Les couleurs chatoyantes d’un coquelicot ou d’une mésange attirent le regard, mais elles remplissent également d’innombrables fonctions pour le vivant. Dans son récent livre, « Toutes les couleurs de la nature », paru aux éditions Quae, Frédéric Archaux, ingénieur-chercheur à l’Inrae, explore ces questions couleur par couleur. Nous reproduisons ci-dessous le début du chapitre consacré à la couleur verte.
Une grenouille Pelophylax esculentus. Petrpodhajsky / shutterstock
Images de science : de la chlorophylle là où on ne l’attend pas
S’il ne fallait retenir qu’une seule couleur pour caractériser le vivant, ce serait assurément le vert, celui de la chlorophylle : la vie sur Terre n’aurait certainement pas été aussi florissante sans ce pigment révolutionnaire capable de convertir l’énergie du Soleil en énergie chimique.
Et sans les organismes photosynthétiques, des minuscules bactéries océaniques aux immenses séquoias, quel aurait été le destin des animaux ? Certains d’entre eux hébergent même dans leur propre organisme ces précieux alliés !
Le séquoia de Chine, l’arbre derrière le fossile Le métaséquoia peut atteindre les 50 mètres de hauteur dans ses stations naturelles. Zauber2011, CC BY-NC-ND
Notre appartenance au règne animal et notre régime alimentaire omnivore nous font oublier à quel point pratiquement tout le vivant repose sur un processus clé assuré presque exclusivement par d’autres règnes : la photosynthèse, ou comment convertir l’énergie lumineuse en énergie chimique stockée dans des molécules organiques.
Cette énergie permet ensuite de créer d’autres molécules, parfois très complexes, de faire marcher nos muscles, de maintenir notre température corporelle, etc. Le vert est la couleur par excellence de cette photosynthèse, celle du pigment majeur qui capte et convertit l’énergie lumineuse, la chlorophylle (du grec khloros, vert, et phullon, feuille).
Bien sûr, tous les organismes photosynthétiques ne sont pas verts, car d’autres pigments (non chlorophylliens) peuvent masquer la chlorophylle. Pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres, la photosynthèse chez les algues rouges repose exclusivement sur la chlorophylle A (la plus répandue sur Terre et sous l’eau), mais ces algues produisent également des carotènes et des protéines (phycobiliprotéines) de couleurs bleue et rouge, qui capturent l’énergie lumineuse puis la transmettent à la chlorophylle.
Il n’y a donc pas une mais des chlorophylles, A, B, C, D et F (sans parler des sous-types cl, c2, c3…), et la liste n’est probablement pas terminée (la forme F a été découverte en 2010). Si la chlorophylle A est universelle, la forme B se retrouve surtout chez des plantes, la C chez des algues brunes, des diatomées et des dinoflagellés, la D et la F chez des cyanobactéries. Si la chlorophylle E manque à l’appel, c’est qu’elle a été extraite en 1966 d’une algue, mais n’a toujours pas été décrite !
Du côté de leur composition chimique, ces molécules sont très proches de l’hème de notre hémoglobine, mais avec plusieurs différences de taille : l’ion métallique piégé est un ion magnésium et non ferrique. Surtout, au lieu de capter l’oxygène atmosphérique, la chlorophylle, elle, en rejette en découpant des molécules d’eau pour récupérer les atomes d’hydrogène.
La chlorophylle ressemble beaucoup à notre hémoglobine, mais elle renferme un atome de magnésium (Mg, au centre) et non de fer. Et ça change tout ! Société chimique de France
La cascade biochimique est particulièrement complexe : la chlorophylle est la pièce maîtresse, parfois présente en plusieurs centaines d’unités, de photosystèmes qui comprennent d’autres molécules par dizaines. La très grande majorité des molécules de chlorophylle absorbent des photons et transmettent cette énergie d’excitation par résonance aux molécules voisines.
Les chlorophylles absorbent les radiations bleue et rouge, réfléchissant le jaune et le vert : voilà l’explication de la couleur des plantes. Les deux pics d’absorption peuvent varier sensiblement selon les types de chlorophylle. De proche en proche, cette énergie parvient jusqu’à une paire de molécules de chlorophylle, dans le centre de réaction du photosystème dont l’ultime fonction est de produire, d’un côté, les protons H+ et, de l’autre, les électrons.
Ces protons ainsi libérés peuvent alors être combinés au dioxyde de carbone (CO2) de l’air et former du glucose, un sucre vital au métabolisme de la plante et de tous les étres vivants. La réaction, qui consomme de l’eau et du CO, relargue comme déchet du dioxygène (O2).
La compétition pour la lumière explique la course au gigantisme des arbres, ces ogres captent jusqu’à 99 % de la lumière quand la canopée est fermée.
Au fond, la conséquence la plus importante de l’apparition de la photosynthèse a été d’accroître de manière considérable la production primaire sur Terre, alors que celle-ci était initialement confinée à proximité des sources hydrothermales produisant du dihydrogène et du sulfure d’hydrogène, la photosynthèse a permis au vivant de se répandre partout à la surface du globe, pourvu que s’y trouvent de la lumière et de l’eau.
La photosynthèse capte près de six fois l’équivalent de la consommation énergétique de toute l’humanité pendant que nous relarguons des quantités invraisemblables de CO, par extraction d’énergies fossiles (35 milliards de tonnes chaque année), les organismes photosynthétiques en stockent entre 100 milliards et 115 milliards de tonnes par an sous forme de biomasse. Le joyeux club des consommateurs de CO2, comprend, outre les cyanobactéries à l’origine de la photosynthèse, d’autres bactéries, les algues et les plantes (par endosymbiose d’une cyanobactérie qui liera entièrement son destin à celui de la cellule eucaryote au fil de l’évolution, donnant naissance aux chloroplastastes).
Pourtant, le rendement de la photosynthèse demeure modeste : de l’ordre de 5 % de l’énergie lumineuse incidente est effectivement transformée en énergie chimique, soit dix fois moins que les meilleurs panneaux photovoltaïques actuels.
Viens voir un petit vert à la maison
D’autres règnes du vivant ont fait de la place à ces organismes, au bénéfice de tous les protagonistes (symbioses) ou parfois au détriment des organismes photosynthétiques. Les lichens, qui comprennent environ 20 % des espèces de champignons connues, prennent des teintes variées, qui vont du gris au jaune, à l’orange, au rouge et au vert. Dans tous les cas, ces organismes qui s’accrochent (le mot « lichen » dérive du grec leikho, lécher) sont des assemblages d’espèces auxquels les scientifiques ne cessent d’ajouter des membres.
Les pigments, de jaune or à rouge, des lichens forment une couche de surface anti-UV dont bénéficie toute la communauté qui constitue le lichen. Mtaylor848/Creative Commons, CC BY
Pendant près de cent quarante ans, on a pensé qu’il s’agissait d’une simple association entre un champignon ascomycète et une algue, avant de découvrir que la colocation pouvait être partagée avec une cyanobactérie chlorophyllienne ou fixatrice d’azote, plusieurs algues, un autre champignon (une levure basidiomycète, l’autre grand embranchement des champignons), ou encore des protistes (des eucaryotes unicellulaires) et des virus.
En résumé, les lichens sont des mini-communautés qui peuvent regrouper trois règnes du vivant, sans compter les virus ! On continue cependant de placer ces communautés au sein des champignons, car seuls ces derniers réalisent une reproduction sexuée. La grande variabilité de la coloration des lichens provient de la résultante entre les pigments exprimés par tous les colocataires.
Quand des animaux volent les chloroplastes des algues
Le règne fongique n’a pas l’exclusivité de l’endosymbiose avec les algues, tel est aussi le cas par exemple des cnidaires.
L’anémone verte vit en symbiose avec des zooxanthelles (des algues) et sert de refuge à de petits crustacés et de petits poissons. Craig D./Flickr, CC BY-SA
On peut citer dans cet embranchement, qui comprend notamment les coraux, l’actinie verte, une anémone que l’on trouve de la Manche à la Méditerranée. Elle héberge dans ses bras verdâtres à pointe rosée des zooxanthelles, des algues photosynthétiques. L’anémone perd sa jolie coloration en l’absence de ses hôtes et dépérit.
Le mouton de mer est une curieuse limace de mer qui présente sur son dos des excroissances fusiformes vertes à pointe rose et jaune, appelées cérates. Cette espèce asiatique, qui mesure moins d’un centimètre, vit à faible profondeur. Elle parvient à ne pas digérer immédiatement les chloroplastes des algues chlorophylliennes qu’elle avale et à les faire migrer vers ses appendices dorsaux. Si le sujet est encore débattu, il semble que ces plastes continuent d’être fonctionnels et de fournir un complément en sucres bienvenu en période de disette.
Ce processus, appelé kleptoplastie (du grec kleptes, voleur), est connu, outre chez ces gastéropodes marins, chez deux autres vers plats et chez divers eucaryotes unicellulaires (certains foraminifères, dinoflagellės, ciliés, alvéolés), chez qui les plastes demeurent fonctionnels une semaine à deux mois après l’ingestion des algues.
Parente américaine de notre salamandre tachetée avec qui elle partage notamment une livrée noire rehaussée de points jaunes (la marque aposématique qu’elle est toxique), la salamandre maculée a noué, elle aussi, un partenariat avec une algue photosynthétique : Oophila amblystomatis.
L’œuf gélatineux dans lequel se développe l’embryon présente une coloration verte causée par la prolifération de l’algue. Il a été démontré expérimentalement que ces algues ont un effet très bénéfique sur la croissance et la survie des embryons de la salamandre, probablement grâce à l’oxygène que libère l’algue tandis que celle-ci bénéficie des déchets azotés produits par le métabolisme de l’embryon. Un véritable cas de symbiose donc.
Pendant plus d’un siècle, on a pensé que les algues présentes dans les mares fréquentées par l’amphibien colonisaient les œufs, mais l’imagerie de pointe associée à la recherche de l’ADN de l’algue dans les tissus des embryons a révélé une tout autre histoire : les algues envahissent les tissus de l’embryon durant son développement, où elles semblent s’enkyster.
La salamandre adulte continue d’ailleurs de contenir ces algues en vie ralentie, bien qu’en quantité de moins en moins importante avec le temps : on retrouve en particulier dans ses voies reproductrices et les femelles semblent capables de transmettre certaines d’entre elles directement à leurs œufs ! Les scientifiques cherchent encore à comprendre comment un vertébré est parvenu dans son évolution à se laisser envahir par une algue sans provoquer une attaque en règle de son système immunitaire !
En quelques jours, la publicité d’Intermarché a eu un succès viral époustouflant. Un milliard de personnes l’auront regardée. Un tel phénomène conduit à s’interroger sur les raisons de cette réussite, d’autant que l’enseigne, elle, n’est pas présente dans le monde entier ! Quels ressorts intimes ce film a-t-il mis en mouvement ? Il était une faim, ou le récit d’un conte ordinaire par Intermarché…
Le Mal-Aimé, la publicité d’Intermarché, a rencontré un succès mondial aussi fulgurant qu’inattendu. Comment l’expliquer ? Agence Romance pour Intermarché
Le 6 décembre 2025, les chaînes françaises diffusent une publicité sous la forme d’un conte de Noël relatant l’histoire d’un loup rejeté par les habitants de la forêt. L’animation est accompagnée des paroles de Claude François le Mal-Aimé (1974), et se termine sur le logo de la grande enseigne de distribution française Intermarché avec la signature : « On a tous une bonne raison de commencer à mieux manger. » Le spectateur ne s’y trompe pas : il s’agit bien d’une publicité, doublée d’un discours moralisateur.
Si le format long (2 minutes 30) et le registre émotionnel constituent une formule habituelle de la part d’Intermarché et de son agence partenaire Romance, qui accompagne la marque depuis sept ans, le récit du Mal-Aimé surprend par son parti pris esthétique, alternant des plans en live et une partie animée en 3D, produite par la société montpelliéraine Illogic Studios, un format hybride qui tranche avec les publicités précédentes de l’enseigne.
Intermarché, Le Mal-Aimé.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’agence Romance signe un « conte de Noël » pour Intermarché. En 2017 déjà, elle racontait l’histoire d’un petit garçon qui, avec sa grande sœur, cherchait à sauver Noël en apportant des légumes au Père Noël pour que celui-ci puisse passer par la cheminée, le tout porté la chanson de Henri Salvador, J’ai tant rêvé (2003). L’agence Romance a confié qu’elle devait normalement tourner la suite de ce conte avant de finalement produire à la place le Mal-Aimé.
Intermarché, J’ai tant rêvé.
Un conte Made in France sans IA
Le conte du Mal-Aimé intervient dans un contexte bien particulier, marqué par une augmentation des images générées par l’intelligence artificielle (IA). Dernièrement, c’est Coca-Cola qui a sorti un nouveau film d’animation de Noël entièrement conçu par IA avec le studio américain Secret Level. Ce spot dure une minute et met en scène des animaux et les célèbres camions rouges de la marque pour un voyage à travers le monde. Le spot s’achève sur un père Noël inspiré des illustrations de Haddon Sundblom, figure emblématique de l’histoire de la marque.
« Pour le faire, c’était important de passer par de vrais artistes très talentueux et non pas de faire appel à l’IA donc, c’est vraiment un choix qu’on a fait. »
La logique du Père Noël en publicité
Ce conte auquel le public adhère va à l’encontre des théories qui présentent le public comme crédule et adhérant à tous les messages marketing. Le sociologue français Baudrillard présente la publicité comme une « logique de la fable et de l’adhésion », c’est-à-dire que les spectateurs veulent y croire, et cette acceptation reliée à l’émotion fait le succès de la publicité (au sens large).
Le Loup d’Intermarché (la suite)
En racontant l’histoire d’un loup mal-aimé qui apprend à manger sainement, Intermarché ne vend pas des légumes, mais propose un véritable conte de Noël aux spectateurs. La publicité en tant que « logique de la fable et de l’adhésion » telle qu’explicitée par Baudrillard bat ici son plein. Personne n’y croit vraiment, et pourtant nous y adhérons tous !
Comme l’explique le sociologue :
« C’est toute l’histoire du Père Noël : les enfants non plus ne s’interrogent guère sur son existence et ne procèdent jamais de cette existence aux cadeaux qu’ils reçoivent comme de la cause à l’effet – la croyance au Père Noël est une fabulation rationalisante. »
La publicité fonctionne en effet sur le même schéma : l’adulte accepte de redevenir un enfant à la vision de cette publicité qu’il reçoit comme un cadeau.
@momo.cooking Je reproduis la tarte du loup de la pub @Intermarché . 🐺 Merci pour cette magnifique leçon de vie et la mise en lumière des bons produits et du bien manger. 🥕🍄🟫🥧 COMMENTE RECETTE POUR LA REPRODUIRE CHEZ TOI ! 📃 Recette pâte brisée : 130g de farine 75g de beurre 6g de sucre 2.5g de sel un oeuf GARNITURE : Oignon, poireaux, carottes, champignons de paris #intermarche#publicite#loup#recette♬ Le mal aimé – Claude François
Le spectateur qui regarde le loup carnivore se transformer en loup végétarien pour se faire des amis devient également complice de cette fable. Et pour garder cette émotion intacte, Intermarché ne montre aucune trace de prix ou d’étiquette, relayant le discours commercial au second plan.
En effet, loin de la réalité quotidienne et des soucis économiques traversés par la France, ce conte de Noël se projette autour du vivre-ensemble. Les rires et les sourires parcourent les personnages différents de ce foyer français dans lequel le feu crépite, non loin d’une table autour de laquelle des adultes, dont une maman soucieuse de son fils qui s’ennuie et un oncle célibataire, apprécient les festivités dînatoires.
Quand le loup entre dans la bergerie
Le loup qui est un louvard (un loup adolescent) s’interroge sur son manque d’amis et les controverses qu’il soulève. Par sa personnalité en effet, le loup représente l’instinct sauvage, les pulsions qui guident le canidé à consommer de la viande et à menacer ses futurs amis jusqu’à les tuer, les sacrifier pour ses propres besoins alimentaires.
Tel un serial killer infiltré dans la société qui doit apprendre à devenir végétarien pour être accepté. Bourdieu parlerait de la violence symbolique quand un changement d’identité est requis pour se fondre dans le groupe. Les spectateurs préfèrent y voir un sens de l’adaptation et le refus d’une violence qui pourrait détruire le groupe social et amical.
Mais le loup reste le malheureux anti-héros de l’histoire. Il est vrai que ce premier niveau de lecture sert à propager l’idée que la violence ne peut être admise dans un groupe social et qu’il est important durant ces festivités d’être soudé malgré les tempéraments de chacun et chacune.
L’utilisation du symbole de la restriction de la consommation de viande, sert-elle à déculpabiliser une clientèle qui économiquement ne pourra peut-être pas consommer de viande en ces périodes festives au profit du végétal ? Les motivations d’un changement de culture alimentaire peuvent aussi être écologiques (réduction d’eau, d’utilisation des terres, etc.), éthiques (protection animale…) ou exprimer la recherche d’être en meilleure santé.
Thierry Cotillard, le président du groupement Mousquetaires, qui détient les enseignes Intermarché, a tout de même tenu à clarifier son intention : « C’est pas ça le message. Le message, c’est “on n’exclut personne” […], c’est le vivre-ensemble », et non la promotion du végétarisme. Mais la démarche de l’enseigne est pourtant bien construite autour du « mieux manger », message que l’agence Romance parvient bien à mettre en scène depuis sept ans dans ses publicités.
Avec L’ARCHE : PROTOCOLE NOÉ. En route VERS LA RÉGÉNÉRATION DU VIVANT
Les recettes du loup
L’histoire d’un loup qui se met à mieux manger pour se faire des amis. En hiver, il n’y a pas que les belles histoires pour se réchauffer le cœur. Il y a aussi les bons petits plats. Intermarché propose les Recettes du loup pour une Faim de loup ?
L’hydrogène vert ou décarboné revient régulièrement sur le devant de la scène depuis vingt-cinq ans, drainant un flux régulier de capitaux comme le montre le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie, sorti il y a quelques semaines. Comment expliquer que, depuis aussi longtemps, cette énergie et ses technologies associées peinent à décoller, tout en continuant à susciter des investissements ? On parle d’« innovation éternellement émergente » pour désigner ce phénomène paradoxal propre à la transition.
Éternel challenger, l’hydrogène peine encore à s’imposer. Pour comprendre ce phénomène, il faut considérer de façon plus large l’environnement concurrentiel des applications de ce vecteur énergétique, par exemple l’essor des voitures électriques. Shutterstock
La place de l’hydrogène vert (ou bas carbone) suscite aujourd’hui des controverses plus vives que jamais. Certains ont peur d’une récupération par le secteur des énergies fossiles, qui pourrait être tenté de promouvoir l’hydrogène bleu produit à partir de gaz naturel.
Il faut dire que le passage brutal à l’électrique des taxis parisiens à hydrogène Hype, lancés en 2015 lors de la COP21, envoie un signal hautement symbolique de la forte déstabilisation des acteurs français de l’hydrogène. Les débats autour du potentiel de cette énergie ne sont pas nouveaux : depuis vingt-cinq ans, l’hydrogène suscite un engouement récurrent et des investissements importants, sans pour autant décoller, son adoption demeurant relativement limitée.
Pourquoi Hype abandonne ses taxis hydrogène à Paris ?
Des innovations qui ne trouvent pas leur public, il y en a beaucoup, mais le cas de l’hydrogène est un peu différent. Nous nous sommes penchés sur le sujet pour tenter de résoudre ce paradoxe qui dure depuis les années 2000, à travers une étude longitudinale socioéconomique sur l’hydrogène.
Transition énergétique et compétition entre technologies vertes Le cas de l’hydrogène décarboné dans la mobilité Par Valéry Michaux
Habituellement, les analyses classiques se concentrent sur les caractéristiques de l’innovation en elle-même pour expliquer leur adoption ou non-adoption : dans le cas de l’hydrogène, elles portent sur les technologies liées à la production et la distribution d’hydrogène vert et décarboné, sur leurs caractéristiques (coûts, rendement énergétique, facilité d’utilisation, etc.), sur les effets de réseaux (existence d’infrastructures de production et de stations de rechargement) ou sur les utilisateurs et les consommateurs.
L’originalité de notre recherche qui s’intéresse plus particulièrement à la mobilité, repose sur une autre grille d’analyse : l’approche dite multiniveau, qui resitue les innovations dans un contexte de concurrence avec d’autres technologies répondant aux mêmes besoins, tout en prenant en compte les conséquences des évolutions géopolitiques et sociétales sur les secteurs économiques.
Elle met en outre l’accent sur la façon dont le contexte politique, sociologique et géopolitique est susceptible de créer dans le temps assez de tensions pour déstabiliser les usages des acteurs du secteur.
Les « couleurs » de l’hydrogène, un discours trompeur pour la transition énergétique Installations de vapocraquage utilisées pour produire de l’hydrogène à partir de méthane. BASF, CC BY-NC-ND
Une « innovation perpétuellement émergente »
Nos résultats montrent un phénomène propre à la transition énergétique que nous avons appelé : « innovations perpétuellement émergentes ». Ce phénomène ne peut être compris qu’en tenant compte de trois éléments distincts fortement corrélés.
Tout d’abord, l’analyse d’une innovation verte ne peut faire abstraction des évolutions induites par le contexte géopolitique sur les représentations collectives de ce qu’est la transition énergétique et comment la gérer.
Ensuite, ces évolutions transforment le contexte de concurrence et d’arbitrages entre différentes innovations vertes visant à répondre aux mêmes besoins de décarbonation.
Enfin, il existe des phénomènes de verrouillage sociotechnique autour de certaines innovations vertes qui viennent encore modifier le contexte de ces concurrences intertechnologiques et influencer à leur tour les arbitrages de tous les acteurs du secteur.
L’hydrogène est un très bon exemple de ces technologies perpétuellement émergentes.
Le mythe d’une voiture qui ne rejette que de l’eau
Comment fonctionnent les voitures à hydrogène ?
Reprenons le cours de son histoire. Jérémy Rifkin, prospectiviste américain, publie en 2003 un ouvrage qui va faire le tour du monde, l’Économie hydrogène.
Pour faire face à la diminution des ressources en pétrole, explique-t-il, il faudra développer une économie décentralisée fondée sur la production locale d’énergies renouvelables et le stockage de cette énergie intermittente dans l’hydrogène vert.
La représentation collective qui se construit à l’époque autour de ce gaz vert est marquée par le fait que les véhicules électriques à l’hydrogène ne rejettent que de l’eau et que le produire localement diminuera la dépendance de l’occident aux pays pétroliers. Cette vision s’érige en mythe partout dans le monde à mesure que le problème du changement climatique devient central.
Outre ne rejeter que de l’eau, l’hydrogène vert est aussi neutre en carbone.
Cette vision va influencer le développement de l’hydrogène dans la mobilité, d’abord aux États-Unis puis, à partir du début des années 2010, en Europe. Dès 2015, plusieurs régions en France et en Europe lancent des expérimentations locales autour d’écosystèmes hydrogène dédiés à la production et à la mobilité locale.
Développement de la filière hydrogène : quels usages privilégier ? Quels défis surmonter ? 144 experts (industriels, du conseil, administration ou académie) de l’énergie (20 % de spécialistes en efficacité énergétique ; 25 % en multi-énergie ; 12 % en hydrogène ; 16 % en ENR ; 8 % en mobilité ; 5 % en nucléaire ; 3 % en énergies fossiles ; 11 % autre) ont participé à au baromètre de l’énergie sur l’avenir de la filière hydrogène en France. Baromètre du marché de l’énergie — GEM, CC BY-NC-ND
La concurrence de la voiture électrique
Entre 2015 et 2019, on observe une déstabilisation du moteur thermique dans la mobilité et le renforcement de cette vision de la transition très centrée sur les émissions de gaz à effet de serre et la qualité de l’air dans les villes (notamment à la suite du scandale sanitaire du dieselgate).
Dès 2019-2020, l’UE met en place des normes beaucoup plus strictes et les constructeurs sont forcés de s’adapter. Ils se tournent alors vers la seule technologie mature à l’époque : la voiture électrique à batterie. En effet, si l’hydrogène est évoqué de longue date dans le futur de la mobilité, les véhicules à batterie sont dans la course depuis plus longtemps. La troisième génération de batteries est déjà présente, le réseau de recharges, bien que sommaire, existe. Et le carburant – l’électricité – ne pose aucun problème.
La voiture électrique s’est imposée face à la voiture à hydrogène, car les technologies de batteries étaient plus matures au moment où l’Union européenne a légiféré sur la décarbonation des mobilités. Shutterstock
Face à l’hydrogène qui ne possède aucune infrastructure, les jeux sont faits. Les expérimentations en la matière passent au second plan et les territoires hydrogène prennent du retard. En théorie de l’innovation, ce phénomène est connu sous le nom d’effet de verrouillage, qui se crée autour d’une technologie qui devient dominante.
Parc mondial de voitures électriques dans certaines régions, 2010-2022 Remarques : VEB = véhicule électrique à batterie ; VPH = véhicule hybride rechargeable. Le parc de véhicules électriques présenté dans ce graphique concerne les véhicules légers de tourisme. En « Europe », les pays de l’Union européenne, la Norvège et le Royaume-Uni représentent plus de 95 % du parc de véhicules électriques en 2022 ; ce total inclut également l’Islande, Israël, la Suisse et la Turquie. Les principaux marchés de la catégorie « Autres » comprennent l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, le Mexique, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, la Corée et la Thaïlande. Les données statistiques relatives à Israël sont fournies par les autorités israéliennes compétentes et relèvent de leur responsabilité. L’utilisation de ces données par l’OCDE est sans préjudice du statut du Golan, de Jérusalem-Est et des colonies israéliennes en Cisjordanie au regard du droit international. Source : Analyse de l’AIE basée sur les données communiquées par les pays, ACEA, EAFO, EV Volumes et Marklines.
Entre 2020 et 2022, les experts considèrent toutefois encore l’hydrogène comme une technologie clé dans la mobilité lourde. C’est sans compter sur la vitesse extrêmement rapide des effets de verrouillage. Environ 320 000 camions électriques et 220 modèles étaient en circulation fin 2022 dans le monde : une hausse spectaculaire et totalement inattendue, même par les experts. À titre de comparaison, il n’y avait que 12 modèles de poids lourds hydrogène à pile à combustible disponibles fin 2022 dans le monde.
Le coup de grâce de la guerre en Ukraine
2022 marque aussi le début de la guerre en Ukraine, qui va déclencher une crise énergétique et une flambée de l’inflation qui achèveront de reléguer l’hydrogène au second plan dans la mobilité. Parallèlement, notre vision de la transition évolue beaucoup à cette période. L’énergie devient une ressource précieuse que l’on ne peut plus gaspiller : la philosophie de l’économie circulaire est de plus en plus intégrée.
Or fabriquer de l’hydrogène vert (ou décarboné) à partir d’électricité renouvelable est moins efficace qu’utiliser directement cette électricité, en raison des pertes liées aux rendements de conversion. Face aux limites planétaires, il est impératif de prolonger la durée de vie de nos objets de consommation tout en garantissant leur recyclage complet. Les Allemands saisissent dès 2023 cette opportunité pour imposer une nouvelle vision de l’hydrogène qui permettrait de continuer à utiliser nos bonnes vieilles voitures thermiques.
Carburants de synthèse, biocarburants, kérosène vert… De quoi parle-t-on exactement ?
Lors de la décision finale pour interdire les moteurs thermiques en 2035 à l’échelle européenne, l’Allemagne force les autres pays européens à laisser la porte ouverte : les moteurs thermiques resteront autorisés, à condition d’avoir recours à des e-fuels ou des carburants de synthèse liquides « zéro émission » produits à partir d’hydrogène vert ou décarboné.
Cette décision a pour effet de continuer à déstabiliser la filière hydrogène dans la mobilité car les investisseurs ne savent finalement plus sur quelles technologies hydrogène parier : gaz/pile à combustible ? Liquide/moteur thermique ?
Une solution parmi d’autres
Global Hydrogen Review 2025
Pourtant, cette situation tout à fait originale continue d’expliquer pourquoi partout dans le monde, on maintient un niveau d’investissement dans cette technologie, et pourquoi elle reste perçue comme une solution pour le futur, parmi les autres.
L’hydrogène est un couteau suisse, que l’on peut utiliser pour substituer des matières premières ou des énergies fossiles dans le cadre de nombreux processus industriels, y compris pour fabriquer des fertilisants bas carbone. Le récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie montre une progression sans précédent des investissements dans les e-fuels à base d’hydrogène vert ou décarboné.
Il demeure toutefois en concurrence avec d’autres solutions, avec lesquelles il est comparé en matière de coûts financiers et énergétiques, d’impacts environnementaux et de consommation de ressources. Quelles technologies gagneront cette saine rivalité ? Il n’y a pas de bonne réponse, tout dépendra des cas d’usage.
L’hydrogène, déjà vanté par Jules Verne en 1875, ne pourra être vraiment « vert » que s’il est produit à partir de renouvelables. Le premier enjeu de la révolution de l’hydrogène consiste donc à basculer vers une production non carbonée, et ceci à l’échelle industrielle.
La biodiversité peut-elle devenir un véritable levier de performance pour la ville ? Les Contrats de Performance Biodiversité (CPB), développés par CDC Biodiversité, apportent une réponse concrète à cet enjeu en 6 étapes, avec une solution opérationnelle pour renforcer durablement la biodiversité en milieu urbain, au service des territoires et de leurs usagers.
Le Contrat de Performance Biodiversité (CPB)
Le Contrat de Performance Biodiversité est une offre de services destinée aux propriétaires et/ou gestionnaires d’espaces extérieurs privés comme publics. Il permet de développer la biodiversité et le bien être des usagers
Développé par CDC Biodiversité, le Contrat de Performance Biodiversité (CPB) repose sur une approche globale et de long terme :
des objectifs écologiques et sociaux co-définis, dans un cadre budgétaire maîtrisé ;
un plan d’actions co-construit, déployé sur plusieurs années ;
des indicateurs de suivi pour mesurer l’évolution réelle de la biodiversité ;
une gestion frugale, adaptée aux contextes écologiques locaux ;
et un accompagnement des équipes, via des ateliers de sensibilisation, pour ancrer durablement les bonnes pratiques.
Renaturation, de la contrainte à l’opportunité : désartificialiser pour mieux valoriser son patrimoine
Nos villes ont chaud, elles respirent mal, cherchent de l’ombre, de la fraîcheur et de la vie. Nous avons parfois oublié de les regarder comme des organismes vivants, faits de sol, d’eau, d’arbres et d’espèces avec lesquelles nous devons mieux cohabiter, sous peine de ne plus pouvoir habiter nos propres cités. À la pointe de cette renaturation, la foncière Icade a été la première à signer un contrat de performance biodiversité avec CDC Biodiversité, un engagement fort pour rendre de la place à la nature au cœur de trois grands parcs d’affaires du nord-est parisien.
Mais comment concilier performance économique et reconquête écologique ? Comment renaturer des hectares de sols artificialisés sans perdre de vue les réalités d’une foncière ? Réponse avec Joséphine Brune, responsable transition environnementale à la direction RSE du groupe Icade qui nous emmène à Aubervilliers au parc des portes de Paris pour nous raconter sa métamorphose.
La Journée nationale de la résilience (JNR) est une initiative gouvernementale visant à diffuser, à l’ensemble de la société, une véritable culture de la résilience et de la préparation aux risques. Inscrite dans la loi depuis 2023, elle consacre le principe du citoyen acteur de sa propre sécurité.
Un an après le passage du cyclone Chido, la France a été, une nouvelle fois, éprouvée par des crises de grande ampleur (tempête Garance, épisodes d’inondations intenses, feux de forêt dans l’Aude, événements météorologiques d’une fréquence inédite…).
Faire de la résilience un réflexe citoyen, pour que celui-ci devienne acteur de sa propre sécurité.
Qu’est-ce que la « Journée nationale de la résilience » ?
La Journée nationale de la résilience vise à sensibiliser, informer et acculturer tous les citoyens aux risques qui les environnent, dans une logique d’exercices pratiques. L’objectif est que chacun connaisse les bons comportements à adopter en cas de catastrophe naturelle ou technologique.
L’ambition est de s’informer, de savoir réagir, et de savoir se protéger.
L’adaptation des territoires aux risques naturels accentués par le changement climatique (cyclones, feux de forêt, variabilité des précipitations, …), ainsi qu’au risque de séisme ou d’éruption volcanique est une nécessité qui impose que leurs habitants connaissent mieux ces phénomènes. Par ailleurs, il est également important d’informer les citoyens sur les risques associés aux activités industrielles.
Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes
Portée par le ministère de la transition écologique, le ministère de l’intérieur et le ministère des Outre-mer, cette journée a vocation à se déployer sur l’ensemble du territoire national. Elle vise la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes : employeurs, élus et collectivités territoriales, établissements d’enseignement, opérateurs publics, associations, experts et spécialistes chargés de la prévention et de la gestion des catastrophes, médias et, au-delà, l’ensemble des citoyens.
Connaître les risques près de chez soi
Une cérémonie pour mettre à l’honneur les acteurs de la résilience
Le 19 décembre 2025, à l’Hôtel de Beauvau, le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature ont récompensé les projets les plus remarquables portés dans le cadre de la Journée Nationale de la Résilience (JNR).
Cérémonie nationale des prix de la résilience 19 décembre 2025, à l’Hôtel de Beauvau
Ces prix, nationaux, thématiques et territoriaux, distinguent des actions innovantes portées par des collectivités, des associations, des entreprises, des établissements scolaires, des acteurs du secours, des services de l’État…, qui contribuent à ancrer durablement dans les territoires une culture du risque.
Avec plus de 15 000 actions menées cette année sur l’ensemble du territoire hexagonal et ultramarin, la JNR confirme sa montée en puissance et l’engagement croissant de la société française. Les initiatives sont consultables sur carte-jnr.fr
Renforcer une culture durable de la prévention
La résilience se construit dans le temps long : elle suppose de connaître les risques, de s’y préparer et de s’adapter en tirant les leçons de chaque crise. Dispositif interministériel coordonné par le ministère de l’Intérieur, la JNR incarne la convergence entre l’action publique, la mobilisation associative, l’engagement des entreprises et la participation citoyenne.
2050, le choc hydrique ? Sauf transformation radicale des usages, la majeure partie du territoire français pourrait être sous tension hydrique dès 2050, menaçant à la fois les écosystèmes et nos usages quotidiens (agriculture, industrie, eau potable). La Note d’analyse et le replay de la Webconférence du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan sur les graves tensions à venir sur les écosystèmes et les usages de l’eau.
L’eau en 2050 : comprendre les enjeux pour nos territoires et nos écosystèmes
Dans le prolongement de travaux sur la demande en eau à l’horizon 2050, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan a proposé une webconférence pour présenter les principaux enseignements de ces études et les mettre en débat, en présence d’experts.
Ils identifient, à l’échelle de la France, découpée en quarante bassins versants, les périodes de l’année au cours desquelles des tensions sur la ressource en eau de surface pourraient apparaître, c’est-à-dire lorsque les besoins environnementaux ou la demande humaine en eau ne sont pas satisfaits.
Webconférence « 2050 : le choc hydrique ? »
Au programme :
🔹 Quelles sont les conséquences du changement climatique sur le cycle de l’eau ?
🔹 Comment les écosystèmes sont-ils affectés ?
🔹 Doit-on prévoir une augmentation des tensions entre les différents usages (activités agricoles, activités industrielles, usages domestiques, etc.) ?
🔹 Quels efforts de sobriété s’imposent dès lors ?
En présence notamment de :
✔ Hélène Arambourou, adjointe au directeur du département Environnement au Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan et coordinatrice de la note ; ✔ Florence Habets, hydroclimatologue, directrice de recherche au CNRS et professeure attachée à l’ENS ; ✔ Simon PORCHER, professeur à l’université Paris Dauphine PSL et auteur de l’ouvrage « La fin de l’eau » ? (Fayard, 2024).
Les débats sont animés par Simon FERRIERE, chef de projet au sein du département Environnement au HCSP et co-auteur de la note.
Note d’analyse « L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages »
A propos du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan
Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan contribue à l’action publique par ses analyses et ses propositions. Il éclaire les choix collectifs sur les enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques et culturels, dans un cadre national et européen.
L’année 2025 a été charnière pour consolider les engagements pris en faveur d’un sport plus responsable et durable, en capitalisant sur l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024. Le sport, moteur d’inspiration, doit montrer l’exemple pour protéger la planète et son avenir. Pour accélérer la transition écologique du sport, bilan des actions et priorités du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.
Les moments clés vers un sport sobre et résilient
Renforcer l’écoresponsabilité des acteurs du sport
Parce qu’il touche des millions de pratiquants et passionne le grand public, le sport a un rôle clé pour entraîner la société vers la sobriété énergétique et montrer que performance et responsabilité peuvent aller de pair.
Au centre de plusieurs enjeux et facteurs de développement, le sport et les investissements qui en découlent sont des atouts essentiels pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD). Il s’agit en France comme à l’étranger :
De comprendre les impacts du sport sur les ODD et plus particulièrement sur l’environnement ;
De partager les bonnes pratiques d’écoresponsabilité de l’écosystème sportif ;
D’accompagner les acteurs de l’écosystème sportif pour accélérer leur transition écologique.
Selon les données du service statistique du ministère de la transition énergétique, la consommation énergétique du secteur des activités sportives, récréatives et de loisirs se sont élevées à 11,95TWh en 2019, soit environ 1 % des consommations de toutes les activités économiques. Le chauffage et l’éclairage constituent les deux principaux postes de consommation énergétique dans le sport, pesant respectivement 43 % et 18 %.
Adapter les pratiques sportives au changement climatique
Le plan national d’adaptation des pratiques sportives au changement climatique 2024-2030 liste les effets du changement climatique sur le sport et 30 mesures à mettre en place d’ici 2030.
Un plan national d’adaptation des pratiques sportives au changement climatique
Fruit d’un travail collaboratif avec l’ensemble des acteurs du sport de près de deux ans, ce rapport offre un panorama de l’ensemble des conséquences du changement climatique sur le sport et liste 30 mesures d’adaptation, dont 6 principales. Il s’agit de préparer et permettre une adaptation des pratiques sportives conformément à la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC).
Bilan 2025 des actions Sport & Développement durable
Le ministère se félicite de l’impact de ses programmes éducatifs, notamment le dispositif Savoir Rouler à Vélo, qui a permis de former 260 000 enfants de 6 à 11 ans en 2025. Ce succès est le fruit d’un travail interministériel (Sports, Éducation nationale et Transition écologique), du niveau central aux services déconcentrés, et concerté avec les acteurs du sport.
La transition écologique a structuré les actions politiques et réglementaires.
Le 1er janvier 2025 a marqué l’entrée en vigueur de la Loi Labbé interdisant l’usage des produits phytopharmaceutiques sur les pelouses sportives. Afin d’accompagner la filière vers une trajectoire de réduction de l’usage de ces produits, des usages restent autorisés par l’arrêté du 10 janvier 2025, et une feuille de route vers le 0% de phyto est en cours de finalisation avec les gestionnaires de terrains et les acteurs du sport.
En matière d’adaptation au changement climatique, des avancées majeures ont eu lieu. Le premier COPIL du Plan national d’adaptation des pratiques sportives au changement climatique (PNACC sport)s’est tenu en 2025 pour déterminer les pilotes et enclencher les premières mesures, dont l’étude de vulnérabilité et la conception d’un programme de sensibilisation et de formation des décideurs du sport.
L’accompagnement de la filière dans la réduction de son empreinte carbone a été renforcé. Le site COACH CLIMAT évènements, héritage direct de Paris 2024, a permis d’accompagner 465 évènements en 2025. Parmi ces événements, 357 ont réalisé une estimation de leur empreinte carbone totale et un gain carbone médian de 13% a été enregistré grâce aux actions planifiées.
Pour aider concrètement les organisateurs, une nouvelle boîte à outils « Évènements sportifs écoresponsables »a été publiée, offrant plus de 400 ressources organisées autour de 17 thématiques clés, comme la mobilité et l’inclusion. Ce travail est également le fruit de l’héritage des JOP Paris 2024.
Cet élan collectif se manifeste également par des travaux sur la sobriété hydrique, avec la publication en avril 2025 du Plan de sobriété hydrique des acteurs du tourisme, co-construit avec la DGE, Domaine Skiable de France, la Fédération Française de Golf et l’Union Sport et Cycles.
Les réalisations de 2025 confirment que le sport français est un moteur essentiel de la transition. L’infographie ci-dessous illustre les succès et les orientations qui guideront l’action future, notamment le déploiement du programme « MOB’SPORT» à partir de 2026 et la maintenance d’Optimouv.
Derrière les drapeaux bleu-blanc-rouge et le slogan évoquant le “Made in France” se cache parfois une autre réalité. Le francolavage – ou french washing – désigne les pratiques marketing qui entretiennent la confusion entre création française et fabrication réelle, trompant le consommateur et dévalorisant le travail des entreprises qui produisent vraiment en France. Face à la montée de ces pratiques trompeuses, la Fédération Indépendante du Made in France (FIMIF) et l’application Better Things ont décidé d’unir leurs forces avec un partenariat stratégique pour renforcer la vigilance citoyenne et offrir un dispositif de signalement simple et digital directement intégré à l’application Better Things.
Stop au francolavage et défense du réel « Made in France »
« Une avancée majeure pour la protection des consommateurs et ladéfense du véritable fabriqué en France »
Grâce à ce partenariat, les utilisateurs de Better Things pourront désormais signalersimplement et rapidement les cas suspects de francolavage.
Ces signalements seront automatiquement transmis à la FIMIF, qui poursuivra ses missions de traitement, de vérification et de plaidoyer auprès des instances compétentes.Ce nouveau canal d’alerte s’inscrit dans la volonté commune des deux partenaires d’agirconcrètement contre toute utilisation abusive de l’argument “fabriqué en France”.
« Mettre la technologie auservice de causes d’intérêt général fait partie de notre ADN. Intégrer le dispositif designalement du francolavage dans Better Things, c’est offrir un levier concret àchaque citoyen pour soutenir une consommation plus transparente et responsable. »
Alliance entre expertise institutionnelle et technologie citoyenne
Expertise institutionnelle : la FIMIF
Créée en 2015, la FIMIF est un acteur de référence pour la promotion et la défense duMade in France. Elle œuvre depuis plusieurs années à dénoncer le francolavage, notamment à travers une étude de référence publiée en 2021, et a mis en place un canald’alerte vers la DGCCRF pour permettre aux citoyens de signaler les dérives constatées sur le terrain.
« Mettre la technologie au service de causes d’intérêt généralfait partie de notre ADN.»
Technologie citoyenne : Better Things
De son côté, Better Things, lancée en 2025 par Stéphane Devulder, est une applicationmobile qui permet, en un scan, d’identifier le pays d’origine d’un produit nonalimentaire, de comprendre le contexte social et environnemental du pays concerné, et d’interpeller anonymement les marques pour encourager la transparence.
Son objectif : rendre visible une information souvent introuvable en magasin et donneraux consommateurs un levier d’action simple et concret.
Cette alliance illustre la complémentarité entre un acteur de terrain reconnu et unetechnologie citoyenne engagée pour la transparence.
La mise en service du dispositif “Alerte francolavage”, remonte au 8 novembre 2025, lors de la signature publique du partenariat sur le stand FIMIF au Salon du Made inFrance (Paris Expo – Porte de Versailles).
Better Things, une application pour agir et consommer responsable
Et si un simple scan suffisait à :
Identifier l’origine d’un produit non-alimentaire
Découvrir le contexte écologique et social du pays d’origine
Faire entendre votre voix directement auprès des marques ?
C’est ce que propose Better Things, l’application indépendante française, disponible sur Android et iOS. Un projet 100 % citoyen, sans culpabilisation, mais avec un objectif clair :
Redonner du pouvoir aux consommateurs face aux grandes marques.
Informer pour changer
Cette application est un outil d’information et surtout d’actionpour construire la consommation responsable de demain. C’est aussi un accélérateur pour améliorer la transparence sur l’origine des produits.
Via l’application Better Things, vous faites entendre votre voix auprès des marques. Vous pouvez aussi proposer des alternatives plus responsables.
S’informer
Agir
Changer
Ensemble, construisons une consommation qui respecte davantage notre planète.
L’utiliser c’est déjà agir
Comment cela fonctionne ? Chez vous ou en magasin, transformez vos habitudes en 3 étapes.
Identifier : Scannez un code-barres pour ajouter ou évaluer un produit.
Évaluer : Consultez le Better Score pour comprendre le contexte écologique et social dans le pays d’origine.
S’exprimer : Partagez votre avis avec les marques. Votre voix porte !
Le sujet de Better Things est en priorité le non-alimentaire. Il reste tellement à faire pour développer le « consommer local ».
Plus nous sommes nombreux à nous exprimer, plus nous renforçons le mouvement pour une consommation plus durable et responsable.
74% des Français•es ne veulent plus des partis à la tête des communes, selon un sondage Ifop1.Alors que la démocratie représentative traverse une crise de confiance profonde, plus de 60 communes en France ont choisi une autre voie depuis les élections municipales de 2020 : celle d’une démocratie locale vivante, partagée et transformatrice. Le rapport « Prendre le pouvoir pour le partager », porté par la coopérative Fréquence Commune, documente cette aventure collective et inédite, marquée par la montée en puissance d’une alternative politique locale fondée sur une démocratie plus directe et délibérative, bien au-delà de la simple participation citoyenne.
Quels résultats pour les Listes Citoyennes et Participatives aux Municipales 2026 ?
159 communes remportées : deux fois plus de listes citoyennes gagnantes par rapport à 2020 !
L’issue du second tour des élections municipales 2026 marque une étape de consolidation pour les listes citoyennes et participatives (LCP). Avec 159 listes citoyennes et participatives élues en France (contre 66 en 2020, soit plus de deux fois plus), ces démarches confirment leur capacité à s’installer durablement dans le paysage politique français.
Ces 2 640 élus majoritaires bénéficient d’une légitimité forte, illustrée par un taux de participation de 64,5 % dans les communes où les listes citoyennes et participatives l’ont emporté.
Les enjeux de la transformation politique et démocratique sont énormes dans un contexte qui s’illustre par une violence sociale et politique, un environnement médiatique et politique qui s’organise autour des idées portées par la droite et l’extrême droite, la peur, une vie politique qui favorise les partis politiques, l’élitisme, parfois le clientélisme, qui disqualifie l’écologie et les femmes, et qui ne condamne pas encore assez le racisme et les discriminations. Il s’agit d’une bataille culturelle profonde qui se joue dans le temps long. Malgré ces vents contraires, près de 159 communes participatives sont élues en mars 2026, c’est plus du double par rapport à 2020 et cela est en partie lié à l’héritage des communes pionnières élues en 2020.
Ces victoires ne sont plus des exceptions, mais le signe d’une transformation de fond qui s’incarne à travers une nouveau paysage municipal de villages et des villes participatives à découvrir parmi lesquelles : Vaour, Le Bourget-du-Lac, Plessé, La Montagne, Saint-André-lez-Lille, Crest, Plaisance-du-Touch, Penne, La Roche-sur-Foron, Castanet Tolosan, Notre-Dame-des-Landes, etc.
Municipales 2026 : 74% des Français•es ne veulent plus des partis à la tête des communes
À un peu plus de deux mois du scrutin municipal, un sondage Ifop1 réalisé pour Fréquence Commune met en lumière une aspiration nette et majoritaire des Français à un profond renouvellement de la démocratie locale. Quatre enseignements majeurs se dégagent.
Des citoyens sans étiquette partisane plébiscités pour gérer la commune
Lorsqu’ils sont interrogés sur les profils jugés les plus aptes à gérer leur commune et à répondre aux besoins locaux, les Français expriment une préférence claire :
74 % estiment que les élus municipaux devraient être issus de la société civile et non membres d’un parti politique.
2/3 des Français•es souhaitent une liste citoyenne et participative dans sa commune en 2026
Cette aspiration au renouvellement se traduit très concrètement dans le regard porté sur les élections municipales à venir.
66 % des Français souhaitent qu’une liste citoyenne et participative se présente dans leur commune en 2026, soit plus de 30 millions de personnes à l’échelle nationale.
La préférence des candidats potentiels pour les listes citoyennes et participatives
Lorsqu’il s’agit de s’engager personnellement, la dynamique est encore plus nette. Parmi les Français qui envisagent de se présenter aux élections municipales, les 3/4 (75 %) déclarent qu’ils le feraient dans une liste citoyenne et participative, plutôt que sur une liste portée par un parti politique.
Les Français·es veulent tourner la page d’un fonctionnement municipal trop vertical
Au-delà des profils et des listes, le sondage révèle également une remise en question profonde du modèle représentatif traditionnel à l’échelle municipale. Près de 3/4 des Français (74 %) estiment que le fonctionnement actuel de la démocratie locale n’est plus satisfaisant et souhaitent une implication beaucoup plus forte des citoyennes et citoyens dans les décisions municipales.
La vague des nouvelles listes citoyennes est lancée
Ce sondage confirme une aspiration profonde : les Français veulent reprendre la main sur leurs communes. Ils souhaitent des élus issus de la société civile, une politique locale et une gouvernance plus ouverte, plus partagée et tournée vers les sujets concrets. C’est exactement la vocation des listes citoyennes participatives.
Fréquence Commune a déjà inventorié 470 listes citoyennes participatives pour les municipales de 2026 et anticipe d’en compter près de 1 000 d’ici le 15 mars 2026. Le mouvement continue, partout en France, la relève est là pour assurer un nouveau mandat et pousser toujours plus loin la démocratie locale.
Expériences et apprentissages des communes participatives 2020-2026
Fruit de plus d’un an d’enquête de terrain, plus de 100 entretiens individuels et d’une immersion dans la réalité de 21 communes participatives, ce rapport de 290 pages donne à voir les pratiques, les défis et les apprentissages de celles et ceux qui, à l’échelle municipale, ont tenté de faire de la politique autrement.
Ce rapport propose une analyse dense de 21 communes (grandes et petites) qui ont tenté, parfois avec audace, de réinventer l’action publique locale. Assemblées citoyennes décisionnaires, conseils municipaux élargis à des non-élu.e.s, réorganisations internes plus horizontales, décisions collectives sur la fiscalité locale, l’aménagement urbain ou encore la sécurité alimentaire : autant d’expérimentations concrètes, parfois radicales, dont ce rapport tire les enseignements – sans occulter les échecs, les limites ni les tensions rencontrées.
Ce rapport est écrit par Élisabeth Dau, spécialiste des dynamiques démocratiques locales et du municipalisme depuis 15 ans, Léa Legras et Cléa Fache, toutes deux chargées d’étude au sein de la coopérative Fréquence Commune. Ces dernières ont co-fondé le projet Climate Change – Commons and Radical Democracy in Europe, un tour d’Europe de 4 mois pour aller à la rencontre d’acteur·rices sur la démocratie locale et les communs.
Réparer la démocratie depuis les territoires
Ces communes – de Vaour (328 habitant.e.s dans le Tarn) à Poitiers (90 240 habitant.e.s dans la Vienne) – ont transformé leurs institutions : gouvernance partagée, implication directe des habitant·es, expérimentations démocratiques ambitieuses, redistribution du pouvoir jusque dans les services municipaux. Elles se confrontent aussi aux limites du cadre légal, aux tensions politiques et aux défis d’une intercommunalité souvent opaque.
La démocratie locale réinventée par les communes participatives
Pourquoi lancer une liste citoyenne et participative ? Pour prendre le pouvoir et le partager !
Cartographie des communes et des collectifs participatifs
Des territoires en résistance et qui prennent soin
Dans un contexte de montée de l’extrême droite, de précarité accrue et de violences politiques, ces communes s’affirment comme des digues démocratiques. Elles réinventent le rôle des élu·es, « féministisent » et « dépatriarcalisent » la vie politique, défendent les libertés associatives et posent les bases de villes et villages-refuges.
25 fiches pour inspirer les dynamiques collectives, pour promouvoir la démocratie locale
Mettre en œuvre la parité sociale en politique
L’idée centrale de la parité sociale, c’est simplement représenter la société telle qu’elle est
Le principe est simple : une démocratie représentative fonctionne mieux quand les personnes qui décident ressemblent à celles qu’elles représentent. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas : les classes supérieures occupent l’essentiel des positions politiques. Lors des municipales par exemple, les catégories populaires ne représentent que 21% des élu•es3, ce qui est deux fois moins que leur part dans la population ! A l’image de la parité femmes-hommes, la parité sociale propose des méthodes concrètes (recrutement, composition de liste, etc.) pour corriger cet écart. Objectif : une politique plus juste, plus efficace et plus crédible.
La parité sociale est un enjeu central pour les municipales à venir. Les listes citoyennes participatives (LCP) offrent une opportunité unique : remettre les habitant·es au centre de la politique locale, en valorisant la diversité des expériences et des parcours. L’absence de parité sociale dans les instances décisionnelles renforce les écarts et éloigne les citoyen•nes de la politique, tandis qu’une représentation plus équilibrée favorise la justice démocratique et la confiance collective, et tout particulièrement à l’échelle communale.
Cette notion de parité sociale peut faire émerger des émotions fortes — confrontation, sentiment d’injustice, culpabilité, réactions défensives ou malaise. L’objectif n’est pas de juger ni, d’assigner des rôles, mais de prendre conscience, pour soi et autrui, de l’effet des privilèges et des obstacles structurels vécus par certaines tranches de personnes. Elle doit donc être abordée avec soin.
Féministiser la politique : une autre manière d’exercer le pouvoir
Le rapport met en lumière une ambition forte portée par de nombreuses communes participatives : féministiser la politique. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter la présence des femmes en politique, mais de transformer en profondeur les pratiques du pouvoir.
Coopération, horizontalité, soin des individus et du collectif : ces principes, inspirés des luttes féministes, guident une nouvelle manière de gouverner. En intégrant les personnes minorisées, en prenant en compte les inégalités systémiques et en valorisant des formes d’organisation non patriarcales, ces communes expérimentent une démocratie plus inclusive, plus juste et profondément transformatrice.
Reprendre la main sur les ressources locales
Face aux urgences sociales, écologiques et économiques, les communes participatives ont aussi entrepris de se réapproprier les ressources de leurs territoires : eau, alimentation, terres agricoles, énergie, forêts ou patrimoine local.
Leur objectif : absorber les chocs, garantir un accès équitable, développer une économie locale et solidaire, et renforcer l’autonomie collective.
Ces initiatives s’accompagnent de pratiques démocratiques innovantes, pour politiser les arbitrages nécessaires en temps de restrictions budgétaires.
Plutôt que de décider seul.e.s dans l’urgence, les élu·es impliquent les habitant·es dans les choix cruciaux pour préserver les services publics et construire des communs durables.
Le guide « La mairie est à VOUS » contient l’ensemble des fiches outils développées par le réseau Actions Communes, pour inspirer les dynamiques collectives et pour promouvoir la démocratie locale. C’est un outil à destination des listes citoyennes et participatives, en vue des élections municipales 2026.
Ces politiques locales ouvrent des voies concrètes vers des territoires plus justes, résilients et souverains.
Un souffle pour 2026
Ce rapport n’est ni un manuel, ni une évaluation. C’est une invitation à apprendre, s’inspirer, se relier. Dans une période où nous glissons tous les jours un peu plus dans une nuit démocratique, il montre que d’autres voies sont possibles.
Tous·tes ces élu·es, ces agent·es et ces habitant·es témoignent combien le mandat des communes participatives a été un remède à l’impuissance et à la résignation.
déjà 300 listes citoyennes constituées en prévision des prochaines élections municipales. La scic Fréquence commune vous accompagne pour créer la vôtre !
Loin d’être réservée aux grandes villes, cette capacité d’expérimentation et de réinvention humble et joyeuse, depuis les territoires, trace des pistes concrètes pour redonner de l’espoir à la démocratie locale. Un potentiel plein de promesses pour les futures mairies de 2026.
Rapport complet « Prendre le pouvoir pour le partager »
Le Collectif pour une Transition Citoyenne (CTC), qui fédère plus de 60 partenaires majeurs (dont ATTAC, Oxfam, la Fondation pour le Logement des Défavorisés, Alternatiba, le Mouvement Colibris, France Nature Environnement, Enercoop, Artisans du Monde), a lancé Mairie-Me, une plateforme simple, indépendante et apartisane, qui permet à chaque Français·e d’exprimer ses priorités locales à l’approche des élections municipales.
Concrètement, chaque habitant·e peut répondre en ligne à 5-10 questions sur son idéal concernant la démocratie locale, le transport, l’alimentation etc. Les contributions seront agrégées et anonymisées. Elles seront transmises aux collectifs locaux, qui s’en serviront pour construire leur « Pacte citoyen« , texte permettant d’interpeller directement les candidat·es et de les inviter à intégrer des mesures de justice sociale et écologique dans leur programme.
(Re)faire commune : 12 engagements pour soutenir le tissu associatif local et répondre aux besoins des territoires
Les 15 et 22 mars 2026 auront lieu les élections municipales. Alors que les associations se sont très largement mobilisées le 11 octobre pour dire que « Ca ne tient plus« , les élections municipales seront l’occasion de mobiliser les acteurs locaux autour des enjeux de la vie associative.
Le Mouvement associatif a travaillé autour de 12 engagements afin de soutenir le tissu associatif local et répondre aux besoins des territoires. Ces propositions se regroupent en 4 thématiques : engagement, financement, coopération et accompagnement.
Pour développer les énergies renouvelables, la FNCCR publie, avec EY Société d’Avocats et AEC Énergie & Climat, un guide de référence consacré aux PPA (Power Purchase Agreement) publics : « La conclusion de contrats de vente directe d’énergie renouvelable par les personnes publiques ».
Le paysage énergétique français s’est profondément recomposé en quelques années. Volatilité des marchés, crise sanitaire, guerre en Ukraine, tensions sur les prix du gaz et de l’électricité : ces chocs successifs ont mis sous pression les budgets publics et réduit les marges de manœuvre des collectivités.
Dans ce contexte exigeant, la transition énergétique n’est plus une ambition lointaine : elle s’affirme comme une nécessité stratégique, portée par des objectifs européens et nationaux de décarbonation, mais aussi par une attente citoyenne forte.
Les contrats d’achat direct d’électricité renouvelable s’inscrivent pleinement dans cette nouvelle donne. Ils ouvrent la voie à une énergie plus locale, plus maîtrisée, plus prévisible. En créant un lien direct entre producteurs et acheteurs publics, ils sécurisent l’investissement, renforcent l’acceptabilité territoriale et permettent aux collectivités de reprendre la main sur leur trajectoire énergétique, tant sur le plan économique qu’environnemental.
La loi APER a introduit la possibilité pour les personnes publiques de conclure des contrats de vente directe d’électricité renouvelable en droit français. Cette évolution vise à favoriser la décarbonation et à sécuriser l’approvisionnement en énergie verte des collectivités et établissements publics.
La loi APER1 pour l’accélération de la production d’énergies renouvelables a marqué une première avancée majeure en reconnaissant explicitement la capacité des acteurs publics à recourir à ces contrats. Mais des zones d’incertitude subsistent encore, freinant le déploiement massif des PPA (Power Purchase Agreement). C’est précisément pour lever ces obstacles que ce guide opérationnel est un outil pédagogique conçu pour accompagner les personnes publiques dans la conclusion de ces contrats et ainsi réduire l’incertitude qui, trop souvent, paralyse les projets.
La dynamique collective qui réunit les différents acteurs (collectivités, producteurs, fournisseurs, agrégateurs et institutionnels) traduit une conviction partagée : les PPA2 publics ne sont pas qu’une technique contractuelle. Ils sont des instruments de souveraineté énergétique locale, de résilience budgétaire et d’accélération de la transition.
Loi n°2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables ↩︎
Intensification agricole, artificialisation des sols et dérèglement climatique : autant de facteurs qui concourent à la dégradation des sols en France. Une dynamique qu’il faut absolument enrayer. Fermes d’Avenir, avec le soutien du programme « Transition en commun » de Radio France et France TV, lance sa première campagne grand public pour défendre la santé des sols et promouvoir l’agroécologie.
Développer un modèle agricole qui respecte les sols
En France, 73% des sols cultivés sont d’ores et déjà dégradés, et 90% pourraient l’être d’ici à 2050 selon la FAO.
Alerter sur ce risque et informer sur les solutions : c’est l’un des objectifs de l’association Fermes d’Avenir. Depuis 2013, elle accompagne les agriculteurs dans la transition vers l’agroécologie, qui restaure la fertilité des sols et protège les écosystèmes.
Un film engagé avec le réalisateur Mickaël Denis
“Les crises agricoles se succèdent, mais la question centrale n’est jamais réglée : Comment mieux rémunérer ceux qui nous nourrissent ? J’en ai eu marre d’entendre toujours les mêmes parler pour les agriculteurs. J’ai donc décidé de faire un tour de France pour leur donner directement la parole.”
Mickaël Denis
Du 17 au 31 décembre 2025, un spot télévisé sera diffusé gracieusement sur France 2, France 3 et France 5, complété par une campagne radio sur France Inter, France Info et le réseau ICI du 24 au 31 décembre, puis une seconde vague du 21 février au 1er mars 2026 sur les ondes de Radio France. Ces diffusions s’inscrivent dans “Transition en commun”, dispositif par lequel France TV et Radio France mettent leurs espaces publicitaires à disposition d’acteurs engagés pour la transition écologique.
Bande annonce du documentaire Leurs Champs du Cœur, réalisé par Mickaël Denis et distribué par Mimiozart. Le documentaire est accessible en VOD sur Vimeo !
Réalisé à partir d’images du documentaire “Leurs Champs du Cœur”, de Mickaël Denis, le spot met en lumière des agriculteurs qui incarnent l’agriculture de demain. Sorti en 2025 et tourné notamment au sein de fermes du réseau de Fermes d’Avenir, ce documentaire rappelle que les agriculteurs ne peuvent pas supporter seuls les coûts de la transition agroécologique et doivent être mieux rémunérés pour le rôle qu’ils jouent dans la préservation de nos biens communs (sols, eau, biodiversité…).
Comment assurer une production alimentaire de qualité, rémunératrice pour ceux qui la produisent et accessible au plus grand nombre ? C’est cette question insoluble qui sert de point de départ à un tour de France de 15 agriculteurs qui nous parlent de leurs galères, des solutions possibles, de la beauté du métier aussi. A cœurs ouverts, ils nous livrent des témoignages sincères, touchants, qui donnent envie de se mettre en mouvement pour, collectivement, améliorer notre manière de nous nourrir.
10% des recettes seront reversés à l’association Solidarité Paysans
L’agroécologie, une solution au changement climatique ? Viticulture & Climat
Avec Alain Canet, Marceau Bourdarias, Hervé Coves, Konrad Schreiber et Serge Zaka, retour sur l’événement « Viticulture et Climat » qui a eu lieu finnovembre 2025, à la Cave de Lugny, à l’initiative de « Viticulture & Climat : agir durablement en Bourgogne », deux journées consacrées à l’avenir du vignoble face aux défis climatiques.
Contrairement à l’agriculture biologique, l’agroécologie n’est définie par aucun cahier des charges et nombre d’acteurs sont perdus dans la complexité des définitions, des référentiels et des orientations sur la transition agroécologique. En 2019, Fermes d’Avenir a imaginé différents outils autour d’un visuel pédagogique, appelé la Fleur de l’Agroécologie, afin de proposer une définition plus structurée et mieux illustrer la vision portée par l’association.
La Fleur de l’Agroécologie
La Fleur représente, au travers de ses pétales, 12 défis agroécologiques essentiels auxquels l’agriculture et l’alimentation doivent répondre, et qui sont répartis en 3 approches. Chez Fermes d’Avenir, nous entendons par « agroécologique », tout modèle de ferme ou de système alimentaire territorial qui permet à la fois de répondre aux défis sociaux, économiques et environnementaux liés à l’alimentation et l’agriculture.
La Fleur de l’Agroécologie est protégée sous une licence Creative Commons. Possibilité de la réutiliser en respectant les conditions spécifiques de cette licence, en particulier en citant Fermes d’Avenir.
Approche économique
Viabilité économique : Ferme qui permet de générer une rémunération décente pour les agriculteurs, et de maintenir le niveau d’investissement nécessaire pour pérenniser l’activité.
Conditions de travail : Ferme qui limite la pénibilité physique et mentale, permet de maîtriser le temps de travail et d’introduire des jours de repos pour l’agriculteur.
Résilience : Ferme résistante aux aléas économiques, naturels, sanitaires et politique.
Autonomie : Ferme qui équilibre son autonomie et sa dépendance vis-à-vis des ressources extérieures pour assure la production.
Approche sociale
Sécurité alimentaire : Ferme qui produit suffisamment pour nourrir sa communauté, tant en quantité, qualité et diversité, avec des prix de vente accessibles à tous.
Santé publique : Ferme qui préserve la santé de ses travailleurs, de ses consommateurs, et de ses riverains. Pour une ferme en élevage, la ferme garantit le bien-être animal.
Goût et terroir : Ferme qui valorise les savoir-faire gastronomiques, qui préserve les variétés ou espèces anciennes et qui prend soin de son terroir.
Connexion au territoire : Ferme qui nourrit des liens avec les acteurs de son territoire et qui reconnecte les citoyens à leur alimentation.
Approche environnementale
Biodiversité : Ferme qui préserve, voire régénère son capital biodiversité dans les surfaces exploitées mais aussi dans tout l’écosystème de sa ferme.
Fertilité des sols : Ferme qui préserve, voire régénère la fertilité endogène à long terme de ses sols.
Climat et Énergie : Ferme qui tend vers un bilan carbone positif, conjugué à une réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d’énergie, pour lutter contre le réchauffement climatique.
Ressources naturelles : Ferme sobre dans l’usage des ressources naturelles non renouvelables et qui préserve la qualité des biens communs.
La Fleur de l’Agroécologie permet d’expliquer 3 messages clefs de notre vision :
1 – L’agroécologie est une approche globale
2 – L’agroécologie doit se focaliser sur les caps et l’atteinte de résultats plutôt que sur les pratiques
3 – La ferme « parfaite » n’existe vraisemblablement pas, l’agroécologie implique équilibres et compromis
Pour plus d’explications, n’hésitez pas à regarder la vidéo explicative ci-dessous :
Vous pouvez vous situer sur les différents défis et créer votre propre Fleur de l’Agroécologiegrâce à un formulaire interactif. Vous pouvez également télécharger le référentiel complet (80 pages) et la synthèse (25 diapositives).
Télécharger les outils liés à la fleur de l’agroécologie
Alors que le secrétaire général à la planification écologique (SGPE) poursuit sa tournée dans le cadre de la saison 2 des COPs régionales, The Shift Project attire l’attention sur un enjeu crucial : celui des risques de conflits d’usage locaux pour des ressources nécessaires à la transition : eau, sol, biomasse et énergies. Dans ce nouveau rapport, le groupe de réflexion propose de concilier décarbonation et spécificités territoriales en adoptant le prisme des ressources locales dans l’exercice de la planification écologique.
Se passer des énergies fossiles tout en répondant aux besoins énergétiques de la France mobilisera de l’électricité, des biocarburants, du biométhane ou encore des biocombustibles dont la production nécessite de grandes quantités d’eau, de sols, de bois et de biomasse agricole. En plus d’être limitées, ces ressources sont inégalement réparties sur le territoire, déjà allouées à d’autres usages non énergétiques et menacées par le changement climatique.
Reprendre notre destin énergétique et climatique en main revient donc à relocaliser les risques peu maîtrisables d’un système fondé sur les énergies fossiles vers un système plus contraint mais plus maîtrisable fondé sur les ressources dont nous disposons. Les territoires ont donc un rôle crucial à jouer pour décider de l’allocation de ces ressources et assurer leur pérennité.
Cascade de la décarbonation par les ressources locales
Les risques de conflits d’usage sur les ressources locales vont s’accroître entre secteurs, au sein d’un territoire ou entre territoires :
sur l’électricité : en combinant les effets de l’électrification (mobilité, fret, industrie) et ceux de la réindustrialisation, le cumul des nouveaux besoins en électricité pourraient atteindre jusqu’à 22,3 TWh en Seine Maritime, soit l’équivalent de la production de près de deux nouveaux EPR.
sur le bois-énergie : la hausse prévue des usages énergétiques du bois (+ 28 % dès 2030 par rapport à 2020) devrait accentuer la concurrence avec son usage industriel, et renforcer la dépendance de certains territoires à une ressource dont ils disposent relativement peu.
sur la biomasse agricole : produire localement la biomasse agricole nécessaire pour atteindre le plafond réglementaire d’incorporation de carburants conventionnels impliquerait de mobiliser l’équivalent de 7 % supplémentaire de la surface agricole utilisée (SAU) nationale, entrant de facto en concurrence avec la production alimentaire.
Face à la double contrainte carbone qui s’impose à elle – raréfaction progressive des énergies fossiles d’une part, intensification des effets du changement climatique d’autre part – la France et ses territoires n’ont pas d’autres alternatives que d’engager une transformation profonde des modèles énergétiques, économiques et d’aménagement du pays.
Pour réduire ces conflits d’usages, deux choix sont possibles : augmenter la disponibilité ou contenir la hausse de la demande.
Le premier choix repose soit sur l’augmentation de la production, ce qui accroît dangereusement la pression sur les infrastructures notamment sur les réseaux électriques, soit sur l’augmentation des importations, ce qui maintient notre dépendance à des pays étrangers, nous exposant à des risques d’approvisionnement.
Le second choix repose sur l’application de leviers de sobriété et d’efficacité qui apparaissent comme plus maîtrisables et/ou mobilisables à plus court terme.
La double contrainte carbone, un enjeu commun, mais de fortes disparités. Les émissions territoriales de gaz à effet de serre sont, avec les dépendances aux énergies fossiles, les deux faces d’une même pièce qui traduit des morphologies économiques, démographiques ou spatiales différenciées selon les territoires.
Si la dépendance aux énergies fossiles est commune à l’ensemble des territoires, elle se traduit néanmoins par d’importantes disparités en fonction des spécificités locales (topographie, démographie, spécialisation économique, etc). Les territoires n’ont donc pas les mêmes leviers pour se sevrer des fossiles.
Par exemple, pour la mobilité quotidienne, certains territoires pourront plus facilement développer le report modal de la voiture individuelle thermique vers les transports en commun ou les mobilités actives, tandis que d’autres devront maintenir une part plus importante de voiture individuelle et s’appuyer davantage sur leur électrification.
Contenir les conflits d’usage locaux suppose donc l’application des leviers de façon différenciée en fonction des spécificités territoriales. Si l’activation des leviers de décarbonation ou de réduction des conflits d’usage relève de choix maîtrisables, les impacts du changement climatique, eux, ne le sont pas.
Dans un monde désormais en dérive climatique, planifier exige d’intégrer des marges de sécurité et d’adapter en continu nos prévisions, nos infrastructures et nos stratégies d’action.
Hausse des émissions de CO2 et la température annuelles au niveau mondial. A gauche : Hausse des émissions annuelles de CO2. Source : Global Carbon Project 2024, traduction par The Shift Project A droite : Hausse de la température annuelle mondiale à la surface de la Terre, par rapport à l’époque préindustrielle. Source : Global Climate Highlight 2024, Copernicus, traduction par The Shift Project
Les recommandations du Shift Project pour Planifier la décarbonation par les ressources locales
Fixer un cadre propice à une planification par les ressources locales, en explicitant le rôle double des territoires dans la mise en œuvre des leviers de décarbonation et dans la mobilisation des ressources locales clés, tout en prenant en compte les capacités différenciées des territoires du fait de leurs spécificités.
Mettre en place une planification par les ressources locales, à toutes les échelles, en pensant le plan de décarbonation de l’économie française de façon matricielle, avec non seulement un découpage sectoriel des leviers, mais aussi avec de grandes orientations territoriales de leur application.
Mesurer pour anticiper, en s’appuyant sur davantage de données territoriales, en étendant la couverture des données publiques territorialisées aux secteurs encore sous-documentés et en intégrant la question des flux de ressources entre territoires.
Ancrer la culture de la planification par les ressources locales en caractérisant systématiquement la dimension territoriale des leviers de décarbonation, et en formant élus, agents de l’Etat et agents territoriaux à la planification par les ressources locales
La Souveraineté par la décarbonation : Voie nécessaire pour la France et l’Europe
Parce que l’énergie est indispensable à notre économie, The Shift Project a souhaité mettre en lumière l’exposition de la France au risque énergétique. Après une première publication en avril 2025, les équipes de recherche ont poursuivi leur travail inédit de cartographie et de quantification des flux énergétiques de la France de 1995 à 2022.
Le diagnostic est sans appel : nos modes de vies et le fonctionnement de nos entreprises dépendent toujours à plus de 70 % des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), part qui n’a pas baissé depuis 1995. Dans un contexte marqué par l’épuisement progressif de sources de pétrole et de gaz critiques pour l’Europe, et par le retour de fortes tensions géopolitiques, la dépendance à des pays fournisseurs extérieurs à l’Europe met à risque nos économies. La décarbonation n’est plus seulement une nécessité climatique, elle est une condition indispensable à notre souveraineté.
Le « Made in France » est à la croisée des chemins. Pendant des décennies, produire français était un acte de résistance, pour s’opposer à la désindustrialisation, freiner la perte de savoir-faire séculaire et refuser la baisse de qualité inhérente à une production mondialisée, standardisée, à bas prix. Pour Jérémy Dumont, fondateur de Nous sommes Vivants, le collectif de la Transition écologique, aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de résister, mais de produire en France pour régénérer la France. La mission devient réparer son économie, sa société et son environnement en fonction de la singularité et du potentiel de chaque territoire.
Bienvenu dans l’ère du Made in France Régénératif
La régénération est un chemin. La régénération c’est la capacité du vivant à atteindre sa pleine capacité dans son milieu de vie. Après une phase de conformité et de réduction des impacts négatifs les entreprises sont en croissance en triple impacts : économique, environnementale et sociale. Elle contribuent de part leur activité à la prospérité des territoires.
4 pistes sont explorées pour que les entreprises Françaises implantées sur leurs territoires visent la régénération :
1️⃣ Agroécologie, Sols & Forêts. Ce secteur est au cœur de la restauration du patrimoine naturel français (sols, forêts, eau).
2️⃣ Mode, Textile & Artisanat. Ce secteur est essentiel pour la restauration du patrimoine culturel et l’évitement de l’obsolescence.
3️⃣ Industrie, Réparation & Mobilité. Ce secteur transmet des savoir-faire et allonge le cycle de vie des objets pour réduire la pression sur les écosystèmes.
4️⃣ Services, Finance & Social. Ce secteur est essentiel pour réparer le vivant et le tissu social (lien, transmission, financement éthique).
Jérémy Dumont, fondateur de Nous sommes Vivants, le collectif de la Transition écologique
Le Made in France « Classique » respectait des normes élevées pour réduire ses impacts. La démarche Made in France Régénératif est une démarche de Contribution Positive Nette en triple impact. L’entreprise ne se demande plus seulement comment réduire son empreinte carbone, mais elle pose une question existentielle : « Est-ce que la France va mieux parce que notre usine existe ? ».
Dans ce paradigme, l’activité industrielle doit devenir un outil pour restaurer les sols, revitaliser la biodiversité, purifier l’eau etcontribuer positivement au tissu social local. La proximité géographique est la condition sine qua non de la régénération. Le Made in France devient un levier d’impacts dont les contributions doivent être valorisées sur les produits pour engager les consommateurs finaux dans une démarche vertueuse.
Le principe du « Triple impact gagnant »
Comment opérer cette bascule conceptuelle et opérationnelle ? La réponse réside dans l’abandon de l’arbitrage économique contre social ou environnemental, propre au développement durable, pour celle de la synergieet de l’intégration écosystémique des impacts.
Dans le modèle régénératif, une décision n’est validée que si elle sert simultanément les trois piliers : la Nature, l’Humain, et l’Économie. Il ne s’agit plus de répartir la valeur, mais de la créer par l’interaction de ces trois dimensions.
Prenons l’exemple du sourcing des matières premières :
Gain Économique (La Résilience) : En maîtrisant sa chaîne d’approvisionnement locale, l’entreprise se protège des fluctuations des cours mondiaux. Elle vend un produit à haute valeur ajoutée, faisant de l’écologie un facteur de résilience économique.
Gain Environnemental (La Nature) : Ces plantes (lin, chanvre) nécessitent peu d’eau, aucun pesticide et, grâce à leurs racines profondes, structurent et aèrent les sols, stockant du carbone. La culture régénère la terre.
Gain Social (L’Humain) : En travaillant avec des coopératives agricoles locales, l’industriel sécurise des revenus pour les agriculteurs et maintient des savoir-faire de teillage et de filature sur le territoire.
L’ordre des priorités évolue :
La nature d’abord : Sols, eau, biodiversité, qualité des milieux.
Les humains ensuite = Savoir-faire, qualité de vie au travail, santé, dignité, lien social.
L’économie en conséquence : Robustesse, emplois durables, valeur territoriale, souveraineté.
Récit d’une exploration collective autour de l’industrie régénérative par un groupe de dirigeantes et dirigeants industriels en Pays de La Loire Programme conçu et animé par Open Lande et le CDM avec le soutien de l’ADEME – Septembre 2021 – Mai 2022
Les usines comme organes du territoire
L’idée de l’usine régénérative met fin à la notion de concurrence stérile qui a longtemps dominé notre pensée économique. Sur un même territoire, les entreprises de secteurs différents – qu’elles soient manufacturières, agricoles ou de services – deviennent profondément interdépendantes par nécessité stratégique.
Cette coopération territoriale n’est pas qu’une simple commodité logistique ; elle régénère la densité des liens sociaux et économiques au sein du bassin d’emploi. En échangeant des flux et en partageant des risques, les chefs d’entreprise et les équipes reconstruisent un tissu de confiance, de connaissance mutuelle et de réciprocité.
Ce maillage coopératif est la garantie ultime contre la délocalisation. La stratégie de l’entreprise s’arrime à un écosystème symbiotique de relations vivantes.
On peut déménager une machine-outil, mais on ne peut pas déraciner un réseau d’interdépendances local.
C’est ici, dans cette densité de liens restaurés et cette solidarité systémique, que la régénération ancre durablement et profondément l’emploi. Le coût de la délocalisation devient alors le coût de la destruction d’un écosystème entier.
La fierté nationale
Au-delà de la philosophie, le Made in France régénératif porte une mission humaniste qui peut raviver la fierté nationale en cultivant le vivant et les capacités humaines.
Régénérer les sols : En exigeant des matières premières issues de l’agriculture bio, l’industrie française peut devenir le premier financeur de la transition agricole. Chaque T-shirt en lin, chaque meuble en bois sourcé localement, chaque produit cosmétique bio devient un mandat donné à l’agriculture pour régénérer les organismes vivants dans l’humus, abriter les oiseaux et stocker l’eau. Le « Made in France » devient le gardien des paysages français.
RÉSEAU COCAGNE (Insertion par le maraîchage biologique)
Régénérer les hommes : La désindustrialisation a laissé des cicatrices profondes : territoires sinistrés, perte de fierté, sentiment d’abandon. Le modèle régénératif replace l’humain au centre. Il ne s’agit pas de réintroduire le travail à la chaîne abrutissant du XXe siècle, mais de valoriser l’intelligence de la main et l’agilité technologique. Une entreprise régénérative s’investit dans la formation de ses bassins d’emploi. Elle ne « consomme » pas des ressources humaines ; elle développe des talents. Elle recrée du lien social en ouvrant ses portes, en expliquant son métier, en redevenant une fierté locale.
Régénérer la France. Nous avons les atouts pour devenir la première nation industrielle régénérative au monde : une agriculture diverse, une énergie décarbonée, des ingénieurs de talent, une culture de l’artisanat et une prise de conscience citoyenne forte.
Ce chemin demande du courage. Il demande aux investisseurs d’accepter des temps de retour différents, basés sur la robustesse à moyen terme plutôt que sur le profit à court terme. Il demande aux consommateurs de comprendre que le « prix juste » inclut la régénération Il demande aux industriels de devenir des jardiniers du vivant autant que des ingénieurs de la matière.
Preuves par l’exemple : quand l’industrie devient jardinière
Cette vision n’est pas une utopie, elle est déjà à l’œuvre dans nos territoires. Voici comment le Made in France régénératif transforme chaque secteur en visant la régénération :
1. Industrie & Économie Circulaire : « Chaque réparation évite une mine »
RENAULT RE-FACTORY (Automobile, reconditionnement industriel)
Dans l’ancien monde, réparer était une corvée. Dans l’économie régénérative, c’est un acte de sauvegarde écologique majeur.
L’impact : En prolongeant la durée de vie des équipements (électroménager, auto), on évite l’extraction de matières premières vierges. Extraction évitée = habitats naturels préservés.
L’exemple : Le reconditionnement industriel automobile à Flins ou la réparation d’électroménager (ex: Envie) ne font pas que créer des emplois locaux ; ils soulagent physiquement la pression sur la croûte terrestre.
2. Agroécologie & Textile : « Sans débouché, pas de sols vivants »
LAINES PAYSANNES (Textile, sauvegarde du pastoralisme)
L’industrie a le pouvoir d’être le premier financeur de la transition agricole.
L’impact : En s’engageant sur des volumes et des prix justes pour des matières comme le lin, le chanvre ou la laine, l’industriel donne un mandat à l’agriculteur pour soigner la terre. « Ce vêtement commence dans un sol vivant ».
La preuve : Des filières textiles entières (ex: Atelier Tuffery, Laines Paysannes) se reconstruisent non pas sur le prix bas, mais sur la capacité des fibres à structurer les sols et à préserver l’eau.
L’industrie du cycle ne vend pas seulement des déplacements, elle vend de la santé publique.
L’impact : Fabriquer des vélos en France, c’est réduire la place de la voiture, donc favoriser un air plus sain et une biodiversité urbaine retrouvée.
La synergie : C’est l’exemple parfait du triple gagnant : des emplois industriels qualifiés (Humain), une ville respirable (Vivant) et une filière d’excellence (Économie).
4. Eau & Territoire : « Protéger l’eau, c’est soigner les sols »
EAU DE PARIS (Gestion de l’eau potable liée à la qualité des sols)
Même les services publics entrent dans la danse. Pour garantir une eau potable de qualité à Paris, il ne faut pas seulement traiter l’eau, il faut aider les agriculteurs en amont à réduire leurs intrants.
L’eau devient le vecteur d’une transition agroécologique massive qui restaure les milieux aquatiques.
30 exemples de Made in France à visée régénérative
Les exemples sont des activités localisées en France, analysées selon quatre critères simples :
Un métier clair, exercé quelque part en France
Un impact contributif sur le vivant (biodiversité, sols, eau, …)
Un impact humain tangible (savoir-faire, qualité de vie, santé, …)
Une activité économique viable, créatrice d’emplois non délocalisables.
PIVETEAU BOIS (Bâtiment, Stockage carbone issu de forêts gérées)
Ils montrent que la régénération du vivant est déjà à l’œuvre en France — discrète, souvent imparfaite — mais bien réelle.
Un nouveau récit national
Face aux géants mondiaux qui parient sur le volume et le low-cost, la France doit gagner la bataille de la valeur, du sens et de la résilience.
La France ne gagnera jamais la bataille du « moins cher ». Mais elle a tout pour gagner celle du « mieux disant ». Qui n’est pas forcement plus cher : économies sur les achats, création de valeur et donc de marge, prix qui restent accessibles, consommateurs qui achètent, inclus dans la démarche vertueuse.
Notre agriculture, nos ingénieurs, nos artisans et nos territoires sont les briques de cette nouvelle économie. Le Made in France Régénératif n’est pas une étiquette, c’est un projet de société. Produire en France, c’est désormais prendre soin du monde.
Nous avons les atouts pour devenir la première nation industrielle régénérative au monde : une agriculture diverse (sols vivants ), une culture de l’artisanat (savoir-faire couture ) et une prise de conscience citoyenne forte (participation coopérative ).
Jérémy Dumont, fondateur du Collectif de la Transition écologique
La renaissance industrielle est en marche. Elle ne sera pas faite de cheminées fumantes, mais de boucles vertueuses, de sols vivants et de territoires solidaires. Produire en France, c’est désormais bien plus que fabriquer des objets : c’est cultiver un avenir en commun.
Si les projets éoliens suscitent des oppositions, qu’il est important de prendre en compte pour garantir leur acceptabilité sociale, ils peuvent aussi devenir de véritables leviers de revitalisation pour un territoire rural, en combinant création d’emplois, nouvelles recettes fiscales et gain d’attractivité économique et touristique. Lorsqu’il est co-construit avec les acteurs locaux, un projet éolien ne se limite pas à produire de l’électricité : il contribue aussi à redonner des marges de manœuvre aux communes et à diversifier les revenus des habitants et, en particulier, des agriculteurs.
L’éolien, un moteur d’emplois locaux
La filière éolienne est aujourd’hui l’un des premiers employeurs des énergies renouvelables en France, avec plus de 28 000 emplois directs et indirects recensés pour l’année 2022, en hausse de plus de 40% depuis 2019. Ces emplois couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur d’un projet éolien : études environnementales et paysagères, génie civil, transport, installation, exploitation et maintenance, avec une forte présence dans les régions rurales où se situent les parcs.
À l’échelle d’un territoire, un projet éolien mobilise tout un tissu de PME locales : bureaux d’études, entreprises de travaux publics, hébergement, restauration … Il en découle une activité économique indirecte significative pendant plusieurs années.
L’éolien dynamise l’emploi local Source : info-eolien.fr
Une fois le parc en service, des techniciens de maintenance, recrutés ou formés sur place, peuvent assurer le suivi des machines pendant toute la durée de vie du projet, consolidant la pérennité d’emplois non délocalisables.
Dynamique de l’évolution des emplois éoliens
Des retombées fiscales structurantes
Un projet éolien constitue une nouvelle base fiscale pour les communes rurales, via l’IFER (Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux) et diverses taxes locales. Les textes prévoient qu’au moins 20% du produit de l’IFER éolien reviennent directement à la commune d’implantation, le reste étant partagé entre l’intercommunalité et le département, ce qui garantit un bénéfice concret pour les collectivités de terrain.
En pratique, les recettes fiscales générées représentent de l’ordre de 10 000 à 12 000 euros par MW installé et par an, offrant des ressources régulières sur toute la durée d’exploitation du parc.
Ces montants permettent de financer des projets locaux très concrets : rénovation d’écoles, amélioration de la voirie, création d’équipements culturels ou sportifs, ou encore investissements dans l’efficacité énergétique des bâtiments communaux.
Chaine de valeur locale. Le développement de l’éolien terrestre implique la fabrication de composants tels que les pales, les générateurs, les mâts et les systèmes de contrôle. En favorisant une production locale de ces composants, la France peut développer une chaîne de valeur domestique, attirant des investissements et créant des opportunités pour les entreprises françaises. Cela renforce la compétitivité industrielle du pays. En 2019, le chiffre d’affaires cumulé des entreprises liées à l’éolien terrestre représentait 5,8 milliards d’Euros. Source : france-renouvelables.fr
Une diversification des revenus agricoles
Pour les agriculteurs, l’implantation d’éoliennes sur les terres agricoles crée une source de revenu complémentaire stable, sans remettre en cause l’activité principale.
Les loyers versés par l’exploitant du projet éolien sont généralement contractualisés sur 15 à 25 ans, ce qui sécurise une partie des revenus de l’exploitation dans un contexte de forte volatilité des prix agricoles.
Les montants perçus peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par an et par éolienne, contribuant à financer une transition agroécologique (diversification des cultures, réduction des intrants, investissements dans un matériel plus sobre) ou à faciliter la transmission des fermes.
Cette diversification renforce la résilience économique des exploitations et participe à maintenir une activité agricole dynamique, condition essentielle à la vitalité des campagnes.
Attractivité d’un territoire en transition
Loin de se résumer à des mâts dans le paysage, un projet éolien peut devenir un symbole de territoire en transition énergétique, attractif pour de nouvelles entreprises et pour les habitants en quête de cohérence écologique.
Plusieurs collectivités développent des actions pédagogiques, des visites de parcs et des circuits d’écotourisme autour de l’énergie, ce qui enrichit l’offre touristique locale sans concurrencer les atouts naturels existants.
Pour les jeunes ménages et les entrepreneurs, le fait de s’installer dans une commune qui porte un projet éolien cohérent avec la transition écologique est souvent perçu comme un signe de dynamisme et de capacité à se projeter dans l’avenir.
Une opposition à prendre en compte
Les riverains expriment souvent des inquiétudes liées au paysage, au bruit, aux effets stroboscopiques ou encore à la préservation de la biodiversité, en particulier pour les oiseaux et les chauves-souris.
L’opposition à l’énergie éolienne Source : info-eolien.fr
Des associations locales ou nationales contestent parfois la pertinence de certains projets, en identifiant des défauts de concertation, une répartition jugée inégale des bénéfices économiques, ou le risque de dépendance à des groupes industriels perçus comme éloignés des réalités rurales.
Dans certains cas, ces tensions se traduisent par des recours juridiques, allongeant les délais de développement et pouvant fragiliser la relation de confiance entre promoteurs, élus et habitants.
Pour que le projet éolien reste un levier de transition plutôt qu’un motif de fracture, une concertation approfondie, la transparence sur les impacts, la prise en compte des enjeux paysagers et écologiques, ainsi qu’un partage plus équitable de la valeur au bénéfice des communautés locales sont des conditions essentielles.
Focus éolien & biodiversité : des solutions pour la nature
Avec ce livret d’expertise de France renouvelables, l’association porte-parole des énergies renouvelables électriques en France dresse un état des lieux des apports de la filière éolienne à la biodiversité de nos territoires. Ce document a été rédigé avec l’ensemble de la chaîne d’acteurs liés aux problématiques de biodiversité dans les projets éoliens : constructeurs et exploitants, bureaux d’études et associations de protection de l’environnement.
Un levier de projets collectifs pour la transition
En France, la loi APER encourage de plus en plus le partage de la valeur autour des projets d’énergies renouvelables, permettant de soutenir des projets municipaux en lien avec l’énergie, la biodiversité ou la mobilité durable. Un projet éolien peut ainsi cofinancer, par exemple, la rénovation thermique de bâtiments publics, l’installation de panneaux solaires en toiture ou la création de chemins de découverte de la biodiversité pour les écoles.
Pour les territoires ruraux, ces retombées économiques permettent de faire de la transition énergétique un moteur d’emplois, de justice territoriale et de sobriété.
Dans cette tribune, Jean-Baptiste Boyer, co Président d’Énergie Partagée, revient sur les enjeux majeurs du forum EnerGaïa 2025 et l’importance de dépasser la logique d’acceptabilité pour aller vers une véritable appropriation territoriale des projets d’énergies renouvelables. Il aborde les limites des mécanismes de partage de la valeur purement financiers, la nécessité d’impliquer citoyens et collectivités dans l’investissement et la gouvernance, les bénéfices économiques, sociaux et écologiques des projets d’énergie citoyenne et l’urgence de changer d’échelle pour atteindre les objectifs de transition énergétique.
Energaïa, le forum des énergies renouvelables les 10 & 11 décembre 2025 Le Forum 100% EnR – Parc des Expositions de Montpellier – France
Le Forum EnerGaïa, porté par la Région Occitanie, offre des solutions environnementales pour les territoires, les villes et les industries engagés dans la transition énergétique. La 18e édition du Forum, qui s’est tenue du 10 et 11 décembre 2025 au Parc des Expositions de Montpellier a accueilli 22 500 participants. Une fréquentation record, en phase avec l’augmentation du nombre d’exposants, qui a plus que doublé ces trois dernières années et qui confirme la dynamique remarquable des acteurs de la transition énergétique.
Forum EnerGaïa 10 et 11 décembre 2025 à Montpellier – 100% énergies renouvelables
Jean-Baptiste Boyer, co Président d’Énergie Partagée
Dans un contexte de crise climatique et de crise de la biodiversité, la « transition énergétique » se caractérise aujourd’hui par trois grands phénomènes : l’électrification des usages, la maîtrise de la demande en énergie et le développement massif des énergies renouvelables, pour permettre de remplacer les énergies fossiles encore présentes à plus de 40 % dans notre mix énergétique.
Tous les scénarios1 prospectifs s’accordent sur ces points et le caractère indispensable du déploiement des énergies renouvelables pour faire notre part en termes de lutte contre la crise écologique.
L’important est donc davantage de savoir comment permettre le développement massif des énergies renouvelables. C’est à cet endroit que le partage de la valeur apparaît comme une solution facilitatrice. Derrière ce terme peuvent se cacher des mises en œuvre très différentes, allant de la distribution de chèques énergie à des prix d’électricité réduits pour les riverains des projets à la participation des acteurs locaux à l’investissement et à la gouvernance des projets.
Si tous ces mécanismes ont en commun la volonté d’accroître les retombées locales des projets d’énergies renouvelables, il est évident qu’ils ne se valent pas. Lorsque des mesures de partage de la valeur sont mises en œuvre, elles sont, la plupart du temps, purement financières, ce qui place les personnes concernées dans une relation strictement commerciale vis-à-vis du projet.
De fait, il s’agit d’actions visant à une simple acceptation et la véritable question : quel est le prix de la paix ? Dans le pire des cas, ces rétributions sont parfois présentées comme une forme de compensation d’un dommage subi, installant l’idée que la proximité des énergies renouvelables est néfaste pour les riverains. Pourtant, la perception des éoliennes est très positive en France, en particulier pour les personnes résidant à moins de 10 km d’un parc éolien2.
La perception positive des éoliennes est nettement majoritaire, et de manière encore plus marquée pour les personnes résidant à moins de 10 km d’un parc éolien.
Comment alors penser que ces mécanismes peuvent permettre de passer de 15 % d’énergies renouvelables dans notre mix énergétique actuel à plus de 70 %3 en 2050 ?
Si travailler l’acceptabilité est une première approche, la question de l’appropriation des projets paraît beaucoup plus pertinente au regard des enjeux. Il est possible de faire le parallèle avec les statuts de locataire ou de propriétaire. Dans le premier cas, il est bien évidemment possible d’apporter quelques modifications à la marge mais les paramètres sont figés, la réflexion se cantonne au fait de savoir si le loyer est juste ou non. Dans le second, il est possible de décider de très nombreux paramètres.
Carte de l’énergie citoyenne partout en France et tout près de chez vous.
Partout en France, près de 450 projets de ce type existent déjà. Les citoyens et les collectivités créent des installations d’énergies renouvelables labellisées ou participent à leur investissement et à leur gouvernance. On y décide à plusieurs les choix d’implantation au regard des différents impacts et retombées. Mais on peut également y choisir ce qui sera fait de l’énergie produite.
Les retombées économiques locales des projets citoyens d’énergie renouvelable Les énergies renouvelables sont un moteur de développement pour les territoires. Maîtrisées et financées par les collectivités territoriales et les habitants, les installations citoyennes d’énergie renouvelable maximisent les retombées économiques locales.
Ces projets citoyens rapportent au moins deux fois plus aux territoires d’implantation que des projets privés classiques.
Ces retombées économiques supplémentaires sont en outre réalisées sans compromis avec l’exemplarité écologique. Avec la participation des collectivités, il est également possible d’inscrire une installation de production d’énergie renouvelable dans son territoire, en priorisant notamment les zones d’implantation potentielles les unes par rapport aux autres plutôt qu’en répondant au coup par coup aux sollicitations des développeurs sur un projet précis. Cet exercice de planification permet de faire le lien avec les consommations du territoire.
Si les projets d’énergies renouvelables sont trop souvent perçus comme de simples opportunités financières sous couvert d’écologie, la participation des acteurs du territoire à la gouvernance des projets permet de replacer l’installation de production comme un moyen de subvenir à nos besoins énergétiques, en laissant de côté les énergies fossiles.
Créer ou rejoindre un projet d’énergie citoyenne est un bon moyen de passer à l’action. Engagez-vous !
Réduire les émissions territoriales de GES et accroitre le puits
Ce document fixe la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2050 et constitue le cadre stratégique pour atteindre la neutralité carbone, conformément aux engagements internationaux de la France. Il est cohérent avec la trajectoire européenne 2040 adoptée récemment au Conseil de l’Union Européenne.
La SNBC, qu’est-ce que c’est ?
La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) est la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et accroitre ses puits de carbone. C’est notre cadre d’action en matière d’atténuation du changement climatique. La loi prévoit sa révision tous les cinq ans. La SNBC 2, encore en vigueur, a été adoptée par décret en avril 2020. Depuis 2021, le Gouvernement prépare la troisième édition de la SNBC.
La SNBC 3 s’articule autour de huit grands objectifs qui structurent la trajectoire nationale vers la neutralité carbone :
Réduire de moitié les émissions territoriales de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 ;
Atteindre la neutralité carbone en 2050, en équilibrant émissions et absorptions du territoire ;
Garantir la souveraineté énergétique et sortir des énergies fossiles, en mettant fin à la production d’électricité à partir de charbon dès 2027, à la consommation de pétrole d’ici 2045 et de gaz fossile en 2050, et en assurant la disponibilité d’énergie décarbonée, électricité et biomasse;
Réduire la consommation finale d’énergie, c’est-à-dire l’énergie au stade de son utilisation par le consommateur final, grâce à la sobriété et à l’efficacité énergétique dans tous les secteurs ;
Consolider les puits de carbone naturels, notamment via la gestion durable des forêts et des sols ;
Faire de la transition un levier de compétitivité, en offrant de la visibilité aux acteurs économiques et en adaptant les efforts à la capacité de chaque filière ;
Assurer une transition juste et soutenable, qui protège l’emploi, le pouvoir d’achat et l’équilibre entre les territoires ;
Diminuer l’empreinte carbone globale de la France, en intégrant pour la première fois les émissions importées, selon un principe de préférence européen.
QUELS SONT LES GRANDS OBJECTIFS STRATÉGIQUES DE LA NOUVELLE SNBC ?
Une planification écologique au service de la transition et de la croissance
Lancée en 2022 par le Président de la République, la planification écologique vise à assurer une transition écologique cohérente avec les impératifs économiques et sociaux afin de faire de la neutralité carbone un moteur de compétitivité et de croissance durable.
La SNBC a pour ambition d’apporter de la visibilité de long terme sur les technologies vertes et les investissements nécessaires à la décarbonation de l’économie et des usages. Elle se présente comme un véritable guide destiné à :
Orienter les stratégies industrielles françaises vers la décarbonation ;
Offrir aux Français les clés pour orienter leur consommation vers des solutions décarbonées (mobilité, logement, etc.).
Fruit de trois années de travail collectif, associant tous les ministères, les filières économiques, les experts scientifiques et les collectivités locales, la SNBC 3 trace une feuille de route réaliste. Elle repose sur des hypothèses crédibles d’évolution des comportements et des usages (électrification, réduction du gaspillage, etc.).
Une stratégie fondée sur les atouts français et la concertation
La SNBC 3 met en avant les forces structurelles françaises : un mix électrique déjà largement décarboné, des filières industrielles vertes émergentes (pompes à chaleur, batteries, transport ferroviaire, matériaux bas-carbone), des ressources naturelles (agriculture, forêts) qui contribuent activement à l’absorption du carbone.
Elle a été élaborée à l’issue d’une concertation étroite avec les entreprises, la communauté scientifique, les citoyens et les collectivités locales. Leur participation à cette consultation publique a été essentielle pour enrichir et finaliser la stratégie, en ancrant sa mise en œuvre dans les territoires.
Devenir le premier pays à fixer un objectif en empreinte pour réduire notre impact global et développer notre politique industrielle
Une ambition climatique, industrielle et souveraine
Cette stratégie démontre qu’une accélération de la transition écologique est réalisable dans le cadre des technologies actuelles et des moyens économiques et des ressources matérielles dont dispose la France.
La mise en œuvre de cette stratégie nécessite une déclinaison à l’échelle locale, afin que les leviers les plus adaptés à chaque territoire puissent être mobilisés.
MoniqueBARBUT, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a déclaré : «Le lancement de cette ultime consultation du projet de SNBC 3, dix ans après l’Accord de Paris, symbolise la continuité de l’engagement climatique de la France. Cette stratégie dessine l’avenir d’une France décarbonée et souveraine. Nous disposons désormais d’une véritable stratégie pour éclairer la décision publique et orienter les politiques les plus efficaces en matière de transition écologique. Nous avons désormais tous les outils pour faire de ce grand défi écologique une source durable de prospérité et de progrès pour l’ensemble des Françaises et des Français.»
Empreinte carbone : Devenir le premier pays à fixer un objectif d’empreinte pour réduire notre impact global et développer notre politique industrielle
Ce document constitue la feuille de route de long terme pour lutter contre le changement climatique et s’adapter, en cohérence avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Il s’agit d’une version “projet”, rendue publique pour nourrir les travaux des instances obligatoires et permettre à chacun de s’en saisir, avant une consultation finale du public et une adoption prévue au printemps 2026.
Ce que porte la SNBC 3 :
✔️ Une trajectoire révisée de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec des budgets carbone pour 2024-2028, 2029-2033 et 2034-2038
✔️ Un objectif clair d’environ –5 % d’émissions par an d’ici 2030
✔️ 7 objectifs stratégiques, parmi lesquels réduire de moitié les émissions territoriales hors puits de carbone, garantir la souveraineté énergétique et sortir des énergies fossiles, garantir une transition juste, soutenable et compétitive sur les plans socio-économique, etc.
La SNBC 3 articule :
✔️ des orientations sectorielles : transports, agriculture, industrie, bâtiments, énergie, déchets, puits de carbone, ✔️ des orientations en empreinte carbone, pour traiter aussi les émissions importées, ✔️ des orientations transversales, pour embarquer l’ensemble des acteurs publics et privés.
La démarche s’inscrit dans la planification écologique engagée depuis 2022 et repose sur :
un important travail de concertation, avec plus de 7 600 propositions et 1,2 million de votes lors de la consultation nationale de 2024,
une modélisation prospective approfondie, fondée sur des milliers d’hypothèses sectorielles,
une analyse rétrospective de la mise en œuvre de la SNBC 2, afin d’identifier les leviers efficaces et points de vigilance.
Le projet intègre davantage les aspects sociaux, en mettant en adéquation les gisements de réduction d’émission avec l’accompagnement envisagé (aides pouvant être ciblées, soutenabilité pour les ménages, etc.).
Un document dense, structurant, qui mérite d’être lu car c’est une base de discussion collective sur la trajectoire climatique de la France pour les quinze prochaines années.
Il est difficile de déterminer dans quelle mesure les projets stratégiques LIFE contribuent à bâtir une Europe plus verte, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne. Les projets stratégiques financés par le programme LIFE de l’UE sont conçus pour aider les États membres à mettre en œuvre leurs plans et stratégies en matière d’environnement et de climat. En impliquant les principales parties prenantes – souvent au-delà des bénéficiaires directs –, en mobilisant des fonds supplémentaires et en traversant les cycles politiques, ces projets contribuent à jeter une passerelle entre stratégie et mise en œuvre.
L’essentiel en un coup d’œil
Les projets ne se concentrent pas toujours sur les besoins environnementaux et climatiques les plus pressants des États membres
Le montant des financements supplémentaires mobilisés est impossible à établir avec précision
Le suivi inadéquat des projets empêche d’évaluer clairement leur impact
Au total, 701 millions d’euros ont été versés à 70 projets stratégiques au titre du programme LIFE sur le budget 2014‑2020 (soit entre 7 et 16 millions d’euros chacun). Depuis 2021 et jusqu’à avril 2025, 436 millions d’euros ont été alloués à 25 autres projets (soit entre 10 et 30 millions d’euros par projet).
Types d’activités soutenues par les projets stratégiques LIFE Source: Cour des comptes européenne
« Les projets stratégiques LIFE apportent un soutien précieux, en aidant les acteurs à unir leurs forces et à attirer des financements supplémentaires», a déclaré Joëlle Elvinger, la Membre de la Cour responsable de l’audit. « Toutefois, des faiblesses persistent dans la hiérarchisation des besoins, le suivi des progrès et le partage des résultats. En outre, les effets à long terme et la durabilité des avantages des projets manquent souvent de clarté.»
Quels financements supplémentaires ?
Exemples de sources de financement complémentaire Source: Cour des comptes européenne, sur la base d’informations transmises par la Commission.
Les projets stratégiques LIFE sont censés mobiliser des financements supplémentaires provenant d’au moins une autre source, européenne, nationale ou privée, pour contribuer à la mise en œuvre d’un plan ou d’une stratégie donnés. Bien que les 22 projets audités aient tous œuvré en ce sens, les auditeurs concluent que l’absence d’orientations claires sur ce qui constitue un « financement mobilisé » et le manque de supervision de la part de la Commission européenne empêchent d’évaluer comment ces financements supplémentaires contribuent à la mise en œuvre des stratégies. Par ailleurs, sans méthodologie standard pour suivre ces financements, il est difficile de déterminer le volume des investissements publics ou privés que les projets attirent.
Rôles et responsabilités Source: Cour des comptes européenne.
Les projets ne répondent pas toujours aux besoins environnementaux ou climatiques
Les auditeurs ont également constaté que les projets ne répondent pas toujours aux besoins environnementaux ou climatiques les plus pressants des États membres, ce qui peut limiter les avantages pour les pays et régions concernés.
Faible utilisation des plateformes à l’échelle de l’UE par les projets stratégiques LIFE Source: Cour des comptes européenne.
Le rapport souligne aussi que les enseignements tirés et les bonnes pratiques sont rarement partagés sur des plateformes à l’échelle de l’UE, ce qui réduit les possibilités de les reproduire et d’optimiser leur impact.
Il existe également un risque que les plans post-LIFE, censés garantir que les avantages des projets stratégiques perdurent au-delà de la période de financement initiale, ne suffisent pas à assurer la durabilité des résultats une fois le financement LIFE terminé. L’efficacité de ces plans est en outre limitée par l’absence d’orientations précises sur leur contenu et par des faiblesses dans leur conception.
Sélection des projets stratégiques LIFE Source: Cour des comptes européenne
Les projets LIFE ne sont pas suffisamment évalués
Les projets stratégiques LIFE ne sont pas non plus suffisamment évalués au regard des principaux objectifs, tels que les changements en matière de gouvernance, la gestion et l’implication des parties prenantes, ou encore le renforcement des capacités et le caractère reproductible des résultats. Selon les auditeurs, les mécanismes de suivi sont hétérogènes.
Sans approche de suivi appropriée, il est difficile d’évaluer la performance globale des projets stratégiques LIFE et leur contribution aux objectifs environnementaux et climatiques de l’UE.
Recommandations
Les auditeurs invitent la Commission européenne à veiller à ce que les projets soient mieux alignés sur les besoins environnementaux et climatiques spécifiques des États membres, à fournir des orientations plus claires sur les financements supplémentaires mobilisés et à promouvoir l’utilisation de plateformes européennes pour diffuser et reproduire les bonnes pratiques.
Ils recommandent également d’impliquer activement les organismes chargés de mettre en œuvre les stratégies sous-jacentes (à savoir les plans, stratégies et cadres d’action que soutiennent les projets stratégiques LIFE) afin de garantir que les projets continuent à produire des résultats au-delà de la période de financement.
Informations générales
Le programme LIFE a été lancé en 1992 pour répondre à divers défis environnementaux et climatiques de l’Union européenne, notamment la pollution de l’air et de l’eau, la perte de biodiversité et le changement climatique.
Les projets stratégiques LIFE visent à jeter une passerelle entre stratégie et mise en œuvre Source: Cour des comptes européenne.
La Commission européenne y a introduit des « projets intégrés » en 2014, puis des « projets stratégiques » en 2021. Ces deux types de projets, regroupés sous l’appellation « projets stratégiques », visent à aider l’UE à créer une passerelle entre stratégie et mise en œuvre.
La Cour des comptes européenne a publié son premier rapport relatif au programme LIFE il y a 12 ans. Ce nouvel audit vise à expliquer les résultats des projets stratégiques LIFE. À cette fin, les auditeurs de l’UE ont examiné 22 projets stratégiques sur les 95 qui avaient été financés par LIFE au moment de l’audit.
Rapport spécial 2025 « Projets stratégiques LIFE »
Le rapport spécial 25/2025 intitulé « Projets stratégiques LIFE » est disponible sur le site internet de la Cour, accompagné d’une fiche synoptique reprenant les principaux faits et constatations.
85 organisations mobilisées pour un budget européen faisant de la protection de l’environnement une priorité
Rédigée à l’initiative de la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels
Le 18 juillet dernier, la Commission européenne a présenté un projet de budget européen (cadre financier pluriannuel – CFP) pour la période 2028-2034. De manière générale, les enjeux environnementaux y sont relégués au second rang ; la disparition du programme LIFE en étant le symbole le plus évocateur.
Pourtant, les conséquences du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité sont largement documentées, et les sociétés européennes en subissent les conséquences au quotidien.
A l’occasion de la Journée mondiale pour le climat du 8 décembre, les partenaires et bénéficiairesfrançais de projets LIFE, réunis lors des Journées InterLIFE,partagent leur très forte inquiétude suite à ces annonces.
Depuis plus de 30 ans, le programme LIFE était le seul programme européenexclusivement dédié aux enjeux environnementaux. Au fil des années, LIFE a permis la mise en œuvre d’innombrables projets innovants et structurants, portés par des collectivités territoriales, des entreprises, des associations… Ces projets ont bénéficié aux différents tissus socio-économiques locaux comme à notre environnement.
Depuis 2014, le programme LIFE a permis de mobiliser en Europe près de 5Mds€, cofinançant 2 260 projets. A l’échelle française, ce sont 330 projets qui ont étécofinancés à hauteur de 430M€.
Protection et restauration de notre patrimoine naturel, préservation de la ressource en eau, transition énergétique, adaptation au changement climatique, transition agroécologique, économie circulaire … la plus-value des projets LIFE, tout comme leur exemplarité, est largement partagée et reconnue.
Au-delà de cet effet levier pour les territoires, le programme LIFE agissait également comme un véritable programme ambassadeur de l’Europe au niveau local, et contribuait pleinement à la poursuite de la construction européenne en favorisant le partage d’expériences entre États membres.
Les partenaires et bénéficiaires de projets LIFE s’interrogent sur la continuité dufinancement de plusieurs politiques publiques européennes majeures, Natura 2000 en tête. Le financement du règlement européen sur la restauration de la nature, déjàincertain, se trouve lui aussi largement menacé. Le programme LIFE contribuait, également à la mise en œuvre de nombreuses politiques publiques européennes dans d’autres secteurs : climat, agriculture, économie…
Les partenaires et bénéficiaires de projets LIFE alertent tout particulièrement sur le devenir de la branche Nature & Biodiversité. Historiquement construit autour de ce volet, le programme LIFE n’a pas d’équivalent pour la mise en œuvre de projets d’envergure pour préserver la biodiversité.
L’absence de ligne budgétaire consacrée à l’objectif Nature & Biodiversité dans le futur budget européen est très inquiétante.
Ainsi, c’est 35 ans de réussites au plus près des territoires qui prennent fin brutalement, et avec, notre capacité collective à agir très concrètement dans les territoires pour répondre aux défis socio-économiques et environnementaux.
Face à cette situation, les partenaires et bénéficiaires français de projets LIFEsouhaitent interpeller la Commission européenne, les députés européens, l’Etatfrançais ainsi que les élus locaux afin de défendre un budget européen faisant des défis environnementaux une priorité. Ils appellent à :
Assurer une véritable cohérence des politiques publiques européennes en matière environnementale
Inclure dans le budget européen des objectifs spécifiques pour chaque enjeu (protection de la biodiversité, économie circulaire, atténuation et adaptation au changement climatique, transition énergétique)
Associer à chacun de ces objectifs des lignes budgétaires garanties, à la hauteur des enjeux et des objectifs fixés
Renforcer l’accompagnement des acteurs des territoires en matière d’accès au co-financement et de montage de projet
Les partenaires et bénéficiaires de projets LIFE se tiennent à disposition pour échanger et contribuer aux négociations autour du prochain Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne.
À moins de 6 mois des élections municipales, un sondage réalisé par le réseau Zero Waste précise les attentes des Français·es en matière de gestion des ordures ménagères. Le constat est clair : les citoyens et citoyennes attendent des engagements forts en faveur de la réduction des déchets. Zero Waste France appelle toutes les listes candidates à s’en saisir pour nourrir les programmes électoraux.
Plus de 2 000 personnes interrogées
Dans la perspective des élections municipales en mars prochain, du 1er juillet au 1er décembre 2025, 19 groupes locaux Zero Waste ont interrogé 2 068 citoyens et citoyennes dans 10 régions métropolitaines et 1 territoire ultramarin, afin de mieux comprendre leurs attentes en matière de gestion et prévention des déchets. Adapté aux enjeux de chaque territoire, ce sondage a été administré à la fois en ligne et en face-à-face dans l’espace public pour toucher une pluralité d’habitant·es.
Chloë Dumas, Responsable de la mobilisation citoyenne auprès des groupes locaux
“les résultats sont extrêmement clairs : les citoyennes et citoyens attendent des candidats et candidates aux municipales qu’ils et elles s’engagent pour la réduction des déchets. Les Françaises et les Français veulent des solutions très concrètes, simples et efficaces. Ils et elles sont prêts à changer leurs pratiques si les communes mettent en place des mesures adaptées”.
Une appréciation globalement moyenne du service public de gestion des déchets : avec une note moyenne de 3,28 sur 5, l’appréciation globale du service public de gestion des déchets est neutre, voire plutôt positive. Cependant, les excellentes appréciations restent rares, et une part non négligeable des habitant·es ne parvient pas à formuler un avis clair.
Un faible niveau de connaissance des modes de traitement et des coûts : 58,6 % des personnes interrogées déclarent ne pas savoir où, ni comment leurs déchets sont traités, et 85,3 % déclarent manquer d’informations sur le coût réel de la gestion des déchets, mais souhaitent en savoir davantage.
Une attente marquée autour d’un système de tarification plus juste : 62,7 % se déclarent favorables à une véritable tarification incitative, donc à une facturation en fonction de la quantité de déchets produite, associée à des solutions permettant aux citoyen·ne de réduire leurs déchets.
Une volonté importante de sortir du tout-jetable, avec une demande d’exemplarité vis-à-vis des communes : 89,8 % des personnes interrogées souhaitent que leur commune soutienne la mise en place de contenants consignés dans les commerces et 81,96 % voudraient de la vaisselle réemployable pour les événements organisés par leur commune.
Un fort potentiel d’adhésion au tri à la source des déchets alimentaires, mais un manque d’information et d’accès : 22 % des personnes interrogées ne sont pas du tout au courant des dispositifs permettant le tri des déchets alimentaires sur leur territoire, et 36,8 % considèrent ne pas avoir de solution de tri à la source des biodéchets à proximité. Pourtant, parmi les personnes qui estiment avoir un accès insuffisant ou inexistant à une solution de tri/compostage des déchets alimentaires, 88,8 % sont intéressées par ces solutions.
Les élections municipales de 2026 vont se dérouler dans un contexte dégradé, marqué par des coupes budgétaires et une possible accession au pouvoir de l’extrême droite dans de nombreuses communes et intercommunalités”. “Dans ce contexte, tous les citoyens et citoyennes ont un rôle à jouer pour demander aux listes candidates des engagements forts en faveur de la protection de l’environnement et de la santé humaine.”
La réduction et la prévention des déchets, des enjeux au niveau communal
Moins 30% d’ordures ménagères avec la mise en place d’une tarification incitative
Pour rappel, la gestion des déchets est une compétence des intercommunalités (métropoles, communautés d’agglomération, communautés de communes…) : dans ce cadre, les élu·es des communes contribuent à certaines décisions concernant la collecte et le traitement des ordures ménagères. En outre, les communes bénéficient d’un large éventail de compétences, qui leur permettent d’agir directement sur la prévention et réduction de différentes catégories de déchets, par exemple à travers :
le développement de la vaisselle réemployable dans l’événementiel culturel et sportif.
la suppression de la vaisselle à usage unique et/ou en plastique dans les cantines scolaires ;
la mise en place de couches et autres textiles sanitaires lavables ou compostables dans les crèches ;
le soutien aux initiatives de réemploi et de réparation des objets du quotidien.
Enfin, les communes doivent appliquer les lois (LTECV 2015, EGALIM 2018, AGEC 2020) relatives à leurs compétences, notamment en ce qui concerne la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’interdiction de certains contenants et ustensiles plastiques dans la restauration collective et l’événementiel.
Le rôle des collectivités locales dans la lutte contre le plastique à usage unique
“Qu’il s’agisse de la consigne, du tri à la source des déchets alimentaires, ou de la suppression du plastique dans les services liés à la petite enfance, les sujets liés aux déchets sont porteurs pour les candidat·es aux municipales”
Budget 2026 : l’enjeu d’une fiscalité incitative pour réduire les déchets enfouis et incinérés
2025 : une année de lutte contre les reculs écologiques
L’année 2025 a été marquée par une forte mobilisation de l’équipe et des nombreux militant·es du réseau Zero Waste : biodéchets, plastique, traitements polluants ou encore déchets d’équipements électriques et électroniques …
Militant⸱es du réseau Zero Waste lors des Rencontres Annuelles, mars 2025. Crédit photo : Lucia Trouiller
L’entrée dans le monde étudiant bouleverse les habitudes de vie des jeunes. Cette transition vers l’autonomie est-elle alors propice à l’adoption de comportements respectueux de l’environnement ? Quelques éclairages à partir des derniers résultats d’enquête de l’Observatoire de la vie étudiante.
Le souci de protéger l’environnement peut conduire à adapter ses comportements au quotidien, en privilégiant notamment des modes de transports à faibles émissions. Shutterstock
Au-delà des incitations monétaires, souvent temporaires, l’éducation peut constituer un levier durable en faveur des comportements pro-environnementaux (CPE). Si un niveau d’éducation élevé favorise la compréhension des enjeux écologiques, ses effets sur les CPE restent toutefois variables, voire parfois négatifs. D’autres facteurs interviennent : genre, âge, revenu, milieu social ou style de vie.
Nous nous sommes penchées sur les déterminants des pratiques alimentaires et de mobilité des étudiant·es à partir de l’enquête 2023 « Conditions de vie des étudiants », incluant les deux questions suivantes : « Pour des raisons écologiques, avez-vous changé vos habitudes alimentaires (moins de viande, manger bio…) ? » ; « Pour des raisons écologiques, avez-vous changé vos habitudes de transport (moins de déplacements, autres modes de transports) ? »
Connaissances et émotions, des facteurs de changement
Une personne soucieuse de l’environnement peut réduire sa consommation, privilégier une alimentation végétale, locale ou de saison, et adopter des régimes à faible impact. Dans les transports, elle choisira des modes à faibles émissions ou limitera ses déplacements. Toutefois, la santé, les habitudes, les normes sociales et les contraintes économiques influencent aussi ces choix, où les motivations environnementales se mêlent à des dimensions sociales et éducatives.
Les individus mieux informés adoptent plus facilement des comportements pro-environnementaux. L’éducation, formelle ou informelle, transmet connaissances et valeurs écologiques, renforçant pensée critique et conscience durable. Le milieu social reste déterminant : les foyers aisés accèdent plus aisément aux produits bio ou aux véhicules électriques, tandis que les plus modestes dépendent des transports publics.
Les émotions, notamment négatives, constituent un levier important du changement de comportement. L’écoanxiété – mal-être et inquiétude face au réchauffement climatique – influence les comportements, bien que ses effets varient selon les études.
Des diplômés écoanxieux
Résultats de la première étude en France pour mesurer avec précision l’éco-anxiété dans la population
Depuis 2020, l’enquête « Conditions de vie des étudiants » mesure ce phénomène via une question sur l’inquiétude climatique. En 2023, 87 % des répondants se disent inquiets, surtout les femmes, et cette proportion reste stable malgré l’aggravation des crises. L’écoanxiété diffère également selon le milieu social et scolaire.
Enfin, les conditions de vie influencent aussi les comportements : les étudiants vivant chez leurs parents changent moins, tandis que les difficultés financières favorisent l’adaptation alimentaire mais freinent la mobilité durable.
Fourni par l’auteur
Parmi les étudiants interrogés en 2023, un tiers a modifié à la fois ses habitudes alimentaires et de transport pour des raisons environnementales. Ces changements varient selon le sexe, le milieu social, le niveau d’études et la sensibilité au climat.
Les étudiantes adaptent davantage leur alimentation (18 % contre 9 % des hommes), tandis que les étudiants modifient plus souvent leurs transports (23 % contre 18 %). Les plus diplômés, issus de milieux aisés, écoanxieux ou engagés, changent plus fréquemment leurs comportements : 35 % des étudiants inquiets du climat modifient les deux, contre 7 % des non inquiets.
La participation à des conférences ou à des manifestations, ainsi que la pratique sportive, favorisent les comportements pro-environnementaux : 34 % des sportifs ont changé leurs habitudes, tandis que les effets du tabac ou de l’alcool restent incertains. Les contraintes matérielles jouent aussi : les urbains adaptent davantage leurs transports (21 % contre 15 % en zones rurales) mais moins leur alimentation (14 % contre 21 %). Les étudiants autonomes (38 %) changent plus souvent que ceux vivant chez leurs parents (19 %).
L’éducation à l’environnement et au développement durable – cese
Des freins économiques et géographiques
Les facteurs associés aux changements alimentaires et de transport sont similaires : les femmes, les étudiants sportifs, inquiets du climat ou mieux éduqués sont plus enclins à modifier leurs pratiques. Le niveau d’études reste déterminant : les étudiants de master adoptent plus souvent des comportements durables, étayant le rôle de l’éducation.
Le cadre de vie compte également : la ruralité favorise les changements alimentaires mais freine la mobilité durable, tandis que vivre seul ou en résidence les encourage. Les contraintes financières, en revanche, limitent surtout les changements de transport. Enfin, 34 % des étudiants souhaiteraient changer leur alimentation et 27 % leurs transports sans y parvenir, freinés par leurs conditions économiques ou géographiques : vivre chez ses parents restreint les marges de manœuvre alimentaires, tandis que l’éloignement urbain et le manque de moyens limitent la mobilité durable.
Certaines caractéristiques – milieu social aisé, bon niveau scolaire, engagement environnemental, inquiétude climatique ou pratique sportive – favorisent les comportements pro-environnementaux dans l’alimentation et le transport.
L’enquête « Conditions de vie des étudiants » reste toutefois limitée : elle ne détaille ni les actions concrètes ni la chronologie des changements, rendant difficile l’évaluation des effets leviers ou rebonds. Toutefois l’éducation, formelle ou informelle, demeure un levier central pour encourager les comportements pro-environnementaux, par la sensibilisation, la diffusion de connaissances et la transmission intergénérationnelle.
Le renforcement de l’éducation environnementale, l’accès gratuit à des ateliers ou conférences, surtout dans les zones défavorisées, illustrent cette voie. D’autres leviers peuvent compléter cette action : sport durable, mobilités actives et politiques sociales réduisant les inégalités.
De plus en plus décriés, les zoos jouent pourtant un rôle dans la sensibilisation du public à la sauvegarde des espèces sauvages. À Bruxelles, le premier zoo en réalité virtuelle aurait-il trouvé la formule gagnante ?
En ouvrant son Zoo du futur, l’association Gaia fait le pari que le public continuera de s’émerveiller et à se sensibiliser à la cause animale, sans avoir besoin de garder les animaux en captivité. Ici, l’image numérique d’un tigre dans la simulation en réalité virtuelle. Gaia/Reality Matters, Fourni par l’auteur
Inauguré à Bruxelles en septembre 2025 et ouvert au public jusqu’au 30 décembre 2025, le Zoo du futur, premier zoo européen 100 % virtuel promet l’émerveillement d’un zoo, mais sans cages. Imaginé par l’association de protection animale Gaia, en collaboration avec le studio d’expériences immersives Reality Matters, le Zoo du futur propose au public de repenser la relation entre humains et animaux en lui permettant d’admirer une pléiade d’animaux en liberté dans des environnements naturels reconstitués numériquement.
Deux technologies immersives rendent possible la découverte de ces univers numériques : la réalité virtuelle (VR) via des casques afin d’observer les animaux ainsi que la réalité augmentée via une application mobile pour interagir avec des modules pédagogiques (quiz, informations sur les animaux). L’ambition du projet est double : et si la VR ne servait pas seulement à divertir mais aussi à éduquer afin d’encourager des comportements plus responsables ?
Débat : Des zoos, pour quoi faire ? Visiteurs et babouins de Guinée s’observant mutuellement au Parc zoologique de Paris. F-G.Grandin/MNHN, CC BY-NC
Renouveler l’expérience du public
Ces technologies immersives impactent plusieurs dimensions dans le vécu du visiteur. La première correspond à la métaversification de l’expérience, c’est-à-dire que le digital agrémente désormais les lieux marchands, culturels et touristiques réels. Dans le cas du zoo bruxellois, trois univers thématiques en VR offrent une expérience immersive aux visiteurs : la savane, la banquise et la jungle.
La seconde dimension correspond à l’aspect multisensoriel offert par les nouvelles technologies, qui, à l’instar d’une expérience réelle, stimulent plusieurs, voire tous les sens. Le Zoo du futur combine sons d’ambiance, diffusion d’odeurs et interaction virtuelle qui impliquent les mouvements du visiteur « pour essayer d’avoir l’immersion la plus aboutie possible », comme l’indique Sébastien de Jonge, le directeur des opérations de Gaia que j’ai pu interroger au cours de mes recherches. Lorsque le visiteur s’équipe du casque VR, il voit subitement un éléphant qui s’approche, ses yeux qui plongent dans les siens, sa trompe qui s’élève. Il essaye de toucher l’animal, persuadé de sentir sa présence. L’illusion sensorielle est palpable et l’émotion réelle.
La confrontation avec un éléphant en réalité virtuelle a le potentiel de provoquer plus d’émotions, en permettant de s’approcher et d’interagir avec l’animal. Gaia/Reality Matters, Fourni par l’auteur
La troisième dimension correspond à l’empowerment du consommateur, c’est-à-dire la capacité à agir activement avec son corps et à interagir avec les objets de l’environnement virtuel. En permettant de s’immerger à la première personne dans des environnements virtuels aux graphismes très réalistes, la VR séduit le public qui s’attend désormais à être davantage acteur de son expérience que de simplement avoir à écouter une histoire.
Pour Andy Van den Broeck, fondateur de Reality Matters, la VR est complémentaire à l’expérience réelle, voire magnifiée. Il souligne que « dans un zoo réel, vous ne pouvez pas vous approcher aussi près des animaux pour les observer, ou vous déplacer librement et interagir dans ces grands espaces naturels ». De plus, le zoo virtuel enrichit l’expérience avec de la réalité augmentée afin d’offrir une interaction ludique et éducative avec les animaux.
Un singe tamarin-lion doré et son petit né en 2020 à la Ménagerie, le zoo du Jardin des plantes à Paris. E.Baril/MNHN, CC BY-NC
Provoquer l’empathie pour des animaux, même virtuels
Ces dimensions concourent à stimuler un sentiment d’incarnation, c’est-à-dire à l’illusion d’être le personnage virtuel. L’une des forces de la VR réside dans sa capacité à faire vivre une expérience d’incarnation dans laquelle on n’observe pas seulement, mais où l’on réfléchit et réagit émotionnellement d’une façon semblable que lors d’une expérience réelle (Leveau et Camus, 2023).
Plonger le visiteur dans un environnement virtuel offre aussi l’occasion de lui faire découvrir les animaux tels qu’ils se comportent dans leur environnement naturel, et non dans un enclos artificiel. Gaia/Reality Matters, Fourni par l’auteur
Les technologies immersives développent également l’empathie. Alors que, dans un zoo classique, on contemple des animaux réels, mais privés de liberté, le zoo virtuel exhibe des animaux numériques dans leur habitat naturel. À ce jour, « les visiteurs réfléchissent en termes de protection des espèces, pas d’individus », insiste Sébastien de Jonge. Le zoo virtuel invite à donc renverser le regard en valorisant l’animal comme un être vivant singulier et en proposant une alternative concrète et positive, tout en questionnant les conditions de vie des animaux dans les zoos traditionnels, sans pour autant attaquer leurs méthodes frontalement.
On constate que la gamification interactive associée à la VR, telle que les quiz interactifs sur l’espace vital d’un éléphant, déclenche une prise de conscience et des changements de comportements concrets. Selon Sébastien de Jonge, la réaction du public quant au bien-être des animaux à l’issue de l’expérience virtuelle en témoigne en provoquant des questionnements sur les alternatives à faire valoir. Ainsi, plonger les visiteurs dans des environnements naturels reconstitués en VR suscite une réflexion sur la captivité animale tout en préservant la dimension pédagogique des zoos. Cette approche, en phase avec les attentes des associations de défense animale, invite aussi chacun à repenser son rapport au vivant et à adopter des choix de consommation plus responsables.
Tirer parti des envies contradictoires des consommateurs
C’est précisément le basculement de spectateur passif à acteur impliqué qui confère un rôle inédit dans la sensibilisation éthique et environnementale. L’expérience en VR permet non seulement d’apprendre en interagissant de manière plus directe, mais aussi d’interroger nos modes de consommation et de loisirs. En proposant une alternative plus responsable dans les activités de récréations et de loisirs, la VR agit sur les comportements de manière vertueuse.
À cet effet, la VR contribue à des pratiques marketing plus éthiques en se substituant ponctuellement comme une alternative durable au voyage physique ou en contribuant à un tourisme plus inclusif auprès de certains publics (seniors, PMR, etc.). Pour le zoo, la VR contribue à donner l’illusion d’une expérience réelle sans nuire aux écosystèmes. Gaia défend ce modèle : « Le Zoo du futur, pour nous, c’est une campagne comme une autre », confie Sébastien de Jonge. Les tarifs volontairement bas, à 12 € l’entrée, ne sont pas rentables et confirment cette logique.
Mais qu’en est-il réellement du côté des consommateurs ? Dans un sondage réalisé auprès de 100 personnes, en France, en septembre 2025, 83,4 % déclarent préférer visiter un zoo réel plutôt qu’un zoo virtuel. Pourtant, plus de 98 % d’entre elles déclarent être sensibles au bien-être et aux conditions de vie des animaux en captivité. Ce paradoxe s’observe d’une part à travers le succès commercial des plus grands zoos en Europe, dont la fréquentation dépasse annuellement le million de visiteurs, comme au zoo de Barcelone, d’autre part à travers la multiplication de fermetures de delphinariums (Marineland en France en 2025 ou encore le dernier delphinarium en Belgique, Boudewijn Seapark, dont la fermeture administrative est actée pour 2037).
Enfin, 95 % des personnes interrogées nous ont confié être prêtes à adapter leurs comportements de consommation pour mieux respecter le bien-être des animaux en privilégiant un zoo virtuel plutôt qu’un zoo réel. Ainsi, nous espérons, comme Sébastien de Jonge, que cette fiction-réalité puisse « simplement allumer une lumière dans l’esprit du public » et conduire les zoos à se réinventer pour concilier bien-être animal avec viabilité économique. En cas de succès, le projet temporaire pourrait devenir permanent et esquisser pour les zoos un business model inédit.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que ces technologies génèrent une pollution numérique et que la VR est réputée inciter le visiteur à se rendre dans la réalité sur le lieu qu’il a virtuellement exploré. Un tel dispositif risque donc de s’avérer contre-productif, à l’opposé des ambitions affichées par l’association, malgré la vocation première du projet de conjuguer émerveillement, pédagogie et respect du bien-être animal. Avec son zoo virtuel, Gaia démontre cependant le potentiel de la VR au-delà du simple divertissement : la technologie ouvre la voie à des pratiques plus soutenables et à un modèle économique écocentrique, fondé sur la valeur intrinsèque du vivant.
Pierre-Henry Leveau, Maître de conférences en sciences de gestion et du management à la Faculté de Tourisme, Culture et Hospitalité; membre du laboratoire GRoupe de Recherche ANgevin en Économie et Management, Université d’Angers
Le rapport « Perspectives de l’environnement mondial – Un avenir que nous choisissons« , publié le 9 décembre 2025 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), nous explique pourquoi investir dans la Terre maintenant peut générer des milliers de milliards de dollars de bénéfices pour tous.
Credit: freedomnaruk/Envato
En bref
L’Urgence d’une Transformation Systémique : Synthèse du GEO-7.
Nous sommes entrés en « territoire inconnu ». La septième édition des Perspectives de l’environnement mondial (GEO-7) dresse le constat d’interconnexion de crises climatique, de la biodiversité et de la pollution qui ne s’additionnent plus simplement, mais se multiplient et s’auto-renforcent, menaçant de nous faire franchir des points de bascule irréversibles.
Avec une trajectoire actuelle de réchauffement de 2,4 à 3,9 °C, les politiques existantes sont jugées insuffisantes pour garantir la sécurité humaine et écologique.
Pourtant, ce rapport réfute le fatalisme et affirme qu’un avenir durable reste un choix possible, à condition d’abandonner les approches incrémentales pour des transformations systémiques radicales. GEO-7 identifie le système économique et financier comme le levier principal : sa réforme est le prérequis indispensable pour débloquer la transition des autres systèmes vitaux (alimentation, énergie, matériaux). Cela implique une réorientation massive des flux financiers, notamment l’élimination de 1 500 milliards de dollars annuels de subventions néfastes, et l’adoption de nouveaux indicateurs de richesse intégrant le capital naturel au-delà du seul PIB.
Cette transition représente une opportunité économique majeure : l’inaction coûtera infiniment plus cher que l’action, tandis que la transformation pourrait générer des bénéfices globaux atteignant 20 000 milliards de dollars par an d’ici 2070.
Pour y parvenir, une approche « pangouvernementale » et « pansociétale », adaptée aux réalités régionales, est préconisée : les pays à revenu élevé doivent montrer la voie et financer la dette écologique, tandis que les économies émergentes doivent être soutenues pour opérer un saut technologique (leapfrogging) vers des infrastructures durables.
Malgré les efforts mondiaux et les appels à l’action, notre planète est déjà entrée en territoire inconnu, confrontée aux crises environnementales mondiales du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la dégradation des terres et de la désertification, ainsi que de la pollution et des déchets. Ces crises interconnectées, qui minent le bien-être humain et sont principalement causées par des systèmes de production et de consommation non durables, se renforcent et s’exacerbent mutuellement et doivent être traitées ensemble.
La situation s’aggrave :
Le rythme du réchauffement climatique sera probablement supérieur aux estimations centrales des projections précédentes du GIEC, augmentant le risque de franchir de manière irréversible plusieurs points de bascule climatiques au cours des prochaines décennies. Ceux-ci incluent des changements majeurs dans la circulation océanique, la perte accélérée des calottes glaciaires, le dégel généralisé du pergélisol, le dépérissement des forêts et l’effondrement des écosystèmes des récifs coralliens.
Un million d’espèces sur les huit millions estimées sont menacées d’extinction, certaines d’ici quelques décennies. Les populations de beaucoup d’autres espèces sont en déclin, et leur diversité génétique est considérablement érodée.
On estimait qu’entre 20 et 40 pour cent de la surface terrestre était dégradée en 2022. Entre 2015 et 2019, au moins 100 millions d’hectares (soit la taille de l’Éthiopie ou de la Colombie) de terres fertiles et productives ont été dégradés chaque année dans le monde.
Les déchets solides annuels dépassent actuellement 2 milliards de tonnes et, compte tenu des tendances actuelles, devraient augmenter jusqu’à 3,8 milliards de tonnes d’ici 2050.
Transformer les principaux systèmes humains est essentiel pour faire face aux crises environnementales mondiales. La figure montre que l’ensemble des facteurs engendre une demande croissante de matières premières, d’énergie et d’alimentation, satisfaite par des systèmes de production et de consommation non durables, eux-mêmes intégrés à des systèmes économiques, financiers et de gouvernance non durables. Il en résulte une pression accrue sur les émissions de gaz à effet de serre et de polluants, des changements d’affectation des sols, l’utilisation et l’exploitation des ressources, ainsi que la prolifération d’espèces exotiques envahissantes, autant de causes profondes des crises environnementales mondiales. Par conséquent, pour résoudre ces crises, il est indispensable de transformer les systèmes économiques et financiers, de gestion des matières premières et des déchets, énergétiques et alimentaires.
Ces crises environnementales causent des dommages économiques et sociaux substantiels, notamment aux infrastructures, aux transports et aux services de base, nuisant aux emplois, aux moyens de subsistance, à la croissance économique et à la sécurité, et minant la santé et le bien-être humains, ainsi que la sécurité alimentaire, énergétique et hydrique pour tous, les populations défavorisées étant touchées de manière disproportionnée. Ces crises inversent déjà les acquis du développement socio-économique en augmentant la pauvreté et les inégalités, et en diminuant l’espérance de vie. Elles ne peuvent plus être considérées comme de simples questions environnementales ; ce sont aussi des questions économiques, de développement, de gouvernance, de sécurité, sociales, morales et éthiques.
La plupart des objectifs et cibles environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international ne seront probablement pas atteints avec les politiques et pratiques existantes, y compris ceux de la CCNUCC, de l’Accord de Paris, de la CDB, du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et du Cadre stratégique de la CNULCD 2018-2030, ainsi que les normes de pollution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Par exemple, presque toutes les dimensions de la biodiversité devraient s’aggraver, éloignant le monde de la réalisation des objectifs de biodiversité de 2050 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
Selon si et comment les politiques actuelles et les contributions déterminées au niveau national sont mises en œuvre, la température moyenne mondiale devrait augmenter de 2,4 à 3,9 °C au-dessus des niveaux préindustriels au cours de ce siècle. Ces projections sont bien en deçà de l’objectif de température à long terme de l’Accord de Paris, qui est de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
La hausse de la consommation mondiale de ressources, y compris les matériaux, l’énergie, l’eau et la nourriture, est principalement alimentée par des modes de vie de plus en plus gourmands en ressources, en particulier dans les pays à revenu élevé, ainsi que par la croissance économique, les changements démographiques et l’urbanisation. Cette demande croissante est satisfaite par une production et une consommation non durables sur le plan environnemental dans le contexte des systèmes économiques, financiers et de gouvernance actuels, qui sont eux-mêmes inadaptés pour relever ces défis de manière durable. Cela conduit à des pressions toujours croissantes dues au changement d’utilisation des terres, à l’utilisation et à l’exploitation des ressources, aux émissions de gaz à effet de serre et de polluants, et aux espèces exotiques envahissantes. Collectivement, ce sont les causes sous-jacentes des crises environnementales mondiales interconnectées du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la dégradation des terres et de la désertification, ainsi que de la pollution et des déchets.
Nouveaux scénarios de réalisation des objectifs du GEO-7 Pour illustrer comment atteindre les objectifs mondiaux, le GEO-7 a élaboré deux scénarios de réalisation des objectifs contrastés. Ces scénarios combinent différents ensembles de solutions au sein de cinq systèmes interdépendants (détaillés dans les encadrés 11.1 et 11.2). Leur comparaison avec les tendances actuelles met en évidence l’ampleur et les efforts nécessaires, et conclut à la nécessité d’une action coordonnée et sans précédent. La transformation axée sur les comportements est impulsée par l’évolution des valeurs et des normes sociétales vers la suffisance, accompagnée d’une baisse significative de la consommation, notamment dans les pays riches. La transformation axée sur les technologies vise à atteindre les objectifs grâce aux gains d’efficacité et aux technologies propres dans un monde économiquement globalisé et marchandisé.
2 – Solutions transformatrices
Des trajectoires de solutions transformatrices sont possibles – des approches systémiques, pan-gouvernementales et sociétales, à l’échelle et au rythme nécessaires, peuvent permettre d’atteindre les objectifs environnementaux et fournir des avantages sociaux et économiques.
Atteindre les objectifs et cibles environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international exige la transformation des systèmes économiques et financiers, des matériaux/déchets, de l’énergie et de l’alimentation – les systèmes humains – ainsi que la transformation de la manière dont le système environnemental est géré pour la durabilité et la résilience.
L’analyse des scénarios du GEO-7 montre que les objectifs environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international peuvent encore être atteints, mais qu’ils nécessiteront une action sans précédent. Il existe de multiples voies pour y parvenir, avec des bénéfices pour les populations et la planète. Cela nécessite de combiner des solutions transformatrices cohérentes et coordonnées au sein et entre les systèmes – économiques et financiers, matériaux/déchets, énergie, alimentation et environnement – et les objectifs de bien-être et environnementaux, afin de minimiser les compromis potentiels et de tirer parti des synergies.
Un cadre de transformation est essentiel pour la formulation et la mise en œuvre stratégique de trajectoires de solutions à travers les systèmes, les régions et les échelles. Les trajectoires de solutions doivent se concentrer sur des transformations à l’échelle du système, en identifiant ce qui doit être développé, progressivement éliminé, évité et préservé. Elles doivent articuler des solutions à court et à long terme, anticiper et réduire les incertitudes, impliquer une pluralité d’acteurs et de perspectives, et aborder explicitement la nature politique du changement.
Il existe une fenêtre d’opportunité qui se réduit rapidement pour adopter et mettre en œuvre avec succès les solutionsnécessaires à la transformation des systèmes.
Les gouvernements et les organisations intra- et intergouvernementales, en collaboration avec le secteur privé, les institutions financières, le monde universitaire et la société civile, doivent :
coproduire des politiques et trajectoires de solutions,
développer et déployer des technologies appropriées,
fournir le niveau de financement nécessaire et
motiver et accélérer les changements institutionnels, sociaux et culturels Ceux-ci doivent être réalisés à un rythme, une échelle, un niveau d’intégration et une profondeur sans précédent, tout en réformant les pouvoirs existants, tels que les intérêts particuliers, et les structures économiques qui perpétuent les inégalités. Bien que certains progrès soient réalisés, ils ne se produisent pas au rythme et à l’échelle nécessaires.
Les avantages économiques de l’action dépassent les coûts de la transformation, car les dommages causés par les crises environnementales mondiales deviendront de plus en plus graves au cours des prochaines décennies. Les avantages macroéconomiques annuels globaux de la transformation sont estimés débuter vers 2050 et augmenter pour atteindre environ 20 000 milliards de dollars US par an d’ici 2070, et plus de 100 000 milliards de dollars US par an d’ici 2100, représentant plus de 25 pour cent du PIB mondial projeté en 2100.
Atteindre les objectifs environnementaux, parallèlement aux avantages sociaux et économiques, nécessite une approche pangouvernementale et pansociétale. Cela implique d’identifier et de capitaliser sur des solutions qui profitent simultanément à plusieurs systèmes, et qui sont justes et équitables, en assurant la participation de tous les agents du changement, tels que les acteurs et les réseaux d’acteurs. Cela implique également de changer les attitudes et les comportements, de réformer les structures de gouvernance nationales et multilatérales existantes et de prendre en compte les diverses visions du monde et systèmes de connaissances.
La transformation vers la durabilité peut être mieux servie par des actions réparatrices qui accordent une plus grande place aux perspectives des peuples autochtones et les intègrent davantage dans l’élaboration des politiques et les processus décisionnels. Cette figure présente les perspectives des peuples autochtones sur les futurs souhaités identifiés dans le GEO-7. Dialogue sur les connaissances autochtones et les connaissances locales
Les connaissances, les valeurs et les modes de vie des peuples autochtones et des communautés locales contribuent aux transformations vers des avenirs durables et justes. Ils offrent des concepts de relations humain-nature basés sur une éthique du soin et des modes d’organisation des économies qui adoptent une approche holistique du bien-être. En s’appuyant sur des pratiques de gestion durable et des stratégies d’adaptation, les connaissances autochtones et les connaissances locales peuvent fournir des orientations concrètes sur les actions relatives au soin des territoires et de la vie, ainsi qu’en relation avec l’énergie, l’alimentation, la gouvernance et les économies.
Transformation des systèmes : exemples de solutions proposées dans GEO-7 Chaque chapitre consacré à un système détaille ces pistes de solution et les actions nécessaires pour accélérer la transformation.
3 – Transformation économique
La transformation des systèmes économiques et financiers débloquera celles des systèmes de matériaux/déchets, de l’énergie et l’alimentation, et améliorera la gestion de l’environnement.
La transformation des systèmes économiques et financiers est une condition préalable à la transformation des autres systèmes, notamment :
l’élimination progressive et la réaffectation des subventions nuisibles à l’environnement, d’environ 1 500 milliards de dollars US par an provenant de l’énergie, de l’alimentation et de l’exploitation minière ;
l’internalisation des externalités sociales et environnementales dans les prix des biens et services d’environ 45 000 milliards de dollars US par an provenant des systèmes énergétiques et alimentaires;
le dépassement des mesures traditionnelles de l’activité économique, et spécifiquement du produit intérieur brut (PIB) tel qu’il est conventionnellement mesuré, en incluant le capital naturel et le bien-être humain dans la prise de décision;
et l’alignement des flux financiers sur les objectifs environnementaux internationaux pour transformer les systèmes énergétiques, matériels/déchets et alimentaires. Cela inclurait la fourniture de l’investissement estimé à 6000-7000 milliards de dollars US par an (Cela représente environ 7% du PIB de 2025) nécessaire pour atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre (GES) dans le monde d’ici 2050, ainsi que le comblement d’un déficit estimé à 700 milliards de dollars US par an pour la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité. Cela pourrait être fait tout en tenant compte des besoins des parties les plus pauvres et les plus vulnérables de la population grâce à des mécanismes compensatoires.
La transformation du système des matériaux/déchets nécessite la mise en œuvre d’une économie circulaire mondiale, notamment :
l’élimination des déchets dès la conception de la production et de la consommation (par exemple, dans les systèmes énergétiques, alimentaires et hydriques);
l’orientation des investissements pour assurer la circularité dans l’économie, la production et la consommation;
le développement de marchés efficaces pour les matériaux secondaires,
la création d’un système commercial mondial transparent pour les biens et services circulaires,
et une transformation sociétale inclusive vers des modes de vie durables. Cela peut réduire considérablement la production de déchets et les pertes économiques, dépassant 8 100 milliards de dollars US par an, associées à la pollution environnementale. Cela peut également aider à éviter des augmentations significatives des activités extractives pour les minéraux critiques de la transition énergétique, offrant des co-bénéfices environnementaux clairs et abordant d’autres problèmes, y compris la crise mondiale de la pollution plastique.
La transformation du système énergétique mondial nécessite une approche multidimensionnelle qui aborde simultanément l’accès à l’énergie et la pauvretéet s’aligne sur les objectifs et cibles environnementaux convenus (ou adoptés) au niveau international, notamment :
la diversification de la production d’énergie, y compris l’utilisation accrue des technologies d’énergie renouvelable, par exemple le solaire et l’éolien, tout en accélérant simultanément l’élimination progressive des combustibles fossiles sans dispositif d’atténuation,
l’électrification des services énergétiques finaux dans les transports, l’industrie, le logement et l’agriculture,
la promotion d’une production et d’une distribution efficaces;
l’incitation aux pratiques de gestion de la demande, et
la garantie de la durabilité des minéraux critiques de la transition énergétique.
Tirer parti des interactions systémiques pour accélérer les transformations Le système environnemental constitue le socle, intégrant les systèmes alimentaires, énergétiques et de gestion des matériaux/déchets, ce qui reflète leur interdépendance et leur impact sur l’environnement. Les systèmes économiques et financiers jouent un rôle central dans la transformation de l’ensemble des systèmes. Leur transformation est une condition préalable à toute transformation efficace des systèmes alimentaires, énergétiques et de gestion des matériaux. Ils déterminent le fonctionnement de ces systèmes et influencent directement les résultats environnementaux. Selon leur structure, ils peuvent soit faciliter, soit freiner la transformation.
4 – Le contexte régional
La conception des trajectoires de solutions doit être adaptée au contexte social, économique et écologique de chaque région.
La transformation du système alimentaire nécessite des actions de la part des décideurs politiques, des régulateurs, de l’industrie alimentaire, du secteur financier, des agriculteurs, des chercheurs, des communautés et des individus, notamment :
passer à des régimes alimentaires sains et durables, y compris une plus grande consommation d’aliments d’origine végétale;
adopter des pratiques de production alimentaire plus durables et résilientes ;
réduire les pertes et le gaspillage alimentaires et améliorer la circularité dans l’ensemble des systèmes alimentaires;
accélérer le développement et l’adoption de nouvelles protéines alternatives, telles que la viande cultivée,
et réformer les marchés et le commerce alimentaires, par exemple en diversifiant les chaînes d’approvisionnement de l’agro-industrie et en encourageant les pratiques écologiquement responsables.
Une gestion améliorée du système environnemental pour la durabilité et la résilience nécessite des actions, notamment :
protéger, conserver et restaurer les écosystèmes et la biodiversité, conjointement avec des pratiques de gestion durable des terres,
adopter une gouvernance adaptative pour sauvegarder les droits, l’accès et les avantages des peuples autochtones sur leurs terres traditionnelles, et tirer parti de leurs connaissances;
adopter la mise en œuvre à grande échelle de solutions fondées sur la nature, pour restaurer et maintenir des systèmes socio-écologiques sains,
et garantir que la bioéconomie émergente est circulaire et durable.
Les crises environnementales mondiales affectent négativement chaque région du monde, bien qu’avec une grande variabilité, freinant le développement socio-économique, les conséquences les plus graves étant subies par les populations les plus vulnérables et défavorisées. Au sein de chaque région, les différences sous-régionales en matière de vulnérabilité, de capacité et de priorités doivent être reconnues lors de l’adaptation des trajectoires de transformation.
Les régions sont interconnectées par des systèmes humains et naturels pilotés par des processus tels que le commerce, l’investissement, le tourisme, la migration, l’invasion d’espèces et les flux de services écosystémiques, qui peuvent avoir des avantages, comme le commerce international, ainsi que des impacts négatifs, par exemple l’exploitation de la main-d’œuvre et des ressources naturelles. À mesure que les systèmes se transforment au niveau régional, ces dynamiques peuvent changer. Les trajectoires de solutions présentées dans le GEO-7 pour transformer les systèmes et leurs implications sont spécifiques à chaque région, ce qui tient compte de leurs priorités communes et différenciées mais spécifiques.
Des trajectoires de solutions et des transformations de systèmes sur mesure sont nécessaires pour aborder les problèmes spécifiques à chaque région ou pays, en tenant compte de leurs circonstances socioculturelles, économiques, de développement, environnementales, de gouvernance et financières, ainsi que des problèmes communs à toutes les régions.
Reconnaissant que tous les pays se soucient d’une croissance économique durable, les pays à revenu élevé peuvent plus facilement adopter des politiques vertes ambitieuses, réduire la consommation de ressources, reconnaître le principe de responsabilité commune mais différenciée, arrêter l’exportation d’impacts environnementaux négatifs et tirer parti de la durabilité mondiale grâce à la finance et aux capacités technologiques. Les pays à revenu intermédiaire peuvent adopter le développement d’infrastructures innovantes et des politiques vertes.
Les pays à faible revenu peuvent surmonter des défis tels que la faim et la pauvreté, améliorer les moyens de subsistance, construire des communautés et des infrastructures résilientes au climat, tout en réduisant les émissions en sautant les étapes des technologies obsolètes (technologie « saute-mouton » ou leapfrogging) et en tirant parti d’investissements ciblés et du soutien international.
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