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Je mange donc je sauve le climat

mercredi 26 juillet 2017 par Réseau Action Climat - France

Le Président de la République a annoncé vouloir accélérer la lutte contre les changements climatiques lors du départ de Trump de l'accord de Paris. Nous aimerions le prendre au mot et devons l'avertir que pour s'engager dans la bataille contre le dérèglement climatique, il est indispensable de repenser notre système alimentaire et agricole. Or jusqu'ici, l'alimentation est le grand oublié de la lutte contre les changements climatiques. Les Etats généraux de l'alimentation changeront-ils la donne ?

Le secteur agricole et alimentaire représente un tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France. Une petite moitié est émise par les phases de production agricole : épandage des engrais azotés, rots des ruminants, gestion des déjections, émissions des engins agricoles, etc. L'autre partie est liée aux émissions indirectes (fabrication des engrais azotés, du matériel agricole, etc.) et surtout à la fabrication, au transport et à la distribution des aliments. Cela concerne donc toute la chaîne agroalimentaire : des industries alimentaires de transformation jusqu'à la fabrication des emballages, en passant par le transport des marchandises entre usines, entre usines et supermarchés, par la réfrigération des denrées alimentaires, etc.

Dans le cadre de ses engagements internationaux, la France devra au minimum diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole d'ici à 2050. Cet objectif est ambitieux et des chemins désirables existent pour l'atteindre. Le scénario AFTERRES2050, fruit d'un long travail de spécialistes, montre par exemple que cet objectif pourra être atteint si une évolution profonde de notre système agricole s'opère vers une agriculture réellement écologique et paysanne et que nos comportements alimentaires évoluent. Diminuer les engrais azotés, rechercher l'autonomie alimentaire pour les élevages, planter des haies, restaurer les prairies, diminuer le cheptel et élever les animaux dans de bonnes conditions, privilégier les filières de qualité et en particulier l'agriculture bio, changer nos habitudes alimentaires : manger moins de viande mais une meilleure viande, manger bio, moins gaspiller sont autant de pistes sur lesquelles travailler.

Mieux encore, le futur agricole proposé par le scénario AFTERRES2050 est attrayant : un secteur agricole plus résilient face aux crises économiques et climatiques, plus d'emplois créés, une meilleure santé grâce à une légère évolution des habitudes alimentaires et une baisse des produits chimiques, des paysages restaurés, des animaux bien traités, etc.

Seulement aujourd'hui, les politiques publiques ne nous emmènent pas sur la bonne voie. Une étude du Réseau Action Climat montre que les politiques agricoles et alimentaires actuellement en place ne permettent pas de respecter les engagements climat de la France. Cela est encore confirmé par le Plan Climat présenté le 6 juin 2017 qui botte en touche sur le secteur agricole et alimentaire en renvoyant aux Etats généraux de l'alimentation.

Mais pour que les États généraux de l'alimentation deviennent une opportunité de mettre l'agriculture et l'alimentation sur le devant de la scène climatique, il faut qu'ils soient bien menés (voir notre dernier communiqué de presse sur le sujet) : amener tous des acteurs concernés à réfléchir ensemble à un nouveau modèle agricole, à faire preuve d'intelligence collective, au-delà des intérêts financiers et corporatistes, pour définir ce nouveau modèle agricole et alimentaire français. Ces États généraux devront aborder tous les sujets, sans tabou : la baisse des engrais azotés, la diminution des élevages industriels et les politiques publiques nécessaires à l'évolution de la demande alimentaire. Pour être bien menés, ces Etats généraux de l'alimentation doivent nécessairement aboutir à l'adoption d'une stratégie nationale de l'agriculture et de l'alimentation, cohérente avec les objectifs climat de la France et engageant le gouvernement.

Nous avons besoin d'un nouveau pacte entre les agriculteurs et les mangeurs, et, au-delà, d'un pacte sociétal, car les crises environnementales, et en particulier climatique, les crises sanitaires récentes, les conséquences sur la santé nous concernent tous et toutes.

La ville de Mouans-Sartoux (Alpes Maritimes), par exemple, est passé à 100% de produits bio dans les cantines, à budget constant en faisant évoluer ses menus, en diminuant fortement le gaspillage et en installant un maraicher bio sur la commune. Conséquences : un impact positif sur la santé des enfants, une évolution des habitudes alimentaires dans les familles, un dynamisme économique local, une préservation des terres agricoles, la création de plusieurs emplois, etc.

Autre exemple dans l'ouest de la France, où plusieurs fermes d'élevage bovin de plein air, favorisant l'autonomie alimentaire, se sont avérées bien plus résilientes face aux crises économiques ou climatiques en créant davantage de valeur ajoutée et d'emplois, en élevant leurs animaux dans de meilleures conditions, tombant nettement moins malades . Ce sont ces petites fermes avec une meilleure efficacité économique qui permettront de lutter efficacement contre les changements climatiques.

Manger est un acte culturel, social et politique fort, et c'est aussi un acte de plaisir. Manger peut devenir un acte militant et un véritable moteur du changement : pour le climat, pour notre santé et celle des agriculteurs, pour l'environnement, pour les paysages. Si le Plan Climat du gouvernement a loupé le coche sur ce point, les Etats généraux de l'alimentation devront prendre la mesure de l'importance de notre alimentation dans la lutte contre les changements climatiques et aboutir à des solutions concrètes.

Pour approfondir :

- Découvrez 7 gestes pour une alimentation bonne pour le climat dans notre publication "Un coup de Fourchette pour le climat"

- le nouveau livre "ça chauffe dans nos assiettes" de Yves Leers et Jean-Luc Fessard (association Bon pour le Climat)


Etats Généraux de l’Alimentation - Les organisations de la société civile interpellent le président de la République sur les conditions et enjeux des débats

jeudi 20 juillet 2017 par Réseau Action Climat - France

À l'occasion de l'ouverture des États Généraux de l'Alimentation ce 20 juillet, 39 organisations de la société civile saluent l'initiative d'Emmanuel Macron d'ouvrir le débat sur les questions de l'alimentation et de l'agriculture. Elles rappellent néanmoins que certaines priorités essentielles manquent pour l'instant à l'appel afin d'assurer le succès de cette initiative. Le président de la République doit les prendre en compte et les annoncer dès le lancement des États Généraux ce jeudi 20 juillet.

Engager une phase de négociations politiques

Tout d'abord, il faut clarifier la finalité de ces États Généraux. Au-delà des deux phases d'ateliers thématiques, il convient de prévoir et d'annoncer dès le lancement la tenue d'une phase 3 de négociations politiques. Cette phase permettra d'arbitrer sur les sujets transversaux et les dissensus issus des différents ateliers. Cette troisième phase doit également viser à donner une cohérence aux politiques publiques aussi bien entre politiques sectorielles qu'entre les différentes échelles (nationale – européenne – internationale). Nous ne pouvons en effet pas réorienter la politique alimentaire en France sans prendre en compte ses impacts sur les autres pays (du sud en particulier) et sans une refondation de la Politique agricole commune.

Intégrer des enjeux cruciaux, absents des débats

De plus, certains sujets sont pour l'instant absents des ateliers. Il est urgent d'y intégrer :

- La santé environnementale. Le lien entre alimentation et santé n'est plus à démontrer. La question de la santé des travailleurs agricoles, des riverains et des consommateurs finaux ne doit plus être un sujet tabou.

- L'adaptation aux changements climatiques, phénomène majeur auquel fait déjà face la profession agricole, et qui devrait être un enjeu structurant de ces États Généraux s'il s'agit bien de préparer l'avenir.

- La fiscalité agricole et les droits sociaux des paysans. La politique fiscale oriente fortement le mode de développement des fermes. De plus, le droit au revenu paysan est une priorité.

- La préservation et la répartition équilibrée du foncier qui est pourtant une thématique incontournable, étant à la base du processus de production agricole et garantissant le renouvellement des générations.

- La préservation de l'environnement marin, de ses ressources halieutiques et le développement d'une pêche durable.

- La démocratie agricole et alimentaire. L'ouverture des décisions agricoles, alimentaires et territoriales aux citoyens et à la société civile organisée permettra de jeter les bases d'un modèle agricole réellement soutenu par la société.

Assurer la mobilisation citoyenne

Enfin, nos organisations rappellent que la consultation publique, organisée dans le cadre des États Généraux de l'Alimentation, doit permettre une participation large du public. Or, pour l'instant, ces consultations sont prévues en plein été et à la rentrée, un phasage qui rend difficile leur organisation et la participation du grand public. En particulier, les objectifs et le traitement de cette consultation, encore inconnus, devraient être précisés demain.

L'ensemble de ces éléments doit être pris en compte dans les derniers arbitrages concernant l'organisation des États Généraux de l'alimentation afin de garantir leur ambition, leur succès et la mobilisation des citoyens.

Organisations signataires

ActionAid France, Action contre la faim, Agir pour l'Environnement, Association française des diététiciens et des nutritionnistes, Amis de la Terre, ATTAC, BLOOM, CCFD Terre solidaire, CIWF France, Club Experts Nutrition et Alimentation, Coordination SUD, Crid, FADEAR – Réseau de l'agriculture paysanne, Fermes d'avenir, Filière paysanne, Fédération artisans du monde, Fédération des Associations pour le Développement de l'Emploi Agricole et Rural, Foodwatch France, FNAB, France Nature Environnement, Fondation pour la Nature et l'Homme, Générations Futures, Greenpeace France, Miramap, Mouvement de l'agriculture bio-dynamique, Plateforme de la Petite Pêche Artisanale Française, Plate-forme pour le commerce équitable, Oxfam France, Réseau Action climat, Réseau CIVAM, Réseau Cocagne, Réseau environnement santé, SOL alternatives agroécologiques et solidaires, Terre de Liens, Terre et Humanisme, TFT France, Union nationale de l'apiculture française, WECF France, WWF France

Contacts presse :
Greenpeace : Cécile Cailliez, 06 13 07 04 29
Réseau Action Climat : Cyrielle Denhartigh, 06 10 81 59 59
CCFD-Terre Solidaire : Sophie Rebours, 01 44 82 80 64 / 07 61 37 38 65
WWF Marielle Chaumien 06 15 39 24 95
France Nature Environnement, Camille DORIOZ ; 01 44 08 64 14
Agir Pour l'Environnement : Mathias Chaplain, 06 82 33 81 26
CIWF France : Claire Hincelin. 06 26 07 55 43


Précipitations intenses et cyclones : la responsabilité du changement climatique

jeudi 13 juillet 2017 par Réseau Action Climat - France

Tempête Xynthia en 2010, cyclone Sandy en 2012, inondations en Angleterre de l'hiver 2013-2014, record absolu tous mois confondus de cumul horaire de précipitations à Paris le 9 juillet 2017… Alors que les précipitations intenses et les cyclones semblent augmenter au niveau mondial, des modèles régionaux sont développés pour les étudier sur une échelle locale. Ils apportent des résultats plus précis qui permettent une meilleure estimation de l'intensité de ces évènements ainsi que leur attribution.

Développement des modèles régionaux et attribution au changement climatique

Les scientifiques rassemblent des éléments pour montrer le lien entre les évènements extrêmes et le changement climatique, ce qu'on appelle l'attribution. « L'attribution consiste à dire que pour une situation météorologique comparable, un évènement extrême est plus probable dans le climat actuel que dans le passé », précise Pascal Yiou, directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). Il faut donc pouvoir comparer avec les évènements passés. Or il n'est pas toujours facile d'avoir des données sur un temps long, surtout de bonne qualité, pour faire une telle comparaison. Généraliser à l'ensemble des catastrophes le lien au changement climatique est ainsi ardu. Chaque zone de la planète est très différente et une complexité de phénomènes est à prendre en compte.

Pour réduire les incertitudes et attribuer les évènements extrêmes au changement climatique, les scientifiques développent des modèles régionaux. « Les modèles actuels représentent bien les variables de température. Mais pour certains évènements, comme les précipitations extrêmes, c'est plus complexe. Elles dépendent du relief local, ce qui est plus difficile à modéliser », explique Mathieu Vrac, directeur de recherche au LSCE. Un modèle peut avoir une résolution spatiale insuffisante pour ces évènements-là. Si elle est de 2*2 km, il prendra en compte plus précisément un évènement qui a lieu sur les Alpes que si elle est de 150*150 km, cas typique des modèles climatiques globaux.

Des précipitations de moins d'une journée sont aussi très complexes à enregistrer, ce qui nécessite des observations très localisées et précises pour enregistrer un volume de données important. « Par exemple, en 2014, dans la ville d'Amsterdam, il est tombé en trois heures l'équivalent d'un an de pluie. Mais il manquait des modèles climatiques de très haute précision, au niveau kilométrique et de l'heure, pour faire une attribution », raconte Pascal Yiou. « Les modèles régionaux sont utiles pour les précipitations extrêmes, leur plus haute résolution donnant de meilleurs résultats et montrant en général des précipitations plus intenses », poursuit Sonia Seneviratne, chercheuse à l'institut pour la science atmosphérique et climatique de Zurich, en Suisse. « Les modèles climatiques régionaux sont utilisés depuis longtemps pour des simulations sur quelques semaines ou quelques mois », précise Pascal Yiou. Mais sur plusieurs dizaines d'années, c'est plus récent. Cela nécessite des moyens de calcul importants car on doit manipuler des volumes de données plus grands. Tous ne peuvent pas fonctionner à cette échelle ».

Des précipitations plus intenses attribuées au changement climatique

Le dernier rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), en 2013, indiquait qu'il était « plus probable qu'improbable « (probabilité de plus de 50%) que les épisodes de précipitations extrêmes aient augmenté à cause du changement climatique et que, d'ici la fin de ce siècle, ils deviendront « très probablement » (>90%) plus intenses et fréquents sur les continents des moyennes latitudes et dans les régions tropicales humides (voir tableau RID.1 (Résumé à l'intention des décideurs) du GIEC)) [a].

De nombreuses études scientifiques permettent aujourd'hui de montrer l'augmentation de l'intensité des précipitations et de faire des projections. Certaines équipes ont réussi à faire des simulations avec un très grand nombre de données sur des modèles plus locaux. C'est le cas en Angleterre pour les inondations intervenues durant l'hiver 2013-2014, les plus importantes depuis 190 ans. Un article publié en 2016 par l'équipe de Nathalie Schaller d'Oxford montre que le changement climatique est la cause de ces précipitations [Schaller N. et al., 2016] [1]. A partir des données de températures et de précipitations journalières enregistrées par l'observatoire Radcliffe à Oxford depuis 1827 et intégrées à un modèle hydrologique, elle devait réaliser de nombreuses simulations pour calculer les changements concernant les inondations liées au changement climatique. « Au départ, alors que les précipitations ont été de 1,5 à 2 fois la normale, il n'a pas été possible de le reproduire sur les modèles et donc de l'attribuer au changement climatique », raconte Serge Planton, climatologue à Météo France, un des coordinateurs du projet Extremoscope [b]. Pour cela, ce sont les anglais qui ont aidé au travers du programme Weather@home. « L'équipe de Nathalie Schaller a mis en place un outil participatif (voir sa vidéo d'appel à participation) pour que les simulations très coûteuses en temps de calcul soient distribuées sur les ordinateurs personnels des participants couplés aux ordinateurs de recherche », détaille Mathieu Vrac.

Sources : Schaller N. et al., 2016.

Pour cette inondation, un nouveau modèle climatique global a été utilisé, le HadGEM3-A [2] [Stott P. et al., 2016] [3], qui s'adapte à différentes résolutions. Il a permis de simuler l'évènement avec puis sans gaz à effet de serre d'origine humaine. Les résultats montrent que, sans ces derniers, l'évènement aurait eu 43% moins de chance de se produire [Schaller N. et al., 2016, page 4]..

Concernant les inondations de mai-juin 2016 dans le nord-est de la France (Seine et Loire) et dans le sud de l'Allemagne, suite à trois jours de précipitations intenses, une équipe a pu conclure que la probabilité d'avoir de telles précipitations extrêmes sur 3 jours pendant le printemps a augmenté d'un facteur 2.3 pour la Seine et 2 pour la Loire à cause du changement climatique [Oldenborgh G. J. et al., 2016] [4]. Les chercheurs ont également utilisé le modèle global HadGEM3-A, pour mieux attribuer les évènements extrêmes et qui peut s'adapter à une échelle locale. .

« Pour les extrêmes de précipitations, les simulations réalisées dans différents articles montrent une probabilité multipliée par 2 d'avoir des précipitations très intenses qui ont lieu en 1 à 2 jours, ceci à cause du changement climatique », détaille Pascal Yiou.

Moussons et événements Cévenols plus intenses mais non attribués

Un article publié en 2014 et recensé dans le Bulletin of the American Meteorological Society (BAMS) [5] montre que la probabilité des précipitations de forte intensité lors des épisodes Cévenols aurait triplé depuis 1950 [Vautard R. et al., 2015] [6]. Leur attribution en revanche reste difficile. « On peut dire que l'évènement annuel Cévenol a grandement augmenté d'intensité entre 1950 et 2014, mais avec de grandes incertitudes qui font qu'on ne peut pas l'attribuer pour l'instant », note Serge Planton. .

« Si de plus en plus d'évènements extrêmes sont attribués, ce n'est pas encore généralisable. Plusieurs évènements n'ont pas pu l'être, modère Pascal Yiou. C'est le cas par exemple des précipitations en Thaïlande en 2011, qu'il est plus difficile de séparer des moussons courantes de ces zones. Il n'est pas sûr qu'une majorité d'évènements soient aujourd'hui attribuables ». Cet évènement a fait l'objet d'une étude en 2012 qui explique que, selon les données enregistrées depuis 1915, il n'est pas possible d'attribuer ces précipitations au changement climatique tout en montrant cependant que la fréquence de moussons très actives devrait augmenter d'ici 2100 [Oldenborgh G.J. et al. 2012] [7].

Des cyclones plus intenses en Atlantique Nord et des trajectoires atypiques

Le dernier rapport du GIEC notait qu'il était quasiment certain (99–100 %), que l'intensité des cyclones de l'Atlantique Nord ait augmenté (voir tableau RID.1) depuis 1970. Avec trois cyclones tropicaux devenus des super typhons, l'année 2014 a connu le plus grand pourcentage de super typhons depuis 1949 dans le nord du Pacifique [Yang L. et al., 2015] [8]. En 2014, les ouragans qui ont approché les îles Hawaiiennes seraient en partie liés au changement climatique, selon un article paru dans le BAMS 2015 [Murakami H. et al., 2015] [9]. Enfin, selon un article de Kevin Trenberth paru en 2015 dans Nature climate change, plusieurs évènements comme le cyclone Sandy de 2012, le supertyphon Haiyan de 2013, sont influencés par la température de la surface de l'océan [Trenberth K. et al., 2015] [10].

Sources : NOAA, 2014.

Plusieurs études concluent à une augmentation future du nombre des cyclones tropicaux devenant extratropicaux dans le Nord de l'Atlantique et pouvant frapper l'Europe [Haarsma et al., 2013] [11]. Mais les facteurs sont multiples. « Si on prend Xynthia par exemple, la tempête en tant que tel n'était pas énorme, raconte Pascal Yiou. Le vent n'était pas exceptionnellement fort. C'est la combinaison avec une grande marée qui a entraîné ces dégâts. Ce qui importe, pour les impacts, c'est la localisation et le moment de l'évènement. Certains endroits sont plus habitués à des phénomènes extrêmes. SI les risques peuvent être plus importants avec ce changement de trajectoire des tempêtes, on n'observe pas de tendance véritable sur leur intensité », détaille Pascal Yiou.

Généralisation des modèles régionaux : des moyens financiers sont nécessaires

S'ils n'utilisent pas de modèles régionaux, les scientifiques adaptent des modèles atmosphériques globaux aux caractéristiques de la région. Mais pour certains types d'évènements comme les cyclones, le manque de modèles régionaux ne permet pas une attribution. « Il faudrait généraliser cette machinerie des modèles régionaux comme le font les anglais pour les précipitations intenses. Mais très peu d'équipes ont les moyens de faire des simulations sur plusieurs dizaines d'années avec des modèles régionaux. C'est un problème lié aux moyens financiers et à la volonté scientifique », conclut Pascal Yiou.


Références (revues scientifiques à comité de lecture) :

[1] Schaller N. et al., 2016, Human influence on climate in the 2014 southern England winter floods and their impacts. Nature Climate Change, 1er février 2016, DOI : 10.1038/NCLIMATE2927
http://www.nature.com/nclimate/jour...
[2] Christidis N., Stott P., Scaife A., Arribas A., Jones G., Copsey D., Knight J, and Tennant W., 2012. A New HadGEM3-A-Based System for Attribution of Weather- and Climate-Related Extreme Events. Journal of climate, vol 26. DOI : 10.1175/JCLI-D-12-00169.1
http://journals.ametsoc.org/doi/pdf...
[3] Stott P. et al., 2016. Attribution of extreme weather and climate-related events. WIREs Clim Change 2016, 7:23– 41. doi : 10.1002/wcc.380
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/...
http://onlinelibrary.wiley.com/enha... (Graphes et légendes des graphes)
[4] Oldenborgh G. J. et al., 2016. Rapid attribution of the May/June 2016 flood-inducing precipitation in France and Germany to climate change. Hydrol. Earth Syst. Sci. Discuss., doi:10.5194/hess-2016-308, 2016
http://www.hydrol-earth-syst-sci-di...
[5] Bulletin of the American Meteorological Society, Explaining Extreme Events from a Climate Perspective, numéro spécial de 2011 à 2016 https://www.ametsoc.org/ams/index.c...
[6] R. VAUTARD, G.-J. VAN OLDENBORGH, S. THAO, B. DUBUISSON, G. LENDERINK, A. RIBES, S. PLANTON, J.-M. SOUBEYROUX, AND P. YIOU. Extreme fall 2014 precipitation in the cévennes mountains, In Bulletin of American Meteorological Society, 2015.
http://journals.ametsoc.org/doi/pdf...
[7] Oldenborgh G.J. et al. 2012. The absence of a role of climate change in the 2011 Thailand floods. In AMERICAN METEOROLOGICAL SOCIETY, 2012.
http://journals.ametsoc.org/doi/abs...
[8] Yang L., Wang X., Huang K., Wang D., 2015. Anomalous tropical cyclone activity in the western north pacific in august 2014. In Bulletin of American Meteorological Society 2015
http://journals.ametsoc.org/doi/pdf...
[9] Hiroyuki Murakami, Gabr iel A. Vecchi, Thomas L. Delworth, Karen Paff endorf , Richard Gudgel, Liwei Jia, and Fanrong Zeng, 2015. Investigating the influence of anthropogenic forcing and natural variability on the 2014 Hawaiian hurricane season. In Bulletin of American Meteorological Society 2015
http://journals.ametsoc.org/doi/pdf...
[10] Kevin E. Trenberth1, John T. Fasullo1 and Theodore G. Shepherd, 2015. Attribution of climate extreme events. NATURE CLIMATE CHANGE | VOL 5 | AUGUST 2015 | DOI : 10.1038/NCLIMATE2657
http://www.nature.com/nclimate/jour...
[11] Haarsma et al., 2013 More hurricanes to hit western Europe due to global warming Geophysical Research Letters Volume 40, Issue 9 16 May 2013
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/...

Notes :

[a] Résumé à l'intention des décideurs, Tableau RID.1, p 7, GIEC, 5è rapport, 2013
http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-r...
[b] Extremoscope, Interprétation et attribution des événements météorologiques et climatiques extrêmes dans un cadre climatique en France, Centre National de Recherches Météorologiques, 2016
http://www.umr-cnrm.fr/spip.php?art...

Informations complémentaires :

- Gestion des risques des événements extrêmes pour l'adaptation au changement climatique (SREX), Rapport spécial, GIEC, 2012
http://www.ipcc.ch/report/srex/
- Adaptation de l'agriculture aux changements climatiques – Recueil d'expériences territoriales, Réseau Action Climat, 2014
http://www.rac-f.org/Nouvelle-etude...
- EUropean CLimate and weather Events : Interpretation and Attribution (EUCLEIA),
http://eucleia.eu/attribution-science/
- Indice mondial des risques climatiques 2017, Novembre 2016, GermanWatch et Federal Ministry for Economis Cooperation and Development of Germany
https://germanwatch.org/en/download...
- WorldRiskReport 2016, Alliance Development Works et Institut pour l'environnement et la sécurité humaine de l'université des Nations Unies (UNU-EHS), 20016.
https://www.catnat.net/donneesstats...
https://www.catnat.net/cartographie...;;view=article&id=18648
- Paris : orage exceptionnel et inondations dimanche soir, La Chaîne Météo,10 juillet 2017
http://actualite.lachainemeteo.com/...
- Vigilance météorologique Météo-France
http://vigilance.meteofrance.com/
- Pluies extrêmes en France métropolitaine et en outre-mer Météo-France
http://pluiesextremes.meteo.fr/inde...
- Les pluies intenses Météo-France
http://www.meteofrance.fr/prevoir-l...


Des canicules plus fréquentes et des régions sèches plus étendues dans un monde plus chaud

mardi 11 juillet 2017 par Réseau Action Climat - France

Canicules de 2003 et 2015 en Europe, de 2010 en Russie, de 2012 aux Etats-Unis, sécheresses récurrentes dans le Bassin Méditerranéen ou dramatique en 2017 dans la Corne de l'Afrique, le Yémen et le Nigéria, menaçant 20 millions de personnes de famine : la communauté scientifique étudie ces évènements extrêmes dans le contexte du changement climatique pour mieux caractériser le climat à venir.

Les extrêmes de chaleur attribuables au changement climatique

Le dernier rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), en 2013, indiquait qu'il était « très probable » (probabilité de plus de 90%) que le nombre de jours chauds ait augmenté sur l'ensemble du globe depuis 1950 (voir tableau RID.1 (Résumé à l'intention des décideurs) du GIEC)) [a].

Depuis, « le nombre d'études liées aux évènements extrêmes ne cesse d'augmenter. Aujourd'hui, on peut attribuer au changement climatique, avec une haute probabilité, les extrêmes de chaleur », note Serge Planton, climatologue à Météo France, un des coordinateurs du projet Extremoscope [b], alors que le GIEC ne notait cette incidence que comme « probable » (> 66%, voir tableau RID 1) . Face à ces observations, chaque année, un numéro spécial du Bulletin of the American Meteorological Society [1] recense les événements extrêmes de l'année passée et leurs liens avec le changement climatique.

« Les vagues de chaleur ont déjà augmenté et vont s'amplifier. D'après les projections, d'ici 2100, un été sur deux pourrait être aussi caniculaire que l'année 2003, alors qu'une telle canicule a été très rare sur les 100 dernières années », déclare Mathieu Vrac, directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE).

Sources :
[1] Alvarez-Castro et Al, 2016
[2] Attribution of Extreme Events with the. HadGEM3-A model, Nikos Christidis - Met Office, Hadley center, 2014
[3] Agence Européenne de l'Environnement, décembre 2016

En effet, dans un scénario (voir Scénarios RCP du GIEC et température en 2100 ) à 2° ou plus en 2100, pratiquement tous les étés d'alors seront au moins aussi chauds que les plus extrêmes récemment observés (voir Climate stabilization targets , National Academy of Sciences, 2011 [c]).

« Ces résultats dépendent de la définition même de l'événement (localisation, durée, intensité, etc.) et de l'échelle spatiale et temporelle considérée, mais ils doivent nous alerter sur les évolutions majeures des fréquences de ces phénomènes », détaille Mathieu Vrac. Durant la canicule de 2003 en France [Stott P. et al., 2004 [2]], les températures maximales moyennées étaient de 36° à 37°C entre le 5 et 13 août (voir Bilan météorologique de la canicule d'août 2003, 2004 [d]) et de 28,6° pour l'été (juin-août 2003), avec des températures moyennes estivales françaises de 3,2° supérieures à la moyenne 1981-2010, contre 1,5° pour l'été 2015. Cette vague de chaleur a été en partie attribuée au changement climatique [Christoph Schär et al., 2004 [3]] [Carmen Alvarez-Castro et al. 2016 [4]], comme celle de Russie en 2010 [Otto F. et al., 2012 [5]] et celle de la Chine en 2013 [Ying Sun et al., 2014, [6]].

Des études récentes montrent que non seulement les extrêmes de chaleurs sont très probablement attribuables au changement climatique, mais que celui-ci a également augmenté la probabilité d'extrêmes de températures saisonnières chaudes et diminué celle d'extrêmes de températures saisonnières froides dans de nombreuses régions du monde (Stott P. et al., 2016 [7]].

Bassin méditerranéen et Californie plus secs

« Il y a une région où l'on observe des signaux d'asséchement, avec des modèles robustes, c'est sur tout le pourtour méditerranéen », explique Sonia Seneviratne, chercheuse à l'Institut pour la science atmosphérique et climatique de Zurich, en Suisse. Le dernier rapport du GIEC (voir tableau RID.1 (Résumé à l'intention des décideurs) du GIEC) notait qu'il était seulement probable (> 66%) que la fréquence et l'intensité des sécheresses aient augmentées dans cette région. Dans un article publié en 2016, Joel Guiot et Wolfgang Cramer se basent sur des analyses de pollen pour reconstituer les biomes d'il y a 4700 ans et les comparer aux projections des différents scenarii du GIEC. Selon leur étude parue en 2016, en cas de scénario RCP 2.6 (voir Scénarios RCP du GIEC et température en 2100 ), les milieux naturels deviendraient similaires à l'époque la plus chaude de l'Holocène. Pour les plus pessimistes (RCP8.5…), il y aurait une progression des zones désertiques dans le sud du bassin méditerranéen. Seul le scénario RCP2.6L, avec moins d'émissions de CO2 que dans le RCP2.6, qui correspond à une augmentation moyenne de température de 1,5°C, permettrait un maintien des milieux tels qu'ils étaient à l'Holocène [Guiot and Cramer, 2016 [8]]. Depuis 2011, des projets spécifiques sur la question des impacts du changement climatique et de l'adaptation à celui-ci dans le Bassin Méditerranéen ont été développés, tel que le projet CYPADAPT. L'équipe de George Zittis a réalisé de nombreuses simulations sur un modèle climatique régional et ainsi montré que la partie sud de la Méditerranée pourrait connaître plus de deux mois supplémentaires de jours chauds et nuits tropicales. Le Nord de la Méditerranée serait, lui, exposé à une augmentation des vagues de chaleur avec des amplitudes allant de 6 à 10°C d'écart par rapport à la moyenne. [Zittis G. et al., 2015, [9]] [Lelieveld J. et al., 2016, [10]].

De nombreuses difficultés techniques persistent pour chaque type d'évènement. Sonia Seneviratne précise : « Pour les sécheresses, c'est complexe dans beaucoup de régions car il y a différents facteurs à prendre en compte. Par exemple, pour celle de Californie de 2012 à 2014, il faut étudier le changement de circulation de l'air et la quantité d'évaporation d'eau du sol, ce qui est aussi lié à la végétation ». Le changement climatique y provoquerait à la fois les faibles précipitations sur plusieurs années et les records de températures [Diffenbaugh N., et al., 2015 [11]] et [Griffin, D., and K. J. Anchukaitis, 2014 [12]]. « Les populations humaines locales ont également un rôle sur la genèse des sécheresses par leurs impacts directs sur cette couverture végétale, poursuit-elle. De même que pour les inondations, il y a un aspect lié à la gestion de l'évènement. Un même événement n'aura pas le même impact au Bangladesh ou aux Pays-Bas. On se rend compte qu'il faut considérer la dimension sociétale ». D'autres évènements ont été étudiés et déjà attribués au changement climatique, comme la sécheresse de 2011 au Kenya et en Somalie [Lott, F. C., N. Christidis, and P. A. Stott, 2013 [13]].

Source : Greve, P., and S. I. Seneviratne, 2015

Selon les travaux d'Orlowsky, Seneviratne, Greve, Zittis et Lelieveld, d'ici 2100, on verrait des sécheresses plus fréquentes non seulement dans le Bassin Méditerranéen mais également au Moyen Orient, en Afrique du Sud ainsi qu'en Amérique centrale, [Orlowsky et Seneviratne, 2013 [14]], [Greve et Seneviratne, 2015 [15]], [Greve et al., 2014 [16]] alors qu'elles diminueraient en Afrique de l'Est ou dans la corne de l'Afrique [Orlowsky et Seneviratne, 2013 [14]], [Greve et Seneviratne, 2015 [15]], Dialogue de recherche à Bonn, CCNUCC, mai 2017 [e].

Ces impacts sont attendus dans le réchauffement climatique : le surplus d'air chaud équatorial s'y élève en altitude et sa zone de descente sous forme de vents très secs au niveau des tropiques va se déplacer vers les latitudes plus hautes (voir « Sécheresses et fortes pluies : Comprendre et anticiper », page 10, Réseau Action Climat, 2012).

Adaptation et résilience aux changements climatiques


L'étude des évènements extrêmes a un fort impact politique. Car si l'atténuation des changements climatiques et de leurs impacts repose d'abord sur la diminution de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre d'origine fossile et liées à l'usage des sols, les effets de ces catastrophes dépendent d'une part de la qualité des infrastructures des pays ainsi que de la manière dont ils peuvent les améliorer. Et pour qu'ils s'y adaptent et augmentent leur résilience, les politiques doivent agir dès à présent pour mettre en place des infrastructures résistantes et des moyens. C'est dans l'objectif de mieux comprendre la vulnérabilité des pays aux catastrophes naturelles que des indices de risques ont été créés. Celui de l'association GermanWatch [f], qui se base sur le nombre d'évènements extrêmes, de décès et le coût des pertes, indique qu'entre 1996 et 2015, ce sont le Honduras, le Myanmar et Haïti qui ont été les plus touchés par les évènements météorologiques. L'indice de risque mondial de l'Université des Nations unies [g] inclut, lui, l'exposition des pays aux catastrophes naturelles, la probabilité que les pays soient endommagés lors de leur survenue, la capacité à y faire face ainsi que les stratégies d'adaptation. Il établit également des cartes des catastrophes naturelles survenant dans l'année en cours.


Source :WorldRiskReport 2016, Université des Nations unies, 2016

Selon le Rapport du risque mondial 2016 des Nations unies, le Vanuatu, les îles Tonga et les Philippines seraient les pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles.


Références (revues scientifiques à comité de lecture)
[1] Bulletin of the American Meteorological Society, Explaining Extreme Events from a Climate Perspective, numéro spécial de 2011 à 2016
[2] Stott P. et al., Human contribution to the European heatwave of 2003 in Nature, Vol 432, 610-614, 2004.
[3] Schär C. and Jendritzky G., Hot news from summer 2003. in Nature, VOL 432, 2004
[4] M Carmen Alvarez-Castro, Davide Faranda, Pascal Yiou. Atmospheric dynamics and West European summer hot temperatures since 1871, 2016.
[5] Otto F. et al., 2012 Reconciling two approaches to attribution of the 2010 Russian heat wave
[6] Ying Sun et al., Rapid increase in the risk of extreme summer heat in Eastern China. Nature Climate Change, 12 OCTOBER 2014 | DOI : 10.1038/NCLIMATE2410
[7] Stott P. et al., 2016. Attribution of extreme weather and climate-related events. WIREs Clim Change 2016, 7:23– 41. doi : 10.1002/wcc.380
http://onlinelibrary.wiley.com/enha... (Graphes et légendes des graphes)
[8] Guiot J. and Cramer W., 2016. Climate change : The 2015 Paris Agreement thresholds and Mediterranean basin ecosystems. SCIENCE, 28 OCTOBER 2016, VOL 354 ISSUE 6311
[9] George Zittis, Panos Hadjinicolaou, Mohammed Fnais, Jos Lelieveld, 2015. Projected changes in heat wave characteristics in the eastern Mediterranean and the Middle East. Reg Environ Change, DOI 10.1007/s10113-014-0753-2
[10] J. Lelieveld, Y. Proestos, P. Hadjinicolaou, M. Tanarhte, E. Tyrlis & G. Zittis, 2016. Strongly increasing heat extremes in the Middle East and North Africa (MENA) in the 21st century. Climatic Change DOI 10.1007/s10584-016-1665-6
[11] Diffenbaugh N., Swain D., and Touma D. 2015. Anthropogenic warming has increased drought risk in California. PNAS, vol 112, N°13 3931–3936, doi : 10.1073/pnas.1422385112
[12] Griffin, D., and K. J. Anchukaitis (2014), How unusual is the 2012–2014 California drought ?, Geophys. Res. Lett., 41, 9017–9023, doi:10.1002/2014GL062433.
[13] Lott, F. C., N. Christidis, and P. A. Stott (2013), Can the 2011 East African drought be attributed to human-induced climate change ?, Geophys. Res. Lett., 40, 1177–1181, doi:10.1002/grl.50235.
[14] B. Orlowsky and S. I. Seneviratne, 2013. Elusive drought : uncertainty in observed trends and short- and long-term CMIP5 projections. Hydrol. Earth Syst. Sci., 17, 1765–1781, 2013
[15] Greve, P., and S. I. Seneviratne (2015), Assessment of future changes in water availability and aridity, Geophys. Res. Lett., 42, 5493–5499, doi:10.1002/2015GL064127
[16] Peter Greve, Boris Orlowsky, Brigitte Mueller, Justin She eld, Markus Reichstein and Sonia I. Seneviratne, 2014. Global assessment of trends in wetting and drying over land. NATURE GEOSCIENCE | VOL 7 | OCTOBER 2014. DOI : 10.1038/NGEO2247

Notes :

[a] Résumé à l'intention des décideurs, Tableau RID.1, p 7, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 5è rapport (AR5), Groupe de travail 1 (GT1), « Les éléments scientifiques », 2013
[b] Extremoscope, Interprétation et attribution des événements météorologiques et climatiques extrêmes dans un cadre climatique en France, Centre National de Recherches Météorologiques, 2016
[c] Climate stabilization targets :emissions, concentrations, and impacts over decades to millennia National Academy of Sciences, 2011
[d] Bilan météorologique de la canicule d'août 2003, Météo-France, 2004
[e] Les experts appellent à de meilleurs services et une meilleure observation régionale du climat Dialogue de recherche à Bonn, Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), 13 mai 2017
[f] Indice mondial des risques climatiques 2017, Novembre 2016, GermanWatch et Federal Ministry for Economis Cooperation and Development of Germany
[g] WorldRiskReport 2016, Alliance Development Works et Université des Nations unies, Institut pour l'environnement et la sécurité humaine de l'université des Nations Unies (UNU-EHS), 2016.

Informations complémentaires :

- Gestion des risques des événements extrêmes pour l'adaptation au changement climatique (SREX), Rapport spécial, GIEC, 2012
http://www.ipcc.ch/report/srex/
Figure SPM 5 (Evolution du nombre maximum de jours secs consécutifs en 2081-2100 par rapport à 1980-1999)
http://www.ipcc.ch/report/graphics/...
- EUropean CLimate and weather Events : Interpretation and Attribution (EUCLEIA),
http://eucleia.eu/attribution-science/
- Selon le HCR, le risque de décès dû à la famine est croissant dans la Corne de l'Afrique, au Yémen et au Nigéria ; les déplacements sont déjà en hausse, Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 11 avril 2017
http://www.unhcr.org/fr/news/briefi...


Plan Climat du Gouvernement : Réaction et analyse

jeudi 6 juillet 2017 par Réseau Action Climat - France

Passer des réactions médiatiques en réponse à la décision de Donald Trump de sortir de l'accord de Paris, à l'action sur le climat en France et en Europe : voilà quelles étaient les attentes des associations du Réseau Action Climat pour le Plan présenté aujourd'hui par le Ministre de la transition écologique et solidaire.

Notre réseau avait ainsi formulé au mois de juin un ensemble de propositions pouvant être rapidement adoptées par le Gouvernement dans différents secteurs de l'économie française : l'agriculture et de l'alimentation, la fiscalité, la rénovation des logements, les transports ou encore l'énergie.

Il y a trois grands absents dans ce Plan climat. Celui-ci passe totalement sous silence la nécessaire fermeture de réacteurs nucléaires, indispensable à l'atteinte des objectifs de la loi de Transition énergétique et pour laisser la place aux énergies renouvelables. Plus grave encore, on observe un recul sur la solidarité climatique internationale. Il n'y a pas de nouvelle mesure concrète ; la taxe sur les transactions financières au niveau européen, censée générer des recettes pour la solidarité internationale, ne figure pas dans ce plan. Pourtant, le président de la République s'était engagé le 6 juin, en présence des associations, à soutenir activement un accord européen sur cette taxe d'ici le mois de juillet 2017. Ce revirement de positionnement est inacceptable pour le Réseau Action Climat. La mise en place de cet outil est capitale, dans le contexte international actuel, pour aider les pays les plus vulnérables à lutter contre les changements climatiques et leurs impacts. Alors que le G20 s'ouvre le 7 juillet, la France devra revoir rapidement sa position si elle souhaite dépasser les déclarations d'intentions et incarner un véritable leadership mondial sur l'enjeu climatique. Enfin, le Plan Climat ne prévoit pas de revoir radicalement la mauvaise position française sur les puits de carbone. C'est pourtant un marqueur de l'ambition que se donne ou non l'Europe pour respecter l'Accord de Paris.

Heureusement, le Plan Climat contient quelques mesures qui vont dans le bon sens. Il en va ainsi de la volonté d'aller plus loin en termes d'objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour 2050, de fiscalité écologique, avec une accélération prévue de la taxe carbone pour mettre en œuvre l'accord de Paris, ou encore de la prise en compte des enjeux sociaux et de la conversion professionnelle pour pouvoir fermer les dernières centrales au charbon françaises d'ici 2022. C'est aussi le cas de l'objectif de rénover sous les 10 prochaines années les 8 millions de passoires énergétiques que compte notre pays, ou encore de la proposition d'interdire l'octroi de nouveaux permis d'exploration pétrolière et gazière, bien qu'incomplète puisqu'elle exclut les permis en cours.

Mais, pour l'essentiel, le plan climat se contente surtout d'identifier les chantiers prioritaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de notre pays et renvoie ainsi les mesures concrètes à adopter à des concertations ultérieures, comme les Etats Généraux de l'agriculture et de l'alimentation ou encore le projet de loi de finances pour 2018. Or, identifier les défis à relever est une chose, mais s'y atteler en est une autre. Si lancer ces chantiers est nécessaire, cela ne doit pas empêcher le Gouvernement d'adopter des solutions efficaces et immédiates de la transition climatique, comme l'appui au développement des transports en commun, ou l'aide aux mobilités dites « actives », telles que le vélo.

Note aux rédactions :
L'analyse du plan climat est détaillée sur ce lien et sur le site http://makefrancegreenagain.fr/


Rendre la sortie du « piège diesel » socialement, écologiquement et économiquement acceptable

mercredi 5 juillet 2017 par Réseau Action Climat - France

Des études qui montrent l'impact de la pollution de l'air sur la santé publique en France et à l'échelle mondiale se multi- plient. Elles publient des chiffres de plus en plus inquiétants qui appellent à l'action immédiate.

Le transport routier dont notamment le parc de véhicules qui roulent au diesel est une des sources majeures à l'origine de cette pollution.
Les scandales autour des tricheries ou « des optimisations » de la mesure des émissions des véhicules diesel ont réveillé́ les gouvernements et l'opinion publique. Des signaux politiques se multiplient (annonce du rattrapage de l'écart entre les taxes sur le diesel et l'essence, mise en place de zones à circulation restreinte, et certificat crit'air, Programme Villes Respirables en 5 ans) pour mettre un frein à ces pratiques frauduleuses et pour rompre avec la politique de soutien historique au diesel, mais le temps de réaction n'est pas adapté à l'urgence du sujet. La France est très impactée par les dépassements d'émissions « réelles » car son parc de véhicules est particulièrement « dieselisé ». Cette situation est clairement le résultat d'un choix politique : l'émergence du diesel a été soutenue pendant de longues années par des dispositifs fiscaux d'importance (un avantage scal par rapport à l'essence, des remboursements de TVA etc.). En conséquence, il appartient maintenant au gouvernement de corriger cette mauvaise orientation et de rendre la sortie du diesel socialement et économiquement acceptable.
Si la « dédiesélisation » du parc automobile s'impose, il ne faut pas oublier que l'essence est considérée comme cancérigène probable par l'OMS et a un impact très néfaste sur le climat. Sortir du piège du diesel passe donc nécessairement par une remise en cause de l'hégémonie du mode routier dans les déplacements de per- sonnes et le transports de marchandises et par des solutions moins polluantes et plus économes en carburant, notamment pour les ménages à faibles revenus dépendants d'un véhicule diesel. En n, il est grand temps d'accompagner les reconversions nécessaires des constructeurs automobiles français qui ont suivi et influencé la logique gouvernementale de l'incitation au diesel.

Aussi faut-il assurer que cette transition du diesel soit compatible avec les engagements climatiques de la France. Il ne s'agit pas uniquement de remplacer des voitures polluantes par des voitures plus efficaces mais aussi de créer des réelles alternatives à la voiture « solo ».
Cette note se penche sur les leviers qu'il est possible d'activer au niveau des politiques publiques nationales pour éviter que la transition en cours ne fragilise davantage les ménages pris dans ce qu'on pourrait appeler « le piège du diesel ».

Le Réseau Action Climat et la Fondation pour la Nature et l'Homme publient des recommandations pour Rendre la sortie du « piège diesel » socialement, écologiquement et économiquement acceptable.

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Rendre la sortie du « piège diesel » socialement, écologiquement et économiquement acceptable RAC 2017

Contacts :

Lorelei Limousin
Réseau Action Climat
Responsable Transport et climat
lorelei@rac-f.org

Marie Chéron
Fondation pour la Nature et l'Homme
Responsable Mobilité
m.cheron@fnh.org


Autoroute #A45 et dérèglement climatique : Des paroles aux actes ?

jeudi 29 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Suite à la validation par le conseil d'Etat du décret de concession à Vinci pour le projet d'autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne mardi 27 juin, Agir pour l'Environnement, le Réseau Action Climat, la Confédération paysanne, Attac France, France Nature Environnement, la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), ALTERNATIBA, ANV COP21, les Amis de la Terre et 350.org France adressent ce jour une lettre ouverte au Premier Ministre Edouard Philippe, au Ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot et à la Ministre des Transports Elizabeth Borne, les appelant à ne pas signer le décret et à écarter définitivement ce projet inutile et climaticide.

Le projet d'autoroute est en effet contraire aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre la pollution de l'air et donc incompatible avec les engagements du Président de la République à « aller plus loin en matière de lutte contre les changements climatiques.

Pour nos organisations, les actions et les financements publics devraient être consacrées au développement de solutions de transports qui répondent aux besoins des populations et sont compatibles avec la transition écologique.

Pour ces raisons, nos organisations nationales apportent leur soutien à l'opposition locale qui organise un grand rassemblement ce week-end à Saint-Maurice-Sur-Dargoire sur le tracé de l'autoroute.

La lettre ouverte est accessible à ce lien :

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Améliorer l’efficacité des outils de lutte contre la précarité énergétique - Une exigence pour éviter une transition écologique à deux vitesses !

jeudi 29 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

La transition écologique ne résoudra pas les injustices liées aux inégalités sociales... mais elle représente une opportunité de contribuer au progrès social. Nous devons y veiller collectivement ! Confrontés à l'urgence climatique, nous disposons de quelques années pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle de la planète, afin de maintenir l'augmentation de la température globale en dessous de 2° C. Il faut agir vite, mais au profit de tous, dans le cadre d'un véritable projet de société qui prendrait en compte les besoins spécifiques des personnes les plus fragiles. Nous en sommes convaincus : les luttes pour les transitions sociale et écologique doivent converger et se renforcer.

Aujourd'hui, 12 millions de Français sont en précarité énergétique. Les mauvaises performances thermiques des logements et la vétusté des équipements de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire gonflent leurs factures énergétiques. Qu'ils renoncent à les payer ou préfèrent se priver pour en limiter le montant, cette réalité quotidienne des plus modestes est intolérable. Pourtant, les solutions techniques pour rénover les logements existent : en lançant un vaste chantier national d'amélioration de la performance énergétique du bâti, nous pourrons apporter du confort à ceux qui n'en ont pas et réduire le montant des factures pour tous.

Les politiques de lutte contre la précarité énergétique encouragent cette convergence des luttes. Elles sont primordiales pour engager cette transition écologique juste et acceptable. De nombreux outils existent, améliorons-les !


Le CLER - Réseau pour la transition énergétique, la Fondation pour la Nature et l'Homme, et le Réseau Action Climat publient des recommandations pour améliorer l'efficacité des outils de la lutte contre la précarité énergétique

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Améliorer l'efficacité des outils de la lutte contre la précarité énergétique - CLER RAC 2017

Contacts :

Meike Fink
Réseau Action Climat
Chargée de mission "Transition climatique juste"
meike@rac-f.org

Danyel Dubreuil
CLER - Réseau pour la transition énergétique
Coordinateur Initiative Rénovons !
danyel.dubreuil@renovons.org

Marie Chéron
Fondation pour la Nature et l'Homme
Responsable Mobilité
m.cheron@fnh.org


Améliorer l’efficacité des outils de la lutte contre la précarité énergétique : un chantier majeur pour sortir de l’impasse 5,8 millions de ménages

jeudi 29 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Le nouveau gouvernement a du travail : loin de devoir inventer la roue, il s'agit d'améliorer et de renforcer les outils existants de lutte contre la précarité énergétique et d'assurer une meilleure articulation entre ces derniers.

Depuis le Grenelle de l'environnement, le sujet de la précarité énergétique est entré dans le champ de l'action publique. Un travail important a été mené pour définir les critères qui font qu'une personne est considérée en situation de précarité énergétique. Plusieurs indicateurs se superposent : un revenu faible, une consommation énergétique importante à cause d'un logements peu ou mal isolé et des prix d'énergie qui augmentent. Progressivement, le sujet est ainsi monté de plusieurs crans sur l'agenda politique, avec la mise en place de nombreux outils visant à combattre ces situations de détresse. Cependant 5,8 millions de ménages, soit plus de 20 % de la population française, se trouvent toujours en situation de précarité énergétique.

Ce chiffre, très élevé, est surprenant : la rénovation énergétique des bâtiments est peut-être le sujet le plus unanime de la transition écologique. Les deux derniers Présidents de la République ont même formulé des objectifs ambitieux, à la fois sur le nombre annuel de rénovations ou en ce qui concerne la diminution de la précarité énergétique :
• La loi sur la Transition énergétique et la croissance verte de 2015 fixe comme objectif de rénover énergétiquement 500 000 logements par an à compter de 2017, dont au moins 120 000 logements par an dans le parc privé occupée par des ménages aux revenus modestes. La loi précise que tous les bâtiments privés résidentiels de classe énergétique F et G doivent être rénovés d'ici 2025.
• Le programme d'Emmanuel Macron se prononce également sur ce sujet : un fond public de 4 Md€ sera mis en place pour rénover la moitié des logements-passoires des propriétaires les plus modestes dès 2022 ; donc 1,3 million de logements en 5 ans, si on prend l'estimation réalisée dans le scénario Rénovons ! Le nombre annuel de rénovations de logements occupés par des ménages modestes dans le parc privé passerait donc de 120000 à 260 000, si l'on se réfère à l'engagement du Président.

Mettre la politique de rénovation des passoires énergiques occupés par des ménages modestes au cœur du programme écologique est crucial : sortir ces ménages de leur impasse est à la fois une question de justice sociale et la clé pour rendre la transition écologique désirable. La transition écologique ne pourra pas résoudre certaines injustices à l'origine des inégalités sociales (l'écart entre les salaires, la répartition inéquitable du patrimoine etc.) mais si nous souhaitons qu'elle réussisse, il faut veiller à ce que les ménages vulnérables soient les premiers bénéficiaires de ses acquis.

Bien que ce sujet soit considéré comme consensuel, des problèmes structurels persistent et empêchent d'avancer avec la vitesse nécessaire.

• Au regard de l'ambition des objectifs de la loi, nous devrions déjà être sur une meilleure trajectoire, car les objectifs pour 2025 ne sont que les premiers jalons d'objectifs long terme encore plus ambitieux.
• Au regard des moyens mis en œuvre pour y arriver ou les premières analyses des résultats des outils, dispositifs et programmes existants pour soutenir les rénovations énergétiques et lutter contre la précarité énergétique, il est là aussi évident qu'il faut tirer la sonnette d'alarme.

Le chèque énergie, qui devait remplacer de manière généralisée les tarifs sociaux du gaz et de l'électricité, est ridiculement faible (montant annuel moyen de 125€ par ménage) et ne permettra même pas de stimuler des petits travaux d'amélioration… Une des conséquences du passage des tarifs sociaux au chèque énergie pourrait être, pour une partie des ménages, de voir leur aide diminuer.

Le programme Habiter Mieux de l'Anah lie l'aide au financement des rénovations énergétiques pour des ménages modestes à un objectif de performance. Même si cet objectif (-25 % de consommations énergétiques post-travaux) reste faible, ce programme indique le bon chemin à prendre. Cependant aujourd'hui Habiter Mieux ne parvient pas à utiliser la totalité de son budget à cause de maillons manquants dans le parcours vers la rénovation que suit un ménage modeste.
Pensons à la question du diagnostic obligatoire payant. Si la première information à la quelle un ménage modeste volontaire est confrontée est de devoir débourser 690€ et d'en revoir seulement 550€ sous condition que les travaux sont engagés, ce n‘est pas étonnant que certains se découragent.
Aucune solution opérationnelle n'est en place pour couvrir le reste à charge pour des ménages qui n'ont aucune capacité d'investissement propre. Un programme qui vise des ménages très modestes a besoin de ces solutions pour être fonctionnel.
Ils existantes maintenant des Certificats d'économies d'énergie « Précarité énergétique » qui montrent une performance inattendue dans des programmes comme celui qui permet l'isolation des combles perdus pour 1 € pour les manges très modestes. Encore un exemple d'une mauvaise articulation – ce programme n'est pas compatible avec les travaux effectués avec l'aide de l'Anah…

Le nouveau gouvernement a encore du travail : loin de devoir inventer la roue, il s'agit d'améliorer et de renforcer les outils existants et d'assurer une meilleure articulation entre ces derniers.
Des sujets déterminants comme le reste à charge restent orphelins. Conséquence : le « système » mis en place n'aboutit pas au nombre de rénovations espéré. Il manque une vision globale de la totalité des outils de la précarité énergétique. Il faut aussi penser ces outils dans la peau d'un ménage précaire qui doit affronter, en plus des problèmes économiques quotidiens, un parcours de rénovation incroyablement complexe et décourageant.

Il est désormais impératif de mettre en place :
- un diagnostique gratuit
- une aide à 100 % pour les ménages très modestes (dont une partie peut être un prêt à taux 0)
- des ponts entre différents programmes qui visent le même objectif
- la valorisation de l'auto-rénovation là où c'est possible.

Un fond de 4 Md€ supplémentaire pour la rénovation des passoires énergétiques des ménages précaires comme promis par Emmanuel Macron mettra effectivement de l'huile dans les rouages mais ne permettra pas de combler les obstacles systémiques.

Les prochains mois nous montreront si ce sujet est véritablement au cœur de la politique écologique et solidaire du nouveau gouvernement.



Le CLER - Réseau pour la transition énergétique, la Fondation pour la Nature et l'Homme et le Réseau Action Climat publient des recommandations pour améliorer l'efficacité des outils de la lutte contre la précarité énergétique.

Améliorer l'efficacité des outils de lutte contre la précarité énergétique - Une exigence pour éviter une transition écologique à deux vitesses !

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Outils précarité énergétique CLER FNE RAC 2017

Feuille de route sur le climat du Gouvernement : les ambitions affichées par le Président de la République seront-elles au rendez-vous ?

mardi 20 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Le Réseau Action Climat et ses associations membres appellent le Président de la République à concrétiser sa volonté d'aller plus loin et plus vite dans la lutte contre les changements climatiques, au sein de la future feuille de route climat du Gouvernement qui doit très prochainement être validée en Conseil des ministres.

Par cette feuille de route annoncée par le Président de la République, suite au départ des Etats-Unis de l'accord de Paris, l'heure est venue de passer de l'expression d'une volonté à des mesures concrètes. C'est ainsi que le Réseau Action Climat et ses associations membres ont fait parvenir au Président de la République les propositions qui, à leurs yeux, devront impérativement figurer dans la feuille de route annoncée.

Transition énergétique, mobilités, logement, agriculture et alimentation, fiscalité, ambition européenne, soutien financier aux pays les plus vulnérables, etc. toutes ces propositions forment un tout nécessaire pour passer à la vitesse supérieure, en France mais aussi en Europe et sur la scène internationale. La feuille de route devra, entre autres, prévoir :
- un soutien à la conclusion d'un accord sur la taxe européenne sur les transactions financières d'ici juillet 2017 et la convocation en France d'un sommet sur l'allocation des recettes à la solidarité internationale et au climat
- un soutien à des objectifs européens de développement des énergies renouvelables et d'efficacité énergétique contraignants et plus ambitieux que ceux actuellement sur la table pour 2030
- l'exclusion de la mise en œuvre de l'accord de Paris d'échappatoires telles que celui du secteur des terres actuellement poussé par la France au sein des discussions sur le paquet énergie-climat de l'Union Européenne pour masquer une partie de ses émissions réelles de gaz à effet de serre
- un soutien sur la scène européenne à des normes d'émissions de CO2 ambitieuses pour tous les véhicules en 2025
- des Etats généraux de l'alimentation et de l'agriculture, prenant en compte les problèmes environnementaux, climatiques, sociaux et sanitaires, aussi bien en France qu'à l'international, et ouverts à la participation de l'ensemble des parties prenantes concernées, notamment aux associations
- l'organisation d'assises du Fret pour permettre enfin une réduction des émissions de GES de ce secteur et la création d'un fonds national pour le développement des mobilités actives comme le vélo
- une règle d'or climatique pour le choix des infrastructures afin de cesser le soutien aux infrastructures qui encouragent le transport routier et aérien
- un premier projet de loi de finances, climato-compatible, prévoyant entre autres, et sur toute la durée du quinquennat, l'augmentation de la composante carbone et l'alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l'essence
- la mise en place d'un plan, contenant un calendrier précis et des financements dédiés, pour permettre la rénovation d'ici à 2025 des 8 millions de passoires énergétiques en France
- la programmation claire par le Gouvernement de la fermeture de réacteurs nucléaires afin de respecter les objectifs de la loi de transition énergétique dont celui de réduire à 50 % la part du nucléaire dans le mix électrique français, ainsi que le développement des énergies renouvelables et des économies d'énergies
- l'interdiction définitive de l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures en France et en outre-mer
- la mise en place de la gestion prévisionnelle de l'emploi et la création de « contrats de transition écologique » pour répondre aux impacts sociaux liés aux fermetures nécessaires de certains sites comme les centrales à charbon
- la tenue d'un événement annuel et national d'envergure pour évaluer les progrès accomplis dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques et de la transition énergétique (stratégie nationale bas carbone et programmation pluriannuelle de l'énergie) et discuter au besoin de l'adoption de mesures supplémentaires

Autant d'exemples de mesures incontournables qui devront figurer dans la feuille de route si le Président de la République souhaite concrètement donner le coup d'accélérateur dont a grandement besoin la lutte contre le dérèglement climatique.

Téléchargez la feuille de route du Réseau Action Climat et de ses associations membres

Contacts presse :
- Karine Appy, CCFD - Terre Solidaire, +33 6 66 12 33 02 / k.appy@ccfd-terresolidaire.org
- Marielle Chaumien, WWF France, +33 6 15 39 24 95 / mchaumien@wwf.fr
- Simon Coquillaud, Réseau Action Climat, +33 6 66 28 95 06 / simon@rac-f.org
- Benoit Hartmann, CLER - Réseau pour la transition énergétique, +33 6 87 70 41 07 / benoit.hartmann@cler.org
- Catherine Hurtut, France Nature Environnement, +33 6 24 61 46 61 / catherine.hurtut@fne.asso.fr
- Méryl Sotty, Greenpeace France, + 33 6 73 89 48 90 / meryl.sotty@greenpeace.org
- Eleonora Trementozzi, Oxfam France, +33 7 69 17 49 63 / etrementozzi@oxfamfrance.org


Les aides au transport aérien - Dommageables au climat et injustes !

lundi 19 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

La 52e édition du salon internationale de l'aéronautique et de l'espace se tient au Bourget du 19 au 25 juin.
Dans cette grande foire autour du mode de transport le plus polluant, personne ne parle de l'incompatibilité profonde entre l'aviation et les objectifs de la transition écologique.

Sous l'angle climatique, l'avion est le moyen de transport le plus nuisible pour le climat alors qu'il bénéficie le plus d'aides publiques directes et indirectes. Pour rester dans l'esprit de la COP 21, il est nécessaire de supprimer au plus vite les niches fiscales dommageables au climat et d'utiliser les nouvelles recettes pour développer les solutions de mobilité durables permettant de diminuer le recours à l'avion pour des trajets en France métropolitaine.
Il est aussi utilisé par ceux qui disposent davantage de moyens pour prendre des vacances et voyager. Ces aides publiques bénéficient donc aux ménages qui en ont moins besoin que d'autres.
Dans un souci de fixation des priorités pour l'argent public, une réorientation s'impose.
Mais les compagnies aériennes françaises ne se portent pas bien.
Année après année, elles perdent des parts de marché au profit d'entreprises étrangères et doivent licencier. Air France vient à peine de sortir de quatre années de déficit et propose des stratégies de restructuration très contestées par des syndicats.
Dans ce contexte tendu, comment faire pour mettre en œuvre des politiques climatiques ?


Voici les recommandations du Réseau Action Climat :

PDF - 1.2 Mo
Les aides au transport aérien - dommageables au climat et injustes - RAC 2017


Pour plus d'informations :

Meike Fink
Chargée de mission "Transition climatique juste"
Réseau Action Climat France
0180899956
e-mail : meike@rac-f.org


[Agenda] Feuille de route climat du gouvernement : les propositions du Réseau Action Climat et de ses associations membres

jeudi 15 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Conférence de presse du Réseau Action Climat et de ses associations membres

Informations pratiques :
- Mardi 20 juin 2017, de 9h30 à 10h30
- Adresse : Café Le Zango, 15 rue du Cygne, 75001 Paris (Métro Les Halles / Etienne Marcel)
- Inscription : simon@rac-f.org

Suite au retrait des États-Unis de l'accord de Paris, le Président de la République a déclaré vouloir aller plus vite et plus loin dans la lutte contre les changements climatiques et a annoncé à cette fin la publication d'une feuille de route du Gouvernement sur le climat, qui doit être approuvée en Conseil des ministres le 21 juin.

Le Réseau Action Climat et ses associations membres seront attentifs à ce qui figurera dans cette feuille de route. Elle devra prévoir une réforme profonde des politiques publiques dans tous les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre : l'énergie, le transport, l'habitat, l'agriculture, l'alimentation et la fiscalité. Par ailleurs, le Président de la République devra veiller à mettre en œuvre l'accord de Paris, à commencer par le renforcement de la contribution financière de la France et de l'Europe pour la transition écologique des pays les plus vulnérables, déjà touchés par les changements climatiques.

La feuille de route attendue sur ces chantiers fondamentaux et l'ambition des mesures qui y seront programmées révèleront le degré de volontarisme du Président de la République pour faire de la lutte contre les changements climatiques un axe central de son quinquennat.


Présentation : Morgane Créach - Directrice du Réseau Action Climat

En présence de :


- Cyrille Cormier, Responsable de la campagne Énergies et Climat à Greenpeace France

- Pierre Cannet, Responsable du programme Climat, Énergie et Infrastructures durables au WWF France

- Michel Dubromel, Président de France Nature Environnement

- Cyrielle Denhartigh, Responsable Agriculture et Alimentation au Réseau Action Climat

- Benoit Hartmann, Directeur général du CLER - Réseau pour la transition énergétique

- Armelle Le Comte, Chargée de plaidoyer Climat et Énergie à Oxfam France

- Anne-Laure Sablé, Chargée de Plaidoyer Souveraineté alimentaire et Climat au CCFD - Terre Solidaire


SRADDET : la nécessaire rehausse des ambitions régionales pour la transition écologique !

jeudi 15 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Comment se saisir collectivement de l'opportunité de l'élaboration des schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'équilibre des territoires pour intervenir dans les politiques régionales de transition écologique ?


Issus de la loi NOTRe, les schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires doivent être adoptés par les Conseils régionaux d'ici juillet 2019. Cet exercice de planification cadre la stratégie régionale en matière de climat, air, énergie ; mais aussi de biodiversité, de transports, de déchets notamment. Aussi sont-ils une occasion de revoir à la hausse les ambitions régionales, tout en veillant à ne pas revenir en arrière par rapport aux schémas préexistants.

Le SRADDET n'est pas un plan d'actions, mêmes si les règles peuvent être assorties de mesures d'accompagnement non opposables : c'est un document cadre qui est là pour déterminer la stratégie de la Région en matière d'aménagement du territoire.

Du point de vue des Associations de protection de la nature et de l'environnement, ce schéma comporte des risques de régression en matière de droit de l'environnement ; mais aussi de nombreuses opportunités de rehausse des ambitions régionales ! Ce schéma peut être l'occasion de réécrire les orientations des politiques régionales dans la perspective de l'atteinte des objectifs nationaux et internationaux (Accord de Paris, Objectifs d'Aichi, SNBC &PPE et TECV, ONTVB ... ).

Afin de répondre aux questions que peuvent se poser les associations locales, le Réseau Action Climat et France Nature Environnement ont organisé, le 13 juin 2017, un webinaire. Vous pouvez visionner la vidéo ci-après, dont voici le découpage :

(du début à 43 minutes) : SRADDET ? Présentation du cadre juridique, des modalités d'élaboration, des liens avec les autres documents et collectivités : pourquoi ce schéma est important !
(de 43 minutes à la fin) : Points de vigilance et opportunités, du point de vue des associations sur :
- la concertation
- la biodiversité
- la nécessaire cohérence et transversalité
- la rehausse indispensable des ambitions régionales

Voici la vidéo :


Les Plans Climat Air Energie Territoriaux : une occasion de s’impliquer dans la stratégie climat de son territoire !

jeudi 15 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Qu'est-ce qu'un PCAET ? Que contient-il ? Comment s'y impliquer, en tant que société civile locale ?

Depuis la loi de transition énergétique pour une croissance verte, les EPCI de + de 20 000 habitants doivent réaliser des plans climat air énergie territoriaux.
Plus précisément, les EPCI de + de 50 000 habitants ont du actualiser leurs anciens plans climat pour le 31 décembre 2018, et les EPCI entre 20 000 et 50 000 habitants doivent se prêter à l'exercice pour le 31 décembre 2018.

Ces exercices de planification sont l'occasion pour les intercommunalités de se fixer une stratégie ambitieuse pour le climat, en traitant l'ensemble des secteurs émetteurs de GES sur leurs territoires.

De plus, ils doivent être réalisés de manière concertées avec les acteurs locaux : une occasion pour les associations locales de porter auprès des élus des demandes en matières d'énergie, de transports, de déchets, de rénovation énergétique etc !

Afin de répondre aux questions que peuvent se poser les associations locales, le Réseau Action Climat a organisé un webinaire, le 16 mai 2017. Vous pouvez visionner cette vidéo ci-après, dont voici le découpage :

(de 05 minutes à 28 minutes) : Collectivités et climat : rappel de pourquoi l'échelon local est si important en matière de lutte contre les changements climatiques (quelles compétences pour quelles collectivités ? Quelles responsabilité des collectivités ?)
(de 28 minutes à 1h12) : Explications sur le PCAET : que contient-il, quel est son mode d'élaboration, avec quels acteurs ?
(de 1h12 à la fin) : Comment s'y impliquer en tant que société civile locale ? Avec le témoignage d'Alternatiba Paris

Voici la vidéo :


Les reconversions professionnelles - clé de réussite d’une transition écologique juste

jeudi 15 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

La CFTC et le Réseau Action Climat publient des recommandations pour une meilleure coordination des politiques de la reconversion professionnelle et la transition écologique.

Pour que la transition écologique fédère tous les acteurs, notamment professionnels, la question des emplois, de la formation et des reconversions professionnelles doit être au cœur du débat. Parce que si les mutations environnementales peuvent impacter certains secteurs d'activités et conduire à des pertes d'emplois, en étant accompagnée, pensée et préparée, la transition écologique sera créatrice nette d'emplois.
C'est pour cela qu'il faut anticiper et accompagner les transitions et les mutations professionnelles à l'échelle d'un territoire, d'un secteur d'activité, d'un site industriel et à l'échelle individuelle.
Avant toute chose, il convient de « penser » ces mutations à long terme : de nombreuses entreprises appliquent toujours une gestion des orientations stratégiques et financières à court terme et la politique n'envoie pas de signaux suffisamment clairs pour encourager les changements.
Une transition écologique juste socialement est possible. Elle requière cependant un certain nombre de pré-requis, dont le premier concerne les modalités de reconversion des secteurs et des salariés qui devront nécessairement voir leurs métiers profondément évoluer.
Différents défis doivent donc être appréhendés pour y parvenir et des outils doivent être pensés pour répondre aux enjeux de la reconversion dans le cadre de la transition écologique :
• connaître l'évolution des métiers, des qualifications et des compétences liée à la transition écologique pour identifier les besoins de formations ;
• porter une attention particulière aux stratégies des entreprises et des secteurs d'activités pour les rendre cohérentes avec une trajectoire climatique compatible avec l'objectif de 1,5° C ;
• repenser les outils d'accompagnement de reconversions professionnelles dans le cadre de la transition écologique.
En amont des questions qui touchent à la reconversion il s'agit aussi d'adapter les formations en fonction des nouvelles qualifications demandées par la transition écologique.

La CFTC et le Réseau Action Climat publient des recommandations pour une meilleure coordination des politiques de la reconversion professionnelle et la transition écologique.

PDF - 1.3 Mo
Les reconversions professionnelles, clé de réussite d'une transition écologique juste CFTC RAC 2017

Contacts :

CFTC
Patrice Le Roué - Conseiller politique Cabinet
pleroue@cftc.fr

Réseau Action Climat
Meike Fink- Chargée de mission "Transition climatique juste"
meike@rac-f.org


Etats Généraux de l’Alimentation : tous concernés par le contenu de notre assiette

vendredi 9 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

En vue des annonces attendues du président de la République sur ce sujet, le CCFD-Terre Solidaire, la Fondation pour la Nature et l'Homme, la Fondation WWF, France Nature Environnement, Greenpeace, Oxfam France et le Réseau Action Climat rappellent la nécessité d'organiser des Etats généraux de l'agriculture et de l'alimentation au périmètre large et impliquant toutes les parties prenantes concernées.

Hier matin, le président de la République a réuni les ministres concernés afin d'élaborer le plan d'action des Etats généraux de l'Alimentation. Cela suit de près les annonces faites par le ministre de l'Agriculture, Jacques Mézard, ces dernières semaines dessinant des Etats généraux en deux temps : une première séquence en juillet avec les filières agricoles et alimentaires, et une deuxième à l'automne avec la société civile.

Les associations saluent l'annonce de ces Etats généraux mais insistent sur la nécessité de les inscrire dans une perspective ambitieuse et internationale. Les systèmes alimentaires sont l'une des pierres angulaires de la transition énergétique et écologique de nos sociétés et de nos territoires et doivent permettre d'assurer le droit à l'alimentation pour tous. Ils doivent s'inscrire dans la transition des systèmes agricoles et des filières vers un modèle agro-écologique afin de répondre aux enjeux agricoles, socio-économiques, sanitaires, environnementaux et climatiques.

Ainsi, il est impensable pour nos organisations que des Etats généraux de l'alimentation soient menés sans associer toutes les parties prenantes concernées. Il faut que l'ensemble des thématiques indispensables à une approche systémique soit abordé, notamment : la répartition de la valeur et l'emploi, la restauration collective, la santé, les enjeux environnementaux, la sécurité alimentaire et le droit à l'alimentation pour tous ; tant pour leurs effets directs sur le territoire français que pour ceux générés de manière indirecte à l'étranger (déforestation, etc.).

Pour répondre à ces ambitions, les Etats généraux doivent être co-pilotés par le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation et le Ministre d'Etat de la Transition Écologique et Solidaire tout en associant les autres ministres concernés afin d'aboutir à un document cadre présentant des engagements précis et les financements associés.


Contacts :
- CCFD - Terre Solidaire - Karine Appy - k.appy@ccfd-terresolidaire.org - 01 44 82 80 67, 06 66 12 33 02
- France Nature Environnement - Camille DORIOZ - camille.dorioz@fne.asso.fr - 01 44 08 64 14
- Oxfam France - Caroline Prak - cprak@oxfamfrance.org - 06 31 25 94 74
- Greenpeace France - Cécile Cailliez cecile.cailliez@greenpeace.org - 06 13 07 04 29
- Réseau Action Climat - Cyrielle Denhartigh - cyrielle@rac-f.org - 06 10 81 59 59
- WWF France - Marielle Chaumien - 01 55 25 84 61
- Fondation pour la Nature et l'Homme - Manuela LORAND - m.lorand@fnh.org - 06 98 45 46 91


Participation citoyenne et énergies renouvelables : le rôle clé des acteurs locaux

jeudi 8 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Le collectif pour l'énergie citoyenne, qui regroupe onze organisations de la protection de l'environnement, de l'énergie et de l'économie sociale et solidaire, interpelle les futurs élus à travers un manifeste pour l'énergie citoyenne.

En Europe, la participation des acteurs locaux a permis d'accélérer la transition énergétique. Au-delà des plus-values écologiques et climatiques évidentes, l'énergie citoyenne et participative porte le germe du développement des territoires, aux plans économique, social et démocratique. Par exemple en Allemagne, un parc éolien terrestre de moyenne puissance (21 MW) génère entre 4 et 9 fois plus de création de valeur sur son territoire d'implantation s'il est porté par les acteurs du territoire plutôt que par des investisseurs externes.

En France, le collectif pour l'énergie citoyenne promeut la participation directe des citoyens et acteurs locaux à la production d'énergies renouvelables car elle agit comme accélérateur de la transition énergétique et du développement des territoires. Cet investissement local est aujourd'hui nécessaire pour atteindre les objectifs fixés par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Pourtant, les politiques publiques ne prennent pas encore en compte cette nouvelle dynamique. C'est la raison pour laquelle le collectif a décidé d'interpeller les candidat.e.s aux élections législatives, à travers un Manifeste, pour les inciter à soutenir quatre objectifs essentiels :

- Atteindre 15 % des énergies renouvelables entre les mains des citoyen.ne.s et collectivités à l'horizon 2030.
- Inscrire la participation des citoyens et des collectivités comme l'un des axes principaux des politiques publiques climat-énergie, locales comme nationale.
- Adapter le cadre législatif aux spécificités de l'énergie citoyenne, de façon à créer un environnement propice à la démultiplication de ces projets.
- Renforcer l'offre de financement et d'accompagnement à l'échelle territoriale pour appuyer l'émergence et le développement des projets citoyens.

Des candidat.e.s aux législatives se sont déjà mobilisé.e.s

Déjà une centaine de candidat.e.s se sont engagé.e.s à soutenir cette dynamique s'ils sont élu.e.s, notamment : Caroline de Haas (soutenue par PCF, EELV et Nouvelle Donne), David Cormand et Marine Tondelier (Europe Ecologie Les Verts), Matthieu Orphelin et François de Rugy (La République en Marche), Barbara Romagnan et Emmanuelle Cosse (Parti Socialiste) et Bertrand Pancher (UDI soutenu par Les Républicains)… Vous aussi, soutenez le manifeste pour l'énergie citoyenne et engagez-vous à promouvoir son développement, dans le débat public, à l'Assemblée nationale comme sur votre territoire.

Le collectif appelle les candidat.e.s de tous les partis à soutenir cette dynamique et le faire savoir sur les réseaux sociaux en mentionnant #EnergieCitoyenne.


Climat : Les ONG seront vigilantes sur la feuille de route du gouvernement

mardi 6 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Lors d'une première rencontre avec le Président de la république, les ONG françaises ont demandé à Emmanuel Macron de faire de la France un pays exemplaire de la transition climatique, en prenant des mesures concrètes dès le début du quinquennat. Cette réunion faisait suite à la décision de Donald Trump de désengager les États-Unis de l'Accord de Paris. Une nouvelle rencontre entre les associations et le Président de la République est prévue fin juillet 2017.

Réaction de Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat : "Le Président de la République a annoncé vouloir aller vite et plus loin dans la lutte contre les changements climatiques et publier à cet effet une feuille de route du Gouvernement, d'ici 15 jours, validée en Conseil des ministres. Nous serons vigilants à ce que les chantiers essentiels de la lutte contre les changements climatiques y figurent : les transports, la rénovation des logements, la fiscalité, l'agriculture et l'alimentation, la transition vers les renouvelables. Nous appelons par ailleurs le Président de la République à ouvrir les États généraux de l'agriculture et de l'alimentation aux sujets de l'environnement, du climat et de la santé, ces deux secteurs étant responsables de près d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France".

Réaction de Claire Fehrenbach, directrice générale d'Oxfam France : "Le Président de la République s'est engagé à enfin instaurer la taxe sur les transactions financières (TTF) européenne dans les semaines qui viennent. C'est une annonce très positive après des années de discussion. Nous souhaitons que l'accord soit trouvé rapidement ; les conditions sont plus que réunies. Il est nécessaire qu'Emmanuel Macron affirme son leadership en dédiant les recettes de cette taxe à la solidarité internationale et au climat. Pour cela, nous attendons qu'il convoque un sommet avec ses homologues et qu'une affectation ambitieuse des recettes de la TTF soit actée sans plus tarder".

Réaction de Michel Dubromel, président de France Nature Environnement : "Nous attendons des actions concrètes, qui répondent aux besoins quotidiens des Français, que ce soit en matière de mobilité, avec une fiscalité qui incite à se déplacer et à transporter moins, mieux et autrement, ou en matière d'alimentation avec des Etats Généraux de l'Agriculture qui permettent de rendre accessible à tous une alimentation plus durable et saine".

Réaction de Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France : "Les beaux discours et les effets de communication, qu'ils soient adressés à la communauté internationale ou aux ONG, ne suffiront pas longtemps. Nous attendons maintenant des mesures concrètes dans les toutes prochaines semaines pour que la France rattrape enfin son retard dans la mise en œuvre de sa transition énergétique. Le leadership international de la France sur le climat dépendra avant tout de son exemplarité nationale sur la transition énergétique. Emmanuel Macron et son gouvernement doivent passer aux actes : mettre fin à l'entêtement d'EDF dans le nucléaire pour libérer le développement des énergies renouvelables, stopper tout projet climaticide tel que celui de la construction d'un aéroport à Notre-Dames-des-Landes, sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et arrêter les projets d'exploration pétrolière impactant le territoire français".

Réaction de Benoit Hartmann, directeur général du CLER - Réseau pour la transition énergétique : "Nous sommes contents de voir réaffirmé par le Président de la République l'objectif d'éradication des passoires thermiques, qui concernent 3 millions de foyers en France. Nous devons aller plus vite sur les économies d'énergie et le développement des énergies renouvelables, en attendant que le gouvernement fédéral des États-Unis revienne à la raison. Qui aurait pu deviner que D. Trump soit aussi fédérateur sur le climat ?".

Contact presse : Simon Coquillaud, responsable Information et communication au Réseau Action Climat - simon@rac-f.org - +33 6 66 28 95 06


{Tribune} Exemplarité, fermeté et solidarité : la marche à suivre sur le climat pour Emmanuel Macron

samedi 3 juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Dans un texte commun publié sur Mediapart, des représentant-e-s d'associations, dont le Réseau Action Climat, estiment que la France doit prendre des décisions et actes concrets, suite au retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris, la France.


La décision de Donald Trump de désengager les États-Unis de l'Accord de Paris est un contre-sens de l'Histoire, une insulte à toutes celles et ceux qui affrontent déjà les impacts des dérèglements climatiques. Faut-il rappeler que 2016 fut l'année la plus chaude jamais enregistrée ? Les impacts des dérèglements climatiques se font chaque jour plus forts et plus visibles, partout dans le monde et notamment dans les pays les plus pauvres. Les États-Unis eux-mêmes ne sont pas épargnés par les sécheresses à répétition, la multiplication des feux de forêts, l'intensification des ouragans, ou l'érosion des côtes.

Par cette décision, le Président américain tourne le dos au monde entier et aux citoyen.ne.s américain.e.s, dont l'intérêt n'était pas de sortir de l'Accord. En réalité, Trump a fait le choix de soutenir l'industrie fossile américaine dans son funeste projet : repousser toujours plus loin et plus profond les frontières de l'extraction de charbon, de gaz et de pétrole, totalement incompatible avec l'Accord de Paris.

La seule réponse possible est donc de procéder à l'exact inverse. Autrement dit, au nom de notre intérêt et de notre devenir communs, d'assumer des politiques qui se heurtent frontalement aux intérêts de l'industrie fossile, comme aux fausses solutions, telle que le nucléaire et le captage et stockage de carbone (CCS).

(...)
Consulter l'intégralité de la tribune >>>


D. Trump annonce un retrait des États-Unis de l’accord de Paris

jeudi 1er juin 2017 par Réseau Action Climat - France

Réaction des organisations françaises de la société civile

Donald Trump vient d'annoncer qu'il tournait le dos à la lutte contre les changements climatiques en sortant de l'accord de Paris sur le climat. Il cède ainsi aux lobbies des énergies fossiles, au détriment des intérêts d'une large majorité des citoyens, des villes, des états et de l'économie des États-Unis mais aussi des populations les plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Cette décision, annoncée à demi-mot à l'issue du G7, ne remet pas en question l'urgence climatique : plus que jamais, c'est aux pays fortement émetteurs de gaz à effet de serre de prendre les devants pour respecter les engagements de la COP21 en accélérant la transition écologique et en faisant preuve d'une solidarité accrue envers les pays en développement.

Réaction de Célia Gautier, du Réseau Action Climat : "La décision de Donald Trump est un grave recul. Pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris et en préserver la crédibilité, les autres gouvernements, en particulier ceux des pays fortement émetteurs de l'Union européenne comme la France, doivent montrer qu'ils redoubleront d'efforts pour respecter les engagements de la COP21. Ils ont l'occasion de le faire lors du Sommet Europe-Chine qui a lieu actuellement à Bruxelles et lors du G20 en Allemagne, les 7 et 8 juillet. Nous saluons l'engagement du Président de rester mobilisé sur l'application de l'accord de Paris et l'incitons en conséquence à agir dès maintenant dans notre pays pour revoir l'ensemble des politiques qui aujourd'hui encore sont nuisibles au climat : fiscalité, transport, production énergétique, agriculture et alimentation, habitat. Par ailleurs, plus que jamais, notre pays devra tenir les promesses financières faites aux pays les plus touchés par les impacts des changements climatiques".

Réaction d'Armelle Le Comte, d'Oxfam France : "Cédant aux lobbies des fossiles, le président climato-sceptique Trump décrédibilise et isole les États-Unis sur la scène internationale en prenant une décision honteuse et irresponsable. Alors que le changement climatique risque de faire basculer 100 millions de personnes dans la pauvreté d'ici à 2030, et impacte déjà des millions d'autres, la sortie des États-Unis de l'accord de Paris traduit l'égoïsme des puissants au mépris de leur population et de la paix dans le monde. Les autres Etats doivent rester mobilisés pour réduire durablement leurs émissions et aider les plus vulnérables à s'adapter au changement climatique. La France, en particulier doit faire preuve d'exemplarité en augmentant les fonds pour ces pays et en soutenant d'ici l'été, la mise en place de la taxe européenne sur les transactions financières".

Réaction de Lucie Pinson, des Amis de la Terre : "Désormais, il n'y a plus de place aux doutes. Les banques françaises, qui se sont engagées à respecter l'accord de Paris, doivent prendre acte de la décision de Donald Trump : elles doivent s'engager clairement à ne pas financer les projets fossiles auxquels l'administration états-unienne va dérouler le tapis rouge. Il s'agit, en priorité, de la construction des terminaux de gaz de schiste Rio Grande LNG et Texas LNG dans lesquels sont impliquées Bnp paribas et Société générale mais également des oléoducs Keystone XL et Trans Mountain. Crédit agricole s'est engagé à ne pas financer le premier mais seule l'exclusion de Transcanada de ses financements garantira l'absence de soutiens au projet. En France, les projets de terminaux gaziers doivent également être gelés car ils constitueraient une porte d'entrée à l'arrivée de bateaux chargés en gaz de schiste en provenance des USA. La décision de Donald Trump force chacun à se positionner et à accepter ou non d'être complice d'une course vers le chaos climatique".

Réaction de Philippe Jahshan, de Coordination SUD, plateforme des ONG françaises de solidarité internationale : "On n'est jamais à l'abri de la bêtise ! Être à rebours de l'histoire est un droit, mais quand on est à la tête de la première puissance mondiale, en faire usage est irresponsable. Donald Trump devra assumer devant les peuples du monde cette décision, et devant l'histoire. Les Objectifs universels du développement durable (ODD), adoptés par les Nations Unies en 2015, fixent un cap de développement ambitieux d'ici à 2030. Cette feuille de route ne pourra se réaliser sans lutter efficacement contre les changements climatiques. Il est désormais urgent que cet acte indigne demeure isolé. Nous en appelons à la France et à la communauté internationale à redoubler leurs efforts pour l'accentuation des engagements de la COP21 et la mise en œuvre des ODD".

Réaction de Fanny Petitbon, de CARE France : "Dix jours après la fin des négociations climatiques à Bonn où la grande majorité des pays a rappelé l'urgence de mettre en œuvre l'accord de Paris, la décision de Donald Trump est consternante. Nous allons tou-te-s être affecté-e-s par ce retour en arrière, et en particulier les populations les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre qui vont en subir les impacts de plein fouet. Rester sous la barre des +1,5°C de réchauffement climatique est pourtant littéralement une question de survie pour les populations les plus vulnérables, notamment celles des petits États insulaires, comme les Fidji, qui présideront la prochaine COP. Les États doivent, sans attendre, faire preuve de solidarité et soutenir des solutions au changement climatique qui respectent les droits humains".

Réaction de Peggy Pascal, d'Action Contre la Faim : "La décision de Donald Trump va contre le sens de l'Histoire et frappe avant tout les populations les plus pauvres, déjà durement touchées par la faim et les guerres à travers le monde. Le changement climatique accentue tragiquement cette situation, menaçant la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 795 millions de personnes, qui pourraient être 600 millions de plus d'ici à 2080 particulièrement avec la réduction concomitante des budgets d'aide au développement. Sortir de l'accord de Paris revient à mettre en péril la vie de dizaine de millions de personnes dans les années qui viennent".

Réaction de Samuel Leré, de la Fondation pour la Nature et l'Homme : "En niant la réalité scientifique et la responsabilité de l'humanité sur le changement climatique, Donald Trump réalise un acte stupide et criminel qui va à rebours du sens de l'Histoire. L'Union européenne (UE) doit se montrer à la hauteur en rehaussant ses engagements climatiques et en retrouvant son leadership sur la scène internationale. Plus que jamais, l'UE doit faire de sa politique commerciale un levier pour accélérer la transition écologique, d'abord en arrêtant de négocier des accords commerciaux climaticides comme le TAFTA, ensuite en interdisant l'importation de charbon et d'hydrocarbures américains".

Réaction de Maxime Combes, d'ATTAC France : "La décision de la Maison-Blanche, véritable bras d'honneur aux populations qui supportent d'ores et déjà les conséquences des dérèglements climatiques, place les États-Unis en pôle position pour être un jour condamnés d'écocide et de crime contre l'humanité. Cette décision illustre les faiblesses intrinsèques de l'accord de Paris qui, en plus d'objectifs climatiques insuffisants, ne donne aucun pouvoir légal aux institutions internationales, aux États et aux citoyens pour poursuivre les États voyous (dont la Russie est un autre exemple), là où la Banque mondiale, le FMI et l'OMC disposent de règles contraignantes et de mécanismes de sanction pour maintenir un statu quo économique et financier insoutenable. C'est à cette dichotomie injustifiable entre commerce et climat qu'il faut désormais s'attaquer d'urgence".

Réaction de Nicolas Haeringer, de 350.org : "Dans la séquence qu'ouvre le retrait des États-Unis de l'accord de Paris, la France doit faire preuve d'exemplarité, de fermeté et de solidarité. Emmanuel Macron doit ainsi geler le développement de tout nouveau projet fossile - les permis d'exploration comme d'exploitation, bien sûr, mais aussi les infrastructures vouées à l'importation d'hydrocarbures vers la France".

Contacts presse :
- Simon Coquillaud, Réseau Action Climat, simon@rac-f.org / +33 6 66 28 95 06
- Caroline Prak, Oxfam France, +33 6 31 25 94 74 / cprak@oxfamfrance.org
- Lucie Pinson, Les Amis de la Terre, +33 6 79 54 37 15
- Jean-Baptiste Poncelet, France Nature Environnement, +33 6 79 21 31 14
- Manuela Lorand, Fondation pour la Nature et l'Homme, +33 6 98 45 46 91
- Yaëlle Szwarcensztein, Care France, +33 7 86 00 42 75 / szwarcensztein@carefrance.org
- Maxime Combes, Attac France, +33 6 24 51 29 44 / maxime.combes@gmail.com
- Léa Vollet, Action Contre la Faim, 01 70 84 72 22 / lvollet@actioncontrelafaim.org
- Gautier Centlivre, Coordination SUD, +33 7 70 00 28 81


Nouvelle réductions des émissions de CO2 du transport routier à l’horizon ?

jeudi 1er juin 2017 par Réseau Action Climat - France

La Commission européenne publie aujourd'hui de nouvelles propositions pour réduire l'impact du transport routier sur les changements climatiques. L'adoption de ces mesures et leur adéquation avec l'impératif climatique dépendra in fine des positions des États membres de l'UE et du parlement européen, mais aussi du rôle joué par la France en particulier. Nos associations attendent du nouveau gouvernement de faire preuve de sincérité vis-à-vis de ses engagements en matière de lutte contre les changements climatiques en se montrant exigeant et ambitieux au cours de son mandat.

La redevance kilométrique pour les poids lourds sous un jour nouveau


Après l'intervention du président de l'association des Régions de France hier auprès du Président de la République en faveur d'une redevance régionale sur les poids lourds, c'est au tour de la Commission européenne de relancer le débat. Dans sa proposition de révision de la directive Eurovignette publiée ce jour, la Commission européenne fait un pas de plus vers l'intégration du principe de pollueur-payeur en proposant notamment de différencier les péages d'infrastructures routières selon les émissions de CO2 des véhicules. Autre nouveauté, elle propose également d'inclure dans le système les véhicules légers (camionnettes, voitures) en plus des camions.

Pour France Nature Environnement et le Réseau Action Climat, le nouveau gouvernement doit saisir ces opportunités pour rouvrir le chantier de la redevance kilométrique poids lourds avec les acteurs concernés.

Comme en témoigne l'intérêt exprimé au niveau régional et européen, l'éco-redevance kilométrique sur les poids lourds reste un outil incontournable pour encourager l'optimisation du transport routier, le report modal dans le transports de marchandises, appliquer le principe de pollueur payer, financer les solutions de transport alternatives au tout routier et par là, mieux lutter contre la congestion, la pollution de l'air et les émissions de gaz à effet de serre.

Des normes au service de véhicules moins gourmands en carburant


La commission européenne confirme aujourd'hui qu'elle proposera de nouvelles normes pour limiter les émissions de CO2 des voitures, des camionnettes (fin de l'année 2017) et pour la première fois, des poids lourds (début 2018)1.

Favorable tant en termes d'emplois que d'économies pour les usagers des véhicules sur leur consommation de carburant, le développement de véhicules plus économes en énergie mérite un soutien fort de la France, où les émissions de CO2 sont reparties à la hausse, de manière contraire aux engagements pris par la France et l'UE de les réduire.

Les mesures d'efficacité énergétique des véhicules routiers sont indispensables à l'horizon 2025 pour limiter les émissions de CO2 en complément du développement du report modal vers les solutions de transports alternatives et la maîtrise de la demande en transports.

1 Un tiers des émissions de CO2 du transport proviennent du transport routier en Europe mais elles ne sont limitées par aucune norme contraignante.


Le Réseau Action Climat recrute un-e responsable des politiques climatiques européennes et internationales

mercredi 31 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Date limite de candidature : 20 juin 2017

Structure :

 Le Réseau Action Climat-France est un réseau d'associations créé en 1996 et spécialiste des changements climatiques. Il est le représentant français du Climate Action Network International (CAN), réseau mondial d'un millier d'organisations non gouvernementales, du Nord et du Sud. Il regroupe 19 associations nationales de protection de l'environnement, de solidarité internationale et de promotion des politiques de lutte contre les changements climatiques, des énergies renouvelables et des transports soutenables, ainsi que des associations locales et régionales.

Poste :

Le/la responsable « Politiques climatiques européennes et internationales » sera placé-e sous la responsabilité de la directrice du Réseau Action Climat et d'un référent, membre du bureau de l'association. Il/elle travaillera en binôme avec la Responsable Négociations climatiques et développement.

Votre mission consistera à :

• Assurer la coordination inter-associative des membres du Réseau Action Climat et de ses partenaires sur : les négociations européennes climat et énergie, les négociations internationales sur le climat, le G20 et les sommets internationaux
• Assurer le plaidoyer et la représentation politique du RAC sur ces sujets notamment vis-à-vis des pouvoirs publics
• Représenter le RAC au sein du CAN-Europe et du CAN-International
• Communiquer auprès des médias
• Participer à la COP23
• Rédiger des analyses

Profil recherché :

De formation bac +5 (de préférence en droit international, politiques de l'environnement, solidarité internationale, économie du développement, sciences politiques), vous disposez des compétences suivantes :

• Expérience en plaidoyer, aisance dans la prise de parole en représentation politique et médiatique
• Bonnes capacités d'animation et esprit de synthèse
• Connaissance des politiques et du fonctionnement des institutions européennes ainsi que des négociations internationales sur le climat
• Expérience dans la recherche de financements
• Une expérience d'au moins 3 ans en plaidoyer sur le climat serait un plus
• Anglais courant indispensable

Conditions de travail :

• CDD temps plein, à pourvoir dès que possible d'une durée de 9 mois avec possibilité de passage en CDI à la fin du contrat
• Salaire à partir de 2 310 € brut/mois (selon expérience et grille de salaire interne).
• Prise en charge transports en commun (50%) ou indemnité kilométrique vélo, tickets restaurants (60% de 7.50 €), possibilité de mutuelle (50%)
• Poste basé à Montreuil (93), Métro ligne 9, station Mairie de Montreuil

Modalités :

Envoyer d'ici le 20 juin un CV et une lettre de motivation (avec les coordonnées de deux référents) à Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat France à l'adresse suivante :

recrutement@rac-f.org

Merci de nommer les fichiers électroniques correspondants à votre CV et LM avec votre nom de famille. Veuillez aussi indiquer dans votre envoi votre date de disponibilité.

PDF - 219.6 ko
Offre d'emploi CDD Europe et International Réseau Action Climat

Le Réseau Action Climat recrute un-e responsable des politiques climatiques européennes et internationales

mercredi 31 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Date limite de candidature : 20 juin 2017

Structure :

 Le Réseau Action Climat-France est un réseau d'associations créé en 1996 et spécialiste des changements climatiques. Il est le représentant français du Climate Action Network International (CAN), réseau mondial d'un millier d'organisations non gouvernementales, du Nord et du Sud. Il regroupe 19 associations nationales de protection de l'environnement, de solidarité internationale et de promotion des politiques de lutte contre les changements climatiques, des énergies renouvelables et des transports soutenables, ainsi que des associations locales et régionales.

Poste :

Le/la responsable « Politiques climatiques européennes et internationales » sera placé-e sous la responsabilité de la directrice du Réseau Action Climat et d'un référent, membre du bureau de l'association. Il/elle travaillera en binôme avec la Responsable Négociations climatiques et développement.

Votre mission consistera en :

• Assurer la coordination inter-associative des membres du Réseau Action Climat et de ses partenaires sur : les négociations européennes climat et énergie, les négociations internationale sur le climat, le G20 et les sommets internationaux
• Assurer le plaidoyer et la représentation politique du RAC sur ces sujets notamment vis-à-vis des pouvoirs publics
• Représenter le RAC au sein du CAN-Europe et du CAN-International
• Communiquer auprès des médias
• Participer à la COP23
• Rédiger des analyses

Profil recherché :

De formation bac +5 (de préférence en droit international, politiques de l'environnement, solidarité internationale, économie du développement, sciences politiques), vous disposez des compétences suivantes :

• Expérience en plaidoyer, aisance dans la prise de parole en représentation politique et médiatique
• Bonnes capacités d'animation et esprit de synthèse
• Connaissance des politiques et du fonctionnement des institutions européennes ainsi que des négociations internationales sur le climat
• Expérience dans la recherche de financements
• Une expérience d'au moins 3 ans en plaidoyer sur le climat serait un plus
• Anglais courant indispensable

Conditions de travail :

• CDD temps plein, à pourvoir dès que possible d'une durée de 9 mois avec possibilité de passage en CDI à la fin du contrat
• Salaire à partir de 2 310 € brut/mois (selon expérience et grille de salaire interne).
• Prise en charge transports en commun (50%) ou indemnité kilométrique vélo, tickets restaurants (60% de 7.50 €), possibilité de mutuelle (50%)
• Poste basé à Montreuil (93), Métro ligne 9, station Mairie de Montreuil

Modalités :

Envoyer d'ici le 20 juin un CV et une lettre de motivation (avec les coordonnées de deux référents) à Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat France à l'adresse suivante :

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Offre d'emploi CDD Europe et International Réseau Action Climat

Accélération de l’élévation du niveau de la mer : un effondrement de l’Antarctique n’est pas exclu

mardi 30 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Alors que l'élévation du niveau de la mer s'accélère depuis 2004, affectant particulièrement les Outre-mers et les petits états insulaires du Pacifique ouest, de récents travaux indiquent qu'elle pourrait devenir beaucoup plus importante à cause de la fonte de l'Antarctique, avec un risque d'effondrement.

Selon la déclaration annuelle de mars 2017 de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l'état du climat mondial en 2016 [a], le niveau moyen de la mer s'est élevé de 20 cm depuis le début du XXème siècle, essentiellement du fait de l'expansion thermique des océans et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires. Il a accusé une très forte hausse lors de l'épisode El Niño 2015/16, environ 15 millimètres entre novembre 2014 et février 2016, soit une nouvelle valeur record nettement supérieure au rythme annuel de 3 mm environ constaté après 1993.

Les scientifiques observent que l'élévation du niveau de la mer varie selon les zones du globe (voir infographie Mean Sea Level rise and Regional Variability), son ampleur étant particulièrement marquée dans le Pacifique. « Sur les 25 dernières années, le niveau de la mer dans l'ouest du Pacifique est monté plus vite qu'ailleurs, d'environ 12 mm/an », explique Benoît Meyssignac, chercheur au Laboratoire d'études en géodésie et océanographie spatiale (LEGOS) du Centre national d'études spatiales (CNES). « Cela est lié à l'influence du phénomène El Nino. Les vents déplacent les masses d'eaux chaudes vers l'ouest durant les épisodes El Nino, ce qui augmente le volume d'eaux chaudes à l'ouest du Pacifique tropical ». [Meyssignac B. et al., 2012] [1], [Meyssignac B. et al., 2012] [2], et [Meyssignac B. et al., 2017] [3] . Alors que les Outre-mer [b] et les petits états insulaires du Pacifique ouest [c] subissent déjà les effets de cette hausse, à l'avenir les océans tropicaux dans leur ensemble seront affectés par cette élévation de plus grande amplitude.

Source : site Aviso + du CNES



L'élévation marine s'accélère depuis 2004

Selon les dernières études scientifiques, la montée de la mer s'est accélérée. « La mer n'est pas montée régulièrement comme on le croyait. On voit une accélération depuis les années 2000 », remarque Anny Cazenave, chercheuse au LEGOS du CNES. En réalité, suite à la correction d'une erreur instrumentale liée au satellite américain Topex (voir le graphique 1993-2017 issu des données satellites Topex/Poséidon), l'analyse des données a montré que la vitesse de montée des eaux était plus faible entre 1993 et 2004 (2.67 mm/an) et plus importante de 2004 à 2015 (3.49 mm/an), avec une moyenne corrigée de 1993 à 2015 de 3,03 mm par an.

Sources :
(1) Résumé à l'intention des décideurs (p 11), GT1, 5è rapport du GIEC, 2013
(2) Dieng et al., 2017

Il est possible que l'éruption du volcan Pina Tubo en 1991 ait ralenti la hausse de la mer durant les années 1990. « Ce phénomène qui produit de nombreuses quantités d'aérosols dans l'atmosphère réduit l'expansion thermique de l'océan (l'augmentation du volume de l'océan à cause de son réchauffement) au niveau global sur une période de 2 à 5 ans, résume Benoît Meyssignac ». [Fasullo et al., 2016] [4] On observe cependant que l'expansion thermique des océans a peu varié entre les années 1990 et les années 2000.

En revanche, on constate une nette accélération de la fonte du Groenland au cours de la dernière décennie, cause dominante de l'accélération de la hausse de la mer depuis 2004 [Dieng et al., 2017] [5] . « Depuis les années 2000, c'est surtout la fonte plus rapide du Groenland qui a accéléré le changement du niveau marin. Mais l'Antarctique, les glaciers et l'expansion thermique de l'océan contribuent aussi un peu à cette accélération », note Anny Cazenave.

Source : : LEGOS, (Dieng et al., 2017)



La fonte de l'Antarctique pourrait amplifier l'élévation des océans de 30 à 100 cm d'ici 2100

Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 5è rapport (AR5), Groupe de travail 1 (GT1), « Les éléments scientifiques », 2013) intégrait l'effet du Groenland et de l'Antarctique, mais la fonte de ce dernier était encore sous-estimée.

Catherine Ritz, glaciologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a publié en 2015 un article qui estime que la fonte de l'Antarctique pourrait encore augmenter le niveau marin de 30 cm d'ici 2100, ce qui diffère des 15 cm maximum estimés dans le 5è rapport du GIEC (voir Table 13.5 [d], figures ci-dessous et 13 10 de l'AR5) [Ritz C. et al., 2015] [6].

Sources : Figures TS.21 [e], 13 10 et SPM 09 et Table 13.5 du 5è rapport du GIEC, 2013

Le travail de Catherine Ritz prend en compte diverses instabilités jusque-là non intégrées aux modèles. L'Antarctique est entouré de glaciers qui forment des plateformes flottant sur la mer. Dans certaines zones, comme la péninsule d'Amundsen, à l'ouest du continent, plusieurs d'entre-elles ont déjà fondu. Avec l'accélération de la fonte en surface, l'eau, un peu plus chaude, pénètre dans les crevasses. Des fractures apparaissent dans la glace qui fond de plus en plus en profondeur [Alley K.E et al., 2016] [7].

Un autre élément encore peu pris en compte est lié à l'océan, sous ces plateformes glaciaires. « Le changement climatique modifie la circulation marine, précise Catherine Ritz. L'eau du fond de l'océan, relativement chaude, peut remonter et affecter ces plateformes. Jusqu'alors, dans les modèles, on n'intégrait pas ce phénomène. Or cela entraîne leur amincissement. Une fois brisées, elles ne retiennent plus les glaciers qui s'écoulent alors plus vite ». Ces phénomènes provoquent une instabilité des calottes glaciaires marines qui augmente le volume de glace drainé vers l'océan et contribue à l'élévation du niveau des mers. « Nous avons modélisé cette glace qui flotte. Notre équipe s'est basée sur les observations actuelles pour évaluer différents scénarii. Nous estimons ainsi que la fonte de l'Antarctique pourrait rajouter environ 30 cm au niveau des mers d'ici 2100 », soit 15 cm de plus que dans le 5è rapport du GIEC de 2013 (ces données concernant la fonte de l'Antarctique, sans prise en compte de l'enneigement supplémentaire causé par le réchauffement, voir figure ci-dessus).

« L'équipe de DeConto et Pollard, reprend Catherine Ritz, qui a publié un article sur le même sujet en 2016, se base de son côté sur les variations passées du dernier interglaciaire et du pliocène (voir vidéos sur les cycles glaciaires/interglaciaires et les nouveaux scénarios prenant en compte la vulnérabilité des calottes de glace). Elle estime ainsi l'élévation à environ un mètre de plus d'ici 2100 », soit 88 cm de plus que dans le 5è rapport du GIEC (leurs données concernant la contribution totale de l'Antarctique, fonte moins enneigement, voir figure ci-dessus) [DeConto R.M. et Pollard D., 2016] [8]


Effondrement possible de l'Antarctique

En sous-estimant l'effet de la contribution totale de l'Antarctique à la hausse du niveau de la mer à 12 cm maximum en 2100, le GIEC en 2013 concluait à une élévation pouvant atteindre jusqu'à 82 centimètres au cours de la période 2081-2100 et 98 cm en 2100 [f] par rapport à 1986–2005 (voir figures ci-dessus, SPM 09 et page 26 du Résumé à l'intention des décideurs, 5è rapport du GIEC, 2013).

Ces nouvelles données augmentent grandement les estimations de l'élévation supplémentaire du niveau marin, pouvant atteindre donc dans le pire scénario environ 1.13 m (98 + 15 cm) en 2100, en se basant sur les paramètres actuels, voire 1.86 m (98 + 88 cm) en 2100, en se basant sur les variations passées, ceci par rapport à la moyenne 1986–2005 [voir le site Flood Map avec une carte, réalisée à partir des données de la NASA, représentant les territoires qui seraient touchés par une hausse du niveau de la mer supérieure ou égale à 1 m].

Sources :
(2) Catherine Ritz et al., 2015
(3) DeConto R.M. et Pollard D., 2016

Le pire est-il possible ? « La principale incertitude aujourd'hui, c'est l'Antarctique, conclut Catherine Ritz. Même s'il y a un réchauffement minime, on ne peut pas exclure un effondrement ».

On mesure alors la gravité des paroles de Petteri Taalas, le Secrétaire général de l'OMM, à l'occasion de cette déclaration annuelle sur l'état du climat mondial : « L'entrée en vigueur, le 4 novembre 2016, de l'Accord de Paris sur le climat au titre de la CCNUCC fera date dans l'histoire. Il est primordial que cet accord se traduise concrètement dans les faits pour que la communauté internationale puisse faire face au changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en favorisant la résilience au changement climatique et en intégrant les mesures d'adaptation dans les politiques nationales d'aide au développement ».





Références (revues scientifiques à comité de lecture) :
- [1] Meyssignac B. et al., 2012, An Assessment of Two-Dimensional Past Sea Level Reconstructions Over 1950–2009 Based on Tide-Gauge Data and Different Input Sea Level Grids Survey in Geophysics, Vol 33, Issue 5, pp 945-972 DOI : 10.1007/s10712-011-9171-x
- [2] Meyssignac B. et al., 2012, Tropical Pacific spatial trend patterns in observed sea level : internal variability and/or anthropogenic signature ? Climate of the Past, 8, 787-802
- [3] Meyssignac B. et al., 2017 (à paraitre), Regional Sea Level Changes for the Twentieth and the Twenty-First Centuries Induced by the Regional Variability in Greenland Ice Sheet Surface Mass Loss American Meteorological Society DOI : 10.1175/JCLI-D-16-0337.1
- [4] Fasullo J. T. Nerem R. S. and Hamlington B. (2016) Is the detection of accelerated sea level rise imminent ? Nature www.nature.com/scientificreports 6:31245 DOI : 10.1038/srep31245
- [5] Dieng H., Cazenave A., Meyssignac B. and Ablain M.,., 2017, New estimate of the current rate of sea level rise from a sea level budget approach, Geophysical Research Letters, DOI : 10.1002/2017GL073308
- [6] Ritz C. et al., 2015, Potential sea-level rise from Antarctic ice-sheet instability constrained by observations. Nature 528 115–118 doi:10.1038/nature16147
- [7] Alley K.E et al., 2016, Impacts of warm water on Antarctic ice shelf stability through basal channel formation. Nature Geoscience Vol 9 DOI : 10.1038/NGEO2675
- [8] DeConto R.M. et Pollard D., 2016, Contribution of Antarctica to past and future sea-level rise. Nature 531 591–597 doi:10.1038/nature17145
- Cazenave A., Dieng H., Meyssignac B., von Schuckmann K., Decharme B. and Berthier E., The rate of sea level rise, Nature Climate Change, vol 4, 358-361, doi:10.1038/NCLIMATE2159, 2014.

Notes :
- [a] WMO Statement on the State of the Global Climate in 2016
- [b] Les outre-mer face au défi du changement climatique, Rapport ONERC, Duvat V., 2012
- Rapport d'information sur les conséquences du changement climatique dans les outre-mer, Assemblée nationale, Octobre 2015
- [c] Vulnérabilités au changement climatique des Outre-mer et des petits Etats insulaires Rapport AFD, octobre 2015
- [d] Table 13.5 : voir lignes « Antarctic ice sheet » et « Greenland Ice sheet » colonne de droite p 1182 du chapitre 13 du 5è rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, Groupe de travail 1 (GT1), « Les éléments scientifiques », 2013) .
- [e] La Figure TS.21 est disponible en français page 99 du résumé technique du 5è rapport du GIEC, GT1
- [f] Voir l'élévation maximale du niveau de la mer de 98 cm en 2100 figurant sur la Table 13.5 (dernière ligne colonne de droite) p 1182 du chapitre 13 du 5è rapport du GIEC

Informations complémentaires :
- Site du Ministère de la Transition écologique et solidaire : http://www.developpement-durable.go...
- Site Aviso + du CNES :
http://www.aviso.altimetry.fr/en/da...
- Site du GLACCIOS (Glaces et Continents, Climats et Isotopes Stables) du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE) http://www.lsce.ipsl.fr/Phocea/Vie_...


Accélération de l’élévation du niveau de la mer : un effondrement de l’Antarctique n’est pas exclu

mardi 30 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Alors que l'élévation du niveau de la mer s'accélère depuis 2004, affectant particulièrement les Outre-mers et les petits états insulaires du Pacifique ouest, de récents travaux indiquent qu'elle pourrait devenir beaucoup plus importante à cause de la fonte de l'Antarctique, avec un risque d'effondrement.

Selon la déclaration annuelle de mars 2017 de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l'état du climat mondial en 2016 [a], le niveau moyen de la mer s'est élevé de 20 cm depuis le début du XXème siècle, essentiellement du fait de l'expansion thermique des océans et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires. Il a accusé une très forte hausse lors de l'épisode El Niño 2015/16, environ 15 millimètres entre novembre 2014 et février 2016, soit une nouvelle valeur record nettement supérieure au rythme annuel de 3 mm environ constaté après 1993.

Les scientifiques observent que l'élévation du niveau de la mer varie selon les zones du globe (voir infographie Mean Sea Level rise and Regional Variability), son ampleur étant particulièrement marquée dans le Pacifique. « Sur les 25 dernières années, le niveau de la mer dans l'ouest du Pacifique est monté plus vite qu'ailleurs, d'environ 12 mm/an », explique Benoît Meyssignac, chercheur au Laboratoire d'études en géodésie et océanographie spatiale (LEGOS) du Centre national d'études spatiales (CNES). « Cela est lié à l'influence du phénomène El Nino. Les vents déplacent les masses d'eaux chaudes vers l'ouest durant les épisodes El Nino, ce qui augmente le volume d'eaux chaudes à l'ouest du Pacifique tropical ». [Meyssignac B. et al., 2012] [1], [Meyssignac B. et al., 2012] [2], et [Meyssignac B. et al., 2017] [3] . Alors que les Outre-mer [b] et les petits états insulaires du Pacifique ouest [c] subissent déjà les effets de cette hausse, à l'avenir les océans tropicaux dans leur ensemble seront affectés par cette élévation de plus grande amplitude.

Source : site Aviso + du CNES



L'élévation marine s'accélère depuis 2004

Selon les dernières études scientifiques, la montée de la mer s'est accélérée. « La mer n'est pas montée régulièrement comme on le croyait. On voit une accélération depuis les années 2000 », remarque Anny Cazenave, chercheuse au LEGOS du CNES. En réalité, suite à la correction d'une erreur instrumentale liée au satellite américain Topex (voir le graphique 1993-2017 issu des données satellites Topex/Poséidon), l'analyse des données a montré que la vitesse de montée des eaux était plus faible entre 1993 et 2004 (2.67 mm/an) et plus importante de 2004 à 2015 (3.49 mm/an), avec une moyenne corrigée de 1993 à 2015 de 3,03 mm par an.

Sources :
(1) Résumé à l'intention des décideurs (p 11), GT1, 5è rapport du GIEC, 2013
(2) Dieng et al., 2017

Il est possible que l'éruption du volcan Pina Tubo en 1991 ait ralenti la hausse de la mer durant les années 1990. « Ce phénomène qui produit de nombreuses quantités d'aérosols dans l'atmosphère réduit l'expansion thermique de l'océan (l'augmentation du volume de l'océan à cause de son réchauffement) au niveau global sur une période de 2 à 5 ans, résume Benoît Meyssignac ». [Fasullo et al., 2016] [4] On observe cependant que l'expansion thermique des océans a peu varié entre les années 1990 et les années 2000.

En revanche, on constate une nette accélération de la fonte du Groenland au cours de la dernière décennie, cause dominante de l'accélération de la hausse de la mer depuis 2004 [Dieng et al., 2017] [5] . « Depuis les années 2000, c'est surtout la fonte plus rapide du Groenland qui a accéléré le changement du niveau marin. Mais l'Antarctique, les glaciers et l'expansion thermique de l'océan contribuent aussi un peu à cette accélération », note Anny Cazenave.

Source : : LEGOS, (Dieng et al., 2017)



La fonte de l'Antarctique pourrait amplifier l'élévation des océans de 30 à 100 cm d'ici 2100

Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 5è rapport (AR5), Groupe de travail 1 (GT1), « Les éléments scientifiques », 2013) intégrait l'effet du Groenland et de l'Antarctique, mais la fonte de ce dernier était encore sous-estimée.

Catherine Ritz, glaciologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a publié en 2015 un article qui estime que la fonte de l'Antarctique pourrait encore augmenter le niveau marin de 30 cm d'ici 2100, ce qui diffère des 15 cm maximum estimés dans le 5è rapport du GIEC (voir Table 13.5 [d], figures ci-dessous et 13 10 de l'AR5) [Ritz C. et al., 2015] [6].

Sources : Figures TS.21 [e], 13 10 et SPM 09 et Table 13.5 du 5è rapport du GIEC, 2013

Le travail de Catherine Ritz prend en compte diverses instabilités jusque-là non intégrées aux modèles. L'Antarctique est entouré de glaciers qui forment des plateformes flottant sur la mer. Dans certaines zones, comme la péninsule d'Amundsen, à l'ouest du continent, plusieurs d'entre-elles ont déjà fondu. Avec l'accélération de la fonte en surface, l'eau, un peu plus chaude, pénètre dans les crevasses. Des fractures apparaissent dans la glace qui fond de plus en plus en profondeur [Alley K.E et al., 2016] [7].

Un autre élément encore peu pris en compte est lié à l'océan, sous ces plateformes glaciaires. « Le changement climatique modifie la circulation marine, précise Catherine Ritz. L'eau du fond de l'océan, relativement chaude, peut remonter et affecter ces plateformes. Jusqu'alors, dans les modèles, on n'intégrait pas ce phénomène. Or cela entraîne leur amincissement. Une fois brisées, elles ne retiennent plus les glaciers qui s'écoulent alors plus vite ». Ces phénomènes provoquent une instabilité des calottes glaciaires marines qui augmente le volume de glace drainé vers l'océan et contribue à l'élévation du niveau des mers. « Nous avons modélisé cette glace qui flotte. Notre équipe s'est basée sur les observations actuelles pour évaluer différents scénarii. Nous estimons ainsi que la fonte de l'Antarctique pourrait rajouter environ 30 cm au niveau des mers d'ici 2100 », soit 15 cm de plus que dans le 5è rapport du GIEC de 2013 (ces données concernant la fonte de l'Antarctique, sans prise en compte de l'enneigement supplémentaire causé par le réchauffement, voir figure ci-dessus).

« L'équipe de DeConto et Pollard, reprend Catherine Ritz, qui a publié un article sur le même sujet en 2016, se base de son côté sur les variations passées du dernier interglaciaire et du pliocène (voir vidéos sur les cycles glaciaires/interglaciaires et les nouveaux scénarios prenant en compte la vulnérabilité des calottes de glace). Elle estime ainsi l'élévation à environ un mètre de plus d'ici 2100 », soit 88 cm de plus que dans le 5è rapport du GIEC (leurs données concernant la contribution totale de l'Antarctique, fonte moins enneigement, voir figure ci-dessus) [DeConto R.M. et Pollard D., 2016] [8]


Effondrement possible de l'Antarctique

En sous-estimant l'effet de la contribution totale de l'Antarctique à la hausse du niveau de la mer à 12 cm maximum en 2100, le GIEC en 2013 concluait à une élévation pouvant atteindre jusqu'à 82 centimètres au cours de la période 2081-2100 et 98 cm en 2100 [f] par rapport à 1986–2005 (voir figures ci-dessus, SPM 09 et page 26 du Résumé à l'intention des décideurs, 5è rapport du GIEC, 2013).

Ces nouvelles données augmentent grandement les estimations de l'élévation supplémentaire du niveau marin, pouvant atteindre donc dans le pire scénario environ 1.13 m (98 + 15 cm) en 2100, en se basant sur les paramètres actuels, voire 1.86 m (98 + 88 cm) en 2100, en se basant sur les variations passées, ceci par rapport à la moyenne 1986–2005 [voir le site Flood Map avec une carte, réalisée à partir des données de la NASA, représentant les territoires qui seraient touchés par une hausse du niveau de la mer supérieure ou égale à 1 m].

Sources :
(2) Catherine Ritz et al., 2015
(3) DeConto R.M. et Pollard D., 2016

Le pire est-il possible ? « La principale incertitude aujourd'hui, c'est l'Antarctique, conclut Catherine Ritz. Même s'il y a un réchauffement minime, on ne peut pas exclure un effondrement ».

On mesure alors la gravité des paroles de Petteri Taalas, le Secrétaire général de l'OMM, à l'occasion de cette déclaration annuelle sur l'état du climat mondial : « L'entrée en vigueur, le 4 novembre 2016, de l'Accord de Paris sur le climat au titre de la CCNUCC fera date dans l'histoire. Il est primordial que cet accord se traduise concrètement dans les faits pour que la communauté internationale puisse faire face au changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en favorisant la résilience au changement climatique et en intégrant les mesures d'adaptation dans les politiques nationales d'aide au développement ».





Références (revues scientifiques à comité de lecture) :
- [1] Meyssignac B. et al., 2012, An Assessment of Two-Dimensional Past Sea Level Reconstructions Over 1950–2009 Based on Tide-Gauge Data and Different Input Sea Level Grids Survey in Geophysics, Vol 33, Issue 5, pp 945-972 DOI : 10.1007/s10712-011-9171-x
- [2] Meyssignac B. et al., 2012, Tropical Pacific spatial trend patterns in observed sea level : internal variability and/or anthropogenic signature ? Climate of the Past, 8, 787-802
- [3] Meyssignac B. et al., 2017 (à paraitre), Regional Sea Level Changes for the Twentieth and the Twenty-First Centuries Induced by the Regional Variability in Greenland Ice Sheet Surface Mass Loss American Meteorological Society DOI : 10.1175/JCLI-D-16-0337.1
- [4] Fasullo J. T. Nerem R. S. and Hamlington B. (2016) Is the detection of accelerated sea level rise imminent ? Nature www.nature.com/scientificreports 6:31245 DOI : 10.1038/srep31245
- [5] Dieng H., Cazenave A., Meyssignac B. and Ablain M.,., 2017, New estimate of the current rate of sea level rise from a sea level budget approach, Geophysical Research Letters, DOI : 10.1002/2017GL073308
- [6] Ritz C. et al., 2015, Potential sea-level rise from Antarctic ice-sheet instability constrained by observations. Nature 528 115–118 doi:10.1038/nature16147
- [7] Alley K.E et al., 2016, Impacts of warm water on Antarctic ice shelf stability through basal channel formation. Nature Geoscience Vol 9 DOI : 10.1038/NGEO2675
- [8] DeConto R.M. et Pollard D., 2016, Contribution of Antarctica to past and future sea-level rise. Nature 531 591–597 doi:10.1038/nature17145
- Cazenave A., Dieng H., Meyssignac B., von Schuckmann K., Decharme B. and Berthier E., The rate of sea level rise, Nature Climate Change, vol 4, 358-361, doi:10.1038/NCLIMATE2159, 2014.

Notes :
- [a] WMO Statement on the State of the Global Climate in 2016
- [b] Les outre-mer face au défi du changement climatique, Rapport ONERC, Duvat V., 2012
- Rapport d'information sur les conséquences du changement climatique dans les outre-mer, Assemblée nationale, Octobre 2015
- [c] Vulnérabilités au changement climatique des Outre-mer et des petits Etats insulaires Rapport AFD, octobre 2015
- [d] Table 13.5 : voir lignes « Antarctic ice sheet » et « Greenland Ice sheet » colonne de droite p 1182 du chapitre 13 du 5è rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, Groupe de travail 1 (GT1), « Les éléments scientifiques », 2013) .
- [e] La Figure TS.21 est disponible en français page 99 du résumé technique du 5è rapport du GIEC, GT1
- [f] Voir l'élévation maximale du niveau de la mer de 98 cm en 2100 figurant sur la Table 13.5 (dernière ligne colonne de droite) p 1182 du chapitre 13 du 5è rapport du GIEC

Informations complémentaires :
- Site du Ministère de la Transition écologique et solidaire : http://www.developpement-durable.go...
- Site Aviso + du CNES :
http://www.aviso.altimetry.fr/en/da...
- Site du GLACCIOS (Glaces et Continents, Climats et Isotopes Stables) du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE) http://www.lsce.ipsl.fr/Phocea/Vie_...


Rapport d’activité 2016 du Réseau Action Climat

lundi 29 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

L'Assemblée Générale (AG) du Réseau Action Climat - France s'est déroulée le 12 mai 2017 à Montreuil. Retrouvez le rapport d'activité de l'année 2016 en ligne.


Dieselgate : un autre scandale est toujours possible

lundi 29 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Presque deux ans après les révélations de l'affaire Volkswagen, les ministres européens de l'Économie se sont mis d'accord sur la réforme en cours du système de réception des véhicules. Le Réseau Action Climat regrette que cet accord aboutisse sur un compromis trop faible pour éviter qu'un nouveau scandale ne voie le jour.

Le texte adopté prévoit la possibilité, pour la Commission européenne, d'effectuer des tests de surveillance du marché automobile pour mesurer les émissions des véhicules ainsi que, dans certaines conditions, des amendes pour les constructeurs automobiles qui ne seraient pas en règle. En revanche, les États, dont la responsabilité dans l'apparition du scandale du Dieselgate ne fait aucun doute, échappent à un véritable contrôle de la part d'une instance européenne.

C'est pourquoi des contrôles supranationaux auprès des autorités nationales d'homologation des véhicules et des services techniques doivent être ajoutés à la législation pour assurer transparence et indépendance vis-à-vis des constructeurs automobiles. Pour éviter tout conflit d'intérêt, il faudrait aussi retirer aux constructeurs automobiles la capacité d'indemniser les services techniques chargés d'effectuer les tests de mesure.

Le Parlement européen et la Commission européenne ayant des propositions plus ambitieuses, le Réseau Action Climat en appelle au volontarisme de la France pour les soutenir dans le cadre du trilogue qui doit désormais avoir lieu. Le Président de la République s'était engagé pendant sa campagne à renforcer les normes anti-pollution européennes et les contrôles en conditions réelles en tirant les enseignements du scandale. Nous espérons qu'il saisira l'opportunité de cette réforme pour tenir sa promesse. Une législation plus robuste est indispensable pour rétablir la confiance dans les normes anti pollution et protéger la santé de tous et réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur automobile.


G7 : La société civile appelle E. Macron à l’exemplarité, à la solidarité et à la fermeté

mercredi 24 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Ce matin, une délégation d'associations et ONG environnementales françaises a été reçue à sa demande, à l'Élysée, par le cabinet d'Emmanuel Macron. La délégation était composée d'un “défenseur de l'eau” (chef de la tribu Esto'k Gna, qui lutte contre les projets d'infrastructures fossiles aux États-Unis) et de représentants de 350.org, Alternatiba, les Amis de la Terre, Attac France, Oxfam France et du Réseau Action Climat.

Alors que le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, adopté à l'issue de la COP21, pourrait être officialisé après le G7 (qui se tient ce week-end), la délégation a remis une lettre exhortant Emmanuel Macron à “faire preuve de volontarisme, c'est à dire d'exemplarité, de solidarité et de fermeté”, pour tenir les engagements pris à l'issue de la COP21.

Pour les signataires de la lettre, il s'agit en effet de ne pas rater le début de la séquence internationale qui, du G7, nous mènera à la COP23 (à Bonn fin 2017), dont la présidence est cette année assurée par les Fidji.

La lettre remise à Emmanuel Macron : https://docs.google.com/document/d/...


Contacts presse :
- Nicolas Haeringer, 350.org, nicolas@350.org / +33 6 50 86 12 59
- Célia Gautier, Responsable des politiques européennes et internationales, Réseau Action Climat, celia@rac-f.org / +33 6 72 34 00 27


[Agenda] Conférence de presse avec Alternatiba, les Amis de la Terre, Attac France, Oxfam France et le Réseau Action Climat

mardi 23 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

À la veille de la première rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump, deux jours avant le sommet du G7, 350.org, Alternatiba les Amis de la Terre, Attac France, Oxfam France et le Réseau Action Climat organisent une conférence de presse.

Cette conférence interviendra alors que le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, adopté à l'issue de la COP21, pourrait être officialisé après le G7. Dans ce contexte, il est fondamental qu'Emmanuel Macron prenne des mesures fortes en matière de politiques climatiques, dès le début de son mandat.

Elle se tient en outre au milieu d'une semaine chargée en mobilisations : tournée française des défenseurs de Standing Rock et venue du chef de la tribu Esto'k Gna, en lutte contre les grands projets d'infrastructures fossiles aux États-Unis. Ils participent notamment aux mobilisations organisées en marge des Assemblées générales des banques françaises impliquées dans ces projets, performance organisée au musée du Louvre pour dénoncer les liens entre le musée et Total, etc.

La conférence de presse sera précédée d'une action symbolique, avant le début du deuxième Conseil des ministres, afin de manifester la détermination de la société civile à se mobiliser pour la justice climatique.


- RDV pour la conférence de presse : 10h30 au café le Mirasol, 17 rue Roquépine Paris 8ème


Contacts presse :
- 350.org - Nicolas Haeringer - +33650861259 - nicolas@350.org
- Réseau Action Climat - Célia Gautier - +33672340027 - celia@rac-f.org


Annonce du nouveau gouvernement - Notre réaction à la nomination du Ministre de la Transition écologique et solidaire

mercredi 17 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Réaction du Réseau Action Climat

Nicolas Hulot a déjà fait les preuves de son engagement et de sa détermination en faveur de l'environnement. Mais le périmètre du ministère de la Transition Écologique et Solidaire devra être précisé pour s'assurer qu'il intègre les leviers essentiels pour la lutte contre les changements climatiques que sont le logement, l'énergie ou encore les transports. Sans cette place primordiale qui doit être donnée par le nouveau Gouvernement à la transition énergétique et climatique, la pleine mise en œuvre, dans notre pays, de l'accord de Paris sur le climat et des objectifs de la loi sur la transition énergétique seront menacés. Le Réseau Action Climat restera vigilant quant aux contours précis des ministères et à la tenue de l'engagement d'Emmanuel Macron de faire de la transition écologique le fil rouge de son projet.

Contacts presse :

- Célia Gautier, Responsable des politiques européennes et internationales, Réseau Action Climat, celia@rac-f.org / +33 6 72 34 00 27
- Simon Coquillaud, Responsable communication, Réseau Action Climat, simon@rac-f.org / +33 6 66 28 95 06


Webinaire : Agir sur les émissions indirectes

mardi 16 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Le Réseau Action Climat a organisé en 2017 un webinaire sur le sujet des émissions indirectes. Quelles actions permettent de les diminuer ?

La prise en compte des émissions indirectes (scope 3 pour les entreprises, analyse cycle de vie pour les produits ou les émissions importées pour l'empreinte carbone de la consommation finale d'un pays ou d'un habitant) permet de poser la question de la responsabilité climatique "globale". Selon la méthode de comptabilisation choisie l'impact carbone d'un pays / produit / entreprise / personne peut varier énormément. Pour avoir une vision globale des actions permettant de diminuer cet impact il est donc crucial de quantifier les émissions indirectes afin de détecter et mettre en place les pistes d'action les plus pertinentes.

Le Réseau Action Climat a organisé début 2017 un webinaire sur le sujet "Comment agir sur les émissions indirectes". Ci-dessous la présentation utilisée et les vidéos des différentes interventions (audio + présentation des dispositifs).

PDF - 3.1 Mo
Panorama émissions indirectes Webinair RAC 2017


Emission indirectes : Kézako ? Enjeux et définitions

ACV, Scope 3, émissions indirectes, amont et aval, émissions importées, émissions liées à la consommation, empreinte carbone, bilan carbone…
Quels sont les enjeux liés à la prise en compte des émissions indirectes ?
Qui est responsable des émissions indirectes ? Est-il possible de mettre en place des objectifs climat sur des émissions indirectes ? Quelles différences entre les approches « produit », « collectivité », « entreprise », « état », « panier de consommation », « secteur » ?


Quelles mesures pour réduire les émissions indirectes ?

• Transport
Les normes d'émissions sont-elles suffisantes pour réduire les émissions indirectes ?

• Agriculture
Les émissions indirectes liées à l'alimentation humaine, à l'alimentation animale et aux engrais azotés

• Facteurs d'émissions « énergie »
Prise en compte du poids climat des fossiles non conventionnels importés en France

• Reporting carbone des collectivités territoriales
Quelle place légale pour les émissions indirectes dans ces reporting ? Quelles pratiques ?

• Reporting carbone des entreprises
Quelle place légale pour les émissions indirectes dans ces reporting ? Quelles pratiques ?


Débat

• La consommation au cœur des émissions indirectes : Présentation de l'outil MICMAC par l'association TACA : http://avenirclimatique.org/micmac/...


Méthane et changement climatique : un danger négligé qui s’accroît

mercredi 10 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Parler du dioxyde de carbone (CO2) éclipse souvent le méthane (CH4). A tort. Car l'augmentation de la concentration atmosphérique de ce gaz s'accélère depuis 2013. Or il a un effet réchauffant bien plus élevé que celui du CO2, en particulier sur 10 ans, ce qui rend critique les décisions prises pour les années à venir.

Une augmentation rapide de la concentration atmosphérique de CH4 depuis 2013

« Au cours des années 2014 à 2016, la concentration de méthane (CH4) a augmenté à une vitesse inégalée depuis les années 1980, lance Marielle Saunois, enseignant-chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). Cette tendance suit la pente du scénario le plus pessimiste (RCP 8.5 : voir tableau de l'évolution de la température moyenne à la surface du globe pour 2081-2100 suivant les différents scénarios RCP) du rapport de 2013 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 5è rapport (AR5), Groupe de travail 1 (GT 1), « Les éléments scientifiques »). La concentration de méthane dans l'atmosphère est actuellement plus de 2,5 fois celle de 1750, avec 1843 ppb (parties par milliards) en 2016 ».


L'augmentation de la concentration atmosphérique de CH4 en 2014 et 2016 correspond à une augmentation annuelle de 10 ppb par an en moyenne soit un peu plus d'un doublement de la tendance observée entre les années 2005 et 2011 d'après le 5è rapport du GIEC de 2013 (voir tableau ci-dessous). Or le méthane a un effet réchauffant nettement supérieur au dioxyde de carbone (CO2) sur une période de 10 ans après son émission, qui diminue par la suite (voir graphique de l'augmentation de la température suite à un an d'émissions de CO2 ou de CH4, source : figure 8.33 de la page 719 du Ch. 8 de l'AR 5, GT 1).

Sources :
(1) Table 8,2 Ch. 8 GT1 page 678, 5è rapport du GIEC, 2013
(2) Agence américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA), 2017

Ces données récentes sur le CH4 proviennent des dernières données atmosphériques de l'Agence américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA) et d'articles publiés en 2016 [1] [2] sous l'égide du Global Carbon Project, un projet de recherche qui regroupe de nombreux scientifiques du monde entier pour travailler sur les inventaires du carbone et du méthane [3] [4]. Si ce bilan planétaire des sources et puits de méthane réalisé tous les 2 à 3 ans est essentiel, il reste décalé dans le temps. Les dernières estimations des émissions s'arrêtent en effet fin 2012. Pour les prochains bilans, un minimum de deux ans de décalage avec l'année en cours subsistera puisqu'ils nécessiteront toujours du temps pour récupérer, valider, et analyser les données, puis réaliser les simulations numériques les utilisant. « Nous avons pour objectif de faire cet inventaire tous les deux ans. L'inventaire du CO2 se fait annuellement. Pour le méthane, c'est plus complexe », précise Marielle Saunois. Cela est dû au fait que les puits et les sources de ce gaz sont très diversifiés (voir l'estimation des puits et sources de méthane selon le Global Carbon Project en moyenne sur la période 2003-2012) et moins bien connus que pour le CO2.

A l'avenir, de nouvelles observations permettront d'améliorer aussi les estimations des sources et puits de méthane : « Jusque-là, nous avions des observations à des endroits fixes mais ne couvrant pas uniformément tout le globe », observe Sébastien Payan, enseignant-chercheur au laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS). Les missions spatiales comme celle du satellite Merlin [5] (Mission Lidar de télédétection du méthane depuis l'espace), qui sera mis en orbite en 2021, permettront d'obtenir une concentration bien plus précise du méthane dans l'atmosphère et de voir sa distribution sur toute la Terre ».

Les sources des émissions de CH4

Les premières sources de méthane sont liées à des processus microbiens. La dégradation de la matière organique, dans des environnements privés d'oxygène, produit du méthane. 34% des émissions planétaires de CH4 concernent l'agriculture (élevage et culture du riz) et les déchets (voir le rapport entre les émissions annuelles par source et celles annuelles totales notées dans la figure « Cycle global du méthane »). 34% proviennent des zones inondées (marécages et lacs) et des pergélisols (voir Pergélisol, le piège climatique, 2015, CNRS) . Les deux autres types de sources de méthane sont pour 27% liés à l'exploitation et l'utilisation des combustibles fossiles et au dégazage naturel de la croûte terrestre, et pour 5% aux feux de forêts et à l'utilisation de biocarburants.

A l'échelle régionale (voir figure régionale ci-dessous et le graphique interactif sur les sources selon les régions géographiques), le méthane est principalement émis dans les tropiques avec des contributions des régions boréales et de régions plus tempérées à forte population (ex. Chine).

Les solutions pour réduire le CH4

Pour les scientifiques qui ont étudié ces concentrations, leur augmentation met en doute la réalité, ou au moins l'efficacité, des mesures prises pour réduire les émissions de méthane, alors que les contrôler sera vraisemblablement essentiel pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, de contenir le réchauffement bien en-deçà de 2° et de viser à le limiter à 1.5° [6]. Et pourtant une amélioration rapide est possible. « Le méthane ne reste pas longtemps dans l'atmosphère, il a une durée de demi-vie de 10 ans environ. Si des efforts étaient fait, cela se verrait donc assez rapidement comparativement aux effets des mesures pour réduire le CO2 atmosphérique », conclut Marielle Saunois.

En effet, la réduction des émissions de CH4 pourrait faire l'objet de programmes beaucoup plus ambitieux qu'aujourd'hui, ce qui permettrait de diminuer le risque de franchir un cap de réchauffement dangereux dans les 30 années à venir. Il existe en effet de nombreuses opportunités potentiellement ou déjà viables économiquement pour diminuer les émissions de méthane, au Nord comme au Sud.

Pour y parvenir, tout en répondant aux autres enjeux d'alimentation, de maintien de la biodiversité et des ressources en eau, de santé publique, de bien-être animal, de santé économique du secteur agricole et de création d'emploi, le scénario Afterres2050 propose de diminuer la fermentation entérique animale de la manière suivante : réduire la consommation de produits carnés et le cheptel en le recentrant vers des élevages de qualité, davantage à l'herbe pour les ruminants et de plein air pour les monogastriques (poules, poulets et cochons en particulier). Ensuite, pour les déchets ménagers et agricoles fermentescibles, les solutions consistent à mieux les stocker et récupérer et valoriser énergétiquement le CH4 par la méthanisation. La détection et la réparation systématique des fuites de gaz semblent aussi une solution assez directe, au moins pour les fuites des grandes infrastructures localisées ou des anciens réseaux des centres villes.

Il est donc urgent d'agir et de définir, pays par pays, en fonction de leurs spécificités, un programme ambitieux de réduction d'émissions de méthane à l'horizon de 10 ou 15 ans (voir « Climat : omerta sur le méthane », Benjamin Dessus et Bernard Laponche, Décryptage n°9 de La Fabrique Ecologique, Janvier 2017), en s'appuyant sur des pratiques d'atténuation à l'étude ou déjà existantes, en particulier dans les rapports du GT 3 (« L'Atténuation du Changement Climatique ») du 5è rapport du GIEC de 2013.

Références (revues scientifiques à comité de lecture) :
- [1] Saunois M. et al., 2016, The growing role of methane in anthropogenic climate change. Environ. Res. Lett. 11 (2016) 120207 doi:10.1088/1748-9326/11/12/120207
- [2] Saunois M. et al., 2016, The global methane budget 2000–2012. Earth Syst. Sci. Data, 8, 697–751, 2016 doi:10.5194/essd-8-697-2016
- Nisbet, E. G., et al. (2016), Rising atmospheric methane : 2007–2014 growth and isotopic shift, Global Biogeochem. Cycles, 30, 1356–1370, doi:10.1002/2016GB005406.
- Schaefer, H., et al. 2016, A 21st-century shift from fossil-fuel to biogenic methane emissions indicated by 13CH4. Science, VOL 352 ISSUE 6281
- McNorton, J., et al. 2016, Role of OH variability in the stalling of the global atmospheric CH4 growth rate from 1999 to 2006. Atmos. Chem. Phys., 16, 7943–7956, 2016. doi:10.5194/acp-16-7943-2016
- Hausmann, P., et al. 2016, Contribution of oil and natural gas production to renewed increase in atmospheric methane (2007–2014) : top–down estimate from ethane and methane column observations. Atmos. Chem. Phys., 16, 3227–3244, 2016 doi:10.5194/acp-16-3227-2016
- Dalsoren S.B., et al. 2016, Atmospheric methane evolution the last 40 years. Atmos. Chem. Phys., 16, 3099–3126, 2016, doi:10.5194/acp-16-3099-2016
- Schwietzke S., et al. 2016, Upward revision of global fossil fuel methane emissions based on isotope database. NATURE, Vol 538 doi:10.1038/nature19797

Informations complémentaires :
- [3] Les 10 ans d'avancement des connaissances sur le cycle du Carbone du Global Carbon Project :
http://www.globalcarbonproject.org/...
- [4] Global Carbon Atlas :
http://www.globalcarbonatlas.org/en...
- [5] Mission Merlin, CNES :
https://merlin.cnes.fr/
- [6] R.J. Salawitch et al. 2017, Paris Climate Agreement : Beacon of Hope, Springer Climate (page 14)
http://link.springer.com/book/10.10...
- Les légumes secs, Réseau Action Climat :
http://rac-f.org/Les-legumes-secs-Q...


Méthane et changement climatique : un danger négligé qui s’accroît

mercredi 10 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Parler du dioxyde de carbone (CO2) éclipse souvent le méthane (CH4). A tort. Car l'augmentation de la concentration atmosphérique de ce gaz s'accélère depuis 2013. Or il a un effet réchauffant bien plus élevé que celui du CO2, en particulier sur 10 ans, ce qui rend critique les décisions prises pour les années à venir.

Une augmentation rapide de la concentration atmosphérique de CH4 depuis 2013

« Au cours des années 2014 à 2016, la concentration de méthane (CH4) a augmenté à une vitesse inégalée depuis les années 1980, lance Marielle Saunois, enseignant-chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE). Cette tendance suit la pente du scénario le plus pessimiste (RCP 8.5 : voir tableau de l'évolution de la température moyenne à la surface du globe pour 2081-2100 suivant les différents scénarios RCP) du rapport de 2013 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 5è rapport (AR5), Groupe de travail 1 (GT 1), « Les éléments scientifiques »). La concentration de méthane dans l'atmosphère est actuellement plus de 2,5 fois celle de 1750, avec 1843 ppb (parties par milliards) en 2016 ».


L'augmentation de la concentration atmosphérique de CH4 en 2014 et 2016 correspond à une augmentation annuelle de 10 ppb par an en moyenne soit un peu plus d'un doublement de la tendance observée entre les années 2005 et 2011 d'après le 5è rapport du GIEC de 2013 (voir tableau ci-dessous). Or le méthane a un effet réchauffant nettement supérieur au dioxyde de carbone (CO2) sur une période de 10 ans après son émission, qui diminue par la suite (voir graphique de l'augmentation de la température suite à un an d'émissions de CO2 ou de CH4, source : figure 8.33 de la page 719 du Ch. 8 de l'AR 5, GT 1).

Sources :
(1) Table 8,2 Ch. 8 GT1 page 678, 5è rapport du GIEC, 2013
(2) Agence américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA), 2017

Ces données récentes sur le CH4 proviennent des dernières données atmosphériques de l'Agence américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA) et d'articles publiés en 2016 [1] [2] sous l'égide du Global Carbon Project, un projet de recherche qui regroupe de nombreux scientifiques du monde entier pour travailler sur les inventaires du carbone et du méthane [3] [4]. Si ce bilan planétaire des sources et puits de méthane réalisé tous les 2 à 3 ans est essentiel, il reste décalé dans le temps. Les dernières estimations des émissions s'arrêtent en effet fin 2012. Pour les prochains bilans, un minimum de deux ans de décalage avec l'année en cours subsistera puisqu'ils nécessiteront toujours du temps pour récupérer, valider, et analyser les données, puis réaliser les simulations numériques les utilisant. « Nous avons pour objectif de faire cet inventaire tous les deux ans. L'inventaire du CO2 se fait annuellement. Pour le méthane, c'est plus complexe », précise Marielle Saunois. Cela est dû au fait que les puits et les sources de ce gaz sont très diversifiés (voir l'estimation des puits et sources de méthane selon le Global Carbon Project en moyenne sur la période 2003-2012) et moins bien connus que pour le CO2.

A l'avenir, de nouvelles observations permettront d'améliorer aussi les estimations des sources et puits de méthane : « Jusque-là, nous avions des observations à des endroits fixes mais ne couvrant pas uniformément tout le globe », observe Sébastien Payan, enseignant-chercheur au laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS). Les missions spatiales comme celle du satellite Merlin [5] (Mission Lidar de télédétection du méthane depuis l'espace), qui sera mis en orbite en 2021, permettront d'obtenir une concentration bien plus précise du méthane dans l'atmosphère et de voir sa distribution sur toute la Terre ».

Les sources des émissions de CH4

Les premières sources de méthane sont liées à des processus microbiens. La dégradation de la matière organique, dans des environnements privés d'oxygène, produit du méthane. 34% des émissions planétaires de CH4 concernent l'agriculture (élevage et culture du riz) et les déchets (voir le rapport entre les émissions annuelles par source et celles annuelles totales notées dans la figure « Cycle global du méthane »). 34% proviennent des zones inondées (marécages et lacs) et des pergélisols (voir Pergélisol, le piège climatique, 2015, CNRS) . Les deux autres types de sources de méthane sont pour 27% liés à l'exploitation et l'utilisation des combustibles fossiles et au dégazage naturel de la croûte terrestre, et pour 5% aux feux de forêts et à l'utilisation de biocarburants.

A l'échelle régionale (voir figure régionale ci-dessous et le graphique interactif sur les sources selon les régions géographiques), le méthane est principalement émis dans les tropiques avec des contributions des régions boréales et de régions plus tempérées à forte population (ex. Chine).

Les solutions pour réduire le CH4

Pour les scientifiques qui ont étudié ces concentrations, leur augmentation met en doute la réalité, ou au moins l'efficacité, des mesures prises pour réduire les émissions de méthane, alors que les contrôler sera vraisemblablement essentiel pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, de contenir le réchauffement bien en-deçà de 2° et de viser à le limiter à 1.5° [6]. Et pourtant une amélioration rapide est possible. « Le méthane ne reste pas longtemps dans l'atmosphère, il a une durée de demi-vie de 10 ans environ. Si des efforts étaient fait, cela se verrait donc assez rapidement comparativement aux effets des mesures pour réduire le CO2 atmosphérique », conclut Marielle Saunois.

En effet, la réduction des émissions de CH4 pourrait faire l'objet de programmes beaucoup plus ambitieux qu'aujourd'hui, ce qui permettrait de diminuer le risque de franchir un cap de réchauffement dangereux dans les 30 années à venir. Il existe en effet de nombreuses opportunités potentiellement ou déjà viables économiquement pour diminuer les émissions de méthane, au Nord comme au Sud.

Pour y parvenir, tout en répondant aux autres enjeux d'alimentation, de maintien de la biodiversité et des ressources en eau, de santé publique, de bien-être animal, de santé économique du secteur agricole et de création d'emploi, le scénario Afterres2050 propose de diminuer la fermentation entérique animale de la manière suivante : réduire la consommation de produits carnés et le cheptel en le recentrant vers des élevages de qualité, davantage à l'herbe pour les ruminants et de plein air pour les monogastriques (poules, poulets et cochons en particulier). Ensuite, pour les déchets ménagers et agricoles fermentescibles, les solutions consistent à mieux les stocker et récupérer et valoriser énergétiquement le CH4 par la méthanisation. La détection et la réparation systématique des fuites de gaz semblent aussi une solution assez directe, au moins pour les fuites des grandes infrastructures localisées ou des anciens réseaux des centres villes.

Il est donc urgent d'agir et de définir, pays par pays, en fonction de leurs spécificités, un programme ambitieux de réduction d'émissions de méthane à l'horizon de 10 ou 15 ans (voir « Climat : omerta sur le méthane », Benjamin Dessus et Bernard Laponche, Décryptage n°9 de La Fabrique Ecologique, Janvier 2017), en s'appuyant sur des pratiques d'atténuation à l'étude ou déjà existantes, en particulier dans les rapports du GT 3 (« L'Atténuation du Changement Climatique ») du 5è rapport du GIEC de 2013.

Références (revues scientifiques à comité de lecture) :
- [1] Saunois M. et al., 2016, The growing role of methane in anthropogenic climate change. Environ. Res. Lett. 11 (2016) 120207 doi:10.1088/1748-9326/11/12/120207
- [2] Saunois M. et al., 2016, The global methane budget 2000–2012. Earth Syst. Sci. Data, 8, 697–751, 2016 doi:10.5194/essd-8-697-2016
- Nisbet, E. G., et al. (2016), Rising atmospheric methane : 2007–2014 growth and isotopic shift, Global Biogeochem. Cycles, 30, 1356–1370, doi:10.1002/2016GB005406.
- Schaefer, H., et al. 2016, A 21st-century shift from fossil-fuel to biogenic methane emissions indicated by 13CH4. Science, VOL 352 ISSUE 6281
- McNorton, J., et al. 2016, Role of OH variability in the stalling of the global atmospheric CH4 growth rate from 1999 to 2006. Atmos. Chem. Phys., 16, 7943–7956, 2016. doi:10.5194/acp-16-7943-2016
- Hausmann, P., et al. 2016, Contribution of oil and natural gas production to renewed increase in atmospheric methane (2007–2014) : top–down estimate from ethane and methane column observations. Atmos. Chem. Phys., 16, 3227–3244, 2016 doi:10.5194/acp-16-3227-2016
- Dalsoren S.B., et al. 2016, Atmospheric methane evolution the last 40 years. Atmos. Chem. Phys., 16, 3099–3126, 2016, doi:10.5194/acp-16-3099-2016
- Schwietzke S., et al. 2016, Upward revision of global fossil fuel methane emissions based on isotope database. NATURE, Vol 538 doi:10.1038/nature19797

Informations complémentaires :
- [3] Les 10 ans d'avancement des connaissances sur le cycle du Carbone du Global Carbon Project :
http://www.globalcarbonproject.org/...
- [4] Global Carbon Atlas :
http://www.globalcarbonatlas.org/en...
- [5] Mission Merlin, CNES :
https://merlin.cnes.fr/
- [6] R.J. Salawitch et al. 2017, Paris Climate Agreement : Beacon of Hope, Springer Climate (page 14)
http://link.springer.com/book/10.10...
- Les légumes secs, Réseau Action Climat :
http://rac-f.org/Les-legumes-secs-Q...


Lettre ouverte au Président de la République sur la place de l’écologie dans le futur gouvernement

mercredi 10 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Convaincues de l'importance d'accorder une place centrale à la transition écologique dans le quinquennat à venir, 8 associations de protection de l'environnement s'​associent dans une lettre ouverte au nouveau Président de la République afin de souligner la nécessité d'un large ministère, avec à sa tête un ministre d'Etat, numéro deux du Gouvernement, en charge du développement durable.

Monsieur le Président de la République,

Nos associations tiennent à vous féliciter pour votre élection à la Présidence de la République. Nous souhaiterions pouvoir vous rencontrer dans les meilleurs délais afin d'évoquer la feuille de route du quinquennat pour la transition écologique.

Dans cette attente, nous souhaitons dès maintenant vous faire part de notre avis sur le périmètre du ministère en charge de l'environnement.

L'organisation de l'État et de son gouvernement reflète l'ambition que se donne un pays. Comme vous le souligniez dans votre programme, « la transition écologique est une priorité pour aujourd'hui qui affecte tous les secteurs de la vie économique et sociale ».

La pertinence d'un grand ministère, avec à sa tête un ministre d'Etat, numéro deux dans l'ordre protocolaire, en charge du développement durable (écologie, biodiversité, climat et énergie, transport, logement et urbanisme, aménagement du territoire, pêche et mer) initié dans la dynamique du "Grenelle de l'environnement" a fait ses preuves et répondra à votre volonté d'un gouvernement resserré. De plus, des synergies institutionnelles fortes doivent être trouvées avec les ministères de la santé, du travail, de l'agriculture, des outremers, et enfin celui de l'économie tant leurs rôles et impacts sont essentiels pour l'environnement. Par ailleurs, vous aviez souligné dans votre programme l'importance d'une alimentation plus saine et avez annoncé la tenue d'Etats généraux de l'Agriculture et de l'Alimentation. Nous espérons donc que le futur gouvernement intégrera l'importance et la transversalité de cet enjeu, à la fois au niveau national et international.

De même, tout comme le Conseil National de la Transition Ecologique est ouvert aux acteurs économiques et sociaux, la gouvernance doit être améliorée en ouvrant les instances de concertation des secteurs économiques et sociaux à nos associations environnementalistes, dans une logique de réciprocité d'ouverture.

Nous espérons que vous serez sensible à ces arguments et au symbole fort que représente ce large ministère. Nous rappelons notre fort attachement au dialogue environnemental et espérons que vous vous engagerez à le renforcer. Cela est indispensable pour répondre à "l'urgence écologique" que vous aviez rappelée au soir du 23 avril.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de notre très haute considération.



Signataires :
- Michel Dubromel, président de FNE, représentée au Conseil National de la Transition Ecologique
- Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO
- Gilles Asenjo, Président de Surfrider Foundation
- Pierre Perbos, président du Réseau Action Climat
- Bernard Chevassus-au-Louis, président d'Humanité et Biodiversité
- Cécile Ostria, Directrice générale de la Fondation Nicolas Hulot
- Pascal Canfin, directeur général du WWF France
- Florent Compain, président des Amis de la Terre


Après l’élection d’Emmanuel Macron, voici ce qui nous attend

mardi 9 mai 2017 par Réseau Action Climat - France

Nous avons décrypté les engagements de campagne d'Emmanuel Macron sur les grands enjeux dans la lutte contre les changements climatiques

L'enjeu : relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050


Emmanuel Macron préconise une stratégie de sortie des énergies fossiles et une fermeture des centrales à charbon françaises avant la fin du quinquennat avec un accompagnement des personnes et des territoires. Il s'engage également à ne pas signer de nouveaux permis d'exploration d'hydrocarbure.
Emmanuel Macron confirme l'objectif de 50 % de nucléaire à l'horizon 2025 de la loi de transition énergétique et prendra les décisions stratégiques liées à l'atteinte de cet objectif une fois que l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) aura rendu ses conclusions, attendues pour 2018, sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans. La fermeture de la centrale de Fessenheim est liée, pour Emmanuel Macron, au démarrage de l'EPR de Flamanville.
Emmanuel Macron s'engage à tenir l'objectif de la loi de 32 % d'énergies renouvelables en 2030. D'ici à 2022, son objectif est de doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque. Il publiera la totalité du calendrier des appels d'offres en début du quinquennat pour donner de la visibilité aux filières. Il annonce 30 milliards d'euros d'investissements privés sur 5 ans dans les énergies renouvelables. Il veut simplifier les délais sur la mise en œuvre des projets renouvelables, rendre plus simples les procédures, aider les exploitants agricoles à produire des renouvelables.
Au niveau européen, il prévoit une réforme du marché carbone, en agissant par la fixation d'un prix plancher de la tonne de carbone.

Notre avis
Emmanuel Macron reprend les grandes orientations de la loi sur la transition énergétique et les politiques mises en œuvre depuis sa promulgation mais ne se prononce pas sur un cap au-delà de 2030. Il propose la fermeture des centrales à charbon avant la fin du quinquennat, comme le prévoit la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Sur le nucléaire, il confirme l'objectif présent dans la loi mais remet à après l'élection les précisions sur l'évolution du parc nucléaire créant une incertitude sur les choix d'investissement qui se posent aujourd'hui et un doute sur sa réelle volonté de respecter l'objectif de 50 % de nucléaire dans la production d'électricité à l'horizon 2025, et de laisser ainsi la place au développement des énergies renouvelables.
Emmanuel Macron s'inscrit également dans la continuité des politiques actuelles concernant les objectifs sur les énergies renouvelables, tout en proposant quelques améliorations comme une meilleure visibilité sur les appels d'offres et une simplification réglementaire.
L'interdiction des nouveaux permis d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbure devra s'appliquer dans tous les territoires terrestres et marins français, y compris l'outre mer, et aller plus loin qu'un gel provisoire par son inscription dans la loi (le code minier). Ce moratoire est actuellement appliqué sur la méditerranée et la côte atlantique.
Emmanuel Macron reste cependant faible sur la vision énergétique qu'il entend défendre sur la scène européenne. Seule la mise en place d'un prix plancher de la tonne de carbone sur le marché européen est évoquée alors que la priorité devrait être donnée à une politique énergétique européenne basée sur la sobriété, l'efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables.


L'enjeu : une fiscalité adaptée à une transition écologique juste


Emmanuel Macron prévoit :
- Un alignement de la taxe diesel sur celle de l'essence sur la durée du quinquennat
- L'intégration du coût écologique dans le prix du carbone, en faisant monter en puissance la taxe carbone pour atteindre 100 € la tonne de CO2 en 2030.
- Une prime exceptionnelle de 1000 euros pour permettre à tous ceux dont les véhicules ont été fabriqués avant 2001 d'acheter des voitures plus écologiques, qu'elles soient neuves ou d'occasion.

Notre avis
Emmanuel Macron s'inscrit dans le cadre de la loi de transition énergétique en fixant le prix de la tonne de CO2 à 100 euros en 2030. Mais aucune indication n'est donnée concernant les taux de progression annuels qui seront à décider au plus tôt lors du prochain quinquennat.
Par ailleurs, une prime à la conversion pour une voiture plus écologique existe déjà. Le programme ne prévoit pas d'autres mesures de redistribution qui puissent garantir le développement de solutions de mobilité alternatives à la voiture pour tous (transports en commun, mobilité actives, solutions en milieu rural, etc.) De nombreuses niches fiscales sont absentes du programme (kérosène, transport routier) alors qu'elles restent incompatibles avec la transition écologique. Enfin aucune mesure n'est annoncée pour revenir sur l'abandon de la taxe kilométrique sur les camions, qui fait cruellement défaut pour la transition du secteur du transport de marchandises.


L'enjeu : enclencher une transition agricole et alimentaire écologique


Emmanuel Macron propose :
- que d'ici 2022, 50 % des produits proposés par les cantines scolaires et les restaurants d'entreprise devront être bio, écologiques ou issus de circuits courts.
- Un Plan de Transition Agricole de 5 milliards d'euros sur cinq ans qui soutiendra tous les projets de montée en gamme des exploitations, d'adaptation aux normes environnementales et de bien-être animal.

Notre avis
L'objectif sur les cantines et les restaurants d'entreprise va dans le bon sens. Cependant, la mesure devrait concerner l'ensemble de la restauration collective (et non les seules cantines scolaires : restaurants collectifs des ministères, hôpitaux, maisons de retraites, etc.) et contenir un sous objectif chiffré spécifique pour les produits biologiques.
Le Plan de transition agricole va également dans le bon sens mais devrait aller bien au delà de la simple application des normes environnementales, qui est un minimum et contenir des éléments sur la réduction des produits chimiques (engrais et phytosanitaires), l'élevage de plein air, etc. Par ailleurs, le programme ne précise pas d'où proviendront les 5 milliards d'euros du plan de transition agricole annoncés.



L'enjeu : accélérer la disparition des passoires énergétiques


Emmanuel Macron prévoit de :
- Transformer le Crédit d'Impôt Transition Energétique (CITE) en prime immédiatement perceptible au moment des travaux et non l'année suivante. Et ce, afin de permettre à tous de pouvoir réaliser les travaux nécessaires, notamment à ceux qui n'ont pas aujourd'hui toutes les ressources pour investir.
- Aider particulièrement les ménages les plus pauvres à rénover les passoires énergétiques et à mieux s'alimenter
- Proposer un audit gratuit à tous les propriétaires occupants en situation de précarité énergétique : maisons à la campagne, pavillons du périurbain, copropriétés où les travaux ont été trop longtemps repoussés
- Viser la rénovation de la moitié des logements-passoires des propriétaires les plus modestes dès 2022, afin de diminuer les émissions et de faire baisser les charges (électricité, fioul, gaz). Et de financer à cette fin, via un fonds public doté de 4 milliards, les travaux des propriétaires les plus précaires.
- Interdire à la location les passoires énergétiques à partir de 2025

Notre avis
Le programme établit le lien entre précarité énergétique et rénovation des logements et cible spécifiquement les passoires énergétiques. De plus, il propose une réforme en matière de financement en proposant une forme de préfinancement. La question de l'accompagnement social des ménages en précarité énergétique n'est pas perçue au delà d'un audit énergétique gratuit. Si ce dernier va dans le bon sens, il faut le coupler à un dispositif d'accompagnement vers une solution adaptée pour ces ménages. Le soutien financier annoncé, s'il s'additionne au niveau de soutien actuel, soit 3 milliards d'euros par an pour les aides à la rénovation énergétiques des logements privés, montre que l'ampleur du problème est bien perçu. Si ce soutien financier vient se substituer à ce qui se fait actuellement cela signifierait une division par trois des montants d'aides actuels. Une clarification est donc importante sur ce point.


L'enjeu : donner accès à une mobilité propre à toutes et tous


Dans son programme Emmanuel Macron prévoit de :
- Donner la priorité à la modernisation des infrastructures existantes en poursuivant le redressement entamé dans le secteur ferroviaire (pour les voyageurs et le fret) et en rattrapant le retard pris sur l'entretien des routes.
- Remplacer les vieux véhicules polluants en créant une prime de 1000 euros pour acheter un véhicule neuf ou d'occasion moins polluant
- Accélérer le déploiement des véhicules électriques en maintenant le bonus-malus à l'achat et en accélérant le déploiement des bornes de recharge
- Opérer sous le quinquennat le rattrapage de la fiscalité diesel sur celle de l'essence
- Peser pour renforcer les normes anti-pollution européennes pour les véhicules neufs et les contrôles en conditions réelles (en tirant les enseignements du scandale Volkswagen), avec pour objectif de long terme de n'avoir plus, en 2040, aucune vente de véhicule thermique.
- Développer le covoiturage, grâce à la mise en place des voies dédiées aux bus, VTC et covoiturages sur les autoroutes urbaines et une modulation des péages en fonction de l'occupation des véhicules

Notre avis
La priorisation au redressement de l'existant en particulier du fret ferroviaire va dans le bon sens. Cependant, il conviendrait, pour rendre ce secteur compétitif, de restaurer l'écotaxe poids lourds et sur ce point, Emmanuel Macron ne formule pas de proposition.
Toujours dans le domaine des infrastructures, même si le programme n'en fait pas explicitement mention, Emmanuel Macron s'est engagé à mener à son terme l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes qui pourtant, du point de vue environnemental et climatique, devrait être abandonné.
Hormis une proposition intéressante et concrète sur le covoiturage, le programme reste insuffisant pour réduire la place de la voiture, alors que les transports en commun et les mobilités actives (marche et vélo) devraient être priorisés, notamment par un soutien financier de l'Etat aux collectivités locales souhaitant les développer. C'est en effet le développement de ces alternatives qui permettra d'opérer un véritable report modal depuis le véhicule particulier.
Le problème de la qualité de l'air est bien identifié dans le programme et l'un des moyens principaux pour y remédier, le rattrapage fiscal diesel-essence au cours du quinquennat est mentionné.
Emmanuel Macron s'exprime par ailleurs sur un renforcement des normes européennes sur les émissions de polluants des véhicules en conditions réelles ainsi que des contrôles renforcés au niveau européen, ce qui va dans le bon sens. Néanmoins, le renforcement des normes européennes ne vise pas que les émissions de polluants mais également les émissions de CO2 de tous les véhicules et à cet égard, des objectifs doivent être fixés pour 2025.


L'enjeu : concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au Sud


Emmanuel Macron propose dans son programme de respecter l'objectif de 0,7 % du revenu national brut consacré à l'aide publique au développement. Il conditionne cependant cette promesse aux résultats économiques de la France et conditionne également l'APD au respect des pays bénéficiaires des politiques migratoires (évaluées lors d'une conférence annuelle).
Il mentionne spécifiquement le développement durable (au même titre que l'éducation, la santé et la promotion des femmes) comme priorité de l'aide publique au développement, tout en définissant des zones d'intervention prioritaires : Afrique sub-saharienne, le Sahel, le Maghreb, pays en crise. Enfin, Emmanuel Macron propose une hausse de la part des dons gérés par l'Agence française de développement.

Notre avis
L'engagement d'Emmanuel Macron de consacrer 0,7 % du revenu national brut pour l'aide publique au développement va dans le bon sens mais il ne doit pas être conditionné aux résultats économiques de la France et au respect des politiques migratoires. De plus, Emmanuel Macron a précisé son engagement en annonçant que ce pourcentage ne serait atteint qu'en 2030 : cela rend cette promesse hors mandat.
L'engagement d'aide publique au développement, tout comme l'engagement financier de la France de consacrer 5 milliards d'euros par an pour soutenir les pays les plus vulnérables aux changements climatiques sont des engagements pris indépendamment du respect de telle ou telle autre politique. Les conditionner a posteriori équivaut à revenir sur ces engagements.
La volonté d'aider les zones les plus vulnérables et d'augmenter la part du don est un élément positif du programme d'Emmanuel Macron, mais qui ne prend de sens que si les promesses financières de la France en matière de solidarité climatique sont tenues. Le programme devrait, à ce titre, rappeler et soutenir l'engagement de fournir 5 milliards d'euros par an d'ici à 2020 pour aider les pays les plus pauvres à lutter contre les impacts des changements climatiques et développer des sociétés résilientes et bas carbone grâce aux énergies renouvelables.
Enfin, Emmanuel Macron s'est exprimé au cours de la campagne pour la suspension des négociations de la taxe sur les transactions financières européenne tant que le statut de la Grande Bretagne vis-à-vis de l'Union européenne et du marché unique ne serait pas réglé. Cela va à l'encontre de la nécessité de développer des outils de financements innovants, pour permettre de lever des financements supplémentaires en soutien aux pays en développement.


Un million d’emplois pour le climat

vendredi 28 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Avant le 1er mai, la Plateforme « emplois-climat » -composée d'associations sociales, environnementales, d'éducation populaire et de syndicats- rappelle sa conviction que la transition écologique fait partie des solutions au problème du chômage et de la précarité qui persiste en France.

Aujourd'hui, 3,8 millions de personnes (soit 14,1 % de l'emploi total) travaillent dans des métiers considérés verts et verdissants en France ; tendance en augmentation ! L'accélération nécessaire de la transition écologique pour pouvoir respecter et aller plus loin que l'accord de Paris de la COP21, créera aussi davantage d'emplois dans les secteurs de la transition écologique, durables et de qualité.

La Plateforme française « emplois-climat » met donc une proposition au débat public : la création d'1 million d'emplois dans les secteurs de la transition écologique d'ici 2020.
Il est indispensable de réorienter les investissements publics et privés qui financent aujourd'hui la pollution vers des activités en lien avec la transition écologique. Il faut également les renforcer, pour répondre à l'enjeu de création d'emplois au service de cette transition. Il sera nécessaire de renforcer l'action territoriale pour mettre en œuvre les politiques de la transition écologique et accompagner les citoyens dans ce processus.

Enfin, il faudra veiller à une reconversion anticipée des salariés des secteurs fragilisés par des politiques climatiques à l'échelle territoriale et individuelle.
Le succès de la transition écologique dépendra de notre capacité collective à résoudre l'équation entre emplois détruits et créés. Ce succès dépendra aussi de la qualité des emplois créés, en termes de qualification professionnelle et de protection sociale
La transition écologique n'est pas une option : il faut agir maintenant pour préserver une planète vivable pour les générations futures.

Il n'y a pas d'emploi sur une planète morte !

www.emplois-climat.fr

Les membres de la plateforme :
350.org, Alternatiba, Alofa Tuvalu, Les Amis de la Terre, Attac, Collectif des Associations Citoyennes, Collectif Roosevelt, Confédération paysanne, Emmaüs France, Espaces Marx, FADEAR – Réseau de l'agriculture paysanne, Fédération Syndicale Unitaire, Greenpeace, Ligue des droits de l'Homme, MNPC Mouvement Nationale des Chômeurs et Précaires, REFED Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable, Réseau Action Climate France, Solidaires, transform !
Avec le soutien de la Heinrich-Böll-Stiftung France


22 avril : Marchons pour les sciences

jeudi 20 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Initiée en réaction aux positions anti-sciences, climatosceptiques et anti-environnementales de D. Trump, la Marche pour les sciences est devenue un événement mondial qui aura lieu le 22 avril dans plus de 500 villes de 50 pays.

Pourquoi participer à la Marche pour les sciences ?

Les sciences sont tellement omniprésentes dans notre quotidien que nous les considérons comme des acquis. Nous oublions ce que nous leur devons et le patient travail de fond des scientifiques, leur méthode fondée sur l'analyse et la mesure de faits vérifiable.

Les connaissances auxquelles elles donnent accès doivent rester un bien commun, partagé avec les citoyens, au service du monde futur dans lequel vivront nos enfants et la biodiversité. Ceci afin de concilier sur le long terme croissance démographique et développement humain avec une équité à trouver dans la répartition et le renouvellement des ressources de notre planète. Elles doivent être inclusives et leurs applications ne peuvent se faire sans débat public approfondi.

Face aux urgences sanitaires, climatiques, écologiques, migratoires, face au rythme fulgurant du progrès technologique, l'absence des thèmes scientifiques des débats de la campagne présidentielle nous interpelle. Elle est révélatrice du fossé grandissant qui sépare les enjeux scientifiques urgents de ce XXIème siècle et la compréhension qu'en ont les décideurs politiques et les citoyens.

La Marche pour les sciences, soutenue par de nombreuses personnalités, associations (dont le Réseau Action Climat) et institutions, demande que les candidat-e-s à l'élection présidentielle, et plus généralement les responsables politiques, se penchent enfin sur la place des sciences dans notre société, et ouvrent le débat sur les moyens permettant à la recherche et à l'enseignement des sciences de contribuer efficacement à la construction d'un avenir plus respectueux et équitable pour l'humanité.

Elle demande aussi que la parole et le travail des scientifiques soient protégés de l'action des groupes de pression économiques ou politiques et que leurs résultats soient mieux pris en considération dans le processus de décision politique.

Les quatre objectifs de cette Marche pour les sciences

Grand rendez-vous non partisan entre le public et ses scientifiques, la Marche a ainsi quatre objectifs principaux :

- Défendre l'indépendance et la liberté des recherches scientifiques publiques
- Promouvoir un meilleur dialogue entre sciences et société
- Renforcer la culture scientifique et refondre l'enseignement des sciences
- Renforcer l'emploi de méthodes et résultats scientifiques dans le processus de décision politique

Où marcher ?


Vous pouvez le savoir en regardant la page “Les Marches en France” du site web de la Marche. Sur cette page, vous trouverez aussi les heures et les points de rassemblement dans chaque ville, les affiches à télécharger et imprimer, etc…

Pour ramener un peu d'esprit des lumières dans la société, marchons pour les sciences le 22 avril, avec les citoyen-ne-s de plus de 50 pays !


Plan stratégique EDF : nouveau coup de canif dans la loi de transition énergétique ?

mercredi 19 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

EDF vient de valider son plan stratégique censé respecter les objectifs de la loi sur la transition énergétique, notamment la baisse de la part du nucléaire.

EDF n'a pas rendu public ce document, pourtant essentiel pour rendre concrète la réorientation du tout nucléaire vers davantage d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables. Le Réseau Action Climat demande à EDF et à son actionnaire principal, l'État, la transparence indispensable pour ce document structurant pour l'évolution de notre système électrique et le respect de la loi sur la transition énergétique.

Le décret de Programmation pluriannuelle de l'énergie(1), qui décline les objectifs de la loi sur la transition énergétique jusqu'à 2023, indique que dans un délai maximal de six mois à compter de la publication du décret, EDF établit un plan stratégique compatible avec les orientations de la programmation pluriannuelle de l'énergie qui fixe l'objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production d'électricité à l'horizon 2025.

EDF a approuvé son plan stratégique(2) en Conseil d'administration le 6 avril dernier mais ce document n'a toujours pas été rendu public. Les associations de protection de l'environnement exigent que ce document soit publié au plus vite.

(1) https://www.legifrance.gouv.fr/eli/...

(2)https://www.edf.fr/groupe-edf/espac...

Contact presse :
- Anne Bringault, Coordination Transition énergétique, Réseau Action Climat & CLER - 06 07 34 40 67


Élections 2017 : les programmes pour la présidentielle sont-ils COP21 compatibles ?

jeudi 13 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Notre analyse avant les élections à venir

En 2016, le Réseau Action Climat France a élaboré, en vue des élections présidentielles et législatives, un document de propositions axé sur six grands chantiers prioritaires du prochain quinquennat pour que la France enclenche concrètement sa transition énergétique et climatique et respecte les objectifs de lutte contre les changements climatiques fixés dans l'accord de Paris : développement des énergies renouvelables, fiscalité écologique, rénovation des bâtiments, systèmes agricole et alimentaire plus écologiques, accès à une mobilité propre pour tous ou soutien financier et technique aux pays les plus touchés par les dérèglements climatiques.

Depuis, le Réseau Action Climat a rencontré à plusieurs reprises un certain nombre de candidats et d'équipes de campagne pour échanger sur ces six propositions, à l'exception du FN dont le programme est jugé incompatible avec les pré-requis, en premier lieu la solidarité, d'une action efficace de lutte contre les changements climatiques.

Il livre ici une analyse des programmes des principaux candidats à l'élection présidentielle au prisme de ces six chantiers prioritaires.


- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud


Cette analyse n'est :
- ni exhaustive puisque seules les réponses apportées aux six chantiers prioritaires identifiés par le Réseau Action Climat sont analysées
- ni figée, puisqu'un suivi des propositions ultérieures des candidats sur ces points sera menée jusqu'aux élections

Le Réseau Action Climat rappelle son caractère non partisan. L'objectif de cette analyse n'est donc pas de donner des consignes de vote mais d'apporter aux citoyens une grille de lecture des différents programmes au prisme de ces six chantiers indispensables à la lutte contre le dérèglement climatique.


Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au Sud : qui dit quoi ?

jeudi 13 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Notre analyse des propositions des candidats à l'élection présidentielle.

François Fillon

La solidarité climatique absente et une aide au développement conditionnée à la lutte contre l'immigration


François Fillon ne fait pas de proposition spécifique en ce qui concerne les engagements financiers de la France pour la solidarité climatique. En revanche, il précise dans son programme une mesure concernant l'aide publique au développement, qui vise à la conditionner au respect par les Etats bénéficiaires d'une coopération en matière de lutte contre l'immigration irrégulière.

Notre avis
Le programme de François Fillon est très insuffisant en matière de solidarité internationale et climatique : il ne contient pas de référence aux engagements financiers de la France pour aider les pays les plus pauvres à faire face aux impacts du changement climatique et va même jusqu'à conditionner l'aide publique au développement au respect de politiques de coopération contre l'immigration irrégulière. La France s'est pourtant engagée à travers la COP21 à fournir 5 milliards d'euros par an d'ici 2020 aux populations et pays les plus vulnérables, et continue à développer des financements innovants comme la taxe sur les transactions financières pour lever des fonds sans peser sur le contribuable. Cette solidarité climatique des pays riches, dont la France, est incontournable pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris.


Benoît Hamon

Une trajectoire pour atteindre 0,7 % du revenu national brut pour l'aide au développement et des mentions aux sources innovantes de financement


Le candidat propose de :
- Inscrire l'aide publique au développement dans une trajectoire de 0,7% du revenu national brut et d'atteindre ce pourcentage d'ici à 2022
- Porter les subventions dans le cadre de l'aide publique au développement à un milliard d'euros par an d'ici à 2020, financées notamment par l'élargissement de la taxe sur les transactions financières
- Garantir la mise en œuvre de la COP21 y compris dans les lois de finance
- Proposer une taxe sur les transactions financières à ses partenaires européens

Notre avis
Le programme ne fait pas explicitement référence aux financements climat de la France qui devraient atteindre 5 milliards d'euros par an d'ici à 2020, selon les engagements pris lors de la COP21. Il propose en revanche une augmentation significative et chiffrée du montant des dons accordés par la France dans le cadre de son aide au développement : 1 milliard d'euros d'ici à 2020, sans préciser cependant quelle somme irait aux financements climat. Cette proposition permettrait de rééquilibrer, en partie, la structure des financements français pour la solidarité internationale.
La mention aux outils innovants de financements tels que la taxe sur les transactions financières va dans le bon sens. Cependant, une taxe européenne sur les transactions financières est déjà en discussion depuis plusieurs années et la priorité ne doit donc pas être de proposer cet outil aux partenaires européens mais de le faire aboutir et de trouver un accord pour qu'une majorité de ses recettes aille au soutien des politiques de développement et de lutte contre les changements climatiques.
Enfin, le fait d'utiliser les revenus de la taxe sur les transactions financières française, déjà en place, pour permettre d'allouer plus de subventions dans le cadre de l'aide publique au développement est un élément positif, qui doit impliquer l'élargissement effectif de la TTF aux transactions intra-journalières dès 2018. Il est également indispensable de faire en sorte que l'argent issu de la TTF française soit additionnel à l'aide publique au développement et non en substitution. Le candidat devrait clairement en faire mention dans son programme.


Marine Le Pen

La solidarité climatique aux abonnés absents


Marine Le Pen ne fait aucune référence à la solidarité climatique et aux engagements financiers pris par la France lors de la COP21 pour soutenir les pays les plus impactés par le dérèglement climatique.

Notre avis
Le programme est tout simplement muet en ce qui concerne les engagements financiers de la France pris lors de la COP21 pour soutenir les pays les plus vulnérables ou encore l'objectif d'aide publique au développement de 0,7 % du revenu national brut.
Il ne permet donc pas d'inscrire la France dans une dynamique de mise en œuvre de l'accord de Paris ni d'améliorer la résilience de pays et populations qui souffrent déjà des impacts du dérèglement climatique.


Emmanuel Macron

L'aide au développement conditionnée, la solidarité climatique peu mentionnée


Emmanuel Macron propose dans son programme de respecter l'objectif de 0,7 % du revenu national brut consacré à l'aide publique au développement. Il conditionne cependant cette promesse aux résultats économiques de la France et conditionne également l'APD au respect des pays bénéficiaires des politiques migratoires (évaluées lors d'une conférence annuelle).
Il mentionne spécifiquement le développement durable (au même titre que l'éducation, la santé et la promotion des femmes) comme priorité de l'aide publique au développement, tout en définissant des zones d'intervention prioritaires : Afrique sub-saharienne, le Sahel, le Maghreb, pays en crise. Enfin, Emmanuel Macron propose une hausse de la part des dons gérés par l'Agence française de développement.

Notre avis
L'engagement d'Emmanuel Macron de consacrer 0,7 % du revenu national brut pour l'aide publique au développement va dans le bon sens mais il ne doit pas être conditionné aux résultats économiques de la France et au respect des politiques migratoires. De plus, Emmanuel Macron a précisé son engagement en annonçant que ce pourcentage ne serait atteint qu'en 2030 : cela rend cette promesse hors mandat.
L'engagement d'aide publique au développement, tout comme l'engagement financier de la France de consacrer 5 milliards d'euros par an pour soutenir les pays les plus vulnérables aux changements climatiques sont des engagements pris indépendamment du respect de telle ou telle autre politique. Les conditionner a posteriori équivaut à revenir sur ces engagements.
La volonté d'aider les zones les plus vulnérables et d'augmenter la part du don est un élément positif du programme du candidat, mais qui ne prend de sens que si les promesses financières de la France en matière de solidarité climatique sont tenues. Le programme devrait, à ce titre, rappeler et soutenir l'engagement de fournir 5 milliards d'euros par an d'ici à 2020 pour aider les pays les plus pauvres à lutter contre les impacts des changements climatiques et développer des sociétés résilientes et bas carbone grâce aux énergies renouvelables.
Enfin, le candidat s'est exprimé au cours de la campagne pour la suspension des négociations de la taxe sur les transactions financières européenne tant que le statut de la Grande Bretagne vis-à-vis de l'Union européenne et du marché unique ne serait pas réglé. Cela va à l'encontre de la nécessité de développer des outils de financements innovants, pour permettre de lever des financements supplémentaires en soutien aux pays en développement.


Jean-Luc Mélenchon

Une trajectoire précisée pour l'aide au développement, la solidarité climatique comme outil de développement


Dans son programme, Jean-Luc Mélenchon s'engage à tenir l'objectif de consacrer 0,7 % du revenu national brut à l'aide publique au développement. Il souligne l'impact du changement climatique sur les migrations et propose de lutter contre le réchauffement par des transferts de technologies et l'aide financière et matérielle à la transition dans les pays les plus vulnérables. Il souhaite également relancer la politique de codéveloppement et de coopération (scientifique, universitaire, sanitaire) avec les pays en développement, notamment en matière de lutte contre les changements climatiques.

Notre avis
Le programme contient un engagement clair sur l'atteinte des 0,7 % du revenu national brut pour l'aide publique au développement et l'aide financière à fournir aux pays les plus vulnérables pour qu'ils agissent contre les changements climatiques. En revanche, l'engagement de soutien financier de la France pris lors de la COP21 de mobiliser 5 milliards d'euros d'ici à 2020 pour les pays les plus impactés n'est pas mentionné. De même, la taxe sur les transactions financières n'est pas évoquée en tant qu'outil permettant de lever plus de financements pour le climat et la solidarité et ce, alors que plusieurs pays européens doivent aboutir à une décision sur l'instauration de cette taxe et l'affectation de ses recettes.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...


Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous : qui dit quoi ?

jeudi 13 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Notre analyse des propositions des candidats à l'élection présidentielle.

François Fillon

Priorité à la modernisation du réseau ferroviaire et au véhicule électrique et autonome


Le candidat prévoit de :
- Donner la priorité à la mise à niveau et à la modernisation du réseau ferroviaire
- Développer les véhicules électriques et autonomes
- Privilégier le fret massifié pour le transport de marchandises
- Revoir les priorités sur les grands projets d'infrastructures en fonction des capacités de financement et dégager les ressources financières nécessaires

Notre avis
Le candidat souhaite privilégier le fret massifié pour le transport de marchandises. Par ailleurs, il prévoit de donner la priorité au réseau ferroviaire dégradé ce qui va dans le bon sens. Pourtant, son programme ne fait aucunement référence à la nécessité, telle que pointée par la Cour des Comptes, de revenir sur l'instauration de l'écotaxe poids lourds, outil indispensable pour rendre le fret non routier compétitif et dégager les ressources nécessaires à la mise en place de mobilités alternatives, notamment au niveau des collectivités locales.
Par ailleurs, la promotion de la voiture électrique ne peut suffire à elle seule pour faire en sorte que le secteur des transports réduise drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Les autres mobilités, partagées et actives (vélo, marche à pied), ainsi que le développement des transports en commun ne sont pas évoqués dans le programme. L'efficacité des véhicules (renforcement en discussion sur la scène européenne des normes pour diminuer leur consommation de carburant et les émissions de CO2) est absente.
La question de la nécessaire préservation de la qualité de l'air est également absente, le candidat ne s'exprimant pas sur le rattrapage fiscal diesel essence, pourtant indispensable en la matière.
Enfin, la priorisation des projets d'infrastructures n'est pas du tout corrélée à l'impact de ces dernières sur le climat ou l'environnement mais simplement “aux capacités de financements”. Le candidat s'est ainsi exprimé publiquement en faveur du maintien du projet d'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes malgré ses impacts avérés sur l'environnement et le climat.


Benoît Hamon

Sortie du diesel à horizon 2025, priorité à la rénovation et au développement du ferroviaire, plan d'efficacité et de sobriété énergétique


Le candidat propose de :
- Programmer la sortie maîtrisée du diesel à horizon 2025 pour les voitures neuves
- Mettre fin à l'avantage fiscal diesel essence
- Maintien de tous les arrêts desservis par des lignes d'équilibre du territoire
- Donner la priorité à la rénovation et au développement du ferroviaire
- Confier la gestion de l'écotaxe poids lourds aux régions
- Renoncer au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-Des-Landes et organiser des conférences de consensus lorsqu'est établie l'existence d'un lourd impact écologique d'un grand projet d'investissement local ou national
- Lancer un plan d'efficacité et de sobriété énergétique (transports en commun et véhicules propres)

Notre avis
Le problème de santé publique causé par les particules fines en grande partie issue de la diésélisation du parc automobile français est bien identifié dans le programme du candidat, avec des propositions pour sortir du diesel à horizon 2025 et revenir sur l'avantage fiscal du diesel par rapport à l'essence. Un point de vigilance aurait dû cependant être apporté aux solutions de remplacement car l'essence en particulier est très émettrice de gaz à effet de serre et de polluants. Les mobilités alternatives sont évoquées dans le programme mais aucune précision n'est apportée sur les modes de soutien qui y seront consacrés (TVA à taux réduit sur les transports en commun ? appels à projets pour le développement des transports propres et des mobilités actives comme le vélo ?). Ainsi, si le programme évoque l'offre d'alternatives à la voiture individuelle, il reste trop peu précis sur les moyens qui seront mis en œuvre pour y parvenir.
La priorité donnée à la rénovation et au développement du ferroviaire est encourageante surtout que le candidat prévoit de confier aux régions la gestion de l'écotaxe poids lourds, outil indispensable à la réorientation des modes de transports de voyageurs et de marchandises de la route vers le rail. Son projet de maintenir tous les arrêts de trains des lignes d'équilibre du territoire pourrait sauver certaines lignes de train qui sont en sursis ou ont été abandonnées alors qu'elles apportent une solution pour les déplacements de moyenne et longue distances plus écologique.
Le renforcement, au niveau européen, des normes sur la pollution et les émissions n'est pas mentionné dans le programme. Cette réglementation européenne, dont la révision est prévue cette année, est pourtant clé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules de demain.
Sur les grands projets d'infrastructures de transports, le programme évoque la mise en place de conférences de consensus pour les projets ayant un lourd impact écologique. Le candidat étant opposé au projet d'aéroport à Notre-Dame-Des-landes, la démarche sera dédiée à la recherche d'alternatives à un nouvel aéroport, selon son intervention chez le WWF le 14 avril, sans préciser sans préciser si cela s'inscrira dans la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre des transports.


Marine Le Pen

Renationalisation des sociétés d'autoroutes et développement d'une filière française de l'hydrogène


La candidate propose de soutenir :
- L'effort d'investissement en infrastructures, en particulier dans la ruralité (très haut débit, couverture téléphonique, routes...) et de renationaliser les sociétés d'autoroutes
- Une filière française de l'hydrogène (énergie propre), par un appui de l'État en matière de recherche et développement, afin de réduire notre dépendance au pétrole.

Notre avis
La candidate ne fait aucune proposition pour réduire l'impact des transports sur le changement climatique et sur la qualité de l'air, l'impact du diesel sur la santé n'étant même pas évoqué dans le programme. Elle propose au contraire d'investir dans les routes alors que l'égalité des territoires devrait passer par un développement des solutions de mobilité durable. Ces dernières sont absentes de son programme, tout comme la nécessité d'améliorer les normes européennes d'efficacité énergétique des véhicules. La nécessaire revitalisation du réseau ferroviaire est absente. Le seul élément destiné à rendre le secteur des transports moins émetteur de gaz à effet de serre et moins polluant est le développement de l'hydrogène pour remplacer le pétrole alors même que cette technologie n'est pas mature. La nécessaire transition du secteur des transports pour sortir du tout routier et du tout aérien et développer des solutions de mobilité alternatives n'est pas identifiée. Initialement opposée à un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, elle a annoncé en février s'en remettre au résultat favorable de la consultation locale, et ce alors que le projet est contraire aux objectifs climatiques et énergétiques de la France.


Emmanuel Macron

Priorité à la modernisation des infrastructures existantes, prime à la conversion et renforcement des normes anti-pollution européennes pour les véhicules neufs


Dans son programme le candidat prévoit de :
- Donner la priorité à la modernisation des infrastructures existantes en poursuivant le redressement entamé dans le secteur ferroviaire (pour les voyageurs et le fret) et en rattrapant le retard pris sur l'entretien des routes.
- Remplacer les vieux véhicules polluants en créant une prime de 1000 euros pour acheter un véhicule neuf ou d'occasion moins polluant
- Accélérer le déploiement des véhicules électriques en maintenant le bonus-malus à l'achat et en accélérant le déploiement des bornes de recharge
- Opérer sous le quinquennat le rattrapage de la fiscalité diesel sur celle de l'essence
- Peser pour renforcer les normes anti-pollution européennes pour les véhicules neufs et les contrôles en conditions réelles (en tirant les enseignements du scandale Volkswagen), avec pour objectif de long terme de n'avoir plus, en 2040, aucune vente de véhicule thermique.
- Développer le covoiturage, grâce à la mise en place des voies dédiées aux bus, VTC et covoiturages sur les autoroutes urbaines et une modulation des péages en fonction de l'occupation des véhicules

Notre avis
La priorisation au redressement de l'existant en particulier du fret ferroviaire va dans le bon sens. Cependant, il conviendrait, pour rendre ce secteur compétitif, de restaurer l'écotaxe poids lourds et sur ce point, le candidat ne formule pas de proposition.
Toujours dans le domaine des infrastructures, même si le programme n'en fait pas explicitement mention, le candidat s'est engagé à mener à son terme l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes qui pourtant, du point de vue environnemental et climatique, devrait être abandonné.
Hormis une proposition intéressante et concrète sur le covoiturage, le programme reste insuffisant pour réduire la place de la voiture, alors que les transports en commun et les mobilités actives (marche et vélo) devraient être priorisés, notamment par un soutien financier de l'Etat aux collectivités locales souhaitant les développer. C'est en effet le développement de ces alternatives qui permettra d'opérer un véritable report modal depuis le véhicule particulier.
Le problème de la qualité de l'air est bien identifié dans le programme et l'un des moyens principaux pour y remédier, le rattrapage fiscal diesel-essence au cours du quinquennat est mentionné.
Le candidat s'exprime par ailleurs sur un renforcement des normes européennes sur les émissions de polluants des véhicules en conditions réelles ainsi que des contrôles renforcés au niveau européen, ce qui va dans le bon sens. Néanmoins, le renforcement des normes européennes ne vise pas que les émissions de polluants mais également les émissions de CO2 de tous les véhicules et à cet égard, des objectifs doivent être fixés pour 2025.


Jean-Luc Mélenchon

Développement des transports alternatifs et du ferroviaire et plan de sortie du diesel


Le candidat propose un programme détaillé sur la réforme du secteur du transport avec, comme principales mesures :
- Un plan pluriannuel d'investissements dans les transports de voyageurs qui ne dépendant pas du pétrole (marche, vélos, bus à énergie propre, tramways, TER, métro, trains Intercités, TGV).
- Une contribution carbone sur le transport routier de marchandises et une taxe kilométrique aux frontières dépendant de la distance parcourue
- Le développement des transports ferroviaires afin d'assurer un maillage adapté aux différentes échelles des territoires et la liaison entre les agglomérations par TGV, trains intercités, TER et trams-trains
- La réduction des distances parcourues par un aménagement des villes en quartiers accessibles à pied et en vélo et l'organisation des territoires autour des transports collectifs
- Un plan de sortie du diesel en ville et la suppression progressive des avantages fiscaux accordés au diesel pour les flottes d'entreprises
- Des services publics d'autocars pour les espaces ruraux ou difficiles à desservir par le ferroviaire
- La réalisation de voies vertes ou véloroutes pour permettre le développement du vélo
- L'arrêt du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes pour utiliser l'argent au profit du développement ferroviaire
- L'adoption d'un plan de développement du ferroutage et du report modal pour réduire le transport routier de marchandises
- L'autorisation des liaisons par autocars seulement là où il n'y a pas de ligne TER
- Une sortie du diesel en commençant par supprimer progressivement l'avantage fiscal pour les flottes d'entreprises

Notre avis
Le programme du candidat est détaillé concernant les propositions sur le transport de voyageurs et de marchandises et se prononce clairement en faveur de la sortie du tout routier pour donner la priorité au train et au fluvial dans le cas du transport de marchandises et aux mobilités alternatives comme la marche, le vélo et les transports en commun pour ce qui concerne le transport des voyageurs. Il va également dans le sens d'une meilleure articulation entre aménagement, infrastructures et mobilités, ce qui est cohérent avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports.
Cependant, la taxe prévue sur les camions devrait être appliquée à tous les camions, pas seulement étrangers.
Par ailleurs, le nécessaire rattrapage fiscal du diesel sur l'essence est uniquement mentionné pour les “flottes d'entreprises” et ce, de manière progressive.
En outre, le candidat ne s'exprime pas sur la nécessaire réforme européenne des normes d'émissions et de contrôle des véhicules alors que celle-ci, capitale, est en cours de négociation sur la scène européenne. Pas plus que le candidat ne fait référence, pour sortir du transport tout routier et tout aérien, à la fin des niches fiscales accordées au secteur aérien qui le rende injustement compétitif par rapport aux autres modes de transports moins polluants et émetteurs de gaz à effet de serre.
Jean-Luc Mélenchon s'est prononcé clairement pour l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes dont l'impact sur l'environnement et le climat est incompatible avec la mise en œuvre de l'accord de Paris.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...


Accélérer la disparition des passoires énergétiques : qui dit quoi ?

jeudi 13 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Notre analyse des propositions des candidats à l'élection présidentielle.

François Fillon

Poursuite des dispositifs actuels pour la rénovation des logements


Le candidat souhaite souhaite encourager une politique d'habitat durable.
Il propose de :
- Généraliser la formule du chèque-énergie qui vient remplacer les tarifs sociaux de l'énergie
- Poursuivre les programmes d'aide à la rénovation thermique des logements
- Amplifier la politique d'économie d'énergie et rendre ainsi du pouvoir d'achat aux Français

Notre avis
Le programme ne comporte pas de mesure qui cible spécifiquement les logements les plus énergivores. Le problème de la précarité énergétique est bien identifié mais la réponse apportée réside seulement dans le chèque énergie pour l'aide au paiement de factures.
Si la poursuite des programmes d'aide à la rénovation énergétique des logements est évoquée, il est difficile de savoir si cela concerne les logements publics ou privés et quels seront les moyens financiers engagés qui eux ne sont pas évoqués.


Benoît Hamon

Plan d'investissement dans la rénovation énergétique des bâtiments qui vise à éradiquer la précarité énergétique


Le candidat prévoit de lancer un plan massif d'investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments et la rénovation urbaine. Le plan vise particulièrement à rénover les bâtiments publics et les passoires énergétiques dans l'objectif d'éradiquer la précarité énergétique. Ce plan prévoit un financement global conséquent de 100 milliards d'euros sur le quinquennat, dont 6 milliards d'euros chaque année seraient consacrés au financement de la rénovation énergétique via des prêts de la Caisse des Dépôts et par des aides publiques. Le candidat prévoit aussi la mise en place d'un bouclier énergétique pour les 30% de ménages les moins bien isolés afin que ceux-ci ne consacrent pas plus de 10% de leurs revenus aux dépenses énergétiques.

Notre avis
Le lien est établi clairement entre rénovation et lutte contre la précarité énergétique. Les montants d'investissements annoncés montrent que l'importance du phénomène des passoires énergétiques en France est bien perçu. La question du double financement public pour la rénovation, via la Caisse des Dépôts pour les prêts adaptés aux ménages, et via des dispositifs d'aides publiques est mentionnée.
La question spécifique du bouclier énergétique manque encore de précision quand à la cible qu'il entend toucher, les ménages les moins bien isolés sont ils ceux qui ont les revenus les plus bas ? Des précisions restent encore à apporter sur cet aspect.


Marine Le Pen

Priorité budgétaire du quinquennat et généralisation de prêts à taux zéro refinancés par la Banque de France


La candidate évoque dans son programme la nécessité pour lutter contre la précarité énergétique et agir directement sur le pouvoir d'achat des Français, de faire de l'isolation de l'habitat une priorité budgétaire du quinquennat. Elle prévoit pour cela la mise en place de prêts à taux zéro refinancés par la Banque de France (après sortie de l'euro).

Notre avis
La priorité est bien actée, le lien entre précarité et rénovation est fait. La question d'un outil de financement est également posée (son accessibilité aux ménages les plus précaires reste à démontrer). Cependant, le programme ne prend pas en compte la complexité sociale de la question, notamment la dimension de l'accompagnement des ménages et reste très vague sur la cible en matière de logement à rénover en ne parlant pas des logements les plus énergivores (ou passoires énergétiques), et en ne mentionnant aucune ambition chiffrée.
Alors que le programme parle de “priorité budgétaire du quinquennat”, les propositions manquent de détails.


Emmanuel Macron

Audit gratuit, rénovation de la moitié des logements-passoires d'ici 2022, interdiction de location de passoire énergétique à partir de 2025


Le candidat prévoit de :
- Transformer le Crédit d'Impôt Transition Energétique (CITE) en prime immédiatement perceptible au moment des travaux et non l'année suivante. Et ce, afin de permettre à tous de pouvoir réaliser les travaux nécessaires, notamment à ceux qui n'ont pas aujourd'hui toutes les ressources pour investir.
- Aider particulièrement les ménages les plus pauvres à rénover les passoires énergétiques et à mieux s'alimenter
- Proposer un audit gratuit à tous les propriétaires occupants en situation de précarité énergétique : maisons à la campagne, pavillons du périurbain, copropriétés où les travaux ont été trop longtemps repoussés
- Viser la rénovation de la moitié des logements-passoires des propriétaires les plus modestes dès 2022, afin de diminuer les émissions et de faire baisser les charges (électricité, fioul, gaz). Et de financer à cette fin, via un fonds public doté de 4 milliards, les travaux des propriétaires les plus précaires.
- Interdire à la location les passoires énergétiques à partir de 2025

Notre avis
Le programme établit le lien entre précarité énergétique et rénovation des logements et cible spécifiquement les passoires énergétiques. De plus, il propose une réforme en matière de financement en proposant une forme de préfinancement. La question de l'accompagnement social des ménages en précarité énergétique n'est pas perçue au delà d'un audit énergétique gratuit. Si ce dernier va dans le bon sens, il faut le coupler à un dispositif d'accompagnement vers une solution adaptée pour ces ménages. Le soutien financier annoncé, s'il s'additionne au niveau de soutien actuel, soit 3 milliards d'euros par an pour les aides à la rénovation énergétiques des logements privés, montre que l'ampleur du problème est bien perçu. Si ce soutien financier vient se substituer à ce qui se fait actuellement cela signifierait une division par trois des montants d'aides actuels. Une clarification est donc importante sur ce point.


Jean-Luc Mélenchon

700 000 rénovations par an, renforcement des programmes de détection et formation des professionnels afin d'imposer une obligation de résultats


Le candidat propose de :
- Assurer l'isolation d'au moins 700 000 logements par an pour 20 milliards d'euros sur le quinquennat
- Renforcer les programmes locaux de détection des passoires énergétiques, avec davantage de moyens humains et financiers
- Mettre fin aux situations de précarité énergétique que vivent les ménages
- Former, labelliser et coordonner les professionnels de la rénovation énergétique afin d'imposer une obligation de résultats
- Mettre en place un « guichet unique » regroupant les demandes de financement, l'évaluation des besoins, la coordination des professionnels nécessaires pour organiser la rénovation par les propriétaires individuels

Notre avis
Le lien est clairement établi entre précarité et passoires énergétiques, les dimensions sociales, environnementales et économiques sont bien présentes. Les propositions de meilleure coordination des interventions des professionnels sur les chantiers et de guichet unique pour faciliter et accélérer les démarches administratives des ménages montrent qu'une attention particulière est portée aux propositions issues de la société civile. Si les mesures manquent parfois de précision, le programme prend bien la mesure du problème au regard des chiffres avancés de rénovations et des 20 milliards annoncés sur le quinquennat lors de l'exercice de chiffrage détaillé du projet pour la rénovation énergétique des logements privés.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...


Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique : qui dit quoi ?

jeudi 13 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Notre analyse des propositions des candidats à l'élection présidentielle.

François Fillon

Valorisation des circuits “directs”, programmes de recherche et abrogation des normes ajoutées à la réglementation européenne


La partie agricole du programme prévoit :
- Une mesure permettant de valoriser les circuits “directs”.
- D'apposer sur l'emballage de tous les produits alimentaires la mention claire de leur provenance et de leur lieu de transformation (pays).
- De fonder la politique agricole commune (PAC) 2020 sur la gestion des risques et sur le soutien à l'investissement.
- De relancer des programmes de recherche sur les nouvelles biotechnologies et l'agriculture 3.0.
- D'abroger par ordonnance toutes les normes ajoutées à la réglementation européenne.

Notre avis
Les circuits “directs” (assimilés aux circuits “courts”, comprenant un ou zéro intermédiaire entre le producteur et le consommateur) ne comportent pas d'avantages d'un point de vue environnemental, à la différence des circuits de proximité (ou locaux, comprenant la notion de proximité géographique). De même, la mesure concernant l'affichage sur l'emballage du pays d‘origine pourrait permettre une “préférence” française dans les achats mais n'est pas synonyme d'une diminution des impacts environnementaux des produits.
Soutenir une future PAC axée sur le soutien à l'investissement est dangereux, à la fois pour les agriculteurs, car entraînant une inflation de leur endettement, et pour l'environnement, car ces investissements sont souvent gourmands en énergie.
La relance de programmes de recherche sur les biotechnologies et l'agriculture 3.0. est une impasse. La recherche doit aujourd'hui être massivement orientée vers les pratiques agricoles écologiques et résilientes, dont les impacts sont positifs autant pour l'agriculteur, l'économie française que pour le consommateur.
L'abrogation des normes ajoutées à la réglementation européenne serait évidemment catastrophique pour la protection de l'environnement et du climat.
Le programme ne contient aucune mesure sur les modes de production et la qualité environnementale des produits, en particulier des mesures de soutien au développement des productions biologiques et de diminution des épandages d'engrais azotés de synthèse.
Le programme ne contient pas non plus de mesure permettant une évolution du régime alimentaire, en particulier des mesures concernant la restauration collective ou l'information sur la qualité nutritionnelle et environnementale des produits alimentaires.


Benoît Hamon

50 % de repas bio ou issus de circuits courts dans la restauration collective, aide à la structuration des filières


Dans son programme, le candidat propose :
- Qu'au moins 50 % de repas bio ou issus des circuits courts seront servis dans la restauration collective.
- L'instauration d'un taux de TVA réduit pour les produits bio
- Une aide à la structuration des filières de production biologique et équitable.

Notre avis
La proposition sur la restauration collective va dans le bon sens mais souffre d'une absence de précision car elle ne comporte pas d'échéance et devrait contenir un sous objectif chiffré spécifique pour les produits biologiques. De plus, la référence à des produits issus de circuits courts (comprenant un ou zéro intermédiaire entre le producteur et le consommateur) ne comporte pas d'avantages d'un point de vue environnemental, à la différence des circuits de proximité ou locaux (comprenant la notion de proximité géographique).
Les produits bio (tout comme tous les produits alimentaires) bénéficient déjà d'un taux réduit à 5,5 %. Un taux “super-réduit” de 2,1 %, bien qu'exceptionnel, pourrait être appliqué aux produits bio, mais cela devrait alors être précisé.
L'aide à la structuration des filières de production biologique et équitable est une mesure intéressante mais mériterait d'être précisée quant aux outils et montants financiers envisagés.
Un manque de précision existe par ailleurs quant aux mesures permettant d'accompagner une transition écologique massive du système agricole.


Marine Le Pen

Sortie de la politique agricole commune, simplification des normes, préférence nationale dans la commande publique


La partie agricole du programme comporte notamment :
- Appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français pour soutenir immédiatement nos paysans et nos pêcheurs, notamment au travers de la commande publique (État et collectivités).
- Transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française. Garantir le montant des subventions dont les critères seront fixés par la France et non plus par l'Union européenne, avec l'objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales.
- Simplifier le quotidien des agriculteurs en stoppant l'explosion des normes administratives
- Développer les circuits courts
- Interdire l'importation de produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d'environnement.
- Promouvoir les exportations agricoles, notamment en soutenant les labels de qualité.

Notre avis
Dans le programme, le mot environnement n'apparaît que dans la mesure qui a trait aux restrictions d'importation conditionnées au respect des normes françaises. Pourtant, les normes françaises environnementales pour le secteur agricole sont encore faibles par rapport aux enjeux environnementaux et climatiques auxquels nous devons faire face.
Les circuits courts (circuits comprenant un ou zéro intermédiaire entre le producteur et le consommateur) ne comportent pas d'avantages d'un point de vue environnemental, à la différence des circuits de proximité (ou locaux, comprenant la notion de proximité géographique).
Le programme ne contient aucune mesure sur les modes de production et la qualité environnementale des produits, en particulier des mesures de soutien au développement des productions biologiques, de diminution des épandages d'engrais azotés de synthèse. Le seul endroit où sont évoqués les labels de qualité le sont dans une optique d'exportation, alors que des mesures devraient d'abord faciliter leur accessibilité au plus grand nombre en France.
Le programme ne contient pas non plus de mesure permettant une évolution du régime alimentaire, en particulier des mesures concernant la restauration collective ou l'information sur les produits alimentaires.


Emmanuel Macron

50 % de produits bio, écologiques ou issus de circuits courts dans la restauration collective et Plan de transition agricole de 5 milliards d'euros.


Le candidat propose :
- que d'ici 2022, 50 % des produits proposés par les cantines scolaires et les restaurants d'entreprise devront être bio, écologiques ou issus de circuits courts.
- Un Plan de Transition Agricole de 5 milliards d'euros sur cinq ans qui soutiendra tous les projets de montée en gamme des exploitations, d'adaptation aux normes environnementales et de bien-être animal.

Notre avis
L'objectif sur les cantines et les restaurants d'entreprise va dans le bon sens. Cependant, la mesure devrait concerner l'ensemble de la restauration collective (et non les seules cantines scolaires : restaurants collectifs des ministères, hôpitaux, maisons de retraites, etc.) et contenir un sous objectif chiffré spécifique pour les produits biologiques.
Le Plan de transition agricole va également dans le bon sens mais devrait aller bien au delà de la simple application des normes environnementales, qui est un minimum et contenir des éléments sur la réduction des produits chimiques (engrais et phytosanitaires), l'élevage de plein air, etc. Par ailleurs, le programme ne précise pas d'où proviendront les 5 milliards d'euros du plan de transition agricole annoncés.



Jean-Luc Mélenchon

Normes sur les intrants chimiques et les conditions d'élevage et 100 % de produits bio dans les structures publiques d'ici 2022


Le programme vise une évolution de l'ensemble du système agricole et alimentaire pour atteindre en particulier “la neutralité en matière d'émissions de gaz à effet de serre (en tenant compte des émissions importées)”. Cette vision comprend, notamment la promotion du système herbager et de l'agriculture écologique et biologique ainsi que l'information et la formation nutritionnelle des citoyens. Plus précisément, le programme comporte :
- Un soutien financier à cette transition,
- La mise en place de normes sur des apports maximums d'intrants chimiques (pesticides et engrais) et sur les conditions d'élevage (dont aires de pâturage).
- L'atteinte de 100 % de produits biologiques dans les structures publiques d'ici à 2022, et le soutien aux achats de produits biologiques pour la restauration collective.
la mise en place dans la restauration collective de menus moins carnés, une baisse de 50 % du gaspillage alimentaire sur 3 ans et la suppression des produits d'emballage.
- La mise en place sur les emballages d'un système d'information clair du contenu et de la qualité des aliments.

Notre avis
Le programme prévoit une transition globale du système agricole et alimentaire assez détaillée et ambitieuse quant aux objectifs et aux mesures à mettre en place, notamment vis-à-vis de l'enjeu climatique. Par ailleurs, le candidat est le seul à s'exprimer sur la nécessité de faire évoluer les régimes alimentaires vers une moindre consommation de viande.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...


Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste : qui dit quoi ?

jeudi 13 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Notre analyse des propositions des candidats à l'élection présidentielle.

François Fillon

Suppression des mesures fiscales les plus défavorables à l'environnement et prix plancher du CO2 à 30 euros la tonne.


François Fillon annonce la suppression des mesures fiscales les plus défavorables à l'environnement et un prix plancher de 30 euros sur la tonne de CO2 sans préciser les secteurs et énergies concernés.

Notre avis
S'il est encourageant de voir que François Fillon annonce la suppression des mesures fiscales les plus défavorables à l'environnement, nous n'avons pas de précision sur celles qui sont visées à travers cette disposition. Le programme est par exemple muet sur les avantages fiscaux qui bénéficient aux énergies fossiles comme le diesel, reconnu comme cancérigène, ou encore le kérosène aérien qui n'est absolument pas taxé, et dont la révision permettrait de dégager de nouvelles sources de financement pour accompagner une transition juste pour tous.
Sur la mise en place d'un prix plancher à 30 euros la tonne de CO2 : cette mesure concerne-t-elle uniquement le secteur de l'électricité ou bien tous les secteurs consommateurs d'énergie non renouvelables et émetteurs de gaz à effet de serre ? Sera-t-elle promue au niveau européen ainsi qu'au niveau français ? La mesure a peu de chances d'aboutir au niveau européen en l'absence de volonté forte chez les autres Etats. Au niveau français, le prix auquel est soumis la consommation d'énergie est déjà supérieur à 30 euros la tonne de CO2 en 2017 et elle devrait rejoindre au plus tôt le taux de 100 euros la tonne pour faire preuve d'efficacité contre les changements climatiques.
Le principe d'utilisateur payeur et de pollueur payeur qui serait appliqué avec une redevance kilométrique sur les poids lourds ne fait l'objet d'aucune proposition, laissant le transport routier dans une situation avantageuse par rapport aux modes de transport fluvial et ferroviaire que le candidat entend pourtant soutenir.


Benoît Hamon

Taxe carbone, TVA modulée et plafonnement et suppression des niches fiscales, à commencer par l'avantage fiscal accordé au diesel et au kérosène


Le candidat propose :
- le renforcement de la taxe carbone, dont le taux est porté à 100 euros en 2020 (au lieu de 56€) et 200 euros en 2030 (au lieu de 100€), et dont les ressources seront redistribuées aux ménages et aux entreprises.
- une TVA modulée en fonction de l'empreinte environnementale
- un plafonnement et une suppression sur le quinquennat des niches fiscales qui vont à l'encontre de l'environnement, à commencer par l'avantage fiscal accordé au diesel et la fin de l'avantage fiscal du kérosène utilisé sur les vols domestiques.

Notre avis
Benoit Hamon propose une trajectoire plus ambitieuse et de la contribution carbone que la Loi de transition énergétique et utilise la fiscalité verte comme levier de redistribution plus juste envers les ménages tout en prévoyant une baisse de charge pour les entreprises.
Le candidat prévoit d'agir sur les modes de transport les plus nocifs pour la santé et le climat en envisageant l'alignement des taxes diesel sur celles de l'essence et la suppression de l'avantage fiscal du kérosène sur le plan domestique qui bénéficie en particulier aux personnes aisées. Les ressources levées grâce à ces mesures seront également redistribuées aux ménages sous forme d'aides et de subventions. Il n'est pas prévu dans le programme de les affecter au développement des solutions alternatives de transports où les besoins financiers sont importants. Le candidat formule une proposition qui va dans le bon sens en confiant aux régions l'initiative de mettre en place sur leur territoire l'écotaxe poids lourds supprimée par le gouvernement actuel. Cela devrait néanmoins être considéré comme un premier pas vers le retour à un dispositif national, indispensable à la transition du secteur du transport de marchandises.


Marine Le Pen

Pas de propositions concernant la fiscalité écologique


La candidate ne prévoit aucune mesure de fiscalité écologique. Elle a cependant pris récemment position publiquement contre le rattrapage fiscal entre le diesel et l'essence.

Notre avis
Le verdissement de la fiscalité est incontournable pour permettre à la France d'orienter les comportements et de rendre les solutions de production d'énergie plus respectueuses de l'environnement. Le silence de la candidate sur cet outil de transition essentiel est donc un mauvais signal en termes de respect par la France de ses engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris. Tout aussi inquiétante, la position de la candidate contre le rattrapage fiscal diesel essence alors même que la pollution de l'air est chiffrée à plus de 100 milliards d'euros par an pour la collectivité toute entière par un rapport du Sénat.


Emmanuel Macron

Alignement taxe diesel sur celle de l'essence en 5 ans, hausse taxe carbone et prime pour les voitures les plus écologiques


Le candidat prévoit :
- Un alignement de la taxe diesel sur celle de l'essence sur la durée du quinquennat
- L'intégration du coût écologique dans le prix du carbone, en faisant monter en puissance la taxe carbone pour atteindre 100 € la tonne de CO2 en 2030.
- Une prime exceptionnelle de 1000 euros pour permettre à tous ceux dont les véhicules ont été fabriqués avant 2001 d'acheter des voitures plus écologiques, qu'elles soient neuves ou d'occasion.

Notre avis
Le candidat s'inscrit dans le cadre de la loi de transition énergétique en fixant le prix de la tonne de CO2 à 100 euros en 2030. Mais aucune indication n'est donnée concernant les taux de progression annuels qui seront à décider au plus tôt lors du prochain quinquennat.
Par ailleurs, une prime à la conversion pour une voiture plus écologique existe déjà. Le programme ne prévoit pas d'autres mesures de redistribution qui puissent garantir le développement de solutions de mobilité alternatives à la voiture pour tous (transports en commun, mobilité actives, solutions en milieu rural, etc.) De nombreuses niches fiscales sont absentes du programme (kérosène, transport routier) alors qu'elles restent incompatibles avec la transition écologique. Enfin aucune mesure n'est annoncée pour revenir sur l'abandon de la taxe kilométrique sur les camions, qui fait cruellement défaut pour la transition du secteur du transport de marchandises.


Jean-Luc Mélenchon

Suppression des niches fiscales aux énergies fossiles, taxe kilométrique aux frontières et contribution carbone sur le transport routier de marchandises


Le candidat propose de :
- Supprimer les niches fiscales accordées aux énergies fossiles
- Instaurer une taxe kilométrique aux frontières de la France pour intégrer le coût écologique dans les produits, qui dépendra de la distance parcourue par les produits importés.
- Introduire une contribution carbone sur le transport routier de marchandises

Notre avis
Le candidat assume d'une part la suppression des subventions aux énergies fossiles, dont celle qui bénéficie au gazole, et d'autre part le retour d'une redevance écologique sur le transport routier. Celle-ci devrait néanmoins s'appliquer à tous les camions, pas seulement ceux venus de l'étranger, sur le modèle des redevances kilométriques poids-lourds mises en place chez nos voisins européens. La prise en compte de l'impact carbone du transport routier est intéressante pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur. Le candidat ne s'exprime cependant pas sur la montée en puissance de la contribution carbone qui est d'ores et déjà prévue par la loi de transition énergétique, ni sur la taxation du transport aérien qui bénéficie d'un traitement fiscal très favorable comparé aux autres modes de transports moins polluants.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...


Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d’ici à 2050 : qui dit quoi ?

jeudi 13 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Notre analyse des propositions des candidats à l'élection présidentielle.

François Fillon

Prolongation du parc nucléaire, élimination des énergies fossiles de la production d'électricité et développement de filières industrielles des énergies renouvelables


François Fillon propose l'adoption d'une nouvelle loi de transition énergétique, avec l'abandon de l'objectif de 50 % de nucléaire en 2025 et un allongement de la durée de vie des centrales nucléaires. La centrale de Fessenheim ne sera pas fermée. Il projette d'éliminer les énergies fossiles de la production d'électricité avec un prix plancher de la tonne de carbone à 30 euros.
Concernant les énergies renouvelables, sa priorité est de construire de véritables filières industrielles françaises en misant sur les nouvelles technologies comme les énergies marines renouvelables. Il propose aussi de développer la production décentralisée d'énergie, d'encourager l'autoconsommation d'électricité et d'aider la valorisation énergétique des sous-produits agricoles. Pour lui, il faut mieux utiliser les ressources naturelles renouvelables qui existent sur notre territoire comme le bois et la géothermie. Le soutien au développement des énergies renouvelables sera revu avec la suppression de l'obligation d'achat de la production pour les nouvelles installations ainsi qu'à l'échéance des contrats en cours pour les installations existantes. Il propose par ailleurs de lancer un plan de méthanisation en levant les freins qui ralentissent son développement (notamment en relevant les seuils de régime de déclaration et d'enregistrement pour alléger les contraintes administratives).
Au niveau européen, il propose de mettre en place une véritable Europe de l'énergie grâce en particulier à une stratégie nucléaire modernisée alliée au développement des énergies alternatives.

Notre avis
François Fillon s'entête dans le maintien d'une filière de plus en plus coûteuse : le nucléaire. Le grand carénage (la mise aux normes des centrales nucléaires existantes) pourrait coûter 100 milliards d'euros selon la Cour des comptes et ne ferait que reporter à plus tard les investissements dans de nouveaux outils de production d'électricité. François Fillon projette d'éliminer les énergies fossiles de la production d'électricité avec une taxe carbone pour ce secteur. Cette taxe pourrait entraîner la fermeture des centrales à charbon encore en activité en France, ce qui est déjà prévu dans la PPE, mais aurait peu d'impact sur les centrales au gaz. Dans le domaine des énergies renouvelables, François Fillon prône une vision industrielle, intégrant difficilement la dimension décentralisée et participative de la production. François Fillon souhaite supprimer certains mécanismes comme les tarifs d'achat qui ont pourtant démontré leur efficacité. Par ailleurs, ceux-ci ayant déjà été en grande partie remplacés par d'autres outils comme le complément de rémunération, la proposition du candidat mériterait d'être précisée.
En ce qui concerne la méthanisation, le fait de relever les seuils peut-être dangereux, car ces derniers sont le garant de projets respectant les normes environnementales.


Benoît Hamon

Sortie du nucléaire en 25 ans, 100 % d'énergies renouvelables en 2050 et nouvelle vision stratégique pour EDF


Benoît Hamon fixe un objectif de 50 % d'énergies renouvelables dans le mix électrique en 2025 et 100 % d'énergies renouvelables en 2050. Il vise une sortie du nucléaire à l'horizon d'une génération (objectif 25 ans) et il fermera les réacteurs en fin de vie durant le quinquennat tout en garantissant les emplois du secteur énergétique.
Il propose de créer une aide pour permettre aux citoyens de s'équiper en matériel de production d'énergie renouvelable domestique.
Il redonnera une vision stratégique à l'Etat en faisant d'EDF un pilier de la transition énergétique. En tant qu'actionnaire principal, l'Etat poussera EDF à renforcer ses recherches sur la production et le stockage d'énergies renouvelables. Plutôt que de privilégier le nucléaire, EDF accompagnera la décentralisation de la production d'énergies vertes.
Benoît Hamon proposera au niveau européen une Europe de l'énergie, avec une stratégie européenne pour l'environnement, la sobriété, l'efficacité et l'indépendance énergétiques, la maîtrise du prix de l'énergie, la réindustrialisation et la souveraineté.

Notre avis
Benoît Hamon donne clairement la priorité aux énergies renouvelables en fixant un cap vers 100 % d'énergies renouvelables en 2050. En revanche, il reste flou sur les moyens et mesures pour parvenir à ce changement dans notre mix énergétique, tant pour la baisse de la part du nucléaire que pour celle des énergies fossiles, peu présentes dans son programme. Si il s'exprime sur la fermeture des réacteurs en fin de vie, il n'est fait aucune mention des chantiers en cours tels que l'EPR de Flamanville. Il propose de redonner à l'Etat un rôle de stratège au sein du CA d'EDF (et non pas seulement un rôle unique d'actionnaire plus focalisé sur les résultats financiers à court terme). C'est un bon point pour déverrouiller la politique énergétique française, mais qui devra s'accompagner de mesures de simplification réglementaire pour les énergies renouvelables et d'une meilleure prise en compte des acteurs locaux (citoyens, collectivités, entreprises locales) dans leur développement. La proposition de B. Hamon au niveau européen, visant à proposer une autre Europe de l'énergie basée sur la sobriété énergétique, l'efficacité et l'indépendance énergétique va dans le sens d'un rôle accru de l'Europe en matière de leadership climatique, ce qui reste indispensable pour une mise en œuvre effective de l'Accord de Paris.


Marine Le Pen

Prolongation de la durée des vie des réacteurs nucléaires, développement des énergies renouvelables, à l'exception de l'éolien pour lequel un moratoire immédiat sera appliqué


Marine Le Pen souhaite développer massivement les filières françaises des énergies renouvelables (solaire, biogaz, bois...) grâce à un protectionnisme intelligent, au patriotisme économique, à l'investissement public et privé et aux commandes d'EDF. Cependant, elle prévoit aussi un moratoire immédiat sur l'éolien.
Pour maintenir, moderniser et sécuriser la filière nucléaire française, elle engagera le grand carénage, et gardera le contrôle de l'État sur EDF, en lui redonnant une mission de service public. La centrale nucléaire de Fessenheim ne sera pas fermée.
Dans le domaine de la mobilité, Marine Le Pen soutiendra une filière française de l'hydrogène, par un appui de l'État en matière de recherche et développement, afin de réduire notre dépendance au pétrole.
Elle interdira l'exploitation du gaz de schiste, tant que des conditions satisfaisantes en matière d'environnement, de sécurité et de santé ne seront pas réunies.
Notre avis
Les propositions de Marine Le Pen sur les énergies renouvelables sont contradictoires car alors qu'elle encourage leur développement, elle propose parallèlement un moratoire immédiat sur l'éolien alors de la grande majorité des Français, même ceux vivant près d'une éolienne, est en faveur de cette source d'électricité. Mettre en péril une filière qui compte plus de 15 000 emplois directs en France, avec une hausse annuelle de 15 %, et ceci sans raisons, n'est pas acceptable. La solution consiste plutôt, pour que les projets éoliens soient mieux conçus et acceptés, à développer une participation des acteurs locaux aux décisions et aux investissements dans les projets éoliens.
Par ailleurs, comme François Fillon, Marine Le Pen soutient la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires, malgré les coûts engendrés et le retard que prendrait la France pour les énergies d'avenir les plus compétitives, c'est à dire les renouvelables.
Enfin, concernant la réduction de notre consommation d'énergies fossiles, Marine Le Pen met en avant son soutien à la recherche et au développement dans le domaine de l'hydrogène. Si cette filière aura probablement sa place à l'avenir, elle n'est pas mature actuellement et la question reste donc posée des solutions proposées à court terme pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre liées aux énergies fossiles.
Par ailleurs, les propositions de la candidate, qui sont pour leur grande majorité hostiles à l'Europe, mettent en péril une action commune des Etats membres pourtant indispensable pour garantir que l'Europe s'engagera dans la transition énergétique et fera sa juste part dans la mise en œuvre de l'accord de Paris.


Emmanuel Macron

Objectif de 50 % de nucléaire en 2025 à confirmer en 2018 ou 2019, doublement des capacités en éolien et solaire et fermeture des centrales à charbon d'ici 2022


Emmanuel Macron préconise une stratégie de sortie des énergies fossiles et une fermeture des centrales à charbon françaises avant la fin du quinquennat avec un accompagnement des personnes et des territoires. Il s'engage également à ne pas signer de nouveaux permis d'exploration d'hydrocarbure.
Le candidat confirme l'objectif de 50 % de nucléaire à l'horizon 2025 de la loi de transition énergétique et prendra les décisions stratégiques liées à l'atteinte de cet objectif une fois que l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) aura rendu ses conclusions, attendues pour 2018, sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans. La fermeture de la centrale de Fessenheim est liée, pour Emmanuel Macron, au démarrage de l'EPR de Flamanville.
Emmanuel Macron s'engage à tenir l'objectif de la loi de 32 % d'énergies renouvelables en 2030. D'ici à 2022, son objectif est de doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque. Il publiera la totalité du calendrier des appels d'offres en début du quinquennat pour donner de la visibilité aux filières. Il annonce 30 milliards d'euros d'investissements privés sur 5 ans dans les énergies renouvelables. Il veut simplifier les délais sur la mise en œuvre des projets renouvelables, rendre plus simples les procédures, aider les exploitants agricoles à produire des renouvelables.
Au niveau européen, il prévoit une réforme du marché carbone, en agissant par la fixation d'un prix plancher de la tonne de carbone.

Notre avis
Emmanuel Macron reprend les grandes orientations de la loi sur la transition énergétique et les politiques mises en œuvre depuis sa promulgation mais ne se prononce pas sur un cap au-delà de 2030. Il propose la fermeture des centrales à charbon avant la fin du quinquennat, comme le prévoit la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Sur le nucléaire, il confirme l'objectif présent dans la loi mais remet à après l'élection les précisions sur l'évolution du parc nucléaire créant une incertitude sur les choix d'investissement qui se posent aujourd'hui et un doute sur sa réelle volonté de respecter l'objectif de 50 % de nucléaire dans la production d'électricité à l'horizon 2025, et de laisser ainsi la place au développement des énergies renouvelables.
Emmanuel Macron s'inscrit également dans la continuité des politiques actuelles concernant les objectifs sur les énergies renouvelables, tout en proposant quelques améliorations comme une meilleure visibilité sur les appels d'offres et une simplification réglementaire.
L'interdiction des nouveaux permis d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbure devra s'appliquer dans tous les territoires terrestres et marins français, y compris l'outre mer, et aller plus loin qu'un gel provisoire par son inscription dans la loi (le code minier). Ce moratoire est actuellement appliqué sur la méditerranée et la côte atlantique.
Le candidat reste cependant faible sur la vision énergétique qu'il entend défendre sur la scène européenne. Seule la mise en place d'un prix plancher de la tonne de carbone sur le marché européen est évoquée alors que la priorité devrait être donnée à une politique énergétique européenne basée sur la sobriété, l'efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables.


Jean-Luc Mélenchon

Vers un mix électrique 100 % renouvelable en 2050 au travers d'une planification et en s'appuyant sur un pôle public de l'énergie


Jean-Luc Mélenchon propose d'orienter la France vers un mix électrique 100 % renouvelable à l'horizon 2050, sur la base d'une planification donnant la priorité aux mesures de réduction de la consommation d'énergie et au développement des filières d'énergie renouvelable. Il confirme l'arrêt de la centrale de Fessenheim en garantissant l'emploi des salariés et leur formation pour en faire un site pilote du démantèlement. Il abandonnera l'opération du grand carénage visant à prolonger la vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans, ainsi que le projet d'EPR de Flamanville et celui d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure.
Il souhaite créer un pôle public de l'énergie basé sur la renationalisation des compagnies énergétiques (électricité, gaz, pétrole) en lien avec des coopératives locales de production et de consommation d'énergies renouvelables, et en favorisant l'auto-production et le partage des excédents. Pour Jean-Luc Mélenchon, le prix de l'énergie ne peut être déterminé par le marché. Le tarif sera donc défini par la représentation nationale.
Il souhaite interdire l'exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste et de houille.
Au niveau européen, il prône une renégociation des traités européens ou, sans cela, une sortie de l'UE.

Notre avis
Le cap vers le 100 % renouvelables est clairement posé. Reste à préciser s'il concerne la production d'électricité ou la totalité des énergies consommées. La sortie du nucléaire est également actée avec la fermeture de Fessenheim, l'arrêt du grand carénage mais aussi l'abandon de l'EPR de Flamanville. Concernant le développement des énergies renouvelables, les moyens et mesures restent à préciser même si l'accent est mis sur la sobriété et l'efficacité énergétique pour y parvenir.
Au niveau européen, la proposition du candidat de sortir des traités pourrait mettre à mal la nécessaire coopération des pays pour que l'Union européenne prenne un rôle de leader dans la lutte contre les changements climatiques, condition indispensable au respect des objectifs fixés par l'Accord de Paris.



Nos analyses sur les six chantiers prioritaires que nous avons évalués :

- Relancer rapidement le développement des énergies renouvelables et leur fixer un cap à 100 % d'ici à 2050
- Une fiscalité adaptée à une transition écologique juste
- Enclencher une transition agricole et alimentaire écologique
- Accélérer la disparition des passoires énergétiques
- Donner accès à une mobilité propre à toutes et tous
- Concrétiser et amplifier les engagements financiers de la France pour une justice climatique au sud

Pour en savoir plus sur notre démarche et notre méthode : http://www.rac-f.org/Elections-2017...


Chargé(e) de mission transports et mobilité (CDD jusqu’à fin décembre 2017)

mercredi 12 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Le Réseau Action Climat recrute un-e chargé(e) de mission transports et mobilité (CDD jusqu'à fin décembre 2017) pour œuvrer pour la transition énergétique dans les politiques de transports et les pratiques de mobilité, à travers la mise en œuvre des outils de la loi de transition énergétique et l'élaboration de propositions pour aller plus loin, et engager les acteurs publics (locaux) et privés dans cette voie.

Le Réseau Action Climat est une association créée en 1996. Il est le représentant français du Climate Action Network International (CAN), réseau mondial de plus de 1300 organisations non gouvernementales. Le Réseau Action Climat fédère 18 associations nationales et 10 associations locales et régionales de protection de l'environnement, de promotion des énergies renouvelables et des transports soutenables et de solidarité internationale.

Missions

Œuvrer pour la transition énergétique dans les politiques de transports et les pratiques de mobilité, à travers la mise en œuvre des outils de la loi de transition énergétique et l'élaboration de propositions pour aller plus loin, et engager les acteurs publics (locaux) et privés dans cette voie. Ces missions seront menées en collaboration avec la responsable climat et transport du Réseau Action Climat et les associations membres.

Votre mission consistera en :

1) Le développement des « villes respire » qui agissent contre la pollution de l'air et les émissions de gaz à effet de serre à travers les transports et la mobilité.

Alors qu'un grand nombre de villes connaissent des dépassements des niveaux limites de pollution de l'air, elles disposent de nouveaux pouvoirs d'agir, notamment sur le trafic routier et les véhicules polluants. La mise en œuvre de plans climat air énergie territoriaux (PCAET) va devenir obligatoire dans les intercommunalités en 2018. Dans ce cadre, les mesures de réduction du trafic routier ont vocation à se développer dans les villes qui doivent en parallèle mettre en place des solutions de mobilité alternatives. Pour cela, le Réseau Action Climat prévoit en 2017 :

- La réalisation d'une brochure à destination des collectivités locales,

- L'accompagnement d'associations locales et régionales dans leurs activités de sensibilisation auprès des élus locaux,

- La rédaction d'une note d'analyse des bonnes pratiques expérimentées à l'échelle locale pour concilier politique locale de restriction de trafic et justice sociale,

- L'organisation d'une action de valorisation et de diffusion des bonnes pratiques auprès des collectivités,

- L'identification et la valorisation des collectivités exemplaires.

2) La promotion de plans de mobilité efficaces

En vue de la généralisation des plans de mobilité dans les établissements de plus de 100 salariés prévue par la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) pour 2018, le Réseau Action Climat veut inciter à la mise en place de démarches de plans de mobilité exemplaires sur le plan énergétique et climatique.

Actions prévues en 2017 :


- Suivi de la mise en œuvre de la mesure prévue par la loi de transition énergétique,

- Réalisation d'une plaquette à destination des entreprises pour donner les clefs d'un bon plan de mobilité,

- Définition d'une stratégie de diffusion (communication, valorisation et recherche de partenaires).

Le (la) chargé(e) de mission transports et mobilité participera également au travail de plaidoyer national pour faire évoluer les politiques de transports dans un sens favorable à la lutte contre les changements climatiques.

Profil recherché

De formation bac +5 (master urbanisme/aménagement/transports, développement durable, collectivités locales, …), vous disposez d'au moins 2 ans d'expérience dont une dans la conduite autonome de projet.

Vous avez également, grâce à votre expérience, une bonne connaissance du secteur des transports, des collectivités et/ou du monde associatif et un intérêt particulier pour les thématiques de la qualité de l'air et du climat.

Qualités requises :

• Esprit d'analyse et de synthèse
• Capacités rédactionnelles
• Grande aisance orale et rédactionnelle
• Bonnes capacités d'organisation
• Sens du travail en équipe et en réseau
• Bon niveau d'anglais

Conditions de travail :
• Temps plein / CDD jusqu'à fin décembre 2017 à pourvoir dès que possible.
• Salaire à partir de 2 277 € brut/mois (selon expérience et grille de salaire interne).
• Prise en charge transports en commun (50%) ou indemnité kilométrique vélo, tickets restaurants (60%), possibilité de mutuelle (50%)
• Poste basé à Montreuil (93), Métro ligne 9, station Mairie de Montreuil

-> Modalités : Envoyer d'ici le 24 avril un CV et une lettre de motivation (avec les coordonnées de deux référents) à Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat France à l'adresse suivante : recrutement@rac-f.org
Merci de nommer les fichiers électroniques correspondants à votre CV et LM avec votre nom de famille. Veuillez aussi indiquer dans votre envoi votre date de disponibilité.


Homologation des véhicules - Réforme en demi-teinte en Europe et enlisement en France

mardi 4 avril 2017 par Réseau Action Climat - France

Alors que le Parlement européen a adopté aujourd'hui un texte fondamental réformant les règles d'homologation des véhicules dans l'Union européenne, l'UFC Que Choisir, le Réseau Action Climat et France Nature Environnement regrettent que les législateurs européens ne soient pas allés au bout de la réforme et aient rejeté la création d'une véritable agence européenne de surveillance du marché. Nos associations attendent des Etats, dont la France, de tirer pleinement les enseignements du scandale du dieselgate.

Un cadre réglementaire défaillant : Pour rappel, début septembre 2015, le groupe Volkswagen a reconnu aux Etats-Unis avoir équipé certains de ses moteurs diesel d'un logiciel truqué capable de reconnaître le passage du test et de modifier le comportement du moteur. Si les consommateurs américains ont été indemnisés, en Europe, le groupe Volkswagen a refusé jusqu'à présent toute compensation pour les consommateurs affectés, alors même que certains de ses véhicules dépassent de loin les normes européennes en matière d'oxyde d'azote (NOx). Le constructeur s'est appuyé sur les lacunes de la réglementation européenne et le flou entourant l'usage d'un « dispositif d'invalidation » lors des tests.
Par ailleurs, les tests effectués par la Commission technique indépendante mise en place par la Ministre de l'écologie et de l'environnement en juillet 2016 (dite Commission « Royal »), ont démontré les écarts d'autres constructeurs avec la norme européenne en conditions réelles, mettant en évidence le besoin d'une réforme structurelle du système de test. Les défaillances de celui-ci ont également un impact sur les changements climatiques, les émissions de CO2 des véhicules étant en moyenne 42% supérieures en conditions réelles par rapport aux émissions affichées(1).
Dans ce contexte, nos trois associations ont appelé dès le départ à une réforme la plus ambitieuse possible de la législation concernant les règles d'homologation des véhicules.

Au niveau européen, des avancées indéniables, mais un manque d'ambition : Le texte adopté aujourd'hui contribuera nécessairement à une amélioration du système existant : inclusion d'objectifs annuels quantifiables (20%) de surveillance du marché par les autorités nationales ; renforcement de l'indépendance des services techniques par rapport aux constructeurs ; audits européens ; mise en place d'un Forum avec des observateurs tiers. Nos associations regrettent cependant que les eurodéputés ne se soient pas saisis de cette opportunité pour établir une Agence Européenne de Surveillance des Véhicules, seule à même de garantir une approche harmonisée des essais et de la surveillance du marché.

Au niveau français, une situation qui patine – les membres de la Commission « Royal » attendent une date de convocation qui tarde à arriver plus les élections présidentielles se rapprochent, ainsi que la publication des investigations approfondies. Nos associations appellent à un engagement fort en vue du maintien de cette commission qui doit être dotée de moyens financiers à la hauteur de l'enjeu pour les consommateurs, la santé publique et l'environnement que représentent les émissions polluantes au NOx ou au dioxyde de carbone (CO2).

Maintenant que le parlement européen a pris position, la balle est dans le camp des Etats membres. Dans ce contexte, et alors même que le laxisme des autorités et les potentiels conflits d'intérêts entre États-membres, constructeurs automobiles et services d'essais privés ont été mis en évidence par l'enquête sur la mesure des émissions dans le secteur de l'automobile, l'UFC-Que Choisir , France Nature Environnement et le Réseau Action Climat demandent :
- aux Etats membres dont la France, d'abonder dans le sens d'un renforcement de la surveillance du marché automobile et d'adopter rapidement les nouvelles règles d'homologation européennes qui doivent aboutir à la création d'une agence européenne ;
- un appel clair et non équivoque des décideurs français et européens à des sanctions contre les constructeurs fraudeurs et à une compensation des consommateurs lésés ;
- la pérennisation de la Commission technique indépendante au niveau français, essentielle pour lutter contre les tricheries en matière d'émissions.


Contacts presse :
- Lorelei LIMOUSIN, Réseau Action climat - 07.70.31.09.19 - Lorelei@rac-f.rg
- Charlotte LEPITRE, FNE - 06.83.57.05.77 - charlotte.lepitre@fne.asso.fr
- Marie-Christine BRUMENT - 01.44.93.19.84 - mcbrument@quechoisir.org


Trump signe un décret abrogeant des mesures d’Obama sur le climat - Réaction du Réseau Action Climat et de la Fondation Nicolas Hulot

mercredi 29 mars 2017 par Réseau Action Climat - France

Dans un décret, le président américain Donald J. Trump a décidé de démanteler le Clean Power Plan de Barack Obama, qui visait notamment à réduire la quantité de charbon utilisée pour produire de l'électricité aux États-Unis.

Pour Célia Gautier, responsable des politiques européennes et internationales au Réseau Action Climat : "L'abrogation du plan Obama sur la réduction drastique du charbon montre que l'administration Trump est déterminée à agir dans l'intérêt de l'industrie des énergies fossiles, et contre l'intérêt des citoyens américains et de nombreuses populations dans le monde. Ce décret balaye d'un revers de manche les droits les plus fondamentaux : le droit à un air respirable, à un climat stabilisé, à des emplois de qualité. Les sociétés civiles, notamment celles qui sont les plus impactées par les changements climatiques, s'unissent pour protéger ces droits et notre climat planétaire, aux États-Unis et ailleurs".

Pour Lucie Pinson, chargée de campagne Finance aux Amis de la Terre France : "Si la puissance publique intronise les pétroliers, nous pouvons cependant toujours agir et relever le défi climatique en mettant la pression sur les banques françaises actives aux États-Unis. Elles doivent dès aujourd'hui exclure de tout soutien les entreprises impliquées dans le Dakota Access Pipeline et Keystone XL et s'engager à ne pas financer la longue liste d'infrastructures d'énergies fossiles prévues aux Etats-Unis. BNP Paribas soutient déjà le terminal d'exportation de gaz de schiste Texas lng, mais on compte une quarantaine de ces projets néfastes pour le climat en prévision aux Etats-Unis".

Pour Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot : "Les décisions américaines doivent servir d'électrochoc à la France et l'Union européenne pour retrouver un leadership climatique. Un leadership concret avec une transition énergétique rapide, projet européen fédérateur quelques jours après l'anniversaire du Traité de Rome. A contresens de la ratification du CETA ou de la réforme ratée du marché du carbone (EU-ETS). Un leadership politique avec une Union européenne garante de l'Accord de Paris qui devra afficher sa détermination notamment lors du prochain G20, face aux pressions des pays producteurs d'énergies fossiles".


Contacts presse :
- Célia Gautier, Responsable des politiques européennes et internationales, Réseau Action Climat, celia@rac-f.org / +33 6 72 34 00 27
- Lucie Pinson, Chargée de campagne Finance, Les Amis de la Terre, +33 6 79 54 37 15
- Denis Voisin, Porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, +33 6 98 46 00 42


Alimentation, agriculture et climat : Etat des lieux des politiques publiques et leviers d’action

vendredi 24 mars 2017 par Réseau Action Climat - France

Les secteurs agricoles et alimentaires pèsent de plus en plus dans les actions de lutte contre les changements climatiques. Les politiques publiques agricoles et alimentaires de la France nous emmènent-elles suffisamment vite sur la voie de la lutte contre les changements climatiques ? Sont-elles compatibles avec les objectifs de diminution des émissions de gaz a effet de serre que s'est fixée la France ?

C'est à cette question que le rapport du Réseau Action Climat tente de répondre en analysant les politiques publiques agricoles, alimentaires et climatiques, à une échelle régionale et nationale. Ce travail, réalisé avec le soutien financier de l'ADEME, du ministère en charge de l'environnement et du ministère en charge de l'agriculture et de l'alimentation, vient questionner la cohérence entre les politiques publiques et avec les stratégies nationales et européennes de lutte contre les changements climatiques.

Le constat est le suivant : les politiques publiques ne permettent pas encore aux secteurs agricole et alimentaire de contribuer à l'atteinte des objectifs que la France s'est fixée en matière de lutte contre les changements climatiques. Si l'enjeu climat est de plus en plus abordé dans ces politiques, les actions et mesures permettant concrètement et massivement de faire évoluer le secteur agricole et alimentaire ne sont pas au rendez-vous. La barque a récemment été orientée dans la bonne direction, mais nous ne ramons pas assez vite.

Tout en identifiant des leviers d'actions qui permettraient de mieux intégrer les enjeux climatiques dans ces politiques publiques et/ou intégrer les secteurs agricoles et alimentaires dans les politiques climatiques, le rapport propose des pistes d'action pour la société civile, les pouvoirs publics, la recherche et les instances régionales.

Le Réseau Action Climat propose donc 15 recommandations, parmi lesquelles :

  • 1) La mise en place d'un inventaire annuel et officiel national des émissions liées à la consommation nationale, détaillé par secteur.

  • 2) L'organisation d'un événement ponctuel national de concertation multi-acteurs et grand public sur les sujets de l'alimentation et de l'agriculture.

  • 3) Cet événement devra aboutir à une Stratégie nationale pour l'alimentation et l'agriculture (SNAA) à horizon 2050, compatible avec la Stratégie nationale bas carbone. Une telle stratégie donnerait la vision d'un système alimentaire national durable et viendrait se placer au-dessus des autres politiques qui devront y être compatibles.

  • 4) L'inscription des objectifs d'atténuation à 2050 pour le secteur agricole et alimentaire dans la SNBC 2 et la stratégie 2050 pour la France.

  • 5) L'adoption d'une Politique agricole et alimentaire commune (PAAC) permettant une approche globale du système agricole et alimentaire et l'évolution de ce dernier vers un modèle moins émissif en gaz à effet de serre.

  • 6) Le conditionnement de toutes les subventions vers l'agriculture à une approche systémique et écologiquement vertueuse : mettre en place le principe de l'attribution des deniers publics en fonction de critères environnementaux et notamment climatiques d'une façon qui soit réellement incitatrice (rémunération plutôt que dédommagement du manque à gagner). Soutenir en particulier cette position dans le cadre de la réforme de la PAC en mettant la priorité sur la nette réévaluation des exigences pour l'éco-conditionnalité et le paiement vert du pilier 1.

  • 7) Rendre cohérent le Plan national nutrition santé aux objectifs de la Stratégie national bas carbone, en particulier par la mise en place de mesures encourageant l'évolution du régime alimentaire, notamment dans le but de diminuer la consommation des produits animaux (au profit d'une réorientation de la consommation vers des produits animaux de qualité).

  • 8) La mise en place d'un affichage nutritionnel et environnemental satisfaisant.

  • 9) La réglementation de toutes les publicités alimentaires conformément aux recommandations du Plan national nutrition santé et l'interdiction complète de la publicité pour les produits alimentaires pendant les heures d'écoute des enfants.

Une restitution de cette étude aura lieu le 28 mars 2017 à Paris. Détails et inscription.

La Synthèse du rapport est disponible gratuitement en téléchargement en cliquant ici.

Le Rapport complet sera bientôt disponible et téléchargeable ici.


Élections 2017 : Développons les énergies renouvelables citoyennes et participatives

mardi 21 mars 2017 par Réseau Action Climat - France

À l'approche des élections de 2017, des acteurs de la protection de l'environnement, de l'énergie et de l'ESS se sont rassemblés pour interpeller les candidats et responsables politiques sur des mesures de développement des énergies renouvelables citoyennes. Retrouvez nos propositions ici : http://energie-partagee.org/energie...

Aujourd'hui, les énergies renouvelables s'appuient sur un modèle décentralisé, qui offre un nouvel équilibre entre les territoires et des réponses concrètes aux attentes des citoyens en matière d'emploi, de santé, de démocratie et d'accès à l'énergie.

Et aujourd'hui, les citoyens, comme les collectivités, peuvent devenir acteurs de la production et de la consommation d'énergie, en impulsant ou en participant à des projets collectifs et locaux d'énergies renouvelables.

Adapter le cadre règlementaire, doter l'énergie citoyenne et participative des outils nécessaires à son développement... Autant de propositions pour donner sa place à ce nouveau modèle dans le système énergétique français.

Un événement avec les candidats à l'élection présidentielle

Les candidats à l'élection présidentielle sont invités à s'exprimer sur le développement des énergies renouvelables citoyennes et participatives le mercredi 5 avril à 8h30 à Paris.

S'inscrire à l'événement



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