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Sur le Web

Goûtons un Monde Meilleur • Pour une alimentation respectueuse de la nature et des hommes

L’alimentation est au cœur des préoccupations des consommateurs : risques sanitaires, résidus chimiques, conditions de production opaques, accès à l’alimentation pour les populations les plus fragiles, les motifs d’inquiétudes et de questionnements sont nombreux.

L’association Max Havelaar France, en collaboration avec WWF France, Slow Food, le Comité Français pour la Solidarité Internationale et le Réseau Environnement Santé, entend réaffirmer que la qualité de notre alimentation est avant tout un choix individuel aux conséquences multiples pour les autres et la planète. C’est en ce sens que la campagne nationale « Goûtons un monde meilleur » appelle les citoyens à s’engager vers une alimentation plus respectueuse des Hommes et de la Nature.

A travers le site Internet www.goutonsunmondemeilleur.fr et un conso guide « Mieux manger en 6 gestes », la campagne vise à apporter des solutions concrètes aux consommateurs, en faisant de l’acte d’achat un engagement profitable pour soi mais pas seulement ! Son fondement : montrer qu’avenir, environnement, santé, solidarité et plaisir peuvent s’allier et se compléter dans nos assiettes.

Rejoignez-nous et soutenez la campagne « Goûtons un monde meilleur » !


Articles les plus récents

Sans titre

jeudi 28 avril 2016

Aspartame, l’EFSA campe sur ses positions !

mercredi 13 mars 2013 par RES

Le 8 janvier dernier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu un avis intitulé « draft opinion on the re-evaluation of aspartame (e 951) as a food additive ». Ce rapport intervient après que le Réseau Environnement Santé (RES) a interpellé à plusieurs reprises la Commission Européenne et l’EFSA pour obtenir une réévaluation de la Dose Journalière Admissible (DJA) de l’aspartame aujourd’hui fixée à 40 mg/kg/j.

Le RES a analysé ce rapport dans le cadre d’une consultation publique. L’avis émis par le panel EFSA 2013 présente de graves manques aux règles de la déontologie de l’expertise.

Tout d’abord, plusieurs membres du groupe de travail sont en situation de conflits d’intérêts, notamment en raison de leur activité pour l’organisme de lobbying de l’industrie agroalimentaire ILSI.

Ensuite, aucune audition n’a été organisée. L’industrie a pu fournir des contributions, soit directement soit via un consultant, le groupe Burdock (rapport qualifié de « confidentiel »). L’EFSA a intégré dans sa liste de référence des rapports fournis par l’industrie qui n’ont pas fait l’objet d’une publication dans la littérature scientifique.

De plus, le rapport EFSA n’a pas procédé à une analyse exhaustive de la littérature. 2 études relatant un lien possible avec la fibromyalgie et 1 étude sur le lien avec les tumeurs des voies urinaires ne sont pas citées.

Enfin, le rapport EFSA 2013 considère qu’il n’y a pas de raison de remettre en cause la Dose Journalière Admissible (DJA) de 40 mg/kg/j définie par le précédent rapport EFSA de 2002, au motif qu’il s’agit d’études de longue durée. Il ne prend pas en compte le fait que ces données proviennent d’études non publiées, dont les conditions de réalisation ont été dénoncées comme inacceptables par un rapport de la FDA de 1977, ce qui n’a, à ce jour, pas été réfuté.

Les données scientifiques s’accumulent

Les données scientifiques de plus en plus nombreuses mettent en cause le rôle de l’aspartame, seul ou en mélange, à partir de données animales et humaines pour des effets du type cancer, prématurité, troubles métaboliques et effets neurologiques à des doses correspondant à celles auxquelles la population humaine est exposée.

L’ensemble des données accumulées au cours des dernières années (données animales et de plus en plus données humaines) conduisent à considérer que l’utilisation de l’aspartame représente un risque sanitaire pour la population, en priorité pour la femme enceinte, pour laquelle l’ANSES a rappelé qu’il ne présente pas d’intérêt nutritionnel.

Le RES a demandé à ce qu’une audition publique soit organisée par le Parlement européen et à ce que l’ANSES évalue les données récentes.

 


Une alimentation responsable…et diversifiée !

mercredi 27 février 2013 par Max Havelaar France

De plus en plus conscients de leur pouvoir en tant que consommateurs, les citoyens français assument cette responsabilité au jour le jour à travers leurs choix. L’acte d’achat devient alors une action réfléchie, porteuse de sens, particulièrement pour les produits de seconde nécessité ou pour les achats plaisir.

La recherche de produits français (« Made in France », labellisés AOC, locaux…) est une expression de cette recherche de signification. Choisir un produit local revient à favoriser le développement d’une agriculture de proximité, de saison, en opposition aux produits d’importation, de contre-saison ou issus de grandes industries agro-alimentaires multinationales. C’est un geste conscient et solidaire, un contre-dumping par lequel nous voulons montrer notre soutien aux législations sociales et environnementales de notre pays. Il s’agit également de retrouver le lien avec les producteurs français, de soutenir leur travail en cette période de crise. Enfin, le local, les circuits-courts, les labels d’origine nous rassurent  par rapport à l’absence de transparence traditionnelle du marché des aliments car nous savons d’où proviennent ces produits.

Notre exigence de justice et de solidarité ne doit pas pour autant s’arrêter aux frontières de notre pays. Ailleurs au monde, des millions de producteurs se retrouvent face à des difficultés pour vivre de leur travail. Faudrait-il arrêter de consommer tous les produits venus des milieux tropicaux ? La réponse n’est certainement pas de fermer la porte aux producteurs des pays du Sud et de refuser d’acheter leurs produits, d’autant plus que la vente à l’export est souvent leur principale, voire unique source de revenus.

De plus, il serait irréaliste de vouloir supprimer de notre régime alimentaire tous les produits venant du Sud car ils sont profondément ancrés dans nos habitudes de consommation (rappelons nous que le commerce Sud-Nord existe depuis des siècles) et que certains d’entre eux sont des produits de première nécessité. En revanche, il est possible de s’assurer que le café, les bananes ou le chocolat que nous consommons quotidiennement soient produits dans de bonnes conditions et dans le respect des hommes et de l’environnement.

Plutôt que d’opposer les produits selon leur origine géographique, il convient de déplacer le curseur de la problématique et de s’interroger sur les conditions de production des denrées alimentaires. Pour pallier le manque de transparence et de proximité géographique, le consommateur peut s’appuyer sur les labels alimentaires qui lui offrent l’information dont il a besoin pour faire des choix éclairés, lui apportent des garanties et qui répondent à l’exigence de traçabilité que recherche le consommateur.

 Grâce au logo apposé sur les produits, il est ainsi possible de reconnaître des produits issus du commerce équitable, répondant à un cahier de charges rigoureux et favorisant le développement socio-économique des producteurs du Sud et des communautés environnantes. En favorisant ces produits, nous pouvons étendre notre action solidaire à ceux qui ont aussi besoin de notre soutien.

Dans un entretien accordé à MHF, James Mwai, Directeur  de programmes de Fairtrade Africa, résume la complémentarité des origines: « Je ne crois pas que les producteurs du Nord soient en compétition avec ceux du Sud. Tous les producteurs ont des obstacles à surmonter. Le véritable enjeu, c’est la solidarité avec les producteurs en général, indépendamment de leur origine. Par leur choix, les consommateurs peuvent faire leur part pour permettre aux producteurs de vivre dignement de leur travail ardu. »

Le local, les garanties d’origine, le commerce équitable, ainsi que l’agriculture biologique sont des démarches complémentaires et cohérentes, qui s’inscrivent toutes dans une logique de consommation responsable englobant plusieurs problématiques. En choisissant des produits issus de ces filières responsables, nous soutenons un mode de production alternatif et défendons nos valeurs dans notre vie de tous les jours.

 


Les perturbateurs endocriniens au cœur du débat public !

lundi 4 février 2013 par RES

Le bisphénol A (BPA) est depuis quelques années au cœur de nombreuses préoccupations. En effet, cette molécule constituante de certains plastiques et des résines époxy, est un perturbateur endocrinien qui vient bouleverser le comportement des hormones dans le corps humain entrainant ainsi diverses pathologies. Son interdiction vient d’être votée par les sénateurs.

En décembre dernier, les sénateurs ont voté en l’état la loi adoptée en seconde lecture par les députés. Cette loi interdit le BPA dans les contenants alimentaires à destination des enfants de 0 à 3 ans dès la promulgation du texte en 2013 et à tous les autres contenants au 1er janvier 2015.

Par rapport au texte de loi initial, un délai supplémentaire a été accordé aux industriels pour leur permettre de s’adapter. Les associations le regrettent, en effet, un report d’un an entraine l’exposition in utero de près de 830 000 enfants. De plus, la toxicité du BPA est connue des industriels depuis 1997, elle était alors discutée dans les cercles économiques, les industriels ont largement eu le temps d’anticiper et certains l’ont d’ailleurs fait.

La toxicité du BPA prouvée expérimentalement

De faibles concentrations de bisphénol A sont suffisantes pour agir négativement sur le testicule dans l’espèce humaine. C’est ce que vient de démontrer, pour la première fois de manière expérimentale, René Habert et ses collaborateurs dans un article paru dans la revue Plos One.

Au cours de leurs recherches, René Habert et son équipe ont observé que l’exposition des testicules fœtaux humains au BPA réduit la production de testostérone, et celle d’une autre hormone testiculaire qui est nécessaire à la descente des testicules dans les bourses au cours du développement fœtal. Plus inquiétant, une concentration de BPA égale à 2 μg/L dans le milieu de culture est suffisante pour induire ces effets ce qui équivaut à la concentration moyenne généralement retrouvée dans le sang, les urines, et le liquide amniotique de la population.

Nécessité d’agir !

Cette découverte vient confirmer la nécessité d’action en faveur de la protection de la population aux perturbateurs endocriniens. C’est pourquoi le RES se réjouit de l’annonce faite par la Ministre de l’Ecologie Delphine Batho de l’élaboration pour juin 2013 d’une Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens. L’objectif principal d’une telle stratégie doit être de faire en sorte qu’aucun enfant ne soit contaminé dès la gestation aux perturbateurs endocriniens.

 


Coopératives agricoles : l’union fait la force !

mardi 29 janvier 2013 par Max Havelaar France

L’année dernière, les coopératives furent à l’honneur : 2012 a été proclamée Année Internationale des coopératives et la Journée mondiale de l’alimentation fut consacrée au thème « Les coopératives agricoles nourrissent le monde ».  Pour Max Havelaar France, les coopératives sont toujours à l’honneur puisque les valeurs du commerce équitable et du modèle coopératif sont fortement liées. Découvrons alors l’histoire de quelques coopératives engagées dans le commerce équitable.

Les Nations Unies définissent les coopératives comme « une entreprise sociale insérée dans le tissu économique visant à satisfaire les besoins de ses membres et à faire des bénéfices tout en assurant sa pérennité[1]. »

Dans le secteur de l’agriculture, de l’élevage ou de la pêche, il s’agit de petits producteurs qui décident de se regrouper et de s’organiser pour avoir plus de poids sur le marché et mieux subvenir à leur besoins.

 

 Devenir des acteurs du marché

Le regroupement au sein de coopératives permet aux petits producteurs, d’habitude marginalisés et coupés du marché international, de sortir de leur isolement et devenir des véritables acteurs commerciaux.

Inscrites dans une logique de partage des coûts et des risques, les organisations de producteurs réalisent des achats groupés de semences, d’intrants et de matériel pour la production. Elles facilitent aussi l’accès au crédit, à l’information, et aux moyens de transport, tous indispensables  pour accéder au marché dans de bonnes conditions.  Les coopératives offrent aussi du soutien technique pour aider les producteurs à améliorer leur production.

Le cas de la coopérative Kapua Kokoo au Ghana est particulièrement parlant. Dans le but d’augmenter leurs profits sur leur production de cacao et de mieux connaître le marché du chocolat, les producteurs de cacao de cette coopérative ont créé leur propre marque de chocolat « Divine Chocolats ». Aujourd’hui commercialisée en Europe et aux Etats Unis, « Divine Chocolats » est un exemple unique d’implication de producteurs dans une filière où la transformation est d’habitude concentrée dans les mains de quelques entreprises multinationales des pays du Nord.

Investir dans la communauté

La coopérative regroupe des hommes et des femmes autour de valeurs communes de respect et de partage et s’intéresse à l’humain  avant tout.

L’objectif des coopératives étant principalement de combler les aspirations de leurs membres, une partie de leur bénéfice est investie dans des projets visant à développer la communauté. Elles permettent donc de financer des écoles, des infrastructures, et des centres de santé entre autres.

Des projets de protection de l’environnement sont également à l’ordre du jour : la Gbankuliso Cashew Farmers Association au Ghana a mené un projet d’adaptation au changement climatique tandis que la coopérative Banelino en République Dominicaine organise des formations à l’agro-écologie et la biodiversité pour ses membres.


Un apprentissage de la démocratie

Au sein des coopératives, les producteurs prennent la parole, entament le dialogue et travaillent dans la concertation. En effet, ce sont des organisations gérées de façon démocratique, fonctionnant sur le principe « un membre = une voix ». C’est aussi un véritable terreau d’émergence de leaders-sociaux, formés au management et à la négociation.

D’ailleurs, les coopératives sont légitimes à porter les revendications de leurs membres auprès des pouvoirs publics. Par leur biais, les producteurs peuvent participer aux consultations gouvernementales sur les sujets qui les affectent et plus généralement influencer les politiques locales en leur faveur.

Chief Adam Tampuri, Président de Fairtrade Africa et producteur de noix de cajou explique comment cet apprentissage de la démocratie contribue également à la paix et la stabilité des zones rurales.

« Les coopératives vont au delà des frontières ethniques, politiques ou religieuses. Quand on fait partie d’une coopérative, on se concentre sur ce qui nous a réunis : notre travail.

Nous vivons dans un continent avec des problèmes de gouvernance, mais appartenir à une coopérative nous apprend à nous écouter les uns les autres, et à agir plus démocratiquement. »

Les coopératives agricoles constituent donc un modèle de croissance durable pour les producteurs, respectueux des hommes et de l’environnement.  Le commerce équitable contribue au renforcement de ces organisations, enclenchant ainsi un cercle vertueux qui favorise l’autonomie et le développement des communautés rurales.

 


[1] Définition tirée de l’UN special report sur les coopératives.


Pêche : le vote courageux des eurodéputés

jeudi 3 janvier 2013 par WWF

Le 18 décembre dernier, les eurodéputés de la Commission PÊCHE ont voté à 13 voix contre 10 le rapport amendé de la députée Ulrike Rodust sur le règlement de base de la réforme de la Politique Commune de la pêche (PCP) prévue en 2014. Le WWF salue les résultats de ce vote qui constitue un premier pas vers une Politique Commune de la Pêche plus durable.

 

De réelles avancées

Concrètement, par le biais de ce vote marathon qui a duré plus de trois heures, les élus européens se sont engagés sur divers points fondamentaux :

  • une reconstitution des stocks au-delà du Rendement Maximum Durable (BRMD) d’ici 2020 ;
  • la mise en place de Plans de gestion Pluriannuels (PPA) par pêcheries dans un délai de 4 ans après l’entrée en vigueur de la nouvelle PCP ;
  • un engagement pour régler le problème des rejets en mer de poissons selon un calendrier précis ;
  • la mise en place d’une régionalisation intégrant l’ensemble des parties prenantes dans la gestion de la pêche ;
  • une participation active de l’Union Européenne dans l’engagement pour une pêche durable au niveau mondial traduit par un engagement sur le volet externe : l’UE ne doit pêcher que le surplus non pêché par les pays tiers, l’UE s’engage à lutter contre la pêche INN (Illégale, Non réglementée et Non déclarée).

Tout reste à faire

« Le WWF salue les résultats de ce vote. Malgré des oppositions de la part de certains partis et/ou délégations pour l’établissement d’une PCP ambitieuse et leur forte volonté de statu quo, un premier pas vers une Politique Commune de la Pêche plus durable a été fait » déclare Isabelle Autissier, présidente du WWF France.

Le WWF regrette néanmoins que l’engagement pour une réelle régionalisation ne se soit pas concrétisé par un vote en faveur du développement d’unités de gestion territoriale, particulièrement adaptées à la spécificité Méditerranéenne. La mise en place des ces Unités de gestion territoriale permettrait d’avoir un cadre solide pour une régionalisation efficace, réelle et adaptée aux problématiques locales.

D’autre part, « s’il s’agit d’un premier signal très positif », selon Elise Pêtre, Chargée de projet pêche durable au WWF France, « nous appelons l’ensemble des députés du Parlement européen à renforcer la tendance lors du vote en plénière sur la réforme de la PCP qui se tiendra en mars 2013 ». En effet, il est grand temps d’établir une politique en faveur d’une pêche durable et économiquement viable à travers l’Union européenne. Seule une réforme ambitieuse de la Politique Commune des Pêches permettra d’assurer un avenir à nos océans, et par là même, à nos pêcheurs et aux communautés littorales.

© Brent Stirton / Getty Images

 


Vers un quinoa durable

lundi 17 décembre 2012 par Max Havelaar France

Les évolutions rapides de la culture du quinoa entraînées par l’augmentation de la demande sont source de revenus et prospérité pour les producteurs, mais peuvent aussi mettre en péril l’équilibre environnemental et social des communautés andines. Dans ce contexte, Max Havelaar France a entrepris une démarche participative d’innovation dans la voie de la durabilité.

La « graine d’or » des pays Andins

Le quinoa est une pseudo-céréale des hauts-plateaux andins, riche en protéines et cultivée depuis des millénaires. Le bassin de production d’origine est le Pérou, la Bolivie et l’Equateur. Aujourd’hui, le Chili, l’Argentine et même la France en cultivent aussi. Alors que le Pérou consomme plus qu’il ne produit, la Bolivie est à ce jour le principal exportateur mondial, avec 70% du marché[1].

L’année 2013 a été déclarée « année internationale du quinoa » pour rendre hommage à ses vertus nutritionnelles et à son mode de culture traditionnel. Le directeur général de la FAO[2], José Graziano da Silva, a même expliqué que la FAO «  vou[drait] populariser son utilisation en raison de ses qualités nutritionnelles ».

Alors que le quinoa est un aliment ancestral des populations indigènes des pays andins, les consommateurs européens et nord-américains en demandent de plus en plus. En 2011, le revenu des exportations du quinoa en Bolivie a augmenté de 36% par rapport à 2010[3]. Pourtant, l’engouement pour le quinoa a des effets ambigus dans les pays producteurs.

Evolution du système agraire et enjeux

L’augmentation importante de la demande et l’envolée des prix, ces dernières années, ont entraîné une intensification de la production. De ce fait, les producteurs ont bénéficié d’une augmentation de leurs revenus et d’une amélioration de leur niveau de vie. En moins d’une décennie, la culture du quinoa sur l’altiplano andin est passée d’une culture de subsistance basée sur la complémentarité entre polyculture et élevage à une culture de rente destinée à l’export.

Ceci s’est traduit par  une  augmentation de la surface cultivée (la surface cultivée en Bolivie est passé de 35 000 hectares à 70 000 ha en dix ans) et une extension des zones de culture sur les versants et dans les plaines, terres moins fertiles et plus vulnérables à l’érosion et au gel.  De nombreux risques environnementaux en ont découlé : apparition de nouveaux nuisibles, diminution des troupeaux de lamas, érosion hydrique. Par ailleurs, l’organisation sociale des communautés Aymaras produisant le quinoa fut aussi perturbée, notamment à cause de conflits fonciers (répartition des terres, entretien) et par l’arrivée d’une migration de main d’œuvre citadine attirée par le succès de la céréale.

Une recherche collective de durabilité

Filière certifiée Fairtrade / Max Havelaar depuis 2004, le quinoa équitable est aussi concerné par ces problèmes. C’est ainsi que Fairtrade International a entamé un processus de révision  des prix et standards, pilotée par Max Havelaar France. Cette révision cherchait d’une part à définir un nouveau prix minimum garanti, plus adapté aux coûts de production, et d’autre part, à trouver des moyens pour améliorer la durabilité des pratiques de production. Il était question de faire face aux problèmes de durabilité sans pour autant remettre en cause le commerce international du quinoa et ses avantages économiques pour les producteurs. Mené par un comité d’experts, le groupe de travail s’est basé sur des études de terrain  et des consultations faites auprès des organisations de producteurs.

Il a abouti à la fixation d’un nouveau prix minimum garanti et à la différenciation du prix du quinoa biologique (2 600 dollars par tonne) de celui du quinoa conventionnel (2 250 dollars par tonne). Mais aussi, une partie de la prime de développement (au moins 30 %) doit désormais être investie dans des mesures environnementales, visant à promouvoir l’agriculture raisonnée et la préservation des systèmes de production.

Par ailleurs, un guide de bonnes pratiques environnementales durables pour la production et transformation du quinoa a été publié en mars 2012. Ce guide, à caractère évolutif, sert d’appui technique aux producteurs en proposant de des conseils quant à la fertilisation des sols, la lutte contre l’érosion, la préservation de la biodiversité, le traitement de l’eau ayant servi au lavage des graines (chargée en saponine), entre autres.

 


Slow tourisme : une issue pour la crise ?

lundi 10 décembre 2012 par Slow Food

Le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne sont aujourd’hui désignés par l’acronyme peu valorisant de PIGS : ce sont les branches mortes de l’Europe, les pays toxiques, paralysés par la dette. Trois Ateliers du Goût organisés lors du Salone del Gusto et Terra Madre 2012, ont cependant présenté de nouvelles perspectives pour trois de ces pays et abordé les efforts qu’ils consentent actuellement pour sortir de la crise économique en revenant à la valorisation des campagnes, en mettant en avant les produits typiques, empreints d’histoire et de culture, et en promouvant des formes de tourisme capables de dépasser le cliché habituel : mer, plage et soleil…
La Grèce a subi le couperet de la crise financière et son secteur vinicole en a lui aussi gravement souffert. Antonios Kioseoglou, œnologue de la propriété Kir-Yianni et membre du Convivium Slow Food de Thessalonique-Est, a révélé à Turin que les Grecs ont pratiquement arrêté d’acheter du vin. « Les ventes ont chuté de 20-30%, a-t-il déclaré, et nous travaillons jour et nuit pour promouvoir nos vins dans le monde et faire connaître aux consommateurs les cépages autochtones et les dangers qui les menacent. »
La variété autochtone Xinomavro, par exemple, est incroyablement versatile : elle peut servir à produire des vins blancs et rosés pétillants, des rosés, des rouges et des vins doux. « Si nous aussi nous commencions à planter du Merlot et du Shiraz, nous perdrions notre identité, notre cœur, ce qui fait notre différence, » a déclaré Antonios Kioseglou. Ce dernier souhaite que la production vinicole puisse contribuer à renforcer le tourisme en Grèce, et ce hors des îles les plus prisées, en instaurant par exemple un réseau d’itinéraires dédiés à l’arrière-pays grec.
Tout comme les îles grecques, les Canaries, au large de l’Espagne et à quelques centaines de kilomètres de la côte nord-africaine, sont elles aussi connues pour leur tourisme de masse, avec 12 millions de visiteurs par an (contre une population de 2 millions d’habitants sur l’ensemble de l’archipel). À partir des années 70, l’explosion du tourisme a radicalement changé l’économie de ces îles espagnoles : la pêche, l’agriculture et les autres activités traditionnelles ont été pratiquement abandonnées, à tel point qu’aujourd’hui, ces secteurs représentent un peu moins de 5% du PIB, comme l’explique Jorge Manuel Zerolo Hernández, agronome, producteur de vin et membre du Convivium Slow Food de Tenerife. Durant ces dernières années, le nombre de visiteurs est resté constant, mais les touristes tendent à faire des séjours de plus en plus courts et à dépenser moins. « Pour y remédier, nous nous efforçons de donner une visibilité à l’autre visage des Canaries, en mariant tourisme et agriculture, » explique Zerolo Hernández. Gabriel Morales Frances, producteur de vin et trésorier du Convivium de Tenerife, a expliqué que « les vins et les fromages proposés à la dégustation dans l’atelier constituent un bon exemple de ce que les îles espagnoles peuvent offrir, au-delà du soleil et des plages. »

Carlo Catani, ancien directeur de l’Université des Sciences Gastronomiques, a dirigé l’un des ateliers. « La crise réduit les postes de travail liés au tourisme, a-t-il expliqué, mais en même temps, le travail agricole revient à la mode et les choses extraordinaires que certains sont parvenus à faire dans ce secteur peuvent contribuer à rendre le tourisme beaucoup plus riche et varié. Le touriste peut visiter l’arrière-pays, découvrir les paysages et l’histoire du territoire et vivre une expérience plus complète et satisfaisante. »
Les Canaries peuvent se targuer d’une tradition ancienne de produits typiques, liés au microclimat de leurs différentes îles, et ces traditions sont une véritable ressource. C’est le cas du fromage au lait cru des races autochtones de chèvres, de brebis et de vaches présentes sur les îles, comme le queso palmero, fabriqué avec le lait des chèvres palmera, ou encore le fromage de brebis fabriqué à partir d’un caillé végétal issu d’une variété d’artichaut qui ne pousse qu’ici.
Historiquement, les vins de Malvoisie constituent l’un des premiers produits d’exportation des Canaries : les conquistadors espagnols en importaient aux Amériques et pour des auteurs comme Shakespeare, John Locke et Kant, ce breuvage illustrait le concept de plaisir des sens. Il existe plusieurs variétés de Malvoisie qui, suivant les techniques de vinification, donnent un vin blanc et sec ou le vin doux et complexe produit selon la méthode Solera, vieilli pendant des décennies.

En termes de tourisme de masse, la région de l’Algarve, dans le sud du Portugal, est elle aussi bien placée : séjours tout-compris, terrains de golf ou plages d’hôtel de luxe sont pléthore. Pourtant dans cette région aride se cachent des véritables trésors traditionnels : sel de mer, patate douce, huile d’olive, boudin noir, chourico, jambon cru, fromage de chèvre, vins de cépages indigènes et liqueurs aromatisées à l’amande, au miel, à la caroube.

Rosa Dias della Quinta da Fornalha, une ferme bio, constitue l’exemple même d’une agriculture durable associée à l’écotourisme et la vente de produits bios. Elle contribue à revitaliser les quintas, ces petites fermes portugaises. La jeune chef d’entreprise prépare des truffes, des conserves, des liqueurs et des chutneys à base de carroube, d’amande et de figue, en misant sur la qualité des ingrédients pour l’emporter sur les produits industriels.

« Dans les campagnes, il ne restait que les anciens, explique Otília Eusébio, trésorière de Slow Food Algarve. Avec la crise, pourtant, les jeunes s’intéressent de nouveau à la campagne. C’est un mal pour un bien. Pour la première fois après tant d’années, les jeunes redécouvrent avec fierté leurs traditions. Ils sont en train de tourner le dos aux ruines de la mondialisation. »

Même l’Algarve, à l’instar des Canaries et de la Grèce, cherche à dépasser le modèle du tourisme de masse. « Nous ne voulons pas que cette région en soit réduite à n’être qu’une destination touristique appauvrissant le territoire et l’exploitant jusqu’à l’os. Nous voulons un tourisme slow. Ces derniers temps, conclut-elle, les gens redécouvrent la véritable Algarve. L’Algarve artificielle des dépliants touristiques n’intéresse plus. »


L’agriculture familiale peut nourrir les villes

mardi 4 décembre 2012 par CFSI

Une population urbaine en très forte croissance en Afrique de l’ouest

La population ouest-africaine est passée de 70 à 318 millions d’habitants entre 1950 et 2010. Elle devrait être multipliée par deux d’ici à 2050 pour atteindre 650 millions d’habitants. Ces chiffres sont encore plus spectaculaires si l’on s’intéresse aux villes : alors qu’ils n’étaient que 7 millions en 1950, les urbains ouest-africains sont aujourd’hui 140 millions. Et ce chiffre devrait encore tripler d’ici à 2030. Ce taux de croissance, qui ne concerne pas que les grandes villes mais aussi les centres urbains de petite et moyenne taille, est le plus important jamais vu. Une telle croissance est en train de changer radicalement les rapports villes-campagnes. La population urbaine augmentant au détriment de la population rurale, chaque paysan doit nourrir toujours plus de citadins.

Un défi alimentaire à relever

Nourrir les villes est aujourd’hui plus que jamais, un impératif pour les agricultures familiales. Les pays d’Afrique de l’Ouest doivent augmenter leur autonomie alimentaire pour réduire les risques de crise en s’appuyant sur leur paysannerie. Les populations urbaines à faible pouvoir d’achat avaient en effet tendance à consommer des produits importés souvent moins chers que les produits locaux. Ces dernières années, la flambée des prix des matières premières a changé la donne. Les « émeutes de la faim » du printemps 2008 ont montré que la paix sociale obtenue dans les villes grâce aux importations à bas prix au détriment des paysans était fragile. Depuis, les produits locaux sont devenus plus compétitifs, et les consommateurs urbains reviennent vers eux. La demande urbaine peut donc servir de moteur au développement des agricultures familiales, pour peu que celles-ci soient capables d’y répondre, à la fois en quantité et en qualité.

Les agriculteurs familiaux en Afrique de l’ouest peuvent relever le défi

Nourrir les villes est à la fois une nécessité et une opportunité pour les paysans ouest-africains et leurs organisations, qui doivent pour cela relever un triple défi :

  • répondre à la demande urbaine, en quantité et en qualité ;
  • créer des emplois ruraux et assurer des revenus dignes aux paysans ;
  • répondre aux exigences de gestion durable des ressources naturelles.

Les organisations paysannes ouest-africaines se mobilisent pour relever le défi

Du mardi 20 au jeudi 22 novembre 2012, les leaders paysans d’Afrique de l’Ouest, d’Europe et d’Amérique, les experts des structures d’appui au développement agricole et rural et les partenaires techniques et financiers se sont retrouvés au CICES de Dakar dans le cadre d’un forum international portant sur le thème : « Les exploitations familiales agricoles sont les principales pourvoyeuses de nourritures et de richesses en Afrique de l’Ouest. »

Durant ces trois jours, les participants ont partagé à travers des exposés et des panels, les expériences réussies et les acquis des exploitations familiales agricoles au Sénégal, en Afrique de l’Ouest notamment en matière de structuration des filières, d’adoption des innovations technologiques, de partenariats avec les banques et le secteur privé, etc.

L’objectif principal du forum organisé par le CNCR (Conseil national de concertation et de coopération des ruraux) en collaboration avec le ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’Ouest), était de montrer la capacité des exploitations agricoles familiales à assurer la sécurité alimentaire et le développement socio-économique du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest et de réclamer qu’une place centrale leur soit accordée dans les politiques et programmes agricoles.

Pour plus d’informations sur l’agriculture familiale en Afrique de l’ouest :

www.alimenterre.org


L’alerte enfin protégée !

lundi 26 novembre 2012 par RES

Le 21 novembre dernier, le Sénat a adopté le projet de loi visant à la création de la commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé et d’environnement. Cette loi est une première avancée vers la protection des lanceurs d’alerte et le renforcement de la déontologie de l’expertise. Le Réseau Environnement Santé salue cette décision.

Du Médiator au bisphénol A, en passant par les OGM ou les prothèses PIP, nombreux sont les scandales sanitaires récents démontrant l’utilité d’une telle commission. Ce nouveau dispositif ne se substituera pas aux dispositifs existants comme les comités de déontologie des agences ou les CHSCT dans les entreprises. Au contraire, il va permettre un meilleur fonctionnement de ce dispositif en offrant un lieu extérieur pour définir les règles et permettre de les appliquer au mieux de l’intérêt général, le tout sans exposer les lanceurs d’alerte à un risque personnel élevé.

Une nouvelle instance pour faciliter le travail des agences sanitaires.

Celle-ci s’articule autour de deux grands axes. Tout d’abord, un dispositif « alerte et expertise » qui jouera le rôle d’un arbitre extérieur sur les questions de déontologie, de conflits d’intérêts et d’expertise. Il gardera trace de ces différentes questions et assurera une meilleure transparence de leur fonctionnement. Cette loi prévoit également un élargissement des compétences des comités d’hygiène et de sécurité (CHSCT) des entreprises aux alertes sanitaires et environnementales.

Enfin, un dispositif de protection des lanceurs d’alerte qui leur permettra de saisir le Défenseur des droits. La loi prévoir également qu’aucune personne ne pourra faire l’objet d’une mesure discriminatoire pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, soit à son employeur, soit aux autorités judiciaires ou administratives de faits relatifs à un danger pour la santé publique ou l’environnement dont elle aurait eu connaissance dans l’exercice de ses fonctions.

Toutes ces mesures vont permettre une meilleure protection du statut de lanceur d’alerte et un meilleur encadrement de l’expertise. La récente polémique autour de la publication des recherches faites par l’équipe du professeur Séralini sur les OGM prouve l’utilité de cette commission.

 


La nourriture comme remède contre les guerres

mercredi 21 novembre 2012 par Slow Food

C’est le message optimiste que veut faire passer le fondateur de Slow Food, Carlo Petrini, à l’occasion du Salon international du Goût de Turin et du Forum Terra Madre, qui ont réunit du 25 au 29 octobre 2012 des milliers d’agriculteurs, pécheurs, éleveurs, universitaires, chefs-cuisiniers, jeunes, co-producteurs et artisans venus du monde entier.
« Il ne peut pas y avoir de paix à travers le monde sans un bon modèle agricole », assure Carlo Petrini, qui a lancé en 1989 le mouvement Slow Food à l’Opéra Comique de Paris.
Dans un monde dévasté par les guerres, la nourriture peut-elle être une clé pour la paix et la réconciliation ? C’est ce qu’affirment des chefs cuisiniers et de petits producteurs réunis au Salon international du Goût de Turin et au Forum de Terra Madre organisés tous les deux ans par Slow Food, ce salon a attiré 220 000 visiteurs du monde entier pour l’édition 2012.

Carlo Petrini

Le projet « Mille jardins-potagers en Afrique »

Les représentants de 25 pays africains participent au projet « Mille jardins-potagers en Afrique « , qui vise à préserver les aliments traditionnels et à unir les communautés à travers un continent où les guerres et les conflits aggravent souvent les crises alimentaires.
Lancé il y a deux ans par Slow Food, « le projet vise à contribuer à la résolution des conflits », explique Noel Nanyunja, une jeune coordonnatrice régionale du projet venant d’Ouganda : « cela rapproche les communautés et change les attitudes, particulièrement chez les jeunes », dit-elle, « nous avons beaucoup d’initiatives pour rendre les gens auto suffisants et les aider à combattre la faim, souvent l’une des causes les plus importantes de bains de sang » .

Un facteur d’unité

Pour Rogers Sserunjogi, qui fait visiter un des jardins en costume traditionnel ougandais, « là où Slow Food est impliqué, c’est un facteur d’unité : les gens oublient la politique, leur religion et les discriminations ». Sa théorie est la suivante : « les gens adorent penser à la nourriture, cela les rapproche. Ils sont fiers de leurs nourritures locales et régionales et veulent les protéger, c’est pour cela aussi qu’ils commencent à collaborer pour la paix ».
« Ce rassemblement est un rassemblement pacifique : voir des agriculteurs palestiniens à côté de collègues israéliens, des Syriens à côté de Turcs, a une signification allant au-delà des tensions, des guerres et des conflits entre les gouvernements », se réjouit Carlo Petrini, fondateur de ce mouvement, qui veut redonner ainsi de la dignité aux petits producteurs, mais également le goût du partage aux sociétés modernes.

Les questions cruciales discutées au Salon international du Goût de Turin et au Forum Terra Madre

Des experts internationaux ont exploré les nombreuses facettes du monde de l’alimentation au cours de conférences ouvertes au public durant les cinq jours de l’événement.
La faim dans le monde, les droits des communautés autochtones, la question des semences et la surpêche des océans ne sont qu’une fraction des questions abordées au Salon international du Goût et au Forum de Terra Madre à Turin, probablement le seul événement au monde au cours duquel le sujet de l’alimentation est traité à travers des perspectives aussi variées : gastronomie et cuisine mais aussi certains sujets brûlants qui conditionneront le futur de notre planète et de notre civilisation. C’est seulement avec ce type d’approche holistique que l’on peut réellement commencer à imaginer un système alimentaire et agricole durable et résoudre les problèmes auxquels l’humanité doit faire face aujourd’hui.

« Impossible de parler d’alimentation sans parler de semence. Même les animaux que nous consommons dépendent des semences ». C’est sur ces mots que Cinzia Scaffidi, directrice du Centre d’Etudes de Slow Food, a ouvert la conférence « Semences : par où commencer? ». Paysans, activistes et universitaires venus d’Iran, d’Italie, d’Inde et de France ont partagé leur vision sur le sujet avec un public venu en masse pour assister à cette conférence. Bastien Moysan, paysan-boulanger de Bretagne, a rappelé le rôle central des semences pour la souveraineté alimentaire, la santé, l’écologie et l’économie réelle. « La nouvelle lutte pour la vie » c’est ainsi que Marcello Buiatti de l’Université de Florence a décrit la situation actuelle dans laquelle les semences sont brevetées et les sols dopés aux produits chimiques, provoquant le déclin de la biodiversité et notre dépendance totale à une poignée de multinationales. «Le monopole des semences est le nouveau colonialisme», a déclaré l’iranien Ahmad Taheri, qui a poursuivi : « Il existe des lois très strictes contre le dopage dans le sport… comment se fait-il qu’il n’en existe pas pour protéger les sols où nos aliments sont cultivés ? »

La présentation de Seed Freedom, la campagne initiée par Vandana Shiva, activiste indienne et présidente de Navdanya, fut la meilleure conclusion possible à la conférence. Cette dernière a déclaré que la solution ne pouvait venir que de la combinaison d’initiatives de conservation des semences et de lutte contre les lois immorales, injustes et illégitimes. Elle a ajouté que les récents changements législatifs en Europe, ainsi que le procès contre le distributeur de semences biologiques Kokopelli, ne sont que de nouvelles illustrations de sa formulation, impossible à traduire en français : « We used to have landlords, now we have lifelords ».

Visages de Terra Madre

Pêcheurs, universitaires, militants et institutionnels se sont retrouvés lors de la conférence «Gardiens des océans », dont l’objectif était de dénoncer les effets dévastateurs de la surpêche et d’appeler les consommateurs et les politiques à agir. La complexité de la question, mais aussi l’existence de solutions simples, ont été expliquées par le panel d’experts. L’aquaculture, par exemple, est souvent citée comme la solution à la surpêche, alors qu’elle exerce une pression supplémentaire sur les stocks, en raison de la quantité de petits poissons (anchois…) nécessaire pour nourrir les élevages de saumon ou de truite. Fournir aux consommateurs des informations sur la provenance de leur nourriture, leur permettant ainsi de faire des choix durables, est une solution efficace. Tasha Sutcliffe d’Ecotrust Canada a expliqué comment des technologies innovantes dans les médias sociaux peuvent favoriser les échanges entre pêcheurs et consommateurs : sur le site thisfish.info, les pêcheurs peuvent charger des informations sur leurs prises et recevoir des commentaires des consommateurs, qui en retour ont accès à des informations sur le pêcheur ou encore la zone de pêche grâce à une étiquette présente sur le poisson. En revanche, Silvio Greco, biologiste et coordinateur environnemental pour Slow Food Italie, a dénoncé la façon dont l’industrie de la pêche s’oppose à ce type de systèmes. Brett Tolly, du North West Marine Alliance des Etats-Unis, a réaffirmé combien la création d’un réseau entre pêcheurs et consommateurs était important pour l’avènement d’un système de pêche durable. C’est ce qui a inspiré l’organisation à créer des Community Supported Fisheries, CSFs (l’équivalent des AMAPs).

Tous ont par ailleurs souligné le rôle clé que peuvent et doivent jouer les consommateurs : en réduisant leur consommation de poisson, ainsi qu’en choisissant uniquement les espèces les plus durables et les moins connues. De tels choix de consommation peuvent assurer la survie de l’environnement marin dans les années à venir.


Vos tablettes se mettent à table !

vendredi 9 novembre 2012 par Max Havelaar France

Chocolat au lait, noir, blanc, gâteaux, fondues, fondants…Le chocolat fait très souvent l’unanimité ! Grands ou petits, chacun y trouve son plaisir. Pourtant, peu d’entre nous connaissent les enjeux de la filière cacao et ce que cache  une tablette de chocolat.

Si nous reconnaissons le savoir-faire des maîtres chocolatiers, nous oublions parfois qu’il n’y a pas de bon chocolat sans bon cacao. Rendons donc hommage à ces producteurs dont le travail est encore aujourd’hui trop peu valorisé.

Aux origines du chocolat : le producteur de cacao

La fabrication du chocolat est un long processus : pour obtenir un produit de qualité, plusieurs étapes sont déterminantes, et chacune nécessite un savoir-faire bien spécifique. Il convient d’abord de récolter le fruit du cacaoyer, la cabosse, au moment opportun. On en extrait une quarantaine de fèves qui seront fermentées et ensuite séchées. Le voyage de la fève de cacao se poursuivra dans la torréfaction, le broyage, le pressage, le malaxage, le conchage, le tempérage pour enfin obtenir le « chocolat de couverture » qu’on retrouvera dans les tablettes, les biscuits et autres plaisirs chocolatés.

Petite chronique du cacao

Le cacaoyer est un arbre qui pousse dans les milieux tropicaux chauds et humides, situés près de l’Equateur.  Environ 70% du cacao est d’origine africaine

Plus de 30 pays en développement produisent ce cacao et plus de 40 millions de personnes vivent de sa culture. La quasi totalité de la production est cultivée sur de petites exploitations familiales de quelques hectares, pour lesquelles le cacao est la principale source de revenu.

Produites au Sud, les 3,5 millions de tonnes annuelles de cacao sont essentiellement consommées au Nord. En 2010, le marché international du chocolat, en progression régulière, pesait 79,4[1] milliards de dollars. Au Sud, beaucoup de producteurs vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d’un dollar par jour… Des conditions qui expliquent le travail de 250 000 enfants dans les plantations de cacao d’Afrique de l’Ouest.

Les producteurs : oubliés de la filière ?

A l’échelle mondiale, une poignée de multinationales capte une large part de la valeur ajoutée de la filière cacao, avec la maitrise de 80% de sa transformation et de la distribution du chocolat.  La plus grande part des bénéfices du commerce  du cacao est en effet réalisée après la transformation des fèves, et la part du prix d’une tablette de chocolat qui revient au producteur dépasse rarement les 6%.

Peu au courant de la réelle valeur de leur récolte, les producteurs vendent souvent leur cacao à des prix très bas. Leurs revenus sont donc faibles et incertains, l’accès au crédit leur est difficile et ils sont souvent en incapacité d’investir dans leur productivité ou dans la qualité.

Sensible aux maladies et aux nuisibles, menacée par les aléas  climatiques avec des périodes de sécheresse plus fréquentes et longues, la culture du cacao est devenue pour beaucoup un mauvais pari. Le manque de perspectives a détourné un grand nombre de producteurs de la culture du cacao, particulièrement les jeunes générations,  qui se sont tournés vers la production d’autres denrées ou ont migré vers les villes.

Une solution : le chocolat équitable !

Trait d’union entre les producteurs et les consommateurs, le commerce équitable a pour objectif de déclencher et pérenniser une dynamique de renforcement des organisations de producteurs. Grâce à différents outils (prix minimum garanti, prime de développement…) les producteurs ont des revenus plus stables et peuvent investir. Regroupés en coopératives, les producteurs sont ainsi plus efficaces, plus autonomes et en capacité de mieux négocier. Le commerce équitable sert de fondation à des relations plus pérennes avec leurs acheteurs.

Cependant, aujourd’hui seulement 1.3% des volumes de cacao sont vendus sous les conditions du commerce équitable. A chacun donc, par sa consommation, de donner de l’élan à cette initiative pour rendre plus douce l’histoire du cacao au chocolat!

 

Commencez par tester cette recette de mousse au chocolat équitable!

 

 


[1] D’après le Business Insights Report, mai 2011


OGM, Bisphénol A et Aspartame : Les incohérences de l’ANSES

lundi 29 octobre 2012 par RES

L’ANSES a rendu son avis sur l’étude menée par Gilles-Eric Séralini et son équipe sur le maïs OGM de Monsanto NK603 et le Round-up.

L’ANSES reconnaît la quasi-absence d’études menées sur la durée de vie des animaux, qu’il s’agisse des PGM ou du Round up, mais néanmoins conclut que « les résultats de l’étude tels que publiés aujourd’hui ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions des évaluations précédentes sur le maïs NK603 et sur l’herbicide ROUND-UP ».

Comment se fait-il :

• Que l’ANSES ne remette pas en cause les évaluations précédentes sur le maïs NK603, alors même qu’elle reconnaît qu’elles ont été faites sur une durée limitée et qu’elle se réfère toujours au « principe d’équivalence en substance » ? Rappelons que ce principe postule qu’une PGM est équivalente à la plante conventionnelle, sans que la démonstration n’en ait jamais été faite. C’est justement l’enjeu.

• Que cette absence criante d’études sur 2 ans n’ait pas été relevée plus tôt par l’agence et que celle-ci se soit contentée des essais à 90 jours fournis par Monsanto ?

• Que l’ANSES en déduise qu’il faille attendre les résultats de nouveaux essais c’est-à-dire au minimum 3 ans et laisser un risque potentiel pendant ces 3 ans ? C’est l’opposé du principe de précaution.

Cette attitude incohérente de l’ANSES n’est pas un cas isolé comme le montrent 2 exemples d’actualité :

• Bisphénol A : L’ANSES n’a commencé à se soucier des effets des faibles doses du bisphénol A qu’à partir du moment où le Réseau Environnement Santé a montré que l’expertise de l’ANSES (ex AFSSA) rejetait 95% des études publiées pour ne retenir que les études menées selon le protocole obsolète des BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoire). Aujourd’hui l’ANSES n’a toujours pas publié de DJA (Dose Journalière Admissible) basée sur les effets aux faibles doses et n’a pas publiquement invalidé la DJA de l’agence européenne basée sur les études BPL à fortes doses. Elle continue d’ailleurs de se référer à ce protocole BPL alors qu’il ne correspond plus à l’état actuel de la science.

• Aspartame : l’ANSES a contesté les 3 études de l’Institut Ramazzini montrant un effet cancérogène de l’aspartame après une exposition sur la durée de vie des rongeurs, et notamment dans une étude après exposition dès la gestation, mais n’a toujours pas invalidé les études SEARLE qui servent de base à l’actuelle DJA de l’aspartame, alors que ces études datant de 1973 et 1974 n’ont JAMAIS été publiées dans une revue scientifique. Pire, un rapport de la FDA (Food and Drug Administration) publié en 1977 (le rapport Bressler) a mis en évidence des fraudes manifestes dans la conduite de ces études (par exemple, animaux remis dans l’expérience après enlèvement de leur tumeur). Ainsi des fraudes manifestes et une absence de publication n’ont pas conduit l’ANSES à invalider la DJA issue de ces études.

Ces exemples illustrent la nécessité d’une loi de protection de l’alerte et de l’expertise et plus particulièrement la nécessité d’une Haute Autorité de l’Alerte et de l’Expertise dont la mission serait de définir la déontologie de l’expertise et de la faire appliquer ainsi que  de protéger les lanceurs d’alerte.


Agrocarburants : réorientation ou statu quo ?

lundi 29 octobre 2012 par CFSI

Le secteur des agrocarburants bénéficie depuis des années d’un soutien important des pouvoirs publics. En France, la politique d’aide aux agrocarburants serait supportée essentiellement par les consommateurs selon un récent rapport de la Cour des Comptes. La majorité des études montrent pourtant que les agrocarburants sont une “fausse bonne idée” pour le climat. Ils sont en outre un facteur important de volatilité et hausse des prix alimentaires (voir l’article du CFSI – 11/06/2012).

En septembre, le Ministre français de l’Agriculture proposait de plafonner à 7 % le taux d’incorporation d’agrocarburants de première génération dans les carburants afin de répondre aux préoccupations sur la flambée des prix des céréales. La Commission européenne va plus loin avec  un projet de directive plafonnant à 5% la part des biocarburants de première génération dans le secteur des transports d’ici 2020.

Cette réorientation provoque la colère des industriels. Le directeur de Sofiprotéol, le leader français et européen de la production de biodiesel, parle de « message catastrophique » qui menace des milliers d’emplois.

Le secteur est-il véritablement menacé ?

Dans un récent rapport concernant la politique française, Greenpeace réfute les arguments économiques de préservation du secteur en termes d’emploi et de balance commerciale. L’ONG dénonce surtout la prolongation du cadeau fiscal fait au secteur jusqu’à fin 2015 alors que les agréments permettant de bénéficier des exonérations fiscales arrivent à échéance à partir de 2013 (cette défiscalisation coûte 250 millions d’euros pour la seule année 2012).

Au niveau européen, la limite d’incorporation à 5% dépasse le niveau actuel (4,5 %) et elle ne concerne que la 1ère génération d’agrocarburants, dont ne font pas partie les cultures non alimentaires comme le jatropha ou le miscanthus. Or, la question de concurrence avec les cultures alimentaires se pose aussi. De plus, si l’estimation de l’impact de la conversion des terres – changements indirects d’affectation des sols (CASI) – sera prise en considération dans l’évaluation des émissions de CO2 des agrocarburants, il n’en découle aucune obligation pour les Etats membres. Ce qui fait dire à un industriel interrogé par le magazine Le Point « si le facteur Casi était retenu à titre obligatoire [...] le biodiesel n’aurait plus répondu aux contraintes de durabilité et les pétroliers auraient arrêté d’en acheter. » Pour les ONG, cette prise en compte indicative des émissions de CO2 engendrés par la pression sur les terres servira uniquement à mesurer à quel point l’UE s’est trompée.

Pour en savoir plus sur la problématique des agrocarburants industriels : www.alimenterre.org

Pour débattre avec vos concitoyens sur ces enjeux, le Festival de film ALIMENTERRE 2012 propose un film : « La face cachée des agrocarburants ».  Toutes les séances : ici


Les producteurs africains face au changement climatique

mardi 16 octobre 2012 par Max Havelaar France

Chief Adam Tampuri, Président de Fairtrade Africa et producteur de noix de cajou au Ghana, a profité de son passage à Paris pour nous parler de l’impact du changement climatique sur sa production. Ces impacts étant très concrets, il a expliqué les moyens par lesquels lui–même et les membres de sa coopérative, engagée dans le commerce équitable depuis cinq ans, se sont mobilisés pour répondre à ce défi. Car une consommation respectueuse de l’Homme passe par un respect de son environnement.

Un impact direct et quotidien

Les producteurs africains sont victimes d’un phénomène qu’ils n’ont pas causé mais dont ils subissent les conséquences au quotidien. Leur travail dépend  de
facteurs naturels : les plantes  ont besoin d’une certaine quantité de pluie et de soleil et le tout dans un certain ordre. Or, ces éléments sont perturbés par le réchauffement de la planète.

Les conditions climatiques actuelles font diminuer les quantités des récoltes. Elles affectent aussi la qualité des produits cultivés. Avec des volumes insuffisants et des produits qui ne sont plus conformes aux exigences du marché, les producteurs ont du mal à maintenir leurs débouchés sur le marché international et leurs revenus sont mis à mal.

Des risques en augmentation

La recrudescence des évènements climatiques extrêmes devient un véritable facteur de risque pour l’investissement agricole. La coopérative de Chief Adam a investi deux années consécutives dans des semences de noix de cajou. Cependant, ces investissements n’ont jamais porté fruit. La première année, une inondation a noyé les germes. Elles ont été remplacées par de nouvelles semences l’année d’après mais elles n’ont pas poussé à cause de la forte sécheresse qui a suivi l’inondation.

Des producteurs organisés pour faire face aux problèmes

Les défis sont majeurs, mais la volonté des producteurs de prendre leur avenir en main,  de lutter activement contre le changement climatique et d’adapter leurs pratiques n’en est pas moindre. La coopérative agricole dont Chief Adam fait partie a entrepris des actions à niveau local, national et international.

Tout d’abord, grâce à l’implémentation des standards environnementaux de Fairtrade, les producteurs ont pris conscience de l’impact de leurs activités sur l’environnement. Depuis, ils améliorent leur pratiques pour assurer une gestion de ressources naturelles plus durable, en réduisant la quantité de produits chimiques et en évitant les pratiques de brulis, entre autres.

Mais le fait d’être organisés en coopératives leur a permis aussi d’acquérir un certain poids et une légitimité pour aller rencontrer les autorités locales et chercher à avoir une influence sur les politiques environnementales. Comme l’explique Chief Adam « en tant que leader d’une coopérative de commerce équitable, je représente la totalité de la communauté et non pas mon point de vue individuel. J’ai donc la légitimité de défendre une opinion face à un leader politique ou religieux car je représente la voix de tous les producteurs. »

Faire entendre la voix des plus vulnérables au niveau international

Cette légitimité a permis à Chief Adam de représenter les producteurs de commerce équitable pendant les négociations internationales aux sommets de la Convention Cadre de l’ONU contre le Changement Climatique  à Cancun (16ème Conférence des Parties ou COP 16) et  à Durban (COP 17). Il a souligné l’urgence d’avancer dans les négociations et de trouver des solutions dès à présent pour faire face aux défis sur le terrain, notamment par le biais des financements pour les pays en développement. Le renforcement des organisations de producteurs et des coopératives par leur implication dans le commerce équitable devrait faciliter leur accès aux fonds pour l’adaptation, le transfert de technologies, etc. Il a plaidé aussi pour la prise en compte des revendications des millions de personnes qui dépendent de l’agriculture, qui sont les plus affectés par le changement climatique et qui, en même temps, sont celles qui polluent le moins.

Chief Adam sera aussi au COP 18 à Qatar pour faire entendre la voix des producteurs africains. Plus d’information sur ce sujet sur le blog http://www.fairclimatedeal.net/


L’impact de notre alimentation sur la planète

lundi 15 octobre 2012 par WWF

L’empreinte écologique est une mesure de la pression que nous exerçons sur la nature. Cet outil évalue la surface productive nécessaire à une population pour satisfaire ses besoins en ressources naturelles et absorber ses déchets. Concrètement, il s’agit d’un outil permettant de modéliser les impacts environnementaux de tout ce que nous consommons pour subvenir à nos besoins, y compris superflus !

Interpeller sur les impacts de notre alimentation

De nombreux déplacements, une consommation outrancière de protéines animales, des produits transformés, jetés encore emballés… tous ces facteurs conduisent à accroitre notre empreinte alimentaire alors même qu’ils pourraient être évités.

L’empreinte alimentaire des Français représente 37% de leur empreinte écologique globale.

L’empreinte écologique idéale d’un être humain pour satisfaire l’ensemble de ses besoins (habitat, énergie, services, transports, alimentation) est de 1,8 hectare. Or l’empreinte écologique alimentaire des Français est déjà, a elle seule, de 1,79 hectare ! Autrement dit, si tout le monde mangeait comme un Français moyen, il faudrait utiliser l’ensemble de la planète Terre, uniquement pour couvrir nos besoins alimentaires.

Idéalement, pour permettre à tous les habitants de la planète de se nourrir convenablement, l’empreinte alimentaire de chaque individu devrait être de 0,9 hectare.
Un équilibre délicat à trouver entre ce que nous consommons/rejetons et les quantités respectives que la Terre, notre unique planète, est capable de produire et d’absorber.

Et vous, quelle est votre empreinte alimentaire ?

 

 


Comment une ville peut devenir autosuffisante en fruits et légumes

mardi 2 octobre 2012 par Slow Food

Cette histoire ressemble à une utopie, une ville imaginée par un sociologue pour décrire la communauté idéale, et pourtant tout est réel. A Todmorden, une commune d’Angleterre, les habitants cultivent leurs propres potagers dans des lieux publics qui le permettent avec l’objectif de devenir complètement auto-suffisant en quelques années. Aucun camion ou train ne transportera des légumes à Todmorden mais surtout, aucun citoyen ne récolte plus que ce dont il a besoin et tout le monde donne un coup de main en s’occupant régulièrement des différents espaces cultivés.

Pour un horticulteur, visiter Todmorden est un plaisir pour les yeux, une ville tapissée de parterres et d’espaces verts où l’on peut admirer la croissance jour après jour de carottes, choux, laitues, oignons, pommes de terre et de potagers en tous genres, mais aussi d’arbres fruitiers et d’herbes aromatiques comme les framboises, les fraises, les abricots, le romarin, le basilic et bien d’autres.

Le projet s’appelle Incredible Edible et a comme objectif principal de rendre Todmorden auto-suffisant en ce qui concerne les fruits et légumes d’ici 2018 ! En plus de l’idée même d’autosuffisance, ce qui est particulièrement marquant est l’harmonie qui accompagne le projet, personne ne ramasse plus de ses besoins, avant tout parce qu’il n’y aucune raison de le faire et parce que, comme l’explique la co-fondatrice du projet Mary Clear « cela ne se produit pas, nous avons confiance en les personnes, nous croyons et nous en sommes les témoins, les personnes sont honnêtes »

Les parterres, comme déjà évoqué, sont partout mais il faut aussi signaler un grand verger de 200 arbres dans le centre de la ville, ainsi que des lieux insolites où sont cultivés les potagers : en effet, en plus des parcs classiques, nous pouvons trouver des fruits et légumes devant le commissariat, la mairie et même dans le cimetière !

Incredible Edible, ce ne sont pas seulement des potagers éparpillés dans la ville mais c’est aussi l’éducation au goût : des cours sur l’horticulture, sur comment conserver les fruits et légumes ou sur comment faire son propre pain sont activés.

L’initiative a certainement interpellé en Angleterre puisque 21 communes commencent  déjà à expérimenter des projets de ce type. L’intérêt est également fort dans d’autres réalités européennes (Allemagne et Espagne) mais pas seulement (Canada et Hong Kong) !

Qui aurait dit, il y a encore peu de temps, que la ville du futur serait verte et non grise, avec des fruits et légumes à chaque angle à la place de machines volantes ?


L’agroécologie, nouveau modèle de développement agricole ?

jeudi 27 septembre 2012 par CFSI

Dans le contexte actuel de crise économique, alimentaire et énergétique mondiale, le rapporteur spécial de l’ONU, Olivier De Schutter, a présenté en 2010, un rapport sur la capacité de l’agroécologie à nourrir le monde.

D’après ce rapport, l’agriculture est à la croisée des chemins pour son développement futur. Jusqu’ici ignoré par les investisseurs publics et privés, le secteur agricole connait depuis quatre ans un regain d’intérêt. Mais, une simple augmentation de la production alimentaire ne suffira pas à garantir la sécurité alimentaire mondiale. Elle doit s’accompagner de l’augmentation des revenus et l’amélioration des moyens de subsistance des populations pauvres. Il faut des mesures facilitant la transition vers un autre type d’agriculture, l’agroécologie, à faible émission de carbone, économe en énergie, au bénéfice des plus pauvres et qui prend en compte le droit à l’alimentation.

Qu’est-ce que l’agroécologie ?

L’agroécologie est à la fois une science et un ensemble de pratiques, qui découle de la fusion entre l’agronomie et l’écologie. Elle cherche à améliorer la durabilité des agroécosystèmes en imitant la nature. Elle crée des interactions et des synergies biologiques entre les composantes du système pour obtenir les conditions les plus favorables à la croissance des végétaux, tout en gérant la matière organique des sols et en augmentant leur activité biotique[1]. L’agroécologie se fonde sur plusieurs principes fondamentaux tels que :

  •  le recyclage des nutriments et de l’énergie produite par le système ;
  •  l’intégration des cultures et du bétail ;
  •  la diversification des espèces et des ressources génétiques des agroécosystèmes dans l’espace et le temps ;
  • les interactions et la productivité à l’échelle de l’ensemble de l’agrosystème plutôt que sur des variétés individuelles.

C’est un outil efficace pour améliorer la résilience et la durabilité des agrosystèmes. Plusieurs techniques s’inspirant de l’agroécologie sont déjà mises en œuvre dans plusieurs parties du monde, comme au Mexique, et gagnent du terrain dans de nombreux pays dont la France.

Système « milpa » (haricot, maïs, courge) au Mexique

La milpa[2] désigne la parcelle familiale ou communautaire où sont semés le maïs, les haricots et la courge. Ce système de polyculture agroécologique est typique de l’Amérique centrale. C’est le plus ancien modèle agricole en Méso-Amérique (pratiqué par les Mayas) et le plus répandu.

Le système consiste à cultiver des plants de maïs (céréale) associés au haricot et à la courge. Le haricot, plante légumineuse[3], est semé en même temps ou juste après le maïs. En grandissant, il s’enroule autour du plant de maïs. Comme il fixe l’azote de l’air, cela favorise la croissance de la céréale. Les courges sont des plantes rampantes, dont un seul pied peut recouvrir une grande surface de terrain. Cultivées entre les plants de maïs, les courges permettent de protéger le sol contre l’érosion hydrique et éolienne. En outre, elles permettent de conserver l’humidité des sols et minimisent donc les impacts de la sécheresse. Cela améliore les rendements de maïs. Les pratiques agricoles de la milpa varient en fonction des régions de production, puisqu’elles s’adaptent aux conditions biologiques du milieu. La FAO reconnait le système de la milpa comme une solution pour atteindre la souveraineté alimentaire dans les pays où elle est pratiquée.

Dans le cadre du Festival de films ALIMENTERRE 2012, deux films mettent en valeur le système de la milpa :

- en exclusivité après sa sortie télévisuelle, le nouveau film de Marie-Monique ROBIN « Les moissons du futur », qui démontre que l’agroécologie peut nourrir le monde – http://www.festival-alimenterre.org/film/moissons-futur ;

- « La era del buen vivir », qui valorise les pratiques agricoles des indiens du Guatemala – http://www.festival-alimenterre.org/film/era-del-buen-vivir.

Plus d’informations sur le Centre de ressource ALIMENTERRE : http://www.alimenterre.org


[1] Qualifie un milieu dans lequel la vie peut se développer.

[2] Le mot milpa vient des termes Nahualt (langue aztèque) « milli » qui signifie « parcelle semée » et « pan » qui signifie « au dessus », soit littéralement « ce qui est semé au dessus de la parcelle ».

[3] Plantes capables de fixer l’azote de l’air et de le restituer au sol. Elles sont une source de protéines végétales et d’acides aminés essentiels pour l’homme et les animaux. Leur culture ne nécessite pas ou peu d’engrais.


OGM, l’inquiétude grandit

vendredi 21 septembre 2012 par WWF

 Les OGM amplifieraient le risque de tumeur

L’étude indépendante, fait assez rare pour être souligné, publiée le 19 septembre dernier par l’équipe du professeur Séralini relance la polémique sur l’innocuité des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) avec une vigueur inconnue jusqu’alors.

Le WWF-France salue en ce sens le travail accompli par l’équipe du Professeur Séralini durant les 2 années qu’ont duré les expérimentations. Si les résultats montrant un risque de tumeur accru causée par le maïs NK 603 chez le rat se vérifient, c’est l’ensemble de l’industrie des OGM qui serait remise en cause.

Rappelons que le WWF-France s’est toujours opposé à l’autorisation de la culture d’OGM en milieu ouvert, en particulier concernant le maïs Mon-810, tous deux autorisés dans seulement quelques pays d’Europe.

 

Réaffirmons le principe de précaution sur les OGM

Mais au-delà de ces résultats alarmants, le WWF-France appelle à une véritable expertise indépendante, et dotée de moyens conséquents, visant à déterminer l’innocuité des OGM consommés quotidiennement par des millions de Français.

Les OGM sont en effet présents dans l’assiette de chacun, directement ou indirectement via l’alimentation du bétail puisque la France importe chaque année 3,9 millions de tonnes de soja principalement OGM participant à la déforestation depuis le Brésil et l’Argentine.

Le WWF-France rappelle qu’il est possible de réduire la part de soja OGM issu de la déforestation en développant les cultures de protéines végétales hexagonales.

La décision du ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, de saisir immédiatement l’ANSES et l’EFSA au niveau européen —même si l’indépendance de cette dernière est souvent critiquée— va dans le bon sens.


Les OGM de nouveau mis en cause

jeudi 20 septembre 2012 par RES

Une étude publiée le 19 septembre 2012 dans la revue américaine « Food and Chemical Toxicology » révèle la toxicité des OGM. Cette étude conduite par l’équipe du professeur Gilles-Eric Séralini de l’université de Caen a fait l’effet d’une bombe. N’oublions pas que ce sont ces même OGM que nous retrouvons ensuite dans nos assiettes !

Une étude inédite

Rappelons qu’un OGM est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l’Homme. L’OGM utilisé ici est le NK603 de la firme Monsanto, modifié pour être résistant au Round Up, herbicide le plus utilisé au monde.

Dans la quasi-clandestinité, l’équipe du Pr Séralini a donc suivi pendant deux ans un groupe de rats témoins ainsi que 200 rats qu’ils ont répartis en trois grands groupes : le premier a été nourri avec le maïs OGM NK603 seul, le second avec ce maïs OGM traité au Roundup et le troisième avec du maïs non OGM traité avec cet herbicide. Le maïs était incorporé au sein d’un régime équilibré.

Des conclusions alarmantes

Les rats OGM déclenchent de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats non OGM quel que soit leur sexe. Au début du 24ème mois, c’est-à-dire à la fin de leur vie, de 50% à 80% des femelles OGM sont touchées contre seulement 30% chez les non-OGM.

Le professeur précise : « Le premier rat mâle nourri aux OGM meurt un an avant le premier témoin. La première femelle huit mois avant. Au 17e mois, on observe cinq fois plus de mâles nourris avec 11% de maïs (OGM) morts »

Face à ces conclusions sans appel, les ministres Marisol Touraine (Santé), Delphine Batho (Ecologie) et Stéphane Le Foll (Agriculture) ont annoncé la saisine immédiate de l’ANSES. Ils précisent également que les conclusions de l’étude caennaise du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) seront transmises à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Cette affaire illustre, selon le RES, la nécessité de réformer notre dispositif de sécurité sanitaire, en créant en priorité :

- un Institut de Recherche en Santé Environnement pour conduire ce type d’étude, y compris sur les sujets qui dérangent.

- une Haute Autorité chargée de définir la déontologie de l’expertise et de la faire respecter, c’est-à-dire veiller à ce que les agences mènent leur activité en fonction des seules données de la science en dehors des conflits d’intérêts.


Conférence environnementale : un bilan décevant en Santé Environnement

mardi 18 septembre 2012 par RES

Alors que le bilan pour les tables rondes Énergie et Biodiversité est salué d’une façon générale comme la mise en œuvre concrète de la transition écologique dans ces domaines, le bilan de la table ronde Santé Environnement s’avère franchement décevant. Le sondage IFOP publié la veille de la conférence montrait pourtant que Santé Environnement était le domaine où les Français attendaient des décisions.

Des débuts encourageants

Le président François Hollande avait cependant indiqué clairement la voie dans son discours d’introduction. Il fallait « un changement de cap », partir du constat de la « crise sanitaire » et répondre aux « interrogations sur la croissance des maladies chroniques ». La question des perturbateurs endocriniens était caractérisée comme une priorité.

Les ministres en charge de la table ronde Santé Environnement, Marisol Touraine (Santé) et Geneviève Fioraso (Recherche) se sont mises d’emblée en porte à faux par rapport aux déclarations présidentielles en refusant de faire le constat partagé à partir de la crise sanitaire liée aux maladies chroniques.

Le débat, introduit par la présidente de l’Institut National du Cancer (INCa) Agnès Buzyn, a porté sur un pourcentage minimaliste de l’évaluation du nombre de cancer lié à l’environnement. Cette position n’était pas une surprise dans la mesure où une des premières déclarations de la présidente de l’INCa en juillet dernier avait été que l’on surestimait les risques cancérigènes liés à l’environnement.

Un recul notable par rapport au Grenelle

Des décisions du Grenelle qui n’avaient pas été mises en œuvre, comme la loi de protection de l’alerte et de l’expertise ou la création de l’Institut de Veille Environnementale ont été combattues par la Ministre de la Santé.

Aucune initiative sérieuse en matière de recherche n’a été faite et la proposition du Réseau Environnement Santé de créer un Institut National de Recherche en Santé Environnement à l’image du NIEHS américain n’a pas été reprise. Au final aucune action précise en matière de recherche n’a été annoncée.

Certes, le premier Ministre a annoncé que le gouvernement soutiendrait la loi Bapt qui doit passer au Sénat le 15 octobre prochain et qui interdit le Bisphénol A dans les contenants alimentaires, mais le principe d’une loi sur les Perturbateurs endocriniens n’a pas été retenue. Rien en ce qui concerne les particules fines au moment où l’InVS publie une étude montrant qu’un Marseillais de 30 ans a une perte d’espérance de vie de 7,5 mois à cause de ces particules fines.

La transition écologique passe par la prise en considération de la crise sanitaire, pour passer d’une politique de soin à une politique de santé prenant en compte l’action sur les causes de maladie. Au lieu de cela, la politique de santé reste calée sur l’ancien modèle. L’explosion des dépenses de santé qui trouve son origine dans la croissance des maladies chroniques (83% des dépenses de santé) obligera tôt ou tard à changer de politique. Le RES continuera son action en ce sens.


Le retour de la menace de l’accaparement des terres

lundi 10 septembre 2012 par Slow Food

Il y a moins d’un an, un soulèvement populaire obligeait le gouvernement sénégalais à faire un pas en arrière au sujet de la location de 20 000 hectares (c’est-à -dire deux fois la métropole parisienne) a Fanaye, au nord du pays. La compagnie italo-sénégalaise Senhuile/Senethanol  voulait planter sur cette étendue de terrain des pommes de terre douces pour les transformer en biocarburant. A l’automne 2011, après une série de protestations brutalement réprimées, le projet semblait être suspendu. Le pays se préparait pour les élections et, probablement, l’attention des médias au sujet de la mort de deux manifestants était dérangeante.

Après les élections, cependant, Senhuile/Senethanol repartait à l’attaque et, selon AFP,  déclarait son intention de déplacer le projet dans une autre région, le Ndiael. L’ONG locale Enda Pronaut déclencha rapidement l’alarme.  « Plus de la moitié de la population sénégalaise vit de l’agriculture ou du bétail fermier » déclarait la directrice Mariam Sow pendant une conférence de presse à Dakar. « Ils ont besoin de leurs terres pour produire de la nourriture de manière durable. Le land-grabbing transforme les terres en une simple denrée sans considérer les aspects sociaux et culturels. Ce phénomène promeut l’agriculture industrielle au détriment des productions agricoles de petite échelle, qui  peuvent garantir un vrai développement local ».

De l’autre côté du continent africain, en Tanzanie, la situation est tout aussi dramatique. Il y a quelques jours, l’organisation internationale Avaaz lançait un appel pour stopper les abus commis sur les terres de la population Masai dans la région de Serengeti.

En juillet 2009, les habitants de plusieurs villages dans le nord de la Tanzanie, dans la région Lolindo, étaient évacués. Selon le rapport spécial pour les droits des peuples indigènes de l’ONU, James Anaya, environ 200 maisons ont été brûlées et 50 000 bêtes ont été contraintes de prendre la fuite. Plus de 20 000 personnes de la communauté Masai ont été emportées par cette vague de violence, se retrouvant sans abri et sans nourriture. Selon le rapport de James Anaya, les responsables de ces attaques étaient des forces de la police paramilitaire Fiels Force Unit  ainsi que des hommes armés d’une compagnie privée venant des Emirats Arabes Unis, la Ortello Business Corporation, qui déclarait avoir acheté des droits de chasse au gouvernement. A l’origine de cette violence jusqu’à présent impunie, il y aurait donc les intérêts commerciaux liés à l’exploitation de la région Serengeti par l’industrie des safaris.

Malheureusement, ces abus ont des racines lointaines. Depuis le début du siècle dernier, la région de Serengeti a été présentée en Occident comme un territoire non contaminé, le règne absolu d’une nature sauvage qui ne peut cohabiter avec l’homme, même pas avec un berger Masai.  Selon le journaliste Fred Pearce, auteur de “The Land Grabbers” (Beacon Press, 2012), la symbiose ancestrale entre la population locale et la nature a été complètement niée par ce stéréotype, dans le but de justifier l’éviction de la population indigène et de laisser à d’autres le business des safaris.  « Bien que cela semble bizarre, notre vision d’une nature vierge a encouragé le rachat des terres par de nouveaux amoureux de la nature très fortunés et des tours opérateurs. La région Serengeti est devenue le plus grand zoo du monde où les guerriers Masai sont réduits à des objets de décoration ambulants. »


Renforcer la sécurité alimentaire par une agriculture durable.

jeudi 6 septembre 2012 par Max Havelaar France

Le défi alimentaire est l’une des principales urgences planétaires. Réduire de moitié le nombre de personnes qui souffrent de la faim est l’un des objectifs du millénaire. Cet objectif devait être accompli d’ici 2015 mais nous en sommes encore loin.

Alors que la production agricole mondiale est globalement suffisante, des populations, particulièrement les populations rurales des pays en développement, souffrent de la faim. Dans ces régions, de nombreux facteurs (conditions agro-climatiques difficiles, effets du changement climatique, pauvreté, conflits…) participent à fragiliser la situation alimentaire des populations.

Du côté économique, les conséquences de la volatilité des prix des matières premières agricoles plongent et maintiennent les populations les plus démunies dans une situation critique. Pour obtenir des liquidités, les producteurs sont souvent contraints de vendre leur production vivrière lorsque les prix sont bas. Mais en période de soudure, ils doivent acheter des céréales à des prix alors très hauts. Un meilleur accès à l’information, à l’éducation et à la formation permettraient à ces producteurs de sortir de l’isolement dans lesquels ils sont.

Les réponses du commerce équitable pour renforcer la sécurité alimentaire en zones rurales

Le commerce équitable agit à plusieurs niveaux afin de renforcer la position des communautés qui produisent les matières premières pour les produits que nous consommons au quotidien.

Les producteurs qui produisent des cultures destinées à l’export, échangées sur les marchés internationaux, subissent les fluctuations fortes des prix de matières premières agricoles. Le commerce équitable leur garantit un prix minimum, couvrant les coûts de production et permettant aux producteurs de faire vivre dignement leur famille, met les producteurs à l’abri de ces fluctuations en les procurant des revenus plus élevés et plus stables. Grâce à ces revenues, les producteurs ne sont pas obligés de vendre leurs récoltes vivrières pour avoir de la liquidité. De plus, ils ont la possibilité d’acheter de quoi compléter ou diversifier leur alimentation.

Bien que les producteurs pratiquent des cultures d’export, ils ne négligent pas pour autant les cultures vivrières. Bien au contraire ! La démarche du commerce équitable les encourage à diversifier leur production, à conserver la biodiversité et les accompagne vers un mode d’agriculture durable. Par exemple, dans le cas des producteurs de coton de l’Afrique de l’Ouest, cela passe par le maintien d’un assolement coton, mais, sorgho. Dans le cas des producteurs de cacao latino-américains, les cultures de plantains et d’haricots sont pratiquées entre les rangs de cacaoyers.

En plus de l’amélioration des revenus individuels, une prime de développement est versée aux organisations de producteurs les permettant d’améliorer les services proposés à leurs membres et d’investir pour leurs communautés dans des projets économiques, sociaux ou environnementaux. Les collectifs de producteurs, un préalable pour les impacts positifs du commerce équitable, sont ainsi renforcés et leur donnent un meilleur accès au marché et à l’information.

La crise alimentaire met en avant la nécessité de revoir les modes de consommation et de production et le modèle économique actuel. A travers les consommateurs et les acteurs économiques engagés, le commerce équitable comme modèle alternatif apporte des réponses pour prendre en compte la durabilité des systèmes de production et au défi alimentaire de notre planète.


Marchons ensemble pour la PAC !

mardi 28 août 2012 par WWF

C’est ce week-end que le coup d’envoi de la Good Food March a été donné. De Munich à Bruxelles, avec une arrivée prévue autour du 19 septembre, le cortège traversera la France à partir du 1er septembre. Ne le ratez pas !

L’objectif est clair : prendre la route pour aller à la rencontre des gens, s’efforcer de les rallier, en chemin, à la cause d’une PAC meilleure et les « embarquer » jusqu’à Bruxelles pour mieux faire entendre la revendication « d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des hommes ».

A l’origine de ce mouvement, on retrouve ARC2020, la coordination européenne Via Campesina, European Milk Board, Les Amis de la Terre Europe, IFOAM EU Group, Meine Landwirtschaft, le groupe PAC 2013 et Slowfood. Ils ont édité un appel à mobilisation commun présentant leurs « onze demandes fondamentales pour l’avenir de la PAC », appel signé par environ 80 organisations, de plus de 15 pays.

Parce que la PAC n’a pas tenu ses promesses

PAC, comme Politique Agricole Commune. A la base, il s’agissait d’un projet politique ambitieux d’autosuffisance alimentaire et de solidarité financière. Elaborée au début des années 60, elle avait pour objectif le développement de la production agricole afin de garantir la sécurité alimentaire de l’Europe, des prix raisonnables pour les consommateurs, la stabilité des marchés et la parité des revenus entre les paysans.

En 50 ans, la PAC a connu de nombreuses réorientations,  avec pour objectif affiché  d’avoir une agriculture compétitive, respectueuse de l’environnement et soucieuse des attentes du consommateur. Finalement,  la PAC a conduit à la restructuration des exploitations pour approvisionner l’industrie agro-alimentaire en faisant la course aux « gains de productivité » et à la « compétitivité » ; ce qui a eu des effets dévastateurs sur le plan social, environnemental et territorial. La multiplication des échanges commerciaux a augmenté les risques sanitaires et détruit les agricultures d’ici et d’ailleurs, avec en particulier le dumping.

Aujourd’hui, la faim dans le monde et la malnutrition ne cessent de s’accroître tandis que le gaspillage à échelle industrielle s’aggrave de jour en jour.

Exiger une autre PAC

Une PAC basée sur la souveraineté alimentaire est la seule alternative pour inciter de nouveaux paysans à s’installer dans les campagnes et permettre à ceux qui y sont déjà d’y rester.

Avec une main d’œuvre suffisamment nombreuse, les techniques de production agro-écologiques, favorisant une symbiose homme/nature propice à recréer des équilibres naturels et à restaurer la qualité, pourront être remises en œuvre.

Les paysans sont aussi les meilleurs garants de la préservation de la biodiversité et des paysages, le pastoralisme et le bocage donnant formes et couleurs à un terroir.

Par ailleurs, le développement des circuits courts (relocalisation et autonomisation de la production, outils et ateliers de transformation, distribution), doit redonner des perspectives d’avenir aux paysans et leur permettre de s’affranchir d’un système qui n’a que peu de considération pour eux. Tout cela  contribuerait à vivifier les territoires ruraux par le développement d’un tissu économique, social et culturel.

Les citoyens sont donc invités à rejoindre les paysans pour exiger, ensemble, une véritable politique agricole commune. Chacun est concerné par la mise en place d’une agriculture paysanne respectueuse des hommes, produisant une alimentation saine sans détruire les agricultures du monde, respectueuse de l’environnement, des paysages, et des territoires.

Ensemble marchons à Bruxelles pour insuffler un nouveau souffle dans les campagnes!

Ensemble, exigeons le bon sens !

 


La réforme agraire mondiale au point mort

lundi 20 août 2012 par CFSI

Les accaparements de terres et l’expulsion des paysans sont un sujet d’actualité brûlant. Ils se produisent dans des pays où l’accès à la terre est très inégal de part une situation foncière incertaine. Une vraie réforme agraire est indispensable pour dépeupler les bidonvilles des rangs de paysans sans terre échoués en ville et de faire valoir leurs droits.

Une répartition très inégale de la terre

Une des particularités de plusieurs pays d’Amérique Latine mais aussi d’Asie (Indonésie, Philippines, etc.) est la répartition très inégale des terres, conséquences de la décolonisation. La terre est concentrée aux mains d’une minorité de propriétaires terriens. Au Brésil, elle est divisée en une dizaine d’immenses territoires distribués à l’origine aux proches du roi du Portugal. Aujourd’hui, moins de 1 % des exploitants possèdent 44 % des terres et à l’inverse 40 % des paysans possèdent 1,2 % alors qu’un tiers de la population est issue du milieu rural.

Une réforme agraire au point mort voire en recul

Dans bon nombre de pays, des réformes agraires ont été annoncées et sont même parfois inscrites dans la constitution. Malheureusement, elles ne sont pas appliquées. Anibal Avalos, un jeune paysan paraguayen  promouvant l’agriculture paysanne témoigne : « La Constitution paraguayenne garantit le droit à la terre. Pourtant, il y a un pourcentage très élevé de paysans sans terre […] Chaque jour, la paysannerie continue de perdre des surfaces cultivables ».

En juin dernier, des centaines de paysans ont manifesté à Manille afin de réclamer la mise en œuvre de la réforme agraire votée en 1988. Celle-ci vise à redistribuer plus de 5 millions d’hectares de terres à autant de paysans sans terre.

Au Brésil Alexandre Conceiçao, membre de la Direction Nationale du MST (mouvement des travailleurs ruraux sans terre) affirme dans un entretien que la réforme agraire, pourtant inscrite dans la constitution de 1988 est totalement arrêtée. Le nombre de familles « de sans terre » à qui on a donné un terrain cette année, est le plus bas depuis 16 ans avec seulement 22 000 familles installées contre 46 000 en 1995 et 36 000 en 2003 sous le gouvernement Lula. Le gouvernement de Dilma Roussef, a choisi de privilégier l’industrie agroalimentaire et de miser sur un modèle agricole exportateur plutôt que de soutenir son agriculture familiale, qui permet pourtant de nourrir la population.

La réforme agraire est au point mort voire en recul si l’on prend en compte les milliers de paysans familiaux qui sont expulsés ou à qui l’industrie agroalimentaire rachète les terres. Pourtant la réforme agraire et la reconnaissance des droits des paysans sont nécessaires et indispensables à la réduction de la pauvreté, de la violence et à la lutte contre la faim.

Pour aller plus loin :

  • http://www.alimenterre.org/

Aspartame : l’ANSES reconnait l’absence de bénéfice nutritionnel

lundi 20 août 2012 par RES

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié en juin dernier une note d’étape concernant les « bénéfices et risques nutritionnels des édulcorants intenses » pour les femmes enceintes.

L’ANSES indique clairement qu’il y a « une absence de bénéfice nutritionnel » à consommer ces produits.

Le RES regrette cependant que l’ANSES n’aille pas jusqu’au bout de sa logique, puisque, dans la mesure où cette substance n’a pas de bénéfice nutritionnel, le risque est encore moins acceptable. Or celui-ci est suffisamment démontré, selon le RES, par l’étude d’Haldorsson [1] publiée en septembre 2010 dans une revue de référence, l’American Journal of Clinical Nutrition. Cette étude menée auprès d’une très large cohorte de 59 334 femmes enceintes danoises met clairement en évidence que le risque de naissance prématurée augmente à partir de la consommation d’une boisson gazeuse avec édulcorants par jour (+ 27%). L’augmentation est de + 78% au dessus de 4 consommations. Ce phénomène n’est pas retrouvé pour la consommation de boissons gazeuses sans édulcorants. Ce sont donc les édulcorants qui sont en cause. Il est donc absurde de vouloir attendre d’autres preuves, dans la mesure où le risque est bien caractérisé et qu’il concerne une fraction importante de la population, les femmes enceintes, dont 71,8 % consomment de l’aspartame pendant leur grossesse selon le rapport de l’ANSES.

La prévention du diabète gestationnel doit avant tout passer par une stratégie transversale sur la qualité nutritionnelle de l’alimentation et la prévention de l’exposition aux polluants diabètogènes[2], comme les perturbateurs endocriniens, et certainement pas par la promotion de la consommation d’édulcorants intenses.

Le risque cancérogène est par ailleurs suspecté à partir des études sur le rat et la souris menées par l’Institut Ramazzini. Sur la base de ces études, en appliquant les règles habituelles en la matière, la Dose Journalière Admissible (DJA) devrait être abaissée d’un facteur 2000. L’actuelle DJA devrait de toute façon être invalidée car elle repose sur des études de fabricants pour lesquelles les preuves de fraude sont avérées.

[1]. Halldorsson TI, Strom M, Petersen SB, Olsen SF. Intake of artificially sweetened soft drinks and risk of preterm delivery: a prospective cohort study in 59,334 Danish pregnant women. Am J Clin Nutr. 2010 Sep;92(3):626-33.

[2]. Consultez le rapport ECOD


Quand l’UE se mouille pour les océans

vendredi 3 août 2012 par WWF

Pied de nez de Bruxelles à la France, la Commission européenne vient de prendre une décision historique pour les fonds marins. Tandis que la France adoptait une position anti-écologique, l’UE, elle, adoptait une proposition de règlement définissant les règles de gestion de la pêche en eaux profondes.

La France s’oppose à l’interdiction du chalutage des grands fonds

Visant notamment la suppression progressive du chalutage des grands fonds, la proposition de la commissaire à la pêche Maria Damanaki avait déjà été bloquée le 12 juillet dernier par le commissaire français Michel Barnier en charge du marché intérieur. Prétextant un délai nécessaire à l’analyse des conséquences socio-économiques d’une telle décision, l’ancien ministre de la pêche souhaitait ainsi pouvoir empêcher cette interdiction.

Frédéric Cuvillier, Ministre délégué à la Pêche, jugeait même qu’une telle mesure « ne serait pas acceptable » dans un communiqué du 17 juillet du Ministère de l’Ecologie. « Quand on sait que le chalutage profond est l’une des pratiques de pêche les plus destructrices et qu’elle impacte des écosystèmes et ressources à cycle de vie très lent, que faut-il juger d’inacceptable : interdire une telle pratique ou la défendre au nom des seuls intérêts privés de trois armements industriels ? » s’interroge Isabelle Autissier, présidente du WWF-France.

La position anti-écologique du ministère de l’écologie

Cette position reflète hélas l’attitude récurrente de la France en matière de pêche : la défense de l’intérêt de quelques uns au détriment de la majorité et du bien commun. Le nouveau gouvernement avait déjà défendu une position contrariante sur les orientations de la Politique Commune de la Pêche lors du Conseil des ministres européens du 12 juin dernier. Malgré « le changement », et semblant ignorer que 80% de la pêche française est une pêche artisanale, le gouvernement continue de protéger les intérêts d’une toute petite minorité : la pêche profonde ne représente que 1% des captures européennes.

« A l’heure où le Président de la République veut organiser une Conférence environnementale dont l’un des thèmes principaux sera la « biodiversité », comment comprendre cette position anti-écologique émanant du Ministère de l’Ecologie lui-même, désormais en charge de la pêche ? C’est inacceptable. Nous appelons la ministre de l’Ecologie à reprendre la question de la pêche en main et à être à la hauteur de cet enjeu écologique majeur qu’est l’avenir de nos océans », demande Isabelle Autissier.


RÉFORME DE LA PAC 2020 – Une chance pour la démocratie européenne

mercredi 25 juillet 2012 par Slow Food

Le 19 septembre, au Parlement européen de Bruxelles, en Belgique, l’organisation internationale Slow Food tiendra une conférence destinée à promouvoir le dialogue entre la société civile et les institutions européennes autour de la Politique agricole commune (PAC). Cette conférence offrira la possibilité d’un échange d’opinions ouvert entre la société civile et ses représentants politiques à un moment crucial du débat sur l’avenir de la PAC en apportant des messages nés aux quatre coins de l’Europe jusqu’aux couloirs des institutions européennes.

La conférence est organisée par Slow Food en partenariat avec ARC2020, sous le haut patronage du Président du Parlement européen, Martin Schulz. Elle accueillera plusieurs intervenants, du Commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural Dacian Cioloş à Carlo Petrini, Président de Slow Food, ainsi que des organisations majeures de la société civile.

La conférence s’ouvrira à 15h00 et sera divisée en trois sessions :
·     Session 1 : Discours d’ouverture et d’accueil
·     Session 2 : La société civile : principales revendications et propositions concrètes
·     Session 3 : La réforme de la PAC et la démocratie en Europe – Débat en plénière avec le Parlement européen
L’inscription à la conférence se fait par ce lien :
www.slowfood.com/sloweurope/pagine/eng/application/conferenza.lasso

Dans le même temps, Bruxelles accueillera l’étape finale de la « Good Food March », une initiative d’ARC2020, de Slow Food, du Réseau des Jeunes de Slow Food et de nombreuses autres organisations destinée à sensibiliser l’opinion publique aux thèmes abordés au cours de la conférence. Cette marche pour une bonne alimentation partira de Munich, en Allemagne, le 25 août  et réunira des militants, des producteurs, des consommateurs et des jeunes de toute l’Union européenne. Pour plus d’informations au sujet de la Good Food March, rendez-vous sur le site : www.goodfoodmarch.eu

Ces dernières années, Slow Food a milité activement en faveur d’une PAC plus durable. L’association a créé une section de son site spécialement consacrée aux politiques européennes, Slow Europe (www.slowfood.com/sloweurope), et a encouragé le débat sur l’avenir de l’agriculture européenne dans l’ensemble de 27 pays de l’UE où elle est présente par le biais de son réseau avec 625 conviviums, 330 Sentinelles et près de 900 communautés de la nourriture de Terra Madre. Du 25 au 29 octobre à Turin, en Italie, Slow Food organisera la manifestation internationale Salone del Gusto et Terra Madre (www.salonedelgustoterramadre.slowfood.com). Les conférences et les rencontres mettront l’accent sur les politiques agricoles européennes ainsi que sur le rôle des jeunes
http://eventistore.slowfood.it/pagine/eng/store/evento.lasso?cod=CF01

Communiqué de presse Slow Food


De la noix de kola africaine au Coca Cola

vendredi 13 juillet 2012 par Slow Food

Qu’ont en commun le Coca-Cola et un brasseur artisanal piémontais ?

Peu le savent, mais le succès de la boisson la plus mondialisée de la planète, le Coca Cola, revient en partie à l’Afrique.

La noix de kola est un fruit, de la même famille que le cacao (les sterculiacées) natif des forêts tropicales de l’Afrique de l’Ouest, plus particulièrement de Sierra Leone et du Libéria, pays dans lesquels on la trouve encore à l’état sauvage. Dans les régions du sud-est de la Sierra Leone (districts de Kenema et Kailahun) on la cultive en association avec le café et le cacao, des plantes plus basses qui poussent dans son ombre, et on la récolte deux fois par an : d’avril à mai puis de novembre à janvier.

En Sierra Leone, on la consomme au cours de rites et de cérémonies, pour souhaiter la bienvenue à des invités, comme symbole d’amitié, pour sceller une entente ou une réconciliation entre deux parties. À l’occasion du ramadan, les producteurs préparent un soda au gingembre composé d’eau, de gingembre, de kola, de piment et parfois de sucre. C’est aussi un ingrédient de la pharmacopée traditionnelle (la mastiquer après le repas favorise la digestion et la caféine contenue dans le fruit améliore la concentration) qui sert également de colorant pour les tissus des ethnies Mendé et Themné.

En Sierra Leone, l’interminable guerre civile a touché de manière tragique une génération entière et provoqué des retombées négatives sur la production de kola. Les cultivateurs les plus chevronnés ont été victimes de la guerre ou ont émigré et la transmission des savoirs traditionnels entre les générations s’est brusquement interrompue. Ainsi, aujourd’hui, sa culture est le plus souvent négligée, les arbres produisent en retard et de manière discontinue.
En 2012, dans le cadre d’un projet mené par la Fondation Slow Food et la FAO, est née la Sentinelle de la noix de kola de Kenema, impliquant 48 petits producteurs des villages de Dalru et Gegbwema, dans le sud-est de la Sierra Leone, à la frontière avec le Liberia. Ils ont commencé à travailler ensemble pour améliorer la culture, la transformation et la commercialisation de la noix de kola.

Jusque-là, rien ne nous conduit réellement au Coca-Cola. Rien mis à part le nom : « volé » et collé à la marque la plus célèbre au monde.

Gagnons maintenant l’Europe. Plus précisément l’Italie, où depuis plusieurs années des producteurs proposent à nouveau des boissons non alcoolisées un peu rétro, comme la limonade ou le soda au gingembre, et portent une attention toute particulière aux recettes et à la provenance des matières premières : on ne veut plus que des ingrédients naturels, aucuns conservateurs ni colorants.

Parmi ces producteurs, on retrouve un célèbre brasseur artisanal piémontais : Le Baladin de Teo Musso. Et voilà comment nous en arrivons au Coca-Cola, ou mieux encore, à sa réinterprétation.

« Lorsque Slow Food m’a présenté la noix de kola, j’ai été gagné par l’enthousiasme et j’ai immédiatement accepté, raconte Teo Musso. Depuis maintenant plusieurs années, Baladin produit des boissons non alcoolisées naturelles, sans conservateurs ni colorants et réinterpréter la boisson la plus célèbre au monde était un défi que je ne pouvais sûrement pas refuser. Avec ses bénéfices, le Cola Baladin contribue à soutenir économiquement des projets importants de la Fondation Slow Food : aider les cultivateurs de kola en Sierra Leone et adhérer au projet Mille jardins potagers en Afrique. J’ai ainsi créé une recette qui me permettait d’interpréter selon mon goût, la saveur originelle de la kola, en utilisant uniquement des matières premières de tout premier choix. Je n’ai utilisé aucun acidifiant, si ce n’est un équivalent naturel dérivé du jus de citron, et je n’ai ajouté absolument aucun colorant. Je suis particulièrement fier de cette couleur qui nous différencie radicalement du produit industriel. La teinte amarante de notre cola lui vient directement de ce précieux fruit. »

Baladin s’engage à acheter la noix de kola directement auprès des petits producteurs de la Sentinelle et à soutenir, par un pourcentage sur ses ventes, la Sentinelle de la noix de kola de Kenema, mais aussi la réalisation de 60 jardins (communautaires et pédagogiques).

 

Une productrice avec ses noix de kola


Les AMAP donnent un avenir à l’agriculture paysanne

vendredi 13 juillet 2012 par CFSI

En mars, deux députés interrogent le Ministre de l’agriculture sur le régime fiscal des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne). Le ministère répond en avril, affirmant qu’une AMAP doit être «considérée comme lucrative et soumise aux impôts commerciaux» parce qu’elle entretient des relations privilégiées avec une entreprise (l’agriculteur). Décision contestée…

Les AMAP ne sont pas un service économique

Le mouvement interrégional des AMAP (MIRAMAP) conteste cette analyse, qui démontre une profonde méconnaissance de la singularité des AMAP et de l’économie sociale et solidaire.

En effet, selon la charte, une AMAP n’a aucune activité commerciale : elle n’achète ni ne vend rien. Ce n’est pas une entreprise de distribution : elle ne réalise aucun chiffre d’affaires et n’a donc pas de base imposable. La seule ressource monétaire perçue est le montant des adhésions à l’association.

Une AMAP n’est pas non plus un intermédiaire commercial entre les consommateurs et l’agriculteur. Elle n’assure aucun transfert d’argent. La transaction commerciale entre le producteur et le consommateur s’opère au travers de contrats individuels, selon le régime de la vente directe des produits agricoles, c’est à dire sans intermédiaire.

D’autre part, une AMAP ne constitue pas un avantage concurrentiel pour les agriculteurs. C’est le consommateur qui choisit de participer au développement économique de l’exploitation.

Les AMAP œuvrent pour l’intérêt général

Elles ont pour objet de préserver l’agriculture paysanne et les fermes de proximité, dans l’intérêt des citoyens, qu’ils soient consommateurs ou paysans. Il faut souligner également leur rôle d’utilité sociale, car elles aident au maintien d’une agriculture locale et de qualité. Les AMAP donnent un avenir à l’agriculture paysanne et à nos territoires. C’est pourquoi elles peuvent prétendre à bénéficier d’un régime dérogatoire.

Appel à soutenir l’agriculture paysanne

Pour toutes ces raisons, fin juin, le MIRAMAP interpelle le nouveau Ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire, ainsi que le Ministre de l’économie, des finances et du commerce extérieur et le Ministre délégué à l’économie sociale et solidaire pour que cette position prise par l’ancien gouvernement soit révisée avec bon sens eu égard aux arguments apportés.

Les citoyens engagés en AMAP revendiquent que les terres agricoles ne soient plus les variables d’ajustement de projets d’infrastructures ou d’urbanisation et ils militent pour que seules les pratiques agricoles respectueuses des personnes et de leur environnement soient soutenues. Ce combat, hautement symbolique, dépasse le seul régime fiscal des AMAP, il s’agit de reconnaître l’agriculture paysanne comme œuvre d’intérêt général.

Sources :

« Communiqué du Miramap : les AMAP ne sont pas lucratives » – Site du Miramap

« Le Miramap conteste le régime fiscal des AMAP » – Site de Bioconsomacteurs


Les Médecins de l’Ontario mettent en garde contre les dangers des pesticides

lundi 9 juillet 2012 par RES

Une nouvelle revue consacrée à la recherche sur les pesticides montre un lien entre l’exposition aux pesticides et des effets néfastes pour la santé, y compris des troubles du développement neurologique, des troubles de la reproduction et des maladies respiratoires.

Le Collège des Médecins de Famille de l’Ontario (CMFO) recommande fortement au public de réduire son exposition aux pesticides chaque fois que possible, sur la base des conclusions de sa seconde revue exhaustive qui porte sur la recherche liée aux effets des pesticides sur la santé humaine. Cette revue, publiée aujourd’hui, montre une association entre l’exposition aux pesticides et plusieurs maladies neurologiques et respiratoires, ainsi que des problèmes liés à la reproduction. Ce travail, qui porte sur 142 études, montre aussi que les enfants sont particulièrement vulnérables à l’exposition aux pesticides survenant pendant la grossesse. « Bon nombre des problèmes de santé liés aux pesticides sont graves », déclare le Dr Margaret Sanborn, médecin de famille, Professeur Adjoint d’enseignement clinique à l’Université McMaster et l’un des auteurs de la revue. « Il est donc important de continuer à recommander la réduction de l’exposition qui reste l’approche la plus efficace. »

Une vigilance accrue recommandée

Les conclusions de la revue suggèrent qu’une vigilance accrue est nécessaire pour minimiser l’exposition des femmes enceintes, des enfants et des adultes à toutes les sources possibles de pesticides, y compris l’alimentation, l’air intérieur et extérieur, l’eau, ainsi que les expositions agricoles. Les pesticides communément utilisés et dont le public devrait se méfier comprennent le glyphosate, l’atrazine et les pyréthrines. Au Canada, plusieurs provinces et de nombreuses municipalités ont déjà ordonné des interdictions et la suppression progressive de plusieurs pesticides au cours de ces dernières années. Cela montre une tendance allant vers une diminution de l’exposition inutile du public à ces produits chimiques nocifs. Le CMFO encourage la poursuite de ces interdictions comme un moyen de réduire l’exposition humaine.

Lire le résumé analytique en anglais

Lire la revue 2012 Systematic Review of Pesticide Health Effects

 


Le temps des cerises…

vendredi 15 juin 2012 par WWF

Le 23 juin prochain, Goutons un monde meilleur s’invite au temps des cerises, un événement festif et gourmand organisé par Lyon Confluence, le nouveau quartier durable de l’agglomération.  Au programme : dégustation, danse, jeu de piste et jardinage. Un moment de convivialité à partager pour sensibiliser au fait que vivre dans un quartier durable c’est aussi s’alimenter de façon responsable.

A propos de Lyon confluence…

Au sud de la presqu’île lyonnaise, le territoire de Confluence, longtemps consacré à l’industrie et aux transports, fait aujourd’hui l’objet d’un projet de renouvellement urbain sans précédent. Le WWF-France, qui souhaitait accompagner le développement d’un quartier alliant réduction de l’empreinte écologique et qualité de vie, s’est associé à l’agglomération du grand Lyon et à l’aménageur pour faire de Lyon Confluence le premier quartier durable WWF de France.

Rendez-vous le 23 juin

Le temps des cerises est un événement festif, ouvert à tous samedi 23 juin, pour faire connaître le nouveau quartier de la Confluence. Le concept ? La ville est un plaisir, à déguster sans modération ! Un espace où vivre ensemble est naturel, joyeux, convivial, respectueux de l’environnement. Tout au long de cette journée, de multiples activités seront proposées aux visiteurs et aux habitants. De la dégustation de produits locaux et de saison aux balades et découvertes à pied, à vélo, en kayak, en passant par les feux de la Saint-Jean, un bal nocturne, des initiations à la danse, un jeu de piste ou encore du jardinage… il y en aura véritablement pour tous les goûts ! Près d’une trentaine d’intervenants seront présents toute la journée aux abords de la Place Nautique et dans le nouveau jardin cœur d’îlot pour offrir de vrais moments de découverte et de détente à tous les participants.

Goûter aux saveurs qu’offre la nature toute proche

Juin est le mois des fruits rouges : cerises, fraises, framboises, groseilles… Au-delà de la gourmandise, inviter les producteurs locaux à vendre leur production de fruits rouges, c’est pour Lyon Confluence valoriser les circuits courts de distribution et la consommation de produits de la région. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’action initiée depuis plus d’un an avec l’association Croc’éthic qui propose des paniers de fruits et légumes locaux aux habitants de La Confluence. Car un quartier durable, ce n’est pas seulement un lieu où les logements sont peu coûteux en énergie et construits à l’aide de  matériaux écologiques. C’est aussi un endroit où, de façon plus générale, l’on s’efforce d’adopter des modes de vie durables, y compris dans nos comportements alimentaires. C’est pourquoi, la campagne Goutons un monde meilleur a décidé de prendre part à cette journée festive et profitera de l’événement pour diffuser ses messages et promouvoir, au sein du quartier Lyon Confluence, une alimentation respectueuse de la nature et des hommes. Le 23 juin, rendez-vous sur son stand où vous pourrez vous procurer votre propre exemplaire du conso-guide mieux manger en 6 gestes !

Pour plus d’informations : www.le-temps-des-cerises.net

 


Nos voitures carburent-elles à la faim ?

lundi 11 juin 2012 par CFSI

L’UE soutient le développement des agrocarburants.

La directive européenne sur « la promotion de l’utilisation d’énergie produite à partir de sources renouvelables » a un objectif louable : 20 % de l’énergie consommée en Europe devra provenir de sources renouvelables d’ici 2020. Dans le secteur des transports, leur part est fixée à 10 %, essentiellement sous forme d’agrocarburants.

Les agrocarburants sont la principale cause des accaparements de terres en Afrique.

Selon une étude publiée en 2012[1], l’Afrique est le continent le plus touché par les achats massifs de terres, effectués en violation des droits de l’homme. Dans 66% des cas, l’acquisition légale mais illégitime a pour motivation la culture d’agrocarburants. Les terres accaparées sont très fertiles et permettaient aux populations locales d’assurer leur subsistance (productions vivrières ou cueillette). Or ce continent est le plus affecté par l’insécurité alimentaire…

Les agrocarburants contribuent à la hausse des prix alimentaires.

Une majorité de voix s’accordent, de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) à Nestlé et Unilever, en passant par le FMI (Fonds Monétaire International), pour dire que la production d’agrocarburants augmente la volatilité des prix agricoles. Dans les pays pauvres, une grande partie de la population dépense plus de 50% de ses revenus pour se nourrir et est fortement affectée par ces variations de prix. La recommandation de la FAO et de l’OCDE au G20 de 2011 était de supprimer les soutiens au développement des agrocarburants.

Promouvoir les agrocarburants contribue à l’insécurité alimentaire.

Le Traité de Lisbonne stipule que « l’objectif principal de la politique de l’Union (dans le domaine de la coopération au développement) est la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté. L’Union tient compte des objectifs de la coopération au développement dans la mise en œuvre des politiques qui sont susceptibles d’affecter les pays en développement ». Dans de nombreux pays, la promotion de ces cultures entraîne des accaparements de terres, la déforestation, la hausse des prix, la faim et la misère… La politique énergétique de l’UE est incohérente avec la réduction de la pauvreté.

Il est temps d’exiger une politique énergétique européenne qui respecte le droit à l’alimentation.

Pour en savoir plus :

CFSI, « Nos voitures carburent-elles à la faim ? », 2012.

http://www.cfsi.asso.fr/sites/www.cfsi.asso.fr/files/brochure_2012-vf.pdf



[1] [1] W. Anseeuw, L. Alden, L. Cotula, M. Taylor, “Land Rights and the Rush for Land: Findings of the Golbal Commercial Pressures on Land Research Project” IIED, CIRAD and ILC, Janvier 2012, p. 19, 24 et 25.


Flagrant délit de pêche illicite ?

mercredi 6 juin 2012 par WWF

Selon le WWF, deux importantes flottes extra-européennes auraient été repérées ces 15 derniers jours en Méditerranée dans l’une des principales zones de reproduction du thon rouge. Leur présence en plein milieu de la saison laisse à penser que ces bateaux pourraient opérer en toute illégalité et en dehors de toutes les lois internationales de conservation du thon rouge.

> Les thoniers français rentrent au port

Il y a quelques jours, les thoniers senneurs français ont atteint leur quota de prises de thon rouge, ce qui a mis fin à leur saison de pêche pour cette année 15 jours avant l’échéance. Mais cela ne signifie en rien que les quotas sont « trop faibles », ni que l’espèce n’est plus en danger. Pour se prononcer sur ce point le WWF attend l’évaluation du stock qui sera publiée en septembre 2012.

> Des flottes étrangères non autorisées repérées en Méditerranée

Malgré ce retour au port prématuré, la présence dans la zone de pêche de treize navires chinois et d’une flotte de pêche battant pavillon inconnu est préoccupante. Aucun de ces navires n’est autorisé à pêcher le thon rouge.

En effet, la flotte chinoise a traversé la Méditerranée de Suez à Gibraltar, avant de quitter la région le 26 mai dernier. Après être passé par le canal de Sicile, le signal radio des ces navires a été perdu pendant 2 jours. En réponse aux demandes d’éclaircissements, les autorités chinoises ont déclaré que la flotte se dirigeait vers



Diabète, les polluants chimiques montrés du doigt !

mardi 5 juin 2012 par RES

Juin sera riche en évènements pour qui s’intéresse à l’impact de l’environnement sur notre santé. Du 4 au 10 juin aura lieu la première Semaine Nationale de Prévention du Diabète. Dans le même temps, le Réseau Environnement Santé, en partenariat avec la Mutuelle Familiale, participe à une journée de débats sur le lien entre environnement, santé et alimentation.

Les scientifiques mènent l’enquête

Déjà en 1999 l’OMS déclarait : “l’environnement est la clef d’une meilleure santé”. Les nouvelles études menées par différents organismes semblent lui donner raison.

Actuellement, le cancer touche 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 en France, plus de 6 millions d’adultes sont affectés par l’obésité, plus de 2 millions par le diabète de type 2, le nombre d’asthmatiques a été multiplié par deux en 20 ans. Les causes de l’explosion du nombre de ces maladies sont nombreuses. Les chercheurs ont mis en évidence le rôle particulier des composés chimiques de synthèses présents dans divers objets de notre environnement. Ces coupables sont appelés Perturbateurs Endocriniens.

Où trouver les coupables ?

Utilisés comme additifs plastifiants, conservateurs ou encore antioxydants, les perturbateurs endocriniens sont présents dans des centaines d’objets de notre quotidien. Canettes, conserves, petits électroménagers, lunettes, contenants alimentaires, matériels médicales, cosmétiques ou encore parfums, notre environnement est cerné par ces substances. Ils s’introduisent dans notre corps par contact, par inhalation ou par ingestion et se retrouvent ensuite dans notre sang, notre urine et notre cordon ombilical. Une fois à l’intérieur de notre corps, ils interfèrent avec les hormones induisant un bouleversement de leur taux ce qui provoque un dérèglement du fonctionnement de nos organes, et donc de notre santé. Notre environnement a donc une influence directe sur notre santé.

Le cas du diabète

En France, près de 2 millions de personnes sont atteintes par le diabète, son incidence a presque doublé entre 2000 et 2008. Le coût annuel supplémentaire du diabète est en France de 1 milliard d’euros. Depuis les années 80, les pouvoirs publics ont mis l’accent sur les mesures hygiéno-diététiques pour lutter contre l’obésité et le diabète, une alimentation trop riche et une sédentarité accrue étant retenues comme les deux facteurs de l’épidémie. Mais cette politique ne parvient pas à enrayer la croissance de celle-ci.

Là encore, la pollution chimique apparait comme un facteur explicatif. De nombreuses études scientifiques ont mis en évidence l’action perturbatrice de polluants chimiques diabétogènes et obésogènes sur le métabolisme glucido-lipidique. Parmi celle-ci, deux études espagnole et américaine ont montré que l’imprégnation au Bisphénol A provoque une libération anormale d’insuline. Cela pourrait être source de diabète de type 2. Mais surtout, une telle faculté empêche le traitement optimal des patients.

Les perturbateurs endocriniens constituent aujourd’hui une clé de compréhension pour agir sur la prévention de nombreuses maladies et ainsi enrayer leur expansion. Mais pour cela, il faut agir dès maintenant en donnant plus de moyens à la recherche, en faisant évoluer les pratiques de soin et en élaborant des outils réglementaires mais aussi économiques pour substituer les PE par des alternatives plus sûres.

 


Une nouvelle ère pour le transport maritime

mercredi 30 mai 2012 par Max Havelaar France

Développer un transport maritime, moderne et non polluant, une initiative prometteuse qui séduit navigateurs et acteurs du commerce équitable.

L’entreprise Transport COHERENCE, start-up créée en 2011, souhaite transporter des marchandises et des passagers selon un modèle économique équilibré. Pour cela, la structure a mis en place un système innovant de transport à voile de marchandises et de passagers en développant une goélette de charges éco-conçue permettant de transporter 200 tonnes de fret et 6 passagers.

Cette embarcation pourra transporter jusqu’à six conteneurs de 20 pieds, les décharger dans les ports non équipés en infrastructure. Son exploitation permettra une traversée « port à port » sur un parcours atlantique triangulaire. Plus de 80% de cette traversée sera fait intégralement à la voile, sans assistance moteur. Le voilier de charges travaillera pour les principales centrales d’achat de la filière équitable.

L’objectif de ce voilier est donc de proposer aux différents acteurs du commerce équitable une méthodologie de service innovante et normalisée ISO 26000 (norme liée à la responsabilité sociétale des organisations). Elle leur permettra ainsi de réduire les consommations indirectes de pétrole et de ce fait les coûts financiers et environnementaux. Ces acteurs pourront ainsi intégrer à leur cahier des charges le maillon jusqu’alors manquant : LE TRANSPORT.

Benoît Parnaudeau, navigateur engagé dans l’économie sociale et solidaire est conscient que le chaînon manquant du commerce équitable demeure à l’heure actuelle le transport. Il a naturellement été séduit par le projet de cette start-up et a choisi de représenter Transport COHERENCE lors de la dernière édition de la solidaire du Chocolat.

Beaucoup de produits sont acheminés par bateau et la question du transport maritime soulève encore de nombreux débats relatifs à l’impact environnemental. L’annonce d’un projet visant à développer un transport maritime moderne et non polluant nous séduit donc naturellement.

De nombreux acteurs engagés tels que Max Havelaar France, Artisans du monde, Alter Eco, Lobodis ou Guayapi ont également apporté leur soutien à cette initiative qui participe à limiter les émissions de gaz à effet de serre pour un meilleur respect de l’environnement.


Une table ronde pour un soja responsable

jeudi 24 mai 2012 par WWF

La 7ème Assemblée Générale de la table ronde sur le soja responsable (RTRS) s’est tenue à Londres, du 23 au 24 mai dernier. L’objet de cette conférence était de trouver des solutions pour minimiser les impacts environnementaux de la culture du soja, notamment sur les écosystèmes naturels forestiers.

> Une production intensive très néfaste

La production de soja destinée principalement à l’alimentation des élevages européens a pour conséquence première la déforestation. Le Cerrado, savane arborée située au Sud de l’Amazonie brésilienne, est actuellement le plus touché par cette expansion. Plus de la moitié de cette écorégion a déjà disparu. Afin que nos viandes, produits laitiers et œufs n’aient plus un arrière goût de déforestation, il est urgent de développer l’usage de soja certifié RTRS en Europe.

> La RTRS

La Table ronde sur le soja responsable (RTRS) a été initiée par le WWF et plusieurs acteurs industriels et associatifs en 2005. Cette initiative multi parties prenantes est ouverte à tous les acteurs impliqués et affectés par la culture du soja. La RTRS a notamment développé des principes et des critères définissant une production responsable de soja.

> Quelles solutions ?

Divers moyens d’actions doivent être mis en place pour parvenir à un apport protéique plus responsable dans l’alimentation animale. Tout d’abord, développons des cultures riches en protéines végétales produites localement et durablement (pois, fèverole, lupin, lin, luzerne ou encore le soja produit localement) afin de les substituer en partie aux importations de soja. En parallèle, exigeons de solides garanties environnementales pour les quantités de soja restant à importer, comme c’est le cas pour le soja certifié RTRS tracé non OGM. Enfin, raisonnons notre consommation de viande pour réduire notre empreinte écologique sur les écosystèmes sud-américains. Dès demain, goûtons aux protéines végétales, mangeons moins de viande et lorsque nous en mangeons, optons pour une viande bio de meilleure qualité, provenant de bétails nourris de soja responsable non OGM ou de protéines végétales cultivées durablement et localement !

Pour en savoir plus, téléchargez : Viandes, produits laitiers, œufs : un arrière goût de déforestation


Les orangs-outans, premières victimes de l’huile de palme

mardi 15 mai 2012 par WWF

Entre le 21 et le 25 mars dernier, de nombreux orangs-outans de l’île indonésienne de Sumatra ont péri dans des feux de forêt. L’occasion pour le WWF de rappeler que ces grands singes, en voie de disparition, sont toujours grandement menacés par le développement des plantations de palmiers à huile.

La culture intensive de palmiers à huile menace l’habitat des orangs-outans…

Présente dans de nombreux produits alimentaires transformés, en quelques années, l’huile de palme est devenue l’huile végétale la plus consommée au monde. Dans les forêts de plaine des îles de Sumatra et de Bornéo, en Indonésie, la culture de palmiers à huile ne cesse de s’étendre au détriment des forêts naturelles converties massivement. Chassé de ses terres, l’orang-outan est en péril.

… multiplie les incendies meurtriers…

Depuis le mois de décembre 2011, des dizaines de milliers d’hectares de forêt abritant les orangs-outans sont partis en fumée. Ce ne sont pas moins de 92 incendies qui ont été enregistrés entre le 19 et le 25 mars 2012. Ces embrasements sont, pour la plupart, amorcés délibérément par les producteurs d’huile de palme, ces derniers n’hésitant pas à provoquer ces feux afin de déboiser des terres pour leurs plantations. En plus de détruire de grandes zones d’habitat de l’orang-outan, ces incendies tuent également des milliers de ces singes.

… et contribue au péril climatique.

Le dérèglement climatique représente une autre menace pour la survie des orangs-outans mais également pour la nôtre. En effet, les émissions de dioxyde de carbone provenant de la déforestation contribuent largement au dérèglement climatique. Cette déforestation quotidienne fait de l’Indonésie le 3ème pays le plus émetteur de gaz à effet de serre au monde.

Protéger les forêts, c’est sauver l’orang-outan

A ce rythme, on estime que 98% des forêts indonésiennes, habitat naturel de ces grands singes, auront disparu d’ici 2020. Concernant les derniers cas de feux à Sumatra, le WWF appelle le gouvernement régional à ne plus délivrer de licences de conversion des forêts en plantation de palmiers à huile. Le WWF souhaite également interpeller les entreprises opérant dans la région à ne plus contribuer via leur activité à la conversion des zones de forêt à haute valeur de conservation. Plus globalement, le WWF exhorte les industriels à utiliser l’huile de palme de manière raisonnée dans les produits et rappelle la nécessité de développer une filière d’huile de palme durable certifiée RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil / Table ronde sur le l’huile de palme durable).

 

 


Aspartame, démêler le vrai du faux !

jeudi 3 mai 2012 par RES

Le RES a récemment été interpellé par une campagne de publicité pour l’aspartame, un édulcorant de synthèse largement consommé en France. Cette même campagne a également alerté l’Observatoire indépendant de la publicité (OIP). Sur la forme comme sur le fond cette annonce a de quoi choquer.

Parue récemment dans certains magazines, cette campagne publicitaire prend la forme d’un article de presse ce que l’on appelle un publi-rédactionnel. Elle a été financée par Azelis France qui se revendique comme étant le leader européen de la distribution de produits chimiques de spécialité. Celui-ci a déboursé près de 500 000 euros pour publier cette campagne et ce dans plusieurs grands magazines français (L’Express, le Figaro Magazine, le Nouvel Observateur, Paris Match, le Point, Top santé, Santé Magazine). C’est au total, près de 6 millions de personnes qui sont susceptibles d’être touchées par cette annonce.

Le parti-pris de l’expert !

Pour faire passer son message Azelis France a utilisé un format spécifique et ce pour plusieurs raisons. En effet, le publi-reportage donne la possibilité à l’annonceur de développer son propos, de présenter son produit de manière détaillée. De plus, ce format a l’avantage de donner une plus grande crédibilité au message, le lecteur à l’impression d’être face à une information et non une publicité. Cependant le message est bien issu d’un annonceur dont l’objectif est clair : valoriser son produit.

Pour cela, il fait même appel à un expert en la personne de Marc Fantino, professeur de physiologie à Dijon. Celui-ci est membre du jury du prix Ajinomoto, qui récompense chaque année un chercheur ou un médecin dans le domaine de la nutrition. Ajinomoto étant le leader mondial de l’aspartame … De plus, en regardant de plus près les déclarations de conflits d’intérêts de Mr Fantino, on apprend qu’il a travaillé à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) jusqu’en 2006 et qu’il a été missionné par des groupes comme Danone, Nestlé, Coca-cola ou bien encore le Syndicat national des boissons rafraîchissantes. Nous sommes ici dans un cas typique de conflit d’intérêt, l’expert étant lié aux intérêts pour lesquels on lui demande de prendre la parole. L’objectivité du propos peut être ici remise en cause.

L’aspartame au cœur de la polémique

L’aspartame est un édulcorant alimentaire autorisé en Europe depuis 1994. Son pouvoir sucrant est 200 fois supérieur au saccharose. A l’heure actuelle, la dose journalière admissible (DJA) de cette substance est de 40 mg/kg de poids corporel. Récemment, deux études ont remis en cause l’aspartame. Une première étude danoise réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes souligne un lien entre consommation de boissons gazeuses avec édulcorant et naissances prématurées. Une série d’études réalisées par l’équipe du Dr Morando Soffritti du centre de recherche sur le cancer Ramazzini de Bologne montrent un effet cancérigène de l’aspartame. Dans ce contexte, la commission européenne a annoncé une réévaluation de l’aspartame pour juillet 2012. En attendant, la plus grande prudence est de mise, en particulier chez la femme enceinte. En pleine controverse sur cette molécule, Azelis France par le biais de l’association internationale pour les édulcorants (annonceur dans la publicité) utilise ce faux reportage pour faire de la vraie publicité !

Visionner cette publicité

 


Repenser la filière d’huile de Palme

jeudi 3 mai 2012 par CFSI

Militant indonésien pour le droit à la terre, Dianto Bachriadi a fondé l’Agrian Ressource Center, centre de recherche dont le but est de produire des outils pour renforcer les organisations paysannes. A Paris début avril, il a accordé un entretien au CFSI au sujet de la filière huile de palme indonésienne et des stratégies de plaidoyer à adopter.

Les palmiers à huile occupent, aujourd’hui en Indonésie, 8,3 millions d’hectares. Malgré la forte mobilisation internationale contre la catastrophe écologique, les conflits sociaux et agraires induits[1], l’expansion continue. Le pays est le plus gros producteur mondial d’huile de palme.

Dianto Bachriadi propose une nouvelle approche en rappelant que 40 % de l’huile de palme indonésienne provient de petits agriculteurs qui n’ont pas d’alternative de production du fait de la concurrence internationale et des accords agraires du pays avec l’OMC[2].

Selon lui, il est urgent d’élargir les campagnes de plaidoyer pour demander des politiques agricoles de développement. Il faut y intégrer des nouveaux marchés comme la Chine, l’Inde ou le Bangladesh, grands acheteurs d’huile de palme indonésien. Enfin, il propose de donner l’opportunité aux petits producteurs d’intégrer la filière en aval.

En effet, les petits producteurs ne sont que planteurs et vendent les fruits aux entreprises responsables de la transformation. Or, les plus gros bénéfices sont captés par ces dernières.  Selon Dianto Bachriadi, si les petits producteurs s’organisent en coopératives pour transformer leur production, ils jouiraient de meilleurs profits et seraient des acteurs de rééquilibrage par rapport aux entreprises.

Il appelle aussi à un soutien à ces petits producteurs qui pourraient, s’ils avaient davantage de poids dans la filière, la réorienter vers des modes de production plus durables.

La vidéo complète de l’interview sur le Centre de ressources ALIMENTERRE :

http://www.alimenterre.org/ressource/vers-nouvelle-strategie-contre-lexpansion-lhuile-palme-indonesie

 


[1] Plusieurs paysans se font expulser de leur terre pour permettre l’expansion des plantations de palmiers à huile. Cette expansion développe la pauvreté dans le pays.

[2] Organisation Mondiale du Commerce


Vidéo – Quand le soja menace le Cerrado

lundi 16 avril 2012 par WWF

Animation peuplée d’ombres chinoises, ce film original et poétique alerte sur les conséquences désastreuses que la monoculture du soja génère dans la savane du Cerrado.


Sauvons le Cerrado par WWF_France

Quand le soja fait des dégâts

Quel est le lien entre la viande que nous consommons régulièrement et la déforestation au Brésil ? Le soja ! Particulièrement riche en protéine, le soja est massivement utilisé pour nourrir les animaux d’élevage dont sont issus la viande, les œufs et le lait que nous consommons chaque jour.
Problème : la culture du soja se développe en Amérique du Sud au détriment des écosystèmes naturels.

Ici et là-bas, des conséquences désastreuses

Le Cerrado, savane arborée du Brésil, joyau de biodiversité pourtant méconnu, est particulièrement impacté. Sa biodiversité décline : parmi celles qu’il abrite, 32 espèces sont en danger parfois critique d’extinction. Aujourd’hui, les émissions de Gaz à Effet de Serre de la savane du Cerrado, conséquence directe de l’expansion du soja sur son territoire, sont équivalentes à celle de l’Amazonie. Pour les populations riveraines, l’addition est lourde aussi : diminution du nombre d’emplois agricoles, main-d’œuvre surexploitée, conflit de territoire avec les communautés indiennes. En outre, les épandages toxiques de pesticides ou d’engrais chimiques polluent les écosystèmes aquatiques et peuvent créer des problèmes sanitaires.
En France, ce système d’élevage intensif basé sur l’association maïs-soja contribue à accroître la dépendance de nos éleveurs aux importations et aux cours du marché mondial. De plus, nous consommons indirectement des OGM sans le savoir car la production de soja OGM (génétiquement modifié) représente 70% de la production mondiale.

Quelles solutions ?

Le WWF France agit au quotidien en s’efforçant d’influencer les politiques publiques pour développer sur notre sol des cultures permettant d’atténuer notre dépendance aux importations massives de soja sans garanties environnementales et de réduire l’utilisation d’intrants chimiques.
De même, le WWF participe à la mise en œuvre d’un système de certification, la RTRS (The Round Table on Responsible Soy Association), garantissant que le soja importé a été produit de façon responsable, sans générer de nouvelle déforestation de forêts naturelles. Un module permettant de tracer le soja certifié non-OGM a également été créé dans le cadre de la RTRS.


Taxer les graisses : est-ce possible ?

lundi 2 avril 2012 par CFSI

Le mois dernier, Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation a présenté un rapport sur la nutrition au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, proposant notamment de taxer les produits préjudiciables à la santé. Qu’en est-il des législations actuelles sur ces questions ? Rapide tour du monde [1]

Le Danemark est un pionnier dans l’établissement d’une taxe sur les produits riches en matières grasses. En octobre 2011, les députés danois votent une taxe sur les aliments contenant plus de 2,3 % d’acides gras. Le prix de ces produits (viandes, fromages, beurre, crèmes, huiles, etc.) sont augmentés de 2,15 euros par kilogramme de graisse saturée. Ces graisses peuvent favoriser des maladies cardio-vasculaires et des cancers. Cette taxe s’inscrit dans le cadre d’une réforme fiscale approuvée au printemps 2009. Associée à la hausse de la taxe sur les sodas (janvier 2012) et à celle sur les sucreries et le chocolat (en vigueur depuis 2010), l’impôt devrait rapporter 370 millions d’euros par an à l’Etat danois.

En Europe, l’idée se répand. Au Royaume-Uni, le débat reste ouvert. L’Irlande étudie la création d’une taxe sur les boissons sucrées. Quant à la Hongrie, elle applique depuis septembre 2011 une taxe sur les boissons sucrées, les biscuits salés et sucrés et les gâteaux préemballés vendus en grande distribution, le but étant de renflouer les caisses de l’Etat [2]. Elle devrait rapporter 74 millions d’euros. La Roumanie a voulu mettre en place une taxe en 2010, mais les grands groupes agro-industriels roumains ont menacé d’une hausse des prix, dissuadant le gouvernement. En France, les sodas sont taxés depuis octobre 2011 dans le cadre du projet de loi des finances [3].

Aux États-Unis, à cause de la forte pression des lobbies [4], le projet de taxe sur les boissons sucrées, étudié en 2009 dans le cadre du financement de la réforme de santé de Barack Obama, a vite été oublié. Indépendamment, une quinzaine d’états légifèrent mais les taxes restent fragiles face aux campagnes de pétitions et de communication des lobbies.

Pour en savoir plus, le rapport d’Olivier de Schutter est téléchargeable sur le centre de ressources en ligne ALIMENTERRE :

http://www.alimenterre.org/ressource/cinq-facons-sattaquer-aux-regimes-alimentaires-desastreux

[1] Référence : « Taxes graisses et sodas : santé, business et finances publiques ? », XXI N°17, Hiver 2012.
[2] La Hongrie a bénéficié d’un prêt du FMI et de l’UE, dont les versements pouvaient être suspendus si le pays ne réduisait pas son déficit.
[3] Le gouvernement a basculé cette taxe du projet de loi de financement de la sécurité sociale, au projet de loi des finances, suite aux contestations des lobbies agro-industriels.
[4] American Beverage Association, appuyé par Coca-Cola et Pepsi, a dépensé 37,5 millions US$ pour contrer la taxe.

Obésité/Diabète : ne plus sous-estimer les polluants chimiques

jeudi 22 mars 2012 par RES

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une épidémie de maladies métaboliques comme le diabète et l’obésité. Même si l’alimentation et l’activité physique restent des moyens pour enrayer cette augmentation fulgurante, elles ne sont pas les seules. En effet, d’après de nombreuses études, la lutte contre la pollution chimique apparait comme une piste de prévention à explorer d’urgence.

L’Organisation Mondiale de la Santé estime à près de 700 millions le nombre de personnes obèses d’ici à 2015, avec une augmentation de 75% en 10 ans. En France, selon l’étude ObEpi (2009), 32% des plus de 18 ans, soit 14 millions de personnes, sont en surpoids et 14,5%, soit 6,5 millions, sont considérées comme obèses, cette proportion ayant doublé entre 1997 et 2009.

Le diabète est une des conséquences majeures de l’obésité, mais a aussi ses causes propres. En France, son incidence a presque doublé entre 2000 et 2008 et atteint près de 1,8 millions de personnes. Le coût annuel supplémentaire du diabète est en France de 1 milliard d’euros.

Depuis les années 80, les pouvoirs publics ont mis l’accent sur les mesures hygiéno-diététiques pour lutter contre l’obésité et le diabète, une alimentation trop riche et une sédentarité accrue étant retenues comme les deux facteurs de l’épidémie. Mais cette politique ne parvient pas à enrayer la croissance de ces maladies.

La pollution chimique apparait comme un facteur explicatif complémentaire.

Deux rapports récents, le premier du Réseau Environnement Santé intitulé « Evaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) » et le deuxième de l’association britannique CHEM Trust intitulé « Panorama scientifique des liens entre exposition chimique et risques d’obésité et de diabète » dresse un panorama des nombreuses études scientifiques qui mettent en évidence le rôle important joué par la pollution chimique dans cette épidémie, notamment celle provenant de substances de type perturbateur endocrinien. Les données expérimentales sont de plus en plus nombreuses pour mettre en évidence une perturbation du métabolisme glucido-lipidique sous l’effet de ces perturbateurs endocriniens, notamment aux niveaux d’imprégnation correspondant à ceux de la population humaine. Le BPA et les phtalates ainsi que les composés de la famille des organoétains, génèrent à faible dose une obésité chez les animaux exposés in utero ou pendant la lactation. La résistance à l’insuline est également augmentée suite à l’exposition à faible dose à ces substances.

La prévention doit aussi porter sur l’exposition chimique

Même s’il est encore nécessaire de développer la recherche dans ce domaine, les données sont cependant suffisantes pour prendre en considération la pollution chimique comme un axe complémentaire aux deux axes classiquement retenus (alimentation et sédentarité) dans la compréhension de l’épidémie d’obésité et de diabète. Ce sujet devrait faire l’objet d’un examen par les pouvoirs publics dans le cadre des plans nationaux PNSE, PNNS, Plan Obésité et Plan Alimentation.

 


« Nos systèmes alimentaires rendent les gens malades »

vendredi 9 mars 2012 par CFSI

Olivier De Schutter, le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, vient de présenter un rapport sur la nutrition au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

« Un septième de la population mondiale est sous-alimentée, et bien plus encore souffrent de la ‘faim cachée’ provoquée par une carence en micronutriments, tandis que 1,3 milliards de personnes sont en surpoids ou obèses. »

« L’urbanisation, la ‘supermarchéisation’ et la diffusion mondiale de styles de vie modernes ont ébranlé les habitudes alimentaires traditionnelles, avec pour conséquence un désastre sanitaire public. » D’ici 2030, plus de 5 millions de personnes mourront chaque année avant l’âge de 60 ans suite à des maladies non transmissibles liées aux régimes alimentaires.

Le Rapporteur spécial a également identifié l’abondance des aliments transformés comme une menace majeure à l’amélioration de la nutrition. « Les transformations lourdes prospèrent dans notre système alimentaire mondial et représentent un win-win pour les multinationales agroalimentaires. Les articles transformés peuvent être produits et distribués à très grande échelle, grâce à des ingrédients subventionnés bon marché et à leur plus longue durée de conservation. »

« Pour les consommateurs par contre, c’est un lose-lose. Les aliments fortement transformés mènent à des régimes plus riches en acides gras saturés et trans, en sel et en sucres. Les enfants deviennent accros à la malbouffe qui les cible. Dans les pays plus aisés, ce sont les groupes de population les plus pauvres qui sont les plus touchés parce que les aliments riches en graisses, en sucre et en sel sont souvent moins chers que les régimes alimentaires sains à cause de subventions peu judicieuses dont les impacts sanitaires ont été totalement ignorés. »

« Face à cette crise sanitaire publique, nous continuons à prescrire des remèdes médicaux : pilules nutritives et stratégies de nutrition précoces pour les personnes en manque de calories ; pilules amincissantes, conseils de style de vie et calcul des calories pour les personnes en surpoids. Mais nous devons nous attaquer aux problèmes systémiques qui génèrent la mauvaise nutrition sous toutes ses formes. »

M. De Schutter a identifié cinq actions prioritaires pour mettre la nutrition au centre des systèmes alimentaires du monde développé et en développement :

  • taxer les produits préjudiciables à la santé;
  • réglementer les aliments riches en graisses saturées, en sel et en sucre;
  • mettre un frein à la publicité pour la malbouffe;
  • réviser les subventions agricoles peu judicieuses qui rendent certains ingrédients moins chers que d’autres; et
  • soutenir la production alimentaire locale pour que les consommateurs aient accès à des aliments sains, frais et nutritifs.

Le rapport complet est en ligne sur le Centre de ressources ALIMENTERRE :

http://www.alimenterre.org/ressource/cinq-facons-sattaquer-aux-regimes-alimentaires-desastreux


Réorienter la politique agricole française

vendredi 24 février 2012 par CFSI

À l’heure où s’ouvre le Salon de l’Agriculture et où s’engage sérieusement la campagne pour les élections de 2012, 33 organisations rurales, paysannes, environnementales, de solidarité internationale, de la santé et de citoyens interpellent les candidats pour qu’ils engagent enfin une réorientation profonde de l’agriculture française, vers une agriculture biologique, paysanne et insérée dans un tissu économique local.

De nombreux mouvements paysans et ruraux, des associations de protection de l’environnement et de la santé, des organisations de solidarité internationale et de coopération au développement, des structures d’éducation populaire et des mouvements de consommateurs-citoyens se retrouvent sur une position audacieuse et commune.

Ces organisations dressent un bilan sévère des conséquences du modèle agricole majoritaire. La politique agricole actuelle aggrave les crises au lieu de les résoudre, il est donc urgent de la réinventer, avec les paysans et avec tous les citoyens : l’agriculture nous concerne tous, car elle influe sur l’environnement, la santé, l’économie des pays du Sud, le climat, l’emploi rural….

Une autre agriculture est possible, capable à la fois de préserver et valoriser l’environnement et l’emploi rural, et de nourrir le monde. Aux acteurs politiques d’entendre cette demande forte et largement partagée, et de prendre des engagements lucides.

Le texte de la tribune est disponible en exclusivité sur le site internet du journal Le Monde :

Lire la tribune Réorienter d’urgence l’agriculture française sur le site du journal le Monde

Contact presse : Jacques Caplat – Tél. 09 75 29 39 82

 

* Les signataires de cette tribune sont :

Jacques Caplat (Agir Pour l’Environnement), Jean-Jacques Boutrou (Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières), Marie-Paule Jammet et Jean Huet (Artisans du Monde), Hugues Toussaint (Bio Consom’acteurs), Bob Brac de la Perrière (BEDE), Xavier Bonvoisin (Chrétiens dans le Monde Rural), Pierre Rabhi et Cyril Dion (Colibris), Yves Berthelot (Comité Français pour la Solidarité Internationale), Philippe Colin (Confédération Paysanne), Jo Hervé (Eau et Rivières de Bretagne), Jacques Maret (Écologie, Démocratie, Développement Durable), Xavier Poux (European Forum on Nature Conservation and Pastoralism), Dominique Marion (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique), Didier Lorioux (FNCIVAM), Yann Arthus-Bertrand (Fondation GoodPlanet), François Veillerette (Générations Futures), Allain Bougrain-Dubourg (Ligue pour la Protection des Oiseaux), Jean-Michel Florin (Mouvement de l’Agriculture Biodynamique), Jérôme Dehondt (Mouvement interrégional des AMAP), Richard Marietta (Nature & Progrès), Jean-Paul Sornay (Peuples Solidaires / Action Aid), Sandrine Mathy (Réseau Action Climat – France), Jacques Morineau (Réseau Agriculture Durable), Claude Gruffat (réseau Biocoop), Armina Knibbe (réseau Cohérence), Patrick de Kochko (Réseau Semences Paysannes), Jacques Berthelot (association Solidarité), Sjoerd Wartena (Terre de Liens), Olivier Belval (Union Nationale de l’Apiculture Française), Isabelle Autissier et Serge Orru (WWF-France)


Le Parlement européen contre le gaspillage alimentaire

lundi 20 février 2012 par CFSI

« Près de 50 % d’aliments sains sont gaspillés chaque année dans l’UE, par les ménages, les supermarchés, les restaurants et la chaîne alimentaire, alors que 79 millions de citoyens vivent au-dessous du seuil de pauvreté et que 16 millions dépendent de l’aide alimentaire » observe le Parlement européen.

Une étude de la Commission européenne montre que le gaspillage alimentaire dans l’Union Européenne atteint 89 millions de tonnes par an (soit 179 kg par habitant). Ce chiffre pourrait atteindre 126 millions de tonnes (soit une hausse de 40 %) en 2020, si les habitudes de consommation et de gestion des aliments ne s’améliorent pas.

Face à ce constat, le Parlement européen a adopté une résolution en vue de réduire de moitié les gaspillages alimentaires d’ici à 2025 et d’améliorer l’accès aux aliments pour les personnes démunies. Pour eux cette proposition doit aboutir à « une ligne de conduite permettant aux 27 États membres de s’attaquer au problème de manière systématique ».

Parmi les recommandations proposées, les parlementaires européens insistent sur :

  • l’éducation : inciter les consommateurs à moins gaspiller (cours d’éducation alimentaire, en particulier dans les écoles, ou conseils pratiques sur la conservation, la préparation et l’élimination des denrées alimentaires, etc.) ;
  • l’information : améliorer les systèmes d’étiquetage et d’emballage ;
  • l’aide aux populations démunies : favoriser la distribution de denrées alimentaires aux personnes les plus défavorisées (vente au rabais de produits proches de la date de péremption, ou encore élaboration de programmes de soutien européens).

En savoir plus :

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/pressroom/content/20120118IPR35648/html/Il-est-urgent-de-r%C3%A9duire-de-moiti%C3%A9-le-gaspillage-alimentaire-dans-l%27UE

Aller plus loin :

« Dive ! » : un film du Festival ALIMENTERRE 2011

http://www.festival-alimenterre.org/film/dive

Le Centre de ressources ALIMENTERRE :

http://www.alimenterre.org/

 

 


VIDEO : « 2048 : une mer déserte ? »

jeudi 16 février 2012 par WWF

En quelques décennies, l’homme a réussi à provoquer de façon dramatique le déclin des ressources marines. Ainsi, il ne reste aujourd’hui que 10% des stocks de poissons par rapport à 1950. A cette allure, si rien n’est fait, tous les stocks seront effondrés d’ici 2048.


2048 : une mer déserte ? par WWF_France

La vie marine diminue à un rythme effréné et les communautés littorales dépendantes des activités de pêche luttent actuellement pour survivre.
A grand « coûts » de subventions, l’Europe et les Etats ont poussé la construction de nouveaux bateaux pour accroître la « production » de poissons et répondre à la demande. Il en résulte une surcapacité de pêche avérée, une surpêche massive et un effondrement des populations de poissons.

En effet, 75% d’entre elles sont surexploitées dans les eaux européennes.
Chaque année depuis 1993, malgré des technologies toujours améliorées et des efforts de pêche toujours croissants, les quantités de poissons débarquées par la pêche européenne déclinent de 2% par an avec les conséquences sociales que l’on imagine.

Pour faire comprendre les enjeux d’une pêche plus durable, le WWF a fait appel à Natacha Bigan, Graphiste-animatrice freelance. Sa vidéo « 2048 : une mer déserte ? » répond de façon simple et ludique à des questions essentielles telles que : « quels sont les avantages et inconvénients des différentes techniques de pêche ? », « qu’appelle-t-on «captures accidentelles ou accessoire» ? », « comment la pêche est-elle gérée ? », « quelles sont les solutions pour éradiquer le problème de surpêche ?»

Envie d’agir ? Signez la pétition « Nos océans sont en crise »

Pétition dans laquelle nous demandons :
- L’arrêt des pratiques de pêche destructrices
- La sauvegarde des communautés littorales et des emplois liés à la pêche
- La garantie de conserver des populations de poissons disponibles pour les générations futures


Faire cohabiter les cultures OGM et sans OGM ?

lundi 30 janvier 2012 par Slow Food


Depuis plusieurs mois, une question anime les débats sur l’environnement : est-il possible de faire coexister les cultures OGM et celles sans OGM ?

Selon le Haut Conseil des Biotechnologie, la réponse est oui.
Pour qu’un produit puisse être étiqueté « Bio », l’Union Européenne a fixé un seuil de 0,9% de transgènes au dessus duquel le produit devra être étiqueté « contient des OGM ». En France, depuis 2008, ce seuil est abaissé à 0.1%.
La cohabitation demande donc des mesures contraignantes notamment de bonnes conditions locales (paysage, climat, météorologie…) mais aussi et surtout une distance d’espacement entre les semences ne pouvant être inférieur à 1km.

Cependant, les associations écologistes désapprouvent ce point de vue. Effectivement, un champ contaminé à 0,1% de transgènes tous les ans atteindra vite le seuil de 0,9% et les agriculteurs devront abandonner leurs cultures locales sans OGM.

 

Pourquoi préserver notre Terre et nos assiettes des OGM ?
-          Ils ne résolvent pas les problèmes de la faim dans le monde
-          Ils ne produisent pas d’avantage, contrairement aux idées reçues
-          Ils appauvrissent la biodiversité
-          Ils mettent le contrôle de la nourriture dans les mains des multinationales
-          Ils compromettent la souveraineté alimentaire des populations
-          Ils empêchent la liberté de choix des consommateurs


Défendons le fromage au lait cru !

lundi 30 janvier 2012 par Slow Food
Riche d’une vaste diversité, d’une richesse floristique et aromatique inégalée, le fromage au fait cru, bien que d’une qualité inestimable, voit malheureusement son avenir se compromettre : les lois d’hygiène d’un nombre grandissant de pays empêchent sa production.

Effectivement, suite à la propagation de maladies telles que la tuberculose au début du XXe siècle et au changement des méthodes agricoles, la norme est aujourd’hui au lait pasteurisé dont les traitements par la chaleur tuent les bactéries présentes dans le lait, contrairement au lait cru plus propice à leur propagation.
Il est vrai qu’avec l’industrialisation d’une partie de l’agriculture, on observe une baisse de la qualité des animaux et une augmentation de la manipulation de lait, ceci grossissant les risques de contamination du lait et donc de maladies alimentaires.

Cependant, les bactéries ne sont pas toutes mauvaise ! Si certaines sont effectivement néfastes, d’autres sont naturellement présentes dans le lait contribuant au goût et aux caractères des fromages et présentant même de nombreux bienfaits pour la santé.

Il est également important de noter la disparition des risques dans la majorité des pays occidentaux suite à une amélioration des normes d’hygiène et d’élevage.

En tant que défenseur du bon goût, défendons donc ces fromages au lait cru sans quoi le maintient de la biodiversité perdrait de son sens.

 


2014 : Année de l’agriculture familiale

lundi 16 janvier 2012 par CFSI

Le 22 décembre 2011, l´Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a déclaré l’année 2014 comme Année Internationale de l´Agriculture Familiale (AIAF). Un succès de la société civile et une belle opportunité de promouvoir ce modèle agricole, première source de nourriture pour les populations du Sud.

Un vote âprement discuté

Ce choix est une première dans l’histoire et couronne une longue campagne mondiale de la société civile en sa faveur. Le combat fut rude. L’Union Européenne voulait retarder le sujet à 2016. Finalement, 36 pays ont voté en faveur de 2014. Parmi l’UE, seule l’Espagne a donné son soutien. En Afrique, 6 pays ont approuvé : Guinée, Guinée-Bissau, Niger, Sierra-Leone, Togo, Tanzanie et Seychelles.

A la demande de l´ONU, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation), en collaboration avec le FIDA (Fonds International de Développement Agricole), préparera le programme officiel.

Un modèle agricole durable pour résoudre la faim

Les agriculteurs familiaux constituent de loin la majorité des agriculteurs dans le monde. Ils contribuent à créer de la richesse, des emplois et à assurer de nombreuses fonctions, de la production de nourriture à l’aménagement du territoire.

Ces trente dernières années, les agricultures familiales ont été délaissées par l’aide publique au développement (APD), les discours des institutions internationales et par conséquent par nombre de politiques agricoles des pays du Sud. Dans ces pays, l’essentiel du budget agricole, déjà souvent faible en comparaison d’autres postes budgétaires (éducation, santé, etc.), est destiné à soutenir des agricultures de type capitaliste (de façon schématique, de grandes exploitations nécessitant des capitaux importants).

Pourtant, l’agriculture familiale est plus productive à l’hectare, plus intensive en main d’œuvre et résiliente face aux aléas climatiques. Elle a un rôle énorme à jouer dans la réduction de la pauvreté et de la faim.

Une belle opportunité pour réorienter les politiques publiques

La réponse au défi alimentaire passe par un soutien public aux agricultures familiales. L’année 2014 permettra de sensibiliser et promouvoir l’agriculture familiale dans le monde, aux niveaux politique et économique.

Pour en savoir plus : www.alimenterre.org



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