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Développement Durable en action
Dans le cadre du programme ALIMENTERRE

Lait : ne tarissons pas la source africaine !

Contre la faim et pour l’agriculture familiale, mobilisons-nous !

samedi 13 octobre 2007
Posté par David Naulin

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Chaque année, la faim progresse. Elle touche aujourd’hui 852 millions de personnes et tue 6 millions d’enfants ! 80 % des victimes de la faim sont des paysans et leurs familles. Si les causes sont multiples, l’Union Européenne et la France portent une part de responsabilité. Les
citoyens français peuvent et doivent interpeller leurs dirigeants.



La production laitière en Afrique illustre parfaitement les causes de la crise de l’agriculture africaine. Au Mali, au Sénégal, au Kenya ou en Tanzanie, le lait est un aliment de base pour la population. Pourtant la production locale est rarement suffisante pour répondre à la demande. Ce secteur pourrait donc se développer, créer des emplois et ainsi
contribuer à éradiquer la faim et la pauvreté dans les zones rurales. Au manque de volonté politique des gouvernements africains, s’ajoutent les politiques françaises et européennes qui :

- poussent les pays africains à ouvrir leurs marchés aux produits agricoles européens qui viennent concurrencer leurs propres productions. C’est le cas, notamment, des négociations d’Accords de partenariat économique (APE) qui entrent dans une phase cruciale puisqu’elles doivent en principe se conclure le 31 décembre 2007 ;
- réduisent drastiquement leur aide au développement en faveur de l’agriculture africaine depuis 20 ans.

En 2007, la chute de la production mondiale de lait provoque une flambée des cours. Les consommateurs de Dakar ou de Bamako s’inquiètent : va-t-on encore trouver du lait ? Et à quel prix ? Cette situation illustre les risques d’une dépendance excessive par rapport aux importations. La hausse des prix du lait en poudre importé devrait bénéficier aux éleveurs africains et encourager la production locale. Mais pour combien de temps ? Les cours peuvent s’effondrer à nouveau dans les prochaines années. Il est donc essentiel que les Etats africains se voient reconnaître le droit de protéger leur agriculture dans les accords commerciaux internationaux (APE…). Ils doivent accroître l’aide au développement de l’agriculture et en améliorer la qualité, comme le demandent les organisations paysannes africaines. Il est important que la France et l’Union européenne les soutiennent dans cet effort.
C’est pourquoi, le CFSI, dans le cadre d’ALIMENTERRE, a lancé le 12 octobre, la campagne « Lait : ne tarissons pas la source africaine ! », en présence de 4 professionnels de la filière laitière venus spécialement du Mali,de Madagascar, du Niger et du Sénégal, afin d’apporter leurs témoignages. A cette occasion, le CFSI diffuse une pétition demandant au gouvernement français de respecter le droit les pays africains à protéger leur agriculture, dans le cadre des négociations commerciales internationales. Le CFSI lui demande également d’accroître et d’améliorer son aide publique au développement de l’agriculture africaine.

La campagne est relayée dans toute la France par plus de 200 associations. Elle prend la forme d’animations destinées à sensibiliser et mobiliser l’opinion publique (marchés alimentaires et solidaires, cycle de projections, expositions, conférences, débats, etc.).

Mais pourquoi donc les paysans sont-ils les premières victimes de la faim ?

Chaque être humain a droit à une nourriture saine et suffisante. Pourtant aujourd’hui encore, ce droit à l’alimentation, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, est massivement violé.

Le libre-échange progresse…

En 1996, lors du Sommet Mondial de l’Alimentation, la communauté internationale s’était engagée à réduire de moitié le nombre de victimes de la faim dans le monde. Un an plus tôt, cette même communauté internationale créait l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC),
dont le but est de « favoriser la liberté des échanges afin que le monde soit plus prospère ». En 2001, les Etats membres de l’OMC ont adopté la déclaration de Doha pour le développement qui assure que « le commerce international peut jouer un rôle majeur dans la
promotion du développement économique et la réduction de la pauvreté »
. Où en est-on 12 ans après la création de l’OMC ?

…la faim aussi !

De 1970 à 1995, le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 918 à 780 millions de personnes. Depuis la création de l’OMC, qui n’est évidemment pas seule responsable, la FAO constate que la faim a repris sa progression. Elle touche aujourd’hui 854 millions de
personnes et tue 6 millions d’enfants chaque année.
Elle frappe d’abord les paysans et leurs familles Paradoxalement, la faim frappe d’abord ceux dont le métier est de produire de la nourriture.
Sur 5 victimes de la faim, 4 sont des paysans et leur famille, en Afrique, en Asie et en Amérique latine ! Comment en serait-il autrement ? 44 % de la population active mondiale travaille dans l’agriculture. Au Burkina Faso, ce chiffre atteint 85 %. Or la libéralisation du commerce international met en concurrence 1 milliard d’agriculteurs familiaux des pays du Sud qui travaillent à la main un petit lopin de terre, avec 30 millions de paysans des pays riches possédant un tracteur.
Pourtant, les pays riches s’obstinent. L’Union européenne pousse les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) à conclure avec elle des accords de libre-échange appelés Accords de partenariat économique (APE). Lucides, les organisations paysannes ouest africaines ont qualifié ces APE « d’accords de paupérisation économique » !

Défendons l’agriculture familiale

Si le commerce international peut contribuer au développement des pays du Sud, le libreéchange n’est pas une potion magique capable d’éradiquer la faim et la pauvreté. Pour ce faire, il est prioritaire de protéger et de soutenir les agricultures familiales du Sud. Les droits
de l’Homme doivent primer sur les règles du commerce international.


Voir en ligne : Le site Internet du CFSI

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  • L’Afrique qui bouge


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