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Comprendre 
le changement climatique en 20 infographies

Le changement climatique expliqué en 20 infographies est un outil indispensable à l’heure de la COP30, la conférence annuelle des Nations unies sur le changement climatique. Elle doit faire le point sur le suivi de l’accord de Paris de 2015 qui vise à contenir l’ampleur du réchauffement climatique.

Que se passera-t-il si la France atteint + 4 °C en 2100 ?
Selon les projections de Météo-France, une année aussi chaude que 2022 serait une année exceptionnellement fraîche à l’horizon 2100.

Comprendre 
le changement climatique en 20 infographies

À l’heure où certains remettent en question les savoirs scientifiques les plus fondamentaux, comme le rôle de l’activité humaine dans le changement climatique, il est plus que jamais essentiel de diffuser des informations scientifiques fiables, compréhensibles, précisément sourcées et vérifiées pour construire un débat public de qualité. C’est qu’a fait la rédaction de Brief.science avec cette synthèse sur le changement climatique.


Chiffres clés du climat – France, Europe et Monde – Édition 2025

Un point de situation, 10 ans après l’Accord de Paris

L’édition 2025 des Chiffres clés du climat permet de mieux comprendre les tendances du réchauffement climatique à travers près d’une centaine d’indicateurs statistiques de référence :

  • qui expliquent le changement climatique, ses mécanismes, ses causes et ses impacts ;
  • qui décryptent les statistiques sur les émissions de gaz à effet de serre en France, en Europe et dans le monde ;
  • qui font le point sur les politiques climatiques à toutes les échelles.

A propos de Brief.science

Brief.science est un média indépendant édité par la société Brief Media. Sa mission est de proposer un service d’information synthétique, fiable, sans parti pris ni publicité, qui explique et met en perspective l’actualité scientifique.

Depuis la création de Brief.science, l’équipe de rédaction souhaite construire aveccses lecteurs une relation de confiance forte et durable. Cette confiance se mérite, c’est pourquoi ils ont adopté une charte de déontologie qui récapitule leurs engagements.

Le média ne défend pas de ligne politique et n’a pas d’autres intérêts que d’offrir le meilleur service d’information possible. Pour le prouver en toute transparence, il publie et maintiens à jour sur leur site grand public une déclaration sur les intérêts matériels et moraux de l’entreprise, ses dirigeants et journalistes.


10 ans après l’Accord de Paris, l’urgence de contributions plus ambitieuses des États

La COP30 à Belém (Brésil), sous présidence brésilienne, s’est tenue jusqu’au 21 novembre 2025. Cette conférence intervenait une année décisive, marquée par la révision des Contributions déterminées au niveau national (CDN) à horizon 2035. Au cœur de l’Amazonie, la 30ème COP a mis l’accent sur la protection des forêts tropicales et des océans, deux écosystèmes majeurs pour réussir à faire face à la crise climatique, ainsi que sur l’adaptation au changement climatique et sur la transition juste.

Tous les États doivent déposer une contribution plus ambitieuse, car il y a urgence à préserver l’objectif fixé il y a dix ans par l’Accord de Paris : limiter le réchauffement à 2 °C voire à 1,5 °C en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels, en accélérant la baisse des émissions.

Pourquoi +1,5°C c’est important ?

Cette infographie permet de saisir d’un seul regard l’ampleur des impacts liés aux différents scénarios climatiques.

Pour les enseignantes et enseignants, l’infographie « Pourquoi 1,5°C importe ? » reprend les différents scénarios du GIEC et illustre de manière claire les impacts associés à chaque palier de changement climatique.

Pour Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, « c’est une ressource pédagogique incontournable pour rendre tangibles des concepts souvent abstraits et pour stimuler la réflexion critique des élèves sur les enjeux environnementaux. »

10 ans de l’Accord de Paris

La COP30 marque les 10 ans de l’Accord de Paris. À cette occasion, la France réaffirme les progrès accomplis et la nécessité d’accentuer les efforts de baisse des émissions.

L’ouverture de la COP s’inscrit dans la dynamique ouverte par l’accord historique trouvé à Bruxelles le 5 novembre 2025, sur la contribution de l’Union européenne à la COP30 (entre -66,25 % et -72,5 % d’émissions d’ici 2035) et sur la nouvelle loi climat européenne (-90 % d’ici 2040).

Cet accord constitue une étape majeure : il concilie ambition climatique et compétitivité économique.

La France se félicite du leadership européen dans la lutte contre le changement climatique.

L’ouverture de cette COP a été précédée par un sommet de haut niveau qui s’est tenu les 6 et 7 novembre 2025, en présence du président de la République Emmanuel Macron. La ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, Monique Barbut, se rendra à la COP du 18 au 22 novembre.

Dossier du Ministère de l’écologie


30 ans de COP : infographie BonPote

Une infographie pour montrer l’évolution du CO2 Atmosphérique par rapport à l’évolution des températures mondiales, en y retraçant les différents évènements majeurs liés au climat depuis les années 60.

Dites-vous que sans ces COP, le présent et surtout l’avenir seraient pires…

► 30 ans de COP. Retrouvez toutes les infographies Bon Pote, au format PNG et PDF sur Bon Pote

Conclusions de la COP 30 – Note du Comité 21

À l’issue de la COP, achevée comme les précédentes dans une atmosphère d’extrême tension, voire un peu plus, un bilan mitigé peut être esquissé. Quelques avancées sur l’adaptation, les financements, l’intégrité de l’information scientifique ou encore un plan d’action Genre. Mais aussi des reculs politiques préoccupants, et le multilatéralisme qui semble en sursis. 

Analyse par Bettina Laville d’une COP à fort enjeu, mais qui n’a pas tenu toutes ses promesses.

De Paris 2015 à Belém 2025 : les acteurs non étatiques porteurs de l’ambition climatique ? 

A l’occasion des 10 ans de l’accord de Paris et à l’approche de la COP30 à Belém (Brésil), cet événement est revenu sur le rôle crucial joué par les acteurs non étatiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par nos engagements internationaux.  

2025 : le temps des tempêtes et la COP 30

Cette note du Comité 21, rédigé par Bettina Laville, présidente d’honneur du Comité 21, présente un bilan d’étape de l’action internationale pour préserver l’habitabilité de la planète

Où en sommes-nous de l’action internationale pour restaurer l’état de la planète et celui de ses habitants, objectif qui, jusqu’alors, n’avait jamais été ouvertement remis en question depuis plus de 30 ans, soit depuis la conférence de Rio de 1992 ? 

L’élection de Donald Trump bouleverse depuis bientôt un an les relations internationales, les relations commerciales, les politiques d’aide et, bien entendu, les politiques environnementales. C’est à l’aune de cette élection qu’il faut esquisser des pistes pour les futures politiques environnementales, alors que les nouvelles climatiques sont de plus en plus mauvaises et que l’espoir de limiter à 2 °C le réchauffement au cours de ce siècle, voire même d’ici le milieu du siècle, commence à être interrogé.

La COP 30, qui a commencé dans la défiance à Belém, marquera-t-elle un tournant, et dans quel sens ?

COP30 – De Paris à Belém, rehausser l’ambition climatique – Le secteur privé au cœur de l’action

Adopté en 2015, l’Accord de Paris a marqué un tournant historique dans la gouvernance climatique mondiale. Pour la première fois, la communauté internationale s’est dotée d’un traité juridiquement contraignant, avec un objectif commun : limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de 2°C, et poursuivre les efforts pour le contenir à 1,5°C.

Quelques mois avant, pour la première fois, les principaux réseaux internationaux d’entreprises ont uni leurs forces pour organiser le Business & Climate Summit, 200 jours avant la COP 21. Celui-ci était porté par le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, Epe et le WBCSD avec le concours de Brice Lalonde, Conseiller spécial pour le développement durable au Pacte mondial des Nations Unies. Ce sommet avait eu un rôle précurseur, en mobilisant des acteurs économiques du monde entier autour de l’idée que, sans financement, il ne pourrait y avoir de mise en œuvre de l’Accord de Paris.

Température moyenne annuelle mondiale par rapport aux niveaux préindustriels
(moyenne de 1850 à 1900) de 1850 à 2024, en degrés Celsius
Source : United Nations Statistics Division (2025), SDG Indicator – Goal 13: Climate action
(sur la base du rapport State of the Global Climate 2024 par le World Meteorological Organization (2025).

Pourtant, dix ans plus tard, le constat est sans appel : le réchauffement s’accélère, tout comme les phénomènes climatiques extrêmes, et de nombreuses chaînes de valeur demeurent encore trop dépendantes des énergies fossiles. Les besoins de financement pour l’adaptation au changement climatique restent largement insatisfaits.

L’infographie ci-dessus présente les différentes évolutions et chiffres clés relatives à la mise en œuvre de l’ODD 13 dans le monde
Source : Infographie réalisée par le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, sur la base du Rapport 2025 sur les ODD, ONU (2025)

La Cop30 qui s’est tenue il y a quelques semaines au Brésil a réaffirmé la capacité d’action du secteur privé dans la mise en œuvre de nos objectifs climatiques mondiaux. Si les entreprises ont depuis 10 ans contribué à accélérer la transition de manière significative, l’heure ne doit pas être au renoncement mais à redoubler les efforts, à maintenir des engagements transparents et crédibles, préparer l’adaptation au changement climatique mais aussi intensifier le financement.

En France, la mise en œuvre de l’ODD 13 est plutôt sur une bonne trajectoire. Dans sa Revue nationale volontaire pour l’atteinte des ODD de 2023, la France évaluait l’atteinte de ses indicateurs de suivi de l’ODD 13 en 2030 comme majoritairement favorables.
Source : Infographie réalisée par le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, d’après RTE France (2025), le Ministère de la transition écologique (2025) et l’INSEE (2024)
.

« Notre responsabilité, au Pacte mondial de l’ONU, est d’accompagner les entreprises de toutes tailles à se nourrir des discussions à Belém pour se transformer. Le moment est à l’exécution. La COP30 a livré un constat : l’urgence est là. Notre crédibilité collective dépend de notre capacité à traduire les engagements de Belém en plans d’affaires concrets et en investissements immédiats. »

Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France

Le Pacte Mondial de l’ONU célèbre ses 25 ans

Cet anniversaire est une étape cruciale pour amplifier son engagement. Le Pacte mondial des Nations Unies s’engage à approfondir son impact et profite de son 25e anniversaire pour lancer un appel à l’ambition, à l’unité et à la collaboration. Le parcours du Pacte mondial des Nations Unies est loin d’être terminé, et son héritage d’espoir, d’innovation et d’action continue d’inspirer.


8 choses à savoir sur ce nouveau sommet international

Par Camille Richir pour La Croix

Face au réchauffement climatique, les représentants de près de 160 pays se réunissent pour la 30e conférence de l’ONU sur le climat (COP30) à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025. Dates clés, participants, résultats attendus… Tour d’horizon des enjeux par Camille Richir sur La Croix.

Des chefs d’État et de gouvernement participant au sommet sur le climat à Belém, en amont de la COP30, qui commence ce lundi 10 novembre 2025. ANTONIO LACERDA / EPA

A quoi ça sert une COP ?


L’heure de la résistance pour le réseau action climat

L’accord de Paris, 10 ans après : entre boussole climatique et fronts de résistance

Réseau Action Climat de France

L’ouragan Melissa qui a frappé les îles des Caraïbes est un rappel cruel de la nécessité d’une transition juste : les populations les plus pauvres sont les plus vulnérables face au changement climatique, alors qu’elles en sont les moins responsables. La COP30 doit être l’occasion de porter des solutions écologiques et justes pour le réseau action climat France.

Et si on écoutait enfin les peuples autochtones ?

COP30 à Bélem, et si on écoutait enfin les peuples autochtones ?

Si pour une fois on écoutait enfin ce que les peuples autochtones ont à dire, ou plutôt, ce qu’ils ont toujours dit mais qu’on a délibérément ignoré ?

Les États ont une nouvelle opportunité de répondre à cette injustice lors de la 30ème édition de la COP qui aura lieu au sein de l’Amazonie à Belém, au Brésil. 

Dans ce nouvel Agenda Ecologique, Carlos Fernández et Philippine Verzat chargés de mission à La Fabrique Ecologique, font le constat du manque de considération des peuples autochtones dans les politiques climatiques et les négociations internationales, à la fois vis-à-vis de leur pouvoir politique et de la pertinence de leurs savoirs pour préserver la biodiversité, le climat et notre planète.

Ils ne reçoivent que 1 % des fonds internationaux destinés à la lutte contre le réchauffement climatique alors qu’ils préservent 80 % de la biodiversité.

Afin de leur redonner leurs voix, écoutons leurs demandes formulées dans leur Déclaration politique prononcée pendant la Pré-COP à Brasilia en juin 2025. 


COP30 à Belém : les peuples autochtones, grands oubliés ? 

Chronique du 19/11/25 de la journaliste Gabrielle Maréchaux pour The Conversation France sur France 24


Vers des systèmes alimentaires plus résilients face au changement climatique

Face au changement climatique, l’agriculture et les systèmes alimentaires sont à la fois responsables et victimes, mais aussi au cœur des solutions.

Cirad

Alors que la COP30 Brazil vient de s’ouvrir, le Cirad publie une note de position sur la nécessité transformer nos systèmes agricoles et alimentaires pour répondre à l’urgence climatique.

Cette publication s’appuie sur les travaux d’un ouvrage collectif coordonné par des scientifiques du Cirad et leurs partenaires, mobilisant près de 150 autrices et auteurs issus de multiples disciplines.

Leur message est clair : renforcer la résilience des agricultures du Sud est une condition incontournable pour garantir la sécurité alimentaire mondiale et une transition juste


Signature par la France de la Déclaration sur les enfants, les jeunes et l’action climatique

© UNICEF/Juliette de Charry 

Réaction des Jeunes Engagés pour le Climat1

Les Jeunes Engagés pour le Climat, aux côtés de l’UNICEF France, saluent la signature par la France de la Déclaration sur les enfants, les jeunes et l’action climatique lors de la COP30 à Belém. Présentée lors de la COP25, cette Déclaration constitue un cadre essentiel pour garantir que les droits des enfants soient pleinement protégés et pris en compte dans l’ensemble des politiques climatiques, en reconnaissant notamment leur droit à un environnement sain et en appelant à intégrer leurs besoins et leurs voix dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

© UNICEF/Juliette de Charry

Cette signature, actée au nom de la France marque un signal important : celui que les enfants et les jeunes ne seront plus laissés seuls face à une crise climatique qui accentue déjà de profondes inégalités et qu’ils seront reconnus comme acteurs du changement. Alors que près de deux milliards d’enfants dans le monde sont exposés à des risques climatiques extrêmes, la reconnaissance par la France de cette réalité est un pas nécessaire.

Mais cette signature n’est qu’une première étape. En rejoignant plus de 65 pays signataires, la France doit désormais traduire cet engagement en actions concrètes : renforcer la prévention des risques, développer l’éducation au climat et garantir la participation réelle, structurée et durable des enfants et des jeunes à l’élaboration des politiques publiques.

La crise climatique est une crise des droits de l’enfant. Il est urgent d’y répondre comme telle, et nous comptons sur la France pour donner à cette signature la portée qu’elle appelle.

  1. Les Jeunes Engagés pour le Climat (JEC) sont un groupe de dix jeunes âgés de 14 à 19 ans, venant de toute la France. Créé en 2025 par l’UNICEF France, ce projet pilote réunit des collégiens, lycéens et étudiants volontaires pour porter la voix de leur génération dans les espaces de décision. Parmi eux, Anaïg (14 ans) et Mathis (16 ans) ont participé à la COP30 au sein de la délégation française, afin de témoigner, interpeller et défendre les droits des enfants face à la crise climatique. ↩︎

L’IDDRI fait le point sur les enjeux de la COP 30

La COP 30 a débuté ce lundi 10 novembre, juste après le sommet climat des chefs d’État à Belém, dans un contexte politique tendu. Pourtant, ce n’est pas la tonalité des premières discussions, qui, d’après les équipes de l’Iddri sur place, enregistrent plus de progrès qu’espéré, et évitent même les habituelles discussions chronophages sur l’agenda des négociations. C’est sans doute aussi que l’anniversaire des 10 ans de l’Accord de Paris permet de voir clairement ce qui a avancé, et la façon dont la transition s’est mise en marche dans le monde, même si elle n’est pas assez rapide.

« L’Accord de Paris est fait pour gérer une période comme celle-là »

Les experts et chercheurs de l’Iddri ont eu, ces derniers jours, de nombreuses occasions de participer, dans la presse, au cadrage de ce bilan de 10 ans d’action climatique, et des attentes vis-à-vis de la COP.

« La grande révolution de l’accord, c’est d’avoir réussi à intégrer les grands pays émergents, la politique climatique a cessé d’être la seule affaire des pays de l’OCDE. La force de cet accord, c’est cette double logique d’inclusion de tous les pays et de responsabilité urgente à agir pour les plus avancés », analyse Michel Colombier dans Les Échos. Sébastien Treyer explique sur LCI que « l’Accord de Paris a créé des irréversibilités dans un certain nombre de contextes nationaux où des objectifs sont pris et où des investissements privés ont été faits. Beaucoup d’entreprises en Europe ont commencé à investir dans la transition pour ne pas prendre de retard et rester compétitives vis-à-vis de la Chine ».

En effet, tant pour la Chine que pour l’Europe, « l’agenda climatique est un agenda économique », et si elles misent sur la réussite de la transition climatique, c’est dans leur propre intérêt, développe Marta Torres Gunfaus sur RTVE. « La Chine est un pays qui compte particulièrement : ce qu’elle met sur la table détermine la trajectoire de décarbonation du monde », souligne Céline Kauffmann dans Le Monde. Il est vrai, pour Sébastien Treyer sur RTL, que « les politiques climat des pays sont devenues des stratégies économiques, mais elles sont aujourd’hui plus en conflit qu’en coopération ». « Avant, on cherchait un accord ; maintenant, on se fait concurrence », résume Marta Torres Gunfaus dans La Vanguardia. Dans ce contexte, « la COP 30 sera davantage jugée sur sa capacité à envoyer un signal de coordination que sur un texte final », juge Sébastien Treyer dans Les Échos.

Quant à l’absence des États-Unis, si elle est très évoquée dans les médias, elle ne doit pas occulter la dynamique du reste du monde. Pour Anna Pérez Català, sur 3Cat, « le simple fait que les États se réunissent pour discuter du climat dans ce contexte géopolitique très compliqué est déjà un succès retentissant ». « La coalition derrière Trump n’existe pas, ajoute Sébastien Treyer sur LCI, et la vraie coalition, ce sont les pays qui vont à la COP au Brésil pour dire que la question climatique est trop importante pour qu’on s’en désintéresse. »

Et « cette COP montre que ces dynamiques collectives restent très importantes, pour éviter que chacun ne se répande en donnant son opinion sur la science. En l’absence de COP, on peut douter que l’Europe ait pu se mettre d’accord sur son engagement climat », ajoute Henri Waisman sur France Info.

Pour Michel Colombier, dans Les Échos, « l’agenda de destruction de Trump, c’est bien la preuve par l’absurde que des transformations majeures sont à l’œuvre dans le monde entier, c’est la preuve que ça a marché. Maintenant, il faut savoir si ce même traité va nous permettre de résister à une telle volonté de destruction. Mais un accord international comme celui de Paris, c’est justement fait pour gérer des périodes comme celle-là. Si on ne devait pas affronter des moments où des voix dissonantes s’élèvent, on n’en aurait pas besoin ».

La Sélection COP30 – The Conversation France

De COP en COP, une géopolitique de la procrastination climatique

Entre promesses ajournées et coalitions aux intérêts divergents, les COP se suivent et démultiplient les arènes de négociation sans nécessairement réussir à accélérer l’action climatique. À l’heure de la COP30, organisée au Brésil, l’enjeu est de taille : sortir de la procrastination climatique. Les organisations de la société civile jouent un rôle crucial et bousculent de plus en plus les arènes onusiennes.

Dix ans après Paris, la COP30 pourra-t-elle relancer l’action climatique ?

Tandis que la planète bat de nouveaux records de chaleur, les États devront en 2026 relever l’ambition de leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, selon le calendrier décidé en 2015. La Cour internationale de justice de La Haye, qui a livré un avis inédit en juillet dernier, leur a rappelé leurs obligations juridiques en la matière.

Le Brésil est-il en mesure de respecter ses engagements climatiques ?

La réalisation des objectifs climatiques du Brésil repose principalement sur la diminution de la déforestation. Cette réduction nécessite l’assentiment et l’engagement de l’agrobusiness, principal secteur vecteur de la déforestation. Pourtant, celui-ci paraît de plus en plus réticent à assumer cette responsabilité climatique et environnementale.

Plus que 20 ans avant que les réserves rentables de la majorité des métaux nécessaires au numérique soient épuisées !

Réalisée par le groupe Études de l’Association Green IT, l’étude métaux 2025 porte sur l‘état des réserves rentables en métaux à l’échelle mondiale. Les résultats de l’étude « État des réserves mondiales de métaux » sur le bilan de la disponibilité des ressources minières essentielles à nos technologies révèle que les réserves rentables de la majorité des métaux critiques pourraient être épuisées en moins de 20 ans, mettant en péril notre modèle de société.

Allons-nous manquer de métaux d’ici 20 ans ?

Alors que la demande explose – portée par le numérique, les véhicules électriques et les énergies renouvelables – cette étude souligne l’urgence d’agir pour éviter un effondrement de nos systèmes technologiques et industriels.

Très forte croissance de la demande

Les pays occidentaux sont de plus en plus dépendants des hautes technologies (high-tech). Or, les « stocks » de minerais permettant de fabriquer ces technologies, dont le numérique et l’intelligence artificielle, semblent se dégrader. Cette étude avait pour but de calculer l’état des réserves rentables mondiales de métaux selon une approche récente et transparente.

Evolution de la puissance d’un PC en 50 ans

Définition

La « réserve rentable » d’un métal correspond à la part des ressources identifiées dont l’exploitation est technologiquement possible et économiquement rentable à un instant donné.

Une réserve rentable fluctue donc dans le temps en fonction, notamment, des découvertes de nouveaux gisements et de la demande du marché. Cette photographie reflète les connaissances actuelles. Par simplification, dans ce document, le terme « réserves » désigne les « réserves rentables ».

L’univers numérique en constante expansion

Constats

Des réserves insuffisantes pour au moins 14 métaux critiques. La réserve rentable de la majorité des métaux étudiés est inférieure à 20 ans. Six d’entre eux ont une réserve inférieure à 10 ans. Et huit supplémentaires ont une réserve inférieure à 15 ans.

Une forte croissance de la demande. La demande en métaux devrait être multipliée par 2 à 4 d’ici 2050 et jusqu’à 6 à 40 pour certains métaux tels que le Lithium et le Cobalt.

Quinze à vingt ans pour ouvrir une mine. Les réserves rentables actuelles étant inférieures à 20 ans pour la plupart des métaux, ces réserves seront insuffisantes pour couvrir la demande prévisionnelle. D’autant que tout porte à croire qu’il sera impossible de détecter de 2 à 40 fois plus de réserves rentables et de les exploiter dans le délai imparti (moins de 20 ans).

L’extractivisme n’est pas une solution acceptable pour les populations locales comme pour l’environnement. Le GIEC nous rappelle que nos émissions de GES doivent atteindre leur asymptote cette année (2025) et être divisées par 2 d’ici 5 ans (2030) à l’échelle mondiale. Ouvrir de nouvelles mines serait donc un « suicide climatique ». D’autant que ces exploitations induisent de nombreux autres impacts environnementaux et sanitaires pour les populations et les écosystèmes locaux, contribuant, entre autres, à l’écroulement de la biodiversité.

Enjeux

À court terme (moins de 10 ans),

  • a. L’offre ne pourra pas répondre à la demande. Il est donc urgent d’économiser ces ressources et d’appliquer un « plan de sobriété métaux ».
  • b. Les pays occidentaux doivent anticiper des pénuries et ruptures de plus en plus fréquentes et des coûts environnementaux et économiques de plus en plus élevés pour accéder à ces ressources.

À plus long terme (10 ans et plus), ces métaux ne seront plus accessibles comme ils le sont aujourd’hui.

Il faut donc « sevrer » les pays occidentaux des hautes technologies.

Cette « cure de désintoxication » passe par la mise en œuvre de la démarche slow.tech.

État des réserves rentables de métaux à l’échelle mondiale en années de consommation

Évaluation environnementale des effets directs et indirects du numérique pour des cas d’usage

Le projet IT4Green vise à identifier les solutions numériques qui pourraient avoir des impacts environnementaux nets positifs dans le contexte français. En amont de ce travail, ce rapport résume l’histoire et l’ensemble des enjeux liés à l’évaluation des impacts environnementaux nets de solutions numériques.

  • Dans un premier temps, les notions de base de ce type d’évaluation comme la comptabilité nette, les effets rebonds, les approches attributionnelles et conséquentielles sont rappelées.
  • Ensuite, la classification et l’explication des effets directs et indirects de solutions numériques sont définis à partir de la littérature scientifique existante.
  • Dans un troisième temps, un rappel historique des questions liées à la contribution de la numérisation aux politiques climatiques et des publications liées est présenté de 1995 à nos jours.

Ce rapport fournit un état de l’art des connaissances scientifiques sur les effets environnementaux de la numérisation.

Finalement, une analyse comparée des méthodes existantes pour évaluer les impacts environnementaux nets, ou a minima indirects, de solutions numériques ou non est développé sur chaque point méthodologique clé.

Ce rapport offre une synthèse globale et extensive de tous les savoirs scientifiques et méthodologiques pour évaluer les impacts environnementaux nets de la numérisation.

Liste des documents

Évaluation environnementale des effets directs et indirects du numérique pour des cas d’usage

ADEME

Recommandations

Pour concilier intérêts économiques, sociaux et environnementaux, la France doit faire preuve de pragmatisme et d’inventivité. Rouvrir des mines en France et en Europe ne résoudra pas un problème dont les enjeux se jouent à l’échelle mondiale avec trois principaux protagonistes – les USA, la Russie et la Chine – en face desquels nous n’avons aucun argument.

Trois actions simples peuvent répondre aux enjeux soulevés par cette étude :

  1. Déployer un « plan de sobriété métaux »
  2. Constituer des stocks stratégiques
  3. Développer la slow.tech

Webinaire de présentation des résultats

État des réserves mondiales de métaux


Étude des réserves mondiales de métaux © 2025 by Association Green IT  is licensed under CC BY-NC-ND 4.0 

A propos de Green IT

Créé en 2004, le collectif Green IT est l’association à but non lucratif qui réunit les experts à l’origine des démarches de sobriété numérique, numérique responsable, écoconception de service numérique et slow.tech. GreenIT.fr anime le Club Green IT et le Collectif Conception numérique responsable et est cofondateur du consortium NegaOctet.org et de l’association Attention Hyperconnexion. Chaque année le collectif publie le Benchmark Green IT et le Baromètre de l’écoconception digitale.

Ecosystème Green IT : 4 organisations en une
Frédéric BORDAGE
Fondateur de l’Association Green IT

Frédéric Bordage est l’expert français de la sobriété numérique, du green IT et du numérique responsable.

A l’origine de GreenIT.fr, créé en 2004, il accompagne la communauté, les pouvoirs publics et les entreprises dans la mise en œuvre de ces sujets, avec l’ambition de réconcilier low et high tech via la démarche slow.tech.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence tels que « Sobriété numérique : les clés pour agir » et « Ecoconception web : les 115 bonnes pratiques ».

Référentiel de 115 bonnes pratiques d’écoconception de services numériques

Comment mettre en application concrètement le Green IT dans son projet logiciel ? Le référentiel open source vous permet de voir, à chaque étape du cycle de vie du projet, comment faire en sorte de minimiser votre impact.

Site web | Version papier | Github

Référentiel de 74 bonnes pratiques Green IT

Créé en 2014 à partir des différents référentiels des membres du Club Green IT et de celui de GreenIT.fr, ce référentiel est publié sous la forme d’un guide au format PDF et d’une check-list. Sa dernière mise à jour (2022) propose 74 bonnes pratiques simples à mettre en oeuvre et très efficaces. Il propose également une méthode pour évaluer la maturité green IT d’une entreprise ainsi que de règles de test et de seuils de conformité qui en font le seul référentiel exploitable au quotidien.

Études Green IT sur l’empreinte du numérique

En France

I Num Impact Numerique France 2020 1 537b6e748a

Quels sont les impacts environnementaux du numérique en France ?

Suite à la pandémie de COVID19, l’humanité aspire encore plus qu’avant à construire un « jour d’après » où le respect de l’environnement joue un rôle clé. Le numérique n’échappe à cette règle.

Dans le même temps, cette crise nous fait aussi ressentir le caractère critique du numérique comme outil de résilience, notamment pour coordonner les efforts sanitaires en temps réel à l’échelle planétaire. Comment aurions nous fait avec des pigeons voyageurs ?

C’est dans ce contexte que la Convention citoyenne pour le climat a adopté, avec 98 % de votes « pour », un ensemble de propositions pour « Accompagner l’évolution du numérique pour réduire ses impacts environnementaux »

En Europe

Num E 2021 Cover 469902f5cd

Numérique : 40 % du budget GES soutenable d’un européen

Le numérique en Europe pèse plus que toute l’humanité ! C’est le premier constat étonnant de l’étude Le numérique en Europe : une approche des impacts environnementaux par l’analyse du cycle de vie qui apporte, pour la première fois, une évaluation fiable et objective des impacts environnementaux du numérique en Europe.

Réalisée par le collectif GreenIT.fr et le consortium NegaOctet pour les Verts / ALE, cette étude indique que les 571 millions de tonnes de matières premières mobilisées par le numérique en Europe chaque année correspondent à la masse de 9,2 milliards d’êtres humains.

Dans le monde

Etude Monde 2025

Impacts environnementaux du numérique dans le monde 2025

Réalisée par le groupe Etudes de l’association Green IT, cette étude porte sur les impacts environnementaux du numérique à l’échelle mondiale. Elle s’appuie sur une méthodologie d’Analyse du Cycle de Vie (ACV) multicritères.

L’objectif de cette étude et d’apporter un éclairage scientifique par une évaluation quantifiée des impacts environnementaux du numérique, afin que chacun∙e d’entre nous, citoyen, entreprise, dirigeant politique, puisse prendre la mesure des impacts du numérique et prendre nos responsabilités pour réduire ces impacts.

Cécile Galoselva, fondatrice d’ETIC, réinvente l’immobilier pour servir le bien commun

Cécile Galoselva a fondé ETIC Foncièrement Responsable, il y a 15 ans pour Agir en faveur de tiers-lieux ESS plus responsables, d’un immobilier plus durable et d’une finance plus solidaire ! Durable ou pas ? La fondatrice d’ETIC a accepté de répondre aux questions Cdurable, inspirées des 9 besoins fondamentaux et 9 principes du vivant.

15 ans à réinventer l’immobilier pour servir le bien commun

En 2010, l’idée paraissait audacieuse :

Faire de l’immobilier professionnel un outil écologique, équitable et tourné vers l’intérêt général.

Quinze ans plus tard, ETIC – Foncièrement Responsable en fait la démonstration : 25 000 m² de lieux exemplaires, des trophées en reconnaissance, une communauté d’acteurs et d’actrices du changement qui y travaillent, se forment, coopèrent et grandissent.

Ces lieux, financés par une épargne citoyenne à lucrativité limitée, incarnent un immobilier adapté aux défis climatiques sans les aggraver. ETIC souffle ses 15 bougies, avec un bilan solide, des trophées en poche, et surtout, une conviction confirmée : 

l’immobilier peut devenir un levier puissant de transition sociale et écologique.

Travailler dans un lieu engagé

Vous cherchez à louer un espace de travail éco-responsable ? Vous souhaitez développer votre activité dans un cadre en cohérence avec vos valeurs éthiques ?

  • Rejoignez une communauté de structures engagées dans nos tiers-lieux professionnels et responsables présents dans toute la France.

Créer un tiers-lieu responsable

Vous portez un projet de création de tiers-lieu à impact positif ? Vous cherchez un appui expert pour concrétiser votre ambition ? ETIC propose un accompagnement dans la création de tiers-lieux sur mesure pour faire de votre projet de tiers-lieu, une réalité.

Investir dans la finance solidaire

Vous aspirez à donner du sens à votre épargne ? À une rentabilité sociale, environnementale et financière équilibrée ? Vous souhaitez rejoindre la communauté grandissante de la finance à impact ?

Un modèle qui conjugue utilité collective, exigence environnementale et performance économique

un immobilier sobre, coopératif
et utile au bien commun

En 15 ans, ETIC a construit sa légitimité sur un triple bilan assumé :

  • Impact social : 176 organisations hébergées dans 10 tiers-lieux responsables, soit plus de 1 600 emplois directs et indirects créés en 15 ans. Associations, ONG, coopératives, ESUS, entreprises à impact… elles agissent dans des domaines clés comme l’éducation, la transition alimentaire, la solidarité internationale ou l’insertion professionnelle. Ensemble, elles constituent un écosystème de plus de 1 000 personnes engagé∙es au quotidien pour construire une société plus juste et durable.
  • Impact environnemental : les tiers-lieux ETIC sont en moyenne six fois moins émetteurs de CO₂ que la moyenne nationale. Certaines innovations, comme les toilettes sans eau de WIKIVILLAGE ou l’utilisation de béton et d’isolants recyclés à LA LOCO, les placent à la pointe de l’écoconstruction.
  • Impact économique : malgré un contexte tendu (hausse des taux, vacance tertiaire), ETIC a porté son patrimoine immobilier de 21 M€ en 2023 à 64 M€ en 2024, et voit une hausse constante de son Chiffre d’Affaires. Maîtrisant ses charges et fixant ses loyers au plus près de ses coûts, la société atteindra un résultat positif pérenne sous un an environ.

Les Quintessentielles : les principes d’ETIC

Ethical Property est une famille internationale d’entreprises sociales qui acquièrent et gèrent des bâtiments respectueux de l’environnement et dédiés aux organisations engagées. C’est un écosystème international d’entités qui développent des lieux solidaires pour des communautés, qui protègent et améliorent la société et l’environnement.

En tant qu’organisation, elle croit en un triple bilan : accorder autant d’attention aux performances sociales, financières qu’environnementales pour créer un cercle vertueux dans lequel les impacts sociaux et environnementaux conduisent à des retours financiers durables et réciproquement. Cette éthique est une source de valorisation qui profite à toutes et à tous.

Les Quintessentielles sont les principes qui guident les membres de la famille internationale Ethical Property pour gérer leur organisation et justifier de leur performance éthique. Elles reflètent la vision, la mission et l’ADN de la famille Ethical Property

Questions Cdurable à Cécile Galoselva

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Elle est intime, active, enracinée.

Depuis plus de 20 ans, je pratique la permaculture et suis formée à l’arboriculture biologique. Cultiver, observer, soigner les arbres m’a appris que le vivant ne se domine pas, il se respecte, se comprend, se soutient. Cette relation guide mon action dans les projets que je mène, dans les lieux que je fais revivre, et dans les alliances humaines que je tisse.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je privilégie une alimentation végétale, biologique, locale et de saison.

L’alimentation est pour moi un acte à la fois politique, culturel et joyeux. Elle relie l’intime et le collectif, la santé du corps et celle du territoire. Je soutiens les alternatives à faible empreinte, en particulier les circuits courts et la cuisine collective de transition, comme celle que nous proposons dans nos lieux.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je vis en ville, mais je cherche à y préserver une part de nature, d’ouverture et de sobriété.

Mon habitat idéal est bioclimatique, peu énergivore, avec un accès direct à la terre, du lien humain sans promiscuité, et une gouvernance partagée. Un lieu ancré, cultivé, apaisé.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Je pratique le yoga, qui m’aide à me recentrer dans un quotidien parfois très sollicité.

La marche, le vélo, le jardinage, les chantiers participatifs sont aussi des manières pour moi d’entretenir une vitalité physique et mentale — dans une approche qui relie soin du corps et lien au vivant.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Des savoirs multiples : les sciences du climat, les connaissances sur les écosystèmes et les matériaux, mais aussi les savoirs vivants issus des pratiques paysannes, de l’économie sociale, de l’expérimentation de terrain. Ce sont aussi les relations interculturelles — que je cultive autant que possible sans prendre l’avion — qui m’ont permis de décentrer mes représentations et d’apprendre autrement.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Réparer, transmettre, rendre possible.

Je vois mon travail comme une manière de réinventer les conditions d’un futur habitable et désirable. En requalifiant des lieux, en accompagnant des projets collectifs, je cherche à montrer qu’une autre manière de produire, de coopérer et d’habiter le monde est déjà à l’œuvre.

23 tonnes de CO2 ont été évitées en 2022 dans le tiers-lieu MUNDO-M à Montreuil grâce à Enercoop

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Des énergies renouvelables dès que possible — nous travaillons avec Enercoop dans les lieux que nous gérons.

Mais aussi des énergies humaines : la coopération, la créativité, l’émulation collective.

Ce sont elles qui nourrissent le plus durablement nos projets et nos engagements.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Elle est structurelle et quotidienne.

Mon métier est au service de l’intérêt général, mais je m’implique aussi à titre personnel dans des réseaux citoyens, de soutien à la transition, et dans la transmission d’alternatives concrètes, notamment autour de l’habitat, de l’agriculture urbaine et de la gouvernance partagée.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Coopérer est ma façon d’être au monde.

J’ai fondé ETIC comme un projet de mise en commun — du foncier, des moyens, des savoirs. Mes actions s’inscrivent dans un écosystème de partenaires, de collectivités, d’acteurs de l’ESS.

Je crois au pouvoir des alliances fertiles et équitables pour transformer la société en profondeur.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

La régénération, ce n’est pas un slogan. C’est une exigence vitale, une joie profonde, un choix de cohérence. Et c’est à portée de main.

On peut faire du neuf avec de l’ancien, du beau avec du juste, du collectif avec du vivant. Il suffit de se mettre en mouvement, ensemble, à l’échelle de nos lieux, de nos métiers, de nos vies.

Avec ACT, la stratégie climat devient moteur de résilience et de compétitivité

Tour d’horizon de la méthodologie publique ACT (Accelerate Climate Transition), méthodologie de référence pour accompagner les entreprises dans leur stratégie climatique, avec un focus sur son développement international et deux précieux retours d’expérience. Un dossier de l’ADEME avec les chiffres sur le nombre d’entreprises engagées, les enseignements de l’étude d’impact 2025, les perspectives …

Édito de Sylvain Waserman, Président-directeur général de l’ADEME

Sylvain Waserman, Président-directeur général de l’ADEME

À l’heure où certaines entreprises s’interrogent et où d’autres accélèrent leur décarbonation, la méthodologie ACT est l’une des trois priorités de l’ADEME pour accompagner le déploiement de la transition écologique, car la vision que je porte auprès des entreprises, c’est que nous pouvons faire de la transition écologique – et de la décarbonation en particulier – un avantage concurrentiel pour les entreprises françaises et européennes. ACT est l’outil qui peut matérialiser cet avantage concurrentiel déterminant.

Depuis son lancement, la méthodologie ACT a déjà couvert plus de 2 000 entreprises. Cette dynamique se poursuit et s’intensifie, avec plus de 2 000 nouvelles évaluations prévues dès le début de l’année 2026 grâce à l’outil ACT Core.

ACT CORE – évaluations à grande échelle sur base de données publiques​

Cette période est déterminante pour de nombreuses entreprises :

ACT favorise une transition bas carbone et renforce la compétitivité dans un monde économique qui se saisit pleinement des enjeux de la transition et de la décarbonation.

Le partenariat renouvelé avec la Banque de France, en octobre 2024, illustre bien cette reconnaissance ; l’institution ayant qualifié ACT de meilleure méthodologie disponible sur le marché. Ainsi, la création d’une filiale dédiée constitue un levier essentiel pour accompagner ce changement d’échelle, en intensifiant les actions de formation et en élargissant le réseau de bureaux d’études offrant les services ACT en France et à l’international.

Cartographie du recoupement entre le référentiel CSRD et ACT Evaluation

En 2025, ACT élargit progressivement sa démarche scientifique à de nouveaux domaines, comme la biodiversité et l’adaptation, tout en garantissant une compatibilité avec les données publiées par la CSRD. Dans le contexte de la proposition « Omnibus » de la Commission européenne, dont l’objectif est de simplifier et d’harmoniser le cadre réglementaire existant, ACT doit s’imposer comme un outil de référence pour accompagner la décarbonation des entreprises françaises, mais aussi pour leur permettre d’évaluer la crédibilité de leur trajectoire au regard des Accords de Paris.

À l’international, en lien avec la World Benchmarking Alliance, ACT poursuit son essor auprès des acteurs économiques et institutionnels, avec l’ambition de devenir une référence incontournable dans les plans de transition. En 2025, et pour les 10 ans de la méthodologie ACT, nous poursuivons notre engagement aux côtés des entreprises sur le chemin de la décarbonation.


Arnaud Marec, Directeur général d’ACT Solutions

La filiale ACT Solutions : un accélérateur pour la diffusion de la méthodologie

Arnaud Marec prend la tête d’ACT Solutions fin 2024, au lancement de cette première filiale de l’ADEME, créée pour accélérer le déploiement d’ACT dans le monde.

Spécialisé en conduite du changement, il a passé plus de 15 ans dans différentes fonctions managériales dans l’industrie et 5 ans comme consultant sur les sujets de transition environnementale à la tête de son cabinet.

Une filiale ACT à l’ADEME : pour quoi faire ?

En 2024, l’ADEME a créé ACT Solutions pour accélérer le développement d’ACT, en France et à l’international. La création d’une filiale est une preuve supplémentaire de la capacité d’innovation de l’ADEME. Elle nous permet de conserver une gouvernance commune tout en déployant nos missions avec la plus grande efficacité : d’un côté, l’expertise de l’ADEME, de l’autre, une relation directe et agile avec le monde économique.


ACT, en quelques chiffres

Lancée par l’ADEME lors de la COP21 en 2015, la méthodologie publique ACT (Accelerate Climate Transition) accompagne depuis dix ans les entreprises dans la construction, le pilotage et l’évaluation de leurs stratégies climatiques.

Référentiel reconnu, ACT déploie deux approches complémentaires :

  • ACT Pas-à-Pas, dédiée aux organisations dans l’élaboration progressive de leur stratégie de climat à partir de leur bilan carbone ;
  • ACT Évaluation, qui mesure la crédibilité et l’alignement de cette stratégie avec les objectifs de l’Accord de Paris.

ACT s’est imposée comme un cadre de référence permettant aux entreprises de transformer leur ambition climatique en actions concrètes, mesurables et créatrices de valeur.

ACT : une décennie à structurer les plans de transition

L’initiative ACT accompagne les entreprises dans leur parcours vers la neutralité carbone

ACT Pas-à-Pas

  • ACT Pas-à-Pas offre un référentiel structurant et pratique, qui guide les entreprises dans l’élaboration de plans de transition climatique à la fois ambitieux et alignés avec les objectifs de l’Accord de Paris. C’est un véritable outil de pilotage pour transformer les ambitions en actions concrètes. Avec ACT Pas-à-Pas, les entreprises disposent d’un accompagnement clair, pragmatique et reconnu, pour accélérer leur transition vers un modèle bas carbone et durable.

ACT Évaluation

  • Dans le cadre d’un plan de transition global, ACT Évaluation permet d’analyser et de mesurer la stratégie climatique de l’entreprise. Elle constitue également un gage de crédibilité, renforçant la confiance des parties prenantes dans les engagements climatiques de l’organisation.

Un référentiel commun
relie ACT Évaluation et ACT Pas-à-Pas
et permet d’examiner en profondeur
tous les piliers d’une stratégie
climatique solide

  • Sur le plan quantitatif, ACT évalue ou analyse l’ambition des objectifs de réduction, la trajectoire passée de l’entreprise, ainsi que les moyens mis en œuvre pour atteindre ses objectifs de réduction.
  • Sur le plan qualitatif, la méthodologie analyse la gouvernance, l’engagement des fournisseurs et clients, et la transformation progressive du modèle d’affaires.

ACT : de l’atténuation à l’adaptation, et bientôt à la biodiversité…

Les méthodologies ACT Pas-à-Pas et ACT Évaluation se concentrent sur l’atténuation du changement climatique. Avec la montée en importance des enjeux environnementaux, ACT a élargi son périmètre : ACT Évaluation propose désormais une méthodologie spécifique pour accompagner les entreprises dans leur adaptation aux impacts climatiques.

Une méthodologie dédiée à la biodiversité sera également publiée avant l’année 2026.

L’identification et l’accompagnement aux enjeux d’adaptation constituent un volet central. La méthodologie ACT Pas-à-Pas entend élargir son périmètre pour intégrer ce pilier environnemental. Elle permet d’identifier les impacts et seuils associés aux risques physiques, afin de construire une stratégie climat complète, combinant objectifs de réduction des émissions et finalités d’adaptation.

Que retenir ?

Les enseignements issus d’une expérience ACT (ACT Pas-à- Pas ou Évaluation) ne se traduisent en avantage concurrentiel que s’ils sont réellement intégrés dans la stratégie de l’entreprise et utilisés comme leviers de transformation.

ACT Pas-à-Pas permet à toute entreprise, quel que soit son point de départ :

  • de progresser concrètement sur la décarbonation ;
  • de répondre à une partie significative des points de données de la CSRD, notamment narratifs ;
  • de bâtir une stratégie climat ambitieuse et crédible, alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris ;
  • d’intégrer les enjeux d’adaptation qui lui sont propres pour améliorer la résilience de son activité.

Pour une entreprise soumise aux standards de la CSRD, la réalisation d’une évaluation ACT est facilitée et lui offre la possibilité d’évaluer son niveau d’ambition au regard des objectifs de l’Accord de Paris, sans nécessiter d’efforts disproportionnés en matière de collecte de données climatiques.

Lettre ADEME Stratégie n° 74 – Novembre 2025

Au sommaire de ce numéro :

  • DATA : ACT en quelques chiffres ;
  • DOSSIER : ACT : Une décennie à structurer les plans de transition ;
  • LA PAROLE À : Arnaud MAREC, directeur général d’ACT SOLUTIONS. 

Les fondateurs

L’ADEME – l’Agence de la Transition Écologique est une agence publique placée sous la tutelle du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.


Mission de l’ADEME : Réussir la transition écologique


WBA développe en étroite collaboration avec ses Alliés, une série de benchmarks évaluant 2000 des plus influentes entreprises au monde, les classant et les mesurant sur leurs contributions aux Objectifs de Développement Durable.

Le CDP est un organisme à but non lucratif en charge d’un système de divulgation mondial à destination des investisseurs, des entreprises, des villes, des Etats.

Cyril Dion : « Montrer des solutions, c’est plus efficace que simplement d’alerter »

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Dix ans après Demain, Cyril Dion poursuit son œuvre de poète et de militant en quête d’un monde reconnecté au vivant. Alors que le film ressort en salles le 8 décembre pour une projection simultanée dans toute la France, il publie La lutte enchantée (Actes Sud) et prépare un nouveau long-métrage, Démocratie maintenant. Entretien avec un conteur engagé, qui continue de croire que les récits peuvent changer le monde.

Cyril Dion en 2016 au Festival de Mouans-sartoux © Maxppp – Sylvestre

10 ans après le film Demain

Dans le film Demain réalisé avec Mélanie Laurent, vous aviez posé une question simple : « Et si montrer des solutions était la meilleure façon de résoudre les crises ? ». Le film sera projeté le 8 décembre 2025 dans plusieurs cinémas partout en France. Pourquoi maintenant ?

Cyril Dion : Pour moi, cela veut dire que le film continue de vivre. Demain a eu un succès très important avec plus d’un million de spectateurs qui ont été le voir au cinéma. Mais surtout, c’est aussi un succès en terme d’inspiration. Il a été source de milliers d’initiatives nées dans son sillage. Chaque semaine, des gens viennent encore me dire : « Ce film a changé ma vie. » Certains ont changé de métier, d’autres ont choisi leurs études à cause de ce qu’ils y ont vu dans ce documentaire. 

Et puis, il y a des exemples très concrets. Quand nous avons tourné Demain, nous filmions à Copenhague qui nous paraissait être le paradis du vélo. Dix ans plus tard, Paris est devenue la ville la plus cyclable d’Europe, devant Copenhague et Amsterdam ! Anne Hidalgo m’a d’ailleurs confié en 2018, lors d’un entretien pour le documentaire Après Demain, que sa politique vélo avait été inspirée par ce qu’elle avait vu de Copenhague dans Demain.

Cela confirme une intuition de départ : raconter des histoires, montrer des solutions et un avenir possible c’est plus efficace que simplement alerter. Une chercheuse britannique l’a d’ailleurs démontré à travers une expérience. Si vous montrez des tortues avec des pailles coincées dans le nez, les gens ne feront rien. Mais si vous montrez des personnes en train de retirer les mêmes pailles, vous allez déclencher l’action. Dans le moment que l’on vit, un monde où le désespoir grandit de manière exponentielle, on a plus que jamais besoin de réveiller cet élan-là. D’où l’idée qu’il fallait ressortir le film pour le montrer à une nouvelle génération qui se demande quoi faire.

En 2015, vous montriez déjà dans Demain que des solutions existaient dans l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie ou l’éducation. Dix ans plus tard, ces domaines ont-ils évolué dans le bon sens ?

Cyril Dion : Tout dépend à quelle échelle on regarde. À l’échelle locale, il s’est passé beaucoup de choses positives. Dans la plupart des grandes villes européennes, on a revégétalisé, réintroduit les tramways, multiplié les pistes cyclables, réduit la place de la voiture. Si vous regardez juste en France et que vous vous intéressez aux grandes villes, c’est devenu systématique. C’est le cas à Dijon, Besançon, Angers, Lille, Toulouse, Marseille… 

Même chose pour l’agriculture. Depuis Demain, pour en discuter régulièrement avec les étudiants en agro, il y a eu un boom du nombre de micro-fermes et d’initiatives agro-écologiques. Beaucoup de jeunes choisissent de s’installer, de se former à des pratiques respectueuses des sols. 

On voit aussi que la question des énergies évolue : le Portugal produit aujourd’hui près de 70 % de son électricité à partir de sources renouvelables, l’Uruguay presque 99 %.

Si on dé-zoome, la situation mondiale est aujourd’hui bien plus préoccupante qu’il y a dix ans. En Europe, les émissions de gaz à effet de serre ont plutôt eu tendance à diminuer, y compris en France, autour de -2 % par an. Mais ce n’est pas suffisant : il faudrait être plutôt à -5 % pour respecter les objectifs climatiques. Dans d’autres pays, comme les États-Unis, la Chine ou l’Inde, les émissions ont continué à augmenter, malgré des politiques ambitieuses en matière d’énergies renouvelables notamment en Chine. Le problème, c’est qu’on n’a pas remis en question l’axiome fondamental de notre modèle : la croissance. On continue à consommer toujours plus de matières, toujours plus d’énergie, et donc à émettre toujours plus de carbone.

Les scientifiques Anthony Barnosky et Elisabeth Hadly, que nous avions rencontrés pour le film, estimaient alors qu’il nous restait vingt ans pour éviter de dépasser les points de bascule climatique. Aujourd’hui, on sait qu’un premier point de bascule, parmi les seize identifiés, a déjà été dépassé. Celui des coraux. Nous avons franchi sept des neuf limites planétaires, et nous sommes en train de dépasser la barre fatidique des +1,5 °C. Il n’y a donc, malheureusement, pas vraiment de raison de se réjouir sur ce plan-là.

Animal : le connaitre pour l’aimer et le protéger

Dans vos films et vos livres, vous revenez souvent sur notre lien au vivant. Dans le film Animal, vous disiez : « L’être humain a cru qu’il pouvait se séparer de la nature, mais il est de la nature. » Est-ce, selon vous, la racine de nos crises ?

Cyril Dion : Oui, sans doute. Le fait de vivre dans des environnements de plus en plus artificialisés, coupés du monde vivant, altère notre capacité d’empathie. Comme le disait Jane Goodall : « On n’aime que ce qu’on connaît, et on protège que ce qu’on aime. » Si nous ne connaissons plus le monde vivant, on ne peut pas développer de liens d’affection, d’amour pour lui donc on n’a pas d’élan pour le protéger.

Notre société a tendance à nous enfermer dans des bulles d’individualisme et de technologie. Nous perdons ce lien d’appartenance au monde. Et c’est sans doute l’un des grands malentendus de notre époque : croire que nous sommes « au-dessus » de la nature alors que nous en faisons partie intégrante.

La lutte enchantée pour garder l’espoir

Votre nouveau livre, La lutte enchantée (Actes Sud), reprend vos chroniques pour La Terre au carré sur France Inter. Dans quel état d’esprit les avez-vous écrites ?

Cyril Dion : Quand Mathieu Vidard m’a proposé cette chronique, j’ai vraiment hésité. Je me demandais si cela servait encore à quelque chose. C’est d’ailleurs le sujet du premier texte du livre, qui était aussi ma première chronique : cela fait vingt ans que je répète la même chose, et ce que je disais il y a vingt ans est en train de se produire aujourd’hui. Alors, faut-il baisser les bras ?

Très vite, l’énergie est revenue, parce que j’ai la chance d’être sans cesse en contact avec des personnes qui viennent me dire à quel point cela les aide, les soutient, et me demandent de continuer. Cela m’arrive tous les jours : dans la rue, quand je fais mes courses, sur mon vélo au feu rouge… Il y a une forme de responsabilité : si je lâche, je fais défaut à toutes ces personnes qui trouvent un peu d’élan, d’énergie, de ressourcement dans ce que je fais.

La lutte enchantée, Comment garder espoir (et lutter!) dans un monde qui bascule aux éditions Actes Sud est disponible en librairie.

« Il y a ce que Corinne Morel Darleux appelle la dignité du présent : une motivation suffisante pour continuer à agir »

Et puis je me disais : qui serais-je si je décidais de baisser les bras ? Ce serait une forme de reddition. Je fais souvent ce parallèle avec les gens qui vivaient en 1942, dans la France occupée. À l’époque, beaucoup avaient le sentiment que tout allait de plus en plus mal, et ne voyaient pas ce qu’ils pouvaient changer, à leur échelle. Pourtant, certains ont choisi d’agir, parfois simplement en portant une lettre ou en sabotant une voie de chemin de fer. Ce sont ces actes, mis bout à bout, qui ont fini par peser sur le cours de l’histoire.

Et même si cela n’avait pas suffi, il y a ce que Corinne Morel Darleux appelle la dignité du présent : une motivation suffisante pour continuer à agir. Je ne me vois pas rester là, sans rien faire, en sachant que tout s’effondre, en me disant que ce n’est pas mon problème. J’ai des enfants, j’ai une conscience… Cela m’a redonné de l’énergie. Et puis j’aime profondément ce que je fais. C’est aussi une chance.

La lutte enchantée : le titre du livre est presque un manifeste. Mais comment garder espoir dans un monde qui bascule ?

Cyril Dion : Il ne faut pas de la lutte pour de la lutte. Ce que j’ai appris en vingt ans d’activisme, sous différentes formes, c’est qu’on est vraiment efficace quand on fait des choses qu’on aime profondément, quand on se lève chaque matin pour contribuer à construire un monde dans lequel on a envie de vivre. D’une certaine manière, on reçoit chaque jour la gratification d’avoir agi pour quelque chose en quoi on croit. Et parfois, j’ai la chance d’avoir aussi la reconnaissance de celles et ceux qui y trouvent du sens.

« Plutôt que de pratiquer le militantisme dans les petits interstices de vos vies, essayez de choisir un métier qui exprime ce que vous avez envie de faire, qui participe à bâtir un monde différent »

C’est pourquoi je dis souvent aux personnes que je rencontre, en conférence ou en projection : plutôt que de pratiquer le militantisme dans les petits interstices de vos vies, essayez de choisir un métier qui exprime ce que vous avez envie de faire, qui participe à bâtir un monde différent. C’est cela qui vous donnera l’énergie de vous lever chaque matin, contrairement à tant de gens qui vont au travail à contrecœur et en sont profondément malheureux.

Habitant Paris, comment nourrissez-vous encore ce lien au vivant ?

Cyril Dion : Ce qui me nourrit, ce sont aussi les gens, parce que la nature, c’est aussi cela. Pierre Rabhi aimait beaucoup cette histoire : une dame était venue l’interviewer sur l’eau et lui avait dit « mais vous êtes de l’eau ! ». Et c’est vrai, nous faisons partie de la nature, nous sommes la nature qui se défend. Les rencontres m’apportent beaucoup, tout comme l’art et la création. Et puis, bien sûr, je m’évade : je prends le train pour aller marcher à Fontainebleau ou dans la forêt. Dès que possible, on part au bord de la mer, toujours en train, pour retrouver ces espaces de ressourcement.

Un nouveau film en projet sur la démocratie

Vous travaillez actuellement sur un nouveau film. Pouvez-vous nous en parler ?

Cyril Dion : Oui, c’est un documentaire pour le cinéma, réalisé avec Paloma Moritz, intitulé Démocratie maintenant. Nous lançons un financement participatif pour ce projet le 12 novembre sur Ulule.

« L’idée de ce film, c’est de montrer que la question démocratique et la question écologique ne font qu’un : plus la démocratie recule, voire meurt, plus la dévastation de la planète s’accélère »

L’idée de ce film, c’est de montrer que la question démocratique et la question écologique ne font qu’un : plus la démocratie recule, voire meurt, plus la dévastation de la planète s’accélère. On le voit aux États-Unis avec Donald Trump, qui dès son discours d’intronisation a annoncé qu’il fallait supprimer tout ce qui empêchait les entreprises de continuer à exploiter le vivant. À l’inverse, plus la démocratie est solide, comme dans certains pays scandinaves, plus les enjeux écologiques sont pris en compte et mieux gérés.

Nous avons tous les deux vécu la convention citoyenne pour le climat, qui nous a énormément marqués, car elle montrait le potentiel d’actions collectives pour sortir de cette catastrophe. Quand on permet à des citoyens représentatifs de toutes les réalités du pays de se saisir d’un problème, de travailler avec des experts et d’avoir le temps de délibérer, ils peuvent formuler des propositions bien plus ambitieuses que celles des gouvernements, tout en étant acceptables et justes pour l’ensemble de la population.

Dans le film, nous allons suivre des initiatives à travers le monde, à différentes échelles – européenne, nationale, locale – montrant des gens qui essaient soit de sauver ce qui reste de la démocratie là où le fascisme monte, soit d’inventer la démocratie du XXIe siècle. Selon nous, c’est l’un des meilleurs moyens de répondre à la dévastation écologique. Le film sortira juste avant les élections présidentielles pour que la question démocratique soit pleinement présente dans le débat.

La campagne de financement participatif pour le film Démocratie maintenant ! réalisé par Cyril Dion et Paloma Moritz débute le 12 novembre sur Ulule.

Demain de retour au cinéma le 8 décembre 2025

Il y a 10 ans, le film Demain, réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent sortait au cinéma. A l’époque, le film totalise 1 200 000 spectateurs en France, reste 48 semaines au box-office et génère de nombreux réveils écologiques. Il sera même diffusé à l’ONU et remportera le César du meilleur documentaire.

Le film Demain est projeté dans plus de 50 salles en France le 8 décembre 2025 en présence de Cyril Dion depuis le cinéma L’Arlequin dans le cadre de la journée mondiale du Climat.

Le documentaire ressort le 8 décembre 2025. À Paris, une grande projection sera diffusée au cinéma L’Arlequin en présence de Cyril Dion et de plusieurs personnages du film et en simultanée dans cinquante cinémas en France. « Je serai avec plusieurs personnages du film en live pour discuter avec toutes celles et ceux qui le souhaitent dans des cinémas à travers la France » précise Cyril Dion. « Et nous espérons que cela créera un mouvement pour que des projections s’organisent partout, et que cela réveille un nouvel élan ».

Cyril Dion – Crédit photo : Franck Loriou

Les Green skills, des compétences liées à la transition écologique qui transforment la manière de produire, manager et innover

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Après les hard skills (les compétences techniques) et les soft skills (les compétences humaines), une nouvelle génération de savoir-faire s’impose dans les entreprises : les green skills. Ces compétences liées à la transition écologique transforment la manière de produire, de manager et d’innover. Imane Terrab, Docteur en Management et vice-présidente de la recherche et du conseil chez WDHB, a accepté de répondre aux 9 questions essentielles Cdurable !?

Le cabinet WDHB, spécialiste international du Learning & Development, accompagne depuis plusieurs années des organisations en France et à l’international dans cette évolution.

Objectif : aider les entreprises à identifier et développer les compétences nécessaires à une économie durable.

Selon Imane Terrab, Docteur en Management, vice-présidente de la recherche et du conseil chez WDHB, les green skills dépassent le cadre technique : elles touchent désormais la culture managériale, les ressources humaines et la stratégie.

Former à la durabilité, c’est préparer les collaborateurs à penser différemment, à innover de manière responsable et à intégrer l’impact environnemental dans chaque décision.

Qui est Imane Terrab ?

Imane Terrab, Vice-Présidente WDHB

Imane Terrab, Vice-Présidente chargée de la recherche et du conseil chez WDHB, cabinet spécialisé dans les approches non-conventionnelles du Learning & Development, est diplômée d’HEC Paris et docteure en management de l’Université Paris-Dauphine. Elle écrit sur les enjeux de développement humain et d’innovation organisationnelle.

Imane Terrab est experte des transformations organisationnelles et s’intéresse à la manière dont les green skills redéfinissent aujourd’hui la culture managériale et la performance des entreprises.

Selon elle, former à la durabilité, c’est d’abord changer les mentalités avant les métiers :

les compétences vertes ne se limitent pas à la technique, elles engagent une autre façon de penser l’éthique, l’innovation et le collectif.

Questions Cdurable à Imane Terrab

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

Imane Terrab, Vice-Présidente WDHB

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

J’ai toujours vécu dans de grandes villes, avec un rapport à la nature très ténu dans l’enfance. C’était un rapport de spectatrice, assez déconnecté : moi d’un côté, la nature de l’autre.

Le concept de « vivant » m’est venu plus tard, avec la conscience que cette séparation était en partie culturelle.

Depuis, je travaille à réduire cette distance. Ce n’est que récemment que j’ai passé du temps en forêt à vraiment écouter, observer, sentir ; à me percevoir comme partie d’un tout et non plus comme une visiteuse.

Aujourd’hui, ce lien s’incarne surtout dans la transmission à mes filles : j’aimerais qu’elles grandissent avec le sentiment d’appartenir au vivant, pas simplement d’en profiter.

2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Je recherche avant tout l’équilibre et la cohérence : manger de tout, sans excès, en privilégiant le circuit court et le bio quand c’est possible. Mais je suis consciente que ces choix relèvent encore du privilège.

Pour moi, la durabilité passe aussi par la justice sociale : une alimentation durable ne devrait pas être réservée à une élite.

3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

Je vis en ville, en appartement, dans une copropriété. J’y suis bien. J’ai vu, notamment en Suisse et dans les pays nordiques des modèles d’habitat collectif avec des espaces verts partagés, une vraie culture du commun. C’est quelque chose que je trouve inspirant et que j’aimerais voir se développer davantage.

4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé ?

Je ne suis pas une grande sportive, mais je pratique le yoga depuis plusieurs années. Cela m’aide à trouver un ancrage, à rétablir une forme d’équilibre dans une vies souvent très cérébrale.

5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Le savoir historique, avant tout.

Comprendre que le présent est toujours le produit du passé permet de sortir du réflexe du « y’a qu’à ».

Cela aide à mesurer les rapports de domination — économiques, politiques, culturels — qui traversent aussi les questions écologiques. Beaucoup de discours sur la durabilité restent marqués par une vision occidentale et élitiste du monde.

6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Dans mon travail — concevoir et faciliter des expériences apprenantes dans le monde professionnel — ce qui m’anime, c’est la capacité du récit à transformer.

La durabilité, dans ce contexte, commence par la faculté d’imaginer d’autres manières de faire, d’autres futurs possibles.

J’interviens surtout auprès de dirigeants, au sein de WDHB, une entreprise internationale qui conçoit des expériences d’apprentissage immersives pour des organisations en transformation. Notre rôle est d’emmener des équipes sur le terrain pour rencontrer d’autres acteurs, d’autres réalités, et s’en inspirer. Ce que j’aime profondément, c’est de créer ces expériences qui donnent envie d’agir autrement :

aider les gens à se relier à quelque chose de plus grand que la seule performance économique.

7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Je me déplace à pied ou en transports publics — un des avantages de vivre près de Paris. Et j’essaie, sans toujours y arriver, de réduire ma dépendance au numérique.

L’énergie la plus rare, aujourd’hui, c’est celle de l’attention.

8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Je suis impliquée dans une association de parrainage pour des jeunes en situation de vulnérabilité. À l’échelle locale, je participe à des projets éducatifs dans ma ville.

L’échelle individuelle et locale me paraît essentielle : c’est là que les choses se transforment vraiment, dans le concret, dans le lien.

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

La coopération est au cœur de mon métier. Chez WDHB, nous travaillons avec des équipes très diverses — sur plusieurs continents — pour imaginer des expériences d’apprentissage qui font dialoguer les mondes : l’entreprise, la société civile, la recherche, la culture. C’est cette mise en lien qui me semble la plus féconde aujourd’hui.

Le bien commun, pour moi, se construit dans ces ponts que l’on crée entre des univers qui, autrement, ne se rencontreraient pas.

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

Je crois à la convergence entre justice sociale et enjeux environnementaux.

L’un sans l’autre n’a pas de sens. Et cette convergence passe par une écologie de l’inclusion et du dialogue : inclure les publics moins privilégiés, les territoires oubliés, mais aussi le monde économique. Son impact est immense — et sa capacité à transformer les imaginaires, tout autant.

Inventaire des 230 labels, certifications, scores RSE et d’impact

Le réseau InterScores et le Mouvement Impact France ont unis leurs efforts pour publier un inventaire de 230 scores, certifications et labels RSE, présenté lors de la soirée “Meet My Score” en octobre 2025 à la Climate House.

Mapping des labels, certifications et scores RSE et d’impact

Bienvenue dans la jungle des référentiels ! Découvrez la cartographie de tous les labels, certifications et scores RSE et d’impact qui peuvent correspondre à votre entreprise.

Face à la multiplications des référentiels, vous pouvez commencer par le référentiel commun, gratuit et rapide : l’Impact Score.

L’Impact Score

Face aux nouvelles réglementations et à la multiplication des labels, l’Impact Score est le référentiel commun construit par et pour les entrepreneurs et dirigeants. Il permet à toute entreprise de s’évaluer, en 2h, sur son impact social et écologique à 360° et de rendre visible son niveau de progression.

Une solution gratuite, rapide et interopérable

Pilotés par le Mouvement Impact France, 30 réseaux d’entreprises engagées ont identifié une base commune de 20 indicateurs pour construire l’Impact Score

Ce formulaire d’évaluation est gratuit et se réalise en autonomie en moins de 2 heures. Il vous offre un aperçu condensé des indicateurs d’impact des normes et référentiels existants.

Une solution robuste et universelle

L’Impact Score est un référentiel robuste adapté à tout type d’organisation, quel que soit son statut juridique, sa taille, son secteur d’activité ou son niveau d’engagement.

Une solution clé-en-main pour son écosystème

Découvrez la plateforme Impact Score Dashboard pour prescrire l’Impact Score aux structures de votre écosystème, les accompagner dans la démarche et suivre leur stratégie d’impact.

Cartographie des labels, certifications, scores et référentiels

Trans-sectoriels

Sectoriels

Accéder à La base de données Interactive


Directive européenne

pour donner aux consommateurs les moyens d’agir en faveur de la transition verte grâce à une meilleure information et protection contre les pratiques déloyales


Le Réseau InterScores

Le Réseau InterScores (Réseau des Scores Engagés) a organisé la seconde édition de son événement Meet My Score, l’occasion de réunir une audience de parties prenantes autour des enjeux de la robustesse des scores et labels RSE.

InterScores : point de ralliement
des créateurs de scores
dans divers secteurs d’activité.

Les scores sont de plus en plus présents autour de nous, du Nutri-Score sur nos aliments aux étiquettes énergie de nos appareils électroménagers, nos voitures ou encore de nos maisons. 

Ils nous aident à mieux consommer, à choisir des produits plus respectueux de l’environnement.  Les industriels l’ont bien compris : l’engouement pour ces systèmes de notation est croissant, et des rapports d’institutions reconnues les présentent comme une solution d’affichage prometteuse.

Pourtant, malgré leur potentiel, la conception des scores manque souvent de cadrage. En l’absence de normes ou de référentiels clairs, les pouvoirs publics et les ONG restent parfois sceptiques. 

Par ailleurs, la vision binaire « bon/pas bon » des écolabels ne permet pas toujours de valoriser les démarches de progrès étape par étape des entreprises.

La logique d’affichage, basée sur l’ACV, ne prend pas en compte tous les enjeux pertinents, qu’ils soient environnementaux ou sociaux.

Un écoscore est-il une allégation environnementale comme une autre et à quoi devra-t-il se conformer en 2026 ?

Quelle est la mission d’InterScores ?

Faire de ces outils de communication, qui affichent la performance environnementale ou sociale des produits sur une échelle de notation, des références incontournables. Le réseau vise à les rendre plus fiables et crédibles, leur conférant ainsi une légitimité et une reconnaissance indispensables.

robustesse score interscore pictogramme reseau

Le groupement rassemble des acteurs engagés de divers secteurs pour fédérer et renforcer la pratique des scores. 

Son ambition est de faire du score un véritable outil de progrès, en incitant les consommateurs à des choix éclairés et en accompagnant les industriels dans une démarche d’amélioration continue.

Ensemble, construisons des scores plus robustes, plus transparents et plus utiles

Rejoindre InterScores et participer au renforcement de la crédibilité des scores pour une communication environnementale et sociale pertinente et reconnue.

Rétablir l’équité commerciale et environnementale pour une protection écologique face à la mondialisation déloyale

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Pour Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, le Plan est un carrefour qui publie ses propres travaux d’éclairage et doit aussi relayer les idées extérieures, librement portées par leurs auteurs. C’est l’esprit de la Collection du Plan, avec une contribution d’Antoine Vermorel-Marques qui ouvre le débat sur la refondation du libre-échange en gardant nos ambitions en matière d’écologie et en renforçant la responsabilité des plateformes.

« La mondialisation est devenue synonyme de concurrence déloyale. Depuis de trop nombreuses années, les producteurs français doivent rivaliser avec des biens de consommation qui inondent les marchés et s’affranchissent des normes françaises et européennes. Il en découle une concurrence insoutenable qui détruit de nombreux emplois et fragilise l’économie.

L’arrivée de ces marchandises, à l’instar de denrées alimentaires ou de biens achetés sur des plateformes asiatiques, produites à bas coût dans des pays extérieurs à l’Union européenne, ne présente pas seulement un risque pour la compétitivité des producteurs : elle constitue aussi une menace pour la santé des consommateurs français et européens, dès lors que ces pays tiers ont recours à des produits phytosanitaires ou des pratiques dangereuses qui sont pour la plupart interdits en Europe. À titre d’exemple, la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a récemment dévoilé
1 que 94 % des articles contrôlés en provenance de plateformes comme Temu ou Shein sont non conformes, et 66 % sont dangereux.

Antoine Vermorel-Marques
Député de la Loire

En plus d’avoir un impact non négligeable pour notre santé, ces biens importés, souvent de qualité discutable, soulèvent de réels enjeux environnementaux. À ce jour, les envois d’une valeur inférieure à 150 euros sont exonérés de droits de douane à leur entrée dans l’Union européenne, ce qui favorise leur prolifération. Une enquête menée par le quotidien suédois Aftonbladet2 révèle que ces « petits colis », achetés sur une célèbre plateforme chinoise, parcourent parfois plus de 20 000 kilomètres. En plus de cela, ces nombreuses plateformes comme Shein expédient leurs colis uniquement par avion, un moyen de transport qui est cent fois plus polluant que le bateau. Si la réduction tendancielle des gaz à effet de serre (GES) en France est régulièrement mise en avant dans les communications ministérielles, cette réalité masque un angle mort de nos politiques publiques : l’augmentation des GES liés aux importations, qui représentent plus de 56 %3 de l’empreinte carbone de la France. Face à cette hypocrisie politique, il est urgent de remettre en question ces pratiques, de relocaliser nos industries et de faire valoir nos savoir-faire.

Les insuffisances des contrôles
4, et plus largement la réglementation européenne, ne sont pas à la hauteur des enjeux. Face à la massification de la concurrence déloyale, la réponse doit être forte.

S’il ne saurait être question de remettre en cause le principe du libre-échange, la conformité aux exigences sanitaires et environnementales fixées par l’Union européenne, tant en matière de traitement que de modes de production, ne peut souffrir d’exception. La garantie d’une réciprocité effective constitue ainsi un préalable indispensable à l’instauration d’un cadre d’échanges véritablement équitable. Cette note propose des solutions en ce sens.
»

Antoine Vermorel-Marques, député de la Loire

  1. Lors du déplacement ministériel du mardi 29 avril 2025. ↩︎
  2. Enquête publiée le 13 janvier 2025 par le quotidien suédois Aftonbladet qui a retourné cinq colis de vêtements Shein dans chacun desquels avait été placé un AirTag. Trois ont quitté l’Europe après avoir transité par l’entrepôt Shein de Varsovie, pour être expédiés à Iquique au Chili, puis en Bolivie pour échouer à Cochabamba et être brûlés ou revendus, soit 21 303 kilomètres parcourus depuis Stockholm. Voir Garnier J. et Prudhomme C. (2025), « Shein, un mastodonte de la vente en ligne ralenti par les taxes douanières », Le Monde, 10 mai. ↩︎
  3. Données des ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique, publiées le 14 mars 2025. ↩︎
  4. Voir Commission des affaires économiques (2019), La France, un champion agricole mondial : pour combien de temps encore ?, rapport d’information n° 528 déposé le 28 mai. Le Sénat estimait qu’entre 10 % et 25 % des produits importés en France ne respecteraient pas les normes minimales imposées aux producteurs français. ↩︎

Pour une protection écologique : rétablir l’équité commerciale et environnementale face à la mondialisation déloyale

Économie Régénérative : comment passer du rêve à l’action ?

GenAct & le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) sont partenaires des Rencontres de l’Économie Régénérative à Lyon. L’occasion de rêver d’un « modèle de développement inclusif qui renforce le bien-être, la solidarité, la justice sociale et la prospérité en harmonie avec le vivant, la coopération, la robustesse et la résilience, bref une économie qui redonne véritablement du sens au PROGRES ». Fabrice Bonnifet est convaincu que « le rêve est la meilleure chose qui soit au monde car c’est grâce à lui que nous avançons dans le réel. »

Économie Régénérative, passer du rêve à l’action !

Fabrice Bonnifet, Président du C3D et de GenAct, Auteur & Conférencier

En plein backlash RSE qui se caractérise par une progression inédite de l’obscurantisme, de l’incompétence, du complotisme, des sophismes et des mensonges qui envahissent les réseaux sociaux et les médias de toute nature ; la résistance s’organise dans les entreprises et les territoires, de la part de ceux qui ont compris que le dépassement suicidaire des limites planétaires n’est pas une opinion, c’est un fait !

Le dépassement des limites planétaires est suicidaire et les conséquences pour l’humanité et l’avenir de nos enfants sont dramatiques.

Euphémisme. Ne laissons pas les promoteurs inconscients du chaos qui résultera immanquablement du maintien de l’économie linéaire et donc de l’extractivisme, nous imposer l’artificialité de leurs techno-solutions obsolètes.

L’économie régénérative n’est pas une utopie irréaliste ni même une option, c’est une nécessité vitale.


4 témoignages d’éclaireurs pour en inspirer des milliers d’autres

7 novembre sur TV5 MONDE
« Les Éclaireurs »
le documentaire qui fait du bien !

Les réalisateurs Hélène Cloitre & Arthur Gosset nous font découvrir quatre parcours singuliers de personnalités hors du commun, des héros du quotidien.

Des citoyens conscientisés qui :

  • n’attendent pas la régulation pour agir car nous savons déjà qu’elle arrivera trop tard ;
  • osent l’impossible aux yeux des partisans de l’inaction car eux savent que c’est possible ;
  • entrainent leurs collègues et partenaires dans une dynamique vertueuse, car la réinvention du monde du travail ne pourra être qu’une œuvre collective.
Un film pour se préparer aux mutations du monde du travail & donner du pouvoir d’agir au plus grand nombre
Avec les parcours d’éclaireurs et éclaireuses qui ouvrent les voies …

Dans ce documentaire, qui redonne de l’espoir dans l’humanité, on découvre :

  • une cheffe d’entreprise prête à des renoncements du dérisoire pour sauver l’essentiel,
  • un fonctionnaire qui a compris que les atteintes à l’environnement sont aussi graves que les délits du droit commun,
  • un étudiant alternant qui s’extrait du poids des habitudes de son secteur pour le transformer radicalement
  • et une conseillère de vente déterminée qui refuse l’absurdité d’un modèle commercial déconnecté de la réalité des limites planétaires.

Participer aux Rencontres de l’économie régénérative

Le capital naturel est un bien commun universel, comme notre capital santé personnel, croire que l’on va pouvoir prospérer (économiquement) sans le régénérer est une folie.

Inscrivez-vous nombreux, les conférences sont garanties sans langue de bois et à haute intensité informationnelle.

Participez au rendez-vous de celles et ceux qui veulent transformer l’économie en une force puissante, régénérant l’humain et le vivant.

Programme des Rencontres de l’économie régénérative

Un événement pour s’inspirer, se connecter et agir en pionniers

Les Rencontres de l’Économie Régénérative à Lyon

Pour les professionnels

Donnez de la visibilité à vos solutions, rencontrez des acteurs engagés et repartez avec des pistes concrètes pour accélérer vos projets à visée régénérative.

Pour les collectivités et associations

Inspirez-vous d’initiatives nationales et locales, tissez des coopérations durables pour amplifier l’impact de vos actions sur le terrain.

Pour le grand public

Vivez une expérience unique avec des ateliers participatifs, des découvertes inspirantes et des moments chaleureux qui donnent envie d’agir ensemble.

Partenaires des Rencontres de l’économie régénérative

Rencontres de l’Économie Régénérative

Décarbonation des entreprises et plans de transition climatique : le compte n’y est pas

A la veille de la COP 30, EthiFinance a publié les résultats 2025 de son Évaluation de la transition climatique, une évaluation indépendante et mondiale de 2 767 entreprises cotées opérant sur des secteurs considérés comme très émissifs. Cette recherche vise à mesurer la crédibilité de leurs plans de transition climatique. Les lacunes structurelles sont majeures malgré des progrès localisés.

Évaluation de la transition climatique 2025

Les principaux éléments évalués

4 PILIERS & 30 INDICATEURS

  • Reporting
  • Objectifs
  • Stratégie
  • Gouvernance et progrès

Une notation adaptée aux PME

Afin de réduire les biais liés à la taille de l’entreprise et d’encourager les petites et
moyennes entreprises à rendre compte des questions climatiques, la notation de certains indicateurs est adaptée à la taille de l’entreprise.

Pour les PME (< 500 employés), l’échelle de notation est moins exigeante pour certains indicateurs (par exemple, les objectifs à long terme) et certaines autres questions sont notées comme des « bonus », ce qui signifie que les PME ne peuvent pas perdre de points sur ces questions.

Traduction du score en niveau d’évaluation

Les enseignements de l’évaluation

N° 1 – Il reste encore beaucoup à faire …

74 % des entreprises cotées en bourse les plus émettrices au monde ne disposent pas des éléments essentiels à la mise en place de plans de transition climatique crédibles.

Cependant, l’Europe est légèrement plus avancée que le reste du monde.

Droits humains et capital humain : Publication d’une revue des initiatives d’engagement collaboratif d’investisseurs
Forum pour l’Investissement Responsable : Créé en 2001, le FIR est une association multi parties prenantes qui a pour objet social de promouvoir et développer l’investissement responsable et ses meilleures pratiques.

N°2 – Des faiblesses importantes dans la conduite de la transition

Tous les piliers affichent des performances insuffisantes, avec une note moyenne d’environ 40/100.

La plupart des entreprises manquent d’une gouvernance solide et d’objectifs clairs en matière de transition climatique. Le reporting et la stratégies (actions mises en œuvre) montrent des progrès légèrement meilleurs, mais restent limités.

Le déficit de gouvernance est plus prononcé à l’échelle mondiale qu’en Europe.

N°3 – Des PME performantes

La majorité des champions de la transition climatique sont des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI).

L’engagement des SMID1 en faveur de la transition climatique est essentiel, car elles constituent la colonne vertébrale de l’économie européenne.

N°4 – Quelques secteurs clés montrent la voie

Aucun secteur ne présente une forte majorité de plans de transition crédibles.

  • Le secteur de l’énergie est en tête, tirés par les entreprises exclusivement spécialisées dans les énergies renouvelables.
  • Les secteurs de l’automobile, de l’alimentation et des boissons, de la construction et certaines parties de l’industrie manufacturière sont globalement en bonne voie.
  • Les transports, l’immobilier et l’exploitation minière sont nettement à la traîne.

Indicateurs clés & Perspectives (Europe)


  1. Small & Mid Cap (SMID) : Dans les fonds Small Cap, les investisseurs travaillent en étroite collaboration avec les entrepreneurs, avec une implication directe dans la gestion de l’entreprise. Dans les fonds Mid cap, la relation est plus équilibrée, avec un accompagnement stratégique sans intervention dans la gestion quotidienne. ↩︎
Évaluation de la transition climatique

La Boussole métropolitaine de l’économie soutenable : 30 indicateurs environnementaux et sociaux pour suivre la transition à Nantes Métropole

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À Nantes, la transition ne se rêve pas, elle se mesure. Comme les KPI financiers pour les entreprises privées, les indicateurs environnementaux et sociaux méritent d’être suivis localement par les collectivités territoriales. La Boussole métropolitaine de l’économie soutenable est un outil inédit développé à l’échelle de Nantes Métropole. Elle propose une trentaine d’indicateurs sur trois thématiques clés : « Climat, ressources & biodiversité », « Inclusion, justice sociale & conditions de travail » et « Modèles économiques & gouvernance ».

Une Boussole métropolitaine de l’économie soutenable à Nantes ?

La Boussole métropolitaine de l’économie soutenable vise à suivre la contribution des activités économiques du territoire de Nantes Métropole aux transitions environnementales et sociales.

Née d’un travail collaboratif réunissant plusieurs acteurs du territoire, la Boussole est le fruit d’une dynamique partenariale impliquant :

Elle rassemble des données et indicateurs fiables, et s’adresse à l’ensemble des acteurs publics et privés intéressés par la dynamique de transition du territoire métropolitain vers une économie plus soutenable.

Pensée comme un outil évolutif, la Boussole a vocation à s’enrichir progressivement avec de nouveaux indicateurs. Elle ne prétend pas encore couvrir toutes les dimensions de la transition, mais propose des repères concrets pour aider à réorienter l’économie vers une trajectoire plus respectueuse des équilibres écologiques et sociaux.

Climat, ressources et biodiversité

  • Réduction des GES et pollutions : Entre 2008 et 2023, les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) sur Nantes Métropole ont diminué de près de 20 %. Elles sont ainsi passées de 2 488 kt.eqCO2 à 2 010 kt.eqCO2.
  • Préservation des ressources et sobriété : La consommation d’énergie des activités économiques a diminué de 3% entre 2008 et 2023, principalement du fait des progrès enregistrés dans l’industrie.
  • Mobilités et logistique durables : 30 km, c’est la distance moyenne (a/r) réalisée par un actif pour occuper un emploi sur Nantes Métropole. Elle a augmenté d’environ 2 km entre 2009 et 2020.
  • Régénération du vivant et résilience : 38 ha ont été consommés chaque année par les activités économiques sur Nantes Métropole entre 2009 et 2020. Tout comme la création de logements et le développement des infrastructures, l’expansion des activités économiques contribue à l’artificialisation des sols.
Mélanie Dugué – Cheffe de projets Étude et Recherche
Chaire Impact Positif à Audencia

Points de repère sur l’inclusion, la justice sociale et les conditions de travail

  • ⚪ le taux de chômage du territoire est de 5,5 % (contre 7,3 % au niveau national),
  • 2 800 personnes ont bénéficié de l’insertion par l’activité économique en Loire-Atlantique en 2024,
  • 28 structures sont dédiées à l’insertion sur le territoire,
  • 113 entreprises sont labellisées accueillantes,
  • 12,8 % des ménages vivaient sous le seuil de pauvreté en 2021,
  • ⚪ le temps partiel concerne 28% des femmes contre 10 % des hommes,
  • Nantes Métropole est parmi les métropoles les moins moins inégalitaires : le rapport entre plus riches et plus pauvres était de de 5,8 en 2020, réduit à 3,1 avec les mécanismes redistributifs.

Modèles économiques et gouvernance

  • Au cours de la dernière décennie, Nantes Métropole a enregistré une hausse tendancielle du nombre de créations d’établissements.
  • L’économie sociale et solidaire (ESS) : Des modèles économiques qui placent l’utilité sociale et la coopération au cœur de leur fonctionnement. 2 800 établissements dans l’ESS en 2021, soit 12,5% de l’ensemble des établissements du secteur privé
  • Des activités à « impact positif » par un ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, mutuelles, associations, entreprises sociales ou fondations, dont le fonctionnement interne et les activités sont fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale.
  • Économie circulaire : 5 000 emplois salariés privés dédiés à l’allongement de la durée d’usage des biens en 2022. Des modèles économiques qui partagent souvent des valeurs, des finalités ou des approches communes avec l’économie sociale et solidaire.
  • Au cours de la dernière décennie, la métropole nantaise a concentré environ 80 % des créations d’emplois de Loire-Atlantique (alors qu’elle représente moins de la moitié de la population ligérienne).

A propos de Nantes Métropole

Nantes et sa métropole ont l’ambition d’inventer un nouveau modèle de développement pour répondre aux transitions démocratique, écologique, numérique… de notre époque. Elle s’appuient sur les atouts d’un territoire solidaire, collaboratif, audacieux, créatif et « complètement à l’Ouest » !


Cette initiative est portée par Nantes Métropole, Auran – Agence d’Urbanisme de la Région Nantaise, Nantes Saint-Nazaire Développement, la Plateforme RSE Nantes Métropole Entreprises, Audencia – Chaire Impact Positif, Agence Déclic et la CRESS Pays de la Loire.

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

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Comment (ré)concilier éducation et durabilité, fonction publique et transition écologique, administration de l’état et respect du vivant ? Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique, a accepté de répondre aux neufs questions essentielles pour Cdurable. Ses réponses nous invitent à réfléchir et agir avec empathie envers le vivant, humain et non humain. J’aime l’expertise et l’humilité des présentations sur LinkedIn d’outils et ressources qu’il propose pour mettre l’éducation, la formation et la recherche au service d’une transition réussie qui ne soit pas seulement une adaptation, mais une œuvre commune, un chemin défini ensemble.

Écologie : comment donner aux jeunes le pouvoir d’agir ?

Pour 82 % des 18-30 ans, avoir un emploi qui respecte l’environnement est un critère important, selon une enquête de Toluna et Harris Interactive. Mais comment préparer et former les jeunes aux enjeux de la transition écologique ? Pierre-Henry Dodart, alors chargé de mission enseignement aux enjeux environnementaux et de durabilité au CGDD, et François Taddei, président du Learning Planet Institute, répondent à SMART IMPACT, Le magazine de l’économie durable et responsable.

7 savoirs fondamentaux que l’éducation devrait intégrer pour mieux préparer les générations futures

Dans ce texte visionnaire publié en 1999, Edgar Morin identifiait sept savoirs fondamentaux que l’éducation devrait intégrer pour mieux préparer les générations futures à un monde incertain, interdépendant, et complexe. Plus de 20 ans plus tard, ce texte n’a rien perdu de sa pertinence… bien au contraire.

  • 1️⃣ Apprendre à reconnaître nos propres aveuglements : L’éducation doit nous aider à comprendre ce qu’est la connaissance humaine. A la fois fragile, sujette à l’erreur, à l’illusion ou encore au conditionnement culturel. Il faut armer les esprits contre la manipulation, mais aussi contre leurs propres automatismes cognitifs
  • 2️⃣ Relier plutôt que séparer : Nos savoirs sont trop souvent fragmentés. Il faut enseigner la complexité, les liens entre les disciplines, les interactions entre les parties et le tout. Ce n’est qu’en comprenant les contextes que l’on peut agir avec pertinence.
  • 3️⃣ Enseigner ce que signifie être humain : L’humain est à la fois biologique, culturel, social, affectif. Or, l’école disloque cette unité. Morin appelle à une approche intégrée de la condition humaine, qui donne à chacun conscience de sa singularité et de son appartenance au collectif.
  • 4️⃣ Reconnaître notre identité terrestre : Nous formons une communauté de destin sur une planète unique. Il devient indispensable d’enseigner l’histoire de notre ère planétaire, les interdépendances globales, mais aussi les inégalités et les conflits qui en découlent.
  • 5️⃣ Apprivoiser l’incertitude : Loin des illusions de maîtrise, l’école devrait préparer à l’inattendu, au changement, au doute. Face aux défis climatiques, technologiques ou politiques, former à la stratégie, à l’adaptation, devient essentiel.
  • 6️⃣ Apprendre la compréhension : Comprendre l’autre, c’est aussi comprendre ses propres limites. Contre l’égocentrisme, le racisme, les replis identitaires, l’éducation doit développer une éthique de la compréhension, condition d’une paix durable.
  • 7️⃣ Fonder une éthique du genre humain : Loin des leçons de morale, Morin plaide pour une « anthropo-éthique » : reconnaître en chacun sa triple appartenance à une société, à une espèce humaine, et à une planète partagée. C’est ainsi que peuvent émerger une démocratie vivante et une citoyenneté terrestre.

    Ce texte n’est pas un programme figé. Il est une invitation à repenser notre rapport au savoir, à l’autre et au monde. Une boussole précieuse pour toutes celles et ceux qui croient encore en une éducation capable de transformer l’avenir.

Façonner un avenir durable avec la fonction publique

Œuvrer à façonner un avenir où éducation et durabilité se rencontrent pour développer chez chacun la capacité de penser et d’agir avec empathie et responsabilité envers le vivant et la santé publique.

L’intégration des mots « éducation » et « durabilité » dans sa présentation souligne les fondements de sa mission : encourager une conscience sociale et environnementale et promouvoir la durabilité à travers l’éducation. Ces termes encapsulent notre engagement commun vers un futur où les individus et les collectifs sont conscients de leurs impacts et agissent de manière responsable.

Le terme éducation est au cœur de sa démarche, qui vise à créer les conditions de développement des connaissances, des aptitudes et des attitudes qui encouragent des modes de pensée et d’action responsables, empathiques et respectueux du vivant et de la santé publique. Il représente l’outil par lequel nous pouvons transformer les comportements individuels et collectifs pour faire face efficacement aux défis sociaux et environnementaux.

Durabilité définit l’objectif de cette démarche éducative. Elle incarne l’ambition d’un équilibre entre les besoins actuels et la capacité des futures générations à répondre aux leurs, promouvant des manières de vivre qui permettent un équilibre environnemental et une équité sociale. C’est une approche qui intègre l’empathie et la responsabilité dans toutes les sphères d’action, visant une coexistence harmonieuse entre l’humanité et le reste du vivant.

Lorsque « éducation » et « durabilité » se rencontrent, ils forment un pilier sur lequel s’appuyer pour bâtir une société capable de penser, planifier et agir de manière durable.

Cette alliance cherche à équiper les individus et les collectifs des compétences nécessaires pour naviguer dans les complexités de notre monde avec une conscience aiguisée de leur rôle dans la promotion de la durabilité. Elle guide nos efforts vers un avenir où l’ensemble de la société humaine contribue activement à la santé des écosystèmes et au bien-être des générations actuelles et futures.

Les Ministères Écologie, Territoire, Transports, Ville et Logement recrutent, découvrez les opportunités de façonner un avenir durable avec nous:

Qui est Pierre-Henry Dodart ?

Chargé de mission enseignement aux enjeux environnementaux et de durabilité

Pierre-Henry Dodart, Administrateur de l’État engagé pour la transition écologique

Manager expérimenté avec près de 20 ans d’expérience à l’interface du secteur public et privé, il a une expertise approfondie en gestion de projets complexes, en politiques de ressources humaines et en droit de la fonction publique.

Son expérience, répartie entre des fonctions de haut-fonctionnaire et de consultant, lui a permis de piloter des réformes structurantes tout en développant une vision stratégique des enjeux liés à la transition écologique et à la durabilité.

Fort d’une solide maîtrise des outils numériques et d’une capacité reconnue à animer des équipes pluridisciplinaires, je suis également un praticien confirmé du dialogue social à haut niveau.

Désormais, il souhaite accélérer la conception et la mise en œuvre de politiques publiques répondant aux défis écologiques contemporains, en intégrant ces problématiques dans une approche globale, cohérente et innovante.

Questions Cdurable à Pierre-Henry Dodart

Questions Cdurable !
ou c’est pas durable ?

Au delà des communiqués, qui ne présentent souvent que le « meilleur », et du développement durable, qui ne fait que tenter de réduire les impacts négatifs d‘une croissance volumique, nous nous intéressons, 20 ans après la création de Cdurable.info, aux questions essentielles. Alors Cdurable ou pas ? 9 questions qui nous invitent à Comprendre pourquoi Agir & Coopérer avec le vivant, Cdurable !

1 – Quelle est la nature de ma relation avec le vivant ?

Ma relation avec le vivant est traversée par des tensions. Intellectuellement, je pense avoir compris que tout est lié, que l’humain ne peut être pensé en dehors du vivant dont il procède, mais une part de moi continue à raisonner comme s’il en était distinct. C’est un héritage culturel profondément ancré, celui d’un humanisme qui a permis d’émanciper, d’éduquer et de protéger, et auquel je reste attaché, presque instinctivement.

J’en perçois pourtant les limites, car en plaçant l’humain au centre, nous avons parfois oublié la manière dont il est relié au reste du monde.

J’essaie désormais de concilier le respect de ce que cette tradition a construit et la nécessité de l’ouvrir à une conscience écologique plus large. J’en viens à penser que notre « juste rapport au vivant » pourrait naître de cet équilibre fragile entre la lucidité de notre condition, l’humilité de notre présence au monde et la fidélité à l’élan humaniste qui nous relie les uns aux autres.

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2 – Quels sont mes besoins et choix d’alimentation ?

Mes choix d’alimentation traduisent une tension entre les habitudes sociales qui m’entourent et le souci de préserver le vivant.

Je vis dans une société où le café, l’apéritif ou le barbecue tiennent une place importante dans nos manières d’être ensemble. Je ne suis pas particulièrement attaché à ces pratiques, mais je comprends leur rôle dans la convivialité et ce qu’elles disent de notre besoin de lien.

Dans mon quotidien, j’essaie simplement de trouver un équilibre entre ces usages collectifs et mes propres repères. Je mange très peu de viande, j’évite les produits transformés, je choisis des aliments biologiques parce que j’en ai les moyens, je ne bois ni café ni jus, et je m’interroge sur la place constante de l’alcool dans nos moments de rencontre.

Ces choix ne relèvent pas d’une posture morale, ils expriment un questionnement croissant à ce qui nous relie au vivant (et une affaire de goût !).

Par ailleurs, je ne me retrouve pas dans les approches qui réduisent l’alimentation à un calcul carbone, car manger n’est pas une équation mais une relation.

Ce qui me semble essentiel, c’est la qualité de ce lien avec ce que nous mangeons, la reconnaissance de ce qui nous nourrit et la possibilité d’inventer d’autres formes de convivialité, plus sobres, mais tout aussi « humaines ».

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3 – Quel est mon type d’habitat actuel et idéal ?

J’habite un appartement trois pièces avec ma famille dans un immeuble des années soixante, un habitat collectif assez simple, fonctionnel, à taille humaine. C’est sans doute ce qui me convient le mieux. Je n’ai jamais eu le désir d’un grand logement parce que je n’ai pas envie de passer ma vie à faire le ménage, ni d’une maison avec jardin parce que ça demande aussi beaucoup d’entretien.

L’habitat collectif me semble être une manière équilibrée de vivre, à la fois pour la sobriété qu’il permet et pour les relations qu’il rend possibles.

L’idéal, pour moi, ne serait pas très différent de ce que je vis déjà, mais un peu plus vivant lui aussi avec par exemple des sources d’énergies renouvelables, une cour plus végétalisée, des espaces et matériels partagés

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4 – Quelle activité physique favorise mon bien-être et ma santé

L’activité physique qui me fait du bien reste sans doute la plus simple, marcher.

Marcher me permet de penser, d’observer, de respirer autrement.

C’est une manière d’être dans le monde sans chercher à le dominer, de retrouver un rythme plus juste, celui du corps et du dehors. Mais la plupart du temps, mon activité physique se confond avec ce que je fais chaque jour, marcher pour aller faire les courses et aller au travail, laver les vitres, étendre le linge, monter les escaliers, bouger parce que la vie le demande. Cette activité discrète et quotidienne me semble la plus juste car elle entretient simplement le lien entre le corps et le monde qui m’entoure.

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5 – Quels savoirs m’ont permis de comprendre comment agir ?

Je ne peux pas vraiment répondre à cette question car je ne suis pas encore sûr de comprendre comment agir. Je crois avoir appris pas mal de choses, j’ai lu, échangé, observé, et pourtant je reste souvent (principalement) dans le doute.

Ce que je crois savoir vient d’un mélange de connaissances, d’expériences et, probablement plus à la marge, de ressentis, autant physiques qu’émotionnels.

J’ai trouvé des repères dans certaines approches, comme la résonance de Rosa ou la communication non violente de Rosenberg, qui m’aident à penser la relation plutôt que le résultat. Mais cela ne suffit pas à me donner la certitude d’agir juste. Alors j’essaie, je fais, parfois sans savoir si c’est la bonne direction. Peut-être que comprendre et agir ne sont pas deux étapes distinctes mais un même mouvement, fait d’essais, d’erreurs et d’attention.

En attendant de savoir vraiment comment agir, je continue simplement à le faire, du mieux que je peux.

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6 – Quel est le sens que je donne à mon travail ?

Le sens que je donne à mon travail tient aussi au fait que j’ai, aujourd’hui, le sentiment d’exercer le métier qui me correspond. J’évolue dans un écosystème stimulant, entouré de collègues engagés et bienveillants, avec lesquels il est possible de réfléchir, d’expérimenter et de construire.

Ce climat rend le travail profondément vivant. Je travaille sur les politiques publiques d’éducation à la transition écologique et sur leur rôle dans l’accompagnement de la transformation de l’action publique.

C’est un champ exigeant et passionnant, qui oblige à penser ensemble la formation, la culture administrative et les mutations sociales et environnementales en cours. Ce travail repose sur le dialogue et la coopération, et me permet de relier la réflexion à l’action, les idées aux réalités.

Je ne sais pas toujours ce que produisent mes actions, mais j’ai la conviction que ces expériences collectives, faites de confiance et de dialogue, participent à quelque chose de plus vaste que moi, et c’est sans doute là que réside leur véritable sens.

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7 – Quelle énergie j’utilise pour mes usages et besoins ?

Je vis dans un appartement chauffé au gaz, avec un usage modéré de l’électricité et une attention quotidienne à la sobriété. Je ne cherche pas à tout optimiser, mais à comprendre ce que consommer veut dire. J’essaie de réduire mes besoins autant que possible.

L’énergie que j’utilise, c’est aussi celle du corps et de l’attention et ça renvoi à la question sur l’activité physique. Marcher plutôt que prendre la voiture, monter les escaliers, vivre à un rythme plus lent. À un autre niveau, l’énergie dont j’ai besoin est celle qui circule dans le travail collectif, dans les échanges, dans la confiance que l’on peut construire.

C’est sans doute cette énergie-là, humaine et relationnelle, qui me paraît la plus précieuse, car elle ne s’épuise pas quand on la partage ☺

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8 – Quelle est mon implication personnelle pour l’intérêt général ?

Je trouve que la notion d’intérêt général, bien qu’au cœur de l’action publique, reste difficile à définir. En droit français, elle renvoie à « ce qui est pour le bien public », mais son contenu varie selon les époques, les contextes et les sensibilités. Historiquement elle est venue remplacer la notion de « bien commun » qui semble réapparaitre régulièrement. Cette indétermination n’est pas une faiblesse car elle permet à la société de redéfinir en permanence ce qui compte pour elle.

Mon implication personnelle s’inscrit dans cette dynamique. En tant qu’agent public, ma vie professionnelle est, par nature, liée à cette notion et je participe à une mission collective.

Aujourd’hui, j’essaie aussi de donner à cette mission un sens élargi, en y intégrant les enjeux écologiques et la responsabilité que nous avons à l’égard du vivant.

Mon travail autour des politiques d’éducation à la transition écologique vise justement à faire évoluer la manière dont les institutions se pensent et agissent dans ce cadre mouvant. Je ne crois pas détenir une réponse sur ce qu’est l’intérêt général, mais je cherche à contribuer à sa construction quotidienne, en cherchant à comprendre ce que servir veut dire aujourd’hui, dans un monde qui change.

Et si le care collectif devenait une boussole pour repenser l’enseignement supérieur ?

9 – Quels sont mes liens de coopération et ma participation au bien commun ?

Comme pour l’intérêt général, j’ai du mal à définir clairement ce qu’est le bien commun. Je trouve que c’est une notion à la fois évidente et insaisissable, qui renvoie autant à ce que nous partageons qu’à la manière dont nous en prenons soin.

Mon engagement au sein de l’association Une Fonction publique pour la transition écologique s’inscrit dans cette recherche. J’y retrouve un esprit collectif, le goût du dialogue et la possibilité d’expérimenter avec d’autres ce que pourrait être une action publique plus attentive au vivant. Cet engagement, bénévole mais structurant, me relie à des personnes très engagées et m’aide à penser autrement la responsabilité de l’administration.

En dehors de ce cadre, je participe aussi à des initiatives autour de l’éducation, de la transition et de la vie locale.

Ces coopérations me rappellent que le bien commun ne se définit pas une fois pour toutes. Il se construit dans les liens que nous tissons, dans la confiance que nous accordons, et dans l’attention que nous portons aux autres.

https://www.eco-education-recherche.com/2024/09/revue-systematique-des-etudes-sur.htmlRevue systématique des études sur l’éducation au changement climatique : comportements observés et normes sociales à travers le prisme de l’économie comportementale

10 – Carte blanche : quel est le message essentiel que vous souhaitez faire passer à nos visiteurs ?

S’il y avait un message à faire passer, ce serait peut-être celui d’une attention renouvelée à l’autre, surtout lorsqu’il ne pense pas comme nous.

Dans une période où tout semble s’accélérer, je crois qu’il devient essentiel de réapprendre à écouter, à comprendre avant de vouloir convaincre.

Les transformations dont nous avons besoin ne se décrètent pas, elles se construisent dans le dialogue, dans le doute partagé, dans la reconnaissance des différences. Mon souhait est que nous sachions créer les espaces où ces transformations peuvent advenir, sans chercher à tout maîtriser.

Il nous faut aussi oser poser des objets de discussion qui ne le sont pas encore, aborder collectivement ce que nous n’avons pas encore su nommer. Pour moi, c’est sans doute la condition d’une transition réussie qui ne serait pas seulement une adaptation, mais une œuvre commune, un chemin défini ensemble.


Éducation et transformation écologique : que dit la recherche ?

Le blog de Pierre-Henry Dodart :

www.eco-education-recherche.com

Éducation au développement durable

Développer et faciliter les échanges autour des enjeux environnementaux dès le plus jeune âge et tout au long du parcours scolaire est fondamental pour l’éducation au développement durable. Dans cet objectif, le ministère met à disposition des enseignants, sa plateforme de ressources pour la classe.

Coup de pousse : le podcast pour faire grandir nos enfants dans un environnement sain

Coup de pousse, c’est le nouveau podcast du ministère de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques sur l’environnement et la santé des enfants qui donne aux parents de bonnes pratiques pour faire grandir leurs enfants dans un environnement sain.

Le Journal de l’Éolien onshore & offshore

Le Journal de l’Éolien est un magazine spécialisé à destination des professionnels1 de l’éolien et des énergies renouvelables. Édité depuis 2007, il fut 8 ans un hors-série du Journal des Énergies Renouvelables. En 2016, le magazine a pris son indépendance et à l’occasion du Colloque France Renouvelables 2025, il publie un numéro spécial à découvrir.

Le Journal de l’Éolien, l’info sur la filière éolienne

  • des dossiers sur les sujets majeurs qui font l’actualité,
  • des reportages de terrain dans les parcs éoliens,
  • des portraits d’entreprises et de start-up de l’éolien,
  • des zooms sur les produits innovants,
  • des brèves et informations issues des territoires,
  • des actualités internationales,
  • des analyses de marché et des informations financières,
  • des chroniques juridiques liées à l’énergie éolienne,
  • des pages emplois et formation…

Du plomb dans les pales

L’édito de Vincent Boulanger, Rédacteur en chef

Vincent Boulanger – Rédacteur en chef

Chose peu habituelle, une pétition a défrayé la chronique au mois de juillet. Une étudiante de 23 ans l’a déposée sur le site de l’Assemblée nationale en opposition à la loi du sénateur Laurent Duplomb qu’elle décrit comme « une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire ». Cette loi, adoptée le 8 juillet par l’Assemblée nationale, prévoit notamment la réintroduction d’un pesticide interdit en France, l’acétamipride. Le journaliste du Monde Stéphane Foucart a rappelé dans un éditorial2 envers et contre qui les députés ont voté ce jour-là, contre les associations écologistes bien sûr, mais « ils ont surtout voté contre vingt-deux sociétés savantes médicales, contre la Ligue contre le cancer, contre les administrateurs et les personnels de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, contre le troisième syndicat agricole de France, contre la Fondation pour la recherche médicale, contre vingt mutuelles, groupes mutualistes ainsi que la Fédération des mutuelles de France, représentant plusieurs millions d’assurés, contre le Conseil scientifique du CNRS, contre la Fédération des régies d’eau potable, contre des centaines de médecins et de chercheurs qui ont signé intuitu personae des tribunes et des lettres ouvertes ».

En fin de mois, cette pétition avait réuni plus de deux millions de signatures, signe d’un rejet massif des Français pour ce recul écologique.

En matière d’énergie aussi, le Parlement compte des dizaines de Duplomb, qui se sont révélés en juin en votant pour un moratoire sur l’éolien et le photovoltaïque, heureusement rejeté en fin de compte. Ce jour-là, ils ont voté contre les experts de RTE et de l’Ademe, dont les analyses montrent l’importance déterminante de l’éolien et du solaire dans le futur mix français, contre les collectivités qui développent ces énergies, contre le monde agricole qu’ils prétendent par ailleurs défendre, contre les réseaux d’énergies citoyennes. Ils ont enfin voté contre toute rationalité économique et énergétique.

L’éolien est aujourd’hui en Europe la deuxième source pour la production d’électricité, derrière le nucléaire.

La capacité installée devrait pratiquement doubler dans les cinq ans, faisant de l’éolien la première des énergies électriques du Vieux Continent à la fin de cette décennie. Malgré une augmentation du prix des turbines d’environ 10 % depuis 2021, en raison du contexte international, l’éolien reste extrêmement compétitif et toujours bien moins cher que le nouveau nucléaire.

L’industrie éolienne européenne est la deuxième dans le monde, après celle de la Chine.

Elle emploie 370 000 personnes, principalement en Allemagne, en Espagne, en France et au Danemark. En 2030, le nombre d’emplois de la filière doit grimper à 936 000, d’après les projections de la Commission européenne. À la différence du photovoltaïque, l’écrasante majorité des éoliennes installées dans nos pays sont produites en Europe, même si certains composants essentiels proviennent du marché mondial.

Soutenir le développement de l’éolien est par conséquent à la fois un enjeu de défense de l’emploi, de souveraineté technologique et industrielle et de sécurité énergétique.

L’Europe a peu de pétrole et de gaz, mais elle a dans sa manche les atouts des renouvelables pour s’affranchir de sa dépendance aux pays producteurs d’hydrocarbures, qui lui sont pour la plupart hostiles, jusqu’à désormais les États-Unis de Trump. Il est sans doute temps de déposer une pétition sur le site de l’Assemblée pour que le débat public qui en découlerait permette de remettre ces vérités en place.


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Au sommaire :

  • Appels d’offres éolien en mer : naviguer dans l’incertitude : Les annonces concernant les appels d’offres éolien en mer prennent du retard. Entre joutes parlementaires, reports successifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie et intégration de critères du Net Zero Industry Act, la filière tente de maintenir le cap.
  • Les vertus de l’hybridation : En Espagne, les centrales hybrides, associant éolien et solaire, se développent depuis quelques années sous l’impulsion de développeurs tels qu’EDP. Avantageuses d’un point de vue économique, elles permettent également de rendre des services au réseau électrique souvent congestionné. Explications.
  • Le retour des nuits noires en Allemagne : Les exploitants éoliens avaient en Allemagne jusqu’au 1er janvier pour équiper leurs éoliennes d’un balisage circonstancié, afin que leurs feux de position ne s’allument qu’à l’approche d’un aéronef. Un chantier inspirant.
  1. Il s’adresse aussi bien aux groupes énergétiques, aux industriels, aux fabricants, aux bureaux d’études, aux développeurs, aux artisans, aux collectivités territoriales, qu’aux étudiants se destinant à une activité dans ce secteur. ↩︎
  2. « L’adoption de la loi Duplomb constitue un moment de rupture démocratique inédit », Le Monde du 13 juillet 2025 ↩︎

Pourquoi l’écologie est d’abord une science

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Souvent assimilée à un courant politique, l’écologie est avant tout une science à part entière, qui étudie les interactions du vivant avec son environnement. Pourtant, en France, ce terme est devenu symbole de militantisme au risque d’invisibiliser le travail précieux des écologues, alors même que leurs connaissances sont indispensables pour affronter la crise environnementale en cours.


« En France, le terme “écologie” est utilisé aussi bien pour désigner une science que des mouvements politiques environnementalistes ou verts, entraînant de fait une confusion entre le travail de recherche et l’action politique, ou même le militantisme. » Doers/Shutterstock

Par Sébastien Barot, Institut de recherche pour le développement (IRD)

Dans « l’Écologie est une science », publié par les éditions Belin, Sébastien Barrot, directeur de recherche à l’IRD, présente son domaine de recherche, encore trop méconnu du grand public. Nous reproduisons ci-dessous un extrait de son avant-propos.

L’Écologie est une science, par Sébastien Barrot, publié en septembre 2025. Belin éditeur

À 10 ans, quand on me demandait quel métier je souhaitais faire plus tard, je répondais  « Un -logue quelconque. » Je disais par là que je voulais devenir archéologue ou paléontologue. J’ai mal tourné, je suis devenu écologue, chercheur en écologie, et j’ai commencé à écrire ce livre parce que personne ne sait ce que ça veut dire. Si tout le monde a une idée, juste ou non, de ce qu’est un chercheur, quasiment personne ne sait en France, en dehors du cadre académique, que l’écologie est une science.

Même aujourd’hui, en pleine crise environnementale, je dois expliquer les études que j’ai faites (un master et une thèse en écologie), et on me le fait répéter au moins trois fois car ça ne paraît pas possible. Les gens pensent souvent que j’ai étudié la biologie. Cela paraît beaucoup plus sérieux, mais ce n’est pas le cas. D’autres personnes imaginent que la seule préoccupation d’un écologue est de protéger les petits oiseaux, ou que je développe de nouveaux moyens pour recycler les déchets.

Ce sont deux thématiques importantes, cependant l’écologie scientifique n’a pas uniquement pour but la protection de la nature, et seul le recyclage des déchets organiques entre, en fait, dans le champ des compétences de l’écologie puisqu’il fait intervenir des organismes décomposeurs, comme des bactéries ou des vers de terre.

La biodiversité : pas qu’une affaire d’écologistes, un impératif économique et financier
Selon le Forum économique mondial, plus de la moitié du PIB mondial repose, directement ou indirectement, sur des services rendus par la nature.
sirtravelalot/Shutterstock

Un seul terme pour de nombreuses réalités

La méconnaissance de l’écologie scientifique vient de trois facteurs complémentaires.

Tout d’abord, l’écologie est une science relativement jeune. Le mot a été inventé par Ernst Haeckel en 1866, mais les sciences écologiques ne se sont vraiment développées dans le monde académique qu’après la Seconde Guerre mondiale pour les Anglo-Saxons et durant les années 1970 en France. C’est donc un développement très récent, ce qui signifie que les bases de cette science doivent encore être consolidées, et sa structure affinée. Le système académique étant très conservateur, l’écologie scientifique a parfois du mal à trouver sa place parmi les disciplines plus anciennes. Malgré la gravité des problèmes environnementaux actuels, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il est souvent difficile d’augmenter le volume des enseignements d’écologie du primaire à l’université, et la recherche en écologie n’est pas particulièrement bien financée.

De plus, en France, le terme « écologie » est utilisé aussi bien pour désigner une science que des mouvements politiques environnementalistes ou verts, entraînant de fait une confusion entre le travail de recherche et l’action politique, ou même le militantisme. Il est important de souligner que, la plupart du temps, lorsque quelqu’un intervient dans les médias pour parler de protection de la nature, il s’agit d’un militant ou d’une militante (ou parfois même d’un chercheur d’une autre discipline !). Si ces derniers utilisent souvent les connaissances développées par l’écologie scientifique, ils ne sont pas chercheurs en écologie pour autant.

On pense facilement à de grandes figures, comme Hubert Reeves, qui ont joué et jouent un rôle important et utile dans la dissémination des savoirs et idées écologiques. Ces grandes figures médiatiques mêlent toujours dans leurs discours des messages environnementalistes et d’autres plus fondamentaux et proches des sciences écologiques. Tout cela entraîne des conséquences globalement positives, mais contribue à invisibiliser la science écologique et le travail des chercheuses et chercheurs qui la pratique. D’autant que dans les autres sciences (biologie, physique, chimie…), quand les médias ont besoin d’éclairages, c’est bien à un spécialiste du domaine que l’on fait appel en général.

Enfin, l’écologie est une science intégrative. C’est-à-dire qu’elle utilise les autres sciences (biologie, géologie, climatologie, chimie…) et qu’il est donc difficile de l’identifier en elle-même. Ce fonctionnement fait sa force, mais il rend son positionnement plus difficile. En effet, les systèmes académique et médiatique fonctionnent beaucoup « par boîtes » et la mauvaise identification d’une science et de ses spécialistes complique la prise en compte des connaissances qu’elle développe.

Cela explique en partie que les sociétés humaines soient si lentes à prendre des mesures pour atténuer la crise de la biodiversité et qu’elle reste moins bien prise en compte que la crise climatique par les pouvoirs publics (même si de ce côté-là, cela avance, bien que beaucoup trop lentement).

L’écologie expliquée aux enfants et aux ados
Les écologues peuvent étudier les arbres, les fleurs ou les insectes par exemple.
brgfx / Freepik, CC BY-SA

Mais alors l’écologie, c’est quoi ?

Ma définition préférée de l’écologie est la suivante : c’est la science qui étudie les interactions entre les êtres vivants (par exemple, entre les espèces de plantes d’une prairie) et leur environnement physico-chimique (par exemple, entre les plantes de cette prairie et les caractéristiques du sol comme son pH ou sa teneur en azote) et les conséquences de ces interactions à toutes les échelles temporelles (de la seconde à des millions d’années) et spatiales (de l’agrégat de sol d’un millimètre à la biosphère) possibles. Cette définition peut paraître un peu abstraite mais elle prendra tout son sens au cours du livre.

Il est important de retenir que l’écologie traite bien d’organismes vivants, tout en étant distincte de la biologie. Cette dernière a tendance à étudier le fonctionnement interne des êtres vivants. Historiquement, à l’aide de moyens techniques de plus en plus sophistiqués, la biologie les a découpés en parties de plus en plus petites (l’organe, la cellule, la molécule, le gène) pour analyser la manière dont le fonctionnement interne d’un organisme et de nombreux mécanismes de régulation permet aux organismes de grandir, de survivre et de se reproduire. C’est aussi grâce à la biologie que l’on comprend les mécanismes de développement d’un organisme à partir de ses gènes.

À l’inverse, les sciences de l’univers (géochimie, climatologie, hydrologie…) s’intéressent essentiellement au fonctionnement physico-chimique, aux éléments abiotiques, de l’environnement et de la planète Terre. Par exemple, ces sciences permettent de quantifier les flux d’eau (évaporation, précipitation, ruissellement…) à des échelles variées depuis le mètre carré jusqu’à la planète entière ou encore les flux d’azote, composante chimique essentielle de toute la matière vivante.

L’écologie se trouve exactement à mi-chemin entre la biologie et les sciences de l’univers : elle traite à la fois des organismes vivants et de leur environnement physico-chimique. Elle fait le lien entre les deux et étudie leurs interactions qui sont bidirectionnelles. Les organismes dépendent de leur environnement (température, humidité…) et des ressources qu’ils y puisent. Si les conditions physico-chimiques sont bonnes (ni trop chaud ni trop froid, suffisamment humide…), ils pourront grandir et se reproduire ; si les conditions sont un peu moins bonnes, cela devient plus difficile ; si elles empirent, les organismes ont de grandes chances de mourir. D’une manière peut-être moins évidente, mais tout aussi importante, les organismes modifient leur environnement physico-chimique en y puisant des ressources (CO2, eau et nutriments minéraux pour une plante), par des activités variées (galeries des vers de terre) ou simplement par leur présence (un arbre fait de l’ombre).

L’écologie est une science à part entière qui a développé son propre cadre conceptuel, ses écoles de pensée et ses outils. Elle fonctionne au quotidien comme les autres sciences : il y a des formations (masters, écoles doctorales), des chercheuses et des chercheurs, des laboratoires et des journaux internationaux en anglais spécialisés.

Elle s’appuie cependant, nous l’avons vu, sur de nombreuses sciences, de la biologie à la climatologie, en passant par la physique ou la chimie. Les résultats de ces différents domaines servent d’éléments de contexte et leurs méthodes et outils sont utilisés comme des couteaux suisses modulables pour répondre à des questions propres à l’écologie. Par exemple, l’étude des interactions entre un ver de terre et le sol peut nécessiter de connaître le fonctionnement interne du ver de terre, tel son mode de digestion (biologie), mais aussi l’impact de l’espèce sur la chimie du sol (chimie).

L’écologie peut aussi étudier comment le climat influence la croissance des plantes en prenant en compte la quantité d’énergie apportée par la lumière solaire et utilisable pour la photosynthèse, ou la température et l’humidité de l’air qui influencent la quantité d’eau transpirée par les plantes. Ou encore la manière dont les plantes influencent le climat en fixant plus ou moins de carbone par la photosynthèse ou en renvoyant plus ou moins de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Ces résultats peuvent alors servir aux climatologues pour améliorer les prédictions climatiques.

Par ailleurs, l’écologie est indissociable de l’évolution des organismes vivants au sens darwinien, car ils présentent tous une histoire évolutive : ils ont été façonnés par une succession de pressions de sélection et de processus évolutifs qui ont conduit aux caractéristiques actuelles des organismes et ont contribué à leur diversité. De ce fait, les interactions écologiques entre eux ou avec leur milieu physico-chimique ont été façonnées par l’évolution. Il est important de le prendre en compte pour mieux comprendre et interpréter les fonctionnements écologiques actuels.

Ainsi, les plantes ont construit au cours de l’évolution des mutualismes avec leurs pollinisateurs. Étudier cette évolution peut aider à comprendre la pollinisation et ses conséquences. À l’inverse, les interactions écologiques, elles-mêmes, constituent un des principaux moteurs de l’évolution : la sélection naturelle est fondée sur le fait que les organismes les mieux adaptés à une situation écologique donnée (caractéristiques de l’environnement, existence d’un prédateur…) ont plus de descendants si bien que leurs caractéristiques deviennent dominantes au sein de l’espèce du fait de leur transmission génétique.

Dans ce contexte, les mécanismes conférant à certains individus un avantage sont liés à des interactions écologiques : certaines caractéristiques leur permettent de mieux interagir avec les autres organismes ou leur environnement physico-chimique, acquérant ainsi plus de ressources, augmentant leur survie ou leur fécondité. Tous ces mécanismes sont étudiés en écologie. On sait maintenant que l’évolution peut être suffisamment rapide pour interférer avec les processus écologiques à des échelles de temps communes. Cela signifie qu’il ne s’agit pas simplement d’un phénomène ancien qu’il faut étudier pour comprendre les organismes ayant disparu depuis longtemps, mais que les organismes continuent actuellement à évoluer.

De domaines en sous-domaines

Plus généralement, l’écologie aborde des sujets si variés qu’il est nécessaire de la diviser en sous-domaines.

L’écologie se compose de plusieurs sous-domaines. Sébastien Barrot/Belin, Fourni par l’auteur

Bien sûr, on peut en classer les différents champs selon le milieu étudié (écologie forestière, écologie aquatique, écologie des sols…), mais il est important de différencier également certaines approches. En effet, une partie importante de l’écologie, l’écologie des populations, se focalise sur les groupes d’individus d’une même espèce qui interagissent entre eux au sein d’un milieu donné (ce qu’on appelle une « population »). Elle se concentre donc sur les individus, sur ce qu’ils font et sur leur démographie (comme on le ferait pour des populations humaines), s’appuyant notamment pour cela sur leur recensement (on peut, par exemple, compter le nombre d’arbres dans une forêt). L’écologie des populations est fortement liée à l’écologie évolutive, qui étudie l’évolution darwinienne des organismes, puisque l’individu est l’unité de base dans tous les processus évolutifs.

Proche de l’écologie des populations, on trouve aussi celle du comportement qui cherche à analyser le comportement des individus au sein d’une population en fonction de leur environnement, avec souvent des interprétations liées à l’évolution darwinienne des organismes. On distingue ensuite l’écologie des communautés qui étudie les interactions entre populations (d’espèces différentes) dans un même milieu. Cela permet d’aborder, par exemple, les relations proie-prédateur, les symbioses, ou de décrire des communautés d’organismes (le nombre d’espèces, leur abondance relative, leurs caractéristiques, et les facteurs qui déterminent tout ça). On arrive alors à l’écologie fonctionnelle qui étudie la manière dont les organismes arrivent à puiser des ressources dans leur milieu et à les transformer en biomasse, ainsi que la quantité de matière et d’énergie qu’ils échangent avec leur milieu…

Enfin, l’écologie des écosystèmes est proche de l’écologie fonctionnelle puisqu’elle étudie la manière dont ils fonctionnent. Un écosystème comprend à la fois l’ensemble des populations en interaction dans un lieu donné et leur milieu physico-chimique (sol, climat…). Il s’agit donc d’intégrer tous les types d’interactions écologiques entre populations ainsi qu’entre elles et leur milieu physico-chimique, et de comprendre comment cela détermine les propriétés émergentes des écosystèmes, telle que leur production primaire. Là où l’écologie des populations est focalisée sur les individus, l’écologie fonctionnelle et celle des écosystèmes étudient plutôt les flux de matière (carbone, azote, eau…) et d’énergie entre les organismes et avec leur milieu. Ce type d’approche permet souvent d’aller vers des échelles spatiales de plus en plus grandes. On peut, par exemple, mesurer la biomasse de la végétation ou la quantité de carbone dans la matière organique du sol à l’échelle du mètre carré, mais aussi d’une prairie, d’une région, d’un continent…

Sébastien Barot, Chercheur en écologie, IEES-Paris, vice-président du conseil scientifique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), Institut de recherche pour le développement (IRD)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Sans animaux, il n’y a pas de société humaine : une histoire partagée de la Révolution au présent

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En partant du constat que “sans animaux, il n’y a pas de société humaine ”, Pierre Serna, expert de la Révolution, s’est mis à raconter l’histoire “partagée” des humains et des animaux, en considérant que les animaux ont une agentivité politique, au même titre que les humains. Comment peut-on expliquer qu’en ayant jamais été aussi armés et sensibilisés à la question animale nous tuons chaque année des milliards d’animaux ?

Il s’agit d’écrire et penser une histoire des animaux en “situation sociale” et étudier les rapports de force et de domination, d’une interrelation sans laquelle l’homme ne serait rien. Cet historien s’intéresse particulièrement à l’agentivité des animaux lors de la Révolution française (1789-1799) et de la Première République (jusqu’en 1804) mais son analyse permet de s’interroger aussi sur le présent. Voyons avec Pierre Serna ce que l’histoire “partagée” des humains et des animaux pendant la Révolution du XVIIIème siècle peut nous apprendre …

Qui est Pierre Serna ?

Pierre Serna est historien de la Révolution française, professeur à l’Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne, président de la Commission Internationale d’Histoire de la Révolution Française. Il est l’auteur de Comme des bêtes : Histoire Politique de l’animal en Révolution, 1750-1840 (2017) , de L’Animal en République, 1789-1802, genèse du droit des bêtes (2017) ou encore de L’extrême centre ou le poison français : 1789-2019 (2019) où il revient sur les racines historiques de l’extrême centre. Son ouvrage le plus récent co-écrit avec trois autres historiennes, tout juste paru en octobre, Animaux et humains : une histoire partagée, de la Préhistoire au XXIème siècle (2025), met en lumière les pratiques et les représentations qui ont façonné cette coexistence entre humains et animaux et illustre le croisement de l’histoire culturelle et sociale des sensibilités animales.

Interview

En tant qu’historien de la Révolution, comment en êtes-vous venu à parler des animaux ?

Je suis un historien du politique, des révolutions, du XVIIIe siècle mais j’ai eu plusieurs interrogations qui m’ont poussé à parler des animaux.

Une première interrogation, c’est que je constatais qu’il y avait beaucoup de sources sur les animaux mais qu’on n’en faisait rien en histoire du politique.

Une seconde interrogation, c’est qu’après avoir longtemps travaillé sur les élites radicales de gauche, je me suis rendu compte que même si elles menaient le combat très sincère d’élargir la citoyenneté, elles n’étaient que des porte-paroles. Je me suis alors demandé : de qui parlent ces élites de gauche qui sont très en avance sur le combat politique mais qui ont tout de même échoué à éradiquer la pauvreté, ce qui était un grand espoir en 1789 ? Qui sont ces petites gens, ces “ras du sol”, ces “sans culottes”, ces sans rien dont elles parlent sans cesse ? Je cherchais la personne archétypale la plus démunie de la Révolution. C‘était une tâche difficile car il y a moins de traces historiques.

Au fur et à mesure de mes recherches, j’en suis venu à penser que le personnage le plus stigmatisé était la femme noire esclavagisée, la France possédant un immense empire colonial au moment de la Révolution. Puis, j’ai réalisé qu’on parlait systématiquement de ces femmes au travers de métaphores animalières très stigmatisantes. L’expression “comme des bêtes” revenait sans cesse. J’ai aussi réalisé que pendant la Révolution, les animaux sont partout ! A l’époque, il y a 60 000 chevaux dans Paris, 10 % des Parisiens sont des chevaux (si je puis l’exprimer ainsi). Les animaux sont dans les images, ils travaillent, ils suent, labourent, donnent à manger, à vêtir, ils participent aux champs de bataille, ils souffrent, ils combattent, ils agonisent. S’il n’y a pas d’ânes, pas de mulets, il n’y a pas de batailles ! Alors, comme le nez au milieu de la figure, je me suis rendu compte que sans les animaux, il n’y a pas de société humaine.

Toutefois, je n’ai pas de militance animaliste. Ce qui m’intéresse, ce sont tous les opprimés du monde, les infériorisés. Je veux écrire une histoire de ceux qui étaient considérés comme inférieurs. Je n’allais pas faire l’histoire des animaux en révolution mais l’histoire des rapports d’autorité, des forces de révoltes, de domination, de désobéissance.

Ainsi, ma problématique n’est pas seulement de faire une histoire des animaux mais de faire une histoire ensemble des humains et des animaux qui peuvent être dans des situations de domination où ils souffrent, où ils sont dominés, exploités, tués à la tâche, mangés.

Quel est l’intérêt de faire une histoire “partagée” et pas seulement une histoire des animaux ?

Il y a deux dimensions. D’abord, il faut partir du constat que l’histoire est “en miette” dans les années 2000 : chacun fait son histoire, chacun a sa minorité à défendre. Ces histoires sont séparées, séquencées. Je pense plutôt qu’il faut une histoire interdisciplinaire. Si toutes les minorités se réunissent, cela fait une grosse majorité.

Ensuite, faire une histoire partagée permet de montrer que la Révolution n’a pas été que violence, Terreur, Robespierre… il y a eu d’autres lignes directrices, comme celles de la volonté de régénérer le monde, d’inventer un homme et une femme nouveaux, une nature nouvelle, une harmonie nouvelle avec le monde naturant. La Révolution, c’est aussi une révolution de la loi et du droit.

Quel rôle ont eu les animaux dans cette Révolution de la loi et du droit ? Quelle est leur “agentivité politique” ?

La loi et le droit en 1789 sont pensés comme une mélioration : il faut améliorer le sort des plus faibles. Le principe de ces législateurs qui vont faire la Révolution est de penser la loi comme ce qui protège de l’arbitraire royal.

C’est là que je crois apporter une toute petite brique dans l’immense mur de l’histoire : sans révolution des naturalistes au XVIIIe siècle, pas de révolution politique à la fin du siècle ! En effet, les travaux de Linné et Buffon ont fait grande polémique car ils ont intégré l’homme à la 1ère place du rang animal. A l’époque, c’est déjà une vraie révolution politico-religieuse dans une monarchie du droit divin de reconnaitre que l’humain est un animal. D’une certaine manière, l’homme abandonne son statut transcendantal en acceptant d’être classifié au sein des animaux. De même, la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen fait immédiatement référence à l’homme naturel : l’homme né comme un animal imparfait.

Certains vont encore plus loin avec le projet du Directoire (1795-1799), celui d’éduquer et de pacifier la société, malgré un ordre bourgeois censitaire. On commence à penser que la pacification des mœurs passe par la reconnaissance et la réflexion sur le traitement qu’on inflige aux animaux. On prend conscience que la violence envers les animaux a des conséquences sociales et morales et que la loi peut améliorer et offrir un cadre d’amélioration du statut des animaux. Voilà qu’en 1802, l’Institut National de France et sa classe des sciences morales et politiques crée un concours qui pose la question suivante : dans quelle mesure les mauvais traitements contre les animaux ont-ils un rapport avec la morale publique ? Faut-il légiférer en faveur des animaux ? …..

Ce projet républicain de pacifier la société et donc de “républicaniser” le rapport de l’homme et de l’animal n’était-il pas en contradiction avec l’utilisation qu’on faisait des animaux à ce moment-là, notamment de leur exploitation pour l’économie agraire par exemple ?

Je vais vous répondre en vous retournant la question : comment comprenez-vous qu’aujourd’hui, en ayant jamais été aussi concernés, aussi armés pour penser la sentience et l’intelligence des animaux, des milliards d’animaux soient tués chaque année ? Nous vivons actuellement des contradictions comme la Révolution en a connu aussi de nombreuses mais ce ne sont pas du tout les mêmes. A l’époque, on n’a pas la même connaissance de la sensibilité animale et on ne tue pas autant d’animaux. Par ailleurs, il est vrai qu’il y a un début de réflexion sur la sensibilité animale au XVIIIe siècle, mais comme Véronique Le Ru1 l’a par exemple parfaitement démontré, le paradigme cartésien était encore très puissant. Le projet de 1789 n’est pas de mettre fin à la souffrance animale, c’est un projet de régénération : on sort d’un monde ancien, de corrompus, de libertins… il faut réinventer ce monde et en proposer une nouvelle conception. Ce projet passe par la création d’une cité harmonieuse réalisée par la loi.

Le laboratoire de ce projet, c’est en juin 1793, lorsqu’on demande au Muséum National d’Histoire Naturelle d’imaginer un endroit qui réconcilie l’animal, le végétal et le minéral. Toutefois, on veut seulement ménager les animaux dits “utiles”, c’est à dire ceux qui travaillent, qui sont domestiqués, qui sont doux. De l’autre côté, on met en cage les animaux dits “inutiles”, c’est à dire les animaux sauvages qu’on considère comme dangereux. Évidemment, c’est la métaphore de la noblesse. Cette ménagerie, c’est un spectacle politique de la renaturalisation de ce que pourrait être une cité harmonieuse.

Mais alors, s’il n’y a pas de véritable volonté de donner plus de droits aux animaux, cette nouvelle attention aux animaux n’est-elle qu’un prétexte pour moraliser la population ?

Attention à ne pas faire d’anachronisme. Nous parlons de 1792-1793 et à ce moment-là, en aucun cas la question du droit des animaux se posent. En revanche, il n’y a pas de citoyenneté sans devoir et il n’y a pas de citoyenneté sans responsabilité morale. Par exemple, l’utilisation des animaux dans les théâtres, les spectacles d’animaux ou encore les combats d’animaux est jugée totalement immorale. Ces lieux où les animaux sont montrés, moqués, faussement admirés sont jugés dégradants et interdits par la commune de Paris en 1793. Toutefois, un petit filon de pensée commence à faire son chemin, celui d’un végétarianisme éthique. C’est un mouvement qui est parti d’Angleterre et qui a des racines religieuses protestantes (on ne mange pas es créatures de Dieu) ou matérialistes : nous ne sommes pas des êtres vivants carnassiers.

Pourquoi cette nouvelle pensée végétarienne est restée minoritaire et ne s’est pas développée ?

Le végétarianisme au XVIIIe siècle demeure un courant marginal, et cela pour plusieurs raisons paradoxales, à la fois sociales, religieuses et économiques.

D’abord, la majorité des Français sont déjà, en pratique, presque végétariens sans le savoir. Environ 80 % de la population rurale ne consomme de la viande qu’occasionnellement : non par conviction, mais par misère. Hors de Paris et des grandes villes, on vit de céréales, de légumineuses, de lait et d’œufs, quelque fois on mange de la viande. La viande reste rare, chère, réservée aux jours de fête. C’est donc un végétarianisme de misère, subi plutôt que choisi.

Ensuite, le végétarianisme est un impensé collectif, car le monde de la fin du XVIIIe siècle demeure profondément marqué par l’autorité spirituelle de l’Église. Le catholicisme s’est construit sur la dés-interdiction des tabous alimentaires : la viande n’est plus perçue comme un aliment réservé ou interdit. L’idée même de s’abstenir par compassion animale ne trouve pas de place dans une société où les interdits religieux ont été levés.

Troisièmement, le XVIIIe siècle est celui d’une mondialisation précoce et d’une concurrence féroce, c’est une guerre économique où tous les coups sont bons. Dans cette guerre commerciale entre nations, la France et l’Angleterre s’affrontent non seulement sur les mers, mais aussi dans les imaginaires. Les Anglais, grands consommateurs de viande, apparaissent plus forts, plus robustes, plus résistants. En France, cette comparaison engendre une angoisse nationale : comment rivaliser militairement alors que l’on a que des rations à base de pain ? Comment nourrir des soldats capables de tenir tête à ceux de l’Empire britannique ? Finalement, comment donner à manger de la viande ? De là naît une contradiction profonde. D’un côté, il y a une sensibilité nouvelle à l’idée d’une République harmonieuse, respectueuse du vivant. De l’autre, il y a un impératif de puissance et de santé publique : il faut plus de protéines, plus de viande. Mais cette viande, où la trouver ?

Cette tension mènera à la levée d’un tabou civilisationnel, celui de manger le cheval, pratique auparavant impensable, mais pensée comme nécessaire lorsque l’exode rural va pousser en ville des armées entières de prolétaires travaillant dans les usines et ayant besoin à leur tour de force animale pour accomplir leur tâche pénible et répétitive .

Ce n’est qu’au XIXe siècle, entre 1820 et 1840, qu’émergent les premières manifestations de sensibilité à la souffrance animale, culminant avec la loi Grammont de 1850, texte fameux pour avoir fondé la protection légale des animaux.

Ainsi, à la Révolution et sous l’Empire, le végétarianisme demeure ultra-minoritaire : d’un côté il y a un végétarianisme de misère et de l’autre, un végétarianisme choisi qui restait une niche.

Le végétarianisme n’appartenait alors qu’à une élite ? Comment cette élite en est arrivée au végétarianisme si cela était un impensé pour le reste de la population ?

Oui, comme aujourd’hui. Le végétarianisme appelle une réflexion morale, profonde, pleinement citoyenne sur ce qu’implique une connaissance du monde du vivant, une conscience de la spoliation que l’homme exerce sur la nature.

Par exemple, Toscan, un des bibliothécaires de la bibliothèque du Muséum, n’est pas végétarien mais le fait de vivre au contact des animaux du Muséum fait qu’il le devient et il est très intéressant de voir qu’il lie la question du végétarianisme à la spoliation de la nature coloniale. Il prend conscience que spolier les colonies, c’est spolier aussi la nature des colonies, les animaux.

Pour la seconde partie de votre question, je vais vous donner l’exemple d’un personnage que j’affectionne particulièrement. François-Hilaire Gilbert, sous-directeur de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, qui est un vétérinaire républicain obsédé par le soin animal. Toute sa vie est consacrée au soin animal, à savoir comment bien les traiter. Il parle même de retraite pour certains animaux. Dans son discours d’entrée aux élèves de l’école vétérinaire, il reprend la théorie chrétienne qui considère l’animal comme un “frère inférieur” en allant plus loin et en parlant de “compagnon de travail”. L’animal travaille avec vous, pour vous. Vous avez alors un contrat tacite avec les animaux qui est de bien les traiter toute leur vie. Ainsi, il n’y pas d’horizon d’idéalité pour le végétarianisme dans ce contexte-là mais un idéal de “bon berger”. Au XVIIIe siècle, les gens écrivent et construisent un début d’opinion publique.

Finalement, c’est un travail de longue éducation pour parvenir à penser qu’un bon républicain ne peut pas manger d’animaux. Ou c’est une révolution. Fondamentalement, on en revient à la question : comment transformer une société ? Réformisme ou révolution ?

Nous allions justement vous demander, comment peut-on arriver aujourd’hui à cette moralité qui donne davantage de droits aux animaux ? Peut-on passer par le droit comme le font Sue Donaldson et Will Kymlicka avec leur Théorie Politique Des droits des animaux ? Ou bien faut-il faire la Révolution ?

Le XVIIIe, c’est le siècle des Lumières des humains, de conquête des droits humains. Le XXIe siècle devrait être le siècle des Lumières des animaux, de conquêtes des droits du vivant selon moi. Se pose alors la question de savoir si on va rester dans des réformes impossibles ou si l’on va avoir un accident de rupture comme une catastrophe pandémique ou humaine qui provoquera une révolution.

Je pense que la citoyenneté animale, proposée par Donaldson et Kymlicka, est brillante d’intelligence. Cela me fait penser au parlement de Loire2 où on a réuni un parlement qui a créé des porte-paroles pour le sable, l’eau, les arbres, les animaux de la Loire ou aux droits accordés à des cours d’eau en Amérique Latine, en Nouvelle Zélande, en Inde.

Toutefois, je pense que la loi répond à des évolutions sociales et sociétales qui doivent être très fortement enclenchées. En 1802, l’écrasante majorité des penseurs répond à la question posée par l’Institut National3 que la loi ne sert à rien si elle n’est pas entrée dans les mœurs. Or, aujourd’hui la transformation des mœurs doit reposer sur un projet éducatif au sommet de l’Etat, partagé par les élites, diffusé au niveau de l’université, dans les lycées, les écoles, là où on éduque les futurs citoyens.

Par ailleurs, il faut insister sur l’urgence de prendre en compte les animaux. On parle toujours des hectares détruits par les mégafeux mais jamais des milliards d’animaux tués dans ces feux.

Enfin, il faut une histoire partagée, tous ensemble, pour tous les invisibles et les opprimés du monde du vivant et se rappeler que s’il n’y avait pas eu les animaux, la civilisation humaine n’existerait pas, alors que 98% du monde animal pourrait vivre sans nous. Faire l’histoire du politique, c’est faire cette histoire.

Il ne faut pas que l’écologie perde de vue la question animale qui doit être centrale. Il faut regarder les animaux dans les yeux, réaliser ce qu’est un animal qui part à l’abattoir, pouvoir soutenir son regard. Finalement, il faut penser une cohabitation plus harmonieuse, en connivence avec le vivant. Je vous conseille le livre de Jean-Baptiste Del Amo Le Règne Animal (2016) qui raconte l’histoire d’une ferme sur un siècle qui devient une porcherie industrielle effroyable.


  1. Véronique Leru est philosophe et professeur d’université, elle a co-écrit le Dictionnaire historique et critique des animaux (2024) avec Pierre Serna, Malik Mellah et Benedetta Piazzesi ↩︎
  2. Le parlement de Loire est une démarche territoriale initiée en 2019 par le collectif POLAU-pôle art et urbanisme pour “donner à la nature la possibilité de se défendre”. ↩︎
  3. En 1802, l’Institut National proposait, pour son prix de morale, de répondre à la question suivante : jusqu’à quel point les traitements barbares exercés sur les animaux intéressent-ils la morale publique ? Et conviendrait-il de faire des lois à cet égard ? ↩︎

Zoopolis : Une Théorie politique des droits des animaux, 2011, Sue Donaldson et Will Kymlicka

Dans cet ouvrage, Donaldson et Kymlicka proposent une théorie politique des droits des animaux qui ne se limite pas aux « droits négatifs » (droit de ne pas souffrir, de ne pas être entravé, enfermé, mis à mort…), mais s’étend à des « droits relationnels et différenciés », pour faire des animaux des membres à part entière de la société.

Ils distinguent ainsi trois catégories d’animaux, donnant lieu à différents droits selon la place qu’ils occupent dans la société et leurs relations avec les êtres humains :

  • Animaux domestiques : statut de co-citoyen car ils vivent au sein des sociétés humaines et la domestication a créé une dépendance avec les humains, ce qui implique de leur garantir une autonomie et une participation politique pour toutes les décisions politiques qui les concernent.
  • Animaux liminaires : vivent avec nous mais sans être domestiqués (pigeons, rats urbains…), résidents bénéficiant de droits et du respect de leur présence.
  • Animaux sauvages : vivent dans leurs propres espaces, doivent être traités comme des nations souveraines avec un droit à l’autodétermination et à la non ingérence humaine dans leurs habitats.

Les offres vertes d’électricité, 100% garanties d’origine renouvelable française, pour la transition énergétique

Face aux enjeux climatiques et à la nécessité de repenser nos modes de consommation, le rôle des fournisseurs d’électricité est devenu central. De plus en plus d’acteurs du secteur proposent des offres vertes d’électricité 100 % garanties d’origine renouvelable française, permettant aux particuliers comme aux entreprises d’orienter leurs choix vers une énergie plus durable. Parmi eux, Plenitude, nouvelle marque d’Eni Gas and Power France, est un fournisseur d’électricité qui met à disposition des offres d’électricité pensées pour accompagner cette évolution du marché.

Un secteur énergétique en mutation

Le secteur de l’énergie connaît de profondes transformations. Depuis plusieurs années, la demande pour des offres vertes d’électricité progresse de manière significative, portée à la fois par la conscience environnementale des consommateurs et par l’évolution du cadre réglementaire européen et français.
Les fournisseurs d’électricité ont donc multiplié leurs propositions, cherchant à concilier stabilité des prix, transparence et impact réduit sur l’environnement.

Les offres vertes d’électricité : comprendre leur fonctionnement

Une offre verte d’électricité repose sur un principe simple : pour chaque kilowattheure consommé, l’équivalent est injecté sur le réseau grâce à la production issue de sources renouvelables (éolien, solaire, hydraulique, biomasse).

En France, le système des garanties d’origine permet de certifier que l’électricité proposée provient bien de ces filières renouvelables. Ainsi, un fournisseur d’électricité proposant une offre verte s’engage à soutenir le développement de la production renouvelable nationale, en achetant des garanties d’origine correspondantes.

Les offres d’électricité verte sont-elles vraiment vertes ?

Aujourd’hui la plupart des fournisseurs d’électricité proposent une offre d’électricité verte. Mais comment s’assurer que l’électricité achetée à ces fournisseurs provient bien d’installations de production d’énergies renouvelables ? Pour éclairer les consommateurs et faire le tri parmi les différentes offres, l’ADEME a lancé le label Vertvolt.

Les consommateurs au cœur du changement

Opter pour une offre verte d’électricité, c’est aussi encourager un cercle vertueux. En choisissant un fournisseur d’électricité qui investit dans les énergies renouvelables, les consommateurs participent directement au financement de nouvelles installations.

Cette évolution traduit une tendance de fond : les foyers français souhaitent désormais associer consommation énergétique et responsabilité environnementale, ce qui pousse l’ensemble du secteur à accélérer sa mutation.

Plenitude : un fournisseur d’électricité engagé dans la transition

Plenitude se présente comme une marque destinée à porter une ambition en matière de transition énergétique. Le fournisseur d’électricité ne propose que des offres vertes d’électricité certifiées par des garanties d’origine renouvelable française.

L’objectif affiché est clair : contribuer à la neutralité carbone à l’horizon 2040, en misant sur une production plus responsable et sur une diversification des sources d’énergie.

Vers un avenir énergétique plus durable

Si les défis restent nombreux – maîtrise des coûts, sécurité d’approvisionnement, innovation technologique – la montée en puissance des offres vertes d’électricité illustre un tournant majeur du marché.

Des acteurs comme Plenitude participent à cet élan, en mettant à disposition des alternatives certifiées qui permettent à chacun de s’impliquer, à son échelle, dans la transition énergétique.

Appel à la mobilisation pour la défense d’un système multilatéral démocratique et du droit international

Le CETIM a été créé en 1970 à Genève. Centre d’étude, de recherche et d’information sur les mécanismes à l’origine du maldéveloppement, il est aussi une interface avec les mouvements sociaux. Association à but non lucratif reconnue d’utilité publique, elle lance un appel à la mobilisation pour la défense d’un système multilatéral démocratique et du droit international.

Manifestation à Genève : les multinationales doivent rendre des comptes pour leur rôle dans le génocide, malgré le « cessez-le-feu »

Texte de l’appel

« Nous, soussignés, mouvements sociaux et organisations de la société civile, sommes profondément préoccupés par les tentatives de démantèlement du droit international, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump et ses attaques contre le système multilatéral. Alors que plusieurs États puissants violent le droit international dans divers contextes, les États-Unis se livrent à des abus sans précédent qui sapent directement les principes fondamentaux du multilatéralisme et du droit international.

Non seulement les États-Unis se sont retirés d’organismes clés des Nations unies et d’accords internationaux, tels que le Conseil des droits de l’homme, l’Organisation mondiale de la santé, l’UNESCO, et ont activement encouragé d’autres États à abandonner ou à saper les cadres multilatéraux, mais ils ont également cessé de payer leurs contributions obligatoires, provoquant de graves perturbations opérationnelles dans l’ensemble du système des Nations unies. Le gouvernement américain a en outre décrété des sanctions aux titulaires de mandats des Nations unies, notamment à Mme Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, entravant gravement leur capacité à s’acquitter de leur mandat de manière indépendante et efficace. Il a également pris pour cible la Cour pénale internationale (CPI) par le biais de sanctions et d’intimidations politiques visant à paralyser son travail.

Les États-Unis ont restreint la liberté de mouvement ou refusé à plusieurs reprises d’accorder des visas à des représentants dûment accrédités des États membres de l’ONU, notamment à des responsables de l’Autorité palestinienne ainsi qu’à des représentants d’organisations de la société civile et de mouvements sociaux, les empêchant ainsi de participer aux sessions de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Cela constitue une entrave directe au droit des États membres d’accéder au principal forum multilatéral mondial, un droit explicitement garanti par le droit international et l’accord de siège de 1947. Le fait que le pays hôte abuse de sa position privilégiée pour entraver la participation aux Nations unies elles-mêmes constitue une violation intolérable des principes sur lesquels l’ONU a été fondée.

De plus, le plan du président américain pour Gaza (octobre 2025) est une nouvelle démonstration du mépris de ce pays pour le droit international. Si nous soutenons pleinement la fin immédiate des massacres et l’acheminement urgent de l’aide humanitaire, comme le réclament les citoyens du monde entier, ce plan vise en réalité à perpétuer la domination coloniale sous de nouvelles formes et nie le droit du peuple palestinien à l’autodétermination. En privilégiant la sécurité des colonisateurs au détriment de la justice, il accorde en réalité l’impunité aux auteurs de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, alors que le droit international interdit catégoriquement toute amnistie pour de tels crimes.

Tout plan de paix véritable doit donc inclure des mécanismes de justice transitionnelle et réparatrice, de responsabilité et garantir l’accès des victimes à la justice et à la réparation.

Dans ce contexte, nous appelons à la mobilisation des peuples, des mouvements sociaux et des organisations de la société civile pour défendre le droit international fondé sur la Charte des Nations unies et les droits inaliénables des peuples.

Ensemble, nous devons renforcer un multilatéralisme centré sur les peuples, capable de faire respecter la justice et la responsabilité.

Notre action collective sera essentielle pour faire progresser la justice réparatrice pour les victimes et pour garantir que les responsables de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité soient pleinement tenus responsables.

À cette fin, nous exhortons également les États membres de l’ONU à :

  • assumer leurs responsabilités et prendre des mesures concrètes pour lutter contre l’érosion systématique du droit international, tout en défendant le système multilatéral dans la poursuite de la paix, des droits humains, de la justice sociale et de la protection de l’environnement ;
  • envisager le transfert immédiat du siège de l’ONU de New York à Genève, en attendant une décision collective sur le futur emplacement du siège principal de l’ONU, afin de mettre fin à l’ingérence arbitraire et illégale du gouvernement américain dans le fonctionnement de l’Organisation.

Dans cet esprit, nous plaidons en faveur d’un système multilatéral libre de l’emprise omnipotente des États puissants et des intérêts économiques, garantissant ainsi un multilatéralisme démocratique, inclusif et participatif.

La défense et le renforcement d’un tel système exigent une opposition résolue à la loi du plus fort et un engagement ferme à défendre l’égalité des droits de tous les peuples et de tous les États à être entendus, représentés et protégés en vertu du droit international. »

> Lien pour la signature des associations

Premiers signataires (au 21.10.25)

  • Association internationale des juristes démocrates
  • Emmaüs international
  • Centre Europe-Tiers Monde (CETIM)
  • La Vía Campesina (LVC)
  • People’s Health Movement (PHM)
  • Transnational institute (TNI)

Lendemains Solidaires

NUMÉRO 6 – Octobre 2025

Si l’environnement influe sur les modes de vie, l’inverse est aussi vrai. En effet, toute intervention sur l’environnement (construction d’infrastructures, transports, production alimentaire ou industrielle) a des impacts, positifs ou négatifs, sur les êtres vivants. De nos jours, le système économique dominant, basé sur la croissance infinie et le profit à tout prix, met à mal l’environnement avec une exploitation effrénée des ressources naturelles non renouvelables.

Regenerative Circle© : 3 parcours pour ancrer la régénération au cœur des organisations

Le collectif Nous Sommes Vivants, fondé par Jérémy Dumont, réunit des professionnels de l’innovation, de la transformation et de l’économie régénérative autour d’une ambition claire : replacer le vivant au centre des modèles économiques et sociaux. En 2025, le collectif lance trois Regenerative Circle©, des parcours collaboratifs multi-acteurs permettant d’expérimenter concrètement la régénération dans les territoires et les organisations.

Regenerative Circle ©

Pensés comme des espaces d’apprentissage et d’action collective, ces programmes sur un an rassemblent chercheurs, entrepreneurs, responsables RSE, acteurs publics et porteurs de projets autour d’un fil conducteur :

Comment contribuer à la santé du vivant tout en créant de la valeur durable ?


1. Agriculture, alimentation, textile, cosmétiques, vin

Animé par Albane Roussot

Albane Roussot – Agronome
Facilitatrice et formatrice en Intelligence Collective, Hybridation et Coopération * Exploratrice en Gouvernances et Hack écologique * Accompagnement de territoires et collectifs en transitions

Ce premier cercle s’adresse aux acteurs des filières agricoles et agroalimentaires, ainsi qu’à ceux du textile, de la cosmétique et du vin.

Piloté par Albane Roussot, spécialiste des transitions dans les systèmes agricoles et alimentaires, il propose de repenser en profondeur les chaînes de valeur du vivant.

Les participants y explorent des modèles de production et de consommation régénératifs, basés sur la coopération entre producteurs, distributeurs et consommateurs.

L’objectif : faire émerger des solutions sectorielles conciliant performance économique, respect des écosystèmes et bien-être collectif.

Une fresque des imaginaires et des ateliers de co-conception permettent d’identifier les leviers de la sobriété, de la circularité et de la régénération des sols et des territoires.


2. Écosystème et collaboration intersectorielle

Animé par Jérémy Dumont

Jérémy Dumont – nous sommes vivants
Planneur Stratégique : Innovation & Transformation | Facilitateur de projets à impact positif #regeneration

Le second Regenerative Circle©, animé par Jérémy Dumont, s’adresse aux organisations souhaitant bâtir des alliances territoriales et intersectorielles autour d’une vision écosystémique.

Il s’agit ici de repenser la gouvernance, les flux de valeur et les relations entre acteurs pour que chaque organisation contribue positivement à la vitalité du système dont elle fait partie. Ce parcours met en pratique les cinq ateliers du business model régénératif, fondé sur la co-création, la coopération et la réciprocité entre parties prenantes.

Les participants apprennent à activer des dynamiques locales favorables aux services socio-écosystémiques : biodiversité, inclusion, santé, alimentation durable…

Le Business Model de l’entreprise régénérative

Un chemin vers la prise de conscience collective que les entreprises font partie du vivant et ont une responsabilité envers lui.


3. Leadership régénératif

Animé par Laurence Pintenat

Laurence Pintenat accompagne les Leaders, leurs Équipes, leurs Parties Prenantes pour avancer dans la transition économique, sociale, environnementale. Leadership Régénératif | RSE | Chgt comportemental | Mesure d’impact | International

Le troisième cercle, Leadership régénératif, est animé par Laurence Pintenat, facilitatrice et coach d’organisations.

Il s’adresse aux dirigeant·es et responsables de la transition souhaitant développer une posture de leadership au service du vivant.

En s’appuyant sur les approches sensibles et systémiques du collectif, ce parcours aide les leaders à transformer leur rapport au pouvoir, à la performance et au sens.

Le défi : faire évoluer la culture managériale pour permettre l’émergence de décisions biocompatibles, humaines et justes.

Apport sur le Leadership Regeneratif du vivant

Ce cercle explore la question centrale : comment incarner un leadership à la fois conscient, coopératif et régénératif pour réussir la transition économique, sociale et environnementale  ?


Tisser des liens entre acteurs du vivant

Les Regenerative Circle© constituent des espaces privilégiés de rencontres, de formation et d’expérimentation collective. Chaque session, limitée à 10 participants, s’inscrit dans une démarche d’action concrète et mesurable permettant aux organisations d’apprendre par le faire, et d’ancrer la régénération au cœur de leur stratégie.

Ces programmes illustrent concrètement la vision de Nous Sommes Vivants : accompagner la transformation des modèles mentaux et économiques, pour une société où chaque acteur contribue activement à la santé du vivant.


Présentation Régénérative Circle ©

En savoir plus :

Eau potable et pollution : peut-on encore boire l’eau du robinet ?

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L’eau du robinet en France traverse une période de défi majeur : après des décennies durant lesquelles elle incarnait le geste écologique par excellence face à l’eau en bouteille, la question de sa pureté revient au cœur de l’actualité. Face à la contamination émergente par des substances comme les pesticides, les métabolites non réglementés ou encore les célèbres « polluants éternels » PFAS, de nombreux consommateurs s’interrogent  : peut-on encore boire l’eau du robinet sans risque pour la santé et l’environnement ?

L’état de la pollution de l’eau potable

Si l’eau distribuée en France reste, dans l’immense majorité des cas, potable et surveillée selon des critères réglementaires stricts (plus de 60 paramètres mesurés), la réalité terrain est plus nuancée. Entre 2023 et 2025, la détection de substances émergentes inquiète régulièrement les autorités sanitaires ainsi que les consommateurs. En 2025, une enquête nationale menée sur l’eau du robinet de 30 communes françaises a révélé des traces de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) dans 96 % des échantillons, tandis qu’un tiers des réseaux montraient encore des dépassements pour les pesticides ou certains de leurs métabolites.

dansmoneau.fr : un outil pour en savoir plus sur les polluants chimiques présents dans votre eau du robinet.

Les PFAS1, présents dans l’eau potable de nombreux sites urbains et ruraux, atteignent parfois des niveaux bien supérieurs aux seuils de qualité théorique (notamment à Nantes, La Rochelle ou Metz). Les experts et les associations de consommateurs, tout en soulignant que les risques sanitaires immédiats restent faibles partout où la réglementation est respectée, appellent à une vigilance accrue et à un renforcement des analyses.

Cette défiance n’est pas anodine : elle incite une partie de la population à se détourner du robinet au profit de l’eau en bouteille, générant un impact écologique lourd (production, transport et déchets plastiques).


Baromètre 2025 « Les français et l’eau »

Le Centre d’Information sur l’Eau


Qualité de l’eau en 2025 : les 3 grandes attentes des consommateurs selon
1. Sécurité sanitaire renforcée
2. Engagement environnemental et durabilité
3. Expérience de consommation : goût, odeur et confort

Pourquoi une telle défiance  ?

Historiquement, l’eau du robinet en France jouissait d’une confiance remarquable. En 2022, plus de 84 % de la population avait reçu une eau conforme toute l’année. Mais en 2023, ce chiffre tombait à moins de 75 %. Plusieurs facteurs expliquent cette érosion de confiance :

  • Multiplication des alertes liées à de nouveaux polluants ;
  • Survenue de pics locaux de contamination (pesticides, résidus médicamenteux) ;
  • Sensibilisation croissante du public à la question des microplastiques et des PFAS.
Résultats du contrôle sanitaire de la qualité de l’eau potable en ligne, commune par commune. Cliquez sur votre région dans la carte ou cliquez plus bas dans la liste des régions pour accéder aux résultats de qualité de l’eau potable de votre commune.
Source : sante.gouv.fr

Est-il encore possible de boire de l’eau non polluée dans son verre ?

World Impact Summit

L’eau que nous buvons: un choix essentiel pour notre bien-être et notre avenir. Avec Nathalie Anton.

Jeudi 05 Février – World Impact Summit

L’eau en bouteille est-elle une solution ?

L’eau embouteillée, si elle représente un recours psychologique pour nombre de foyers, n’offre pas une garantie absolue de qualité. Nombreuses sont les études qui pointent également la présence occasionnelle de microplastiques ou de résidus industriels dans certaines eaux vendues en grandes surfaces. Surtout, la consommation massive d’eau en bouteille aggrave lourdement l’empreinte environnementale de l’hydratation quotidienne

1,5 million de tonnes de déchets plastiques par an en France et une production au coût énergétique élevé

Eau en bouteille plastique : une aberration sanitaire et environnementale

Présence massive de microplastiques dans l’eau en bouteille, scandales à répétition, accaparement d’un bien commun… L’embouteillage de l’eau est sous le feu des critiques. Mais que mettre en place pour s’en passer massivement ? Pour Zero Waste France, les solutions coulent de source.

La vraie nature – polluée – de l’eau en bouteille plastique

Zero Waste France

Podcast : « Est-ce qu’on peut vraiment boire l’eau du robinet ? »

« Jusqu’à preuve du contraire » :
un podcast pour trouver ses repères dans un monde en mouvement

Dans un monde de plus en plus complexe, accéléré, voire chaotique, il devient difficile de trouver ses repères. Le podcast « Jusqu’à preuve du contraire » prend le temps de décrypter une question d’actualité que tout le monde se pose, petits et grands, en l’inscrivant dans un espace scientifique, au plus près de la recherche en train de se faire mais aussi dans un espace culturel populaire accessible au plus grand nombre. Imaginé par l’Alliance Sorbonne Université et produit par Binge Audio, ce podcast se décline sous deux formats, adulte et junior.

Le premier épisode de ce podcast met en lumière l’expertise de Emma Rochelle-Newall, directrice de l’Institut d’Écologie et des Sciences de l’Environnement de Paris (IEES Paris, Sorbonne Université / Université Paris Cité / UPEC / CNRS / IRD / INRAE) sur le sujet de la contamination de l’eau potable.

Dans cet épisode, Emma Rochelle-Newall apporte son expertise sur le contrôle de l’eau, sur les PFAS, mais également son point de vue sur le sujet, « il vaut mieux boire de l’eau du robinet que de l’eau en bouteille car l’eau du robinet est l’aliment le plus contrôlé. C’est de loin le moins cher. En plus, nous n’avons pas la gestion des déchets en plastique ou en verre. »

La déclinaison junior du podcast, destinée aux enfants de 7 à 11 ans, plonge les auditrices et auditeurs dans une aventure sonore fantastique pour répondre à leurs questions. Le premier épisode de la saison « Est-ce qu’on peut vraiment boire l’eau du robinet ? » explique le cycle de traitement de l’eau potable, à travers des anecdotes et des extraits de films et de séries.

À la fin de ces écoutes, enfants comme adultes pourront échanger ensemble et débattre autour de ces thématiques, avec les réponses qu’ils auront obtenues.

« Jusqu’à preuve du contraire » est un podcast de l’Alliance Sorbonne Université, produit par Binge Audio et soutenu dans le cadre du projet de l’Alliance Sorbonne Université « SOUND – pour un nouvel engagement », un projet France 2030 du programme ExcellencES. (ANR-22-EXES-0004).


Quelles alternatives responsables au robinet ?

Utilisation d’un filtre a gravité

Pour renouer avec une hydratation saine, sûre et respectueuse de l’environnement, de nombreuses solutions d’épuration et de filtration de l’eau séduisent les ménages comme les entreprises. Certaines sont accessibles pour quelques euros ; d’autres s’installent à l’échelle d’immeubles ou de collectivités. Voici un panorama des solutions les plus pertinentes :

  • Carafes filtrantes : Pratiques mais imparfaites, elles réduisent certains polluants (chlore, mauvais goût) mais laissent passer de nombreux métabolites et micropolluants. Leur coût et l’usage de cartouches jetables limitent leur intérêt écologique.
  • Charbon actif (Binchotan) : Également prisé pour sa simplicité, il adsorbe une part du chlore et des odeurs, mais sa capacité de rétention des polluants chimiques reste limitée.
  • Perles de céramique : Méthode douce pour neutraliser le calcaire et améliorer le goût de l’eau, sans véritable filtration des polluants.
  • Filtres sous évier, filtrations à osmose inverse ou sur robinet : Ces systèmes permettent une réduction beaucoup plus massive des nitrates, PFAS, métaux lourds, microplastiques et résidus médicamenteux. Ils génèrent souvent un coût d’installation plus élevé, mais s’imposent comme la référence pour quiconque veut garantir la pureté de l’eau quotidienne, notamment pour la préparation des biberons ou pour les personnes immunodéprimées.​

Les fontaines à eau : une alternative écologique et collective

Au bureau comme à la maison, les fontaines à eau branchées sur réseau ou équipées de systèmes de filtration avancée s’imposent comme une réponse écologique : non seulement elles éliminent le besoin d’acheter, transporter et jeter des bouteilles, mais elles garantissent une mise à disposition d’une eau de qualité, fraîche ou tempérée, sans déchet plastique. Selon les fabricants, une fontaine filtrante permettrait d’éviter la consommation de plusieurs milliers de bouteilles plastiques chaque année et de réduire considérablement l’empreinte carbone associée à la gestion de l’eau potable.

Une fontaine à eau filtrante sur réseau est idéale pour arrêter l’utilisation de bouteilles d’eau en plastique et se passer d’un service de livraison de bonbonne.
Pour plus d’informations sur ces solutions d’hydratation écologique, le site www.fontaine-a-eau.com propose un panorama neutre des différentes offres et technologies existantes.

Quels gestes pour boire sans polluer ?

  • Privilégier l’eau filtrée du robinet (par osmoseur, filtre sous évier ou sur robinet) ;
  • Utiliser des gourdes réutilisables ou des bouteilles en inox plutôt que du plastique jetable ;
  • S’informer sur la qualité de l’eau locale via des outils de surveillance mis à disposition par les ARS (Agences Régionales de Santé) et les associations de consommateurs ;
  • Adopter des gestes éco-responsables : signaler toute suspicion de pollution, éviter le rejet de résidus médicamenteux ou de produits chimiques dans l’évier.

Conclusion : Rester vigilants et responsables

Il serait exagéré de dire que l’eau du robinet n’est plus potable en France. Mais il serait naïf d’ignorer les défis nouveaux que représentent les pollutions émergentes. À l’heure où l’urgence environnementale appelle à bannir le plastique et où la santé publique impose une vigilance accrue, la filtration raisonnée de l’eau domestique, associée à des solutions collectives telles que les fontaines à eau, trace une voie médiane, à la fois écologique et économique.

Boire l’eau du robinet, oui : mais à condition de la filtrer selon les enjeux locaux et d’en rester un consomm’acteur informé.


L’Eau pour la prospérité et la paix

Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2024


  1. « PFAS : l’eau potable en France est massivement contaminée par les « polluants éternels », notamment à Paris« . Deux campagnes distinctes menées par le laboratoire Eurofins et les associations UFC-Que choisir et Générations futures révèlent des concentrations élevées en acide trifluoroacétique (TFA).
    Par Raphaëlle Aubert, Stéphane Foucart, Stéphane Horel et Stéphane Mandard
    Publié par Le Monde le 23 janvier 2025 ↩︎

Plaidoyer pour un numérique au service du vivant et des territoires

Porté par GenAct et la Coopérative des Communs Numériques des Territoires (CoopCoNuT), ce plaidoyer propose une vision concrète d’un numérique au service du bien commun, de la transition écologique et de la démocratie citoyenne. Un appel à mobilisation pour construire, ensemble, un numérique qui relie, qui respecte le vivant et qui accompagne les transitions.

Face à l’urgence écologique et sociale, le numérique doit changer de cap. Le Plaidoyer trace les contours d’une ambition renouvelée autour de 5 axes :

  1. la visée régénérative,
  2. l’ancrage territorial,
  3. la capacitation,
  4. la sobriété
  5. l’intégrité.

    Porté par GenAct et la Coopérative des Communs Numériques des Territoires (CoopCoNuT), ce plaidoyer propose une vision concrète d’un numérique au service du bien commun, de la transition écologique et de la démocratie citoyenne.

Un appel à mobilisation pour construire, ensemble, un numérique qui relie, qui respecte le vivant et qui accompagne les transitions.

Les dangers du numérique

  • L’exposition des jeunes à une information moins qualitative : égocentrisme, biais algorithme, polarisation
    • 3H/J passées sur les réseaux sociaux par les 15-24 ans
    • 43% s’informent principalement via des influenceurs ou créateurs de contenus
    • 70% ne vérifient pas systématiquement l’information vue en ligne
    • 65% ont déjà cru à une fausse information vue en ligne
  • La promesse de l’internet émancipateur par l’accès au savoir détournée : GAFAM, ingérence étrangère, idéologie politique
  • L’obésité x4 – Manger, bouger : perte de lien, sédentarisation, santé publique
    • + de 4H/J de temps d’écran en moyenne (6-17 ans)
    • 50% des garçons et 33% des filles atteignent 60 minutes d’activité par jour.

1,8 Millions d’applications et 136 Milliards de téléchargement

Majoritairement Pub ou Freemium
Basées sur la captation de données

Ces chiffres sont vertigineux, quand nous savons grâce aux études scientifiques, grâce aux relais comme la fresque du numérique l’impact, tout sauf virtuel, du numérique, il est temps de prendre conscience et de repenser le pourquoi nous fabriquons du numérique.

A ce titre la dernière étude du Shift_Project sur la trajectoire énergétique est édifiante. La sobriété est devenue un nouvel eldorado du GreenWashing en affichant des performances améliorées, plus sobre.

La finalité de l’outil, ce qu’il génère comme comportement des citoyens dans les territoires, c’est cela qui doit être le guide, la boussole.

La notion de contrepartie est aussi un élément essentiel, conscientiser et faire réfléchir au coût réel de l’utilisation du numérique. Que ce soit évidemment en terme d’impact environnemental, mais aussi le sujet de la santé mentale, physique et de l’intimité numérique.

La donnée personnelle est un enjeu majeur de ces modèles, les citoyens doivent comprendre que la trace numérique qu’ils laissent, plus ou moins volontairement ou en conscience, est au moins aussi intime et précieuse que l’empreinte digitale et en dit très long sur nous.

3 phases : Semer, Germer et Régénérer

Étape 1 : Semer

1ère étape : SEMER UNE GRAINE,
UNE IDÉE AVEC LA PUBLICATION DU PLAIDOYER

Une base de discussion essentielle pour fédérer et lancer la mobilisation d’une communauté

Plaidoyer : 5 Lois pour un numérique au service du vivant et des territoires

Première Loi : La visée régénérative

Le numérique doit assumer sa responsabilité systémique, en servant des finalités qui contribuent à la régénération des écosystèmes humains et naturels. Il privilégie l’utilité collective durable à la croissance technologique. Cette loi pose la question du POURQUOI nous créons du numérique et non pas du comment.

Deuxième Loi : L’Ancrage

Le numérique doit s’ancrer dans un territoire, il ne doit pas détourner les citoyens de vivre des expériences au plus près dans leur territoire mais au contraire favoriser les interactions bénéfiques avec le monde physique, sauf à contrevenir à la première loi.

Troisième Loi : Encapacitation

Le numérique doit augmenter la capacité des personnes et des communautés à comprendre et à agir sur ce qui les entoure, retrouver sa vocation d’accès et d’émancipation par le savoir, sauf à contrevenir à la première et la seconde loi.

Quatrième Loi : La Sobriété

Si le numérique doit être conçu et géré pour minimiser sa consommation de ressources (le comment), il doit surtout avoir, par son usage, une visée régénérative (le pourquoi) en accompagnant ses bénéficiaires pour une économie durable, juste et solidaire, sauf à contrevenir aux lois supérieures.

Cinquième Loi : L’Intégrité

Le numérique doit garantir une gouvernance collective, des algorithmes transparents, la sécurité et la
souveraineté des données, et un traitement équitable pour tous ses utilisateurs, sauf à contrevenir aux lois supérieures.

Étape 2 : Germer

Stéphane Grandjean – Fondateur et DG CoopCoNuT

« Ce plaidoyer, organisé autour de 5 lois, vise avant tout à questionner les ESN, les DSI, les acteurs du numérique, les collectivités sur la raison même de la création d’outils numériques.

Nous constatons de plus en plus que la sobriété affichée comme étendard est détournée pour, au mieux avoir l’impression de bien faire mais le plus souvent pour faire du greenwashing, pour avoir l’étiquette, l’index score qui va bien.

La réalité c’est qu’il y a évidemment un grand nombre de sites internets, d’applications et maintenant d’usage de l’IA pour des choses qui peuvent être futiles, complètement déconnectées de la réalité des territoires, qui
peuvent être aussi dangereux parfois en termes de contenus, de défis, des outils de désinformation, des outils qui viennent remplacer d’anciens outils mais comme on y a mis un peu d’IA il est vachement plus cool.

Lors de la conférence sur le plaidoyer, Fabrice Bonnifet faisait remarquer cette analogie avec l’automobile. Au début, pas de cadre, tout le monde conduisait un peu comme il voulait et puis devant le nombre de morts, il a bien fallu créer un cadre, des règles, des lois. C’est certain que c’était sûrement grisant de rouler à 170 km/h, l’adrénaline, se sentir vivant, invincible, croire que tout est possible. La réalité c’était qu’il y avait 18 000 morts par an. Il a fallu notamment l’émotion d’une action coup de poing de la ville de Mazamet pour faire comprendre que chaque année c’était l’équivalent de la population d’une ville de cette taille qui disparaissait.

Le numérique, c’est un peu ça actuellement tout le monde est très excité, voulant suivre la tendance, ne pas être les derniers, et plus on accède à des « progrès », plus on observe des effets rebonds plutôt que des optimisations de l’existant. Le dernier rapport du Shift-Project montre par exemple que la consommation mondiale électricité pour les centres de données correspond a peu près à la consommation d’électricité d’un pays comme la France, soit 420 TWh en 2024. Pire encore avec la « croissance » actuelle, elle pourrait avoisiner les 1 500 TWh en 2030, en gros demain, et ça clairement c’est tout sauf soutenable.

Une fois cette première pierre posée, notre travail, avec ceux qui nous ont rejoint et ceux qui voudront rejoindre, c’est d’aller plus précisément et profondément dans chacune des lois, comme un gouvernement produit des décrets pour rendre concrète et applicable la loi dans la vraie vie.

Nous pourrions développer le commun numérique tout de suite, mais nous savons bien que mettre en ligne un outil numérique ne suffit pas enclencher l’appropriation. L’injonction de dire, regardez ça existe, saisissez vous en, serait synonyme d’échec assuré. Alors nous avons décidé de bâtir un plan d’action dans les territoires, ambitieux, collectif et coopératif.« 

L’émotion pour passer à l’action

Phase 3 : Régénérer

La 3ème étape sera le fruit des deux étapes précédentes

Cette brique « Régénérer » sera la partie « Média »

  • Montrer et démontrer par des articles, des vlogs et par un podcast que c’est possible.
  • Faire connaître les résultats concrets dans nos territoires en valorisant les initiatives impactantes et les porteuses et porteurs de projets inspirants.

Plaidoyer « Pour 1 commun numérique au service du vivant et des territoires »

L’OpenShow par CoopCoNuT – Commun Numérique des Territoires


62 partenaires GenAct en Octobre 2025