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Faut-il bannir les bouteilles d’eau en plastique ?

dimanche 24 mai 2009.
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Le plastique des bouteilles libère des perturbateurs endocriniens dans l’eau minérale. Ils pourraient avoir des effets sur la santé, y compris à faibles doses.

L’eau minérale des bouteilles en plastique contient deux fois plus d’hormones (féminines ou masculines) que celle stockée dans des bouteilles en verre ou l’eau du robinet. Autrement dit, le plastique libère dans l’eau ce que l’on appelle des perturbateurs endocriniens. Leurs effets à très faible dose sont encore très mal connus, mais ils sont soupçonnés de modifier chez l’homme le développement et les fonctions sexuelles et reproduc­trices. L’étude conduite par deux chercheurs allemands est publiée dans la revue Environmental Science and Pollution Research.

Martin Wagner et Jörg Oehlman, de l’université Goethe, basée à Francfort, ont sélectionné vingt emballages en plastique d’eaux minérales vendues en Allemagne. Ils ont tous en commun de contenir du polyéthylène téréphthalate (PET). Ce plastique est présent également dans les bouteilles en plastique de boissons gazeuses, d’huile de cuisine et il tapisse aussi l’aluminium recouvrant l’intérieur des briques de boissons de plusieurs marques. Le PET assure à la fois « la transpa­rence du plastique, sa résistance aux chocs, son faible poids et son imperméabilité à l’eau, aux gaz et aux arômes ».

« Le travail des deux toxico­logues allemands est sérieux et intéressant », souligne d’emblée René Habert, professeur à l’université Paris-VII, qui dirige l’unité gamétogenèse et génotoxicité (CEA-CNRS). Pour mettre en évidence l’activité hormonale du plastique, Martin Wagner et Jörg Oehlman ont utilisé des levures génétiquement modifiées et des petits escargots d’eau douce, deux modèles de laboratoire classiques pour ce type d’étude. Les levures réalisées à partir d’OGM ont la particularité de changer de couleur en présence d’infimes quantités d’hormones. Chez les petits mollusques, c’est leur reproduction et leur multiplication qui peuvent varier considérablement en fonction des hormones présentes dans l’eau.

Le comportement des levures et des mollusques après un long séjour de près de deux mois dans l’eau n’est pas le même dans les vingt bouteilles en plastique de différents types et les bouteilles témoin en verre. Pas du tout, même. Dans douze d’entre elles, les chercheurs ont noté dans l’eau des bouteilles en plastique une activité hormonale deux fois plus élevée sur les levures. Les mollusques, qui se reproduisent par parthénogenèse (sans mâle), ont eu deux fois plus de petits escargots dans les bouteilles en plastiques à cause des hormones féminines. Ils ont noté aussi deux choses intéressantes : l’eau ayant séjourné dans les briques est plus polluée par ces perturbateurs. En revanche, l’eau des bouteilles en plastique réutilisables - conçues pour être plongées dans l’eau bouillante pour être désinfectées, pratique courante en Allemagne - est moins polluée que les autres dès la deuxième utilisation.

Secret industriel

Sans surprise, l’étude a déclenché une levée de boucliers des industriels des plastiques alimentaires. Le BFR, l’organisme allemand chargé de l’évaluation du risque, a publié un communiqué pour préciser que les résultats de cette étude ne permettent pas de conclure à un risque pour la santé. Ce n’était d’ailleurs pas le but des deux chercheurs allemands : ils voulaient seulement mettre en évidence la présence d’hormones dans les bouteilles en plastique. L’origine des perturbateurs endocriniens reste pour eux inexpliquée. Provienent-ils du PET, d’un cocktail de plusieurs molécules du plastique ou de l’antimoine, un minéral utilisé dans la catalyse de plastiques et connu pour être un perturbateur endocrinien ?

« Il y a un défaut d’informations sur les emballages alimentaires. On n’arrive pas à connaître leur composition », relève René Habert qui a récemment montré l’effet toxique d’un phtalate contenu dans le plastique sur des cultures de cellules de testicules. Secret industriel oblige, les toxicologues ont toutes les peines du monde à obtenir la composition précise des produits, comme le déplore aussi Gilles Husson, président de l’Association scientifique européenne pour l’eau et la santé.

Aujourd’hui, le marché de l’eau minérale est aussi contesté pour des raisons environnementales. Il faut sept litres d’eau pour fabriquer une bouteille en plastique et leur commercialisation nécessite des kilomètres de déplacement alors qu’une eau de qualité coule de nos robinets.


Voir en ligne : Source : Le Figaro


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  • Faut-il bannir les bouteilles d’eau en plastique ?
    24 mai 2009, par Guillaume BIRO

    Je viens de lire votre intéressant papier titré :"Faut il bannir les bouteillles d’eau en plastique" reprenant les résultats des études réalisées par des scientifiques allemands mettant en évidence que le plastique des bouteilles libère des perturbateurs endocriniens dans l’eau minérale qui pourraient avoir des effets dangereux pour la santé, même à très faible dose. Les preuves apportées par ces scientifiques ne permettent pas de mettre en doute les le caractère incontestable des conclusions inquiétantes qu’ils en tirent.
    Ce n’est pas pour autant que l’on peut affirmer que l’eau de nos robinets domestiques possède toutes les qualités de potabilité que les spécialistes chargés "des contrôles réguliers et systématiques" s’acharnent constamment à lui attribuer par le biais d’informations largement reprises par tous les médias.
    Sans mettre en doute la sincérité de ces spécialistes, on est en droit de se poser la question de savoir s’ils sont dotés des moyens scientifiques spécifiques capables de contrôler les milliers de molécules chimiques, dont certaines très toxiques, absorbées par les centaines de médicaments consommés par humains et les animaux qu’ils rejettent dans l’eau de nos rivières par leurs urines sans que ces dernières reçoivent un traitement susceptible d’éliminer les milliers de molécules chimiques qu’elles contiennent : en effet, les stations d’épuration des eaux usées n’étant pas renseignées par les laboratoires sur les molécules entrant dans la composition de leurs médicaments, ne peuvent se doter des moyens techniques indispensables à leur élimination. Dès lors, ces urines dangereusement polluées sont ainsi retournées dans la nature et les nappes phréatiques...
    Pour preuve, il n’est qu’à se reporter à l’étude confiée l’année dernière à Hélène BUZINSKI du CNRS en vue d’identifier les causes provoquant la transformation des poissons mâles en poissons femelles. Elle a ainsi découvert que l’eau des rivières contenaient des résidus de pilules contraceptives, bien entendu, à l’origine de la métamorphose des poissons, mais a également découvert des centaines de molécules médicamenteuses dont certaines, d’autant plus dangereuses qu’elles sont destinées à lutter contre le cancer...
    Chacun peut se reporter au site du Ministère de la Santé où Madame Roselyne Bachelot, lors d’un communiqué du lundi 24/11/08, fait état du colloque "résidus des médicaments dans l’eau des rivières" et où elle dit notamment :"...des molécules à surveiller et des risques à évaluer". Elle a aussi évoqué la situation des stations d’épurations qui ne seraient peut être pas dotées des moyens pour faire face aux nouveaux dangers .
    Il n’est pas dans mes intentions d’inquiéter les consommateurs d’eau du robinet. Toutefois, il est aussi imprudent et sans doute inexact de leur répéter " que l’eau du robinet est le produit le plus contrôlé, qu’elle est 300 à 400 fois moins chère que l’eau en bouteille, que sa potabilité est parfaite, qu’elle contient tous les..."
    Je pense que la sagesse ou le bon sens serait d’informer plus justement la population sur les réalités de la situation des "eaux consommables" tout en faisant pression sur les autorités de tutelle pour contraindre les protagonistes responsables de la pollution des rivières et des nappes phréatiques à se concerter et à mettre en oeuvre tous les moyens financiers et techniques afin de résoudre les vrais problèmes et d’éviter ainsi un prochain scandal qui pourrait ressembler à celui du sang contaminé. Vous en souvenez vous ?

 

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