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Comment expliquer la variation du prix du gaz ?

mercredi 29 avril 2020.
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Alors que les prix du pétrole ont chuté avec la pandémie, atteignant des prix négatifs reflétant une baisse significative de la demande et une offre très abondante, les modifications du prix du gaz sont à peine plus complexe à expliquer.

Comment calculer le prix d’un kilowattheure (kWh) de gaz ?

Le prix du kWh de gaz varie d’abord en fonction du fournisseur d’énergie.
Engie (que nous connaissions sous le nom de GDF Suez) est le fournisseur historique de gaz et, à ce titre, il se doit de vous proposer les tarifs réglementés. Avec l’ouverture à la concurrence, des fournisseurs alternatifs de gaz (Direct Energie, eni...) proposent des offres mais sont-elles réellement moins chères qu’Engie ?

Mais le prix du kilowattheure de gaz varie également en fonction de deux autres paramètres :

- Le niveau de consommation du logement (le prix du kWh diminue proportionnellement quand le niveau de consommation augmente)
- La zone tarifaire du logement (le prix du kWh est le plus bas pour la zone 1, zone la plus proche du réseau de distribution de gaz), sauf pour les classes de consommation base et B0., et le plus élevé pour la zone 6, la plus éloignée.

Exception, le prix du kWh est constant pour le niveau de consommation de Base (consommation inférieure à 1 000 kWh/an), et ce, quelle que soit la zone tarifaire.


- Exemple de prix au 3/04/2020 du gaz en consommation Base (Zones tarifaires de 1 à 6)

  • Total Direct Énergie : Offre classique : 0.0679 € TTC
  • Eni : Offre astucio eco : 0.0698 € TTC
  • Engie (ex-GDF Suez) : Tarifs réglementés : 0.0710 € TTC

Pour un niveau de consommation B1 (comprise entre 6 001 et 30 000 kWh/an) et B2i (entre 30 001 et 300 000 kWh/an), le prix du kWh € HT varie selon la zone tarifaire mais reste inférieur de 7% chez le fournisseur alternatif eni par rapport aux tarifs réglementés d’Engie (ancien GDF Suez).

Prix du gaz en consommation B1 et B2i

Convertir des m3 en kWh

Votre compteur affiche une consommation mesurée en m3 et pourquoi alors êtes-vous facturés sur la base d’un prix du kWh ? Rassurez-vous, c’est normal ! Le gaz naturel distribué en France provient de différents gisements gaziers, qui n’ont pas les mêmes qualités et notamment un pouvoir calorifique différent. Ainsi, pour un volume identique de gaz consommé, selon son origine, vous pouvez bénéficier d’une quantité d’énergie différente. De plus,, selon l’altitude de votre lieu de consommation, un mètre cube (m3) de gaz ne libérera pas la même quantité d’énergie. C’est la raison pour laquelle, l’unité de mesure du compteur de gaz (en m3) ne peut pas directement servir d’unité de facturation.

La quantité de gaz (m3) doit donc être convertie en quantité d’énergie (kWh) pour pouvoir être facturée au client. Le coefficient qui permet la conversion varie donc selon plusieurs facteurs (altitude, qualité, ...) mais on estime qu’en moyenne 1 m3 de gaz équivaut à 10 kWh.

Qu’est-ce que les tarifs règlementés du Gaz ?

Depuis le 20 novembre 2019, les particuliers ne peuvent plus souscrire à un contrat de gaz aux tarifs réglementés. Les foyers français qui sont encore détenteurs d’un contrat de gaz aux tarifs réglementés ont jusqu’au 30 juin 2023 pour changer de contrat et souscrire à une offre de marché. Fixé par les pouvoirs publics et géré par les fournisseurs historiques, le tarif réglementé du gaz concernait encore 38% des ménages en juin 2019.

Engie a donc arrêté la commercialisation de ses offres à tarif réglementé depuis le 20 novembre 2019. Les professionnels doivent souscrire à une offre au prix de marché avant le 1er décembre 2020. Les particuliers ont eux jusqu’au 30 juin 2023 pour souscrire une nouvelle offre.

Des associations de consommateurs dénoncent la fin des tarifs réglementés du gaz car il n’y aura plus de prix de référence pour le gaz. Ce tarif permettait de comparer les offres à prix fixes et les offres à prix indexés sur le tarif réglementé. Les fournisseurs alternatifs affirment que le consommateur sera gagnant : comparer les offres de marché et faire jouer la concurrence lui permettra de choisir celle qui est la mieux adaptée à ses besoins et à son budget.

La fin des tarifs réglementés signifie aussi que les fournisseurs alternatifs vont redoubler d’efforts pour capter de nouveaux clients ... Un des risques pour le consommateur est d’être victime de démarchage abusif, notamment par téléphone et mail !

Loi Energie-Climat

La loi Energie Climat adoptée en 2019 a pour objectif de lutter contre le réchauffement climatique. En visant la neutralité carbone d’ici 2050, les mesures de cette loi visent une sortie progressive des énergies fossiles et une régulation du secteur de l’électricité et du gaz.

Le Conseil d’Etat a jugé le maintien du tarif réglementé de vente de gaz contraire au droit européen en juillet 2017. Il a considéré que le maintien des tarifs réglementés "constitue une entrave à la réalisation du marché concurrentiel du gaz". C’est dans ce contexte que la loi Energie Climat organise une suppression progressive des contrats au tarif réglementé.

Exception pour l’éélectricité, considéré comme un produit de première nécessité ou énergie “non substituable”, contrairement au gaz qui lui n’est pas utilisé par tous les ménages, qui conserve les tarifs réglementés.

La fixation des tarifs du gaz

Chaque année en juillet, les ministères de la Transition Ecologique et Solidaire et de l’Economie et des Finances établissent un barème afin de couvrir les coûts hors approvisionnement et d’approvisionnement et une formule afin de refléter l’évolution pendant l’année des coûts d’approvisionnement.

Les coûts d’approvisionnement regroupent les coûts liés à l’achat de gaz naturel auprès des producteurs (extraction des gisements, transport jusqu’aux frontières françaises etc...)

Les coûts hors approvisionnement regroupent eux les coûts d’infrastructure, c’est-à-dire les frais de transport, de distribution et de stockage du gaz naturel, ainsi que les coûts de commercialisation.

Le reste de l’année, la CRE peut faire évoluer à la hausse ou à la baisse le tarif réglementé en fonction de l’évolution du prix du gaz sur les marchés internationaux. Cette évolution mensuelle intègre le concept de lissage, c’est-à-dire un ajustement pour corriger les variations saisonnières.

Historique des évolutions pour les particuliers depuis 2005
  • Entre 2005 et décembre 2012, les tarifs réglementés du gaz naturel ont augmenté de 80% en moyenne pour les particuliers.
  • Entre janvier 2013 et décembre 2015, ces mêmes tarifs ont baissé de plus de 12%.
  • De 2016 à 2018, les tarifs ont fluctué tant à la baisse qu’à la hausse.
  • En 2019, les prix du gaz ont baissé suite gel des prix lié au mouvement des gilets jaunes. Une légère hausse des tarifs de 3% HT a suivi en novembre 2019.

Pourquoi ces évolutions du prix du gaz si marquées ?

La loi de l’offre et de la demande régit les marchés de gros du gaz naturel, sur lesquels sont indexés les tarifs réglementés.

Lorsque l’offre est abondante (depuis le développement aux Etats-Unis de l’exploitation du gaz de schiste ), les prix du gaz baissent. Quand l’offre est faible (suite à une crise politique dans un pays producteur par exemple), les prix du gaz augmentent. Et réciproquement, si la demande augmente, le prix du gaz augmente, si la demande baisse (grâce aux progrès de l’efficacité énergétique ou d’une faible croissance), le prix du gaz baisse.


- Lire aussi : Les étapes pour avoir le gaz dans mon logement suite à un déménagement


 

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