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3ème volet de la Trilogie après l’Oyssée de l’espèce et Homo Sapiens

Le Sacre de l’Homme : Homo Sapiens invente les civilisations

Diffusé sur France 2 le 10 Avril 2007

mercredi 11 avril 2007
Posté par Cyrille

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Après le changement climatique, le paysage de la Terre est bouleversé. Les humains ne représentent que 3 à 4 millions d’habitants ... C’était il y a 12.000 ans. Au moment ou l’Homme se sédentarise. Ce 3ème volet d’une trilogie, après l’Odyssée de l’espèce, nous rappelle avec le Sacre de l’Homme comment notre ancêtre commun Homo Sapiens a inventé les civilisations. Diffusé sur France 2 mardi 10 Avril 2007, ce tournant décisif qui nous a conduit à devenir 6 milliards d’êtres humains sur Terre avec les inquiétudes actuelle sur le réchauffement climatique est riche d’enseignements. Cdurable.info vous invite à le découvrir parce que quand on ne sait plus où aller, il est temps de regarder en arrière d’où l’on vient.



TROISIÈME VOLET DE L’AVENTURE DE NOS ORIGINES

Après L’Odyssée de l’espèce (2003), qui racontait 7 millions d’années d’évolution de l’homme, du premier primate bipède à l’arrivée d’Homo Sapiens ; après Homo Sapiens (2005), qui traitait de l’apparition de notre ancêtre jusqu’aux premières sédentarisations, Le Sacre de l’homme retrace notre histoire des débuts de la sédentarisation à la naissance des premières civilisations.

DE L’AGRICULTURE AUX GRANDES CITÉS

Il y a douze mille ans, l’homme prend un tournant décisif : il sort de la préhistoire et pose les fondations des premières civilisations. En quelques milliers d’années, Homo Sapiens abandonne sa vie de nomade pour s’installer dans les premiers villages. Il se sédentarise, invente l’agriculture, l’élevage, le commerce, les religions, la roue, la métallurgie, l’écriture, l’architecture… Il construit des cités et imagine une société complexe, organisée, hiérarchisée. Il communique grâce à l’écriture, échange ses biens et son savoir à travers les continents. En 8 000 ans, la population de la planète passe de trois millions à cent millions d’habitants.

Sur son chemin, de nombreuses épreuves l’attendent. L’esprit de propriété engendre les premières guerres, le bétail provoque des épidémies ravageuses, la surpopulation des famines… Mais Homo Sapiens Sapiens continue inlassablement à construire la société qui est aujourd’hui la nôtre.

Du nomade chasseur-cueilleur à l’homme urbain vivant selon une organisation sociale sophistiquée, Le Sacre de l’homme est le récit des grands moments qui ont conduit à travers les siècles à notre naissance.

 1ère époque : De 12 000 à 10 000 ans avant notre ère

LES PREMIERS VILLAGES ET LA SÉDENTARISATION

C’est dans la région du Levant, qui s’étend de la Palestine au Zagros, qu’apparaissent entre 12 000 et 8 000 ans avant notre ère les premiers villages néolithiques, des agglomérations de cabanes de plain-pied ou à demi-enterrées dans des fosses rondes.
La sédentarisation survient avant l’émergence définitive de l’agriculture et de l’élevage : on s’installe dans un environnement qui présente les ressources nécessaires en eau et en nourriture, particulièrement en graminées, poissons et animaux à viande. Il est possible que la consommation de céréales ait aidé à la sédentarisation. En effet, pour les consommer, l’homme doit broyer les grains pour en faire de la farine. Et le matériel nécessaire pour broyer est lourd et impossible à transporter dans un style de vie nomade.

LA NOUVELLE ORGANISATION SOCIALE

La vie en village implique que les différents villageois se soumettent à des règles de vie communes, librement consenties. Tout le monde se connaît et les tensions se règlent collectivement.

SÉDENTAIRES/NOMADES

Les densités beaucoup plus fortes des sédentaires leur permettent d’évincer les nomades du seul fait de leur nombre. En conséquence, dans la plupart des régions de la planète se prêtant à la production alimentaire, les nomades n’ont souvent d’autres choix que de se sédentariser.

Un autre élément clé de cette opposition est la notion de propriété (familiale ou clanique), née avec la sédentarisation et l’accumulation des biens. Les sédentaires voient l’étranger comme une menace potentielle. Ils ont peur pour leurs biens et craignent ceux qui pourraient prendre le fruit de leur travail.

LA DOMESTICATION DU CHIEN

Le chien est la première espèce animale à être domestiquée par l’homme, dès la fin du Paléolithique, en plusieurs points de l’Eurasie. Il est le résultat d’une évolution génétique du loup, provoquée par l’homme. Le chien domestiqué est utilisé pour se protéger contre les prédateurs, consommer les déchets, monter la garde, etc. Il est également possible que l’usage de l’arc, qui permet de tuer à cinquante mètres, favorise l’association du chien à la chasse.

 2ème époque : De 8 000 à 6 000 ans avant notre ère

AGRICULTURE ET IRRIGATION

C’est lors de cette période que s’amplifient les expériences agricoles dans les villages de chasseurs-cueilleurs du Levant : apparaissent alors, au voisinage des habitations, les premiers « champs », concentrations artificielles de céréales sélectionnées par l’homme. Au même moment ont lieu les premières tentatives d’irrigation : des canaux alimentés à partir des rivières marquent le début d’une technique qui connaîtra son véritable essor vers 6 000 avant notre ère et favorisera la sédentarisation. L’irrigation va permettre aux populations de produire une plus grande quantité de céréales et de mieux nourrir les membres de la communauté.

L’ARCHITECTURE

Très vite, les hameaux composés de quelques maisons deviennent des villages de plusieurs dizaines d’habitants à mesure que la population croît. Les maisons rondes, difficilement extensibles, sont peu à peu remplacées par des maisons rectangulaires, auxquelles on peut plus facilement ajouter des pièces.

LA TRIBU

De taille plus importante, la tribu diffère surtout de la bande en ce qu’elle est constituée de plusieurs groupes – les clans – alliés entre eux par les mariages. Les tribus ont un système social “égalitaire”, sans hiérarchie. Aucune position n’est héréditaire, aucun membre d’une tribu ne peut accumuler une richesse disproportionnée. L’économie repose sur des échanges réciproques entre individus et familles. La spécialisation économique est peu développée : les artisans spécialisés manquent et tous les adultes valides participent à l’agriculture.

CONFLITS, PROPRIÉTÉ ET ÉCHANGES

La croissance démographique associée aux débuts de l’agriculture donne naissance à un concept jusque-là réservé aux biens mobiliers : la propriété. Les clans se réservent leurs terres, leurs stocks, leurs surplus, se protègent les uns des autres, le village se protège vis-à-vis des étrangers… Des confl its éclatent entre familles et commencent à faire vivre une notion jusque-là peu développée : la richesse. Posséder des biens et en accumuler commence à avoir une incidence sur ce que l’on peut faire ou obtenir des autres. Le surplus alimentaire permet aux populations les plus riches de se procurer des biens et des matériaux qu’elles n’ont pas à leur disposition, au moyen du troc entre clans mais aussi entre villages. Ainsi se mettent en place des réseaux d’échanges entre régions qui favorisent l’émergence de métiers non directement productifs de nourriture. Une porte s’ouvre sur la spécialisation.

PRÉMICES DE LA CÉRAMIQUE

Les premières statuettes en terre cuite sont modelées à partir de cette période, en Turquie, Syrie et Palestine. Elles représentent le plus souvent des personnages féminins.

 3ème époque : De 4 000 à 3 000 ans avant notre ère

NAISSANCE DE LA CHEFFERIE

L’essor démographique conjugué à une plus grande production alimentaire favorise la spécialisation des tâches. De nouvelles activités font leur apparition : éleveurs, potiers, tailleurs de pierres, maçons, commerçants... des classes sociales commencent à se créer. La communauté a maintenant besoin d’un chef pour gérer les confl its entre individus et clans, les besoins collectifs et les richesses. Le chef détient l’usage de la force et prend les décisions importantes pour la collectivité. Souvent héréditaire, le statut de chef exige alors des marques rituelles de respect. Autre conséquence sur le village, un bâtiment plus important que les autres est érigé pour l’exercice du pouvoir. Pour asseoir son autorité, le chef s’associe au pouvoir religieux : il revendique un accès direct aux forces divines et invisibles, entretient les croyances aux forces surnaturelles, leur donne une fonction sociale et rituelle et les transforme en religion. Pour appeler la pluie, les bonnes récoltes ou la guérison des maladies, il s’intronise directement grand prêtre ou s’associe aux religieux pour justifier son pouvoir. Pour pérenniser leur pouvoir, certains chefs vont jusqu’à se promouvoir d’ascendance divine. Ainsi voit-on naître des édifices religieux importants. Lieu de pouvoir divin construit par le pouvoir politique avec les richesses du peuple.

ÉLEVAGE ET DOMESTICATION

Bovins, moutons, chèvres, cochons…, sont les premières espèces à être domestiquées. L’élevage des animaux entraîne de nouvelles contraintes pour les sociétés humaines : il faut les surveiller, les soigner, les nourrir, collecter leur production… Après l’avoir chassé pour sa viande et sa peau, l’homme domestique le cheval, lequel achève de révolutionner les sociétés humaines en devenant le principal moyen de transport terrestre jusqu’à l’essor des chemins de fer au XIXe siècle. Son usage transforme la notion de distance, facilitant le commerce mais aussi les grandes conquêtes.

ÉPIDÉMIES

Les épidémies naissent avec l’intensification de l’élevage et la formation de populations humaines denses : les eaux usées et la promiscuité favorisent le développement des bactéries et la propagation des virus et des microbes. Car les animaux sociaux comme la vache ou les cochons sont porteurs de maladies épidémiques qu’ils peuvent parfois transmettre à l’homme. Ainsi apparaissent la rougeole, la tuberculose, la grippe et la petite vérole.

LE BRONZE ET LA ROUE

Le bronze – alliage d’étain et de cuivre – permet de fabriquer des objets plus solides, plus rigides et plus tranchants. L’introduction du bronze constitue une innovation technique qui accélère le processus de croissance économique et territoriale. Il permet une plus grande productivité et donne une puissance déterminante à ceux qui maîtrisent les forges. Une autre invention se répand rapidement et va considérablement modifier les moyens de transport, la roue. Elle est pour certains peuples le moyen direct d’étendre leur royaume et de conquérir d’autres peuples.

 4ème époque : De 2 500 à 2 300 ans avant notre ère

NAISSANCE DE L’ÉTAT

La Cité-État est formée d’une multiplicité de villages fédérés autour d’une capitale où le pouvoir central est localisé. L’État est composé de plusieurs centaines de milliers de personnes, n’appartenant pas tous au même ensemble linguistique ou ethnique. L’administration publique est nécessairement complexe et les échelons hiérarchiques se multiplient. L’organisation de la vie quotidienne est devenue plus formalisée du fait des lois, de la justice, de la police. Les premiers États ont un chef héréditaire doté d’un titre équivalent à celui de roi, jouant le rôle de chef suprême et détenant un monopole encore plus large de l’information, de la décision et du pouvoir. Nombre de rois primitifs, considérés comme divins, ont droit à d’innombrables égards. L’État crée une armée pour protéger son territoire et, le cas échéant, en conquérir de nouveaux. Il est doté d’une religion officielle et fait construire des temples bâtis sur le même modèle. L’État promeut de grands projets publics, systèmes d’irrigations, ponts, palais, etc., et se sert des populations asservies lors des conquêtes pour effectuer ces grands travaux.

GUERRES ET ESCLAVAGE

Nombre d’États primitifs, peut-être la plupart, recoururent largement à l’esclavage parce que la spécialisation économique accrue, avec le développement d’une production en série et de travaux publics, ouvrait de nombreuses possibilités au travail servile. Par ailleurs, les guerres étatiques ayant davantage d’ampleur, les captifs devenaient plus nombreux.

SYSTÈME DE COMPTABILITÉ ET NAISSANCE DE L’ÉCRITURE

L’invention de l’écriture est le fait des Sumériens, en Mésopotamie, un peu avant 3 000 ans avant notre ère. Les premiers écrits sont des comptes tenus par les bureaucrates des palais et des temples. La connaissance de l’écriture est réservée à des scribes professionnels à la solde du pouvoir qui vivent sur les excédents alimentaires produits par les paysans. L’écriture devient la clé du pouvoir de la Cité, elle diffuse dans les territoires lointains le savoir, les lois et la propagande de la capitale. Mais bientôt elle servira à transmettre et à diffuser le savoir sur toute la planète. L’écriture, c’est aussi le début de l’histoire et des grandes civilisations.

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