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Nos deux ateliers “jeunesse et biodiversité” au sommet mondial de la jeunesse de l’UICN

mercredi 21 avril 2021 par Nouveau site

À l’occasion du sommet mondial de la jeunesse de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), des jeunes d’une dizaine de pays nous ont parlé de leur engagement pour la biodiversité. 

2021, une année importante pour la biodiversité

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature devrait tenir son congrès mondial à Marseille, du 3 au 11 septembre 2021. Le congrès, 26e du nom, devrait réunir plus de 1 300 organisations représentant les gouvernements, la société civile et les peuples autochtones. Elles tâcheront de définir ensemble les actions prioritaires de conservation de la nature. En amont, l’UICN organisait du 5 au 16 avril son sommet mondial de la jeunesse, entièrement en ligne. Le mot d’ordre : « La nature, notre avenir ». Plus de 10 000 jeunes du monde entier se sont connecté·e·s à quelque 220 événements favorisant l’apprentissage, les échanges et le renforcement de l’engagement des mouvements de jeunesse pour la nature et le climat. 

Deux ateliers pour réfléchir sur l’action des jeunes pour la biodiversité

CliMates, les Jeunes Ambassadeurs pour le Climat et le REFEDD ont organisé deux ateliers participatifs dans le cadre de ce sommet mondial, les 7 et 8 avril. Ils ont regroupé 70 jeunes d’une dizaine de pays francophones. Les participant·e·s ont pu échanger des moyens par lesquels la jeunesse peut agir en faveur de la biodiversité. Les deux ateliers, en lien direct avec les Objectifs de développement durable (ODD) 14 et 15 de protection de la faune et de la flore aquatiques et terrestres, s’inscrivaient par ailleurs dans la semaine étudiante du développement durable (SEDD).

La discussion était structurée autour de trois thématiques proposées aux participant·e·s. Quelle est leur perception de la biodiversité et des services écosystémiques ? Quel regard portent-il·elle·s sur l’ampleur de l’érosion de la biodiversité et sur la place qu’occupe cette dernière dans le débat public ? Enfin et surtout, comment s’engager en tant que jeune : quel positionnement adopter, par quels caneaux agir et comment faciliter l’engagement ? Les échanges, riches, ont été retranscrits en dessin et en direct par la graphiste Marguerite Boutrolle. La synthèse des deux ateliers intégrera le rapport du sommet de la jeunesse. 

Une jeunesse engagée pour la biodiversité

Les participant·e·s ont témoigné de leur engagement personnel. Celui-ci se  traduit pour beaucoup par leurs choix d’études, souvent scientifiques : biologie et écologie, gestion des forêts et territoires tropicaux, etc. Plusieurs participant·e·s sont engagé·e·s dans des associations locales, souvent en lien avec la sensibilisation des publics scolaires. Parmi les plus âgé·e·s d’entre eux·elles (l’IUCN définit comme « jeunes » les personnes âgées de moins de 35 ans), certain·e·s travaillent dans l’administration territoriale et essaient d’intégrer les problématiques de biodiversité dans les politiques locales. Il ressort de ces parcours que la prise de conscience puis le passage à l’action chez les jeunes sont déclenchés par des informations majoritairement obtenues par des démarches personnelles, davantage que par le système éducatif ou par les médias. 

La lucidité des jeunes face à l’ampleur du péril et l’inaction qu’il suscite

En effet, les participant·e·s témoignent d’un certain isolement dans leur engagement, fruit du décalage très net qu’il·elle·s percoivent entre les menaces liées à l’érosion de la biodiversité et l’inaction des dirigeant·e·s et l’indifférence de leur entourage. Lucides, les participant·e·s n’en étaient pas moins surpris·e·s par certains faits ou chiffres concernant l’ampleur de la destruction anthropique, rappelés par les animatrices des ateliers.

Il·elle·s regrettent que les questions de biodiversité ne soient pas prises au sérieux, ou alors de manière superficielle et sensationnaliste, en se focalisant sur quelques mammifères emblématiques par exemple. Il·elle·s décrivent une pensée non-systémique, que trahissent à la fois les difficultés à appréhender les relations complexes de causes à effets de la perte de la biodiversité, et le déni quant aux transformations sociétales nécessaires. Interrogé·e·s sur le futur, ils sont nombreux à anticiper un désastre, celui d’une biodiversité perdue et de jeunes générations lésées, en colère. Sur un ton plus optimiste, il·elle·s évoquent aussi la fin d’une séparation délétère entre l’humain et l’environnement, une “reconstruction initiée et à continuer”, et des solutions concrètes.

Des idées d’actions pour protéger la biodiversité

Les deux ateliers ont permis de comparer les moyens d’action en faveur de la biodiversité. Les participant·e·s restent très attaché·e·s aux leviers institutionnels, des négociations internationales aux méthodes de démocratie participative locale. Beaucoup s’accordent sur la nécessité d’une sensibilisation et d’une action intergénérationnelles, qui ne déchargent pas  l’entière responsabilité sur les jeunes ni ne culpabilisent les générations plus âgées. Mais les participant·e·s invoquent également les voies de l’activisme (manifestations, boycotts, etc.) et celles des actions de terrain, notamment en milieu rural, par exemple la création d’îlots résilients. 

Des freins à lever pour l’engagement des jeunes

Les jeunes font état de difficultés à donner à leur engagement une portée à la hauteur des enjeux de biodiversité. Ils ont besoin que leur engagement associatif et professionnel en faveur de l’environnement soit bien plus valorisé. Ils ont également besoin de plus de financements, pour démultiplier leur impact. Enfin, certains jeunes font le constat d’une forme d’isolement dans leur action, qui pourtant devrait s’intégrer dans une dynamique globale pour parvenir aux résultats escomptés. Ironiquement, les organisations internationales qui tentent d’organiser la conservation de la nature depuis les années 1970 le font elles-mêmes de manière plutôt cloisonnée, comme en témoignent les nombreuses conventions sur le sujet : Convention de Ramsar de 1971, relative aux zones humides, Convention du patrimoine mondial de 1972, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) de 1973, ou encore Convention sur la diversité biologique de 1992.

Jeunesse et biodiversité, un rendez-vous à ne pas manquer !

Il est à souhaiter que le partage de ces constats permette de renforcer les engagements des jeunes et aboutisse à des avancées concrètes dès le congrès mondial de l’UICN, du 3 au 11 septembre 2021. 

Deviens Jeune Délégué·e pour la Biodiversité et participe aux négociations internationales !

Enfin, pour amplifier la participation des jeunes aux négociations internationales pour la biodiversité, les JAC, CliMates et le REFEDD, en collaboration avec le Ministère de la transtion écologique, recrutent un·e Jeune Délégué·e (JD), âgé·e·e de 18 à 25 ans. Il·elle participera, au sein de la délégation française, aux négociations encadrées par la Convention pour la Diversité Biologique (CDB). CV et lettre de motivation sont à envoyer à : jd.biodiversite@gmail.com

Article rédigé par Gabriel Goll. 

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Un engagement étudiant pour une alimentation plus durable et saine

mercredi 31 mars 2021 par Nouveau site

L’alimentation est un sujet sensible, qui touche autant à notre construction sociale et culturelle qu’à nos habitudes quotidiennes. Certain.e.s ne voient leur alimentation que par le prisme de la nutrition, d’autres par le plaisir sensoriel qu’elle leur procure et d’autres encore par les choix qu’il.elle.s revendiquent via leur consommation. Depuis sa création, le REFEDD milite pour une alimentation durable, qui vise à nourrir les êtres humains en qualité et en quantité suffisante, aujourd’hui et demain, dans le respect de l’environnement, en étant accessible économiquement et rémunératrice sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. [1]

L’alimentation durable, un sujet au cœur des actions du REFEDD

  • Le projet Foodent

Durant toute l’année universitaire, le REFEDD mène des projets en lien avec l’alimentation durable, notamment à travers le projet Foodent, lancé en septembre 2020. Ce projet vise à sensibiliser et à donner accès aux étudiant.e.s à une alimentation durable. 

Une série de reportages vidéos, Les rencontres de Foodent, vient d’être lancée. L’objectif ? Aller à la rencontre des acteur‧rice‧s de l’alimentation durable et explorer différentes thématiques comme l’agriculture, la santé, les circuit-courts ou la précarité étudiante. Les épisodes sont publiés régulièrement sur les comptes instagram et facebook de Foodent, alors abonnez-vous ! 

  • Guide, fiches pratiques et formation

En parallèle, le REFEDD se donne pour mission d’aider les étudiant.e.s à se former aux enjeux environnementaux. C’est pourquoi, le REFEDD propose un guide sur l’Alimentation durable et de nombreuses fiches pratiques : Compost, Permaculture ou Pesée des déchets. Le REFEDD peut également réaliser gratuitement pour les associations étudiantes une formation sur l’alimentation durable. Cette formation permet de mieux comprendre le système agricole et les moyens d’actions sur son campus et en tant que consommateur.rice. Le plus souvent, cette formation est suivie par un atelier cuisine afin de mettre en pratique les connaissances fraîchement acquises. 

  • Commission alimentation

Enfin, au sein de son antenne d’ Île-de-France, le REFEDD coordonne depuis trois ans une commission alimentation. Cette commission rassemble une douzaine d’associations étudiantes d’Île-de-France travaillant sur les enjeux de l’alimentation durable. L’objectif de cette commission est de partager les expériences de chacun‧e et de réfléchir ensemble à ces enjeux. Cette commission permet, d’une part, au REFEDD de porter la parole des étudiant‧e‧s sur ces questions auprès des organismes décisionnels comme le CROUS. D’autre part, elle permet aux associations d’être accompagnées sur leurs projets, d’avoir plus d’opportunités et de créer de nouvelles relations. 

De cette commission alimentation est née, cette année, pour la SEDD, un concours de recettes inédit ! En effet, huit associations (Dauphine Durable, Cop’1-Solidarité étudiante, Science Po Environnement, Génération équitable, I’SEE, PSA Green, Assas environnement, REFEDD via Foodent) lancent du 22 mars au 11 avril un concours de recettes. Les participant.e.s doivent proposer des recettes simples, à prix étudiant, avec des produits équitables ou locaux, selon quatre catégories : anti-gaspi, originalité, meilleur visuel et dessert. Tentez de gagner des masterclass avec des chef.fe.s, des paniers éthiques et gourmands ou des livres de cuisine en envoyant votre recette à concours.recette@gmail.com.

Nos partenaires impliqué.e.s sur les questions d’alimentation durable

Depuis maintenant plusieurs années, le REFEDD a constitué un réseau d’acteurs et actrices impliqué.e.s sur les thématiques d’alimentation durable et imagine avec eux‧elles des projets et initiatives permettant aux étudiant‧e‧s de s’informer et d’accéder à une alimentation plus durable.

  • Le projet Je mange pour le futur

L’un de ces projets est celui créé par la Chair ANCA : Je mange pour le futur, une enquête entre fiction et réalité diffusée sur instagram, dans le but de sensibiliser les 18-35 ans et leur donner les clés pour une alimentation bonne pour la santé et l’environnement. Du 1er mars au 23 mai 2021, vous pouvez suivre les aventures de Sasha, influenceuse fictive qui se pose des questions sur son alimentation. Durant 12 semaines, suivez cette « apprentie influenceuse » et découvrez avec elle des acteur.trice.s varié.e.s : chercheur.euse.s, acteur.trice.s de terrain mais aussi chef.fe.s-cuisiniers et commerçant.e.s. Le tout pour mieux comprendre comment faire des choix plus vertueux, en expérimentant des nouvelles manières de s’alimenter sans prise de tête, tout en se faisant plaisir.

Compte Instagram Je mange pour le futur
  • Les engagements des CROUS 

Le REFEDD collabore également avec les CROUS de Paris, Poitiers, Grenoble, Lyon, Lille et Brest qui renforcent leurs engagements :  diminution et valorisation des déchets, origine des produits et offres végétariennes, etc.

A Paris, pendant toute la semaine officielle de la SEDD, du 29 mars au 2 avril, le CROUS s’engage notamment avec la mise en place de menus végétariens complets dans tous les restaurants universitaires, de l’entrée au dessert. 

De plus, les étudiant.e.s sont invité.e.s à participer à un concours de recettes. Du 29 mars au 3 avril, ils.elles peuvent proposer une ou plusieurs recettes d’entrée, plat ou dessert déclinable dans les RU, les cafétérias ou les espaces de libre-service. Les critères ? Du bio et du local ! Le CROUS sélectionnera les 10 meilleures recettes qui seront ensuite proposées régulièrement sur les sites de restauration du CROUS. Les lauréat.e.s seront également convié.e.s à une soirée dégustation de ces recettes sur la Barge du CROUS de Paris. 

Exemple de menu végétarien du CROUS de Paris

A Lyon, les exemples ne manquent pas. Certains Restaurants Universitaires de Lyon ont mis en place la méthanisation des biodéchets, et des lombricomposteurs sont installés dans la plupart des grandes résidences étudiantes. Dans les RU, une offre végétarienne est proposée tous les jours en partenariat avec une diététicienne. En complément de cette offre, des animations de sensibilisation ont lieu régulièrement. 

L’origine de tous les produits fait également l’objet d’une attention particulière. 80 % des fruits et légumes sont locaux et labellisés Haute Valeur Environnementale. Toutes les viandes sont labellisées Bleu Blanc Cœur et d’origine française. Tous les produits laitiers sont issus de l’agriculture biologique. Une grande partie des cafés proposés en cafétéria ou pour les prestations traiteur sont issus du commerce équitable. Pour finir, de nombreuses initiatives sont développées pour réduire les invendus : en octobre dernier, sept cafet’ du CROUS de Lyon réalisaient une « Happy Hours » où les produits invendus du jour étaient proposés à moitié prix aux étudiant.e.s.

Tour d’horizon des événements étudiants de la Semaine Etudiante du Développement Durable en lien avec l’alimentation durable

Les associations étudiantes membres du REFEDD sont très actives sur la question de l’alimentation durable et d’autant plus pendant la SEDD. 

Nous avons récemment été rejoints par 10 milliards à table, une association de 3 étudiantes de l’ESCP qui veulent concilier consommation responsable, gourmandise assumée et budget étudiant. De janvier à juillet 2021, elles vont parcourir l’Europe à la recherche de bonnes pratiques sur l’alimentation durable pour répondre à la question « Comment nourrir 10 milliards de personnes en 2050 ? ». Vous pouvez les retrouver jeudi 1er avril 2021 à 15h en ligne pour échanger avec elles sur leur projet. 

L’association d’apiculture de Kedge Business School, Kedge’Bees, organise une mini-SEDD sur son compte Instagram et à Bordeaux. Du 27 mars au 9 avril, il.elle.s proposent une sensibilisation et des ateliers Do It Yourself sur différentes thématiques : la pollinisation et ses enjeux, les insectes pollinisateurs, les bienfaits du miel, la consommation durable et responsable… A noter notamment, leur vidéo « Découvrir Bordeaux à travers une consommation locale et responsable » samedi 3 avril, et le HoneyTruck mercredi 7 avril de 10h à 19h. 

A Toulouse, l’association ESN (Erasmus Student Network) organise le 4 avril la visite du marché pour acheter de quoi cuisiner de bons plats maisons et les distribuer dans les rues du centre-ville de Toulouse. Dans un premier temps, les participant.e.s visiteront le marché Saint-Aubin et son côté paysan et biologique, avec une mise en lumière des circuits-courts. Ils.elles pourront alors choisir les ingrédients pour réaliser une recette diététique et écologique. Pour finir, les repas préparés seront distribués à des personnes dans le besoin.

Si vous souhaitez que le REFEDD vous accompagne dans la création d’une commission alimentation sur votre territoire, n’hésitez pas à contacter eco-circulaire@refedd.org.

Sources

1 – Alimentation durable : définition et enjeux, par l’Ademe 

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Biodiversité, il est plus que temps d’agir !

lundi 29 mars 2021 par Nouveau site

Peut-être l’avez-vous déjà remarqué, lorsque vous partez en vacances, de moins en moins d’insectes viennent s’écraser sur votre pare-brise. Une bonne nouvelle me direz-vous, et bien pas forcément ! 

C’est ce que l’on appelle communément « l’effet pare-brise », l’une des conséquences les plus visibles du déclin de la biodiversité en général et des insectes en particulier. Puisque ces derniers sont chaque année moins nombreux, ils sont aussi bien moins susceptibles de croiser notre route. C’est pourquoi il est grand temps d’agir en faveur de la biodiversité. 

Dans cet article nous vous proposons donc un petit tour d’horizon de l’état de actuel de la biodiversité avant de vous suggérer des pistes pour agir à votre niveau.

La biodiversité, késako ? 

Si le terme biodiversité nous est relativement familier, en donner une définition claire est moins aisé. La biodiversité fait en réalité référence à l’ensemble des espèces et êtres vivants présents sur terre. Elle est généralement étudiée à plusieurs niveaux : 

  • Les écosystèmes
  • Les espèces
  • Les populations
  • Les individus
  • Les gènes

Un état des lieux alarmant

Depuis la fin des années 1980 l’état de la biodiversité est devenu une préoccupation majeure et pour cause, elle fait face à une véritable crise qui ne va pas en s’arrangeant. L’accélération exponentielle des activités humaines depuis l’avènement de la Révolution Industrielle a entrainé un déclin accéléré de nombre d’espèces.

En effet, l’impact de nos différentes activités (industrielles, agricoles, urbaines, etc.) est considérable sur les écosystèmes et les individus qui les composent. Pour ne citer que les activités agricoles, celles-ci sont responsables de 80% de la déforestation, 70% de l’utilisation d’eau douce et 70% de la perte de biodiversité terrestre !

Le réchauffement climatique qui dérive de toutes ces activités est aussi l’une des principales causes de l’effondrement de bon nombre d’espèces animales.

Plusieurs rapports récents dressent un constat alarmant de l’état de la biodiversité, voici quelques chiffres qui vous aideront à prendre conscience de l’ampleur du problème :

  • En France, 55% des populations d’insectes sont en état de conservation défavorable. Quant aux insectes vivant en milieu aquatique et humide, seuls 15% sont dans un état favorable !
  • En Allemagne, les scientifiques ont constaté une baisse de 76% de la biomasse d’insectes volants sur de nombreuses zones protégées, entre 1989 et 2016.
  • Dans 16 pays européens, les papillons ont vu leur population baisser de 39% depuis 1990.
  • Au niveau planétaire, les populations de vertébrés ont chuté de 68% entre 1970 et 2016 ! Ce chiffre augmente encore une fois lorsque l’on s’intéresse aux espèces d’eau douce : on y constate un déclin de 84% des populations.

Des conséquences désastreuses

Évidemment, la disparition d’espèces est un drame en soi, mais on oublie souvent le rôle immense que joue la diversité pour la survie de l’espèce humaine. De fait lorsque l’on observe un peu la biodiversité et les conséquences de son extinction l’on se rend compte à quel point toutes les espèces (animales, végétales et humaines) sont interconnectées. 

Les conséquences de ce déclin sont donc d’autant plus préoccupantes que la disparition d’une espèce entraîne bien souvent des effets en cascade qui affectent tout ou partie des écosystèmes.

Sans insectes pollinisateurs c’est notre sécurité alimentaire toute entière qui est en danger, par exemple. Nombre d’espèces agricoles ont ainsi besoin d’être pollinisées pour produire. C’est le cas des tomates, courgettes ou encore de la plupart des arbres fruitiers. Sans pollinisation la production sera moindre ou inexistante, entraînant des pénuries alimentaires et une augmentation des prix, entre autres. 

Bon nombre d’espèces animales jouent quant à elles un immense rôle dans le contrôle des parasites et des maladies affectant les productions agricoles. Ce n’est sans doute pas une coïncidence si ces dernières années ont vu une augmentation des ravageurs et maladies touchant certaines cultures.

La disparition d’espèces végétales, pour sa part, affecte grandement les industries pharmaceutiques et cosmétiques puisque les plantes constituent la base de bon nombre de produits utilisés au sein de celles-ci.

D’ailleurs, si la COVID-19 nous a confirmé quelque chose, c’est que la destruction de notre environnement et le déclin de la biodiversité qui l’accompagne contribue plus que jamais à l’apparition de « zoonoses », des maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Sacrée piqûre de rappel, n’est-ce-pas ?

Des pistes pour agir

La situation est certes préoccupante, mais il est encore temps d’agir. Si rien ne vaut des actions coordonnées au niveau national et international, cela ne nous empêche pas nous, simples citoyens, d’adopter des gestes simples pour favoriser la biodiversité à notre niveau. 

Voici quelques pistes pour apporter votre grain de sel à cette belle cause :

  • Éteignez vos lumières extérieures la nuit, cela évitera à bon nombre d’insectes de finir leur vie sur vos ampoules
  • Plantez des plantes mellifères et nectarifères sur vos balcons, bords de fenêtre ou au jardin (buddleia, lantana, cosmos, lavande ou encore échinacée)
  • Privilégiez les plantes locales
  • Laissez fleurir vos aromates et certaines de vos plantes potagères comme les carottes
  • Retardez ou cessez de tondre votre pelouse
  • Bannissez les pesticides de votre jardin comme de votre assiette
  • Installez des refuges pour les animaux et insectes : hôtel à insectes, pierres, pots en terre cuite remplis de paille, tas de bois mort etc.
  • En règle générale, si vous avez un jardin, laissez la nature faire son travail autant que possible, plus il sera « sauvage » plus les petites bêtes seront contentes
  • Diminuez votre consommation de viande
  • Luttez contre le gaspillage alimentaire

Tous ces petits gestes contribuent grandement à favoriser la biodiversité à l’échelle nationale et mondiale certes, mais aussi locale. Et pour cause, la biodiversité est partout et pas seulement en plein milieu de la jungle amazonienne. 

Si vous en doutez, nous ne pouvons que vous encourager à participer au concours « Parcours ta biodiversité » organisé en partenariat avec l’association Agir pour l’Environnement. 

Pour cela rien de plus simple, il suffit de sortir de chez vous et photographiez la biodiversité que vous observez. De jolis lots sont à gagner, dont des sachets de graines mellifères, de quoi booster la biodiversité par chez vous ! 

Article et photos par Noémie Melen, rédactrice blog

Sources

Rapports

Rapport du Commissariat général au développement durable, mars 2020

“More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas”, PLOS One, 18 octobre 2017

Insect decline in the Anthropocene: Death by a thousand cuts”, PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America)

Rapport Planète Vivante 2020: Infléchier la courbe de la perte de la biodiversité, WWF

Sites webs

https://www.actu-environnement.com/ae/dictionnaire_environnement/definition/biodiversite.php4
https://youmatter.world/fr/definition/biodiversite-definition-etat-protection/
http://www.fao.org/emergencies/urgences/ravageurs-et-maladies-des-plantes/fr/

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2021, une année cruciale pour le climat

mercredi 24 mars 2021 par Nouveau site

Affaire du Siècle, Loi climat et résilience, inscription de la protection de l’environnement dans la Constitution…

Le 20 janvier dernier, le gouvernement adoptait devant le Conseil d’État, un projet de loi intégrant la protection de l’environnement dans la Constitution. Dans la foulée, les associations de l’Affaire du Siècle remportaient une victoire « historique » avec la condamnation de l’État pour inaction climatique. Finalement, le 10 février, le projet sur la Loi climat arrivait à point nommé pour tester la crédibilité des engagements environnementaux d’Emmanuel Macron. 

Affaire du Siècle : un cas d’école de la justice climatique

L’annonce a fait grand bruit. Le 3 février dernier, le tribunal administratif de Paris rendait sont jugement dans la très médiatique Affaire du Siècle et se prononçait en faveur des associations et de leurs avocats. Pour la première fois, l’État est condamné pour « carence fautive » puisqu’il s’est montré incapable d’« atteindre les objectifs de gaz à effet de serre qu’il s’est fixé ». Il s’était engagé à réduire de 40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Il devra, par ailleurs, verser un euro symbolique aux associations en réparation du préjudice moral subi. 

Pour rappel, 4 ONG (Notre Affaire à tous, la Fondation Nicolas Hulot, Oxfam France et Greenpeace France) regroupées sous la bannière de l’Affaire du siècle, ont lancé un recours le 19 mars 2019 devant le tribunal afin de dénoncer l’État pour inaction climatique. Une incroyable mobilisation citoyenne avait permis de recueillir plus de 2,3 millions de signatures en soutien.  vidéo

Serait-ce une victoire pour le climat ?

Certes, la justice reconnaît l’existence d’un préjudice écologique lié au réchauffement climatique, elle reconnaît aussi la responsabilité de l’État. Mais cette victoire est à nuancer. Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement est jugé responsable à raison d’un dommage environnemental (ex : Affaire Grande Synthe, pollution aux algues vertes) et surtout, certaines requêtes des ONG n’ont pu aboutir. La demande de réparation du préjudice écologique a été rejetée et le tribunal se donne encore deux mois pour statuer sur la demande d’injonction à agir. Or, seule la contrainte juridique permettra une véritable avancée dans le droit de l’environnement et le droit climatique. Sans réparation, la reconnaissance du préjudice causé restera somme toute symbolique. Il faudra donc patienter encore un peu pour savoir si oui ou non, le droit climatique sera contraignant en France.

D’ici là, l’arrêt pris par le Conseil d’État contre la commune Grande Synthe devrait être rendu. La décision prise sera un bon indicateur de celle attendue dans l’Affaire du Siècle. 

Damien MEYER / AFP

Loi climat : héritage dérisoire de la Convention citoyenne pour le climat

Un « texte de rupture » qui va « faire pénétrer l’écologie au cœur du modèle français », c’est ainsi que Barbara Pompili a présenté la nouvelle loi climat devant le Conseil des ministres. Censée reprendre une grande partie des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC), elle est loin d’être aussi ambitieuse que cette dernière.   

Le texte de loi intitulé Climat et résilience compte 69 articles, répartis dans 6 grandes thématiques : consommer, produire et travailler, se déplacer, se nourrir et renforcer la protection judiciaire de l’environnement. Son analyse révèle l’absence de certaines propositions et d’autres altérées. En voici quelques exemples : 

  • Alors que la CCC demandait la création d’un « crime d’écocide », les ministres de la transition écologique et de la justice ont préféré s’en tenir à un « délit d’écocide ». Une appellation qui regroupe à la fois un « délit général de pollution » pour lequel les sanctions seront déterminées en fonction du degré d’intentionnalité de l’auteur, et un « délit de mise en danger de l’environnement » dont la peine encourue sera d’un an de prison et de 100 000 euros d’amende. 
  • Pour mieux isoler les bâtiments, la CCC proposait la rénovation énergétique obligatoire de tous les logements d’ici 2040. Mais le texte de loi se limite à l’interdiction de la location des passoires thermiques (classée F et G) d’ici 2028, soit seulement 7% des logements. 
  • Pour le transport, premier secteur en matière de pollution, le projet de loi prévoit d’interdire la vente des voitures thermiques les plus émettrices en 2030, soit 5 ans plus tard que les recommandations de la CCC. Le texte diffère aussi de 3 ans la réduction de l’avantage fiscal sur le gazole pour les poids lourds. Quant à l’aérien, la suppression des vols intérieurs sur des trajets de moins de 4 heures avec une alternative ferroviaire, est ramenée à des trajets de 2h30, soit seulement 5 lignes aériennes. 
  • La CCC préconisait l’interdiction de la publicité pour les produits les plus polluants, tels que les voitures de type SUV. Le texte, lui, n’interdit que la publicité sur les énergies fossiles. 

Depuis son apparition sur la scène politique, le projet de loi s’est retrouvé sous le feu des critiques. Militants écologistes, mais aussi membres de l’association de la CCC, s’inquiètent de l’héritage que va laisser cette dernière après un détricotage en règle de la loi par le gouvernement. D’autres instances ont également exprimé un avis défavorable. Le Haut Conseil pour le Climat pointe du doigt le calendrier de la loi qui ne permet pas de répondre à temps aux objectifs des Accords de Paris, tandis que le Conseil d’État souligne des « insuffisances notables » dans l’étude d’impact. 

Le gouvernement rappelle quant à lui, que d’autres textes complémentaires à la loi climat reprennent des propositions de la Convention, notamment les mesures budgétaires du plan France relance, la loi de finance pour 2021, le projet de loi intégrant la protection de l’environnement dans la Constitution (voir encadré) et des mesures réglementaires actées lors du Conseil écologique de juillet 2020

Le projet de loi sera examiné au Parlement à partir de la fin mars pour une adoption prévue « au plus tard en septembre ». Mais la promesse de l’Exécutif, de reprendre sans filtre l’ensemble des travaux de la CCC, semble d’ores et déjà bien lointaine. 

Si vous souhaitez agir et dénoncer le manque d’ambition de la loi climat, mobilisez-vous ! Une « Marche pour une vraie loi climat » soutenue par les membres de la CCC et des associations aura lieu le 28 mars 2021 partout en France ! Pour en savoir plus, découvrez l’Appel à manifester

Source : Actu Environnement

Inscription de la défense de l’environnement dans la Constitution

Le Président a donné son accord. Les Français pourront voter l’inscription de la protection de l’environnement dans l’article 1er de la Constitution lors d’un référendum. La formule retenue est la même que celle proposée par la CCC : « La République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique ». Mais le terme « garantir », en apparence plus coercitif que celui de « réserver » ou « favoriser » également suggérés, n’apporte pas de conséquences juridiques notables. La raison se trouve dans l’exposé des motifs apposé par l’État, dans lequel est indiqué l’absence de « hiérarchie entre les normes constitutionnelles ».

Ainsi, si les Français votent « oui » lors du référendum, l’environnement n’aura pas de valeur juridique supérieure à d’autres principes constitutionnels, tels que la liberté d’entreprendre et les libertés de commerce et de l’industrie. De plus, la modification de l’article 1er entre directement en conflit avec la Charte de l’environnement de 2005, selon le journal de l’écologie, Reporterre. Ce lundi 16 mars, les députés ont adopté, sans amendements, le projet de loi constitutionnel. Le débat risque d’être plus houleux du côté du Sénat qui devra à son tour examiner le texte en avril. 

Source : Mediapart

Article rédigé par Bérénice Rolland, Bénévole du REFEDD

Sources

Pour se documenter :

  • Décision du tribunal administratif de Paris sur l’Affaire du Siècle  
https://reporterre.net/IMG/pdf/1904967_1904968_1904972_1904976.pdf
  • La Commune de Grande Synthe attaque l’État pour inaction climatique 
https://www.actu-environnement.com/ae/news/Grande-Synthe-Etat-inaction-climatique-32426.php4
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-37027-projet-loi-climat.pdf
  • Avis du Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE) sur la loi climat 
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-37027-avis-cnte-projet-loi-climat.pdf
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-37027-etude-bcg-loi-climat.pdf

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La Journée Mondiale de l’Eau 2021 : Une Journée H2O 2.0 ?

lundi 22 mars 2021 par Nouveau site

La Journée mondiale de l’eau est l’occasion de sensibiliser les populations aux différents enjeux liés à l’eau. Pandémie oblige, cette initiative de l’Organisation des Nations Unies qui se tient le 22 mars de chaque année depuis 1993 se déroule cette année en ligne. Le REFEDD vous invite à découvrir les évènements disponibles et à comprendre un peu mieux les enjeux de cette journée.

Thème de la Journée Mondiale de l’Eau. Source : Ministère de l’éducation nationale

Des initiatives numériques 

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau, des organisations et des individus organisent des événements pour la célébrer. Le jour même, les Nations-Unies publient le Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau disponible en plusieurs langues (dont le français !) qu’il est possible de consulter librement. On y retrouve des analyses, des chiffres et autres instruments de mesure mais également des pistes à suivre, solutions et des appels à projets pour changer les choses. Le thème de cette année ? « Valoriser l’Eau » pour mettre en évidence la place de l’eau dans nos sociétés et comment la protéger dans le prolongement des objectifs de l’Agenda 2030.

Aujourd’hui, l’eau est extrêmement menacée par une population croissante, les demandes importantes de l’agriculture et de l’industrie, et l’aggravation des impacts du changement climatique. Pour continuer ce travail de sensibilisation et de partage des expériences, les organisateurs de la Journée Mondiale de l’Eau ont souhaité maintenir l’événement en ligne. Autour de plusieurs thématiques, elle cherche à sensibiliser et alerter l’opinion publique mais aussi les États avec le soutien d’une grande diversité d’acteurs. Plusieurs problématiques sont sur la table et vont souvent de pair avec des enjeux environnementaux et sanitaires :

  • La préservation des ressources et la protection de l’environnement par un plaidoyer pour la gestion durable de l’eau;
  • L’amélioration des conditions accès à l’eau potable reconnu comme un droit fondamental par l’ONU depuis 2010;
  • La décontamination des eaux polluées et insalubres;
  • La sensibilisation du public, des entreprises, des organisations et des états;
L’un des principaux objectifs de la Journée mondiale de l’eau est de soutenir la réalisation de l’objectif de développement durable 6 : l’accès à l’eau salubre et à l’assainissement.

Cet évènement rassemble des mouvements citoyens et des initiatives du monde entier pour partager constats et solutions en lien avec l’Eau. Celles-ci sont disponibles et partagées directement sur le site internet de la Journée mondiale de l’eau. Une occasion de consulter en temps réel les pensées et expériences de tou.te.s sur la campagne mondiale de la journée de l’Eau. Les posts sont disponibles ici où il est possible de partager vos expériences, réflexions et impressions avec #Water2me !

Covid-19 et ressources en eau

Le mois de mars marque l’anniversaire du premier confinement, instauré en France et ailleurs, pour limiter la propagation de la COVID-19. Cette pandémie nous a brutalement contraints à une prise de recul et à une nouvelle remise en question de certains aspects de notre vie à commencer par l’importance vitale de l’hygiène. Constat d’autant plus marquant que l’eau y est essentielle et qu’elle manque : Près de trois milliards de personnes dans le monde ne peuvent même pas se laver les mains. « Environnement et santé apparaissent désormais comme indissociables » comme le résume l’UNICEF dans sa dernière campagne Mouillons-nous pour les enfants qui manquent d’eau. 

Un enjeu environnemental, économique, social et de paix

L’eau, en plus d’être un bien vital, est devenue un marché qui représente des milliards d’euros. Les milieux économiques et industriels se sont en effet emparés de cette mine d’or bleu et effectuent de gros investissements pour s’emparer des secteurs clés de la ressource (distribution, agroalimentaire, agriculture, risques, ….) 

Le rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau est le rapport phare d’ONU-Eau sur les problématiques liées à l’eau et à l’assainissement. Source : UNESCO

Pour les auteurs du Rapport 2021 il est nécessaire pour ces industriels de commencer à s’intéresser sérieusement aux secteurs de la lutte contre la pollution, de la protection des milieux naturels et de l’assainissement sous peine de voir disparaître prochainement leurs fonds de commerce. Cette expertise détaille également les effets sociaux et sécuritaires de l’eau, qui est à la fois une source de coopération entre les peuples mais aussi une source de conflits. Les conflits hydrauliques et guerres de l’eau sont en effet présentés comme “probables” dans le futur par l’ONU. L’eau est trop souvent considérée comme acquise dans les pays développés au risque d’ignorer sa valeur et le fait qu’elle est épuisable. Tous les continents seraient touchés, « De quoi reconsidérer la valeur de l’eau sur cette planète » conclut un article du Monde consacré à cette journée.

Et en France alors ? 

Le plan d’action de la Journée mondiale de l’Eau invite les pays membres à concrétiser des actions et mobilisations sur leur sol. La Journée de l’Eau est donc l’occasion pour les ONG et associations françaises engagées pour l’accès à l’eau et à l’assainissement de sensibiliser et d’interpeller les citoyen.nes et les pouvoirs publics. La Coalition Eau avec ses 30 associations adhérentes organise par exemple des conférences et débats sur le thème de l’eau tout en réaffirmant l’urgence de se mobiliser collectivement sur la question de l’Eau. D’autres associations comme le REFEDD participent également à l’évènement en informant sur la Journée mondiale de l’Eau !

Source : Agence Française de développement

On observe parallèlement la mobilisation d’autres acteurs des politiques publiques comme les collectivités, les réseaux ou les régions. La base de données Pédag’eau réalisée par le pS-Eau (Programme Solidarités Eau) et l’Agence Parisienne du Climat (un organisme associé au Conseil régional d’Île-de-France) recense des outils qui peuvent accompagner les citoyen.nes dans leurs démarches d’éducation au développement dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement. Un exemple à poursuivre et à partager davantage. De grandes organisations financières publiques comme l’Agence Française de Développement (AFD) reviennent également sur les enjeux et leurs engagements par l’organisation de webinaires, encourageant des investissements et aides publiques dans les pays en développement. 

Article rédigé par Clara Marteau, bénévole au REFEDD et observatrice COP26

Les principaux acteurs de la Journée Mondiale de l’Eau sont l’ONU (Organisation des Nations Unies), l’UNICEF (Organisation des Nations unies pour l’enfance), l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) et de nombreuses ONG et associations environnementales.  

* A noter que la 6ème édition du Forum Mondial de l’Eau, principal événement international organisé tous les 3 ans concernant les questions de l’eau, aura lieu également du 21 au 26 mars 2021 à Dakar, au Sénégal. Plus d’informations ici 

Pour plus de renseignements 

Journée mondiale de l’eau : https://www.un.org/fr/observances/water-day

Rapports de développement des Nations-Unies consacré à l’Eau : https://www.unwater.org/publication_categories/world-water-development-report/

Campagne de l’UNICEF « Mouillons-nous 2021 » : http://lp.unicef.fr/mouillonsnous2021/Focus COP 26 du REFEDD Eau et Climat, retour sur une problématique mondiale : https://refedd.org/br/

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SEDD – Concours photo « Parcours ta biodiversité »

lundi 15 mars 2021 par Nouveau site

Dans le cadre de la Semaine Étudiante du Développement Durable 2021, nous vous proposons de participer à un concours photo adapté à la situation actuelle : les étudiant.e.s ont besoin de se changer les idées ! On vous propose donc d’aller vous promener, de sortir de chez vous et de photographier la biodiversité la plus insolite que vous pourriez croiser.

La Semaine Étudiante du Développement Durable 2021

Pour permettre aux acteur.rice.s de l’enseignement supérieur de se mobiliser et de sensibiliser les étudiant.e.s aux enjeux écologiques, climatiques et de biodiversité, le REFEDD coordonne depuis 2015 la Semaine Étudiante du Développement Durable (SEDD), volet étudiant de la Semaine Européenne du Développement Durable. Elle a lieu cette année du 29 mars au 3 avril.

En raison du contexte sanitaire, le REFEDD a décidé cette année de proposer une version hybride de sa SEDD, en permettant aux porteur.euse.s de projets de réaliser des événements en ligne ou en présentiel, sur les campus ou à l’extérieur dans des espaces publics.

Le REFEDD et Agir Pour l’Environnement s’associent pour vous proposer de redécouvrir la biodiversité à côté de chez vous en prenant part à un concours photo Parcours ta biodiversité !

Ce concours vous permettra de mettre en avant vos talents artistiques et la faune, la flore et les paysages que vous côtoyez en balade.

Le concours « Parcours ta biodiversité »

Objectif du concours

Ce concours a pour objectif de nous faire prendre conscience que la biodiversité est présente partout et qu’elle est facilement accessible et observable autour de chez nous. Il cherche aussi à nous reconnecter à la nature dont le contact a des propriétés bénéfiques pour la santé mentale. 

On vous encourage donc à aller vous promener dans les parcs, les places et les rues de votre ville ou la campagne environnante et à observer la biodiversité que vous croisez. Les photos d’oiseaux sur une branche, d’insectes sur un mur, de plantes entre deux pavés ou de mousse sur un trottoir sauront nous montrer que la biodiversité est juste à côté. Le côté insolite de la photo sera valorisé. Et pour souligner ce propos on vous demande d’indiquer quelle distance vous avez parcouru, parce que finalement ce n’était pas si loin !

Ce concours souhaite également avoir un impact sur la biodiversité en incitant les étudiant.e.s à intégrer la biodiversité dans leur quotidien et à sauvegarder les insectes pollinisateurs, sans qui cette biodiversité est vouée à disparaître (80% des espèces végétales en Europe dépendent directement de la pollinisation). 

Le prix

Le REFEDD et l’association Agir pour l’Environnement remettront au ou à la lauréat.e du concours un kit jardinage d’un montant de 150€ !

Un prix du public sera également remis à l’auteur.rice de la photo ayant obtenu le plus de cœurs sur le site Zone de BZZZ. Il ou elle remportera la bande-dessinée Green guerilla d’Ophélie Damblé et Cookie Kalkair.

Les 30 premiers participant.e.s recevront quant à eux.elles un sachet de graines nectarifères et mellifères « Zone de BZZZ » de l’association Agir pour l’Environnement, qui leur permettra de créer un espace accueillant pour les insectes pollinisateurs !

Le REFEDD et l’association Agir pour l’Environnement constitueront le jury de sélection. Les résultats seront annoncés le 16 avril !

Comment participer au concours photo ?

Le site Zone de BZZZ, développé par l’association Agir pour l’Environnement afin de valoriser les zones de fleurs nectarifères, accueillera le concours Parcours ta biodiversité. Lors de l’ajout de votre photo il faudra penser à préciser que vous êtes un.e participant.e au concours  Parcours ta biodiversité.

Pour participer au concours photo, il vous faudra :

  • Vous rendre sur le site Zone de BZZZ ;
  • Cliquer sur “Ajouter une photo” ;
  • Insérez une photo en formats JPG, JPEG ou PNG, largeur minimum 600px et poids maximum 3Mo ;
  • Indiquer que vous êtes “participant.e au concours Parcours ta biodiversité” ;
  • Dans le titre commencer par le hashtag #ParcoursTaBiodiversité.
  • Dans le champ Description de votre participation, précisez le nombre (approximatif) de kilomètres que vous avez parcouru depuis chez vous pour observer cette biodiversité.

Modalités d’éligibilité et participation au concours

  • Le concours est ouvert uniquement aux étudiant.e.s ;
  • Les photographes devront capturer la biodiversité présente autour de chez eux.elles, croisée au cours d’une promenade ; 
  • Le ou la participant.e devra indiquer quelle distance il.elle a parcouru à pied ;
  • Chaque participant.e ne pourra soumettre qu’une photographie ;
  • Les participant.e.s devront être les auteur.trice.s des photographies ;
  • Envoyer les photographies sur la plateforme Zone de BZZZ avant le 10 avril à minuit 

Des questions ? N’hésitez pas à contacter Marie, responsable campus au REFEDD, à campus@refedd.org.

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Retour sur le forum des métiers de la Transition Écologique et l’ESS du REFEDD

mercredi 10 mars 2021 par Nouveau site

Le jeudi 25 février 2021, le REFEDD a organisé en ligne son troisième forum des métiers de la Transition Écologique et l’Économie Sociale. 📝💼 Conseils pour la recherche d’emploi & le recrutement, outils, ressources & découverte d’organisations engagées… : retour sur un événement riche en échanges.

Les jeunes, de plus en plus nombreux à vouloir s’engager professionnellement !

La 5ème Consultation Nationale Étudiante #CNE2020 du REFEDD a interrogé plus de 50 000 étudiant·e·s sur les sujets en lien avec les enjeux environnementaux, leur quotidien et la société. Cette consultation nous a montré que 85% des étudiant·e·s étaient inquiet.e.s voire angoissé·e·s vis-à-vis de l’avenir au regard du changement climatique et que 94% estiment que les dirigeant·e·s d’entreprise prennent insuffisamment voire pas du tout en compte les enjeux environnementaux dans leurs décisions.

Cette inquiétude se traduit par de fortes convictions pour leur avenir professionnel : 93% des étudiant·e·s pensent que la majorité des métiers doivent intégrer les enjeux environnementaux et 70% d’entre eux·elles considèrent l’impact environnemental comme un critère pour leur recherche d’emploi.

Ces chiffres expliquent pourquoi les jeunes sont de plus en plus nombreux désireux.euses de construire un parcours professionnel engagé.

Retour sur les 4 ateliers pour trouver son job engagé et améliorer sa candidature

  1. Les bons outils

Atelier de découverte du média Les Pépites Vertes, qui met en avant des parcours atypiques de jeunes engagé.e.s et de leur Mine d’Or, qui rassemble un maximum d’outils qui peuvent t’aider à trouver les réponses à tes questions et à trouver TA voie, à toutes les étapes.

L’objectif des Pépites Vertes est de prendre conscience de la variété des formations et métiers sur les enjeux environnementaux, mais aussi d’aider ceux, encore en cours de construction d’un avenir professionnel, à trouver un job pour la transition écologique à la sortie de leurs études. 

Toujours à la recherche de nouvelles pépites, Claire Pétreault et son équipe de 10 bénévoles ont mis au point l’Appel à Pépites Vertes, un questionnaire afin de mettre en avant tous les parcours et métiers de la transition écologique.

2. Trouver son job de sens

Rencontre avec Laura Genevois de « Mon job de sens », qui accompagne celles et ceux qui veulent travailler pour la transition écologique : comment trouver le métier et l’organisation pour avoir de l’impact et s’épanouir professionnellement ? L’objectif de cet atelier était de réfléchir sur ce qu’est un “job de sens” et d’aborder les différentes pistes permettant de trouver le métier et l’organisation pour avoir de l’impact et s’épanouir professionnellement.

Retrouve ici le compte-rendu de l’atelier avec les bons conseils de Laura.

3. Faire sa candidature dans la transition écologique

Priscille Raveneau de la fondation Mozaik a proposé un atelier pour améliorer ton dossier de candidature (CV, motivation…) en valorisant tes compétences, tes expériences, ton envie de travailler pour la transition écologique… Le projet Mozaïk, c’est un cabinet de recrutement ainsi qu’une structure associative pour accompagner jeunes diplômé.e.s dans premier emploi ou leur alternance spécialisé dans la diversité.

Retrouve ici le compte-rendu de l’atelier et la présentation avec les bons conseils de Priscille.

4. Atelier coup de boost avec Célia Charpentier

Célia Charpentier, coach et praticienne, qui accompagne des jeunes talents, nous a proposé un atelier pour donner un coup de boost dans ta recherche d’emploi et partager des bons conseils pour tes candidatures et entretiens en ces temps particuliers.

Retrouvez le support utilisé lors de l’atelier ainsi que le compte-rendu de l’atelier avec les bons conseils de Célia.

Les organisations engagées présentes au forum

Lors du forum, des organisations engagées se sont présentées, ainsi que leur métiers et leur offres d’emploi : l’ADEME, AREMACS, BL Evolution, Ekolo[geek], Enercoop, La fédé 100% Handinamique, Makesense, Max Havelaar, Mouvement e-graine, Pik Pik environnement et le Réseau Cocagne. 

Retrouvez ici leur présentation et les supports utilisés lors du forum.

Ressources

Pour aller plus loin, retrouvez toutes les autres ressources sur la page du forum https://forum-etudiant-transition-ecologique.fr/ 🔗

Article rédigé par Anaïs Darenes, responsable projets et plaidoyer du REFEDD

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Découvrez le projet 10 milliards à table !

jeudi 4 mars 2021 par Nouveau site

“Comment nourrir 10 milliards de personnes en 2050 ?” C’est la question que Julie, Juliette et Lucie, étudiantes en management à l’ESCP, se sont posées. Il y a plus d’un an, elles ont créé l’association “10 milliards à table !” pour tenter d’y répondre.

“10 milliards à table !”, qu’est-ce que c’est ?

A l’origine de ce projet, l’envie de consommer de manière responsable avec un budget étudiant et une gourmandise assumée. Les trois étudiantes, qui se sont rencontrées lors du week-end d’intégration de leur école, ont alors décidé de prendre un gap-semester pour se consacrer à plein temps à cette mission un peu particulière.

Au programme, 4 projets menés simultanément de janvier à juillet 2021 :

  • La réalisation d’un documentaire sur les bonnes pratiques de l’alimentation durable applicables en France à partir d’un tour d’Europe de l’alimentation durable de la fourche à la fourchette. 
  • 4 sessions de bénévolat de 6 semaines chacune dans des structures promouvant l’alimentation durable à Berlin, Copenhague, Oslo et en Écosse.
  • Un partenariat avec l’école primaire Saint Jean de Passy pour sensibiliser les générations de demain aux enjeux de l’alimentation.
  • Participer à la transition durable du campus Paris de l’ESCP avec l’aide précieuse de Richard Obringer et du Noise (outil de mesure d’empreinte carbone, guide de consommation durable étudiant, etc). 

Comment avons-nous géré le facteur Covid ?

Cette année n’était pas la plus simple pour un projet de césure itinérant, mais nous avons accepté de jouer le jeu de l’incertitude en exportant en Europe notre projet qui devait d’abord être en Asie. Cette décision a pris tout son sens quand nous avons compris à quel point certaines initiatives durables de nos voisins européens pourraient s’appliquer facilement en France !

Aujourd’hui le Covid en fait encore des siennes et nous devons sans cesse adapter nos déplacements mais cette incertitude fait partie de l’aventure et nous emmène plus loin que nous l’aurions imaginé.

Aujourd’hui, où en sommes-nous ?

En ce début du mois de février, nous sommes à Berlin depuis quelques semaines. Malgré 10 jours de quarantaine, nous avons pu commencer notre mission de bénévolat chez The Real Junk Food Project, une association qui récupère des invendus de supermarchés pour les redistribuer afin de ne pas gaspiller des denrées mangeables. En parallèle, on a déjà interviewé plusieurs personnes passionnantes à l’origine d’initiatives citoyennes durables. Nous diffusons les interviews sur nos réseaux sociaux et sur notre site au fur et à mesure.

Cette aventure, ce n’est pas que nous trois !

Nous avons la chance de pouvoir compter sur plusieurs partenaires qui nous soutiennent financièrement et sur le plan de la communication. L’ESCP a décidé d’embarquer avec nous, et nous avons gagné une bourse de Génération Equitable qui nous accompagne et nous conseille dans notre mission de transition durable du campus de l’ESCP. Nous sommes aussi membres du réseau REFEDD (Réseau Français Étudiant pour le Développement Durable). 

Et surtout les étudiants pré-master du Noise ont accepté de prendre part à notre projet en devenant notre relais sur le campus de Paris.

Et la suite ?

Après ces 7 mois un peu particuliers, nous regagnerons les bancs de l’ESCP pour terminer notre master mais nous lançons un appel aux promos plus jeunes : venez reprendre le flambeau, c’est une expérience incroyable !

Comment nous suivre ?

Vous pouvez suivre nos aventures sur Facebook, Instagram et sur notre site internet !

Vous y retrouverez des interviews, des articles, du matériel pédagogique, et des nouvelles de nous.

Et pour nous contacter : 10milliardsatable@gmail.com

Article rédigé par Lucie Renard, Julie Deshayes et Juliette Fournier le Ray

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RENEDD 2021 : le retour !

mercredi 3 mars 2021 par Nouveau site

Un trou dans la raquette…

Depuis la création du REFEDD en 2007, les RENEDD (Rencontres Nationales Étudiantes pour le Développement Durable) ont été, à chaque fin d’année universitaire, l’événement phare de clôture.

En 2020, à cause de la covid-19, elles ont dû être annulées pour la première fois. Transformés en visioconférence, l’AG et quelques autres temps forts ont pu avoir lieu, mais ce n’était quand même pas la même chose…

Cette année, les RENEDD sont (on l’espère) de retour pour un week-end aussi festif que formateur, où le REFEDD propose des activités en tout genre (ateliers, conférences, forum…) autour des enjeux écologiques, afin de former les étudiant.e.s et leur donner des outils pour faire bouger leurs campus et impulser leurs projets associatifs. C’est aussi le moment parfait pour rencontrer (ou voir en vrai pour la première fois ?) et échanger avec les étudiant.e.s et associations engagé.e.s de toute la France. Même s’il s’oriente davantage vers les étudiant.e.s et les associations, l’événement est ouvert à tou.te.s !

Nouveau départ !

En 2021, l’équipe du REFEDD est pleine d’espoir et à nouveau en pleine organisation des prochaines RENEDD, qui auront lieu le samedi 8 & le dimanche 9 mai. Afin d’anticiper au maximum les éventuelles mesures sanitaires, nous avons sous le coude plusieurs scénarios différents pour y faire face. 

Nous savons à quel point les étudiant.e.s (entre autres) en ont marre des cours à distance, des ateliers en lignes et autres webinars, de teams, discord, webex, zoom, etc. C’est pourquoi nous travaillons dur pour que votre événement préféré puisse avoir lieu en présentiel, quelle que soit sa forme finale !

C’est donc pleins d’optimisme que nous commençons à organiser les RENEDD avec au programme:

  • Des conférences (de la sensibilisation aux fake news jusqu’à l’éco-féminisme, en passant par la pêche durable, les mobilités internationales et l’écologie décoloniale…)
  • Des ateliers pratiques (plaidoyer sur son campus, y faire pousser un potager ou y construire tous tes outils du quotidien en DIY, et aussi toucher les non-sensibilisés, apprendre la communication non-violente, etc.)
  • Mais aussi un forum des associations, des animations, une (super) soirée disco cocktail et surtout l’AG du dimanche après-midi, qui sera particulière cette année car nous y voterons le changement de nom du REFEDD ! 

Pour construire des RENEDD dignes de ce nom, il nous faut coordonner un tas de missions. Dans cette optique, nous sommes toujours à la recherche de bénévoles pour rejoindre notre équipe et nous prêter main forte, surtout le jour J ! 

Rejoins la team à l’occasion des RENEDD 2021!

Beaucoup de missions ont commencé, mais vous êtes invité.e.s à prendre le train en marche pour nous aider sur les différentes activités. Voici quelques missions pour vous donner une idée : 

  • Référent.e Disco Soup 
  • Référent.e Coordinateur.trice du Forum des associations (en binôme)
  • Référent.e Technique / Logistique … et beaucoup d’autres ! 

Pour plus d’infos sur les missions, tu peux consulter ce document.

Les conditions pour postuler :

Toute personne (étudiante ou non) qui souhaite rejoindre l’équipe bénévole du REFEDD doit d’abord répondre à ces quelques critères :

  • Prendre connaissance de la charte du bénévolat du REFEDD.
  • Être intéressé.e par les enjeux écologiques.
  • Être disponible pendant l’intégralité de la mission 

Être bénévole : les avantages

On ne va pas vous le cacher : être bénévole sur les RENEDD peut être assez fatiguant car cela nécessite d’être disponible durant toute la durée de l’événement (selon les missions), parfois tard (minuit) et souvent tôt le matin (7h)… MAIS l’expérience vaut tellement le coup ! Rejoindre l’équipe des bénévoles du REFEDD, c’est :

  • participer à la construction d’un chouette rendez-vous national et festif ;
  • travailler dans une ambiance bienveillante avec des missions variées ;
  • rencontrer de nouvelles personnes et des associations engagées ;
  • ouvrir vos horizons et déployer vos compétences en vous engageant dans un projet au service de l’intérêt général.
  • rejoindre la grande famille du REFEDD.

Pour postuler à n’importe quel poste, merci de contacter Louise LABORDE, coordinatrice des RENEDD : evenementiel@refedd.org

On a hâte de vous retrouver pour cette nouvelle aventure ! 

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L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) : une économie durable pour un avenir plus juste, vert et engagé.

mercredi 17 février 2021 par Nouveau site

Vous vous demandez ce qu’est l’ESS ? L’Économie Sociale et Solidaire désigne un ensemble d’entreprises dont le fonctionnement interne et les activités sont fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale. Ces entreprises sont basées sur une organisation démocratique et participative, et leurs bénéfices sont réinvestis dans leurs activités et répartis équitablement entre les membres.  

L’ESS : Une économie pour l’humain et la planète.

L’ESS vise avant tout à remettre l’humain et la planète au centre de l’économie, plutôt que le profit à tout prix. L’argent devient un moyen d’améliorer la qualité de vie, plutôt qu’un but en lui-même. 

En France, l’ESS constitue près de 10% du PIB et plus de 2,3 millions d’emplois, et comprends 5 types de structures (que vous croisez surement dans votre vie de tous les jours, sans même vous en rendre compte) : les coopératives, les mutuelles, les fondations, les associations et les “Entreprises solidaires d’utilité sociale” (ESUS, un agrément spécial pour les entreprises engagées). 

Un peu abstrait tout ça ? Voici cinq exemples de structures de l’ESS :

  • La coopérative « C’est qui le patron ?! », dont vous avez surement vu les briques de lait dans les rayons, repose sur un cahier des charges durable et responsable, qui vise, entre autres, à rémunérer les producteur.trice.s au juste prix, à assurer une traçabilité totale et à répondre au mieux aux attentes des consommateur·trice·s. 
Des briques de lait « C’est qui le patron !? » dans un rayon de supermarché
© lamarqueduconsommateur.com
  • L’association REFEDD : Eh oui ! Le REFEDD est une structure de l’ESS, comme toutes les associations en France. Le REFEDD vise à sensibiliser au développement durable à travers des centaines d’initiatives d’étudiant·e·s engagé·e·s, comme la Consultation Nationale Étudiante, rien que ça !
Des membres du REFEDD lors des Rencontres Nationales Etudiantes pour le Développement Durables (RENEDD)
  • La coopérative de finance verte La Nef, une banque éthique qui propose une offre complètement transparente, basée sur une tarification équitable et qui donne du sens à l’usage de l’argent. En effet, la Nef veut principalement s’assurer que l’argent de ses client·e·s soit utile au bien commun et à l’amélioration de la société !
  • L’entreprise ESUS Café Joyeux, une chaîne de cafés qui forme et emploie majoritairement des personnes atteintes de trisomie 21 ou de troubles cognitifs comme l’autisme. De quoi promouvoir l’inclusion et le sourire !
  • La coopérative VALO’LAB qui œuvre pour l’écologie industrielle en mettant en réseau différents acteurs à l’échelle des territoires dans l’objectif d’optimiser leurs ressources inter-entreprises (énergie, déchets, équipements…). En d’autres mots : « faire en sorte que les déchets des uns deviennent les matières premières des autres ».
Photo tirée du site web de VALO’LAB.

L’économie du futur ?

Tout d’abord, « ESS » rime avec « résilience ». En effet, l’ESS est une économie particulièrement résiliente, qui sait apporter des réponses concrètes, rapides et locales à des besoins auxquels l’État ne peut pas répondre. En tant de crise, non seulement les entreprises de l’ESS savent faire face, mais elles vivent aussi un essor indéniable. Lors de la pandémie actuelle, l’ESS a su apporter des solutions rapides à des problèmes pressants, notamment dans le domaine des soins et de la santé. Ces entreprises ont su faire preuve d’une réelle capacité d’adaptation et d’innovation. Par exemple, l’association de couture Cerise a organisé une fabrication massive de masques en tissu pour répondre à la pénurie du printemps.  De plus, beaucoup d’entreprises de l’ESS reposent sur la mobilisation de ressources locales, ce qui leur permet d’acquérir une certaine autonomie, et donc de mieux faire face aux crises. 

Ensuite, l’ESS encourage aussi la création d’emplois durables et remplis de sens. En effet, les entreprises de l’ESS – du fait de leur fonctionnement démocratique et participatif – promeuvent une répartition équitable des bénéfices au sein de leurs structures, et la volonté de créer des emplois stables et durables. L’ESS est un secteur qui crée tous les ans de plus en plus d’emplois. En 10 ans, l’ESS a enregistré une capacité de croissance régulière de 23% (contre 7% dans l’économie dite « classique »). L’Économie Sociale et Solidaire répond aussi aux besoins et aux aspirations de travailleurs qui souhaitent donner un sens à leur travail.  

L’ESS est aussi un secteur qui lutte contre l’exclusion, en contribuant à traiter des problématiques telles que l’exode rural, l’émancipation des femmes, la protection de l’environnement, ou l’emploi des personnes vulnérables. « L’ESS offre aux travailleurs vulnérables et aux petites entreprises la possibilité de trouver ou de créer eux-mêmes des structures institutionnelles stables. Les plateformes coopératives, en particulier, rendent l’entrepreneuriat plus attrayant, soutiennent le développement économique, assurent un statut social et garantissent l’accès à la protection sociale » écrivait l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dans un rapport publié en 2019.

Malgré tous ces atouts, l’ESS fait face à des obstacles conséquents en matière de reconnaissance, d’accès aux financements, et de moyens pour se développer. On attend donc avec impatience le Plan d’Action Européen pour l’ESS, qui sera lancé en mai 2021 et qui vise à apporter des solutions à ces problèmes !

Des ressources pour en savoir plus :

Article rédigé par Ombeline Siraudeau, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

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Retour sur notre rencontre inter-associative nationale

mercredi 10 février 2021 par Nouveau site

Le mercredi 3 février de 18h30 à 20h a eu lieu la soirée de l’année : la rencontre inter-associative nationale du REFEDD ! Et oui, Zoom est tout de même un bel outil puisqu’il nous a permis de rassembler plus de 80 participant.e.s, avec une soixantaine d’assos étudiantes présentes. 🤩

Présentation générale

Cet événement était une grande première pour notre équipe puisque tou.te.s les services civiques du REFEDD ont été mis.e.s à contribution pour l’organisation de cette rencontre. 

Les objectifs étaient de faire découvrir l’ensemble du réseau français à nos associations locales, de créer des liens et des synergies entre elles mais aussi de les accompagner lors de nos ateliers. 🤝

Les participant.e.s avaient le choix entre deux ateliers. Le premier portait sur la gestion de projet et l’événementiel responsable, avec l’organisation de projets fictifs dans le cadre de la Semaine Etudiante du Développement Durable. Le deuxième atelier proposait de l’aide à la gestion d’asso sur diverses thématiques (bureau, bénévoles, projet…).

Retour en quelques lignes et en images sur ces ateliers ! 

Atelier gestion de projet et événementiel responsable

Tout d’abord, merci aux participant.e.s d’être venu.e.s aussi motivé.e.s pour cet atelier. Nous savons qu’une rencontre par Zoom, ce n’est pas vraiment la joie, mais grâce à votre bonne humeur, nous avons tous passé un super moment. Ce qui est d’autant plus génial, c’est que nous étions plus de 60 sur cet atelier, c’est un record pour le REFEDD !

Comme vous le savez tou.te.s, la Semaine Étudiante du Développement Durable 2021 arrive à grands pas. Le but de cet atelier était donc de réfléchir ensemble sur des événements à mettre en place sur cette mobilisation. 🌱

Le contexte était donc le suivant : 

“Votre campus souhaite participer à la Semaine Étudiante du Développement Durable en mars prochain, et demande à votre association de mettre en place un projet éco-responsable” 

Dans un premier temps, Louise, notre chargée Événementiel Responsable au REFEDD, nous a rapidement donné les bases de cette thématique, à savoir les 6 piliers d’un événement éco-responsable : la communication, le transport,  le lieu, l’énergie, l’alimentation et les déchets.

Elle nous a également donné quelques clés pour rendre un événement en ligne éco-responsable, car, rappelons-le, cette année, la SEDD sera hybride (mi-présentiel, mi-distanciel).

Après un temps de brainstorming commun, les participant.e.s, réparti.e.s en sous-groupe, ont eu 20 minutes pour  échanger autour de cette problématique et ainsi proposer leur projet éco-responsable aux autres équipes et au REFEDD. 💬

Un petit aperçu des idées proposées en brainstorming 👀

Et voici un aperçu des projets éco-responsables proposés par les équipes de l’atelier !

  • Un ciné-débat sur la thématique de la consommation durable et le zéro déchets 
  • Une techno-soupe avec des invendus et des légumes de saison. 
  • Un flash-mob, incitant les participant.e.s à ramasser les déchets. 
  • Une ressourcerie éphémère, avec une zone de gratuité et des redistributions aux étudiant.e.s en situation de précarité
  • Des DIY pour réaliser ses propres produits ménagers 
  • … 

Merci encore pour vos super propositions, nous espérons qu’elles vous inspireront pour la Semaine de Développement Durable 2021 !

Atelier de gestion d’association

En parallèle de l’atelier gestion de projet événementiel responsable, un autre atelier a été proposé aux associations participantes sur la gestion d’association. En effet, en ces temps particuliers, nombre d’entre elles connaissent des difficultés dans leur gestion quotidienne et s’inquiètent pour l’avenir de leur association à la rentrée 2021. 

Cet atelier avait pour but d’aider et guider les associations dans leurs besoins et leurs interrogations autour de trois thématiques : le bureau (passation, hiérarchie…), les bénévoles (recrutement, vie interne…) et les projets (financement, logistique, conduite…). 🤝

Divisé.e.s en trois salons d’une dizaine de personnes, les participant.e.s ont pu s’exprimer sur ce dont ils.elles avaient besoin. Après un temps de réflexion où tout le monde a pu réfléchir sur où en était leur association par rapport aux thèmes cités, ils.elles ont pu échanger sur des bonnes pratiques, se donner mutuellement des conseils et des solutions. Les échanges furent intéressants et fructueux, chacun.e a su apporter une contribution intéressante à l’atelier. 🗣

Voici un aperçu de ce que les associations nous ont fait remonter et de quelques solutions proposées, même si malheureusement toutes les problématiques n’ont pu être abordées par manque de temps. ⏰

A la fin de cet atelier, une boîte à outils leur a été proposée contenant des ressources issues de différents organismes (Animafac, REFEDD, MDA Jeunes Tourcoing…) pour les aider et les guider pour la suite. 🛠

Cet atelier a été co-organisé et co-animé avec des services civiques en animation de réseau d’Animafac. Merci respectivement à Anouck et Dylan (Ile-de-France), Hugo et Titouan (Lyon) pour leur implication et leur participation. 👏

Conclusion

Encore un immense merci à tou.te.s les participant.e.s et aux intervenant.e.s d’Animafac qui ont pris le temps de discuter, partager et nouer des liens entre eux/elles ! Ce fut un plaisir pour notre équipe de vous rencontrer lors de nos ateliers. 

Mon petit doigt me dit que ce format d’événement sera sûrement réitéré dans le futur… wait and see. 😉

En attendant nous nous retrouverons très vite lors de nos futurs événements dont notre Forum des métiers de la transition écologique et de l’ESS le 25 février, ainsi que lors de notre Semaine Etudiante du Développement Durable du 29 mars au 3 avril ! To be continued…


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Focus COP 26 – La voiture, véhicule zéro émission de demain ?

jeudi 4 février 2021 par REFEDD

“La course vers les véhicules zéro émission”. C’était le nom d’une conférence organisée au cours de la journée des Dialogues sur le climat consacrée aux transports. Le traitement de la problématique en deux tables rondes séparant acteurs privés et publics et son inscription dans la notion restrictive de “véhicule zéro émission” ont orienté les échanges sur la voiture électrique. 

La voiture, principale source des émissions des transports

On sait que les transports représentent un quart des émissions mondiales de CO₂. En Europe ce chiffre s’élève à un tiers, dont 60,7 % dus aux voitures

Émissions liées au transport dans l’Union Européenne, par mode de transport.
Source : Agence européenne pour l’environnement (2016)

Les voitures émettent du CO₂ quand elles sont produites, lorsqu’elles circulent et au moment de leur élimination. La quantification de ces impacts s’appelle l’analyse en cycle de vie (ACV), indispensable quand on se pose la question du carbone émis par un produit. L’analyse en cycle de vie a peu été mentionnée dans cette conférence ; ses résultats atténuent fortement l’intérêt de la voiture électrique, dont il a en revanche beaucoup été question. 

  • A la fabrication, une voiture électrique émet environ 2 fois plus de gaz à effet de serre qu’une voiture thermique. Cette différence s’explique notamment par la production des batteries, qui repose sur l’extraction de métaux tels que le lithium, le manganèse ou le cobalt. Ces activités minières consomment beaucoup d’eau, polluent les sols et impliquent notamment l’émission de substances acidifiantes à l’origine des pluies acides
  • L’impact carbone des véhicules électriques en fin de vie pourrait être lourd : le recyclage des batteries reste bien incertain. De plus, en l’état, les batteries ont une durée de vie limitée, de 10 à 20 ans. 
  • Enfin, à l’usage, l’impact carbone des véhicules électriques est fonction de la façon dont l’électricité qu’ils consomment est produite. S’il s’agit de charbon, au premier rang de la production mondiale d’électricité (35%), les émissions des voitures électriques seraient environ un tiers plus importantes que celle d’une voiture thermique. Mais si la production d’énergie est peu carbonée, comme en France, les véhicules électriques pourraient émettre 15 fois moins que leurs équivalents thermiques. Cependant, d’après l’association Résistance Climatique, si l’ensemble du parc automobile devait être remplacé par de l’électrique, il faudrait augmenter la production d’électricité de 20%. Soit près de 11 réacteurs nucléaires supplémentaires.
Émissions de CO₂ au cours du cycle de vie de différents véhicules et carburants.
Source : Agence européenne pour l’environnement (2014)

Véhicule particulier et “véhicule zéro émission”, une contradiction irrémédiable

En fait, le principal problème de la voiture tient à ce que c’est un mode de transport individuel. À moins que l’on en promeuve le partage, comme dans ces petits villages où la municipalité met une voiture électrique à disposition de ses habitant·e·s. Car au fond, la voiture n’est pas un problème en soi, contrairement à son usage hégémonique.

Avec la voiture individuelle, l’impact carbone à toutes les étapes de la vie du véhicule est multiplié par le nombre de voitures détenues. Or, plus d’un milliard de voitures circulent dans le monde, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. 

De très loin le principal obstacle à une mobilité bas carbone, le véhicule particulier était pourtant au centre de cette conférence intitulée “la course aux véhicules zéro émission”. La notion de “véhicule zéro émission” (VZE), très en vogue outre-Atlantique, désigne un véhicule qui ne produit pas de gaz d’échappement quand il circule. Une considération qui ne dit rien sur son impact réel, dont ne peut rendre compte qu’une approche ACV. 

Des alternatives au système intenable du transport individuel motorisé existent

Il existe néanmoins des véhicules personnels qui émettent “zéro carbone” à l’usage, et très peu à la fabrication. Le vélo par exemple, dont la fabrication produit en moyenne 240 kg de gaz à effet de serre. Ce chiffre passe à 15 tonnes pour une voiture électrique, d’après une étude approfondie relayée par l’Ademe. En comparaison, pour respecter les engagements de l’accord de Paris, les émissions individuelles par an ne devraient pas dépasser 2 tonnes. Ce n’est pas à dire que le vélo peut remplacer la voiture en tout point. Mais un tiers de la population française a ses activités quotidiennes à moins de 9km du domicile, soit un trajet de 30 minutes à vélo. Pourtant, certain·e·s continuent à n’utiliser que la voiture. 

Surtout, les transports collectifs s’avèrent beaucoup plus sobres en émissions de GES que les véhicules particuliers.

Les émissions de CO₂ par voyageur et kilomètre de différents moyens de transport. En orange, les véhicules particuliers (VP). Source : ADEME (2016)

Pourtant, au cours de cette conférence empêtrée dans la notion de “véhicule zéro émission”, il n’a pas été question de vélo, ni d’autres moyens de transports à très forte efficacité énergétique. Et les transports collectifs, qui peuvent très bien être des “VZE”, n’ont été évoqués qu’en marge de la conversation. En fait, les échanges ont porté sur la voiture électrique. La “course aux véhicules zéro émission » proposée était une course automobile, courue en voiture individuelle. 

Dialogues sur le climat ou apartés des secteurs privé et public ? 

La recherche suggère que l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris dans le domaine de la mobilité nécessite de combiner 3 leviers : politiques publiques, évolutions technologiques et changement de comportements. Les seules évolutions technologiques permettraient au mieux de diviser les émissions par 2, tout comme l’adoption de comportements sobres. Il faudrait pourtant qu’elles soient divisées au moins par 4, voire 6.

Cette nécessité de combiner les moyens d’action s’est peu ressentie au cours d’une conférence tenue en deux temps distincts. D’abord, une table ronde des acteurs privés a rassemblé une directrice financière de Volvo Cars, un directeur de l’innovation de Schneider Electric et un directeur de Baillie Gifford, une société d’investissement. Dans un second temps, trois représentant·e·s de l’administration publique locale ont pu s’exprimer : le Gouverneur de Californie, au cours d’une vidéo d’environ une minute ; puis le vice-président de la commission du dialogue et du développement de l’État de Delhi et la directrice générale de la politique des entreprises, de la projection internationale et de l’emploi de Navarre.

La main invisible (et verte) du marché ? 

La société civile, partie manquante du trinôme de la transition vers une mobilité bas carbone, était absente du panel des intervenant·e·s, mais pas de leurs considérations. Privilégiant le terme de consommateur·trice·s, le directeur de l’innovation de Schneider Electric a expliqué qu’il·elle·s mèneraient la transition énergétique : “on n’évolue pas vers un monde plus durable en remplaçant les centrales par des panneaux solaires, ou du moins, ce n’est pas suffisant. Tout vient des consommateurs, de la demande et des businesses”. Selon lui, “les consommateurs vont se rendre compte, d’ici quelques années, que les voitures électriques ont plus d’autonomie, sont plus fun à conduire, et sont moins chères, même sans subventions”.

Compte tenu de la composition de ce premier panel, la question de la capacité du marché à absorber la production croissante de voitures électriques était donc au cœur des débats, au détriment des leviers de transition vers une mobilité bas carbone, tels que la sobriété dans les usages, la modération des transports ou le partage et le taux de remplissage des véhicules. Enfin, la question cruciale des choix modaux ne se posait pas. Ç’aurait été interroger le paradigme du tout voiture. 

La directrice financière de Volvo s’est voulue rassurante quant à la préoccupation à l’ordre du jour. “Les consommateurs ont été résolus et cohérents dans leur demande de véhicules électriques. La demande a été solide et constante tout au long de la pandémie […]. C’est encourageant et plus rapide que nous le pensions”. Le directeur de Baillie Giffor confirme en évoquant une progression exponentielle et des “gros chiffres” en perspective : “d’un point de vue d’investisseurs, les meilleurs rendements ne sont pas derrière nous”.

Des véhicules bas carbone, à condition de produire de l’énergie et des batteries à faible impact

La question de l’offre et de la demande résolue, les intervenantes soulignent toutefois les défis qui attendent la voiture électrique, désignée “véhicule zéro émission”. “Nous ne sommes pas inquiets sur la capacité de l’industrie à produire suffisamment de voitures électriques pour renouveler le parc automobile, nous y parviendrons dans les 4 à 5 ans. Il faut cependant que les batteries soient produites durablement. Et de l’énergie verte doit être produite pour charger ces voitures”. Et tant pis si ces conditions permettant de maintenir l’hégémonie de la voiture reposent sur des hypothèses très incertaines et sont extrêmement longues et coûteuses à réaliser.

Le signal ainsi envoyé par l’industrie de l’automobile et par la finance parait clair. La “course aux véhicules zéro émission” sera courue selon leurs plans. 

Et le rôle des gouvernements, notamment au niveau local ? 

Qu’en on dit les intervenant·e·s de la seconde table ronde, issu·e·s du secteur public ? Le gouverneur de Californie a insisté sur la volonté de son État à “utiliser son pouvoir de marché pour conduire la nation et le monde vers un avenir plus vert”. Il a partagé une vision plus globale du chemin à parcourir en matière de véhicules bas carbone, en mentionnant la nécessité de combiner politiques publiques, investissements massifs et technologies de pointe. Cette “démarche audacieuse” ne remet pas pour autant en cause le système du transport individuel motorisé. L’objectif que s’est fixé la Californie pour 2035 est que “100% des voitures particulières et des camions vendus soient des véhicules zéro émission”. 

Du côté de l’État de Delhi, dans un climat d’urgence sanitaire dû à la détérioration de la qualité de l’air, on ne voit pas non plus d’autre issue que le renouvellement du parc de véhicules. La différence majeure tient à ce que les véhicules à l’origine du gros de la pollution ne sont pas les voitures, mais les deux-roues, qu’il s’agit aussi de remplacer. L’objectif de la capitale de 20 millions d’habitant·e·s est d’atteindre 500 000 véhicules électriques fonctionnant grâce à des énergies renouvellables d’ici 2024. “L’ensemble des politiques de mobilité ciblent ceux en bas de la société […]. Il s’agit de politiques conçues pour les deux-roues, pour les banlieusards (NDT : commuters)”. Le vice-président de la commission du dialogue et du développement de Delhi a détaillé ces mesures : incitations fiscales et non fiscales à l’achat d’un véhicule électrique, soutien au déploiement des bornes de recharge, campagne massive pour informer des bienfaits des véhicules électriques en matière de coût et de santé, et création d’emplois locaux dans la filière de la mobilité électrique. 

A New Delhi, l’un des plus denses brouillards de pollution au monde. Photo de Prami.ap90 sur wikimedia

Des difficultés à partager un projet d’avenir, vu les contraintes présentes de “développement territorial”

La capacité du territoire à attirer de grands acteurs économiques et technologiques a également pris une place importante dans l’intervention de la directrice générale de la politique des entreprises de Navarre. Elle a évoqué les opportunités industrielles offertes par son territoire “en lien avec la voiture électrique”, citant “l’intelligence artificielle, la blockchain”, etc. Le fait qu’une directrice du marketing territorial participe à une table ronde sur les véhicules bas carbone et en parle sous cet angle peut surprendre. Mais c’est sûrement révélateur de la manière dont les collectivités publiques adoptent de grandes orientations politiques : sous l’influence de grands groupes industriels et sous la pression d’une concurrence territoriale accrue.

Cela pourrait être une explication à la façon dont la question des “véhicules zéro carbone”, question rhétorique en réalité, est abordée dans une table ronde organisée pour “accélerer une transition 100% sans émissions au niveau mondial”. 

Article rédigé par Gabriel Goll, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

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Focus COP 26 – Le sol comme solution climatique

jeudi 4 février 2021 par REFEDD

La conférence du 17 novembre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à l’occasion du « Race to Zero » a permis de discuter de certaines innovations et possibilités de stockage de carbone dans les sols, et des moyens de réduire les émissions de carbone dans le secteur agricole.

Les enjeux du secteur agricole

Le secteur agricole est au cœur des enjeux environnementaux actuels. En effet, les conséquences sur l’environnement d’une mauvaise gestion des sols et cultures sont nombreuses : pollution des eaux (biodiversité aquatique), pollution de l’air, déforestation, artificialisation et dégradation des sols, émissions de gaz à effet de serre (GES), destruction des habitats naturels (biodiversité terrestre), etc.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’équivalent d’un terrain de foot de terre est perdu toutes les 5 secondes à cause de l’érosion, et environ 20 millions d’hectares de terre par an. Cependant, la santé des sols est capitale pour la production de notre alimentation. Une bonne gestion des sols est donc un enjeu central du secteur agricole. Des méthodes de gestion alternatives et durables des sols émergent peu à peu, telles que l’agriculture de conservation, l’agriculture biologique, l’agriculture régénérative ou biodynamique et l’agroforesterie. Selon Paul Luu qui représente l’initiative 4 per 1000, un projet français de séquestration de carbone dans les sols, il faut sortir de l’agriculture conventionnelle en adoptant progressivement ces méthodes.

Tendance pour l’agroécologie dans le futur, extrait du diaporama de Paul Luu de 4 per 1000 pendant la conférence de la CCNUCC.

Durant cette conférence, Finian Makepeace a présenté les différents objectifs de l’association Kiss the Ground, qu’il a cofondé. L’association a réalisé le film « Kiss the Ground » portant sur la régénération des sols, disponible sur Netflix. L’ONG vise à sensibiliser, à faire comprendre l’agriculture régénérative à tous, des consommateur·trice·s jusqu’aux agriculteur·trice·s en passant par les politicien.ne.s, et à rendre ce type d’agriculture accessible afin d’impliquer tout le monde dans le projet. L’objectif est d’aider les agriculteur·trice·s à avoir accès aux différents outils de l’agriculture régénérative (informations, formation, techniques,…). 

L’agriculture, un secteur à haut potentiel dans la lutte contre le dérèglement climatique

On entend souvent parler de la capture ou du stockage de carbone par les arbres et d’autres solutions climatiques fondées sur la nature. Mais les plantes qui captent le carbone vont en réalité le stocker ensuite dans les sols. C’est pourquoi le stockage du carbone dans les sols est une méthode à haut potentiel dans la lutte contre le dérèglement climatique. Ainsi, ce serait l’occasion pour le secteur agricole d’agir pour le climat. 

Selon Deborah Bossio, chercheuse en biologie et fertilité des sols, les opportunités qu’offre la nature dans la réduction du CO2 contribueraient à environ 30% des réductions nécessaires d’ici 2030 (les 2/3 restants proviendraient du secteur de l’énergie et de la décarbonation de l’économie). Et parmi ces solutions fondées sur la nature, au moins 30% proviendraient de l’agriculture.

Ainsi, l’agriculture est un secteur à haut potentiel dans la réduction de la quantité de carbone dans l’atmosphère. Mais pour faire du secteur agricole un secteur actif dans la lutte contre le changement climatique, il est aussi nécessaire de réduire, par exemple, les émissions de méthane des élevages animaux (le choix de réduire sa consommation de viande joue un rôle important dans cette diminution), l’utilisation des engrais (responsables entre autres des émissions de protoxyde d’azote, un puissant gaz à effet de serre) et des pesticides, mais aussi le travail du sol, la déforestation et le changement d’affectation des sols.

Un sol en bonne santé : bon pour la planète, bon pour les agriculteur·trice·s, bon pour les consommateur·trice·s

Alexandra Brand, qui travaille sur la durabilité au sein de la société Syngenta, explique que des pratiques agricoles plus saines pour les sols les rendent plus fertiles et améliorent la biodiversité du sol. Un sol en bonne santé nécessite moins d’irrigation et permet donc une importante économie en eau dont on a bien besoin, étant donné que l’agriculture est un secteur très consommateur en eau douce.

En plus de demander moins d’eau, cela rendrait le secteur agricole plus résilient face au changement climatique, car les plantes seraient cultivées dans des sols plus humides et plus sains. De plus, un sol plus sain permettrait de produire des aliments abordables et de qualité, tout en séquestrant du carbone. Tout le monde est gagnant dans une stratégie de préservation des sols, selon Alexandra Brand : les agriculteur·trice·s avec un sol plus fertile et moins demandeur en eau, la nature avec une diminution du carbone atmosphérique.

Pour Minette Batters, agricultrice, c’est une évidence : une agriculture intelligente face au climat est bénéfique pour la planète, pour les agriculteur·trice·s, pour la qualité des aliments mais aussi pour l’économie, pour les entreprises et pour les gouvernements. Pour une meilleure séquestration du carbone dans le sol, il faut utiliser les outils de l’agroécologie comme l’agroforesterie, les haies, les arbres. Il faut investir dans une meilleure gestion des sols. Elle souligne enfin l’importance des énergies renouvelables et d’une économie « verte » dans cet objectif de neutralité carbone dans la production alimentaire d’ici 2040.

La perspective des agriculteur·trice·s, des moyens d’action et des soutiens financiers

Pour les agriculteur·trice·s, la question est de savoir comment faire pour mettre en place toutes ces transformations de leur mode de production.

En effet, il n’est pas facile de changer une manière de cultiver quand on a toujours fait d’une certaine manière et qu’on a peu de moyens financiers et techniques pour effectuer ce revirement. C’est pourquoi Alexandra Brand insiste sur le fait que le secteur agricole a besoin de soutiens financiers, d’outils de management ainsi que de formations aux technologies et aux innovations numériques. Et cela prend du temps. Les trois enjeux clés du changement dans l’agriculture sont d’abord les politiques agricoles, mais aussi la compréhension de la perspective des agriculteur·trice·s et enfin l’économie et la finance.

Paul Luu est d’accord avec le fait que l’agriculture doive faire l’objet de politiques qui façonnent un cadre législatif, règlementaire, économique, social et environnemental pour les acteur·trice·s de l‘agroalimentaire dont les agriculteur·trice·s. Pour lui, l’agriculture doit être soumise à des règles, des mesures, des contraintes environnementales, notamment sur l’autorisation et la régulation d’intrants. Il existe par exemple des normes sur les pratiques agricoles, avec des contrôles. De plus, le représentant de 4 per 1000 souligne qu’il faut définir des mesures de soutien économique et social telles que des subventions, des aides ou toutes sortes d’assurances pour encourager cette transition pas toujours facile pour les agriculteur·trice·s, qui doivent sortir de leur zone de confort.

Les moyens et acteurs de la transition dans le milieu agricole, extrait du diaporama de Paul Luu de 4 per 1000 pendant la conférence de la CCNUCC.

Stocker le carbone dans le sol : le projet ambitieux de 4 per 1000

Comme présenté précédemment, le projet 4 per 1000 consiste à stocker le carbone dans les sols en améliorant notre méthode de gestion des sols. Durant la conférence, Paul Luu nous montre la vidéo explicative du projet que l’on peut retrouver sur leur site internet et il l’explique au fur et à mesure. En effet, il décrit l’origine du carbone et les flux qui le régissent. Le phénomène important utilisé par 4 per 1000 est la capture du carbone dans l’atmosphère (CO2) par les plantes qui le stockent. Il s’agit donc d’aider les plantes à capturer le plus de carbone possible et à le maintenir dans le sol où il aidera les plantes à se développer avec l’aide des autres éléments du sol (phosphore, azote…). L’ambition de l’initiative 4 per 1000 est d’augmenter de 0,4% (4/1000) la quantité de carbone dans les sols chaque année, ce qui correspond à peu près aux rejets annuels de CO2 dans l’atmosphère due aux activités humaines dans le monde. Le carbone étant essentiel au développement des plantes, ce projet à l’avantage d’assurer une sécurité alimentaire et d’atténuer le changement climatique par la diminution du CO2 dans l’air.

Il est tout de même évident pour Paul Luu qu’il faut en même temps réduire notre impact sur les forêts, et encourager les pratiques agricoles écologiques pour avancer vraiment dans la bonne direction. La production agricole est fortement corrélée avec la santé des sols et le niveau de matière organique, selon l’ingénieur agronome, et l’initiative répond au triple défi de notre génération : adaptation, atténuation et sécurité alimentaire. Le temps de la réflexion est terminé, il est temps d’agir collectivement et d’encourager les bonnes pratiques écologiques pour transformer le système agricole en un système durable.

Techniques de gestion des sols utilisées par les agriculteurs pour y stocker du carbone organique, extrait du diaporama de Paul Luu de 4 per 1000 pendant la conférence de la CCNUCC.

Meilleure gestion des sols et agriculture durable : les propositions de Bayer

Le directeur de la politique climatique chez Bayer CropScience, Jeff Seale, rappelle que la société d’agrochimie a pris publiquement l’engagement d’aider à atteindre la neutralité carbone dans le secteur de l‘agriculture. La société vise notamment à agir pour réduire de 30% les émissions de polluants de l’agriculture d’ici 2030. Selon Jeff Seale, il est important d’être de plus en plus ambitieux pour répondre aux enjeux environnementaux de l’agriculture.

C’est pourquoi Bayer CropScience a aussi un objectif de neutralité carbone pour elle-même, en tant que société. La filiale de Bayer est en constante recherche d’innovations pour aider les agriculteur·trice·s à réduire leurs émissions, à mieux gérer les apports en intrants de leurs cultures et à adopter des pratiques agricoles régénératives. D’après le représentant de Bayer CropScience, le principal enjeu du changement est de montrer que cette transition dans l’agriculture est possible d’un point de vue économique. Avec une agriculture durable, les agriculteur·trice·s pourraient produire le maximum de nourriture avec la plus faible empreinte possible, et ainsi réduire l’empreinte carbone des terres agricoles et donner l’opportunité aux écosystèmes de se restaurer et de créer de grands espaces de stockage de carbone.

Pour conclure, Paul Luu explique que la première barrière à franchir est la sensibilisation du public sur l’importance de la nourriture dans cette lutte contre le changement climatique, mais aussi sensibiliser les politiques qui doivent intégrer la santé des sols et la séquestration du carbone dans leurs Contributions Déterminées au niveau National, (CDN, ou NDCs en anglais).

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Louise Baker, Directrice générale du mécanisme mondial, Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (UNCCD)
  • Minette Batters, Agricultrice et présidente, UK National Farmers Union
  • Deborah Bossio, Chercheuse en biologie et fertilité du sol, The Nature Conservancy (TNC)
  • Alexandra Brand, Directrice du pôle développement durable, Syngenta
  • Martin Frick, Envoyé spécial des Nations Unies sur les systèmes alimentaires
  • Mohammad Iman Bakarr, Responsable scientifique en environnement, Global Environmental Facility (GEF)
  • Theo de Jager, Président de l’organisation mondiale des agriculteurs (WFO)
  • Tamisha Lee, Agricultrice et présidente, Jamaica Network of Rural Women
  • Paul Luu, Secrétaire executif, initiative 4 per 1000
  • Finian Makepeace, Co-Fondateur & Directeur politique, Kiss the Ground
  • Gonzalo Munoz, Champion chilien du climat (COP25)
  • Jeff Seale, Directeur de la politique climatique, Bayer Crop Science
  • Katja Seidenschnur, Directrice du développement durable pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Nestle
  • Sok Sotha, Agriculteur et directeur général, CFAP Cambodia et membre du conseil d’administration du WFO, Asie
  • Luisa Volpe, Head of Policy Development, WFO

Pour aller plus loin :

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Focus COP 26 – Brexit : une aubaine pour la diplomatie environnementale britannique

jeudi 4 février 2021 par REFEDD

N’aura-t-on jamais fini de parler du Brexit ? Le Royaume-Uni a quitté définitivement l’Union européenne (UE) au 31 décembre 2020, se soustrayant ainsi aux règles communautaires comme le système de marché carbone européen ou les nouveaux objectifs climatiques de l’UE. Tout le monde s’est alors posé la question : sans la pression de l’UE, le Royaume-Uni va-t-il perdre toute ambition climatique ? Bon, peut-être pas tout le monde… même peut-être pas grand monde. En tout cas, au Refedd, on s’est posé la question. Alors, vous reprendrez bien un peu de Brexit ?

Une étoile vous manque et tout est dépeuplé. Photo by Christian Lue on Unsplash.

Petite rétrospective du Brexit 

Le 23 juin 2016, le « Leave » l’emporte au référendum avec 51,89% des voix. S’ensuivent plusieurs cycles de négociations, de multiples reports, et deux démissions à la tête du Royaume-Uni (James Cameron le lendemain du référendum et Theresa May en juin 2019). En janvier 2020, un accord de sortie est enfin trouvé et est adopté par le Parlement britannique et le Parlement européen. Celui-ci fixe la sortie officielle au 31 janvier 2020, date qui entame une période de transition de 11 mois, rythmée par un nouveau lot de négociations.

Le 31 décembre 2020 – enfin – l’accord de sortie entre en vigueur. En ce qui concerne la relation commerciale, l’accord pose des conditions de concurrence équitables entre les entreprises britanniques et européennes, impliquant notamment que le Royaume-Uni s’engage à appliquer des normes environnementales, sociales et fiscales, proches de celles en vigueur en UE. De plus, l’accord pose un principe de non-régression, par exemple sur le prix du carbone, pour qu’aucune des deux parties ne soit tentée de réduire ses engagements. A priori donc, le Royaume-Uni ne peut pas se servir du Brexit pour donner des coups de ciseaux dans ses engagements climatiques.

De nouveaux objectifs qui placent le Royaume-Uni parmi les meilleurs élèves des pays développés

Fin 2020, dans la dernière ligne droite vers la sortie effective du Royaume-Uni, celui-ci devait accueillir la COP 26 à Glasgow, du 9 au 20 novembre 2020. Le timing était parfait : l’annonce des nouveaux engagements remplaçant les engagements européens serait survenue pendant cette grande démonstration internationale, où le Royaume-Uni joue à domicile. C’était bien sûr sans compter sur la pandémie de covid-19 qui décale la COP 26 d’un an (elle se tiendra du 1er au 12 novembre 2021). Adieu le timing parfait. Les engagements étant prêts, et la sortie effective du Royaume-Uni arrivant à grand pas, les mois de novembre et décembre 2020 ont vu une rare concentration d’annonces environnementales des autorités britanniques.

La plus grande annonce a été le nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990 : ce sera -68%. Dans le même temps, l’UE négociait elle aussi l’augmentation de son objectif. Le Conseil européen du 10 et 11 décembre 2020 a décidé que ce sera -55%. Royaume-Uni contre UE, 1-0 ! Le Royaume-Uni se donne ainsi l’objectif le plus ambitieux des pays du G20.

Boris Johnson relève les objectifs climatiques du gouvernement britannique, décembre 2020.
© Gouvernement britannique

Un grand plan de verdissement de l’industrie britannique

Pour atteindre son objectif, le Royaume-Uni compte sur son plan en 10 points pour lancer une révolution verte industrielle (Ten point plan for a Green Industrial Revolution), que le gouvernement britannique a dévoilé le 18 novembre 2020. Ce plan devrait mobiliser un budget conséquent de 12 milliards de livres sterling. Parmi les mesures qui font beaucoup de bruit – pour rien ? –, on retrouve l’interdiction de la vente de véhicules neufs à essence ou diesel à partir de 2030, et des véhicules hybrides à partir de 2035. Sur l’énergie, le plan veut renforcer les secteurs de l’éolien maritime, du nucléaire, de l’hydrogène ou encore des technologies de capture et de stockage du carbone.

Le Royaume-Uni mise sur la finance durable

Sur la finance, le Royaume-Uni se montre également ambitieux et se dote d’outils similaires à ceux de l’Union européenne. Tout d’abord, le Trésor britannique va émettre en 2021 une première obligation verte. Ensuite, le Royaume-Uni veut élaborer sa propre taxonomie verte, en s’inspirant largement de son homologue européen. Enfin, une banque verte d’investissement pourrait voir le jour, mais les annonces relatives à cette structure se font attendre.

Un nouveau marché des quotas carbone au niveau national

Avec sa sortie de l’UE, le Royaume-Uni sort également du marché des quotas carbone européens, en anglais EU Emission Trading System (EU ETS). Maintenant cavalier seul, le Royaume-Uni a construit son propre marché de quotas carbone, le UK ETS.

Très proche de l’EU ETS (une liaison des deux systèmes est d’ailleurs à l’étude), le UK ETS s’applique aux mêmes secteurs, mais le nombre de quotas mis sur le marché sera diminué de 5% par rapport à ce que le marché européen aurait accordé aux installations britanniques, selon le think tank international spécialiste des marchés carbone, International Carbon Action Partnership (ICAP). Assez ambitieux de prime abord, le retard de lancement de ce marché, prévu seulement pour le deuxième trimestre 2021, fait peser sur cette année le risque de voir une année blanche, sans obligation pour les installations émettrices de présenter autant de quotas que ce qu’elles auront émis cette année. Reste néanmoins que les vols aériens entre le Royaume-Uni et l’UE, qui étaient soumis au marché en tant que vols intérieurs, en sont maintenant exemptés.

Quelques fausses notes dans ce discours tout vert

Quelques signes nous font malheureusement douter de la bonne foi du Royaume-Uni. L’adoption de l’Environment Bill, présenté comme le texte le plus important dans le domaine de l’environnement depuis près d’une génération, serait reportée à l’automne prochain, selon la délégation de la Direction générale du Trésor à Londres. L’examen du texte avait déjà subi plusieurs reports durant l’année 2020.

Une nouvelle mine de charbon, la West Cumbria Mining, pourrait voir le jour dans le comté de Cumbria, au nord de l’Angleterre. Cette décision pourrait fragiliser le discours de la présidence britannique de la COP 26 qui porte haut le sujet de l’abandon du charbon. Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ?

Prototype de la nouvelle mine à charbon dans le comté de Cumbira. © West Cumbria Mining Company

Par ailleurs, le Royaume-Uni a octroyé aux entreprises sucrières britanniques une dérogation temporaire à l’interdiction du thiaméthoxam, un pesticide tueur d’abeilles de la famille des néonicotinoïdes. Si cette dérogation intervient dans un contexte de forte baisse des rendements à cause d’une recrudescence de jaunisse sur les graines de betterave, les associations écologistes rappellent les dégâts causés par les néonicotinoïdes sur les pollinisateurs, dont la chute est extrêmement préoccupante. Ce pesticide est d’ailleurs interdit d’utilisation dans l’Union européenne.

Repoussée d’un an, la nouvelle date de la COP 26 pourrait finalement permettre au Royaume-Uni de mettre de l’ordre dans ses politiques environnementales et d’être un exemple pour le monde entier quant à sa déclinaison opérationnelle d’objectifs aussi ambitieux.

Article rédigé par Aline Prévot, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26

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Santé au travail : un enjeu méconnu de la transition écologique à intégrer dans les cursus étudiants

mercredi 3 février 2021 par REFEDD

Préserver la santé des individus au travail et améliorer leurs conditions d’exercice apparaissent de plus en plus comme des enjeux incontournables pour la société et pour les organisations. Ils constituent des prérequis indispensables pour relever les défis de la transition écologique et sociale, et s’inscrire dans une logique de RSE.

Dirigeant.e.s, employé.e.s, instances représentatives du personnel…Chacun.e a son rôle à jouer dans la construction de la santé au travail.

Quant à vous, étudiant.e.s : êtes-vous suffisamment sensibilisé.e.s, formé.e.s à ces problématiques dans vos cursus ? 

 © Eva Minem – INRS / PV 11

La « santé au travail » : c’est quoi au juste ?

Il y a plusieurs manières d’envisager la notion de « santé au travail ».  L’idée forte est qu’il faut préserver les individus de toute maladie, de tout accident, qui pourraient survenir par le travail. C’est tout l’enjeu de la prévention des risques professionnels qui s’attache à assurer la santé et la sécurité des salariés, améliorer les conditions de travail et tendre au bien-être au travail (1).

En tant qu’étudiant.e.s, pourquoi vous intéresser au sujet ?

D’une part, car vous allez passer une bonne partie de votre vie à travailler et qu’aller régulièrement le matin au bureau en ayant « la boule au ventre » par stress (chronique) ou par crainte de se blesser dans l’exercice de ses fonctions et subir des séquelles, n’est pas un projet stimulant, ni un futur souhaitable. Or, les souffrances et les atteintes à la santé liées au travail (qu’elles soient physiques ou mentales : anxiété, dépression, maladies cardio-vasculaires, TMS…), qui touchent les femmes et les hommes de tout âge et de tous niveaux de qualification confondus, sont des phénomènes bien réels, qui concernent un grand nombre d’entreprises et engendrent des coûts colossaux.

Cependant, des recherches montrent que les dysfonctionnements à l’origine de ces maux ne sont pas inéluctables. Ils prennent le plus souvent racine dans des organisations défaillantes, des conditions de travail dégradées et des pratiques managériales qui ne sont pas assez centrées sur l’humain et le travail (2).            

D’autre part, il semble acquis aujourd’hui que favoriser le bien-être au travail a des effets positifs pour l’employé.e mais aussi pour l’organisation (3). L’amélioration de la motivation et de la satisfaction des employé.e.s est même identifiée par les entreprises comme l’un des avantages majeurs de la santé et sécurité au travail ; au même titre que la dynamisation du collectif et l’amélioration de la productivité (4). Des travaux récents ont également conclu à une forte corrélation positive entre prévention et performance (5).

Enfin, la santé et la sécurité au travail, au-delà d’être une ardente obligation morale pour tout dirigeant.e/ manager.geuse, est surtout une obligation légale faite à l’employeur (Cf. Quatrième partie du Code du travail) qui s’inscrit dans une logique de responsabilité sociale des entreprises (RSE).       

Une priorité pour tous les secteurs, même ceux dits «écoresponsables»  

  La transition écologique et sociale est justement une opportunité pour repenser l’activité de travail, qui nous concerne tou.te.s : du/ de la développeur.euse en start’up, à l’ouvrier.vrière sur sa ligne de production en passant par le.la maraîcher.ère, l’ingénieur.e, l’artisan boulanger.ère ou encore le.la directeur.trice commercial.e… Quelles que soient les modalités de travail (open-space, télétravail, de jour, de nuit, en extérieur ou dans un laboratoire) tou.te.s sont exposé.e.s à des risques professionnels inhérents à leur activité. Or, « produire de façon éco-responsable ne rime pas d’emblée avec une amélioration des conditions de travail » (6).  

Approvisionnement durable, éco conception, écologie industrielle et territoriale, économie de la fonctionnalité, consommation responsable, et allongement de la durée d’usage et recyclage : ces piliers de l’économie circulaire, porteurs d’avancées, ne doivent pas pour autant occulter la dimension du travail et les conséquences de ces nouvelles organisations sur les salarié.e.s.     

       

© Gael Kerbaol – INRS

 Par exemple, la réparation comme la déconstruction dans les démarches de recyclage peuvent exposer à des substances chimiques dangereuses ou des risques liés à l’activité physique (7). De même, encourager la valorisation des déchets ne doit pas s’envisager à n’importe quel prix (8). Une cabine de tri et une organisation du travail mal conçues pourraient exposer le.la salarié.e à des risques thermiques, des nuisances sonores ou encore à des gestes répétitifs, à terme néfastes pour la santé. Dans ce même registre, on pourrait se féliciter de l’abandon ou d’un recours limité aux pesticides ; toutefois, si ce dernier se traduit par un surcroît de manutention dans certains métiers, est-ce une réelle avancée ? « Il n’y aura pas d’agriculture durable sans que durent les agriculteurs » (6).  

Enfin, quel que soit le secteur, il ne faut pas sous-estimer le phénomène d’exposition des salarié.e.s aux risques psychosociaux* et les conséquences qu’ils peuvent avoir sur la santé mentale et physique. Les milieux engagés comme ceux de l’économie sociale et solidaire, de la transition écologique… ne sont pas épargnés par la souffrance au travail (9). Des personnes soumises à des situations de stress professionnel chronique, dans lesquelles la dimension de l’engagement est prédominante, peuvent se retrouver en burn-out**.   

© Gael Kerbaol – INRS

Finalement, peut-on envisager la préservation des biens communs sans se soucier de l’être humain au travail ? La formule employée par l’ergonome Bernard Dugué résume assez bien le dilemme auquel nous devons faire face : « Un travail soutenable pour un environnement durable ». L’importance de ces sujets est telle que les répercussions du changement climatique sur les conditions de travail sont inéluctables si l’on suit l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) (10).

Développer les compétences des étudiants aux pratiques organisationnelles et managériales qui favorisent la santé au travail

Depuis une décennie, des rapports et articles (11) pointent les lacunes concernant l’insuffisante formation des étudiant.e.s à la prise en compte des enjeux de santé au travail dans les cursus. Or, la santé ne s’externalise pas, c’est en premier lieu l’affaire du management. Elle dépend en grande partie des conditions de travail qui, elles-mêmes, sont liées aux choix et pratiques organisationnelles/managériales de l’entreprise. Dans cette perspective, il est essentiel d’agir dès la formation initiale en préparant les étudiant.e.s à développer des compétences intégrant les dimensions santé et prévention des risques. 

 Encourageons l’apprentissage d’un management humain (12) et la prise de conscience de ce qui se joue au travail, pour que les futur.e.s professionnel.le.s soient en capacité de préserver leur santé et celle de leurs collaborateur.trice.s.

 L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), organisme de référence dans les domaines de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels, peut aujourd’hui accompagner les établissements d’enseignement supérieur dans la prise en compte de ces dimensions dans les parcours de formation. N’hésitez pas à les contacter. 

 © Gael Kerbaol – INRS

Article rédigé par Brice Fischer (INRS/Département Formation), Février 2021

* https://www.inrs.fr/risques/psychosociaux/ce-qu-il-faut-retenir.html

** https://www.inrs.fr/risques/epuisement-burnout/ce-qu-il-faut-retenir.html

(1)     https://www.inrs.fr/demarche/fondamentaux-prevention/ce-qu-il-faut-retenir.html

(2)     CAPPELLETI L., SAVALL H., étude « Le coût caché de l’absentéisme au travail 108 milliards € : la facture du mauvais management », Institut Sapiens, Novembre 2018

(3)     BIETRY F., CREUSIER J., « Proposition d’une échelle de mesure positive du bien-être au travail EPBET) », Revue de gestion des ressources humaines (N° 87), 2013

(4)     INRS, Prévention et performance d’entreprise : panorama des approches et des points de vue, CANETTO, 2018

(5)     DARES, Conditions de travail, prévention et performance économique et financière des entreprises, 2020

(6)     Revue Santé & travail, DUGUE B. et BEGUIN .P. extrait de « Transition écologique : une aubaine pour le travail », Avril 2020

(7)     Travail & Sécurité n° 804, Dossier sur l’économie circulaire, avril 2019

(8)     Travail & Sécurité n° 822, Dossier sur les filières déchets, janvier 2021

(9)     https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/11/21/difficile-de-se-plaindre-la-cause-est-trop-belle-dans-l-economie-sociale-quand-la-quete-d-ideaux-vire-au-burn-out_6060615_4401467.html

(10)   ANSES, Rapport « Évaluation des risques induits par le changement climatique sur la santé des travailleurs », 2018

(11)  2008 – Le Rapport sur « la formation des managers et ingénieurs en santé au travail » (William Dab ; 2010 – Le rapport «Bien-être et efficacité au travail » (Lachmann, Larose, Pénicaud) ; 2017 -ANACT – Livre blanc, Apprendre à manager le travail ; Journal Le Monde du 14/11/2019 ; article « La timide prévention du management toxique »…

(12)  TASKIN, DIETRICH, Management humain : pour une approche renouvelée de la GRH et du comportement organisationnel, 2016

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Focus COP 26 – La place de l’industrie lourde dans la neutralité carbone

jeudi 21 janvier 2021 par REFEDD

« Ça n’a pas d’intérêt de s’intéresser aux solutions proposées par les géants de l’industrie lourde : on ne peut pas demander à la source du problème d’en être la solution ». Ce genre de phrases, je me suis moi aussi surpris à les prononcer. C’est peut-être vrai, mais j’ai voulu apprendre ce qui se passe en ce moment dans l’industrie lourde des propres mots des industriel·le·s, en participant à des dialogues en ligne intitulés « Race To Zero » : littéralement, course vers zéro émission nette de gaz à effet de serre (GES). J’ai ainsi pu éviter de leur prêter de fausses intentions, mais il semblerait tout de même que derrière des bonnes intentions de façade, il y ait toujours les mêmes schémas de pensée qui empêchent de vraies solutions d’émerger.

Comme nous avons pu vous l’expliquer auparavant, la COP 26 est reportée d’un an. Cet article s’inscrit dans le suivi par le REFEDD de l’évènement « Race To Zero » et repose en majorité sur ce qui s’est dit le deuxième jour, consacré au secteur de l’industrie, que vous pouvez aller consulter.

Qu’entend-on par industrie ?

La place de l’industrie dans les émissions de gaz à effet de serre n’est plus à prouver (28% des émissions de gaz à effet de serre, cf. Figure 1) et il est donc normal d’avoir une journée consacrée à cet énorme secteur dans les dialogues consacrés à la course pour la neutralité carbone.

L’industrie regroupe beaucoup d’acteurs et par conséquent, il y a beaucoup de choses à dire, qui ne peuvent être résumées brièvement. Dans cet article, nous parlerons surtout de l’industrie lourde, qui regroupe entre autres l’industrie de la métallurgie (acier, aluminium), de la chimie, ainsi que les mines et la production d’électricité.

Spécificité de l’industrie lourde

L’industrie lourde est souvent le premier maillon de la chaîne de production d’un produit : si on n’a pas de réduction des émissions à ce niveau, avoir une production décarbonée semble compromis. 

Pourtant, par la nature même de ce que l’industrie produit, la transition peut s’avérer plus compliquée que pour d’autres secteurs de l’industrie. De plus, l’industrie lourde va souvent de pair avec de grandes infrastructures (plateforme d’extraction offshore, usine de métallurgie, centrale thermique, …) qui peuvent demander du temps à s’adapter à de nouvelles méthodes techniques ou organisationnelles, ainsi qu’avec des savoir-faire bien précis qui peuvent demander du temps pour être revalorisés.

Les défis de l’industrie lourde

Passons en revue les défis de l’industrie lourde et de l’industrie en général qui ont été mentionnés lors des dialogues.

Le premier défi de l’industrie, et celui le plus discuté, est sans nul doute celui de la transition énergétique. Il s’agit donc de trouver des sources d’énergie plus vertes. L’hydrogène (vert et compétitif) occupe beaucoup les esprits et semble être destiné à jouer un rôle important, mais ça n’est pas la seule alternative qui est étudiée. Il y a ainsi toute une panoplie de nouvelles technologies qui en sont à des stades plus ou moins matures d’avancement. On peut penser à la biomasse, au stockage d’électricité ou à la valorisation des déchets et du carbone.

Pour réaliser cette transition, certain·e·s intervenant·e·s se sont également exprimé·e·s sur la nécessité d’avoir une concurrence juste, notamment pour garder des prix relativement bas. Alan Knight, un haut cadre de chez ArcelorMittal au Royaume-Uni, dénonçait ainsi des politiques européennes qui favoriseraient un dumping environnemental pour la production d’acier. Il semblerait donc qu’un cadre politique plus adéquat soit nécessaire sur ce point, en adaptant les politiques aux échelles pertinentes, à savoir internationales, nationales ou locales.

Le défi suivant se situe du côté de la recherche. En effet, pour aider à l’élaboration de telles politiques publiques, de nouveaux projets de recherche émergent aujourd’hui. A l’instar du projet de recherche suédois CASCADES, dont le but est de prendre en compte conjointement les chaînes de production transfrontalières, la dépendance des États aux importations, leur vulnérabilité au changement climatique ainsi que d’autres indicateurs pertinents. Il en ressort notamment que, comme pour l’agriculture, l’une des solutions pour une industrie lourde plus résiliente réside dans la diversification de la production, mais que ça n’est pas une solution suffisante à elle seule.

Le monde est donc interconnecté et la chaîne de valeur d’un produit passe par de nombreux acteurs. Le défi de la collaboration entre les parties prenantes est donc crucial, en permettant de pallier le manque d’infrastructures adaptées (notamment dans les pays en développement), ou encore pour mener à bien des projets innovants. Durant les différentes discussions, il semblait faire consensus que le dialogue a été renforcé ces dernières années entre les entreprises et/ou les États et les collectivités territoriales, sans pour autant donner d’exemple marquant.

Le dernier défi réside dans la relation du secteur industriel avec le secteur financier. En effet, au fur et à mesure des discussions, le nom de « Task Force on Climate-related Financial Disclosures » (TCFD) est revenu à plusieurs reprises comme étant devenu incontournable. Ce groupe de travail mêlant monde financier et monde industriel a publié un rapport en 2017 qui donne des recommandations en matière de reporting. Ce rapport préconise notamment d’évaluer un éventail de risques liés au changement climatique, ainsi que les opportunités que ce dernier peut engendrer.

On le voit, l’ampleur des défis de l’industrie lourde est grande, et tout le monde a un rôle à jouer : les entreprises en s’organisant pour la transition énergétique et la coopération, les pouvoirs publics pour ériger des règles favorables à cette transition, la recherche pour guider les décisions des deux côtés, le secteur financier pour s’orienter vers les investissements les plus vertueux, et les consommateur·trice·s pour leurs choix de consommation.

L’innovation comme porte de sortie ?

Pendant les discussions, l’innovation était sur toutes les lèvres et tout le monde semblait d’accord lorsqu’il en était question. Pourtant, plusieurs réalités se cachent derrière ce terme. Tandis que certains se réfèrent à une définition élargie de l’innovation industrielle en y incluant les aspects organisationnels et de gestion, d’autres se restreignent à l’innovation technique uniquement.

Alan Knight (ArcelorMittal) partageait ainsi sa conviction que faire de l’acier tout en étant neutre en carbone, voire négatif en émissions nettes, est possible. Il mettait ainsi en avant des innovations techniques qui permettraient de dépasser les limites qu’on peut imaginer aujourd’hui. Mais même si on admet qu’on peut améliorer l’efficacité ou la propreté de nos modes de production, il n’empêche qu’il existe des limites physiques indépassables, quel que soit le niveau d’innovation qu’on peut atteindre. On pense notamment aux limites de ressources naturelles comme le pétrole, ou à des limites d’efficacité des conversions d’énergies primaires en énergies utilisables (ce qu’on appelle le coefficient de performance).

Même son de cloche chez les personnalités politiques présentes lors de ces discussions : Isabella Lovin par exemple (la ministre de l’environnement et du climat en Suède) a très bien su l’illustrer en annonçant fièrement la promulgation dans son pays d’une loi permettant des bonds technologiques conséquents pour s’attaquer au changement climatique.

Mais de quels bons technologiques parlait-t-elle ? Bien que certaines innovations soient prometteuses, comme l’hydrogène décarboné, il reste aujourd’hui à éclaircir si elles seront mises à l’échelle de la même manière. Mais il y a aussi beaucoup d’autres innovations ou avancées technologiques qui sont présentées comme accélératrices de la transition écologique et sociale, mais qui sont pointées du doigt parce que trop peu pertinentes, voire contre-productives. On pense par exemple à la 5G, à l’internet des objets ou même à l’impression 3D.

Tout ceci semble indiquer que l’innovation technique ne va pas de soi. Comment se fait-il alors que personne ne remette cela en question lors des dialogues sur le climat ? Comme le disait très justement le PDG de Total dans une table ronde intitulée “L’aviation peut-elle vraiment gagner la bataille du CO2 ?”, le problème est d’ordre de la vision de la société. Si on considère que la mondialisation apporte globalement du bon et qu’il faut garder ce mode de fonctionnement comme base, il faut alors jouer le jeu de la concurrence et satisfaire le marché à tout prix. Or, pour être concurrentiel et satisfaire le marché, il faut être innovant. Au fond, c’est un pari qui est fait par les principaux décideurs de l’industrie lourde (et au-delà) : celui de croire en l’innovation technique comme porte de sortie de la crise climatique, tout en gardant la mondialisation intacte. A nous d’y croire ou non.

Pour l’instant, les innovations présentées comme les plus prometteuses semblent ne pas pouvoir tenir toutes leurs promesses du point de vue du climat. Il semble donc plus sage de remettre en cause la mondialisation et de s’intéresser à des solutions moins risquées du point de vue de l’échéance climatique.

Remettre en cause la mondialisation ?

Contrairement à l’innovation, nulle mention n’a été faite des accords de libre échange qui jouent pourtant un rôle majeur pour la question de la concurrence introduite plus haut. Ces traités de libre échange sont en effet vivement critiqués dans la société civile partout dans le monde (par exemple en Europe récemment avec le Vietnam), notamment pour des raisons écologiques. 

De la même manière, il n’a été aucunement question d’économie circulaire (par l’écologie industrielle par exemple), ni de remise en question des moyens de financement des projets industriels.

Enfin, bien que la question de l’emploi ait été absente des discussions, celle-ci est centrale lorsqu’il est question d’industrie. La perte ou le gain d’emplois (et leur caractère pérenne ou pas) pèse souvent assez lourd dans les décisions politiques. En effet, on observe régulièrement du chantage à la création d’emploi, ou encore plus fréquemment des promesses d’emploi non tenues (voir ici ou pour le cas d’Amazon en France par exemple). Même s’il y a de bonnes raisons de penser que la transition énergétique et l’économie circulaire peuvent amener beaucoup d’emplois, il n’empêche que remettre en cause la mondialisation ainsi que la croissance risque d’augmenter le chômage. Il serait donc peut-être nécessaire d’interroger notre modèle de société, mais aussi les questions de la nature du travail et de la rémunération pour anticiper des crises.

Article rédigé par Amir Worms, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s :

Pour aller plus loin :

Sources :

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Focus COP 26 – Les communautés alternatives : créer du lien social proche de la nature

jeudi 21 janvier 2021 par REFEDD

La conférence du 14 novembre de « From the Ground Up », organisée par la Coalition COP26, a permis de présenter deux projets de communautés alternatives en Écosse et leurs difficultés.

Jardin communautaire de Woodlands Community à Glasgow

L’essor des communautés alternatives

De nombreuses communautés alternatives commencent à voir le jour dans le monde en raison d’une volonté d’améliorer notre rapport à la nature, de trouver un lieu de calme et de sérénité dans un milieu rural ou urbain et pour répondre à un contexte d’urgence environnementale et climatique. Cela permettrait d’ajouter des espaces verts de solidarité et de travaux communs à l’intérieur ou en périphérie des villes pour se ressourcer ou cultiver sa propre nourriture. Durant cette conférence, deux projets de communautés alternatives écossaises ont été présentés : Woodlands Community et West Stormont Woodland Group (WSWG).

Community Garden en plein centre de Glasgow

Tim Cowen a présenté le jardin communautaire de Woodlands Community situé sur la West Prince’s street en plein centre de Glasgow. Ce projet de Woodland Community ne se limite pas au jardin communautaire ; l’association souhaite proposer aux habitant·e·s de la ville un community cafe et un espace de travail et de réunion tout en encourageant des pratiques respectueuses de l’environnement comme l’utilisation du vélo, la culture de sa propre nourriture locale, la consommation de produits végétaux locaux et de saison ou la réutilisation, le recyclage, le compostage et la réduction des déchets. De plus, en réponse à la crise sanitaire, l’association propose une aide alimentaire en partenariat avec d’autres associations et communautés locales.

Cette communauté travaille sur un service alimentaire dans le voisinage, un projet de régénération et de rétablissement de la nature (notamment le retour des oiseaux), la mise à disposition d’une terrasse pour les événements ou encore le projet d’actions pour le climat (vélo, déchets, culture locale, sensibilisation à un changement de comportement individuel).

Tous ces projets s’inscrivent dans une volonté d’offrir un espace libre et gratuit où tout le monde peut venir sans avoir à consommer quelque chose (à l’inverse des cafés par exemple), un espace de nature et de rencontres. En effet, selon Tim Cowen, les humains ont besoin d’espoir, de solidarité, de soutien, de liberté, de sécurité et de connections qui peuvent venir de l’inspiration de la nature et de l’appartenance à une communauté. Il croit profondément que les petits actes peuvent changer le monde et améliorer le bien-être de chacun·e !

Projet forestier communautaire par l’association écossaise West Stormont Woodland Group

Le projet décrit ensuite par Catriona Gall concerne deux espaces forestiers : Taymount Wood et Five Mile Wood. Il s’agit de transformer ces forêts en propriétés communautaires afin de préserver durablement ces espaces naturels et leurs habitant·e·s et ainsi répondre à l’urgence climatique et écologique grâce à une communauté de bénévoles qui œuvrent sur différents projets. Malgré l’engagement et le dévouement des membres de l’association, WSWG doit faire face à de nombreuses difficultés, notamment leur faible nombre pour une tâche gigantesque, les doutes et l’inquiétude quant à la réussite du projet. Cependant, grâce aux différentes personnalités et compétences de ses membres, le groupe garde espoir et se bat pour mener à bien leur projet.

Des lieux de bien-être et de préservation de la nature

En conclusion, pour lutter à son échelle contre les problèmes écologiques actuels, certains ont choisi de rejoindre ou former des communautés alternatives comme présentées ci-dessus. Ces espaces de nature préservée et de biodiversité offrent aux membres de la communauté un lieu d’apaisement, d’inspiration et de détente libre et loin de toute consommation, et à la nature un nouveau souffle et une opportunité de se régénérer et se développer durablement sans surexploitation.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Catriona Gall, West Stormont Woodland Group
  • Elspeth Coutts, West Stormont Woodland Group
  • Tim Cowen, Woodlands Community Development Trust

Pour aller plus loin :

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Focus COP 26 – La protection des océans en faveur du climat, l’engagement de la jeunesse et la place des entreprises

jeudi 21 janvier 2021 par REFEDD

A l’occasion des « Race to Zero Dialogues », le Forum économique mondial a organisé plusieurs conférences et discussions autour de trois domaines clés environnementaux : l’industrie, les transports et l’océan. La conférence du 12 novembre portait sur l’importance fondamentale des océans pour la stabilité du climat et sur la boucle de rétroaction qui les lie. Elle était également consacrée aux moyens de faire participer davantage scientifiques, citoyen·ne·s et entreprises.

Passer du constat aux actions

Ce webinaire a donné la parole à des expert·e·s ou professionnel·le·s issu·e·s de milieux professionnels et institutionnels différents pour recueillir leurs solutions et analyses sur l’état de nos océans. Le constat est affligeant, comme on aurait pu s’y attendre. Les niveaux records d’émission de gaz à effet de serre et de chaleur nuisent à la capacité du système à résister aux effets du changement climatique et à s’en remettre. Il suffit d’observer les conséquences dévastatrices du blanchiment des coraux et l’impact que cela représente sur les communautés locales et les ressources pour s’en rendre compte, comme l’expliquait Hans-Otto Pörtner, climatologue allemand et coprésident d’un groupe de travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité liés aux changements climatiques.

Les chercheurs observent une forme d’extinction de masse ; des espèces disparaissent à un rythme alarmant, alors que les extinctions précédentes avaient mis des milliers voire des millions d’années. Les recherches et la publication des études sont aujourd’hui plus rapides, mais il est nécessaire d’agir au plus vite avant qu’il ne soit trop tard.

Les participant·e·s se sont exprimé·e·s sur la nécessité de promouvoir la création de projets plus favorables au climat et à nos océans. Ainsi, Angeline Pouponneau, cofondatrice du SIDS Youth AIMS Hub- Seychelles, une association de jeunes qui promeut le développement durable, a parlé d’une action novatrice en la matière. En 2018, la République des Seychelles a lancé la première obligation bleue souveraine, un instrument financier conçu pour soutenir des projets maritimes durables. L’obligation, qui a levé 15 millions de dollars auprès d’investisseurs internationaux, prouve qu’il est possible pour les États d’exploiter les marchés de capitaux pour financer la protection des océans. Les Seychelles et les États insulaires, fortement touchés par le changement climatique et la montée des eaux, ne peuvent promouvoir une action océan-climat et faire ce travail de conservation seuls. Ce constat était partagé par Nigel Topping, champion de haut niveau pour l’action climatique pour le Royaume-Uni dans le cadre de la COP 26. Selon lui, les États doivent montrer de l’ambition politique, sinon leurs partenaires, notamment les entreprises, ne les suivront pas. 

La responsabilité des marchés et des entreprises privées

Un des grands axes de cette conférence était consacré à la place et la responsabilité du secteur privé dans la protection ou la destruction des océans. Est-ce qu’il remonte ses manches ? Oui et non. Les entreprises sont devenues des acteurs incontournables du développement durable depuis plusieurs décennies, au point qu’elles sont devenues des interlocutrices de poids pour les décideurs politiques, les ONG et les associations. A cause de leurs activités économiques, les entreprises peuvent causer des dommages importants pour l’environnement.

Le secteur privé commence à prendre ses responsabilités, mais pas assez vite selon les expert·e·s. Le monde des affaires doit investir plus et plus rapidement pour lutter contre les impacts environnementaux qu’il crée. Lorsqu’une usine rejette ses déchets, les conséquences sont dramatiques pour l’environnement. Ainsi, les marées vertes, nourries par les produits phytosanitaires agricoles, seraient responsables en Bretagne de plusieurs décès et maladies dans la région tout en polluant les cours d’eau. Les dégâts que les entreprises causent à l’environnement ont donc aussi un impact sur la santé.

Pourtant, les entreprises restent essentielles dans nos sociétés comme le rappelait Kim Coupounas, qui travaille pour la communauté internationale d’entreprises B Lab. Une partie des entreprises commencent à faire le lien entre les enjeux environnementaux et les leurs, et ne souhaitent pas que leur image soit associée à un océan qui meurt. On médiatise de plus en plus les problématiques environnementales, que ce soit avec des photos, des vidéos ou des pétitions, ce qui fait qu’il est impossible de ne plus savoir. Les investissements verts et bleus représentent donc une opportunité pour les entreprises d’un point de vue humain et stratégique : bonne publicité, création d’emplois, productivité et préservation des ressources. L’implication des dirigeants d’industrie dans une démarche de responsabilité éthique et environnementale est un gage de succès nécessaire dans la lutte pour la protection de l’océan.

Quel engagement pour les jeunes aujourd’hui ?

Restaurer la santé des océans est un enjeu important qui se transmettra aux générations futures, qui devront réparer les erreurs de leurs parents et grands-parents. Il faut dès maintenant encourager la jeunesse à se battre pour l’environnement selon Daniela Fernandez, entrepreneuse et fondatrice de Sustainable Ocean Alliance, une organisation environnementale à but non lucratif. Les jeunes souhaitent et peuvent contribuer à la protection des océans sans être des spécialistes ou des professionnel·le·s. Les étudiant·e·s avec de bonnes idées ont besoin de plus de visibilité, de financements mais aussi de confiance dans leurs projets. Il faut convaincre les investisseur·euse·s de les assister dans leurs projets et de leur laisser plus de place en tant que générations futures. 

Les dirigeants du monde entier ainsi que des chercheur·euse·s, des acteurs du monde des affaires et l’opinion publique appellent à une action océan-climat. Il est donc urgent de mobiliser tous ces acteurs aux ambitions et objectifs souvent différents pour faire comprendre le rôle fondamental que joue l’Océan. 

Article rédigé par Clara Marteau, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26. 

Une conférence organisée en collaboration avec le Forum Économique Mondial, Friends of Ocean Action, Blue Climate Initiative et Ocean and Climate Platform

Pour en savoir plus :

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Sophie Wood : World Resources Institute / Friends of Ocean Action
  • Kim Coupounas : Ambassadrice pour B Corp
  • Nigel Topping : Champion de haut niveau pour l’action climatique et la COP 26 du Royaume-Uni
  • Gonzalo Munoz : Champion de haut niveau pour l’action climatique et la COP 25 du Chili
  • Hans-Otto Pörtner : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)
  • Daniela Fernandez : San Francisco Hub. Fondatrice et PDG de la Sustainable Ocean Alliance
  • Vladimir Ryabinin : Secrétaire Exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO
  • Angelique Pouponneau : Seychelles’ Conservation and Climate Adaptation Trust

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Focus COP 26 – Eau et climat : retour sur une problématique mondiale

jeudi 21 janvier 2021 par REFEDD

Le 12 novembre, la journée des dialogues sur le climat dédiée à l’eau a permis de présenter des actions concrètes qui peuvent apporter des solutions climatiques transformatrices. Sous la direction des champions de haut niveau de la CCNUCC, 10 conférences en lien avec l’eau ont été organisées. Voici un résumé de certaines thématiques soulevées lors de ces conférences.

Schéma issu de l’IPCC Expert Meeting Report 19–21 September, 2007

La première conférence s’est ouverte par une présentation des champions de haut niveau des Nations Unies pour le changement climatique, Gonzalo Muñoz du Chili et Nigel Topping du Royaume-Uni, qui ont souligné le rôle crucial de l’eau. C’est un élément primordial à la vie sur Terre au même titre que l’air, mais cette ressource n’est pas éternelle.

L’eau, un bien mondial menacé ?

Selon le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau de 2019, plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays où le stress hydrique est élevé, c’est-à-dire où la demande en eau dépasse les ressources disponibles. Environ 4 milliards de personnes souffrent de graves pénuries d’eau pendant au moins un mois de l’année et pas seulement dans des zones désertiques. 

Selon les expert·e·s présent·e·s à ces conférences, nous serons bientôt 8 milliards d’individus sur Terre. Si la courbe de la consommation d’eau suit celle de la démographie, sans parler de la baisse de l’offre compte tenu des dégradations des nappes phréatiques, alors les pénuries d’eau seront plus nombreuses.

Une ressource fondamentale pour l’agriculture et l’alimentation 

L’eau est devenue absolument indispensable dans nos sociétés et pas seulement pour notre consommation domestique. En France, elle est principalement utilisée par l’industrie, le secteur de l’énergie, l’agriculture et l’élevage. L’agriculture et l’alimentation sont des secteurs avec une forte empreinte carbone et avec un impact important sur les ressources en eau. L’usage intensif de celle-ci met en danger l’environnement et risque de nous mener à une généralisation des pénuries d’eau.

Pour Ertharin Cousin, ancienne directrice exécutive du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM),  le système agricole industriel n’a jamais été aussi productif et efficace. Les rendements sont élevés et permettent de nourrir des milliards d’individus. Mais ce système et cette organisation ne sont pas durables sur le long terme. En plus d’être gaspillée, l’eau est également polluée. On estime aujourd’hui qu’en Europe la moitié des fleuves et des cours d’eau sont gravement pollués. Il s’agit de déchets rejetés par les productions industrielles et agricoles, la consommation des ménages et par accident. Le secteur privé doit tout comme pour la situation des océans prendre ses responsabilités.

Un plan d’action mondial pour l’eau

Les organisateurs de la journée de l’eau appellent à soutenir le « Water Action Pathway » qui vise à établir une vision étatique et institutionnelle commune sur la question de l’eau. Ces acteurs et ce secteur doivent prendre des engagements audacieux en matière d’action climatique pour changer les choses. 

Les principaux moyens d’agir identifiés par les participant·e·s sont : 

  • La protection et la restauration des ressources en eau douce pour les écosystèmes et les populations ;
  • L’utilisation et la distribution durables de l’eau pour les gouvernements, les entreprises, les investisseur·euse·s et les citoyen·ne·s ;
  • La réutilisation de l’eau douce et des eaux usées à l’échelle mondiale ; environ 10 pour cent des eaux usées pourraient être traitées et utilisées, selon le rapport GIZ 2020 Stop Floating, Start Swimming ;
  • Une gestion climatique résiliente et une gouvernance judicieuse des écosystèmes d’eau douce dans la lignée des objectifs de la COP 22 de Marrakech.

Au cours de la séance de clôture de la journée, Carolina Schmidt, présidente de la COP 25 et ministre de l’Environnement du Chili, a déclaré que « le monde doit maintenant transformer la façon dont il gère son eau ». Pour elle, il faut veiller à ce que les peuples les plus vulnérables et les peuples autochtones soient reconnus comme des agents de changement. Comme nous l’a rappelé Akhona Xotyeni, militante sud-africaine pour le climat, la valeur des connaissances locales, indigènes et intergénérationnelles est essentielle pour développer et mettre en œuvre des réponses à tous les niveaux.

Comme l’a également souligné Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement, de nombreux pays font déjà référence à l’eau dans leurs questions environnementales, mais seuls quelques-uns voient le plein potentiel de l’eau pour les aider à atteindre leurs objectifs de l’Accord de Paris. L’eau doit être prise en compte dans l’ensemble de nos engagements climatiques, en particulier en matière d’énergie avec l’énergie hydraulique, afin que nos solutions d’énergie propre puissent répondre à la demande future sans exacerber le stress hydrique à moyen et à long terme.

Article rédigé par Clara Marteau, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26. 

Ces conférences ont été réalisées en collaboration avec le SIWI (Stockholm International Water Institute), l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), l’AGWA (Alliance for Global Water Adaptation), le CDP, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), Aguas et Water UK

Toutes les conférences sont disponibles en Replay ici.

Pour plus d’informations :

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Lutter contre la précarité énergétique des étudiant.e.s : ACT4ENERGY, une initiative de l’Atelier21

mercredi 13 janvier 2021 par REFEDD

Dans certaines régions de France, jusqu’à 70% des étudiant.e.s sont en précarité énergétique avérée selon la définition de l’ONPE. Dans le pire scénario, c’est 1,94 millions d’étudiant.e.s concerné.e.s en 2023

C’est pourquoi, le REFEDD a souhaité donner la parole à l’Atelier21 pour vous présenter ACT4ENERGY, leur nouvelle initiative de recherche-action collaborative pour apporter des solutions à ce problème grandissant. 

(Les premières vidéos tutos à retrouver sur https://atelier21.org/act4energy/)

Atelier21 : 

“ Nous menons des ateliers éducatifs et novateurs PAR et POUR les étudiant.e.s, pour imaginer, prototyper et partager en open-source solutions, tutoriels et bonnes pratiques afin d’augmenter le confort thermique et faire des économies. 

L’Ecole de Design Orléans, l’école de design de Toulon, le FabLab de Tours, l’Ecole des Mines et Les Arts Décos Paris, le lycée Condorcet à Montreuil y participent déjà. Avec eux nous avons notamment développé de vraies solutions pour leur quotidien comme des marmites norvégiennes, du double vitrage DIY, des “kotatsu” (voire notre définition),  ou encore une capote isolante pour chauffe-eau. 

Toutes ces réalisations sont destinées à devenir des tutos pour que chacun puisse les répliquer chez soi, et une plateforme Discord est en création pour permettre à chacun de venir poser ses questions et trouver aides et réponses auprès des autres participants/bénéficiaires et des Bénévoles de l’association. 

(Les premières images du Discord)

Nous aidons également des initiatives citoyennes et des associations d’aide alimentaire étudiante comme Agorae et Linkee ou encore Les Couturières Masquées de Tours (qui ont produit plus de 70 000 masques depuis le début de la crise du Covid). Grâce à notre atelier, leur confort énergétique s’améliore tout en leur permettant de faire des économies d’énergies et de reproduire le concept dans les logements parfois précaires de leurs bénéficiaires et de leurs bénévoles.  

Quelques photos de l’atelier “kotatsu” avec les couturières masquées

Nos autres projets, notamment le régénérateur de piles RegenBox, s’inscrivent dans la même veine et permettent de faire des économies tout en agissant pour le développement durable. RegenBox est un brevet exhumé grâce au programme Paléo-énergétique, lui aussi porté par Atelier 21. C’est un module régénérateur de piles alcalines (soit-disant non-rechargeables) qui se veut écologique et anti-obsolescence. Le principe est très simple, il permet de recharger des piles alcalines dites « à usage unique » grace à un système de micro-impulsion électriques.

Malgré les idées reçues, c’est encore 1,5 milliard de piles alcalines qui  sont mises sur le marché chaque année en France. Les piles sont en vente croissante, selon l’Ademe, en 2003, 13 piles par français sont mises sur le marché, en 2018 ce sont 21 piles qui sont vendues par français; soit une augmentation de 61 % sur 15 ans. 

De plus selon nos premiers résultats de recherche, près d’ ⅓ des piles jetées pourraient être ré-utilisées en l’état car elles sont encore neuves ! Un autre tiers pourrait être rechargé avec RegenBox.

Pour rappel, il s’agit de 30000 tonnes de déchets par an en France en 2018, dont seulement 45% sont effectivement recyclées. Le reste, mal trié ou non trié, se retrouve dispersé dans la Nature, enfoui ou brûlé. Dans tous les cas, ce sont autant de déchets toxiques relâchés dans nos nappes phréatiques et dans nos cours d’eau. Jetée dans la nature, une pile peut    contaminer 1000 m3 d’eau (soit 1 million de litres d’eau).

Le projet RegenBox propose quelques solutions simples et pratiques qui pourraient permettre de réduire les déchets toxiques rejetés en sauvant plus de ⅔ des piles jetées, soit plus de 19 000 tonnes de piles par an.

Enfin, en parallèle de nos recherches, nous avons également testé depuis 2017 les piles alcalines du marché français afin d’informer sur les capacités des piles et leur rapport qualité/prix. Nous développons une étude comparative qui permettra à tous les consommateurs de faire le bon choix économique et écologique pour acheter les meilleures piles. 

Rejoignez vous aussi l’aventure pour mettre cette intelligence collective et créative au service de votre communauté ! 

Vous êtes une université, une école, un lycée, une association, un mouvement citoyen ? 

N’hésitez pas à nous contacter à hello@atelier21.org si vous êtes intéressés par le projet ACT4ENERGY ou sur hello@regenbox.org si vous êtes intéressés par le projet RegenBox.

Toute l’équipe d’Atelier 21 vous souhaite une excellente année 2021, sous le signe de la solidarité et de l’intelligence collective !

Article rédigé par l’Atelier 21 

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5 conseils pour intégrer les enjeux de transition écologique et sociale dans son cursus

mardi 12 janvier 2021 par REFEDD

Partout, les étudiant·e·s se mobilisent pour intégrer les enjeux de transition écologique et sociale dans leur formation. Le REFEDD a interrogé six d’entre eux·elles et propose cinq conseils pour réveiller son cursus.

Une conférence de présentation d’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à Centrale © Pics – CentraleSupélec

Permettre aux étudiant·e·s de comprendre dès la première année les grands enjeux environnementaux et sociétaux ; c’est la vision du cursus idéal portée par Corentin et deux autres étudiants de CentraleSupélec, où un cours de science du climat a été ajouté au tronc commun. Fondée sur un dialogue patiemment structuré, cette dynamique a ensuite inspiré une autre initiative à l’échelle des 5 écoles Centrale. Lancée au printemps 2020, cette dernière regroupe désormais 200 étudiant·e·s, alumni, profs et membres du personnel, comme l’explique Clément, de Centrale Lyon.

A l’Institut Mines-Télécom (IMT) quelques étudiant·e·s rassemblé·e·s à la COP1 étudiante sont à l’origine d’un mouvement similaire. Il·elle·s construisent avec la direction nationale de l’institut et avec l’administration de chacun des 8 établissements des “écoles exemplaires […] qui forment des ingénieurs-managers responsables et citoyens.” 

À Sciences Po Toulouse, l’idée que l’action collective a beaucoup plus d’impact que des actions isolées est aussi au cœur de la démarche. Une tribune nationale publiée par le collectif écologiste inter-IEP, qui rassemble les associations écologistes de tous les Sciences Po de France et dont Camille fait partie, a notamment déclenché l’adoption par l’établissement d’un Plan Vert, suivi de la mise en place d’un comité mixte et de la nomination d’une chargée de la transition écologique.

Enfin, à Mines-ParisTech, Albertine, Quentin et sept autres élèves ont organisé un séminaire “ingénieur et transition écologique”, ouvert par Valérie Masson-Delmotte. L’équipe organisatrice a travaillé en lien avec la direction et en cohérence avec la récente fonte du cycle ingénieur, qui fait la part belle à la transition énergétique. 

De nombreuses autres initiatives sont portées par les étudiant·e·s dans les établissements d’enseignement supérieur, afin que leurs cursus intègrent les enjeux de transition écologique ! Toi aussi, tu peux t’engager pour des formations en rapport avec les défis contemporains. Pour t’aider, voici 5 conseils tirés de l’expérience d’Albertine, Camille, Clément, Corentin, Paul et Quentin. 

1. Tirer parti du contexte (si si, il est favorable)

Les établissements renouvellent régulièrement leurs cursus. Une opportunité saisie par Paul et les étudiant·e·s de l’IMT, qui ont pu “surfer sur l’intérêt prononcé de [leurs écoles] sur les sujets environnementaux”. Dans un contexte de renouveau, il·elle·s ont su tirer parti de la diversité des 8 écoles qui composent l’IMT. C’est dans un cadre similaire que le groupe de travail de Corentin a commencé ses démarches ; les cursus de 1A et 2A ayant été refondus suite à la fusion de Centrale et Supélec, ils se sont concentrés sur la troisième année. 

Même schéma aux Mines. L’école a réalisé il y a deux ans une refonte de son cycle ingénieur. Désormais, le programme contient 12 crédits ECTS en lien avec les enjeux de transition dès la première année. Mais les promotions les plus anciennes, consultées, ne bénéficient pas de cette refonte. C’est ce qui a poussé Albertine, Quentin et d’autres à organiser un séminaire sur les enjeux de transition écologique pour les élèves de troisième année.

Autre atout, “la conscience des élèves et leur engagement ont augmenté ces dernières années” estime Corentin. Clément confirme : “on voit la différence. Les premières et deuxièmes années témoignent d’une forte évolution des mentalités. Les élèves mesurent la chance qu’il·elle·s ont d’être dans ces écoles et la responsabilité qui va avec”. 

Enfin, n’oublions pas le cadre fixé par la loi Grenelle I. Elle impose à tous les établissements d’enseignement supérieur de formaliser un Plan Vert, mais ne sanctionne pas les manquements. “Très peu d’établissements le font”, rappelle Camille. Mais certains ont adopté le Plan Vert préparé par leurs étudiant·e·s. C’est ce qui s’est passé à Sciences Po Toulouse, où Camille a participé à la rédaction du Plan. L’un des quatre axes porte sur la nécessité de repenser les enseignements à l’aune des enjeux de la transition écologique.

2. Structurer le dialogue au sein de son établissement (et être patient)

Pour Corentin, il est primordial de “s’organiser et montrer qu’on est organisés”. Il l’illustre avec son engagement. Son projet d’innovation est à l’origine des démarches sur l’intégration des enjeux de transition écologique dans les cursus de CentraleSupélec. Au fil de l’année 2019, de plus en plus d’élèves se sont ajouté·e·s à la réflexion. Elle a été partagée dans des commissions, des conventions, et au comité de transition durable. Le dialogue s’est institutionnalisé, avec la mise en place d’un prof Référent Développement Durable et de délégué·e·s et suppléant·e·s élèves, par promotion et par campus. Après plusieurs mois, les étudiant·e·s ont créé le Groupe de Réflexion pour l’Intégration de la Transition Écologique dans le Cursus (GRITEC). 

Dans un même souci de légitimité, Clément et Camille conseillent aussi de créer des comités mixtes et représentatifs. “Un portage par des étudiant·e·s seul·e·s n’aurait aucune légitimité” ajoute Camille. À Sciences Po Toulouse, un organe mixte a été créé en novembre 2020. Il est composé d’étudiant·e·s, de professeur·e·s, d’une personne de l’administration ainsi que d’Eugénie Peron Bodin, chargée de mission développement durable à l’Université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées. Une chargée de la transition écologique a été nommée, Christel Cournil, professeure de droit. 

Aux Mines aussi, les élèves participent aux 12 chantiers de refonte de l’établissement, conjointement avec les alumni, des hauts fonctionnaires et les entreprises partenaires. Représentatif et légitime, ce dialogue interne est cependant lent à mettre en place et à faire fonctionner. “Armez-vous mentalement” prévient Paul. “Car l’exercice est un marathon et non un sprint : il faut rester dans une démarche de co-construction et non d’opposition. Attention aussi à la frustration, l’inertie sera plus ou moins forte selon le contexte.” Clément confirme : “il faut accepter que les choses puissent prendre du temps”. 

3. Susciter des mouvements d’ampleur nationale (l’union fait la force)

“Menez vos projets à différentes échelles” recommande Paul, en pensant au groupe IMT TforC (Pour les Transitions et Formations Citoyennes). En effet, “avoir un groupe de travail au sein de son école et un autre au niveau national n’est pas redondant, mais complémentaire”. 

L’organigramme du groupe national IMT Pour les Transitions et Formations Citoyennes © IMT

A ce sujet, Camille insiste sur l’impact de la publication de la tribune nationale “Pour des Sciences Po à la hauteur des enjeux écologiques”. Co-signée par une dizaine de personnalité·e·s et des associations nationales de jeunesses dont le REFEDD, la tribune a été relayée par 4 webmédias nationaux et a eu un très bon écho. Porteuse de 10 propositions, la tribune se voulait une réponse à l’appel à collaboration lancé par Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Par la suite, un collectif écologiste inter-IEP a été créé. C’était aussi une invitation à la collaboration entre élèves et administration, qui a mené à Toulouse à l’adoption du Plan Vert. “Avant la tribune, il y avait un comité de développement durable qui ne s’était jamais réuni !” indique Camille. 

Du côté de Centrale aussi, la dynamique s’est propagée au niveau national. Pendant le premier confinement, Corentin a eu l’idée de faire collaborer les écoles Centrale pour avoir plus de poids. Il·elle·s sont désormais près de 200 élèves, diplômé·e·s, profs et membres du personnel rassemblé·e·s sur un groupe Discord dédié au projet. Quatre groupes travaillent sur le dialogue avec les institutions de l’enseignement supérieur, l’évolution des cursus, le dialogue avec l’administration, les partenariats et l’insertion professionnelle. Le but : identifier des interlocuteur·trice·s dans chaque école et partager les bonnes pratiques en matière de transition écologique. 

Comme le résume Paul, “la mobilisation autour de l’enseignement supérieur pour l’intégration de ces enjeux au sein des cursus se renforce […] et ça se ressent partout. Objectif : point de bascule !”

4.  S’appuyer sur l’existant (et il y en a !)

“Prendre conscience de ce qui existe pour ne pas créer de nouvelles choses” ; à CentraleSupélec, c’est par un état des lieux que la démarche a commencé. Une grille d’évaluation des cours de l’école a été renseignée. Le référent enseignant a demandé aux profs d’auto-évaluer le lien entre leur enseignement et les objectifs de développement durable (ODD). 

Pour Camille aussi, la situation existante doit fonder la démarche. “On ne peut pas enlever comme ça des cours ou des profs”. A Sciences Po Toulouse, le premier chantier concerne l’évolution des enseignements. Il s’agit de voir avec le directeur d’études et les profs comment il·elle·s peuvent modifier leur cours, et si besoin, être formé·e·s. En complément, certains cours peuvent être remplacés selon les opportunités. Par exemple, après le départ à la retraite d’un prof d’économie, le directeur a contacté les réveilleur·euse·s de cursus pour leur proposer un CV. Il·elle·s ont approuvé le profil de ce prof, passé par Gaïa. Et il·elle·s ont beaucoup d’autres idées de cours et de profs ! 

En plus, nos interviewé·e·s recommandent unanimement les sondages auprès des élèves. Les enquêtes permettent de faire participer les étudiant·e·s à l’évolution de leur cursus. Elles servent aussi à se légitimer. A l’IMT, Paul raconte que sur “près de 1 800 étudiant·e·s sondé·e·s, plus de 80% souhaitaient intégrer davantage les enjeux environnementaux et sociétaux dans leur cursus”. Les chiffres par établissement de la Consultation Nationale Etudiante peuvent aussi fournir une assise solide. 

On peut aussi s’inspirer de ce qui se fait ailleurs : Plans Verts, référentiels existants (ODD, Manuel de la Grande Transition…). Clément suit lui le partenariat entre l’INSA et le Shift Project qui vise à intégrer les enjeux de transition climat-énergie dans les formations. La démarche s’appuie sur les préconisations de la Commission des titres d’ingénieur et du guide des compétences DD&RS

5. S’adresser au plus haut niveau (en toute transparence, avec les formes)

Une fois ces bases posées, il faut “identifier les gens qui décident” et viser à leur échelle. Corentin vous incite à “aller toquer ou envoyer un mail à [votre] directeur ou responsable de la stratégie”. “Faites-vous confiance : vous êtes légitimes”, renchérit Paul. 

Pour mettre toutes les chances de votre côté, dites clairement à votre direction ce que vous voulez. Par exemple, les objectifs définis à l’échelle des écoles Centrale ont été aussitôt partagés aux administrations des 5 écoles. Même relation de transparence et donc de confiance entre l’administration des Mines et l’équipe organisatrice du séminaire “ingénieurs et transition écologique”. Albertine raconte que l’équipe avait comme interlocuteur direct le directeur des études : “nous l’avons régulièrement informé, mais nous n’avions pas de compte à rendre”.

De même, à Sciences Po Toulouse, les étudiant·e·s à l’initiative de la tribune ont prévenu leur direction de sa publication. Dans un mail, il·elle·s l’ont informée de leur envie de collaborer et ont annoncé l’envoi d’une proposition de Plan Vert. Un message clair et bien reçu, qui a permis à la dynamique nationale de s’enclencher ; désormais, le directeur toulousain préside l’inter-IEP et porte les propositions de la tribune. “Nous échangeons sans détour avec la direction”, assure Camille. Elle évoque par exemple les commentaires des élèves sur leur cours de développement durable, notion dont la remise en cause s’amplifie depuis le milieu des années 2000

Une Fresque du Climat avec le directeur de Sciences Po Toulouse, des professeur·e·s et étudiant·e·s volontaires © Gaïa IEP Toulouse

Et la sincérité ne doit pas empêcher de mettre les formes. Pour Corentin, si l’attitude militante est un moteur au quotidien, il faut “réussir à avoir un discours audible” au moment de solliciter la direction. Clément renchérit : “on a de l’énergie, on a envie d’aller vite”. Mais “mieux vaut se mettre dans le mood de l’administration. Le risque de se la mettre à dos est trop gros, il faut rester constructif”. 

Article rédigé par Gabriel Goll.

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Breaking News : Le REFEDD change de nom !

lundi 11 janvier 2021 par REFEDD

Depuis plusieurs années, la notion de développement durable est largement utilisée en tant qu’argument politique et moteur pour des mouvements écologistes forts. Aujourd’hui ces mots ont été débattus à de nombreuses reprises et la signification du développement durable ainsi que ses objectifs sont controversés.

Ce débat n’a pas échappé au REFEDD (dont le développement durable est intégré à son nom-même) et un long processus de réflexion a été mené, qui a abouti à une décision de changer le nom du réseau. Avant de rentrer dans les détails de cette démarche, nous avons souhaité revenir sur le concept de développement durable en lui-même.  Ainsi, d’où vient ce concept et que signifie-t-il ?

Qu’est-ce que le « développement durable » ?

Le principe de développement durable apparaît pour la première fois dans le rapport « Notre avenir à tous » de 1987 (Nations Unies, commission Brundtland). C’est alors que naît la définition que nous connaissons tou·te·s : Le développement durable est un mode de développement « qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Cette façon de penser est nouvelle et prometteuse. Elle se répand et se politise. Des mouvements écologistes conséquents se construisent autour de ce principe.

Cependant, l’utilisation du développement durable dans la politique gouvernementale et par des organismes influents, à des fins qui ne sont pas toujours si respectueuses de l’environnement, font réfléchir des écologistes impliqué.e.s sur la pertinence de l’utilisation de ce principe comme base de leurs mouvements. 

En effet, le développement durable n’exclut pas une « croissance infinie dans un monde pourtant fini » (dérivé de la citation de Kenneth Boulding « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer pour toujours dans un monde fini est soit un fou, soit… un économiste. »). Sa définition serait trop vague et encouragerait certaines déviances du système actuel comme la « croissance infinie ». De nombreux·ses écologistes remettent en question la légitimité de ce concept dans la lutte environnementale. Le principe aurait dérivé de ses objectifs initiaux ou n’aurait jamais collé avec les valeurs et les objectifs des militant·e·s pour un monde de demain plus sain. 

Notre seconde remarque vient de la perte de la connotation critique de l’expression « développement durable ». En effet, elle a été tellement médiatisée et politisée qu’elle a selon nous perdu son ambition de remise en cause du système actuel. Les gouvernements et l’ONU ne semblent pas être prêts à changer cette société de la croissance infinie et parfois même se cachent derrière ce terme (DD). Il est utilisé à chaque convention internationale comme dans l’article 6 du protocole de Kyoto. Mais cela ne reflète aucune réalité et actions concrètes.

Le développement durable semble s’être substitué à la réflexion critique portée sur la croissance économique, en englobant une certaine dimension écologique. De nombreux·ses intellectuel·le·s, portant initialement le projet de développement durable, s’en détachent. Par ailleurs, cette récupération linguistique est aussi opérée par les entreprises. Ces dernières offrent souvent des publicités pour vanter leur contribution au développement durable, quand leurs produits sont peu écologiques.

Ce terme est donc devenu pour nous trop lié à une seule frange de l’écologie, dans laquelle le REFEDD ne se retrouve plus en intégralité. Il nous est alors apparu problématique que le développement durable continue de constituer notre identité première : c’est la raison pour laquelle un processus de changement de nom a été initié. 

Notre démarche

Parce que nous devons incarner le changement que nous voulons voir dans le monde, il a été important pour le REFEDD de construire une démarche inclusive et participative afin de valider ou non le changement de nom de notre réseau. En effet, un tel changement nécessite de faire participer toutes les parties prenantes et d’établir une stratégie claire en intelligence collective. 

Ainsi, tout au long de l’année 2020, le bureau du REFEDD a entamé un travail important de consultation d’avis auprès des associations membres, de l’équipe et des bénévoles, afin de recueillir un maximum de points de vue sur le changement de nom. Les premiers débats ont été réalisés au conseil d’administration en février 2020 pour lister les avantages et les inconvénients de cette décision pour le réseau mais aussi comprendre la remise en cause du terme développement durable. Cela a été couplé par un atelier d’intelligence collective avec les salarié·e·s et les volontaires en service civique pour mieux comprendre leurs besoins, leurs craintes et motivations.

Afin d’être plus exhaustif.ve.s, le bureau a entamé une consultation d’avis par questionnaire des associations membres, des ancien·ne·s salarié·e·s et ancien·ne·s membres du bureau du REFEDD. Cela a été accompagné d’entretiens individuels personnalisés avec les salarié·e·s. Ces échanges portaient sur la pertinence du changement de nom, ses impacts et les idées de nouveau nom pour remplacer le “Réseau Français Étudiant pour le Développement Durable”. 

Tout ce processus a permis une prise en compte à 360° des avis de tout l’écosystème gravitant autour du REFEDD. Les échanges qui ont suivi au sein du conseil d’administration furent éclairés par ces retours et ont permis de prendre une décision en juin dernier en accord avec les points de vue de toutes les parties prenantes. Le vote et le choix du nom ont eu lieu en juin 2020 lors du dernier conseil d’administration de l’année universitaire par jugement majoritaire : une méthode de vote alternatif au scrutin majoritaire. 

Le conseil d’administration du REFEDD a voté favorablement pour le changement de nom et a également choisi le nouveau nom du réseau. Nous ne vous le dévoilerons pas dans cet article, il faudra patienter jusqu’en mai prochain, lors de l’Assemblée Générale du REFEDD qui se tient durant nos RENEDD 2021 (Rencontres Nationales Etudiantes du Développement Durable) où il sera proposé au vote de toutes les associations membres ! 

En accord avec nos convictions

Le REFEDD est une association convaincue que le monde étudiant est une force essentielle pour construire demain. Parce que nos générations se questionnent et renouvellent leurs points de vue, notre monde est en constante évolution et cela nous donne un vrai pouvoir : celui d’impulser des changements. Mais pour impulser le changement, il faut être le changement. 

Changer de nom c’est montrer à toutes nos parties prenantes : institutions, associations membres, fondations ou étudiant·e·s que nous voulons aller plus loin, avoir plus d’ambitions dans nos projets, dans les positions que nous défendons et dans l’avenir que nous souhaitons. 

Nous devons agir à la hauteur des défis auxquels notre société fait face. Notre nom doit s’inscrire dans le présent pour que notre association puisse construire l’avenir. Partir de la réalité d’aujourd’hui pour écrire celle de demain. C’est cette ambition du REFEDD de construire demain qui rend si importante son évolution constante. Car le demain que nous construisons aujourd’hui n’était pas le demain vers lequel se dirigeaient nos prédécesseur·se·s. 

Changer de nom, c’est aussi un appel, à tous les partenaires, à toutes les associations, afin qu’ils·elles se posent les questions que nous nous sommes posé·e·s pendant deux ans, sur la réalité des enjeux pour lesquels nous sommes engagé·e·s. Un nouveau point de départ afin de les encourager à être plus ambitieux.ses dans ce qu’ils.elles entreprennent, ce qu’ils.elles défendent, ce qu’ils.elles encouragent. 

Article rédigé par les membres du CA et du bureau

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Shake your City a rejoint le REFEDD !

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

Nous sommes 5 étudiantes de l’école d’ingénieur agronome AgroParisTech. Nous avons décidé de reprendre, pendant notre année de césure, l’association étudiante (loi 1901) Shake your City. Grâce à ce projet, nous souhaitons découvrir des solutions innovantes et inspirantes répondant aux enjeux de demain en matière de développement durable.

Un petit mot pour présenter notre formation: AgroParisTech, l’institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement, est une école ancrée dans les enjeux de son temps dispensant une formation dans plusieurs domaines: l’agro-alimentaire, l’environnement, la santé et l’agronomie.

Cette association, qui compte dorénavant 5 éditions, est une association à but non lucratif, importante de la vie étudiante. Il nous tient à cœur de réaliser ce projet d’exception. Nous souhaitons promouvoir au mieux nos domaines : l’agro-alimentaire, l’environnement et l’agronomie, auprès des étudiant.e.s, mais également, leur montrer la diversité d’acteurs engagés, d’entreprises et de métiers qui leur sont accessibles.

En quoi consiste votre asso ?

L’association a pour but de promouvoir des initiatives citoyennes œuvrant pour le développement durable dans le monde afin de sensibiliser et informer sur les actions réalisées dans la lutte contre le changement climatique. Pour cela nous allons rencontrer des associations, les interviewons et nous  écrivons des articles sur leur fonctionnement et leur caractère innovant. Nous publions ensuite ces articles sur nos réseaux sociaux. Ce projet a aussi pour vocation de faciliter la recherche d’expériences à l’international aux étudiant.e.s, en leur proposant des stages, des services civiques ou bien encore du bénévolat au sein des entreprises/associations rencontrées. 

Les principales activités de l’association sont les suivantes : 

  • Aider les associations œuvrant pour le développement durable dans le monde
  • Mettre en place un inventaire des différentes méthodes existantes dans le développement durable en France et à l’international.
  • Sensibiliser aux enjeux environnementaux, principalement auprès d’étudiant.e.s parisien.ne.s, par une communication continue sur nos réseaux sociaux et la réalisation d’un documentaire retraçant et synthétisant l’expédition 2020-2021.
  • Proposer des stages et des offres de bénévolat, dans les structures nationales et internationales rencontrées, aux étudiant.e.ss souhaitant s’engager dans le développement durable ou auprès de nos partenaires.

Comment est née votre asso ?

A travers notre formation de biologistes, puis d’ingénieurs agronomes, nous avons étudié scientifiquement le dérèglement climatique, et le lien avec les enjeux actuels concernant l’alimentation, l’environnement et l’organisation de nos sociétés. L’urgence est réelle et nous avions un fort désir de nous engager pour faire quelque chose ! En rencontrant des associations parisiennes, les fondatrices de l’association se sont rendues compte de leurs besoins en main d’œuvre. Et comme nous, beaucoup de jeunes ou de moins jeunes souhaitent s’engager pour le développement durable, ou cherchent des stages dans ce domaine mais ne savent pas toujours où trouver ni même où chercher.
​Elles ont donc créé SHYC en juin 2016 et ont rencontré plus de cinquante associations sur le continent américain en 2017 pendant une année de césure dans leurs études. A leur retour, elles sont parvenues à pérenniser le projet en recrutant des membres pour une nouvelle mission. Et le concept de ShYC est né !

Aujourd’hui, c’est quoi le futur de votre asso ? (Projets en cours, projets futurs, questionnement, etc.)

Pour cette nouvelle édition nous avons identifié, parmi les Objectifs du Développement Durable définis par l’ONU, trois thématiques qui vont conditionner nos choix de rencontres avec les acteurs :

  • Consommation durable et responsable : agriculture urbaine, écoquartier, approvisionnement local
  • Préservation de la faune et de la flore : terrestre, littorale et marine (au travers des parc nationaux notamment)
  • Lieu de vie durable et responsable en ville : écoquartier, réduction des déchets…

Le projet que nous défendons tend à sensibiliser une communauté citoyenne aux différentes solutions possibles allant dans le sens d’un changement durable dans le contexte socio-culturel des villes actuelles. En effet, en 2018, 50% des personnes vivaient en ville et il est prévu qu’en 2050 68% de la population habite en ville. 

Nous voulons mettre en avant ces initiatives et partager nos expériences sur le terrain afin de sensibiliser la population. Nous relaierons ces initiatives au travers d’un récit et de témoignages récoltés tout au long du projet que nous diffusons sur notre site internet, nos réseaux sociaux et lors de nos futures conférences.

En effet, nous pensons que les initiatives citoyennes qui naissent en ville seront les acteurs clés d’un changement durable de nos habitudes de production et de consommation. En allant à la découverte de ce qui est fait dans les villes du monde, nous espérons centraliser des idées innovantes, inspirantes et durables pouvant servir de modèle pour la ville de Paris et à terme, pour toutes les villes du territoire français.

Article rédigé par les membres de l’association Shake your City.

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Focus COP 26 – Forêts, bioénergies et plantations d’arbres en monoculture, vraies ou fausses solutions à la crise climatique ?

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 16 novembre de « From the Ground Up », organisée par la Coalition COP26 a permis de dénoncer les fausses solutions fondées sur la nature, notamment les plantations d’arbres et les bioénergies.

Planter des arbres ne règle pas le problème climatique

Pour lutter contre le changement climatique, beaucoup de solutions détournées sont mises en place : la « compensation » par des solutions dites fondées sur la nature, les marchés carbone ou encore le recours à la production d’énergies dites “bio”. Ces solutions ne règlent pas le problème climatique à sa source, et peuvent même en créer de nouveaux. En revanche, elles font l’objet d’annonces marketing ou politiques trompeuses ; c’est le greenwashing.  C’est pourquoi elles sont désignées comme de “fausses solutions”. L’une d’elles est la plantation d’arbres en monoculture qui forment en réalité des fausses forêts, car elles sont vides de biodiversité, d’écosystèmes et même de vie. 

Malgré ces inquiétudes, la plantation d’arbres et les fausses forêts restent parmi les pratiques les plus largement financées et utilisées pour compenser les émissions de carbone. Ces pratiques posent la question de la disponibilité des terres. Comment les sociétés parviennent-elles à acquérir des terres pour faire les plantations ? A quoi servaient ces terres avant ? Étaient-ce des terres agricoles, des forêts dégradées, des biens de communautés qui n’avaient plus assez de fonds ?

De plus, on peut se demander à quoi vont servir ces arbres pour les sociétés qui font les plantations. En effet, il est peu probable que ces plantations soient réalisées dans un but écologique et l’utilisation du bois (combustion et abattage des arbres) par les entreprises ne sera probablement pas prise en compte dans le bilan carbone alors qu’elle pourrait bien contrebalancer totalement le bénéfice de la séquestration du carbone par les plantes.     

La seule façon de gérer durablement les forêts, c’est de les laisser vivre, ainsi que tout l’écosystème complexe qui y est ancré.

Commentaire d’un spectateur de la conférence

De plus, les sociétés et organisations surestiment (volontairement) souvent la capacité de leurs projets de plantation d’arbres à séquestrer et stocker du carbone. Les plantations industrielles d’arbres comme les eucalyptus ou les acacias sont bien moins efficaces pour séquestrer et stocker le carbone que les forêts naturelles. Les organismes qui investissent dans la plantation d’arbres sont encore trop attachés au bénéfice économique, au retour sur investissement qu’ils peuvent en tirer et ne font pas cela dans un but écologique. Il s’agit simplement de pouvoir se proclamer « neutre en carbone » par compensation. Est-ce quand même mieux que d’acheter des crédits carbone ?

La biomasse et les bioénergies, des solutions neutres en carbone ?

Le premier exemple qui est utilisé pour démontrer les impacts négatifs des plantations, supposées produire durablement et de manière renouvelable de la biomasse, est la monoculture d’eucalyptus dans la zone de Mina Gerais au Brésil. Ces eucalyptus servent à la production de charbon de bois, utilisé par la suite pour l’industrie du fer et de l’acier. Cette production est considérée comme durable et neutre en carbone car elle utilise des ressources naturelles, des plantes, qu’elle soit renouvelable ou non. De plus, les émissions de CO2 provoquées par la fabrication et la combustion du charbon de bois sont ignorées. Le paysage de la zone de culture est devenu complètement différent de ce à quoi il devrait ressembler. En effet, au lieu d’y trouver une savane riche en écosystèmes qui régule le cycle de l’eau et conserve l’humidité, on ne peut y voir que des champs d’eucalyptus alignés dont la culture pollue et assèche les sols. Cela a pour conséquence de réduire considérablement les ressources en eau de la zone indispensables pour les habitant·e·s. 

En Europe, les bioénergies sont considérées comme une des clés de la réduction des émissions de GES et de production d’énergie renouvelable. En effet, la biomasse est la ressource considérée renouvelable la plus exploitée en UE (60% des énergies renouvelables en 2018 selon le rapport pour la Commission européenne de 2020). Ce sont les biofuels solides qui sont les plus exploités (68,4% des bioénergies) puis les biofuels liquides (12,6%) notamment les biodiesels. 

Forêt ancienne de la Colombie-Britannique rasée pour l’exploitation de granulées par l’entreprise Pacific BioEnergy

La demande en biomasse notamment pour les centrales électriques au bois entraîne de fortes importations de granulés de bois. En effet, le Royaume-Uni en est le premier importateur (majoritairement en provenance des États- Unis). Le pays brûle plus de bois qu’il n’en produit, notamment via la centrale électrique Drax. Selon l’Environmental Paper Network, ces importations et la demande en granulés de bois devrait largement augmenter d’ici 2027. Le problème est que, même si on laisse les forêts se régénérer, le fait d’exploiter ces ressources en bois (abattage des arbres et combustion) produirait plus de CO2 que cela n’en séquestrerait et donc contribuerait en fait à augmenter les émissions de carbone dans l’atmosphère. Peut-on alors appeler cela une solution durable et verte ?

 Prévision de l’augmentation de la demande et de l’offre de granulés de bois d’ici 2027

Dans les commentaires, un spectateur fait remarquer qu’il n’est pas nécessaire d’arrêter complètement l’utilisation de ces bioénergies mais plutôt de faire un mix énergétique avec des compromis entre les différentes solutions. En réponse à cela, Frederica Giunta signale que selon de nombreuses études scientifiques, tant que la demande en énergie ne baissera pas, c’est-à-dire tant qu’on ne mettra pas en place une forme de décroissance énergétique, aucune solution ne pourrait être réellement durable même si elles sont basées sur la nature.

Compenser plutôt que de limiter les émissions, encore une impasse ?

Les « solutions fondées sur la nature » sont des fausses solutions. En plus d’être critiquées comme étant du greenwashing, ces fausses solutions sont aussi présentées comme largement inefficaces face aux technologies fortement émettrices de carbone telles que les centrales à charbon, à pétrole ou encore les incinérateurs de déchets.

En conclusion, les forêts ne doivent pas être utilisées comme ressources mais doivent être préservées. Nous devons laisser les forêts grandir et se régénérer, les laisser vivre. Il ne faut pas « gérer » ou « utiliser » les espaces verts mais les protéger. Let it grow!

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Federica Giunta de FASE Espírito Santo, Brésil
  • Katherine Egland, NAACP (National Association for the Advancement of Colored People de North Carolina, USA)
  • Souparna Lahiri, Global Forest Coalition, Inde
  • Almuth Ernsting, Biofuel watch, Royaume-Uni

Une conférence organisée en collaboration avec :

  • Global Forest Coalition
  • Biofuel Watch

Pour en savoir plus :

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Focus COP 26 – La jeunesse passe à l’action

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

Le 13 novembre dernier s’est tenue une conférence dans le cadre de la Coalition COP26, à l’occasion de “From the Ground Up”, sur les jeunes et leur capacité à se mobiliser contre le changement climatique. Plusieurs jeunes issu·e·s de pays différents ont pris la parole et ont échangé sur ce sujet.

Une conférence interactive

Des jeunes issu·e·s de tous les pays se mobilisent pour lutter contre le changement climatique et ses conséquences. Ce webinaire avait pour principal objectif de leur donner la parole, de recueillir leur position et de les mettre en relation.

Il a été organisé en deux parties : 

  1. Plusieurs jeunes issu·e·s de différentes parties du globe (Écosse, Chili, Costa Rica, Turquie…) se sont exprimé·e·s pour faire le point sur la situation dans leur pays, ou sur un aspect qu’ils souhaitent mettre en avant.
  2. Un quiz via la plateforme Kahoot a été mis en place, avec des questions générales sur les impacts du changement climatique, afin de tester et de consolider les connaissances de chacun. 

Des jeunes engagé·e·s

Les jeunes qui ont pris la parole avaient moins de 25 ans, et ont d’abord insisté sur la notion de « deadline ». Pour eux, il est clair qu’il faut faire quelque chose, car rester passif n’est plus une option. Or, pour celles et ceux qui se sont exprimé·e·s, les jeunes ont le temps et l’énergie pour se mobiliser, il faut en profiter ! En effet, les nouveaux modes de communication leur permettent de se mobiliser à travers le monde, ils·elle·s sont interconnecté·e·s, et peuvent même discuter avec des gens qu’il·elle·s n’ont jamais rencontrés dans la vraie vie. Le changement climatique est un fait aujourd’hui, attendre et voir ce qu’il va advenir n’est plus envisageable.

Pour eux·elles , tout le monde peut participer et faire bouger les choses, que ce soit à un niveau international, à l’image de Greta Thunberg, ou à un niveau plus local, l’essentiel étant de travailler dans la même direction, de faire partie du même projet. Il·elle·s ont beaucoup insisté sur le fait que tout un chacun peut contribuer, ne serait-ce qu’en partageant ses connaissances, en organisant un événement… La sensibilisation et l’éducation aux enjeux du changement climatique est par ailleurs nécessaire d’après les arguments qu’ils ont cités.

De plus, il est apparu que les jeunes qui étaient présents maîtrisaient plutôt bien le sujet. Lors du quiz qui a été réalisé à la fin de la session, les participants ont globalement bien répondu aux questions posées, telles que « si toutes les personnes du monde vivaient comme au Royaume-Uni, combien de Terre nous faudrait-il chaque année ? » la bonne réponse était 7, et plus de la moitié des répondant·e·s ont trouvé la bonne réponse.

Quelques exemples d’actions menées 

Page d’accueil de Student Energy

Les participant·e·s se sont exprimé·e·s sur leur pays, et sur ce qui y était mis en place. On peut prendre l’exemple d’un jeune intervenant vietnamien, qui a donné un aspect intéressant en matière de progrès et d’actions menées dans son pays. Il a expliqué que le Vietnam est un pays dynamique en Asie, et qui représente une opportunité pour la construction de bâtiments verts avec des matériaux durables. En effet, il y a actuellement un boom démographique qui nécessite de plus en plus de constructions, résidentielles et commerciales. D’après lui, les choses ont commencé à bouger cette année, quand le Ministère de la construction a décidé de préciser les objectifs à atteindre, et ce en collaboration avec les parties prenantes, qu’elles soient publiques ou privées. Il reste maintenant à organiser une feuille de route à suivre, et à consolider les objectifs à court, moyen et long terme, jusqu’à l’horizon 2050.

Des jeunes impliqué·e·s dans des mouvements internationaux ont également participé. Une jeune femme, engagée auprès de Student Energy, s’est par exemple exprimée. Il s’agit d’une initiative donnant du poids à la voix des jeunes et qui en réunit plus de 50 000, issu·e·s de plus de 120 pays. Ils ont développé le « Gobal youth energy outlook ». Ce document  vise  à produire la première base de données recensant les perspectives des jeunes en matière de transition énergétique, données recueillies à travers des sondages et des dialogues entre jeunes. Cela servira ensuite de rapport pour des gouvernements partenaires autour du monde, comme par exemple la Suède et le Canada.

Agir pour demain 

Le futur est incertain, on ne peut pas savoir de quoi demain sera fait. Pourtant, si le changement climatique est un sujet épineux, il se trouve être sur la table depuis de nombreuses années. Les jeunes qui se sentent concerné·e·s par ces enjeux se mobilisent pour agir concrètement, ce qui pourrait réellement changer les choses.

Article rédigé par Cindy Delvoye, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Pour aller plus loin :

Contributeur·rice·s :

  • Mitzi Jonelle (Vendredis pour l’avenir)
  • Esther Silverton (grèves écossaises des jeunes pour le climat)
  • Nicolas Cruz (gréviste de l’école chilienne)
  • Sofia Hernández (Costa Rica)
  • Atlas Sarrafoğlu (Turquie)

Une conférence organisée en collaboration avec :

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Focus COP 26 – Distinguer les fausses promesses des vraies solutions concernant le climat

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

Pour marquer le moment où aurait dû se dérouler la COP, la Coalition COP26 a organisé un rassemblement mondial offrant un espace d’échange et d’élaboration de stratégies pour la justice climatique. Des réflexions ont par exemple été proposées sur la décroissance ou l’obstruction de la transition, à retrouver sur notre blog. Cet article revient sur la conférence du 13 novembre qui se proposait de distinguer les fausses promesses des vraies solutions concernant le climat. 

Pourquoi parle-t-on de fausses solutions ? 

Le réchauffement climatique fait l’objet d’un consensus scientifique. Les décideur·euse·s politiques et économiques du monde entier l’ont intégré. De fait, de nombreuses solutions à la crise climatique sont proposées. Certaines sont intéressantes, mais d’autres ne règlent pas le problème climatique à sa source ; elles ont même toutes les chances de l’aggraver. 

Ces solutions sont dénoncées comme fausses par les associations de protection de l’environnement pour plusieurs raisons. Elles peuvent être plus polluantes que les technologies qu’elles ont vocation à remplacer – par exemple, les agro-carburants (combustibles à base de végétaux), souvent plus polluants que les énergies fossiles. De plus, elles s’attachent à réduire les “émissions négatives” plutôt que les émissions réelles en exploitant la capacité de la biosphère à absorber le carbone ; on parle alors de “solutions fondées sur la nature”. Enfin, elles reposent parfois sur des technologies non maîtrisées, voire inexistantes.  

Les fausses solutions ont en commun de ne pas s’atteler à la tâche urgente de réduire nos émissions. Elles partagent en outre une terminologie séduisante, mais surtout très floue à y regarder. Justement, la conférence examinait entre autres la géo-ingénierie et l’objectif de zéro émission nette.

La géo-ingénierie pour “corriger” le climat

La géo-ingénierie désigne des techniques qui visent à manipuler et modifier délibérément le climat et l’environnement afin de corriger les dérèglements – causés par les activités humaines – à grande échelle et à court-terme.

Gopal Dayaneni, qui fait de la veille technologique pour ETC Group, insiste sur les termes de cette définition. D’abord, le caractère délibéré de l’altération du fonctionnement de la géophysique naturelle de la Terre. Quand nous brûlons des combustibles fossiles, nous perturbons malgré nous le système Terre (les économistes parlent d’externalité). La géo-ingénierie le fait à dessein. Ensuite, l’ambition macroscopique de la géo-ingénierie : il s’agit de modifier le fonctionnement de la planète entière. Enfin, les tenants de la géo-ingénierie “invoquent l’urgence climatique pour recourir à des mesures improbables, expérimentales et instables”. 

Vers des perturbations atmosphériques volontaires ? 

Mais de quoi s’agit-il concrètement ? A Harvard, les géo-ingénieurs du projet SCoPEx veulent simuler une éruption volcanique pour filtrer les rayons du soleil et ainsi rafraîchir le climat. Au large du Canada, l’entreprise Haida Salmon Restoration a déversé 100 tonnes de sulfates de fer dans l’océan, dans le but de le “fertiliser” et d’accroître la quantité de phytoplancton, en baisse inquiétante. Gopal Dayaneni a aussi mentionné l’Arctic Ice Project, anciennement Ice911. Cette ONG disperse des microsphères creuses de silice sur la glace de l’Arctique avec l’intention d’augmenter le pouvoir réfléchissant de la glace polaire et d’en ralentir la fonte. La fondatrice de l’ONG semble toutefois indiquer qu’il ne s’agit pas de géo-ingénierie, ou alors de “géo-ingénierie douce”.

Gopal Dayaneni rappelle que la géo-ingénierie est financée par Shell, Exxon Mobil ou Bill Gates ; ce dernier soutient le projet SCoPEx depuis plusieurs années. La géo-ingénierie est historiquement soutenue par des politiciens conservateurs. Elle “promet de répondre aux préoccupations liées au réchauffement climatique pour seulement quelques milliards de dollars par an. Au lieu de pénaliser les Américains ordinaires, nous aurions la possibilité de lutter contre le réchauffement climatique en récompensant l’innovation scientifique », expliquait en 2008 le républicain Newt Gingrich. 

Mais Gopal Dayaneni met en garde : de plus en plus de scientifiques, de gouvernements et même d’ONG envisagent la géo-ingénierie comme une solution crédible. Depuis 2018, même “les scénarios du GIEC pour maintenir le réchauffement en dessous de 2°C s’appuient sur certains éléments de la géo-ingénierie”.

Viser le « zéro net » sans réduire les émissions ? 

Les solutions rattachées au “zéro émission nette” ont aussi le vent en poupe. Cet objectif était d’ailleurs au centre du Dialogue sur le climat organisé par les Nations Unies fin 2020. Objectif louable, il cesse de l’être quand on fait abstraction des émissions réelles (ou brutes) et qu’on se focalise uniquement sur la compensation de ces émissions (dites “émissions négatives”). Cette compensation repose sur la capacité de la biosphère à absorber le carbone ; on parle alors de “solutions fondées sur la nature”. 

Sara Shaw, de l’association les Amis de la Terre International, explique que les fausses solutions en lien avec l’objectif de “zéro net” peuvent être utilisées par des pays et des entreprises pour continuer et amplifier l’extraction de combustibles fossiles. Plutôt que de passer à une production d’énergie à faible teneur en carbone ou d’augmenter leur efficacité énergétique, ils se concentrent sur le stockage ou la compensation des émissions, qui selon eux, ne peuvent être évitées. Leurs stratégies reposent alors sur des technologies incertaines ou sur les services rendus par la nature, notamment dans les pays du Sud.

Depuis 2019 par exemple, Shell a investi 100 millions de dollars par an dans des projets de reforestation. Pour Sara Shaw, ce genre de solutions fondées sur la nature ont des impacts terribles dans le Sud : accaparement des terres, monoculture, chute de la biodiversité, épuisement des nappes phréatiques, famine… C’est pourquoi les communautés indigènes, déjà les plus touchées par le problème climatique, contestent ces solutions.

Des outils utilisés contre la transition, au détriment des plus vulnérables

L’objectif de “zéro émission nette” ou les solutions fondées sur la nature ne sont pas un problème en soi. Mais leur utilisation “retarde la prise de mesures concrètes et permet aux entreprises de continuer à exploiter les combustibles fossiles”, explique Sara Shaw. 

Dans le contexte d’échanges mondialisés et inégalitaires, ces fausses solutions consistent pour les “grandes entreprises occidentales à continuer à utiliser l’atmosphère comme une poubelle, en utilisant les terres du Sud comme leurs puits de carbone”, regrette Dipti Bhatnager, coordinatrice au Mozambique pour les Amis de la Terre ; “les fausses solutions s’ajoutent aux problèmes et dévastent plus de vies”.

Mais quelles sont les vraies solutions au réchauffement climatique ?

Sont bonnes toutes les solutions qui diminuent l’impact des activités humaines plutôt que de les compenser ; toutes celles qui touchent aux causes plutôt qu’aux conséquences. Il s’agit donc d’adopter des politiques publiques pour changer les comportements humains, pas celui de la nature. Par exemple, le dernier rapport du Shift Project propose cinq axes pour décarboner la mobilité en Vallée de la Seine.

A une échelle plus grande, Dipti Bhatnager, a présenté différents principes à adopter pour  permettre la transition écologique et sociale. 

La solidarité comme fondement moral

Le modèle de valeurs doit d’abord changer, et la morale être pensée séparément de ses propres intérêts. Ce qui devrait primer n’est pas la réalisation de soi, mais plutôt, l’épanouissement de chacun dans un tout social et environnemental. Il faut refuser qu’en raison de leur naissance, certain·e·s soient systématiquement exploité·e·s au profit d’autres. Dipti Bhatnager parle ici des populations des pays pauvres dans un système néolibéral et des femmes dans un système patriarcal. Elle insiste sur l’attention et les soins apportés par les femmes, qui devraient être valorisés (non pas monétairement bien sûr). En tant que fondement moral, la solidarité est une solution à la crise climatique. 

Lever les obstacles économiques et financiers

Suivant ce changement moral qui a toutes les chances de rénover nos démocraties, il faut ensuite lever les obstacles économiques et financiers à la transition. Cela signifie notamment démanteler le pouvoir excessif des grands groupes privés. Il faut rendre les entreprises responsables aux niveaux local et international. Dipti Bhatnager mentionne notamment une initiative visant à faire payer les entreprises les plus polluantes, d’après une feuille de route engageant leur responsabilité. 

Il s’agit aussi de supprimer les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE). Ces mécanismes permettent à des investisseurs privés de poursuivre les États qui agissent contre leurs intérêts, et bloquent la transition. Au contraire, les moyens financiers doivent servir directement la transition, notamment dans les pays du Sud. 

Valoriser ce qui fonctionne, construire des solutions globales

Enfin, Dipti Bhatnager insiste sur l’importance de valoriser ce qui fonctionne déjà dans l’organisation sociale, dans une approche systémique. Elle entend par exemple “s’appuyer sur les systèmes agro-écologiques et alimentaires paysans et la gestion communautaire des ressources naturelles”. “Les petits exploitants agricoles nourrissent actuellement 70% de la population mondiale” rappelle-t-elle. 

Comme le montre l’exemple de l’alimentation, le changement climatique n’est pas qu’un problème technique isolé. “Il ne s’agit pas d’un problème de concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère, mais de la vie humaine”. Il ne s’agit pas de lutter contre une crise unique, mais de construire une réponse adaptée aux crises sociales, écologiques…

La réaction au changement climatique est en effet ancrée dans le récit linéaire de la conquête. “Il faudrait changer cela et interroger notre relation aux autres et à l’environnement”, conclut Gopal Dayaneni avec espoir. Et il en faut, car c’est le désespoir qui mène aux fausses solutions. 

Article rédigé par Gabriel Goll, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

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Focus COP 26 – Un objectif de neutralité carbone pour l’industrie de la mode

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 10 novembre de la CCNUCC à l’occasion du « Race to Zero » a permis d’identifier les actions clés pour atteindre le zéro émission de carbone à l’horizon 2050 pour l’industrie de la mode.

Les enjeux environnementaux de l’industrie de la mode

Le mot qui ressortait le plus lors de cette conférence, mais aussi dans beaucoup d’autres, était « collective » ou « coopération » et « ensemble ».

Les intervenant·e·s avaient l’air de bien comprendre les enjeux de cette “course vers le zéro émission” et de savoir ce qui doit être fait, ce qui doit changer dans le domaine de la mode et que ça doit changer très vite. La discussion est très centrée sur le fait que l’industrie de la mode doit aller plus loin que les techniques qui existent déjà en matière de réduction des émissions, qu’il faut innover, accélérer les efforts pour avoir un impact concret et qu’il n’y a pas de temps à perdre pour prendre ce tournant. Nous pouvons voir sur l’image ci-dessus les différents piliers du Pacte de la mode (Fashion Pact) qui reprennent ces éléments sous le pilier indispensable de la gouvernance.

Où en est-on ? 

Il est rappelé que les objectifs de l’accord de Paris sont loin d’être respectés pour le moment dans ce secteur, d’où l’urgence et la nécessité d’accélérer. Le système doit changer et toutes les parties prenantes doivent jouer un rôle dans cette transition, notamment le gouvernement. L’importance de l’équilibre dans la participation de chacun, de l’éthique et du partage des coûts est soulignée pour que ce changement ne soit pas réalisé au détriment de certains acteurs, notamment les pays en développement.

Les actions clés des acteurs dans le secteur de la mode

Les objectifs doivent être énoncés clairement, sans confusion possible : quelle est la meilleure chose à faire ? Quelles sont les ressources ? Quelles seront les difficultés à anticiper ? Quel est le rôle de la gouvernance et des chefs d’entreprise dans cette transition ? Etc.

Il faut que chacun avance dans la même direction à travers des actions clés collectives de décarbonation que vous pouvez retrouver sur cette image.

Les actions clés pour atteindre la neutralité carbone (diaporama de la conférence)

Une des actions clés qui est particulièrement détaillée est la nécessité de substituer certains matériaux très polluants dans l’industrie du textile. La séquestration de carbone est aussi évoquée comme l’une des technologies qui aideraient à réduire les émissions de CO2.

Perspective de réduction des matériaux les plus polluants (diaporama de la conférence)

Les opportunités et challenges identifiés dans ce secteur sont divers :

  • la mise à grande échelle des solutions existantes qui ont prouvé leur efficacité ;
  • la nécessité d’envoyer un message marketing très clair (notamment concernant les matériaux bio) ;
  • l’importance de l’engagement dans une voie de décarbonation (aller plus loin que les fausses promesses avec un vrai et profond engagement des différents acteurs) ;
  • la nécessité de prouver aux investisseurs qu’il y aura un retour sur investissement et qu’il n’y a pas de risque pour avoir les fonds et mettre en œuvre ces actions clés.

Les acteurs doivent être sincères et voir la réalité de l’impact carbone du secteur de la mode pour arrêter de se précipiter dans la mauvaise direction et arrêter le business as usual et, encore une fois, ne pas perdre de temps.

La responsabilité des consommateurs 

Un autre point qui est abordé est la responsabilité des consommateurs. En tant que partie prenante, les acheteurs ont aussi leur rôle à jouer dans cette transition. En effet, nous allons devoir payer plus pour acheter des vêtements plus durables, c’est un investissement. Les consommateurs doivent apprendre à acheter de la valeur et de la durabilité. Pour cela, les grandes marques de textile doivent mettre en place une meilleure et plus intelligente transparence pour que les acheteurs sachent réellement ce pour quoi ils payent. 

Mais est-ce que la simple sensibilisation des consommateurs suffirait à modifier le marché de la mode ? Malheureusement, ce n’est pas si simple. De plus, même si les mentalités changent dans la bonne direction, cela prend du temps et justement nous en manquons. On ne peut pas attendre que chaque consommateur choisisse de changer ses habitudes et nous avons besoin de solutions à plus court terme.

Un retard à rattraper pour l’industrie de la mode

Il est intéressant de noter que l’enjeu environnemental derrière cette nécessité de décarboner l’industrie est énorme et extrêmement complexe, ce qui requiert des solutions tout aussi complexes et multiples. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une méthode de réduction des émissions, nous devons agir à toutes les échelles avec des stratégies interconnectées et agir collectivement sur tous les plans.

En conclusion, il faut être très ambitieux pour rattraper le retard de l’industrie textile par rapport aux objectifs fixés pour 2050. Mais si les acteurs du secteur de la mode arrivent à mettre en place des stratégies à grandes échelles en collaboration avec les autres secteurs comme l’énergie et le transport, alors tout est encore possible et le challenge est là.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Nigel Topping, champion de haut niveau pour l’action climatique COP26
  • Gonzalo Muñoz, champion de l’action climatique de haut niveau COP25
  • Kehua Hu, directeur de la gestion durable au Conseil national chinois du textile et de l’habillement
  • La Rhea Pepper, directeur général, Bourse du textile
  • Morten Lehmann, responsable du développement durable, Global Fashion Agenda
  • Rahul Bhajekar, directeur général de Global Organic Textile Standard
  • Rubana Huq, président de l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh
  • Shari Friedman, responsable de la stratégie pour le changement climatique, IFC
  • Stefan Seidel, co-président de la Charte de la mode et responsable du développement durable chez Puma
  • Andrew Martin, directeur : Engagement des parties prenantes et développement commercial au niveau mondial pour la SAC
  • Modératrice, Laila Petrie, PDG de 2050

Tout savoir sur le Fashion Pact : 

Les impacts environnementaux de l’industrie textile :

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Focus COP 26 – Dialogue entre la jeunesse et l’industrie agroalimentaire sur le futur de l’alimentation et de l’agriculture pour atteindre la neutralité carbone

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 17 novembre de la CCNUCC à l’occasion du «  Race to Zero  » a réuni des multinationales de l’agroalimentaire qui ont présenté leur stratégie climat, et une nouvelle génération d’acteurs qui veut révolutionner les systèmes alimentaires.

Être neutre en carbone ou nourrir tout le monde, un choix à faire ?

La jeunesse héritant de cette planète doit maintenant faire preuve de créativité et d’idéalisme pour construire un nouveau business model durable pour l’alimentation et l’agriculture.

La première industrie agroalimentaire à intervenir est Impossible Food représentée par Rebekah Moses qui produit de la nourriture habituellement d’origine animale comme la viande à partir de plantes. Il est souligné que leur objectif n’est pas d’atteindre le zéro carbone net d’ici 2050 mais de produire des aliments à base de plantes à grande échelle pour réduire au maximum l’impact de l’alimentation des gens sur le climat. En effet, atteindre la neutralité carbone n’est pas leur principal objectif. Selon la représentante de la marque, pour nourrir tout le monde il sera difficile de s’enfermer dans une volonté de zéro carbone net. Encore une fois, leur objectif est de fournir une nourriture durable à grande échelle. De plus, le but n’est pas de réduire l’empreinte carbone à l’horizon 2050 mais beaucoup plus tôt (2035 ?) à l’aide d’alimentation à base de plantes, de programmes zéro déchet, etc.

Le soutien des consommateur·trice·s est nécessaire

Les multinationales ne doivent pas attendre que les consommateur·trice·s fassent le choix de changer leurs habitudes, elles doivent elles-mêmes rapidement changer leur mode de production. Selon Leah Bessa, co-fondatrice de Gourmet Grubb, nous avons les moyens de révolutionner l’agriculture de manière radicale et à grande échelle. Mais pour cela les consommateur·trice·s doivent soutenir ces initiatives car la compétition est rude avec les grosses industries de l’agroalimentaire qui produisent des aliments non durables. Sans le soutien des consommateur·trice·s, ces nouvelles entreprises alternatives ne peuvent pas lutter contre les autres marques qui détruisent la planète. Elles ont besoin d’un marché et d’une viabilité économique qu’elles ne peuvent atteindre que grâce aux acheteur·euse·s.

Cependant, d’après Anna Turrell, qui dirige le pôle environnement chez le groupe de supermarchés Tesco, on ne peut en aucun cas forcer le consommateur à acheter un produit particulier ; mais on remarque quand même que la vente des produits à base de plantes est déjà en nette augmentation. Afin de mettre en avant ces produits alternatifs, des stratégies sont mises en place dans les supermarchés, comme des aménagements particuliers dans les rayons, et des méthodes de sensibilisation. Il est important de faire preuve de transparence et de partager toutes les informations nécessaires aux consommateur·trice·s pour les encourager à acheter le bon produit. La mise en place de bases de données est donc un enjeu important pour ces marques. 

Les multinationales doivent soutenir leurs agriculteur·trice·s

Un autre enjeu de la transition dans l’agroalimentaire pour la réduction de l’empreinte carbone se situe au niveau des agriculteur·trice·s, qui ont besoin de soutien pour mettre en place des solutions alternatives et durables. La cofondatrice de Zafree Paper, Bethelhem Dejene, a alors demandé à Rebekah Moses (Impossible Food) et Laurent Freixe (Nestlé) leurs actions pour soutenir leurs agriculteur·trice·s. D’après Laurent Freixe, Nestlé a un cahier des charges exigeant avec des actions concrètes sur les questions de traçabilité, de durabilité, de droits de l’homme etc. Le groupe travaille notamment avec des jeunes entrepreneur·euse·s.

De son côté, Impossible Food cherche à réduire les monocultures et la pression de l’agriculture sur les sols en cherchant à travailler avec des agriculteur·trice·s qui utilisent des méthodes régénératives plutôt que des modes d’agriculture intensive. On peut ajouter que Beatriz Perez a souligné les efforts de Coca Cola dans le soutien d’une agriculture régénérative. De plus, la multinationale soutient aussi de nombreuses femmes agricultrices dans les pays en développement grâce à des formations, des ressources financières ou encore des outils pratiques pour la gestion des sols.

Faire de l’agriculture un rêve pour la jeunesse

Pour finir, le « champion du climat » de la CCNUCC pour la COP25 Gonzalo Monuz met en avant l’importance du dialogue sur le climat (à la différence d’un débat) qui permet d’avancer et de remettre les autres en question tout en les respectant. Le défi de la jeunesse est de rééduquer le monde avec des valeurs comme la protection des écosystèmes, l’attention, la régénération etc. Pour cela, il faut faire preuve de transparence et d’imagination pour mettre en place un programme innovant et donner envie aux jeunes de travailler dans l’agriculture. Ce secteur a besoin d’une nouvelle génération d’agriculteur·trice·s motivée à changer la norme dans les pays développés mais aussi dans les pays en développement.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Aoife Brophy Haney, maître de conférences sur l’innovation et l’entreprise au département de recherche de Saïd Business School
  • Kaya Axelsson, responsable des politiques de neutralité carbone, Smith School of Enterprise and the Environment
  • Rebekah Moses, Responsable des stratégies de réduction d’impact à Impossible Food
  • Beatriz Perez, vice-présidente senior et directrice des communications et des affaires publiques, responsable de la durabilité et du marketing des actifs, Coca Cola
  • Laurent Freixe, PDG de la zone américaine, Nestlé 
  • Anna Turrell, Responsable environnement, Tesco
  • Bethlehem Dejene, Entrepreneuse et co-fondatrice de Zafree Paper 
  • Leah Bessa, Entrepreneuse et co-fondatrice de Gourmet Grubb 
  • Rufino Escasany, Agriculteur régénératif argentin et co-fondateur et directeur de Aspiring Citizens Cleantech
  • Kaluki Paul, Animateur – Afrique, Youth 4 Nature
  • Gonzalo Munoz, Champion chilien de haut niveau pour le climat de la CCNUCC pour la COP25

Une conférence organisée en collaboration avec :

Pour aller plus loin :

Pour revoir la conférence :

https://www.sbs.ox.ac.uk/oxford-answers/youth-setting-agenda-food-and-agriculture

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Focus COP 26 – La décroissance, c’est quoi ce truc ?

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 14 novembre de « From the Ground Up » organisée par la Coalition COP26 a permis d’éliminer l’idée de la croissance comme seul modèle économique possible et de réfléchir à la décroissance comme alternative à privilégier. 

Image de la Terre tirée de la présentation de Julia Steinberger ©  UNIL

Enjeux de la décroissance

Une croissance infinie dans un monde fini est impossible, nous commençons enfin à l’admettre et à agir en conséquence (il était temps !). C’est pourquoi un nouveau mode de pensée et de consommation commence à se mettre en place dans les esprits : le modèle de la décroissance.

En effet, on connaît bien l’urgence à laquelle on doit faire face maintenant : réduire de manière radicale nos émissions de gaz à effet de serre et même atteindre le zéro net ou presque d’ici les vingt prochaines années. Selon beaucoup de gens, dont les intervenant·e·s de cette conférence, le moyen le plus rapide, simple et sûr de réaliser cet objectif est de réduire sa consommation (voir la vidéo de l’astrophysicien Aurelien Barrau sur la décroissance).

Ce modèle reste encore plus de l’ordre des actions individuelles, d’un concept et de réflexions personnelles que d’un mouvement à proprement parler et certain·e·s (notamment dans les commentaires de la conférence) appellent à faire les liens (“to connect the dots”) entre les différentes initiatives prises par les associations et les personnes en matière de décroissance. D’autres appellent à relier le concept de décroissance à d’autres modes de pensées ou mouvements de justice climatique, féminisme, anti-racisme, anti-capitalisme entre autres.

Le féminisme et l’écologie

L’intervenante Corinna Dengler a mis en avant le lien entre féminisme et écologie en s’appuyant notamment sur le livre de Maria Mies intitulé Patriarchy & Accumulation on a World Scale, publié en 1986. Sa réflexion reposait sur une critique féministe de l’économie actuelle qui est considérée comme étant basée sur un système patriarchal et capitaliste qui épuise les ressources de la planète et est à l’origine de la situation climatique actuelle. 

De nombreux mouvements féministes tentent de se faire entendre maintenant contre l’extractivisme, les inégalités de genre, les violences contre les femmes ou encore la vision capitaliste patriarcale qui pousserait les femmes à s’occuper de la cuisine et du ménage. Elles encouragent donc à répondre à la « crise » écologique en prenant en compte cet axe de réflexion autour de la nature et des femmes considérées encore trop souvent tous deux comme des ressources à exploiter dans certaines zones du monde. (Pour plus d’information sur le lien entre féminisme et écologie, voir la conférence de Coalition COP26 sur le féminisme.)

L’impossible croissance verte

Pour les intervenant·e·s, un moyen d’avancer serait déjà de réaliser que la croissance verte est impossible pour enfin trouver un nouveau modèle économique viable pour répondre aux enjeux environnementaux.

Des participant·e·s vont même plus loin en commentaires en expliquant que les notions de « croissance verte » ou même « décroissance » nous induisent en erreur et ne sont pas les bons termes à employer, car ils s’attachent encore trop à la notion « croissance ». Il faudrait oublier complètement tout ce qu’on connaît de la croissance et changer le modèle économique en profondeur. Ils évoquent le concept d’économie régénérative ou « doughnut economics » (proposé par l’économiste anglaise Kate Raworth, voir son livre La théorie du donut, 2018) qui respecterait les besoins de chacun ainsi que les limites physiques de la planète. Cela reviendrait à baisser la consommation dans les pays riches et élever le niveau de vie dans les pays pauvres mais avec des techniques régénératives et circulaires.

La décroissance comme moyen de repenser ses besoins et de préserver son bien-être

De quoi ai-je besoin pour vivre ? De quoi ai-je besoin pour subvenir à mes besoins et être heureux ? Est-ce que la croissance et la surconsommation sont des conditions au bien-être ? Pourquoi est-ce que les humains sont toujours persuadés que la croissance est indispensable ? Comment décroître sans impacter le bien-être ? Comment les pays en développement peuvent-ils se développer sans ressources fossiles ? Que veut dire « avoir une vie décente » ?

Telles sont les questions qu’on doit se poser aujourd’hui ! La consommation infinie de ressources ne devrait plus être vue comme une nécessité pour le bien-être des humains, mais bien comme une catastrophe pour l’environnement, la santé et le bien-être de certains.

Le projet présenté par le professeur Julia Steinberger nommé « Living well within limits » (LiLi project) repose sur deux idées :

  • le fait que l’empreinte écologique est inégalement répartie dans le monde (les riches utilisent beaucoup plus d’énergie par exemple)
  • le fait que même s’il y a une forte corrélation entre l’usage des énergies fossiles et l’espérance de vie, l’utilisation de celles-ci ne sont pas une condition nécessaire au développement

Les acteur·rice·s de ce projet sont des chercheur·euse·s qui étudient la demande en énergie et le bien-être humain. Il·elle·s ont modélisé un modèle énergétique correspondant aux besoins pour avoir une vie décente pour les humain·e·s. Ils ont obtenu comme résultat que l’énergie suffisante pour qu’un être humain ait une vie décente en 2050 pourrait correspondre à 40% de notre consommation actuelle en énergie, même avec la hausse de population annoncée.

Résultats du Modèle énergétique des besoins pour une vie décente dans le monde (Millward-Hopkins, Steinberger, Rao & Oswald, 2020, Global Environmental Change

Une décroissance mais surtout une nouvelle manière de vivre

En conclusion, la question de la décroissance est aussi une question de rééquilibrage des conditions de vie dans le monde. C’est aussi une question de sens qu’on veut donner à sa propre vie, de conditions au bonheur et au bien-être, de ce qui compte vraiment. Des questions doivent être posées, des réflexions doivent être faites et une transition dans différents secteurs et à différentes échelles doit être mise en place.

Pour finir, Vincent Liegey propose un modèle de démocratie plus directe pour réinventer une nouvelle économie : inviter les citoyen·ne·s à réfléchir à ce dont ils ont réellement besoin et les faire participer plus directement aux décisions d’un pays (en prenant l’exemple de la Convention Citoyenne pour le Climat).

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Vincent Liegey, auteur – Exploring Degrowth
  • Julia Steinberger – Université de Lausanne et co-auteure principale au GIEC
  • Elliot Hurst, Degrowth Edinburgh, co-auteur du blog degrowth.info
  • Corinna Dengler, Feminisms and Degrowth Alliance (FaDA)

Une conférence organisée en collaboration avec : Degrowth Edinburgh, Cargonomia

Autres réflexions sur la croissance verte et la décroissance :

  • A Green New Deal without growth? Riccardo Mastinia, Giorgos Kallisa , Jason Hickel, 2020
  • Jean-Marc Jancovici sur la décroissance : l’économie peut-elle décroître ?
  • Pour aller plus loin, voici ce super mooc (gratuit) sur l’écologie politique réalisé par le philosophe Dominique Bourg de l’université de Lausanne dans lequel les concepts de croissance verte, durabilité faible ou forte ou encore de décroissance sont analysés : https://www.coursera.org/learn/ecologie-politique 

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Focus COP 26 – À la rencontre de l’ambitieuse Nisreen Elsaim

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

Le dernier événement de la pré-COP26 a réuni des jeunes activistes venant des quatre coins du monde. Parmi eux, des activistes issu·e·s de pays du Sud – comme Nisreen Elsaim – venu·e·s témoigner de l’urgence d’agir face à la crise climatique qui détruit son pays.

En janvier 2020, un scandale frappe la sphère politique. Vanessa Nakate, une jeune militante environnementale ougandaise pose aux côtés de Greta Thunberg et de trois autres militantes américaines à la sortie d’une conférence de presse. Problème : la photo est recadrée par la presse et Vanessa Nakate n’apparaît plus. Elle a disparu. Cette « disparition » ou plutôt cette « invisibilisation volontaire » des jeunes activistes non-occidentaux·ales est malheureusement trop fréquente, lorsque l’on aborde le changement climatique.

Trop souvent, les questions environnementales sont abordées d’un point de vue américano-européen, oubliant que ceux qui sont les plus touché·e·s par le changement climatique sont avant tout les pays en voie de développement. Selon Vanessa Nakate, l’enjeu du changement climatique a été occidentalisé ; « lorsqu’il est débattu au Nord, c’est sous l’angle du risque de crise économique pour les pays riches. Ils ne réalisent pas que pour nous, c’est un drame tangible ». Trop souvent les jeunes activistes de ces pays sont exclu·e·s des tables de négociations, trop peu écouté·e·s, ils et elles sont relégué·e·s au second plan.

Alors, il devient plus que jamais nécessaire d’écouter les voix de ces jeunes. Aujourd’hui, nous rencontrons l’une d’entre elles lors de la discussion « Youth4Climate: Driving Ambition » : Nisreen Elsaim.

Le parcours hors du commun de Nisreen Elsaim

Née au Soudan, Nisreen Elsaim est diplômée en physique et énergies renouvelables. Elle a réussi à combiner sa formation scientifique avec un engagement appuyé dans le domaine du développement durable. Nommée l’une des 100 jeunes les plus influentes d’Afrique, elle a coordonné le Youth Environment Sudan (YES), une organisation environnementale « parapluie » qui coordonne l’action de plus de 1 000 associations environnementales au Soudan. Elle a également coprésidé l’Organisation de la Jeunesse Soudanaise pour le Changement Climatique (SYOCC) et a dirigé la Conférence Africaine de la Jeunesse (COY Afrique). Et ce n’est pas tout ! Elle est aussi membre active de l’Alliance Panafricaine pour la Justice Climatique (PACJA) et a été nommée l’une des 30 Envoyée Spéciale pour la Jeunesse de l’ONU. Un sacré CV !

Le Soudan, un pays qui subit de plein fouet le réchauffement climatique

Mais comment en est-elle arrivée là ? Nisreen nous a expliqué, pendant cette discussion organisée par l’ONU, que c’est bien la situation dans son pays natal qui l’a poussée à s’investir pour notre planète. En effet, le Soudan – pays fortement dépendant de ses ressources naturelles – subit de plein fouet le changement climatique. Entre les catastrophes naturelles, le dérèglement climatique (sécheresse, feux, et inondations), les problèmes de santé liés à la pollution, les épidémies, la surexploitation des sols et des cours d’eau, le manque de législation protectrice, et les conflits autour des ressources, le pays se retrouve dans une insécurité permanente. Nisreen explique que « l’instabilité causée par le changement climatique a joué un rôle majeur dans les conflits au Soudan. Les questions de la terre, de la nourriture, de la sécurité de l’eau et de la santé des Soudanais·e·s sont toutes liées à leur environnement. Ils sont tous·tes vulnérables au changement climatique. »

Un rayon d’espoir

Malgré cette situation catastrophique, Nisreen garde espoir et affirme : « les jeunes sont la solution. Grâce à notre connaissance approfondie de la technologie, notre capacité à innover, notre connectivité aux connaissances locales et internationales, nous pouvons travailler ensemble pour trouver des solutions. En orientant notre énergie et nos efforts vers la conduite de politiques, la création de stratégies qui nous permettent de nous adapter, d’élever nos voix dans les négociations sur le climat, nous pouvons faire la différence. » Alors, faisons la différence !

Article rédigé par Ombeline Siraudeau, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

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Focus COP 26 – Climat, Covid et capitalisme : pourquoi il nous faut un Green New Deal mondial ?

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 15 novembre de « From the Ground Up » organisée par la Coalition COP26 a permis de présenter différentes visions de ce que serait un « Green New Deal » et de proposer des raisons et des moyens de lutter contre le système capitaliste.

Les différents enjeux du Green New Deal

Le Green New Deal serait une transformation totale du système économique, politique, social afin de le rendre durable, notamment dans sa manière de fournir de l’énergie et de la nourriture. Les citoyen·ne·s du monde réclament un système contrôlé par le peuple et non par les multinationales qui cherchent le profit à tout prix. Il ne s’agit pas de trouver un chemin unique pour « sauver le monde » mais d’ouvrir les voies du possible et d’encourager les différentes actions et mouvements qui vont dans ce sens. De plus, cette transformation ne doit surtout pas aggraver la situation dans les pays en développement ou accroître les inégalités mais permettre de réimaginer un monde de partage et de solidarité.

« Le Green New Deal est une métaphore pour des actions ambitieuses »

Seb Ordonez, War on Want

Selon le Dr Sivan Kartha(1), le point commun à l’origine de toutes les dérives et tragédies dans l’histoire des civilisations est le problème des inégalités. L’origine du problème est que les élites qui consomment, utilisent les ressources et exercent le plus de pouvoir sur le monde sont aussi celles qui sont isolées des impacts de leurs actions. Elles ignorent les conséquences de toute la pollution et la pression sur l’environnement qu’elles engendrent.

D’après la Dr Vasna Ramasar(2) , les trois principales mesures qui serait à la base de ce Green new deal sont :

  • Arrêter de vivre au-delà des limites écologiques de la planète ;
  • Rendre le pouvoir au peuple et non aux riches multinationales ;
  • Repenser ce que signifie « avoir une belle vie », cette idée est ensuite appuyée par l’auteure Kate Aronoff qui dénonce l’abondance caractéristique des Etats-Unis qui ne rend pas les gens plus heureux et favorise les inégalités.

En effet, il faut reconnaître la richesse et la diversité du monde sans forcément chercher une solution unique mais en commençant par reconnaître nos erreurs et l’injustice du monde dans lequel on vit.

La scientifique et activiste Dipti Bhatnagar présente son travail au sein l’ONG Friend of The Earth International basée au Mozambique et met en avant les fausses solutions au problème climatique contre lesquelles elle lutte. Ce projet international porte sur la justice climatique et l’énergie. Elle se bat aussi pour le droit de dire « non » au désastre et à la destruction qui arrivent sur leurs terres ou dans leurs régions et contre lesquels ils·elles se sentent souvent impuissant·e·s face aux grandes sociétés. De plus, ils·elles réfléchissent à des sujets plus politisés comme le néocolonialisme, le racisme, la patriarchie, le capitalisme, la place de la femme dans les travaux de soins et d’entretien, la solidarité, etc. afin d’imaginer un monde futur.

Des alternatives aux systèmes économiques et politiques actuels

Comment changer le système actuel ? En effet, il est très difficile aujourd’hui d’imaginer des alternatives. On est souvent enfermé dans cette idée que le monde ne peut pas changer et qu’il est impossible de faire bouger les choses. Pourtant, il y a beaucoup de chemin à faire et de combats à mener. Il est indispensable qu’on sorte de cette illusion de l’impuissance et qu’on continue à créer des mouvements de lutte pour la justice climatique et à entreprendre des projets qui amélioreront la société. Il faut prouver à ceux qui pensent que le changement est impossible qu’ils ont tort. 

Le sentiment d’impuissance

La Dr Vasna Ramasar présente sept de ces actions à mener pour commencer à transformer la société. Elle commence par encourager le monde à reconnaître que nous vivons dans un monde capitaliste, raciste, patriarcal, anthropocentriste et injuste. Elle souligne ensuite la nécessité de changer le modèle économique et de changer le système de taxes qui profitent aux riches entreprises. Il faut aussi réfléchir à différents éléments comme les dettes financières des États mais aussi les dettes climatiques, la reconnaissance du travail difficile que les femmes réalisent au foyer et il faut repenser notre manière de consommer et de jeter. Il est rappelé que 10% des plus riches sont à l’origine de la moitié de la croissance en émissions de GES. Selon le Dr Kartha, il faut changer le système politique pour pouvoir ensuite changer le système économique.

Un monde plus solidaire

Les États et les entreprises qui ont le pouvoir ne vont pas l’abandonner aussi facilement. Pour Dipti Bhatnagar, le pouvoir devrait être au gouvernement, qui représente le peuple et doit prendre soin de la population et non des gros pollueurs. Il faut reprendre le pouvoir et renforcer la démocratie puis construire le monde sur des bases solides de solidarité et d’humanité.

Si tout le monde faisait preuve de plus d’empathie et réalisait que chacun·e existe grâce aux autres et que chaque humain est intrinsèquement lié aux autres, alors moins de peuples souffriraient de pauvreté et de mauvaises conditions de vie. Si on pense que notre vie a de la valeur, alors on doit reconnaître que celle des autres en a aussi et on doit les aider à vivre dans de bonnes conditions.

Il s’agit de laisser de côté l’individualisme et le consumérisme et de réaliser que nous sommes interconnecté·e·s par notre environnement et prendre aussi compte du reste du vivant non humain. C’est le concept de la philosophie africaine désigné par le mot « ubuntu ». Il faut construire sa vie autour de l’espoir et croire en l’humanité. 

Quelle démocratie pour un avenir durable ?

Pour conclure, suite à l’élection de Joe Biden dont ils se réjouissent, le Dr Kartha et Kate Aranoff proposent des mesures pour renforcer la démocratie aux États-Unis qui selon eux a perdu son vrai sens. Il faut réformer la manière dont les campagnes sont financées, réformer le système électoral pour prévenir l’abstention qui touche notamment les communautés de couleur et changer le système d’élection via les grands électeurs qui est biaisé.

Ainsi, beaucoup de réflexions sont menées sur le système capitaliste, sur le renforcement de la démocratie pour rendre le pouvoir au peuple mais aussi et surtout, sur la solidarité et les valeurs sur lesquelles on doit s’appuyer. On doit garder espoir et prouver que le changement est possible.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

NDLA : Je m’excuse de ne pas avoir pu transcrire dans ce texte le point de vue de l’Amérique Latine représenté par Enrique Viale, consultant et spécialiste en politique et législation environnementales, car je n’ai pas eu accès à la traduction de l’espagnol.

De plus, outre le fait que cela cause un problème majeur de plus à gérer pour les diférents pays, la crise sanitaire de la pandémie du COVID a été très peu discutée c’est pourquoi elle n’est pas évoquée dans cet article

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Dr Sivan Kartha – co-auteur principal au GIEC et de A Civil Society Equity Review (Stockholm Environment Institute)
  • Enrique Viale – Pacto Ecosocial del Sur (Avocat environmental, Argentinian Association of Environmental Lawyers)
  • TBC – Red New Deal (Red Nation)
  • TBC – Africa Climate Justice Convergence
  • Vasna Ramasar – Global Tapestry of Alternatives (Lund University Centre for Sustainability Studies)
  • Kate Aronoff – US Green New Deal (rédactrice dans The New republic, auteure)

Une conférence organisée en collaboration avec : Global Green New Deal, War on Want, The Leap

Références :

(1) : Muttitt, Greg & Kartha, Sivan. (2020). Equity, climate justice and fossil fuel extraction: principles for a managed phase out. Climate Policy. 20. 1-19. 10.1080/14693062.2020.1763900

(2) : Darren McCauley, Vasna Ramasar, Raphael J. Heffron, Benjamin K. Sovacool, Desta Mebratu, Luis Mundaca, Energy justice in the transition to low carbon energy systems: Exploring key themes in interdisciplinary research, Applied Energy, Volumes 233–234, 2019, Pages 916-921, ISSN 0306-2619, https://doi.org/10.1016/j.apenergy.2018.10.005.

Pour aller plus loin sur la raison de l’inaction face aux gros enjeux de notre temps :

Pour aller encore plus loin sur la pensée écologique et la nécessité de changer notre manière de vivre :

https://www.canopee12.fr/files/DOCUMENTS/Propositions_pour_un_retour_sur_Terre.pdf

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Focus COP 26 – Les solutions fondées sur la nature et leur place dans les dialogues climatiques

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

Alors que la COP 26 est reportée à l’année prochaine, comme on vous l’expliquait il y a quelques semaines, l’organe de l’ONU dédié aux questions climatiques a tout de même souhaité organiser du 9 au 19 novembre des dialogues en ligne regroupés sous le nom de  « Race To Zero », littéralement course vers zéro émission de gaz à effet de serre (GES). Un effort indispensable car c’est cette année justement qui a encore vu des catastrophes naturelles et sanitaires bouleverser l’humanité. D’où le besoin encore plus urgent de ne pas négliger les solutions fondées sur la nature pour atteindre l’objectif de 1,5°C.

Cet article portera donc sur ce qui s’est dit le 4e jour, consacré à la place de la nature dans la course (« Nature’s Place in the Race »), dont vous pouvez aller consulter les comptes-rendus et replays. Toutes les citations de l’article proviennent de ces discussions.

Figure 1 – Schéma synthétique de la démarche des solutions fondées sur la nature (© International Union for Conservation of Nature)

Quelles sont les différentes « solutions fondées sur la nature » ? 

Les solutions fondées sur la nature consistent essentiellement à protéger des écosystèmes intacts et à en réhabiliter d’autres. Parmi ces écosystèmes, on trouve notamment les forêts (forêts primaires,  mangroves), les océans (par rapport au plancton notamment) ou les zones humides.

Figure 2 – Infographie sur le rôle de séquestration du carbone par les milieux aquatiques côtiers tels que les mangroves (© Partnerships in Environmental Management for the Seas of East Asia)

On estime que 12Gt de GES pourraient être neutralisées dans l’atmosphère grâce à des solutions de cet ordre (on parle de séquestration du carbone). Plutôt efficace, non ? Pourtant, les solutions fondées sur la nature ne représenteraient aujourd’hui que 10% des fonds pour le climat.

La place de la nature dans les dialogues climatiques

Lord Goldsmith, ministre de l’environnement britannique, déclarait ainsi que « les solutions fondées sur la nature représentent environ un tiers de la solution [pour l’accord de Paris], c’est pourquoi le Royaume-Uni a choisi de placer la nature au centre de la campagne pour la COP26 ». En effet, deux journées entières ont été consacrées à ces problèmes au cours des évènements « Race To Zero » : une journée sur l’eau et les océans et une journée sur les solutions fondées sur la nature.

Il existe pourtant déjà une autre COP spécifiquement dédiée à la biodiversité, elle aussi reportée. Néanmoins, les objectifs du développement durable (ODDs) dont font partie les questions du climat et de la biodiversité sont étroitement liés. C’est pourquoi le fait de traiter de la nature dans des dialogues sur le climat s’est imposé comme un choix naturel (sans mauvais jeu de mots).

De plus, une solution terriblement efficace du point de vue climatique peut s’avérer mauvaise pour la biodiversité. L’hydroélectricité par exemple représente l’un des moyens de production d’électricité les moins émetteurs de GES et permet le stockage d’énergie à grande échelle : on parle par exemple de STEPs. Pourtant, elle peut avoir des conséquences déplorables sur la nature (et sur les populations à cause des relocalisations) : eau réchauffée, développement d’algues et de plantes invasives, dérèglement du cycle de migration de certaines espèces, risque de sécheresse accru, dérèglement de l’écoulement des sédiments, etc.

Comment avancer ?

Plusieurs fois pendant ces événements « Race To Zero », des intervenant·e·s ont mentionné le fait que la décennie qui vient de s’écouler a vu des avancées timides mais encourageantes, et que la décennie qui vient sera celle de l’action pour remplir les objectifs du développement durable. Le Leaders’ Pledge for Nature (“engagement des dirigeants pour la nature”) s’inscrit dans cette dynamique : près de 80 pays ont ainsi pris des engagements pour mettre en œuvre des actions plus ambitieuses à travers l’utilisation, la promotion ou le financement de solutions fondées sur la nature. L’objectif pour Gonzalo Muñoz (Champion du Climat depuis la COP25) est de « passer de plus de 70 pays à plus de 100 » d’ici à la COP26.

Ce document s’ajoute à plusieurs autres, dont la déclaration sur les forêts de New York de 2014 par exemple, mais va au-delà d’une simple énumération d’objectifs et identifie assez clairement des actions à mener. De plus, il encourage une démarche intégrante, notamment par rapport aux populations indigènes.

Les actions du secteur privé

Le constat est clair : respecter la nature n’est pas un bonus, et doit s’imposer pour être au cœur des décisions. Mais pour mettre en place des solutions adaptées, « il faut commencer par connaître sa chaîne de production et ses impacts » déclare Eric Soubeiran, cadre chez Danone. À Sagarika Chatterjee, Directrice du changement climatique chez PRI (Principes pour l’investissement responsable), d’ajouter ensuite « il y a besoin de standards pour les solutions fondées sur la nature ». Les investisseurs ont besoin de pouvoir se fier au caractère durable d’une solution. Ils soulèvent ainsi le problème du manque de moyens pour évaluer les solutions. Pourtant, des entreprises comme Unilever ne semblent pas avoir les mêmes limites pour commencer à prendre des mesures ambitieuses. On est donc en en droit de se poser la question : est-ce un réel manque d’outils ou plutôt de volonté des décideurs ?

Il faut ainsi admettre qu’un nombre croissant d’entreprises commencent à s’engager progressivement pour soutenir financièrement les solutions fondées sur la nature. C’est le cas d’HSBC par exemple, même si on peut douter à ce stade que leurs engagements soient aussi ambitieux que ce qu’ils annoncent. D’autant plus que pendant ce temps, les actions de la banque contribuent à la déforestation. Vous avez dit « greenwashing » ? 

Le rôle des populations indigènes

Selon Hindou Oumarou Ibrahim, représentante des femmes autochtones du Tchad, « les populations indigènes, responsables de la préservation de 80% de la biodiversité, doivent faire partie des processus de prise de décision, même si cela se passe en ligne ». Ces populations devraient donc participer aux décisions au même titre que toutes les autres parties prenantes, notamment lorsqu’il s’agit de leur environnement immédiat.

Ainsi, à l’avenir, il s’agirait par exemple de déterminer avec elles les modalités de protection des écosystèmes et de la mise en place (ou non) de parcs naturels. De plus, les populations indigènes pourraient contrebalancer notre réflexe de « civilisés » de chercher des solutions dans l’innovation ou la technologie plutôt que des solutions qui relèvent plus de l’atténuation de notre impact.

Garder une vision écosystémique

Les problématiques climatiques et celles de la biodiversité sont étroitement liées avec d’autres sujets du développement durable (l’emploi par exemple). C’est pourquoi j’espère que cet article aura pu pointer du doigt qu’à l’instar de la 3e action du Leaders’ Pledge for Nature, il nous faut  nous efforcer d’avoir une vue d’ensemble et éviter de hiérarchiser les ODDs, ou même les luttes en général.

Article rédigé par Amir Worms, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Sources :

Personnes citées :

Liens pour aller plus loin :

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Focus COP 26 – Obstruer la transition : l’arme secrète des entreprises de combustibles fossiles contre les politiques climatiques

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

Jeudi 12 novembre dernier s’est tenue une conférence dans le cadre de la Coalition COP26, à l’occasion de “From the Ground Up”, sur les entreprises de combustibles fossiles et leurs atouts pour entraver la transition vers une énergie plus propre. En effet, alors que l’abandon du charbon et du pétrole apparaît nécessaire pour une transition écologique réussie, les investisseurs étrangers des combustibles fossiles disposent de moyens de pression contre les États, ce qui ralentit le processus. Cette conférence avait donc pour objectif de rappeler les enjeux de l’ISDS, tout en s’interrogeant sur les moyens pour empêcher ces entreprises d’entraver la transition.

Les enjeux des combustibles fossiles

La lutte contre le changement climatique implique une transition vers une énergie propre et renouvelable. En conséquence, la dépendance aux combustibles fossiles comme le charbon, le gaz ou le pétrole doit être réduite. Les gouvernements ont leur part à jouer dans cette transition, et peuvent prendre des mesures d’élimination progressive des combustibles fossiles.

Cependant, agir de la sorte créera des actifs échoués, c’est-à-dire des actifs économiques qui subiront des réévaluations à la baisse ou seront convertis en passifs. 

De ce fait, pour protéger leurs actifs, les investisseurs étrangers peuvent poursuivre les États qui d’après eux, négligent les règles de protection des investissements et nuisent à leur profit, devant un tribunal international, et réclamer une indemnisation. 

Ce processus est permis par le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE, ou ISDS pour investor-state dispute settlement en anglais). Etant donné que les entreprises qui investissent en dehors de leur pays prennent un risque, ce procédé est une sécurité pour elles. Aussi, pour réduire ce risque, certains pays ont accepté ce dispositif permettant de régler les litiges entre ces investisseurs étrangers et les États d’accueil. L’ISDS devient ainsi un moyen de pression pour les investisseurs étrangers, qui peuvent s’en prémunir pour renforcer leur position dans les négociations, les sommes obtenues en compensation lors des poursuites étant colossales, d’autant plus que plus de la moitié des affaires aboutissent à une indemnisation. La procédure est généralement classée confidentielle, avec peu de transparence et de participation. Les coûts de de la procédure sont très élevés pour les États, et les options pour contester les indemnisations sont limitées.

En tout, pour protéger les actifs des investisseurs étrangers, ce sont plus de 2 600 traités d’investissements et accords commerciaux qui ont été établis.

Des exemples d’actions engagées contre les États

Des investisseurs se sont retournés contre un État qui, selon eux, a enfreint les règles de protection des investissements, et ont obtenu des indemnisations. On peut prendre l’exemple de TransCanada, qui a déposé une demande d’indemnisation contre les États-Unis de 15 milliards de dollars, en réaction à l’arrêt de l’oléoduc Keystone XL. 

De même, aux Pays-Bas, un propriétaire de centrale électrique a exigé une indemnisation après la mise en place de la loi sur l’élimination progressive du charbon. 

Le risque maintenant est de voir le nombre d’États poursuivis par des entreprises du domaine des combustibles fossiles augmenter fortement alors que les États appliquent plus strictement leurs engagements climatiques. 

Comment surmonter cet obstacle ?

Pour surmonter cet obstacle, l’intervenante a expliqué que la mobilisation de tous était nécessaire.

Concernant les États, les États-Unis sont maintenant un leader mondial lorsqu’il s’agit de prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique. Un espoir réside dans les annonces de Joe Biden, récemment élu Président, qui s’est prononcé contre l’ISDS pour tous les futurs accords. Cependant, cela ne signifie pas qu’il mettra fin ou modernisera les anciens traités. 

De même, l’Europe a mis fin aux traités intra Union européenne, et certains pays du Sud ne signent plus d’accord avec l’ISDS ou mettent fin aux anciens accords. Ces progrès sont encourageants mais insuffisants, et la lutte doit continuer. 

Les approches politiques qui pourraient être concluantes sont de restreindre l’extraction, de réduire les subventions, de limiter les infrastructures, et d’éliminer progressivement leur présence. 

Approches politiques susceptibles de conduire à l’échec des actifsImage issue du PTT présenté

Des actions concrètes ont été proposées lors de cette conférence :  

  • Exposer ce que font les entreprises de combustibles fossiles
  • Exposer l’implication / le conflit d’intérêts d’autres gouvernements
  • Ne pas laisser les gouvernements céder
  • Demander aux gouvernements s’ils ont été menacés

Arrêter de protéger les investisseurs, protéger le bien commun

L’objectif de ces actions consisterait à délégitimer le système, et à ce que les menaces de compensation ne puissent plus être recevables pour les États. Cela faciliterait la transition vers une énergie propre et renouvelable.

Article rédigé par Cindy Delvoye, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Pour aller plus loin :

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Retour sur le webinaire « Tout savoir sur le recyclage des mégots »

mercredi 2 décembre 2020 par REFEDD

Dans le cadre de la Semaine Étudiante de Réduction de déchets organisée par le REFEDD, un webinaire sur les conséquences environnementales du mégot a été organisé.

Selon les chiffres du Ministère de la Transition Écologique et de Novethic, on estime entre 20 000 à 25 000 tonnes la quantité de mégots jetés chaque année en France. Au-delà de la pollution visuelle, ces déchets représentent surtout une source de pollution environnementale majeure. Pour discuter de cette thématique, le REFEDD a fait appel à trois intervenant.e.s engagé.e.s dans la lutte contre ce déchet :

  • Nicolas RIBEYROL, directeur général délégué de la SABOM (Société d’Assainissement de Bordeaux Métropole).
  • Diane BEAUMENAY-JOANNET, représentante de SurfRider Foundation Europe,
  • Julien BOUHOUF, chargé de développement commercial d’ÉcoMégot à Lyon

Découverte de la politique territoriale de Bordeaux Métropole avec Nicolas Ribeyrol

Le webinaire a débuté avec l’intervention de Nicolas Ribeyrol. Après une brève présentation de la SABOM, il a introduit un sujet important : la pollution du fleuve de Bordeaux. 

Il a rappelé aux participant.e.s qu’aujourd’hui, les stations d’épuration ne sont plus en capacité d’abattre la quantité astronomique de micro-polluants auxquels elles font face. La pollution de la Garonne, c’est 665 tonnes de déchets récupérés, 200 Millions de mégots jetés à Bordeaux et des micropolluants invisibles en tous genres (médicaments, produits d’hygiène et d’entretien, peinture…). 

De plus, la SABOM a une vraie volonté d’engager les usagers à travers une campagne de sensibilisation “La Garonne commence ici”. 

“La Garonne commence ici” c’est : 

  • Des œuvres de street-art pour donner un écho plus fort au message et le transmettre au-delà d’une simple communication.
  • Des appel à projets  “Fonds de Développement Durable” : 10 projets associatifs soutenus en 2019 et 9 projets en 2020
  • Des hackathons regroupant 5 grandes écoles bordelaises soit plus de 100 étudiant.e.s de différentes filières. Le but est d’imaginer en 24h des projets à court, moyen ou long terme, qui seront ensuite sponsorisés par un fonds de Bordeaux Métropole. 
  • Une communauté de citoyen.ne.s engagé.e.s 
  • Un kit de communication pour sensibiliser les habitant.e.s de la métropole à l’impact sur le milieu naturel des déchets directement jetés sur la voie publique.

Cette campagne de sensibilisation a une volonté d’avoir un discours s’appuyant sur des canaux différents, pour toucher un maximum de population.

“Chacun.e peut avoir un geste au quotidien pour ne pas polluer la Garonne” 

Nicolas RIBEYROL
Exemples de contenus de la campagne de sensibilisation « La Garonne commence ici »

Les campagnes de plaidoyer de SurfRider Europe

Ensuite, ce fut au tour de Diane Beaumenay-Joannet de faire sa présentation. Elle représente Surfrider Foundation Europe, une association internationale militant pour la protection des océans. L’association sensibilise particulièrement à la pollution au mégot car il s’agit du premier déchet que l’on retrouve sur les plages, près des ruisseaux ou dans les océans ! Diane Beaumenay-Joannet a rappelé les campagnes de plaidoyers pour sensibiliser à la question du mégot, comme “L’initiative océane”, une campagne de ramassage et de constatation des déchets.

Elle a ensuite donné des clés pour sensibiliser et agir individuellement et collectivement contre cette pollution, avec par exemple la distribution et l’utilisation de cendriers de poche. 

Top 10 déchets des Initiatives océanes – SurfRider Europe

Dans la dernière partie de son intervention, Diane a présenté les enjeux de la loi Économie Circulaire de 2021 qui souhaite instaurer une exigence d’écoconception pour diminuer l’impact de la production de tabac sur l’environnement, plus de recherche et développement sur la fabrication et le recyclage des mégots.

Cette loi est en avance sur la directive européenne SUP (Single Use Plastic ou Plastique à Usage Unique) qui devrait être mise en place graduellement entre 2021 et 2023. Cette directive souhaite notamment instaurer une exigence de marquage sur les paquets sur l’impact environnemental, sur le même modèle que le marquage sanitaire, et à terme instaurer une filière à responsabilités élargie aux producteurs de tabacs. 

Ces législations traduisent de la prise de conscience de la pollution au mégot par les citoyens et les politiques, et donc de la volonté de chacun.e de réduire leur impact environnemental. Cela n’empêche pas des débats et des confrontations entre groupes d’intérêts divers et opposés. 

Les solutions de recyclage des mégots par EcoMégot

Pour finir le webinaire, Julien Bouhouf a présenté les engagements et missions d’EcoMégot. Cette entreprise implantée à Bordeaux et à Lyon propose des solutions originales pour valoriser les mégots.

Julien Bouhouf a commencé par rappeler que tout le monde est concerné par la problématique du mégot. Que nous soyons fumeur.euse ou non, nous consommons tou.te.s de l’eau contenant les micro-plastiques libérés lors de la dégradation des mégots dans l’eau ou la nature.

Sensibiliser les fumeur.euses à faire du cendrier de poche leur meilleur ami, ou interpeller nos entreprises et nos villes pour installer plus de cendriers dans des points stratégiques, voilà des actions que nous pouvons porter au quotidien.

Il a ensuite présenté les deux filières de valorisation développées par EcoMégot. La première repose sur la transformation des mégots en CSS (Combustible Solide de Substitution). Les mégots collectés sont envoyés dans des usines spécialisées dans le traitement de déchets dangereux, puis ils sont transformés en combustible permettant d’avoir une solution locale de valorisation et un impact carbone réduit. Ce système permet en effet de réduire l’utilisation d’énergies fossiles puisque l’énergie créée approvisionne de nombreuses entreprises comme des cimenteries.

La deuxième filière de valorisation des mégots s’effectue par leur recyclage. Il s’agit de considérer ces déchets comme des ressources en leur offrant une nouvelle forme. Puisque le mégot est principalement composé de plastique qui est une matière recyclable il peut être transformé en nouveaux objets (cendriers, structures d’aires de jeux en extérieur…).

EcoMégot a développé et déposé un brevet pour recycler les mégots sans eau ni solvant. D’autre part, cette entreprise fait appel à des chantiers d’insertion afin de promouvoir la création d’emploi pour les plus défavorisé.e.s.

« Processus de valorisation matière » par EcoMégot

En bref, si écraser sa cigarette au sol est souvent considéré comme un signe de prestance, notamment dans les films et les séries, il est important de réaliser que cet acte “anodin” a des conséquences immenses sur l’eau, la biodiversité et notre santé. C’est en amont par la sensibilisation, et en aval par le recyclage, que nous pouvons tout.e.s limiter la présence et les dangers du mégot sur l’environnement.

Article rédigé par Emma Freneaud, REFEDD


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Zoom sur la pollution plastique en milieu marin

mercredi 2 décembre 2020 par REFEDD

Le 26 novembre 2020, à l’occasion de la Semaine Étudiante de la Réduction des déchets, a eu lieu un webinaire sur la pollution plastique en milieu marin. Si vous l’avez raté, pas de soucis, on vous résume tout dans cet article !

Nage en eaux troubles avec Surfrider Foundation

La pollution plastique en milieu marin est indéniablement un vaste domaine, et c’est à l’association Surfrider Foundation Europe, qu’est revenue la tâche complexe d’introduire le sujet, représentée par Jennifer Poumey, chargée de mission déchets chez Surfrider, Coordination Méditerranée. Le domaine d’expertise de l’association évolue sur 3 thématiques phares : la qualité de l’eau et son impact sanitaire, l’aménagement du littoral en intégrant les dynamiques du changement climatique ainsi que l’identification et le traitement des déchets aquatiques.

Le portrait précis du déchet est dressé et défini comme un matériau fabriqué par l’homme dont la finalité se distingue en trois catégories :

  • Les déchets qui flottent, portés par les courants, et qui se retrouvent échoués sur les plages et littoraux.
  • Les déchets qui flottent dans les océans, et forment des zones de convergence résultant en de véritables « continents » de plastiques. Ils sont au nombre de 5 principaux et répartis dans les océans, avec une certaine concentration entre le Japon et Hawaï.
  • Les autres déchets qui se retrouvent au fond des océans. En effet, la plupart des déchets plastiques coulent, peu sont ceux qui flottent.

En réalité, les déchets flottants représentent uniquement 1 % de ce qui se trouve dans les milieux marins … et leur impact est double : d’une part, ils touchent la faune, car le plastique est une espèce invasive et se retrouve désormais dans des zones où il n’existait pas auparavant ; d’autre part, ils ont un impact sur l’homme et notamment sur sa santé car l’homme est au bout de la chaîne alimentaire.

Comment remédier au problème ?

Surfrider propose le projet Plastics Origin. Le principe est simple : des bénévoles motivé.e.s collectent des déchets sur la plage et font un décompte précis du nombre et type de déchets qu’ils récupèrent. Les données extraites serviront à édifier le plaidoyer de l’association pour mettre en place des solutions à grande échelle.

Source : Surfrider

Et il est important d’agir à la source, et ce notamment sur le problème des plastiques à usage unique. C’est un matériau très dangereux pour l’environnement dont le rapport entre production et utilisation est dérisoire : il suffit d’1 seconde pour produire un emballage plastique et son utilisation se limite à une vingtaine de minutes. De plus, ces objets ne se dégradent pas, ils vont uniquement se fragmenter en micro-plastiques, très difficiles à identifier et dont une partie considérable arrive dans le milieu marin directement sous cette forme, issus des cosmétiques (interdits depuis janvier 2018 en France), des fibres des vêtements textiles, des pneus, … En bref, l’origine est toute trouvée, les pollutions plastiques proviennent à 80 % du continent et du comportement des humains.

Source : Surfrider

Surfrider propose d’agir directement à la source du problème et promeut la réduction des déchets par les consommateurs : abolir l’emballage unique et le plastique de nos habitudes de consommations pour que ces déchets n’existent pas et que l’on ne les retrouve plus dans la nature.

La thématique de la pollution plastique nous emmène désormais à la rencontre d’acteurs engagés dans la protection de l’environnement en traitant une partie du problème avec une solution ingénieuse …

Une tortue ingénieuse : Green Turtle

Voici Green Turtle, un projet innovant porté par des étudiant.e.s de l’école d’ingénieur ESTACA, en région parisienne. Son objectif est de concevoir et de construire un robot-tortue traqueur de déchets et implantés dans une des plus grandes sources de pollutions plastique dans les milieux marins : les ports. Co-géré par Baptiste Jagoury et Thomas Gestel, tous deux étudiants ingénieurs, le projet se développe sur une catégorie de la pollution plastique, les macro-plastiques.

Source : Green Turtle ESTACA

Pourquoi s’attaquer à la pollution plastique dans les ports ? La raison est simple : les ports sont en réalité des clusters à déchets qui nuisent à la faune et à la flore locale et par ailleurs, ces déchets induisent de la nuisance auprès des touristes et plaisanciers. Le problème est déterminant et gêne vraisemblablement tout le monde, il est nécessaire de s’y attaquer.

Une partie de la réponse à cette pollution se dessine dans le projet de Green Turtle, une solution bio-inspirée (s’inspirer de la nature pour tenter de la sauvegarder). L’association est portée par 17 étudiant.e.s, réparti.e.s en 3 pôles techniques : le pôle propulsion, qui travaille sur une imitation de la tortue ; le pôle détection et intelligence, chargé de permettre à la tortue de repérer son environnement et la faire bouger au sein des ports ; et le pôle structure, qui imagine la conception de toute la tortue.

Mais comment ça marche ?

L’idée de s’inspirer de la Tortue de mer vient de son adaptation toute particulière pour la nage en 3D. Habile et maniable, elle est conçue pour s’attaquer aux déchets, afin d’éviter que les vraies tortues ne souffrent davantage des déchets plastiques dans les océans.

La représentation concrète de l’animal marin va se faire avec un corps creux pour contenir les déchets récoltés. L’idée est de concevoir un robot précis et intelligent, capable de traquer les déchets sous et sur la surface. Afin d’y parvenir et de stocker les déchets sans pour autant gêner l’activité portuaire, le robot-tortue devrait atteindre 1 mètre de long, pour 70 centimètre de large avec une capacité de 50L. Complètement autonome, la tortue se viderait de ses déchets sur une borne de « docking » dans le port et repartirait à la tâche. Par ailleurs, la tortue serait dotée d’un système d’analyse précis et performant afin de distinguer les déchets plastiques des organismes marins : la tortue apprend constamment en créant d’une base de données qui s’enrichit au fur et à mesure (deep learning).

La volonté écologique du projet se porte aussi sur la conception du robot qui se veut biosourcé et biodégradable, et équipé d’une puce GPS afin d’éviter une pollution en cas de panne.

Source : Green Turtle ESTACA

Et le projet avance ! La première année était dédiée à une simulation sur ordinateur du projet en intégrant des enseignements appuyés par les professeurs de l’ESTACA sur la mécanique des fluides (résistance du robot), le dynamisme, la performance des nageoires en alliant une bonne performance de nage avec envergure limitée. Le calendrier du projet est déjà tout tracé, l’association veut lancer son premier Prototype dans 1 an et le tester dans les ports d’ici 3 ans

Le futur du projet s’inscrit sur plusieurs points d’attention et notamment sur une analyse du cycle de vie, sur son impact sur les écosystèmes, une discussion s’engage aussi avec les autorités portuaires pour que le projet se retrouve dans le plus de ports possibles et cela va de pair avec une conception esthétique du robot-tortue.

Contacté par plusieurs ONG, dans le monde, le projet commence déjà à s’exporter et certains ports français lui proposent des espaces de test. Avec ce projet innovant, les étudiant.e.s de l’ESTACA comptent bien lui donner une nouvelle dynamique si sa réalisation est avérée possible, en transformant l’association étudiante en start-up ou ONG qui permettrait de limiter une partie des pollutions plastiques en milieu marin.

Micro-plastiques mais Maxi problème : Sea Plastics

Lorraine Wemaere et Manon Vichot représentaient lors de ce webinaire l’association Sea plastics dont elles sont membres. L’association, créée en 2016 par des étudiant.e.s-ingénieur.e.s d’AgroParisTech, lutte contre la  pollution plastique en mer Méditerranée en sensibilisant les plus jeunes et en participant à la recherche scientifique. Chaque année un groupe d’étudiant.e.s embarque 5 mois sur un voilier et parcourt la côte méditerranéenne, pour échantillonner des micro-plastiques et intervenir dans des écoles et des événements locaux. Lorraine et Manon, avec 3 autres étudiants, font partie de la 5ème expédition de l’association qui naviguera entre mars et juillet 2021.

Source : Sea Plastics

L’association est née du constat que le plastique est présent partout du fait de sa très grande durabilité qui apporte une valeur ajoutée aux produits qu’il compose, mais qui contraint sa gestion en déchet. En effet, le plastique ne se dégrade pas mais se décompose en nano et micro-plastiques qui vont contaminer tous les écosystèmes grâce à un potentiel de diffusion très important. On peut retrouver des micro-plastiques jusqu’à 4000m de profondeur. Par définition, une particule de plastique de moins de 100 nanomètres est considérée comme un nano-plastique et une particule de moins de 5 millimètres est considérée comme un micro-plastique. Ces particules sont issues de produits et d’activités humaines. Par exemple, un sachet de thé produirait 11,6 milliards de micro-plastiques dans une tasse de boisson.

Aujourd’hui, les micro-plastiques restent très peu connus du grand public. Pourtant les scientifiques ont constaté que l’accumulation de micro-plastique est préoccupante. Elle touche tous les réseaux trophiques, depuis les animaux filtreurs jusqu’aux mammifères marins, et touche donc également la chaîne alimentaire humaine. La quantité de micro-plastiques ingérée et inhalée serait donc sous-évaluée, le plus gros danger des micro-plastiques étant leur potentiel de diffusion et leur capacité à porter des matériaux toxiques. 

Face à ce constat alarmant, l’association Sea plastics se mobilise par la recherche et la sensibilisation.

Chaque année une expédition, composée d’étudiant.e.s, s’organise et parcours pendant 5 mois la mer méditerranée. Les membres de l’expédition réalisent un échantillonnage en mer à la surface et dans la colonne d’eau. Suite à un pré-tri réalisé au microscope pour enlever les morceaux de matières organiques les plus gros, les échantillons sont envoyés dans un laboratoire pour identifier l’âge, la nature, l’origine et l’état de dégradation des micro-plastiques. La recherche sur les micro-plastiques est aujourd’hui freinée car chaque laboratoire a ses propres méthodes d’échantillonnage. L’objectif de l’expédition 2021, dont font partie Lorraine et Manon, est d’évaluer les méthodes de 4 laboratoires partenaires et de comparer leurs résultats afin de fixer des normes d’échantillonnage. De plus, elle souhaite mettre en place un filtre pour pouvoir échantillonner les particules inférieures à 150 micromètres.  

Source : Sea Plactics

D’autre part, les étudiant.e.s de l’association organisent des conférences pour sensibiliser le grand public ou des jeux à destination des enfants, entre autres par le biais de partenariat avec des mairies ou de clubs de voile. Les côtes méditerranéennes sont une cible très importante pour la lutte contre la pollution plastique car on retrouve dans la Méditerranée plus de 7% des micro-plastiques présents dans les milieux marins. 

En mars, les 5 ami.e.s embarqueront sur le Catamaran d’un bénévole de l’association et feront le tour de la Méditerranée en passant par l’Espagne, l’Italie, la Corse et puis la côte française. 6 mois après, les résultats de l’expédition seront disponibles sur son site internet. L’analyse de ces résultats, réalisée avec l’aide de 4 laboratoires de recherche et 3 étudiant.e.s en master, sera publiée un an après leur retour. Cette rapidité de résultats, rare dans le monde scientifique, est un atout pour l’association et la rend complémentaire de plus gros projets comme celui de l’association Tara.

Sea plastics travaille également avec d’autres associations en France et en Espagne. Il.elle.s aimeraient, dans de futures expéditions, étendre leur projet jusqu’aux côtes d’Albanie où la pollution des déchets est encore plus importante. Ce projet n’est pas envisageable pour le moment, du fait des temps très longs pour obtenir une autorisation des ministères pour faire des relevés dans des mers à l’étranger. 

Agir en tant qu’étudiant.e

En tant qu’étudiant.e.s, nous pouvons bien sûr agir à notre échelle. Tout d’abord en réduisant notre consommation de plastique en se souvenant des 3R:  réduire à la source, refuser le sur-emballage et privilégier le réutilisable. En bref, ne pas se faire avoir par le marketing et en utilisant les objets le plus longtemps possible, par exemple en donnant au lieu de jeter. Ensuite, si vous souhaitez vous investir sur le sujet, vous pouvez vous engager dans de nombreuses associations.

Par exemple, Sea plastics réalise des sensibilisations dans des établissements et s’associe avec des bénévoles pour qu’ils sensibilisent à leur tour les étudiants. N’hésitez pas à les contacter pour en savoir plus !

Chez Surfrider, des solutions sont mises en avant dans les infographies. Si vous souhaitez agir sur le terrain, vous pouvez participer au projet Plastic Origins . Il s’agit d’un projet de science participative qui vise à cartographier la pollution plastique des fleuve et des rivières afin d’identifier les zones les plus polluées et alerter les collectivités. Pour ce faire, Surfrider invite toutes personnes intéressées à télécharger l’application Plastic Origins (disponible sur Android et IOs), à les contacter pour une petite formation en ligne et à aller parcourir un cours d’eau en kayak ou ses abords à pied pour collecter des données sur les déchets. Si vous êtes intéressé.e.s, n’hésitez pas à les contacter : plasticorigins@surfrider.eu.

Source : Surfrider

Pour en savoir plus :

Article rédigé par Marin et Seyna, en service civique au REFEDD

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Retour sur notre webinaire “tout comprendre aux négociations sur le climat”

mercredi 2 décembre 2020 par REFEDD

Le 10 novembre, CliMates, les Jeunes Ambassadeurs pour le Climat (JAC) et le REFEDD ont proposé un événement en ligne de découverte des négociations sur le climat. Six intervenantes expérimentées ont partagé leur vécu et ont répondu aux questions des participant·e·s. Tu n’as pas pu assister au live ? Tu aimerais retrouver des informations pour aller plus loin et connaitre l’actualité climatique de la jeunesse ? Cet article revient sur l’essentiel. 

Une discussion co-organisée par CliMates, les JAC et le REFEDD

CliMates, les JAC et le REFEDD sont trois associations qui souhaitent donner aux jeunes les moyens de s’impliquer dans la transition écologique, notamment en s’intéressant aux négociations sur le climat. Les 3 associations permettent à  2 Jeunes Délégué.e.s de participer aux COP (Conference of Parties) et intercessions. De plus, elles envoient chacune une délégation d’observateur·trice·s. 

Les trois associations co-organisent aussi deux fois par an des formations sur la diplomatie climatique. Elles se tiennent d’habitude en présentiel ; mais compte tenu du contexte, c’est un webinaire qui a été proposé le 10 novembre dernier. L’échange était structuré en quatre parties. Chacune était ponctuée par une séquence où les intervenantes ont apporté des réponses aux questions des participant·e·s, intégrées dans ce compte rendu. 

C’est quoi, les négociations internationales sur le climat ?

Par Aline et Marjolaine, observatrices à la COP25 pour le REFEDD et membres de la délégation qui suit l’actualité pré-COP26

La COP sur le climat, partie émergée des négociations sur le climat

Aline a d’abord expliqué que quand on parle de COP, on désigne l’organe décisionnel le plus important de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC, UNFCCC en anglais). Il existe d’autres conventions internationales, par exemple celles sur la biodiversité et sur la lutte contre la désertification, créées en même temps que la CCNUCC. Chacune a sa propre COP.

Les “Parties” de la COP sur le climat sont les 196 Etats signataires de la CCNUCC, auxquels il faut ajouter l’Union européenne (UE). Ils se réunissent chaque année pour essayer de s’accorder sur des solutions visant à “stabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique” (art. 2 de la CCNUCC). Entre chaque COP, des intersessions (SB), sortes de conférences préparatoires, se déroulent à Bonn, où siège le secrétariat de la CCNUCC. 

A toutes ces conférences, il s’agit de prendre des décisions, c’est-à-dire d’adopter de nouveaux textes. Les négociations portent sur les objectifs, les engagements, les modalités d’application, etc. et font constamment évoluer la Convention-cadre. 

Les sujets de négociation – Extrait de la présentation « Tout comprendre aux négociations sur le climat »

En plus des délégations des 197 Parties, les négociations rassemblent des acteurs non-étatiques, regroupés en 9 constituantes : commerce et industrie ; ONG environnementales ; municipalités et gouvernements locaux ; peuples indigènes ; recherche scientifique ; syndicats ; agriculture ; femmes et questions de genre ; et jeunesse (YOUNGO). La presse est également présente. 

Du sommet de Rio à l’accord de Paris

Comme Marjolaine l’a rappelé, l’histoire de la CCNUCC démarre en 1992, avec le sommet de la Terre à Rio. En 1997, la COP3 voit l’adoption du Protocole de Kyoto. Entré en vigueur en 2005, cet instrument juridique connexe dont s’est doté la COP vise à réduire les émissions de certains GES par rapport à 1990, avec des obligations pour les pays développés uniquement. 

Chronologie des COP – Extrait de la présentation

En 2015, l’accord de Paris fixe comme objectif de “conten[ir] l’élévation de la température moyenne de la planète [à 1,5 °C et] nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels” (art. 2). Cet objectif commun est soutenu par les contributions déterminées au niveau national (NDC). 

Les contributions déterminées au niveau national – Extrait de la présentation

L’accord de Paris est dit “universel”, c’est-à-dire que chaque pays doit agir contre le dérèglement climatique. Également réputé contraignant juridiquement, il ne prévoit pourtant pas de sanction directe ; les pays restent souverains. Cependant, des contre-pouvoirs peuvent déclencher des sanctions. C’est le cas en France avec l’Affaire du Siècle et le dossier de Grande-Synthe, au sujet desquels le Conseil d’Etat vient de donner trois mois au gouvernement pour “justifier que la trajectoire […] pourra être respectée”

Où en est-on aujourd’hui et qu’attendre des prochaines négociations ? 

Par Inès, coordonnatrice de l’équipe de suivi des négociations de CliMates (Negotracking) qui suit et analyse les négociations sur le climat et établit des rapports sur les questions politiques.

« 2020 aurait dû être une année très importante pour les négociations sur le climat »

En 2020, 5 ans après l’accord de Paris, les émissions de GES auraient dû atteindre leur pic pour être en accord avec l’objectif de 1.5°C ; or la trajectoire annuelle nous mène vers une augmentation de 3°C. Enfin, le mécanisme d’ambition de l’accord de Paris prévoyait que les pays communiquent ou révisent leurs NDC. Mais les pays les plus émetteurs ont peu pris d’engagements. 2020 est d’ailleurs l’année où les Etats-Unis ont officiellement quitté l’accord de Paris. 

Inès nous a expliqué qu’en 2020, il ne s’agit plus de négocier des accords, mais de les mettre en place. Il y a une réelle réflexion à engager sur le devenir des COP.  Ce “méga rassemblement” annuel doit être repensé dans ses objectifs et ses modalités. Sert-il à maintenir un fort engagement de la part des organisations non-étatiques ? A donner un cadre légitime aux négociations entre Etats ? 

Programme des prochaines négociations – Extrait de la présentation

Alors, à quoi s’attendre en 2021 ? On sait que pour pallier le report de la COP26, la CCNUCC a organisé des Dialogues pour le Climat, suivis par une équipe du REFEDD. A ce stade, on ignore encore si une COP telle que les précédentes pourra être organisée. On peut néanmoins imaginer que le Covid-19 risque d’avoir un fort impact sur le fond des échanges. Pour ce qui est des observateur·trice·s à la prochaine COP, Inès s’attend à une forte présence des grands groupes ; à de vives protestations de la part des jeunes et des ONG environnementales face au manque d’ambition et d’action ; et à des prises de position contre les industries fossiles, pour une reconstruction juste et durable.

Participer aux négociations sur le climat en tant que Jeune Délégué.e 

Par Héléna, Jeune Déléguée (JD) pour le climat depuis juin 2019 et membre des JAC, étudiante en master Politiques Environnementales à Sciences Po Paris . 

Héléna nous a raconté son parcours, le processus pour devenir JD pour le climat (entretiens Skype puis au ministère de la Transition écologique) et sa participation aux intersessions à Bonn en juin 2019 et à la COP25 à Madrid en décembre 2019. Un mandat de JD s’étale sur deux années de négociations ; elle participera donc aux prochaines intercessions (SB52) et à la COP26 à Glasgow, pour l’instant reportée à 2021. 

Aller aux négociations sur le climat avec la délégation française

Le programme JD permet en effet à 2 étudiant·e·s d’accompagner la délégation française aux négociations internationales. La délégation est composée d’employé·e·s des ministères de la transition écologique, des affaires étrangères ou de l’agriculture, spécialistes des sujets qu’il·elle·s négocient. Certain·e·s d’entre eux·elles sont des anciens CliMates, JAC ou du REFEDD. Mis en place en 2016 par CliMates et le REFEDD avec le ministère pour la COP22 à Marrakech, le programme est soutenu par les JAC depuis 2018.

Les participant·e·s portent un badge de couleur qui indique leur rôle – Convention‑cadre des Nations unies sur les changements climatiques

Les droits et devoirs des Jeunes Délégué·e·s

Héléna a présenté les opportunités de suivre les négociations sur le climat de l’intérieur. Grâce au précieux badge rose, les JD peuvent  :

  • suivre un sujet de négociation en particulier ; il est impossible de pouvoir tout suivre.
  • acquérir des nouvelles compétences au cours des 4 sessions. En effet, la vision des COP qu’ont les JD évolue, et leur compréhension s’affine. 
  • appuyer la délégation française : les JD  sont appelé·e·s à suivre certains événements, à rédiger des comptes rendus et à les envoyer dans la boucle de mail de la délégation.
  • participer aux réunions de délégation, avoir accès aux documents sur les positions de la France 
  • tisser une relation de confiance avec les membres de la délégation
  • faire le lien entre le délégation et les autres jeunes Français·e·s, en organisant par exemple des rencontres
  • Rencontrer la jeunesse présente, créer des contacts avec les autres jeunes et organisations présents

En retour, les JD ont aussi un triple devoir de réserve de confidentialité et de neutralité. Il·elle·s ne doivent pas participer à des mouvements d’opposition internes aux COP. Il ne faut pas non plus qu’il·elle·s s’asseyent à la table de négociation derrière le drapeau français, au risque de donner l’impression qu’il·elle·s représentent la France. 

Aller à la COP avec la délégation du REFEDD 

Par Karine, étudiante à CentraleSupélec en 3ème année du cycle ingénieur·e et Éloïse Lehmann, étudiante à King’s College London en Master en Environnement et ancienne service civique au REFEDD, observatrices à la COP25 pour le REFEDD. 

Vivre les négociations du climat « de l’intérieur »

Éloïse et Karine nous ont raconté leur expérience en tant que jeunes observatrices à la COP25 à Madrid. En effet, depuis la COP19 à Varsovie en 2013, le REFEDD envoie chaque année une délégation constituée de 6 à 10 étudiant·e·s aux négociations.

Retour d’expérience de la COP25 – Extrait de la présentation

La COP25 s’est tenue dans un immense bâtiment, la Feria de Madrid, et a rassemblé jusqu’à 20 000 personnes. La journée type commence à 8h et se finit à 21h. Les membres de la délégation du REFEDD préparent chaque journée la veille. Il·elle·s choisissent un sujet de négociation puis assistent aux événements liés. En fonction de sa nature, chaque événement a lieu dans un espace particulier : 

  • en salle plénière (10 sur le “General Map” ci-dessus). C’est ici qu’ont lieu l’ouverture et la fermeture de la COP, les présentations des rapports du GIEC, les discours et le vote des textes. Tous les pays peuvent entrer dans la salle, ainsi que les observateur·trice·s et la presse. 
  • en salle de négociations (9). En tant qu’observatrices, Eloïse et Karine ont pu assister à certaines négociations et se rendre compte que dans l’élaboration commune d’un texte, chaque mot compte ! 
  • dans les espaces dédiés aux side events et aux constituantes (4) et les pavillons (8-5). C’est là que les membres de la délégation du REFEDD passent le plus de temps : on y trouve des événements sur des sujets qui ne concernent pas directement les négociations, certains organisés par des ONG et des jeunes, notamment le fameux “fossile du jour”. Chaque pays se met en avant dans son pavillon, en y accueillant événements et personnalités politiques.  

Une expérience parfois frustrante, mais toujours enrichissante

Éloïse a vécu une COP25 très enrichissante sur le plan académique et surtout sur celui des rencontres. La COP peut parfois être frustrante, du fait du décalage entre les problèmes concrets et urgents, dont témoignent par exemple des représentants de populations indigènes, et la technicité et la minutie des solutions : des textes de droit international où un mot peut faire l’objet de plusieurs heures de négociations. Karine confirme que si l’expérience a été parfois fatigante et dure émotionnellement, elle est surtout un excellent apprentissage. Elle s’est notamment rendu compte que le processus décisionnel ne se limite pas aux 2 semaines de la COP, mais a lieu tout au long de l’année, notamment au niveau national. D’où l’importance de s’engager dans sa vie de tous les jours. 

Quelques ressources complémentaires :

1. Qu’est-ce que la CCNUCC et comment fonctionne-t-elle ?
2. Comment s’applique l’accord de Paris ?
3. Quel est le rôle de l’Agenda de l’Action, qui rassemble des États et des acteurs non-étatiques
4. Comment les ONG participent aux négociations et quel est leur impact ?

Article rédigé par Gabriel Goll. 

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Le Bureau des Aides Humanitaires de l’ENSEM a rejoint le REFEDD !

mardi 1er décembre 2020 par REFEDD

Salut ! Je suis Emine, étudiante en 2ème année à l’ENSEM (École Nationale Supérieure de l’Électricité et de la Mécanique) et membre du BDH (Bureau Des aides Humanitaires). L’ENSEM est une école d’ingénieurs sur le campus de Brabois (à Nancy) dans laquelle nous pouvons suivre une formation en énergie ou en systèmes numériques.

Quels sont vos projets ?

Le BDH est une association étudiante divisée en 5 pôles : écologie, solidarité, parrainage et un pôle film. Les membres de l’association sont des bénévoles de l’école qui participent à l’animation et à l’organisation de divers projets dans les domaines de l’écologie et de l’aide humanitaire.

 L’objectif principal de notre association est de mobiliser nos forces afin de venir en aide à ceux.celles qui en ont besoin et de sensibiliser les étudiant.e.s aux thématiques actuelles de l’écologie. 

De plus, avec notre pôle parrainage, nous donnons des cours de français, sciences et culture générale à des mineur.e.s non accompagné.e.s dans un centre proche de Nancy. Ces cours personnalisés se déroulent le jeudi et le samedi sur des créneaux libres pour les étudiant.e.s bénévoles. 

Nous avons aussi un pôle film qui a pour but de réaliser des courts-métrages qui expliquent les solutions existantes aux questions écologiques sur le Grand Nancy (permaculture, produits locaux et bio…) en se basant sur les connaissances recueillies par les étudiant.e.s de l’école, des professionnel.le.s ou encore autres intervenant.e.s.  

En 2015, le BDH est créé et a pour objectif unique d’organiser des cours personnalisés et assurer l’accompagnement de mineur.e.s non accompagné.e.s du centre de Pixerécourt de Nancy. Plusieurs étudiant.e.s se regroupent et sont motivé.e.s par cette initiative. Au fil des années, les autres pôles du BDH sont créés pour faire du BDH une association présente dans plusieurs domaines. 

Quel est le futur du BDH de l’ENSEM ?

Aujourd’hui, notre association est l’une des plus importantes du campus de notre école. Nous avons des projets qui se répètent chaque année et sur lesquels notre organisation s’est perfectionnée au fil des années (maraudes, clean walk, ateliers zéro déchet…). Chaque année, les nouveaux membres de l’association nous proposent des idées de projets sur lesquels nous travaillons ensemble. L’un de nos objectifs futurs est de collaborer avec d’autres associations, étudiantes ou non, afin d’avoir plus d’impact via nos projets. 

Vos recommandations

Films / séries : A plastic Ocean / Before the flood/ Our planet/ 

Livres : Revenu des ténèbres – Kouamé / Vers la sobriété heureuse – Pierre Rabhi 

Article rédigé par Emine Ozen du BDH de l’ENSEM

Contact

Mail : bdhensem@gmail.com

Facebook : @bdh.ensem

Instagram : @bdh.ensem

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L’association Gaïa MBS a rejoint le REFEDD !

mardi 1er décembre 2020 par REFEDD

Salut à tous, nous, c’est la team Gaïa, l’Asso étudiante en Développement Durable de Montpellier Business School aux grandes ambitions vertes. Nous sommes, cette année, une équipe de 9 étudiant.e.s venant de L3, de M1 et de M2 qui souhaitons sensibiliser les 3600 étudiant.e.s de notre école de commerce aux nombreux enjeux du développement durable, mais pas que… Nous travaillons aussi avec le Pôle Diversité et RSE de MBS sur différentes thématiques écologiques afin de d’inscrire notre école dans une démarche durable et engagée stratégiquement en DD.

Présentation de Gaia MBS

En adéquation avec les valeurs de MBS et en collaboration avec le Service Diversité et RSE, notre association, Gaïa MBS, s’engage toute l’année à promouvoir des actions écoresponsables et ludiques à destination des étudiant.e.s et les sensibiliser aux enjeux environnementaux et à la transition énergétique. On peut résumer notre mission sous 4 points :

  • Sensibiliser les étudiant.e.s aux enjeux environnementaux
  • Encourager l’adoption de gestes et d’actions éco-responsables
  • Contribuer à des actions concrètes dans notre école pour un campus durable
  • Participer aux évènements qui ont du sens pour notre avenir à tous

Constituée depuis 2014, l’Association Gaïa MBS est née d’un regroupement d’étudiant.e.s de Montpellier Business School préoccupé.e.s par les enjeux environnementaux de notre société et impliqué.e.s dans la diffusion de nouvelles façons de penser et d’agir en tant qu’éco-citoyen.ne.s. 

Quels sont vos projets ?

En contexte de Covid19, nous travaillons beaucoup sur nos réseaux sociaux afin de partager tous les jours des astuces, des bons plans ou encore des données impactantes, pour changer les comportements du quotidien et engager les étudiant.e.s autour de nouvelles habitudes plus bénéfiques pour l’environnement (ex : SERD2020, 7e continent dans la Semaine internationale, Noël écolo, challenges plogging pour se dégourdir,…). Lorsque les conditions sanitaires nous le permettront, nous organiserons des séances de sensibilisation et des actions collectives et physiques sur le campus. Enfin, nous souhaitons intervenir sur des forums dédiés aux thématiques environnementales et contribuerons aux actions stratégiques de l’école.

Une anecdote marrante sur votre association ?

Il était une fois une étudiante de MBS qui remporta un concours Gaïa : Très heureuse d’avoir reportée le prix du challenge « art des déchets », cette jeune 1ère année gagna de nombreux cadeaux 100% 0 déchet, dont des sacs à vracs en maille de coton bio pour fruits et légumes. Cette dernière a toujours pensé que c’était pour le lavage de ses sous-vêtements.

Cette jeune gagnante est aujourd’hui notre présidente… 👑 Comme quoi, la sensibilisation de Gaïa fonctionne !

Vos recommandations et citations

Citation favorite: « Think Gaïa, Start Living” 🌱🌍

Recommandation : Allez jeter un œil au teaser d’UNE BOUTEILLE A LA MER 2020, une campagne de qualité, impactante et engagée regroupant de grand.e.s athlètes d’envergure pour des photographies choquantes qui parlent d’elles-mêmes ! – Ces photos ont pour but de faire prendre conscience que si nous n’agissons pas tout de suite, notre environnement futur est susceptible de devenir une immense déchèterie. 

Article rédigé par Amélie Dubreuil, Louise Tastard, Gwendoline Huge–Plantier, Jade Temarii.

Contact

Facebook : @gaia.mbs

Instagram : @gaiambs

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Tout ce qu’il faut savoir sur les ressourceries étudiantes

vendredi 27 novembre 2020 par REFEDD

A l’occasion de la Semaine Étudiante de la Réduction des Déchets (SERD), nous avons rencontré Anthony de l’association Etu’recup (Bordeaux) et Matthieu de luniverCel (Nanterre). Leur point commun ? Avoir mis en place des ressourceries sur un campus étudiant, lieux d’échange et de partage où l’on peut retrouver des objets de seconde main à moindre coût.

Issu du guide Porter un projet de lieu alternatif sur un campus étudiant d’Etu’Recup

Présentation des ressourceries ou zone de gratuité

  • Présente nous ton association, et ta ressourcerie ou ta zone de gratuité ?

Anthony – Etu’Récup est une ressourcerie étudiante, composée d’étudiant.e.s, de riverains et de personnels universitaires (enseignant.e.s, chercheur.se.s, administratif…). C’est une association indépendante de l’Université de Bordeaux. L’idée initiale est de réduire le gaspillage et les dépôts sauvages d’objets sur le campus lors des départs étudiants et permettre aux nouveaux arrivants de s’équiper à moindre coût à la rentrée. C’est aussi un lieu de vie intergénérationnel et solidaire, où les personnes peuvent discuter et échanger, autour d’ateliers participatifs de bricolage. C’est assez drôle de voir des étudiant.e.s de différentes filières travailler ensemble, ou de voir des riverain.ne.s partager leurs connaissances avec les étudiant.e.s. Le but est également de sensibiliser à d’autres modes de consommation et à la prévention des déchets.

Etu’Récup c’est 2600 adhérents et 93 Tonnes d’objets collectés en 2019. 

Matthieu – L’association luniverCel a tenu une zone de gratuité pour une expérimentation qui est terminée aujourd’hui. C’était à l’Université Paris Nanterre du mois de mai à fin juin 2019. Dans un premier temps, il y a eu un mois (mars/avril) de chantier solidaire pour inviter le public à construire la zone. Ensuite en mai/juin, la zone était ouverte en fonction de la disponibilité des bénévoles. C’était un café associatif, un magasin gratuit et un lieu d’animations de zéro déchets, de récupération d’objets, d’upcycling. En parallèle, on a mené une campagne de sensibilisation avec un livret zéro déchet, une compilation d’actions pratiques et un recensement de lieux sympas sur la thématique. On organisait aussi des ateliers pour les enfants. On réunissait différents types d’objets et on leur demandait de les trier dans différentes poubelles en fonction de ce que c’était.

  • Où se situe la ressourcerie/zone de gratuité ?

Anthony – Nous avons 3 pôles : la “nouvelle” ressourcerie avec la boutique et les ateliers basée à Pessac, ainsi que deux locaux de la Maison du vélo (un sur le campus de Pessac et un à Pessac Centre). 
Vous pouvez également retrouver des “Boîte à dons” sur Pessac et Bordeaux Métropole.  

Matthieu – Aujourd’hui la ressourcerie de Nanterre n’existe plus. En revanche, il existe à Paris et à Nanterre, des boîtes à don, des mini-zones de gratuité permanentes en quelque sorte.
Par ailleurs, cette année on monte un nouveau projet de ressourcerie, à la différence près que ce sera dans un triporteur donc un camion avec les côtés ouvrants. Ce sera donc une zone de gratuité mobile. Aujourd’hui, on a un lieu de stockage et un garage pour le triporteur. Le triporteur devrait être prêt prochainement, après résolution de quelques problèmes techniques.

L’organisation du lieu

  • Que peut-on trouver dans une ressourcerie/zone de gratuité ? 

Anthony – Dans la ressourcerie, on peut trouver du mobilier, de l’électroménager, de la vaisselle, des vêtements, du linge de maison, de la déco et des vélos (tout ce dont on a besoin en étant étudiant.e). 
On ne prend que des choses qui peuvent encore être utilisables, ne nécessitant pas ou peu de réparations, car l’idée est de remettre en circuit et à faible coût les objets qui sont encore en bon état et qui auraient fini à la poubelle ou à la déchèterie.
Nous limitons donc notre collecte de gros mobilier, d’objets de puériculture et de bibelots, pour ne proposer que des objets utiles au public. 

Matthieu – Comme à Bordeaux, on trouvait un maximum de types d’objets différents. On faisait très très peu de mobilier. Les objets principaux qui étaient donnés ou récupérés, étaient des objets de cuisine, des objets culturels et des vêtements (à la différence d’Etu’Récup, nous récupérions des vêtements pour bébés).
Il y avait eu aussi une tentative de faire du don et de l’échange de graines et de plans qui n’a pas vraiment marché. 

  • D’où viennent ces objets ?

Anthony – Nous possédons un espace de dépôt où étudiants et riverains peuvent déposer des objets pendant les horaires d’ouvertures… La ressourcerie intervient aussi toutes les semaines en déchetterie (à Pessac), ce qui permet de récupérer des objets pouvant encore servir. 
Nous limitons néanmoins la récupération aux objets que nous pensons pouvoir remettre en circuit. Nous collectons également à domicile en cas de besoin sur un périmètre limité. La ressourcerie est ouverte toute l’année mais nous avons deux temps un peu plus forts dans l’année : au printemps, pour la collecte, lors des départs des étudiant.e.s, et à la rentrée, pour la boutique, lorsque les étudiant.e.s s’installent dans leurs logements. 

Matthieu – Pendant la période de construction de zone de gratuité et pendant les 2 mois d’ouverture, les gens pouvaient venir déposer des objets dans un caddie de don en inscrivant le poids et le type d’objet sur un petit carnet pour le suivi. On vidait le caddie tous les soirs. En regardant les stocks qu’on a aujourd’hui à l’association, je pense qu’il y avait un historique. On a beaucoup travaillé avec la boutique sans argent de Paris qui nous a donné des stocks. Aujourd’hui on a toujours une dizaine de mètres carrés d’objets à donner, qu’on essaye de donner à travers des zones de gratuité plus éphémères.

  • Qui vient dans la ressourcerie/zone de gratuité ? 

Anthony – La ressourcerie est ouverte à toutes et à tous, étudiant.e.s, riverains, personnel universitaire… Nous avons 70 à 75% de nos adhérent.e.s qui sont étudiant.e.s, de par notre situation géographique, mais la ressourcerie est ouverte à toutes et à tous. Elle est également en lien avec des structures comme le Secours Populaire ou le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), pour pouvoir venir équiper les personnes en grande précarité.  

Matthieu – On était au sein d’un campus donc les étudiant.e.s étaient notre public par défaut. On invitait les professionnels de l’université et les habitant.e.s proches à venir. Pendant les chantiers, on a eu 15 personnes par mois. Au mois de mai, le mois d’ouverture on a eu 215 personnes, principalement des femmes. 

  • Quelles sont vos conditions d’accès ? 

Anthony – La seule condition est d’être adhérent.e à Etu’Récup. L’adhésion est à prix libre, 3€ minimum. Nous avons une politique tarifaire à bas prix, avec des zones de prix libre et des zones de gratuité, pour que chacun puisse s’équiper à faible coût. 

Matthieu – L’adhésion n’était pas nécessaire mais on l’incitait fortement. L’adhésion est à prix libre.

  • Qui gère la ressourcerie (étudiant.e.s, salarié.e.s, bénévoles…) ?

Anthony – La ressourcerie, c’est une équipe de 10 personnes, composée de 7 salarié.e.s et 3 services civiques volontaires mais aussi un conseil d’administration et un bureau collégial formé d’étudiants, de riverains et de personnel universitaire. Elle peut compter sur plus de 60 bénévoles pour assurer les ateliers, la boutique, les évènements et la collecte des objets. Nous organisons des temps de rencontres avec les différents acteurs pour que la ressourcerie soit un lieu de vie et d’échanges.

Matthieu – C’était une bénévole qui était responsable du projet, qui le portait quotidiennement avec l’appui d’autres bénévoles. Aujourd’hui, on a une salariée et 3 services civiques. Le futur projet de ressourcerie mobile sera porté par une service civique. 

  • Des étudiant.e.s peuvent-il.elle.s vous rejoindre ? Si oui, comment ? 
Appel à bénévoles d’Etu’Recup

Anthony – Avec grand plaisir, on a toujours besoin de bénévoles ! Prochainement, les personnes intéressées pourront directement s’inscrire sur le site internet d’Etu’Récup (en cours de reconstruction), et sont invitées à venir rencontrer l’équipe directement à la ressourcerie. 

Matthieu – On est sur plusieurs plateformes de bénévolat, helloasso, on prend les demandes de contact, on fait un petit échange et on voit ce que les étudiants veulent faire.

Comment monter sa ressourcerie

Zone de don mise en place par luniverCel
  • Pourquoi avoir voulu mettre en place une ressourcerie/zone de gratuité?

Anthony – Cette ressourcerie est basée sur un double constat : un constat de gaspillage général, problématique des campus et Cité U de Bordeaux au moment des départs; et les ressources financières limitées des étudiant.e.s internationaux qui n’ont pas toujours les moyens de s’équiper correctement à leur arrivée. Ce turn over permanent et la précarité financière des étudiants montre toute la pertinence de créer des ressourceries sur les campus.

Matthieu – Notre société jette beaucoup. C’est pourquoi, il est facile de trouver des objets que les gens sont prêts à donner pour qu’il soient réutilisés, mais c’est aussi essentiel de faire une sensibilisation à faire à ce niveau-là : il y a un telle quantité d’objets jetés qu’il y beaucoup de choses à faire et de choses à dire.

  • Qui étaient les personnes à l’origine du projet ? Avec quels acteurs avez-vous dû interagir (administration, associations de dons, particuliers, etc.) ?

Anthony – La ressourcerie a mis entre 3 et 4 ans pour se lancer. De nombreuses discussions, autour des problématiques précédemment citées, ont commencé à émerger entre les associations étudiantes et les services culturels de l’Université et du Crous. J’ai à mon tour rejoint le projet ainsi que d’autres personnes avec des expériences associatives riches et l’association s’est créée. 
Nous nous sommes petit à petit rapproché.e.s des collectivités (Métropole, Région, département…) le but étant de motiver et convaincre les institutions de l’intérêt du projet, afin de bénéficier d’un soutien financier et de locaux. La Métropole de Bordeaux s’est également intégrée aux discussions dans le cadre du Programme Local de Prévention des Déchets et nous a apporté très vite son soutien.

Matthieu – 3 associations étaient à l’origine du projet : une association étudiante, une association qui tenait une épicerie solidaire et luniverCel, avec sa bénévole très impliquée. Donc c’était un collectif avec en partenariat un service culturel de l’université pour la mise à disposition du local. La bénévole de luniverCel chapeautait le tout. Derrière elle, il y avait 6-7 personnes du bureau et des bénévoles.
Il y a donc eu plusieurs acteurs associatifs en fonction de qui voulait co-porter le projet. C’était un lieu de vie assez multi-activités. Chaque association qui avait une activité pouvant s’y insérer, venait travailler avec nous. On a également dû voir avec l’université et le CROUS pour obtenir des accords de mise en place de projet, comme, par exemple, une boîte à don au sein d’un foyer du CROUS.

  • Quels obstacles et difficultés avez-vous rencontrés ?

Anthony – D’abord, il a fallu convaincre certains partenaires que ça ne va pas être un “dépotoir”, que ce sera bien géré et démontrer que l’on avait besoin d’un minimum de ressources pour bien fonctionner (budget et locaux). Il a fallu également identifier et contacter les différents acteurs comme le Crous et les administrations.

Matthieu – La première difficulté a été d’assurer les financements et une bonne comptabilité. En échangeant avec la mairie, l’université et d’autres associations, on nous a expliqué où il fallait chercher efficacement. La deuxième a été de faire preuve de rigueur administrative. Assurer le suivi d’impact et les bilans d’activité qui nous ont été demandés par les partenaires, ce qui n’est pas une partie de plaisir !

  • Un conseil pour les associations étudiantes qui veulent monter une ressourcerie/zone de gratuité ?

Anthony – Comme tout projet, il faut bien s’entourer et former une bonne équipe motivée. Il peut y avoir des moments de tensions, des moments de doutes, c’est pas évident de monter un projet avec un groupe de personnes qui ne se connaissent pas bien ou qui ne sont pas sur la même longueur d’onde. C’est souvent à cause de ça que les projets tombent à l’eau. 
Concernant la création d’une ressourcerie, il faut bien définir la zone d’intervention et d’impact. En plus, n’hésitez pas à aller voir ou à contacter des ressourceries qui existent déjà. On peut être là pour apporter un conseil ou un coup de main, avec grand plaisir ! Mais en tout cas, il ne faut pas attendre d’avoir un local pour commencer, il faut se faire connaître et multiplier les interventions, animations, etc.

Matthieu – Premièrement, ne pas hésiter à contacter de nombreux partenaires intéressés pour accompagner des projets (les services de la mairie, du CROUS, le REFEDD…). La communication avec les partenaires est vraiment essentielle car elle peut être source de solution. Deuxièmement, avoir quelqu’un qui a de l’expérience en gestion administrative d’une association et qui, de préférence, dès le début sera prêt à assurer ce travail. 

Pour aller plus loin

Pour tout savoir sur comment mettre en place un lieu alternatif, vous pouvez lire le guide Porter un projet de lieu alternatif sur un campus qui vous donne (entre autre) une méthodologie complète pour monter votre ressourcerie.

Retrouvez Etu’Recup sur facebook et instagram !

Retrouvez luniverCel sur facebook et sur son site internet !

Article rédigé par Emma et Seyna, en service civique au REFEDD. Merci à Anthony et Matthieu pour leur participation.

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Loi anti-gaspillage : une transition vers l’économie circulaire insuffisante

jeudi 26 novembre 2020 par REFEDD

Promulguée le 10 février, la loi relative à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire (AGEC) est restée dans l’ombre de la crise sanitaire. Censée être le moteur de l’« accélération écologique du quinquennat », elle présente en effet des objectifs médiatiquement forts. Mais sa mise en pratique via des décrets d’application comporte des risques : ambition revue à la baisse, planification sur des années… la réforme profonde de nos modes de production et de consommation n’est pas à l’ordre du jour.

Économie linéaire vs économie circulaire

Créée en 1970, la notion d’économie circulaire ou « boucles fermées » est devenue très populaire ces dernières années en raison d’une prise de conscience des limites de notre modèle économique linéaire (extraire > produire > consommer > jeter). La surconsommation, conjuguée à la surpopulation de notre société, a des conséquences catastrophiques pour notre environnement : raréfaction des ressources naturelles, pollutions et émissions de gaz à effet de serre, ou encore multiplication des déchets. Incontestablement, le modèle est devenu obsolète et les chiffres sont là pour en témoigner : en 2019, dès le 29 juillet, nous avons dépassé la capacité annuelle de la planète à regénérer ses ressources et absorber ses déchets₁. Il faudrait ainsi 1,75 planète pour satisfaire les besoins de l’humanité et 2,7 planètes, si tout le monde vivait comme les Français₂. 

Pour combattre ce désastre écologique, il est nécessaire de changer notre système et de passer à une économie dite circulaire. Le concept s’inspire des écosystèmes naturels, et consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation, le gaspillage des ressources et la production des déchets. En d’autres termes, il s’agit de passer d’une société du tout jetable à un modèle économique en boucle, plus viable. Pour cela, différents leviers peuvent être actionnés : éco-conception, allongement de la durée de vie des produits, consommation responsable, recyclage, etc.

La prise de conscience collective de l’urgence climatique a permis à cette idée de se répandre jusqu’à la sphère politique. L’Union Européenne souhaite même faire de l’économie circulaire un pilier pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et réclame la même ambition aux États-membres. En écho, la France a établi une feuille de route sur l’économie circulaire (2018), puis a adopté, dans la continuité, la loi anti-gaspillage (2020). 

Décryptage de la loi : mesures phares et manquements

La Responsabilité des producteurs

Une des réformes les plus importante de la loi concerne la Responsabilité élargie des producteurs (REP), selon le principe du pollueur-payeur₃. La loi étend le périmètre de cette responsabilité à de nouvelles filières REP telles que le BTP dont les matériaux finissent bien souvent dans des dépôts sauvages. Cette mesure s’accompagne de l’installation de nouvelles déchetteries et la reprise gratuite des déchets en déchetteries, lorsqu’ils sont triés. 

Pour encourager les produits plus respectueux de l’environnement, la loi se sert du système d’éco-modulation comme d’un outil d’incitation. Concrètement, les producteurs versent une contribution financière à des éco-organismes pour gérer la fin de vie de leurs produits. Cette contribution bénéficiera d’un bonus si le produit respecte les critères environnementaux. A contrario, elle se verra augmentée d’un malus. Les pénalités de ce malus pourront aller jusqu’à 20% du prix de vente du produit. La loi a aussi rallongé la liste des critères en y intégrant la prévention via le réemploi, l’éco-conception, etc. Des précisions sont attendues pour que ces projets deviennent applicables et concrets, ce qui promet d’âpres négociations, en particulier sur la modification du cahier des charges REP. 

Sortir du plastique jetable d’ici 2040

La chasse au tout jetable est ouverte avec des objectifs ambitieux : mettre fin au plastique à usage unique d’ici 2040 et « tendre vers » 100% de plastiques recyclés d’ici 2025. Mais sans mesures coercitives, comme la création de quotas contraignants aux entreprises sur les emballages réutilisables, ou de mesures fiscales pour décourager rapidement l’achat de produits jetables et d’emballages, les objectifs nationaux de réduction de plastique risquent fort de ne jamais être atteints. 

Malgré tout, certaines décisions ont un impact direct : l’interdiction progressive de produits en plastiques nocifs pour l’environnement et la santé, l’obligation d’utiliser des emballages et de la vaisselle réutilisables pour les repas pris dans les établissements de restauration, ou encore l’interdiction des films plastiques pour les fruits et légumes. 

La loi encourage également les alternatives telles que la vente en vrac qui bénéficie enfin d’une reconnaissance juridique et d’un soutien. Le consommateur a le droit d’apporter son propre contenant réutilisable dans les commerces. En ce qui concerne la consigne, la décision de mettre en place un dispositif de consigne pour recyclage et réemploi a été repoussée à 2023. 

L’information du consommateur

Pour faciliter la transparence, la loi a créé une obligation d’information des consommateurs sur les caractéristiques environnementales des produits. L’ampleur de cette mesure sera déterminée par un décret précisant les produits concernés et la liste des informations. Le texte inclus aussi l’interdiction ou l’encadrement des termes « biodégradable », « respectueux de l’environnement « ou tout autre mention équivalente pour lutter contre le greenwashing.

Le tri est aussi un enjeu majeur de cette loi. Pour le rendre plus efficace, le Triman (petit logo précisant les règles de tri) est généralisé à tous les produits à l’exception des bouteilles de verre. L’harmonisation des consignes de tri sur tout le territoire sera aussi avancée à 2022. 

Mais miser uniquement sur la responsabilité des consommateurs vis-à-vis de leurs gestes d’achats est un pari risqué : risque de se perdre parmi la multiplication des informations et risque de dédouaner le producteur de ses responsabilités. 

Prolonger la durée de vie des produits et soutenir le réemploi solidaire

Dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire, la loi durcit les sanctions et les objectifs ont été renforcés. Quant aux invendus non alimentaires neufs, leur destruction est maintenant interdite par principe, les entreprises devront donner ou recycler leurs produits. 

La loi s’attaque aussi à l’obsolescence programmée. Le déploiement d’un indice de réparabilité à partir de 2021, et de durabilité à partir de 2024 permettra à l’acheteur de savoir si le produit est plus ou moins facile à réparer. De plus, le consommateur bénéficiera d’une information sur la disponibilité des pièces détachées.

Enfin, la création d’un fonds de soutien, financé par les filières REP, sur le réemploi solidaire pour les recycleries, ressourceries et autres structures de l’économie solidaire fait également parti des mesures phares de la loi AGEC. 

Un projet de loi non abouti

Dans la mouvance européenne, la loi anti-gaspillage apporte des progrès significatifs dans ce qu’on appelle l’ « écologie du quotidien ». Les associations environnementales ont d’ailleurs joué un rôle clé pour rehausser l’ambition initiale du texte. Mais cela est-t-il suffisant ? 

Bon nombre de mesures doivent être complétées par décrets, ceux-ci détermineront aussi bien le degré d’ambition que le rythme de mise en œuvre. Cela laisse présager des reculs dans la mise en application et des dispositions revues à la baisse. Pour illustration, les travaux de ces décrets ont déjà pris du retard en conséquence de la crise sanitaire. 

Mais surtout le projet de loi est menacé par des acteurs comme le MEDEF ou les lobbys industriels, ceux du plastique en particulier. Ces derniers demandent à reporter certaines décisions, et font valoir des arguments de poids en temps de pandémie : l’hygiène et la sécurité. De même, le MEDEF souhaite ajourner d’un an des mesures concernant le volet REP, ce qui pourrait fragiliser les acteurs de l’économie solidaire déjà mis à mal par la crise. 

Au-delà de ces aspects, des critiques s’élèvent sur le contenu de la loi. Selon les Amis de la Terre, l’AGEC ne s’attaque pas « à la racine du problème », l’association regrette que la loi reste silencieuse sur le phénomène de surproduction dans de nombreux secteurs très émetteurs en carbone (textile, etc.). D’une manière générale, l’opinion des associations environnementales fait consensus : la loi passe à côté d’une réforme profonde de nos modes de productions et de consommations, seule solution à la réduction de moitié de nos gaz à effet de serre d’ici 2030 (préconisé par le GIEC). 

₁ Global Footprint Network

₂ Rapport OCDE Global Material Resources Outlook to 2060

Les producteurs sont responsables de la fin de vie de leurs produits

Article rédigé par Bérénice Rolland, Bénévole du REFEDD

Sources

Pour aller plus loin

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Sport et environnement : l’ANESTAPS et le REFEDD veulent sensibiliser et agir concrètement pour la transition écologique

mercredi 25 novembre 2020 par REFEDD

Toutes deux associations étudiantes nationales, L’ANESTAPS et le REFEDD partagent le constat de la dégradation de l’environnement par les activités humaines. Avec leur prisme respectif, sport et environnement, ils veulent sensibiliser les jeunes et leur donner les moyens d’agir.

Les effets du dérèglement climatique de plus en plus visibles

L’impact des activités humaines, décuplé depuis la révolution industrielle, affecte désormais la vie sur Terre de manière importante et irréversible. Visibles depuis quelques décennies, ces changements le seront encore pendant des siècles. Pour la première fois dans l’histoire de la Terre, (une partie) de ses habitant·e·s sont les principales causes de changement : c’est l’anthropocène.

D’après l’OMS, neuf personnes sur dix respirent un air pollué dans le monde (photo : Pixnio)

La pollution de l’air est caractéristique de ces impacts avec lesquels il nous faut désormais vivre. Enjeu majeur de santé publique, elle provoque dans le monde 7 millions de morts prématurées. En comparaison, à un mois de la fin de l’année 2020, la pandémie de Covid-19 a fait plus d’un million de victimes. Or, les gaz polluants continuent à être émis en quantité, et les changements climatiques influent sur la qualité de l’air.

Autre phénomène observé, les vagues de chaleur, plus fréquentes depuis 30 ans. Au rythme actuel des émissions, le GIEC prévoit que des régions entières deviendront inhabitables d’ici à 2050. En France, la canicule de 2003 serait considérée comme un été frais.

Causée par la hausse de la température de la mer (plus l’eau est chaude, plus elle se dilate) et la fonte des calottes polaires, l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée significativement.  Aux Fidji, des villages entiers sont abandonnés, submergés par les eaux. La France serait également touchée, comme le montre cette carte interactive

Les stations de ski sont de plus en plus confrontées au manque de neige (photo : Almavanta, Pixabay)

La diminution de l’enneigement est un problème bien connu dans les Alpes françaises, où le développement de la neige de culture a démarré dans les années 1990. Même dans un scénario à +2°C, seulement trois stations resteraient ouvertes dans les Pyrénées. Une expédition scientifique a récemment constaté le recul des glaciers et la pollution aux microplastiques jusque sur l’Everest.

Ces changements touchent aussi la pratique d’activité physique et sportive

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’inactivité physique est le premier facteur de mortalité évitable au monde. Il est donc conseillé de pratiquer 30 minutes d’activité physique et sportive par jour. On remarque qu’à court terme, avec le constat établi précédemment, cette pratique pourrait être remise en question.

La pratique d’activité physique et sportive de façon régulière est importante pour rester en bonne santé, mais serait-ce encore le cas si la planète se détériore année après année ? En effet, prenons l’exemple de l’importance de la qualité de l’air. Lorsque nous sommes en pleine pratique d’activité physique, le débit ventilatoire (quantité d’air inspiré) est multiplié par dix !  L’augmentation des pics de pollution et des rejets de particules fines par l’activité industrielle constituent un danger pour la population. Selon une étude du ministère de la Transition écologique, la baisse de la qualité de l’air que nous respirons augmenterait les risques de développer des maladies cardio-vasculaires au sein de la population.  

Il existe néanmoins d’autres enjeux pour le sport qui sont tout autant liés aux conditions environnementales. Différentes pratiques se trouvent d’ores et déjà impactées par le réchauffement climatique, comme les pratiques de haute montagne telles que l’alpinisme ou le ski. Et d’autres pratiques telles que les sports sur herbe seront bientôt impactées par le réchauffement climatique, et plus précisément par la hausse des vagues de chaleur. En effet, les pelouses des différents stades municipaux ne sont pas en capacité de supporter des températures au-delà de 30°C plus de trois jours. Certains clubs amateurs et municipalités n’auront pas les ressources économiques pour renouveler ces pelouses. 

Le monde du sport se saisit des problématiques environnementales

Depuis plusieurs années, les différents acteurs du monde du sport ont décidé de se saisir de la problématique environnementale. La charte des 15 engagements écoresponsables publiée par le ministère des Sports en collaboration avec WWF France en est le parfait exemple. Les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 sont également une opportunité pour le sport de prouver que la pratique d’activité physique sportive peut être bénéfique pour le corps et pour la planète. 

Le sport comme vecteur de sensibilisation à l’environnement

L’Association Nationale des Etudiants en STAPS (ANESTAPS) et le Réseau Français Étudiant pour le Développement Durable (REFEDD), deux associations étudiantes nationales qui se rejoignent sur leur perception des enjeux de transition environnementale et sociale, souhaitent donner aux jeunes les moyens de s’informer et de s’impliquer. 

L’ANESTAPS lutte depuis plus de 20 ans contre les problématiques sociales et sociétales qui incombent à notre société. C’est en donnant la parole aux jeunes, que l’ANESTAPS œuvre dans ce sens. Dans cet objectif, l’ANESTAPS organisera un educathon sur la thématique du sport et de l’environnement. Les participant·e·s prendront part à des groupes de travail afin d’apporter des propositions concrètes pour utiliser le sport comme outil de lutte contre les différentes problématiques environnementales. 

Educathon organisé avec l’Agence Nationale du Sport et Sport et Citoyenneté, Vaires-Torcy. (photo : ANESTAPS)

C’est également dans cette dynamique que l’ANESTAPS mettra en place sa première Semaine Nationale de Sport et de l’Environnement, du 18 au 24 janvier 2021. A travers ce projet, L’ANESTAPS s’appuiera sur son réseau composé de plus de 45 associations afin de sensibiliser des élèves de primaire, collège et lycée à la thématique environnementale.  

World Clean Up Day 2020, Paris (Photo : ANESTAPS)

De même, le REFEDD a pour but de permettre à chacun·e d’agir concrètement, en diffusant des connaissances et des conseils pratiques pour agir, en rassemblant les étudiant·e·s et en portant leur voix. La première édition de la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets (SERD), qui se déroule cette semaine (21-29 novembre) propose des web conférences, ateliers Do it yourself, et tuto… et invite notamment à réfléchir autour du lien entre sport et environnement.

Article co-rédigé par Andréas Cardot, Vice Président en charge de l’Innovation Sociale chez ANESTAPS, et Gabriel Goll (REFEDD). 

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Convictions écologiques et menstruations : quelles solutions pour les personnes menstruées ayant peu de moyens ?

mardi 24 novembre 2020 par REFEDD

Cet article a pour objectif d’éclairer les personnes menstruées sur les solutions écologiques existantes concernant les protections hygiéniques. Entre critères écologiques et critère financier, pas facile de faire un choix. Pas de panique, si vous êtes sur le point de sauter le pas, le REFEDD fait le tour de la question pour vous proposer la solution la plus adaptée pour vous et votre porte-monnaie. C’est parti !


Précarité menstruelle, précarité étudiante et convictions écologiques

Commençons tout d’abord par quelques chiffres qui nous permettent de mieux comprendre les réalités de la précarité menstruelle et étudiante en France. 

La précarité menstruelle est la difficulté ou le manque d’accès aux protections hygiéniques par pauvreté. C’est une réalité qui touche de nombreuses personnes menstruées. Dans le monde, jusqu’à 500 millions de personnes vivent dans une situation de précarité menstruelle. En France, l’ensemble des femmes concernées correspond à 15,5 millions de personnes, soit un quart de la population française en 2018. Le coût des dépenses pour les règles (sans les médicaments, les sous-vêtements, vêtements et draps tâchés, les rendez-vous chez le.la gynécologue, etc.) varie entre 1700 € et 5400 € tout au long d’une vie. Une étude britannique estime cependant que le coût des règles s’élèverait à 21 500 € avec tous les frais compris (protections hygiéniques et frais annexes). C’est un fait, avoir ses règles coûte cher et certaines impasses se font au détriment de la santé et accentuent des phénomènes d’exclusion.

Les difficultés financières n’épargnent pas les étudiant.e.s, bien au contraire. Sur l’année universitaire 2018-2019, 39,3% des étudiant.e.s ont perçu une aide financière et d’après la Confédération française démocratique du travail (CFDT), près de 20% des étudiant.e.s vivent en dessous du seuil de pauvreté (personnes vivant avec moins de 60 % du revenu médian, soit 987 € par mois). Le coût de la vie étudiante augmente de manière constante depuis près de dix ans (loyers, coût de la rentrée, alimentation, etc.) ce qui oblige très souvent les étudiant.e.s à travailler en parallèle de leurs études.

Considérant ces barrières financières, les étudiantes n’ont tout simplement pas le luxe de pouvoir s’offrir des protections hygiéniques écologiques, souvent plus coûteuses à l’achat que les protections classiques. Malgré tout, les offres se développent et n’ont pas le même coût ni le même impact sur l’environnement. 


La pollution des protections hygiéniques jetables

La plupart des personnes menstruées auront leurs règles pendant environ 40 ans et saigneront environ 5 jours par mois, soit environ 2400 jours au cours de leur vie, soit environ six ans et demi. On estime que la consommation moyenne de tampons et serviettes hygiéniques d’une personne menstruée représente entre 100 et 150 kg de déchets de son adolescence à sa ménopause

Les protections hygiéniques les plus courantes contiennent beaucoup de plastiques. Les tampons sont emballés dans du plastique, encapsulés dans des applicateurs en plastique, avec des ficelles en plastique, et la plupart d’entre eux incluent même une fine pellicule de plastique dans la partie absorbante. Les serviettes contiennent généralement encore plus de plastique, de la base étanche aux produits synthétiques qui absorbent le fluide jusque dans l’emballage (polypropylène ou polyéthylène mince).

Dans la nature, un tampon ou une serviette hygiénique met entre 400 et 450 ans à se dégrader

Outre les dangers pour l’environnement, certaines protections pourraient aussi être dangereuses pour la santé car elles contiennent des résidus toxiques, notamment des dioxines, classées comme cancérigènes.


Quelles solutions et à quel prix ?

La solution la moins coûteuse, et la plus écologique évidemment, est de ne pas utiliser de protections hygiéniques, soit parce que vous avez décidé de saigner librement et de briser le tabou des règles en assumant les tâches (parce qu’après tout les menstruations c’est naturel!), soit parce que vous avez adopté la méthode du flux instinctif libre (FFI pour les connaisseuses). 
Si vous n’êtes pas encore prêtes pour ces deux méthodes, vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif des protections hygiéniques en fonction de leur prix et de leurs points positifs et négatifs.

On vous laisse donc comparer ces différentes solutions en fonction de votre flux, de votre budget et de vos préférences :

SolutionsPoints positifsPoints négatifsPrix moyen
Coupe menstruelle ou cup– Faible empreinte carbone (pour le made in France)
– Peut durer jusqu’à 10 ans
– Économique car l’achat est rentabilisé en moins d’une année
– Pratique pour les activités sportives (notamment aquatiques)
– Respecte la flore vaginale
– Pas de mauvaises odeurs
– Zéro déchet autre que l’emballage
– 2 formats pour les types de flux
– Peut se garder jusqu’à 12 heures
– Peut ne pas être compatible avec un stérilet
– Le sang contenu dans la cup peut rebuter
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Entretien nécessaire : lavage et stérilisation 
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos 
30 €
Serviette hygiénique lavable (SHL)– Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie de 5 ans en moyenne (jusqu’à 200 lavages)
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Différents formats pour les types de flux
– Investissement important si l’on veut en acheter une par jour de règle 
– Prélavage souvent nécessaire 
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une serviette par jour ne suffit pas
– Pas pratique en voyage pour les laver et sécher discrètement
15 €
(90 € pour 6)
Culotte absorbante lavable– Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie jusqu’à 7 ans
– Esthétisme : jolies modèles pour se sentir bien 
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Respecte la flore vaginale
– Liberté : sensation de ne rien porter
– Différents formats pour les types de flux (tailles, culottes de nuit, de jour)
– Investissement très important si l’on veut en acheter une par jour de règle
– Prélavage nécessaire
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une culotte par jour ne suffit pas (4h à 6h max)
– Pas pratique en voyage pour les laver et sécher discrètement
– Coutures épaisses potentiellement visible à travers les vêtements 
35 €
(210 € pour 6) 
Eponge menstruelle– 100 % naturelle, biodégradable et compostable
– Faible empreinte carbone pour les éponges pêchées en France
– Durée de vie jusqu’à 10/12 mois
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Peut être utilisée lors de rapports sexuels
– Liberté : zéro gênance 
– Il faut vérifier que les  éponges sont prélevées en France dans le respect des fonds marins
– Se porte entre 3h et 5h, ce qui demande un changement plusieurs fois par jours
– Peut être difficile à trouver dans le commerce
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Nettoyage peut être compliqué et l’éponge risque de se déchirer
5 €
(30 € pour 6)


Autres solutions

Si vous avez de la chance, une organisation étudiante de votre campus, la maison des initiatives étudiantes de votre ville ou carrément votre établissement peut déjà distribuer des protections hygiéniques lavables pour lutter contre la précarité menstruelle. Néanmoins, si ce n’est pas encore le cas et que la cause vous tient à cœur, c’est peut-être le moment de souffler l’idée à votre administration. Si c’est un projet que vous souhaitez monter avec votre association ou d’autres étudiant.e.s, le REFEDD peut vous accompagner, notamment pendant la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets #SERDEtudiante en novembre de chaque année pendant la Semaine Européenne de Réduction des Déchets. Pour plus d’infos, cliquez ici

Enfin, pour les plus déterminées, il est aussi possible de faire soi-même ses culottes absorbantes ou ses serviettes hygiéniques lavables. Voici par exemple un tutoriel pour coudre sa serviette lavable, un autre disponible aussi en vidéo. 

Au REFEDD, on ne peut que vous encourager à tendre vers des menstruations zéro déchet, alors n’hésitez pas à laisser des commentaires pour nos lectrices sur vos astuces pour des règles écologiques et peu coûteuses !

Sources :

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Convictions écologiques et menstruations : quelles solutions pour les personnes menstruées avec peu de moyens ?

mardi 24 novembre 2020 par REFEDD

Cet article a pour objectif d’éclairer les personnes menstruées sur les solutions écologiques existantes concernant les protections hygiéniques. Entre critères écologiques et critère financier, pas facile de faire un choix. Pas de panique, si vous êtes sur le point de sauter le pas, le REFEDD fait le tour de la question pour vous proposer la solution la plus adaptée pour vous et votre porte monnaie. C’est parti ! 

Précarité menstruelle, précarité étudiante et convictions écologiques

Commençons tout d’abord par quelques chiffres qui nous permettent de mieux comprendre les réalités de la précarité menstruelle et étudiante en France. 

La précarité menstruelle est la difficulté ou le manque d’accès aux protections hygiéniques par pauvreté. C’est une réalité qui touche de nombreuses personnes menstruées. Dans le monde, jusqu’à 500 millions de personnes vivent dans une situation de précarité menstruelle. En France, l’ensemble des femmes concernées correspond à 15,5 millions de personnes, soit un quart de la population française en 2018. Le coût des dépenses pour les règles (sans les médicaments, les sous-vêtements, vêtements et draps tâchés, les rendez-vous chez le.la gynécologue, etc.) varie entre 1700 € et 5400 € tout au long d’une vie. Une étude britannique estime cependant que le coût des règles s’élèverait à 21 500 € avec tous les frais compris (protections hygiéniques et frais annexes). C’est un fait, avoir ses règles coûte cher et certaines impasses se font au détriment de la santé et accentuent des phénomènes d’exclusion.

Les difficultés financières n’épargnent pas les étudiant.e.s, bien au contraire. Sur l’année universitaire 2018-2019, 39,3% des étudiant.e.s ont perçu une aide financière et d’après la Confédération française démocratique du travail (CFDT), près de 20% des étudiant.e.s vivent en dessous du seuil de pauvreté (personnes vivant avec moins de 60 % du revenu médian, soit 987 € par mois). Le coût de la vie étudiante augmente de manière constante depuis près de dix ans (loyers, coût de la rentrée, alimentation, etc.) ce qui oblige très souvent les étudiant.e.s à travailler en parallèle de leurs études.

Considérant ces barrières financières, les étudiantes n’ont tout simplement pas le luxe de pouvoir s’offrir des protections hygiéniques écologiques, souvent plus coûteuses à l’achat que les protections classiques. Malgré tout, les offres se développent et n’ont pas le même coût ni le même impact sur l’environnement.

Précarité menstruelle, précarité étudiante et convictions écologiques

La plupart des personnes menstruées auront leurs règles pendant environ 40 ans et saigneront environ 5 jours par mois, soit environ 2400 jours au cours de leur vie, soit environ six ans et demi. On estime que la consommation moyenne de tampons et serviettes hygiéniques d’une personne menstruée représente entre 100 et 150 kg de déchets de son adolescence à sa ménopause. 

Les protections hygiéniques les plus courantes contiennent beaucoup de plastiques. Les tampons sont emballés dans du plastique, encapsulés dans des applicateurs en plastique, avec des ficelles en plastique, et la plupart d’entre eux incluent même une fine pellicule de plastique dans la partie absorbante. Les serviettes contiennent généralement encore plus de plastique, de la base étanche aux produits synthétiques qui absorbent le fluide jusque dans l’emballage (polypropylène ou polyéthylène mince).

Dans la nature, un tampon ou une serviette hygiénique met entre 400 et 450 ans à se dégrader ! 

Outre les dangers pour l’environnement, certaines protections pourraient aussi être dangereuses pour la santé car elles contiennent des résidus toxiques notamment des dioxines, classées comme cancérigènes.

Quelles solutions et à quel prix ?

La solution la moins coûteuse, et la plus écologique évidemment, est de ne pas utiliser de protections hygiéniques, soit parce que vous avez décidé de saigner librement et de briser le tabou des règles en assumant les tâches (parce qu’après tout les menstruations c’est naturel!) soit parce que vous avez adopté la méthode du flux instinctif libre (FFI pour les connaisseuses). 

Si vous n’êtes pas encore prêtes pour ces deux méthodes, vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif des protections hygiéniques en fonction de leur prix et de leurs points positifs et négatifs.

On vous laisse donc comparer ces différentes solutions en fonction de votre flux, de votre budget et de vos préférences : 

Solutions Points positifs Points négatifs Prix moyen
Coupe menstruelle ou cup – Faible empreinte carbone (pour le made in France)
– Peut durer jusqu’à 10 ans
– Économique car l’achat est rentabilisé en moins d’une année
– Pratique pour les activités sportives (notamment aquatiques)
– Respecte la flore vaginale
– Pas de mauvaises odeurs- Zéro déchet autre que l’emballage
– 2 formats pour les types de flux
– Peut se garder jusqu’à 12 heures
– Peut ne pas être compatible avec un stérilet
– Le sang contenu dans la cup peut rebuter
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Entretien nécessaire : lavage et stérilisation 
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos 
30 €
Serviette hygiénique lavable (SHL) – Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie de 5 ans en moyenne (jusqu’à 200 lavages)
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Différents formats pour les types de flux
– Investissement important si l’on veut en acheter une par jour de règle 
– Prélavage souvent nécessaire 
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une serviette par jour ne suffit pas
– Pas pratique en voyage pour les laver sécher discrètement
15 €
(90 € pour 6)
Culotte absorbante lavable – Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie jusqu’à 7 ans
– Esthétisme : jolies modèles pour se sentir bien 
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Respecte la flore vaginale
– Liberté : sensation de ne rien porter
– Différents formats pour les types de flux (tailles, culottes de nuit, de jour)
– Investissement très important si l’on veut en acheter une par jour de règle
– Prélavage nécessaire
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une culotte par jour ne suffit pas (4h à 6h max)
– Pas pratique en voyage pour les laver et sécher discrètement
– Coutures épaisses potentiellement visible à travers les vêtements 
35 €
(210 € pour 6) 
Eponge menstruelle – 100 % naturelle, biodégradable et compostable
– Faible empreinte carbone pour les éponges pêchées en France
– Durée de vie jusqu’à 10/12 mois
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Peut être utilisée lors de rapports sexuels
– Liberté : zéro gérance 
– Il faut vérifier que les  éponges sont prélevées en France dans le respect des fonds marins
– Se porte entre 3h et 5h, ce qui demande un changement plusieurs fois par jours
– Peut être difficile à trouver dans le commerce
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Nettoyage peut être compliqué et l’éponge risque de se déchirer
5 €
(30 € pour 6)

Autres solutions

Une organisation étudiante de votre campus, la maison des initiatives étudiantes de votre ville ou carrément votre établissement peut déjà distribuer des protections hygiéniques lavables pour lutter contre la précarité menstruelle. Renseignez-vous mais si ce n’est pas encore le cas et que la cause vous tient à cœur, c’est peut-être le moment de souffler l’idée à votre administration. Si c’est un projet que vous souhaitez monter avec votre association ou d’autres étudiant.e.s, le REFEDD peut vous accompagner, notamment pendant la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets #SERDEtudiante en novembre de chaque année pendant la Semaine Européenne de Réduction des Déchets. Pour plus d’infos, cliquez ici

Enfin, pour les plus déterminées, il est aussi possible de faire soi-même ses culottes absorbantes ou ses serviettes hygiéniques lavables. Voici par exemple un tutoriel pour coudre sa serviette lavable, un autre disponible aussi en vidéo. 

Au REFEDD, on ne peut que vous encourager à tendre vers des menstruations zéro déchet, alors n’hésitez pas à laisser des commentaires pour nos lectrices sur vos astuces pour des règles écologiques et peu coûteuses !

Sources :

https://www.donsolidaires.fr/wp-content/uploads/2019/03/Infographie-Dons-Solidaires-Pr%C3%A9carit%C3%A9-hygi%C3%A9nique-en-France-d%C3%A9f.png

https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/11/04/avoir-ses-regles-des-convictions-ecologiques-et-peu-de-moyens-le-dilemme-des-etudiantes_6058396_4401467.html

https://lundicarotte.fr/tampon

https://lundicarotte.fr/regles

https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2019/09/comment-les-protections-hygieniques-sont-devenues-si-polluantes

https://fr.wikipedia.org/wiki/Flux_instinctif_libre

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9carit%C3%A9_menstruelle

https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T687/l_aide_sociale_aux_etudiants/

https://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_2014-049R_TOME_I.pdf

https://www.mondialtissus.fr/tutoriel-serviette-hygienique-lavable-de-kustom-couture

https://mes-menstruelles.com/

https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/precarite-menstruelle-franc-succes-de-la-distribution-de-serviettes-a-la-fac-de-nanterre-19-09-2019-8155770.php

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Débuter son potager en novembre : les gestes clés

lundi 23 novembre 2020 par REFEDD
Crédit photo : Shutterstock

Confinement oblige, vous êtes sûrement à la recherche de nouveaux passe-temps pour mettre à profit votre temps libre. En mars de nombreuses personnes s’étaient déjà prises au jeu du jardinage, si vous aviez raté le coche à l’époque sachez qu’il n’est pas trop tard ! Dans cet article nous vous donnons les conseils essentiels pour débuter un potager en automne.

Préparer le terrain

Crédit photo : Noémie Melen

Que vous disposiez d’un grand jardin, d’un petit balcon ou d’un simple rebord de fenêtre, pas de panique, il est possible d’avoir un potager même avec un très petit espace. Il suffit juste d’avoir les bons ingrédients

1- Observer

Il est important de connaître l’environnement où vous allez réaliser vos plantations, quel que soit l’espace dont vous disposez.
Votre potager sera-t-il orienté au Sud, au Nord ? Recevra t’il beaucoup de soleil durant la journée ? Sera-t-il situé dans un endroit venteux ?
Pensez à installer des plants qui résisteront sans soucis à ces conditions. On ne plantera pas la même chose selon si l’on a un jardin ombragé en Bretagne ou un balcon ensoleillé à Marseille.

Pensez également à l’espace dont vous disposez, adaptez vos plantations à celui-ci.

2- Se procurer l’essentiel

Il est maintenant temps d’acquérir quelques outils indispensables à la bonne marche de votre potager.

Les indispensables

  • Pots

Astuces zéro déchet

  • On fait le tour de son entourage (voisins, famille, amis), ils ont sûrement des pots en rab’
  • On jette un œil dans la rue
  • On réutilise boîtes de conserve, verres, tasses, caisses en bois…
  • On pense à la seconde main

Choisissez des contenants adaptés à vos futures plantations. Pour les aromates, salades, radis et autres petits légumes 20 cm de diamètre et autant de profondeur suffiront, prévoyez au moins 50 cm pour des pois ou des choux.

  • Terreau

On préfèrera un terreau sans tourbe, enrichi en matières organiques, utilisable en agriculture bio, fabriqué en France et labellisé « Ecocert ».

  • Graines

En Europe, 90% des graines appartiennent à 5 grands groupes agro-alimentaires, la plupart d’entre elles étant hybrides et stériles. Promouvez la diversité en choisissant des semences biologiques, reproductibles, de production française et adaptées à votre région.

  • Plants

Si semer vous effraie, de nombreuses plantes sont disponibles à l’état de plant en jardinerie. Ici aussi faites le choix de variétés biologiques et/ou anciennes pour favoriser la biodiversité.

Zéro déchet

Pour les graines et les semis on pense à nos connaissances férues de jardinage, sans doute ont-ils des graines ou des plants à donner et aux sites d’échange de plantes.

Les extras

  • Outils

Si vous démarrez il y a peu d’outils qui soient vraiment indispensables, surtout si vous ne disposez que d’un espace réduit. Pour un jardin, une bêche sera sûrement utile ; au balcon pensez au transplantoir (mini pelle) qui peut cependant être facilement remplacé par une grande cuillère à soupe.

  • Mini serre

Si vous optez pour le semis vous devrez certainement installer une partie de vos plants à l’intérieur car les jeunes pousses craignent souvent les températures inférieures à 20 degrés. L’idéal est donc de les placer dans une serre bien exposée.

  • Sable et/ou perlite

Utile pour les plantes ne supportant pas le trop plein d’humidité. Ces matières à mélanger au terreau favorisent le drainage.

Attention ! Le sable utilisé au potager est du sable de rivière grossier. Il est disponible en jardinerie ou au rayon maçonnerie des magasins de bricolage, on ne se sert pas à la plage.

3- Préparer l’emplacement

Il est maintenant temps d’accommoder le futur nid de vos fruits et légumes.

Si vous cultivez en pleine terre pensez à la décompacter sur quelques centimètres pour faciliter l’implantation.

En pot, installez une couche drainante (billes d’argile ou pierre volcanique) puis votre terreau. Si vous comptez plantes des carottes ou des aromates méditerranéennes, un conseil, mélangez du sable à votre terre.

Astuce zéro déchet

Des bouts de pots cassés en terre cuite ou des pierres remplaceront à merveille les billes d’argile et autres éléments drainants que l’on trouve dans le commerce.

Passer à l’action

Crédit photo : Noémie Melen

Vous disposez maintenant de tous les ingrédients pour vous lancer. Voici les étapes à suivre :

1- Le semis

À noter : Si vous comptez semer vos plants, vous aurez besoin de petits pots.

Pas besoin d’achats inutiles. On récupère boîtes et coquilles d’œufs, pots de yaourts ou rouleaux de papier toilette vides.

Il est important de vérifier si vos graines doivent être semées en intérieur ou directement en pleine terre.

En intérieur on se munit de petits contenants et on ne plante pas plus de 2-3 graines par pot, à 1 cm de profondeur maximum. On arrose légèrement puis on installe tout ce petit monde dans une serre devant une fenêtre.

Il est important de maintenir la terre humide (mais pas détrempée). Un petit vaporisateur constitue l’allié parfait du semeur de graines. Plutôt que d’en acheter un, pensez à vos vieux flacons de parfum ou percez le bouchon d’une vieille bouteille en plastique.

En pleine terre, on plante en sillons ou à la volée. En tous les cas on s’assure de respecter les distances entre chaque graine (indiqué sur le sachet) et encore une fois on plante peu profond. On arrose et on maintient la terre humide jusqu’à la levée.

En novembre on sème : cerfeuil, oseille, carottes, fèves et pois ou salades.

2- Re(planter)

Que vous optiez directement pour des plants ou deviez replanter vos semis la technique est la même :

  • Arrosez abondamment le plant et son futur emplacement.
  • Creusez un trou suffisamment grand pour accueillir vos plantules.
  • Démoulez-les, si les racines sont emmêlées séparez-les délicatement pour favoriser l’enracinement.
  • Installez la plante et recouvrez de terre. Tassez.
  • Arrosez abondamment. Si la terre s’affaisse rajoutez-en.

Ici aussi assurez-vous que les plants soient suffisamment espacés pour qu’ils puissent croître correctement.

En novembre on plante fraisiers, ail, oignon ou rhubarbe.

3- Entretien

Quelques règles à suivre :

– En automne l’arrosage se fait plus distant, mais on ne laisse surtout pas nos plants se dessécher.

– Pour les semis directs on pense à éclaircir (enlever les plants les plus chétifs) pour leur laisser la place nécessaire.

– On protège nos plants du froid :

  • Paillage : n’importe quelle matière organique fera l’affaire (paille, copeaux de bois). On pense aux feuilles mortes de notre jardin ou des parcs alentours pour un paillage zéro déchet.
  • Voile de protection : on couvre les plants les plus fragiles d’une bâche transparente, d’un vieux voilage ou d’une bouteille coupée en 2.
  • On place nos pots contre le mur, à l’abri du vent.

4- Récolter

Une fois vos plants arrivés à maturité il ne vous restera plus qu’à les récolter et à les déguster.

Bonus

Je n’ai pas d’accès à l’extérieur, puis-je avoir un potager malgré tout ?

Certaines espèces peuvent pousser complètement en intérieur pourvu qu’on leur offre une température inférieure à 20 degrés et suffisamment de luminosité.

La mizuna, les laitues à couper ainsi que la plupart des aromates se prêtent à ce type de culture.

Article rédigé par Noémie Melen, rédactrice blog

Sources

Pour aller plus loin

Graines reproductibles

Terreau responsable

Troc de plantes

Comptes Instagram et blogs

Magazines

Livres

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Mock COP : une simulation de COP avec 350 jeunes pour accélérer l’ambition climatique

jeudi 19 novembre 2020 par REFEDD

Aujourd’hui s’ouvre la Mock COP, qui se tient jusqu’au 1er décembre. Cette simulation de COP en ligne rassemble 350 jeunes pour combler le vide laissé par le report de la COP26, stimuler l’action en faveur du climat et mettre les dirigeants mondiaux au défi de faire mieux. Parmi ces jeunes, 4 délégué·e·s représentant la France, à découvrir ici.

La COP26 prévue en novembre 2020 ayant été reportée d’un an,  200 jeunes rassemblé·e·s autour de l’association étudiante SOS UK organisent une conférence mondiale sur le climat. C’est la Mock COP26, une simulation de COP qui rassemble des jeunes délégué·e·s du monde entier pour notre avenir commun.

#Mock COP

350 jeunes délégué·e·s prennent la parole pour leur pays

Sélectionné·e·s suite à un appel à candidature mondial, 350 jeunes de 145 pays vont endosser le temps de la conférence le rôle de délégué·e. Ils feront une déclaration de haut niveau (high statement), exposant les points de vue des jeunes des pays qu’ils représentent.

Tout comme une “vraie” COP, la simulation durera 2 semaines. Le programme comprend une cérémonie d’ouverture, différentes interventions, des tables rondes, et des réunions (caucuses) par fuseau horaire. La conférence s’articule autour de 5 thèmes : justice climatique ; éducation ; santé et santé mentale ; emplois verts ;  objectifs de réduction des émissions (NDC). Sa clôture sera marquée par une déclaration globale puissante de l’ensemble des jeunes délégué·e·s, rehaussant les ambitions des 145 pays représentés. Après cela, les organisateur·rices veulent donner aux 350 jeunes délégué·e·s les moyens de faire pression sur leurs représentants publics afin qu’ils améliorent les objectifs climatiques nationaux et internationaux.

Qui représente la France à la Mock COP ?

Le REFEDD a le plaisir de vous présenter les quatre délégué·e·s représentant la France, âgé·e·s de 19 à 21 ans et venu·e·s de milieux d’études divers, du droit à la physique en passant par les relations internationales, tou·te·s guidé·e·s par une profonde volonté de faire bouger les choses. 

Les délégué·e·s représentant la France à la Mock COP

« Sans avoir la prétention d’être des spécialistes », Clara, Mathilde, Tom et Valentina souhaitent « apporter [leur] vision des enjeux environnementaux, travailler à accélérer la mise en œuvre et le respect de politiques environnementales plus ambitieuses et contribuer à construire des réponses collectives. »

Comment participer ? 

Si vous êtes intéressé·e·s, vous pouvez participer à la Mock COP26 ! Vous peuvez regarder certaines parties de l’événement en direct sur la chaîne YouTube de la Mock COP26, participer aux événements en marge, ou encore poser des questions et participer à la création d’un nuage de mots. 

La Mock COP, plus qu’une simulation 

L’ambition de la Mock COP est double. Les organisateurs·rices veulent d’abord montrer la détermination et la capacité de la jeunesse du monde à organiser un sommet sur le climat, dans un contexte où les décisions prises (crise sanitaire, plans de relance) sont déterminantes vis-à-vis des changements climatiques. Elles·ils veulent ensuite faire peser la voix des jeunes sur les décisions de leurs pays à la prochaine COP.

Faire d’une simulation une préparation concrète à la COP26, utiliser le report des négociations pour accélérer la prise de décisions conformes à l’urgence climatique et démontrer l’implication de la jeunesse, voilà le défi que se fixe la Mock COP.

Article rédigé par Lucas Marchaland, Amir Worms et Gabriel Goll.

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SERD : étudiant.es et acteur.trice.s de la réduction des déchets

mercredi 18 novembre 2020 par REFEDD

La quantité de déchets que nous produisons a doublé en 40 ans. En réponse, le REFEDD lance cette année la première édition de la Semaine Étudiante de la Réduction des Déchets (SERD), l’occasion pour le monde étudiant de s’engager et de rester positif pour l’avenir !

Vous vous souvenez de la scène d’ouverture de Wall-e ? Des éoliennes perchées sur des montagnes de détritus, des paysages désolés sans le moindre signe de vie, des nuages épais de poussière ocre, et au milieu un petit robot de métal qui compresse des déchets en cubes et les empile en tours plus hautes que les immeubles de New York. Personne ne veut que notre avenir ressemble à ça, et pourtant…

Faire ses courses revient à empiler des emballages dans nos placards. Sortir avec des ami.es est souvent synonyme de passer un moment dans un bar avec un verre jetable en plastique dans la main, puis manger un kebab emballé dans un film d’aluminium et servi dans un sac en plastique avec des serviettes à usage unique.

Notre société produit énormément de déchets. Les Hommes en ont toujours produit mais leur quantité et leur type ont fortement changé avec la seconde révolution industrielle du XIXème siècle. Les déchets sont devenus moins facilement biodégradables, entre autres à cause de l’utilisation de produits de synthèse.1 En effet, les plastiques, polystyrènes et autres matières synthétiques assimilées mettraient entre 100 et 1000 ans à se dégrader dans la nature alors qu’un trognon de pomme ne mettrait que 5 mois au maximum.2 Ces déchets, déposés dans la nature, sont sources de pollution des sols, des eaux et de l’air. Un mégot pourrait polluer jusqu’à 500 litres d’eau à lui tout seul. A cela s’ajoute l’utilisation des ressources naturelles, nécessaires à la production des emballages et objets jetables, qui ont des conséquences non négligeables sur l’environnement et l’épuisement des ressources. Notre population ne cesse de croître et de consommer davantage de produits, bien souvent éphémères. Résultats : la quantité de déchets a doublé en 40 ans.3

La production et la gestion des déchets en France

Infographie de l’Ademe sur les déchets 5

Avec l’accélération de la production de déchets, leur gestion s’est tout de même améliorée. En 1992, le recyclage a vu le jour.4 En 2019, 65 % de nos déchets étaient triés et 6 % étaient valorisés pour la production d’énergie.5 Mais cette valorisation ne suffit pas, une grande partie de nos déchets pourrait être valorisée alors qu’elle ne l’est pas. L’ADEME estime que 100 kilos/habitant/an de déchets potentiellement recyclables sont jetés dans les poubelles de déchets résiduels et que 150 kilos/habitant/an de déchets pourraient être évités grâce à des gestes de prévention comme le compostage domestique, la prévention du gaspillage alimentaire et une utilisation plus sobre des impressions papiers.6 Cela correspond à un peu moins de la moitié des 573 kilos de déchets que chaque personne jette tous les ans.3

Les étudiant.e.s force de proposition pour la réduction des déchets sur les campus

Toute occasion est bonne pour ré-utiliser ses déchets.

L’écart entre ce qui pourrait être recyclé et ce qui l’est réellement est notamment dû au fait que le tri des déchets hors habitation (espace public, établissements recevant du public,etc) est faible, voire absent. C’est le cas dans nos écoles et nos universités. Bien que des centaines d’étudiant.es, d’enseignant.es, d’employé.es circulent quotidiennement dans les locaux des établissements de l’enseignement supérieur, aucune réglementation n’impose la mise en place d’une politique de réduction et de gestion des déchets.

Les étudiant.es sont pourtant demandeur.ses d’une adaptation des établissements à cette problématique majeure. En effet, selon la Consultation nationale étudiante de 2019, réalisée par le REFEDD, le tri sélectif serait la deuxième priorité des étudiant.es sur leur campus. Les associations étudiantes et les étudiant.es sont force de propositions sur les campus. A la Sorbonne à Paris, des étudiant.es discutent avec leurs administrations pour mettre en place le tri des déchets sur leurs campus, et notamment le tri du papier, déchet majeur des salles de cours. Des ressourceries voient le jour sur certains campus comme celui de Bordeaux.

De nombreuses associations étudiantes organisent aussi des ateliers Do It Yourself pour apprendre à fabriquer des éponges, des produits de toilettes ou des objets décoratifs. La tendance DIY permet d’une part de réduire les déchets liés à l’achat de produits neufs et, d’autre part, est idéale pour faire de la récup’ et ne rien jeter.

Donner est également le meilleur moyen pour ne pas jeter, et emprunter est le meilleur moyen pour ne pas acheter. Le CROUS donne un bon exemple de cette pratique florissante. En 2017, il avait distribué aux membres d’une résidence étudiante des autocollants à afficher sur leur boîte aux lettres pour indiquer aux autres résident.e.s les objets qu’ils pouvaient prêter. Le but était ainsi de créer un « réseau de proximité d’échange de biens ». Tous ces projets de consommation collaborative ont des bénéfices sociaux et environnementaux et méritent d’être davantage mis en valeur.

Lancement de la 1ère édition de la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets

Affiche de la SERD étudiante

C’est pourquoi, cette année, le REFEDD a décidé de lancer, en partenariat avec l’ADEME, l’Agence de la Transition Écologique, la première édition de la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets ! Depuis plusieurs années, le REFEDD et ses partenaires participent à la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD), à travers les opérations Zéro mégot et Zéro bouteille en plastique sur les campus. Cette semaine est une initiative européenne qui aura lieu du 21 au 28 novembre 2020 et vise à sensibiliser le plus grand nombre à l’impact des déchets sur notre planète.

Pendant la SERD version étudiante, les initiatives étudiantes sur la thématique peuvent être officiellement labellisées “SERD” et bénéficier d’une plus grande visibilité. De son côté, le REFEDD accompagne les associations et les étudiant.es qui souhaitent se mobiliser en communiquant sur leurs événements et en leur apportant un soutien logistique et financier (150€ maximum par association). C’est l’occasion parfaite d’occuper ses journées de confinement et de rester engagé.e.s pour l’environnement ! Le REFEDD met à disposition des étudiant.es un kit de communication et un kit organisateur.rices que vous pouvez retrouver sur la page de l’événement. Par ailleurs, le REFEDD organise de nombreux événements auxquels vous pourrez participer ! Vous pouvez notamment suivre des conférences et événements de sensibilisation à la pollution plastique ou à celle des mégots.

Le REFEDD continue de se mobiliser contre les déchets et vous attend nombreux.se.s à ses côtés !

Article rédigé par Seyna Smoes

Sources

1 – https://www.ademe.fr/expertises/dechets/quoi-parle-t/prevention-gestion-dechets

2 – https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/eco-consommation-duree-vie-dechets-707/

3 – https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/exposition-essentiel-dechets-3-panneaux.pdf

4 – https://www.syctom-paris.fr/accueil.html

5 –https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/ademe_le_mag_n125_faits-et-chiffres.pdf

6 – https://www.natura-sciences.com/environnement/chiffres-dechets.html

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Focus COP 26 : notre délégation suit pour vous les dialogues sur le climat

mercredi 18 novembre 2020 par REFEDD

La COP 26 reportée, 142 conférences ont néanmoins lieu pendant la période initialement prévue. Ces événements sont suivis par une délégation de bénévoles du REFEDD, présentée ici.

La COP 26 reportée, mais une riche actualité suivie par notre délégation

La COP (Conference of Parties), à laquelle le REFEDD envoie chaque année une délégation, aurait dû se tenir du 9 au 19 novembre. A la place, deux événements clés ont lieu à ces dates. D’un côté, les organisateurs de la COP 26 réunissent autour de 11 thématiques des acteurs institutionnels, privés et associatifs dans leurs dialogues pour la “course vers le zéro émission”. De l’autre, la Coalition COP 26 rassemble des mouvements citoyens du monde entier pour partager constats et solutions à la crise climatique.  Au total, 142 webinaires ont lieu en 2 semaines.

Ces discussions sont suivies par une équipe de bénévoles du REFEDD. Les membres de notre délégation, dont les sensibilités et les parcours variés sont présentés ici, se sont réparti les thématiques. Elles et ils assistent aux conférences et retranscrivent ensuite pour vous les points les plus intéressants en vue de la COP 26 à Glasgow. Leurs articles seront publiés entre mi-novembre et mi-janvier.

Note délégation Focus-COP 26

Aline

Suite à un master d’affaires internationales et développement durable, Aline est en stage de fin d’étude dans les rouages passionnants de la finance durable !

D’abord écolo-curieuse, cela fait maintenant plusieurs années qu’elle s’intéresse aux questions relatives à la transition écologique. C’est ensuite devenu pour elle un objectif de métier. Aline est engagée dans plusieurs associations écolo…  un peu trop même, de son propre aveu ! Avec déjà 2 COP à son actif (grâce au REFEDD), on peut dire qu’elle connaît bien le petit monde des négociations climatiques. 

En connaisseuse aguerrie, elle suit sans surprise les conférences sur la finance durable. 

Amir 

Amir est étudiant en informatique à Paris Dauphine, où il entame sa cinquième année. Dans le même temps, il est alternant au laboratoire de Recherche et Développement d’Engie (aka le CRIGEN). Des recherches sur la ville du futur, l’hydrogène et l’intelligence artificielle y sont menées. 

Curieux de tout, Amir aime apprendre des choses sur la magie, le solfège, la programmation ou les filières énergétiques. Incollable sur les sous-préfectures des départements français, c’est aussi un fan d’Overwatch. Cherchant depuis quelques années à effectuer une transition vers une existence plus cohérente, Amir fait ses débuts dans l’engagement écologique comme bénévole pour le REFEDD. 

Il suit les thèmes : industrie ; transport ; agriculture et utilisation des terres, ; énergie et infrastructures ; systèmes alimentaires régénératifs et résilients ; communautés en première ligne des changements climatiques et populations indigènes ; résistance, démocratie et transition juste.

Anne

Anne est en deuxième année à l’ENS Paris-Saclay, dans le département économie-gestion. Elle fait cette année un stage de recherche sur les questions entrepreneuriales. Elle aimerait poursuivre en thèse en sciences de gestion après l’ENS !

A côté des cours, elle fait un peu de photographie, de volley, et s’intéresse surtout beaucoup à la politique. Aujourd’hui engagée chez Allons Enfants, elle a pu militer pour les droits des animaux et plus généralement pour la diminution de consommation de viande pour des raisons éthiques et environnementales. Enfin, elle fait partie de différentes assos de son école, en particulier la Junior Entreprise dont elle la secrétaire générale

Elle suit les thèmes industrie et milieu bâti (built environment). 

Auriane 

Auriane va avoir 24 ans et vit actuellement à Paris. Elle y fait un master dans le manag