pour vérifier ex ante leur acceptabilité et élaborer les nécessaires mesures d’accompagnement.

Décryptage N°55 – Octobre 2025

Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage

Le Haut Conseil pour le Climat vient de publier la version grand public de son rapport annuel 2025, intitulé « Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage ». Accessible, illustré et synthétique, ce document doit permettre à tous de comprendre où en est la France face au changement climatique, quelles sont les conséquences déjà visibles et quelles actions sont encore possibles.

Intitulé « Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage », ce rapport explique :

  • ✔️ comment le réchauffement climatique s’intensifie en France ;
  • ✔️ quels secteurs sont les plus touchés ;
  • ✔️ pourquoi les efforts d’adaptation et de réduction des émissions doivent avancer ensemble ;
  • ✔️ et surtout, quels leviers existent à notre échelle !

Le HCC y rappelle aussi que 2025 marque les 10 ans de l’Accord de Paris, et que la France a un rôle essentiel à jouer dans la relance de l’action climatique européenne et mondiale.

Niveaux de réchauffement record sur la dernière décennie : comment cela se manifeste-t-il concrètement ?

Le changement climatique a des conséquences importantes : vagues de chaleur terrestres et marines, augmentation des températures, sécheresse, excès de précipitations, élévation du niveau de la mer, cyclones…

2024, l’année de tous les records

Un réchauffement dont les impacts se multiplient et s’intensifient

Les impacts du changement climatique sont multiples. Au cours des dix dernières années, le nombre de jours de vagues de chaleur a été multiplié par 6 en France métropolitaine par rapport à la période 1961-1990. Ces impacts affectent la santé, l’agriculture, les logements et les infrastructures, l’eau et les écosystèmes.

  • Les impacts sur la santé humaine : Surmortalité durant les vagues de chaleur, risques pour la santé des nouveau-nés, transmission par des insectes de maladies tropicales
  • Les impacts sur les infrastructures : Inondations, submersions marines, dommages causés par les tempêtes.
  • Les impacts sur l’agriculture : Baisse des rendements et de la qualité des cultures, baisse de la production laitière, nouvelles maladies des animaux d’élevage.
  • Les impacts sur l’eau : Variabilité des ressources en eau, dégradation de la qualité de l’eau après des précipitations exceptionnelles.
  • Les impacts sur les écosystèmes : Mortalité des arbres, feux de forêts, mortalité des coraux et des espèces marines.

Urgence à réduire le réchauffement : que faire pour protéger les populations et les écosystèmes ?

POUR LIMITER LE RÉCHAUFFEMENT
ET FAIRE FACE AUX IMPACTS
DU CHANGEMENT CLIMATIQUE,
IL FAUT AGIR SUR DEUX FRONTS :

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre : L’ATTÉNUATION
    Réduire les émissions permet de limiter le réchauffement futur, donc de réduire les risques à venir pour les populations et les écosystèmes.
  • Se préparer aux effets du réchauffement : L’ADAPTATION
    Il faut aussi anticiper les besoins d’adaptation, car le réchauffement a déjà commencé et va continuer à augmenter.

L’atténuation et l’adaptation sont toutes deux prises en compte par des politiques internationales, européennes et nationales.

VARIATION DES ÉMISSIONS PAR PAYS ENTRE 2015 ET 2023

Un engagement européen

L’Union européenne a adopté en juin 2021 la loi européenne sur le climat, dont l’objectif est d’atteindre la neutralité climatique de l’UE d’ici à 2050. Elle s’est fixée une première étape en 2030 avec l’objectif de réduire d’au moins 55 % ses émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Pour le jalon 2040, la Commission européenne a proposé une réduction de 90 % des émissions nettes de l’UE par rapport à 1990.

Quelle est la stratégie de la France pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Pour atteindre la neutralité climatique en 2050, la France a adopté un cadre réglementaire. Il repose sur trois textes, qui doivent être mis à jour tous les cinq ans. La mise à jour de ces trois textes est indispensable pour donner de la visibilité aux acteurs économiques et aux territoires et leur permettre d’investir dans la transition écologique.

Stratégie française pour l’énergie et le climat (SFEC)

Comment faire pour que les politiques d’adaptation au changement climatique réduisent les risques pour les populations et les écosystèmes ?

Pour renforcer la résilience et la protection des populations, le PNACC 3 devra être mieux financé et mieux intégré dans l’ensemble des politiques environnementales et sociales, en concertant et en accompagnant
l’ensemble des acteurs (collectivités locales, ménages et entreprises), en précisant la répartition des coûts et en anticipant la gestion des pertes et des dommages.

La politique d’adaptation au changement climatique de la France devrait permettre de répondre à deux enjeux majeurs :

  • Contenir les inégalités face au changement climatique
  • Protéger les écosystèmes

Pour s’adapter au réchauffement climatique, des transformations importantes sont nécessaires pour protéger les écosystèmes et contrer les inégalités d’exposition et de vulnérabilité.

D’où viennent les émissions françaises aujourd’hui ?

Et l’empreinte carbone ? L’empreinte carbone représente les émissions de gaz à effet de serre issues
de la consommation et des importations françaises. Elle était environ 70 % plus élevée que les émissions brutes territoriales de la France en 2023.

RÉPARTITION DES ÉMISSIONS TERRITORIALES DE GAZ À EFFET DE SERRE PAR SECTEUR EN FRANCE EN 2024

La France est-elle sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs de réduction d’émissions ?

Alors qu’une dynamique s’était enclenchée en 2023 et que le budget carbone prévu pour la période 2019-2023 a été respecté, la réduction des émissions a fortement ralenti en 2024. Une réduction à un rythme plus soutenu va être nécessaire d’ici à 2030.

  • Un budget carbone 2019-2023 respecté
  • En 2024, la réduction des émissions a fortement ralenti

Pour respecter les objectifs en vigueur, des efforts importants sont nécessaires dans tous les secteurs

Le rythme annuel de baisse des émissions devra s’accélérer fortement d’ici à 2030 dans la majorité des secteurs. L’atteinte de la neutralité carbone en 2050 nécessite aussi de restaurer les puits
de carbone de la forêt et des sols, fragilisés par les impacts du changement climatique, par les activités agricoles et forestières et par l’artificialisation des sols.

RÉDUCTIONS D’ÉMISSIONS PRÉVUES DANS LA SNBC 2

L’action climatique doit être relancée pour que nous puissions limiter le réchauffement et ainsi protéger les populations et les écosystèmes.

Quelles sont les priorités pour les secteurs les plus émetteurs ?

Transports

Les principales priorités pour la décarbonation du secteur concernent : le développement des véhicules électriques, la maîtrise de la demande, l’investissement dans l’entretien et la mise à niveau du réseau ferroviaire, dans l’aménagement de pistes cyclables et dans le développement des transports en commun.

Exemples de recommandations du Haut Conseil pour le climat :

  • Soutenir le maintien de l’objectif de 100 % de ventes de véhicules zéro émission à l’échappement en 2035.
  • Proposer un moratoire sur les projets routiers existants afin d’éviter une hausse significative du trafic automobile.

Production d’énergie

Grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, la France possède un mix énergétique décarboné à 40 %. Les 60 % restants de notre production d’énergie proviennent des énergies fossiles (gaz, pétrole).

La sortie des énergies fossiles est essentielle pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. Cela implique d’augmenter la part d’électricité dans le mix énergétique grâce au développement des énergies renouvelables et au nucléaire.

Le secteur de l’énergie est celui qui contribue le plus à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Le rythme actuel de baisse des émissions est cohérent avec les objectifs de la France. Néanmoins, des points d’attention subsistent, notamment sur la planification de la sortie du gaz, sur le développement de la chaleur renouvelable et sur l’augmentation du rythme d’installation des énergies renouvelables.

Bâtiments

L’instabilité des politiques mises en place a ralenti la décarbonation du secteur. En 2024, le soutien public à ce secteur est en progrès, mais il reste encore trop instable et a reculé en 2025.

La relance des politiques climatiques dans ce secteur doit passer notamment par la montée en puissance des rénovations d’ampleur des bâtiments afin de réduire leur dépense en énergie.

Exemples de recommandations du Haut Conseil pour le climat :

  • Définir une trajectoire pluriannuelle de soutien public aux rénovations globales et renforcer les aides à la rénovation pour les ménages, via le dispositif MaPrimeRénov’.
  • Mettre en place un guichet unique pour l’ensemble des financements et des prêts à la rénovation énergétique via MaPrimeRénov’.

Agriculture

Les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’agriculture ont continué de baisser en 2024, mais à un rythme plus faible au cours d’une année marquée par les manifestations agricoles et par le ralentissement de la transition agro-écologique.

Des efforts importants restent à faire pour inciter les acteurs à transformer le système agricole et alimentaire, engager l’adaptation du secteur au changement climatique et répondre à l’insécurité des agriculteurs.

Industrie

Le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’industrie a ralenti en 2024. Des stratégies pour réduire les émissions de l’industrie ont été élaborées, l’industrie verte participant d’ores et déjà substantiellement à la réindustrialisation du pays avec un rythme élevé d’ouvertures nettes d’usines.

La réorganisation des filières industrielles fortement émettrices de gaz à effet de serre nécessitera des transformations structurelles et une meilleure maîtrise de la demande en produits carbonés.

Comment relancer l’action climatique ?

En plus des recommandations pour chaque secteur, le Haut Conseil pour le climat a identifié trois conditions pour réussir la relance de l’action climatique et permettre à la France d’atteindre ses objectifs.

  • CONDITION N° 1 : Un pilotage renforcé pour une action climatique pérenne
    En 2024, le cadre national d’action climatique a pris un retard important ; il doit être consolidé. Le « pilote » de l’action climatique, le Secrétariat général à la planification écologique, a été affaibli, ce qui réduit la visibilité pour les acteurs économiques et les territoires et ne leur permet pas d’investir durablement dans la transition.
  • CONDITION N° 2 : Une transition accessible à tous
    La transition ne pourra avoir lieu que si elle est accessible à tous et si elle prend en compte les vulnérabilités de chacun, notamment celles liées aux modes de vie (dépendance à la voiture, type d’habitat…). L’accès aux alternatives durables (voitures électriques, pompes à chaleur…) progresse mais reste insuffisant pour permettre aux ménages les plus modestes de participer pleinement à la transition
  • CONDITION N° 3 : Des financements cohérents avec nos objectifs
    La dynamique actuelle des investissements publics et privés en faveur du climat ne permet pas d’atteindre les objectifs fixés par la SNBC à l’horizon 2030. L’instabilité des financements publics génère des incertitudes qui nuisent à l’efficacité et à la lisibilité des mesures, à la structuration des filières et à l’engagement du secteur privé..

Une action climatique ambitieuse pour l’Union européenne

L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement. Les impacts de ce réchauffement menacent le bien-être humain, l’économie et les écosystèmes.

Rapport annuel grand public du Haut Conseil pour le Climat – OCTOBRE 2025

Rapport complet

83% des français estiment urgent de se préoccuper l’enjeu du changement climatique !

Le Haut conseil pour le climat a publié en Juin 2025 son 7ème rapport annuel sur l’action climatique de la France, l’efficacité de ses politiques et leur cohérence avec la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le pilotage de l’action climatique s’affaiblit et que les impacts du changement climatique s’aggravent, le Haut conseil pour le climat appelle à relancer l’action climatique en France.

« Le Chaos Climatique n’est pas une fatalité » : planter des arbres est un levier concret et massif

Lancé à l’occasion du dixième anniversaire des Accords de Paris, le livre « Le Chaos Climatique n’est pas une fatalité » invite à dépasser le constat pour explorer des solutions concrètes et porteuses d’espoir dans un contexte anxiogène. Face à la difficulté des États à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les auteurs Jean-François Rial et Matthieu Belloir appellent à agir vite et collectivement, en s’appuyant sur des leviers réalistes. Et planter des arbres en est un concret et massif.


De gauche à droite: Joëlle Touré, Gérard Feldzer, André-Jean Guérin, Matthieu Belloir et Jean-François Rial ©A Tree for You

Des solutions concrètes et porteuses d’espoir

Quelques mois après la sortie de leur essai, Jean-François Rial et Matthieu Belloir ont participé à une soirée-débat organisée le 9 octobre par A Tree for You, l’association de plantation d’arbres à laquelle les auteurs ont choisi de reverser l’intégrabilité des bénéfices de la vente du livre.

« L’année 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée. C’est aussi la première année où nous avons franchi la barre des 1,5 degrés » constate Matthieu Belloir. « Il y a un vrai enjeu d’acceptabilité sociale face aux changements de pratiques qu’exige la transition, qui nécessitera au moins une génération, mais aussi un manque de maturité technologique. La vraie question, désormais, c’est comment acheter du temps ? »

Pour Jean-François Rial, « il n’existe qu’une seule solution : absorber du carbone. »

Planter des arbres : un levier concret et massif

S’appuyant sur les travaux du professeur britannique Thomas W. Crowther, les auteurs rappellent qu’il existe environ 3 000 milliards d’arbres sur Terre, et qu’il serait possible d’en planter 900 milliards supplémentaires, sans empiéter sur les terres agricoles, ni sur les surfaces nécessaires aux activités humaines.

« Dans notre livre, nous partons d’une hypothèse qui prend en compte différents facteurs (essences, surfaces, etc.) : si nous plantons 180 milliards d’arbres en dix ans, nous réduisons d’un tiers l’effort nécessaire pour limiter le réchauffement à 2 degrés. Et nous pouvons aller plus loin, avec 300 milliards d’arbres plantés en dix ans, l’effort nécessaire serait alors divisé par 2. » ajoute Jean-François Rial.

A Tree for You : Agir pour l’environnement et les populations

©A Tree for You

Depuis 2017, A Tree for You opère des projets de plantations d’arbres en France et dans le monde, en lien étroit avec des agriculteurs, des ONG et des communautés locales.

« Planter des arbres ne remplace pas l’effort de réduction des émissions, mais cela permet d’absorber l’incompressible », souligne André-Jean Guérin, président de A Tree for You.

« Pour un coût estimé à moins de 1% du PIB mondial, nous pourrions enclencher une dynamique positive, à la fois écologique et sociale. »

Au-delà du climat, ces plantations d’arbres renforcent la biodiversité, protègent les sols, régulent le cycle de l’eau et améliorent les conditions de vie des populations locales.

Vers un récit désirable de la transition

Les intervenants partagent la conviction qu’il faut désormais changer de récit : sortir de la peur pour donner envie d’agir. « Plutôt que de parler d’écologie, parlons de santé, de modèle de société », conclut Matthieu Belloir.  « Je crois beaucoup aux entreprises et aux citoyens pour faire avancer les choses. C’est à eux que revient le rôle d’entraîner le mouvement », ajoute Jean-François Rial.

Une agriculture 100% bio en France est-elle possible ?

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Une agriculture française 100 % bio serait meilleure pour notre santé et celle de l’environnement. On pourrait arriver à cette généralisation du bio si l’on réduisait notre consommation de viande. Ce qui aurait également des effets bénéfiques pour notre santé. Un article de Michel Duru, Directeur de recherche honoraire à l’UMR AGIR (Agroécologie, innovations et territoires) à l’Inrae pour The Conversation France.

Les mangeurs bio étant moins exposés aux pesticides, il s’en suit une réduction du risque de développer des maladies chroniques non-transmissibles via l’alimentation. C’est particulièrement démontré pour le cancer du sein chez la femme ménopausée. Elina Mark, CC BY

Par Michel Duru, Inrae


Pour notre santé comme pour celle des écosystèmes, l’agriculture biologique apporte des bienfaits qui ne sont plus à prouver. Ses détracteurs aiment cependant dire qu’il serait impossible de la généraliser, car sa production par hectare étant souvent moindre, notre dépendance aux importations s’accroîtrait, assurent-ils.

C’est une vision parcellaire de notre système alimentaire. En effet, des études observationnelles, tout comme des scénarios de systèmes alimentaires, montrent qu’une généralisation de l’agriculture biologique serait possible si l’on réduisait en même temps notre consommation de produits animaux. Cela permettrait, d’une part, de libérer des terres arables pouvant compenser ces rendements moindres et, d’autre part, de produire ce dont notre alimentation manque cruellement pour notre santé et que, de plus, nous importons : fruits, légumes et légumineuses. Notre santé comme notre environnement s’en porteraient mieux.

Pourquoi les labels « bio » ne se valent pas d’un pays à l’autre : Le « bio » : une étiquette clairement identifiable et souvent rassurante. Pourtant, les réalités derrière ce label mondial divergent. Alors que les normes en Europe sont plutôt strictes, elles sont bien plus souples en Amérique du Nord. Dans les pays émergents, ce sont les contrôles qui sont inégaux. Autant d’éléments à même d’affecter la confiance accordée au bio par les consommateurs. Comment s’y retrouver ? L’idéal serait d’harmoniser les règles d’un pays à l’autre. Petit tour d’horizon.

Santé et environnement : des enjeux cruciaux et interdépendants

Commençons par un constat : notre système alimentaire actuel est fort coûteux. Il présente notamment une série de dépenses bien souvent invisibles pour le consommateur. On parle de coûts cachés. Il s’agit des dépenses faites ou qu’il faudrait faire pour corriger les conséquences sanitaires et environnementales de pratiques inadaptées comme :

  • l’utilisation excessive d’engrais azotés et de pesticides de synthèse, qui rendent la France très dépendante des importations et qui, du moins pour ce qui concerne la plupart des pesticides, sont nocifs pour la santé humaine et celle de l’environnement ;
  • la surconsommation de produits ultra-transformés et de produits animaux, en particulier de viande rouge et de charcuterie, qui contribuent au développement de maladies chroniques ;
  • le développement d’élevages très intensifs en intrants, souvent concentrés géographiquement, nécessitant beaucoup d’achats d’aliments pour nourrir les animaux, avec comme conséquences des nuisances graves sur les écosystèmes, comme le montre, par exemple, le problème des algues vertes en Bretagne.

Mises bout à bout, toutes ces dépenses équivalent presque aujourd’hui au prix total des denrées alimentaires consommées en France, soit 170 milliards d’euros.

La bonne nouvelle, c’est que l’agriculture et l’alimentation bio permettraient de réduire ces dépenses, car elles n’utilisent pas d’intrants de synthèse, sont plus exigeantes pour les modes d’élevage et plus restrictives quant aux additifs autorisés dans la fabrication des aliments. En outre, le bio comporte de nombreux bienfaits qui plaident en faveur de sa généralisation.

Meilleure pour la santé

L’alimentation bio est, avant tout, meilleure pour la santé. Ainsi, les produits biologiques ont en moyenne des teneurs un peu supérieures en micronutriments d’intérêt pour la santé, notamment des antioxydants, mais leur atout principal est de contenir bien moins de résidus de pesticides, à l’exception du spinosad, un insecticide naturel. Les mangeurs bio étant moins exposés aux pesticides, il s’en suit une réduction du risque de développer des maladies chroniques non transmissibles par l’alimentation, comme l’ont montré des études épidémiologiques et quelques études cliniques. C’est particulièrement démontré pour le cancer du sein chez la femme ménopausée.

Agriculture : pourquoi la bio marque-t-elle le pas en France ?

Des effets contrastés sur l’environnement

L’agriculture bio a également nombre d’atouts pour le sol et pour la biodiversité qui sont bien documentés. En élevage, les vaches utilisent peu de terres labourables et elles pâturent dès que les conditions le permettent, si bien que leur alimentation entre peu en compétition avec la nôtre. Les achats de fourrages et de compléments sont également limités.

Les élevages de porcs et de volailles ont une moindre densité d’animaux par mètre carré et ont accès à des parcours, ce qui est mieux pour le bien-être animal. La plus faible densité d’animaux permet aussi d’utiliser les fumiers avec moins de risque de pollution, car plus d’hectares sont disponibles pour leur épandage. Toutes ces caractéristiques font qu’on parle d’élevage « avec lien au sol ».

Les émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique, bien que très variables selon les études, sont, lorsqu’exprimées par kilogramme de produit, en moyenne un peu plus élevées en bio si les rendements des cultures sont plus faibles et les temps d’élevage sont plus longs. Il en est de même des pertes de nitrates à l’origine, par exemple du problème des algues vertes en Bretagne. Un autre point négatif parfois pointé est celui du cuivre et du soufre qu’utilisent certains vignerons ou maraîchers bio pour lutter contre les maladies et qui ne sont pas sans impact sur les sols.

Mais la principale faiblesse de l’agriculture bio provient des rendements de cultures moindres qu’en agriculture conventionnelle d’environ 25 % en moyenne ; les différences les plus fortes étant observées pour les céréales et pour les pommes de terre (jusqu’à 35 %) et les plus faibles pour le tournesol, pour les fruits et légumes (20 %). Pour les productions animales, les différences moyennes sont de 15 %.

De façon générale, il faut plus de surfaces pour obtenir une même quantité de produits. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été montré par modélisation au Royaume-Uni qu’une généralisation de l’alimentation bio n’est pas possible.

En France, une agriculture totalement bio est encore loin d’advenir, vu que l’agriculture conventionnelle représente aujourd’hui 90 % des terres agricoles et qu’elle reste à l’origine de 94 % des dépenses alimentaires des ménages.

De ce fait, cela peut sembler ironique quand on entend les craintes de dépendance aux importations que soulèvent les sceptiques du bio, car l’agriculture française est déjà aujourd’hui très dépendante des produits importés, avec 2 millions de tonnes d’engrais azotés de synthèse et 3,5 millions de tonnes de tourteaux de soja pour l’agriculture conventionnelle, auxquels il faut ajouter l’équivalent de 680 000 hectares de fruits et légumes.

D’où la question : est-il possible de consommer plus de produits bio, globalement bénéfiques pour la santé et pour l’environnement, malgré des productions agricoles plus faibles ?

Le « bio » expliqué aux enfants

Diminuer la viande dans l’assiette pour généraliser le bio

La réponse est oui, si l’on diminue notre consommation de produits animaux, et donc la surface agricole réservée à l’élevage pour en consacrer plus aux productions végétales. Pour évaluer quelle diminution serait bénéfique à la fois pour la santé et pour l’environnement, commençons par regarder quelles sont les recommandations sur la part de protéines végétales et animales que l’on devrait avoir dans notre alimentation.

Notre consommation moyenne de protéines totales (1,4 g/jour de protéines par kilogramme de poids corporel) excède aujourd’hui les recommandations d’environ 30 % et les besoins de 70 % (0,83 g/jour de protéines par kilogramme de poids corporel). Un régime plus végétalisé demeure meilleur pour la santé. Il serait même possible d’utiliser jusqu’à 80 % de protéines végétales tout en assurant nos besoins en micronutriments essentiels, comme la vitamine B12, pour apporter suffisamment de protéines, à condition d’associer des céréales aux légumineuses de façon à avoir un apport équilibré en acides aminés.

Ces données scientifiques permettent de définir un ordre de grandeur pour une baisse sans risque de la consommation de produits carnés, qui serait de l’ordre de 50 % en moyenne pour respecter les limites planétaires, notamment pour le climat et pour l’azote, sans augmenter la dépendance aux importations.

Affichage environnemental : bio ou pas, comment évaluer l’impact écologique des aliments ?

Moins manger de viande n’est d’ailleurs pas aberrant du tout d’un point de vue historique, car, si certains associent un régime très carné à des traditions culturelles, les Français mangeaient en réalité moitié moins de viande il y a cent ans.

Les produits laitiers sont également surconsommés aujourd’hui, au regard des recommandations nutritionnelles, avec une consommation moyenne de 70 grammes de fromage par jour lorsqu’il est conseillé de ne pas dépasser 40 grammes.

Une alimentation plus bio est donc possible en végétalisant l’assiette, car diminuer la consommation de produits animaux réduirait bien plus la surface pour se nourrir que la généralisation d’une alimentation bio ne l’augmenterait.

Ainsi, réduire la consommation de produits animaux permet de diviser par deux cette surface (de 8,3 m²/jour pour ceux qui mangent moins de 50 grammes de viande par jour à 16,8 m²/j pour ceux qui en mangent plus de 100 grammes par jour), alors que consommer bio ne l’augmenterait que de 30 %. De cette façon, il serait possible de libérer au moins 4 millions d’hectares de cultures utilisées par l’élevage et de les affecter à des productions végétales cultivées en bio, compensant ainsi des rendements inférieurs, notamment pour les céréales.

Quel type d’élevage favoriser ?

Reste la question de savoir quels types d’élevage il faudrait en priorité diminuer et ceux qui, au contraire, sont à favoriser.

Les élevages de ruminants (bovins, ovins) à soutenir sont ceux où l’alimentation des animaux provient principalement des prairies pâturées ou récoltées. De tels élevages sont plus faciles à mettre en œuvre en bio. Ils sont meilleurs pour l’environnement car ils génèrent moins de pollutions azotées et utilisent bien moins ou pas de pesticides. En outre, le lait et la viande sont plus riches en acides gras insaturés à fonction anti-inflammatoire.

En conséquence, la réduction des productions animales devrait surtout concerner les élevages les plus intensifs en intrants de synthèse, et/ou concentrés géographiquement, qui utilisent le plus de terres labourables et sont le plus dépendants d’importations de concentrés (soja) pour l’alimentation des animaux. Une partie des terres labourables – 3,8 millions d’hectares pour l’élevage des ruminants et 3,9 millions d’hectares pour les porcs et les volailles – serait alors utilisée pour des productions végétales en bio.

Les scénarios conçus à l’échelle de l’Union européenne et de la France montrent que la mise en œuvre de pratiques agroécologiques ne permet pas à elle seule d’atteindre les objectifs de politiques publiques en matière de climat et d’émissions d’azote. Cela nécessite donc de végétaliser l’assiette, en complément du développement massif des légumineuses, qui ont l’immense intérêt de ne pas exiger d’apport en engrais azotés, de réduire de moitié le gaspillage alimentaire, et de recycler une partie de nos urines naturellement riches en azote. En effet, un point faible de l’agriculture biologique est souvent le manque d’azote, nécessaire à la croissance des plantes.

Cesser de nourrir l’élevage industriel pour soutenir un élevage autonome, durable et respectueux des animaux, des humains et de la planète

La bio étant une forme emblématique, mais perfectible, de l’agroécologie, le progrès des connaissances pour développer une agriculture, dite biorégénératrice, fondée sur les processus écologiques permettrait de réduire les différences de production avec l’agriculture conventionnelle. Cela suppose d’activer de nombreux leviers agronomiques : la diversification végétale, les pratiques améliorant la santé du sol ainsi que des modes d’alimentation des animaux fondés sur l’herbe pour les ruminants et sur la complémentation en lin pour les monogastriques.

Ignorant ces données scientifiques quant à nos besoins en protéines animales et leurs impacts sur l’environnement, le débat sur le bio est souvent mal posé.

Michel Duru, Directeur de recherche honoraire, UMR AGIR (Agroécologie, innovations et territoires), Inrae

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Cesser de nourrir l’élevage industriel pour soutenir un élevage autonome, durable et respectueux des animaux, des humains et de la planète

L’élevage industriel, boulimique de terres et de ressources destinées à l’alimentation animale, détourne une part considérable de la production agricole au détriment de l’alimentation humaine. Inefficient, il constitue l’une des principales formes de « gaspillage alimentaire » mondial. En France, dépendant d’importations et de subventions, ce sont chaque année 15,4 millions de tonnes de céréales qui servent à l’alimentation animale et fragilise notre souveraineté alimentaire. Le plus grand gaspillage alimentaire expliqué par le CIWF (Compassion in World Farming), une ONG internationale pour un élevage durable.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, CIWF publie son rapport Le plus grand gaspillage alimentaire expliqué (Food not Feed: How to stop the world’s biggest form of food waste) qui chiffre ces aberrations et appelle, à travers une lettre ouverte, à “cesser de nourrir l’élevage industriel” pour soutenir un élevage autonome, durable et respectueux des animaux, des humains et de la planète.

Chaque année, des millions de tonnes de cultures comestibles sont gaspillées pour nourrir des animaux dans les élevages industriels. 

Au lieu de nourrir les humains, ces aliments servent à alimenter des animaux enfermés dans des systèmes industriels cruels et non durables. Ces animaux devraient être nourris avec des produits non comestibles par l’homme, tels que les pâturages, les sous-produits agricoles ou les restes alimentaires inévitables correctement valorisés. 

Élevages industriels et gaspillage alimentaire

L’élevage industriel : un gaspillage massif de ressources

L’élevage industriel, régulièrement présenté comme un modèle « efficace » concentrant la production sur une surface réduite, repose sur une réalité toute autre : une accaparation massive de terres agricoles pour produire les céréales et les protéagineux destinés aux animaux.  

76 % de la production mondiale de soja est utilisée pour l’alimentation animale (ce qui en fait l’un des principaux moteurs de la déforestation), et environ 45 % des terres arables mondiales servent aux cultures végétales destinées à nourrir les animaux.

Cette dépendance à l’alimentation animale industrielle est d’autant plus problématique que les animaux convertissent mal ces céréales en produits alimentaires : pour 100 calories consommables par l’être humain données aux animaux, seules 3 à 25 calories reviennent sous forme de viande.

L’élevage industriel génère un gaspillage considérable, non seulement alimentaire, mais aussi de ressources essentielles comme les terres, l’eau et l’énergie, tout en générant une forte dépendance aux engrais de synthèse. 

Le rapport du CIWF « Le plus grand gaspillage alimentaire expliqué » révèle l’ampleur des ressources englouties par l’élevage industriel (notamment des monogastriques) : à l’échelle mondiale, 766 millions de tonnes de céréales sont gaspillées pour nourrir les animaux dans les élevages industriels, soit plus que le gaspillage alimentaire des ménages (631 millions de tonnes), de la restauration (290 millions de tonnes) ou du commerce de détail (131 millions de tonnes).

En France : des élevages industriels sous dépendance

En France, les productions industrielles qui concernent 80% des animaux d’élevage, n’échappent pas à cette dépendance structurelle à l’industrie de l’alimentation animale, dépendante des subventions et importations massives de soja et d’engrais de synthèse :

  • 80 % de nos engrais de synthèse sont importés, souvent de Russie ; depuis le début de la guerre en Ukraine, les importations françaises d’engrais russes ont augmenté de 86 %.
  • 95 % du soja utilisé pour l’alimentation animale est importé, principalement consommé par la volaille et les bovins laitiers et mixtes.

Chaque année,
15,4 millions de tonnes de céréales sont perdues pour l’alimentation animale.
De quoi nourrir 30,5 millions de personnes par an et libérer 1,4 million d’hectares.

Les fonds publics, tels que les paiements à l’hectare du premier pilier de la PAC financent la production céréalière, dont plus de 50 % est destinée à l’alimentation animale, sans distinction entre les utilisations et les systèmes de production qu’ils soutiennent.

5 principes pour « Cesser de nourrir l’élevage industriel » !

Les animaux contribuent efficacement à la sécurité alimentaire lorsqu’ils transforment des ressources que les humains ne peuvent pas consommer directement (herbe au pâturage, résidus de cultures…). C’est pourquoi le CIWF appelle à un Plan pour « Cesser de nourrir l’élevage industriel ».

CIWF France appelle le gouvernement à élaborer un Plan national ambitieux pour l’élevage, fondé sur les principes suivants :

1. La souveraineté de nos systèmes d’alimentation animale, en favorisant les prairies permanentes, les cultures fourragères locales et les sous-produits agricoles.

2. L’ajustement de la taille du cheptel et de la consommation de produits animaux afin de sécuriser la production et de réorienter la consommation.

3. Soutien aux éleveurs engagés dans des pratiques agroécologiques, respectueuses des sols, des animaux et des équilibres naturels.

4. Réorientation des aides publiques, en particulier la PAC qui ne doit plus être une aide à l’hectare finançant indirectement l’industrie de l’alimentation animale sans considération des modes de production.

5. Adaptation de notre politique alimentaire visant à réduire la part des aliments issus de l’agriculture intensive.

Pétition : Cessons de nourrir l’élevage industriel pour mettre fin à la plus grande forme de gaspillage alimentaire

Rapport en anglais

« Comment cesser de nourrir le plus grand gaspillage alimentaire mondial »

Comment nourrir un monde en surchauffe ? Assurer sécurité alimentaire et stabilité économique dans un climat en mutation

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La transformation de l’agriculture, alimentée par les engrais et le commerce international, a contribué à réduire la faim dans le monde. Mais les progrès réalisés dans le domaine agricole ont eu un coût environnemental et systémique élevé. L’agriculture est confrontée à un double risque de matérialité, changement climatique et érosion de la biodiversité. Alors comment nourrir un monde en surchauffe ? Pour garantir sécurité alimentaire et stabilité économique, l’agriculture doit renforcer sa résilience climatique selon l’étude Allianz Trade.

Une transformation de l’agriculture pour réduire la faim dans le monde

Au cours des 80 années qui ont suivi la création de la Journée mondiale de l’alimentation, la transformation de l’agriculture, alimentée par les engrais et le commerce international, a contribué à réduire la faim dans le monde, bien que de manière inégale selon les régions.

Depuis 1961, l’apport calorique mondial a augmenté d’environ 35 %, contribuant à réduire la sous-alimentation dans le monde.

Alors que la faim dans le monde a diminué de près de 4 % entre 2000 et 2023, l’Asie du Sud-Est a réduit la prévalence de la sous-alimentation de 20 % à 6 % au cours de la même période, l’Amérique latine et certaines régions d’Asie du Sud enregistrant des améliorations comparables. Cependant, l’Afrique subsaharienne continue de faire face à une insécurité alimentaire aiguë, près d’un quart de sa population souffrant de sous-alimentation.

Des progrès agricoles qui ont un coût environnemental et systémique élevé

Mais les progrès réalisés dans le domaine agricole ont eu un coût environnemental et systémique élevé. Le transport des produits agricoles génère environ 3 gigatonnes d’équivalent CO2 par an, soit près d’un cinquième des émissions totales du système alimentaire.

Le transport alimentaire représente moins d’ 1/5ème de l’activité totale de transport, mais produit plus d’ 1/4 des émissions liées au transport, les expéditions de fruits et légumes étant particulièrement intensives.


Utilisation de fertilisants durant la période 1961 – 2022 (mn ton)

L’inefficacité des engrais constitue un autre défi majeur : en moyenne, seuls 40 % de l’azote appliqué sont absorbés par les cultures. Le reste s’infiltre dans les écosystèmes, dégradant la qualité de l’eau et créant des « zones mortes ». Rien qu’aux États-Unis, les dommages causés par l’eutrophisation des eaux douces sont estimés à 2,2 milliards de dollars par an.

L’agriculture est confrontée à un double risque de matérialité

L’agriculture est confrontée à un double risque de matérialité : elle contribue au changement climatique et à la dégradation de l’environnement tout en étant l’un des secteurs les plus vulnérables à ces phénomènes.

Au cours des trois dernières décennies, les catastrophes naturelles ont causé des pertes agricoles estimées à 3 800 milliards de dollars, soit 5 % du PIB agricole mondial par an, les sécheresses représentant les deux tiers des dommages.

À elle seule, la mégasécheresse européenne de 2022 a affecté 143 000 km² de terres, réduisant la productivité végétale sur 66 500 km² de terres cultivées (+13 % par rapport à la moyenne à long terme). En Europe, les rendements céréaliers ont chuté d’environ 10 %, tandis que les pertes agricoles et environnementales ont atteint 50 milliards d’euros cette année-là.

Aux États-Unis, la sécheresse reste le principal facteur de pertes agricoles, avec des indemnités record en 2012, 2020 et 2022. D’autres risques, tels que les inondations, l’excès d’humidité et les gelées, ont également augmenté, révélant une volatilité croissante des risques climatiques. La plupart des pertes se concentrent dans la production de maïs et de soja, exposant les vulnérabilités structurelles du système alimentaire américain et soulignant l’urgence de la diversification et de l’adaptation.

Les indemnités versées au titre des assurances liées aux conditions météorologiques en 2023 ont été 7 fois plus élevées qu’en 2000, soulignant le fardeau financier croissant qui pèse sur les agriculteurs et le système d’assurance fédéral.

À l’horizon 2050, l’analyse suggère que les rendements du maïs pourraient baisser de 9 %, ceux du blé de 7 % et ceux du soja de 4 %, ce qui entraînerait des répercussions inflationnistes, notamment dans la région Asie-Pacifique (+27 %) et en Europe (+6 %).

D’ici 2050, les fluctuations des rendements agricoles pourraient alimenter l’inflation alimentaire mondiale, poussant les prix à la consommation à environ 13 % au-dessus du niveau de référence.

La région Asie-Pacifique devrait connaître la hausse la plus forte (+27 %), tirée par des pays tels que l’Indonésie (+146 %), la Malaisie (+113 %), l’Inde (+31 %) et la Chine (+21 %).

Au-delà des risques agricoles, cela représente une menace macroéconomique, car l’inflation alimentaire liée au climat pourrait déclencher une instabilité économique, sociale et financière plus générale. En outre, la baisse des rendements et la hausse des prix des matières premières agricoles pourraient réduire les marges des entreprises agroalimentaires1.

Pour garantir sécurité alimentaire et stabilité économique, l’agriculture doit renforcer sa résilience climatique

Pour garantir la sécurité alimentaire et la stabilité économique, l’agriculture doit renforcer sa résilience face aux changements climatiques.

Le système alimentaire mondial doit renforcer son adaptation en s’appuyant sur quatre piliers essentiels :

  • les pratiques agricoles,
  • l’innovation technologique,
  • le soutien des pouvoirs publics
  • les filets de sécurité financière

L’assurance est l’un des outils les plus efficaces pour renforcer la résilience financière. Les produits d’assurance paramétrique, qui lient les indemnités à des mesures objectives telles que les précipitations ou les rendements, offrent rapidité et accessibilité financière tout en réduisant les coûts administratifs.

Les mesures politiques contribuent à développer ces instruments : l’UE subventionne désormais jusqu’à 70 % des primes, une initiative qui devrait permettre de doubler le marché mondial de l’assurance indexée au cours de la prochaine décennie, passant de 18 milliards de dollars aujourd’hui à 34,4 milliards de dollars d’ici 2033. Cependant, l’accès reste très limité pour les petits exploitants agricoles, en particulier dans les pays en développement. Pour ces agriculteurs, la micro-assurance offre une solution plus pratique : le marché potentiel est vaste, couvrant près de 3 milliards de personnes, mais la couverture réelle n’atteint que 11,5 % à l’échelle mondiale et seulement 8,2 % en Afrique.

Étude complète en anglais

  1. Allianz estime que chaque augmentation de 1 point de pourcentage du prix entraîne une baisse d’environ 1,67 point de pourcentage de la rentabilité des entreprises en amont et en aval. ↩︎

Il n’y aura pas de justice climatique sans justice alimentaire

Le 16 octobre, c’est la Journée mondiale de l’alimentation. Alors que le monde se prépare pour la COP30 à Belém, au Brésil (du 10 au 21 novembre), le mouvement Slow Food appelle les dirigeants mondiaux à placer la transition des systèmes alimentaires au cœur des négociations climatiques.

La crise climatique a transformé notre monde et nécessite une refonte urgente de nos modes de culture, de transformation, d’échange et de consommation de notre alimentation.

C’est pourquoi Slow Food présente ses principales revendications aux représentants des gouvernements participant à la COP30.

« L’alimentation est le chaînon manquant des politiques climatiques. Elle est à la fois moteur et victime de la crise climatique, mais elle a également la capacité à devenir notre solution la plus efficace, si elle s’appuie sur les valeurs du bon, du propre et du juste. Nous appelons à ce que cette COP30 ne marque pas les mémoires pour ses belles promesses, mais pour ses actions concrètes. Qu’elle nous permette de prouver que de véritables solutions existent et peuvent être mises en œuvre. En cette Journée mondiale de l’alimentation, sous le thème « Agir ensemble pour un avenir alimentaire durable pour tous », nous rappelons aux dirigeants que le droit à l’alimentation est un droit universel, et pourtant des milliards de personnes peinent encore à accéder à une alimentation sûre, nutritive et abordable. Aujourd’hui, 2,6 milliards d’individus n’ont pas les moyens d’une alimentation saine. Nous appelons ainsi les dirigeants du monde à placer l’alimentation au centre de l’action climatique. »

Edward Mukiibi, président de Slow Food.

En cette période de grande incertitude, l’unité doit primer. Slow Food souhaite que la convention de Belém laisse derrière elle une confiance renouvelée dans le multilatéralisme, la seule voie envisageable pour résoudre la crise climatique.

Comme l’a récemment souligné la Commission EAT-Lancet, il ne peut y avoir de solution sûre à la crise climatique et à la crise de la biodiversité sans transformation des systèmes alimentaires mondiaux.

Même en abandonnant les énergies fossiles, les systèmes alimentaires actuels pourraient, à eux seuls, nous faire franchir la limite de 1,5 °C fixée par l’Accord de Paris.

La COP30 doit dépasser les accords symboliques et proposer des actions concrètes et des incitations permettant aux pays une transition vers l’agroécologie et la constitution de systèmes alimentaires justes et équitables. Les contributions déterminées au niveau national (CDN) doivent contenir des objectifs clairs, mesurables et contraignants , assortis de financements adéquats et de calendriers réalistes.

Ces plans doivent couvrir toutes les étapes de la filière alimentaire, de la production à la consommation, en passant par la réduction du gaspillage, la santé des sols et la biodiversité, en s’appuyant sur la dynamique créée par la Déclaration sur les systèmes alimentaires, issue de la COP28 aux Émirats arabes unis.

« La véritable résilience climatique commence par l’autonomisation des communautés à définir comment produire, distribuer et consommer leur nourriture » 

Edward Mukiibi, président de Slow Food

Enfin, la COP30 doit combler le déficit de financement de l’action climatique en orientant des ressources substantielles vers les pratiques agroécologiques, en particulier dans les pays du Sud. La feuille de route de Bakou à Belém doit servir à accélérer la mobilisation annuelle de 1,3 milliard de $ d’ici 2035, afin que les flux financiers soutiennent les agriculteurs et les écosystèmes, au lieu de les fragiliser.

Principales revendications de Slow Food à l’attention des gouvernements

  • Prioriser l’agroécologie : mettre fin à l’industrialisation de l’agriculture, réorienter les subventions vers le bien public et protéger la biodiversité.
     
  • Reconnaître la souveraineté alimentaire comme un mode d’action climatique : donner du pouvoir aux communautés et rejeter les fausses solutions telles que la compensation carbone et le technosolutionnisme.
     
  • Réorienter la finance climatique : consacrer 1,3 milliard de $ par an d’ici 2035 à l’agroécologie, et non aux énergies fossiles.
     
  • Garantir l’alimentation comme un droit humain : assurer à tous l’accès à une alimentation nutritive, diversifiée, riche en végétaux et culturellement cohérente.
     
  • Sortir des énergies fossiles : les systèmes alimentaires doivent s’affranchir de toute dépendance aux combustibles fossiles.
     
  • Défendre les systèmes alimentaires locaux : investir dans les circuits courts, les traditions alimentaires autochtones et les marchés paysans.
     

Déclaration commune d’une centaine d’organisations

Slow Food s’est joint à plus de 100 organisations pour signer une lettre commune réitérant ces revendications. La coalition insiste sur le fait que réduire l’élevage industriel, aligner la consommation sur le Planetary Health Diet1 et privilégier une alimentation plus végétale est essentiel pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de climat et de biodiversité.

Une transition juste vers l’agroécologie et des objectifs contraignants de réduction des émissions de l’agriculture industrielle doivent ancrer l’ambition climatique pour 2035

Nous, les organisations soussignées, exhortons toutes les Parties à l’Accord de Paris à relever le niveau d’ambition de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) pour 2035 en incluant de manière significative des engagements sur l’agriculture et les systèmes alimentaires, y compris les émissions liées à l’utilisation des terres, avant la COP 30 au Brésil.

Les systèmes alimentaires sont responsables de jusqu’à 42 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon le GIEC.

Même si les émissions de combustibles fossiles étaient immédiatement stoppées, les trajectoires actuelles des systèmes alimentaires rendraient à elles seules l’objectif de 1,5 °C inatteignable.

Les systèmes agricoles sont déjà en péril en raison de la hausse des températures. Lors de la COP 28, les Parties se sont engagées à remédier aux vulnérabilités des systèmes alimentaires et agricoles dans leurs CDN, leurs plans d’adaptation nationaux (PAN) et leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) en plaçant les personnes au cœur de l’action climatique.

La plupart des Parties se sont également engagées à respecter le Cadre mondial sur les produits chimiques et le Cadre mondial pour la biodiversité, qui prévoient explicitement la transition vers l’agroécologie et des alternatives non chimiques, ainsi que la réduction de moitié de la pollution due aux pesticides et aux engrais.

Pour atteindre les objectifs en matière de climat, de biodiversité et de pollution et respecter les droits humains, nous devons transformer en profondeur la manière dont nous produisons, distribuons et consommons les aliments.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) affirme qu’une transformation des systèmes alimentaires, notamment une transition vers l’agroécologie, peut permettre de réduire les émissions et d’améliorer la résilience climatique pour rester en dessous de 1,5 °C.

Les CDN doivent donc donner la priorité à la réduction des émissions agricoles en renforçant le soutien aux producteurs agricoles afin qu’ils passent d’une agriculture industrielle à grande échelle et à forte intensité d’émissions à une agroécologie et une agriculture écologique fondées sur la souveraineté alimentaire. Ces engagements contribueront non seulement à l’atténuation, mais aideront également le secteur alimentaire à s’adapter au changement climatique.

Le système d’élevage industriel est conçu pour profiter aux multinationales de la viande et des produits laitiers et dépend de l’exploitation des agriculteurs, des travailleurs et des animaux. Dominé par de longues chaînes d’approvisionnement et l’épuisement des ressources naturelles, il entraîne la destruction de la biodiversité et d’écosystèmes vitaux comme la forêt amazonienne.

Une transition juste implique d’encourager et de développer un système alimentaire humain, fondé sur l’agroécologie, qui soutienne les agriculteurs et les travailleurs dans cette transition.

Les pays à revenu élevé doivent montrer l’exemple en réglementant l’agriculture industrielle et en mettant en œuvre des objectifs contraignants de réduction des émissions agricoles pour le méthane et de protoxyde d’azote, parallèlement à des mesures de transition juste qui garantissent la protection sociale, la formation et la reconversion professionnelle ainsi que la participation inclusive des agriculteurs, des travailleurs et des communautés rurales.

Le rapport Global Methane Assessment 2021 du PNUE appelle à une réduction de 45 % des niveaux de méthane par rapport à 2020 d’ici 2030, mais selon le dernier rapport Methane Tracker 2025, ces émissions n’ont pas encore atteint leur pic. L’agriculture est l’une des principales sources d’émissions anthropiques de méthane et de protoxyde d’azote, en grande partie à cause de l’élevage à grande échelle et de l’utilisation non réglementée d’engrais. Les émissions de protoxyde d’azote ont augmenté de 40 % depuis les années 1980, tandis que la concentration atmosphérique de méthane augmente de manière exponentielle et est actuellement responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique observé.

Le bilan carbone de l’élevage

Bien que de nombreux gouvernements aient inclus l’agriculture dans leurs CDN, aucun grand émetteur agricole ne s’est engagé à un plan assorti d’un calendrier pour réduire considérablement ces émissions. Pour aggraver les choses, certains pays producteurs et exportateurs de bétail excédentaire tentent de redéfinir leurs objectifs en matière de méthane dans le but de parvenir à « aucun réchauffement supplémentaire », ce qui signifie qu’ils visent à maintenir leurs niveaux élevés actuels de méthane, au lieu de les réduire.

Le méthane entraîne un réchauffement 80 fois plus puissant que le CO2 sur une période de 20 ans.

Vaches en stabulation Europe du Nord

En fait, l’édulcoration des objectifs en matière de méthane – en utilisant la mesure connue sous le nom de potentiel de réchauffement global ou « PRG » – favoriserait injustement les pays à forte production animale, étant donné qu’ils auraient une base de référence beaucoup plus élevée que la plupart des autres pays en développement. Ces objectifs ont été vivement critiqués par les scientifiques, qui leur reprochent de ne pas tenir compte des preuves scientifiques. Les adopter non seulement compromettrait l’objectif de 1,5 °C de l’Accord de Paris et son principe d’équité, mais augmenterait également le risque climatique pour toutes les nations.

La généralisation d'engrais azotés a permis l'essor de l'agriculture industrielle, dérèglant au passage le cycle biogéochimique de l'azote.
https://cdurable.info/comment-l-agriculture-industrielle-bouleverse-le-cycle-de-l-azote-et-compromet-l-habitabilite-de-la-terre/La généralisation d’engrais azotés a permis l’essor de l’agriculture industrielle, dérèglant au passage le cycle biogéochimique de l’azote.

La réduction de la production industrielle et à grande échelle de bétail, la réduction de la consommation conformément au régime alimentaire compatible avec la santé planétaire et le passage à une alimentation plus végétale sont essentiels pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de climat et de biodiversité.

Les gouvernements doivent garantir le droit à une alimentation saine et nutritive, en particulier pour les communautés et les régions vulnérables. Se concentrer uniquement sur les solutions technologiques ne peut combler l’écart entre les émissions et les objectifs, des changements structurels sont nécessaires pour lutter à la fois contre le changement climatique et la dégradation de l’environnement.

Les pays à revenu élevé et intermédiaire doivent redonner du pouvoir aux communautés rurales et urbaines productrices de denrées alimentaires en mettant l’accent sur les connaissances et les droits des petits exploitants, des Peuples Autochtones et des communautés en première ligne. Ils doivent encourager les pratiques agricoles qui restaurent les écosystèmes, soutiennent la biodiversité et garantissent l’accès à une alimentation saine et nutritive pour tous, permettant ainsi une transition juste dans l’agriculture dans leurs CDN.

Nous, les signataires, appelons :

  • Toutes les parties à la CCNUCC de s’opposer à l’adoption d’objectifs de « réchauffement nul » utilisant le PRG* pour la réduction des émissions de méthane.
  • Tous les pays à revenu élevé de montrer l’exemple en ancrant leurs CDN 2035 dans une transition juste, loin d’une agriculture industrielle à grande échelle et à forte intensité d’émissions, et vers l’agroécologie.

Cet engagement peut être mis en œuvre par le biais :

  • d’une législation contraignante et d’un plan assorti d’un calendrier pour réduire équitablement les émissions agricoles (y compris le méthane), tout en excluant les compensations carbone et les solutions technologiques à court terme non éprouvées.
  • de l’arrêt de l’expansion de l’élevage industriel et de la production de céréales fourragères (pas de nouvelles fermes industrielles ni d’expansion des fermes existantes), en donnant la priorité à une alimentation diversifiée pour les personnes plutôt qu’à l’alimentation animale.
  • Créer une stratégie assortie d’un calendrier et un plan de mise en œuvre de la transition juste afin de réorienter les fonds publics destinés à l’élevage industriel (y compris l’alimentation animale) vers la promotion et l’expansion d’un système alimentaire basé sur l’agroécologie qui soutienne de manière adéquate les agriculteurs et les travailleurs dans cette transition, avec des programmes de protection sociale et une participation inclusive et significative des agriculteurs, des travailleurs et des communautés rurales.
  • Veiller à ce que cette transition permette aux marchés locaux de prospérer, dont dépendent les éleveurs, les pastoralistes et les autres petits producteurs alimentaires dans les pays du Sud, sans que les multinationales ne menacent de simplement y délocaliser leurs activités destructrices pour l’environnement et de perturber les moyens de subsistance.
  • Introduire des politiques qui éliminent la surconsommation de produits animaux et soutiennent une transition alimentaire vers des aliments sains, écologiques et à base de plantes, notamment en plaçant la justice sociale et le droit à l’alimentation au centre des environnements alimentaires.

En prenant ces mesures, les gouvernements doivent garantir le droit à une alimentation saine et nutritive, en particulier pour les communautés et régions vulnérables.

Une alimentation bonne,
propre et juste pour tous

Slow Food appelle enfin les dirigeants mondiaux à faire de la COP30 un moment charnière : un moment où alimentation, culture et climat sont réunis, dans toutes les discussions et dans toutes les politiques.

Les signataires de la déclaration commune

Signer la déclaration commune

Rejoignez les personnes du monde entier qui réclament des transitions justes vers l’agroécologie.

a large field of crops with trees in the background
  1. Le Planetary Health Diet est une alimentation à l’équilibre entre l’humain et la planète, théorisée par la commission scientifique EAT-Lancet. ↩︎