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Les terres arides sont essentielles à la sécurité alimentaire mondiale, selon un nouveau rapport du FIDA

vendredi 11 novembre 2016.
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Un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Fonds international de développement agricole (FIDA), un organisme spécialisé des Nations Unies, montre le rôle crucial que jouent les terres arides de la planète dans l’atténuation des effets négatifs du changement climatique, de la dégradation des terres et de la sécheresse.

"Les terres arides sont absolument essentielles à la sécurité alimentaire de l’ensemble de la planète", déclare le Président du FIDA, Kanayo F. Nwanze. "Pour réduire la pauvreté, renforcer la capacité d’adaptation des petits agriculteurs au changement climatique et réhabiliter les terres dégradées, il est essentiel que les petites agriculteurs disposent de systèmes agricoles respectueux de l’environnement et économes en eau. Nous avons pour ambition de donner à davantage d’agriculteurs ruraux les moyens de gérer durablement leurs terres, de sorte qu’ils puissent à la fois nourrir leurs familles pour les générations à venir et se libérer de la pauvreté."

Présentes sur tous les continents et couvrant plus de 40% de la surface terrestre, les terres arides se rapportent généralement aux zones arides, semi-arides et subhumides. Elles abritent plus de 2 milliards de personnes. De plus, près de 44% des systèmes de production agricole du monde sont situés sur des terres arides.

L’avantage des terres arides : protéger l’environnement, autonomiser les populations

Le rapport, intitulé L’avantage des terres arides : protéger l’environnement, autonomiser les populations, montre comment les terres arides soutiennent d’importants écosystèmes et l’ensemble de la biodiversité, ainsi que leur importance cruciale pour les moyens d’existence et l’identité culturelle de nombreux petits exploitants.

Par exemple, au Swaziland, le FIDA a aidé des communautés à réhabiliter des terrains ravinés et à adopter des pratiques de gestion durable des terres sur 68 000 hectares, qui génèrent maintenant des moyens d’existence pour la population. Dans la province de Yanchi, en Chine, où les terres arides se transforment en déserts, les agriculteurs ont vu leurs revenus augmenter de 20% grâce à un programme global qui a permis de développer des moyens d’existence alternatifs et durables. Sans ce programme, la désertification risquerait de s’aggraver et les terres arides ne pourraient plus du tout être cultivées.

Les projets appuyés par le FIDA permettent non seulement aux petits exploitants vivant sur des terres arides de prospérer mais contribuent également à la réalisation des Objectifs de développement durable fixés par les Nations Unies dans le cadre du Programme 2030, qui consiste à "préserver, restaurer et promouvoir une utilisation durable des écosystèmes terrestres, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité".

"Malgré leur importance, les terres arides sont dégradées, ce qui a de très lourdes conséquences économiques", déplore Margarita Astralaga, Directrice de la Division environnement et climat du FIDA. "Au cours des dix prochaines années, quelque 50 millions de personnes pourraient être déplacées par suite de la désertification des terres arides."

"Les investissements du FIDA dans les terres arides rapportent des dividendes conséquents, tant au plan humain et qu’environnemental", ajoute-t-elle. "Pour réduire la pauvreté, renforcer la capacité d’adaptation des petits agriculteurs au changement climatique et réhabiliter les terres dégradées, il est essentiel que les petites agriculteurs disposent de systèmes agricoles respectueux de l’environnement et économes en eau."

 Table des matières

- Chine : Promouvoir la biodiversité au profit des populations et de l’environnement
- Jordanie : Gestion durable des terres
- Nicaragua : La sécurité nutritionnelle dans le Couloir sec dans le contexte d’El Niño
- Sénégal : Ce qu’un peu d’eau douce peut faire
- Swaziland : La gouvernance locale l’emporte contre le surpâturage et le ravinement

Conclusions et prochaines étapes

Références et ressources consultées

Liste des encadrés :

- Encadré 1 : Le FIDA et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre
la désertification (UNCCD)
- Encadré 2 : Partenariat RPC-FEM pour lutter contre la dégradation des terres dans les écosystèmes arides
- Encadré 3 : Les multiples avantages retirés par le village de Sihouzi, district de Guanghe, Gansu
- Encadré 4 : Reboisement et réhabilitation en Jordanie
- Encadré 5 : Les femmes entrepreneurs se lancent dans de nouvelles directions
- Encadré 6 : Groupes cibles du NICAVIDA (Nicaragua)
- Encadré 7 : Un nouveau cultivar de riz pour de nouveaux moyens de subsistance
- Encadré 8 : Ravines béantes dans la chefferie de Mamba
- Encadré 9 : Les fermes de la chefferie de Mamba adoptent les pratiques
de gestion durable des terres (GDT)
- Encadré 10 : Accroître le rôle des femmes dans la remise en état des terres arides

 Introduction

Que sont les terres arides et pourquoi sont-elles importantes ?

Présentes sur tous les continents et couvrant plus de 40% de la surface terrestre, les terres arides se rapportent généralement aux zones arides, semi-arides et subhumides. Elles abritent plus de 2 milliards de personnes, soit une personne sur trois dans le monde. Les terres arides sont essentielles à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’ensemble de la planète ; en effet près de 44% des systèmes de production agricole du monde sont situés sur des terres arides. Les terres arides soutiennent également d’importants écosystèmes, allant des parcours et des pâturages à des zones semi-désertiques, et abritent 1,1 milliard d’hectares de forêt – plus d’un quart de la superficie forestière mondiale [1]. Les parcours nourrissent 50% du cheptel mondial et constituent des habitats essentiels pour la faune sauvage. La production de bétail est prédominante dans les zones plus arides, les zones subhumides étant plus propices aux cultures. Les terres arides, malgré la rareté relative de l’eau qui les caractérise, abritent une biodiversité unique ; de nombreuses espèces animales et végétales et leurs habitats ne sont présents que dans les zones arides et jouent un rôle essentiel dans la subsistance de nombreux habitants des terres arides (UICN, 2012). Elles sont également importantes pour la régulation du climat : selon l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (ONU, 2005, chapitre 22), l’ensemble des réserves de carbone organique et inorganique contenues dans le sol des terres arides représentent respectivement 27% et 97% des réserves mondiales de carbone organique et inorganique du sol.

Les terres arides menacées

Les terres arides sont menacées partout dans le monde. Malgré leur importance, les terres arides sont dégradées par une combinaison complexe de stress climatiques (comme la diminution des précipitations et l’évaporation de l’eau) et provoqués par l’homme (comme les techniques d’agriculture non durable, l’exploitation minière et le surpâturage). La rareté de l’eau augmente, et dans de nombreuses régions la désertification s’étend et entraîne de graves conséquences humaines et environnementales. Alors que le sol peut prendre jusqu’à des milliers d’années pour se constituer, la désertification des terres arides, dont les sols sont déjà fragiles, se produit à un rythme alarmant ; le rythme actuel de la dégradation des terres arables serait 30 à 35 fois supérieur au taux historique (ONU, 2016, site Internet). Selon la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), la désertification et la dégradation des terres pourraient coûter aux pays en développement jusqu’à 8% de leur produit intérieur brut par an (EMG, 2012). La Convention souligne également que ces coûts ne s’entendent pas seulement en termes économiques, mais concernent également des dimensions sociales et de bien-être (ONU, 2013, site Internet). Par exemple, la désertification des terres arides provoque des migrations ; quelque 50 millions de personnes pourraient migrer au cours des 10 prochaines années pour des raisons liées à la désertification (UNCCD, 2016, site Internet).

Investir dans les terres arides se révèle payant

Les investissements dans les terres arides rapportent des dividendes conséquents, sur les plans humain et environnemental. Les systèmes agricoles à petite échelle respectueux de l’environnement et économes en eau sont essentiels pour réduire la pauvreté, renforcer les capacités d’adaptation au changement climatique des petits exploitants et réhabiliter les terres dégradées. Améliorer la productivité des petits exploitants dans les terres arides peut s’avérer plus difficile que dans d’autres régions, mais l’ensemble des avantages qui en découlent sont considérables, compte tenu du grand nombre de personnes qu’ils concernent (EMG, 2012), et de la superficie totale que ces terres représentent.

Appels mondiaux à l’action

Malgré l’importance des terres arides et la nécessité urgente de les protéger, elles n’ont pas toujours attiré les investissements qu’elles méritaient – cela pourrait être dû à une idée fausse selon laquelle les terres arides seraient des terres “incultes” sans potentiel (UICN, 2009). Les choses ont commencé à changer quand, durant le Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio en 1992, la désertification, le changement climatique et la perte de biodiversité ont été identifiés comme les principaux défis à relever pour assurer un développement durable à l’échelle mondiale. La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification a été créée en 1994, et se concentre expressément sur les zones arides, -arides et subhumides, où se trouvent certaines des populations et certains des écosystèmes les plus importants et les plus vulnérables. Aujourd’hui, les Objectifs de développement durable (ODD) réaffirment également l’importance des terres arides, notamment le fait que “le développement économique et social dépend d’une gestion durable des ressources naturelles de notre planète [2] et s’engagent à conserver et utiliser durablement les terres arides, comme exprimé dans l’Objectif 15.1 : “D’ici à 2020, garantir la préservation, la restauration et l’exploitation durable des écosystèmes terrestres et des écosystèmes d’eau douce et des services connexes, en particulier les forêts, les zones humides, les montagnes et les zones arides, conformément aux obligations découlant des accords internationaux [3].

Contribution du FIDA à l’appui des écosystèmes des terres arides et des moyens de subsistance des petits exploitants

En 2012, le Groupe de la gestion de l’environnement (EMG) des Nations Unies a appelé à accorder davantage d’attention aux terres arides. Aujourd’hui, nombre de partenaires de développement mettent les terres arides au cœur de leur action. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a longtemps plaidé en faveur des investissements dans les zones arides, en vue d’améliorer la productivité et les bienfaits sociaux, tout en maîtrisant l’empreinte du développement sur l’environnement. Par exemple, en Afrique, où les terres arides sont particulièrement fragiles, le FIDA a investi environ 3 milliards d’USD depuis 2000 dans des initiatives en lien avec les objectifs de la Convention. Le FIDA est également fier d’avoir contribué aux phases initiales de l’action mondiale [4].
Actuellement, nombre d’investissements du Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne lancé par le FIDA, ainsi que la plupart de ses prêts et dons ordinaires, sont axés sur les terres arides de la planète. Récemment, le FIDA s’est également efforcé d’estimer les avantages en matière d’atténuation découlant de ses investissements en faveur de l’adaptation [5], dont la plupart sont réalisés dans des zones arides. Cela devrait permettre au Fonds d’apprécier la mesure dans laquelle il aide les pays à atteindre les objectifs nationaux de réduction des émissions conformément aux engagements pris au titre de l’Accord de Paris, lors de la 21e Conférence des Parties (COP21).

L’approche du FIDA dans les terres arides

Le FIDA finance des projets dans les zones arides depuis plus de trois décennies, il a ainsi élaboré une gamme modulable d’approches et de technologies visant à maximiser les retombées positives pour les populations et pour l’environnement. Dans la mesure du possible, le FIDA aide les pays à créer des synergies entre les conventions de Rio [6] dans les zones arides. Par exemple, l’étude de cas de la Chine présente une “gestion intégrée des écosystèmes”, une approche écologique fondée sur le paysage, mais qui prend également en compte les dimensions sociales et économiques et joue un rôle bénéfique sur le plan de la biodiversité. De même, toutes les études de cas présentées prennent en considération les besoins en matière d’adaptation au changement climatique. En ce qui concerne les personnes, le FIDA a toujours cru au développement rural axé sur les petits exploitants, et cela s’applique également à son expérience dans les zones arides. Des techniques telles que “la régénération naturelle en gestion paysanne”, la cartographie participative des ressources naturelles en vue de créer des “cartes parlantes” (FIDA, 2009), et la gestion communautaire des ressources naturelles sont des exemples de la façon dont le FIDA travaille avec les petits exploitants pour restaurer les terres dégradées et améliorer la productivité agricole. Le FIDA s’appuie sur les savoirs autochtones et les connaissances des petits exploitants et s’efforce de les mélanger avec de nouvelles technologies, notamment pour développer des plantes résistantes à la sécheresse. Pour ce qui est du changement climatique, qui menace d’aggraver la dégradation des terres, l’approche du FIDA s’est concentrée sur le renforcement des capacités d’adaptation des communautés rurales pauvres par le biais, entre autres, de l’agroforesterie, de la gestion des sols et de l’eau, de la gestion des cultures, des systèmes de production animale, et de la diversification des moyens de subsistance. En outre, pour ce qui est des ressources en eau, le FIDA a adopté des approches pratiques qui offrent des avantages multiples, telles que : la collecte des eaux de pluie, la restauration des plaines inondables, des systèmes d’irrigation modernes et efficaces, l’amélioration des infrastructures de stockage de l’eau et la réutilisation des eaux usées.

Des avantages multiples pour les terres arides et leurs populations

Au fil des ans, le FIDA et ses partenaires ont observé des avancées significatives. Par exemple, le FIDA a contribué au reverdissement de la région du Sahel en Afrique ; rien que sur le plateau central du Burkina Faso, près de 300 000 hectares de terres ont été réhabilitées [7]. Au Niger, la déforestation a provoqué la perte de sols fertiles. Présent depuis 30 ans dans le pays, le FIDA a mis en œuvre un projet dans le département d’Aguié qui a permis de remettre en état 100 000 hectares de terres en les protégeant du surpâturage et de la déforestation et en soutenant le reboisement. Sur les terres autrefois stériles, poussent désormais environ 50 nouveaux arbres par hectare. De même, dans la steppe syrienne, 10 millions d’hectares de terres sont fortement dégradés ; le FIDA a réussi à rétablir la végétation sur un tiers environ des terres de parcours grâce à une étroite collaboration avec les éleveurs et les agriculteurs. Grâce à une combinaison de terres au repos, de pâturage restreint, d’ensemencement, de plantation d’arbustes, de promotion des espèces indigènes, d’amélioration de l’irrigation et des bordures, le FIDA a enrayé la désertification et remis en état plus d’un million d’hectares de terres. Dans la forêt de Caatinga au Brésil, les sécheresses annuelles prolongées ont dévasté le paysage pendant des années [8]. L’action du FIDA auprès des communautés locales a transformé ce qui était autrefois un paysage sévère et monochrome en une oasis avec des réservoirs d’eau et des systèmes d’irrigation qui assurent la fertilité du sol et garantissent une nourriture suffisante aux familles qui dépendent de la terre.
Les études de cas de la Chine, de la Jordanie, du Nicaragua, du Sénégal et du Swaziland dans les pages suivantes présentent d’autres exemples plus en détail.

 Télécharger le rapport

- Télécharger le rapport du FIDA "L’avantage des terres arides : protéger l’environnement, autonomiser les populations"

 A propos du FIDA

Le FIDA investit dans les populations rurales, en les autonomisant afin de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer leur résilience. Depuis 1978, nous avons octroyé environ 18 milliards d’USD sous la forme de prêts à faible taux d’intérêt et de dons en faveur de projets qui ont touché quelque 462 millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et un organisme spécialisé des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plateforme des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

[1Une étude de la FAO fournit des images détaillées sur les arbres et les forêts, et sur l’utilisation des terres dans les zones arides du monde.” Article de presse de la FAO, 19 juillet 2016.

[2Article 33. ODD des Nations Unies, 2015.

[3L’Objectif 15 consiste à “préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité”.

[4Le FIDA a aidé plusieurs pays à préparer leurs Plans d’action nationaux (PAN) dans le cadre de ce mécanisme. En juin 1996, le FIDA a organisé le Forum international sur les programmes locaux de développement pour soutenir la mise en œuvre des PAN.
Le FIDA a également hébergé le Mécanisme mondial de la Convention de 1999 à 2014. Le Mécanisme mondial fournit des services consultatifs stratégiques aux pays en développement sur la manière d’accroître les investissements dans la gestion durable des terres (GDT) et encourage les “stratégies intégrées de financement” en vue d’établir des cadres d’investissement pour la GDT.
- Source : Site Internet de la Convention, et “La désertification, un problème mondial”. FIDA, 2001.

[5Avantage de l’atténuation : Maximiser les avantages connexes d’investir dans des initiatives d’adaptation des petits exploitants agricoles. FIDA, 2015b.

[6Les trois “conventions de Rio” sont : La Convention sur la diversité biologique, l’UNCCD, et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques

[7Reverdir le Sahel : développer l’agriculture dans le contexte du changement climatique au Burkina Faso. FIDA, 2011b.

[8Voir l’étude de cas du Brésil : Adaptation to Climate Variability in North-eastern Brazil’s Sertão Region : Transforming the Semi-arid Zone and Facilitating Coexistence with Dry Conditions. FIDA, 2011a.


Voir en ligne : www.ifad.org


 

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