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Humain - Contribution Sociale

Pour Guy Ryder - Directeur général de l’OIT : la participation active du monde du travail est essentielle pour la transition vers une économie verte

mardi 26 août 2014.
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Guy Ryder - Directeur général de l'OIT

"Sans emploi, pas de croissance économique durable. Et si l’économie ne croît pas, elle ne peut pas créer d’emplois. Les responsables politiques qui ont instauré l’austérité en Europe n’ont pas tenu compte de cette simple logique. Ce n’est pas la seule cause du malaise économique auquel nous sommes confrontés, c’en est la quintessence même."
Guy Ryder

 Le monde du travail pour réussir la transition vers une économie verte

Le Directeur général de l’OIT invite les ministres de l’Environnement et du Travail de l’UE à harmoniser leurs politiques en faveur du développement durable.

La transition vers une économie verte n’est possible qu’avec la participation active du monde du travail, a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, à la toute première réunion conjointe des ministres de l’Environnement et du Travail de l’UE.

"Il faut à tout prix garantir la durabilité de l’environnement, y compris dans une perspective de marché du travail." Guy Ryder

« Le monde ne doit pas avoir à choisir entre la création d’emplois et la préservation de l’environnement », a précisé Guy Ryder. « Il faut à tout prix garantir la durabilité de l’environnement, y compris dans une perspective de marché du travail. »

Un plus grand nombre d’emplois verts contribuera aussi à laisser une empreinte plus durable en Europe. Actuellement, les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont au moins trois fois supérieures au seuil admissible qu’il conviendrait de ne pas dépasser pour éviter une hausse de la température mondiale de 2 degrés Celsius d’ici la fin du siècle.

Chômage persistant

A ces inquiétantes perspectives environnementales, s’ajoute le problème chronique du chômage en Europe.
La crise économique qui a débuté en 2008 a provoqué la perte de près de 10 millions d’emplois en Europe. Selon les prévisions de l’OIT, il y aura encore 25 millions de sans-emploi en 2019.

La situation actuelle est encore pire pour les jeunes demandeurs d’emploi. Dans de nombreux pays de l’UE, le taux de chômage atteint entre 20 et 30 pour cent pour les personnes âgées de 16 à 25 ans.

« Les mauvaises prévisions européennes en termes d’emploi sont liées à des niveaux d’investissement historiquement bas. Cependant, un véritable tournant vers une économie plus verte pourrait modifier ces prévisions désastreuses concernant l’emploi et le changement climatique », a dit Guy Ryder.

Certaines études estiment, par exemple, que chaque point de pourcentage d’amélioration de l’efficience permet de gagner entre 100 000 et 200 000 emplois.

L’adoption de politiques adéquates permettrait de sortir de l’immobilisme ambiant en opérant un changement d’orientation ambitieux vers une économie plus verte propre à générer d’importants investissements, à réduire les émissions et à créer des millions d’emplois.

L’OIT estime que la valeur globale du marché mondial des technologies environnementales, avec en tête les domaines de l’énergie et du rendement énergétique, atteindra 4,4 milliards d’euros d’ici 2025.

Acquérir les compétences requises pour les emplois verts

Guy Ryder a souligné que l’Europe a longtemps mis l’accent sur l’amélioration de la productivité de la main-d’œuvre, au détriment de la productivité de l’énergie et des ressources. Au cours des 50 dernières années, la productivité de la main-d’œuvre a quasiment quadruplé, tandis que la productivité de l’énergie n’a progressé que d’à peine 25 pour cent.

Se référant au Plan d’action vert pour les PME adopté par la Commission européenne, il a rappelé que la technologie verte est largement concentrée aux mains des petites et moyennes entreprises (PME).

Il a ajouté que les PME tout comme les grandes entreprises sont confrontées au problème du recrutement de travailleurs ayant les compétences requises pour les emplois verts. Ce phénomène a été mis en évidence dans le premier rapport de l’OIT sur les emplois verts publié en 2008, et confirmé par l’étude intitulée « Des compétences pour des emplois verts : un aperçu à l’échelle mondiale » réalisée en 2011 par l’OIT en collaboration avec la Commission européenne.

Selon l’initiative « Renforcement des compétences » (Build Up Skills) soutenue par l’Union européenne, 4,4 millions de travailleurs nécessiteront une remise à niveau de leurs compétences en matière de rendement énergétique ou de sources d’énergie renouvelables d’ici 2020.

Priorités de l’OIT

A l’échelon mondial, l’OIT accorde une très grande priorité au double défi qui consiste à préserver l’environnement et à créer suffisamment d’emplois décents en privilégiant l’intégration sociale.
En 2013, la Conférence internationale du Travail a adopté une série de conclusions sur le développement durable, le travail décent et les emplois verts, qui énoncent un cadre de transition juste pour tous vers une économie plus verte. Guy Ryder a invité les ministres à s’inspirer de ce cadre pour élaborer les politiques nationales et régionales.

Il a souligné que l’OIT se réjouit de collaborer avec les Etats membres de l’UE, les partenaires sociaux européens et la Commission européenne, dans un effort visant à développer une économie plus verte et à créer des emplois décents pour les femmes et les hommes : « Il convient de consulter les acteurs du monde du travail, notamment les gouvernements, les employeurs et les travailleurs, en ce qui concerne aussi bien l’élaboration des politiques que l’écologisation des entreprises et des lieux de travail, et l’adaptation aux bouleversements climatiques. »

 Le développement durable des Petits Etats insulaires

Les ambitions écologiques de Maurice

A la veille de la Conférence de l’ONU sur les petits Etats insulaires en développement (PEID) à Samoa, l’OIT est partenaire de Maurice pour le déploiement de son plan d’action en faveur de l’économie verte.

Par Kees Van der Ree, Coordinateur du programme Emplois verts de l’OIT

Kees Van der Ree, ILOAlors que le monde se bat pour faire face aux effets délétères du changement climatique, des phénomènes météorologiques extrêmes continuent de détruire des infrastructures, des emplois et des vies. Les petits Etats insulaires en développement (PEID) sont particulièrement vulnérables parce qu’ils sont sujets aux tempêtes tropicales et que leurs ressources en eau douce sont menacées par les infiltrations d’eau salée.

Comme la plupart d’entre eux dépendent des importations de longue distance, leur économie est extrêmement sensible au coût du transport et à la hausse du prix des carburants. En outre, leur petite taille obère souvent leur capacité à investir et à mettre en œuvre des changements indispensables.

De ce fait, juguler le changement climatique en réduisant les émissions de CO2 et en écologisant les économies est devenue une priorité absolue pour la survie même de notre planète. Quand les chefs d’Etat se réuniront pour la conférence des Nations Unies sur les PEID à Samoa du 1er au 4 septembre, l’une des nations vers lesquelles ils vont se tourner pour exercer le leadership est la République de Maurice dans le Sud-Ouest de l’Océan indien.

Pionnière dans l’écologisation de son économie, Maurice a défini sa vision du développement durable sous le nom de Maurice Ile durable (MID) en 2008. L’emploi doit être au cœur de cette transition. Après des consultations menées à l’échelle de la société tout entière, un vaste plan d’action national a été adopté en 2013, qui fixait des objectifs en matière d’énergie, d’environnement, d’emploi et d’économie, d’éducation et d’équité.

Depuis 2011, l’Organisation internationale du Travail (OIT) apporte son appui au gouvernement mauricien et aux partenaires sociaux pour la création d’emplois verts. Cette collaboration a permis de rendre effectifs les liens entre l’économie verte et l’emploi, les compétences requises, le développement des entreprises et le rôle des organisations d’employeurs et de travailleurs.

Plus propres, plus verts

L’initiative MID comprend un ambitieux plan d’action dont l’un des objectifs est de porter la proportion d’emplois verts de 6,3 pour cent de la main-d’œuvre en 2010 à 10 pour cent en 2020. Pendant la première phase 2014-2017, quatre plans d’action, constitués d’environ 130 projets, doivent être mis en place dans les domaines de l’énergie, de l’environnement, de l’économie verte et de l’économie océanique.

A travers son Programme d’emplois verts pour Maurice, l’OIT continue d’accompagner cette transition avec des activités de recherche, de sensibilisation et de renforcement des capacités pour la promotion des emplois verts, des systèmes efficaces de développement des compétences et l’écologisation des entreprises.

Le soutien de l’OIT est désormais incorporé dans le Partenariat pour l’action en faveur d’une économie verte (PAGE en anglais), une initiative mondiale du PNUE, du PNUD, de l’ONUDI et de l’UNITAR qui a été inaugurée à Maurice en juillet 2014.

Pour qu’une économie verte puisse se développer et réussir, elle doit générer des emplois décents et productifs pour tous. Mais qu’est-ce qui définit exactement un emploi vert ?

Les emplois sont considérés comme verts lorsqu’ils sont décents, qu’ils contribuent à réduire l’impact négatif sur l’environnement et qu’ils débouchent à terme sur des entreprises et des économies durables d’un point de vue environnemental, économique et social. Ce sont des emplois qui, quels que soient la profession et le niveau de qualification, permettent de :

- réduire la consommation d’énergie et de matières premières
- limiter les émissions de gaz à effet de serre
- minimiser les déchets et la pollution
- protéger et restaurer les écosystèmes
- et/ou contribuer à l’adaptation au changement climatique

La durabilité en action

Maurice est en mesure de présenter de plus en plus d’exemples pratiques d’écologisation d’entreprises dans des secteurs essentiels de son économie comme la production manufacturière, le tourisme et l’énergie. Il s’agit notamment d’usines textiles qui ont écologisé leurs processus de production avec des systèmes de chauffage solaire de l’eau, de recyclage des déchets et de refroidissement naturel avec des eaux usées recyclées. Ces investissements sont non seulement créateurs d’emploi, mais ils peuvent aussi réduire l’utilisation d’énergie jusqu’à 30 pour cent.

A Maurice, le tourisme a pris le virage vert depuis un certain temps déjà. Ainsi, au Cap Malheureux, une entreprise familiale de bungalows utilise des matériaux de construction naturels et recyclés, produit de l’électricité grâce à des sources renouvelables, composte ses déchets et recycle les piles, le plastique, le papier et les téléphones portables. Cette stratégie s’est traduite par un surplus d’électricité qu’elle peut vendre au CEB, la compagnie nationale d’électricité. En plus de réduire les coûts, cela présente surtout l’avantage d’améliorer l’image de l’entreprise.

Le rôle de l’éducation et de la formation

Une économie verte apporte certains bénéfices aux entreprises et pourtant les recherches de l’OIT à Maurice et ailleurs ont montré que de nombreuses sociétés avaient encore besoin d’informations et de politiques publiques d’encouragement.

En 2012, l’OIT a dirigé un atelier tripartite orienté vers l’action à Maurice dans la perspective d’adopter des mesures concrètes pour la promotion des emplois verts, l’écologisation des entreprises, le renforcement des compétences et la revalorisation du rôle des organisations syndicales et patronales.

Les recommandations de l’atelier de 2012 concernaient des incitations en matière de fiscalité et de crédit, l’accès à la formation (y compris sur les écolabels et la certification), à la technologie et aux équipements. La formation devait aussi permettre aux employés de pouvoir se tourner vers d’autres secteurs, en particulier en cas de licenciement. Une transition juste vers un milieu de travail respectueux de l’environnement devrait offrir des installations et une logistique favorisant le bien-être des employés – par exemple en donnant accès à l’eau potable et à des douches après avoir manipulé des pesticides.

Dans la perspective de la conférence des PEID, il convient de souligner que si elles sont bien gérées, les transitions vers des économies environnementalement et socialement durables peuvent être un facteur déterminant pour la création d’emplois, la modernisation des emplois, la justice sociale et l’éradication de la pauvreté.

L’écologisation des économies, des entreprises et des emplois peut améliorer la résistance des communautés et des pays vulnérables – en particulier dans les PEID. Elle contribuera à la lutte contre le changement climatique.


Voir en ligne : www.ilo.org


 

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