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Agro-écologie

Agriculture Biologique et lutte contre le réchauffement climatique

Par Dominique Guillet | liberterre |

lundi 4 juin 2007
Posté par Cyrille

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La FAO vient d’annoncer officiellement, lors de son dernier congrès, en début mai 2007, que l’Agriculture Biologique peut nourrir toute la planète !

Selon la FAO, non seulement l’Agriculture Biologique peut-elle nourrir la planète entière mais, en plus, sans impact sur l’environnement et en limitant considérablement la problématique du réchauffement climatique.

Comment les différents gouvernements vont-ils réagir face à une telle assertion ?



- Télécharger l’article en PDF

- Télécharger le rapport de la FAO de mai 2007 sur l’Agriculture Biologique

De deux choses l’une :

1. Ou la direction de la FAO a perdu complètement la tête et ses experts ont succombé à une crise de passéisme aigu ou bien ont été soudoyés par une puissance occulte qui cherche à détruire les fondements de la société occidentale, moderne, progressiste et civilisée. Dans ce cas, il semble extrêmement urgent que les états membres cessent immédiatement de financer cette institution internationale dont les ramifications s’étendent sur toute la planète et qui risquent de déstabiliser le monde civilisé. En effet, la FAO, ou Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, est une organisation représentant 189 États membres (plus la Communauté Européenne) : elle est financée par les contributions de ses membres et elle emploie 3600 personnes sur toute la planète.

2. Ou bien la FAO a totalement raison. Et cette possibilité donne froid dans le dos car elle implique que depuis 60 années, les multinationales de l’agro-chimie avec la complicité de certaines administrations corrompues au sein des états, ont délibérément menti et ravagé la sphère planétaire en promouvant une agriculture hautement toxique qui a :

- empoisonné l’humanité et les animaux domestiques avec des milliers de pesticides.

- empoisonné les nappes phréatiques et les cours d’eau.

- détruit la quasi-totalité de la biodiversité alimentaire.

- produit une alimentation exempte de substances nutritives.

- instauré une insécurité alimentaire généralisée, en particulier dans les pays pauvres.

- détruit la petite paysannerie.

- détruit les forêts tropicales pour installer des monocultures.

- provoqué une érosion irréversible et des processus de désertification planétaire.

- épuisé les ressources en eau.

- libéré de très grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.

Si la FAO a raison, on comprend pourquoi le président de l’Académie Nationale des Sciences, Roger Heim, déclara en 1963, dans sa préface à la traduction française de l’ouvrage de Rachel Carson “Le Printemps Silencieux” : « On arrête les “gangsters”, on tire sur les auteurs de “hold-up”, on guillotine les assassins, on fusille les despotes - ou prétendus tels - mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences ? »

 Qui mettra en prison les empoisonneurs publics ?

En attendant de trouver une réponse, que nous espérons rapide, à cette question essentielle, faisons le point sur les déclarations de la FAO qui constituent une véritable déclaration de guerre à l’agrochimie.

Selon cette institution vénérable, les avantages de l’Agriculture Biologique sont innombrables. En effet, cette forme d’agriculture respectueuse de l’environnement permet :

- de nourrir toute la planète avec des aliments sains, hautement nutritifs et exempts de poisons.

- d’économiser les réserves en eau.

- de limiter l’érosion des sols et de permettre une percolation totale des eaux de pluie.

- de préserver la biodiversité alimentaire en gardant précieusement les variétés traditionnelles qui sont plus résilientes et donc plus capables de s’adapter aux bouleversements climatiques.

- de générer des circuits courts et de promouvoir la sécurité alimentaire.

- de sauvegarder la petite paysannerie traditionnelle.

- de régénérer l’agro-foresterie traditionnelle.

- de lutter contre le réchauffement climatique en supprimant les fertilisants chimiques et les pesticides et en fixant le carbone dans le sol de par sa teneur augmentée en matière organique.

- etc.

L’agriculture va être un des secteurs les plus fragilisés par des bouleversements climatiques drastiques alors que les glaciers fondent, que les températures montent, que certains océans ne peuvent plus absorber le CO2 et que les réserves alimentaires de la planète sont au plus bas suite à des sécheresses répétées, à une pénurie généralisée en eau douce et à la promotion des nécro-carburants.

Quelle est la responsabilité de l’agriculture conventionnelle moderne dans la problématique du réchauffement climatique ?

Selon l’agronome Claude Bourguignon, “par le gaz carbonique qu’elle rejette, l’agriculture intensive contribue pour un tiers au réchauffement de la planète.”

Selon Jean-Marc Jancovici, “si l’on tient compte de tous les gaz à effet de serre pris en compte dans les négociations internationales, et pas seulement du CO2, alors la répartition change : c’est l’agriculture qui arrive en tête ! ( avec 26 %). Cela est notamment dû aux émissions de gaz dits mineurs (CH4, N2O) qui sont respectivement dus à l’élevage bovin et à l’utilisation des engrais”.

Certains spécialistes des sols considèrent que la perte d’1% de matière organique dans le sol équivaut à une libération de 20 tonnes de dioxyde de carbone, ou CO2, par hectare. Ainsi, la perte de matière organique dans les grandes plaines des USA, depuis le début de son agriculture, a t-elle générée plus de CO2 que toutes les automobiles produites dans ce pays !

Selon le Professeur Pimentel de l’Université de Cornell aux USA (un spécialiste de l’érosion de sols), l’agriculture intensive US libère tous les ans 420 millions de tonnes de CO2 (sur les 6 milliards de tonnes libérées annuellement dans le pays ).

Selon le CITEPA en France, l’agriculture et la sylviculture seraient responsables à hauteur de 16% des 534 millions de tonnes de CO2 libérées dans l’atmosphère en 2005, à savoir 86 millions de tonnes de CO2.

Non seulement les sols de l’agriculture intensive ne peuvent-ils plus stocker le CO2 mais, en plus, ils en sont une source considérable. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils sont morts. Selon l’agronome Français Claude Bourguignon :

“Sur l’ensemble de l’Europe, environ 90% de l’activité biologique des sols cultivés a été détruite par l’agriculture intensive. Je dis bien : détruites. Les zones les plus ravagées sont l’arboriculture et la vigne. Or l’activité biologique des sols est indispensable pour l’écosystème. Le sol est une matière vivante : sur trente centimètres d’épaisseur, il concentre 80 % des êtres vivants de la planète. Les vers de terre, à eux seuls, pèsent plus lourd que tous les autres animaux du monde réunis. Mais les sols abritent aussi des bactéries, des champignons et une myriade d’organismes qui se nourrissent de la matière organique. Or en Europe, le taux de matière organique du sol est passé de 4% à 1,4% en cinquante ans...

En France, 60 % des sols sont frappés d’érosion. Actuellement, nous perdons en moyenne quarante tonnes de sol par hectare et par an.”

En fait, certains sols betteraviers en France, par exemple, perdent 100 tonnes de sol par hectare et par an. Cela signifie qu’il faut 2000 ans pour réparer 20 années d’agriculture intensive betteravière si on laisse la nature reprendre ses droits.

L’agriculture intensive moderne est génératrice de cancers, de désertification et de réchauffement climatique.

 L’Agriculture Biologique offre-t-elle réellement la possibilité de réduire le réchauffement climatique ?

(...)

Lire l’intégralité de l’article de Dominique Guillet sur le site Liberterre

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