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Finance - Contribution Economique
À la veille de Rio+20

Les États accélèrent leurs plans de transition vers une économie verte

Selon un nouveau rapport des Nations Unies

jeudi 17 novembre 2011
Posté par Cyrille

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Un nouveau rapport des Nations Unies démontre que les gouvernements et les entreprises prennent à l’unisson des mesures pour accélérer la transition vers un avenir vert, sobre en carbone, économe en ressources et socialement inclusif.

De la Chine à la Barbade, du Brésil à l’Afrique du Sud, les pays conçoivent des stratégies et des activités relevant de l’économie verte pour promouvoir la croissance et l’emploi, la protection de l’environnement et l’égalité.



Dans une déclaration formulée à l’occasion de la publication du rapport phare intitulé « Vers une économie verte : pour un développement durable et une éradication de la pauvreté  » du PNUE, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a émis ce commentaire :

« Alors que le monde entier attend la Conférence Rio+20 des Nations Unies sur le développement durable, prévue en juin 2012, le rapport du PNUE consacré à l’économie verte met à mal le mythe du compromis entre l’économie et l’environnement. En adoptant des politiques publiques intelligentes, les gouvernements peuvent développer leur économie, créer des emplois décents et accélérer le progrès social tout en adaptant l’empreinte écologique de l’humanité aux capacités de la planète. »

UNEP

 Principaux messages

Le rapport, qui est le fruit d’enquêtes mondiales menées pendant trois ans par des centaines d’experts, a fait l’objet d’un examen public pendant trois mois avant d’être divulgué aujourd’hui. Il confirme qu’il suffit d’investir 2 % du PIB mondial dans dix grands secteurs pour commencer à se départir de l’actuelle économie polluante et inefficace au profit d’une nouvelle économie verte.

  • Le rapport estime que cette transition autoriserait une croissance de l’économie mondiale à un rythme identique, si ce n’est supérieur aux prévisions établies sur la base des modèles économiques actuels.
  • Mais sans générer les risques, chocs, pénuries et crises traditionnellement inhérents à notre actuelle économie « brune », avide de ressources et de carbone, explique le rapport.
  • En plus de promouvoir la croissance, une transition mondiale vers une économie verte autoriserait un revenu par habitant supérieur à celui conféré par nos modèles économiques actuels tout en réduisant l’empreinte écologique de près de 50 % d’ici 2050, par comparaison avec la norme actuelle.
  • Le rapport sur l’économie verte reconnaît que, à court terme, les pertes d’emploi dans certains secteurs – la pêche, par exemple – sont inévitables si rien n’est mis en œuvre pour assurer une transition vers la durabilité.
  • Cependant, il ajoute que, au fil du temps, le nombre d’« emplois nouveaux et décents créés » dans différents secteurs, des énergies renouvelables à l’agriculture durable, compensera les pertes de l’ancienne « économie brune ».

Ainsi, de plus en plus de pays entreprennent des activités dans le but d’accélérer cette transition.

Par exemple, le groupe consultatif international du Gouvernement chinois devrait présenter son propre rapport sur l’économie verte lors de la réunion du Conseil de Chine prévue cette semaine.

Après avoir dépassé l’Espagne en 2009, la Chine est devenue le premier investisseur au monde dans le secteur des énergies renouvelables, avec 49 milliards de dollars d’investissements réalisés en 2010. Globalement, la Chine s’est engagée à investir 468 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années dans diverses industries clés, parmi lesquelles les énergies renouvelables, les technologies propres et la gestion des déchets.

« La Chine estime que l’économie verte constitue un choix stratégique dans un monde de plus en plus dépendant de ses ressources et nous avons fait ce choix dans nos plans de développement », affirme M. He Bingguang, directeur général de la Commission nationale chinoise de développement et de réforme.

« Nous apprécions la contribution du PNUE, qui s’efforce de promouvoir une économie verte mondiale, susceptible de profiter à tous les pays », ajoute-t-il.

Certains pays, comme la Barbade, le Cambodge, l’Indonésie, la République de Corée et l’Afrique du Sud, déploient déjà des plans nationaux d’économie verte tenant compte des recommandations du rapport.

D’autres, comme l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Égypte, le Kenya, la Jordanie, la Malaisie, le Mexique, le Népal, le Sénégal et l’Ukraine, concentrent leurs efforts sur des secteurs prioritaires, tels l’agriculture, l’énergie renouvelable, le tourisme et les technologies propres.

Aujourd’hui, au Rwanda, les pays d’Afrique de l’Est se rencontrent pour examiner les lois et les cadres réglementaires susceptibles de contribuer à instaurer une économie verte aux niveaux nationaux et au niveau régional. Des participants venus du Burundi, du Kenya, de Tanzanie et d’Ouganda, ainsi que du Rwanda, se pencheront sur diverses études de cas et initiatives conduites à l’échelle du continent et, pour ces dernières, dirigées par l’Union africaine.

En ce qui concerne les entreprises, le PNUE a constitué une équipe avec les 285 plus grands investisseurs au monde - représentant 20 000 milliards de dollars d’actifs - qui a appelé les gouvernements à se mobiliser et à intervenir sur les enjeux du changement climatique, notamment en investissant dans les industries émergentes comme les sources d’énergie renouvelable et l’éco-construction. Des appels analogues ont été relayés par la Chambre de commerce internationale, qui représente plusieurs centaines de milliers d’entreprises dans plus de 130 pays.

« Les éléments d’une transition vers une économie verte se font clairement jour, tant dans les pays en développement que dans les pays développés. Il y a maintenant certaines nations qui vont plus loin et plus vite que d’autres, créant de bien des manières un “facteur d’attraction” qui, s’il est maintenu, peut entraîner les autres nations au cours des mois et années à venir  », estime Achim Steiner, secrétaire adjoint des Nations Unies et directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

La récente vague d’investissements propres ne bénéficie pas seulement aux économies émergentes, mais également à d’autres pays en développement. D’après les dernières données de Bloomberg, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont augmenté de 32 % en 2010, pour atteindre le montant record de 211 milliards de dollars. Après les économies émergentes du Brésil, de la Chine et de l’Inde, ce sont les pays d’Afrique qui, parmi toutes les régions en développement, affichent la hausse la plus forte.

En Égypte, les investissements dans les énergies renouvelables sont passés de 800 millions de dollars à 1,3 milliard de dollars, grâce au projet thermosolaire de Kom Ombo et à un parc éolien côtier de 220 mégawatts dans le Golfe d’El Zayt. Au Kenya, ces investissements, qui étaient quasiment nuls en 2009, ont atteint 1,3 milliard de dollars en 2010 et sont principalement axés sur les technologies éoliennes, la géothermie, les petites industries hydrauliques et les biocarburants.

L’une des plus grandes centrales thermosolaires au monde est en cours de construction dans le désert californien des Mojaves, tandis que d’autres sont en cours de construction en Espagne et dans d’autres régions des États-Unis.

« La conférence de Durban sur le climat, qui se tiendra dans quelques semaines, et Rio+20 l’année prochaine constituent des occasions inespérées pour accélérer et développer l’économie verte. Les actions concertées visent notamment à promouvoir la réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts (REDD+) et les achats écologiques en vue de développer la durabilité sur le plan national. Il est également question d’un nouvel indicateur de richesse qui prenne en compte d’autres facteurs que le PIB et internalise les coûts de pollution et de dégradation tout en intégrant la valeur des actifs naturels de la planète dans les données de calcul d’une économie durable et prospère », explique M. Steiner.

Une série de consultations régionales sur l’économie verte, soutenues par les Nations Unies, a permis de susciter un intérêt grandissant envers le rapport. S’il est certes admis que les questions du financement et des échanges doivent être traitées plus avant, il est également établi que l’actuel modèle économique, exclusivement fondé sur la croissance du PIB, n’a fait qu’entraîner une mauvaise affectation des capitaux et une répartition inégale des richesses.

Le rapport démontre que, en investissant l’équivalent de 2 % du PIB mondial dans l’agriculture, l’énergie, la construction, l’eau, la foresterie, la pêche, la fabrication, les déchets, le tourisme et le transport, l’économie mondiale ne pourrait pas seulement emprunter une trajectoire plus durable, mais serait également en mesure de maintenir, voire d’accélérer sa croissance à terme, par comparaison avec la norme actuelle.

Il formule en outre diverses recommandations politiques sur chacun des dix secteurs, ainsi que sur les modes de financement et les conditions à instaurer.

Dans le secteur des transports, par exemple, le rapport suggère que les prix tiennent compte des coûts sociétaux induits par les encombrements, les accidents et la pollution, qui représentent parfois jusqu’à 10 % du PIB national ou régional. À Beijing, une étude conduite en 2009 a estimé que les coûts sociaux induits par les transports motorisés équivalaient à 7,5 à 15 % du PIB de la ville.

À l’échelle mondiale, l’impact du secteur des transports sur les ressources naturelles est extrêmement large, depuis la construction de véhicules (à base de métaux et de plastiques) jusqu’à la consommation de combustibles fossiles, à savoir l’essence, le caoutchouc et d’autres matériaux consommables. Entre 2007 et 2030, le secteur des transports devrait représenter à lui seul 97 % de la hausse de la consommation de pétrole dans le monde.

Comme le nombre de véhicules en Chine devrait tripler au cours de cette période, le gouvernement promeut les voitures à rendement énergétique élevé et à faibles émissions de carbone, ainsi que les infrastructures correspondantes. Dans la ville de Shenzhen, berceau de la première voiture électrique chinoise, des plans sont actuellement déployés pour construire de grandes stations-service dédiées et remplacer les autobus traditionnels par plus de 7 000 autobus électriques sur un horizon de cinq ans.

 Création d’emplois

Le rapport sur l’économie verte estime que, au fil du temps, ces secteurs clés vont catalyser des « emplois nouveaux et décents ». Une récente étude conduite par l’OIT et l’Académie chinoise des Sciences sociales (CASS), intitulée « Développement à faibles émissions de carbone et emploi vert en Chine », confirme ce fait.

Cette étude dresse une liste des gagnants et des perdants potentiels et spécifie l’ampleur des impacts directs et indirects requis pour tirer des bénéfices nets. Elle conclut que, bien que 800 000 personnes travaillant dans de petites centrales à charbon en Chine risquent de perdre leur emploi en raison des mesures prises pour atténuer le changement climatique, 2,5 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 2020 dans le seul secteur de l’énergie éolienne.

Actuellement, le Danemark est le premier fabricant au monde d’éoliennes, en termes de volume, suivi de la Chine, des États-Unis, puis d’un autre fabricant chinois. L’Allemagne est cinquième. Pourtant, l’Allemagne s’est récemment engagée à développer les énergies renouvelables, suite à sa décision d’abandonner l’énergie nucléaire d’ici 2022, et s’est fixé pour objectif de produire 35 % de son électricité à partir de sources d’énergie renouvelable d’ici 2022, contre 19 % précédemment.

En Afrique, malgré de récents progrès économiques, la création d’emplois verts et décents suscite de plus en plus d’intérêt. Au mois de juin dernier, les représentants de onze pays africains se sont réunis sous l’égide de l’OIT, du PNUD et du PNUE afin d’examiner des études de cas dans les domaines du recyclage, de la construction durable et de la gestion des ressources naturelles. Par la suite, les participants ont adopté des plans d’action pour créer des emplois verts dans la pêche, l’agriculture et la foresterie, des secteurs qui représentent plus de 70 % des emplois de la région.

Au Brésil, l’OIT a récemment contribué à faire construire 500 000 nouveaux logements équipés de systèmes de chauffage solaire, créant ainsi 30 000 emplois nouveaux. En Afrique du Sud, un projet analogue sur la restauration d’hydro-écosystèmes a permis de créer 25 000 emplois verts réservés à des chômeurs et, dans le même temps, de rétablir des sources d’eau fraîche vitales pour la population.

 Équité sociale

Environ 2 milliards de personnes dépendent de petites exploitations agricoles pour vivre et, en dépit de leur importante contribution à la sécurité alimentaire, la majorité de ces agriculteurs vivent dans la pauvreté et souffrent de malnutrition. Le faible niveau des prix, les pratiques commerciales déloyales et le manque de transports ne font qu’accentuer leur piètre qualité de vie. Le rapport sur l’économie verte affirme que, si des pratiques agricoles plus durables étaient mises en œuvre, ces agriculteurs pourraient augmenter leurs revenus et accroître leur productivité.

À l’échelle mondiale, un investissement de 100 à 300 milliards de dollars par an dans l’agriculture verte pourrait, d’ici 2050, améliorer la qualité des sols et la productivité des récoltes, soit une hausse de 10 % par rapport aux stratégies actuellement appliquées. Qui plus est, comme beaucoup de ces exploitants agricoles sont des femmes, les bénéfices seraient vraisemblablement partagés avec leurs familles et leurs communautés.

Le secteur des déchets est un autre domaine qui a le potentiel de renforcer l’équité sociale. Les efforts déployés pour y imposer des pratiques écologiques sont souvent motivés par les économies de coûts, le souci de la protection de l’environnement et la rareté des ressources.

Cependant, le rapport précise qu’il ne suffit pas, pour ce faire, d’améliorer le traitement des déchets et les installations d’élimination, souvent défaillants ; il faut aussi former les travailleurs, les rémunérer plus équitablement et leur assurer une protection sanitaire correcte. La décentralisation des opérations de gestion des déchets à grande échelle, très onéreuses, pourrait aussi ouvrir des débouchés professionnels dans les communautés.

Les déchets électroniques (« e-déchets ») posent également problème, en particulier dans les pays en développement. D’après les estimations, 20 à 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits chaque année et le développement du commerce des déchets fait peser de graves menaces sur la santé humaine et sur l’environnement.

Alors que les ventes de téléphones mobiles et d’ordinateurs ne font qu’augmenter en Chine, en Inde et en Amérique latine, le rapport estime que la récupération et le recyclage des ressources présentent le meilleur potentiel qui soit pour contribuer à l’économie verte.

 Rapport

Sommet de la Terre de Rio : en 1992, la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, plus connue sous le nom de « Sommet de la Terre de Rio  », s’est tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, pour traiter de l’état de l’environnement et du développement durable. Cette conférence sera suivie en juin 2012 d’une autre réunion, Rio+20, toujours au Brésil. À cette occasion, l’un des principaux thèmes auxquels s’intéresseront les gouvernements sera l’économie verte «  dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté  ».

- Consulter le rapport «  Vers une économie verte : pour un développement durable et une éradication de la pauvreté  » sur le site Internet du PNUE

 Contact

- M. Nick Nuttall, directeur et porte-parole de la Division de la communication et de l’information du PNUE. Tél. : +41 795 965 737 ou +254 733 632 755.

- Mme Jiang Nanqing, Bureau chinois du PNUE. Tél. : 85320922.

- Mme Chen Hao, Bureau chinois du PNUE. Tél. : 85320921.

- Solange Montillaud-Joyel, Communications & Publications. Phone (direct line) : +33 (0)1 44 37 76 20


United Nations Environment Programme
Division of Technology, Industry and Economics
15, rue de Milan
F-75441 • Paris Cedex 09 • France
Phone : +33 (0)1 44 37 14 50
Fax : +33 (0)1 44 37 14 74

www.unep.org/dtie


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