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Lutter contre la précarité énergétique des étudiant.e.s : ACT4ENERGY, une initiative de l’Atelier21

mercredi 13 janvier 2021 par REFEDD

Dans certaines régions de France, jusqu’à 70% des étudiant.e.s sont en précarité énergétique avérée selon la définition de l’ONPE. Dans le pire scénario, c’est 1,94 millions d’étudiant.e.s concerné.e.s en 2023

C’est pourquoi, le REFEDD a souhaité donner la parole à l’Atelier21 pour vous présenter ACT4ENERGY, leur nouvelle initiative de recherche-action collaborative pour apporter des solutions à ce problème grandissant. 

(Les premières vidéos tutos à retrouver sur https://atelier21.org/act4energy/)

Atelier21 : 

“ Nous menons des ateliers éducatifs et novateurs PAR et POUR les étudiant.e.s, pour imaginer, prototyper et partager en open-source solutions, tutoriels et bonnes pratiques afin d’augmenter le confort thermique et faire des économies. 

L’Ecole de Design Orléans, l’école de design de Toulon, le FabLab de Tours, l’Ecole des Mines et Les Arts Décos Paris, le lycée Condorcet à Montreuil y participent déjà. Avec eux nous avons notamment développé de vraies solutions pour leur quotidien comme des marmites norvégiennes, du double vitrage DIY, des “kotatsu” (voire notre définition),  ou encore une capote isolante pour chauffe-eau. 

Toutes ces réalisations sont destinées à devenir des tutos pour que chacun puisse les répliquer chez soi, et une plateforme Discord est en création pour permettre à chacun de venir poser ses questions et trouver aides et réponses auprès des autres participants/bénéficiaires et des Bénévoles de l’association. 

(Les premières images du Discord)

Nous aidons également des initiatives citoyennes et des associations d’aide alimentaire étudiante comme Agorae et Linkee ou encore Les Couturières Masquées de Tours (qui ont produit plus de 70 000 masques depuis le début de la crise du Covid). Grâce à notre atelier, leur confort énergétique s’améliore tout en leur permettant de faire des économies d’énergies et de reproduire le concept dans les logements parfois précaires de leurs bénéficiaires et de leurs bénévoles.  

Quelques photos de l’atelier “kotatsu” avec les couturières masquées

Nos autres projets, notamment le régénérateur de piles RegenBox, s’inscrivent dans la même veine et permettent de faire des économies tout en agissant pour le développement durable. RegenBox est un brevet exhumé grâce au programme Paléo-énergétique, lui aussi porté par Atelier 21. C’est un module régénérateur de piles alcalines (soit-disant non-rechargeables) qui se veut écologique et anti-obsolescence. Le principe est très simple, il permet de recharger des piles alcalines dites « à usage unique » grace à un système de micro-impulsion électriques.

Malgré les idées reçues, c’est encore 1,5 milliard de piles alcalines qui  sont mises sur le marché chaque année en France. Les piles sont en vente croissante, selon l’Ademe, en 2003, 13 piles par français sont mises sur le marché, en 2018 ce sont 21 piles qui sont vendues par français; soit une augmentation de 61 % sur 15 ans. 

De plus selon nos premiers résultats de recherche, près d’ ⅓ des piles jetées pourraient être ré-utilisées en l’état car elles sont encore neuves ! Un autre tiers pourrait être rechargé avec RegenBox.

Pour rappel, il s’agit de 30000 tonnes de déchets par an en France en 2018, dont seulement 45% sont effectivement recyclées. Le reste, mal trié ou non trié, se retrouve dispersé dans la Nature, enfoui ou brûlé. Dans tous les cas, ce sont autant de déchets toxiques relâchés dans nos nappes phréatiques et dans nos cours d’eau. Jetée dans la nature, une pile peut    contaminer 1000 m3 d’eau (soit 1 million de litres d’eau).

Le projet RegenBox propose quelques solutions simples et pratiques qui pourraient permettre de réduire les déchets toxiques rejetés en sauvant plus de ⅔ des piles jetées, soit plus de 19 000 tonnes de piles par an.

Enfin, en parallèle de nos recherches, nous avons également testé depuis 2017 les piles alcalines du marché français afin d’informer sur les capacités des piles et leur rapport qualité/prix. Nous développons une étude comparative qui permettra à tous les consommateurs de faire le bon choix économique et écologique pour acheter les meilleures piles. 

Rejoignez vous aussi l’aventure pour mettre cette intelligence collective et créative au service de votre communauté ! 

Vous êtes une université, une école, un lycée, une association, un mouvement citoyen ? 

N’hésitez pas à nous contacter à hello@atelier.org si vous êtes intéressés par le projet ACT4ENERGY ou sur hello@regenbox.org si vous êtes intéressés par le projet RegenBox.

Toute l’équipe d’Atelier 21 vous souhaite une excellente année 2021, sous le signe de la solidarité et de l’intelligence collective !

Article rédigé par l’Atelier 21 

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5 conseils pour intégrer les enjeux de transition écologique et sociale dans son cursus

mardi 12 janvier 2021 par REFEDD

Partout, les étudiant·e·s se mobilisent pour intégrer les enjeux de transition écologique et sociale dans leur formation. Le REFEDD a interrogé six d’entre eux·elles et propose cinq conseils pour réveiller son cursus.

Une conférence de présentation d’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à Centrale © Pics – CentraleSupélec

Permettre aux étudiant·e·s de comprendre dès la première année les grands enjeux environnementaux et sociétaux ; c’est la vision du cursus idéal portée par Corentin et deux autres étudiants de CentraleSupélec, où un cours de science du climat a été ajouté au tronc commun. Fondée sur un dialogue patiemment structuré, cette dynamique a ensuite inspiré une autre initiative à l’échelle des 5 écoles Centrale. Lancée au printemps 2020, cette dernière regroupe désormais 200 étudiant·e·s, alumni, profs et membres du personnel, comme l’explique Clément, de Centrale Lyon.

A l’Institut Mines-Télécom (IMT) quelques étudiant·e·s rassemblé·e·s à la COP1 étudiante sont à l’origine d’un mouvement similaire. Il·elle·s construisent avec la direction nationale de l’institut et avec l’administration de chacun des 8 établissements des “écoles exemplaires […] qui forment des ingénieurs-managers responsables et citoyens.” 

À Sciences Po Toulouse, l’idée que l’action collective a beaucoup plus d’impact que des actions isolées est aussi au cœur de la démarche. Une tribune nationale publiée par le collectif écologiste inter-IEP, qui rassemble les associations écologistes de tous les Sciences Po de France et dont Camille fait partie, a notamment déclenché l’adoption par l’établissement d’un Plan Vert, suivi de la mise en place d’un comité mixte et de la nomination d’une chargée de la transition écologique.

Enfin, à Mines-ParisTech, Albertine, Quentin et sept autres élèves ont organisé un séminaire “ingénieur et transition écologique”, ouvert par Valérie Masson-Delmotte. L’équipe organisatrice a travaillé en lien avec la direction et en cohérence avec la récente fonte du cycle ingénieur, qui fait la part belle à la transition énergétique. 

De nombreuses autres initiatives sont portées par les étudiant·e·s dans les établissements d’enseignement supérieur, afin que leurs cursus intègrent les enjeux de transition écologique ! Toi aussi, tu peux t’engager pour des formations en rapport avec les défis contemporains. Pour t’aider, voici 5 conseils tirés de l’expérience d’Albertine, Camille, Clément, Corentin, Paul et Quentin. 

1. Tirer parti du contexte (si si, il est favorable)

Les établissements renouvellent régulièrement leurs cursus. Une opportunité saisie par Paul et les étudiant·e·s de l’IMT, qui ont pu “surfer sur l’intérêt prononcé de [leurs écoles] sur les sujets environnementaux”. Dans un contexte de renouveau, il·elle·s ont su tirer parti de la diversité des 8 écoles qui composent l’IMT. C’est dans un cadre similaire que le groupe de travail de Corentin a commencé ses démarches ; les cursus de 1A et 2A ayant été refondus suite à la fusion de Centrale et Supélec, ils se sont concentrés sur la troisième année. 

Même schéma aux Mines. L’école a réalisé il y a deux ans une refonte de son cycle ingénieur. Désormais, le programme contient 12 crédits ECTS en lien avec les enjeux de transition dès la première année. Mais les promotions les plus anciennes, consultées, ne bénéficient pas de cette refonte. C’est ce qui a poussé Albertine, Quentin et d’autres à organiser un séminaire sur les enjeux de transition écologique pour les élèves de troisième année.

Autre atout, “la conscience des élèves et leur engagement ont augmenté ces dernières années” estime Corentin. Clément confirme : “on voit la différence. Les premières et deuxièmes années témoignent d’une forte évolution des mentalités. Les élèves mesurent la chance qu’il·elle·s ont d’être dans ces écoles et la responsabilité qui va avec”. 

Enfin, n’oublions pas le cadre fixé par la loi Grenelle I. Elle impose à tous les établissements d’enseignement supérieur de formaliser un Plan Vert, mais ne sanctionne pas les manquements. “Très peu d’établissements le font”, rappelle Camille. Mais certains ont adopté le Plan Vert préparé par leurs étudiant·e·s. C’est ce qui s’est passé à Sciences Po Toulouse, où Camille a participé à la rédaction du Plan. L’un des quatre axes porte sur la nécessité de repenser les enseignements à l’aune des enjeux de la transition écologique.

2. Structurer le dialogue au sein de son établissement (et être patient)

Pour Corentin, il est primordial de “s’organiser et montrer qu’on est organisés”. Il l’illustre avec son engagement. Son projet d’innovation est à l’origine des démarches sur l’intégration des enjeux de transition écologique dans les cursus de CentraleSupélec. Au fil de l’année 2019, de plus en plus d’élèves se sont ajouté·e·s à la réflexion. Elle a été partagée dans des commissions, des conventions, et au comité de transition durable. Le dialogue s’est institutionnalisé, avec la mise en place d’un prof Référent Développement Durable et de délégué·e·s et suppléant·e·s élèves, par promotion et par campus. Après plusieurs mois, les étudiant·e·s ont créé le Groupe de Réflexion pour l’Intégration de la Transition Écologique dans le Cursus (GRITEC). 

Dans un même souci de légitimité, Clément et Camille conseillent aussi de créer des comités mixtes et représentatifs. “Un portage par des étudiant·e·s seul·e·s n’aurait aucune légitimité” ajoute Camille. À Sciences Po Toulouse, un organe mixte a été créé en novembre 2020. Il est composé d’étudiant·e·s, de professeur·e·s, d’une personne de l’administration ainsi que d’Eugénie Peron Bodin, chargée de mission développement durable à l’Université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées. Une chargée de la transition écologique a été nommée, Christel Cournil, professeure de droit. 

Aux Mines aussi, les élèves participent aux 12 chantiers de refonte de l’établissement, conjointement avec les alumni, des hauts fonctionnaires et les entreprises partenaires. Représentatif et légitime, ce dialogue interne est cependant lent à mettre en place et à faire fonctionner. “Armez-vous mentalement” prévient Paul. “Car l’exercice est un marathon et non un sprint : il faut rester dans une démarche de co-construction et non d’opposition. Attention aussi à la frustration, l’inertie sera plus ou moins forte selon le contexte.” Clément confirme : “il faut accepter que les choses puissent prendre du temps”. 

3. Susciter des mouvements d’ampleur nationale (l’union fait la force)

“Menez vos projets à différentes échelles” recommande Paul, en pensant au groupe IMT TforC (Pour les Transitions et Formations Citoyennes). En effet, “avoir un groupe de travail au sein de son école et un autre au niveau national n’est pas redondant, mais complémentaire”. 

L’organigramme du groupe national IMT Pour les Transitions et Formations Citoyennes © IMT

A ce sujet, Camille insiste sur l’impact de la publication de la tribune nationale “Pour des Sciences Po à la hauteur des enjeux écologiques”. Co-signée par une dizaine de personnalité·e·s et des associations nationales de jeunesses dont le REFEDD, la tribune a été relayée par 4 webmédias nationaux et a eu un très bon écho. Porteuse de 10 propositions, la tribune se voulait une réponse à l’appel à collaboration lancé par Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Par la suite, un collectif écologiste inter-IEP a été créé. C’était aussi une invitation à la collaboration entre élèves et administration, qui a mené à Toulouse à l’adoption du Plan Vert. “Avant la tribune, il y avait un comité de développement durable qui ne s’était jamais réuni !” indique Camille. 

Du côté de Centrale aussi, la dynamique s’est propagée au niveau national. Pendant le premier confinement, Corentin a eu l’idée de faire collaborer les écoles Centrale pour avoir plus de poids. Il·elle·s sont désormais près de 200 élèves, diplômé·e·s, profs et membres du personnel rassemblé·e·s sur un groupe Discord dédié au projet. Quatre groupes travaillent sur le dialogue avec les institutions de l’enseignement supérieur, l’évolution des cursus, le dialogue avec l’administration, les partenariats et l’insertion professionnelle. Le but : identifier des interlocuteur·trice·s dans chaque école et partager les bonnes pratiques en matière de transition écologique. 

Comme le résume Paul, “la mobilisation autour de l’enseignement supérieur pour l’intégration de ces enjeux au sein des cursus se renforce […] et ça se ressent partout. Objectif : point de bascule !”

4.  S’appuyer sur l’existant (et il y en a !)

“Prendre conscience de ce qui existe pour ne pas créer de nouvelles choses” ; à CentraleSupélec, c’est par un état des lieux que la démarche a commencé. Une grille d’évaluation des cours de l’école a été renseignée. Le référent enseignant a demandé aux profs d’auto-évaluer le lien entre leur enseignement et les objectifs de développement durable (ODD). 

Pour Camille aussi, la situation existante doit fonder la démarche. “On ne peut pas enlever comme ça des cours ou des profs”. A Sciences Po Toulouse, le premier chantier concerne l’évolution des enseignements. Il s’agit de voir avec le directeur d’études et les profs comment il·elle·s peuvent modifier leur cours, et si besoin, être formé·e·s. En complément, certains cours peuvent être remplacés selon les opportunités. Par exemple, après le départ à la retraite d’un prof d’économie, le directeur a contacté les réveilleur·euse·s de cursus pour leur proposer un CV. Il·elle·s ont approuvé le profil de ce prof, passé par Gaïa. Et il·elle·s ont beaucoup d’autres idées de cours et de profs ! 

En plus, nos interviewé·e·s recommandent unanimement les sondages auprès des élèves. Les enquêtes permettent de faire participer les étudiant·e·s à l’évolution de leur cursus. Elles servent aussi à se légitimer. A l’IMT, Paul raconte que sur “près de 1 800 étudiant·e·s sondé·e·s, plus de 80% souhaitaient intégrer davantage les enjeux environnementaux et sociétaux dans leur cursus”. Les chiffres par établissement de la Consultation Nationale Etudiante peuvent aussi fournir une assise solide. 

On peut aussi s’inspirer de ce qui se fait ailleurs : Plans Verts, référentiels existants (ODD, Manuel de la Grande Transition…). Clément suit lui le partenariat entre l’INSA et le Shift Project qui vise à intégrer les enjeux de transition climat-énergie dans les formations. La démarche s’appuie sur les préconisations de la Commission des titres d’ingénieur et du guide des compétences DD&RS

5. S’adresser au plus haut niveau (en toute transparence, avec les formes)

Une fois ces bases posées, il faut “identifier les gens qui décident” et viser à leur échelle. Corentin vous incite à “aller toquer ou envoyer un mail à [votre] directeur ou responsable de la stratégie”. “Faites-vous confiance : vous êtes légitimes”, renchérit Paul. 

Pour mettre toutes les chances de votre côté, dites clairement à votre direction ce que vous voulez. Par exemple, les objectifs définis à l’échelle des écoles Centrale ont été aussitôt partagés aux administrations des 5 écoles. Même relation de transparence et donc de confiance entre l’administration des Mines et l’équipe organisatrice du séminaire “ingénieurs et transition écologique”. Albertine raconte que l’équipe avait comme interlocuteur direct le directeur des études : “nous l’avons régulièrement informé, mais nous n’avions pas de compte à rendre”.

De même, à Sciences Po Toulouse, les étudiant·e·s à l’initiative de la tribune ont prévenu leur direction de sa publication. Dans un mail, il·elle·s l’ont informée de leur envie de collaborer et ont annoncé l’envoi d’une proposition de Plan Vert. Un message clair et bien reçu, qui a permis à la dynamique nationale de s’enclencher ; désormais, le directeur toulousain préside l’inter-IEP et porte les propositions de la tribune. “Nous échangeons sans détour avec la direction”, assure Camille. Elle évoque par exemple les commentaires des élèves sur leur cours de développement durable, notion dont la remise en cause s’amplifie depuis le milieu des années 2000

Une Fresque du Climat avec le directeur de Sciences Po Toulouse, des professeur·e·s et étudiant·e·s volontaires © Gaïa IEP Toulouse

Et la sincérité ne doit pas empêcher de mettre les formes. Pour Corentin, si l’attitude militante est un moteur au quotidien, il faut “réussir à avoir un discours audible” au moment de solliciter la direction. Clément renchérit : “on a de l’énergie, on a envie d’aller vite”. Mais “mieux vaut se mettre dans le mood de l’administration. Le risque de se la mettre à dos est trop gros, il faut rester constructif”. 

Article rédigé par Gabriel Goll.

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Breaking News : Le REFEDD change de nom !

lundi 11 janvier 2021 par REFEDD

Depuis plusieurs années, la notion de développement durable est largement utilisée en tant qu’argument politique et moteur pour des mouvements écologistes forts. Aujourd’hui ces mots ont été débattus à de nombreuses reprises et la signification du développement durable ainsi que ses objectifs sont controversés.

Ce débat n’a pas échappé au REFEDD (dont le développement durable est intégré à son nom-même) et un long processus de réflexion a été mené, qui a abouti à une décision de changer le nom du réseau. Avant de rentrer dans les détails de cette démarche, nous avons souhaité revenir sur le concept de développement durable en lui-même.  Ainsi, d’où vient ce concept et que signifie-t-il ?

Qu’est-ce que le « développement durable » ?

Le principe de développement durable apparaît pour la première fois dans le rapport « Notre avenir à tous » de 1987 (Nations Unies, commission Brundtland). C’est alors que naît la définition que nous connaissons tou·te·s : Le développement durable est un mode de développement « qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Cette façon de penser est nouvelle et prometteuse. Elle se répand et se politise. Des mouvements écologistes conséquents se construisent autour de ce principe.

Cependant, l’utilisation du développement durable dans la politique gouvernementale et par des organismes influents, à des fins qui ne sont pas toujours si respectueuses de l’environnement, font réfléchir des écologistes impliqué.e.s sur la pertinence de l’utilisation de ce principe comme base de leurs mouvements. 

En effet, le développement durable n’exclut pas une « croissance infinie dans un monde pourtant fini » (dérivé de la citation de Kenneth Boulding « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer pour toujours dans un monde fini est soit un fou, soit… un économiste. »). Sa définition serait trop vague et encouragerait certaines déviances du système actuel comme la « croissance infinie ». De nombreux·ses écologistes remettent en question la légitimité de ce concept dans la lutte environnementale. Le principe aurait dérivé de ses objectifs initiaux ou n’aurait jamais collé avec les valeurs et les objectifs des militant·e·s pour un monde de demain plus sain. 

Notre seconde remarque vient de la perte de la connotation critique de l’expression « développement durable ». En effet, elle a été tellement médiatisée et politisée qu’elle a selon nous perdu son ambition de remise en cause du système actuel. Les gouvernements et l’ONU ne semblent pas être prêts à changer cette société de la croissance infinie et parfois même se cachent derrière ce terme (DD). Il est utilisé à chaque convention internationale comme dans l’article 6 du protocole de Kyoto. Mais cela ne reflète aucune réalité et actions concrètes.

Le développement durable semble s’être substitué à la réflexion critique portée sur la croissance économique, en englobant une certaine dimension écologique. De nombreux·ses intellectuel·le·s, portant initialement le projet de développement durable, s’en détachent. Par ailleurs, cette récupération linguistique est aussi opérée par les entreprises. Ces dernières offrent souvent des publicités pour vanter leur contribution au développement durable, quand leurs produits sont peu écologiques.

Ce terme est donc devenu pour nous trop lié à une seule frange de l’écologie, dans laquelle le REFEDD ne se retrouve plus en intégralité. Il nous est alors apparu problématique que le développement durable continue de constituer notre identité première : c’est la raison pour laquelle un processus de changement de nom a été initié. 

Notre démarche

Parce que nous devons incarner le changement que nous voulons voir dans le monde, il a été important pour le REFEDD de construire une démarche inclusive et participative afin de valider ou non le changement de nom de notre réseau. En effet, un tel changement nécessite de faire participer toutes les parties prenantes et d’établir une stratégie claire en intelligence collective. 

Ainsi, tout au long de l’année 2020, le bureau du REFEDD a entamé un travail important de consultation d’avis auprès des associations membres, de l’équipe et des bénévoles, afin de recueillir un maximum de points de vue sur le changement de nom. Les premiers débats ont été réalisés au conseil d’administration en février 2020 pour lister les avantages et les inconvénients de cette décision pour le réseau mais aussi comprendre la remise en cause du terme développement durable. Cela a été couplé par un atelier d’intelligence collective avec les salarié·e·s et les volontaires en service civique pour mieux comprendre leurs besoins, leurs craintes et motivations.

Afin d’être plus exhaustif.ve.s, le bureau a entamé une consultation d’avis par questionnaire des associations membres, des ancien·ne·s salarié·e·s et ancien·ne·s membres du bureau du REFEDD. Cela a été accompagné d’entretiens individuels personnalisés avec les salarié·e·s. Ces échanges portaient sur la pertinence du changement de nom, ses impacts et les idées de nouveau nom pour remplacer le “Réseau Français Étudiant pour le Développement Durable”. 

Tout ce processus a permis une prise en compte à 360° des avis de tout l’écosystème gravitant autour du REFEDD. Les échanges qui ont suivi au sein du conseil d’administration furent éclairés par ces retours et ont permis de prendre une décision en juin dernier en accord avec les points de vue de toutes les parties prenantes. Le vote et le choix du nom ont eu lieu en juin 2020 lors du dernier conseil d’administration de l’année universitaire par jugement majoritaire : une méthode de vote alternatif au scrutin majoritaire. 

Le conseil d’administration du REFEDD a voté favorablement pour le changement de nom et a également choisi le nouveau nom du réseau. Nous ne vous le dévoilerons pas dans cet article, il faudra patienter jusqu’en mai prochain, lors de l’Assemblée Générale du REFEDD qui se tient durant nos RENEDD 2021 (Rencontres Nationales Etudiantes du Développement Durable) où il sera proposé au vote de toutes les associations membres ! 

En accord avec nos convictions

Le REFEDD est une association convaincue que le monde étudiant est une force essentielle pour construire demain. Parce que nos générations se questionnent et renouvellent leurs points de vue, notre monde est en constante évolution et cela nous donne un vrai pouvoir : celui d’impulser des changements. Mais pour impulser le changement, il faut être le changement. 

Changer de nom c’est montrer à toutes nos parties prenantes : institutions, associations membres, fondations ou étudiant·e·s que nous voulons aller plus loin, avoir plus d’ambitions dans nos projets, dans les positions que nous défendons et dans l’avenir que nous souhaitons. 

Nous devons agir à la hauteur des défis auxquels notre société fait face. Notre nom doit s’inscrire dans le présent pour que notre association puisse construire l’avenir. Partir de la réalité d’aujourd’hui pour écrire celle de demain. C’est cette ambition du REFEDD de construire demain qui rend si importante son évolution constante. Car le demain que nous construisons aujourd’hui n’était pas le demain vers lequel se dirigeaient nos prédécesseur·se·s. 

Changer de nom, c’est aussi un appel, à tous les partenaires, à toutes les associations, afin qu’ils·elles se posent les questions que nous nous sommes posé·e·s pendant deux ans, sur la réalité des enjeux pour lesquels nous sommes engagé·e·s. Un nouveau point de départ afin de les encourager à être plus ambitieux.ses dans ce qu’ils.elles entreprennent, ce qu’ils.elles défendent, ce qu’ils.elles encouragent. 

Article rédigé par les membres du CA et du bureau

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Shake your City a rejoint le REFEDD !

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

Nous sommes 5 étudiantes de l’école d’ingénieur agronome AgroParisTech. Nous avons décidé de reprendre, pendant notre année de césure, l’association étudiante (loi 1901) Shake your City. Grâce à ce projet, nous souhaitons découvrir des solutions innovantes et inspirantes répondant aux enjeux de demain en matière de développement durable.

Un petit mot pour présenter notre formation: AgroParisTech, l’institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement, est une école ancrée dans les enjeux de son temps dispensant une formation dans plusieurs domaines: l’agro-alimentaire, l’environnement, la santé et l’agronomie.

Cette association, qui compte dorénavant 5 éditions, est une association à but non lucratif, importante de la vie étudiante. Il nous tient à cœur de réaliser ce projet d’exception. Nous souhaitons promouvoir au mieux nos domaines : l’agro-alimentaire, l’environnement et l’agronomie, auprès des étudiant.e.s, mais également, leur montrer la diversité d’acteurs engagés, d’entreprises et de métiers qui leur sont accessibles.

En quoi consiste votre asso ?

L’association a pour but de promouvoir des initiatives citoyennes œuvrant pour le développement durable dans le monde afin de sensibiliser et informer sur les actions réalisées dans la lutte contre le changement climatique. Pour cela nous allons rencontrer des associations, les interviewons et nous  écrivons des articles sur leur fonctionnement et leur caractère innovant. Nous publions ensuite ces articles sur nos réseaux sociaux. Ce projet a aussi pour vocation de faciliter la recherche d’expériences à l’international aux étudiant.e.s, en leur proposant des stages, des services civiques ou bien encore du bénévolat au sein des entreprises/associations rencontrées. 

Les principales activités de l’association sont les suivantes : 

  • Aider les associations œuvrant pour le développement durable dans le monde
  • Mettre en place un inventaire des différentes méthodes existantes dans le développement durable en France et à l’international.
  • Sensibiliser aux enjeux environnementaux, principalement auprès d’étudiant.e.s parisien.ne.s, par une communication continue sur nos réseaux sociaux et la réalisation d’un documentaire retraçant et synthétisant l’expédition 2020-2021.
  • Proposer des stages et des offres de bénévolat, dans les structures nationales et internationales rencontrées, aux étudiant.e.ss souhaitant s’engager dans le développement durable ou auprès de nos partenaires.

Comment est née votre asso ?

A travers notre formation de biologistes, puis d’ingénieurs agronomes, nous avons étudié scientifiquement le dérèglement climatique, et le lien avec les enjeux actuels concernant l’alimentation, l’environnement et l’organisation de nos sociétés. L’urgence est réelle et nous avions un fort désir de nous engager pour faire quelque chose ! En rencontrant des associations parisiennes, les fondatrices de l’association se sont rendues compte de leurs besoins en main d’œuvre. Et comme nous, beaucoup de jeunes ou de moins jeunes souhaitent s’engager pour le développement durable, ou cherchent des stages dans ce domaine mais ne savent pas toujours où trouver ni même où chercher.
​Elles ont donc créé SHYC en juin 2016 et ont rencontré plus de cinquante associations sur le continent américain en 2017 pendant une année de césure dans leurs études. A leur retour, elles sont parvenues à pérenniser le projet en recrutant des membres pour une nouvelle mission. Et le concept de ShYC est né !

Aujourd’hui, c’est quoi le futur de votre asso ? (Projets en cours, projets futurs, questionnement, etc.)

Pour cette nouvelle édition nous avons identifié, parmi les Objectifs du Développement Durable définis par l’ONU, trois thématiques qui vont conditionner nos choix de rencontres avec les acteurs :

  • Consommation durable et responsable : agriculture urbaine, écoquartier, approvisionnement local
  • Préservation de la faune et de la flore : terrestre, littorale et marine (au travers des parc nationaux notamment)
  • Lieu de vie durable et responsable en ville : écoquartier, réduction des déchets…

Le projet que nous défendons tend à sensibiliser une communauté citoyenne aux différentes solutions possibles allant dans le sens d’un changement durable dans le contexte socio-culturel des villes actuelles. En effet, en 2018, 50% des personnes vivaient en ville et il est prévu qu’en 2050 68% de la population habite en ville. 

Nous voulons mettre en avant ces initiatives et partager nos expériences sur le terrain afin de sensibiliser la population. Nous relaierons ces initiatives au travers d’un récit et de témoignages récoltés tout au long du projet que nous diffusons sur notre site internet, nos réseaux sociaux et lors de nos futures conférences.

En effet, nous pensons que les initiatives citoyennes qui naissent en ville seront les acteurs clés d’un changement durable de nos habitudes de production et de consommation. En allant à la découverte de ce qui est fait dans les villes du monde, nous espérons centraliser des idées innovantes, inspirantes et durables pouvant servir de modèle pour la ville de Paris et à terme, pour toutes les villes du territoire français.

Article rédigé par les membres de l’association Shake your City.

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Focus COP 26 – Forêts, bioénergies et plantations d’arbres en monoculture, vraies ou fausses solutions à la crise climatique ?

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 16 novembre de « From the Ground Up », organisée par la Coalition COP26 a permis de dénoncer les fausses solutions fondées sur la nature, notamment les plantations d’arbres et les bioénergies.

Planter des arbres ne règle pas le problème climatique

Pour lutter contre le changement climatique, beaucoup de solutions détournées sont mises en place : la « compensation » par des solutions dites fondées sur la nature, les marchés carbone ou encore le recours à la production d’énergies dites “bio”. Ces solutions ne règlent pas le problème climatique à sa source, et peuvent même en créer de nouveaux. En revanche, elles font l’objet d’annonces marketing ou politiques trompeuses ; c’est le greenwashing.  C’est pourquoi elles sont désignées comme de “fausses solutions”. L’une d’elles est la plantation d’arbres en monoculture qui forment en réalité des fausses forêts, car elles sont vides de biodiversité, d’écosystèmes et même de vie. 

Malgré ces inquiétudes, la plantation d’arbres et les fausses forêts restent parmi les pratiques les plus largement financées et utilisées pour compenser les émissions de carbone. Ces pratiques posent la question de la disponibilité des terres. Comment les sociétés parviennent-elles à acquérir des terres pour faire les plantations ? A quoi servaient ces terres avant ? Étaient-ce des terres agricoles, des forêts dégradées, des biens de communautés qui n’avaient plus assez de fonds ?

De plus, on peut se demander à quoi vont servir ces arbres pour les sociétés qui font les plantations. En effet, il est peu probable que ces plantations soient réalisées dans un but écologique et l’utilisation du bois (combustion et abattage des arbres) par les entreprises ne sera probablement pas prise en compte dans le bilan carbone alors qu’elle pourrait bien contrebalancer totalement le bénéfice de la séquestration du carbone par les plantes.     

La seule façon de gérer durablement les forêts, c’est de les laisser vivre, ainsi que tout l’écosystème complexe qui y est ancré.

Commentaire d’un spectateur de la conférence

De plus, les sociétés et organisations surestiment (volontairement) souvent la capacité de leurs projets de plantation d’arbres à séquestrer et stocker du carbone. Les plantations industrielles d’arbres comme les eucalyptus ou les acacias sont bien moins efficaces pour séquestrer et stocker le carbone que les forêts naturelles. Les organismes qui investissent dans la plantation d’arbres sont encore trop attachés au bénéfice économique, au retour sur investissement qu’ils peuvent en tirer et ne font pas cela dans un but écologique. Il s’agit simplement de pouvoir se proclamer « neutre en carbone » par compensation. Est-ce quand même mieux que d’acheter des crédits carbone ?

La biomasse et les bioénergies, des solutions neutres en carbone ?

Le premier exemple qui est utilisé pour démontrer les impacts négatifs des plantations, supposées produire durablement et de manière renouvelable de la biomasse, est la monoculture d’eucalyptus dans la zone de Mina Gerais au Brésil. Ces eucalyptus servent à la production de charbon de bois, utilisé par la suite pour l’industrie du fer et de l’acier. Cette production est considérée comme durable et neutre en carbone car elle utilise des ressources naturelles, des plantes, qu’elle soit renouvelable ou non. De plus, les émissions de CO2 provoquées par la fabrication et la combustion du charbon de bois sont ignorées. Le paysage de la zone de culture est devenu complètement différent de ce à quoi il devrait ressembler. En effet, au lieu d’y trouver une savane riche en écosystèmes qui régule le cycle de l’eau et conserve l’humidité, on ne peut y voir que des champs d’eucalyptus alignés dont la culture pollue et assèche les sols. Cela a pour conséquence de réduire considérablement les ressources en eau de la zone indispensables pour les habitant·e·s. 

En Europe, les bioénergies sont considérées comme une des clés de la réduction des émissions de GES et de production d’énergie renouvelable. En effet, la biomasse est la ressource considérée renouvelable la plus exploitée en UE (60% des énergies renouvelables en 2018 selon le rapport pour la Commission européenne de 2020). Ce sont les biofuels solides qui sont les plus exploités (68,4% des bioénergies) puis les biofuels liquides (12,6%) notamment les biodiesels. 

Forêt ancienne de la Colombie-Britannique rasée pour l’exploitation de granulées par l’entreprise Pacific BioEnergy

La demande en biomasse notamment pour les centrales électriques au bois entraîne de fortes importations de granulés de bois. En effet, le Royaume-Uni en est le premier importateur (majoritairement en provenance des États- Unis). Le pays brûle plus de bois qu’il n’en produit, notamment via la centrale électrique Drax. Selon l’Environmental Paper Network, ces importations et la demande en granulés de bois devrait largement augmenter d’ici 2027. Le problème est que, même si on laisse les forêts se régénérer, le fait d’exploiter ces ressources en bois (abattage des arbres et combustion) produirait plus de CO2 que cela n’en séquestrerait et donc contribuerait en fait à augmenter les émissions de carbone dans l’atmosphère. Peut-on alors appeler cela une solution durable et verte ?

 Prévision de l’augmentation de la demande et de l’offre de granulés de bois d’ici 2027

Dans les commentaires, un spectateur fait remarquer qu’il n’est pas nécessaire d’arrêter complètement l’utilisation de ces bioénergies mais plutôt de faire un mix énergétique avec des compromis entre les différentes solutions. En réponse à cela, Frederica Giunta signale que selon de nombreuses études scientifiques, tant que la demande en énergie ne baissera pas, c’est-à-dire tant qu’on ne mettra pas en place une forme de décroissance énergétique, aucune solution ne pourrait être réellement durable même si elles sont basées sur la nature.

Compenser plutôt que de limiter les émissions, encore une impasse ?

Les « solutions fondées sur la nature » sont des fausses solutions. En plus d’être critiquées comme étant du greenwashing, ces fausses solutions sont aussi présentées comme largement inefficaces face aux technologies fortement émettrices de carbone telles que les centrales à charbon, à pétrole ou encore les incinérateurs de déchets.

En conclusion, les forêts ne doivent pas être utilisées comme ressources mais doivent être préservées. Nous devons laisser les forêts grandir et se régénérer, les laisser vivre. Il ne faut pas « gérer » ou « utiliser » les espaces verts mais les protéger. Let it grow!

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Federica Giunta de FASE Espírito Santo, Brésil
  • Katherine Egland, NAACP (National Association for the Advancement of Colored People de North Carolina, USA)
  • Souparna Lahiri, Global Forest Coalition, Inde
  • Almuth Ernsting, Biofuel watch, Royaume-Uni

Une conférence organisée en collaboration avec :

  • Global Forest Coalition
  • Biofuel Watch

Pour en savoir plus :

Cet article Focus COP 26 – Forêts, bioénergies et plantations d’arbres en monoculture, vraies ou fausses solutions à la crise climatique ? est apparu en premier sur REFEDD - RÉseau Français des Étudiants pour le Développement Durable.


Focus COP 26 – La jeunesse passe à l’action

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

Le 13 novembre dernier s’est tenue une conférence dans le cadre de la Coalition COP26, à l’occasion de “From the Ground Up”, sur les jeunes et leur capacité à se mobiliser contre le changement climatique. Plusieurs jeunes issu·e·s de pays différents ont pris la parole et ont échangé sur ce sujet.

Une conférence interactive

Des jeunes issu·e·s de tous les pays se mobilisent pour lutter contre le changement climatique et ses conséquences. Ce webinaire avait pour principal objectif de leur donner la parole, de recueillir leur position et de les mettre en relation.

Il a été organisé en deux parties : 

  1. Plusieurs jeunes issu·e·s de différentes parties du globe (Écosse, Chili, Costa Rica, Turquie…) se sont exprimé·e·s pour faire le point sur la situation dans leur pays, ou sur un aspect qu’ils souhaitent mettre en avant.
  2. Un quiz via la plateforme Kahoot a été mis en place, avec des questions générales sur les impacts du changement climatique, afin de tester et de consolider les connaissances de chacun. 

Des jeunes engagé·e·s

Les jeunes qui ont pris la parole avaient moins de 25 ans, et ont d’abord insisté sur la notion de « deadline ». Pour eux, il est clair qu’il faut faire quelque chose, car rester passif n’est plus une option. Or, pour celles et ceux qui se sont exprimé·e·s, les jeunes ont le temps et l’énergie pour se mobiliser, il faut en profiter ! En effet, les nouveaux modes de communication leur permettent de se mobiliser à travers le monde, ils·elle·s sont interconnecté·e·s, et peuvent même discuter avec des gens qu’il·elle·s n’ont jamais rencontrés dans la vraie vie. Le changement climatique est un fait aujourd’hui, attendre et voir ce qu’il va advenir n’est plus envisageable.

Pour eux·elles , tout le monde peut participer et faire bouger les choses, que ce soit à un niveau international, à l’image de Greta Thunberg, ou à un niveau plus local, l’essentiel étant de travailler dans la même direction, de faire partie du même projet. Il·elle·s ont beaucoup insisté sur le fait que tout un chacun peut contribuer, ne serait-ce qu’en partageant ses connaissances, en organisant un événement… La sensibilisation et l’éducation aux enjeux du changement climatique est par ailleurs nécessaire d’après les arguments qu’ils ont cités.

De plus, il est apparu que les jeunes qui étaient présents maîtrisaient plutôt bien le sujet. Lors du quiz qui a été réalisé à la fin de la session, les participants ont globalement bien répondu aux questions posées, telles que « si toutes les personnes du monde vivaient comme au Royaume-Uni, combien de Terre nous faudrait-il chaque année ? » la bonne réponse était 7, et plus de la moitié des répondant·e·s ont trouvé la bonne réponse.

Quelques exemples d’actions menées 

Page d’accueil de Student Energy

Les participant·e·s se sont exprimé·e·s sur leur pays, et sur ce qui y était mis en place. On peut prendre l’exemple d’un jeune intervenant vietnamien, qui a donné un aspect intéressant en matière de progrès et d’actions menées dans son pays. Il a expliqué que le Vietnam est un pays dynamique en Asie, et qui représente une opportunité pour la construction de bâtiments verts avec des matériaux durables. En effet, il y a actuellement un boom démographique qui nécessite de plus en plus de constructions, résidentielles et commerciales. D’après lui, les choses ont commencé à bouger cette année, quand le Ministère de la construction a décidé de préciser les objectifs à atteindre, et ce en collaboration avec les parties prenantes, qu’elles soient publiques ou privées. Il reste maintenant à organiser une feuille de route à suivre, et à consolider les objectifs à court, moyen et long terme, jusqu’à l’horizon 2050.

Des jeunes impliqué·e·s dans des mouvements internationaux ont également participé. Une jeune femme, engagée auprès de Student Energy, s’est par exemple exprimée. Il s’agit d’une initiative donnant du poids à la voix des jeunes et qui en réunit plus de 50 000, issu·e·s de plus de 120 pays. Ils ont développé le « Gobal youth energy outlook ». Ce document  vise  à produire la première base de données recensant les perspectives des jeunes en matière de transition énergétique, données recueillies à travers des sondages et des dialogues entre jeunes. Cela servira ensuite de rapport pour des gouvernements partenaires autour du monde, comme par exemple la Suède et le Canada.

Agir pour demain 

Le futur est incertain, on ne peut pas savoir de quoi demain sera fait. Pourtant, si le changement climatique est un sujet épineux, il se trouve être sur la table depuis de nombreuses années. Les jeunes qui se sentent concerné·e·s par ces enjeux se mobilisent pour agir concrètement, ce qui pourrait réellement changer les choses.

Article rédigé par Cindy Delvoye, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Pour aller plus loin :

Contributeur·rice·s :

  • Mitzi Jonelle (Vendredis pour l’avenir)
  • Esther Silverton (grèves écossaises des jeunes pour le climat)
  • Nicolas Cruz (gréviste de l’école chilienne)
  • Sofia Hernández (Costa Rica)
  • Atlas Sarrafoğlu (Turquie)

Une conférence organisée en collaboration avec :

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Focus COP 26 – Distinguer les fausses promesses des vraies solutions concernant le climat

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

Pour marquer le moment où aurait dû se dérouler la COP, la Coalition COP26 a organisé un rassemblement mondial offrant un espace d’échange et d’élaboration de stratégies pour la justice climatique. Des réflexions ont par exemple été proposées sur la décroissance ou l’obstruction de la transition, à retrouver sur notre blog. Cet article revient sur la conférence du 13 novembre qui se proposait de distinguer les fausses promesses des vraies solutions concernant le climat. 

Pourquoi parle-t-on de fausses solutions ? 

Le réchauffement climatique fait l’objet d’un consensus scientifique. Les décideur·euse·s politiques et économiques du monde entier l’ont intégré. De fait, de nombreuses solutions à la crise climatique sont proposées. Certaines sont intéressantes, mais d’autres ne règlent pas le problème climatique à sa source ; elles ont même toutes les chances de l’aggraver. 

Ces solutions sont dénoncées comme fausses par les associations de protection de l’environnement pour plusieurs raisons. Elles peuvent être plus polluantes que les technologies qu’elles ont vocation à remplacer – par exemple, les agro-carburants (combustibles à base de végétaux), souvent plus polluants que les énergies fossiles. De plus, elles s’attachent à réduire les “émissions négatives” plutôt que les émissions réelles en exploitant la capacité de la biosphère à absorber le carbone ; on parle alors de “solutions fondées sur la nature”. Enfin, elles reposent parfois sur des technologies non maîtrisées, voire inexistantes.  

Les fausses solutions ont en commun de ne pas s’atteler à la tâche urgente de réduire nos émissions. Elles partagent en outre une terminologie séduisante, mais surtout très floue à y regarder. Justement, la conférence examinait entre autres la géo-ingénierie et l’objectif de zéro émission nette.

La géo-ingénierie pour “corriger” le climat

La géo-ingénierie désigne des techniques qui visent à manipuler et modifier délibérément le climat et l’environnement afin de corriger les dérèglements – causés par les activités humaines – à grande échelle et à court-terme.

Gopal Dayaneni, qui fait de la veille technologique pour ETC Group, insiste sur les termes de cette définition. D’abord, le caractère délibéré de l’altération du fonctionnement de la géophysique naturelle de la Terre. Quand nous brûlons des combustibles fossiles, nous perturbons malgré nous le système Terre (les économistes parlent d’externalité). La géo-ingénierie le fait à dessein. Ensuite, l’ambition macroscopique de la géo-ingénierie : il s’agit de modifier le fonctionnement de la planète entière. Enfin, les tenants de la géo-ingénierie “invoquent l’urgence climatique pour recourir à des mesures improbables, expérimentales et instables”. 

Vers des perturbations atmosphériques volontaires ? 

Mais de quoi s’agit-il concrètement ? A Harvard, les géo-ingénieurs du projet SCoPEx veulent simuler une éruption volcanique pour filtrer les rayons du soleil et ainsi rafraîchir le climat. Au large du Canada, l’entreprise Haida Salmon Restoration a déversé 100 tonnes de sulfates de fer dans l’océan, dans le but de le “fertiliser” et d’accroître la quantité de phytoplancton, en baisse inquiétante. Gopal Dayaneni a aussi mentionné l’Arctic Ice Project, anciennement Ice911. Cette ONG disperse des microsphères creuses de silice sur la glace de l’Arctique avec l’intention d’augmenter le pouvoir réfléchissant de la glace polaire et d’en ralentir la fonte. La fondatrice de l’ONG semble toutefois indiquer qu’il ne s’agit pas de géo-ingénierie, ou alors de “géo-ingénierie douce”.

Gopal Dayaneni rappelle que la géo-ingénierie est financée par Shell, Exxon Mobil ou Bill Gates ; ce dernier soutient le projet SCoPEx depuis plusieurs années. La géo-ingénierie est historiquement soutenue par des politiciens conservateurs. Elle “promet de répondre aux préoccupations liées au réchauffement climatique pour seulement quelques milliards de dollars par an. Au lieu de pénaliser les Américains ordinaires, nous aurions la possibilité de lutter contre le réchauffement climatique en récompensant l’innovation scientifique », expliquait en 2008 le républicain Newt Gingrich. 

Mais Gopal Dayaneni met en garde : de plus en plus de scientifiques, de gouvernements et même d’ONG envisagent la géo-ingénierie comme une solution crédible. Depuis 2018, même “les scénarios du GIEC pour maintenir le réchauffement en dessous de 2°C s’appuient sur certains éléments de la géo-ingénierie”.

Viser le « zéro net » sans réduire les émissions ? 

Les solutions rattachées au “zéro émission nette” ont aussi le vent en poupe. Cet objectif était d’ailleurs au centre du Dialogue sur le climat organisé par les Nations Unies fin 2020. Objectif louable, il cesse de l’être quand on fait abstraction des émissions réelles (ou brutes) et qu’on se focalise uniquement sur la compensation de ces émissions (dites “émissions négatives”). Cette compensation repose sur la capacité de la biosphère à absorber le carbone ; on parle alors de “solutions fondées sur la nature”. 

Sara Shaw, de l’association les Amis de la Terre International, explique que les fausses solutions en lien avec l’objectif de “zéro net” peuvent être utilisées par des pays et des entreprises pour continuer et amplifier l’extraction de combustibles fossiles. Plutôt que de passer à une production d’énergie à faible teneur en carbone ou d’augmenter leur efficacité énergétique, ils se concentrent sur le stockage ou la compensation des émissions, qui selon eux, ne peuvent être évitées. Leurs stratégies reposent alors sur des technologies incertaines ou sur les services rendus par la nature, notamment dans les pays du Sud.

Depuis 2019 par exemple, Shell a investi 100 millions de dollars par an dans des projets de reforestation. Pour Sara Shaw, ce genre de solutions fondées sur la nature ont des impacts terribles dans le Sud : accaparement des terres, monoculture, chute de la biodiversité, épuisement des nappes phréatiques, famine… C’est pourquoi les communautés indigènes, déjà les plus touchées par le problème climatique, contestent ces solutions.

Des outils utilisés contre la transition, au détriment des plus vulnérables

L’objectif de “zéro émission nette” ou les solutions fondées sur la nature ne sont pas un problème en soi. Mais leur utilisation “retarde la prise de mesures concrètes et permet aux entreprises de continuer à exploiter les combustibles fossiles”, explique Sara Shaw. 

Dans le contexte d’échanges mondialisés et inégalitaires, ces fausses solutions consistent pour les “grandes entreprises occidentales à continuer à utiliser l’atmosphère comme une poubelle, en utilisant les terres du Sud comme leurs puits de carbone”, regrette Dipti Bhatnager, coordinatrice au Mozambique pour les Amis de la Terre ; “les fausses solutions s’ajoutent aux problèmes et dévastent plus de vies”.

Mais quelles sont les vraies solutions au réchauffement climatique ?

Sont bonnes toutes les solutions qui diminuent l’impact des activités humaines plutôt que de les compenser ; toutes celles qui touchent aux causes plutôt qu’aux conséquences. Il s’agit donc d’adopter des politiques publiques pour changer les comportements humains, pas celui de la nature. Par exemple, le dernier rapport du Shift Project propose cinq axes pour décarboner la mobilité en Vallée de la Seine.

A une échelle plus grande, Dipti Bhatnager, a présenté différents principes à adopter pour  permettre la transition écologique et sociale. 

La solidarité comme fondement moral

Le modèle de valeurs doit d’abord changer, et la morale être pensée séparément de ses propres intérêts. Ce qui devrait primer n’est pas la réalisation de soi, mais plutôt, l’épanouissement de chacun dans un tout social et environnemental. Il faut refuser qu’en raison de leur naissance, certain·e·s soient systématiquement exploité·e·s au profit d’autres. Dipti Bhatnager parle ici des populations des pays pauvres dans un système néolibéral et des femmes dans un système patriarcal. Elle insiste sur l’attention et les soins apportés par les femmes, qui devraient être valorisés (non pas monétairement bien sûr). En tant que fondement moral, la solidarité est une solution à la crise climatique. 

Lever les obstacles économiques et financiers

Suivant ce changement moral qui a toutes les chances de rénover nos démocraties, il faut ensuite lever les obstacles économiques et financiers à la transition. Cela signifie notamment démanteler le pouvoir excessif des grands groupes privés. Il faut rendre les entreprises responsables aux niveaux local et international. Dipti Bhatnager mentionne notamment une initiative visant à faire payer les entreprises les plus polluantes, d’après une feuille de route engageant leur responsabilité. 

Il s’agit aussi de supprimer les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE). Ces mécanismes permettent à des investisseurs privés de poursuivre les États qui agissent contre leurs intérêts, et bloquent la transition. Au contraire, les moyens financiers doivent servir directement la transition, notamment dans les pays du Sud. 

Valoriser ce qui fonctionne, construire des solutions globales

Enfin, Dipti Bhatnager insiste sur l’importance de valoriser ce qui fonctionne déjà dans l’organisation sociale, dans une approche systémique. Elle entend par exemple “s’appuyer sur les systèmes agro-écologiques et alimentaires paysans et la gestion communautaire des ressources naturelles”. “Les petits exploitants agricoles nourrissent actuellement 70% de la population mondiale” rappelle-t-elle. 

Comme le montre l’exemple de l’alimentation, le changement climatique n’est pas qu’un problème technique isolé. “Il ne s’agit pas d’un problème de concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère, mais de la vie humaine”. Il ne s’agit pas de lutter contre une crise unique, mais de construire une réponse adaptée aux crises sociales, écologiques…

La réaction au changement climatique est en effet ancrée dans le récit linéaire de la conquête. “Il faudrait changer cela et interroger notre relation aux autres et à l’environnement”, conclut Gopal Dayaneni avec espoir. Et il en faut, car c’est le désespoir qui mène aux fausses solutions. 

Article rédigé par Gabriel Goll, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

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Focus COP 26 – Un objectif de neutralité carbone pour l’industrie de la mode

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 10 novembre de la CCNUCC à l’occasion du « Race to Zero » a permis d’identifier les actions clés pour atteindre le zéro émission de carbone à l’horizon 2050 pour l’industrie de la mode.

Les enjeux environnementaux de l’industrie de la mode

Le mot qui ressortait le plus lors de cette conférence, mais aussi dans beaucoup d’autres, était « collective » ou « coopération » et « ensemble ».

Les intervenant·e·s avaient l’air de bien comprendre les enjeux de cette “course vers le zéro émission” et de savoir ce qui doit être fait, ce qui doit changer dans le domaine de la mode et que ça doit changer très vite. La discussion est très centrée sur le fait que l’industrie de la mode doit aller plus loin que les techniques qui existent déjà en matière de réduction des émissions, qu’il faut innover, accélérer les efforts pour avoir un impact concret et qu’il n’y a pas de temps à perdre pour prendre ce tournant. Nous pouvons voir sur l’image ci-dessus les différents piliers du Pacte de la mode (Fashion Pact) qui reprennent ces éléments sous le pilier indispensable de la gouvernance.

Où en est-on ? 

Il est rappelé que les objectifs de l’accord de Paris sont loin d’être respectés pour le moment dans ce secteur, d’où l’urgence et la nécessité d’accélérer. Le système doit changer et toutes les parties prenantes doivent jouer un rôle dans cette transition, notamment le gouvernement. L’importance de l’équilibre dans la participation de chacun, de l’éthique et du partage des coûts est soulignée pour que ce changement ne soit pas réalisé au détriment de certains acteurs, notamment les pays en développement.

Les actions clés des acteurs dans le secteur de la mode

Les objectifs doivent être énoncés clairement, sans confusion possible : quelle est la meilleure chose à faire ? Quelles sont les ressources ? Quelles seront les difficultés à anticiper ? Quel est le rôle de la gouvernance et des chefs d’entreprise dans cette transition ? Etc.

Il faut que chacun avance dans la même direction à travers des actions clés collectives de décarbonation que vous pouvez retrouver sur cette image.

Les actions clés pour atteindre la neutralité carbone (diaporama de la conférence)

Une des actions clés qui est particulièrement détaillée est la nécessité de substituer certains matériaux très polluants dans l’industrie du textile. La séquestration de carbone est aussi évoquée comme l’une des technologies qui aideraient à réduire les émissions de CO2.

Perspective de réduction des matériaux les plus polluants (diaporama de la conférence)

Les opportunités et challenges identifiés dans ce secteur sont divers :

  • la mise à grande échelle des solutions existantes qui ont prouvé leur efficacité ;
  • la nécessité d’envoyer un message marketing très clair (notamment concernant les matériaux bio) ;
  • l’importance de l’engagement dans une voie de décarbonation (aller plus loin que les fausses promesses avec un vrai et profond engagement des différents acteurs) ;
  • la nécessité de prouver aux investisseurs qu’il y aura un retour sur investissement et qu’il n’y a pas de risque pour avoir les fonds et mettre en œuvre ces actions clés.

Les acteurs doivent être sincères et voir la réalité de l’impact carbone du secteur de la mode pour arrêter de se précipiter dans la mauvaise direction et arrêter le business as usual et, encore une fois, ne pas perdre de temps.

La responsabilité des consommateurs 

Un autre point qui est abordé est la responsabilité des consommateurs. En tant que partie prenante, les acheteurs ont aussi leur rôle à jouer dans cette transition. En effet, nous allons devoir payer plus pour acheter des vêtements plus durables, c’est un investissement. Les consommateurs doivent apprendre à acheter de la valeur et de la durabilité. Pour cela, les grandes marques de textile doivent mettre en place une meilleure et plus intelligente transparence pour que les acheteurs sachent réellement ce pour quoi ils payent. 

Mais est-ce que la simple sensibilisation des consommateurs suffirait à modifier le marché de la mode ? Malheureusement, ce n’est pas si simple. De plus, même si les mentalités changent dans la bonne direction, cela prend du temps et justement nous en manquons. On ne peut pas attendre que chaque consommateur choisisse de changer ses habitudes et nous avons besoin de solutions à plus court terme.

Un retard à rattraper pour l’industrie de la mode

Il est intéressant de noter que l’enjeu environnemental derrière cette nécessité de décarboner l’industrie est énorme et extrêmement complexe, ce qui requiert des solutions tout aussi complexes et multiples. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une méthode de réduction des émissions, nous devons agir à toutes les échelles avec des stratégies interconnectées et agir collectivement sur tous les plans.

En conclusion, il faut être très ambitieux pour rattraper le retard de l’industrie textile par rapport aux objectifs fixés pour 2050. Mais si les acteurs du secteur de la mode arrivent à mettre en place des stratégies à grandes échelles en collaboration avec les autres secteurs comme l’énergie et le transport, alors tout est encore possible et le challenge est là.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Nigel Topping, champion de haut niveau pour l’action climatique COP26
  • Gonzalo Muñoz, champion de l’action climatique de haut niveau COP25
  • Kehua Hu, directeur de la gestion durable au Conseil national chinois du textile et de l’habillement
  • La Rhea Pepper, directeur général, Bourse du textile
  • Morten Lehmann, responsable du développement durable, Global Fashion Agenda
  • Rahul Bhajekar, directeur général de Global Organic Textile Standard
  • Rubana Huq, président de l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh
  • Shari Friedman, responsable de la stratégie pour le changement climatique, IFC
  • Stefan Seidel, co-président de la Charte de la mode et responsable du développement durable chez Puma
  • Andrew Martin, directeur : Engagement des parties prenantes et développement commercial au niveau mondial pour la SAC
  • Modératrice, Laila Petrie, PDG de 2050

Tout savoir sur le Fashion Pact : 

Les impacts environnementaux de l’industrie textile :

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Focus COP 26 – Dialogue entre la jeunesse et l’industrie agroalimentaire sur le futur de l’alimentation et de l’agriculture pour atteindre la neutralité carbone

vendredi 18 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 17 novembre de la CCNUCC à l’occasion du «  Race to Zero  » a réuni des multinationales de l’agroalimentaire qui ont présenté leur stratégie climat, et une nouvelle génération d’acteurs qui veut révolutionner les systèmes alimentaires.

Être neutre en carbone ou nourrir tout le monde, un choix à faire ?

La jeunesse héritant de cette planète doit maintenant faire preuve de créativité et d’idéalisme pour construire un nouveau business model durable pour l’alimentation et l’agriculture.

La première industrie agroalimentaire à intervenir est Impossible Food représentée par Rebekah Moses qui produit de la nourriture habituellement d’origine animale comme la viande à partir de plantes. Il est souligné que leur objectif n’est pas d’atteindre le zéro carbone net d’ici 2050 mais de produire des aliments à base de plantes à grande échelle pour réduire au maximum l’impact de l’alimentation des gens sur le climat. En effet, atteindre la neutralité carbone n’est pas leur principal objectif. Selon la représentante de la marque, pour nourrir tout le monde il sera difficile de s’enfermer dans une volonté de zéro carbone net. Encore une fois, leur objectif est de fournir une nourriture durable à grande échelle. De plus, le but n’est pas de réduire l’empreinte carbone à l’horizon 2050 mais beaucoup plus tôt (2035 ?) à l’aide d’alimentation à base de plantes, de programmes zéro déchet, etc.

Le soutien des consommateur·trice·s est nécessaire

Les multinationales ne doivent pas attendre que les consommateur·trice·s fassent le choix de changer leurs habitudes, elles doivent elles-mêmes rapidement changer leur mode de production. Selon Leah Bessa, co-fondatrice de Gourmet Grubb, nous avons les moyens de révolutionner l’agriculture de manière radicale et à grande échelle. Mais pour cela les consommateur·trice·s doivent soutenir ces initiatives car la compétition est rude avec les grosses industries de l’agroalimentaire qui produisent des aliments non durables. Sans le soutien des consommateur·trice·s, ces nouvelles entreprises alternatives ne peuvent pas lutter contre les autres marques qui détruisent la planète. Elles ont besoin d’un marché et d’une viabilité économique qu’elles ne peuvent atteindre que grâce aux acheteur·euse·s.

Cependant, d’après Anna Turrell, qui dirige le pôle environnement chez le groupe de supermarchés Tesco, on ne peut en aucun cas forcer le consommateur à acheter un produit particulier ; mais on remarque quand même que la vente des produits à base de plantes est déjà en nette augmentation. Afin de mettre en avant ces produits alternatifs, des stratégies sont mises en place dans les supermarchés, comme des aménagements particuliers dans les rayons, et des méthodes de sensibilisation. Il est important de faire preuve de transparence et de partager toutes les informations nécessaires aux consommateur·trice·s pour les encourager à acheter le bon produit. La mise en place de bases de données est donc un enjeu important pour ces marques. 

Les multinationales doivent soutenir leurs agriculteur·trice·s

Un autre enjeu de la transition dans l’agroalimentaire pour la réduction de l’empreinte carbone se situe au niveau des agriculteur·trice·s, qui ont besoin de soutien pour mettre en place des solutions alternatives et durables. La cofondatrice de Zafree Paper, Bethelhem Dejene, a alors demandé à Rebekah Moses (Impossible Food) et Laurent Freixe (Nestlé) leurs actions pour soutenir leurs agriculteur·trice·s. D’après Laurent Freixe, Nestlé a un cahier des charges exigeant avec des actions concrètes sur les questions de traçabilité, de durabilité, de droits de l’homme etc. Le groupe travaille notamment avec des jeunes entrepreneur·euse·s.

De son côté, Impossible Food cherche à réduire les monocultures et la pression de l’agriculture sur les sols en cherchant à travailler avec des agriculteur·trice·s qui utilisent des méthodes régénératives plutôt que des modes d’agriculture intensive. On peut ajouter que Beatriz Perez a souligné les efforts de Coca Cola dans le soutien d’une agriculture régénérative. De plus, la multinationale soutient aussi de nombreuses femmes agricultrices dans les pays en développement grâce à des formations, des ressources financières ou encore des outils pratiques pour la gestion des sols.

Faire de l’agriculture un rêve pour la jeunesse

Pour finir, le « champion du climat » de la CCNUCC pour la COP25 Gonzalo Monuz met en avant l’importance du dialogue sur le climat (à la différence d’un débat) qui permet d’avancer et de remettre les autres en question tout en les respectant. Le défi de la jeunesse est de rééduquer le monde avec des valeurs comme la protection des écosystèmes, l’attention, la régénération etc. Pour cela, il faut faire preuve de transparence et d’imagination pour mettre en place un programme innovant et donner envie aux jeunes de travailler dans l’agriculture. Ce secteur a besoin d’une nouvelle génération d’agriculteur·trice·s motivée à changer la norme dans les pays développés mais aussi dans les pays en développement.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Aoife Brophy Haney, maître de conférences sur l’innovation et l’entreprise au département de recherche de Saïd Business School
  • Kaya Axelsson, responsable des politiques de neutralité carbone, Smith School of Enterprise and the Environment
  • Rebekah Moses, Responsable des stratégies de réduction d’impact à Impossible Food
  • Beatriz Perez, vice-présidente senior et directrice des communications et des affaires publiques, responsable de la durabilité et du marketing des actifs, Coca Cola
  • Laurent Freixe, PDG de la zone américaine, Nestlé 
  • Anna Turrell, Responsable environnement, Tesco
  • Bethlehem Dejene, Entrepreneuse et co-fondatrice de Zafree Paper 
  • Leah Bessa, Entrepreneuse et co-fondatrice de Gourmet Grubb 
  • Rufino Escasany, Agriculteur régénératif argentin et co-fondateur et directeur de Aspiring Citizens Cleantech
  • Kaluki Paul, Animateur – Afrique, Youth 4 Nature
  • Gonzalo Munoz, Champion chilien de haut niveau pour le climat de la CCNUCC pour la COP25

Une conférence organisée en collaboration avec :

Pour aller plus loin :

Pour revoir la conférence :

https://www.sbs.ox.ac.uk/oxford-answers/youth-setting-agenda-food-and-agriculture

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Focus COP 26 – La décroissance, c’est quoi ce truc ?

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 14 novembre de « From the Ground Up » organisée par la Coalition COP26 a permis d’éliminer l’idée de la croissance comme seul modèle économique possible et de réfléchir à la décroissance comme alternative à privilégier. 

Image de la Terre tirée de la présentation de Julia Steinberger ©  UNIL

Enjeux de la décroissance

Une croissance infinie dans un monde fini est impossible, nous commençons enfin à l’admettre et à agir en conséquence (il était temps !). C’est pourquoi un nouveau mode de pensée et de consommation commence à se mettre en place dans les esprits : le modèle de la décroissance.

En effet, on connaît bien l’urgence à laquelle on doit faire face maintenant : réduire de manière radicale nos émissions de gaz à effet de serre et même atteindre le zéro net ou presque d’ici les vingt prochaines années. Selon beaucoup de gens, dont les intervenant·e·s de cette conférence, le moyen le plus rapide, simple et sûr de réaliser cet objectif est de réduire sa consommation (voir la vidéo de l’astrophysicien Aurelien Barrau sur la décroissance).

Ce modèle reste encore plus de l’ordre des actions individuelles, d’un concept et de réflexions personnelles que d’un mouvement à proprement parler et certain·e·s (notamment dans les commentaires de la conférence) appellent à faire les liens (“to connect the dots”) entre les différentes initiatives prises par les associations et les personnes en matière de décroissance. D’autres appellent à relier le concept de décroissance à d’autres modes de pensées ou mouvements de justice climatique, féminisme, anti-racisme, anti-capitalisme entre autres.

Le féminisme et l’écologie

L’intervenante Corinna Dengler a mis en avant le lien entre féminisme et écologie en s’appuyant notamment sur le livre de Maria Mies intitulé Patriarchy & Accumulation on a World Scale, publié en 1986. Sa réflexion reposait sur une critique féministe de l’économie actuelle qui est considérée comme étant basée sur un système patriarchal et capitaliste qui épuise les ressources de la planète et est à l’origine de la situation climatique actuelle. 

De nombreux mouvements féministes tentent de se faire entendre maintenant contre l’extractivisme, les inégalités de genre, les violences contre les femmes ou encore la vision capitaliste patriarcale qui pousserait les femmes à s’occuper de la cuisine et du ménage. Elles encouragent donc à répondre à la « crise » écologique en prenant en compte cet axe de réflexion autour de la nature et des femmes considérées encore trop souvent tous deux comme des ressources à exploiter dans certaines zones du monde. (Pour plus d’information sur le lien entre féminisme et écologie, voir la conférence de Coalition COP26 sur le féminisme.)

L’impossible croissance verte

Pour les intervenant·e·s, un moyen d’avancer serait déjà de réaliser que la croissance verte est impossible pour enfin trouver un nouveau modèle économique viable pour répondre aux enjeux environnementaux.

Des participant·e·s vont même plus loin en commentaires en expliquant que les notions de « croissance verte » ou même « décroissance » nous induisent en erreur et ne sont pas les bons termes à employer, car ils s’attachent encore trop à la notion « croissance ». Il faudrait oublier complètement tout ce qu’on connaît de la croissance et changer le modèle économique en profondeur. Ils évoquent le concept d’économie régénérative ou « doughnut economics » (proposé par l’économiste anglaise Kate Raworth, voir son livre La théorie du donut, 2018) qui respecterait les besoins de chacun ainsi que les limites physiques de la planète. Cela reviendrait à baisser la consommation dans les pays riches et élever le niveau de vie dans les pays pauvres mais avec des techniques régénératives et circulaires.

La décroissance comme moyen de repenser ses besoins et de préserver son bien-être

De quoi ai-je besoin pour vivre ? De quoi ai-je besoin pour subvenir à mes besoins et être heureux ? Est-ce que la croissance et la surconsommation sont des conditions au bien-être ? Pourquoi est-ce que les humains sont toujours persuadés que la croissance est indispensable ? Comment décroître sans impacter le bien-être ? Comment les pays en développement peuvent-ils se développer sans ressources fossiles ? Que veut dire « avoir une vie décente » ?

Telles sont les questions qu’on doit se poser aujourd’hui ! La consommation infinie de ressources ne devrait plus être vue comme une nécessité pour le bien-être des humains, mais bien comme une catastrophe pour l’environnement, la santé et le bien-être de certains.

Le projet présenté par le professeur Julia Steinberger nommé « Living well within limits » (LiLi project) repose sur deux idées :

  • le fait que l’empreinte écologique est inégalement répartie dans le monde (les riches utilisent beaucoup plus d’énergie par exemple)
  • le fait que même s’il y a une forte corrélation entre l’usage des énergies fossiles et l’espérance de vie, l’utilisation de celles-ci ne sont pas une condition nécessaire au développement

Les acteur·rice·s de ce projet sont des chercheur·euse·s qui étudient la demande en énergie et le bien-être humain. Il·elle·s ont modélisé un modèle énergétique correspondant aux besoins pour avoir une vie décente pour les humain·e·s. Ils ont obtenu comme résultat que l’énergie suffisante pour qu’un être humain ait une vie décente en 2050 pourrait correspondre à 40% de notre consommation actuelle en énergie, même avec la hausse de population annoncée.

Résultats du Modèle énergétique des besoins pour une vie décente dans le monde (Millward-Hopkins, Steinberger, Rao & Oswald, 2020, Global Environmental Change

Une décroissance mais surtout une nouvelle manière de vivre

En conclusion, la question de la décroissance est aussi une question de rééquilibrage des conditions de vie dans le monde. C’est aussi une question de sens qu’on veut donner à sa propre vie, de conditions au bonheur et au bien-être, de ce qui compte vraiment. Des questions doivent être posées, des réflexions doivent être faites et une transition dans différents secteurs et à différentes échelles doit être mise en place.

Pour finir, Vincent Liegey propose un modèle de démocratie plus directe pour réinventer une nouvelle économie : inviter les citoyen·ne·s à réfléchir à ce dont ils ont réellement besoin et les faire participer plus directement aux décisions d’un pays (en prenant l’exemple de la Convention Citoyenne pour le Climat).

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Vincent Liegey, auteur – Exploring Degrowth
  • Julia Steinberger – Université de Lausanne et co-auteure principale au GIEC
  • Elliot Hurst, Degrowth Edinburgh, co-auteur du blog degrowth.info
  • Corinna Dengler, Feminisms and Degrowth Alliance (FaDA)

Une conférence organisée en collaboration avec : Degrowth Edinburgh, Cargonomia

Autres réflexions sur la croissance verte et la décroissance :

  • A Green New Deal without growth? Riccardo Mastinia, Giorgos Kallisa , Jason Hickel, 2020
  • Jean-Marc Jancovici sur la décroissance : l’économie peut-elle décroître ?
  • Pour aller plus loin, voici ce super mooc (gratuit) sur l’écologie politique réalisé par le philosophe Dominique Bourg de l’université de Lausanne dans lequel les concepts de croissance verte, durabilité faible ou forte ou encore de décroissance sont analysés : https://www.coursera.org/learn/ecologie-politique 

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Focus COP 26 – À la rencontre de l’ambitieuse Nisreen Elsaim

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

Le dernier événement de la pré-COP26 a réuni des jeunes activistes venant des quatre coins du monde. Parmi eux, des activistes issu·e·s de pays du Sud – comme Nisreen Elsaim – venu·e·s témoigner de l’urgence d’agir face à la crise climatique qui détruit son pays.

En janvier 2020, un scandale frappe la sphère politique. Vanessa Nakate, une jeune militante environnementale ougandaise pose aux côtés de Greta Thunberg et de trois autres militantes américaines à la sortie d’une conférence de presse. Problème : la photo est recadrée par la presse et Vanessa Nakate n’apparaît plus. Elle a disparu. Cette « disparition » ou plutôt cette « invisibilisation volontaire » des jeunes activistes non-occidentaux·ales est malheureusement trop fréquente, lorsque l’on aborde le changement climatique.

Trop souvent, les questions environnementales sont abordées d’un point de vue américano-européen, oubliant que ceux qui sont les plus touché·e·s par le changement climatique sont avant tout les pays en voie de développement. Selon Vanessa Nakate, l’enjeu du changement climatique a été occidentalisé ; « lorsqu’il est débattu au Nord, c’est sous l’angle du risque de crise économique pour les pays riches. Ils ne réalisent pas que pour nous, c’est un drame tangible ». Trop souvent les jeunes activistes de ces pays sont exclu·e·s des tables de négociations, trop peu écouté·e·s, ils et elles sont relégué·e·s au second plan.

Alors, il devient plus que jamais nécessaire d’écouter les voix de ces jeunes. Aujourd’hui, nous rencontrons l’une d’entre elles lors de la discussion « Youth4Climate: Driving Ambition » : Nisreen Elsaim.

Le parcours hors du commun de Nisreen Elsaim

Née au Soudan, Nisreen Elsaim est diplômée en physique et énergies renouvelables. Elle a réussi à combiner sa formation scientifique avec un engagement appuyé dans le domaine du développement durable. Nommée l’une des 100 jeunes les plus influentes d’Afrique, elle a coordonné le Youth Environment Sudan (YES), une organisation environnementale « parapluie » qui coordonne l’action de plus de 1 000 associations environnementales au Soudan. Elle a également coprésidé l’Organisation de la Jeunesse Soudanaise pour le Changement Climatique (SYOCC) et a dirigé la Conférence Africaine de la Jeunesse (COY Afrique). Et ce n’est pas tout ! Elle est aussi membre active de l’Alliance Panafricaine pour la Justice Climatique (PACJA) et a été nommée l’une des 30 Envoyée Spéciale pour la Jeunesse de l’ONU. Un sacré CV !

Le Soudan, un pays qui subit de plein fouet le réchauffement climatique

Mais comment en est-elle arrivée là ? Nisreen nous a expliqué, pendant cette discussion organisée par l’ONU, que c’est bien la situation dans son pays natal qui l’a poussée à s’investir pour notre planète. En effet, le Soudan – pays fortement dépendant de ses ressources naturelles – subit de plein fouet le changement climatique. Entre les catastrophes naturelles, le dérèglement climatique (sécheresse, feux, et inondations), les problèmes de santé liés à la pollution, les épidémies, la surexploitation des sols et des cours d’eau, le manque de législation protectrice, et les conflits autour des ressources, le pays se retrouve dans une insécurité permanente. Nisreen explique que « l’instabilité causée par le changement climatique a joué un rôle majeur dans les conflits au Soudan. Les questions de la terre, de la nourriture, de la sécurité de l’eau et de la santé des Soudanais·e·s sont toutes liées à leur environnement. Ils sont tous·tes vulnérables au changement climatique. »

Un rayon d’espoir

Malgré cette situation catastrophique, Nisreen garde espoir et affirme : « les jeunes sont la solution. Grâce à notre connaissance approfondie de la technologie, notre capacité à innover, notre connectivité aux connaissances locales et internationales, nous pouvons travailler ensemble pour trouver des solutions. En orientant notre énergie et nos efforts vers la conduite de politiques, la création de stratégies qui nous permettent de nous adapter, d’élever nos voix dans les négociations sur le climat, nous pouvons faire la différence. » Alors, faisons la différence !

Article rédigé par Ombeline Siraudeau, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

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Focus COP 26 – Climat, Covid et capitalisme : pourquoi il nous faut un Green New Deal mondial ?

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

La conférence du 15 novembre de « From the Ground Up » organisée par la Coalition COP26 a permis de présenter différentes visions de ce que serait un « Green New Deal » et de proposer des raisons et des moyens de lutter contre le système capitaliste.

Les différents enjeux du Green New Deal

Le Green New Deal serait une transformation totale du système économique, politique, social afin de le rendre durable, notamment dans sa manière de fournir de l’énergie et de la nourriture. Les citoyen·ne·s du monde réclament un système contrôlé par le peuple et non par les multinationales qui cherchent le profit à tout prix. Il ne s’agit pas de trouver un chemin unique pour « sauver le monde » mais d’ouvrir les voies du possible et d’encourager les différentes actions et mouvements qui vont dans ce sens. De plus, cette transformation ne doit surtout pas aggraver la situation dans les pays en développement ou accroître les inégalités mais permettre de réimaginer un monde de partage et de solidarité.

« Le Green New Deal est une métaphore pour des actions ambitieuses »

Seb Ordonez, War on Want

Selon le Dr Sivan Kartha(1), le point commun à l’origine de toutes les dérives et tragédies dans l’histoire des civilisations est le problème des inégalités. L’origine du problème est que les élites qui consomment, utilisent les ressources et exercent le plus de pouvoir sur le monde sont aussi celles qui sont isolées des impacts de leurs actions. Elles ignorent les conséquences de toute la pollution et la pression sur l’environnement qu’elles engendrent.

D’après la Dr Vasna Ramasar(2) , les trois principales mesures qui serait à la base de ce Green new deal sont :

  • Arrêter de vivre au-delà des limites écologiques de la planète ;
  • Rendre le pouvoir au peuple et non aux riches multinationales ;
  • Repenser ce que signifie « avoir une belle vie », cette idée est ensuite appuyée par l’auteure Kate Aronoff qui dénonce l’abondance caractéristique des Etats-Unis qui ne rend pas les gens plus heureux et favorise les inégalités.

En effet, il faut reconnaître la richesse et la diversité du monde sans forcément chercher une solution unique mais en commençant par reconnaître nos erreurs et l’injustice du monde dans lequel on vit.

La scientifique et activiste Dipti Bhatnagar présente son travail au sein l’ONG Friend of The Earth International basée au Mozambique et met en avant les fausses solutions au problème climatique contre lesquelles elle lutte. Ce projet international porte sur la justice climatique et l’énergie. Elle se bat aussi pour le droit de dire « non » au désastre et à la destruction qui arrivent sur leurs terres ou dans leurs régions et contre lesquels ils·elles se sentent souvent impuissant·e·s face aux grandes sociétés. De plus, ils·elles réfléchissent à des sujets plus politisés comme le néocolonialisme, le racisme, la patriarchie, le capitalisme, la place de la femme dans les travaux de soins et d’entretien, la solidarité, etc. afin d’imaginer un monde futur.

Des alternatives aux systèmes économiques et politiques actuels

Comment changer le système actuel ? En effet, il est très difficile aujourd’hui d’imaginer des alternatives. On est souvent enfermé dans cette idée que le monde ne peut pas changer et qu’il est impossible de faire bouger les choses. Pourtant, il y a beaucoup de chemin à faire et de combats à mener. Il est indispensable qu’on sorte de cette illusion de l’impuissance et qu’on continue à créer des mouvements de lutte pour la justice climatique et à entreprendre des projets qui amélioreront la société. Il faut prouver à ceux qui pensent que le changement est impossible qu’ils ont tort. 

Le sentiment d’impuissance

La Dr Vasna Ramasar présente sept de ces actions à mener pour commencer à transformer la société. Elle commence par encourager le monde à reconnaître que nous vivons dans un monde capitaliste, raciste, patriarcal, anthropocentriste et injuste. Elle souligne ensuite la nécessité de changer le modèle économique et de changer le système de taxes qui profitent aux riches entreprises. Il faut aussi réfléchir à différents éléments comme les dettes financières des États mais aussi les dettes climatiques, la reconnaissance du travail difficile que les femmes réalisent au foyer et il faut repenser notre manière de consommer et de jeter. Il est rappelé que 10% des plus riches sont à l’origine de la moitié de la croissance en émissions de GES. Selon le Dr Kartha, il faut changer le système politique pour pouvoir ensuite changer le système économique.

Un monde plus solidaire

Les États et les entreprises qui ont le pouvoir ne vont pas l’abandonner aussi facilement. Pour Dipti Bhatnagar, le pouvoir devrait être au gouvernement, qui représente le peuple et doit prendre soin de la population et non des gros pollueurs. Il faut reprendre le pouvoir et renforcer la démocratie puis construire le monde sur des bases solides de solidarité et d’humanité.

Si tout le monde faisait preuve de plus d’empathie et réalisait que chacun·e existe grâce aux autres et que chaque humain est intrinsèquement lié aux autres, alors moins de peuples souffriraient de pauvreté et de mauvaises conditions de vie. Si on pense que notre vie a de la valeur, alors on doit reconnaître que celle des autres en a aussi et on doit les aider à vivre dans de bonnes conditions.

Il s’agit de laisser de côté l’individualisme et le consumérisme et de réaliser que nous sommes interconnecté·e·s par notre environnement et prendre aussi compte du reste du vivant non humain. C’est le concept de la philosophie africaine désigné par le mot « ubuntu ». Il faut construire sa vie autour de l’espoir et croire en l’humanité. 

Quelle démocratie pour un avenir durable ?

Pour conclure, suite à l’élection de Joe Biden dont ils se réjouissent, le Dr Kartha et Kate Aranoff proposent des mesures pour renforcer la démocratie aux États-Unis qui selon eux a perdu son vrai sens. Il faut réformer la manière dont les campagnes sont financées, réformer le système électoral pour prévenir l’abstention qui touche notamment les communautés de couleur et changer le système d’élection via les grands électeurs qui est biaisé.

Ainsi, beaucoup de réflexions sont menées sur le système capitaliste, sur le renforcement de la démocratie pour rendre le pouvoir au peuple mais aussi et surtout, sur la solidarité et les valeurs sur lesquelles on doit s’appuyer. On doit garder espoir et prouver que le changement est possible.

Article rédigé par Cécile Tassel, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

NDLA : Je m’excuse de ne pas avoir pu transcrire dans ce texte le point de vue de l’Amérique Latine représenté par Enrique Viale, consultant et spécialiste en politique et législation environnementales, car je n’ai pas eu accès à la traduction de l’espagnol.

De plus, outre le fait que cela cause un problème majeur de plus à gérer pour les diférents pays, la crise sanitaire de la pandémie du COVID a été très peu discutée c’est pourquoi elle n’est pas évoquée dans cet article

Intervenant·e·s de la conférence :

  • Dr Sivan Kartha – co-auteur principal au GIEC et de A Civil Society Equity Review (Stockholm Environment Institute)
  • Enrique Viale – Pacto Ecosocial del Sur (Avocat environmental, Argentinian Association of Environmental Lawyers)
  • TBC – Red New Deal (Red Nation)
  • TBC – Africa Climate Justice Convergence
  • Vasna Ramasar – Global Tapestry of Alternatives (Lund University Centre for Sustainability Studies)
  • Kate Aronoff – US Green New Deal (rédactrice dans The New republic, auteure)

Une conférence organisée en collaboration avec : Global Green New Deal, War on Want, The Leap

Références :

(1) : Muttitt, Greg & Kartha, Sivan. (2020). Equity, climate justice and fossil fuel extraction: principles for a managed phase out. Climate Policy. 20. 1-19. 10.1080/14693062.2020.1763900

(2) : Darren McCauley, Vasna Ramasar, Raphael J. Heffron, Benjamin K. Sovacool, Desta Mebratu, Luis Mundaca, Energy justice in the transition to low carbon energy systems: Exploring key themes in interdisciplinary research, Applied Energy, Volumes 233–234, 2019, Pages 916-921, ISSN 0306-2619, https://doi.org/10.1016/j.apenergy.2018.10.005.

Pour aller plus loin sur la raison de l’inaction face aux gros enjeux de notre temps :

Pour aller encore plus loin sur la pensée écologique et la nécessité de changer notre manière de vivre :

https://www.canopee12.fr/files/DOCUMENTS/Propositions_pour_un_retour_sur_Terre.pdf

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Focus COP 26 – Les solutions fondées sur la nature et leur place dans les dialogues climatiques

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

Alors que la COP 26 est reportée à l’année prochaine, comme on vous l’expliquait il y a quelques semaines, l’organe de l’ONU dédié aux questions climatiques a tout de même souhaité organiser du 9 au 19 novembre des dialogues en ligne regroupés sous le nom de  « Race To Zero », littéralement course vers zéro émission de gaz à effet de serre (GES). Un effort indispensable car c’est cette année justement qui a encore vu des catastrophes naturelles et sanitaires bouleverser l’humanité. D’où le besoin encore plus urgent de ne pas négliger les solutions fondées sur la nature pour atteindre l’objectif de 1,5°C.

Cet article portera donc sur ce qui s’est dit le 4e jour, consacré à la place de la nature dans la course (« Nature’s Place in the Race »), dont vous pouvez aller consulter les comptes-rendus et replays. Toutes les citations de l’article proviennent de ces discussions.

Figure 1 – Schéma synthétique de la démarche des solutions fondées sur la nature (© International Union for Conservation of Nature)

Quelles sont les différentes « solutions fondées sur la nature » ? 

Les solutions fondées sur la nature consistent essentiellement à protéger des écosystèmes intacts et à en réhabiliter d’autres. Parmi ces écosystèmes, on trouve notamment les forêts (forêts primaires,  mangroves), les océans (par rapport au plancton notamment) ou les zones humides.

Figure 2 – Infographie sur le rôle de séquestration du carbone par les milieux aquatiques côtiers tels que les mangroves (© Partnerships in Environmental Management for the Seas of East Asia)

On estime que 12Gt de GES pourraient être neutralisées dans l’atmosphère grâce à des solutions de cet ordre (on parle de séquestration du carbone). Plutôt efficace, non ? Pourtant, les solutions fondées sur la nature ne représenteraient aujourd’hui que 10% des fonds pour le climat.

La place de la nature dans les dialogues climatiques

Lord Goldsmith, ministre de l’environnement britannique, déclarait ainsi que « les solutions fondées sur la nature représentent environ un tiers de la solution [pour l’accord de Paris], c’est pourquoi le Royaume-Uni a choisi de placer la nature au centre de la campagne pour la COP26 ». En effet, deux journées entières ont été consacrées à ces problèmes au cours des évènements « Race To Zero » : une journée sur l’eau et les océans et une journée sur les solutions fondées sur la nature.

Il existe pourtant déjà une autre COP spécifiquement dédiée à la biodiversité, elle aussi reportée. Néanmoins, les objectifs du développement durable (ODDs) dont font partie les questions du climat et de la biodiversité sont étroitement liés. C’est pourquoi le fait de traiter de la nature dans des dialogues sur le climat s’est imposé comme un choix naturel (sans mauvais jeu de mots).

De plus, une solution terriblement efficace du point de vue climatique peut s’avérer mauvaise pour la biodiversité. L’hydroélectricité par exemple représente l’un des moyens de production d’électricité les moins émetteurs de GES et permet le stockage d’énergie à grande échelle : on parle par exemple de STEPs. Pourtant, elle peut avoir des conséquences déplorables sur la nature (et sur les populations à cause des relocalisations) : eau réchauffée, développement d’algues et de plantes invasives, dérèglement du cycle de migration de certaines espèces, risque de sécheresse accru, dérèglement de l’écoulement des sédiments, etc.

Comment avancer ?

Plusieurs fois pendant ces événements « Race To Zero », des intervenant·e·s ont mentionné le fait que la décennie qui vient de s’écouler a vu des avancées timides mais encourageantes, et que la décennie qui vient sera celle de l’action pour remplir les objectifs du développement durable. Le Leaders’ Pledge for Nature (“engagement des dirigeants pour la nature”) s’inscrit dans cette dynamique : près de 80 pays ont ainsi pris des engagements pour mettre en œuvre des actions plus ambitieuses à travers l’utilisation, la promotion ou le financement de solutions fondées sur la nature. L’objectif pour Gonzalo Muñoz (Champion du Climat depuis la COP25) est de « passer de plus de 70 pays à plus de 100 » d’ici à la COP26.

Ce document s’ajoute à plusieurs autres, dont la déclaration sur les forêts de New York de 2014 par exemple, mais va au-delà d’une simple énumération d’objectifs et identifie assez clairement des actions à mener. De plus, il encourage une démarche intégrante, notamment par rapport aux populations indigènes.

Les actions du secteur privé

Le constat est clair : respecter la nature n’est pas un bonus, et doit s’imposer pour être au cœur des décisions. Mais pour mettre en place des solutions adaptées, « il faut commencer par connaître sa chaîne de production et ses impacts » déclare Eric Soubeiran, cadre chez Danone. À Sagarika Chatterjee, Directrice du changement climatique chez PRI (Principes pour l’investissement responsable), d’ajouter ensuite « il y a besoin de standards pour les solutions fondées sur la nature ». Les investisseurs ont besoin de pouvoir se fier au caractère durable d’une solution. Ils soulèvent ainsi le problème du manque de moyens pour évaluer les solutions. Pourtant, des entreprises comme Unilever ne semblent pas avoir les mêmes limites pour commencer à prendre des mesures ambitieuses. On est donc en en droit de se poser la question : est-ce un réel manque d’outils ou plutôt de volonté des décideurs ?

Il faut ainsi admettre qu’un nombre croissant d’entreprises commencent à s’engager progressivement pour soutenir financièrement les solutions fondées sur la nature. C’est le cas d’HSBC par exemple, même si on peut douter à ce stade que leurs engagements soient aussi ambitieux que ce qu’ils annoncent. D’autant plus que pendant ce temps, les actions de la banque contribuent à la déforestation. Vous avez dit « greenwashing » ? 

Le rôle des populations indigènes

Selon Hindou Oumarou Ibrahim, représentante des femmes autochtones du Tchad, « les populations indigènes, responsables de la préservation de 80% de la biodiversité, doivent faire partie des processus de prise de décision, même si cela se passe en ligne ». Ces populations devraient donc participer aux décisions au même titre que toutes les autres parties prenantes, notamment lorsqu’il s’agit de leur environnement immédiat.

Ainsi, à l’avenir, il s’agirait par exemple de déterminer avec elles les modalités de protection des écosystèmes et de la mise en place (ou non) de parcs naturels. De plus, les populations indigènes pourraient contrebalancer notre réflexe de « civilisés » de chercher des solutions dans l’innovation ou la technologie plutôt que des solutions qui relèvent plus de l’atténuation de notre impact.

Garder une vision écosystémique

Les problématiques climatiques et celles de la biodiversité sont étroitement liées avec d’autres sujets du développement durable (l’emploi par exemple). C’est pourquoi j’espère que cet article aura pu pointer du doigt qu’à l’instar de la 3e action du Leaders’ Pledge for Nature, il nous faut  nous efforcer d’avoir une vue d’ensemble et éviter de hiérarchiser les ODDs, ou même les luttes en général.

Article rédigé par Amir Worms, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Sources :

Personnes citées :

Liens pour aller plus loin :

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Focus COP 26 – Obstruer la transition : l’arme secrète des entreprises de combustibles fossiles contre les politiques climatiques

vendredi 4 décembre 2020 par REFEDD

Jeudi 12 novembre dernier s’est tenue une conférence dans le cadre de la Coalition COP26, à l’occasion de “From the Ground Up”, sur les entreprises de combustibles fossiles et leurs atouts pour entraver la transition vers une énergie plus propre. En effet, alors que l’abandon du charbon et du pétrole apparaît nécessaire pour une transition écologique réussie, les investisseurs étrangers des combustibles fossiles disposent de moyens de pression contre les États, ce qui ralentit le processus. Cette conférence avait donc pour objectif de rappeler les enjeux de l’ISDS, tout en s’interrogeant sur les moyens pour empêcher ces entreprises d’entraver la transition.

Les enjeux des combustibles fossiles

La lutte contre le changement climatique implique une transition vers une énergie propre et renouvelable. En conséquence, la dépendance aux combustibles fossiles comme le charbon, le gaz ou le pétrole doit être réduite. Les gouvernements ont leur part à jouer dans cette transition, et peuvent prendre des mesures d’élimination progressive des combustibles fossiles.

Cependant, agir de la sorte créera des actifs échoués, c’est-à-dire des actifs économiques qui subiront des réévaluations à la baisse ou seront convertis en passifs. 

De ce fait, pour protéger leurs actifs, les investisseurs étrangers peuvent poursuivre les États qui d’après eux, négligent les règles de protection des investissements et nuisent à leur profit, devant un tribunal international, et réclamer une indemnisation. 

Ce processus est permis par le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE, ou ISDS pour investor-state dispute settlement en anglais). Etant donné que les entreprises qui investissent en dehors de leur pays prennent un risque, ce procédé est une sécurité pour elles. Aussi, pour réduire ce risque, certains pays ont accepté ce dispositif permettant de régler les litiges entre ces investisseurs étrangers et les États d’accueil. L’ISDS devient ainsi un moyen de pression pour les investisseurs étrangers, qui peuvent s’en prémunir pour renforcer leur position dans les négociations, les sommes obtenues en compensation lors des poursuites étant colossales, d’autant plus que plus de la moitié des affaires aboutissent à une indemnisation. La procédure est généralement classée confidentielle, avec peu de transparence et de participation. Les coûts de de la procédure sont très élevés pour les États, et les options pour contester les indemnisations sont limitées.

En tout, pour protéger les actifs des investisseurs étrangers, ce sont plus de 2 600 traités d’investissements et accords commerciaux qui ont été établis.

Des exemples d’actions engagées contre les États

Des investisseurs se sont retournés contre un État qui, selon eux, a enfreint les règles de protection des investissements, et ont obtenu des indemnisations. On peut prendre l’exemple de TransCanada, qui a déposé une demande d’indemnisation contre les États-Unis de 15 milliards de dollars, en réaction à l’arrêt de l’oléoduc Keystone XL. 

De même, aux Pays-Bas, un propriétaire de centrale électrique a exigé une indemnisation après la mise en place de la loi sur l’élimination progressive du charbon. 

Le risque maintenant est de voir le nombre d’États poursuivis par des entreprises du domaine des combustibles fossiles augmenter fortement alors que les États appliquent plus strictement leurs engagements climatiques. 

Comment surmonter cet obstacle ?

Pour surmonter cet obstacle, l’intervenante a expliqué que la mobilisation de tous était nécessaire.

Concernant les États, les États-Unis sont maintenant un leader mondial lorsqu’il s’agit de prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique. Un espoir réside dans les annonces de Joe Biden, récemment élu Président, qui s’est prononcé contre l’ISDS pour tous les futurs accords. Cependant, cela ne signifie pas qu’il mettra fin ou modernisera les anciens traités. 

De même, l’Europe a mis fin aux traités intra Union européenne, et certains pays du Sud ne signent plus d’accord avec l’ISDS ou mettent fin aux anciens accords. Ces progrès sont encourageants mais insuffisants, et la lutte doit continuer. 

Les approches politiques qui pourraient être concluantes sont de restreindre l’extraction, de réduire les subventions, de limiter les infrastructures, et d’éliminer progressivement leur présence. 

Approches politiques susceptibles de conduire à l’échec des actifsImage issue du PTT présenté

Des actions concrètes ont été proposées lors de cette conférence :  

  • Exposer ce que font les entreprises de combustibles fossiles
  • Exposer l’implication / le conflit d’intérêts d’autres gouvernements
  • Ne pas laisser les gouvernements céder
  • Demander aux gouvernements s’ils ont été menacés

Arrêter de protéger les investisseurs, protéger le bien commun

L’objectif de ces actions consisterait à délégitimer le système, et à ce que les menaces de compensation ne puissent plus être recevables pour les États. Cela faciliterait la transition vers une énergie propre et renouvelable.

Article rédigé par Cindy Delvoye, bénévole au REFEDD, membre de l’équipe qui suit l’actualité en lien avec la COP26.

Pour aller plus loin :

Cet article Focus COP 26 – Obstruer la transition : l’arme secrète des entreprises de combustibles fossiles contre les politiques climatiques est apparu en premier sur REFEDD - RÉseau Français des Étudiants pour le Développement Durable.


Retour sur le webinaire « Tout savoir sur le recyclage des mégots »

mercredi 2 décembre 2020 par REFEDD

Dans le cadre de la Semaine Étudiante de Réduction de déchets organisée par le REFEDD, un webinaire sur les conséquences environnementales du mégot a été organisé.

Selon les chiffres du Ministère de la Transition Écologique et de Novethic, on estime entre 20 000 à 25 000 tonnes la quantité de mégots jetés chaque année en France. Au-delà de la pollution visuelle, ces déchets représentent surtout une source de pollution environnementale majeure. Pour discuter de cette thématique, le REFEDD a fait appel à trois intervenant.e.s engagé.e.s dans la lutte contre ce déchet :

  • Nicolas RIBEYROL, directeur général délégué de la SABOM (Société d’Assainissement de Bordeaux Métropole).
  • Diane BEAUMENAY-JOANNET, représentante de SurfRider Foundation Europe,
  • Julien BOUHOUF, chargé de développement commercial d’ÉcoMégot à Lyon

Découverte de la politique territoriale de Bordeaux Métropole avec Nicolas Ribeyrol

Le webinaire a débuté avec l’intervention de Nicolas Ribeyrol. Après une brève présentation de la SABOM, il a introduit un sujet important : la pollution du fleuve de Bordeaux. 

Il a rappelé aux participant.e.s qu’aujourd’hui, les stations d’épuration ne sont plus en capacité d’abattre la quantité astronomique de micro-polluants auxquels elles font face. La pollution de la Garonne, c’est 665 tonnes de déchets récupérés, 200 Millions de mégots jetés à Bordeaux et des micropolluants invisibles en tous genres (médicaments, produits d’hygiène et d’entretien, peinture…). 

De plus, la SABOM a une vraie volonté d’engager les usagers à travers une campagne de sensibilisation “La Garonne commence ici”. 

“La Garonne commence ici” c’est : 

  • Des œuvres de street-art pour donner un écho plus fort au message et le transmettre au-delà d’une simple communication.
  • Des appel à projets  “Fonds de Développement Durable” : 10 projets associatifs soutenus en 2019 et 9 projets en 2020
  • Des hackathons regroupant 5 grandes écoles bordelaises soit plus de 100 étudiant.e.s de différentes filières. Le but est d’imaginer en 24h des projets à court, moyen ou long terme, qui seront ensuite sponsorisés par un fonds de Bordeaux Métropole. 
  • Une communauté de citoyen.ne.s engagé.e.s 
  • Un kit de communication pour sensibiliser les habitant.e.s de la métropole à l’impact sur le milieu naturel des déchets directement jetés sur la voie publique.

Cette campagne de sensibilisation a une volonté d’avoir un discours s’appuyant sur des canaux différents, pour toucher un maximum de population.

“Chacun.e peut avoir un geste au quotidien pour ne pas polluer la Garonne” 

Nicolas RIBEYROL
Exemples de contenus de la campagne de sensibilisation « La Garonne commence ici »

Les campagnes de plaidoyer de SurfRider Europe

Ensuite, ce fut au tour de Diane Beaumenay-Joannet de faire sa présentation. Elle représente Surfrider Foundation Europe, une association internationale militant pour la protection des océans. L’association sensibilise particulièrement à la pollution au mégot car il s’agit du premier déchet que l’on retrouve sur les plages, près des ruisseaux ou dans les océans ! Diane Beaumenay-Joannet a rappelé les campagnes de plaidoyers pour sensibiliser à la question du mégot, comme “L’initiative océane”, une campagne de ramassage et de constatation des déchets.

Elle a ensuite donné des clés pour sensibiliser et agir individuellement et collectivement contre cette pollution, avec par exemple la distribution et l’utilisation de cendriers de poche. 

Top 10 déchets des Initiatives océanes – SurfRider Europe

Dans la dernière partie de son intervention, Diane a présenté les enjeux de la loi Économie Circulaire de 2021 qui souhaite instaurer une exigence d’écoconception pour diminuer l’impact de la production de tabac sur l’environnement, plus de recherche et développement sur la fabrication et le recyclage des mégots.

Cette loi est en avance sur la directive européenne SUP (Single Use Plastic ou Plastique à Usage Unique) qui devrait être mise en place graduellement entre 2021 et 2023. Cette directive souhaite notamment instaurer une exigence de marquage sur les paquets sur l’impact environnemental, sur le même modèle que le marquage sanitaire, et à terme instaurer une filière à responsabilités élargie aux producteurs de tabacs. 

Ces législations traduisent de la prise de conscience de la pollution au mégot par les citoyens et les politiques, et donc de la volonté de chacun.e de réduire leur impact environnemental. Cela n’empêche pas des débats et des confrontations entre groupes d’intérêts divers et opposés. 

Les solutions de recyclage des mégots par EcoMégot

Pour finir le webinaire, Julien Bouhouf a présenté les engagements et missions d’EcoMégot. Cette entreprise implantée à Bordeaux et à Lyon propose des solutions originales pour valoriser les mégots.

Julien Bouhouf a commencé par rappeler que tout le monde est concerné par la problématique du mégot. Que nous soyons fumeur.euse ou non, nous consommons tou.te.s de l’eau contenant les micro-plastiques libérés lors de la dégradation des mégots dans l’eau ou la nature.

Sensibiliser les fumeur.euses à faire du cendrier de poche leur meilleur ami, ou interpeller nos entreprises et nos villes pour installer plus de cendriers dans des points stratégiques, voilà des actions que nous pouvons porter au quotidien.

Il a ensuite présenté les deux filières de valorisation développées par EcoMégot. La première repose sur la transformation des mégots en CSS (Combustible Solide de Substitution). Les mégots collectés sont envoyés dans des usines spécialisées dans le traitement de déchets dangereux, puis ils sont transformés en combustible permettant d’avoir une solution locale de valorisation et un impact carbone réduit. Ce système permet en effet de réduire l’utilisation d’énergies fossiles puisque l’énergie créée approvisionne de nombreuses entreprises comme des cimenteries.

La deuxième filière de valorisation des mégots s’effectue par leur recyclage. Il s’agit de considérer ces déchets comme des ressources en leur offrant une nouvelle forme. Puisque le mégot est principalement composé de plastique qui est une matière recyclable il peut être transformé en nouveaux objets (cendriers, structures d’aires de jeux en extérieur…).

EcoMégot a développé et déposé un brevet pour recycler les mégots sans eau ni solvant. D’autre part, cette entreprise fait appel à des chantiers d’insertion afin de promouvoir la création d’emploi pour les plus défavorisé.e.s.

« Processus de valorisation matière » par EcoMégot

En bref, si écraser sa cigarette au sol est souvent considéré comme un signe de prestance, notamment dans les films et les séries, il est important de réaliser que cet acte “anodin” a des conséquences immenses sur l’eau, la biodiversité et notre santé. C’est en amont par la sensibilisation, et en aval par le recyclage, que nous pouvons tout.e.s limiter la présence et les dangers du mégot sur l’environnement.

Article rédigé par Emma Freneaud, REFEDD


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Zoom sur la pollution plastique en milieu marin

mercredi 2 décembre 2020 par REFEDD

Le 26 novembre 2020, à l’occasion de la Semaine Étudiante de la Réduction des déchets, a eu lieu un webinaire sur la pollution plastique en milieu marin. Si vous l’avez raté, pas de soucis, on vous résume tout dans cet article !

Nage en eaux troubles avec Surfrider Foundation

La pollution plastique en milieu marin est indéniablement un vaste domaine, et c’est à l’association Surfrider Foundation Europe, qu’est revenue la tâche complexe d’introduire le sujet, représentée par Jennifer Poumey, chargée de mission déchets chez Surfrider, Coordination Méditerranée. Le domaine d’expertise de l’association évolue sur 3 thématiques phares : la qualité de l’eau et son impact sanitaire, l’aménagement du littoral en intégrant les dynamiques du changement climatique ainsi que l’identification et le traitement des déchets aquatiques.

Le portrait précis du déchet est dressé et défini comme un matériau fabriqué par l’homme dont la finalité se distingue en trois catégories :

  • Les déchets qui flottent, portés par les courants, et qui se retrouvent échoués sur les plages et littoraux.
  • Les déchets qui flottent dans les océans, et forment des zones de convergence résultant en de véritables « continents » de plastiques. Ils sont au nombre de 5 principaux et répartis dans les océans, avec une certaine concentration entre le Japon et Hawaï.
  • Les autres déchets qui se retrouvent au fond des océans. En effet, la plupart des déchets plastiques coulent, peu sont ceux qui flottent.

En réalité, les déchets flottants représentent uniquement 1 % de ce qui se trouve dans les milieux marins … et leur impact est double : d’une part, ils touchent la faune, car le plastique est une espèce invasive et se retrouve désormais dans des zones où il n’existait pas auparavant ; d’autre part, ils ont un impact sur l’homme et notamment sur sa santé car l’homme est au bout de la chaîne alimentaire.

Comment remédier au problème ?

Surfrider propose le projet Plastics Origin. Le principe est simple : des bénévoles motivé.e.s collectent des déchets sur la plage et font un décompte précis du nombre et type de déchets qu’ils récupèrent. Les données extraites serviront à édifier le plaidoyer de l’association pour mettre en place des solutions à grande échelle.

Source : Surfrider

Et il est important d’agir à la source, et ce notamment sur le problème des plastiques à usage unique. C’est un matériau très dangereux pour l’environnement dont le rapport entre production et utilisation est dérisoire : il suffit d’1 seconde pour produire un emballage plastique et son utilisation se limite à une vingtaine de minutes. De plus, ces objets ne se dégradent pas, ils vont uniquement se fragmenter en micro-plastiques, très difficiles à identifier et dont une partie considérable arrive dans le milieu marin directement sous cette forme, issus des cosmétiques (interdits depuis janvier 2018 en France), des fibres des vêtements textiles, des pneus, … En bref, l’origine est toute trouvée, les pollutions plastiques proviennent à 80 % du continent et du comportement des humains.

Source : Surfrider

Surfrider propose d’agir directement à la source du problème et promeut la réduction des déchets par les consommateurs : abolir l’emballage unique et le plastique de nos habitudes de consommations pour que ces déchets n’existent pas et que l’on ne les retrouve plus dans la nature.

La thématique de la pollution plastique nous emmène désormais à la rencontre d’acteurs engagés dans la protection de l’environnement en traitant une partie du problème avec une solution ingénieuse …

Une tortue ingénieuse : Green Turtle

Voici Green Turtle, un projet innovant porté par des étudiant.e.s de l’école d’ingénieur ESTACA, en région parisienne. Son objectif est de concevoir et de construire un robot-tortue traqueur de déchets et implantés dans une des plus grandes sources de pollutions plastique dans les milieux marins : les ports. Co-géré par Baptiste Jagoury et Thomas Gestel, tous deux étudiants ingénieurs, le projet se développe sur une catégorie de la pollution plastique, les macro-plastiques.

Source : Green Turtle ESTACA

Pourquoi s’attaquer à la pollution plastique dans les ports ? La raison est simple : les ports sont en réalité des clusters à déchets qui nuisent à la faune et à la flore locale et par ailleurs, ces déchets induisent de la nuisance auprès des touristes et plaisanciers. Le problème est déterminant et gêne vraisemblablement tout le monde, il est nécessaire de s’y attaquer.

Une partie de la réponse à cette pollution se dessine dans le projet de Green Turtle, une solution bio-inspirée (s’inspirer de la nature pour tenter de la sauvegarder). L’association est portée par 17 étudiant.e.s, réparti.e.s en 3 pôles techniques : le pôle propulsion, qui travaille sur une imitation de la tortue ; le pôle détection et intelligence, chargé de permettre à la tortue de repérer son environnement et la faire bouger au sein des ports ; et le pôle structure, qui imagine la conception de toute la tortue.

Mais comment ça marche ?

L’idée de s’inspirer de la Tortue de mer vient de son adaptation toute particulière pour la nage en 3D. Habile et maniable, elle est conçue pour s’attaquer aux déchets, afin d’éviter que les vraies tortues ne souffrent davantage des déchets plastiques dans les océans.

La représentation concrète de l’animal marin va se faire avec un corps creux pour contenir les déchets récoltés. L’idée est de concevoir un robot précis et intelligent, capable de traquer les déchets sous et sur la surface. Afin d’y parvenir et de stocker les déchets sans pour autant gêner l’activité portuaire, le robot-tortue devrait atteindre 1 mètre de long, pour 70 centimètre de large avec une capacité de 50L. Complètement autonome, la tortue se viderait de ses déchets sur une borne de « docking » dans le port et repartirait à la tâche. Par ailleurs, la tortue serait dotée d’un système d’analyse précis et performant afin de distinguer les déchets plastiques des organismes marins : la tortue apprend constamment en créant d’une base de données qui s’enrichit au fur et à mesure (deep learning).

La volonté écologique du projet se porte aussi sur la conception du robot qui se veut biosourcé et biodégradable, et équipé d’une puce GPS afin d’éviter une pollution en cas de panne.

Source : Green Turtle ESTACA

Et le projet avance ! La première année était dédiée à une simulation sur ordinateur du projet en intégrant des enseignements appuyés par les professeurs de l’ESTACA sur la mécanique des fluides (résistance du robot), le dynamisme, la performance des nageoires en alliant une bonne performance de nage avec envergure limitée. Le calendrier du projet est déjà tout tracé, l’association veut lancer son premier Prototype dans 1 an et le tester dans les ports d’ici 3 ans

Le futur du projet s’inscrit sur plusieurs points d’attention et notamment sur une analyse du cycle de vie, sur son impact sur les écosystèmes, une discussion s’engage aussi avec les autorités portuaires pour que le projet se retrouve dans le plus de ports possibles et cela va de pair avec une conception esthétique du robot-tortue.

Contacté par plusieurs ONG, dans le monde, le projet commence déjà à s’exporter et certains ports français lui proposent des espaces de test. Avec ce projet innovant, les étudiant.e.s de l’ESTACA comptent bien lui donner une nouvelle dynamique si sa réalisation est avérée possible, en transformant l’association étudiante en start-up ou ONG qui permettrait de limiter une partie des pollutions plastiques en milieu marin.

Micro-plastiques mais Maxi problème : Sea Plastics

Lorraine Wemaere et Manon Vichot représentaient lors de ce webinaire l’association Sea plastics dont elles sont membres. L’association, créée en 2016 par des étudiant.e.s-ingénieur.e.s d’AgroParisTech, lutte contre la  pollution plastique en mer Méditerranée en sensibilisant les plus jeunes et en participant à la recherche scientifique. Chaque année un groupe d’étudiant.e.s embarque 5 mois sur un voilier et parcourt la côte méditerranéenne, pour échantillonner des micro-plastiques et intervenir dans des écoles et des événements locaux. Lorraine et Manon, avec 3 autres étudiants, font partie de la 5ème expédition de l’association qui naviguera entre mars et juillet 2021.

Source : Sea Plastics

L’association est née du constat que le plastique est présent partout du fait de sa très grande durabilité qui apporte une valeur ajoutée aux produits qu’il compose, mais qui contraint sa gestion en déchet. En effet, le plastique ne se dégrade pas mais se décompose en nano et micro-plastiques qui vont contaminer tous les écosystèmes grâce à un potentiel de diffusion très important. On peut retrouver des micro-plastiques jusqu’à 4000m de profondeur. Par définition, une particule de plastique de moins de 100 nanomètres est considérée comme un nano-plastique et une particule de moins de 5 millimètres est considérée comme un micro-plastique. Ces particules sont issues de produits et d’activités humaines. Par exemple, un sachet de thé produirait 11,6 milliards de micro-plastiques dans une tasse de boisson.

Aujourd’hui, les micro-plastiques restent très peu connus du grand public. Pourtant les scientifiques ont constaté que l’accumulation de micro-plastique est préoccupante. Elle touche tous les réseaux trophiques, depuis les animaux filtreurs jusqu’aux mammifères marins, et touche donc également la chaîne alimentaire humaine. La quantité de micro-plastiques ingérée et inhalée serait donc sous-évaluée, le plus gros danger des micro-plastiques étant leur potentiel de diffusion et leur capacité à porter des matériaux toxiques. 

Face à ce constat alarmant, l’association Sea plastics se mobilise par la recherche et la sensibilisation.

Chaque année une expédition, composée d’étudiant.e.s, s’organise et parcours pendant 5 mois la mer méditerranée. Les membres de l’expédition réalisent un échantillonnage en mer à la surface et dans la colonne d’eau. Suite à un pré-tri réalisé au microscope pour enlever les morceaux de matières organiques les plus gros, les échantillons sont envoyés dans un laboratoire pour identifier l’âge, la nature, l’origine et l’état de dégradation des micro-plastiques. La recherche sur les micro-plastiques est aujourd’hui freinée car chaque laboratoire a ses propres méthodes d’échantillonnage. L’objectif de l’expédition 2021, dont font partie Lorraine et Manon, est d’évaluer les méthodes de 4 laboratoires partenaires et de comparer leurs résultats afin de fixer des normes d’échantillonnage. De plus, elle souhaite mettre en place un filtre pour pouvoir échantillonner les particules inférieures à 150 micromètres.  

Source : Sea Plactics

D’autre part, les étudiant.e.s de l’association organisent des conférences pour sensibiliser le grand public ou des jeux à destination des enfants, entre autres par le biais de partenariat avec des mairies ou de clubs de voile. Les côtes méditerranéennes sont une cible très importante pour la lutte contre la pollution plastique car on retrouve dans la Méditerranée plus de 7% des micro-plastiques présents dans les milieux marins. 

En mars, les 5 ami.e.s embarqueront sur le Catamaran d’un bénévole de l’association et feront le tour de la Méditerranée en passant par l’Espagne, l’Italie, la Corse et puis la côte française. 6 mois après, les résultats de l’expédition seront disponibles sur son site internet. L’analyse de ces résultats, réalisée avec l’aide de 4 laboratoires de recherche et 3 étudiant.e.s en master, sera publiée un an après leur retour. Cette rapidité de résultats, rare dans le monde scientifique, est un atout pour l’association et la rend complémentaire de plus gros projets comme celui de l’association Tara.

Sea plastics travaille également avec d’autres associations en France et en Espagne. Il.elle.s aimeraient, dans de futures expéditions, étendre leur projet jusqu’aux côtes d’Albanie où la pollution des déchets est encore plus importante. Ce projet n’est pas envisageable pour le moment, du fait des temps très longs pour obtenir une autorisation des ministères pour faire des relevés dans des mers à l’étranger. 

Agir en tant qu’étudiant.e

En tant qu’étudiant.e.s, nous pouvons bien sûr agir à notre échelle. Tout d’abord en réduisant notre consommation de plastique en se souvenant des 3R:  réduire à la source, refuser le sur-emballage et privilégier le réutilisable. En bref, ne pas se faire avoir par le marketing et en utilisant les objets le plus longtemps possible, par exemple en donnant au lieu de jeter. Ensuite, si vous souhaitez vous investir sur le sujet, vous pouvez vous engager dans de nombreuses associations.

Par exemple, Sea plastics réalise des sensibilisations dans des établissements et s’associe avec des bénévoles pour qu’ils sensibilisent à leur tour les étudiants. N’hésitez pas à les contacter pour en savoir plus !

Chez Surfrider, des solutions sont mises en avant dans les infographies. Si vous souhaitez agir sur le terrain, vous pouvez participer au projet Plastic Origins . Il s’agit d’un projet de science participative qui vise à cartographier la pollution plastique des fleuve et des rivières afin d’identifier les zones les plus polluées et alerter les collectivités. Pour ce faire, Surfrider invite toutes personnes intéressées à télécharger l’application Plastic Origins (disponible sur Android et IOs), à les contacter pour une petite formation en ligne et à aller parcourir un cours d’eau en kayak ou ses abords à pied pour collecter des données sur les déchets. Si vous êtes intéressé.e.s, n’hésitez pas à les contacter : plasticorigins@surfrider.eu.

Source : Surfrider

Pour en savoir plus :

Article rédigé par Marin et Seyna, en service civique au REFEDD

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Retour sur notre webinaire “tout comprendre aux négociations sur le climat”

mercredi 2 décembre 2020 par REFEDD

Le 10 novembre, CliMates, les Jeunes Ambassadeurs pour le Climat (JAC) et le REFEDD ont proposé un événement en ligne de découverte des négociations sur le climat. Six intervenantes expérimentées ont partagé leur vécu et ont répondu aux questions des participant·e·s. Tu n’as pas pu assister au live ? Tu aimerais retrouver des informations pour aller plus loin et connaitre l’actualité climatique de la jeunesse ? Cet article revient sur l’essentiel. 

Une discussion co-organisée par CliMates, les JAC et le REFEDD

CliMates, les JAC et le REFEDD sont trois associations qui souhaitent donner aux jeunes les moyens de s’impliquer dans la transition écologique, notamment en s’intéressant aux négociations sur le climat. Les 3 associations permettent à  2 Jeunes Délégué.e.s de participer aux COP (Conference of Parties) et intercessions. De plus, elles envoient chacune une délégation d’observateur·trice·s. 

Les trois associations co-organisent aussi deux fois par an des formations sur la diplomatie climatique. Elles se tiennent d’habitude en présentiel ; mais compte tenu du contexte, c’est un webinaire qui a été proposé le 10 novembre dernier. L’échange était structuré en quatre parties. Chacune était ponctuée par une séquence où les intervenantes ont apporté des réponses aux questions des participant·e·s, intégrées dans ce compte rendu. 

C’est quoi, les négociations internationales sur le climat ?

Par Aline et Marjolaine, observatrices à la COP25 pour le REFEDD et membres de la délégation qui suit l’actualité pré-COP26

La COP sur le climat, partie émergée des négociations sur le climat

Aline a d’abord expliqué que quand on parle de COP, on désigne l’organe décisionnel le plus important de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC, UNFCCC en anglais). Il existe d’autres conventions internationales, par exemple celles sur la biodiversité et sur la lutte contre la désertification, créées en même temps que la CCNUCC. Chacune a sa propre COP.

Les “Parties” de la COP sur le climat sont les 196 Etats signataires de la CCNUCC, auxquels il faut ajouter l’Union européenne (UE). Ils se réunissent chaque année pour essayer de s’accorder sur des solutions visant à “stabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique” (art. 2 de la CCNUCC). Entre chaque COP, des intersessions (SB), sortes de conférences préparatoires, se déroulent à Bonn, où siège le secrétariat de la CCNUCC. 

A toutes ces conférences, il s’agit de prendre des décisions, c’est-à-dire d’adopter de nouveaux textes. Les négociations portent sur les objectifs, les engagements, les modalités d’application, etc. et font constamment évoluer la Convention-cadre. 

Les sujets de négociation – Extrait de la présentation « Tout comprendre aux négociations sur le climat »

En plus des délégations des 197 Parties, les négociations rassemblent des acteurs non-étatiques, regroupés en 9 constituantes : commerce et industrie ; ONG environnementales ; municipalités et gouvernements locaux ; peuples indigènes ; recherche scientifique ; syndicats ; agriculture ; femmes et questions de genre ; et jeunesse (YOUNGO). La presse est également présente. 

Du sommet de Rio à l’accord de Paris

Comme Marjolaine l’a rappelé, l’histoire de la CCNUCC démarre en 1992, avec le sommet de la Terre à Rio. En 1997, la COP3 voit l’adoption du Protocole de Kyoto. Entré en vigueur en 2005, cet instrument juridique connexe dont s’est doté la COP vise à réduire les émissions de certains GES par rapport à 1990, avec des obligations pour les pays développés uniquement. 

Chronologie des COP – Extrait de la présentation

En 2015, l’accord de Paris fixe comme objectif de “conten[ir] l’élévation de la température moyenne de la planète [à 1,5 °C et] nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels” (art. 2). Cet objectif commun est soutenu par les contributions déterminées au niveau national (NDC). 

Les contributions déterminées au niveau national – Extrait de la présentation

L’accord de Paris est dit “universel”, c’est-à-dire que chaque pays doit agir contre le dérèglement climatique. Également réputé contraignant juridiquement, il ne prévoit pourtant pas de sanction directe ; les pays restent souverains. Cependant, des contre-pouvoirs peuvent déclencher des sanctions. C’est le cas en France avec l’Affaire du Siècle et le dossier de Grande-Synthe, au sujet desquels le Conseil d’Etat vient de donner trois mois au gouvernement pour “justifier que la trajectoire […] pourra être respectée”

Où en est-on aujourd’hui et qu’attendre des prochaines négociations ? 

Par Inès, coordonnatrice de l’équipe de suivi des négociations de CliMates (Negotracking) qui suit et analyse les négociations sur le climat et établit des rapports sur les questions politiques.

« 2020 aurait dû être une année très importante pour les négociations sur le climat »

En 2020, 5 ans après l’accord de Paris, les émissions de GES auraient dû atteindre leur pic pour être en accord avec l’objectif de 1.5°C ; or la trajectoire annuelle nous mène vers une augmentation de 3°C. Enfin, le mécanisme d’ambition de l’accord de Paris prévoyait que les pays communiquent ou révisent leurs NDC. Mais les pays les plus émetteurs ont peu pris d’engagements. 2020 est d’ailleurs l’année où les Etats-Unis ont officiellement quitté l’accord de Paris. 

Inès nous a expliqué qu’en 2020, il ne s’agit plus de négocier des accords, mais de les mettre en place. Il y a une réelle réflexion à engager sur le devenir des COP.  Ce “méga rassemblement” annuel doit être repensé dans ses objectifs et ses modalités. Sert-il à maintenir un fort engagement de la part des organisations non-étatiques ? A donner un cadre légitime aux négociations entre Etats ? 

Programme des prochaines négociations – Extrait de la présentation

Alors, à quoi s’attendre en 2021 ? On sait que pour pallier le report de la COP26, la CCNUCC a organisé des Dialogues pour le Climat, suivis par une équipe du REFEDD. A ce stade, on ignore encore si une COP telle que les précédentes pourra être organisée. On peut néanmoins imaginer que le Covid-19 risque d’avoir un fort impact sur le fond des échanges. Pour ce qui est des observateur·trice·s à la prochaine COP, Inès s’attend à une forte présence des grands groupes ; à de vives protestations de la part des jeunes et des ONG environnementales face au manque d’ambition et d’action ; et à des prises de position contre les industries fossiles, pour une reconstruction juste et durable.

Participer aux négociations sur le climat en tant que Jeune Délégué.e 

Par Héléna, Jeune Déléguée (JD) pour le climat depuis juin 2019 et membre des JAC, étudiante en master Politiques Environnementales à Sciences Po Paris . 

Héléna nous a raconté son parcours, le processus pour devenir JD pour le climat (entretiens Skype puis au ministère de la Transition écologique) et sa participation aux intersessions à Bonn en juin 2019 et à la COP25 à Madrid en décembre 2019. Un mandat de JD s’étale sur deux années de négociations ; elle participera donc aux prochaines intercessions (SB52) et à la COP26 à Glasgow, pour l’instant reportée à 2021. 

Aller aux négociations sur le climat avec la délégation française

Le programme JD permet en effet à 2 étudiant·e·s d’accompagner la délégation française aux négociations internationales. La délégation est composée d’employé·e·s des ministères de la transition écologique, des affaires étrangères ou de l’agriculture, spécialistes des sujets qu’il·elle·s négocient. Certain·e·s d’entre eux·elles sont des anciens CliMates, JAC ou du REFEDD. Mis en place en 2016 par CliMates et le REFEDD avec le ministère pour la COP22 à Marrakech, le programme est soutenu par les JAC depuis 2018.

Les participant·e·s portent un badge de couleur qui indique leur rôle – Convention‑cadre des Nations unies sur les changements climatiques

Les droits et devoirs des Jeunes Délégué·e·s

Héléna a présenté les opportunités de suivre les négociations sur le climat de l’intérieur. Grâce au précieux badge rose, les JD peuvent  :

  • suivre un sujet de négociation en particulier ; il est impossible de pouvoir tout suivre.
  • acquérir des nouvelles compétences au cours des 4 sessions. En effet, la vision des COP qu’ont les JD évolue, et leur compréhension s’affine. 
  • appuyer la délégation française : les JD  sont appelé·e·s à suivre certains événements, à rédiger des comptes rendus et à les envoyer dans la boucle de mail de la délégation.
  • participer aux réunions de délégation, avoir accès aux documents sur les positions de la France 
  • tisser une relation de confiance avec les membres de la délégation
  • faire le lien entre le délégation et les autres jeunes Français·e·s, en organisant par exemple des rencontres
  • Rencontrer la jeunesse présente, créer des contacts avec les autres jeunes et organisations présents

En retour, les JD ont aussi un triple devoir de réserve de confidentialité et de neutralité. Il·elle·s ne doivent pas participer à des mouvements d’opposition internes aux COP. Il ne faut pas non plus qu’il·elle·s s’asseyent à la table de négociation derrière le drapeau français, au risque de donner l’impression qu’il·elle·s représentent la France. 

Aller à la COP avec la délégation du REFEDD 

Par Karine, étudiante à CentraleSupélec en 3ème année du cycle ingénieur·e et Éloïse Lehmann, étudiante à King’s College London en Master en Environnement et ancienne service civique au REFEDD, observatrices à la COP25 pour le REFEDD. 

Vivre les négociations du climat « de l’intérieur »

Éloïse et Karine nous ont raconté leur expérience en tant que jeunes observatrices à la COP25 à Madrid. En effet, depuis la COP19 à Varsovie en 2013, le REFEDD envoie chaque année une délégation constituée de 6 à 10 étudiant·e·s aux négociations.

Retour d’expérience de la COP25 – Extrait de la présentation

La COP25 s’est tenue dans un immense bâtiment, la Feria de Madrid, et a rassemblé jusqu’à 20 000 personnes. La journée type commence à 8h et se finit à 21h. Les membres de la délégation du REFEDD préparent chaque journée la veille. Il·elle·s choisissent un sujet de négociation puis assistent aux événements liés. En fonction de sa nature, chaque événement a lieu dans un espace particulier : 

  • en salle plénière (10 sur le “General Map” ci-dessus). C’est ici qu’ont lieu l’ouverture et la fermeture de la COP, les présentations des rapports du GIEC, les discours et le vote des textes. Tous les pays peuvent entrer dans la salle, ainsi que les observateur·trice·s et la presse. 
  • en salle de négociations (9). En tant qu’observatrices, Eloïse et Karine ont pu assister à certaines négociations et se rendre compte que dans l’élaboration commune d’un texte, chaque mot compte ! 
  • dans les espaces dédiés aux side events et aux constituantes (4) et les pavillons (8-5). C’est là que les membres de la délégation du REFEDD passent le plus de temps : on y trouve des événements sur des sujets qui ne concernent pas directement les négociations, certains organisés par des ONG et des jeunes, notamment le fameux “fossile du jour”. Chaque pays se met en avant dans son pavillon, en y accueillant événements et personnalités politiques.  

Une expérience parfois frustrante, mais toujours enrichissante

Éloïse a vécu une COP25 très enrichissante sur le plan académique et surtout sur celui des rencontres. La COP peut parfois être frustrante, du fait du décalage entre les problèmes concrets et urgents, dont témoignent par exemple des représentants de populations indigènes, et la technicité et la minutie des solutions : des textes de droit international où un mot peut faire l’objet de plusieurs heures de négociations. Karine confirme que si l’expérience a été parfois fatigante et dure émotionnellement, elle est surtout un excellent apprentissage. Elle s’est notamment rendu compte que le processus décisionnel ne se limite pas aux 2 semaines de la COP, mais a lieu tout au long de l’année, notamment au niveau national. D’où l’importance de s’engager dans sa vie de tous les jours. 

Quelques ressources complémentaires :

1. Qu’est-ce que la CCNUCC et comment fonctionne-t-elle ?
2. Comment s’applique l’accord de Paris ?
3. Quel est le rôle de l’Agenda de l’Action, qui rassemble des États et des acteurs non-étatiques
4. Comment les ONG participent aux négociations et quel est leur impact ?

Article rédigé par Gabriel Goll. 

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Le Bureau des Aides Humanitaires de l’ENSEM a rejoint le REFEDD !

mardi 1er décembre 2020 par REFEDD

Salut ! Je suis Emine, étudiante en 2ème année à l’ENSEM (École Nationale Supérieure de l’Électricité et de la Mécanique) et membre du BDH (Bureau Des aides Humanitaires). L’ENSEM est une école d’ingénieurs sur le campus de Brabois (à Nancy) dans laquelle nous pouvons suivre une formation en énergie ou en systèmes numériques.

Quels sont vos projets ?

Le BDH est une association étudiante divisée en 5 pôles : écologie, solidarité, parrainage et un pôle film. Les membres de l’association sont des bénévoles de l’école qui participent à l’animation et à l’organisation de divers projets dans les domaines de l’écologie et de l’aide humanitaire.

 L’objectif principal de notre association est de mobiliser nos forces afin de venir en aide à ceux.celles qui en ont besoin et de sensibiliser les étudiant.e.s aux thématiques actuelles de l’écologie. 

De plus, avec notre pôle parrainage, nous donnons des cours de français, sciences et culture générale à des mineur.e.s non accompagné.e.s dans un centre proche de Nancy. Ces cours personnalisés se déroulent le jeudi et le samedi sur des créneaux libres pour les étudiant.e.s bénévoles. 

Nous avons aussi un pôle film qui a pour but de réaliser des courts-métrages qui expliquent les solutions existantes aux questions écologiques sur le Grand Nancy (permaculture, produits locaux et bio…) en se basant sur les connaissances recueillies par les étudiant.e.s de l’école, des professionnel.le.s ou encore autres intervenant.e.s.  

En 2015, le BDH est créé et a pour objectif unique d’organiser des cours personnalisés et assurer l’accompagnement de mineur.e.s non accompagné.e.s du centre de Pixerécourt de Nancy. Plusieurs étudiant.e.s se regroupent et sont motivé.e.s par cette initiative. Au fil des années, les autres pôles du BDH sont créés pour faire du BDH une association présente dans plusieurs domaines. 

Quel est le futur du BDH de l’ENSEM ?

Aujourd’hui, notre association est l’une des plus importantes du campus de notre école. Nous avons des projets qui se répètent chaque année et sur lesquels notre organisation s’est perfectionnée au fil des années (maraudes, clean walk, ateliers zéro déchet…). Chaque année, les nouveaux membres de l’association nous proposent des idées de projets sur lesquels nous travaillons ensemble. L’un de nos objectifs futurs est de collaborer avec d’autres associations, étudiantes ou non, afin d’avoir plus d’impact via nos projets. 

Vos recommandations

Films / séries : A plastic Ocean / Before the flood/ Our planet/ 

Livres : Revenu des ténèbres – Kouamé / Vers la sobriété heureuse – Pierre Rabhi 

Article rédigé par Emine Ozen du BDH de l’ENSEM

Contact

Mail : bdhensem@gmail.com

Facebook : @bdh.ensem

Instagram : @bdh.ensem

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L’association Gaïa MBS a rejoint le REFEDD !

mardi 1er décembre 2020 par REFEDD

Salut à tous, nous, c’est la team Gaïa, l’Asso étudiante en Développement Durable de Montpellier Business School aux grandes ambitions vertes. Nous sommes, cette année, une équipe de 9 étudiant.e.s venant de L3, de M1 et de M2 qui souhaitons sensibiliser les 3600 étudiant.e.s de notre école de commerce aux nombreux enjeux du développement durable, mais pas que… Nous travaillons aussi avec le Pôle Diversité et RSE de MBS sur différentes thématiques écologiques afin de d’inscrire notre école dans une démarche durable et engagée stratégiquement en DD.

Présentation de Gaia MBS

En adéquation avec les valeurs de MBS et en collaboration avec le Service Diversité et RSE, notre association, Gaïa MBS, s’engage toute l’année à promouvoir des actions écoresponsables et ludiques à destination des étudiant.e.s et les sensibiliser aux enjeux environnementaux et à la transition énergétique. On peut résumer notre mission sous 4 points :

  • Sensibiliser les étudiant.e.s aux enjeux environnementaux
  • Encourager l’adoption de gestes et d’actions éco-responsables
  • Contribuer à des actions concrètes dans notre école pour un campus durable
  • Participer aux évènements qui ont du sens pour notre avenir à tous

Constituée depuis 2014, l’Association Gaïa MBS est née d’un regroupement d’étudiant.e.s de Montpellier Business School préoccupé.e.s par les enjeux environnementaux de notre société et impliqué.e.s dans la diffusion de nouvelles façons de penser et d’agir en tant qu’éco-citoyen.ne.s. 

Quels sont vos projets ?

En contexte de Covid19, nous travaillons beaucoup sur nos réseaux sociaux afin de partager tous les jours des astuces, des bons plans ou encore des données impactantes, pour changer les comportements du quotidien et engager les étudiant.e.s autour de nouvelles habitudes plus bénéfiques pour l’environnement (ex : SERD2020, 7e continent dans la Semaine internationale, Noël écolo, challenges plogging pour se dégourdir,…). Lorsque les conditions sanitaires nous le permettront, nous organiserons des séances de sensibilisation et des actions collectives et physiques sur le campus. Enfin, nous souhaitons intervenir sur des forums dédiés aux thématiques environnementales et contribuerons aux actions stratégiques de l’école.

Une anecdote marrante sur votre association ?

Il était une fois une étudiante de MBS qui remporta un concours Gaïa : Très heureuse d’avoir reportée le prix du challenge « art des déchets », cette jeune 1ère année gagna de nombreux cadeaux 100% 0 déchet, dont des sacs à vracs en maille de coton bio pour fruits et légumes. Cette dernière a toujours pensé que c’était pour le lavage de ses sous-vêtements.

Cette jeune gagnante est aujourd’hui notre présidente… 👑 Comme quoi, la sensibilisation de Gaïa fonctionne !

Vos recommandations et citations

Citation favorite: « Think Gaïa, Start Living” 🌱🌍

Recommandation : Allez jeter un œil au teaser d’UNE BOUTEILLE A LA MER 2020, une campagne de qualité, impactante et engagée regroupant de grand.e.s athlètes d’envergure pour des photographies choquantes qui parlent d’elles-mêmes ! – Ces photos ont pour but de faire prendre conscience que si nous n’agissons pas tout de suite, notre environnement futur est susceptible de devenir une immense déchèterie. 

Article rédigé par Amélie Dubreuil, Louise Tastard, Gwendoline Huge–Plantier, Jade Temarii.

Contact

Facebook : @gaia.mbs

Instagram : @gaiambs

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Tout ce qu’il faut savoir sur les ressourceries étudiantes

vendredi 27 novembre 2020 par REFEDD

A l’occasion de la Semaine Étudiante de la Réduction des Déchets (SERD), nous avons rencontré Anthony de l’association Etu’recup (Bordeaux) et Matthieu de luniverCel (Nanterre). Leur point commun ? Avoir mis en place des ressourceries sur un campus étudiant, lieux d’échange et de partage où l’on peut retrouver des objets de seconde main à moindre coût.

Issu du guide Porter un projet de lieu alternatif sur un campus étudiant d’Etu’Recup

Présentation des ressourceries ou zone de gratuité

  • Présente nous ton association, et ta ressourcerie ou ta zone de gratuité ?

Anthony – Etu’Récup est une ressourcerie étudiante, composée d’étudiant.e.s, de riverains et de personnels universitaires (enseignant.e.s, chercheur.se.s, administratif…). C’est une association indépendante de l’Université de Bordeaux. L’idée initiale est de réduire le gaspillage et les dépôts sauvages d’objets sur le campus lors des départs étudiants et permettre aux nouveaux arrivants de s’équiper à moindre coût à la rentrée. C’est aussi un lieu de vie intergénérationnel et solidaire, où les personnes peuvent discuter et échanger, autour d’ateliers participatifs de bricolage. C’est assez drôle de voir des étudiant.e.s de différentes filières travailler ensemble, ou de voir des riverain.ne.s partager leurs connaissances avec les étudiant.e.s. Le but est également de sensibiliser à d’autres modes de consommation et à la prévention des déchets.

Etu’Récup c’est 2600 adhérents et 93 Tonnes d’objets collectés en 2019. 

Matthieu – L’association luniverCel a tenu une zone de gratuité pour une expérimentation qui est terminée aujourd’hui. C’était à l’Université Paris Nanterre du mois de mai à fin juin 2019. Dans un premier temps, il y a eu un mois (mars/avril) de chantier solidaire pour inviter le public à construire la zone. Ensuite en mai/juin, la zone était ouverte en fonction de la disponibilité des bénévoles. C’était un café associatif, un magasin gratuit et un lieu d’animations de zéro déchets, de récupération d’objets, d’upcycling. En parallèle, on a mené une campagne de sensibilisation avec un livret zéro déchet, une compilation d’actions pratiques et un recensement de lieux sympas sur la thématique. On organisait aussi des ateliers pour les enfants. On réunissait différents types d’objets et on leur demandait de les trier dans différentes poubelles en fonction de ce que c’était.

  • Où se situe la ressourcerie/zone de gratuité ?

Anthony – Nous avons 3 pôles : la “nouvelle” ressourcerie avec la boutique et les ateliers basée à Pessac, ainsi que deux locaux de la Maison du vélo (un sur le campus de Pessac et un à Pessac Centre). 
Vous pouvez également retrouver des “Boîte à dons” sur Pessac et Bordeaux Métropole.  

Matthieu – Aujourd’hui la ressourcerie de Nanterre n’existe plus. En revanche, il existe à Paris et à Nanterre, des boîtes à don, des mini-zones de gratuité permanentes en quelque sorte.
Par ailleurs, cette année on monte un nouveau projet de ressourcerie, à la différence près que ce sera dans un triporteur donc un camion avec les côtés ouvrants. Ce sera donc une zone de gratuité mobile. Aujourd’hui, on a un lieu de stockage et un garage pour le triporteur. Le triporteur devrait être prêt prochainement, après résolution de quelques problèmes techniques.

L’organisation du lieu

  • Que peut-on trouver dans une ressourcerie/zone de gratuité ? 

Anthony – Dans la ressourcerie, on peut trouver du mobilier, de l’électroménager, de la vaisselle, des vêtements, du linge de maison, de la déco et des vélos (tout ce dont on a besoin en étant étudiant.e). 
On ne prend que des choses qui peuvent encore être utilisables, ne nécessitant pas ou peu de réparations, car l’idée est de remettre en circuit et à faible coût les objets qui sont encore en bon état et qui auraient fini à la poubelle ou à la déchèterie.
Nous limitons donc notre collecte de gros mobilier, d’objets de puériculture et de bibelots, pour ne proposer que des objets utiles au public. 

Matthieu – Comme à Bordeaux, on trouvait un maximum de types d’objets différents. On faisait très très peu de mobilier. Les objets principaux qui étaient donnés ou récupérés, étaient des objets de cuisine, des objets culturels et des vêtements (à la différence d’Etu’Récup, nous récupérions des vêtements pour bébés).
Il y avait eu aussi une tentative de faire du don et de l’échange de graines et de plans qui n’a pas vraiment marché. 

  • D’où viennent ces objets ?

Anthony – Nous possédons un espace de dépôt où étudiants et riverains peuvent déposer des objets pendant les horaires d’ouvertures… La ressourcerie intervient aussi toutes les semaines en déchetterie (à Pessac), ce qui permet de récupérer des objets pouvant encore servir. 
Nous limitons néanmoins la récupération aux objets que nous pensons pouvoir remettre en circuit. Nous collectons également à domicile en cas de besoin sur un périmètre limité. La ressourcerie est ouverte toute l’année mais nous avons deux temps un peu plus forts dans l’année : au printemps, pour la collecte, lors des départs des étudiant.e.s, et à la rentrée, pour la boutique, lorsque les étudiant.e.s s’installent dans leurs logements. 

Matthieu – Pendant la période de construction de zone de gratuité et pendant les 2 mois d’ouverture, les gens pouvaient venir déposer des objets dans un caddie de don en inscrivant le poids et le type d’objet sur un petit carnet pour le suivi. On vidait le caddie tous les soirs. En regardant les stocks qu’on a aujourd’hui à l’association, je pense qu’il y avait un historique. On a beaucoup travaillé avec la boutique sans argent de Paris qui nous a donné des stocks. Aujourd’hui on a toujours une dizaine de mètres carrés d’objets à donner, qu’on essaye de donner à travers des zones de gratuité plus éphémères.

  • Qui vient dans la ressourcerie/zone de gratuité ? 

Anthony – La ressourcerie est ouverte à toutes et à tous, étudiant.e.s, riverains, personnel universitaire… Nous avons 70 à 75% de nos adhérent.e.s qui sont étudiant.e.s, de par notre situation géographique, mais la ressourcerie est ouverte à toutes et à tous. Elle est également en lien avec des structures comme le Secours Populaire ou le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), pour pouvoir venir équiper les personnes en grande précarité.  

Matthieu – On était au sein d’un campus donc les étudiant.e.s étaient notre public par défaut. On invitait les professionnels de l’université et les habitant.e.s proches à venir. Pendant les chantiers, on a eu 15 personnes par mois. Au mois de mai, le mois d’ouverture on a eu 215 personnes, principalement des femmes. 

  • Quelles sont vos conditions d’accès ? 

Anthony – La seule condition est d’être adhérent.e à Etu’Récup. L’adhésion est à prix libre, 3€ minimum. Nous avons une politique tarifaire à bas prix, avec des zones de prix libre et des zones de gratuité, pour que chacun puisse s’équiper à faible coût. 

Matthieu – L’adhésion n’était pas nécessaire mais on l’incitait fortement. L’adhésion est à prix libre.

  • Qui gère la ressourcerie (étudiant.e.s, salarié.e.s, bénévoles…) ?

Anthony – La ressourcerie, c’est une équipe de 10 personnes, composée de 7 salarié.e.s et 3 services civiques volontaires mais aussi un conseil d’administration et un bureau collégial formé d’étudiants, de riverains et de personnel universitaire. Elle peut compter sur plus de 60 bénévoles pour assurer les ateliers, la boutique, les évènements et la collecte des objets. Nous organisons des temps de rencontres avec les différents acteurs pour que la ressourcerie soit un lieu de vie et d’échanges.

Matthieu – C’était une bénévole qui était responsable du projet, qui le portait quotidiennement avec l’appui d’autres bénévoles. Aujourd’hui, on a une salariée et 3 services civiques. Le futur projet de ressourcerie mobile sera porté par une service civique. 

  • Des étudiant.e.s peuvent-il.elle.s vous rejoindre ? Si oui, comment ? 
Appel à bénévoles d’Etu’Recup

Anthony – Avec grand plaisir, on a toujours besoin de bénévoles ! Prochainement, les personnes intéressées pourront directement s’inscrire sur le site internet d’Etu’Récup (en cours de reconstruction), et sont invitées à venir rencontrer l’équipe directement à la ressourcerie. 

Matthieu – On est sur plusieurs plateformes de bénévolat, helloasso, on prend les demandes de contact, on fait un petit échange et on voit ce que les étudiants veulent faire.

Comment monter sa ressourcerie

Zone de don mise en place par luniverCel
  • Pourquoi avoir voulu mettre en place une ressourcerie/zone de gratuité?

Anthony – Cette ressourcerie est basée sur un double constat : un constat de gaspillage général, problématique des campus et Cité U de Bordeaux au moment des départs; et les ressources financières limitées des étudiant.e.s internationaux qui n’ont pas toujours les moyens de s’équiper correctement à leur arrivée. Ce turn over permanent et la précarité financière des étudiants montre toute la pertinence de créer des ressourceries sur les campus.

Matthieu – Notre société jette beaucoup. C’est pourquoi, il est facile de trouver des objets que les gens sont prêts à donner pour qu’il soient réutilisés, mais c’est aussi essentiel de faire une sensibilisation à faire à ce niveau-là : il y a un telle quantité d’objets jetés qu’il y beaucoup de choses à faire et de choses à dire.

  • Qui étaient les personnes à l’origine du projet ? Avec quels acteurs avez-vous dû interagir (administration, associations de dons, particuliers, etc.) ?

Anthony – La ressourcerie a mis entre 3 et 4 ans pour se lancer. De nombreuses discussions, autour des problématiques précédemment citées, ont commencé à émerger entre les associations étudiantes et les services culturels de l’Université et du Crous. J’ai à mon tour rejoint le projet ainsi que d’autres personnes avec des expériences associatives riches et l’association s’est créée. 
Nous nous sommes petit à petit rapproché.e.s des collectivités (Métropole, Région, département…) le but étant de motiver et convaincre les institutions de l’intérêt du projet, afin de bénéficier d’un soutien financier et de locaux. La Métropole de Bordeaux s’est également intégrée aux discussions dans le cadre du Programme Local de Prévention des Déchets et nous a apporté très vite son soutien.

Matthieu – 3 associations étaient à l’origine du projet : une association étudiante, une association qui tenait une épicerie solidaire et luniverCel, avec sa bénévole très impliquée. Donc c’était un collectif avec en partenariat un service culturel de l’université pour la mise à disposition du local. La bénévole de luniverCel chapeautait le tout. Derrière elle, il y avait 6-7 personnes du bureau et des bénévoles.
Il y a donc eu plusieurs acteurs associatifs en fonction de qui voulait co-porter le projet. C’était un lieu de vie assez multi-activités. Chaque association qui avait une activité pouvant s’y insérer, venait travailler avec nous. On a également dû voir avec l’université et le CROUS pour obtenir des accords de mise en place de projet, comme, par exemple, une boîte à don au sein d’un foyer du CROUS.

  • Quels obstacles et difficultés avez-vous rencontrés ?

Anthony – D’abord, il a fallu convaincre certains partenaires que ça ne va pas être un “dépotoir”, que ce sera bien géré et démontrer que l’on avait besoin d’un minimum de ressources pour bien fonctionner (budget et locaux). Il a fallu également identifier et contacter les différents acteurs comme le Crous et les administrations.

Matthieu – La première difficulté a été d’assurer les financements et une bonne comptabilité. En échangeant avec la mairie, l’université et d’autres associations, on nous a expliqué où il fallait chercher efficacement. La deuxième a été de faire preuve de rigueur administrative. Assurer le suivi d’impact et les bilans d’activité qui nous ont été demandés par les partenaires, ce qui n’est pas une partie de plaisir !

  • Un conseil pour les associations étudiantes qui veulent monter une ressourcerie/zone de gratuité ?

Anthony – Comme tout projet, il faut bien s’entourer et former une bonne équipe motivée. Il peut y avoir des moments de tensions, des moments de doutes, c’est pas évident de monter un projet avec un groupe de personnes qui ne se connaissent pas bien ou qui ne sont pas sur la même longueur d’onde. C’est souvent à cause de ça que les projets tombent à l’eau. 
Concernant la création d’une ressourcerie, il faut bien définir la zone d’intervention et d’impact. En plus, n’hésitez pas à aller voir ou à contacter des ressourceries qui existent déjà. On peut être là pour apporter un conseil ou un coup de main, avec grand plaisir ! Mais en tout cas, il ne faut pas attendre d’avoir un local pour commencer, il faut se faire connaître et multiplier les interventions, animations, etc.

Matthieu – Premièrement, ne pas hésiter à contacter de nombreux partenaires intéressés pour accompagner des projets (les services de la mairie, du CROUS, le REFEDD…). La communication avec les partenaires est vraiment essentielle car elle peut être source de solution. Deuxièmement, avoir quelqu’un qui a de l’expérience en gestion administrative d’une association et qui, de préférence, dès le début sera prêt à assurer ce travail. 

Pour aller plus loin

Pour tout savoir sur comment mettre en place un lieu alternatif, vous pouvez lire le guide Porter un projet de lieu alternatif sur un campus qui vous donne (entre autre) une méthodologie complète pour monter votre ressourcerie.

Retrouvez Etu’Recup sur facebook et instagram !

Retrouvez luniverCel sur facebook et sur son site internet !

Article rédigé par Emma et Seyna, en service civique au REFEDD. Merci à Anthony et Matthieu pour leur participation.

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Loi anti-gaspillage : une transition vers l’économie circulaire insuffisante

jeudi 26 novembre 2020 par REFEDD

Promulguée le 10 février, la loi relative à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire (AGEC) est restée dans l’ombre de la crise sanitaire. Censée être le moteur de l’« accélération écologique du quinquennat », elle présente en effet des objectifs médiatiquement forts. Mais sa mise en pratique via des décrets d’application comporte des risques : ambition revue à la baisse, planification sur des années… la réforme profonde de nos modes de production et de consommation n’est pas à l’ordre du jour.

Économie linéaire vs économie circulaire

Créée en 1970, la notion d’économie circulaire ou « boucles fermées » est devenue très populaire ces dernières années en raison d’une prise de conscience des limites de notre modèle économique linéaire (extraire > produire > consommer > jeter). La surconsommation, conjuguée à la surpopulation de notre société, a des conséquences catastrophiques pour notre environnement : raréfaction des ressources naturelles, pollutions et émissions de gaz à effet de serre, ou encore multiplication des déchets. Incontestablement, le modèle est devenu obsolète et les chiffres sont là pour en témoigner : en 2019, dès le 29 juillet, nous avons dépassé la capacité annuelle de la planète à regénérer ses ressources et absorber ses déchets₁. Il faudrait ainsi 1,75 planète pour satisfaire les besoins de l’humanité et 2,7 planètes, si tout le monde vivait comme les Français₂. 

Pour combattre ce désastre écologique, il est nécessaire de changer notre système et de passer à une économie dite circulaire. Le concept s’inspire des écosystèmes naturels, et consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation, le gaspillage des ressources et la production des déchets. En d’autres termes, il s’agit de passer d’une société du tout jetable à un modèle économique en boucle, plus viable. Pour cela, différents leviers peuvent être actionnés : éco-conception, allongement de la durée de vie des produits, consommation responsable, recyclage, etc.

La prise de conscience collective de l’urgence climatique a permis à cette idée de se répandre jusqu’à la sphère politique. L’Union Européenne souhaite même faire de l’économie circulaire un pilier pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et réclame la même ambition aux États-membres. En écho, la France a établi une feuille de route sur l’économie circulaire (2018), puis a adopté, dans la continuité, la loi anti-gaspillage (2020). 

Décryptage de la loi : mesures phares et manquements

La Responsabilité des producteurs

Une des réformes les plus importante de la loi concerne la Responsabilité élargie des producteurs (REP), selon le principe du pollueur-payeur₃. La loi étend le périmètre de cette responsabilité à de nouvelles filières REP telles que le BTP dont les matériaux finissent bien souvent dans des dépôts sauvages. Cette mesure s’accompagne de l’installation de nouvelles déchetteries et la reprise gratuite des déchets en déchetteries, lorsqu’ils sont triés. 

Pour encourager les produits plus respectueux de l’environnement, la loi se sert du système d’éco-modulation comme d’un outil d’incitation. Concrètement, les producteurs versent une contribution financière à des éco-organismes pour gérer la fin de vie de leurs produits. Cette contribution bénéficiera d’un bonus si le produit respecte les critères environnementaux. A contrario, elle se verra augmentée d’un malus. Les pénalités de ce malus pourront aller jusqu’à 20% du prix de vente du produit. La loi a aussi rallongé la liste des critères en y intégrant la prévention via le réemploi, l’éco-conception, etc. Des précisions sont attendues pour que ces projets deviennent applicables et concrets, ce qui promet d’âpres négociations, en particulier sur la modification du cahier des charges REP. 

Sortir du plastique jetable d’ici 2040

La chasse au tout jetable est ouverte avec des objectifs ambitieux : mettre fin au plastique à usage unique d’ici 2040 et « tendre vers » 100% de plastiques recyclés d’ici 2025. Mais sans mesures coercitives, comme la création de quotas contraignants aux entreprises sur les emballages réutilisables, ou de mesures fiscales pour décourager rapidement l’achat de produits jetables et d’emballages, les objectifs nationaux de réduction de plastique risquent fort de ne jamais être atteints. 

Malgré tout, certaines décisions ont un impact direct : l’interdiction progressive de produits en plastiques nocifs pour l’environnement et la santé, l’obligation d’utiliser des emballages et de la vaisselle réutilisables pour les repas pris dans les établissements de restauration, ou encore l’interdiction des films plastiques pour les fruits et légumes. 

La loi encourage également les alternatives telles que la vente en vrac qui bénéficie enfin d’une reconnaissance juridique et d’un soutien. Le consommateur a le droit d’apporter son propre contenant réutilisable dans les commerces. En ce qui concerne la consigne, la décision de mettre en place un dispositif de consigne pour recyclage et réemploi a été repoussée à 2023. 

L’information du consommateur

Pour faciliter la transparence, la loi a créé une obligation d’information des consommateurs sur les caractéristiques environnementales des produits. L’ampleur de cette mesure sera déterminée par un décret précisant les produits concernés et la liste des informations. Le texte inclus aussi l’interdiction ou l’encadrement des termes « biodégradable », « respectueux de l’environnement « ou tout autre mention équivalente pour lutter contre le greenwashing.

Le tri est aussi un enjeu majeur de cette loi. Pour le rendre plus efficace, le Triman (petit logo précisant les règles de tri) est généralisé à tous les produits à l’exception des bouteilles de verre. L’harmonisation des consignes de tri sur tout le territoire sera aussi avancée à 2022. 

Mais miser uniquement sur la responsabilité des consommateurs vis-à-vis de leurs gestes d’achats est un pari risqué : risque de se perdre parmi la multiplication des informations et risque de dédouaner le producteur de ses responsabilités. 

Prolonger la durée de vie des produits et soutenir le réemploi solidaire

Dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire, la loi durcit les sanctions et les objectifs ont été renforcés. Quant aux invendus non alimentaires neufs, leur destruction est maintenant interdite par principe, les entreprises devront donner ou recycler leurs produits. 

La loi s’attaque aussi à l’obsolescence programmée. Le déploiement d’un indice de réparabilité à partir de 2021, et de durabilité à partir de 2024 permettra à l’acheteur de savoir si le produit est plus ou moins facile à réparer. De plus, le consommateur bénéficiera d’une information sur la disponibilité des pièces détachées.

Enfin, la création d’un fonds de soutien, financé par les filières REP, sur le réemploi solidaire pour les recycleries, ressourceries et autres structures de l’économie solidaire fait également parti des mesures phares de la loi AGEC. 

Un projet de loi non abouti

Dans la mouvance européenne, la loi anti-gaspillage apporte des progrès significatifs dans ce qu’on appelle l’ « écologie du quotidien ». Les associations environnementales ont d’ailleurs joué un rôle clé pour rehausser l’ambition initiale du texte. Mais cela est-t-il suffisant ? 

Bon nombre de mesures doivent être complétées par décrets, ceux-ci détermineront aussi bien le degré d’ambition que le rythme de mise en œuvre. Cela laisse présager des reculs dans la mise en application et des dispositions revues à la baisse. Pour illustration, les travaux de ces décrets ont déjà pris du retard en conséquence de la crise sanitaire. 

Mais surtout le projet de loi est menacé par des acteurs comme le MEDEF ou les lobbys industriels, ceux du plastique en particulier. Ces derniers demandent à reporter certaines décisions, et font valoir des arguments de poids en temps de pandémie : l’hygiène et la sécurité. De même, le MEDEF souhaite ajourner d’un an des mesures concernant le volet REP, ce qui pourrait fragiliser les acteurs de l’économie solidaire déjà mis à mal par la crise. 

Au-delà de ces aspects, des critiques s’élèvent sur le contenu de la loi. Selon les Amis de la Terre, l’AGEC ne s’attaque pas « à la racine du problème », l’association regrette que la loi reste silencieuse sur le phénomène de surproduction dans de nombreux secteurs très émetteurs en carbone (textile, etc.). D’une manière générale, l’opinion des associations environnementales fait consensus : la loi passe à côté d’une réforme profonde de nos modes de productions et de consommations, seule solution à la réduction de moitié de nos gaz à effet de serre d’ici 2030 (préconisé par le GIEC). 

₁ Global Footprint Network

₂ Rapport OCDE Global Material Resources Outlook to 2060

Les producteurs sont responsables de la fin de vie de leurs produits

Article rédigé par Bérénice Rolland, Bénévole du REFEDD

Sources

Pour aller plus loin

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Sport et environnement : l’ANESTAPS et le REFEDD veulent sensibiliser et agir concrètement pour la transition écologique

mercredi 25 novembre 2020 par REFEDD

Toutes deux associations étudiantes nationales, L’ANESTAPS et le REFEDD partagent le constat de la dégradation de l’environnement par les activités humaines. Avec leur prisme respectif, sport et environnement, ils veulent sensibiliser les jeunes et leur donner les moyens d’agir.

Les effets du dérèglement climatique de plus en plus visibles

L’impact des activités humaines, décuplé depuis la révolution industrielle, affecte désormais la vie sur Terre de manière importante et irréversible. Visibles depuis quelques décennies, ces changements le seront encore pendant des siècles. Pour la première fois dans l’histoire de la Terre, (une partie) de ses habitant·e·s sont les principales causes de changement : c’est l’anthropocène.

D’après l’OMS, neuf personnes sur dix respirent un air pollué dans le monde (photo : Pixnio)

La pollution de l’air est caractéristique de ces impacts avec lesquels il nous faut désormais vivre. Enjeu majeur de santé publique, elle provoque dans le monde 7 millions de morts prématurées. En comparaison, à un mois de la fin de l’année 2020, la pandémie de Covid-19 a fait plus d’un million de victimes. Or, les gaz polluants continuent à être émis en quantité, et les changements climatiques influent sur la qualité de l’air.

Autre phénomène observé, les vagues de chaleur, plus fréquentes depuis 30 ans. Au rythme actuel des émissions, le GIEC prévoit que des régions entières deviendront inhabitables d’ici à 2050. En France, la canicule de 2003 serait considérée comme un été frais.

Causée par la hausse de la température de la mer (plus l’eau est chaude, plus elle se dilate) et la fonte des calottes polaires, l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée significativement.  Aux Fidji, des villages entiers sont abandonnés, submergés par les eaux. La France serait également touchée, comme le montre cette carte interactive

Les stations de ski sont de plus en plus confrontées au manque de neige (photo : Almavanta, Pixabay)

La diminution de l’enneigement est un problème bien connu dans les Alpes françaises, où le développement de la neige de culture a démarré dans les années 1990. Même dans un scénario à +2°C, seulement trois stations resteraient ouvertes dans les Pyrénées. Une expédition scientifique a récemment constaté le recul des glaciers et la pollution aux microplastiques jusque sur l’Everest.

Ces changements touchent aussi la pratique d’activité physique et sportive

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’inactivité physique est le premier facteur de mortalité évitable au monde. Il est donc conseillé de pratiquer 30 minutes d’activité physique et sportive par jour. On remarque qu’à court terme, avec le constat établi précédemment, cette pratique pourrait être remise en question.

La pratique d’activité physique et sportive de façon régulière est importante pour rester en bonne santé, mais serait-ce encore le cas si la planète se détériore année après année ? En effet, prenons l’exemple de l’importance de la qualité de l’air. Lorsque nous sommes en pleine pratique d’activité physique, le débit ventilatoire (quantité d’air inspiré) est multiplié par dix !  L’augmentation des pics de pollution et des rejets de particules fines par l’activité industrielle constituent un danger pour la population. Selon une étude du ministère de la Transition écologique, la baisse de la qualité de l’air que nous respirons augmenterait les risques de développer des maladies cardio-vasculaires au sein de la population.  

Il existe néanmoins d’autres enjeux pour le sport qui sont tout autant liés aux conditions environnementales. Différentes pratiques se trouvent d’ores et déjà impactées par le réchauffement climatique, comme les pratiques de haute montagne telles que l’alpinisme ou le ski. Et d’autres pratiques telles que les sports sur herbe seront bientôt impactées par le réchauffement climatique, et plus précisément par la hausse des vagues de chaleur. En effet, les pelouses des différents stades municipaux ne sont pas en capacité de supporter des températures au-delà de 30°C plus de trois jours. Certains clubs amateurs et municipalités n’auront pas les ressources économiques pour renouveler ces pelouses. 

Le monde du sport se saisit des problématiques environnementales

Depuis plusieurs années, les différents acteurs du monde du sport ont décidé de se saisir de la problématique environnementale. La charte des 15 engagements écoresponsables publiée par le ministère des Sports en collaboration avec WWF France en est le parfait exemple. Les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 sont également une opportunité pour le sport de prouver que la pratique d’activité physique sportive peut être bénéfique pour le corps et pour la planète. 

Le sport comme vecteur de sensibilisation à l’environnement

L’Association Nationale des Etudiants en STAPS (ANESTAPS) et le Réseau Français Étudiant pour le Développement Durable (REFEDD), deux associations étudiantes nationales qui se rejoignent sur leur perception des enjeux de transition environnementale et sociale, souhaitent donner aux jeunes les moyens de s’informer et de s’impliquer. 

L’ANESTAPS lutte depuis plus de 20 ans contre les problématiques sociales et sociétales qui incombent à notre société. C’est en donnant la parole aux jeunes, que l’ANESTAPS œuvre dans ce sens. Dans cet objectif, l’ANESTAPS organisera un educathon sur la thématique du sport et de l’environnement. Les participant·e·s prendront part à des groupes de travail afin d’apporter des propositions concrètes pour utiliser le sport comme outil de lutte contre les différentes problématiques environnementales. 

Educathon organisé avec l’Agence Nationale du Sport et Sport et Citoyenneté, Vaires-Torcy. (photo : ANESTAPS)

C’est également dans cette dynamique que l’ANESTAPS mettra en place sa première Semaine Nationale de Sport et de l’Environnement, du 18 au 24 janvier 2021. A travers ce projet, L’ANESTAPS s’appuiera sur son réseau composé de plus de 45 associations afin de sensibiliser des élèves de primaire, collège et lycée à la thématique environnementale.  

World Clean Up Day 2020, Paris (Photo : ANESTAPS)

De même, le REFEDD a pour but de permettre à chacun·e d’agir concrètement, en diffusant des connaissances et des conseils pratiques pour agir, en rassemblant les étudiant·e·s et en portant leur voix. La première édition de la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets (SERD), qui se déroule cette semaine (21-29 novembre) propose des web conférences, ateliers Do it yourself, et tuto… et invite notamment à réfléchir autour du lien entre sport et environnement.

Article co-rédigé par Andréas Cardot, Vice Président en charge de l’Innovation Sociale chez ANESTAPS, et Gabriel Goll (REFEDD). 

Cet article Sport et environnement : l’ANESTAPS et le REFEDD veulent sensibiliser et agir concrètement pour la transition écologique est apparu en premier sur REFEDD - RÉseau Français des Étudiants pour le Développement Durable.


Convictions écologiques et menstruations : quelles solutions pour les personnes menstruées ayant peu de moyens ?

mardi 24 novembre 2020 par REFEDD

Cet article a pour objectif d’éclairer les personnes menstruées sur les solutions écologiques existantes concernant les protections hygiéniques. Entre critères écologiques et critère financier, pas facile de faire un choix. Pas de panique, si vous êtes sur le point de sauter le pas, le REFEDD fait le tour de la question pour vous proposer la solution la plus adaptée pour vous et votre porte-monnaie. C’est parti !


Précarité menstruelle, précarité étudiante et convictions écologiques

Commençons tout d’abord par quelques chiffres qui nous permettent de mieux comprendre les réalités de la précarité menstruelle et étudiante en France. 

La précarité menstruelle est la difficulté ou le manque d’accès aux protections hygiéniques par pauvreté. C’est une réalité qui touche de nombreuses personnes menstruées. Dans le monde, jusqu’à 500 millions de personnes vivent dans une situation de précarité menstruelle. En France, l’ensemble des femmes concernées correspond à 15,5 millions de personnes, soit un quart de la population française en 2018. Le coût des dépenses pour les règles (sans les médicaments, les sous-vêtements, vêtements et draps tâchés, les rendez-vous chez le.la gynécologue, etc.) varie entre 1700 € et 5400 € tout au long d’une vie. Une étude britannique estime cependant que le coût des règles s’élèverait à 21 500 € avec tous les frais compris (protections hygiéniques et frais annexes). C’est un fait, avoir ses règles coûte cher et certaines impasses se font au détriment de la santé et accentuent des phénomènes d’exclusion.

Les difficultés financières n’épargnent pas les étudiant.e.s, bien au contraire. Sur l’année universitaire 2018-2019, 39,3% des étudiant.e.s ont perçu une aide financière et d’après la Confédération française démocratique du travail (CFDT), près de 20% des étudiant.e.s vivent en dessous du seuil de pauvreté (personnes vivant avec moins de 60 % du revenu médian, soit 987 € par mois). Le coût de la vie étudiante augmente de manière constante depuis près de dix ans (loyers, coût de la rentrée, alimentation, etc.) ce qui oblige très souvent les étudiant.e.s à travailler en parallèle de leurs études.

Considérant ces barrières financières, les étudiantes n’ont tout simplement pas le luxe de pouvoir s’offrir des protections hygiéniques écologiques, souvent plus coûteuses à l’achat que les protections classiques. Malgré tout, les offres se développent et n’ont pas le même coût ni le même impact sur l’environnement. 


La pollution des protections hygiéniques jetables

La plupart des personnes menstruées auront leurs règles pendant environ 40 ans et saigneront environ 5 jours par mois, soit environ 2400 jours au cours de leur vie, soit environ six ans et demi. On estime que la consommation moyenne de tampons et serviettes hygiéniques d’une personne menstruée représente entre 100 et 150 kg de déchets de son adolescence à sa ménopause

Les protections hygiéniques les plus courantes contiennent beaucoup de plastiques. Les tampons sont emballés dans du plastique, encapsulés dans des applicateurs en plastique, avec des ficelles en plastique, et la plupart d’entre eux incluent même une fine pellicule de plastique dans la partie absorbante. Les serviettes contiennent généralement encore plus de plastique, de la base étanche aux produits synthétiques qui absorbent le fluide jusque dans l’emballage (polypropylène ou polyéthylène mince).

Dans la nature, un tampon ou une serviette hygiénique met entre 400 et 450 ans à se dégrader

Outre les dangers pour l’environnement, certaines protections pourraient aussi être dangereuses pour la santé car elles contiennent des résidus toxiques, notamment des dioxines, classées comme cancérigènes.


Quelles solutions et à quel prix ?

La solution la moins coûteuse, et la plus écologique évidemment, est de ne pas utiliser de protections hygiéniques, soit parce que vous avez décidé de saigner librement et de briser le tabou des règles en assumant les tâches (parce qu’après tout les menstruations c’est naturel!), soit parce que vous avez adopté la méthode du flux instinctif libre (FFI pour les connaisseuses). 
Si vous n’êtes pas encore prêtes pour ces deux méthodes, vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif des protections hygiéniques en fonction de leur prix et de leurs points positifs et négatifs.

On vous laisse donc comparer ces différentes solutions en fonction de votre flux, de votre budget et de vos préférences :

SolutionsPoints positifsPoints négatifsPrix moyen
Coupe menstruelle ou cup– Faible empreinte carbone (pour le made in France)
– Peut durer jusqu’à 10 ans
– Économique car l’achat est rentabilisé en moins d’une année
– Pratique pour les activités sportives (notamment aquatiques)
– Respecte la flore vaginale
– Pas de mauvaises odeurs
– Zéro déchet autre que l’emballage
– 2 formats pour les types de flux
– Peut se garder jusqu’à 12 heures
– Peut ne pas être compatible avec un stérilet
– Le sang contenu dans la cup peut rebuter
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Entretien nécessaire : lavage et stérilisation 
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos 
30 €
Serviette hygiénique lavable (SHL)– Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie de 5 ans en moyenne (jusqu’à 200 lavages)
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Différents formats pour les types de flux
– Investissement important si l’on veut en acheter une par jour de règle 
– Prélavage souvent nécessaire 
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une serviette par jour ne suffit pas
– Pas pratique en voyage pour les laver et sécher discrètement
15 €
(90 € pour 6)
Culotte absorbante lavable– Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie jusqu’à 7 ans
– Esthétisme : jolies modèles pour se sentir bien 
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Respecte la flore vaginale
– Liberté : sensation de ne rien porter
– Différents formats pour les types de flux (tailles, culottes de nuit, de jour)
– Investissement très important si l’on veut en acheter une par jour de règle
– Prélavage nécessaire
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une culotte par jour ne suffit pas (4h à 6h max)
– Pas pratique en voyage pour les laver et sécher discrètement
– Coutures épaisses potentiellement visible à travers les vêtements 
35 €
(210 € pour 6) 
Eponge menstruelle– 100 % naturelle, biodégradable et compostable
– Faible empreinte carbone pour les éponges pêchées en France
– Durée de vie jusqu’à 10/12 mois
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Peut être utilisée lors de rapports sexuels
– Liberté : zéro gênance 
– Il faut vérifier que les  éponges sont prélevées en France dans le respect des fonds marins
– Se porte entre 3h et 5h, ce qui demande un changement plusieurs fois par jours
– Peut être difficile à trouver dans le commerce
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Nettoyage peut être compliqué et l’éponge risque de se déchirer
5 €
(30 € pour 6)


Autres solutions

Si vous avez de la chance, une organisation étudiante de votre campus, la maison des initiatives étudiantes de votre ville ou carrément votre établissement peut déjà distribuer des protections hygiéniques lavables pour lutter contre la précarité menstruelle. Néanmoins, si ce n’est pas encore le cas et que la cause vous tient à cœur, c’est peut-être le moment de souffler l’idée à votre administration. Si c’est un projet que vous souhaitez monter avec votre association ou d’autres étudiant.e.s, le REFEDD peut vous accompagner, notamment pendant la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets #SERDEtudiante en novembre de chaque année pendant la Semaine Européenne de Réduction des Déchets. Pour plus d’infos, cliquez ici

Enfin, pour les plus déterminées, il est aussi possible de faire soi-même ses culottes absorbantes ou ses serviettes hygiéniques lavables. Voici par exemple un tutoriel pour coudre sa serviette lavable, un autre disponible aussi en vidéo. 

Au REFEDD, on ne peut que vous encourager à tendre vers des menstruations zéro déchet, alors n’hésitez pas à laisser des commentaires pour nos lectrices sur vos astuces pour des règles écologiques et peu coûteuses !

Sources :

Cet article Convictions écologiques et menstruations : quelles solutions pour les personnes menstruées ayant peu de moyens ? est apparu en premier sur REFEDD - RÉseau Français des Étudiants pour le Développement Durable.


Convictions écologiques et menstruations : quelles solutions pour les personnes menstruées avec peu de moyens ?

mardi 24 novembre 2020 par REFEDD

Cet article a pour objectif d’éclairer les personnes menstruées sur les solutions écologiques existantes concernant les protections hygiéniques. Entre critères écologiques et critère financier, pas facile de faire un choix. Pas de panique, si vous êtes sur le point de sauter le pas, le REFEDD fait le tour de la question pour vous proposer la solution la plus adaptée pour vous et votre porte monnaie. C’est parti ! 

Précarité menstruelle, précarité étudiante et convictions écologiques

Commençons tout d’abord par quelques chiffres qui nous permettent de mieux comprendre les réalités de la précarité menstruelle et étudiante en France. 

La précarité menstruelle est la difficulté ou le manque d’accès aux protections hygiéniques par pauvreté. C’est une réalité qui touche de nombreuses personnes menstruées. Dans le monde, jusqu’à 500 millions de personnes vivent dans une situation de précarité menstruelle. En France, l’ensemble des femmes concernées correspond à 15,5 millions de personnes, soit un quart de la population française en 2018. Le coût des dépenses pour les règles (sans les médicaments, les sous-vêtements, vêtements et draps tâchés, les rendez-vous chez le.la gynécologue, etc.) varie entre 1700 € et 5400 € tout au long d’une vie. Une étude britannique estime cependant que le coût des règles s’élèverait à 21 500 € avec tous les frais compris (protections hygiéniques et frais annexes). C’est un fait, avoir ses règles coûte cher et certaines impasses se font au détriment de la santé et accentuent des phénomènes d’exclusion.

Les difficultés financières n’épargnent pas les étudiant.e.s, bien au contraire. Sur l’année universitaire 2018-2019, 39,3% des étudiant.e.s ont perçu une aide financière et d’après la Confédération française démocratique du travail (CFDT), près de 20% des étudiant.e.s vivent en dessous du seuil de pauvreté (personnes vivant avec moins de 60 % du revenu médian, soit 987 € par mois). Le coût de la vie étudiante augmente de manière constante depuis près de dix ans (loyers, coût de la rentrée, alimentation, etc.) ce qui oblige très souvent les étudiant.e.s à travailler en parallèle de leurs études.

Considérant ces barrières financières, les étudiantes n’ont tout simplement pas le luxe de pouvoir s’offrir des protections hygiéniques écologiques, souvent plus coûteuses à l’achat que les protections classiques. Malgré tout, les offres se développent et n’ont pas le même coût ni le même impact sur l’environnement.

Précarité menstruelle, précarité étudiante et convictions écologiques

La plupart des personnes menstruées auront leurs règles pendant environ 40 ans et saigneront environ 5 jours par mois, soit environ 2400 jours au cours de leur vie, soit environ six ans et demi. On estime que la consommation moyenne de tampons et serviettes hygiéniques d’une personne menstruée représente entre 100 et 150 kg de déchets de son adolescence à sa ménopause. 

Les protections hygiéniques les plus courantes contiennent beaucoup de plastiques. Les tampons sont emballés dans du plastique, encapsulés dans des applicateurs en plastique, avec des ficelles en plastique, et la plupart d’entre eux incluent même une fine pellicule de plastique dans la partie absorbante. Les serviettes contiennent généralement encore plus de plastique, de la base étanche aux produits synthétiques qui absorbent le fluide jusque dans l’emballage (polypropylène ou polyéthylène mince).

Dans la nature, un tampon ou une serviette hygiénique met entre 400 et 450 ans à se dégrader ! 

Outre les dangers pour l’environnement, certaines protections pourraient aussi être dangereuses pour la santé car elles contiennent des résidus toxiques notamment des dioxines, classées comme cancérigènes.

Quelles solutions et à quel prix ?

La solution la moins coûteuse, et la plus écologique évidemment, est de ne pas utiliser de protections hygiéniques, soit parce que vous avez décidé de saigner librement et de briser le tabou des règles en assumant les tâches (parce qu’après tout les menstruations c’est naturel!) soit parce que vous avez adopté la méthode du flux instinctif libre (FFI pour les connaisseuses). 

Si vous n’êtes pas encore prêtes pour ces deux méthodes, vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif des protections hygiéniques en fonction de leur prix et de leurs points positifs et négatifs.

On vous laisse donc comparer ces différentes solutions en fonction de votre flux, de votre budget et de vos préférences : 

Solutions Points positifs Points négatifs Prix moyen
Coupe menstruelle ou cup – Faible empreinte carbone (pour le made in France)
– Peut durer jusqu’à 10 ans
– Économique car l’achat est rentabilisé en moins d’une année
– Pratique pour les activités sportives (notamment aquatiques)
– Respecte la flore vaginale
– Pas de mauvaises odeurs- Zéro déchet autre que l’emballage
– 2 formats pour les types de flux
– Peut se garder jusqu’à 12 heures
– Peut ne pas être compatible avec un stérilet
– Le sang contenu dans la cup peut rebuter
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Entretien nécessaire : lavage et stérilisation 
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos 
30 €
Serviette hygiénique lavable (SHL) – Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie de 5 ans en moyenne (jusqu’à 200 lavages)
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Différents formats pour les types de flux
– Investissement important si l’on veut en acheter une par jour de règle 
– Prélavage souvent nécessaire 
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une serviette par jour ne suffit pas
– Pas pratique en voyage pour les laver sécher discrètement
15 €
(90 € pour 6)
Culotte absorbante lavable – Faible empreinte carbone (pour le bio made in France)
– Durée de vie jusqu’à 7 ans
– Esthétisme : jolies modèles pour se sentir bien 
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Respecte la flore vaginale
– Liberté : sensation de ne rien porter
– Différents formats pour les types de flux (tailles, culottes de nuit, de jour)
– Investissement très important si l’on veut en acheter une par jour de règle
– Prélavage nécessaire
– Organisation particulière pour un changement en journée (stockage avant lavage)
– Pour les jours abondants, une culotte par jour ne suffit pas (4h à 6h max)
– Pas pratique en voyage pour les laver et sécher discrètement
– Coutures épaisses potentiellement visible à travers les vêtements 
35 €
(210 € pour 6) 
Eponge menstruelle – 100 % naturelle, biodégradable et compostable
– Faible empreinte carbone pour les éponges pêchées en France
– Durée de vie jusqu’à 10/12 mois
– Zéro déchet hormis l’emballage
– Peut être utilisée lors de rapports sexuels
– Liberté : zéro gérance 
– Il faut vérifier que les  éponges sont prélevées en France dans le respect des fonds marins
– Se porte entre 3h et 5h, ce qui demande un changement plusieurs fois par jours
– Peut être difficile à trouver dans le commerce
– Peut s’avérer difficile à changer dans des toilettes sans lavabos
– Demande un certain entraînement pour les premières utilisations
– Nettoyage peut être compliqué et l’éponge risque de se déchirer
5 €
(30 € pour 6)

Autres solutions

Une organisation étudiante de votre campus, la maison des initiatives étudiantes de votre ville ou carrément votre établissement peut déjà distribuer des protections hygiéniques lavables pour lutter contre la précarité menstruelle. Renseignez-vous mais si ce n’est pas encore le cas et que la cause vous tient à cœur, c’est peut-être le moment de souffler l’idée à votre administration. Si c’est un projet que vous souhaitez monter avec votre association ou d’autres étudiant.e.s, le REFEDD peut vous accompagner, notamment pendant la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets #SERDEtudiante en novembre de chaque année pendant la Semaine Européenne de Réduction des Déchets. Pour plus d’infos, cliquez ici

Enfin, pour les plus déterminées, il est aussi possible de faire soi-même ses culottes absorbantes ou ses serviettes hygiéniques lavables. Voici par exemple un tutoriel pour coudre sa serviette lavable, un autre disponible aussi en vidéo. 

Au REFEDD, on ne peut que vous encourager à tendre vers des menstruations zéro déchet, alors n’hésitez pas à laisser des commentaires pour nos lectrices sur vos astuces pour des règles écologiques et peu coûteuses !

Sources :

https://www.donsolidaires.fr/wp-content/uploads/2019/03/Infographie-Dons-Solidaires-Pr%C3%A9carit%C3%A9-hygi%C3%A9nique-en-France-d%C3%A9f.png

https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/11/04/avoir-ses-regles-des-convictions-ecologiques-et-peu-de-moyens-le-dilemme-des-etudiantes_6058396_4401467.html

https://lundicarotte.fr/tampon

https://lundicarotte.fr/regles

https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2019/09/comment-les-protections-hygieniques-sont-devenues-si-polluantes

https://fr.wikipedia.org/wiki/Flux_instinctif_libre

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9carit%C3%A9_menstruelle

https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/FR/T687/l_aide_sociale_aux_etudiants/

https://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_2014-049R_TOME_I.pdf

https://www.mondialtissus.fr/tutoriel-serviette-hygienique-lavable-de-kustom-couture

https://mes-menstruelles.com/

https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/precarite-menstruelle-franc-succes-de-la-distribution-de-serviettes-a-la-fac-de-nanterre-19-09-2019-8155770.php

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Débuter son potager en novembre : les gestes clés

lundi 23 novembre 2020 par REFEDD
Crédit photo : Shutterstock

Confinement oblige, vous êtes sûrement à la recherche de nouveaux passe-temps pour mettre à profit votre temps libre. En mars de nombreuses personnes s’étaient déjà prises au jeu du jardinage, si vous aviez raté le coche à l’époque sachez qu’il n’est pas trop tard ! Dans cet article nous vous donnons les conseils essentiels pour débuter un potager en automne.

Préparer le terrain

Crédit photo : Noémie Melen

Que vous disposiez d’un grand jardin, d’un petit balcon ou d’un simple rebord de fenêtre, pas de panique, il est possible d’avoir un potager même avec un très petit espace. Il suffit juste d’avoir les bons ingrédients

1- Observer

Il est important de connaître l’environnement où vous allez réaliser vos plantations, quel que soit l’espace dont vous disposez.
Votre potager sera-t-il orienté au Sud, au Nord ? Recevra t’il beaucoup de soleil durant la journée ? Sera-t-il situé dans un endroit venteux ?
Pensez à installer des plants qui résisteront sans soucis à ces conditions. On ne plantera pas la même chose selon si l’on a un jardin ombragé en Bretagne ou un balcon ensoleillé à Marseille.

Pensez également à l’espace dont vous disposez, adaptez vos plantations à celui-ci.

2- Se procurer l’essentiel

Il est maintenant temps d’acquérir quelques outils indispensables à la bonne marche de votre potager.

Les indispensables

  • Pots

Astuces zéro déchet

  • On fait le tour de son entourage (voisins, famille, amis), ils ont sûrement des pots en rab’
  • On jette un œil dans la rue
  • On réutilise boîtes de conserve, verres, tasses, caisses en bois…
  • On pense à la seconde main

Choisissez des contenants adaptés à vos futures plantations. Pour les aromates, salades, radis et autres petits légumes 20 cm de diamètre et autant de profondeur suffiront, prévoyez au moins 50 cm pour des pois ou des choux.

  • Terreau

On préfèrera un terreau sans tourbe, enrichi en matières organiques, utilisable en agriculture bio, fabriqué en France et labellisé « Ecocert ».

  • Graines

En Europe, 90% des graines appartiennent à 5 grands groupes agro-alimentaires, la plupart d’entre elles étant hybrides et stériles. Promouvez la diversité en choisissant des semences biologiques, reproductibles, de production française et adaptées à votre région.

  • Plants

Si semer vous effraie, de nombreuses plantes sont disponibles à l’état de plant en jardinerie. Ici aussi faites le choix de variétés biologiques et/ou anciennes pour favoriser la biodiversité.

Zéro déchet

Pour les graines et les semis on pense à nos connaissances férues de jardinage, sans doute ont-ils des graines ou des plants à donner et aux sites d’échange de plantes.

Les extras

  • Outils

Si vous démarrez il y a peu d’outils qui soient vraiment indispensables, surtout si vous ne disposez que d’un espace réduit. Pour un jardin, une bêche sera sûrement utile ; au balcon pensez au transplantoir (mini pelle) qui peut cependant être facilement remplacé par une grande cuillère à soupe.

  • Mini serre

Si vous optez pour le semis vous devrez certainement installer une partie de vos plants à l’intérieur car les jeunes pousses craignent souvent les températures inférieures à 20 degrés. L’idéal est donc de les placer dans une serre bien exposée.

  • Sable et/ou perlite

Utile pour les plantes ne supportant pas le trop plein d’humidité. Ces matières à mélanger au terreau favorisent le drainage.

Attention ! Le sable utilisé au potager est du sable de rivière grossier. Il est disponible en jardinerie ou au rayon maçonnerie des magasins de bricolage, on ne se sert pas à la plage.

3- Préparer l’emplacement

Il est maintenant temps d’accommoder le futur nid de vos fruits et légumes.

Si vous cultivez en pleine terre pensez à la décompacter sur quelques centimètres pour faciliter l’implantation.

En pot, installez une couche drainante (billes d’argile ou pierre volcanique) puis votre terreau. Si vous comptez plantes des carottes ou des aromates méditerranéennes, un conseil, mélangez du sable à votre terre.

Astuce zéro déchet

Des bouts de pots cassés en terre cuite ou des pierres remplaceront à merveille les billes d’argile et autres éléments drainants que l’on trouve dans le commerce.

Passer à l’action

Crédit photo : Noémie Melen

Vous disposez maintenant de tous les ingrédients pour vous lancer. Voici les étapes à suivre :

1- Le semis

À noter : Si vous comptez semer vos plants, vous aurez besoin de petits pots.

Pas besoin d’achats inutiles. On récupère boîtes et coquilles d’œufs, pots de yaourts ou rouleaux de papier toilette vides.

Il est important de vérifier si vos graines doivent être semées en intérieur ou directement en pleine terre.

En intérieur on se munit de petits contenants et on ne plante pas plus de 2-3 graines par pot, à 1 cm de profondeur maximum. On arrose légèrement puis on installe tout ce petit monde dans une serre devant une fenêtre.

Il est important de maintenir la terre humide (mais pas détrempée). Un petit vaporisateur constitue l’allié parfait du semeur de graines. Plutôt que d’en acheter un, pensez à vos vieux flacons de parfum ou percez le bouchon d’une vieille bouteille en plastique.

En pleine terre, on plante en sillons ou à la volée. En tous les cas on s’assure de respecter les distances entre chaque graine (indiqué sur le sachet) et encore une fois on plante peu profond. On arrose et on maintient la terre humide jusqu’à la levée.

En novembre on sème : cerfeuil, oseille, carottes, fèves et pois ou salades.

2- Re(planter)

Que vous optiez directement pour des plants ou deviez replanter vos semis la technique est la même :

  • Arrosez abondamment le plant et son futur emplacement.
  • Creusez un trou suffisamment grand pour accueillir vos plantules.
  • Démoulez-les, si les racines sont emmêlées séparez-les délicatement pour favoriser l’enracinement.
  • Installez la plante et recouvrez de terre. Tassez.
  • Arrosez abondamment. Si la terre s’affaisse rajoutez-en.

Ici aussi assurez-vous que les plants soient suffisamment espacés pour qu’ils puissent croître correctement.

En novembre on plante fraisiers, ail, oignon ou rhubarbe.

3- Entretien

Quelques règles à suivre :

– En automne l’arrosage se fait plus distant, mais on ne laisse surtout pas nos plants se dessécher.

– Pour les semis directs on pense à éclaircir (enlever les plants les plus chétifs) pour leur laisser la place nécessaire.

– On protège nos plants du froid :

  • Paillage : n’importe quelle matière organique fera l’affaire (paille, copeaux de bois). On pense aux feuilles mortes de notre jardin ou des parcs alentours pour un paillage zéro déchet.
  • Voile de protection : on couvre les plants les plus fragiles d’une bâche transparente, d’un vieux voilage ou d’une bouteille coupée en 2.
  • On place nos pots contre le mur, à l’abri du vent.

4- Récolter

Une fois vos plants arrivés à maturité il ne vous restera plus qu’à les récolter et à les déguster.

Bonus

Je n’ai pas d’accès à l’extérieur, puis-je avoir un potager malgré tout ?

Certaines espèces peuvent pousser complètement en intérieur pourvu qu’on leur offre une température inférieure à 20 degrés et suffisamment de luminosité.

La mizuna, les laitues à couper ainsi que la plupart des aromates se prêtent à ce type de culture.

Article rédigé par Noémie Melen, rédactrice blog

Sources

Pour aller plus loin

Graines reproductibles

Terreau responsable

Troc de plantes

Comptes Instagram et blogs

Magazines

Livres

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Mock COP : une simulation de COP avec 350 jeunes pour accélérer l’ambition climatique

jeudi 19 novembre 2020 par REFEDD

Aujourd’hui s’ouvre la Mock COP, qui se tient jusqu’au 1er décembre. Cette simulation de COP en ligne rassemble 350 jeunes pour combler le vide laissé par le report de la COP26, stimuler l’action en faveur du climat et mettre les dirigeants mondiaux au défi de faire mieux. Parmi ces jeunes, 4 délégué·e·s représentant la France, à découvrir ici.

La COP26 prévue en novembre 2020 ayant été reportée d’un an,  200 jeunes rassemblé·e·s autour de l’association étudiante SOS UK organisent une conférence mondiale sur le climat. C’est la Mock COP26, une simulation de COP qui rassemble des jeunes délégué·e·s du monde entier pour notre avenir commun.

#Mock COP

350 jeunes délégué·e·s prennent la parole pour leur pays

Sélectionné·e·s suite à un appel à candidature mondial, 350 jeunes de 145 pays vont endosser le temps de la conférence le rôle de délégué·e. Ils feront une déclaration de haut niveau (high statement), exposant les points de vue des jeunes des pays qu’ils représentent.

Tout comme une “vraie” COP, la simulation durera 2 semaines. Le programme comprend une cérémonie d’ouverture, différentes interventions, des tables rondes, et des réunions (caucuses) par fuseau horaire. La conférence s’articule autour de 5 thèmes : justice climatique ; éducation ; santé et santé mentale ; emplois verts ;  objectifs de réduction des émissions (NDC). Sa clôture sera marquée par une déclaration globale puissante de l’ensemble des jeunes délégué·e·s, rehaussant les ambitions des 145 pays représentés. Après cela, les organisateur·rices veulent donner aux 350 jeunes délégué·e·s les moyens de faire pression sur leurs représentants publics afin qu’ils améliorent les objectifs climatiques nationaux et internationaux.

Qui représente la France à la Mock COP ?

Le REFEDD a le plaisir de vous présenter les quatre délégué·e·s représentant la France, âgé·e·s de 19 à 21 ans et venu·e·s de milieux d’études divers, du droit à la physique en passant par les relations internationales, tou·te·s guidé·e·s par une profonde volonté de faire bouger les choses. 

Les délégué·e·s représentant la France à la Mock COP

« Sans avoir la prétention d’être des spécialistes », Clara, Mathilde, Tom et Valentina souhaitent « apporter [leur] vision des enjeux environnementaux, travailler à accélérer la mise en œuvre et le respect de politiques environnementales plus ambitieuses et contribuer à construire des réponses collectives. »

Comment participer ? 

Si vous êtes intéressé·e·s, vous pouvez participer à la Mock COP26 ! Vous peuvez regarder certaines parties de l’événement en direct sur la chaîne YouTube de la Mock COP26, participer aux événements en marge, ou encore poser des questions et participer à la création d’un nuage de mots. 

La Mock COP, plus qu’une simulation 

L’ambition de la Mock COP est double. Les organisateurs·rices veulent d’abord montrer la détermination et la capacité de la jeunesse du monde à organiser un sommet sur le climat, dans un contexte où les décisions prises (crise sanitaire, plans de relance) sont déterminantes vis-à-vis des changements climatiques. Elles·ils veulent ensuite faire peser la voix des jeunes sur les décisions de leurs pays à la prochaine COP.

Faire d’une simulation une préparation concrète à la COP26, utiliser le report des négociations pour accélérer la prise de décisions conformes à l’urgence climatique et démontrer l’implication de la jeunesse, voilà le défi que se fixe la Mock COP.

Article rédigé par Lucas Marchaland, Amir Worms et Gabriel Goll.

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SERD : étudiant.es et acteur.trice.s de la réduction des déchets

mercredi 18 novembre 2020 par REFEDD

La quantité de déchets que nous produisons a doublé en 40 ans. En réponse, le REFEDD lance cette année la première édition de la Semaine Étudiante de la Réduction des Déchets (SERD), l’occasion pour le monde étudiant de s’engager et de rester positif pour l’avenir !

Vous vous souvenez de la scène d’ouverture de Wall-e ? Des éoliennes perchées sur des montagnes de détritus, des paysages désolés sans le moindre signe de vie, des nuages épais de poussière ocre, et au milieu un petit robot de métal qui compresse des déchets en cubes et les empile en tours plus hautes que les immeubles de New York. Personne ne veut que notre avenir ressemble à ça, et pourtant…

Faire ses courses revient à empiler des emballages dans nos placards. Sortir avec des ami.es est souvent synonyme de passer un moment dans un bar avec un verre jetable en plastique dans la main, puis manger un kebab emballé dans un film d’aluminium et servi dans un sac en plastique avec des serviettes à usage unique.

Notre société produit énormément de déchets. Les Hommes en ont toujours produit mais leur quantité et leur type ont fortement changé avec la seconde révolution industrielle du XIXème siècle. Les déchets sont devenus moins facilement biodégradables, entre autres à cause de l’utilisation de produits de synthèse.1 En effet, les plastiques, polystyrènes et autres matières synthétiques assimilées mettraient entre 100 et 1000 ans à se dégrader dans la nature alors qu’un trognon de pomme ne mettrait que 5 mois au maximum.2 Ces déchets, déposés dans la nature, sont sources de pollution des sols, des eaux et de l’air. Un mégot pourrait polluer jusqu’à 500 litres d’eau à lui tout seul. A cela s’ajoute l’utilisation des ressources naturelles, nécessaires à la production des emballages et objets jetables, qui ont des conséquences non négligeables sur l’environnement et l’épuisement des ressources. Notre population ne cesse de croître et de consommer davantage de produits, bien souvent éphémères. Résultats : la quantité de déchets a doublé en 40 ans.3

La production et la gestion des déchets en France

Infographie de l’Ademe sur les déchets 5

Avec l’accélération de la production de déchets, leur gestion s’est tout de même améliorée. En 1992, le recyclage a vu le jour.4 En 2019, 65 % de nos déchets étaient triés et 6 % étaient valorisés pour la production d’énergie.5 Mais cette valorisation ne suffit pas, une grande partie de nos déchets pourrait être valorisée alors qu’elle ne l’est pas. L’ADEME estime que 100 kilos/habitant/an de déchets potentiellement recyclables sont jetés dans les poubelles de déchets résiduels et que 150 kilos/habitant/an de déchets pourraient être évités grâce à des gestes de prévention comme le compostage domestique, la prévention du gaspillage alimentaire et une utilisation plus sobre des impressions papiers.6 Cela correspond à un peu moins de la moitié des 573 kilos de déchets que chaque personne jette tous les ans.3

Les étudiant.e.s force de proposition pour la réduction des déchets sur les campus

Toute occasion est bonne pour ré-utiliser ses déchets.

L’écart entre ce qui pourrait être recyclé et ce qui l’est réellement est notamment dû au fait que le tri des déchets hors habitation (espace public, établissements recevant du public,etc) est faible, voire absent. C’est le cas dans nos écoles et nos universités. Bien que des centaines d’étudiant.es, d’enseignant.es, d’employé.es circulent quotidiennement dans les locaux des établissements de l’enseignement supérieur, aucune réglementation n’impose la mise en place d’une politique de réduction et de gestion des déchets.

Les étudiant.es sont pourtant demandeur.ses d’une adaptation des établissements à cette problématique majeure. En effet, selon la Consultation nationale étudiante de 2019, réalisée par le REFEDD, le tri sélectif serait la deuxième priorité des étudiant.es sur leur campus. Les associations étudiantes et les étudiant.es sont force de propositions sur les campus. A la Sorbonne à Paris, des étudiant.es discutent avec leurs administrations pour mettre en place le tri des déchets sur leurs campus, et notamment le tri du papier, déchet majeur des salles de cours. Des ressourceries voient le jour sur certains campus comme celui de Bordeaux.

De nombreuses associations étudiantes organisent aussi des ateliers Do It Yourself pour apprendre à fabriquer des éponges, des produits de toilettes ou des objets décoratifs. La tendance DIY permet d’une part de réduire les déchets liés à l’achat de produits neufs et, d’autre part, est idéale pour faire de la récup’ et ne rien jeter.

Donner est également le meilleur moyen pour ne pas jeter, et emprunter est le meilleur moyen pour ne pas acheter. Le CROUS donne un bon exemple de cette pratique florissante. En 2017, il avait distribué aux membres d’une résidence étudiante des autocollants à afficher sur leur boîte aux lettres pour indiquer aux autres résident.e.s les objets qu’ils pouvaient prêter. Le but était ainsi de créer un « réseau de proximité d’échange de biens ». Tous ces projets de consommation collaborative ont des bénéfices sociaux et environnementaux et méritent d’être davantage mis en valeur.

Lancement de la 1ère édition de la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets

Affiche de la SERD étudiante

C’est pourquoi, cette année, le REFEDD a décidé de lancer, en partenariat avec l’ADEME, l’Agence de la Transition Écologique, la première édition de la Semaine Étudiante de Réduction des Déchets ! Depuis plusieurs années, le REFEDD et ses partenaires participent à la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD), à travers les opérations Zéro mégot et Zéro bouteille en plastique sur les campus. Cette semaine est une initiative européenne qui aura lieu du 21 au 28 novembre 2020 et vise à sensibiliser le plus grand nombre à l’impact des déchets sur notre planète.

Pendant la SERD version étudiante, les initiatives étudiantes sur la thématique peuvent être officiellement labellisées “SERD” et bénéficier d’une plus grande visibilité. De son côté, le REFEDD accompagne les associations et les étudiant.es qui souhaitent se mobiliser en communiquant sur leurs événements et en leur apportant un soutien logistique et financier (150€ maximum par association). C’est l’occasion parfaite d’occuper ses journées de confinement et de rester engagé.e.s pour l’environnement ! Le REFEDD met à disposition des étudiant.es un kit de communication et un kit organisateur.rices que vous pouvez retrouver sur la page de l’événement. Par ailleurs, le REFEDD organise de nombreux événements auxquels vous pourrez participer ! Vous pouvez notamment suivre des conférences et événements de sensibilisation à la pollution plastique ou à celle des mégots.

Le REFEDD continue de se mobiliser contre les déchets et vous attend nombreux.se.s à ses côtés !

Article rédigé par Seyna Smoes

Sources

1 – https://www.ademe.fr/expertises/dechets/quoi-parle-t/prevention-gestion-dechets

2 – https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/eco-consommation-duree-vie-dechets-707/

3 – https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/exposition-essentiel-dechets-3-panneaux.pdf

4 – https://www.syctom-paris.fr/accueil.html

5 –https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/ademe_le_mag_n125_faits-et-chiffres.pdf

6 – https://www.natura-sciences.com/environnement/chiffres-dechets.html

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Focus COP 26 : notre délégation suit pour vous les dialogues sur le climat

mercredi 18 novembre 2020 par REFEDD

La COP 26 reportée, 142 conférences ont néanmoins lieu pendant la période initialement prévue. Ces événements sont suivis par une délégation de bénévoles du REFEDD, présentée ici.

La COP 26 reportée, mais une riche actualité suivie par notre délégation

La COP (Conference of Parties), à laquelle le REFEDD envoie chaque année une délégation, aurait dû se tenir du 9 au 19 novembre. A la place, deux événements clés ont lieu à ces dates. D’un côté, les organisateurs de la COP 26 réunissent autour de 11 thématiques des acteurs institutionnels, privés et associatifs dans leurs dialogues pour la “course vers le zéro émission”. De l’autre, la Coalition COP 26 rassemble des mouvements citoyens du monde entier pour partager constats et solutions à la crise climatique.  Au total, 142 webinaires ont lieu en 2 semaines.

Ces discussions sont suivies par une équipe de bénévoles du REFEDD. Les membres de notre délégation, dont les sensibilités et les parcours variés sont présentés ici, se sont réparti les thématiques. Elles et ils assistent aux conférences et retranscrivent ensuite pour vous les points les plus intéressants en vue de la COP 26 à Glasgow. Leurs articles seront publiés entre mi-novembre et mi-janvier.

Note délégation Focus-COP 26

Aline

Suite à un master d’affaires internationales et développement durable, Aline est en stage de fin d’étude dans les rouages passionnants de la finance durable !

D’abord écolo-curieuse, cela fait maintenant plusieurs années qu’elle s’intéresse aux questions relatives à la transition écologique. C’est ensuite devenu pour elle un objectif de métier. Aline est engagée dans plusieurs associations écolo…  un peu trop même, de son propre aveu ! Avec déjà 2 COP à son actif (grâce au REFEDD), on peut dire qu’elle connaît bien le petit monde des négociations climatiques. 

En connaisseuse aguerrie, elle suit sans surprise les conférences sur la finance durable. 

Amir 

Amir est étudiant en informatique à Paris Dauphine, où il entame sa cinquième année. Dans le même temps, il est alternant au laboratoire de Recherche et Développement d’Engie (aka le CRIGEN). Des recherches sur la ville du futur, l’hydrogène et l’intelligence artificielle y sont menées. 

Curieux de tout, Amir aime apprendre des choses sur la magie, le solfège, la programmation ou les filières énergétiques. Incollable sur les sous-préfectures des départements français, c’est aussi un fan d’Overwatch. Cherchant depuis quelques années à effectuer une transition vers une existence plus cohérente, Amir fait ses débuts dans l’engagement écologique comme bénévole pour le REFEDD. 

Il suit les thèmes : industrie ; transport ; agriculture et utilisation des terres, ; énergie et infrastructures ; systèmes alimentaires régénératifs et résilients ; communautés en première ligne des changements climatiques et populations indigènes ; résistance, démocratie et transition juste.

Anne

Anne est en deuxième année à l’ENS Paris-Saclay, dans le département économie-gestion. Elle fait cette année un stage de recherche sur les questions entrepreneuriales. Elle aimerait poursuivre en thèse en sciences de gestion après l’ENS !

A côté des cours, elle fait un peu de photographie, de volley, et s’intéresse surtout beaucoup à la politique. Aujourd’hui engagée chez Allons Enfants, elle a pu militer pour les droits des animaux et plus généralement pour la diminution de consommation de viande pour des raisons éthiques et environnementales. Enfin, elle fait partie de différentes assos de son école, en particulier la Junior Entreprise dont elle la secrétaire générale

Elle suit les thèmes industrie et milieu bâti (built environment). 

Auriane 

Auriane va avoir 24 ans et vit actuellement à Paris. Elle y fait un master dans le management du développement durable, en alternance. 

Elle est rentrée il y a quelques mois d’un super voyage de 6 mois en Nouvelle-Zélande. Passionnée d’équitation depuis toute petite, elle aime beaucoup lire des articles sur la politique et l’environnement, voir ses amis, sa famille ou boire une petite bière en terrasse et discuter. Auriane a intégré le REFEDD depuis maintenant quelques semaines ; elle ressentait le besoin de s’engager pour aider à créer et mener des projets en rapport avec le développement durable. 

Elle suit les thèmes : systèmes alimentaires régénératifs et résilients ; villes et régions.

Cécile

Cécile est en troisième année à l’École nationale supérieure de chimie de Montpellier (ENSCM) et étudie la chimie générale et la chimie de l’environnement. Avant, elle a fait un bac S – S.V.T. (Sciences de la vie et de la Terre), puis 2 ans de classes prépa PCSI-PC (physique-chimie et sciences de l’ingénieur – physique chimie). Elle a fait 2 stages en labo universitaire, mais n’a pas pu en faire à l’étranger (merci la Covid).

Cécile s’intéresse à l’écologie sous toutes ses formes, du point de vue scientifique, dans sa dimension politique et au sens philosophique. Avec ses études de dépollution et de gestion de l’environnement, elle a pu en apprendre beaucoup sur la chimie de l’environnement dans toutes les sphères. Elle a fait 10 ans de scoutisme et est actuellement engagée au club de développement durable de son école (et au REFEDD, évidemment). Elle a découvert récemment la Fresque du Climat – elle recommande ! – et s’apprête à en animer à son tour. 

Pendant ces 2 semaines, elle touche un peu à tous les thèmes en couvrant environ une conférence par jour.

Cindy 

Cindy a fait ses études à Sciences Po Toulouse. Elle voulait se spécialiser dans l’environnement, c’est pourquoi elle est actuellement en M2 en double diplôme Sciences Po Toulouse / AgroParisTech. Elle a effectué un stage à la mairie de Paris dans la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement : chargée d’étude, elle a découvert les enjeux liés aux politiques publiques en agriculture urbaine. 

Cindy est passionnée de musique et joue du piano, ayant pris des cours pendant 5 ans. Elle aime aussi jouer aux jeux de société entre amis, aller au cinéma et aime beaucoup les animaux. Pendant ses études, elle s’est occupée de l’événementiel pour Gaïa, l’association écolo de Sciences Po Toulouse qui propose par exemple des paniers bios aux étudiants. Elle a aussi été tutrice pendant 2 ans dans le programme d’égalité des chances de son école, afin d’aider des jeunes en difficulté à poursuivre avec réussite leurs études.

Elle a choisi de suivre en particulier les thèmes jeunesse, milieu bâti, et énergie propre. 

Clara

Clara est étudiante en L2 de sciences politiques à l’université de Lille.

Passionnée par les thématiques environnementales et les relations internationales, c’est la première fois qu’elle est observatrice d’événements internationaux sur le climat avec le REFEDD. Clara a déjà participé à la création d’un journal sur la transition écologique avec la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités (MRES) de Lille. Elle a également une expérience de terrain auprès de l’association Archelon, qui participe à la protection des tortues marines en Grèce. Elle prépare en ce moment sa candidature Erasmus+ et espère partir en Italie l’année prochaine. Son ambition ? Travailler un jour pour les institutions de l’Union européenne. 

Elle couvre les thèmes océans, zones côtières et eau, ça coule de source ! 

Emma

Intéressée depuis quelques années au climat et à l’environnement, Emma s’est naturellement spécialisée en dépollution et en gestion de l’environnement à l’ENSCM, qu’elle a intégrée suite à une prépa PCSI-PC. Emma aurait dû réaliser cette année un stage en recherche en Nouvelle-Zélande sur la dépollution des eaux de lacs grâce à des moules. Malheureusement, le coronavirus en a décidé autrement…

A l’avenir, elle aimerait travailler dans le domaine de l’environnement et se sentir impliquée dans la transition écologique, une façon pour elle de se sentir vraiment utile ! Elle essaie de sensibiliser son entourage aux problématiques environnementales, et y arrive doucement mais sûrement ! Touche à tout, elle aime les voyages et la musique ; elle apprend le ukulele, au plus grand désespoir de ses voisins, d’après elle. Surtout, Emma adore cuisiner ! 

Elle suit des conférences sur des thèmes variés (mode, agriculture et politique), en fonction de son emploi du temps. 

Lucas 

Lucas est étudiant en première année d’école d’ingénieur à l’ENSEM à Nancy. 

Passionné de Friends et de football et fan inconditionnel de l’Olympique Lyonnais, il s’intéresse à l’histoire et à la politique. Lucas essaye de s’engager à l’échelle locale pour galvaniser la conscience écologique présente chez les étudiants. C’est pourquoi il participe à des projets du REFEDD, d’animation du réseau notamment. Il veut aussi s’impliquer à plus grande échelle, pour comprendre la crise socio-environnementale et espérer y répondre en induisant des changements profonds. C’est donc tout naturellement qu’il a rejoint la délégation du REFEDD pour ces 2 semaines. 

Il suit notamment les thèmes énergie, finance, démocratie et transition juste. 

Marjolaine

Marjolaine est étudiante en dernière année d’école d’ingénieur à Centrale Marseille. Elle y a choisi la spécialisation en modélisation mathématique du climat. Ayant envie d’en apprendre plus sur les relations internationales et les sciences économiques, elle a décidé il y a deux ans de se lancer dans un double diplôme à Sciences Po Aix en affaires internationales. 

Toujours en vadrouille, elle aime surtout faire de belles rencontres et découvrir des endroits insolites ! En décembre 2019, elle a eu la chance d’aller à la COP 25 en tant qu’observatrice pour le REFEDD ; une belle expérience qu’elle recommande ! Au retour de la COP, elle avait envie d’agir à l’échelle locale en faveur de modes de consommation plus respectueux. Elle est donc devenue bénévole pour l’association Sekoïa, qui labellise les commerces qui s’engagent dans la réduction de leurs déchets. Marjolaine anime aussi la Fresque du Climat

Elle suit les conférences sur les thèmes de la santé et du green deal. 

Ombeline

Ombeline a fait une licence de sciences politiques à Lille, puis un master de développement international inclusif à Londres. Elle a écrit son mémoire sur les motivations des Etats à mettre en place des politiques écologiques (spoiler : d’abord des intérêts économiques et diplomatiques). Elle a fait des stages au Parlement de la Lettonie, puis au cabinet des affaires européennes de Viktor Orban. Promis, ce n’est pas elle qui lui a conseillé ses politiques migratoires et climatiques.

Ombeline est en stage au ministère de l’Economie et gère les dossiers européens et internationaux de l’Économie Sociale et Solidaire ! Une césure de rêve, qui allie sens, contact humain, développement durable et international. Passionnée d’écologie depuis toute petite, Ombeline a grandi à Shanghai, où elle n’a pas dû voir le ciel bleu une seule fois… La pollution dans les pays d’Asie (qui manquent de moyens pour la gérer et ne peuvent la délocaliser comme le font les pays riches) l’a poussé à s’investir dans des associations écologiques et sociales et à devenir activiste pour Fashion Revolution

Elle suit les thèmes ambition de la jeunesse pour le climat et coopération multi-niveau. 

Gabriel 

En service civique au REFEDD, il s’occupe de la formation et de la participation des étudiant.e.s aux négociations climatiques. Sa présentation est à retrouver ici.

Il coordonne le suivi de ces 2 semaines d’événements qui préfigurent la COP 26.  

Article rédigé par Gabriel Goll.

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Retour sur notre conférence avec Citeo sur le tri et le recyclage

lundi 16 novembre 2020 par REFEDD

Le mercredi 4 novembre, le REFEDD a organisé en partenariat avec Citeo une conférence sur le tri et le recyclage. L’occasion pour les participant.e.s d’échanger, de poser leurs questions aux intervenantes et de déconstruire des idées reçues pour en savoir plus sur le tri et le recyclage des emballages et des papiers. Voilà de quoi vous y retrouver dans ces échanges !

Les intervenantes de Citeo, Stéphanie Fourcade, directrice mobilisation et engagement, et Laurence Caradec-Argoud, responsable communication de proximité, ont présenté leur organisme ainsi que le dispositif de tri et de recyclage en France. 

Le cycle de vie des emballages

La première partie de la conférence portait sur l’importance du tri et du recyclage, et sur le devenir des déchets. Certains se posent parfois des questions à ce sujet : avec le nombre d’erreurs de tri, est-il légitime d’appliquer une sélection si rigoureuse ? La réponse est oui, bien sûr ! En 2018, le tri a permis d’éviter en France l’émission d’1,6 million de tonnes de CO2, en recyclant 3,5 millions de tonnes d’emballages.

Les intervenantes de Citeo ont d’abord expliqué la chaîne depuis la collecte d’un déchet et son tri par la collectivité, jusqu’à son recyclage. Elles ont démontré que les collectivités avaient tout intérêt à assurer un tri et une collecte efficaces. En effet, une fois sortis des centres de tri, les emballages et papiers sont revendus à des entreprises de recyclage et constituent ainsi une ressource pour les collectivités. Les dysfonctionnements lors de la collecte sont donc des incidents en général isolés et rares, et que les collectivités ont intérêt à éviter. 

De même, sensibiliser les ménages pour éviter les erreurs de tri est l’une des missions de Citeo, notamment au travers de l’application Guide du tri qui spécifie les consignes pour chaque déchet et selon les communes. 

Source : Citeo

Le recyclage du plastique

Pour des raisons techniques, il a été décidé à l’origine de ne recycler que les bouteilles et les flacons en plastique, plus faciles à collecter et principalement composés de deux types de résines plastiques, le PET et le PEHD.

Aujourd’hui, en France, la plupart des emballages plastique se trient mais cela varie en fonction des communes. Il s’avère que certaines collectivités ont élargi les consignes de tri à tous les emballages en plastique. La plupart d’entre eux se recyclent et ont déjà des filières de recyclage et des débouchés. Pour la part qui n’en a pas encore, des études et expérimentations sont menées afin d’étudier et développer de nouvelles filières de recyclage. L’aboutissement de l’extension des consignes est prévu pour 2023. Les centres de tri doivent être modernisés pour permettre le recyclage de nouveaux emballages, ce qui nécessite du temps et des investissements. Mais le jeu en vaut la chandelle, car l’objectif est de ne plus avoir de plastique en décharge. 

De manière générale, 50% des emballages en plastiques bénéficient de filières de recyclage bien développées, 25% ont besoin d’une filière renforcée (polystyrène, pot de yaourt, film plastique) et 25% sont trop complexes, ou n’ont pas encore de solution technique, ou de solution de débouchés. C’est pourquoi Citeo travaille avec les entreprises de recyclage sur l’écoconception pour réduire voire éliminer les plastiques pour lesquels il n’existe pas encore de solution de recyclage. 

Le rôle du producteur

Dans le cadre de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP), les entreprises qui mettent sur le marché des produits générant des déchets doivent prendre en charge, notamment financièrement, la gestion de la fin de vie de ces déchets. C’est une déclinaison du principe pollueur-payeur : les producteurs et les entreprises responsables de la mise sur le marché de produits sont tenus de financer ou d’organiser la gestion des déchets issus de ces produits en fin de vie. L’idée est de lier l’acte de production à l’acte de recyclage, et de ne pas mettre un produit sur le marché sans savoir comment il sera recyclé. Il y a plusieurs avantages à cela : 

  • Impliquer les entreprises dans l’économie circulaire de leurs produits;
  • Mutualiser les coûts de traitement liés aux différents types d’emballages et papiers;
  • Générer un financement pérenne pour le service public de gestion des déchets tout en stimulant son efficacité.

17 filières de gestion des déchets fonctionnent selon ce principe en France. Par ailleurs, il a été adopté par de nombreux pays de l’union Européenne. 

Citeo, Livret Citoyen

Aujourd’hui, le taux de recyclage global des emballages est de 70%, ce qui correspond à 3,6 millions de tonnes d’emballages ménagers recyclés. Le but est maintenant pour nous, citoyen.ne.s et et pour les producteurs de continuer à respecter les consignes du tri et à réduire les emballages !

Ne manquez pas de vous rendre sur le site internet de Citeo et sur leur chaîne Youtube pour plus d’informations sur les consignes de tri et pour découvrir des recettes anti-gaspi, des webinaires sur l’éco-conception et bien plus encore !

Les vidéos disponibles sur la chaîne Youtube de Citeo :

La web-série « Le Tour de la question », Les vidéos #SUIVEZMOI (une pour chaque matériau – bouteille en plastique, brique, paquet carton, bouteille en verre, canette en alu, conserve en acier, film en plastique – dans le cadre de l’ECT), la web-série « Matières à penser », pour répondre aux questions récurrentes « qu’est-ce qu’un emballage recyclable ? biosourcé ? etc. 

Merci à notre partenaire, Citeo, ainsi qu’à tou.te.s les participant.es pour leur présence et leurs échanges 🙂

Citeo a été créée par les entreprises pour réduire l’impact environnemental de leurs emballages et papiers en les transformant en ressources. Avec sa filiale Adelphe, Citeo apporte conseils et solutions à ses clients – entreprises de l’industrie, du commerce, de la distribution et des services de grande consommation – afin de les aider à exercer leur responsabilité liée à la fin de vie des emballages et des papiers, et ce dans des conditions économiques optimales. En 25 ans, les entreprises ont investi plus de 9,5 milliards pour financer la collecte sélective et créer des filières de recyclage, avec leurs partenaires collectivités locales, filières et opérateurs. Aujourd’hui 70% des emballages et 59% des papiers sont recyclés grâce au tri des Français.e.s devenu le 1er geste citoyen. Agissant pour faire advenir une véritable économie de la ressource en France, Citeo s’est fixé 3 priorités : simplifier le geste de tri pour permettre à tous les Français de trier tous leurs emballages et papiers d’ici 2022 ; innover pour inventer les nouveaux matériaux, technologies de recyclage, solutions de collecte et débouchés ; réduire l’impact environnemental des emballages et des papiers en accompagnant les entreprises dans la généralisation de l’éco-conception.

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Convention Citoyenne pour le Climat : les 150 appellent Macron à respecter ses engagements !

jeudi 29 octobre 2020 par REFEDD

Au moment du premier anniversaire de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC), les tensions se creusent entre E.Macron et les citoyen.nes de la Convention. L’inquiétude se fait de plus en plus sentir face aux renoncements successifs de l’Exécutif à appliquer les propositions. 

Lundi 29 juin au Palais de l’Elysée – Réponse de Macron aux citoyen.nes de la CCC

Macron interpellé pour renouveler son engagement

Lundi 12 octobre, les citoyen.nes de la Convention pour le Climat ont interpellé le Président sur son soutien en faveur des propositions de la Convention. Ils lui ont adressé une lettre dans laquelle ils l’appellent à réaffirmer son « engagement formel » et à renouveler son « envie ferme de faire aboutir » leurs propositions. 

Dans la foulée, une dizaine de citoyen.nes membres de la CCC ont donné mercredi 14 octobre, devant l’Assemblée nationale, une conférence de presse intitulée « Les citoyen.nes de la CCC ne s’accommodent pas des renoncements du gouvernement ! ». Lors de cet événement, les citoyen.nes ont accusé le gouvernement de « détricoter » les mesures de la Convention et ont annoncé la création prochaine d’une Commission chargée d’assurer le suivi des 149 propositions. 

Cette mobilisation citoyenne fait suite à un mouvement de recul de la part du gouvernement qui semble de plus en plus frileux à la mise en œuvre de ce projet. 




Lundi 12 octobre – Lettre des citoyens de les CCC à E.Macron

Un débat qui se crispe : “Jokers” et “détricotage” des propositions

Tout a commencé le 29 juin dernier, lorsque E.Macron rencontre les 150 pour leur affirmer son appui, et s’engager à reprendre les propositions dans leur totalité. Enfin, pas tout à fait. Il utilisera son droit de veto sur trois d’entre elles, et notamment sur la proposition de taxer des entreprises distribuant des dividendes pour financer la transition écologique. Il promet alors d’appliquer les 146 autres propositions « sans filtre ». Cependant, à l’étude des faits, il semblerait que la liste de ces trois « Jokers » ne cesse de se rallonger. Seraient-ils alors les prémices d’une politique de pas en arrière ?

Ainsi, malgré un discours du président de la République favorable à la Convention, les déclarations ministérielles semblent indiquer que d’autres renonciations sont possibles. Ce fut le cas la semaine dernière, avec le rejet de mesures par la Commission des finances telles que, la taxe sur les engrais azotés, la révision de l’indemnité kilométrique (pour ne pas favoriser les véhicules les plus émetteurs) et la baisse de la TVA sur le train. 

Les prises de position parfois contradictoires au sein même du gouvernement ajoutent de l’huile sur le feu à un climat sous tension et la confiance s’amenuise entre les citoyen.nes et l’Elysée.

On constate que le débat se concentre principalement sur 8 thématiques sensibles

  • La demande de moratoire pour le déploiement de la 5G de la Convention. E.Macron n’a pas caché son hostilité avec des critiques virulentes sur le « modèle Amish » et le « retour à la lampe à huile ». 
  • La fin des liaisons aériennes pour les trajets faisables en train en moins de quatre heures 
  • L’interdiction de la construction de nouveaux aéroports et l’extension de ceux qui existent
  • La baisse de la TVA sur les billets de train
  • La création d’un crime d’écocide 
  • La régulation de la publicité sur les produits très polluants 
  • La création d’un critère de poids dans le malus écologique pour les automobiles
  • L’augmentation de « l’éco-contribution » du transport aérien. 

La réintroduction des néonicotinoïdes pour la culture des betteraves sucrières est le dernier symbole en date de cette politique. Au total, ce sont près d’une vingtaine de mesures abandonnées par le gouvernement, selon Greenpeace. 

Par ailleurs, l’engouement suscité par la Convention Citoyenne du Climat se heurte aujourd’hui à une réalité conjoncturelle. La crise sanitaire et économique pourrait retarder l’application des propositions de la Convention et avoir un impact significatif sur la transition écologique



Janvier 2020 – Intervention d’E.Macron devant les membres de la CCC

La réaction du gouvernement face aux critiques 

En réponse à la lettre écrite par les citoyen.ne.s de la Convention, E.Macron s’est exprimé le même jour et a déclaré : « Près d’un an après le lancement de votre convention, la crise sanitaire que traverse notre pays n’a en rien affaibli ma volonté d’agir ni celle du Gouvernement, car la crise climatique n’a pas disparu ». 

Ces paroles sont ensuite suivies d’une énumération de mesures déjà mises en œuvre ou en cours d’application. Une trentaine au total, de l’interdiction des terrasses chauffées, à la circulaire sur l’aménagement commercial, en passant par le soutien à la rénovation énergétique. Il annonce également qu’un tableau de bord verra le jour prochainement. Enfin, il confirme la création d’un projet de loi, attendu en décembre pour le cinquième anniversaire de l’accord de Paris, qui devrait contenir environ 40% des propositions de la Convention.

Il précise encore : « Certaines de vos mesures méritent des ajustements (…). Parfois, elles nécessitent une temporalité différente de celle que vous proposez, simplement parce que c’est la condition de leur réussite économique, sociale et écologique (…) ». La question qui reste en suspens est de savoir dans quelle mesure ces « ajustements » seront effectués et s’ils répondront aux attentes des 150.

Ce qui est sûr, c’est que ce sont les mesures prises dans leur globalité qui permettront d’atteindre l’objectif de la CCC. À savoir, la réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre en France. Or, le détricotage progressif de ses propositions réduit considérablement les chances d’atteindre ce but.  

Article rédigé par Bérénice Rolland, Bénévole du REFEDD

Sources

Pour aller plus loin

Cet article Convention Citoyenne pour le Climat : les 150 appellent Macron à respecter ses engagements ! est apparu en premier sur REFEDD - RÉseau Français des Étudiants pour le Développement Durable.


Retour sur les premières Rencontres Inter-Associatives de l’année !

mardi 27 octobre 2020 par REFEDD

Le 19 et le 21 octobre ont eu lieu nos premières rencontres inter-associatives à Bordeaux, Lille, Lyon et Paris ! Organisées par nos supers animateur.trice.s, ces rencontres étaient l’occasion rêvée pour échanger lors d’un moment convivial et de découvrir les missions et projets de chacun.e.s. Emma, Guillaume, Noémie et Marin partagent leur expérience en tant qu’animateur.rice.s de l’événement … 

Guillaume à Lille

A Lille, la rencontre inter-assos a eu lieu dès le lundi 19 octobre en co-organisation avec Animafac. De nombreuses associations étaient motivées, avec plus d’inscriptions que de places disponibles ! 😊 Après l’atelier d’Animafac qui a permis aux participant.e.s d’échanger et de faire connaissance, nous avons réfléchi à des solutions pour rendre un événement plus éco-responsable. Les binômes ont travaillé autour des thèmes suivants : alimentation, animation, communication, transports, scénographie, déchets. Tous.tes se sont impliqué.e.s avec sérieux et beaucoup d’idées en sont sorties ( mention spéciale à l’appareil crieur fonctionnant sur batterie solaire ) ! 👏 La soirée s’est (trop) vite terminée mais les associations ont tout de même pu faire connaissance dans la joie et la bonne humeur.

Merci à toutes les association participantes : Article 1, APEL, APSYLE, Art Isa, Campus Market, ESN Lille, Etu’danses, Fratern’IUT, GEDAM, HomoEcolorictus, ICOM, Kino Ciné, Le Merle, Les B.A.R.G.E.S, OFCI, ZeGreenPeas.

Merci aussi à Arnaud et Margot d’Animafac qui ont co-organisé cette rencontre, à Noémie qui a participé à l’animation de l’atelier et enfin à Lucas et à Rosanna de la MDA de Tourcoing pour avoir présenté leur guide sur la passation de bureaux dans une association.

Emma à Bordeaux

La rencontre inter-assos de Bordeaux ? C’était le feu ! Merci aux assos d’être venues aussi motivées ! Quelques chiffres marquants : 14 invités, 12 assos représentées, réparties sur 3 créneaux.

Malgré le contexte actuel, votre bonne humeur a permis de faire de cette première RIA un vrai moment d’échange ! Chacun.e a pu se présenter, partager ses projets actuels et futurs, et même garder contact ! La première partie de la soirée, à travers un brise-glace fun et ludique, nous a permis de nous rencontrer et de nous découvrir. La deuxième partie était tournée vers les talents artistiques et d’éloquence. Le jeu “Dessine ton Asso” a permis de mettre en lumière de vrais artistes, le tout parsemé de moments de rire et de discussions. 🗨👍

Merci aux associations participantes : Solid’Earth, Echo’Logik, E&D, Climates, Agrodyssée, Association M-Tech, ESSplicite, Fédération ATENA, Association Politique Internationale, Jeunes Européens, Vrac Bordeaux, Fenrir Studio, Anthropo’fil.

Je remercie aussi l’asso VRAC Bordeaux pour nous avoir offert la dégustation de produits, ainsi que Christophe d’Etu’recup pour son quiz sur la biodiversité.  Merci également à mes co-organisatrices Manon et Brune, services civiques d’Animafac ! Cette soirée a démontré la force du réseau REFEDD, et ça, c’est grâce à vous ! 👏

Noémie à Lyon

La rencontre inter-assos de Lyon a eu lieu le mercredi 21 octobre au TUBA, un tiers-lieu porté sur les questions de la ville et de sa construction durable et inclusive. A contexte particulier, normes particulières : nous avons mis en place deux créneaux pour limiter le nombre de participant.e.s en fonction du couvre-feu 🔥. Quel dommage me direz-vous… Et bien ce fût une réussite ! En tout, 13 associations étaient présentes (étudiantes mais pas que !), au dynamisme très stimulant.  

Pour les présenter de manière ludique nous avons réalisé un “Dessine-moi ton asso”🎨. Cette activité a permis de découvrir en image les valeurs, objectifs et projets de chaque association. Elle nous a aussi permis d’admirer les talents artistiques de chacun.e ! 😎  Avec le premier groupe, nous avons aussi eu le temps de réaliser un deuxième atelier. L’idée était d’imaginer un événement fictif éco-responsable en prenant en compte les questions de transports, d’alimentation, ou encore d’énergie.

Un grand merci à toutes les associations participant.e.s : Lyon Animafac, Conscience et Impact Ecologique, Feelin’Vibes, Ecosila, Ingénieurs Engagés, Tissu Solidaire, Anciela, Génération Lumière, ALTAÏR, Le Dispensaire Vétérinaire Etudiant, EcoEcam, L3DD et Salad’arité.

A très vite pour d’autres événements !

Marin à Paris

La rencontre inter-asso de Paris s’est déroulée le 21 octobre à la MIE du 3ème arrondissement. Malgré des éditions précédentes très hautes en couleur, cette nouvelle rencontre s’est faite en comité plus réduit mais tout aussi fun ! Des associations franciliennes aux projets passionnants et représentées par des membres dynamiques, le cocktail parfait pour faire de cette première RIA, une réussite tant sur le plan interaction que sur le plan artistique … 

Une activité “Dessine ton Asso” a permis à nos cher.e.s participant.e.s d’expliquer de manière créative leur association et leurs projets tout en entraînant de multiples synergies les un.e.s avec les autres avec un but simple : créer un écosystème associatif, afin que les actions à venir se fassent de manière commune et ambitieuse. 👍 Ce sont les mains dans la terre que les étudiant.e.s ont terminé cette rencontre, autour d’un atelier jardinage agrémenté de “Fun Facts” sur l’écologie et l’importance sanitaire et environnementale de verdir son chez-soi. 🌱

Merci encore aux associations participantes : FAIR[e] un monde équitable, AJME, Sciences Po Environnement, Animafac, NOISE Agro, BDH – Nancy, AREP3 (Association pour la Responsabilité Environnementale à Paris 3), Green Wave.

Article rédigé par Emma Charmant, Marin Lardeau, Guillaume Chenet, Noémie Rousset, et Emma Freneaud

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Emploi & recrutement des éco-entreprises : conseils et ressources à destination des étudiant.e.s

vendredi 23 octobre 2020 par REFEDD

Le mardi 20 octobre 2020, la DRIEE (Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’Énergie), le PEXE, réseau d’éco-entreprises et le REFEDD ont proposé un atelier emploi & recrutement en ligne. 📝💼 Conseils pour la recherche d’emploi & le recrutement, outils, ressources & annuaires d’éco-entreprises… : retour sur un événement riche en échanges.

L’impact écologique, un critère pour la recherche d’emploi des jeunes !

La 5ème Consultation Nationale Etudiante #CNE2020 du REFEDD a interrogé plus de 50 000 étudiant·e·s sur les sujets en lien avec les enjeux environnementaux, leur quotidien et la société. Cette consultation nous a montré que 85% des étudiant·e·s étaient inquiet.e.s voire angoissé·e·s vis-à-vis de l’avenir au regard du changement climatique et que 94% estiment que les dirigeant·e·s d’entreprise prennent insuffisamment voire pas du tout en compte les enjeux environnementaux dans leurs décisions.

Cette inquiétude se traduit par de fortes convictions pour leur avenir professionnel : 93% des étudiant·e·s pensent que la majorité des métiers doivent intégrer les enjeux environnementaux et 70% d’entre eux·elles considèrent l’impact environnemental comme un critère pour leur recherche d’emploi.

Ces chiffres expliquent pourquoi les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux éco-entreprises.

Une éco-entreprise, qu’est-ce que c’est ?

Une éco-entreprise selon l’ADEME, est une entreprise qui commercialise une solution (produits, services…) visant explicitement à prévenir, réduire ou mesurer les atteintes des activités humaines sur l’environnement. Il s’agit par exemple d’entreprises intervenant dans la qualité de l’air, la protection de la biodiversité, la gestion des déchets, de l’eau ou le développement des énergies renouvelables.

D’après l’étude du PEXE sur les éco-entreprises d’IDF, les éco-entreprises ne sont pas sur-représentées par les grands groupes mais par les PME (Petites et Moyennes Entreprises) et les TPE (Très Petites Entreprises). En effet, 78 % des éco-entreprises ont moins de 20 ans et elles comptent 17 collaborateurs en moyenne.

Ces éco-entreprises recrutent ! En effet 44% d’entre elles ont comme priorité le recrutement pour leur développement et 79% des éco-entreprises pensent embaucher. Malgré la situation actuelle les entrepreneur·euse·s présent·e·s à l’atelier confirment que ces secteurs continuent à recruter.

Elles recherchent des profils variés comme technicien·ne, ingénieur·e, commercial.e ou développeur·euse informatique. Cependant ces dernières ont encore un effort à faire car seul 30% des collaborateur·trice·s sont des femmes !

Où retrouver toutes ces annonces ?

Vous pouvez chercher sur les plateformes spécialisées comme Emploi-environnement, Greenjob, Greenunivers, Meteo job, Envirojob, APECITA, Réseau TEE… mais ce ne sont pas les supports les plus utilisés ! Selon l’étude du PEXE, dans la majorité des cas, comme les éco-entreprises sont de petites tailles, ce sont les dirigeant·e·s qui recrutent ! Manquant de temps et d’expérience dans le recrutement, il·elle·s rencontrent des difficultés à rédiger de bonnes annonces, à définir leurs besoins et utilisent plus fréquemment des voies non conventionnelles pour recruter. Vous les retrouverez donc majoritairement sur LinkedIn, dans les réseaux des écoles, dans leurs réseaux personnels et professionnels.

Quelques conseils pour agrandir votre réseau et votre spectre de recherche :

  • Informez-vous sur votre secteur de prédilection et les entreprises qui le composent,
  • Suivez les organisations qui vous plaisent sur les réseaux sociaux,
  • Rencontrez-les et interrogez-les sur ce qu’elles font,
  • N’ayez pas peur d’aller sur le terrain,
  • Faites des candidatures spontanées,
  • Utilisez tous les canaux disponibles pour postuler,
  • Trouvez les personnes en charge du recrutement sur LinkedIn,
  • Entretenez vos réseaux,
  • N’ayez pas peur de bouger… la mobilité peut permettre de belles opportunités.

Trouver les bonnes annonces ne suffit pas, il faut ensuite obtenir un entretien et le réussir !

Le premier conseil de Carole Sommer, Directrice Ressources Humaines présente à l’atelier : démarquez-vous ! Ce conseil peut paraître bateau, mais la curiosité et le culot vous permettent d’attirer l’attention et de sortir du lot : aller les rencontrer sur le terrain, discuter, les interroger sur leur métier, les appeler, leur écrire…. Un entrepreneur témoigne : on lui a déposé une lettre écrite à la main dans la boîte aux lettres de son entreprise, et ça n’a pas loupé !

Dans votre candidature, montrez ce que vous savez faire, ce que vous avez réalisé et dont vous êtes fier·e·s (portefolio, documents, vidéos,…) et n’hésitez pas à mettre en avant vos activités hors de vos études ou de vos expériences professionnelles. 

S’il vous manque une compétence demandée sur les annonces, cela ne doit pas vous empêcher de postuler, confirme Carole Sommer à une participante dans le doute. Insistez sur votre débrouillardise et votre rapidité d’apprentissage. Pour combler ces manques vous pouvez aussi vous tourner vers des MOOC (fun mooc, UVED, le mooc des canaux…) et les mettre en avant lors de votre candidature.

Lors des entretiens, soyez vous-même et parlez de vous mais renseignez-vous aussi sur l’actualité (il ne faut pas s’arrêter à la lecture du site internet !) des entreprises pour les mettre en lien avec vos compétences ou vos expériences.

Il peut aussi être utile de connaître les dispositifs mis en place pour accompagner l’emploi, les entreprises elles-mêmes ne sont parfois pas au courant. Par exemple :

  • Les VTE verts (Volontariat Territorial en Entreprise) spécifiques sur la Transition Écologique
  • Les aides de l’Etat, notamment pour l’alternance (aide de 8000€ variable) et pour toute embauche d’une personne de moins de 26 ans avant février 2021 (4000€) avec le nouveau programme « 1 jeune 1 solution » qui regroupe plusieurs mesures pour engager les jeunes

Les ressources supplémentaires du PEXE et du REFEDDD :

Article rédigé par Anaïs Darenes, responsable projets et plaidoyer

Sources : 

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Tout comprendre et participer à l’actualité climatique de la fin 2020

jeudi 22 octobre 2020 par REFEDD

La COP26 (Conference of Parties) prévue en novembre 2020 a été reportée d’un an, une première depuis 1995. Pour (tenter de) combler ce vide laissé dans le traditionnel calendrier des négociations sur le climat, des organisations internationales, des collectifs d’activistes et des jeunes du monde entier organisent des événements de grande ampleur. Les derniers mois de l’année seront riches en initiatives ! Que tu cherches à découvrir les bases de la diplomatie climatique ou que tu souhaites couvrir avec l’équipe du REFEDD la très riche actualité de cette fin d’année, cet article t’aide à y voir clair.

Une conférence à la COP25, suivie par une étudiante observatrice pour le REFEDD.

Chaque année, le REFEDD permet à des étudiant.e.s de prendre part aux négociations de la COP sur le climat. Depuis 1995 (COP1 de Berlin), la conférence rassemble près de 200 pays pour s’accorder sur des solutions aux changements climatiques. Par exemple, elle a abouti au protocole de Kyoto (COP3 en 1997) et à l’accord de Paris (COP21 en 2015). La COP est la plus haute autorité de décision de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Le calendrier des négociations chamboulé

La COP26 devait se tenir à Glasgow du 9 au 19 novembre 2020, mais a été reportée à 2021 en raison de la crise sanitaire mondiale. Les intersessions à Bonn et la pré-COP à Milan, prévues respectivement en juin et septembre, ont aussi été décalées d’un an.

2020, une année importante pour le climat

Pas question pour autant que 2020 soit une année blanche en matière d’action climatique. L’année en cours confirme que les changements climatiques accentuent les catastrophes naturelles et nécessitent un ensemble de changements systémiques coordonnés. Les acteurs institutionnels souhaitent mettre à profit le vide laissé par le report de la COP pour suivre et améliorer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (contributions déterminées au niveau national, NDC) et établir les conditions permettant d’accélérer la transition. La jeunesse mondiale entend se saisir de l’opportunité de confirmer son rôle moteur et d’élever les ambitions pour la COP26. Enfin, 2020 a malgré tout vu des progrès en matière d’engagement et d’action climatique, qu’il faut fêter !

Tout comprendre au programme

Pour toutes ces raisons, le programme de la fin d’année 2020 est riche d’événements virtuels, donc ouverts à tous. La plupart seront en anglais, sauf ceux du REFEDD bien sûr.

Before

Plusieurs événements sont déjà lancés. Le ministère italien de l’environnement, en charge de la pré-COP à Milan, organise depuis le 26 juin une série de 9 interventions de jeunes engagés pour le climat, la #Youth4ClimateLive Series, une par mois. Le webinaire du 23 octobre porte par exemple sur l’autonomisation des plus vulnérables face aux changements climatiques.

Coalition COP26, une coalition de la société civile britannique créée en amont de la COP de Glasgow, organise de son côté la Boiling Point series, six webinaires d’une heure pour apprendre les bases de la politique internationale en matière de changements climatiques. Le dernier, le 22 octobre (14h), explique à quoi ressemblent les négociations sur le climat. Il est possible de revoir tous les épisodes sur leur chaîne YouTube.

Puis du 12 au 16 novembre, au coeur de ce qui aurait dû être la COP, Coalition COP26 organisera From the Ground Up, un événement multilingue en ligne pour réunir les mouvements pour la transition sociale-écologique et la justice climatique du monde entier. Ces 5 jours de discussions et d’ateliers visent à former des stratégies pour impulser le changement de manière ascendante.

Events REFEDD

Comme chaque année, le REFEDD propose le 10 novembre une formation interactive pour tout savoir sur l’histoire des négociations et sur leur cadre onusien, profiter du retour d’expérience de participants aux dernières COP et comprendre les principaux enjeux de la prochaine conférence à Glasgow.

Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin, le REFEDD partage à partir du 26 octobre une série de vidéos ; comment fonctionne la CCNUCC ? Concrètement, comment les ONG participent aux négociations ? Comment s’applique l’accord de Paris ? Qu’en est-il des initiatives non-étatiques, et qu’est-ce que l’Agenda de l’Action ?

Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent que leur établissement participe aux négociations internationales climatiques et y envoie des étudiant.e.s, le REFEDD propose une fiche détaillée sur la façon dont obtenir une accréditation.

Programme officiel

Le secrétariat de la CCNUCC organise du 9 au 19 novembre les Race to Zero November Dialogues, une série de tables rondes virtuelles consacrées à 11 thématiques, à raison d’une ou deux par jour (voir le programme détaillé). Le contenu de ces échanges alimentera les Climate Change Dialogues qui se tiendront dans la foulée, du 23 novembre au 4 décembre, pour faire avancer les travaux techniques en vue des intersessions à Bonn et de la COP26.

Le “Off”

Une grande simulation de COP en ligne, la MockCOP, sera conduite par des moins de 30 ans du 19 novembre au 1er décembre. L’association Student Organising for Sustainability (SOS UK) souhaite réunir 3 jeunes délégués par pays, notamment du Sud. Ensemble, ils élaboreront notamment des déclarations de haut niveau. L’objectif est de montrer ce que serait une COP menée par des jeunes et de porter des propositions plus ambitieuses à la COP26.

Calendrier récapitulatif des événements prévus d’ici la fin de l’année.

Rejoins le REFEDD pour couvrir ces événements

Le REFEDD t’invite à rejoindre son équipe chargée de couvrir les événements en lien avec les négociations internationales sur le climat. Les volontaires se partageront les thématiques ou les événements qui les intéressent. Ils participeront ensuite à l’élaboration de contenu sous la forme de leur choix (article rédigé, visuels, podcast…), pour le partager à l’ensemble du réseau.

Si tu veux rejoindre notre équipe de suivi de l’actualité de la fin d’année, tu peux envoyer un mail à energie@refedd.org. Il te faudra compter 1 à 2h par semaine pour cette activité, être à l’aise en anglais (seules certaines conférences seront traduites en français), et être motivé.e pour retranscrire les principaux points de discussion aux étudiant.e.s de notre réseau.

Article rédigé par Gabriel Goll.

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Tout comprendre et participer à l’actualité climatique de la fin 2020

jeudi 22 octobre 2020 par REFEDD

La COP (Conference of Parties) prévue en novembre 2020 a été reportée d’un an, une première depuis 1995. Pour (tenter de) combler ce vide laissé dans le traditionnel calendrier des négociations sur le climat, des organisations internationales, des collectifs d’activistes et des jeunes du monde entier organisent des événements de grande ampleur. Les derniers mois de l’année seront riches en initiatives ! Que tu cherches à découvrir les bases de la diplomatie climatique ou que tu souhaites couvrir avec l’équipe du REFEDD la très riche actualité de cette fin d’année, cet article t’aide à y voir clair.

Une conférence à la COP25, suivie par une étudiante observatrice pour le REFEDD.

Chaque année, le REFEDD permet à des étudiant.e.s de prendre part aux négociations de la COP sur le climat. Depuis 1995 (COP1 de Berlin), la conférence rassemble près de 200 pays pour s’accorder sur des solutions aux changements climatiques. Par exemple, elle a abouti au protocole de Kyoto (COP3 en 1997) et à l’accord de Paris (COP21 en 2015). La COP est la plus haute autorité de décision de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Le calendrier des négociations chamboulé

La COP26 devait se tenir à Glasgow du 9 au 19 novembre 2020, mais a été reportée à 2021 en raison de la crise sanitaire mondiale. Les intersessions à Bonn et la pré-COP à Milan, prévues respectivement en juin et septembre, ont aussi été décalées d’un an.

2020, une année importante pour le climat

Pas question pour autant que 2020 soit une année blanche en matière d’action climatique. L’année en cours confirme que les changements climatiques accentuent les catastrophes naturelles et nécessitent un ensemble de changements systémiques coordonnés. Les acteurs institutionnels souhaitent mettre à profit le vide laissé par le report de la COP pour suivre et améliorer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (contributions déterminées au niveau national, NDC) et établir les conditions permettant d’accélérer la transition. La jeunesse mondiale entend se saisir de l’opportunité de confirmer son rôle moteur et d’élever les ambitions pour la COP26. Enfin, 2020 a malgré tout vu des progrès en matière d’engagement et d’action climatique, qu’il faut fêter !

Tout comprendre au programme

Pour toutes ces raisons, le programme de la fin d’année 2020 est riche d’événements virtuels, donc ouverts à tous. La plupart seront en anglais, sauf ceux du REFEDD bien sûr.

Before

Plusieurs événements sont déjà lancés. Le ministère italien de l’environnement, en charge de la pré-COP à Milan, organise depuis le 26 juin une série de 9 interventions de jeunes engagés pour le climat, la #Youth4ClimateLive Series, une par mois. Le webinaire du 23 octobre porte par exemple sur l’autonomisation des plus vulnérables face aux changements climatiques.

Coalition COP26, une coalition de la société civile britannique créée en amont de la COP de Glasgow, organise de son côté la Boiling Point series, six webinaires d’une heure pour apprendre les bases de la politique internationale en matière de changements climatiques. Le dernier, le 22 octobre (14h), explique à quoi ressemblent les négociations sur le climat. Il est possible de revoir tous les épisodes sur leur chaîne YouTube.

Puis du 12 au 16 novembre, au coeur de ce qui aurait dû être la COP, Coalition COP26 organisera From the Ground Up, un événement multilingue en ligne pour réunir les mouvements pour la transition sociale-écologique et la justice climatique du monde entier. Ces 5 jours de discussions et d’ateliers visent à former des stratégies pour impulser le changement de manière ascendante.

Events REFEDD

Comme chaque année, le REFEDD propose le 10 novembre une formation interactive pour tout savoir sur l’histoire des négociations et sur leur cadre onusien, profiter du retour d’expérience de participants aux dernières COP et comprendre les principaux enjeux de la prochaine conférence à Glasgow.

Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin, le REFEDD partage à partir du 26 octobre une série de vidéos ; comment fonctionne la CCNUCC ? Concrètement, comment les ONG participent aux négociations ? Comment s’applique l’accord de Paris ? Qu’en est-il des initiatives non-étatiques, et qu’est-ce que l’Agenda de l’Action ?

Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent que leur établissement participe aux négociations internationales climatiques et y envoie des étudiant.e.s, le REFEDD propose une fiche détaillée sur la façon dont obtenir une accréditation.

Programme officiel

Le secrétariat de la CCNUCC organise du 9 au 19 novembre les Race to Zero November Dialogues, une série de tables rondes virtuelles consacrées à 11 thématiques, à raison d’une ou deux par jour (voir le programme détaillé). Le contenu de ces échanges alimentera les Climate Change Dialogues qui se tiendront dans la foulée, du 23 novembre au 4 décembre, pour faire avancer les travaux techniques en vue des intersessions à Bonn et de la COP26.

Le “Off”

Une grande simulation de COP en ligne, la MockCOP, sera conduite par des moins de 30 ans du 19 novembre au 1er décembre. L’association Student Organising for Sustainability (SOS UK) souhaite réunir 3 jeunes délégués par pays, notamment du Sud. Ensemble, ils élaboreront notamment des déclarations de haut niveau. L’objectif est de montrer ce que serait une COP menée par des jeunes et de porter des propositions plus ambitieuses à la COP26.

Calendrier récapitulatif des événements prévus d’ici la fin de l’année.

Rejoins le REFEDD pour couvrir ces événements

Le REFEDD t’invite à rejoindre son équipe chargée de couvrir les événements en lien avec les négociations internationales sur le climat. Les volontaires se partageront les thématiques ou les événements qui les intéressent. Ils participeront ensuite à l’élaboration de contenu sous la forme de leur choix (article rédigé, visuels, podcast…), pour le partager à l’ensemble du réseau.

Si tu veux rejoindre notre équipe de suivi de l’actualité de la fin d’année, tu peux envoyer un mail à energie@refedd.org. Il te faudra compter 1 à 2h par semaine pour cette activité, être à l’aise en anglais (seules certaines conférences seront traduites en français), et être motivé.e pour retranscrire les principaux points de discussion aux étudiant.e.s de notre réseau.

Article rédigé par Gabriel Goll.

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COVID-19 et écologie : prise de conscience ou occasion manquée ?

vendredi 16 octobre 2020 par REFEDD

Durant les 2 mois qu’aura duré le confinement, les bonnes nouvelles en matière d’environnement semblaient se succéder : baisse sans précédent des émissions de gaz à effet de serre (GES), cygnes nageant sur les eaux redevenues limpides des canaux vénitiens, animaux sauvages reprenant leurs droits sur des lieux longtemps désertés. Pourtant, dès le confinement levé, la vie a repris son cours habituel et toutes ces améliorations ont vite été réduites à néant. Alors la pandémie liée au Covid-19 est-elle une occasion de prise de conscience ou une occasion manquée ?

En réalité, même durant cette période certaines pratiques laissaient déjà à désirer. Au-delà des quelques nouvelles qui ont fait les gros titres, cette pandémie représente surtout une occasion manquée d’enfin modifier notre manière de consommer et une nette régression sur certaines avancées âprement obtenues au fil des années. Tour d’horizon des répercussions environnementales de la COVID :

Une nette augmentation des déchets à usage unique

Masques et gants à usage unique ont été présentés comme l’une des clefs de l’enrayement de la pandémie.  Malheureusement ce sont aussi des déchets non recyclables. Les masques sont ainsi composés principalement de matières dérivées des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) selon l’association Earth.org. Ils mettraient près de 400 ans à se décomposer.  Qui plus est, bon nombre d’entre eux finissent directement dans la nature. On ne compte plus les masques et gants jonchant les parkings de supermarchés et les trottoirs. Aussitôt utilisés, aussitôt jetés !

En outre, les déchets médicaux produits par les hôpitaux sont majoritairement incinérés, provoquant des émissions de produits toxiques. Compte tenu de l’échelle de production sans précédent de ces déchets, on assiste en parallèle à une nette augmentation des émissions qui dérivent de leur traitement.

Le mouvement zéro déchet mis à mal

Aux États-Unis particulièrement, bon nombre de supermarchés et boutiques qui auparavant offraient des produits en vrac ont stoppé net cette pratique. Le géant de l’alimentaire sain, Whole Foods, annonçait dès mars ne plus accepter les contenants réutilisables de ses clients. Même son de cloche chez Starbucks et Tim Hortons, ces 2 géants de la vente de collations à emporter, ne permettent plus à leurs clients d’apporter leurs tasses réutilisables, alors même qu’ils font partie des plus grands consommateurs de PUU (plastique à usage unique).

C’est jusqu’à la papesse du zéro déchet, Bea Johnson, qui s’est retrouvée confrontée à ce problème. Elle s’est d’ailleurs fendue de plusieurs publications visant à promouvoir les enseignes pratiquant encore la vente en vrac. Nul besoin de se rendre de l’autre côté de l’Atlantique cependant, puisque de nombreuses enseignes européennes ont suivi le mouvement, imposant le port de gants pour le choix des fruits et légumes et suspendant l’offre de vrac.

Les comportements individuels ne sont cependant pas seuls en cause, les lobbys du plastique ont vu là une occasion inespérée de revenir sur l’interdiction de certains produits à usage unique prévue pour juillet 2021 dans tous les pays de l’Union Européenne (UE).

Ainsi, le lobby des transformateurs européens de plastique (EuPC), qui représente pas moins de 50.000 entreprises du secteur, envoyait le 8 avril dernier un courrier à la Commission, dans laquelle il demandait le report « d’au moins un an de la mise en œuvre au niveau national de la directive SUP [sur les plastiques à usage unique] et de lever toutes les interdictions » en vigueur ! 

Le plastique à usage unique est présenté comme étant plus hygiénique, un argument de poids, mais discutable, dans la crise sanitaire que nous traversons. En effet, selon de nombreuses études, le virus peut persister entre 2 et 6 jours sur des surfaces plastiques, contre 5 pour le verre et la céramique ou 3 à 5 jours sur de l’acier inoxydable. Les surfaces sur lesquelles il “survit” le moins sont: le cuivre (4 heures), l’aluminium (2 à 8 heures) et le carton (1 jour). On ne peut donc pas vraiment dire que le plastique soit plus sûr que d’autres matériaux en terme de risque de contamination par la COVID. 

Une remise en cause de diverses avancées environnementales par les secteurs de l’industrie et de l’agriculture

Le secteur du plastique n’est d’ailleurs pas le seul à tenter de tirer parti de cette crise sans précédent. Selon un rapport publié le 3 juin 2020 par les Amis de la Terre et l’Observatoire des multinationales, « les représentants des principales industries polluantes – l’énergie, le transport aérien, l’automobile, se sont immédiatement mobilisés (…) pour obtenir l’abandon, la suspension ou la remise à plus tard de nombreuses régulations »

Les demandes ont fusé de toutes parts s’attaquant aussi bien aux réglementations sur l’économie circulaire, les émissions de sites industriels, de GES ou encore celles sur les pesticides dans le secteur agricole. Pour être sûr de ne rien oublier, BusinessEurope, un lobby patronal, a tout simplement demandé des « dérogations temporaires » aux réglementations déjà en place et une suspension momentanée de tout projet sans lien avec la crise sanitaire, au premier plan duquel le fameux Green Deal européen.

D’autres secteurs hautement polluants comme l’automobile ou l’agriculture recevront également des aides de l’État. 5 milliards ont ainsi été attribués à Renault. Ces soutiens sont souvent assortis de conditions pour ces industries de réduire leurs émissions de GES et leur impact environnemental en général, mais ces conditions sont vues comme trop facilement contournables. Elles sont souvent présentées comme des « engagements » sans réelle vocation contraignante. C’est ainsi le cas de la demande faite à Air France de réduire ses liaisons nationales si elles sont réalisables en moins de 2h30. Les associations craignent que ces trajets ne soient tout simplement délégués à des filières Low Cost de la compagnie aérienne.

En résumé, la lutte contre le changement climatique a été reléguée au dernier plan, loin derrière les mesures sanitaires, sociales et économiques. Ce qui aurait pu être l’occasion d’une refonte profonde de nos sociétés n’aura malheureusement pas pris la tournure que l’on était en droit d’espérer. Pis, il semble parfois que cette crise aura été l’occasion inespérée pour beaucoup d’acteurs économiques d’obtenir un retour en arrière sur des mesures qu’ils tentaient désespérément de contrer depuis de nombreuses années.

Article rédigé par Noémie Melen, rédactrice blog

Sources :

Pour aller plus loin :

Articles : 

Rapport : 

Béa Johnson : 

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Nouveaux volontaires en service civique : la famille REFEDD s’agrandit !

mardi 13 octobre 2020 par REFEDD

Le REFEDD accueille 8 nouveaux volontaires en service civique, aux missions et aux profils variés. Vous aurez sans doute l’occasion d’échanger avec eux et de les rencontrer, mais en attendant, voici une présentation de ces nouvelles recrues prêtes à se lancer dans l’aventure REFEDD !

Seyna

Seyna, notre volontaire en mission économie circulaire, est passionnée par les sujets de l’alimentation responsable. Après une prépa bio à Grenoble, elle a intégré l’école AgroParisTech, où elle s’est intéressée à l’élevage et à la gestion des milieux naturels. Pour son stage de première année, elle a découvert les propriétés des plantes médicinales et le fonctionnement d’un élevage dans une ferme tenue par des “écolos radicaux” qui lui ont beaucoup appris ! Puis, l’année suivante, c’est vers la recherche sur le bien être animal qu’elle s’est dirigée, à l’INRAE. L’expérience a été formatrice, mais ces longues heures de travail solitaire qui caractérisent la recherche, très peu pour elle !

Le service civique s’est imposé à elle comme une évidence : elle souhaitait travailler dans une association qui propose une mission en accord avec ses études et ses valeurs. Seyna est aussi une grande fan de théâtre, notamment au sein d’une troupe autogérée d’AgroParistech où elle joue et s’occupe de la mise en scène !

Emma C.

Emma, c’est la volontaire mission animation web du REFEDD. C’est lors de ses études de littérature anglaise à Bristol, connue comme l’une des villes les plus vertes d’Europe, qu’elle a découvert l’importance de la protection environnementale. Son engagement dans le milieu associatif a pris des formes variées, de sa participation aux campagnes de “Bristol Volunteering and Sustainability” à son rôle d’organisatrice des événements de l’association de kung fu de l’université !

Après ces trois années épiques, elle est rentrée à Paris pour un master en management de projets internationaux en apprentissage dans l’automobile. Son rôle de formatrice en gestion de projets lui a donné le goût de la transmission et de la prise de parole en public, deux éléments essentiels de la communication. L’expérience n’a fait que renforcer son intérêt et ses convictions sur la transition écologique. Son service civique au REFEDD est donc une initiation aux métiers de l’environnement. Dans son temps libre, Emma pratique les arts martiaux, prend des cours de guitare et écrit de la fiction !

Louise

Louise, c’est notre volontaire en mission événementiel responsable, celle qui se bat pour que les participants aux événements amènent leurs propres tupperwares et puissent venir facilement à vélo. Elle vient de finir un master de design à Lyon, et elle a fait quatre ans de design d’espace. Avec plusieurs stages en architecture d’intérieur à son actif, elle s’est rendue compte que ce qui l’intéresse, c’est le retail design. Ça tombe bien, parce que l’événementiel et le retail design vont de pair !

Depuis toute petite, Louise est sensible à la protection environnementale. Pour elle, ce service civique est la meilleure manière de découvrir l’événementiel tout en respectant les valeurs de la transition écologique. Son but : « pouvoir responsabiliser son métier de demain ». Sinon, Louise est une véritable touche-à-tout. Elle fait de la vidéo, c’est une pro du DIY qui fabrique ses propres chouchous et qui donne une seconde vie aux meubles. Bref, on attend ses ateliers !

Gabriel

Gabriel est notre expert en matière de transition énergétique, et il est incollable sur son sujet. Sa mission est de sensibiliser sur le bilan carbone et de s’occuper des négociations internationales sur le climat. Il a fait son master à Sciences Po, en affaires publiques, avant de se spécialiser en énergie. C’est son stage au département développement durable d’Air Liquide qui lui a permis de découvrir le fonctionnement d’une multinationale et de prendre de la hauteur sur ses convictions et ses ambitions.

Il a ensuite travaillé dans le conseil en secteur public, pour des collectivités territoriales sur le thème des smart cities. Il a pu y aborder la question sensible du numérique et se familiariser avec de nouveaux concepts innovants. Après ces expériences très riches, pour s’engager dans la lutte contre le changement climatique et découvrir le milieu associatif, Gabriel a décidé de faire un service civique au REFEDD. Proche de la nature, Gabriel est aussi un grand passionné de randonnée !

Noémie

Noémie, notre animatrice réseau pour Lyon, est une experte en matière de mode responsable et d’économie circulaire ! Pendant sa licence en sciences humaines à Grenoble, elle a eu le plaisir de partir un an à Dundee en Écosse, une ville dont elle est tombée amoureuse pour l’ambiance, la bière et l’architecture. De retour en France, c’est vers un master “Ville et environnements urbains” à l’Université Lyon 2 qu’elle s’est orientée. Les questions de villes plus durables et inclusives l’ont fascinée, et c’est sur sa grande passion, les friperies, que Noémie a écrit son mémoire. Elle a ensuite effectué un super stage à la Métropole de Lyon en collecte et valorisation des déchets textiles.

Le choix du REFEDD pour son service civique a été motivé par son désir de garder un pied dans le milieu étudiant tout en se professionnalisant et en développant son réseau. Le plus souvent, vous trouverez Noémie reine du shopping dans les friperies, à dégoter ce genre de perles vestimentaires qu’on loupe toujours durant nos recherches !

Marin

Marin est notre animateur réseau pour la région Ile-de-France. Pendant sa licence de droit à l’institut catholique de Paris, Marin s’est illustré dans une asso étudiante partenaire du REFEDD: Instinct Durable, où il a mis à profit ses connaissances sur les enjeux environnementaux. D’ailleurs, il le dit en riant: « L’écologie et moi, ça fait longtemps ! »

Pour lui, un service civique au REFEDD est l’occasion idéale pour faire une pause entre sa licence et son master et se concentrer sur ce qui lui tient à cœur depuis toujours : l’associatif et l’environnement. Quand il n’est pas en train d’œuvrer pour une consommation plus responsable et de lutter contre le réchauffement climatique, Marin sort son appareil photo et mitraille des animaux et des paysages à couper le souffle. Il apprend la photographie depuis un an grâce à des tutos Youtube, et ses talents ont déjà pu être vérifiés par ses collègues du REFEDD !

Emma F.

Emma, notre animatrice réseau à Bordeaux, est notre plus jeune service civique, mais ça ne l’empêche pas d’avoir déjà un parcours très impressionnant ! Après un DUT en techniques de commercialisation à Bordeaux, qu’elle a adoré et qui a révélé son talent pour argumenter et convaincre, Emma a décidé de se consacrer à sa passion de toujours : le milieu associatif. Il faut dire qu’elle a baigné dedans toute sa vie ! Dès ses 8 ans, elle a rejoint une asso à but social dont l’action vise à dynamiser son quartier via des événements et des ateliers. Elle est aujourd’hui au conseil d’administration de son asso et elle est fière d’avoir piloté la mise en place d’un café solidaire et durable.

Forte de cette longue et belle expérience pour son asso, Emma a envie de continuer d’explorer le monde associatif et plus particulièrement d’œuvrer pour la sensibilisation aux enjeux environnementaux. Côté hobbies, Emma est une véritable bordelaise qui aime sa ville et sa région. Placée sous le signe de l’eau, elle adore la natation et la plongée sous-marine. Et mieux vaut ne pas essayer de la défier en concours d’apnée !

Guillaume

Guillaume, c’est notre animateur réseau à Lille. Passionné d’histoire et source intarissable de fun facts sur tous les sujets possibles, il a commencé par une licence d’histoire à Poitiers, avant de se lancer dans un master en histoire médiévale. Il a même pu partir en Erasmus aux Pays-Bas, une expérience inoubliable qui lui a permis de rencontrer des gens de tous les pays. Ayant finalement senti que le sujet de son master ne lui correspondait pas, il en a commencé un autre en gestion des sites du patrimoines à Lille.

Guillaume aussi est loin d’être étranger au monde associatif : durant ses études, il a contribué à son BDE, et à Erasmus Student Network. Grâce au REFEDD, il compte bien s’initier aux enjeux de la transition écologique et s’enrichir grâce à une expérience de travail plurielle et autonomisante. A côté de son service civique, Guillaume est guide pour l’église Sainte-Catherine de Lille, où il assure l’accueil de visiteurs. Sur le plan musical, vous le verrez sûrement s’ambiancer sur des chansons françaises des années 60 à 80, “voire plus vieilles” !

Article rédigé par Emma Charmant.

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Retour sur la soirée de restitution de la Consultation Nationale Etudiante 2020

vendredi 9 octobre 2020 par REFEDD

Le mercredi 30 septembre, le REFEDD présentait les résultats de la Consultation Nationale Etudiante, lancée en octobre 2019 ! Plus de 50 000 étudiant.e.s ont été interrogé.e.s sur les liens entre les enjeux environnementaux, leur quotidien, la société, leur formation, leur campus… Voici le retour sur la soirée de restitution...

Anaïs Darenes, Responsable CNE – REFEDD
Crédit Photo : Marin Lardeau, équipe communication – REFEDD

Après la présentation de la méthodologie de l’analyse statistique et sociologique de cette enquête, nous avons dévoilé les résultats et remis le rapport de cette 5ème Consultation Nationale Etudiante à Thomas Lesueur, Commissaire général au Développement Durable, représentant du Ministère de la Transition Écologique. S’en sont suivi trois tables rondes avec des étudiant.e.s porteur.euse.s de projets engagés et des acteur.trice.s de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’insertion professionnelle.

La CNE, qu’est-ce que c’est ?

C’est la  seule enquête d’ampleur nationale à mêler monde étudiant et enjeux environnementaux. Menée tous les 3 ans depuis 2008 par le REFEDD, cette 5ème édition comportant 50 questions autour de 5 grandes thématiques (Société, Consommation, Campus, Formation, Insertion Pro) a récolté plus de 50 000 réponses complètes !

Quels sont les résultats de cette enquête ?

Les étudiant.e.s montrent une grande préoccupation pour les enjeux environnementaux. 85% d’entre eux.elles se disent inquièt.e.s voire angoissé.e.s face à l’avenir au regard du changement climatique. Cela se ressent au niveau de leurs études et de leur formation : 69% d’entre eux.elles souhaitent être plus formé.e.s aux enjeux environnementaux et 65% pensent que tous les cursus devraient intégrer ces enjeux. Prendre en compte l’urgence climatique et agir, c’est aussi attractif pour les établissements : 78% des étudiant.e.s le pensent !

Découvrez l’ensemble des résultats de la CNE 2020 sur https://refedd.org/cne-2020/

Retour sur le soirée

Le tournage de l’émission de la restitution des résultats de la Consultation Nationale Étudiante du REFEDD a été accueilli par AgroParisTech et animé par Élodie Hervier de Radio Campus France (https://www.radiocampus.fr/).

Pour cette grande soirée en live, nous vous avons dévoilé les résultats avec :

  • Anais Darenes, responsable de la CNE pour une présentation de l’enquête,
  • Monsieur Thomas Lesueur, Commissaire général au Développement Durable, représentant du Ministère de la Transition Écologique auquel nous avons remis le rapport,
  • Pia Benguigui, présidente du REFEDD.

En deuxième partie d’émission, pour débattre autour de ces résultats, nous avons accueilli :

  • Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et co-présidente du groupe n°1 du GIEC et Karine Watrin, étudiante ingénieure à CentraleSupélec et co-porteuse du projet GRITEC, pour discuter des sujets de formation.
  • Pascal Demurger, Directeur Général de la MAIF et Matthieu Fleurance, co-président de l’association Les Têtes Chercheuses pour discuter des actions des entreprises.
  • Annick Allaigre, présidente de l’Université Paris 8 et Raphaëlle Imbach, membre de l’association The New Locals pour discuter du fonctionnement des campus.

Ce moment a aussi permis de mettre en avant les étudiant·e·s qui s’engagent, et d’appeler à l’action sur les campus et dans la société.

Le replay du Live disponible ici : https://youtu.be/ccI7p55VkMU

Élodie Hervier, Animatrice du live – Radio Campus France
Crédit Photo : Marin Lardeau, équipe communication – REFEDD

Le REFEDD remercie l’ensemble des participant.e.s, des bénévoles, de nos partenaires et bien sur AgroparisTech pour son accueil, Élodie Hervier, Radio Campus France, pour l’animation et l’équipe de 22ème siècle pour l’organisation du Live (https://www.22emesiecle.com/) !

L’équipe du REFEDD

Anaïs DARENES, Responsable CNE
Julie ALUNNO, Déléguée Générale
Nina MARCHAIS, Responsable Communication
Clémentine MEVEL, Responsable Communication
Loïc INGEA, Responsable Campus
Marie CAVANIOL, Responsable Campus
Eugénie ROBIN, Coordinatrice CNE
Valentine DARU, Coordinatrice CNE
Marie DUBOIS-TOUSSAINT, Coordinatrice CNE
Rea FONJALLAZ, Bénévole analyse statistique
Alice DUFAIT, Bénévole analyse statistique
Karine WATRIN, Bénévole analyse profil
Camille BEAUDOU, Bénévole analyse sociologique
Emma CHARMANT, équipe communication
Marin LARDEAU, équipe communication
Louise LABORDE, équipe communication
Gabriel GOLL, équipe communication
Pia BENGUIGUI, Présidente
Julie PASQUET, Vice-présidente
Clément GRÉGOIRE, Vice-président
Emma CALIKANZAROS, Co-secrétaire
Myllane Kebir, Co-secrétaire
Raphaëlle IMBACH, Trésorière

Article rédigé par Clémentine Mevel, Responsable Communication

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Rentrée 2020 : tous les projets du REFEDD !

lundi 31 août 2020 par REFEDD

Après une fin d’année universitaire et un été mouvementés, on se re-motive pour cette rentrée qui s’annonce bien particulière… Et quoi de mieux pour se motiver que de se préparer ensemble une année pleine de beaux projets ? À vos agendas !

Quoi de neuf au REFEDD en 2020 ?

Comme d’habitude, l’année universitaire commence avec un nouveau bureau, un nouveau CA et une nouvelle équipe, toujours au taquet pour vous accompagner dans tous vos projets !

Pour commencer, des changements dans l’équipe permanente ! Loïc et Nina vont quitter leurs postes de responsable campus et de responsable com’ : ils seront remplacé.e.s par Marie & Clémentine 🙂

L’équipe et le bureau en pleine préparation (sérieuse) de cette nouvelle année 😉

Place aussi à la nouvelle équipe de services civiques recrutée cet été et qui prendra les rênes des projets de l’année ! Bienvenue donc à Gabriel, en charge des questions énergie et climat, Emma, chargée de l’animation du réseau sur le web, Louise, coordinatrice de la prochaine édition des RENEDD, Seyna, en charge des questions d’économie circulaire et d’alimentation et Claire, Emma, Noémie et Guillaume chargé.e.s de l’animation des réseaux d’Ile-de-France, de Bordeaux, de Lyon et de Lille !

Et qui dit nouvelle année dit bien entendu nouveau Conseil d’Administration ! 14 associations membres complètent ainsi cette promotion du CA 2020-2021, dont la première réunion est prévue pour le week-end du 26 et 27 septembre à Paris !

Nos projets pour cette nouvelle année

  • Les résultats de notre 5ème Consultation Nationale Étudiante

Entre le 15 octobre 2019 et le 7 janvier 2020, le REFEDD a recueilli l’avis de plus de 50 000 étudiant·e·s sur les sujets en lien avec les enjeux environnementaux, leur quotidien et la société. Après un long travail d’analyse statistique et sociologique, découvrez en exclusivité les résultats de cette grande enquête historique, la première de cette ampleur en France à lier monde étudiant et enjeux environnementaux.

Rendez-vous le mercredi 30 septembre à partir de 18h30 !

  • Les challenges zéro mégot et zéro bouteille en plastique sur les campus 

Comme l’année dernière, à l’occasion de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets, on met les campus au défi de ramasser les mégots et de sensibiliser les étudiant.e.s et le personnel à la pollution que ceux-ci représentent ! Cette année, ça se passe le 24 novembre 🙂

Le 18 novembre, on reviendra sur notre opération zéro bouteille en plastique sur les campus, pour voir quels établissements ont tenu leurs engagements, et pour en motiver de nouveaux à nous rejoindre sur ce projet !

Pour plus d’info sur ces challenges, vous pouvez contacter Loïc Ingea, responsable campus : campus@refedd.org

  • La Semaine Étudiante du Développement Durable 2021

Après une édition 100% dématérialisée en 2020 (covid oblige) (avec quand même près de 300 actions organisées en ligne!), on espère qu’on pourra cette année vous retrouver pour de vrai pour sensibiliser aux enjeux environnementaux et de solidarité sur les campus !

Rendez-vous cette année du 28 mars au 3 avril 2021 🙂

  • Les 14èmes REncontres Nationales Etudiantes pour le Développement Durable

Bien entendu, pas de REFEDD sans les incontournables RENEDD ; le rendez-vous annuel des étudiant.e.s engagé.e.s pour des campus durables ! L’année dernière, la pandémie nous a obligé à revoir le format avec des RENEDD en ligne – elles reviennent en présentiel en 2021 pour une 14ème édition à Paris les 8 et 9 mai ! On vous en dit plus très vite !

#RENEDD2019

Et aussi… Nos formations pour vous sensibiliser aux enjeux environnementaux dans les campus et votre quotidien, les rencontres inter-associatives à Paris, Lyon, Bordeaux et Lille, l’actu hebdomadaire du recrutement pour les métiers responsables via notre page Emploi, nos afterworks dédiés aux métiers de la transition écologique, notre forum des formations et celui des offres d’emploi, la présentation des activités de nos associations membres… et plein d’autres projets intéressants à naître dans les prochaines semaines !

On espère que cette présentation succincte vous aura donné la motivation nécessaire pour entamer cette nouvelle année au taquet ! Si vous souhaitez avoir plus d’infos sur un (ou plusieurs) de nos projets, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse campus@refedd.org 🙂

D’ici là à très vite… et belle rentrée à tou.te.s !

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Rencontre avec Guillaume Robert, un membre de la Convention Citoyenne pour le Climat

jeudi 30 juillet 2020 par REFEDD

L’équipe du Refedd a rencontré Guillaume Robert, un étudiant de 24 ans en Master 2 « Encadrement éducatif » à l’INSPE de la Réunion. Il a fait partie des citoyen.n.e.s tiré.e.s au sort pour la Convention Citoyenne pour le Climat. Il a accepté de répondre à nos questions, de revenir sur son expérience et de nous présenter et expliquer le coeur de la Convention. 

Te sentais-tu concerné par les enjeux environnementaux avant de participer à la Convention Citoyenne ? Est-ce que ta vision de ces enjeux a changé ?

En vivant sur une île classée au patrimoine mondiale, j’étais conscient qu’il fallait la préserver mais j’étais loin de penser que nous étions à ce stade de gravité. Je suis impliqué depuis plus de 3 ans dans l’éducation à l’environnement. J’ai eu la chance d’être assistant d’éducation dans un collège où, avec des professeurs, nous avons mis en place toute une démarche d’éducation au développement durable. La convention a changé mon regard sur l’urgence d’agir, nous n’avons plus le temps d’entrer dans des débats stériles, il faut agir et agir bien, vite.

Quel effet cela t’as fait de savoir que tu avais été tiré au sort pour participer à la Convention Citoyenne pour le Climat ?

On m’a appelé à 22h avec un numéro assez « chelou ». J’ai donc été surpris, j’y ai pas cru et, après coup, j’étais heureux de faire partie de cette fabuleuse aventure.

As-tu dû aménager ton emploi du temps pour que cela corresponde aux dates des sessions ? Comment celles-ci s’organisaient-elles ?

Oui, mon emploi du temps devait jongler entre travail, études, mon association et ma vie personnelle. Pas facile, une année de concours surtout. Mon employeur m’a beaucoup aidé en me permettant de m’absenter mais il a fallu aussi faire des sacrifices tant personnel que professionnel. Mes études ont sans doute été impactées, j’ai dû passer mon concours de CPE sur Paris sinon je ne pouvais pas assister à la session de la Convention. Le membre du Bureau d’Accueil des Membres, le rapporteur général et les collaborateurs étaient à l’écoute et ont su mettre tous les moyens possibles pour garantir le moins de désagrément possible.

Y-a-t’il eu des aides ou des actions mises en places pour celles et ceux qui n’habitaient pas à Paris (transports, logements… ) ?

L’ensemble de nos frais de déplacements étaient pris en charge. Nous avons été accompagné au mieux dans notre travail au sein de la convention.

Comment les groupes de travails étaient-ils mis en place (tirage au sort, choix…) ?

Le maître est le TIRAGE AU SORT. Du début à la fin, le tirage au sort était au centre de tout. Les couleurs présentes sur nos badges ont été tirées au sort pour nous attribuer à un groupe thématique. Nous n’avons pas choisi d’être dans tel ou tel groupe. Mais des échanges intergroupes nous permettait de suivre l’avancement des travaux de l’ensemble des groupes. Nous avons travaillé avec une réflexion en entonnoir pour ressortir avec les mesures les plus pertinentes pour nous et les plus abouties. Il y avait beaucoup plus que 146 mesures, mais ce sont celles que nous avons travaillées à fond. Il a fallu faire des choix et c’est normal, sinon la convention n’aurait jamais de fin. On peut toujours trouver d’autres idées mais il vaut mieux aller au bout de 146 mesures que de se mettre en échec pour 500.

Quels sont les thèmes qui te tenait le plus à coeur ? Te sens tu concerné par des propositions en particulier ? 

La proposition qui me tient le plus à coeur c’est celle de l’éducation. J’ai, pendant ma licence, fait un travail de recherche sur l’éducation à l’environnement. Ce travail m’a permis de voir qu’il y avait une véritable attente dans ce domaine. C’est un domaine clé ! Comment peut on mettre en pratique les 146 mesures dans le long terme si nous n’éduquons pas la société future (nos jeunes) à un autre mode de consommation, à une nouvelle manière de travailler. La proposition sur l’éducation est le fruit d’échanges, de partages avec l’ensemble des groupes. Il y a aussi les DOM TOM, j’ai attaché ma participation à la convention à prendre en compte les particularités ultramarines et il y en a. Les outre mer sont aux premières loges du réchauffement climatique mais peuvent être aussi de formidables exemples pour la métropole en terme d’autonomie énergétique et alimentaire.

Peux tu nous parler un peu de la proposition liée à l’éducation ?

L’éducation doit être au centre du changement de société. Aujourd’hui, cette éducation à l’environnement peine à se développer. Il faut aller plus loin en instaurant l’EDD comme une matière à part entière, car oui, l’éducation à l’environnement est aussi importante. Il faut aussi la développer dans les formations du supérieur, des professionnels. Cette éducation doit devenir une formation éco-citoyenne. Il faut aller plus vite, puisqu’on n’a plus le temps, les jeunes nous le réclament, nous devons trouver des réponses concrètes à leurs demandes. Cette mesure sur l’éducation est la base de la construction d’une éducation à l’environnement plus impactante, plus présente pour forger la société de demain.

Toi qui es étudiant, que penses-tu de cette proposition (éducation) ? Est-ce tu penses qu’elle va faire changer l’enseignement supérieur ?

Je pense que c’est une très bonne chose d’aller encore plus vite dans ce domaine. Elle va changer oui, pourquoi pas même révolutionner, car oui nous devons révolutionner chaque strate de notre société pour répondre au défi de ce siècle.

Es tu satisfait des résultats? En attendais-tu plus ?

Je ne peux pas répondre sur le résultat, j’attend des actes de notre gouvernement. Je suis fier et satisfait du travail citoyen. Nous avons montré que les citoyens sont capables, lorsque qu’on leur donne les moyens, de trouver des solutions concrète.

Propos recueillis par Pauline Hury, assistante communication et stagiaire au REFEDD

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Rencontre avec Guillaume Robert, étudiant membre de la Convention Citoyenne pour le Climat

jeudi 30 juillet 2020 par REFEDD

L’équipe du Refedd a rencontré Guillaume Robert, un étudiant de 24 ans en Master 2 « Encadrement éducatif » à l’INSPE de la Réunion. Il a fait partie des citoyen.n.e.s tiré.e.s au sort pour la Convention Citoyenne pour le Climat. Il a accepté de répondre à nos questions, de revenir sur son expérience et de nous présenter et expliquer le coeur de la Convention. 

Te sentais-tu concerné par les enjeux environnementaux avant de participer à la Convention Citoyenne ? Est-ce que ta vision de ces enjeux a changé ?

En vivant sur une île classée au patrimoine mondial, j’étais conscient qu’il fallait la préserver, mais j’étais loin de penser que nous en étions à ce stade de gravité. Je suis impliqué depuis plus de 3 ans dans l’éducation à l’environnement. J’ai eu la chance d’être assistant d’éducation dans un collège où, avec des professeurs, nous avons mis en place toute une démarche d’éducation au développement durable. La Convention a changé mon regard sur l’urgence d’agir, nous n’avons plus le temps d’entrer dans des débats stériles : il faut agir et agir bien, vite.

Quelle a été ta réaction quand tu as appris que tu avais été tiré au sort pour participer à la Convention Citoyenne pour le Climat ?

On m’a appelé à 22h avec un numéro assez « chelou ». J’ai donc été surpris, j’y ai pas cru et, après coup, j’étais heureux de faire partie de cette fabuleuse aventure.

As-tu dû aménager ton emploi du temps pour que cela corresponde aux dates des sessions ? Comment celles-ci s’organisaient-elles ?

Oui, mon emploi du temps devait jongler entre travail, études, mon association et ma vie personnelle. Pas facile, une année de concours surtout. Mon employeur m’a beaucoup aidé en me permettant de m’absenter, mais il a fallu aussi faire des sacrifices tant personnels que professionnels. Mes études ont sans doute été impactées, j’ai dû passer mon concours de CPE sur Paris, sinon je ne pouvais pas assister à la session de la Convention. Le membre du Bureau d’Accueil des Membres, le rapporteur général et les collaborateurs étaient à l’écoute et ont su mettre tous les moyens possibles pour garantir le moins de désagrément possible.

Y-a-t’il eu des aides ou des actions mises en places pour celles et ceux qui n’habitaient pas à Paris (transports, logements… ) ?

L’ensemble de nos frais de déplacements étaient pris en charge. Nous avons été accompagné.e.s au mieux dans notre travail au sein de la convention.

Comment les groupes de travail étaient-ils mis en place (tirage au sort, choix…) ?

Le maître est le TIRAGE AU SORT. Du début à la fin, le tirage au sort était au centre de tout. Les couleurs présentes sur nos badges ont été tirées au sort pour nous attribuer à un groupe thématique. Nous n’avons pas choisi d’être dans tel ou tel groupe. Mais des échanges intergroupes nous permettaient de suivre l’avancement des travaux de l’ensemble des groupes. Nous avons travaillé avec une réflexion en entonnoir pour ressortir avec les mesures les plus pertinentes pour nous et les plus abouties. Il y avait beaucoup plus que 146 mesures, mais ce sont celles que nous avons travaillées à fond. Il a fallu faire des choix et c’est normal, sinon la convention n’aurait jamais eu de fin. On peut toujours trouver d’autres idées, mais il vaut mieux aller au bout de 146 mesures que de se mettre en échec pour 500.

Quels sont les thèmes qui te tenaient le plus à cœur ? Te sens-tu concerné par des propositions en particulier ? 

La proposition qui me tient le plus à cœur, c’est celle de l’éducation. J’ai, pendant ma licence, fait un travail de recherche sur l’éducation à l’environnement. Ce travail m’a permis de voir qu’il y avait une véritable attente dans ce domaine. C’est un domaine clé ! Comment peut-on mettre en pratique les 146 mesures dans le long terme si nous n’éduquons pas la société future (nos jeunes) à un autre mode de consommation, à une nouvelle manière de travailler. La proposition sur l’éducation est le fruit d’échanges, de partages avec l’ensemble des groupes. Il y a aussi les DOM TOM, j’ai attaché ma participation à la convention à prendre en compte les particularités ultramarines et il y en a. Les outre-mer sont aux premières loges du réchauffement climatique, mais peuvent être aussi de formidables exemples pour la métropole en terme d’autonomie énergétique et alimentaire.

Peux tu nous parler un peu de la proposition liée à l’éducation ?

L’éducation doit être au centre du changement de société. Aujourd’hui, cette éducation à l’environnement peine à se développer. Il faut aller plus loin en instaurant l’EDD comme une matière à part entière, car oui, l’éducation à l’environnement est aussi importante. Il faut aussi la développer dans les formations du supérieur, des professionnels. Cette éducation doit devenir une formation éco-citoyenne. Il faut aller plus vite, puisqu’on n’a plus le temps, les jeunes nous le réclament, nous devons trouver des réponses concrètes à leurs demandes. Cette mesure sur l’éducation est la base de la construction d’une éducation à l’environnement plus impactante, plus présente pour forger la société de demain.

Toi qui es étudiant, que penses-tu de cette proposition (éducation) ? Est-ce que tu penses qu’elle va faire changer l’enseignement supérieur ?

Je pense que c’est une très bonne chose d’aller encore plus vite dans ce domaine. Elle va changer oui, pourquoi pas même révolutionner, car oui nous devons révolutionner chaque strate de notre société pour répondre au défi de ce siècle.

Es-tu satisfait des résultats? En attendais-tu plus ?

Je ne peux pas répondre sur le résultat, j’attends des actes de notre gouvernement. Je suis fier et satisfait du travail citoyen. Nous avons montré que les citoyens sont capables, lorsque qu’on leur donne les moyens, de trouver des solutions concrètes.

Propos recueillis par Pauline Hury, assistante communication et stagiaire au REFEDD

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Les data centers, un gouffre énergétique ?

mardi 28 juillet 2020 par REFEDD

Alors que le secteur du numérique est responsable de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre dont un quart imputable aux data centers, le Sénat alerte, dans un nouveau rapport, sur l’empreinte carbone de ces centres de données, où de grandes quantités de données sont stockées, traitées et transférées. Le fort développement des usages et des services du numérique, comme le cloud computing (ou “informatique dématérialisée”) a en effet des conséquences non négligeables sur l’environnement. 

D’où vient la pollution numérique ? 

La pollution numérique est la pollution liée à l’impact de l’ensemble des nouvelles technologies du numérique. De la recherche Internet, à l’envoi d’un mail en passant par l’utilisation d’une plateforme de streaming, toutes ces activités nécessite une quantité importante d’énergie et génère des émissions de gaz à effet de serre.

Selon l’ADEME(Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), alors que la moitié des émissions de gaz à effet de serre du secteur numérique est due à la fabrication des équipements informatiques (smartphones, ordinateurs, tablettes…), l’autre moitié est imputable au fonctionnement du réseau Internet (transport, stockage et traitement des données, fabrication et maintenance réseau…). Ce réseau n’est pas immatériel : il s’appuie sur des infrastructures physiques appelées des data centers (ou centre de données), composés d’équipement informatiques (ordinateurs, serveurs, routeurs, câbles…). Ces data centers sont utilisés pour stocker, traiter et transférer de grandes quantités de données. 

L’impact environnemental des data centers

Si la fabrication des équipements informatiques nécessite l’extraction de métaux rares et requiert une quantité importante d’énergie, l’alimentation de ces technologies fait également grimper le coût énergétique. En France, 10% de l’électricité produite est consommée uniquement par des data centers, et entre 40 à 50% de cette consommation est due à la climatisation et aux systèmes de refroidissement

Avec l’augmentation du nombre d’internautes, le développement de notre consommation personnelle de données mais également le développement de nouvelles technologies (l’Internet des Objets, l’Intelligence Artificielle…), nos besoins en stockage de données et donc en data centers augmentent considérablement. La France compte désormais environ 200 data centers, soit 20 fois plus qu’il y a deux ans. Plus de 90% des données disponibles aujourd’hui ont été générées entre 2015 et 2017, et ce volume d’information double tous les deux ans. De ce fait, la consommation en énergie pour stocker et traiter ces données ne cesse de s’accroître. 

Vers des “green data centers” ?

Pour diminuer la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre que génèrent ces centres de données, certaines entreprises et sociétés spécialisées développement des solutions moins gourmandes et plus respectueuses de l’environnement : 

  • Alimenter les data centers grâce aux énergies renouvelableset notamment les énergies géothermiques ou hydrauliques. Johan Falk, chercheur au Centre de résilience de Stockholm constate, dans un rapport co-écrit en 2018, que le passage aux seules énergies renouvelables permettrait à l’industrie numérique de réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre :
  • Utiliser l’environnement extérieur pour refroidir naturellement les data centers. Appelée plus communément le “free cooling”, cette méthode consiste à utiliser la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment pour alimenter le système de refroidissement. Elle permet d’utiliser l’air extérieur en journée et d’évacuer la chaleur la nuit pour refroidir les serveurs tout au long de la journée. Certaines entreprises optent pour des solutions plus radicales en délocalisant leur centre de donnéesdans des pays froids ou en immergeant leurs serveurs sous l’eau. 
  • Valoriser la chaleur générée par les data centers en l’utilisant pour chauffer d’autres bâtiments ou structures. La piscine de la Butte-aux-Cailles, à Paris, est la première à être dotée d’une chaudière numérique. Dans son sous-sol, elle accueille des serveurs qui transfèrent la chaleur dans les bassins intérieurs et extérieurs. Le système couvre entre 8 et 10% des besoins de consommation de la piscine. En évacuant la chaleur, le data center fait lui aussi des économies d’énergie car il n’a plus besoin de système de climatisation pour refroidir ses équipements. 

Pour réduire l’impact énergétique et écologique de ces centres de données, il est également temps de s’interroger sur notre consommation personnelle de données. Utiliser de manière raisonnée le réseau Internetet nettoyer régulièrement ses données (boîte mail, cookies, Cloud…) sont autant de moyens afin d’agir pour une sobriété numérique.   

Article rédigé par Pauline Millecamps, bénévole au REFEDD

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Plastic Free July : saurez-vous relever le défi ?

vendredi 24 juillet 2020 par REFEDD

Vous êtes intrigué par le mouvement Zéro Déchet, mais ne savez pas trop comment vous y prendre ? Réduire vos déchets plastiques vous semble insurmontable ? Alors pourquoi ne pas vous y mettre en douceur ? Le Plastic Free July ou Mois de Juillet Sans Plastique a été créé dans cette optique.

Dans cet article nous vous en disons un peu plus sur ce mouvement et partageons quelques astuces pour vous lancer.

Plastic Free July : histoire d’une initiative locale devenue mouvement planétaire

En 2019, le mouvement Plastic Free July a été suivi par près de 250 millions de personnes dans le monde. Cela représente près de 825 millions de tonnes de déchets plastique évités, soit une moyenne de 23 kg par habitant.e.

Derrière ces chiffres impressionnants se cache une organisation qui a commencé comme une simple initiative locale en Australie en 2011. Elle a vite grandi pour devenir une fondation en 2017.

Son but principal est d’encourager les citoyen.ne.s et les entreprises à changer leurs comportements afin d’éviter les déchets plastiques en général et le plastique à usage unique en particulier.

Sur leur site vous trouverez toutes sortes de ressources sur le sujet. L’idée étant d’informer le public, mais aussi les écoles, les organisations locales et les entreprises.

Au-delà de la fondation qui œuvre désormais toute l’année, l’idée derrière Plastic Free July reste de sensibiliser le plus grand nombre de personnes aux problématiques dérivées de l’usage du plastique. En instaurant un mois pour réduire ses déchets, l’organisation cherche à dédramatiser ce changement de consommation et à encourager les actions concrètes.

Pour eux.elles, il ne s’agit pas d’être parfait.e, mais bien de s’engager sur le chemin de la réduction de nos déchets plastiques petit à petit, en s’adaptant au mode de vie de chacun.

Après tout, des millions de petits changements peuvent faire une grande différence !

Pourquoi réduire ses déchets plastiques ?

Nous savons tou.te.s que le plastique n’est pas une ressource durable, mais on ignore souvent les véritables chiffres derrière cette matière omniprésente dans notre quotidien.

Le plastique est utilisé depuis 1907, mais ne connaîtra un véritable boom qu’à partir des années 1950-1960 et l’avènement de la société de consommation. Avant cela, nos grands-parents n’en faisaient que peu usage.

D’ailleurs, l’idée derrière les débuts du plastique était simplement d’offrir un matériel léger et durable qui s’adaptait à tous les besoins. Malheureusement, aujourd’hui il est partout et n’a plus rien de durable, puisque selon National Geographic, « plus de 40% du plastique n’est utilisé qu’une fois avant d’être jeté » !

C’est encore plus problématique lorsque l’on sait que le plastique est un dérivé d’énergies fossiles (pétrole) et est donc par conséquent non-renouvelable et va à l’encontre du développement durable.

Qui plus est, on estime que seulement 9% des 9 milliards de tonnes de plastique générées depuis ses débuts ont été recyclées ! Le reste fini dans des décharges et/ou dans les océans sous forme de micro-plastique notamment. C’est sans parler du fait qu’en réalité, le plastique n’est pas recyclable à l’infini et que le plastique recyclé pose souvent plus de problèmes de santé du fait de sa composition.

Au vu de la situation, cela vaut bien un petit effort de notre part, n’est-ce-pas ?

Quelques pistes pour vous lancer

On l’a dit, Plastic Free July c’est avant tout un mouvement encourageant toutes les actions visant à réduire nos déchets plastiques, même les plus petites. Il n’y a donc pas de mauvais geste, tout compte !

Ceci étant dit, voici quelques idées pour réduire vos déchets plastiques ce mois-ci et même au-delà.

Vous pouvez commencer par ce que l’on appelle les « Big 4 » :

  • Les sacs en plastique.
  • Les bouteilles en plastique.
  • Les pailles.
  • Les tasses de café à emporter.

Pour cela rien de plus simple, ayez toujours sur vous un tote bag, une gourde et un mug réutilisable. En plus de réduire vos déchets, vous réaliserez des économies puisque vous n’aurez plus à payer pour les sacs et autres bouteilles d’eau.

Pour ce qui est des pailles, le mieux est encore de s’en passer. Sinon des versions réutilisables existent. Vous pouvez en apprendre plus sur le sujet dans cet article.

Si vous souhaitez aller encore plus loin, les possibilités sont infinies :

  • Préférez les fruits et légumes non emballés et pensez à prendre des sacs en tissu pour les plus fragiles.
  • Tentez l’aventure du Vrac, des magasins spécialisés fleurissent partout en France et ailleurs.
  • Privilégiez les cosmétiques solides. Ils ont aussi l’avantage de durer plus longtemps.
  • Dans la même veine, faites le choix des brosses à dents à tête interchangeables ou des cotons démaquillants en tissu.
  • Pour les personnes réglées, passez aux protections lavables (cup, serviettes en tissu ou culottes de règles).
  • Pensez aux tupperwares lorsque vous prenez de la nourriture à emporter. De plus en plus de commerces acceptent les contenants de leurs clients.

Vous l’aurez compris, les possibilités sont infinies. Vous pouvez d’ailleurs retrouver encore plus d’idées sur le site de Plastic Free July.

Vous pouvez d’ailleurs vous engagez formellement via ce formulaire à réduire vos déchets. Vous avez la possibilité de le faire pour un jour, une semaine, un mois ou plus et pouvez également choisir quel type de plastique vous comptez éviter et dans quel domaine (personnel, professionnel etc.).

Tout un programme qui permet de rendre un peu plus amusant ce changement important dans nos modes de consommation !

Article rédigé par Noémie Melen, rédactrice blog

Sources :

Pour aller plus loin :

Des livres :

  • Béa Johnson, Zéro Déchet
  • Julie Laussat, 1 Mois pour réduire ses déchets

Zero Waste France :

Des comptes Instagram :

L’opération zéro bouteille en plastique sur les campus

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Recommandations de lectures engagées pour l’été !

lundi 20 juillet 2020 par REFEDD

À la plage, à la montagne, dans le jardin, sur le lit,… À la recherche de conseils de lecture pour cet été ? L’équipe du REFEDD vous propose sa sélection de livres engagés, à découvrir et à partager sans modération !

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce de Corinne Morel-Darleux (par Pia, présidente du REFEDD)

De mon côté je recommanderais Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce de Corinne Morel-Darleux, un petit essai que j’ai lu récemment. C’est sous-titré « Réflexions sur l’effondrement », et elle y parle de notions comme le cesser de nuire ou le refus de parvenir (en s’appuyant sur Bernard Moitessier, un navigateur qui a refusé de franchir la ligne d’arrivée d’une course qu’il allait gagner parce que flemme de sa société, du capitalisme etc).

Un des gros avantages du livre c’est qu’il est facile à lire (c’est très court et bien écrit), pour celles et ceux (moi incluse) qui n’ont pas une grande appétence pour les livres théoriques je recommande ! Et en plus l’autrice évoque beaucoup Les Racines du ciel de Gary au fil des pages, qui est je crois mon livre préféré de toute la vie donc +10 points.

PS : j’avais découvert le livre grâce à cet épisode du podcast Présages avec l’autrice, j’avais trouvé l’entretien très cool.

Ravage de René Barjavel (par Anaïs, responsable projets et plaidoyer)

Nous sommes dans le Paris de 2052, dans un monde qui a évolué vers une société robotisée, où l’homme est devenu dépendant d’une technologie hyper sophistiquée, où chaque individu est assisté, exempt de tout effort physique et où l’on prône le culte de l’apparence, des loisirs et des spectacles. Barjavel nous raconte l’effondrement de cette société futuriste, qui commence par ce qui semble être une simple panne d’électricité.

Ravage est un livre qui se situe entre la science-fiction post-apocalyptique et roman d’anticipation. Paru en 1943, c’est est une dystopie très pessimiste  à l’égard de l’utilisation du progrès scientifique et des technologies par les hommes. Très en avance sur son temps (écrite il y a 77 ans ! ), avant-gardiste pour l’époque et presque plausible à l’heure actuelle.

Anaïs recommande aussi Regain de Jean Giono et Chien blanc de Romain Gary.

Un féminisme décolonial de Françoise Vergès (par Valentine, coordinatrice de la CNE)

Contre la domination d’un « féminisme civilisationnel », pensé par et pour les femmes occidentales bourgeoises, qui chercherait à donner des leçons aux femmes racisées et non leur émancipation, Françoise Vergès propose une relecture historique des luttes féministes du point de vue des femmes racisées. L’auteure se range du côté d’une pensée décoloniale destinée à combattre les vestiges d’une idéologie impérialiste qui structure encore aujourd’hui nos sociétés. Le féminisme décolonial, qui vise la convergence des luttes contre le sexisme, le racisme, le capitalisme et l’impérialisme, projette une transformation radicale de la société.

L’éclairage historique que nous propose Françoise Vergès nous permet de mieux saisir ce qu’ont été et ce que continuent d’être les luttes des féministes racisées, dans le même temps qu’elle permet leur reconsidération et leur revalorisation. À l’heure où la lutte contre le racisme rencontre la lutte pour l’égalité des genres, cet ouvrage offre des clés de compréhension destinées à faire avancer la cause antiraciste mais aussi de nouvelles perspectives pour le monde militant.

La servante écarlate de Margaret Atwood (par Julie, déléguée générale)

Ce roman est la première dystopie de Margaret Atwood. L’histoire se déroule dans un futur où la religion domine la politique dans un régime totalitaire où les femmes sont dévalorisées jusqu’à l’asservissement. Elles sont divisées en classes et le roman suit la condition de Defred, servante dont le seul rôle est la reproduction humaine, puisque le taux de natalité est devenu très bas à cause de la pollution et des déchets toxiques dans l’atmosphère.

J’ai choisi ce livre car il rassemble pour moi deux combats, celui de vouloir vivre dans une société où les enjeux climatiques ont été pris en compte pour justement éviter un futur tellement pollué qu’il n’est même plus possible d’avoir des enfants et celui de la liberté et l’égalité des femmes et des hommes. Le livre éveille pour moi les consciences sur un monde dans lequel le féminisme n’existe plus, un monde complètement opposé à ces idées où les hommes ne sont plus seulement au-dessus des femmes mais constituent l’unique autorité et c’est absolument effrayant !

Notre corps, nous-mêmes par un collectif d’autrices (par Raphaëlle, trésorière)

C’est un livre écrit par des femmes principalement à l’attention des femmes mais honnêtement tout le monde devrait le livre tellement les sujets qui y sont abordés sont d’une importance capitale pour construire le monde qu’on veut voir demain ! C’est un manuel de référence, un classique du féminisme 🙂 Plus d’infos : https://www.notrecorpsnousmemes.fr/

The Great Derangement d’Amitav Ghosh (par Nina, responsable communication)

Dans ce livre, l’auteur indien Amitav Ghosh aborde le changement climatique sous l’angle culturel, et montre que la crise climatique est aussi une crise culturelle, et notamment une crise de la littérature. Il pose plusieurs questions essentielles, notamment sur le rôle de la fiction dans l’éveil des consciences – et l’échec aujourd’hui du roman dans la représentation du changement climatique.

Je recommande cet ouvrage que j’ai trouvé particulièrement intéressant, parce qu’il apporte un éclairage nouveau à la question du changement climatique, en évoquant notamment le rôle du colonialisme et de l’impérialisme dans la crise climatique et culturelle actuelle.

Recommandations en plus : Swing Time de Zadie Smith (roman), Sorcières de Mona Chollet et La doctrine du choc de Naomie Klein.

Une écologie décoloniale de Malcolm Ferdinand (par Myllane, secrétaire)

Face aux enjeux environnementaux, M. Ferdinand montre qu’il existe une double fracture coloniale et environnementale et qu’elle continue d’évoluer depuis 1492, date considérée comme le début de la modernité. Cet ouvrage offre une critique de l’environnementalisme qui fait face à la tempête environnementale sans prise en compte des injustices sociales, et qui nie l’origine coloniale et les oppressions historiques de la modernité. L’auteur dénonce également les liens entre les luttes anticoloniales, antiracistes, féministes, écologistes voire animalistes ainsi que leurs origines communes : le colonialisme et son habité, le Plantationocène. À travers de fines métaphores basées sur le champ lexical du bateau, M. Ferdinand invite à la construction d’un “navire-monde” dessinant un horizon commun sur le “pont de la justice” entre humains et non-humains.

Ce livre parle d’intersectionnalité, dénonce le manque de prise en compte des enjeux sociaux dans la lutte environnementale et aussi, met en avant des auteur.rices racisé.es qui ont été invisibilisé.es. En bref, M. Ferdinand invite  les lecteur.rices à décoloniser leurs pensées.

Siècle bleu de Jean-Pierre Goux (par Julie, vice-présidente)

Un thriller écologique juste génial qui transporte du début à la fin des 2 tomes. Une histoire extrêmement réaliste, qui fait échos aux problèmes de notre société actuelle et qui vous invite à rejoindre un groupe d’éco-terroristes prêt.e.s à tout faire pour sauver et protéger le vivant. Une aventure folle, émotionnelle, qui donne plus que tout envie de s’engager et de faire bouger les lignes!

En plus :

Quelques alternatives pour continuer à acheter et commander vos livres en soutenant les libraires indépendant.es

  • Lalibrairie.com est une plateforme en ligne qui défend les libraires indépendant.es. Il est possible de commander parmi plus de 350 000 références et aller chercher son livre dans une des librairies partenaires, ou se faire livrer à domicile. 
  • Lalibrairie.com a également un site dédié pour les livres numériques
  • Leslibraires.fr est une réseau de libraires indépendant.es qui permet de trouver, via un outil de recherche, un livre chez un.e libraire proche de chez vous, mais aussi de commander en ligne. 

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Des étudiant.e.s à l’initiative de la création d’un cours sur le climat

lundi 6 juillet 2020 par REFEDD

Karine Watrin est une étudiante à CentraleSupélec, école d’ingénieurs française. Elle a obtenu, en travaillant avec une dizaine d’étudiant.e. s de son association et de professeur.e.s, la mise en place par son administration d’un cours en tronc commun sur le climat et la création de délégué.e.s élèves pour l’intégration du développement durable dans le cursus.

Le REFEDD a pris contact avec Karine pour qu’elle puisse revenir sur la genèse de son projet et qu’elle puisse nous l’expliquer.

Comment l’idée d’un tel projet est-elle née et quel en a été le déclencheur ?

Il nous semblait que notre formation sur les enjeux de transition était incomplète : il y avait bien eu une conférence de Valérie Masson-Delmotte sur le dernier rapport du GIEC, et quelques cours électifs qui abordaient le thème “Energie et Climat”. Mais dans le tronc commun, suivi par tous les étudiants, peu de cours évoquaient les enjeux climatiques, et quasiment aucun n’évoquait la crise de la biodiversité, la raréfaction de certaines ressources, ou les risques humanitaires et sociaux reliés. Cette relative absence nous dérangeait car nous étions convaincus que les ingénieurs sont et seront confrontés, quelques soit leurs métiers et leurs secteurs d’activité, à ces enjeux. Nous nous sommes bien-sûr demandé si nous ne voulions pas imposer notre avis personnel, mais comme notre école s’est officiellement donné pour mission de « préparer les élèves-ingénieur.e.s à relever les grands défis scientifiques, techniques, économiques, environnementaux et sociétaux du XXIe siècle », nous nous sommes dit que nous étions bel et bien dans notre droit.

C’est ainsi que nous avons décidé d’essayer de « réveiller notre cursus ». Il y eu plusieurs phases, parfois concomitantes, qui se sont déroulée sur 2 ans : d’abord une prise de conscience assez générale, puis la création d’un espace d’échange entre les élèves et l’administration, ensuite un état des lieux et une concertation, et enfin la mise en place de premières actions et d’un financement.

Était-ce une volonté commune ? Une envie, une conscience partagée ?

Sans trop se concerter initialement, plusieurs groupes d’élèves, d’alumnis et de professeur.e.s ont cherché à convaincre l’administration de l’urgence d’adapter notre cursus. En quelques mois il y eu un foisonnement d’actions assez diverses : des sondages sur l’opinion des étudiants, des rencontres avec des professeurs pour discuter de leurs cours, des projets de nouveaux enseignements… Toutes ces initiatives, assez désorganisées initialement, ont montré qu’il y avait des attentes très fortes des élèves, et la direction y a été sensible. Cette phase a été assez chaotique, et longue, voire parfois décourageante.

Avec le recul, ce qui a bien fonctionné du côté des actions étudiantes, ce fut de montrer à l’administration que nous, étudiant.e.s, nous pouvions être force de proposition. Que nous n’étions pas contre eux mais que nous voulions travailler avec eux, que tout le monde y gagnerait.

Comment vous y êtes-vous pris pour vous faire entendre de l’administration et de la Direction ?

Nous avons évité les pétitions ou ce genre d’actions trop en opposition ou trop agressives. Nous avons plutôt essayé d’être diplomates, de leurs envoyer des propositions concrètes très réfléchies et argumentées et qui prenaient en compte leur vision du cursus. Nous avons aussi appuyé nos propositions par des sondages pour gagner en légitimité.

Comment ont-elles réagi face à ce désir de changement naissant ?

La Direction a peu à peu pris plusieurs mesures, et l’une des premières fut de créer des commissions sur le sujet pour analyser la situation. Certain.e.s membres de ces commissions nous ont invité à y participer, car ils connaissaient notre volonté d’agir. Ce fut une première reconnaissance de l’importance de l’avis des étudiants.

Une autre mesure de l’école fut de créer le poste de Référent.e Développement Durable, un membre de l’administration qui gère plus spécifiquement ces questions et qui est en contacte assez directe avec la Direction.

Comment avez-vous accueilli cette première démarche ?

Cela nous a donné l’idée de demander la création d’un poste équivalent, mais pour les élèves : un intermédiaire entre la direction et les étudiants, qui transmettent les demandes des deux parties, et qui garantisse un dialogue constructif et coopératif. Cette proposition,  fut acceptée, et c’est ainsi que 3 postes de « Délégué.e Elève Développement Durable » furent créés. Et avec ! Et pour aider ces Délégué.e.s et leurs Suppléant.e.s, nous avons créé un groupe de travail avec un nom un peu barbare : le Groupe de Réflexion pour l’Intégration de la Transition Écologique dans le Cursus (GRITEC). Entre les premiers échanges avec l’administration et l’officialisation des délégués, il s’est passé un an environ (et oui, cela prend du temps !).

Les nominations n’ont d’intérêt que si derrière il y a des actions potentielles.. Quelles ont été les travaux concrets menés par la Direction et le GRITEC ?

Tout d’abord, la Direction a fait un bilan de ce qui était déjà fait, afin de mieux identifier les points de satisfaction. Tous les cours ont donc été évalués afin d’identifier ceux qui traitaient du Développement Durable  – à partir de la définition des Objectifs de Développement Durable de l’ONU. Les résultats : certains cours traitaient déjà des enjeux environnementaux et sociaux, ce qui est déjà positif. Mais pour nous, ces cours manquaient de cohérence entre eux, certains sujets n’étaient abordés nulle part, et une bonne partie des élèves rataient les cours les plus formateurs.

Cet état des lieux a permis de se poser les bonnes questions : comment réellement former les ingénieurs au changement climatique, à la crise de la biodiversité, à l’épuisement des ressources ? Quelles compétences et quelles connaissances ? Et pour quel.le.s étudiant.e.s – tous les étudiant.e.s ou seulement les plus motivé.e.s ? Ces questions ont entrainé toute une réflexion chez les étudiant.e.s comme au sein de l’administration…

Et quelles ont été les conclusions de ces réflexions ?

La Direction comme les étudiant.e.s, nous étions d’accord que tou.te.s les étudiant.e.s doivent être formé.e.s en fonction de leur spécialisation. Après plusieurs semaines de débats notre groupe de réflexion a identifié plusieurs axes : une formation aux enjeux, une formation aux outils de mesures d’impact pour l’ingénieur et une formation plus spécifique en fonction du choix de spécialisation.

Il nous a également semblé clair que nous devions à la fois améliorer les cours existants qui s’y prêtaient, et proposer de nouveaux contenus sur les sujets qui n’étaient traités dans aucun cours. A la fois une démarche d’amélioration continue et des innovations.

Avec ces axes et ces deux démarches, nous avons établis plusieurs groupes de travail et toute une liste de propositions concrètes à faire à la direction des études. Ces propositions sont ensuite transmises au Référent Développement Durable et aux professeur.e.s ou membres de l’administration compétents. D’expérience, discuter directement de ces idées avec les personnes concernées est le plus efficace. Néanmoins, il nous arrive de rédiger ces propositions sous forme de rapport car le travail semble plus sérieux et construit, et il en reste une trace.

Qu’avez vous obtenu ?

L’administration, avec le soutien de la fondation CentraleSupélec, a tout d’abord débloqué des fonds (près de 100 000 euros) pour financer de nouveaux projets pédagogiques en lien avec la Transition.

Sur la partie sensibilisation, indépendamment de notre groupe étudiant.e.s, des professeur.e.s se sont mobilisé.e.s pour « La rentrée du Climat » – et la Fresque du Climat ainsi que des activités sur les propositions du Shift Projet sont rentrée dans le programme de première année, et ont été un succès auprès des étudiant.e.s.

Ensuite, l’administration a demandé aux délégué.e.s de lui transmettre chaque semestre les propositions d’amélioration des cours qui s’y prêtent. Et elle a accepté de créer un nouveau cours d’introduction à la climatologie (6h en 2ème année). L’objectif : que tous les étudiant.e.s aient une base scientifique pour comprendre les mécanismes du changement climatique et les enjeux pour notre société.

En parallèle, l’administration réfléchit à modifier le socle officiel de compétences du diplôme afin d’y inclure des compétences liées à l’environnement.

Toutes ces actions montrent une forme d’engagement officiel de la part de l’école, et nous espérons que cette position plus officielle va alimenter le mouvement initié – car il reste encore des choses à faire !

Considères-tu qu’il y ait des limites à la mise en place de ce projet ?

Bien sûr,  notre démarche a quelques défauts : en tant qu’étudiants, nous ne sommes pas spécialistes des enseignements que nous voudrions améliorer, certains professeur.e.s n’ont pas les connaissances ou le temps pour faire évoluer leur cours, certains cours sont déjà très denses…. Et surtout, une partie des enseignements ne se prête tout simplement pas à l’intégration des enjeux environnementaux : des cours très techniques (traitement du signal), ou très théoriques (physique quantique…) ne peuvent pas intégrer ces enjeux car aucun lien. Vouloir à tout prix y ajouter des parties de cours, des exemples, des exercices en lien avec le climat risque d’être contreproductif, de saturer les étudiants.

As-tu un conseil pour tou.te.s les étudiant.e.s qui voudraient rentrer à leur tour en contact avec leur administration ?

Tout cela a réellement été permis par un mouvement général, et c’est le conseil que je donnerais à tou.te.s les étudiant.e.s qui veulent aussi faire évoluer leurs cours : rassembler tous les étudiant.e.s, professeur.e.s, membres de l’administration qui veulent aussi faire changer les choses, et travailler ensemble (même si mettre tout le monde d’accord peut prendre du temps!)

Tout le travail d’identification des attentes, d’état des lieux, de réflexion sur un cursus idéal et sur un cursus réaliste, et de sondage des étudiants est aussi très important : cette réflexion permet de passer de la contestation à des propositions réalisables (la diplomatie, ça a du bon).

Enfin : ne baissez pas les bras ! Tout établissement a une inertie, et il y a toujours des réfractaires, mais ce mouvement dépasse juste l’échelle de votre établissement, et tous les cursus finiront forcément par évoluer et devenir « green again » comme le dit le REFEDD

Propos recueillis par Pauline Hury, assistante communication au REFEDD

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[CP] Annonces d’Emmanuel Macron sur la Convention citoyenne pour le climat : les organisations de jeunes réagissent

mercredi 1er juillet 2020 par REFEDD

Communiqué de Presse

30 juin 2020

Hier matin, le Président de la République a accueilli les 150 citoyen·ne·s de la Convention Citoyenne pour le Climat à l’Élysée. Emmanuel Macron s’était engagé à reprendre sans filtre les propositions des citoyen·ne·s, engagement finalement non tenu puisqu’il s’accorde un certain nombre de “jokers” et réponses ambigües. Il reprend néanmoins la majorité des propositions, et nous partons donc du principe que les propositions non commentées par le Président seront appliquées comme décidées par les 150. Le temps d’application des mesures et leur impact sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre sera long, il faut donc aller jusqu’au bout du processus et mettre en application le plus rapidement possible les mesures de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Sur la modification de l’article 1 de la Constitution, la version proposée par les 150 est bien plus ambitieuse que la dernière formulation choisie par le Gouvernement au cours des dernières discussions sur la réforme constitutionnelle en 2018. Nous attendons maintenant de la part des parlementaires qu’ils·elles valident eux·elles aussi cette modification afin qu’elle puisse être soumise à référendum le plus rapidement possible.

Refuser l’interdiction des vols intérieurs quand une alternative existe en moins de 4 heures ralentit encore le calendrier de décisions qui devront obligatoirement être prises. Par là, le Président montre que son virage écologique est encore timide. En effet, l’argument de l’enclavement des territoires nous semble fallacieux, puisqu’un fort investissement dans le réseau ferroviaire pourrait justement permettre un désenclavement.

Nous regrettons également le refus de la taxe de 4% sur les entreprises versant plus de 10 millions d’euros de dividendes annuels à leurs actionnaires. La majorité des dividendes ne sont pas réinvestis par ceux-ci et cette taxe aurait permis de mettre cette nouvelle source de revenus au service de la transition écologique. Il est donc faux d’affirmer qu’une telle taxe freinerait l’investissement dans la transition écologique : au contraire, elle permettrait de la financer davantage. Refuser l’instauration d’une telle taxe traduit à nos yeux la pleine continuité d’une logique libérale, pourtant largement remise en question ces dernières années au vu des enjeux environnementaux.

Nous tenons à renouveler de manière forte notre soutien aux 150 de la Convention, et veillerons à ce que l’ambition initiale de ce travail ne soit pas vidée de son sens .
Nous saluons également le processus démocratique et participatif derrière la Convention, même si nous restons vigilant·e·s sur l’inclusion véritable de la société civile, et des jeunes en particulier, dans le suivi et la mise en œuvre des propositions. En complément du rôle de vigie citoyenne assuré par les 150, les organisations représentatives doivent également avoir toute leur place.

Dans les prochains mois, nul doute que les organisations de jeunes auront en effet un rôle clé à jouer pour faire entendre l’expertise et le rôle de la société civile organisée. Nous croyons aussi qu’une parole collective de jeunes sur ces enjeux qui les concernent en premier lieu est indispensable. À cet effet, nos organisations seront en première ligne pour porter un discours commun crédible et impactant sur les enjeux écologiques , en prenant en compte la justice sociale, environnementale et démocratique.

Signataires :
Animafac, CliMates, Forum Français de la Jeunesse (FFJ), REFEDD, Résilience, Together For Earth, UNEF.

Contacts presse :
● Anthony IKNI, délégué général du Forum Français de la Jeunesse (FFJ), info@forumfrancaisjeunesse.fr
● Anaïs DARENES, responsable projets & plaidoyer au REFEDD, projets@refedd.org
● Hugo VIEL, co-référent plaidoyer de CliMates, hugo.viel@climates.fr


Citations des organisations

Réseau Français Étudiant pour le Développement Durable (REFEDD)

“Les propositions autour de l’éducation et de la formation, et notamment celle d’inclure systématiquement les enjeux de la transition écologique dans l’enseignement supérieur, n’ont pas été commentées par le Président. Nous espérons fortement qu’elles seront effectivement appliquées par le Gouvernement, pour que tou·te·s les étudiant·e·s puissent être formé·e·s sur ces enjeux. Un groupe de travail sur ces questions mis en place au sein du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dont le REFEDD est partie prenante, doit justement rendre ses travaux très prochainement. Nous espérons donc que ses recommandations seront écoutées et suivies par les ministères concernés . »
Pia BENGUIGUI, Présidente du REFEDD


Together for Earth (T4E)

“Nous, associations de jeunes, continueront à apporter un soutien indéfectible aux 150 citoyen·ne·s de la Convention et nous veillerons à ce que ni le temps, ni les longs processus institutionnels ne vident le travail de cette convention en gardant son ambition initiale. Nous serons attentif·ve·s au bon déroulé de ce processus dans les mois, années à venir ! ”
Julie PASQUET, Présidente de Together For Earth

Forum Français de la Jeunesse (FFJ)

“Les annonces du 29 juin ne sont que le début d’un long cycle écologique qui va occuper l’Exécutif jusqu’à la présidentielle de 2022. Les organisations gérées et animées par des bénévoles de moins de 30 ans portent la voix des premier·e·s concerné·e·s par le dérèglement climatique : les jeunes. Pour répondre à cet impératif social et écologique, le Gouvernement devra associer étroitement la société civile et les représentant·e·s des jeunesses. ”
Héloïse MOREAU, co-responsable du Forum Français de la Jeunesse (FFJ)

CliMates

“Les résultats de la Convention Citoyenne pour le Climat étaient l’occasion pour Emmanuel Macron d’engager un grand virage écologique, nécessaire pour respecter l’Accord de Paris et les engagements de la France. Le gouvernement aurait dû s’appuyer sur les mesures des 150 pour transformer la France, avec un plan de relance économique compatible avec les enjeux écologiques, mais il reprend timidement les mesures, en supprimant certaines et réduisant l’ambition d’autres. Une façon de faire des efforts, sans engager un nouveau schéma de pensée pourtant nécessaire.”
Hugo VIEL, co-référent plaidoyer de CliMates

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Retour sur la dernière session de la Convention Citoyenne pour le Climat

jeudi 25 juin 2020 par REFEDD

Le weekend des 19, 20 et 21 juin se tenait la septième et dernière session de la Convention Citoyenne pour le Climat. Née en octobre 2019, elle a réuni pendant huit mois un panel de 150 citoyen.ne.s qui ont réfléchi ensemble à l’élaboration de lois concernant le climat. L’ensemble de leurs réflexions s’articule autour d’un principal objectif : réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, sans oublier ni même mettre de côté la justice/l’équité sociale. Au cours des sept sessions qui ont donné corps à la Convention, les citoyen.ne.s se sont appliqués à s’informer, débattre et préparer différents projets de loi à soumettre au président de la République.

Dimanche 21 juin 2020, dernière session de la Convention Citoyenne pour le Climat

Il.elle.s se sont réuni.e.s autour de cinq grandes thématiques pour articuler leurs idées : se déplacer, se loger, se nourrir, travailler/produire et consommer. En comptant chacune d’elles, ce sont 149 propositions qui  ont été acceptées. Seule la 150ème motion a été rejetée. Elle concernait le temps de travail. Certain.ne.s demandaient à passer du 35h/semaine actuel à 28h/semaine. Cependant, la majorité des membres de la convention s’y est opposée. Toutes celles retenues ont été votés à plus de 80% sauf celle concernant la limitation de vitesse à 110km/h sur les routes au lieu de 130km/h qui n’a reçu qu’une approbation de 60%. 

Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et le parti politique Europe Écologie Les Verts se sont positionnés dimanche en faveur des propositions faites et ont appuyé la demande des citoyen.ne.s pour la mise en place par le gouvernement d’un référendum. Cette demande n’est formulée que pour une mesure spécifique :  l’écologie dans la Constitution. Pour le reste des thématiques, les membres refusent la mise en place d’un référendum. L’un d’entre eux.elles a expliqué : “pour le reste les dirigeants n’ont qu’à prendre leurs responsabilités”.   

https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/les-mesures-agricoles-de-la-convention-citoyenne-pour-le-climat-205-170086.html

Un référendum pour intégrer les enjeux écologique à la Constitution

Il y aura trois grandes impulsions dans le référendum. 

La première est la mise en place de “l’Écocide”. La Convention demande l’entrée dans le Code pénal d’une peine pour Écocide. Cette proposition avait été faite il y a quelques années mais elle s’est vu être rejetée par l’Assemblée nationale et le Sénat. Les membres requièrent aussi la création d’une “haute autorité” qui se chargerait de faire respecter les mesures prises pour la survie de la planète.

La deuxième demande est la modification de l’article I de la Constitution. Il.elle.s appellent à la création d’un article “Défenseur de l’environnement”, dans la Constitution, qui s’appliquerait à lutter contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité.

Enfin il.elle.s demandent que le préambule de la Constitution soit modifié pour devenir : “La conciliation des droits, libertés et principes qui en résultent ne sauraient compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité”. 

Pour mettre en place ces changements, les citoyen.ne.s proposent de mettre en pratique de réelles applications par différentes méthodes comme : une taxe sur les pubs pour les produits hyper-transformés ou sur les hyper-polluants type SUV, la mise en place d’un carbon score, l’interdiction des panneaux publicitaires dans les extérieurs publics, l’arrêt complet des chauffages d’extérieurs (terrasses par exemple), stopper l’éclairage des magasins la nuit et réduire de moitié les pesticides d’ici 2030 et interdire totalement les plus dangereux. 

La Convention Citoyenne pour le Climat, levier pour changer l’enseignement et le supérieur

L’éducation et l’enseignement supérieur ont également pris une place importante dans les différentes sessions de la Convention Citoyenne pour le Climat. L’enjeu des discussions était de faire se rencontrer les enjeux de l’enseignement supérieur et les enjeux écologiques. Pour le REFEDD, l’intégration des enjeux climatiques dans la société ne peut se faire uniquement que si l’ensemble de la population est consciente de la crise climatique que nous vivons et qu’un grand nombre d’étudiant.e.s doivent se former  aux métiers du futurs. Pour cela, il faudra former les jeunes et les étudiant.e.s aux pratiques écoresponsables. La conscience écologique des étudiant.e.s sera fortement favorisée si les établissements entament eux aussi des démarches pour rendre leurs enseignements et leurs campus plus verts. C’est pour cette raison que nous soutenons vivement les propositions de la Convention. 

Il a été décidé trois motions qui accompagneront et permettront ce changement. 

La première concerne la généralisation de l’enseignement du développement durable dans le système éducatif français pour l’ensemble des enfants, adolescent.e.s et étudiant.e.s. Les membres de la Convention ont rédigé à ce titre une première proposition d’article à intégrer au Code de l’éducation. Cet article recense les différentes mesures que les établissements devront  prendre pour assurer cet enseignement, mais il s’assure également qu’il y a un lien et un suivi entre établissements scolaires, parents et organismes portés sur l’environnement. 

Le deuxième mesure concerne plus particulièrement les enseignant.e.s. Il.elle.s devront s’appliquer à faire des enjeux environnementaux un fil conducteur, un sujet transversal à tous leurs enseignements. Pour cela, il faudra mettre en place des équipes, composées d’élèves, de parents, de professionnel.le.s du développement durable, qui auront la responsabilité de veiller à la coordination de l’éducation à l’environnement et au développement durable. Il sera porté grande importance à la “réflexion critique, créative, portée vers l’avenir”. 

Enfin, la dernière dimension est axée plus généralement sur l’éveil écologique de toute la population et à son passage à l’action. Les membres de la Convention ont mis en avant que si c’était plus généralement les jeunes qui étaient engagé.e.s, les adultes, eux ont de plus larges moyens d’action, qu’ils soient économiques ou dans leur capacité à créer du lien social. Alors, l’objectif de la Convention Citoyenne pour le Climat est d’encourager la participation citoyenne en valorisant le bénévolat par exemple. 

https://img.aws.la-croix.com/2020/02/09/1201077247/09-FA-vrier-2020-cinquiA-session-convention-citoyennele-climat-CESE-A-Paris-SA-travail-salle-hypostyle-Paris-75-France_0_730_487.jpg

Et maintenant ?

La prochaine étape de la Convention Citoyenne pour le climat aura lieu le 29 juin, avec un entretien entre tou.te.s les membres de la Convention et Emmanuel Macron  au cours duquel il.elle.s discuteront des propositions et des mesures structurantes que les acteur.trice.s lui auront présenté dans le livrable final. Les premières réponses du président de la République et du gouvernement sont attendues d’ici le 14 juillet.  

Si le référendum se met en place, comme le demandent les membres de la Convention, il semble plus qu’important d’y participer. Voter au référendum, c’est favoriser la mise en place de la démocratie participative qui donne la parole et porte la voix des citoyen.ne.s. Cela permet de rompre le schéma traditionnel qui n’engage les citoyen.ne.s que très rarement. Il permettra aussi de porter les désirs écologiques de chacun.e et plus de personnes se mobiliseront, plus ces désirs seront entendus, plus ils seront écoutés.

 

Sources :

Article rédigé par Pauline Hury, assistante de communication

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#TeamREFEDD – Rencontrez le nouveau bureau !

jeudi 18 juin 2020 par REFEDD

Au début du mois de juin, le Conseil d’Administration du REFEDD a élu les nouveaux-elles membres du bureau, pour un mandat d’un an. Petite présentation rapide du nouveau bureau 2020-2021, par ses membres !

Pia Benguigui – Présidente

« Je m’appelle Pia, j’ai 21 ans et j’ai grandi à Bordeaux. Je rentre en master à l’école urbaine de Sciences Po Paris à la rentrée prochaine. Je suis membre de l’association Sciences Po Environnement, où je m’étais investie dans le bureau en 2018/2019 ; je suis ensuite partie étudier un an en Islande.

Différentes dimensions du REFEDD m’ont motivée à candidater à sa présidence, avec en premier lieu le travail de plaidoyer que le réseau mène depuis quelques années ainsi que sa légitimité et son importance dans le mouvement de la jeunesse pour le climat. J’envisage mon poste tout d’abord comme un travail d’impulsion et de coordination au sein du bureau, où j’assurerai un suivi global des projets de l’association en lien avec la déléguée générale. Je m’investirai également sur des projets plus spécifiques, comme l’intégration des enjeux environnementaux au sein de l’enseignement supérieur. J’assurerai par ailleurs un rôle de représentation du REFEDD, en particulier auprès de nos partenaires.

Une anecdote : Je suis prosopagnosique, c’est-à-dire que j’ai du mal à reconnaître les visages – et ça me demande d’utiliser quelques petits stratagèmes pour essayer de ne pas me faire repérer en société (avec des résultats parfois mitigés…). »

Clément Grégoire – Vice-président

« Bonjour, je m’appelle Clément, j’ai 22 ans, j’habite en île de France depuis tout petit, plus précisément en Seine et Marne. Aujourd’hui, je suis étudiant en L2 en double cursus Japonais-Sciences de la Terre à l’Université de Paris, donc sur Paris. J’ai été élu au sein du nouveau bureau du REFEDD en tant que Co-VP, avec Julie et Robin, en tant que membre de T4E (Together for Earth). Mes engagements ne se limitent pas là, étant à la fois membre de l’association JAC (Jeunes Ambassadeurs du Climat) et président de l’association Eco’llectif (association écologique de l’Université de Paris).

Deux raisons principales m’ont poussé à me présenter au bureau 2020-2021 du REFEDD. Premièrement, l’actualité liée au COVID-19 et le plan de relance annoncé par le gouvernement font de la période à venir un moment clé dans lequel le REFEDD a un rôle important à jouer, ce qui m’a donné envie de m’engager. De plus, étant passé par des associations de faculté j’aimerais, à titre purement personnel, m’engager à plus grande échelle, rencontrer de nouvelles personnes et co-créer avec elles.

Je n’ai pas vraiment d’anecdote mais mon engagement écologique et mon amour pour le Japon vous invitent à aller regarder les films de Hayao Miyazaki ! »

Robin Horriot – Vice-président

« Étudiant ingénieur en Agronomie, je suis passionné d’agriculture. Mon asso étudiante, SolidariTerre est membre du CA et m’a permis de participer aux décisions du réseau.

Le REFEDD m’a apporté de nombreuses choses, je vais vous parler des 3 moments qui m’ont le plus marqué :

  • Mon premier CA. J’étais tout jeune. Je me souviens de discussions passionnantes où tout le monde est écouté, la parole distribuée et les idées débattues : une très belle preuve de démocratie !
  • Mon deuxième souvenir, les intersessions des négociations climatiques à Bonn, en Allemagne. J’ai eu la chance de faire partie de la délégation du REFEDD pour suivre, écouter et tenter de comprendre les enjeux du changement climatique. J’ai ainsi rédigé un article portant sur la place de l’agriculture dans les changement climatiques.
  • Les RENEDD : le moment fort du REFEDD ! Qui permet de rencontrer d’autres associations étudiantes, échanger avec des étudiants de toute la France, discuter, et voir de beaux projets. »

Julie Pasquet – Vice-présidente

« Alors je suis Julie, j’ai 22 ans et je suis un peu une hyperactive de l’engagement. Je viens d’un petit village de Dordogne (plus bel endroit de France) mais je fais mes études à Toulouse.

Je suis en double diplôme à Sciences Po Toulouse et Toulouse Business School. Je me suis spécialisée en conseil en politiques publiques et en conseil auprès des entreprises. Je représente Together For Earth dont je suis la présidente.

Pourquoi le bureau du REFEDD ? Pour impulser de nouveaux projets ambitieux, continuer à faire connaitre notre réseau et à accentuer son plaidoyer et aussi et surtout pour vivre une aventure humaine riche et pleine de découvertes !

Je serai vice-présidente du REFEDD avec Robin et Hugo.

Je suis tombée amoureuse du livre Siècle Bleu, rejoignez la révolution bleue vous aussi ! »

Raphaëlle Imbach – Trésorière

« Je suis Raphaëlle, j’ai 21 ans et je viens de Lyon ! Je termine actuellement mon double diplôme LEA, communication et traduction et je continue avec un master dans la même branche l’année prochaine, toujours à l’UCLy.

Je suis aussi dans le projet Up For Europe, qui fait partie de Together For Earth. 🌍 🕊

Faire partie du bureau du REFEDD est une façon pour moi d’amplifier mon engagement en passant à une plus grande échelle. C’est aussi une façon de continuer mon engagement via une fonction que je n’avais encore jamais officiellement eu, en charge de la trésorerie.

J’ai déjà pu faire de la communication dans d’autres associations et aimerais donc bien me tourner vers les problématiques qui y sont liées. Je m’intéresse aussi à la Consultation Nationale Étudiante ainsi qu’au projet Il Est Temps. Enfin, j’ai déjà pu partir aux intersessions des COP avec le REFEDD et suis toujours intéressée par le sujet !

Pour conclure, une recommandation : le documentaire « Une bombe mentale, comment changer le monde » revient sur les débuts de Greenpeace et la radicalité de Paul Watson par rapport au reste du groupe. J’ai beaucoup aimé la façon dont les faits sont présentés et cela m’a fait prendre conscience qu’il est nécessaire de s’engager ! »

Emma Calikanzaros – Secrétaire

« Je suis étudiante en école d’ingénieur spécialisée en biotechnologies de l’environnement (thématiques pour exemple: biocarburants, dépollution grâce aux plantes ou aux champignons, biomatériaux, agroécologie…). Je viens du Sud Est (Arles) mais j’étudie à Paris. J’ai commencé avec le REFEDD en étant bénévole et en assistant aux intersessions à Bonn.

J’ai 21 ans, ma passion c’est la nature, les activités au grand air, la biodiversité… j’essaie de développer mon savoir faire, mes compétences et la « philosophie » permaculture. Avoir une grande ferme autonome avec plein d’animaux c’est un peu mon rêve inavoué haha

Je suis présidente de l’association Bio Campus et je suis membre fictive de SolidariTerre. J’ai rejoint le bureau du REFEDD pour partager mes valeurs, ma vision et mon énergie avec d’autres étudiants/associations écolos afin de construire ensemble (seul moyen d’y arriver pour moi). »

Myllane Kebir – Secrétaire

« Salut, moi c’est Myllane, j’ai 22 ans et je suis de Lyon (meilleure ville, 0 débat). Après avoir fait quatre ans d’études en management et gestion de projets, j’ai fait une année de césure afin de réfléchir à mon projet professionnel. J’ai donc entrepris une mission de service civique au REFEDD en tant qu’animatrice réseau à Lyon, associé à un certificat d’études politiques à distance avec Sciences Po Grenoble. Cette année m’a permis de comprendre ma volonté d’intégrer un master qui allie les sciences politiques aux enjeux sociaux et environnementaux. C’est donc ce que je vais faire à la rentrée 2020 mais j’attends encore les réponses d’admission.

Ayant adoré mon expérience au REFEDD, les connaissances que j’ai pu acquérir et les rencontres effectuées, je me suis dit que je voulais prolonger mon expérience au sein de l’association. Et cette fois-ci, en faisant partie de l’organe stratégique afin de continuer à travailler sur les projets que j’ai commencé à suivre tout au long de l’année. Ainsi, j’ai intégré l’association Ocean Stream, nouvelle arrivante au CA, et me suis présentée au secrétariat, poste auquel j’ai été élue. Et comme dirait la philosophe de renom Hannah Montana, I got the best of both world. »

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Déclic – 86 étudiant.e.s de Sciences Po Paris proposent des solutions politiques concrètes pour un avenir plus écologique et solidaire

mercredi 17 juin 2020 par REFEDD

Né en plein confinement, Déclic c’est 86 étudiant.e.s de Sciences Po, rassemblé.e.s par écrans interposés qui ont réfléchi ensemble à l’avenir auquel ils et elles aspirent. Début juin, Déclic, constitué en think tank étudiant, a présenté 43 propositions concrètes pour orienter les politiques publiques françaises vers un avenir plus écologique et solidaire.

Un projet ambitieux, né d’une discussion entre amis en plein confinement

Ce projet est né d’une discussion entre amis, au cours de laquelle il est apparu combien la crise du COVID-19 allait façonner les prochaines décennies de façon décisive. La crainte partagée de voir les nécessaires et futurs efforts environnementaux minorés lors de la relance économique d’après crise nous a poussé à chercher les moyens d’agir à notre échelle. Désireux.ses d’être acteurs et actrices du changement, près d’une centaine d’étudiant.e.s et de jeunes diplômé.e.s d’origines diverses et aux expériences variées nous ont rejoints, porté.e.s par l’espoir de contribuer à la construction du monde de demain. Riche de la diversité de nos perspectives, nous avons structuré notre réflexion en 5 groupes thématiques : Agriculture et Alimentation, Biodiversité et Espaces Naturels, Énergie, Santé et Environnement, Villes et Territoires. Ces discussions, enrichies de l’apport de nombreux professeurs, experts et acteurs de terrain, ont abouti à l’élaboration de propositions concrètes et ambitieuses, à accueillir comme autant de pistes de réflexion et d’opportunités à saisir.

Des propositions concrètes, reflet d’un espoir partagé

Déclic s’est construit autour d’une volonté commune d’action, de transformation effective de la société française. Un rapport principal, dynamique, concis et accessible à toutes et tous nous a semblé être la manière la plus efficace d’atteindre cet objectif. Composé de 20 propositions ambitieuses, synthétisées en une page chacune, il constitue un aperçu du total des 43 propositions spécialisées qui ont été élaborées, réparties au sein de 5 livrets thématiques. L’initiative Déclic s’inscrit dans une vague de mobilisation globale, amorcée par de nombreux.ses étudiant.e.s, think tanks, organisations et associations qui se mobilisent pour construire le monde d’après-crise. Nos propositions entendent compléter ces appels à l’action en proposant des alternatives concrètes qui incarnent un espoir partagé.

Un appel à saisir la fenêtre d’opportunité de l’après-Covid, à destination des décideurs politiques

Nous voulons que les enjeux environnementaux et climatiques soient placés au sommet de l’agenda politique et deviennent, dans les faits, une composante essentielle des politiques publiques françaises. Cet appel s’adresse aux décideurs politiques, en capacité de se saisir de ces idées et de leur permettre de devenir réalité. Il s’adresse également aux citoyens porteurs d’idées ambitieuses : chacun doit pouvoir proposer sa vision d’un avenir durable et participer à l’élaboration de politiques environnementales inclusives et solidaires.

Des propositions ambitieuses, mais réalistes

Une sécurité sociale de l’alimentation, l’inscription de la Nature dans les programmes scolaires, l’instauration d’une gestion circulaire des bio-déchets urbains, la sensibilisation à la santé environnementale : voici quelques exemples des propositions en lesquelles nous croyons. Un avenir écologique et solidaire est désormais possible,et Déclic porte cette conviction.

Les contacts de l’association

Article rédigé par l’association Déclic

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